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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 14:36

Le vote électronique. En dehors des soucis de sécurité et de piratage, il pose un gros problème d'anti-démocratie.
Lisez pourquoi:
http://www.inria.fr/actualite/ le-saviez-vous/ le-vote-electronique-est-il-ant i-democratique-par-essence

Partagez et débattez sur : https://www.facebook.com/PosezVousDesQuestions

 

http://www.facebook.com/upr.francoisasselineau?sk=wall&filter=2

 

Christophe Castro, Steve Kremer - 29/03/2012

Le vote électronique est-il anti-démocratique par essence ?

La carte électorale © Creative Commons - Laurence Vagner

 

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On le sait, les votes dépendent des conditions... atmosphériques. S’il fait trop beau ou trop froid, les citoyens seront moins nombreux à se déplacer et le suffrage sera moins représentatif. Et les volontaires se feront plus rares pour le dépouillement. D’où l’idée de permettre de « télé-voter », c’est-à-dire de faire entendre sa voix citoyenne sans se déplacer. Le vote par Internet peut-il remplacer avantageusement le bulletin traditionnel ?

Pour qu’un vote ait une valeur démocratique, il faut réunir certaines conditions. Par exemple, le votant doit pouvoir voter de façon anonyme et sans subir la contrainte d’un tiers : or, le votant par Internet n’est pas forcément seul devant son écran. Et d’ailleurs comment être sûr de l’identité du votant ?

Paradoxalement, l’impératif d’anonymat du vote n’est plus assuré puisqu’on peut imaginer que des pirates interceptent ce vote pour en prendre connaissance. Finalement très décrié, le vote par Internet n'est autorisé en France qu’aux expatriés, pour élire l'Assemblée des Français de l'Étranger.

L’autre aspect du vote électronique, ce sont les machines de vote venant remplacer les urnes traditionnelles et comptant les bulletins. « Les fabricants de ces machines refusent de publier les protocoles de sécurité qu’ils utilisent. Or, ce n’est pas acceptable dans un système politique démocratique reposant sur la transparence », explique Steve Kremer, chercheur d'Inria à Nancy (voir ci-dessous).

Sur le plan technique, rien n’empêcherait de mettre en œuvre une machine qui voterait pour le candidat A quand on presse le bouton du candidat B. Sans compter le fait qu’aucun ordinateur n‘est fiable à 100%.

Pourtant, ces machines de vote sont utilisées dans certains Etats américains et dans certaines villes de France mais elles ont déclenché des polémiques en Irlande et aux Pays-Bas, et elles sont interdites en Allemagne.

Les élections « papier» seraient donc irremplaçables et parfaites ? Non, comme l’a prouvé la récente affaire de « vote à la chaussette » à Perpignan. Et d’ailleurs les votes par procuration, pourtant en vigueur dans de nombreuses démocraties, ne fournissent pas non plus toutes les garanties (l‘électeur pouvant être sous influence ou dupé par son représentant).

Vote électronique ou sur papier, il ne faut finalement jamais perdre de vue que, comme le rappelle le dicton : « L'important n'est pas celui qui vote, mais celui qui compte les voix ».

Cassis : rendre les outils de vote plus fiables

Portrait du chercheur Steve Kremer Steve Kremer, chercheur au sein de l'équipe Cassis - © Inria / Photo Kaksonen

En 2011, des votes par Internet ont été organisés pour les élections parlementaires en Estonie et en Suisse pour les expatriés, et pour les municipales et régionales en Norvège. « Le vote par Internet, jugé inadapté au vote politique en France, est parfaitement envisageable lorsque les enjeux électoraux ne sont pas trop élevés », explique Steve Kremer, chercheur d'Inria à Nancy dans les équipes de recherche SECSI (Sécurité des systèmes d’information) puis CASSIS (Combinaison d'approches pour la sécurité des systèmes infinis).

Ces équipes sont confrontées à de nombreux challenges dans les domaines de l’authentification, de la modélisation mathématique des protocoles de vote, de la protection de l’anonymat des participants... des travaux indispensables pour améliorer la fiabilité des machines de vote et du vote sur Internet.

Parmi les difficultés rencontrées, celle de la vérifiabilité. Sur le plan individuel, le votant souhaite avoir la preuve que son vote a effectivement été pris en compte. Si cette preuve était affichée publiquement, le votant perdrait son anonymat ; si cette preuve était imprimée, elle pourrait être exigée par un tiers exerçant des pressions, ou exploitée comme justificatif pour vendre son vote. Un casse-tête.

« Pour préserver l’anonymat, il faudrait donner au votant une preuve mathématique, une sorte de code qu’il serait seul à comprendre. Ainsi, il pourrait montrer ce code à un tiers avec la possibilité de lui mentir délibérément afin de ne pas révéler son choix réel et échapper à des mesures de rétorsion », souligne Steve Kremer. La démocratie, bien comprise, doit aussi être capable d’organiser certains mensonges !

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Published by Eva R-sistons - dans Elections
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