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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 05:17

Nouvel Ordre Mondial: Les « révolutions » en Tunisie, Egypte et Moyen-Orient manoeuvres de restructuration géopolitique de la région par l’Empire

 

Un intéressant article du site Résistance 71 qui permet de mieux comprendre ce qui se cache derrière ces « révolutions » et rejoint nôtre propre analyse du reste, même si nous nions bien évidemment pas le ras-le-bol des peuples et l’authenticité des protestations.
Révolutions ou pétards mouillés ? La restructuration géopolitique du Moyen-Orient

Par Résistance 71 — le 23 Février 2011 –
Il est indéniable que nous assistons depuis plus d’un mois a des évenements sans précédent tant au Maghreb qu’au Moyen-Orient en général. De la chute de Ben Ali en Tunisie a celle de Moubarak en Egypte par des mouvements populaires (ne les appelons pas encore “révolutions” il est bien trop tôt pour le dire, nous y reviendrons ultérieurement); d’autres mouvements populaires en action en Algérie, Lybie, Yémen, Bahrain… Le Moyen-Orient est en émoi ou l’on parle déja de “printemps” des peuples et de “révolution jasmin”. Sale temps pour les dictateurs de nos jours, ou est-ce vraiment le cas ?
Nous allons essayer dans cet essai de prendre du recul vis a vis de la situation émotionelle que cela implique et tenter d’analyser les choses le plus objectivement possible. Notre propos ici n’est ni de défendre les régimes dictatoriaux déchus (mais l’ont-ils vraiment été?) et leurs dictateurs tous plus sanguinaires et autocrates les uns que les autres; ni non plus de sombrer dans la béatitude induite par les médias propagandistes de croire que ces évenements constituent une grande victoire des peuples par le biais de “révoltes spontanées” amenant la démocratie. Qu’on ne nous méprenne pas: nous supportons les mouvements populaires qui vont au-dela de la peur des régimes dictatoriaux et oeuvrent pour reprendre en main leur destinée. C’est par respect et amour pour le courage de ces peuples que nous les exhortons a s’ériger encore plus avant contre les manipulations et ingérences ourdies a l’égard de leur souveraineté depuis derriere le rideau de la scene du grand cirque de la géopolitique internationale. Il est de plus en plus évident au fil des jours que rien, une fois de plus, ne semble être ce qu’il paraît être.

Nous analyserons dans un premier temps le pourquoi il est prématuré pour le moins de parler de “révolutions” concernant les évenements de révoltes populaires de ces dernieres semaines, puis de comprendre et d’exposer les rouages géopolitiques qui ont menés a cette situation, ainsi que ce qu’il risque de se passer dans un futur pas si lointain. Notre vision des choses est certainement en porte a faux avec la plupart des analyses que l’on peut lire ou entendre dans les médias propagandistes, mais il nous apparaît clair que plus rien en ce monde n’arrive pas hasard. Pas plus les crises économiques globales, que les “révolutions” qui fleurissent de concert dans une région (hier l’ancien bloc de l’Est, aujourd’hui le moyen-orient).
Dans un premier temps analysons le mot “révolution”. Beaucoup de définitions proposées, mais certainement une des toutes meilleures est celle identifiant la révolution comme un changement radical et progressiste de société. Radical, c’est a dire qui en change la teneur même, sa racine. Progressiste: tendant a l’universalité émancipatrice.
Toute révolution, tout changement radical de société n’est pas forcément violent. Prenons exemples sur les révolutions industrielles. Ont-elles changé la société ? Bien sûr, radicalement ? Très certainement. Ont-elles été violentes ? Non, pas directement en tous cas.
Pour que nous ayons une révolution sociale (politique), il faut que la société change de maniere très importante, qu’elle soit bouleversée dans ses racines profondes. Peut-on dire que les révolutions de 1776, 1789, 1848, 1871, 1905, 1917, 1936, 1968, 1978 ayant eu cours dans différents pays ont changé la société ? Oui, sûrement, radicalement ? Pour certaines oui pour d’autres moins, de manière progressiste ? Non pour la très vaste majorité. Elles n’ont été en fait qu’un changement de gérance et souvent même un changement cosmétique de structure pour de fait, continuer a maintenir le statu quo oligarchique qui prévaut depuis l’avènement des Etats nations au début du XVIeme siècle. Passer des monarchies absolues aux démocraties parlementaires n’a fait que donner le pouvoir à ceux qui payaient pour les figures royales auparavant: les banquiers, qui se sont alliés ensuite aux gros industriels dans la mesure ou leurs intérêts de classe convergent.
Il en va de même pour les “révolutions” actuelles au Moyen-Orient. Si ces révoltes populaires actuelles survivent ce sera sûrement pour simplement être forcées de changer de gérance dans une structure quasi-identique. A qui cela profitera t’il ?
Voyons le cas de la Tunisie. Si la révolte populaire de la rue fut réelle et organique pour chasser l’autocrate Ben Ali du pouvoir, qu’avons nous depuis ? Un consortium de politiques, tous issus de l’ancien régime qui pour l’heure promeut le statu quo et joue la montre afin de calmer les ardeurs et forcer les compromis.
Pour l’Egypte, ce fut un peu plus compliqué, mais penser que le peuple a regagné son autonomie et qu’un changement radical progressiste est ou sera en Egypte est, a notre sens, se leurrer en tous points. Analysons la situation égyptienne sous un angle différent de celui des médias de masse, qui nous assènent en boucle le refrain du « peuple qui a mis a bas le tyran et regagne sa souveraineté ». Il y a bien plus à dire que l’oeil ne perçoit.
En premier lieu, resituons Moubarak dans son contexte: il prend le pouvoir après l’assassinat de Sadate en 1981, il vient de l’armée (de l’air) égyptienne, tout comme Sadate et Nasser avant lui venaient également de l’armée. Bref, l’armée est en contrôle en Egypte depuis la chute du roi Farouk, même si la période Nasser fut, et de loin, la plus progressiste pour le peuple égyptien. Moubarak a été l’homme de Washington et de Tel Aviv toutes ces années, jusqu’à un certain point. Il fut un dictateur, réprimant cruellement son opposition, donnant son accord pour le programme de “kidnaping et de rendition” de la CIA, hébergeant et torturant les suspects livrés par les américains dans le cadre de la “guerre contre le terrorisme” et dont le patron n’était autre que Souleiman, vice-président de Moubarak sur le tard et maintenant en charge de la junte militaire au pouvoir, soutenue par les Etats-Unis.
D’après le journaliste d’enquête, historien et économiste Webster Tarpley dans un article du 18 Février 2011, la raison essentielle pour laquelle Moubarak devait quitter le pouvoir n’a en fait pas grand chose a voir avec un quelconque “mécontentement populaire” (même si celui-ci est réel et est monté en puissance au fil des trente années de régime dictatorial), mais a comme nous allons le voir, bien plus à voir avec le refus de Moubarak depuis quelques années de renforcer la “coalition sunnite” contre l’Iran.
Les sanctions économiques contre l’Iran ont échoué, la révolution “verte” de l’été 2009 dite “révolution twitter” a échoué, pour contrôler l’Iran et ses ressources pétrolieres et gazières; l’option militaire est donc la dernière solution, en d’autres termes: la guerre !
Les insurrections dans les pays arabes ont été déclenchées afin de changer les régimes dictatoriaux qui étaient réticents à prendre une position plus radicale envers l’Iran (et ses de facto alliés la Russie, la Chine et la Syrie). L’empire anglo-américain a besoin de sang neuf au pouvoir au Moyen-Orient pour les suivre sans rechigner sur le sentier de la guerre.
Certains évènements n’ont pas été rapportés par la presse occidentale ou alors de manière marginale, enfouis (a dessein) sous des dizaines de dépêches: pour bon nombre d’observateurs et d’analystes, Moubarak était déja une marionnette des Etats-Unis, cela n’a donc aucun sens de croire que les USA déboulonneraient leur propre homme fort a la tête du régime égyptien. Qu’en est-il de cette hypothèse ?
Moubarak, tout dictateur qu’il était s’était fermement opposé à plusieurs choses qui allaient à l’encontre des intérêts des états-unis dans la région:
-Il était fermement opposé à ce que le Hezbollah se retrouve piégé dans la trappe du tribunal international bâtie à cet effet suite après l’assassinat de Rafic Hariri au Liban. Moubarak voyait cela comme étant la source d’une nouvelle guerre civile au Liban et la déstabilisation de toute la région.
-Moubarak percevait l’Iran comme partie de la solution des problèmes au Moyen-Orient. Moubarak déclara en Octobre 2010 que “Téhéran peut devenir partie des solutions aux crises du Moyen-Orient au lieu d’être vue comme partie des problèmes.” Déclarer l’Iran comme partie des solutions au Moyen-Orient alors que le “consensus” américain et israélien vise à l’isoler, était une direction totalement opposée à celle de l’administration Obama et au credo martelé par Hillary Clinton durant toute l’année 2010 aux quatre coins de la planète. Ceci était inacceptable pour l’Empire.
-Moubarak a rejeté “le parapluie nucléaire américain” ainsi qu’une alliance des pays arabes sunnites avec Israël contre un front chi’ite iranien et ses alliés. En effet, accepter la protection militaire américaine présuppose que les américains aient des bases militaires en Egypte, ce qu’ils n’ont toujours pas (mis à part les quelques centaines de militaires basés dans le Sinaï et partie d’une coalition multinationale d’observateurs suite au traité de Camp David sous Carter). Moubarak y a toujours été opposé, même si l’armée égyptienne perçoit 1,3 milliards de dollars par an d’aide militaire des Etats-Unis, faisant de l’Egypte le second seulement d’Israel en ce secteur au monde. Accepter le « parapluie nucléaire » américain signifie aussi recevoir sur le sol égyptien des avions américains ET israéliens a cet effet. Ce qui est inacceptable pour un nationaliste pour qui la normalisation avec Israel a des limites établies.
-En dernier lieu et non des moindres évènements, Moubarak avait commencé un certain rapprochement de l’Egypte avec l’Iran. En 2010, les Etats-Unis ont poussé a l’ONU pour plus de sanctions contre l’Iran et également pour que les pays passent plus de sanctions par eux-mêmes en dehors du cadre de l’ONU. Moubarak choisit ce moment critique pour rétablir un pont aérien entre Le Caire et Téhéran, qui n’avait plus existé depuis plus de 30 ans. Ceci fut interprété par Steven Cook, analyste au CFR en Octobre 2010 comme une indication potentielle que le gouvernement égyptien est en train de se distancer de l’approche jusque la adoptée par les Etats-Unis et l’Egypte. Dans le sillage de Moubarak, l’Arabie Saoudite et la Jordanie devinrent prêtes a coopérer plus avec l’Iran. La politique d’isolation de « l’ennemi mortel » de l’Oncle Sam commençait a sérieusement s’effriter. La décision fut vraisemblablement prise que c’était game over pour Moubarak. La manipulation de la jeunesse égyptienne par les réseaux sociaux commença des lors a s’intensifier.
-Apres la guerre infructueuse d’Israel au Liban en 2006, Moubarak se pose en médiateur entre les israeliens d’un côté et les les Libanais et Syriens de l’autre. Ceci allait a l’encontre de la volonté de la clique Bush-Cheney qui voulaient plus de guerre et envenimer la situation plus avant. Dans le London Daily Mail du 5 Janvier 2007 on peut lire: « Le président égyptien Hosni Moubarak a accusé les Etats-Unis de faire obstacle a la paix entre Israel et la Syrie. »
-Moubarak condamna l’exécution de Saddam Hussein exigé par les américains comme étant « illégale, révoltante et barbare ». Il condamna l’attaque US contre l’Irak en 2003 et refusa de donner des troupes a la coalition.
K R Bolton dans une interview nous éclaire sur l’implication d’entités telles la National Endowment for Democracy (NED), vitrine renommée de la CIA dans le monde et d’autres ONG financées par des fonds privés telle la fondation Soros, dans la manipulation des peuples en Egypte, Tunisie et autres pays en révolte.
K R Bolton– Les révoltes populaires en Tunisie et en Egypte et celles qui font boule-de-neige au Moyen-Orient actuellement, présentent tous les stigmates des « révolutions colorées » fomentées par la NED et Georges Soros dans les anciens pays du bloc de l’Est, le Myanmar (Birmanie) et ailleurs. Elles suivent toutes la même planification, des années de planification, d’entrainement et de financement sont investis dans ce qui est ridiculement appelé les « révoltes spontanées ».
Les organisations qui ont passées des années et depensées beaucoup d’argent a créer des organisations révolutionnaires en Tunisie, Egypte et ailleurs, incluent la NED, l’USAID, l’Institut International Républicain, Freedom House, l’Open Society Institute and toute une pléïade de vitrines a cet effet comme le National Democratic Institute for International Affairs, le Centre for International Private Enterprise et the American Center for Internatiomal Labor Solidarity.
Ces organisations ont épaulé les « activistes » égyptiens depuis des années. Freedom House par exemple a entrainé 16 jeunes Egyptiens en 2009 a l’aide d’une bourse d’étude. Il y a quelques jours, le New York Times a rapporté la relation entre le mouvement de la jeunesse du 6 Avril égyptien et Optor, le mouvement de la jeunesse serbe qui fut instrumental a renverser Milosevic pour les bénéfices du globalisme et du libre échange.
Maintenant, le mouvement du 6 Avril communique avec la jeunesse de Lybie, d’Iran, du Maroc et de l’Algérie.
(« A Tunisian-Egyptian Link that Shook Arab History, » New York Times)
De plus, le mouvement Kefaya (« Assez » en arabe), tres impliqué dans le mouvement de contestation, est très proche des freres musulmans, eux-mêmes une création des services de renseignement britanniques il y a plus de 60 ans. La NED et autres ONG américaines qui ont supportées financierement et logistiquement les mouvements “de révolte spontanée” un peu partout et notemment en Géorgie en 2003, avait financé le mouvement “Kmara” qui veut dire… « Assez » en géorgien ! Jusqu’au logo du poing fermé du mouvement Optor serbe a celui du mouvement du 6 Avril Eegyptien. Décidément beaucoup de coïncidences a ce niveau n’est-il pas ?
Comme le dit William Engdahl, journaliste d’enquête dans un de ses derniers articles:
« La NED est l’agence de coordination de Washington pour déstabiliser les régimes politiques et induire un changement forcé. Elle est active du Tibet a l’Ukraine en passant par le Vénézuéla, la Tunisie, le Koweit, Le Maroc, afin de restructurer le monde apres l’effondrement de l’URSS en ce qu’a appelé George H. W. Bush en 1991 dans un discours au congres américain, proclamant l’aube d’un Nouvel Ordre Mondial. L’architecte et premier directeur de la NED Allen Weinstein a déclaré au Washington Post en 1991 que “beaucoup de ce que faisait la CIA en secret il y a 25 ans, nous le faisons au grand jour aujourd’hui. »
Il est de plus en plus clair au fur et a mesure que le temps passe, que les “révolutions” en cours au Moyen-Orient, ne sont en fait qu’une restructuration coordonnée et planifiée du paysage politique de la région avec pour but ultime de former une coalition de jeunes gouvernements sunnites a la botte de l’empire anglo-américain afin d’établir la base du support de la guerre contre l’Iran. Guerre qui est revenue de maniere décisive sur la table de la géopolitique. Les enjeux géopolitiques sont clairs et Washington, comme toutes les capitales occidentales n’ont cure des peuples et de leur devenir. Elles les exploitent a des fins bien particulieres et pour le profit de la même clique oligarchique du haut du panier de crabes. Qu’avons-nous aujourd’hui en Tunisie ? Un gouvernement par intérim constitué des proches et de la clique du dictateur déchu. Qu’avons-nous en Egypte ? Une junte militaire a la botte des américains, qui a suspendu la constitution et qui est dirigée par un tortionnaire tres proche, trop proche des Etats-Unis et d’Israel et dont on peut se demander s’il aura autant de scrupules que le dictateur qu’il remplace a avancer son pays et son peuple plus avant sur le chemin de la guerre contre l’Iran ?
Comment sortir de cette spirale infernale ? En faisant en sorte que les peuples concernés ne soient plus manipulés et qu’ils décident de gérer leur destinée eux-mêmes, sans délégation de pouvoir aux nouveau managers locaux de l’Empire. Nous vivons des temps a la fois dangereux et excitants. Si l’oligarchie transnationale impose ses desideratas au Moyen-Orient. La guerre sera inévitable dans la région, puis vraisemblablement mondialement.
Rien n’est inéluctable, il suffit de dire NON a l’oligarchie là-bas… et ici (nous nous permettons d’exprimer nôtre scepticisme à ce sujet).
Références ayant servi a la rédaction de cet article:
http://tarpley.net/2011/02/18/mubarak-toppled-by-cia-because-he-opposed-us-plans-for-war-with-iran/
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=viewArticle&code=BOL20110219&articleId=23282
http://www.infowars.com/middle-east-uprisings-order-out-of-chaos/print/
http://www.engdahl.oilgeopolitics.net/print/Creative%20Destruction%20Washington%20Style.pdf
http://resistance71.wordpress.com/2011/02/20/egypte-ingerence-georges-soros-et-la-constitution-egyptienne-made-in-wall-street/
http://resistance71.wordpress.com/2011/02/17/resistance-politique-reflexion-sur-lavenir-du-monde-arabe/
http://resistance71.wordpress.com/2011/02/16/revolution-egyptienne-puisse-le-peuple-egyptien-briser-lingerence/
http://www.voltairenet.org/article12196.html
Source: resistance71


Mercredi 2 Mars 2011


http://infoguerilla.fr/?p=8225#more-8225 http://infoguerilla.fr/?p=8225#more-8225

 

http://www.alterinfo.net/Nouvel-Ordre-Mondial-Les-revolutions-en-Tunisie-Egypte-et-Moyen-Orient-manoeuvres-de-restructuration-geopolitique-de-la_a55831.html

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