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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 02:32

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Z

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Dans le cadre d'une pré-campagne électorale où les nouveaux chiens de garde donnent à choisir entre une austérité de gauche et une austérité de droite, j'ai la tentation de me taire. On se sent faible face à un rouleau compresseur.Alors, j'économise mes forces, le titre sera court ... une lettre suffira : Z.

 

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Source :  Bastille République Nations (http://www.brn-presse.fr/) : je ne le répète plus, inutile de pleurer sur les "médias aux ordres" si l'on ne soutient pas clairement et matériellement cette presse-là.


                                             Z

 

L’affaire est entendue : des décennies durant, les peuples se sont empiffrés de pouvoir d’achat indu, ont profité d’une protection sociale quasi-orgiaque (se soigner, vivre ses vieux jours à l’abri, chercher un emploi en étant indemnisé), ont fait bombance à force de services publics de nababs.

Ils doivent donc expier leurs péchés. Magnanimes, les dirigeants européens n’envisagent pas de leur retirer le droit de vote. Mais à condition que celui-ci soit sans conséquence sur les politiques suivies par leurs représentants élus. C’est le sens du nouveau projet de traité que Berlin entend imposer à ses partenaires : si ce texte était adopté, la surveillance européenne sur les autorités nationales se transformerait en sanctions voire en tutelle directe dès lors que s’ébaucherait le moindre écart par rapport aux sacrifices exigés.

Certes, on n’en est pas là, tant le texte provoque de contradictions, au point qu’il pourrait bien ne jamais voir le jour. Reste ce paradoxe : si les objectifs de la classe politico-économique européenne dirigeante sont parfaitement rationnels – défendre les intérêts des propriétaires du capital contre ceux du monde du travail – le paroxysme atteint par la crise actuelle pousse les moyens jusqu’à l’absurde. Quand, en Grèce, le taux de suicide explose ; quand, à l’autre bout du spectre, dans cette Allemagne modèle, l’espérance de vie des moins favorisés chute, les « économies » imposées finissent par trouver leurs limites objectives – sauf à ériger le statut de SDF en norme générale. On ne peut tondre un œuf.

Au même moment, la Banque centrale européenne (BCE) multiplie les mesures dites « non conventionnelles ». Par exemple, elle propose aux banques privées des prêts sur un, voire trois ans, à des taux imbattables (1%), et en quantité illimitée. Et attend qu’avec cet argent quasi-gratuit, ces dernières prêtent à leur tour aux Etats tels que l’Espagne ou l’Italie, moyennant des intérêts de 3% à 7%. La différence constitue du bénéfice net. Le 4 janvier, 523 banques ont emprunté pour un modique montant global de 489 milliards d’euros. Une nouvelle opération, en principe destinée à éviter un assèchement généralisé du crédit, est prévue pour le 29 février.

L’affaire est à la fois une fantastique aubaine pour les heureux bénéficiaires, et le signe que le système atteint le surréalisme. Sur le strict plan économique, l’euro est même virtuellement en passe d’exploser. Mais l’oligarchie européenne entend le maintenir en vie coûte que coûte – faute de quoi c’est plus d’un demi-siècle d’« aventure européenne » qui s’écroule. Une aventure qui frise le mysticisme lorsque le ministre allemand qualifie la monnaie unique de « communauté de destin ».

Bref, pendant qu’on punit les peuples, grands coupables de la crise économique, on chouchoute les malheureux marchés financiers, qui ne demandent qu’à nous tirer d’affaire. Jusqu’au jour où l’on imaginera inverser les traitements. Souvenons-nous. Le 2 novembre 1789, l'Assemblée constituante décidait que tous les biens du clergé seraient « mis à disposition de la Nation ». N’y a-t-il pas quelques clergés financiers actuels qui pourraient endurer cette judicieuse confiscation ? Pour leur part, en 1917, les bolchéviks décrétèrent qu’ils ne rembourseraient pas les fameux « emprunts russes ».

Autres époques ? Evidemment, de telles mesures ont peu de chances d’être adoptées par la majorité des gouvernements européens. Peut-être faudrait-il alors justement récupérer la liberté de violer le sacro-saint principe de propriété, surtout si cette propriété s’est bâtie sur des opérations telles que promues par la BCE. Et peut-être même cela pourrait-il faire école.

En Grèce déjà est apparu le mouvement « je ne paie pas ». Appliquée à un Etat, une telle incongruité ferait certes virer la note octroyée par Standard & Poor’s à un Z infamant. Mais en grec, Z a une autre signification : « il est vivant ».

Une belle notation que chaque peuple pourrait après tout revendiquer.

PIERRE LÉVY

http://rupturetranquille.over-blog.com/article-z-98363065.html

 

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