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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 10:11
 
 
Auteur : SuperNo - Source : le blog de SuperNo

J’ai entendu ce midi une journaliste de France 3 annoncer sans rire que dans le but de réduire le déficit public, Luc Chatel, ce grand intellectuel du XXIème siècle, vient de déclarer qu’il allait remplacer les fleurs fraîches qui égayent son ministère par des fleurs artificielles.

 

Un pincement machinal, non je ne suis pas en plein rêve comique. Un regard furtif au calendrier, nous sommes le 20 mai, pas le 1er avril.

Il a vraiment dit ça. Sérieusement.

Ce type a été élu. A maintes reprises. Maire, conseiller régional, député. Des gens présumés sains d’esprit (je suppose toutefois que leur taux d’alcoolémie n’a pas été mesuré à l’entrée des bureaux de vote) ont voté pour ce type, par ailleurs ancien parasite marketing dans une multinationale. Il est désormais ministre de l’éducation, poste pour lequel on pourrait naïvement penser a priori qu’un minimum de sérieux et de compétence pourrait faire partie des prérequis (même si la liste de ses prédécesseurs autorise le doute).

Flash back. Hier soir, peu avant minuit, sur la même chaîne. L’émission “Ce soir ou jamais“  de Frédéric Taddéi. Très souvent intéressante. Avec un gros défaut : l’heure de sa diffusion, qui la condamne à une audience confidentielle. A une heure normale, l’honnête citoyen qui cherche un point de vue original a souvent le choix entre la “Nouvelle Star”, “Docteur House”, “Les Experts” ou le foot. Entreprises industrielles patentées de décérébration dont un des résultats visibles est justement de rendre possible un truc a priori aussi improbable que l’élection d’un Luc Chatel.

Hier soir, il était question de la dette publique et des moyens à mettre en oeuvre pour la réduire. Je passe rapidement sur la présence d’une caricature ultralibérale (ce n’est pas forcément le mot que j’emploierais spontanément, mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour éviter un déluge de viles insultes), Sophie de Menthon, qui squatte de plus en plus les écrans et les ondes pour venir dévider son bréviaire, hérité de celui de Reagan : “L’Etat n’est pas la solution, c’est le problème.” Je glisse aussi sur François de Closets, qui pense toujours que le déficit est dû aux privilèges de certaines catégories. Sauf qu’il vise mal et se trompe de cibles, et qu’il radote depuis plus de 30 ans. Il y avait aussi des politiques, les “socialistes” Fabius et Attali. Fabius dit souvent des choses très intelligentes (la preuve plus loin), mais son passé le discrédite totalement. Quant à Attali, c’est un baratineur invétéré qui dit tout et son contraire dans la pluie de livres qu’il fait tomber sur nos têtes et qu’il vient vendre à la télé.

En fait, les deux invités intéressants étaient l’économiste Dominique Plihon (l’expert d’ATTAC, déjà croisé ici ) et la journaliste d‘“Alternatives Economiques” Sandra Moatti. Je précise que même s’ils sont tous les deux des économistes atypiques si on les compare à la cohorte bêlante de leurs collègues ultralibéraux à la petite semaine, ils n’ont rien de véritablement révolutionnaires et n’ont en particulier rien contre l’économie de marché.

A les écouter, on apprend néanmoins en quelques minutes où se situe le problème. C’est à dire pas tant dans la hausse des dépenses de l’Etat (comme on nous le serine en permanence et sur tous les tons) que dans la baisse organisée des recettes. Dominique Plihon nous apprend qu’au cours des dernières décennies, ce sont 100 milliards d’euros par an de recettes qui se sont évaporées, par un glissement continu ! 100 milliards, bordel ! On veut économiser 50 milliards ? Il suffirait de remettre en cause la moitié de ces cadeaux ! Sandra Moatti précise qu’au cours des diverses “réformes” effectuées depuis 2000, l’Etat a perdu 40 milliards d’euros de recettes par an, principalement en cadeaux aux entreprises et aux grandes fortunes ! C’est pas vieux, 2000, et je ne sache pas que le régime qui prévalait en France 2000 (avec Fabius aux finances) pût être assimilé à un quelconque communisme, ni même que l’immense majorité des citoyens ordinaires ait ressenti depuis lors une colossale baisse d’impôts. Par contre, ils ont forcément senti une hausse colossale du chômage, des délocalisations, la casse des Service Publics, le recul des remboursements de Sécu, le massacre des retraites, la hausse du prix du gaz, de l’électricité…

A noter que ces chiffres ne prennent pas en compte les cadeaux faits aux banksters et aux constructeurs de bagnole l’an dernier.

Pire encore peut-être, Fabius (c’est à 58mn30 de la vidéo) nous révèle qu’il y a deux ans, lors d’une séance de nuit à l’assemblée, un obscur amendement a été présenté par un certain Copé, (qui se voit déjà président en 2017, et dont on comprend mieux l’obstination à noyer le poisson avec ses foutaises de burqa). Cet amendement exonère totalement d’impôts sur les plus-values la cession des filiales des multinationales. Cet amendement a été voté en douce par la majorité des godillots de l’UMP. Bon, ça a l’air un peu abscons, comme sujet, d’ailleurs strictement personne n’en a parlé dans les médias. Ni même ici, d’ailleurs, c’est dire.

Et pourtant cette saloperie nous coûterait 10 milliards d’euros par an ! C’est monstrueux ! Presque autant que la totalité du “paquet fiscal” de 2007, auquel il s’ajoute, naturellement ! Plus de 3 fois le cadeau scandaleux aux restaurateurs, qui lui avait pourtant fait l’objet d’un débat public. Plus de 10 fois le bouclier fiscal, qui est pourtant unanimement reconnu et dénoncé comme une saloperie à éliminer. Et, last but not least, 20 fois le gain obtenu en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux ! 20 fois ! Ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux est une mesure idéologique, qui provoque pour le citoyen ordinaire un bordel sans nom dans des domaines tels que les écoles, les hôpitaux, les allocs, la police, etc…

Et par un simple petit amendement nocturne cynique des parlementaires UMP (ceux-là même qui serrent la pogne des gueux sur les marchés en faisant les importants et en feignant de s’intéresser à leurs petits problèmes quotidiens), on fait aux multinationales un cadeau scandaleusement indéfendable autant que dispendieux, qu’on prétend désormais faire payer aux gens “ordinaires”.

Car aujourd’hui, quand on parle de réduire la dette, on parle principalement de faire payer les pauvres, ou de rogner sur les Services Publics et sociaux, ce qui revient au même. Et on prétend associer les ministères à l’effort, en remplaçant les fleurs naturelles par des fleurs en plastique.

A ce sujet, une conférence pour trouver des solutions avait lieu ce midi. Y participaient, outre Sarkozy, Fillon, Lagarde, Woerth, Baroin… Tous des traîtres mouillés jusqu’au cou, complices des riches et des puissants, esclaves des “marchés financiers” et des banksters. Une assemblée de maroquiniers qui faisaient mine de chercher des solutions aux problèmes des crocodiles.

Cela se confirme : nos dirigeants sont des traîtres, des menteurs et des hypocrites. Ils se rendent coupables de forfaiture à l’égard des citoyens qui les ont élus. Ils les volent ! 100 milliards par an, cela représente 1500 euros par personne, 6000 euros par famille de 4 ! Si on met un voleur de téléphones portables à 1 euro en garde à vue avec fouille anale, quel sort devrait-on réserver à ces bandits de grand chemin qui nous gouvernent ? Il faudra les juger, assurément. Ne serait-ce que pour l’histoire, pour éviter que ça ne se reproduise.

Quant aux journalistes, de France 3 ou d’ailleurs, qui en répétant les foutaises gouvernementales sans mettre en avant leur côté dérisoire, ridicule, trompeur  et scandaleux, leur donnent crédit, crédit qui se trouve multiplié par la répétition à l’infini des JT, ne devraient-ils pas eux aussi être jugés pour complicité ?

Ironie, Taddéi a passé un extrait de la chanson de Damien Saez “J’accuse” (qui a surtout fait parler de lui pour l’affiche provocatrice de son album), dont voici un extrait :

Parait qu’il faut virer des profs et puis les travailleurs sociaux, les fonctionnaires qui servent à rien, les infirmières à 1000 euros, faut qu’ça rapporte aux actionnaires, la santé et les hôpitaux, va t’faire soigner en Angleterre, va voir la gueule de leur métro.“  Avant de conclure “il faut foutre le portable aux chiottes et des coups de pioche dans la télé, faut mettre les menottes à chaque présentateur du JT


 

Eh ouais, mettre des menottes à chaque présentateur de JT. Si ça pouvait réveiller les citoyens, et éviter l’élection d’un Copé ou d’un Chatel (simples exemples, il y a des cohortes de leurs semblables), ça vaudrait le coup d’essayer…


Auteur : SuperNo - Source : le blog de SuperNo

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12986

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