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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 05:15

Pourquoi la France ne se relèvera pas grâce aux plans de sarkoléon
 

sarko_caricature_soldesAvant même d’entamer la rentrée, sarkoléon nous inflige un nouveau plan d’austérité (12 milliards d’euros d’économies aux dernières nouvelles). Ah bon, parc qu’on n’y était pas déjà, dans l’austérité, depuis quatre ans ? Si, mais on peut faire encore pire que ce qui a déjà été réalisé, ou plutôt détruit, depuis quatre longues, longues années et demi.

 

Si ce n’était si tragique on aurait envie de se rouler par terre de rire. Entendre sarkoléon nous dire de nous serrer la ceinture après quatre ans et demi de gabegie pour les décomplexés et d’austérité pour le commun des mortels, ça fait crisser les oreilles.

Parce que oui, aujourd’hui, avec un déficit public de 135 milliards d’euros fin 2010 (soit 7% du PIB, alors qu’à l’arrive de sarko il était de moins de 4%), et une dette publique à 85% du PIB (soit près de 1.700 milliards d’euros, contre 64% du PIB en 2007), on n’a pas fini de rire.

D’autant que la Croissance, que ces messieurs attendent comme le messie, n’est toujours pas là malgré les prévisions ultra optimistes[1] de Lagarde et consorts, qui relèvent davantage de l’incantation que de la prévision réaliste.

Bref, en lisant le programme électoral de sarko en 2007, on pouvait prévoir sans difficulté qu’on se trouverait exactement dans la situation actuelle[2]. Pas besoin d’être économiste pour comprendre que couper les rentrées d’argent en augmentant les dépenses inutiles allait nous mener droit dans le mur, d’autant plus que la crise subprime se profilait déjà fin 2006.

C’est d’ailleurs pour cela que, mine de rien, l’excité à talonnettes est aujourd’hui en train de défaire une partie de ses mesures phares de 2007. Mesures qu’il a d’ailleurs fait passer trois mois après son arrivée à l’Elysée, en plein milieu de l’été, et juste avant que l’économie mondiale ne sombre réellement. 

Pourquoi il a plombé les comptes090929_dette_500

La base quand on gère un budget, c’est de veiller à équilibrer les dépenses avec les rentrées d’argent. Sarko, lui, s’est permis d’augmenter les dépenses en diminuant les recettes. Enfin, je ne compte pas les PV et autres taxes sur le tabac et l’alcool (qui n’ont jamais été reversés à la sécu et n’ont jamais été compenses par l’Etat). De ce côté en effet, il a bien augmenté les gains. De même que quand il coupe dans les dépenses sociales, mais on va y revenir.

Bref, reprenons. Sarko, donc a d’abord fait perdre pas mal d’argent à l’Etat via tout un train de mesures aussi aberrantes que contre productives.

 - Baisse des droits de succession des riches : coût estimé : 1,7 milliard par an au début, puis après révision de 2011, 700.000 euros par an. Cette mesure, bien évidemment, ne profitait qu’aux riches, puisque les pauvres étaient déjà exonérés (pour le conjoint, l’abattement fiscal s’élevait jusqu’à 76.000 euros).

Là, l’exonération est devenue totale, même pour ceux qui auraient du payer plus de 76.000 euros d’impôts. Donc, qui en profite ? "Environ 90% des successions au profit de l'époux survivant, 80% des successions en ligne directe et 75% de l'ensemble des successions sont déjà exonérés", a souligné le député socialiste Jean-Louis Idiart dans Le Nouvel Observateur au moment où la réforme a été votée, en 2007. Les rentiers seront ravis de la réforme, cela va de soi…

Il y avait aussi dans cette réforme la possibilité de faire des donations de son vivant tous les six ans, de près de 160.000 euros non taxés.

Toutefois, Sarko est en partie revenu sur cette mesure coûteuse et improductive avec sa réforme d’austérité d’août 2011.

 - Augmentation du nombre de niches fiscales : renforcement du CIR (crédit impôt recherche, coût : 4,5 milliards par an), qui procure d’énormes abattements fiscaux aux multinationales qui font travailler les universités pour la recherche qui les intéresse. Ajoutons que le CIR devait permettre aux entreprises d’investir dans la recherche et développement, mais Rhodia, qui a gagné 7 milliards en 2007 et 20 milliards en 2008 a expliqué que l’argent allait servir à «investir au niveau du groupe, soit dans de l’industriel, soit dans de la R &D, soit dans le remboursement de la dette, soit améliorer son résultat net… C’est donc effectivement de la gestion du cash au niveau du groupe ».

Autre exemple parlant : Sanofi aventis, qui a réduit ses effectifs en R&D en 2009 ( au moins 1.100 emplois en moins), mais faisait 5,3 milliards de bénéfice la même année, rémunérant grassement ses actionnaires au passage, Sanofi a été le premier bénéficiaire du CIR (avec 26 millions d’euros reversés par l’Etat en 2008).

Evidemment, au salon du Bourget sarko a précisé qu’il ne reviendrait pas sur cette merveilleuse niche fiscale.

- Exonération des plus-values générées par les titres de participation.

De 2007 à 2010, selon le Conseil des prélèvements obligatoires, 19 dispositifs d’exonération fiscale ont été créés, 10 ont été supprimés.

Et pour terminer avec les niches fiscales, l’Inspection des finances en a recensé 538, représentant… 104 milliards d’euros. Donc s(il cherche de l’argent, on peut lui dire tout de suite où le trouver. Parmi les mesures examinées, 261 niches fiscales et sociales représentant plus de 52 milliards d'euros -sur un montant global de 104 milliards- ne seraient pas utiles, voire seraient économiquement improductives : 125 niches fiscales et 46 niches sociales entreraient dans cette catégorie. On ne va pas s’étendre sur les niches jugées improductives par l’Inspection des finances, car elle considère que le Crédit Impôt recherche tel qu’il est fait est une bonne chose.

Selon l’économiste Thomas Piketty, explique l’hebdomadaire Marianne du 27 août, les cadeaux fiscaux au 1% des Français les plus riches s’élève à 150 milliards d’euros en 10 ans, soit 15 milliards par an. Et on nous reparle encore du « trou de la sécu » ?

GABEGIE806_dans_le_fillon - Fin de l’ISF : la fin de l’ISF est le serpent de mer du mandat de sarkoléon, l’ISF est sa bête noire.

A défaut de le supprimer comme il l’aurait voulu, l’ISF a donc été réduit à la portion congrue, passant de 1,8% à 0,5% des revenus des ultra riches. Et même 0,25% pour ceux qui sont un peu moins que très riches (1,3 à 3 millions d’euros).

En outre, les premiers à payer l’impôt touchent désormais 1,3 million par an, contre 800.000 euros auparavant (300.000 contribuables sur 560.000 sont donc exonérés de cet impôt). Comme l’écrivait le Nouvel Observateur en avril 2011 : « La baisse d'impôt est d'autant plus forte que l'on dispose d'un patrimoine important : elle atteint 38% pour une fortune de 2 millions et 69% pour une de 50 millions! » Coût de ladite réforme : près d’1,6 milliard par an. Compensé en partie par la fin partielle du bouclier fiscal (700 millions d’euros) et l’augmentation de la fiscalité sur les successions (900 millions paraît-il).

- Suppression de l’impôt forfaitaire sur les entreprises : coût de 1,6 milliard d’euros par an.


- Bouclier fiscal : dispositif qui permettait aux ménages de ne pas payer d’impôts au-delà de 50 % de leurs revenus.  Pensons seulement que dans les années 30, les riches américains étaient taxés à plus de 90%, et ils étaient quand-même riches.

Ledit bouclier a été supprimé grâce à l’Europe, qui le trouvait injuste… pour les riches domiciliés hors de France qui n’y avaient pas droit ! En outre, précisait le Figaro en octobre 2010, « les impôts pris en compte dans le «bouclier fiscal» sont uniquement ceux payés dans l'Hexagone, ce qui peut avoir pour conséquence d'influencer des choix d'investissement et donc contrevenir à la libre circulation des capitaux ».

- Exonération d’impôts et de cotisations sociales sur les heures supplémentaires. Coût : 6,5 milliards. Accessoirement, cette mesure a contribué à faire augmenter le chômage, puisqu’au lieu de rendre les heures supplémentaires peu intéressantes comparées à un emploi, elles les ont rendues très attractives, surtout si on imagine que le salarié est déjà un emploi aidé.

A l’époque, on nous a dit que les employés aussi allaient être exonérés, mais la plupart des gens ont oublié qu’ils ne payaient pas d’impôts… Du coup, le bénéfice pour les salariés ne concerne que les plus hauts revenus.

En 2009, par exemple, les patrons d’entreprises de moins de 10 salariés ont été exonérés de la totalité des charges patronales sur les embauches de personnes gagnant moins de 1,6 fois le SMIC, en 2009. Mesure pas trop stupide en temps de crise, mais qui a coûté quand-même 700 millions d’euros.

Mais, avec son délire d’austérité, sarko se demande s’il ne faudrait pas revenir sur cette loi à laquelle il tenait tant récemment. Ca ne fera qu’une de plus.

- Baisses des charges sociales pour les entreprises : 35,3 milliards d’euros par an en 2010. D’après le conseil des prélèvements obligatoires, le nombre de dispositifs d’exonérations a augmenté considérablement et de manière continue entre 2005 et 2010 (+ 45,4 %). Entre 2002 et 2010, le nombre des dépenses fiscales bénéficiant aux entreprises a augmenté de 16,27 %, et leur coût a augmenté de 33% entre 2005 et 2010, soit 8,7 milliards d’euros. Le rapport précise que « L’augmentation constatée entre 2008 et 2009 est imputable à hauteur de 76,9 % à la hausse du coût du crédit impôt recherche : évalué à 1500 M€ en 2008, le coût du dispositif est en effet estimé à 5800 M€ en 2009 (+ 4300 M€) ».

tableau_cadeaux_aux_entreprises

En fait, on appelle ça « niches fiscales et sociales », mais ça fait moins joli.

Les principaux postes de dépenses pour ces exonérations sont :

  1. la baisse de TVA qui représente 44% du total des exonérations, soit 15,3 milliards d’euros en 2009,
  2. les dispositions communes à l’impôt sur le revenu et à l’impôt sur les sociétés (IR-IS) qui représentent 22,7 % du total (7,88 Mds€),
  3. l’impôt sur les sociétés (IS) soit 9,4 % du total (3,26 Mds€) ; la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), soit 7,3 % (2,54 Mds€),
  4. les droits d’enregistrement et de timbre (ENR-TIM), soit 7 % (2,44 Mds€),
  5. et les dépenses fiscales applicables aux entreprises en matière de fiscalité locale  qui représentaient 4,1 % du total en 2009.

 

Ci-dessous, le tableau récapitulatif :

tableau_2_d_penses_fiscales_pour_les_entreprises

 - Baisse de la TVA dans la restauration : coût de plus de 3,1 milliards par an.

 - Privatisations.  On se rappelle que GDF qui « ne sera jamais privatisée » marche à grands pas vers la privatisation, tout comme EDF, d’ailleurs, la SNCF, la Poste, France Telecom et tant d’autres. Bon, il ne reste plus grand-chose à privatiser, mais les hôpitaux publics sont très mal barrés, de même que l’éducation et le système carcéral, grâce à la bonne vieille recette « qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage ».

Selon l’adage, en effet, rien de tel que couper dans les effectifs, dans les moyens, dans la formation etc. tout en exigeant de la rentabilité, pour ensuite dire qu’un service public est inefficace et serait tellement mieux une fois privatisé. Hélas, nous savons tous que c’est n’importe quoi, pensons aux autoroutes, au prix des transports dits « publics » et à leur qualité en chute libre, aux prix de l’électricité qui ont grimpé en flèche bien avant la crise pétrolière, mais juste après le début de la privatisation d’EDF en 2005, idem pour GDF dont la privatisation (l’ouverture du capital) a commencé en 2004.

En tout cas, pour les hôpitaux « publics » ça commence avec les premiers « partenariats public privé »[3]. Le nabot à talonnettes a d’ailleurs commencé ce travail de sape sur les derniers services publics lors de son bref mais catastrophique passage à Bercy en 2004, pour préparer le budget 2005.

Bref, la liste est longue et de toutes manières c’est l’Europe qui décide puisque la concurrence doit être « libre et non faussée », n’est-ce-pas.

Coût : inchiffrable.

 - Suppression de la taxe professionnelle en 2010 : coût de 28 milliards d’euros par an (dont 8 milliards en moins pour l’Etat[4], le reste en moins pour les collectivités locales).

 - Emplois aidés (ou les fonctionnaires qui n’en ont pas le nom). Coût : 2,5 milliards par an.

Les bas salaires sont souvent exonérés de charges, et finalement supportés par l’Etat. Nombreux sont les gens payés au SMIC qui sont en réalité largement salariés par l’Etat. Et puis, ces mesures constituent une « trappe à bas salaires », incitant les entreprises à ne créer que des emplois mal rémunérés, et cela sur le dos des contribuables. Soit environ 400.000 contrats dénommés Contrat initiative emploi (CIE) dans le privé ou Contrat d'accompagnement dans l'emploi (CAE) dans le public, et subventionnés par l’Etat à hauteur de 70%.

Accessoirement, les emplois aidés ont l’avantage de faire baisser les chiffres du chômage, d’autant qu’ils s’adressent à des gens assez éloignés de l’emploi, comme on dit : chômeurs de longue durée, jeunes sans formation, personnes handicapées, personnes en réinsertion ou des gens aux minimas sociaux.

 

sarko_exalte_mykaiaAugmentation des dépenses

 

Evidemment, couper l’Etat d’une partie des recettes ne plombe pas assez les comptes. Le mieux, c’est encore de faire une ou deux guerres.

La guerre d’Afghanistan, dont personne n’a rien à faire ici puisque nous ne consommons pas d’opium, couterait donc 1,3 million d‘euros par jour, soit 470 millions d’euros en 2010.

En juillet 2009, on en était déjà à 1,3 milliard d’euros pour la guerre en Afghanistan.

La guerre en Libye n’est pas tellement meilleur marché : 53 millions d’euros entre le 19 mars, quand la guerre a commencé, et le 3 mai, quand le ministre de l’Intérieur Longuet a donné les chiffres. Nous sommes au début de septembre, on doit donc avoir largement dépassé les 160 millions d’euros.

Il y a aussi la hausse de moult impôts qui touchent tout le monde, comme la CSG, qui rapportera davantage que la taxe sur les hauts revenus, semble-t-il.

Ainsi, sarko avait prévu d’augmenter les prélèvements obligatoires de 1% du PIB, pour les faire passer de 41,9% du PIB en 2010 à 42,9% en 2011, 43,2% en 2012 et 43,9% en 2014, leur niveau de 2007.

Sauf que cette augmentation, a-t-il précisé, porterait à 37% sur les ménages et à 63% sur les entreprises, puis à 52% contre 48% en 2012, alors que les baisses de charges n’ont concerné quasiment que les entreprises.

Et n’oublions pas les propres dépenses de sarkoléon, sur lesquelles il ne sert à rien de s’étendre, comme ses 170% d’augmentation ou les 7,5 millions qu’il a dépensés pour ses frais officiels de communication en 2009[5]. A cela il faut encore ajouter les frais du SIG, le service d’information du gouvernement.

Juste pour rire, évoquons les 50.000€ de subventions destinés à lui installer des toilettes toutes neuves et une antenne relais au mémorial Charles de Gaulle (22 millions d’euros) qu’il allait visiter sous peu. Cette liste n’est pas exhaustive, mais on peut la compléter par ci par-là[6].

Par ailleurs, le remboursement des intérêts des emprunts (donc uniquement les intérêts de la dette) réalisés sur « les marchés », ce qu’on appelle les « engagements financiers de l’Etat », le quatrième budget de l’Etat[7]: 44,6 milliards prévus au budget de 2010 (contre moins de 41 milliards payés en 2006). Pour 2011, on en serait à 47 milliards[8], plus de 15% du budget de l’Etat.

Et il faut noter que le premier budget de l’Etat, ce sont les remboursements et dégrèvements, c’est-à-dire les cadeaux fiscaux, qui coutent plus de 93 milliards d’euros par an (chiffres prévisionnels de 2010).


Sans oublier l’austérité pour les pauvres, depuis 2007 et même avantlegajanv06_02

Le président du pouvoir d’achat a en effet un lourd passif en matière de destruction des acquis sociaux. Ce qu’il appelle « modernité » est pour nous synonyme de régression :

Restrictions du chômage : la durée des allocations chômage a été restreinte progressivement, de 386 jours en 2005 à 328 jours en 2008. On est à 7 à 23 mois en 2011, soit environ 210 jours au minimum. 

La revalorisation des indemnités chômage étant inférieure à l’inflation, il baisse de toute manière.

Ladite indemnité chômage s’élève à 57,4% du salaire brut de référence, puis à la fin du temps d’indemnisation on passe au RSA, avec 13,57€ par jour au maximum, ou 460€ pour une personne seule. Dans les années 70, les chômeurs touchaient carrément 90% du dernier salaire brut. Mais, il y avait quatre fois moins de chômeurs.

Au final, de plus en plus de chômeurs ne sont plus indemnisés, et se retrouvent au RSA voire sans rien. Parmi les chômeurs dits de longue durée (+ de 2 ans), 62% ne sont pas indemnisés et 46% touchent le RSA.

Radiations du chômage (ex « recalculés »): hausse de 25% des radiations administratives en juillet 2011 alors que le chômage augmente quand-même de plus de 36.000 personnes. En juillet, 197.000 personnes ont été radiées pour défaut d’actualisation, 47.900 ont été radiés pour des problèmes d’ordre administratif[9], et 56.800 autres ont été virés sans qu’on sache pourquoi. Dans quelle catégorie rentrent ceux qui ont refusé trois offres bidons, dont les critères sont élargis d’année en année [10]?

Au total, 301.900 personnes se retrouvent sans ressources ou presque. Et sarko pleure parce que le chômage a augmenté de 36.000 personnes, cherchez l’erreur…

Le processus est exactement le même en Belgique, où le chômage a longtemps baissé exactement dans la même proportion que les « exclusions » des indemnités chômage augmentaient, avant et pendant la crise économique.

Augmentation du prix des médicaments et des consultations médicales : petit à petit, de plus en plus de médicaments sont déremboursés[11], d’autres sont de moins en moins bien remboursés, le ticket modérateur ne cesse d’augmenter.

Les dépassements d’honoraires sur lesquels l’Etat ferme les yeux engendrent une médecine à deux vitesses. Le corollaire de tout cela est que les pauvres n’iront se soigner qu’au dernier moment, avec toutes les complications que cela engendre.

Augmentation des taxes : redevance TV, taxe sur les ordinateurs et clés USB, taxe sur les huiles moteur, taxe Internet, les malus environnementaux… Au final Sarko aurait créé une taxe par mois durant tout son mandat.

reiser    → Taxation des mutuelles : c’est la nouveauté de l’année 2011. Maintenant que tout le monde est obligé d’avoir une complémentaire santé puisque la sécu rembourse de moins en moins, voilà qu’on va se mettre à taxer les mutuelles. On a déjà eu droit à une taxe[12] de 3,5% sur les mutuelles en janvier, et voilà que la taxe passe à 7%. Gain attendu cette augmentation : 1,2 milliard d’euros par an, (en plus du 1,1 milliard gagné avec la réforme de janvier). Alors que la taxe des riches ne rapportera pas plus de 200 millions d’euros…

   → Baisse des allocations familiales : ça se fait subtilement et étape par étapes, mais on enlève des tranches[13], on revalorise moins, et au final les familles touchent moins. Là, ils pensent à donner des allocs dès le 1er enfant, mais en donnant moins pour les enfants. Au final, on peut parier qu’il y aura des économies de bout de chandelle.

Recul du SMIC : c’est une évidence, le SMIC, qui a stagné pendant la crise et augmente beaucoup moins que l’inflation, est donc en recul. Il faut savoir que pour ces messieurs de la BCE occupés à contenir l’inflation, il y a un impératif qui est de contenir l’augmentation des salaires. Pour cela, deux leviers essentiels : un chômage structurel autour de 8%, et des salaires minimum aussi bas que possible[14].  En gros, le SMIC augmente de 8€ mensuels, ce qui est loin de compenser l’augmentation des prix.

RSA : le pire, c’est qu’on pourrait bientôt mettre le RSA dans la colonne des gains pour l’Etat !

Selon Actu Chômage : « les dépenses au titre du RSA "activité" (pour les personnes qui travaillent; le coût du RSA "socle" pour celles qui ne travaillent pas étant pris intégralement en charge par les départements) devaient atteindre 1,4 milliard d'euros en 2009, puis 2,9 milliards en 2010 et 2011 en régime de croisière, sur la base de 2 millions de bénéficiaires. En réalité, on n'en comptait fin 2010 que 667.000, et ce nombre ne progresse que faiblement. Résultat, le coût du RSA "activité" s'établit «seulement» à un peu plus de 1,3 milliard. Soit, peu ou prou, le montant des recettes de la contribution RSA de 1,1% sur les revenus du capital (1,2 milliard) instaurée en 2009, et qui est pourtant plus faible que prévu en raison de la crise. »

En 2009 et 2010, le FNSA (Fonds National des Solidarités Actives) chargé de verser le RSA et d’autres allocations moins importantes était même bénéficiaire. En effet, une bonne partie des gens qui pourraient toucher le RSA ne le demandent pas, et pour ceux qui le demandent, les démarches peuvent durer des mois (il manque toujours un papier dans le dossier, mais on vous le dit au coup par coup évidemment).

Tarifs du gaz, de l’électricité, SNCF, La Poste, et France Telecom, dont l’Etat reste l’un des principaux actionnaires. Plus les actions valent cher, ou plus le bénéfice finit dans la poche des actionnaires comme c’est encore le cas avec France Telecom, plus l’Etat s’en met lui aussi plein les poches. Car il est encore actionnaire majoritaire d’EDF, par exemple, et tient encore un bon pourcentage de parts dans d’autres ex entreprises publiques.

Et cette liste n’est évidemment pas exhaustive.

Il faut aussi préciser que l’idée d’inscrire dans la constitution qu’on ne peut pas avoir de déficit supérieur à 3% du PIB, la fumeuse « règle d’or », n’est pas une idée de sarko, même s’il la propose depuis 2007, mais la dernière lubie des crânes d’œuf de Bruxelles. Eux ont appelé ça le « pacte de compétitivité », et cherchent à l’imposer partout en Europe. Le but ? Que l’Europe prenne en main l’économie des pays qui dépassent les 3% de déficit, en prenant les mesures drastiques qu’on connaît par cœur pour les subir depuis 30 ans : privatisations, baisse des salaires, baisse des dépenses sociales, augmentation des impôts pour les pauvres.

 

Ce qui nous attend150139956_des_petits_trous

D’abord, il faut avoir conscience que les mesures d’austérité sont appliquées partout dans le monde, c’est toujours la même recette, qu’on a déjà répétée : baisse des dépenses sociales, baisse des impôts des riches, privatisations. Ce sont les bonnes vieilles « politiques d’ajustement structurels » du FMI et de la Banque Mondiale, et qui ont coulé tant de pays à travers le monde dans les années 90 et 2000. Et ces mesures sont appliquées partout parce que la décision est prise depuis longtemps, comme en témoignent les textes européens.

Que les gouvernements soient de droite ou de gauche, peu importe : le programme est le même. Parce qu’il y a un consensus des « élites » pour presser le citron (les travailleurs/ consommateurs/ électeurs) au maximum.

Aujourd’hui on nous dit qu’il ne s’agit toujours pas d’austérité, mais si : on accélère seulement le rythme de la casse sociale, et économique. Car, il n’y a aucune raison pour que les recettes appliquées au reste du monde ne donnent pas les mêmes résultats chez nous, c’est-à-dire un appauvrissement durable de 95% de la population.

D’ailleurs on le constate nous-mêmes : depuis le tournant libéral de Mitterrand en 1983, est-ce que les travailleurs se portent mieux ? Certes non, puisque le produit de leur travail sert de plus en plus à rémunérer les actionnaires et à nourrir le marché de la finance qui nous pille encore une fois à chaque crise.

Bref, revenons au plan de sarkoléon.

Il s’agit, nous dit-on, de ramener le déficit public de 5,7 à 4,6% en 2012 et 3% en 2013. Les mêmes objectifs qu’en 2007, mais soit.

-         On va commencer par la taxe la plus débile : celle sur les boissons sucrées, mais pas les jus d’orange. Pourquoi la taxe sur les « repas » du Mc Do est-elle à 5,5% alors ? La taxe sur les sodas, donc sera augmentée à 19,6%. Gain espéré : 120 millions

-         Taxe de 6% en plus sur les alcools forts et le tabac. Depuis 2009, l’augmentation est de 6% par an de toute manière, et la consommation ne baisse pas vraiment, surtout si on tient compte du nombre de fumeurs qui se fournissent à l’étranger, et pas seulement aux frontières. Gain espéré : 600 millions sur le tabac et 340 millions avec l’alcool.

-         Une bonne mesure, dans le tas : limiter le report des déficits dans le bilan des entreprises. Ce système fait de la France un paradis fiscal, et si Total ou Danone ne paient pas un euro d’impôt sur les bénéfices cette année c’est grâce à ce système qui permet, même quand on fait des bénéfices, de rapatrier une partie des pertes afin de les déduire des bénéfices. Certaines multinationales arrivent même à obtenir des crédits d’impôt grâce à ça. Gain espéré : 1,5 milliard en 2012.

-         Augmentation de la taxe sur les mutuelles, mais on en a déjà parlé.

-         Baisse des dépenses de l’Etat de 1milliard.

-         Baisse de 10% des dépenses dans les niches fiscales.

Dont la suppression de l'abattement de 30% sur le bénéfice imposable des entreprises dans les départements d'outre-mer, pour un gain attendu de 100 millions d'euros. Ce qui faisait des DOM des mini paradis fiscaux.

-         Taxe sur les parcs d’attraction : elle passe aussi à 19 ,5%, pour un gain attendu de 90 millions d’euros par an.

-         Fin des dérogations à la CSG : 800 millions espérés.

-         Fin d’autres avantages : Hausse du forfait social de 6% à 8% (400 millions), alignement sur le droit commun des cotisations sociales du secteur de l'énergie (200 millions), harmonisation dans la loi de l'assiette de la contribution sociale de solidarité des sociétés.

-         Heures sup’ : en révisant le calcul des allègements de charges, l’Etat espère gagner 600 millions d’euros par an.

-         Résidence secondaire : fin de l’abattement sur les plus values réalisées lors de la revente d’une résidence secondaire. La taxe arrivera à environ 30% de la plus value. Gain espéré : 2,2 milliards en 2012.

-         Taxe sur les hauts revenus et revenus du capital : il s’agit d’une taxe temporaire (peut-être jusqu’en 2013), de 3%, touchant les revenus supérieurs à 500.000€. Gain espéré : 200 millions d’euros.

Les milliardaires qui appellent à se faire taxer ne nous laissent pas dupes. On a très bien compris qu’ils prenaient les devants afin d‘éviter une vraie taxe, durable et conséquente, comme celles que les plus pauvres se prennent dans la figure depuis quatre ans.

Grâce à leur lobbying, les revenus de plus de 500.000 euros annuels (vous en connaissez beaucoup vous ?) devront allonger la pharamineuse somme de … 3.000 euros par an ! Et encore, cette taxe ne sera qu’exceptionnelle. On peut applaudir… Au final, ça ne sert à rien à part à faire croire au populo qu’il ne sera pas le seul à cracher au bassinet.

 

Comme il ne s’agit pas d’être efficace mais de rassurer « les Marchés », on peut s’attendre à subir le même scénario que l’Irlande il y a deux ans, le Portugal il y a un an, et plein d‘autres pays aujourd’hui. En effet, il y a deux ou trois ans, l’Irlande s’infligeait elle-même un méga cure d’austérité, pour que « les Marchés » la laissent tranquille, mais évidemment ça n’a pas suffi, et l’austérité a du s’amplifier. Même scénario au Portugal où, il y a un an de cela, on espérait encore pouvoir passer entre les mailles du filet en faisant des économies.

Quant à voir revenir la Croissance, il faut avoir conscience que même si elle revient (ce qui ne sera probablement pas le cas dans les mois à venir), elle n’apportera pas plus aux salariés de base que la « Croissance » de la fin des années 90. Celle-là en effet, seuls les spéculateurs et les rentiers l’ont vue passer.

On constate en outre que la politique menée depuis 2007 est totalement improductive, pourtant il n’est pas question de remettre en cause le dogme libéral, on reste dans la doxa et les riches doivent être toujours plus protégés, tandis que la masse peut être saignée à blanc, et c’est le même schéma pour les multinationales et les PME.

La suite, on la connaît : austérité è appauvrissement généralisé de l’Etat et de classes moyennes et pauvres è pas de Croissance è mesures d’austérité encore pires…

La seule question est : jusqu’à quand ?

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[1] Par exemple, la croissance prévue en 2010 était d’abord de 2,5, puis 2%, elle a finalement été de 1,5%. Pour 2009, sarkoléon et ses copains avaient d’abord prévu une baisse du PIB de 1,75%, puis 2, ça a finalement été moins 2,5%. Pour 2011, ils ont d’abord « prévu », ou plutôt espéré 2,5% de croissance, puis 2, et on sera surement en-dessous de 1,5  (on a fait 0,9% au premier trimestre, et 0 au deuxième. Et c’est chaud pour le troisième, vu la crise financière qui nous est tombé dessus). Lagarde avait même « prévu » -en lisant dans les entrailles de poulet ?- 2,25% de croissance du PIB en 2012 (après avoir d’abord prévu 2,5, soyons fous). Aujourd’hui on envisage un glorieux 1,75%… Autant dire qu’on est mal barrés.
[2] On pouvait aussi prévoir que GDF serait privatisée, qu’il y aurait encore des gens à mourir de froid dans la rue, que la retraite à 60 ans allait être un vieux souvenir etc.
 [3] C’est-à-dire que l’Etat qui n’a pas d’argent fait construire, voire gérer un bâtiment contre une rente sur 30 ans en général. Ca se fait beaucoup pour les prisons, avec moult dérives à la clé.
[4] Evidemment, quand il a parlé de cette idée, sarko n’a parlé que d’un coût de 8 milliards.
[5] Le double de 2008, dont 250.000€ pour télé sarko, le site de l’Elysée et 50.000 € pour le site de la fondation de Carla. Pour sa com’, il a une équipe de 15 personnes, do nt le salaire moyen est de 3.500€ net par mois. Les sondages commandés via le Figaro parfois (cf. Canard Enchaîné de je ne sais plus quand), ont coûté 3,28 millions d’euros cette année-là. Il a aussi son propre service audio visuel, composé de 24 personnes, pour, notamment, porter son pupitre (avec estrade ?). Par ailleurs, avec 1.045 employés à l’Elysée (87 cuisiniers 44 chauffeurs…), il battrait la Reine d’Angleterre, qui en aurait deux fois moins… Rien que pour les fleurs, il y en aurait pour 280.000€ par an. Marianne écrivait en 2008 que « Hasard du calendrier, ce même jour, Le Canard Enchaîné révélait que les dépenses de l’Elysée ont augmenté de 8,4% de 2006 à 2007. Des dépenses qui comprennent la réfection du Château, une progression du personnel élyséen de 957 à 1045 personnes soit une hausse de 10,9 %. «Les voyages officiels ont été multipliés par trois» écrit également Le Canard ».
[6] Toutefois, il faut faire attention : quand on voit que les dépenses de l’Elysée baissent, c’est en grande partie parce que lesdites dépenses ont été transférées à d’autres ministères, ainsi que le relève la Cour des Comptes d’année en année ;
[7] Après les cadeaux fiscaux (93 milliards), l’Education (61 milliards), et la recherche (dont les subventions au privé) et l’enseignement supérieur (46 milliards).
[8] Mais on n’avait prévu que 45,3 milliards d’euros au budget 2011 pour le remboursement des intérêts de la dette.
[9] Contre 48.900 en janvier, 44.000 en février, 45.000 en mars, 48.100 en avril, puis 36.800 en mai (-23,5%), 38.300 en juin (+4,1%).
[10] Aujourd’hui, au bout de 3 mois de chômage, l’emploi proposé n’est plus obligé de « s’inscrire » dans le « projet professionnel », ni d’être rémunéré aussi bien que le salaire antérieur. Après 3 mois, la personne ne peut plus refuser un emploi dans ses compétences, dans sa zone de recherche et à 95% du dernier salaire, et après 6 mois ça passe à un job à 80% du dernier salaire, « et situé à 30 km de son domicile ou à une heure de transport en commun ». Au bout d’un an, ça devient n’importe quoi : « après un an sans emploi, une offre sera considérée comme raisonnable si l'emploi proposé est rémunéré à un salaire supérieur à l'allocation-chômage avec les mêmes dispositions sur la distance entre le lieu de travail et le domicile et le temps de transport ».
[11] D’ailleurs, l’Etat préfère dérembourser des médicaments utiles qu’on continuera à acheter, et continuer à rembourser des médicaments inutiles qu’on n’achèterait plus autrement.
[12] La taxe spéciale sur les activités d'assurance (TSCA), passée très discrètement en janvier.
[13] Encore une fois, en présentant cette super réforme, Fillon a dit que c’était mieux : revaloriser à 14 ans au lieu de 16 ans, c’est génial. Sauf que maintenant il n’y a plus la revalorisation à 11 ans. Au final, l’Etat aurait réalisé 138 millions d’euros d’économies par an avec cette mesure.

[14] L’Europe a d’ailleurs enjoint la France à baisser ledit SMIC, jugé trop élevé. Les belges, quant à eux, devraient arrêter d’indexer les salaires sur les prix. C’est le dernier pays à le faire, et si la Belgique est moins dans la mouise que la France, c’est en partie parce que les salaires sont pu augmenter, et favoriser la consommation intérieure.
 
http://dondevamos.canalblog.com/archives/2011/09/01/21915397.html

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