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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 02:44

 

Prise de pouvoir par Hitler : chronique d’un coup d’Etat financé
Herwig Lerouge

 

 

1er février 2013

On entend souvent qu’Hitler est arrivé au pouvoir par les urnes, appuyé par un large mouvement populaire. Or, bien qu’organisé avec la complaisance des partis au pouvoir, c’est un coup d’Etat qui permet à Hitler d’accéder au gouvernement. Quant à son principal soutien, il vient des industriels allemands.

 

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Le 12 novembre 1933, Hitler est invité
à donner une conférence dans une usine
de Siemens. Le patron de l’entreprise,
Carl Friedrich von Siemens, compte parmi les
principaux soutiens au régime nazi.
 
 

Dans sa déclaration gouvernementale du 1er février 1933, Hitler promettait au peuple allemand l’amélioration de la situation des travailleurs et des paysans et le maintien et la consolidation de la paix. « Donnez-moi quatre ans, et vous ne reconnaîtrez plus l’Allemagne », prophétisait-il. Quatre ans plus tard, les acquis sociaux étaient détruits et les libertés fondamentales étaient bafouées. L’Allemagne, effectivement, était méconnaissable.

 

Le 30 janvier 1933, le président allemand Paul von Hindenburg nomme Adolf Hitler, le dirigeant du Parti National-socialiste (NSDAP, abrégé en nazi) Premier ministre. Le premier gouvernement Hitler ne compte que trois nazis, dont Hitler lui-même. Il n’ose même pas se présenter devant le Parlement, car il y est minoritaire. Au lieu de cela, il demande à Hindenburg de dissoudre le Parlement et d’organiser de nouvelles élections, fixées au 5 mars.

 

Ce délai lui donne l’occasion de gouverner cinq semaines sans contrôle parlementaire. Il s’agit d’un coup d’Etat légal, car la Constitution allemande de l’époque permet au président de dissoudre le Parlement ou de le suspendre temporairement. 

 

 

Un régime de terreur

 

Le 4 février, Hindenburg prend une ordonnance d’urgence qui interdit toute critique du gouvernement, supprime la liberté de rassemblement et de presse pour le Parti Communiste d’Allemagne (KPD), alors en campagne électorale, et d’autres organisations de gauche.

 

Le 27 février, le Reichstag, le Parlement allemand, est incendié. Officiellement, par un anarchiste hollandais déséquilibré. Cependant, de nombreux historiens sont convaincus que l’incendie a été provoqué par les sections d’assaut (SA) nazies. Les événements qui suivent confirment cette thèse. Avant tout début d’enquête, la radio affirme que les communistes sont coupables. La même nuit, sur base de listes établies à l’avance, plus de 10 000 communistes, socialistes et progressistes sont arrêtés. Toute la presse communiste et plusieurs journaux socialistes sont interdits. Les libertés de la presse et de réunion sont suspendues.

 

Malgré cette répression, les élections ne donnent pas une majorité aux nazis ni une majorité des deux tiers au gouvernement de coalition dirigée par Hitler. Pour l’obtenir, le gouvernement radie les 81 mandats du KPD, sans qu’aucun parti proteste. Cela étant réglé, le Parlement vote la confiance au gouvernement Hitler et l’autorise à décréter des lois sans son autorisation. Il s’agit en fait d’une auto-dissolution. Les socialistes votent contre la déclaration gouvernementale, mais jugent les élections démocratiques malgré la répression.

 

En deux ans, les nazis vont interdire les partis politiques, tuer plus de 4200 personnes et arrêter 317 800 opposants, dont 218 600 seront blessés et torturés. Le 20 mars 1933, le commissaire nazi de la police de Munich, Heinrich Himmler, crée à Dachau le premier camp de concentration destiné aux prisonniers politiques. 40 autres suivront dans la même année.

 

 

Le nerf de la guerre

 

Hitler n’a donc pas été élu démocratiquement. En réalité, la décision de le nommer chancelier a été prise quelques semaines auparavant, le 3 janvier, dans la villa du banquier Kurt von Schröder.

 

À plusieurs reprises, entre 1918 et 1923, les cercles les plus à droite de la classe dirigeante avaient en effet essayé, notamment par des tentatives de coups d’Etat, de se débarrasser du système parlementaire et de supprimer les droits importants acquis par un mouvement ouvrier fort et uni.

 

Ces cercles s’appuyaient sur une partie de l’armée et des organisations réactionnaires. De nombreux industriels voyaient dans le NSDAP une organisation qui valait la peine d’être soutenue.

 

En 1923, le patron sidérurgiste Hugo Stinnes a déclaré à l’ambassadeur américain : « Il faut trouver un dictateur qui aurait le pouvoir de faire tout ce qui est nécessaire. Un tel homme doit parler la langue du peuple et être lui-même un civil. Nous avons un tel homme. »

 

Avec la crise économique de 1929, les cercles dirigeants ont décidé de vraiment miser sur le parti nazi, qui a reçu de leur part un soutien accru. Grâce à leurs millions, Hitler a pu gagner de l’influence sur les classes populaires, très touchées par la crise. Ils ont mis à sa disposition leurs hangars désaffectés qu’il a transformés en une version nazie de l’Armée du Salut. Des malheureux sans travail pouvaient y trouver une assiette de soupe et un lit pour la nuit. Avant qu’ils s’en rendent compte, on leur avait collé un uniforme et ils défilaient derrière le drapeau nazi.

 

Durant la campagne présidentielle de 1932, les nazis ont collé des millions d’affiches, imprimé 12 millions de numéros spéciaux de leur journal et organisé 3000 meetings. Pour la première fois, ils ont fait usage de films et de disques. Hitler utilisait un avion privé pour se rendre d’un meeting à l’autre. En 1932, le parti nazi comptait des milliers de permanents et l’entretien des SA, à lui seul, coûtait deux millions de marks par semaine. Qui payait tout cela ? Certainement pas les membres sans travail du parti nazi...

 

 

Le patronat tout puissant

 

Aux élections fédérales de septembre 1930, le NSDAP devient le deuxième parti, avec plus de 6 millions de voix. Des représentants de premier ordre de la classe dirigeante s’expriment en faveur de la formation d’un gouvernement avec lui. Hitler est invité à exposer ses idées devant des cercles de grands capitalistes et plusieurs d’entre eux adhèrent au parti.

 

Cela prendra pourtant encore une année avant que ces patrons confient la chancellerie à Hitler. Ils avaient peur de la réaction du mouvement ouvrier. De plus, ils se livraient entre eux de violentes luttes de pouvoir.

 

Mais, lors des élections fédérales du 6 novembre 1932, le Parti communiste allemand accroît fortement son influence parmi les travailleurs au détriment du Parti socialiste. Le capital craint un soulèvement révolutionnaire. Et le NSDAP perd deux millions de voix. Un déclin plus important du parti risque de ruiner tous les espoirs du grand patronat. Ils mettent leurs querelles internes au vestiaire et décident de confier plus rapidement le pouvoir à Hitler.

 

Ce sont les Thyssen, Krupp, Siemens et autres qui ont déterminé la politique économique de Hitler. Il suffit de voir la composition du Haut Comité économique du gouvernement nazi. On y retrouve Krupp von Bohlen, roi de l’industrie d’armement, Fritz Thyssen, baron de l’acier, Carl Friedrich von Siemens, roi de l’électricité, et Karl Bosch, de l’industrie des colorants. Grâce à Hitler, ils ont pu appliquer le programme de casse sociale dont ils rêvaient.

 

Le gouvernement Hitler bloque les salaires au niveau très bas de 1932. Les travailleurs sont privés de tous leurs droits et menacés d’emprisonnement dans un camp de concentration en cas de grève.

 

La liberté de changer d’employeur est limitée, et un « livret de travail » est introduit. Sans ce document, aucun travailleur ne peu être engagé. Tout comme chez nous au 19e siècle, un ouvrier qui désire travailler ailleurs peut en être empêché par son patron si celui-ci gèle son livret de travail.

 

Le fascisme a porté la logique du capitalisme jusqu’à sa pire extrémité. La recherche de la compétitivité mène à une spirale descendante des salaires et des acquis sociaux. Dans les camps de travail, le coût salarial et les charges sociales sont quasiment réduits à zéro. Afin d’épargner leurs frais de transport, plusieurs firmes construisent leurs usines près des camps.

 

Le problème du chômage est résolu en envoyant une partie des chômeurs dans l’armée, une autre dans les usines d’armement. Tous sont ainsi obligés de préparer leur propre mort et celle de dizaines de millions d’autres.

 

 

Le soutien des industriels à Hitler : quelques dates

 

27 octobre 1931. Le directeur de la firme Siemens, Carl Friedrich von Siemens, prononce un discours devant des membres importants de la finance américaine pour dissiper les craintes que suscite une éventuelle montée au gouvernement des nazis. Il insiste surtout sur la volonté des nazis d’éradiquer le socialisme en Allemagne.

26 janvier 1932. Fritz Thyssen, le magnat de la sidérurgie, organise une conférence d’Hitler devant plus de 100 grands patrons durant laquelle il assure que son mouvement voit dans la propriété privée le fondement de l’économie allemande et que son but principal est d’éradiquer le marxisme en Allemagne.

19 novembre 1932. Des banquiers, de grands industriels et de grands propriétaires terriens demandent au président Hindenburg de nommer Hitler à la chancellerie.

4 janvier 1933. Rencontre entre le Premier ministre en exercice Franz von Papen et Hitler dans la villa du banquier von Schröder, qui a scellé les arrangements qui ont conduit au 30 janvier 1933.

20 février 1933. Hitler reçoit le gratin du grand capital allemand pour rassurer les patrons à propos de sa base, chauffée par des discours démagogiques contre le grand capital.

20 mars 1933. Création du premier camp de concentration destiné aux prisonniers politiques à Dachau.

15 mai 1934. Une loi est votée qui limite la liberté de changer d’employeur.

30 juin 1934. Nuit des longs couteaux. Hitler fait assassiner 1000 cadres de ses propres sections d’assaut, essentiellement de l’aile « anticapitaliste » qui avait cru à la démagogie de Hitler et pensait que les nazis prendraient aussi des mesures contre le grand capital.

Février 1935. Introduction du « livret de travail », qui impose une soumission totale des ouvriers à leur patron.

 

 

 

Cet article est tiré d'un dossier basé, entre autres, sur les ouvrages de références suivants :

  • Kurt Gossweiler, Hitler, l’irrésistible ascension ? Essais sur le fascisme, 2006, Aden - Études marxistes, 15,30 €. Également disponible sur www.marx.be.
  • Jacques R. Pauwels, Big business avec les nazis, 2013, Aden, 20 €.

 

Source : Solidaire

 

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Assange est coincé, les Etats-Unis sont sur le déclin : Interview exclusive avec l’avocat d’Assange (Voice of Russia)
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Le président émérite du Centre pour les droits constitutionnels (Center for Constitutional Rights - CCR), Michael Ratner, l’avocat américain de Julian Assange a répondu aux questions de John Robles de La Voix de la Russie, sur la situation actuelle de Julian Assange qui reste coincé à l’ambassade de l’Equateur à Londres. Lors de cette interview, qui est la première partie de l’entretien, l’avocat d’Assange aborde l’usage illégal des drones par les Etat-Unis, il parle de la réaction extrêmement agressive contre les lanceurs d’alerte et des « diseurs de vérité » (« truth sayers ») de l’Etat américain et qualifie ces actions d’illégales et d’irrationnelles, comme celles d’un Etat sur le déclin s’accrochant désespérément au pouvoir.

M. Ratner parle aussi de Bradley Manning, Jérémy Hammond, du Gouvernement secret US, mentionne ses clients de Guantanamo qui ont été torturés et le prix du courage, le fameux Yoko Ono-Lennon Award for Courage, qu’il a reçu récemment pour M. Assange à New York en son absence. Robles : Bonjour Monsieur ! Comment allez-vous ce soir ? Ratner : Je vais bien et je suis content de vous parler John, je vous remercie de me recevoir. Robles : Très heureux de vous parler également, c’est un plaisir. Pouvez-vous parler un peu à nos auditeurs des différentes affaires juridiques dans lesquelles vous êtes engagé et de ce qui se passe en coulisses, si vous pouvez, aux Etats-Unis et en général, parce que les informations ne sortent pas ? Ratner : Oui, beaucoup d’informations ne sortent pas et ça me contrarie vraiment. Je suis sûr que nombre de vos auditeurs connaissent Julian Assange, l’éditeur et le rédacteur en chef de Wikileaks et qui est maintenant à l’ambassade d’Equateur depuis 234 jours, soit les deux tiers (...) Lire la suite »
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Jean-Marie Bigard et un milliard de catholiques orphelins
Benoit XVI, d’âge canonique, démissionne et décoince la bulle !
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Pour une nouvelle, c’est une nouvelle. Nous avions l’habitude de voir les papes s’éteindre, usés mais nimbés. Benoît XVI choisit de jeter l’éponge officiellement pour raison de santé. Il en a le droit canonique comme l’âge du même nom.

Il a ménagé ses effets. A la fin du consistoire prévu ce lundi 11 février, en présence de tous les évêques romains réunis pour envoyer trois nouveaux saints au paradis – les martyrs d’Otrante - Benoît XVI, en latin s’il vous plait, a annoncé qu’il n’assurerait plus son ministère « pétrinien » (il est le successeur de Saint Pierre) à la fin du mois. Sans préavis. Jusqu’ici sur 265 papes, seuls cinq se sont défilés : Pontien en 235, Félix II en 358 ; Grégoire VI en 1046, Célestin V en 1294 et Grégoire XII en 1415. Le couteau sous la gorge … Plus récemment Pie XII l’avait envisagé, de peur (exagérée) d’être séquestré par Hitler, Paul VI pour ses 80 ans et Jean-Paul II en l’an 2000. Sans suite. Un milliard de catholiques dont 400.000 prêtres et 4.000 évêques se retrouvent momentanément orphelins en attendant de voir une fumée blanche monter des toits du Vatican. Pour la Pâque, nous assure-t-on. Ce serait l’occasion d’un rééquilibrage Nord-Sud ou plutôt Sud-Nord car 80% des fidèles sont désormais localisés en Amérique du (...) Lire la suite »
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L’Etat français vient-il donc lui-même en Belgique avec ses propres entreprises pour éviter de se payer à lui-même des impôts ?
La Belgique : une menace pour les finances publiques françaises ?
filpac-cgt

Le journal L’Echo s’est interrogé sur l’ampleur de l’expatriation fiscale française : même les grandes entreprises dont l’Etat est actionnaire - EDF, France Télécom, GDF-Suez - ont trouvé refuge à seulement quelques kilomètres de l’Hexagone.

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Tunisie-Funérailles de Chokri BELAÏD : Al Jazeera, Palme d’Or de la falsification journalistique !
Salah HORCHANI
1. Combien étions-nous pour dire adieu à Chokri BELAÏD ? C’est d’abord le Ministère de l’Intérieur qui a avancé le chiffre de 1.400.000, concernant le nombre de personnes qui ont assisté aux funérailles de Chokri BELAÏD ; pour les arabisants, voir à ce sujet, sur le Lien suivant, l’émission de Nessma TV (la Chaîne la plus écoutée, au point de vue informations et débats politiques) ayant pour titre " 1,4 million de personnes présentes à l'enterrement de Chokri Belaïd" (sur, environ, 10, 8 millions d’habitants) : Ce chiffre a été repris par plusieurs médias nationaux et internationaux. Et ce fut un choc dans le Milieu Islamiste, et surtout chez leurs dirigeants, aggravé par les slogans accusateurs criés par cette immense foule dont le plus répété fut "Ya Ghannouchi ya saffah, ya kattal laroueh ! " (Oh ! Ghannouchi sanguinaire, oh ! Assassin), transmis, en direct, sur toutes les Radios et Chaînes de télévision nationales et plusieurs étrangères. Ce qui a conduit le Ministère de l’Intérieur à minimiser l’ampleur (...) Lire la suite »
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Tunisie : Meurtre à des fins politiques (The Guardian)
Editorial - The Guardian

De nombreuses critiques peuvent être formulées à l’encontre d’Ennahda qui dirige le pays depuis la révolution, le suicide politique n’en fait pas partie.

Si le qualificatif peut être attribué à n'importe quel meurtre, l'assassinat de Chokri Belaïd a bien été politique. Il a été conçu pour provoquer le chaos social, la fêlure des coalitions, l'arrêt du processus électoral, l’empêchement de l'adoption du projet de constitution. Il y a un certain nombre de groupes - sur les deux extrêmes de la fracture islamiste vs laïque - qui apparemment profiteraient d'un tel résultat en Tunisie. Mais Rached Ghannouchi d’Ennahda n'est pas l'un d'eux. Tout comme l’incendie des sanctuaires soufis a été conçu pour exposer l'incapacité du parti au pouvoir de faire face à la frange radicale salafiste, cet assassinat politique n’a donc qu'un seul objectif en ligne de mire - la transition vers une démocratie fondée sur le droit. Les proches du défunt aux funérailles de Chokri Belaid ont qualifié Rached Ghannouchi d'assassin. Qu'il devrait être considéré comme dans les intérêts d’Ennahda de laisser cela se produire, qu'ils doivent maintenant être accusés soit de manière active ou en (...) Lire la suite »
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Quand un Anglais mange des lasagnes
Bernard GENSANE

Cela fait quarante ans que les Britanniques (les Français aussi, me direz-vous) votent de plus en plus à droite, que leurs suffrages se portent vers le parti travailliste ou vers le parti conservateur. Alors, la division internationale du travail, ça les connaît et ils en redemandent.

Au début des années soixante, pour manger des lasagnes en Angleterre, il fallait entrer dans un restaurant italien, et ça coûtait la peau des fesses. Les Anglais, comme tous les autres, ont payé au prix fort la démocratisation de l’exotisme. Si j’ai bien compris cette histoire de lasagnes à la viande de cheval, on a donc un Anglais qui achète des lasagnes surgelées dans son Tesco préféré. Sur l’emballage, il est écrit, puisqu’elles sont à la Bolognaise (my foot !), que ces lasagnes contiennent de la viande de bœuf. Il appert qu’elles contiennent surtout de la viande de cheval. La consommation de la viande de cheval outre-Manche n’est pas interdite : elle est taboue. Comme celle des grenouilles. L’idée de manger du cheval fait gerber les Anglais, ce qui est leur droit. Le produit est de la marque Findus (« Heureusement, il y a Findus ! »), entreprise dont le siège social est situé à Bjuv en Suède. Après avoir été une filiale de Nestlé, Findus appartient au fonds d’investissement Britannique Lion Capital (...) Lire la suite »

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Haro médiatique sur les « salariés voyous »
SNJ-CGT

Les medias (à quelques exceptions près) ont trouvé les responsables de la crise… Il y aurait pire que les patrons voyous, aujourd’hui les casseurs d’emplois seraient les grévistes et les syndicalistes qui refusent la violence des licenciements.

A lire et à écouter la plupart des medias, les grévistes feraient régner la terreur dans les ateliers de Psa à Aulnay-sous-Bois. Chez Goodyear à Amiens, les salariés qui ont refusé « par dogmatisme » des conditions de travail et des salaires indignes auraient alimenté leur propre malheur. Du Figaro à Libération en passant par les ondes publiques et privées sont pointés du doigt tous ceux qui résistent à l’inhumaine loi du capital. Dans un récent « Mots croisés » ayant pour thème le chômage, un des invités, Benjamin Coriat, co-président des Economistes atterrés, a pu à juste titre s’indigner de l’absence sur le plateau d’un représentant de la CGT alors que ce syndicat était mis au banc des accusés. Les citoyens ont besoin d’une information de qualité, qui donne à comprendre les mécanismes de la crise, qui donne à entendre les arguments et les propositions des syndicalistes. Comme ils ont besoin de comprendre pourquoi la presse est absente des kiosques, pourquoi les ouvriers de Presstalis défendent un système de (...) Lire la suite »
Mali : gauche proguerre et recolonisation (Réponse à Samir Amin)
Bruno DRWESKI, Jean-Pierre PAGE
La gauche anti-guerre dans le camp de la guerre ? Alors que le monde capitaliste s'enfonce dans une crise systémique sans précédent et que le monde arabe est traversé par des tentatives de déstabilisation qui sont dues aux décennies de pillage et de dictature mais qui ne sont pas toutes, loin de là, le résultat de facteurs locaux, que l'Afrique vit à l'heure du pillage et de conflits non réglés, du Congo à la Cote d'Ivoire, du Sud-Soudan à la Libye, la France s'est engagée de nouveau dans un conflit armé dans une de ses anciennes colonies, le Mali. La "gauche antiguerre" est globalement passée entretemps de la condamnation du bout des lèvres des bombardements en Yougoslavie et en Afghanistan au soutien déclaré à l'ingérence en Libye, en Syrie et au Mali. On doit essayer de comprendre pourquoi ? Et pourquoi il peut être difficile de naviguer entre les réseaux occidentaux de la gauche ex-antiguerre à la gauche anti-impérialiste des pays du Sud ? L'inaction coupable, voire l'aquiescement aux thèses (...) Lire la suite »
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Mali : Analyse de Samir AMIN
Samir AMIN
Je suis de ceux qui condamnent par principe toute intervention militaire des puissances occidentales dans les pays du Sud, ces interventions étant par nature soumises aux exigences du déploiement du contrôle de la Planète par le capital des monopoles dominant le système. L’intervention française au Mali est-elle l’exception à la règle ? Oui et non. C’est la raison pour laquelle j’appelle à la soutenir, sans néanmoins penser le moins du monde qu’elle apportera la réponse qu’il faut à la dégradation continue des conditions politiques, sociales et économiques non seulement du Mali mais de l’ensemble des pays de la région, laquelle est elle-même le produit des politiques de déploiement du capitalisme des monopoles de la triade impérialiste (États Unis, Europe, Japon), toujours en œuvre, comme elle est à l’origine de l’implantation de l’Islam politique dans la région. I. L’Islam politique réactionnaire, ennemi des peuples concernés et allié majeur des stratégies de la triade impérialiste ([1]) L’Islam politique (...) Lire la suite »

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    Pour un dialogue patriotique et de paix
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    La Syrie, reflétant les sentiments profonds de tous les peuples arabes, n’a jamais renoncé à s’opposer à la politique expansionniste menée par Tel Aviv en Palestine, au Liban, en Syrie et ailleurs. Tout au long de l’actuelle crise syrienne, les dirigeants sionistes ont voulu manifester une retenue apparente qui témoigne (...)

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    Avec la précipitation des événements au Mali, il apparaît que la France joue son rang de puissance et le Mali son existence dans ce premier engagement militaire direct français, en solitaire, sur un théâtre d’opération depuis la fin de la Guerre d’Algérie. (...)


 

Mali : un général français appelle à retenir la leçon de la Guerre d’Algérie  12/02/2013

Mali : un général français appelle à retenir la leçon de la Guerre d’Algérie





La guerre au Mali va durer très longtemps et risque de ne pas avoir l’effet escompté. Les craintes viennent des spécialistes français eux-mêmes. Selon le général français Vincent Desportes, ancien directeur de l'Ecole de guerre, «l’armée française est là pour très longtemps». «Dès lors qu'elle s'est engagée, la France est responsable de ce qui se passe dans ce pays
. Si elle part trop tôt et que, dans la foulée, la situation se dégrade, Paris en portera la responsabilité», estime-t-il dans une interview publiée par le journal L’Express d’aujourd’hui. Pour lui, la France est déjà responsable du chaos libyen. Elle «a fait une erreur stratégique en Libye qu'elle ne doit pas répéter au Mali», met-il en garde. «Quand on fait le choix de déclencher une guerre, il faut pousser jusqu'au bout la logique impliquée par cet engagement. En Libye, il aurait fallu soit s'en tenir à la mission initiale prévue par la résolution de l'ONU, c'est-à-dire protéger la ville de Benghazi face aux menaces de l'armée libyenne, soit s'engager au sol et désarmer les milices. L'entre-deux adopté par la France a détruit le pouvoir politique et ne l'a remplacé par rien. On en paie maintenant les conséquences au Sahel», dénonce-t-il. Pour le général Desportes qui enseigne également à Sciences Po, le problème est que l’armée française n’est pas en mesure de sécuriser une zone qui s’étend sur 1 500 km. Même avec des techniques de renseignement très sophistiquées, la mission de «pacifier le Mali» est quasi impossible pour cet expert qui estime que «les terroristes ont toujours l'avantage de la surprise ; et ce type d'attaque est très peu coûteux pour eux. Pour les actions menées à Gao ces derniers jours, il est difficile de savoir si elles représentent le chant du cygne des groupes armés ou le début de quelque chose de nouveau». Il souligne que si les armées française et malienne ont progressé sans couacs vers le Nord du pays, c’est parce que les terroristes ont adopté la stratégie de l’évitement. Il précise que même si l’armée française réussit à sécuriser les villes du nord, chose qui reste extrêmement difficile, cela ne suffirait pas pour enrayer la menace terroriste. «La Guerre d'Algérie a montré qu'on peut gagner une bataille - comme celle d'Alger - et perdre la guerre», rappelle-t-il. Ce général, qui a connu la malheureuse expérience de la guerre d’Afghanistan dans laquelle la France était engagée, appelle à renouer le dialogue politique pour régler la crise. «Au Mali, non plus, on ne l'emportera pas si on ne s'attaque pas aux racines de la crise», alerte-t-il. Pour lui, le règlement de la crise malienne passerait par le retour à la légitimité du pouvoir de Bamako et le traitement de la question des Touareg dans toute sa complexité à travers un dialogue permanent. A cela s’ajouterait la nécessite de «rétablir l'unité de l'armée malienne, en proie à de graves luttes intestines actuellement».

http://www.algeriepatriotique.com/article/mali-un-general-francais-appelle-retenir-la-lecon-de-la-guerre-d-algeriehttp://www.algeriepatriotique.com/article/mali-un-general-francais-appelle-retenir-la-lecon-de-la-guerre-d-algerie

 

http://www.alterinfo.net/notes/Mali-un-general-francais-appelle-a-retenir-la-lecon-de-la-Guerre-d-Algerie_b5221866.html

 

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