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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 06:55
Photo : === NON-ASSISTANCE À PEUPLE FRANÇAIS EN DANGER === PSA SUPPRIME 8.000 EMPLOIS ET FERME SON USINE D'AULNAY. ========================================= PARTIE 1 : TACTIQUE DE COMMUNICATION, CACHE-MISÈRE SOCIAUX ET EFFONDREMENT INDUSTRIEL EUROPÉEN ========================================= En photo : - à gauche : Karl-Friedrich Stracke, Président du groupe automobile allemand Opel, a annoncé sa démission le 12 juillet 2012 du fait de son incapacité à redresser la grave situation financière d'Opel. - à droite : Philippe Varin du groupe automobile français PSA, a annoncé le 12 juillet 2012 la suppression de 8.000 emplois et la fermeture dans 2 ans de l'usine d'Aulnay pour tenter de redresser la grave situation financière de Peugeot-Citroën. ========================================= Le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën vient d'annoncer ce 12 juillet la suppression de 8.000 emplois en France et l'arrêt en 2014 de la production dans son usine d'Aulnay-sous-Bois, près de Paris, qui emploie 3.000 salariés. http://www.romandie.com/news/n/PSA_sacrifie_Aulnay_et_provoque_un_choc_en_supprimant_8000_postes_synthese53120720121255.asp Ni le gouvernement, ni bien sûr l'entreprise, n'ont été pris au dépourvu par l'annonce de ce sinistre industriel de première magnitude. Il était en effet prévu de longue date. La preuve irréfutable en est que j'en avais moi-même parlé dans un entretien vidéo le 4 juin dernier, c'est-à-dire il y a 5 semaines, sur la foi des indiscrétions qui en avaient fait état dans la presse : http://www.dailymotion.com/video/xrfhv5_entrevue-de-francois-asselineau-du-04-juin-2012_news?start=0 Au cours des 5 semaines écoulées, qu'a donc fait le gouvernement et son désormais fameux « ministre du redressement productif », M. Arnaud Montebourg ? ------------------------------------ UNE DATE CHOISIE AVEC SOIN ------------------------------------ Connaissant bien, de l'intérieur, la haute administration et les cabinets ministériels, j'affirme sans grand risque de me tromper que la principale préoccupation de MM. Hollande, Ayrault et Montebourg au cours de ces 5 semaines n'a pas été, un instant, de réfléchir sérieusement à empêcher ce cataclysme, pas plus que de s'interroger en profondeur sur ses causes, et encore moins d'adopter une réflexion stratégique pour que d'autres sinistres industriels ne se reproduisent pas. Non, la seule et unique préoccupation a certainement été de parvenir à « gérer au mieux l'annonce » du désastre. Annoncer des licenciements en masse avant le 2ème tour des législatives ? Il n'en était évidemment pas question ! Cela aurait fait désordre alors que la propagande en était encore à faire gober au bon peuple que « le changement c'est maintenant ». Les annoncer au cours de la seconde quinzaine de juin ou de la première quinzaine de juillet ? C'était délicat car les électeurs auraient remarqué que l'annonce avait été suspendue à la fin du cycle électoral. Et puis il fallait laisser passer le Sommet du G8 de Camp David et la rafale de "Sommets-européens-de-la-dernière-chance" pour permettre à M. Hollande de fanfaronner en affirmant sottement qu'il avait su faire « plier » Mme Merkel sur la question de la relance. Après le 15 juillet ? La ficelle eût été un peu trop grosse et les électeurs auraient compris que l'on profitait des vacances d'été pour annoncer ce désastre en catimini. Et puis, tant d'autres sinistres sont à venir que l'on ne peut pas non plus trop attendre, sauf à tous les accumuler à la rentrée sociale de septembre. En bref, le gouvernement et la direction générale de PSA ont dû passer une partie importante des 5 semaines écoulées... à se mettre d'accord sur la date. Et l'on a dû convenir en haut lieu que le 12 juillet serait idoine : ni trop tôt, ni trop tard, juste avant le ralentissement estival qui commence à la mi-juillet. Parfait pour causer le moins de protestations sociales sur le coup. --------------------------------------------------------------------- GOUVERNEMENT ET ENTREPRISE ADOPTENT LA TACTIQUE DE LA « CELLULE D'ÉCOUTE PSYCHOLOGIQUE » --------------------------------------------------------------------- En parallèle avec le choix de la date, les conseillers en communication et les « spin doctors » (manipulateurs d'opinion) qui hantent les antichambres ministérielles et les directions générales des grands groupes industriels et financiers ont dû cogiter de concert pour bâtir une « stratégie de com' » appropriée. La réponse habituelle de ces faiseurs d'opinion est orchestrée comme un ballet à trois temps : 1- on feint la stupéfaction devant l'annonce (alors que cela fait 3 mois que l'on travaille dessus). 2- on simule la compassion, en tenant des propos lénifiants à forte teneur psychologique, dans le seul objectif de faire passer la pilule aux Français pendant 48 heures. 3- on annonce d'un air martial que personne ne restera sur le carreau. Ceux qui ont de la mémoire se rappelleront que cette valse à trois temps a par exemple été jouée récemment lors du sinistre industriel Lejaby. Avec Sarkozy, Fillon et Besson dans le rôle des musiciens emperruqués de l'orchestre de chambre. Les mêmes méthodes de manipulation produisant les mêmes effets, il ne faut donc pas s'étonner que la réaction du gouvernement a ressemblé comme deux gouttes d'eau à celle des gouvernements « de droite » et « de gauche » qui se sont succédé en France depuis 20 ans qu'a été ratifié le traité de Maastricht. On a accordé aux électeurs la faculté de changer les musiciens mais la musique reste la même, avec le nouveau trio Hollande-Ayrault-Montebourg. Les agences de presse ont signalé comme un fait digne de l'Histoire de France que le président de la République, François Hollande, venait de faire part à Jean-Marc Ayrault et à Arnaud Montebourg de « sa vive préoccupation ». Sic. Il est exact que c'est toujours mieux que s'il avait fait part de sa « grande joie ». M. Hollande leur a par ailleurs « demandé de tout mettre en œuvre afin de limiter les conséquences sociales de ce plan ». Nous voilà rassurés ! M. Jean-Marc Ayrault - qui usurpe la fonction de "Premier ministre" plus qu'il ne l'exerce, puisque il n'ad-"ministre" de facto à peu près plus rien -, a brodé sur les mêmes thèmes, en tenant les propos, non pas d'un chef de gouvernement, mais d'un psychologue à l'écoute : il a évoqué « un véritable choc » pour l'industrie et « les territoires affectés par ces projets [de fermeture] ». Il a demandé à PSA de « mener une concertation loyale avec les partenaires sociaux », et cela afin d'étudier « toutes les alternatives ». Bla, bla, bla, en somme. Et dès hier, le fameux « ministre du Redressement productif », Arnaud Montebourg, avait affirmé « redouter un choc pour la nation », montrant par là toute l'étendue de son pouvoir.... Philippe Varin, le patron du groupe PSA, a donné sans vergogne dans ce même registre plaintif, copié-collé des "cellules d'écoute" mises sur pied par les compagnies aériennes dans les aéroports pour "accompagner psychologiquement" les familles endeuillées après un accident d'avion. Il a réuni la presse pour dire avec un air de chattemite qu'il « mesure pleinement la gravité des annonces faites aujourd'hui ainsi que le choc et l'émotion qu'elles provoquent dans l'entreprise et dans son environnement ». Pour un peu, on se prendrait à le plaindre aussi, en oubliant que c'est quand même lui l'auteur de ces décisions calamiteuses. ------------------------------------------------ LES HABITUELS CACHE-MISÈRE SOCIAUX ------------------------------------------------ On imagine, bien sûr, que le gouvernement va tenter de camoufler le désastre et de prendre en charge les laissés-pour-compte. Des mises à la retraite anticipées, des perspectives de « reclassements », des promesses de « pécule pour devenir auto-entrepreneur » et des programmes de « stage de formation-reconversion » seront certainement annoncés en grandes pompes dans les jours, les semaines et les mois qui viennent. Ces cache-misère sociaux font toujours partie intégrante du plan de communication. Un peu comme un meurtrier en série qui réclamerait son acquittement en présentant au jury d'assises un plan de relance de la natalité, le patron de PSA a d'ailleurs eu le culot d'assurer lui-même, dans un communiqué publié dès aujourd'hui, qu'il voulait « travailler à la revitalisation » du site d'Aulnay. Il a aussi assuré que des reclassements de postes seraient offerts à 1.500 salariés en interne à l'entreprise, et à 1.500 salariés en externe, probablement chez des sous-traitants. La Commission européenne, qui avait aussi été mise au parfum et qui a dû juger opportun de se sentir concernée, s'est jointe au chœur des pleureuses en se disant « prête à examiner avec les autorités françaises des demandes de soutien à l'emploi ». Cette sollicitude touchante a été formulée par M. Jonathan Todd, porte-parole britannique du commissaire européen hongrois chargé de l'Emploi, M. Laszlo Andor. Mais elle ne doit surtout pas susciter des espoirs féériques : tout au plus M. Todd a-t-il « évoqué » une formation pour aider les personnes licenciées à « trouver un nouveau travail ». En revanche, il a estimé qu'il est « trop tôt pour dire si les critères du Fonds de mondialisation (fonds européen de 500 millions d'euros qui apporte une aide aux travailleurs touchés par la mondialisation) s'appliqueraient ou pas. Il faudrait que les autorités françaises prouvent que les licenciements étaient dus aux effets de la mondialisation. » Pour faire court, la France n'aura sans doute aucun fonds, alors même qu'elle verse bien plus à l'UE qu'elle n'en reçoit. Enfin, ce soir du 12 juillet, on apprenait que M. Montebourg a fait les gros yeux en déclarant au Sénat : « Nous n'acceptons pas en l'état le plan !» Bigre ! Mais que peut-il faire concrètement puisque l'État, n'étant pas actionnaire de PSA comme il l'est de Renault, n'a aucune marge de manœuvre pour obliger Peugeot à changer de décision ? Et du reste, même si l'État était actionnaire de PSA comme dans Renault, comment pourrait-il injecter des sommes colossales dans l'entreprise en difficultés financières alors que quasiment toute forme d'aide de ce type est interdit par la Commission européenne, et que celle-ci presse par ailleurs l'État de tailler de façon drastique dans toutes ses dépenses ? C'est pourquoi le ton martial d'Arnaud Montebourg relève du registre de la commedia dell'arte. Très concrètement, on apprenait ce soir que le « ministre du Redressement productif » a... nommé un expert, Emmanuel Sartorius, qui doit examiner la situation financière du groupe privé. Pressé de dire ce qu'il allait faire d'autre à part nommer ce Professeur Sartorius, Arnaud Montebourg a affirmé devant les sénateurs : « Nous allons demander à PSA d'abord de justifier la situation qui est celle-ci et ensuite d'ouvrir un dialogue social que le Premier ministre a exigé comme étant exemplaire. Nous demandons à PSA d'examiner loyalement toutes les autres solutions que celles qu'il a réservées à plusieurs sites de France et notamment à ces milliers de salariés concernés ». En bref, rien. Rien de plus que ce que l'on sait déjà. --------------------------------------------------------------------- LA LOI DU SILENCE SUR LES RAISONS DE L'EFFONDREMENT DE L'INDUSTRIE FRANÇAISE --------------------------------------------------------------------- Comme je l'ai déjà souligné en préambule, ce qui est, au fond, le plus extraordinaire dans toute cette histoire, c'est que personne ne vient expliquer publiquement devant les Français : - ni les causes profondes de ce sinistre industriel, - ni en quoi il s'inscrit dans une longue suite de sinistres du même genre, dans tous les secteurs de notre industrie, - ni les choix stratégiques qu'il faudrait faire pour que cette évolution catastrophique ne se produise plus. Sous l'effet d'une sorte de lâche consensus, tout le monde admis à s'exprimer dans les grands médias présente ainsi la suppression de 8.000 emplois d'un coup et la fermeture de l'usine Citroën d'Aulnay comme si c'était, soit un pur hasard, soit le fruit d'une mauvaise gestion de la part des équipes dirigeantes de l'entreprise. Je me garderais bien, quant à moi, de participer à cette présentation des choses. Car, ainsi que je le rappelais dans ma vidéo du 5 juin, le désastre de l'industrie française touche trop d'entreprises différentes, dans trop de secteurs différents, pour que l'on puisse honnêtement en faire reporter la responsabilité sur chacun des dirigeants de chacune des entreprises. (cf. http://www.dailymotion.com/video/xrfhv5_entrevue-de-francois-asselineau-du-04-juin-2012_news?start=0 Si la France perd environ 800 emplois industriels par jour ouvrable depuis au moins une dizaine d'années, ce n'est ni par hasard, ni sous l'effet d'une incompétence totale qui frapperait indistinctement tous les dirigeants d'entreprises françaises. --------------------------------------------------------------------- L'EFFONDREMENT DE L'INDUSTRIE TOUCHE TOUTE L'EUROPE OCCIDENTALE --------------------------------------------------------------------- En outre, le phénomène n'est nullement limité à la France. L'industrie subit également une Bérézina aux États-Unis et dans la plupart des pays d'Europe occidentale : Italie, Grèce, Espagne, Portugal.... Même en Allemagne, la situation n'est pas si rose qu'on le croit. Preuve en est que l'on a appris, aujourd'hui même 12 juillet, que Karl-Friedrich Stracke, le patron du constructeur automobile allemand Opel, filiale de l'américain General Motors, également président de General Motors Europe, venait de démissionner de ces deux fonctions. M. Stracke, qui n'était à la tête d'Opel que depuis 15 mois (en avril 2011) et qui n'avait pris la tête de GM Europe qu'il y a 7 mois (en janvier de cette année), a jeté l'éponge devant la tâche qu'il juge insurmontable de redresser Opel, qui est aux prises depuis des années avec des difficultés financières croissantes. Sa part de marché en Europe ne cesse de fondre -atteignant 7,2% en mai contre 7,6% un an plus tôt-, à l'instar de ses ventes, en recul de 12,6% en mai sur douze mois. Fin juin, le conseil de surveillance d'Opel avait pourtant validé les nouvelles orientations grâce auxquelles l'entreprise espère relever la tête. Ce sont les mêmes que PSA : réduction des coûts, repositionnement de la marque et délocalisation hors d'Europe. http://www.usinenouvelle.com/article/karl-friedrich-stracke-quitte-opel.N178729 Si toute l'industrie des États-Unis et de l'Europe occidentale s'effondre, à l'exception des entreprises située en quasi-monopole ou sur des créneaux d'excellence, c'est bien qu'il y a des raisons communes à tous ces pays. Quelles sont ces raisons ? ====================================== LA SUITE DE CE LONG ARTICLE (PARTIE 2) SERA MISE EN LIGNE DANS LES PROCHAINES HEURES : PARTIE 2 : L'ENSEMBLE DE LA CLASSE POLITIQUE ET DES SYNDICATS SE RENDENT COMPLICES DE NOTRE RUINE. =======================================

 

 

=== NON-ASSISTANCE À PEUPLE FRANÇAIS EN DANGER ===
PSA SUPPRIME 8.000 EMPLOIS ET FERME SON USINE D'AULNAY.
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PARTIE 1 : TACTIQUE DE COMMUNICATION, CACHE-MISÈRE SOCIAUX ET EFFONDREMENT INDUSTRIEL EUROPÉEN
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En photo :
- à gauche : Karl-Friedrich Stracke, Président du groupe automobile allemand Opel, a annoncé sa démission le 12 juillet 2012 du fait de son incapacité à redresser la grave situation financière d'Opel.
- à droite : Philippe Varin du groupe automobile français PSA, a annoncé le 12 juillet 2012 la suppression de 8.000 emplois et la fermeture dans 2 ans de l'usine d'Aulnay pour tenter de redresser la grave situation financière de Peugeot-Citroën.
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Le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën vient d'annoncer ce 12 juillet la suppression de 8.000 emplois en France et l'arrêt en 2014 de la production dans son usine d'Aulnay-sous-Bois, près de Paris, qui emploie 3.000 salariés.

http://www.romandie.com/news/n/PSA_sacrifie_Aulnay_et_provoque_un_choc_en_supprimant_8000_postes_synthese53120720121255.asp

Ni le gouvernement, ni bien sûr l'entreprise, n'ont été pris au dépourvu par l'annonce de ce sinistre industriel de première magnitude. Il était en effet prévu de longue date. La preuve irréfutable en est que j'en avais moi-même parlé dans un entretien vidéo le 4 juin dernier, c'est-à-dire il y a 5 semaines, sur la foi des indiscrétions qui en avaient fait état dans la presse : http://www.dailymotion.com/video/xrfhv5_entrevue-de-francois-asselineau-du-04-juin-2012_news?start=0

Au cours des 5 semaines écoulées, qu'a donc fait le gouvernement et son désormais fameux « ministre du redressement productif », M. Arnaud Montebourg ?

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UNE DATE CHOISIE AVEC SOIN
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Connaissant bien, de l'intérieur, la haute administration et les cabinets ministériels, j'affirme sans grand risque de me tromper que la principale préoccupation de MM. Hollande, Ayrault et Montebourg au cours de ces 5 semaines n'a pas été, un instant, de réfléchir sérieusement à empêcher ce cataclysme, pas plus que de s'interroger en profondeur sur ses causes, et encore moins d'adopter une réflexion stratégique pour que d'autres sinistres industriels ne se reproduisent pas.

Non, la seule et unique préoccupation a certainement été de parvenir à « gérer au mieux l'annonce » du désastre.

Annoncer des licenciements en masse avant le 2ème tour des législatives ? Il n'en était évidemment pas question ! Cela aurait fait désordre alors que la propagande en était encore à faire gober au bon peuple que « le changement c'est maintenant ».

Les annoncer au cours de la seconde quinzaine de juin ou de la première quinzaine de juillet ? C'était délicat car les électeurs auraient remarqué que l'annonce avait été suspendue à la fin du cycle électoral. Et puis il fallait laisser passer le Sommet du G8 de Camp David et la rafale de "Sommets-européens-de-la-dernière-chance" pour permettre à M. Hollande de fanfaronner en affirmant sottement qu'il avait su faire « plier » Mme Merkel sur la question de la relance.

Après le 15 juillet ? La ficelle eût été un peu trop grosse et les électeurs auraient compris que l'on profitait des vacances d'été pour annoncer ce désastre en catimini. Et puis, tant d'autres sinistres sont à venir que l'on ne peut pas non plus trop attendre, sauf à tous les accumuler à la rentrée sociale de septembre.

En bref, le gouvernement et la direction générale de PSA ont dû passer une partie importante des 5 semaines écoulées... à se mettre d'accord sur la date.

Et l'on a dû convenir en haut lieu que le 12 juillet serait idoine : ni trop tôt, ni trop tard, juste avant le ralentissement estival qui commence à la mi-juillet. Parfait pour causer le moins de protestations sociales sur le coup.


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GOUVERNEMENT ET ENTREPRISE ADOPTENT LA TACTIQUE
DE LA « CELLULE D'ÉCOUTE PSYCHOLOGIQUE »
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En parallèle avec le choix de la date, les conseillers en communication et les « spin doctors » (manipulateurs d'opinion) qui hantent les antichambres ministérielles et les directions générales des grands groupes industriels et financiers ont dû cogiter de concert pour bâtir une « stratégie de com' » appropriée.

La réponse habituelle de ces faiseurs d'opinion est orchestrée comme un ballet à trois temps :

1- on feint la stupéfaction devant l'annonce (alors que cela fait 3 mois que l'on travaille dessus).

2- on simule la compassion, en tenant des propos lénifiants à forte teneur psychologique, dans le seul objectif de faire passer la pilule aux Français pendant 48 heures.

3- on annonce d'un air martial que personne ne restera sur le carreau.

Ceux qui ont de la mémoire se rappelleront que cette valse à trois temps a par exemple été jouée récemment lors du sinistre industriel Lejaby. Avec Sarkozy, Fillon et Besson dans le rôle des musiciens emperruqués de l'orchestre de chambre.

Les mêmes méthodes de manipulation produisant les mêmes effets, il ne faut donc pas s'étonner que la réaction du gouvernement a ressemblé comme deux gouttes d'eau à celle des gouvernements « de droite » et « de gauche » qui se sont succédé en France depuis 20 ans qu'a été ratifié le traité de Maastricht.

On a accordé aux électeurs la faculté de changer les musiciens mais la musique reste la même, avec le nouveau trio Hollande-Ayrault-Montebourg.

Les agences de presse ont signalé comme un fait digne de l'Histoire de France que le président de la République, François Hollande, venait de faire part à Jean-Marc Ayrault et à Arnaud Montebourg de « sa vive préoccupation ». Sic. Il est exact que c'est toujours mieux que s'il avait fait part de sa « grande joie ».
M. Hollande leur a par ailleurs « demandé de tout mettre en œuvre afin de limiter les conséquences sociales de ce plan ». Nous voilà rassurés !

M. Jean-Marc Ayrault - qui usurpe la fonction de "Premier ministre" plus qu'il ne l'exerce, puisque il n'ad-"ministre" de facto à peu près plus rien -, a brodé sur les mêmes thèmes, en tenant les propos, non pas d'un chef de gouvernement, mais d'un psychologue à l'écoute : il a évoqué « un véritable choc » pour l'industrie et « les territoires affectés par ces projets [de fermeture] ». Il a demandé à PSA de « mener une concertation loyale avec les partenaires sociaux », et cela afin d'étudier « toutes les alternatives ». Bla, bla, bla, en somme.

Et dès hier, le fameux « ministre du Redressement productif », Arnaud Montebourg, avait affirmé « redouter un choc pour la nation », montrant par là toute l'étendue de son pouvoir....

Philippe Varin, le patron du groupe PSA, a donné sans vergogne dans ce même registre plaintif, copié-collé des "cellules d'écoute" mises sur pied par les compagnies aériennes dans les aéroports pour "accompagner psychologiquement" les familles endeuillées après un accident d'avion.

Il a réuni la presse pour dire avec un air de chattemite qu'il
« mesure pleinement la gravité des annonces faites aujourd'hui ainsi que le choc et l'émotion qu'elles provoquent dans l'entreprise et dans son environnement ». Pour un peu, on se prendrait à le plaindre aussi, en oubliant que c'est quand même lui l'auteur de ces décisions calamiteuses.


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LES HABITUELS CACHE-MISÈRE SOCIAUX
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On imagine, bien sûr, que le gouvernement va tenter de camoufler le désastre et de prendre en charge les laissés-pour-compte.

Des mises à la retraite anticipées, des perspectives de « reclassements », des promesses de « pécule pour devenir auto-entrepreneur » et des programmes de « stage de formation-reconversion » seront certainement annoncés en grandes pompes dans les jours, les semaines et les mois qui viennent. Ces cache-misère sociaux font toujours partie intégrante du plan de communication.

Un peu comme un meurtrier en série qui réclamerait son acquittement en présentant au jury d'assises un plan de relance de la natalité, le patron de PSA a d'ailleurs eu le culot d'assurer lui-même, dans un communiqué publié dès aujourd'hui, qu'il voulait « travailler à la revitalisation » du site d'Aulnay.

Il a aussi assuré que des reclassements de postes seraient offerts à 1.500 salariés en interne à l'entreprise, et à 1.500 salariés en externe, probablement chez des sous-traitants.

La Commission européenne, qui avait aussi été mise au parfum et qui a dû juger opportun de se sentir concernée, s'est jointe au chœur des pleureuses en se disant « prête à examiner avec les autorités françaises des demandes de soutien à l'emploi ».

Cette sollicitude touchante a été formulée par M. Jonathan Todd, porte-parole britannique du commissaire européen hongrois chargé de l'Emploi, M. Laszlo Andor.

Mais elle ne doit surtout pas susciter des espoirs féériques : tout au plus M. Todd a-t-il « évoqué » une formation pour aider les personnes licenciées à « trouver un nouveau travail ». En revanche, il a estimé qu'il est « trop tôt pour dire si les critères du Fonds de mondialisation (fonds européen de 500 millions d'euros qui apporte une aide aux travailleurs touchés par la mondialisation) s'appliqueraient ou pas. Il faudrait que les autorités françaises prouvent que les licenciements étaient dus aux effets de la mondialisation. »

Pour faire court, la France n'aura sans doute aucun fonds, alors même qu'elle verse bien plus à l'UE qu'elle n'en reçoit.

Enfin, ce soir du 12 juillet, on apprenait que M. Montebourg a fait les gros yeux en déclarant au Sénat : « Nous n'acceptons pas en l'état le plan !» Bigre !

Mais que peut-il faire concrètement puisque l'État, n'étant pas actionnaire de PSA comme il l'est de Renault, n'a aucune marge de manœuvre pour obliger Peugeot à changer de décision ?

Et du reste, même si l'État était actionnaire de PSA comme dans Renault, comment pourrait-il injecter des sommes colossales dans l'entreprise en difficultés financières alors que quasiment toute forme d'aide de ce type est interdit par la Commission européenne, et que celle-ci presse par ailleurs l'État de tailler de façon drastique dans toutes ses dépenses ?

C'est pourquoi le ton martial d'Arnaud Montebourg relève du registre de la commedia dell'arte. Très concrètement, on apprenait ce soir que le « ministre du Redressement productif » a... nommé un expert, Emmanuel Sartorius, qui doit examiner la situation financière du groupe privé.

Pressé de dire ce qu'il allait faire d'autre à part nommer ce Professeur Sartorius, Arnaud Montebourg a affirmé devant les sénateurs : « Nous allons demander à PSA d'abord de justifier la situation qui est celle-ci et ensuite d'ouvrir un dialogue social que le Premier ministre a exigé comme étant exemplaire. Nous demandons à PSA d'examiner loyalement toutes les autres solutions que celles qu'il a réservées à plusieurs sites de France et notamment à ces milliers de salariés concernés ».

En bref, rien.
Rien de plus que ce que l'on sait déjà.


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LA LOI DU SILENCE SUR LES RAISONS DE L'EFFONDREMENT
DE L'INDUSTRIE FRANÇAISE
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Comme je l'ai déjà souligné en préambule, ce qui est, au fond, le plus extraordinaire dans toute cette histoire, c'est que personne ne vient expliquer publiquement devant les Français :

- ni les causes profondes de ce sinistre industriel,

- ni en quoi il s'inscrit dans une longue suite de sinistres du même genre, dans tous les secteurs de notre industrie,

- ni les choix stratégiques qu'il faudrait faire pour que cette évolution catastrophique ne se produise plus.

Sous l'effet d'une sorte de lâche consensus, tout le monde admis à s'exprimer dans les grands médias présente ainsi la suppression de 8.000 emplois d'un coup et la fermeture de l'usine Citroën d'Aulnay comme si c'était, soit un pur hasard, soit le fruit d'une mauvaise gestion de la part des équipes dirigeantes de l'entreprise.

Je me garderais bien, quant à moi, de participer à cette présentation des choses. Car, ainsi que je le rappelais dans ma vidéo du 5 juin, le désastre de l'industrie française touche trop d'entreprises différentes, dans trop de secteurs différents, pour que l'on puisse honnêtement en faire reporter la responsabilité sur chacun des dirigeants de chacune des entreprises.
(cf. http://www.dailymotion.com/video/xrfhv5_entrevue-de-francois-asselineau-du-04-juin-2012_news?start=0

Si la France perd environ 800 emplois industriels par jour ouvrable depuis au moins une dizaine d'années, ce n'est ni par hasard, ni sous l'effet d'une incompétence totale qui frapperait indistinctement tous les dirigeants d'entreprises françaises.


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L'EFFONDREMENT DE L'INDUSTRIE TOUCHE TOUTE L'EUROPE OCCIDENTALE
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En outre, le phénomène n'est nullement limité à la France. L'industrie subit également une Bérézina aux États-Unis et dans la plupart des pays d'Europe occidentale : Italie, Grèce, Espagne, Portugal....

Même en Allemagne, la situation n'est pas si rose qu'on le croit. Preuve en est que l'on a appris, aujourd'hui même 12 juillet, que Karl-Friedrich Stracke, le patron du constructeur automobile allemand Opel, filiale de l'américain General Motors, également président de General Motors Europe, venait de démissionner de ces deux fonctions.

M. Stracke, qui n'était à la tête d'Opel que depuis 15 mois (en avril 2011) et qui n'avait pris la tête de GM Europe qu'il y a 7 mois (en janvier de cette année), a jeté l'éponge devant la tâche qu'il juge insurmontable de redresser Opel, qui est aux prises depuis des années avec des difficultés financières croissantes. Sa part de marché en Europe ne cesse de fondre -atteignant 7,2% en mai contre 7,6% un an plus tôt-, à l'instar de ses ventes, en recul de 12,6% en mai sur douze mois.

Fin juin, le conseil de surveillance d'Opel avait pourtant validé les nouvelles orientations grâce auxquelles l'entreprise espère relever la tête. Ce sont les mêmes que PSA : réduction des coûts, repositionnement de la marque et délocalisation hors d'Europe.

http://www.usinenouvelle.com/article/karl-friedrich-stracke-quitte-opel.N178729

Si toute l'industrie des États-Unis et de l'Europe occidentale s'effondre, à l'exception des entreprises située en quasi-monopole ou sur des créneaux d'excellence, c'est bien qu'il y a des raisons communes à tous ces pays.

Quelles sont ces raisons ?


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LA SUITE DE CE LONG ARTICLE (PARTIE 2)
SERA MISE EN LIGNE DANS LES PROCHAINES HEURES :

PARTIE 2 : L'ENSEMBLE DE LA CLASSE POLITIQUE ET DES SYNDICATS SE RENDENT COMPLICES DE NOTRE RUINE.

 

http://www.facebook.com/upr.francoisasselineau

 

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Dernières infos de F. Asselineau :


 

LE PRÉSIDENT DU CONSEIL ITALIEN, JAMAIS ÉLU PAR PERSONNE, VIENT DE CÉDER À VITTORIO GRILLI, JAMAIS ÉLU PAR PERSONNE NON PLUS, SON POSTE DE MINISTRE DES FINANCES.
EST-CE UNE NOUVELLE AVANCÉE DE LA PIEUVRE EUROPÉISTE ?
OU BIEN UN DÉBUT DE DÉSENGAGEMENT DE MARIO MONTI DEVANT LE DÉSASTRE QUI COUVE ?


En novembre dernier, l'oligarchie euro-atlantiste, et plus spécialement la Commission européenne et Goldman Sachs, avaient décidé de chasser Silvio Berlusconi comme un malpropre de son poste de chef du gouvernement italien.

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RAPPEL : BERLUSCONI CHASSÉ POUR AVOIR TRAÎNÉ
À METTRE EN ŒUVRE LES « RÉFORMES INDISPENSABLES »
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Cette décision avait été prise, non pas à cause des innombrables scandales financiers et de mœurs qui entouraient celui que la presse italienne nommait "Il Cavaliere". Non, la décision de le virer avait été prise parce que Berlusconi traînait des pieds pour mettre en œuvre le programme de « réformes indispensables » que MM. Trichet (président de la BCE à l'époque) et Draghi (son successeur désigné) avaient concocté dans le secret de leurs bureaux, et qu'ils lui avaient fait savoir sans autre forme de procès par une lettre datée du 5 août 2011.

Cette lettre fixait très précisément ce que devait être l'action du gouvernement italien, en matière de destruction des acquis sociaux et de vente du patrimoine public italien aux banques et autres fonds d'investissements.

Le ton et le contenu de cette lettre étaient à peine croyables si l'on pense qu'elle avait été signée par deux technocrates sans aucune légitimité démocratique, ne s'étant jamais frotté au suffrage universel et de surcroît totalement inconnus des électeurs italiens. Le scandale fut tel que le contenu de cette lettre fuita dans la presse à la fin septembre, très certainement à l'instigation de Silvio Berlusconi lui-même, furieux d'être traité comme un domestique.
[source : http://www.challenges.fr/economie/20110929.CHA4869/l-incroyable-diktat-de-trichet-a-berlusconi.html]

Cet appel implicite de Berlusconi au soutien de l'opinion témoignait d'une telle mauvaise grâce à se plier au racket de la mafia euro-atlantiste que cette dernière décida incontinent sa chute.

Dans les semaines qui suivirent, une véritable conspiration fut ainsi nouée pour chasser le controversé et flamboyant chef de gouvernement/homme d'affaires, et pour le remplacer par l'un des principaux membres de l'oligarchie euro-atlantiste, M. Mario Monti. Ancien Commissaire européen et ancien responsable de Goldman Sachs, ce dernier était inconnu du grand public et n'avait pas plus été élu que MM. Trichet et Draghi par qui que ce soit.

------------------------------------------------------
LE COUP D'ÉTAT DÉGUISÉ DE NOVEMBRE 2011
------------------------------------------------------
En quelques jours, et alors que des manœuvres identiques se déroulaient au même moment en Grèce pour chasser le Premier ministre Papandreou, Mario Monti fut « nommé sénateur à vie » par le président de la République italienne Giorgio Napolitano.
(Ce genre de nomination par "fait du Prince", sans élection et à vie, est l'une des dispositions, pour le moins étrange, prévues par la Constitution de la République italienne).

Dans la foulée de cette nomination, Mario Monti fut « pressenti » (aimable euphémisme pour dire : « imposé ») pour succéder à Silvio Berlusconi au poste de Président du Conseil des ministres et pour former un « gouvernement de techniciens ».

D'un seul coup d'un seul, tous les médias à la botte des européistes, et échappant à la mainmise de Silvio Berlusconi lui-même, ne jurèrent plus que par cet homme providentiel, que 99,9999 % des Italiens ne connaissaient ni d'Ève ni d'Adam.

Le coup d'État sous apparences légalistes fut mené rondement.
Le 12 novembre 2011, Berlusconi céda à l'hallali médiatique et aux "combinaziones" politiciennes ourdies au parlement italien : il présenta enfin sa démission. Dès le lendemain, le chef de l'État chargea Mario Monti de former un gouvernement. Ce que celui-ci eut la fabuleuse tartufferie de n'accepter qu'« avec réserve », et en prenant des airs de chochotte.

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L'ASCENSION DU TRISTE SIRE GRILLI
--------------------------------------------
La situation de défiance des marchés à l'égard de l'Italie était telle, lorsqu'il entra au Palazzo Chiggi à la mi-novembre dernier, que Mario Monti décida de cumuler le poste de chef du gouvernement ("Président du Conseil") avec celui de ministre des finances.

Or, c'est ce dernier poste qu'il vient soudain de décider de lâcher, ce 11 juillet 2012 après déjà 8 mois de mandat, en nommant le vice-ministre des finances Vittorio Grilli à sa place.

L'ascension de ce dernier ne s'explique pas par de hauts faits d'armes électoraux puisqu'il ne s'est jamais présenté, lui non plus, devant les électeurs.

Elle ne s'explique pas non plus par un charisme à tomber à la renverse car M. Grilli est un homme qui ne respire pas vraiment la joie de vivre (je présente ici sa photo...).

En revanche, son ascension se comprend dès lors que l'on jette un regard à son éloquent pedigree.

Vittorio Grilli a successivement été :

- professeur d'économie à l'Université de Yale (États-Unis) pendant 4 années universitaires (de 1986 à 1990),

- professeur d'économie au Birkbeck College de l'Université de Londres (Royaume-Uni) pendant 4 années universitaires (de 1990 à 1994),

- chef du département des Privatisations et de l'analyse financière au ministère italien des finances, de 1994 à 2000,

- directeur général de la banque d'investissement helvéto-américaine "Crédit Suisse First Boston" de 2001 à 2002,

- comptable général de l'État italien de 2002 à 2005,

- directeur du Trésor de 2005 à 2011,

- avant d'être nommé vice-ministre des finances en novembre dernier par Mario Monti.


-----------------------------------------------------------------
GRILLI, QUINTESSENCE DE L'APPARATCHIK EUROPÉISTE
-----------------------------------------------------------------
Dans ses dernières fonctions de Directeur du Trésor, Vittorio Grilli a été le plus proche collaborateur du "regretté" Tomaso Padoa-Schioppa, ministre des finances italien (2006 - 2008), aujourd'hui décédé.

Les auditeurs attentifs de mes conférences se rappellent certainement que je cite Padoa-Schioppa dans plusieurs d'entre elles, car il est l'auteur immortel d'un article à sensation intitulé "Les enseignements de l’aventure européenne", paru dans la revue française "Commentaire" n° 87, paru à l'automne 1999.

Dans ce morceau d'anthologie de la pensée européiste, le patron défunt du nouveau ministre des finances italien avait en effet expliqué sans ambages ce qu'est la prétendue construction européenne :
« La construction européenne est une révolution, même si les révolutionnaires ne sont pas des conspirateurs blêmes et maigres, mais des employés, des fonctionnaires, des banquiers et des professeurs. L'Europe ne procède pas d'un mouvement démocratique. Elle s'est faite en suivant une méthode que l’on pourrait définir du terme de despotisme éclairé. »

Son successeur et émule Vittorio Grilli prouve que cette description est très juste mais n'est pas tout-à-fait exacte. Car si M. Grilli est un « despote éclairé » qui a en effet réussi ce prodige d'être tout à la fois « employé, fonctionnaire, banquier et professeur », il n'en est pas moins aussi « blême et maigre ».

Quant au côté « conspirateur », je ne sais pas très bien ce que signifie ce terme mais il me semble intéressant de noter que Vittorio Grilli est :

1°)- membre du conseil d'administration du FESF
--------------------------------------------------------
C'est le fameux "fonds de secours de l'euro" auquel devrait succéder le MES.
M. Grilli est donc très lié à l'Allemand Klaus Regling, directeur dudit FESF, dont j'ai signalé dans un article précédent qu'il serait le président du futur MES, comme la décision en a été prise avant-hier.

2°)- ancien président du Comité économique et financier de l'UE (CEF)
-------------------------------------------------------------------------
Ce Comité, qu'il ne faut confondre ni avec le le Système européen des Banques centrales (SEBC), ni avec l'Eurosystème, ni avec le Conseil des ministres "ECOFIN", ni avec l'Eurogroupe, est un organisme consultatif institué par l'article 114 du traité de Rome (TCE), devenu l'article 134 du traité sur le fonctionnement de l'UE (TFUE).

Composé de représentants des États membres, de la Commission européenne et de la BCE, le CEF est censé suivre la situation économique et financière de l'Union européenne, les mouvements de capitaux et les paiements, fournir des avis aux institutions européennes, et faciliter la coordination entre les États membres et les institutions européennes.

Avec les brillants résultats que l'on voit !

En tout cas, il faut savoir que Vittorio Grilli a été président du CEF, au moment même où l'Allemagne y était représenté par... Klaus Regling. Preuve que parmi les eurocrates, on prend décidément toujours les mêmes et on recommence.


3°)- membre du conseil d'administration du "think tank" Bruegel
-------------------------------------------------------------------------
M. Grilli appartient au "think tank" ultra-européiste Bruegel, créé en 2004, et dont le président, de 2005 à 2008, ne fut personne d'autre que.... Mario Monti. Qui en est d'ailleurs toujours le président d'honneur.

Les lecteurs et auditeurs qui suivent avec assiduité mes faits et gestes se rappelleront que ce "think tank" Bruegel est dirigé par l'économiste français Jean Pisani-Ferry, avec lequel j'avais eu un débat tronqué sur France 24 le 25 novembre 2011

[source : http://www.dailymotion.com/video/xmkslx_f-asselineau-sur-france-24-25-11-2011_news]

Comme je l'avais indiqué au cours de ce simulacre de "débat", où je fus constamment interrompu par la journaliste, le "think tank" Bruegel est financé, entre autres par Goldman Sachs. Le monde est décidément très petit.

D'ailleurs, le "think tank" ultra-europésite Bruegel, dont le président d'honneur est Mario Monti, dont le directeur est Jean Pisani-Ferry et dont Vittorio Grilli est l'un des membres du conseil d'administration, n'est pas seulement financé par Goldman Sachs.

Parmi les généreux donateurs de cette honorable institution qui ont tant à cœur de faire fonctionner l'Europe figurent :

- la société américaine de "conseil" Ernst & Young,

- la société américaine General Electric,

- la société américaine Goldman Sachs, que l'on ne présente plus...,

- la société américaine Google, dont les liens éventuels avec la CIA font l'objet de bien des rumeurs (cf. par exemple http://www.infowars.com/group-calls-for-hearings-into-googles-ties-to-cia-and-nsa/),

- la société américaine Microsoft, dont les liens avec la CIA et la NSA sont un secret de Polichinelle (cf. par exemple http://infosecisland.com/blogview/21694-Microsoft-the-CIA-and-NSA-Collude-to-Take-Over-the-Internet.html),

- la société américaine NYSE Euronext, groupe mondial d'entreprises de marchés financiers (c'est-à-dire de sociétés commerciales qui ont pour activité d'assurer la gestion d'un ou plusieurs marchés financiers). Le groupe est né en 2007 du rapprochement entre le groupe New York Stock Exchange et le groupe Euronext. NYSE Euronext est aujourd'hui le premier groupe mondial de places boursières et son siège est à New York,

- la société américaine Qualcomm, spécialisée dans les télécommunications, la conception et la production de processeurs pour téléphones portables et connue pour avoir mis au point la technique CDMA. (Les liens de cette société avec la CIA ont brièvement défrayé la chronique aux États-Unis en 1998, lorsque l'un de ses responsables dut arrêté pour espionnage à Rostov-sur-de-Don, en Russie, ce qui délia les langues à l'époque : cf. http://business.highbeam.com/4776/article-1G1-20202729/risky-business-cia-new-cover-story).

En bref, et comme me l'avait dit avec aigreur la journaliste de France 24, il faut bien que les think tanks pro-européens trouvent à se financer....

On retiendra en tout cas que Vittorio Grilli, également membre de du think tank euroatlantiste "Institut Aspen", est bien l'archétype de l'apparatchik européiste. Il en a toutes les caractéristiques :
- un bureaucrate de formation et de style,
- un charisme de poisson froid,
- une carrière largement passée aux États-Unis et dans le monde bancaire et financier,
- un maniement parfait de la langue de John Wayne,
- une ignorance totale de ce qu'est un électeur,
- un goût irrépressible pour les think tanks grassement financés par des groupes américains proches de la CIA,
- et une vie en vase clos avec les autres apparatchiks européistes de son espèce.


-------------------------------------------------
CONCLUSION : POURQUOI MAINTENANT ?
-------------------------------------------------
La question qu'il est légitime de se poser, c'est pourquoi Mario Monti a-t-il décidé de céder, ce 11 juillet 2012, le poste de ministre des finances qu'il cumulait avec celui de Président du Conseil ?

La première idée qui vient à l'esprit - à savoir qu'il était surchargé d'activités - n'est sans doute pas la bonne :

- d'une part parce que ce n'est pas au bout de 8 mois que l'on se rend compte qu'il n'est pas possible de cumuler deux fonctions.

- d'autre part parce que les prochaines élections générales en Italie se tiendront en mai 2013 afin de renouveler la Chambre des députés et le Sénat de la République. Mario Monti, qui a déjà effectué près de la moitié de son temps au poste cumulé de Président du Conseil et de ministre des finances, pouvait donc fort bien conserver ce cumul jusqu'à la fin.

- enfin parce que Vittorio Grilli, qui était déjà vice-ministre des finances, faisait largement office de ministre dans les faits. Rien, a priori, n'obligeait donc à le promouvoir.

Alors ? Eh bien, l'explication doit, peut-être, être cherchée ailleurs. Car ce 11 juillet, Mario Monti n'a pas fait que nommer Vittorio Grilli au poste de ministre des finances. Devant la presse, il a également annoncé qu'il « excluait de briguer » un nouveau mandat à la fin de celui en cours.

S'exprimant en marge du sommet des ministres des Finances à Bruxelles, il a rappelé qu'il avait toujours exclu de rester chef du gouvernement après les élections du printemps prochain.
[source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120711.FAP5540/italie-mario-monti-exclut-de-rester-au-pouvoir.html]

Il est vrai que M. Monti a 69 ans et qu'il estime peut-être qu'il a l'âge de passer la main. Mais cette déclaration de renoncement, concomitante à la nomination de M. Grilli, intervient aussi au moment où la situation financière et politique de l'Italie ne cesse à nouveau de se dégrader.

Comme je l'ai rappelé il y a quelques jours, les taux d'intérêts sur les obligations italiennes à 10 ans atteignent de nouveau des niveaux exorbitants, preuves de la défiance revenue des marchés.

En outre, et alors qu'il avait toujours affirmé le contraire, Mario Monti a fini par avaler son chapeau hier, en avouant devant la presse que l'Italie pourrait bien, finalement, avoir recours aux fonds de secours de la zone euro.
[source : http://www.romandie.com/news/n/Italie_Monti_n_exclut_pas_un_recours_aux_fonds_de_secours_de_la_zone_euro87100720121930.asp]

Or, Mario Monti est le premier à savoir que ces fonds de secours sont encore inexistants. Le MES a pris du retard, la Finlande et les Pays-Bas bloquent, et le Tribunal de Karlsruhe ne dira pas avant 3 mois si ce MES ne va pas terminer tout simplement au panier, comme étant contraire à la Constitution allemande et à la démocratie.

---------------------------------

En bref, l'autre hypothèse à envisager est donc que Mario Monti commencerait à admettre que le coup de force qui a conduit à sa nomination en novembre dernier se solde par un terrible échec.
Il n'aura pu que retarder mais il ne pourra pas arrêter la catastrophe qui arrive.

Du coup, tout s'expliquerait à merveille :

- M. Monti annonce qu'il quittera ses fonctions gouvernementales au printemps, en espérant que l'euro n'aura pas éclaté d'ici là

- et il se défait du mistigri du ministère des finances pour refiler la responsabilité du désastre qui couve à Vittorio Grilli, qu'il s'agirait ainsi de "griller" (si l'on me pardonne ce mauvais jeu de mots) à sa place.

Cette nouvelle donne est évidemment suivie à la loupe par "Il Cavaliere", l'ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi qui fut chassé comme un domestique indélicat en novembre dernier et qui mûrit probablement sa vengeance, comme le veut une solide tradition plurimillénaire au bord du Tibre.

Aujourd'hui même, Angelo Alfano, l'un de ses proches, a profité des déclarations de Mario Monti pour certifier à la presse qu'il y avait un mouvement croissant dans l'opinion pour soutenir le retour de Berlusconi aux affaires. Et le lieutenant du Cavaliere a même cru bon d'annoncer : « Je crois qu'en définitive, il décidera de se présenter [aux élections de mai prochain]. »

Décidément, Angela Merkel, José Barroso, tous les plans de rigueur, toutes les « réformes indispensables », et tous les think tanks européistes financés par Goldman Sachs et Microsoft ne pourront rien changer au fait que l'Italie sera toujours l'Italie....

C'est d'ailleurs au fond très heureux car c'est l'indice le plus sûr que l'euro n'en a pas pour très longtemps encore à prétendre changer les peuples contre leur volonté.

François ASSELINEAU
=============

Photo : LE PRÉSIDENT DU CONSEIL ITALIEN, JAMAIS ÉLU PAR PERSONNE, VIENT DE CÉDER À VITTORIO GRILLI, JAMAIS ÉLU PAR PERSONNE NON PLUS, SON POSTE DE MINISTRE DES FINANCES. EST-CE UNE NOUVELLE AVANCÉE DE LA PIEUVRE EUROPÉISTE ? OU BIEN UN DÉBUT DE DÉSENGAGEMENT DE MARIO MONTI DEVANT LE DÉSASTRE QUI COUVE ? ========================================= En novembre dernier, l'oligarchie euro-atlantiste, et plus spécialement la Commission européenne et Goldman Sachs, avaient décidé de chasser Silvio Berlusconi comme un malpropre de son poste de chef du gouvernement italien. ---------------------------------------------------------------------- RAPPEL : BERLUSCONI CHASSÉ POUR AVOIR TRAÎNÉ À METTRE EN ŒUVRE LES « RÉFORMES INDISPENSABLES » ---------------------------------------------------------------------- Cette décision avait été prise, non pas à cause des innombrables scandales financiers et de mœurs qui entouraient celui que la presse italienne nommait "Il Cavaliere". Non, la décision de le virer avait été prise parce que Berlusconi traînait des pieds pour mettre en œuvre le programme de « réformes indispensables » que MM. Trichet (président de la BCE à l'époque) et Draghi (son successeur désigné) avaient concocté dans le secret de leurs bureaux, et qu'ils lui avaient fait savoir sans autre forme de procès par une lettre datée du 5 août 2011. Cette lettre fixait très précisément ce que devait être l'action du gouvernement italien, en matière de destruction des acquis sociaux et de vente du patrimoine public italien aux banques et autres fonds d'investissements. Le ton et le contenu de cette lettre étaient à peine croyables si l'on pense qu'elle avait été signée par deux technocrates sans aucune légitimité démocratique, ne s'étant jamais frotté au suffrage universel et de surcroît totalement inconnus des électeurs italiens. Le scandale fut tel que le contenu de cette lettre fuita dans la presse à la fin septembre, très certainement à l'instigation de Silvio Berlusconi lui-même, furieux d'être traité comme un domestique. [source : http://www.challenges.fr/economie/20110929.CHA4869/l-incroyable-diktat-de-trichet-a-berlusconi.html] Cet appel implicite de Berlusconi au soutien de l'opinion témoignait d'une telle mauvaise grâce à se plier au racket de la mafia euro-atlantiste que cette dernière décida incontinent sa chute. Dans les semaines qui suivirent, une véritable conspiration fut ainsi nouée pour chasser le controversé et flamboyant chef de gouvernement/homme d'affaires, et pour le remplacer par l'un des principaux membres de l'oligarchie euro-atlantiste, M. Mario Monti. Ancien Commissaire européen et ancien responsable de Goldman Sachs, ce d</div>
            <div class=ernier était inconnu du grand public et n'avait pas plus été élu que MM. Trichet et Draghi par qui que ce soit. ------------------------------------------------------ LE COUP D'ÉTAT DÉGUISÉ DE NOVEMBRE 2011 ------------------------------------------------------ En quelques jours, et alors que des manœuvres identiques se déroulaient au même moment en Grèce pour chasser le Premier ministre Papandreou, Mario Monti fut « nommé sénateur à vie » par le président de la République italienne Giorgio Napolitano. (Ce genre de nomination par "fait du Prince", sans élection et à vie, est l'une des dispositions, pour le moins étrange, prévues par la Constitution de la République italienne). Dans la foulée de cette nomination, Mario Monti fut « pressenti » (aimable euphémisme pour dire : « imposé ») pour succéder à Silvio Berlusconi au poste de Président du Conseil des ministres et pour former un « gouvernement de techniciens ». D'un seul coup d'un seul, tous les médias à la botte des européistes, et échappant à la mainmise de Silvio Berlusconi lui-même, ne jurèrent plus que par cet homme providentiel, que 99,9999 % des Italiens ne connaissaient ni d'Ève ni d'Adam. Le coup d'État sous apparences légalistes fut mené rondement. Le 12 novembre 2011, Berlusconi céda à l'hallali médiatique et aux "combinaziones" politiciennes ourdies au parlement italien : il présenta enfin sa démission. Dès le lendemain, le chef de l'État chargea Mario Monti de former un gouvernement. Ce que celui-ci eut la fabuleuse tartufferie de n'accepter qu'« avec réserve », et en prenant des airs de chochotte. -------------------------------------------- L'ASCENSION DU TRISTE SIRE GRILLI -------------------------------------------- La situation de défiance des marchés à l'égard de l'Italie était telle, lorsqu'il entra au Palazzo Chiggi à la mi-novembre dernier, que Mario Monti décida de cumuler le poste de chef du gouvernement ("Président du Conseil") avec celui de ministre des finances. Or, c'est ce dernier poste qu'il vient soudain de décider de lâcher, ce 11 juillet 2012 après déjà 8 mois de mandat, en nommant le vice-ministre des finances Vittorio Grilli à sa place. L'ascension de ce dernier ne s'explique pas par de hauts faits d'armes électoraux puisqu'il ne s'est jamais présenté, lui non plus, devant les électeurs. Elle ne s'explique pas non plus par un charisme à tomber à la renverse car M. Grilli est un homme qui ne respire pas vraiment la joie de vivre (je présente ici sa photo...). En revanche, son ascension se comprend dès lors que l'on jette un regard à son éloquent pedigree. Vittorio Grilli a successivement été : - professeur d'économie à l'Université de Yale (États-Unis) pendant 4 années universitaires (de 1986 à 1990), - professeur d'économie au Birkbeck College de l'Université de Londres (Royaume-Uni) pendant 4 années universitaires (de 1990 à 1994), - chef du département des Privatisations et de l'analyse financière au ministère italien des finances, de 1994 à 2000, - directeur général de la banque d'investissement helvéto-américaine "Crédit Suisse First Boston" de 2001 à 2002, - comptable général de l'État italien de 2002 à 2005, - directeur du Trésor de 2005 à 2011, - avant d'être nommé vice-ministre des finances en novembre dernier par Mario Monti. ----------------------------------------------------------------- GRILLI, QUINTESSENCE DE L'APPARATCHIK EUROPÉISTE ----------------------------------------------------------------- Dans ses dernières fonctions de Directeur du Trésor, Vittorio Grilli a été le plus proche collaborateur du "regretté" Tomaso Padoa-Schioppa, ministre des finances italien (2006 - 2008), aujourd'hui décédé. Les auditeurs attentifs de mes conférences se rappellent certainement que je cite Padoa-Schioppa dans plusieurs d'entre elles, car il est l'auteur immortel d'un article à sensation intitulé "Les enseignements de l’aventure européenne", paru dans la revue française "Commentaire" n° 87, paru à l'automne 1999. Dans ce morceau d'anthologie de la pensée européiste, le patron défunt du nouveau ministre des finances italien avait en effet expliqué sans ambages ce qu'est la prétendue construction européenne : « La construction européenne est une révolution, même si les révolutionnaires ne sont pas des conspirateurs blêmes et maigres, mais des employés, des fonctionnaires, des banquiers et des professeurs. L'Europe ne procède pas d'un mouvement démocratique. Elle s'est faite en suivant une méthode que l’on pourrait définir du terme de despotisme éclairé. » Son successeur et émule Vittorio Grilli prouve que cette description est très juste mais n'est pas tout-à-fait exacte. Car si M. Grilli est un « despote éclairé » qui a en effet réussi ce prodige d'être tout à la fois « employé, fonctionnaire, banquier et professeur », il n'en est pas moins aussi « blême et maigre ». Quant au côté « conspirateur », je ne sais pas très bien ce que signifie ce terme mais il me semble intéressant de noter que Vittorio Grilli est : 1°)- membre du conseil d'administration du FESF -------------------------------------------------------- C'est le fameux "fonds de secours de l'euro" auquel devrait succéder le MES. M. Grilli est donc très lié à l'Allemand Klaus Regling, directeur dudit FESF, dont j'ai signalé dans un article précédent qu'il serait le président du futur MES, comme la décision en a été prise avant-hier. 2°)- ancien président du Comité économique et financier de l'UE (CEF) ------------------------------------------------------------------------- Ce Comité, qu'il ne faut confondre ni avec le le Système européen des Banques centrales (SEBC), ni avec l'Eurosystème, ni avec le Conseil des ministres "ECOFIN", ni avec l'Eurogroupe, est un organisme consultatif institué par l'article 114 du traité de Rome (TCE), devenu l'article 134 du traité sur le fonctionnement de l'UE (TFUE). Composé de représentants des États membres, de la Commission européenne et de la BCE, le CEF est censé suivre la situation économique et financière de l'Union européenne, les mouvements de capitaux et les paiements, fournir des avis aux institutions européennes, et faciliter la coordination entre les États membres et les institutions européennes. Avec les brillants résultats que l'on voit ! En tout cas, il faut savoir que Vittorio Grilli a été président du CEF, au moment même où l'Allemagne y était représenté par... Klaus Regling. Preuve que parmi les eurocrates, on prend décidément toujours les mêmes et on recommence. 3°)- membre du conseil d'administration du "think tank" Bruegel ------------------------------------------------------------------------- M. Grilli appartient au "think tank" ultra-européiste Bruegel, créé en 2004, et dont le président, de 2005 à 2008, ne fut personne d'autre que.... Mario Monti. Qui en est d'ailleurs toujours le président d'honneur. Les lecteurs et auditeurs qui suivent avec assiduité mes faits et gestes se rappelleront que ce "think tank" Bruegel est dirigé par l'économiste français Jean Pisani-Ferry, avec lequel j'avais eu un débat tronqué sur France 24 le 25 novembre 2011 [source : http://www.dailymotion.com/video/xmkslx_f-asselineau-sur-france-24-25-11-2011_news] Comme je l'avais indiqué au cours de ce simulacre de "débat", où je fus constamment interrompu par la journaliste, le "think tank" Bruegel est financé, entre autres par Goldman Sachs. Le monde est décidément très petit. D'ailleurs, le "think tank" ultra-europésite Bruegel, dont le président d'honneur est Mario Monti, dont le directeur est Jean Pisani-Ferry et dont Vittorio Grilli est l'un des membres du conseil d'administration, n'est pas seulement financé par Goldman Sachs. Parmi les généreux donateurs de cette honorable institution qui ont tant à cœur de faire fonctionner l'Europe figurent : - la société américaine de "conseil" Ernst & Young, - la société américaine General Electric, - la société américaine Goldman Sachs, que l'on ne présente plus..., - la société américaine Google, dont les liens éventuels avec la CIA font l'objet de bien des rumeurs (cf. par exemple http://www.infowars.com/group-calls-for-hearings-into-googles-ties-to-cia-and-nsa/), - la société américaine Microsoft, dont les liens avec la CIA et la NSA sont un secret de Polichinelle (cf. par exemple http://infosecisland.com/blogview/21694-Microsoft-the-CIA-and-NSA-Collude-to-Take-Over-the-Internet.html), - la société américaine NYSE Euronext, groupe mondial d'entreprises de marchés financiers (c'est-à-dire de sociétés commerciales qui ont pour activité d'assurer la gestion d'un ou plusieurs marchés financiers). Le groupe est né en 2007 du rapprochement entre le groupe New York Stock Exchange et le groupe Euronext. NYSE Euronext est aujourd'hui le premier groupe mondial de places boursières et son siège est à New York, - la société américaine Qualcomm, spécialisée dans les télécommunications, la conception et la production de processeurs pour téléphones portables et connue pour avoir mis au point la technique CDMA. (Les liens de cette société avec la CIA ont brièvement défrayé la chronique aux États-Unis en 1998, lorsque l'un de ses responsables dut arrêté pour espionnage à Rostov-sur-de-Don, en Russie, ce qui délia les langues à l'époque : cf. http://business.highbeam.com/4776/article-1G1-20202729/risky-business-cia-new-cover-story). En bref, et comme me l'avait dit avec aigreur la journaliste de France 24, il faut bien que les think tanks pro-européens trouvent à se financer.... On retiendra en tout cas que Vittorio Grilli, également membre de du think tank euroatlantiste "Institut Aspen", est bien l'archétype de l'apparatchik européiste. Il en a toutes les caractéristiques : - un bureaucrate de formation et de style, - un charisme de poisson froid, - une carrière largement passée aux États-Unis et dans le monde bancaire et financier, - un maniement parfait de la langue de John Wayne, - une ignorance totale de ce qu'est un électeur, - un goût irrépressible pour les think tanks grassement financés par des groupes américains proches de la CIA, - et une vie en vase clos avec les autres apparatchiks européistes de son espèce. ------------------------------------------------- CONCLUSION : POURQUOI MAINTENANT ? ------------------------------------------------- La question qu'il est légitime de se poser, c'est pourquoi Mario Monti a-t-il décidé de céder, ce 11 juillet 2012, le poste de ministre des finances qu'il cumulait avec celui de Président du Conseil ? La première idée qui vient à l'esprit - à savoir qu'il était surchargé d'activités - n'est sans doute pas la bonne : - d'une part parce que ce n'est pas au bout de 8 mois que l'on se rend compte qu'il n'est pas possible de cumuler deux fonctions. - d'autre part parce que les prochaines élections générales en Italie se tiendront en mai 2013 afin de renouveler la Chambre des députés et le Sénat de la République. Mario Monti, qui a déjà effectué près de la moitié de son temps au poste cumulé de Président du Conseil et de ministre des finances, pouvait donc fort bien conserver ce cumul jusqu'à la fin. - enfin parce que Vittorio Grilli, qui était déjà vice-ministre des finances, faisait largement office de ministre dans les faits. Rien, a priori, n'obligeait donc à le promouvoir. Alors ? Eh bien, l'explication doit, peut-être, être cherchée ailleurs. Car ce 11 juillet, Mario Monti n'a pas fait que nommer Vittorio Grilli au poste de ministre des finances. Devant la presse, il a également annoncé qu'il « excluait de briguer » un nouveau mandat à la fin de celui en cours. S'exprimant en marge du sommet des ministres des Finances à Bruxelles, il a rappelé qu'il avait toujours exclu de rester chef du gouvernement après les élections du printemps prochain. [source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120711.FAP5540/italie-mario-monti-exclut-de-rester-au-pouvoir.html] Il est vrai que M. Monti a 69 ans et qu'il estime peut-être qu'il a l'âge de passer la main. Mais cette déclaration de renoncement, concomitante à la nomination de M. Grilli, intervient aussi au moment où la situation financière et politique de l'Italie ne cesse à nouveau de se dégrader. Comme je l'ai rappelé il y a quelques jours, les taux d'intérêts sur les obligations italiennes à 10 ans atteignent de nouveau des niveaux exorbitants, preuves de la défiance revenue des marchés. En outre, et alors qu'il avait toujours affirmé le contraire, Mario Monti a fini par avaler son chapeau hier, en avouant devant la presse que l'Italie pourrait bien, finalement, avoir recours aux fonds de secours de la zone euro. [source : http://www.romandie.com/news/n/Italie_Monti_n_exclut_pas_un_recours_aux_fonds_de_secours_de_la_zone_euro87100720121930.asp] Or, Mario Monti est le premier à savoir que ces fonds de secours sont encore inexistants. Le MES a pris du retard, la Finlande et les Pays-Bas bloquent, et le Tribunal de Karlsruhe ne dira pas avant 3 mois si ce MES ne va pas terminer tout simplement au panier, comme étant contraire à la Constitution allemande et à la démocratie. --------------------------------- En bref, l'autre hypothèse à envisager est donc que Mario Monti commencerait à admettre que le coup de force qui a conduit à sa nomination en novembre dernier se solde par un terrible échec. Il n'aura pu que retarder mais il ne pourra pas arrêter la catastrophe qui arrive. Du coup, tout s'expliquerait à merveille : - M. Monti annonce qu'il quittera ses fonctions gouvernementales au printemps, en espérant que l'euro n'aura pas éclaté d'ici là - et il se défait du mistigri du ministère des finances pour refiler la responsabilité du désastre qui couve à Vittorio Grilli, qu'il s'agirait ainsi de "griller" (si l'on me pardonne ce mauvais jeu de mots) à sa place. Cette nouvelle donne est évidemment suivie à la loupe par "Il Cavaliere", l'ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi qui fut chassé comme un domestique indélicat en novembre dernier et qui mûrit probablement sa vengeance, comme le veut une solide tradition plurimillénaire au bord du Tibre. Aujourd'hui même, Angelo Alfano, l'un de ses proches, a profité des déclarations de Mario Monti pour certifier à la presse qu'il y avait un mouvement croissant dans l'opinion pour soutenir le retour de Berlusconi aux affaires. Et le lieutenant du Cavaliere a même cru bon d'annoncer : « Je crois qu'en définitive, il décidera de se présenter [aux élections de mai prochain]. » Décidément, Angela Merkel, José Barroso, tous les plans de rigueur, toutes les « réformes indispensables », et tous les think tanks européistes financés par Goldman Sachs et Microsoft ne pourront rien changer au fait que l'Italie sera toujours l'Italie.... C'est d'ailleurs au fond très heureux car c'est l'indice le plus sûr que l'euro n'en a pas pour très longtemps encore à prétendre changer les peuples contre leur volonté. François ASSELINEAU =============" height="403" width="403" />

 

FLASH EN PROVENANCE DE L'AGENCE RUSSE NOVOSTI ! == LA FINLANDE VIENT DE BLOQUER LA PROMESSE DE L'EUROGROUPE D'HIER DE VERSER 30 MILLIARDS D'EUROS À L'ESPAGNE AVANT LA FIN DU MOIS.


 

SOLIDARITÉ EUROPÉENNE ? MON ŒIL ! ======
L'ALLEMAGNE ACHÈVE DE VERROUILLER LE FUTUR M.E.S. EN IMPOSANT LA NOMINATION DE KLAUS REGLING À SA TÊTE

 

 

DÉPÊCHE TRÈS IMPORTANTE QUI VIENT DE TOMBER,
À LIRE EN COMPLÉMENT DE MON ARTICLE SUR LA NOMINATION DE M. KALUS REGLING A LA TÊTE DU FUTUR M.E.SS


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http://www.romandie.com/news/n/UELe_sauvetage_de_l_euro_a_nouveau_scrute_par_le_juge_supreme_allemand64100720121330.asp

 

 

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