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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 12:51

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La grande régression

Ignacio Ramonet

 

 

Il est clair qu’il n’existe pas, au sein de l’Union européenne (UE), de volonté politique pour affronter les marchés et résoudre la crise de la dette souveraine. Jusqu’à présent, on avait expliqué la lamentable attitude des dirigeants européens par leur incompétence sans bornes. Ce n’est pas faux. Mais cette explication ne suffit pas, surtout après les récents "coups d’État financiers" qui ont mis fin, en Grèce et en Italie, à une certaine conception de la démocratie. Il est évident qu’il ne s’agit pas seulement de médiocrité et d’incompétence, mais de complicité active avec les marchés.


Qu’appelons-nous "les marchés" ?

 

Un ensemble de banques d’investissement, de compagnies d’assurances, de fonds de pension et de fonds spéculatifs qui achètent et vendent essentiellement quatre sortes d’actifs : devises, actions, obligations d’Etat et produits dérivés.


Pour avoir une idée de leur colossale force, il suffit de comparer deux chiffres : chaque année, l’économie réelle crée, dans le monde, une richesse (PIB) estimée à 45 mille milliards d’euros. Tandis que, dans le même temps, à l’échelle planétaire, dans la sphère financière, les "marchés" mobilisent un volume de capitaux estimé à quelque 3,5 millions de milliards d’euros... C’est-à-dire 75 fois ce que produit l’économie réelle.


Conséquence : aucune économie nationale, aussi puissante soit-elle (l’Italie est la huitième économie mondiale), ne peut résister aux attaques des marchés quand ceux-ci décident de s’en prendre à elle de façon coordonnée comme ils le font depuis plus d’un an contre les Etats européens qualifiés de façon insultante de PIIGS (porcs, en anglais) : Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne.


Le pire c’est que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ces "marchés" ne sont pas uniquement des forces exotiques venues d’horizons lointains agresser nos gentilles économies nationales. Non. En majorité, ces "attaquants" ce sont les propres banques européennes (celles-là même qui furent sauvées en 2008 avec l’argent des contribuables). En d’autres termes, ce ne sont pas des fonds américains, chinois, japonais ou arabes qui attaquent massivement certains pays de la zone euro. Il s’agit, pour l’essentiel, d’une agression venue de l’intérieur. Dirigée par les propres banques européennes, les compagnies d’assurance européennes ou les fonds européens de pensions qui gèrent l’épargne des Européens. Ce sont eux qui possèdent l’essentiel de la dette souveraine européenne [1].

 

Au nom de la défense - théorique - des intérêts de leurs clients, ces acteurs financiers spéculent et font augmenter les taux que doivent payer les Etats pour s’endetter. A tel point, qu’ils ont conduit plusieurs pays (Irlande, Grèce, Portugal) au bord de la faillite. Avec les conséquences que cela représente pour les citoyens obligés de supporter des mesures d’austérité décidées par des gouvernements qui croient ainsi pouvoir apaiser les "marchés" vautours, c’est-à-dire leurs propres banques...


Ces établissements peuvent, par ailleurs, s’endetter auprès de la banque centrale européenne (BCE) à un taux de 1,25%, et prêter ensuite à des Etats comme, par exemple, l’Italie ou l’Espagne, à des taux dépassant parfois les 7%... D’où l’importance scandaleuse des trois grandes agences de qualification (Fitch Ratings, Moody’s et Standard & Poor’s) car de la note de confiance qu’elles attribuent à un pays dépend le taux d’intérêt que celui-ci paiera pour obtenir un crédit auprès des marchés. Plus la note est faible, plus élevé sera le taux à payer.


Ces agences (des entreprises privées dont les actionnaires sont souvent leurs propres clients) se sont pas mal trompées, notamment à propos des subprimes, ces fameux crédits immobiliers à l’origine de la crise financière globale actuelle. Elles continuent cependant à jouer un rôle exécrable et pervers.

 

Parce que les plans d’austérité, là où ils sont appliqués en Europe, se traduisent par un appauvrissement général, ce qui fait chuter l’activité économique et réduit les perspectives de croissance. En base de quoi, les agences de qualification revoient à la baisse la note du pays.

Conséquence : l’Etat en question doit consacrer plus d’efforts financiers au paiement de sa dette. Et il ne pourra le faire qu’en réduisant de nouveau son budget et ses dépenses. Ce qui réduira davantage l’activité économique ainsi que la croissance. Et alors, de nouveau, les agences baisseront la note...


Cet infernal cycle d’économie de guerre, explique pourquoi la situation de la Grèce s’est dégradée si drastiquement à mesure que son gouvernement multipliait les coupes budgétaires et imposait des cures d’austérité de plus en plus brutales.


C’est ainsi que les marchés ont finalement obtenu ce qu’ils voulaient : que leurs propres représentants accèdent directement au pouvoir sans avoir à se soumettre à des élections. Aussi bien Lucas Papademos, premier ministre de Grèce, que Mario Monti, président du Conseil d’Italie, sont des banquiers. Tous deux, d’une manière ou d’une autre, ont travaillé pour la banque américaine Goldman Sachs, spécialisée dans le placement de cadres issus de ses rangs aux principaux postes de pouvoir politique. Tous deux sont également membres de l’influente Commission Trilatérale.

 

Ces technocrates ont pour mission d’imposer, quel qu’en soit le coût social, dans le cadre d’une "démocratie limitée", les mesures (privatisations, ajustements, sacrifices) que réclament les marchés. Et que certains dirigeants politiques n’ont pas osé mettre en place par crainte de voir leur popularité s’effondrer.


L’Union européenne est le dernier territoire au monde où la brutalité du capitalisme est pondérée par des politiques publiques de protection sociale. Ce que nous appelons l’Etat providence. Les marchés ne le tolèrent plus et ils veulent le démolir. En une véritable entreprise de "décivilisation". Telle est la mission stratégique des technocrates qui accèdent au pouvoir à l’occasion de ces coups d’Etat financiers.


Il est peu probable que les technocrates de cette ère post-politique parviennent à tirer l’Europe de la dramatique situation où elle se trouve. Si la solution était technique, il y a longtemps que la crise serait finie. Que se passera-t-il quand les citoyens constateront que leurs sacrifices sont vains et que la récession se prolonge ? Quel niveau de violence atteindra leur protestation ? Comment l’ordre sera-t-il maintenu dans l’économie, dans les esprits et dans les rues ? Verra-t-on surgir une triple alliance du pouvoir économique, du pouvoir médiatique et du pouvoir militaire ? Les démocraties européennes se transformeront-elles en "démocraties autoritaires" ?

 

Notes

[1] En Espagne, par exemple, 45% de la dette est détenue par les établissements financiers espagnols, et les deux tiers des 55% restant appartiennent à des banques européennes. Ce qui signifie que 77% de l’ensemble de la dette espagnole est aux mains de d’Européens et qu’à peine 23% est détenue par des établissements financiers étrangers.

 

 

Ignacio Ramonet

 

http://www.medelu.org/La-grande-regression

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sur ce site,

 

 

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La mafia de la finance

s’installe directement au pouvoir

Bernard Cassen


 

Les gouvernements européens ne se donnent même plus la peine de le cacher : toutes leurs décisions ont pour seule et unique motivation de donner des gages aux marchés financiers, avec les agences de notation dans le rôle de distributeurs de bons et de mauvais points. Les marchés ont leur bras armé : la « troïka » Commission européenne/Banque centrale européenne (BCE)/Fonds monétaire international (FMI). Comme l’avant-garde d’une troupe d’occupation, elle prend ses quartiers dans les ministères des pays européens « bénéficiaires » de plans de « sauvetage » pour vérifier que ses diktats sont bien mis en œuvre.

Jusqu’à ces dernières années, ceux qui dénonçaient la dictature des marchés passaient pour des extrémistes. Aujourd’hui la formule est entrée dans le lexique courant, tant elle traduit une réalité aveuglante. Pour l’instant, cette dictature n’a pas besoin de s’imposer par la coercition physique puisque ce sont les gouvernements eux-mêmes qui, de démission en capitulation, lui ont permis subrepticement de s’installer. Au prix de la destruction des fondements de la démocratie représentative.

La faute la plus symbolique est d’avoir cautionné la légitimité des institutions de la « troïka » qui ont comme caractéristiques communes de ne pas être élues, d’être ouvertement les porte-parole de la finance et de n’avoir aucun compte à rendre aux citoyens. Un simple commissaire européen, comme le finlandais Olli Rehn chargé des affaires économiques et monétaires, a infiniment plus de pouvoir que les ministres des finances de la quasi totalité de la zone euro, qu’il ne se prive d’ailleurs pas de rappeler vertement à l’ordre.

Deuxième atteinte à une démocratie réelle, comme disent les Indignés : l’enfermement des électeurs dans un choix entre le pareil et le même. Les positions des partis de gouvernement en Europe - qu’ils soient sociaux-démocrates ou de droite - sur les mesures d’austérité sont interchangeables. Au Portugal et en Espagne, la colère des citoyens a chassé les « socialistes » du pouvoir, mais pour les remplacer par gouvernements ultra conservateurs qui ne font que poursuivre, voire durcir les politiques de leurs prédécesseurs. Une variante de cette alternance factice est la constitution d’un gouvernement soutenu par la social-démocratie et la droite, comme celui de Mario Monti en Italie. En Grèce, la situation est encore plus édifiante puisque, au nom de l’« unité nationale », le gouvernement de Loucas Papadémos comprend non seulement des ministres du Pasok et de la Nouvelle Démocratie, mais aussi de l’extrême-droite.

Dans ces deux cas, la mystification la plus grossière est de présenter ces gouvernements comme dirigés respectivement par un « professeur » à Rome et par un « technicien » à Athènes. Il s’agit de « vendre » à l’opinion l’idée qu’il existerait une manière quasi scientifique, non « politique », de surmonter la crise. En fait, par définition, les premiers ministres italien et grec font exactement la même chose que leurs homologues espagnol et portugais : des choix politiques. La seule différence est que, contrairement à ces derniers, ils n’ont pas subi l’épreuve du suffrage universel.

A Athènes et à Rome, la finance a réussi un double exploit : non seulement elle a conforté la déconnexion entre la sphère économique et financière et la sphère politique, mais elle s’est carrément installée dans cette dernière. Jusqu’ici les banquiers avaient comme interlocuteurs politiques des élus, maintenant ils dialoguent avec d’autres banquiers. Loucas Papadémos est en effet ancien gouverneur de la Banque centrale hellène qui, avec l’aide de Goldman Sachs, avait maquillé les comptes de la Grèce. Quant à Mario Monti, il est ancien conseiller international de Goldman Sachs. La mafia de la haute finance ne craint plus désormais d’apparaître au grand jour et de tourner la démocratie en dérision.

 

Bernard Cassen

 

http://www.medelu.org/La-mafia-de-la-finance-s-installe

 

 

A lire aussi  : 

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Cette crise s'accentue très rapidement sous la pression de contraintes de plus en plus fortes (selon LEAP/2020) - l'absence de reprise économique aux Etats-Unis qui étrangle l'ensemble des…

 

Pour lire la suite cliquez ici

 

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Italie : le carnage a commencé

14 décembre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Le nouveau gouvernement fantoche de Mario Monti applique déjà à l’économie nationale une thérapie à la « du sang, de la sueur et des larmes », suivant la prescription de la BCE et de l’autorité européenne.

Les coupes budgétaires de 20 milliards d’euros vont frapper les couches les plus faibles comme un assommoir : gel de l’indexation sur l’inflation pour les retraites supérieures à 700 euros par mois, réforme globale incluant le changement du mode de calcul des retraites, applicable immédiatement, rétablissement de l’impôt foncier sur la résidence principale et hausse du prix de l’essence. L’association des petites entreprises CGIA, qui dispose de l’une des bases de données les plus fiables en Italie, a estimé qu’en moyenne, la réduction des retraites coûterait plus de 250 euros par an à chaque retraité, tandis que l’ensemble du plan d’austérité représenterait 2500 euros pour chaque famille italienne.

Puisque la « manœuvre budgétaire », comme l’appellent les Italiens, se monte à 20 milliards en 2012 et 21 milliards pour chacune des deux années suivantes, le montant réel de ces mesures est de 62,9 milliards. Ajoutés aux deux plans d’austérité déjà mis en place par le gouvernement Berlusconi cette année, le massacre ordonné par l’UE se montera à 208 milliards pour la période 2011-2014.

Cependant, l’histoire ne s’arrête pas là. Si le déficit n’est pas ramené à zéro avec ces mesures, une augmentation de la TVA est envisagée pour octobre prochain.

La réduction des retraites, conjuguée à la hausse du prix de l’essence (qui coûte aujourd’hui plus de 1,70 euros) et de la taxe foncière, est brutale pour les classes populaires. 80 % des Italiens, soit 24 millions de personnes, sont propriétaires de la maison dans laquelle ils vivent et parmi eux, plus de 6 millions ont un revenu mensuel de quelque 1000 euros.

En outre, les producteurs agricoles sont très inquiets. L’essence, qui entre pour un tiers dans leurs coûts de production et qu’ils paient moins cher que le prix du marché, a déjà augmenté de 45 % cette année. En même temps, l’impôt sur les terrains et les installations de production pourrait augmenter de 300 %, selon les organisations agricoles ! Nombreux sont les agriculteurs qui, sous le double effet de la hausse des coûts et du dumping de la concurrence étrangère, seront contraints de fermer boutique.

La thérapie UE-Monti va saigner l’Italie de la même manière qu’elle saigne la Grèce (où la vie s’est arrêtée pour se focaliser uniquement sur la survie au jour le jour). Les mesures mises en avant devraient être adoptées par une large majorité des députés. En dehors du Parlement, de nombreuses forces sociales se mobilisent pour protester et les syndicats ont organisé une grève générale pour le 12 décembre. Nos amis du mouvement larouchiste italien Movisol mène la résistance en appelant à une sortie ordonnée de l’euro pour établir un système de crédit productif public reposant sur la loi de séparation bancaire Glass-Steagall et la souveraineté monétaire.

L’économiste et directeur de président du Fonds de garantie des dépôts bancaires a révélé la semaine dernière au Sénat que le ministre sortant de l’Economie Giulio Tremonti avait préparé un « plan B » pour sortir de l’euro. Des députés de la commission des Finances ont immédiatement demandé au gouvernement Monti de préparer un retour à la lire « au cas où la politique actuelle ne résoudrait pas le problème du budget » (sic) : « Ne serait-il pas approprié, en dehors de toute inclination démagogique ou idéologique, de repenser sérieusement à revenir à une monnaie nationale, qui pourrait déterminer des perspectives concrètes de croissance par le biais d’une dévaluation ‘planifiée’ ou ‘stratégique’ ? »


http://www.solidariteetprogres.org/Italie-le-carnage-a-commence_08390

 

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« L’Europe a beaucoup à apprendre de l’Argentine » Joseph Stiglitz
de : Javier Lewkowicz

 
mardi 13 décembre 2011 - 13h35

« Restructurer la dette au lieu de la rigueur »

Dans sa deuxième conférence en Argentine, le Prix Nobel a encore une fois salué le chemin choisi par l’Argentine pour sortir de la crise de sa dette, en opposition à la formule européenne. « L’Europe a beaucoup à apprendre de l’Argentine ».

« L’Argentine a démontré qu’il y a une vie après la mort. Cela veut dire que dès que la dette extérieure est restructurée, le pays croît et même peut choisir de revenir sur les marchés. L’Europe a beaucoup à apprendre de l’exemple de l’Argentine », a souligné le Prix Nobel Joseph Stiglitz. L’économiste a participé hier au séminaire « La vacuité dans l’architecture financière internationale : restructuration de la dette souveraine », organisé par le Ministère e l’Économie avec la Banque Mondiale. Stiglitz a aussi salué le fait qu’en 2005 l’Argentine a fait aux créanciers une offre de bons attachés au produit national brut (PIB). « Une innovation importante qui pose la nécessité de répartir le risque entre les parties », a-t-il défini. A la suite d’une enquête, l’économiste a évoqué l’inflation en Argentine, bien que sans faire explicitement référence à la situation locale, mais en recourant à une explication plus orthodoxe. « L’inflation, a-t-il dit, va de paire avec un excès de la demande qui générerait un goulot d’étranglement que le Gouvernement essaie de dépasser ».

La négociation réussie de la dette extérieure en cessation de paiement qu’a mené, en 2005, l’ex-président Néstor Kirchner est, dans le contexte de crise de la dette de l’Eurozone, une référence qui chaque fois prend plus d’importance. L’importance de l’expérience argentine répond à la similitude du point de départ avec, par exemple, de l’économie grecque, comme l’endettement excessif et l’échec des recettes de rigueur, et les résultats atteints par l’Argentine une fois la charge de la dette substantiellement réduite. Stiglitz est l’un des économistes qui avec la plus grande ferveur recommandent de diminuer le poids de la dette, de répartir ses coûts entre les débiteurs et les créanciers et d’éviter l’ajustement fiscal comme sortie de crise.

« La Grèce ne peut plus attendre. Ella devrait étudier ses options et avancer rapidement, parce que l’incendie devient plus grand et davantage de maisons brûlent. Mener une restructuration a son coût, mais ne pas le faire est encore plus grave », a indiqué le professeur de l’Université de Columbia. L’un des tabous au sujet des processus ambitieux de restructuration que Stiglitz a cherché à faire tomber est le « châtiment divin » qui tomberait sur les pays hérétiques. « Les marchés de créance voudraient que quand un pays restructure sa dette, il soit puni à jamais. Cependant, les marchés compétitifs n’imposent pas de façon collective un châtiment. Ils ne sont pas aussi efficients qu’ ils aimeraient l’être. La réalité est que, après avoir réduit la charge de la dette, les pays progressent et recommencent à avoir la possibilité d’accéder aux marchés. C’est une vérité dérangeante que l’on veut cacher aux grecs. En tout cas, les pays ne devraient pas demander des prêts à l’extérieur, parce que cela génère beaucoup de problèmes », a-t-il indiqué.

« Supposons que la Grèce soit en cessation de paiements contre la Banque Centrale Européenne. Quelles conséquences réelles y aurait-il ? Est-ce que cela aurait des effets négatifs pour le reste d’Europe ? » se demande Stiglitz. « Les banques disent que si les gouvernements ne sauvent pas les créanciers et les actionnaires, le système économique s’effondre. Je crois que leurs richesses s’effondreraient oui, mais pas le système », a-t-il affirmé.

Le Nobel a aussi glissé quelques critiques envers le FMI, bien que nuancées. « Le Fond a la mentalité des créanciers. En tout cas, Dominique Strauss-Kahn – l’ex-titulaire de l’organisme – a fait quelques changements. Maintenant le FMI reconnaît l’importance d’appliquer un contrôle sur les flux de capitaux. Il serait souhaitable d’avoir un cadre de refonte plus efficient, une organisation internationale qui fonctionne comme tribunal de faillites et qui ait une représentation de débiteurs et de créanciers. La Grèce et les autres pays en situation de risque ne peuvent pas attendre », a-t-il dit. Il a pris comme exemple la situation de l’Italie, où la dette représente 120 % du PIB. « Ils vont dépenser 10 % par an de leur produit pour le paiement de la dette. Il n’y a pas de manière de faire cela sans affecter l’économie et les services publics. En revanche, si on restructurait la dette, peut-être n’y aurait pas d’entrée de capitaux mais on paierait moins. Ces fonds pourraient êtres injectés dans l’économie pour réduire le chômage », a-t-il indiqué.

Dans l’Argentine des années 90 les traités bilatéraux d’investissement ont été très utilisés. Ces accords fixes d’étroites limites pour la politique économique quand il s’agit d’affecter les intérêts des multinationales. « L’Argentine sait qu’il faut faire très attention au sujet des contrats d’investissement, parce qu’ils finissent par lier les pays pieds et poings. Si les économies en développement peuvent sortir de ces schémas, qu’elles en sortent. De plus, les traités n’améliorent pas l’investissement », a critiqué Stiglitz.

L’économiste a aussi remarqué que la renégociation de la dette argentine incluait dans l’offre aux créanciers des bons attachés au rendement de l’économie. « C’était une innovation importante parce que cela permet de répartir le risque. Les marchés ont beaucoup résisté à cette nouveauté », s’est-il souvenu.

 

http://92.243.27.11/?L-Europe-a-beaucoup-a-apprendre-de

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article123398

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