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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 00:51

 

Quand les gouvernements volent l’or (1ère partie)

Adrian AshPar Adrian Ash pour BullionVault, 12 décembre 2012

Trois affreux exemples de vols d’or au cours de l’histoire moderne…

Les rumeurs actuelles chez les traders ont pour objet les inquiétudes des détenteurs d’or concernant une augmentation punitive des impôts aux Etats-Unis en 2013, avec l’administration Obama qui tient les investisseurs en métaux précieux dans sa ligne de mire.

D’où les liquidations de ce mois (si on se fie aux rumeurs). C’est un phénomène similaire aux ventes d’or par les ménages japonais fin 2011 avant l’entrée en vigueur de nouvelles régulations pour les négociants de métaux précieux.

En vérité, une telle mesure aux Etats-Unis reste très improbable. Du moins, une telle mesure avant un accord entre partis nécessaire pour solutionner la falaise fiscale et le désastre du plafond de la dette serait clairement tendancieux. Tous les investisseurs en or américains ne sont pas républicains, mais peu d’entre eux sont démocrates, selon moi. En outre, l’or attire déjà le plus haut taux d’imposition sur les plus-values à 28% aux Etats-Unis, puisqu’il est considéré comme un « objet de collection ». Il est plus facile d’augmenter les taux d’imposition sur les plus-values sur tout et de se débarrasser de quiconque tenterait de faire fructifier ses économies. Cela engendrerait plus de revenus aussi.

Toujours est-il, que ce bavardage souligne un point clé concernant l’or : le fait que de mémoire d’homme il ait reçu des mauvais traitements spéciaux des gouvernements et ce de partout. Les ménages occidentaux furent interdits d’or pendant 30 ans et plus après la Seconde Guerre mondiale. Au cours des vingt années précédentes, leur or a été en vrac nationalisé, acheté de façon obligatoire et volé.

Et il ne s’agit pas seulement du métal d’investissement. Et pas seulement de l’or appartenant à des citoyens privés…


1er exemple : 1935, Mussolini s’empare de 35 tonnes d’or, en alliances…


La « confiscation » aux Etats-Unis en 1933 est bien connue (en fait un achat systématique, fait au cours d’alors à 28 dollars l’once avant que le cours ne soit poussé à la hausse à 35 dollars). Mais avec l’or, encore un instrument clé du système monétaire, beaucoup de gouvernements ont cherché à en acquérir plus.

En décembre 1935 le dictateur fasciste populaire italien Benito Mussolini en a appelé au patriotisme des femmes italiennes, leur exhortant à échanger leur anneau de mariage en or pour des bagues d’acier. Oui, vraiment. Le mercredi 18 décembre de cette année, La Stampa en faisait sa première page :

-« Le rite le plus noble de la « fede » [ou foi] amène toutes les femmes d’Italie ensemble dans une seule volonté héroïque » (fede en italien veut dire foi et alliance, intelligent quand même).

-« La Reine a placé son alliance sur l’autel de la patrie. »

-« L’offrande fière et touchante des femmes à Turin. »

Les femmes italiennes étaient tellement « encouragées » par cette démonstration populaire de patriotisme que cinquante ans plus tard, elles étaient toujours honteuses d’avoir été forcées de se séparer de leurs alliances. Mussolini a obtenu 35 tonnes d’or en tout. Pour la petite histoire, il a fini la tête en bas, pendu par un crochet de boucherie du haut du toit d’une station d’essence.

Nous verrons dans la seconde partie l’or tchèque volé par les Nazis et les détenteurs de pièces poursuivis en justice au Royaume-Uni dans les années 1960.

 

 

 

Quand les gouvernements volent l’or (2ème partie)

Adrian AshPar Adrian Ash pour BullionVault, 12 décembre 2012

L’or tchèque et les pièces d’or britanniques…


Dans la première partie nous évoquions les rumeurs concernant les métaux précieux aux Etats-Unis et comment Mussolini avait accumulé 35 tonnes d’or. Nous examinerons ici l’or tchèque volé par les Nazis en passant par la Banque des règlements internationaux et comment le gouvernement britannique a tenté d’endiguer l’investissement en pièces d’or dans les années 1960 pour protéger la balance commerciale et la devise du pays.


2er exemple : 1939, l’Allemagne nazie vole l’or tchèque à Londres


Vous n’aviez pas besoin d’être un particulier, ni de garder votre or à la maison, pour perdre des métaux précieux dans les années 1930. L’on s’en souvient peu aujourd’hui, mais les Nazis ont volé les réserves d’or tchécoslovaque et ceci a créé un tel scandale dans la presse britannique au milieu de l’année 1939 que le public était tout à fait prêt pour la guerre au moment où l’Allemagne a envahi la Pologne le mois de septembre de la même année.

La Banque des règlements internationaux (BRI) a été fondée en 1930 pour essayer de gérer l’étalon or international en plein déclin. Basé sur le territoire neutre de la Suisse, elle était supposée être au-dessus de la politique, et bien que ses officiels supérieurs fussent tous des banquiers centraux dans leur pays d’origine, ils agissaient en suivant un code de courtoisie de soutien mutuel et de respect. Non élus alors, et c’est encore vrai aujourd’hui, les banquiers centraux se considèrent comme nobles et indépendants de ces entreprises sales que sont la démocratie ou la dictature.

Donc, quand le 20 mars 1939, juste après que les Nazis soient entrés dans Prague, un message a été envoyé à la BRI apparemment par la Banque nationale Tchèque, la BRI a passé le message comme il se devait. Il était demandé à la Banque d’Angleterre (alors, tout comme aujourd’hui, le premier centre d’échange au monde de l’or physique) de transférer les métaux détenus sur le compte numéro 2 de la BRI à un nouveau compte BRI, numéro 17.

Oublions le fait que les Tchèques avaient déjà envoyé un message indiquant que toutes instructions viendraient « sous la contrainte » et devraient être ignorées. Oublions aussi que le parlement britannique avait gelé tous les avoirs tchèques, pour les défendre contre le vol nazi. Et oublions aussi que la Banque d’Angleterre savait que le compte BRI numéro 2 contenait de l’or tchèque, et que le numéro 17 était détenu par la Reichsbank allemande. Car le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Montagu Norman, était aussi le directeur de la BRI non politique. Et il ferait tout pour protéger la noble indépendance des banquiers centraux, appliquant leurs règles de courtoisie et apaisant les Nazis une dernière fois, en feignant l’ignorance des vrais détenteurs de l’or qui dormait dans ces deux comptes anonymes de la BRI.

Le transfert fut fait avant que quiconque en dehors des banques centrales ne le sache, et l’or était ainsi vendu en seulement dix jours. Au moment où l’histoire fut révélée en mai, les six millions de livres sterling de recette avaient disparu depuis longtemps (nous ne pouvons trouver aucune référence du transfert, ni du scandale national commençant en mai, dans le journal personnel de Norman).


3er exemple, 1966 : La Grande-Bretagne commence à poursuivre les investisseurs en pièces d’or


Deux décennies après la fin de la guerre, et 35 ans après que la Grande-Bretagne ait quitté l’étalon or, ses politiciens sont occupés à s’immiscer dans les investissements en or. Car la livre sterling a baissé sur le marché des devises. Alors les gens ont acheté de l’or, en envoyant de l’argent à l’étranger pour l’acheter et nuisant ainsi à la balance commerciale britannique déjà pas terrible. Et nuisant donc à la livre sterling à nouveau.

Pour essayer d’endiguer la situation, le gouvernement travailliste a mis un frein aux importations de pièces d’or, et a interdit à ses citoyens de posséder plus de quatre pièces d’or. Quiconque aurait une collection plus importante devait le signaler à la Banque d’Angleterre, les officiels jugeant alors si le détenteur est un vrai collectionneur ou un spéculateur.

S’adressant le 13 juin lors d’un débat (très tendu) entre parlementaires, le député conservateur de Worthing, Terence Higgins, a demandé pourquoi le gouvernement s’attaquait à l’or. « Les gens possèdent de l’or car ils n’ont pas foi en la politique du gouvernement relative à la stabilisation de coût de la vie et à la réduction du taux d’inflation… Prendra-t-il des mesures contre d’autres actifs spécifiques qui sont des protections contre l’inflation ? » (Les ménages indiens pourraient se demander la même chose aujourd’hui).

C’est bien dommage. La « règle de quatre » est passée (comme elle a été appelée par les détaillants). En juin 1967, quelques 4 847 personnes se sont soumis aux vérifications de la Banque d’Angleterre, et les procès ont commencé. Les contrôles des changes sur l’or ont finalement été annulés par le premier budget de la première administration Thatcher en 1979


La morale de ces histoires ?


Puisque l’or n’est plus un instrument clé des systèmes monétaires mondiaux, la soi-disant « confiscation » semble être aujourd’hui un phénomène propre au XXème siècle. Mais cela pourrait bien changé. Les contrôles des changes comme ceux qu’a subi le Royaume-Uni dans les années 1970 (et que l’Italie n’a abandonné qu’en 1999) sont plus probables. Car les gens, comme les gouvernements, veulent détenir de l’or quand ils craignent l’inflation, les conflits financiers ou les crises politiques. Le détenir à la maison pourrait exposer les particuliers au vol ou à la contrainte. S’ils détiennent l’or de façon sûre à l’étranger, en « offshore » comme on dit, même une juridiction démocratique sûre nécessite que les droits de propriétés clairs soient avérés si les investisseurs veulent garder le contrôle sur leurs avoirs en or. Soyez sûr de l’obtenir si vous pensez acheter de l’or dans le futur.

 

 

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