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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 03:02

http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/branle-bas-de-combat-dans-les-medias-pour-le-2e-tour-de-la-presidentielle_1108020.html

 

Branle-bas de combat dans les médias pour le 2e tour de la présidentielle

 

Après le 6 mai

avril 22nd, 2012


 
Le 6 mai 2012, selon toute vraisemblance, François Hollande sera élu Président de la République. Les médias commenteront alors à l’envie la composition du gouvernement, la préparation des législatives, les « chantiers du Président »… Détails au fond sans importance, brouillard d’informations disparates, de rumeurs, de calculs et de jeu de chaises musicales qui perturbent la compréhension des enjeux plus qu’ils ne l’éclairent.
 
Essayons donc de prendre un peu de recul pour essayer de disposer de quelques clés de lecture pour les prochains mois et les prochaines années. Dans cette optique, quels sont les éléments à prendre en compte ?


Hors du sérail ?

ENA promotion Voltaire, une carrière effectuée uniquement dans le milieu politique, un entourage très majoritairement constitué de hauts fonctionnaires, en poste notamment à Bercy : Hollande est un homme du sérail « rose » de la haute administration française.

Tout – culturellement, sociologiquement, relationnellement – va donc le pousser à prendre des décisions « raisonnables », « dans le cadre » préparé par ses pairs. Il ne n’agit pas ici de mettre en doute par avance ses capacités de négociation, son intelligence ou son sens de la tactique politique mais de bien comprendre les limites dans lesquelles son passé et sa culture l’enserrent.
 
Fasciné par François Mitterrand, il n’aura de cesse d’imiter son maître, de chercher – comme lui – à résoudre les conflits par l’intrigue ou le compromis, plutôt que par la force ou la rupture, le tout dans les limites fixées et selon les scénarios déterminés par le sérail.

C’est forcément là que le bât va blesser : les intérêts du sérail ne sont pas ceux de la France. L’époque lointaine où les intérêts et le comportement de la haute administration correspondaient peu ou prou à ceux du pays est totalement révolue. Le laminage de la classe moyenne, le principe quasi-héréditaire de transmission des apanages qui est désormais la règle au sommet de l’État et des grandes entreprises, ont totalement isolé la classe dirigeante du reste du pays.

Hollande sera-t-il capable de sortir du sérail, de penser hors du sérail et d’agir contrairement aux intérêts du sérail ? Ce sera le premier élément-clé à considérer lors de ses prises de décision : en définitive, saura-t-il agir en opposition avec les intérêts de la « caste » dont il est issu ?


Loin du peuple ?

Peu avant le premier tour, l’IFOP a procédé à une étude par voie de sondage pour le compte du mouvement Colibris sur le thème « Tests de propositions sur les grands thèmes de société ».

Dans cette étude, ce sont moins les réponses aux propositions qui nous semblent intéressantes (qui refuserait d’être mieux logé, dans un environnement plus écologique, par exemple ?) que celles ayant trait aux constats.

Le constat majeur, c’est que 56 % les Français ont « le sentiment que notre démocratie ne fonctionne plus réellement car désormais ce sont les intérêts économiques et financiers qui priment ». Pour enfoncer le clou du sentiment de défiance vis-à-vis de la démocratie telle qu’elle existe aujourd’hui, 75 % des Français estiment que, lors d’une élection, les bulletins blancs devraient être pris en compte dans les suffrages exprimés.

Autant de signes d’un profond désespoir, d’un « je n’y crois plus » en ce qui concerne le fonctionnement du « système ».

N’étant guère suspects de pro-sarkozysme, nous pouvons écrire que, la dernière fois que les Français y ont – encore – « cru », c’est en 2007 avec l’élection de Sarkozy. Ses rodomontades, ses affirmations agressives et péremptoires ont pu donner l’illusion que la promesse politique pouvait être tenue, que le « politique » avait des marges de manœuvre, des capacités d’action, et pouvait modifier le sort de chacun.

La déception a bien sûr été à la hauteur de l’espoir mais, ce faisant, c’est toute la crédibilité du « politique » qui s’est trouvée atteinte. Les « dommages collatéraux » ne se situent pas que dans le camp des sympathisants de l’UMP, très loin de là : schématiquement, sous Sarkozy, les Français sont passés de l’espoir au rejet, au dépit ou au dégoût en ce qui concerne le « politique ».

Hollande ne suscite donc aucun espoir, aucune espérance. En forçant le trait, on pourrait dire qu’il va être élu par défaut par des Français blasés, voire désespérés, en tout cas sans illusions, qui pensent que « Sarkozy a été tellement nul qu’avec Hollande ça ne peut pas être pire ».

Mais le ver est dans le fruit et il n’a cessé de grossir depuis 5 ans. Les excellents scores réalisés au premier tour par Le Pen et Mélenchon montrent qu’un nombre croissant de Français sont à la recherche de solutions plus radicales, espérant que soit un retour à « l’ordre ancien », soit un bouleversement complet des règles du jeu économique, sera susceptible d’améliorer leur condition.

Un des éléments frappants de ce sondage, c’est que les femmes – plus que les hommes – estiment que la démocratie « ne fonctionne plus réellement ». Le résultat peut sembler surprenant de la part d’un électorat traditionnellement considéré comme conservateur. Mais, à y regarder de plus près, il se pourrait que les femmes, moins intéressées ou moins engagées que les hommes dans la « politique politicienne », portent un regard plus distancé et sans doute plus lucide sur les évolutions en cours, s’attachant moins aux mille détails sans importance qu’à la direction générale qui est empruntée.

Autre élément notable : 50 % des Bac + 5 sont du même avis. Leur proportion est certes de 6 points inférieure à celle de la moyenne nationale mais elle reste extrêmement élevée. Quand la moitié des « mieux éduqués » d’un pays estime que le système ne fonctionne plus et que le veau d’or règne en maître, les traditionnels « relais » du pouvoir et de l’opposition parlementaire ne jouent plus leur rôle de soutien ou de critique en vue d’une alternance parlementaire « classique » : la porte des ruptures est alors ouverte.

Que conclure de ce tour d’horizon ? Que le principal risque externe qui pèse sur Hollande président, ce n’est pas l’UMP (qui va d’ailleurs s’entredéchirer pour la succession de Sarkozy) mais l’état de désespérance de la France et des Français à l’égard du politique.

À cet égard, la gestion de la crise de la dette publique française, qui ne manquera pas de se déclencher lors du quinquennat Hollande (voir τραγῳδία… tragôidía… tragédie) va constituer un « stress test » particulièrement révélateur.

Les Français, tous âges, toutes catégories sociales et tous niveaux d’étude confondus, sont déjà majoritairement convaincus que la démocratie ne fonctionne plus, que les véritables maîtres du jeu - pas toujours clairement identifiés d’ailleurs - sont les « intérêts financiers ».

Toute décision qui conforterait cette opinion mettra donc le feu à la paille - ou à la poudre. L’alternance « classique » au pouvoir, de type UMP, n’étant absolument plus perçue comme une alternative crédible, c’est dans la rue que s’exprimera la révolte… pour le plus grand bonheur de l’extrême-droite, parfaitement « positionnée » pour tirer les marrons du feu.


Lundi
© 2012 La Lettre du Lundi

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Published by Eva R-sistons - dans Le Futur
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commentaires

Michel J. Cuny 17/04/2013 18:19


Bonjour,


Promotion Voltaire de l’ENA, certes…


Mais Voltaire lui-même, qui était-il ?


Je vous invite à partager ma surprise, en consultant, si vous le voulez bien :


http://voltairecriminel.canalblog.com


Très cordialement,


Michel J. Cuny

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