Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 15:17
Laurent Pinsolle, proche de Nicolas Dupont-Aignan, évoque le risque de krach immobilierLaurent Pinsolle, proche de Nicolas Dupont-Aignan, évoque le risque de krach immobilier (©dr)

 
 

De l’article 50, de l’Europe et de l’UPR

Posted: 31 Mar 2013 10:55 PM PDT

 

Mon papier de mercredi a déclenché une nouvelle polémique avec les partisans de François Asselineau. Même si elles n’ont un intérêt que très limité, les échanges ont permis de clarifier les différences entre les deux mouvements, comme l’illustre la réponse d’un responsable de l’UPR.
Du Général de Gaulle et des traités
Vous évoquez le Général, mais il faut rappeler qu’il était resté dans la CEE, en imposant le compromis de Luxembourg, et que cela ne lui avait nullement empêché de jouer la carte de la France à l’échelle de la planète entière. En cela, sa politique me semble bien plus proche de cellle que je défends que de la vôtre. Mieux encore, comme me l’ont rapporté des commentateurs du blog, plusieurs déclarations du Général de Gaulle indiquent qu’il ne tenait les traités que pour ce qu’ils étaient.
Dans « C’était de Gaulle », au sujet de la sortie de la CEE, il soutient : « C’est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un traité n’a rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit ‘je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp !’ Ce sont des histoire de juristes et de diplomates, tout ça ». On ne l’imagine guère rester enchaîner deux ans à un traité qui nous « couillonnerait »…
Dans « La tragédie du Général » de JR Tournoux, publié en 1967, au paragraphe intitulé « Le fétichisme du droit », les propos suivants sont attribués à De Gaulle : « Je ne veux pas laisser la France mourir par respect pour le juridisme.

Ne faites pas du juridisme. Quand on veut en sortir, on en sort, même si les textes ne l'ont pas prévu.

Qu'on laisse éclater un conflit entre le juridisme et le bons sens, entre les hommes de loi et le bon sens, alors toujours le bon sens est roulé, à moins que les pouvoirs publics n'interviennent à temps pour donner un coup de main.

Trois choses comptent en matière constitutionnelle. Premièrement, l'intérêt supérieur du Pays, ce que les Romains appelaient Salus patria. Cela prime tout, et de cela, je suis seul juge. Deuxièmement, loin derrière, il y a les circonstances politiques, les convenances, les tactiques. Il faut en tenir compte. Sinon, on n'aboutit à rien. Troisièmement, beaucoup plus loin derrière, il y a le juridisme.

Alors vous comprenez, le juridisme, oui, certes, il faut y faire attention. Mais, c'est secondaire, même tertiaire.

Je n'ai jamais rien fait dans ma vie que parce que j'ai fait passer d'abord le salut de la Patrie, et que je ne me suis pas empêtré dans le juridisme, et cela dans plusieurs circonstances que vous savez ».
Clémenceau disait que « la guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires », vision à laquelle le Général de Gaulle adhérait dans les années 1930, quand des débats eurent lieu sur la conduite de la guerre. On pourrait dire la même chose sur les traités, qui sont des choses trop importantes pour être confiés à la seule évaluation des juristes. Comme le soutient le Général de Gaulle, l’intérêt supérieur du pays prime. Et à partir du moment où un dirigeant dispose d’un mandat pour mener une politique contraire aux traités européens, il n’y a aucune raison valable, à mon sens, pour ne pas la mener, surtout quand les politiques imposées par ces traités sont une calamité pour le pays.
Le fétichisme juridique de l’article 50

Bien sûr, vous évoquez l’interview du Monde d’avril 2012. Mais NDA n’a jamais dit que l’article 50 était la seule et unique voie pour sortir de l’UE, contrairement à vous (et c’est bien le point qui fait débat entre nous). Il parle de quitter l’UE, dans sa forme actuelle (ce qui sous-entend qu’il est favorable à une autre UE, radicalement différente). Ces propos ne me posent aucun problème. NDA et Nigel Farage ne disent pas du tout la même chose que vous. Vous dites que le SEUL et UNIQUE moyen de sortir de l’UE (et de l’euro) est l’article 50 et qu’il faut respecter à la lettre les traités. Ce n’est pas du tout ce qu’ils ont dit et c’est bien ce sur quoi je ne suis pas d’accord avec vous.

Je pense qu’il faut sortir de l’ordre juridique européen de la manière la plus rapide possible. Bien sûr, il existe une possibilité que nos partenaires européens nous accordent moins de 2 ans de procédure. Mais cette hypothèse est tout sauf certaine. Et que fait-on dans le cas contraire ? On ne peut pas raisonner uniquement dans un cas idéal. Il faut aussi penser à ce qui se passerait autrement. Et autrement, c’est deux ans de prison supplémentaire. C’est un risque délirant. Et ce risque est important car vous oubliez que de nombreux pays auraient intérêt à nous bloquer (avec le soutien de toute la technostructure européenne) : tous ceux qui sont des bénéficiaires nets des fonds européens (Europe de l’Est notamment), les différents parasites fiscaux qui profitent des autres pays dans l’UE actuelle (Luxembourg, Chypre, Malte, Grande-Bretagne, Irlande…etc) ou les petits pays qui voient l’Europe comme un moyen d’échapper à l’influence des grands. Comment voulez-vous trouver une majorité qualifiée pour nous donner moins de deux ans ? Le scénario le plus probable est qu’il n’y ait pas d’accord pour nous accorder un billet de sortie avant deux ans.
Alors, vous dites que violer un traité ne serait pas moral. Encore du fétichisme juridique ! Comme si les traités internationaux étaient des tables de la loi qui étaient toujours respectées, partout, tout le temps et en toutes circonstances... Pourtant, ces deux derniers mois, a été mis en place un contrôle très strict des mouvements de capitaux à Chypre, et la BCE a monétisé 30 Mds de la dette publique irlandaise. Ce sont deux violations caractérisées et majeures des traités européens. Et la terre ne s’est pas arrêtée de tourner. Et ce ne sont pas des cas isolés. Les critères de Maastricht n’avaient pas été respectés pour décider des pays qui ont fait l’euro. Le pacte de stabilité non plus. Il y a tout de même un sacré paradoxe à ce que vous souhaitiez respecter de manière plus stricte encore que ne le font les eurocrates des traités que vous ne cessez de dénoncer. Bref, vous sombrez dans un fétichisme juridique totalement abstrait et déconnecté de la réalité. Pour paraphraser le Général, si nous sommes couillonnés, il faut foutre le camp, immédiatement.
Car imaginons deux secondes ce qui se passerait si un président qui souhaitait sortir de l’Union Européenne uniquement par l’article 50 et en respectant strictrement les traités européens. Prenons le cas (probable, et qu’il serait bien léger de balayer de la main) où nos partenaires ne nous donneraient pas de billet de sortie avant deux ans. Comment imaginer un président élu sur un programme qui soutiendrait qu’il faudrait attendre deux ans après son élection pour sortir de la monnaie unique, reprendre le contrôle de la banque centrale, faire du protectionnisme, mettre en place un contrôle des capitaux ? Comment la population réagirait à une telle inaction (car pas grand chose ne pourrait être fait) ? Ne risquerait-il pas d’être renversé ? Le climat politique serait non seulement lunaire pas aussi potentiellement extrêmement instable. Je ne comprends pas que vous ne parveniez pas à le comprendre. Ou plutôt, j’ai l’impression, que pris dans vos contradictions, vous refusez de reconnaître que vous avez tort, un peu comme les partisans de la monnaie unique aujourd’hui…
Du coup, je souhaite vous poser une question : si nos partenaires refusent de nous faciliter la tâche, continuez-vous à appliquer l’intégralité du droit européen pendant deux ans, pour n’en sortir que deux ans après le lancement de la procédure, comme certains UPR m’ont répliqué ?
Quelle Europe pour l’avenir ?
Vous répétez à satiété que nous ne serions pas clairs sur l’Europe. Mais cette manœuvre dilatoire est ridicule : nous avions présenté un projet très clair aux Français aux élections européennes de 2009, qui a servi d’épine dorsale au projet européen présenté lors des présidentielles, et que nous pourrions presque reprendre intégralement aujourd’hui. Le flou que vous dites voir n’existe que dans votre esprit, à moins qu’il s’agisse juste d’une simple tactique... Dire que l’on entend « tout et son contraire chez nos militants » est ridicule et malhonnête : comme s’il y avait des fédéralistes !
Si je devais résumer ma position sur l’Europe (outre le point de l’article 50 et de la procédure de sortie de l’ordre juridique européen, traité plus haut), qui n’a pas varié depuis que j’ai rejoint le mouvement, ce serait :
1- il faut complètement sortir de l’ordre juridique européen, tant sur le fond (politiques néolibérales) que sur l’organisation institutionnelle (pouvoir aux technocrates, non respect de la souveraineté nationale)
2- notre objectif est de remplacer la construction actuelle par une nouvelle architecture institutionnelle (le projet présenté en 2009 pourrait presque être repris en l’état) plutôt que de juste sortir de l’UE, comme vous
3- néanmoins, si l’UE venait à se révéler inréformable, alors je pense qu’il vaut mieux sortir de cette prison complètement plutôt que d’y rester
Je n’ai jamais dévié de cette ligne.
Dire que nous souhaitons construire une nouvelle prison est totalement malhonnête, comme le montre le projet que nous avions présenté en 2009 lors des élections européennes. Nous voulons construire un espace ouvert où les nations restent pleinement souveraines et sont totalement libres de faire ce qu’elles veulent, à la carte, sans jamais que quoique ce soit leur soit imposé. Je ne vois pas d’où vous pouvez déduire de ce que j’ai écrit que je souhaite construire une prison. Le projet que nous avions présenté en 2009, celui de 2012 ou tous mes écrits disent le contraire. Encore une fois, vous nous faites un mauvais procès, une interprétation totalement déformée de nos propos.
Je ne pense pas qu’une construction européenne alternative soit indispensable au 21ème siècle, puisque je pense qu’il est préférable de ne pas en faire partie si elle n’est pas radicalement différente de l’actuelle. Mais en revanche, l’Europe peut être utile (politique industrielle, environnement, stabilité économique). Et je persiste à penser que la coopération avec nos voisins européens, si elle n’exclut nullement d’autres coopérations, est plus facile et plus naturelle qu’avec la plupart des autres pays.
Deux visions différentes
En résumé, oui, il y a des différences entre nos mouvements, même si nous partageons la même volonté de sortir intégralement de l’ordre juridique européen tel qu’il est aujourd’hui. Trois émergent à mon sens :
-        la vision du rôle des Etats-Unis dans la construction européenne
-        le moyen de sortir de l’ordre juridique de l’UE : par l’article 50 ou unilatéralement
-        l’avenir de l’Europe : nous voulons réformer radicalement l’UE (pour en faire une Europe des Etats pleinement souverains, une Europe des coopérations à la carte, sans la moindre technostructure centrale) alors que vous ne voulez rien construire à la place de l’UE
Ces différences ne sont pas nouvelles. Elles sont fondatrices à nos mouvements. Et on pourrait même en débattre si vous ne polluiez pas le débat par des insinuations mensongères et des procès d’intention totalement ridicules.
Des accusations mesquines et ridicules 
Car ce que vous appelez des anecdotes, ce sont ces attaques malhonnêtes et ridicules à l’encontre de notre parti ou de Nicolas Dupont-Aignan, qui m’ont poussé à écrire, comme quand en 2010 vous évoquiez des liens avec l’UMP alors que la campagne des parrainages indiquait le contraire. Vous dites que je m’y focalise longuement, mais cela est faux puisque je consacre plus de la moitié de mon papier aux différences de fond qu’il existe entre nous, que ce soit sur la vision de l’Europe ou l’article 50. La copropriété et le syndic, outre le fait d’être des images évidentes pour qualifier la construction européenne, ont sans doute été utilisés par des dizaines d’hommes politiques et d’intellectuels, bien avant François Asselineau. Suggérer un plagiat est aussi mesquin que ridicule.
Quant à l’analyse de l’impasse de la construction unifiée de l’Europe, ce n’est pas nouveau. J’en parle très fréquemment sur mon blog ou lors de débats, car c’est un sujet qui a été à la source de ma construction idéologique, lors du débat sur le traité de Maastricht il y a plus de 20 ans.
Sur le thème de la profession de foi, encore une polémique ridicule, je vous signale qu’elle évoquait le fait de « reprendre sa liberté monétaire », ce qui est assez clair. Ensuite, que voulez-vous dire ? De deux choses l’une, soit vous nous faites un procès en duplicité (cela serait le signe que nous ne souhaitons pas vraiment le faire, ce qui semblait être la ligne de l’UPR dans son papier du printemps 2012) et là, cela est ridicule puisque TOUTES les interventions de NDA postérieures confirment que notre ligne est bien de revenir à une monnaie nationale. Si j’ai pris l’exemple de la vidéo que j’ai tournée, c’est parce qu’elle est la première d’une série de vidéos que tournent les membres du Bureau National. Donc que cette première vidéo soit consacrée au démontage de la monnaie unique montre au contraire que c’est un sujet qui est important pour nous. Votre procès de Moscou n’a pas de sens.
Ou alors, vous nous donnez une leçon de communication politique (quand vous évoquez les radars), et là je vous dirai que nous nous présentons aux élections, donc il est un peu fort de café que des personnes qui ne se savent pas ce que c’est nous donnent des leçons.
Des partis et des clubs de réflexion
Bien sûr, vous trouvez mon rappel sur les différences entre l’UPR et DLR peu chaleureux, mais c’est juste la verité. Aussi dynamique que soit l’UPR sur Internet (et encore sur Internet, tous les doutes sont permis), tant que vous ne vous présenterez par aux élections, vous ne serez pas un vrai parti politique. Près de 40 formations politiques ont présenté plus de 40 candidats aux législatives et plus d’une centaine au moins un candidat. Vous, aucun.
Il y a des centaines de mouvements de toutes sortes qui rassemblent des milliers de personnes sans que les médias s’y intéressent. Quand NDA a échoué de peu à se présenter en 2007 (ce qui était bien la preuve que nous n’avions aucune aide de l’UMP à l’époque), nous avons présenté 60 candidats, sans la moindre aide de l’UMP. Nous avons fait campagne aux européennes en finançant nous même la campagne, première campagne nationale de DLR. Puis, en 2012, NDA a été candidat avec 750 parrainages, 300 candidats aux législatives. Notre contribution publique, nous l’avons gagné, par l’investissement humaine et financier remarquable des militants du mouvement.
Vous n’avez rien parce que vous n’êtes pas allés aux législatives. Vous n’avez rien accompli de concret électoralement à date. Nous, en revanche, avons réussi à créer un nouveau parti, totalement indépendant, qui s’installe dans le paysage politique français. Vos résultats sont virtuels (et donc soumis à caution), les nôtres sont concrets avec les 700 000 voix de la présidentielle. Vous vous dites « mouvement de libération nationale » mais pour libérer la France, il faut se présenter aux élections, ce que vous avez refusé de faire lors des élections législatives de 2012. On ne libère pas la France depuis Facebook.
Enfin, l’UPR n’est pas plus le fruit de citoyens que DLR, car ce sont les nombreux citoyens militants du mouvement bénévoles qui, sous la direction de Nicolas Dupont-Aignan, ont permis à notre parti de grandir et de se faire une place dans le paysage politique. Et si NDA était député-maire, François Asselineau était conseiller municipal de Paris UMP avant de fonder votre mouvement, ancien collaborateur de Charles Pasqua, pas vraiment un novice.
Votre entrée sur la scène politique aura véritablement lieu quand vous vous présenterez aux élections. Rendez-vous en 2014. Et cela me tarde.
J’en profite pour remercier ceux qui ont défendu nos positions : notamment Tythan, qui a publié une longue réponse à Eddy Roos sur son blog, mais aussi André-Jacques Holbecq ou Paul R, et tous les autres.

Partager cet article

Published by Eva R-sistons - dans Regard sur ...
commenter cet article

commentaires

Marc 06/04/2013 03:45


La polémique pour la polémique n'apporte rien, c'est une perte de temps et d'énergie que ce monsieur aurait mieux fait de consacrer à des choses plus constructives. Ne trouvez-vous pas ? Ce n'est
pas avec des articles comme cela que l'on va sauver la France.

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche