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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 01:01
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Lundi 23 avril 2012

 

Quelles sont les motivations des électeurs FN en 2012 ?

 

Après ce premier tour de l’élection présidentielle, nous sommes entrés dans une période de vérité pour la vie politique française (et européenne, car les deux sont liées). Au cours des deux semaines de l’entre-deux-tours, les points sensibles - qui n’avaient été qu’effleurés - vont être abordés sur le fond par les deux candidats, Hollande et Sarkozy, arrivés en tête du 1er tour. (..)

 

Refonder la République

 

Extraits de l’article du Monde « Vote FN : le message de la "France des invisibles" » (Françoise Fressoz, 23 avril)


Ces derniers mois, deux sociologues, Philippe Guibert et François Miquet-Marty, un géographe, Christophe Guilluy, et un ancien professeur de sémiologie, Alain Mergier, avaient tiré la sonnette d'alarme. Le Monde s'en était fait l'écho le 7 décembre 2011. Ils disaient tous que la société française se fissure, qu'une partie a le sentiment de vivre un véritable abandon démocratique, parce que ses peurs et sa colère ne sont pas relayées.

 

Géographiquement, cette France périphérique se situe dans le monde rural et périurbain ainsi que dans les très nombreuses villes moyennes touchées par la désindustrialisation et les plans sociaux à répétition. Elle se caractérise, comme l'explique Christophe Guilluy, par "une part plus importante d'ouvriers et d'employés, un taux de chômage et d'emploi partiel supérieur à la moyenne nationale et un revenu moyen inférieur au revenu médian".

 

Electoralement, elle pèse lourd : près de 40 %, qui affirment ne se reconnaître ni dans la droite ni dans la gauche. Selon ces chercheurs, il y avait, pour ces "invisibles", deux possibilités : soit l'abstention massive, soit le vote FN. Car les auteurs avaient tous noté le pouvoir d'attraction de Marine Le Pen dans cet électorat, tous avaient constaté que le vote FN n'était plus seulement un vote de sanction ou d'avertissement, mais de plus en plus un vote d'adhésion, fondé sur la combinaison de deux éléments, la question sociale et la question identitaire. Cette combinaison laissait peu de chances à d'autres candidats, comme Jean-Luc Mélenchon, qui cherchaient eux aussi à capter la colère sociale.

 

Une étude Ipsos sur la sociologie des électorats, réalisée du 19 au 21 avril, confirme le pouvoir d'attraction de Marine Le Pen sur les 25-44 ans, qui sont le cœur de la population active. La candidate du Front national réalise son meilleur score (29 %) chez les ouvriers, où elle devance légèrement François Hollande (28 %) et largement Nicolas Sarkozy (18 %).

Géographiquement, c'est dans la France rurale et l'agglomération de Paris qu'elle est la plus forte.

 

Lorsqu'on interroge ceux qui ont voulu voter pour elle, ils répondent à 67 % "qu'elle répond à leurs préoccupations" et à 55 % "qu'elle représente le changement". Ceux qui ont voté pour elle l'ont d'abord fait par "soutien à un candidat" (64%) plutôt que "par opposition" à un autre candidat (36 %). Et parmi les thèmes qui comptent le plus pour eux figurent l'immigration (62 %), l'insécurité (44 %) et le pouvoir d'achat (43 %).

 

Le 22 avril 2012 signe l'échec de Nicolas Sarkozy, son incapacité à rééditer l'OPA sur l'électorat lepéniste qu'il avait réussie cinq ans plus tôt. Le président sortant a tout fait pour le reconquérir, allant très loin sur les thèmes de la sécurité et de l'immigration, mais rien n'y fait : la déception suscitée par ses promesses non tenues sur le pouvoir d'achat apparaît rédhibitoire. "Il y a comme un sentiment de trahison", constatait, il y a quelques mois, Alain Mergier.

 

Nicolas Sarkozy joue son va-tout en pariant sur l'électorat FN (Le Monde, 23 avril)

Le camp Hollande ne veut pas "laisser à Sarkozy les électeurs de Le Pen"  (Le Monde, 23 avril)


Le vote Marine Le Pen n'est ni un vote de protestation, ni un vote de désespoir (Journal des résistants, Christine Tasin, 23 avril)

 

 

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Published by Eva R-sistons - dans Regard sur ...
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commentaires

Aurel 26/04/2012 06:08


S'il est dur
d'évaluer l'électorat du Fn qui pourrait être à 10% si des abstentionnistes votaient un peu plus, il n'en reste pas moins qu'il y a bien plus de gens qu'on ne le pense y compris à gauche qui
pensent que le Fn est républicain. Non
c'est le parti de la haine, de la xénophobie, du racisme, de l'antisémitisme, qui a toujours été d'extrême droite et continue dans cette logique. C'est seulement l'emballage et de nouvelles
personnalités comme Paul-Marie Couteaux ou Gilbert Collard qui changent pas le fonds du programme ça serait naïf de penser à l'inverse. L'infime minorité de gens qui vote Fn par rejet mérite
évidemment mieux que ça par exemple de voter Front de gauche, EELV ou PS.

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