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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 20:23

 

Quelques faits révélateurs à propos de la guerre au Mali


L’intervention au Mali a prétendument lieu dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Mais il y a plus. Les rebelles ont été entraînés par les États-Unis et le sous-sol malien, de toute évidence, contient autre chose que du sable et du sel. À l’arrière-plan, la Chine apparaît également dans le collimateur.

 

 

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Le sous-sol

 

Officiellement, l’intervention française au Mali visait à arrêter la progression des terroristes djihadistes et n’avait rien à voir avec les matières premières du pays. Mais savez-vous que,dans le sous-sol, on trouve de très nombreux minéraux, entre autres du calcaire, de la kaolinite, du cuivre, des phosphates, de la bauxite et de l’or. Ensuite, il s’avère qu’il y a aussi du pétrole, du gaz naturel et de l’uranium. 

 

La France produit 76 % de son électricité au moyen de centrales nucléaires, donc à partir de l’uranium. Savez-vous qu’au moins 30 % de cet uranium est importé du Niger, un pays voisin du Mali ?

 

Entraînés par les États-Unis

 

L’intervention française visait l’alliance des rebelles djihadistes et touareg. Mais saviez-vous qu’une partie de ces Touareg sont des militaires déserteurs de l’armée régulière malienne, qui ont été entraînés par les États-Unis ? Les soldats français qui se battent contre des rebelles drillés par les États-Unis ? Bienvenue en Absurdistan !

 

Mais ces Touareg ne sont pas les seuls à avoir été entraînés par le Pentagone. En mars 2012, un coup d’État a eu lieu, au Mali. Le responsable du coup d’État a été formé aux États-Unis. Dans les deux pays voisins du Mali, la Mauritanie et le Niger, la même chose s’est produite ces huit dernières années. Au Tchad, un autre pays du Sahel, des militaires également formés par les États-Unis ont vu leur tentative de coup d’État avortée. La France y a pris l’armée sous sa protection. Bienvenue encore une fois. 

 

Un étrange concours de circonstances

 

Après le coup d’État au Mali, l’an dernier, trois événements se sont produits : 1. Le pays a été complètement mis à sec, ce qui l’a totalement affaibli. 2. Les rebelles dans le Nord ont été armés et financés à partir de l’étranger et on ne leur a en aucun cas mis des bâtons dans les roues. 3. Les Français ont stationné des troupes en stand-by afin d’intervenir militairement. Étrange combinaison, n’est-il pas ?

 

1. Les membres de la Communauté économique des États de l’Afrique occidentale (ECOWAS), qui est contrôlée par la France et par les États-Unis, ont fermé leurs frontièresavec le Mali, qui n’a pas d’accès à la mer. La Banque mondiale et la Banque africaine de développement ont suspendu leur aide. De leur côté, les États-Unis ont réduit de moitié leur soutien financier au pays. C’est ainsi que le pays est devenu une proie facile pour les rebelles. 

 

2. Et les rebelles ont donc eu de nouveau le vent en poupe. Les rebelles islamistes ont pu compter sur le soutien financier du Qatar. L’année précédente, cet État du Golfe avait déjà accordé un très gros soutien financier et militaire aux rebelles islamistes qui se battaientcontre Kadhafi et il fait aujourd’hui de même en Syrie.

 

Les rebelles islamistes ont également pu compter sur un important soutien militaire de la part de leurs homologues en Libye. Dans ce dernier pays, il n’y a pour ainsi dire pas d’autorité centrale et les islamistes peuvent faire ce qu’ils veulent. Ainsi, actuellement, ce sont eux qui contrôlent les check-points dans les villes de Benghazi et de Derna. C’est ainsi que les preneurs d’otages de l’entreprise algérienne de gaz naturel ont également pu compter sur un soutien logistique en provenance de la Libye. Le ministre tunisien des Affaires étrangères décrit la Libye comme un « lieu de refuge pour les sections nord-africaines d’Al-Qaeda ».

 

Mais les choses vont bien plus loin que le soutien en provenance de la Libye. Les rebelles islamistes du Mali ont conclu une nouvelle alliance avec le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG – Groupe de combat islamiste libyen). C’est ce groupe qui, avec le soutien de commandos spécialisés de France et de Grande-Bretagne et d’unités d’élite de Jordanie et du Qatar, a chassé Kadhafi du pouvoir en 2011. 

 

Soit dit en passant, Belhadj est le chef du LIFG et il serait (prétend-on) un ancien dirigeant d’Al-Qaeda. Savez-vous qu’il a été impliqué dans les attentats à la bombe de Madrid, en 2004, mais que, malgré cela, juste avant la rébellion en Libye, lui et sa milice ont encorereçu des entraînements des unités spéciales des États-Unis ? Saviez-vous aussi qu’après la chute de Kadhafi, l’homme est devenu gouverneur militaire de Tripoli et a envoyé des centaines de djihadistes libyens en Syrie afin de combattre contre Assad ? 

 

Les rebelles djihadistes du Mali avaient conclu une alliance temporaire avec les Touareg. Un grand nombre de ces rebelles touareg avaient travaillé au service de Kadhafi. Pendant et après l’insurrection libyenne, il se sont rendus, lourdement armés, dans le Nord du Mali. Le gouvernement du Mali soupçonnait la France et l’Otan d’avoir conclu un marché avec les Touareg : s’ils renonçaient à soutenir Kadhafi, ils pourraient en échange s’occuper de leur propre cause dans le Nord du Mali. Quoi qu’il en soit, quand, début février 2012, les Touareg ont gagné beaucoup de terrain dans le Nord du pays, Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, a exigé un cessez-le-feu immédiat et un « traitement approfondi de la question targuie ».

 

3. Depuis avril 2012, les rebelles djihadistes et touareg avaient conquis le contrôlé du Nord du Mali. Les États-Unis et la France n’y étaient absolument pas préparés. Dans l’attente d’une intervention par des troupes africaines, les deux pays ont entretenu des unités spéciales sur place. Pour la France, il s’agissait de deux régiments, d’hélicoptères, de chasseurs à réaction et d’avions de transport militaires. Ce sont ces deux régiments qui, en quelques heures, ont lancé une contre-offensive.

 

La Chine

 

On sait que, ces dix dernières années, la Chine a considérablement renforcé sa présence en Afrique et que ceci n’est pas sans provoquer une grande nervosité. Peuvent en témoigner les propos de Pierre Moscovi, le ministre français des Finances : « Il est évident que la Chine est de plus en plus présente en Afrique. Les entreprises françaises qui le peuvent doivent passer à l’offensive. Elles doivent être présentes sur le terrain. Elles doivent se battre. »

 

Puisque les moyens économiques font défaut, ne faut-il pas jouer la carte militaire, dans ce cas ? En novembre 2006, la Chine organisait un sommet exceptionnel sur la collaboration économique et auquel au moins 45 chefs d’État africains étaient présents. Saviez-vous qu’un mois plus tard, précisément, Bush approuvait la création d’Africom ? Africom est le haut commandement militaire des États-Unis pour le continent africain (avec avions, navires, troupes, etc.) ? Nous l’avons vu à l’œuvre pour la première fois en Libye et, aujourd’hui, au Mali. 

 

Saviez-vous que les États-Unis ont des bases ou installations militaires permanentes dans dix pays d’Afrique au moins ? La France, elle, a six bases militaires sur le continent. Saviez-vous aussi que l’armée américaine organise régulièrement des exercices militaires avec au moins 17 pays africains et qu’elle forme en outre des militaires dans 34 des 54 pays africains ?

 

Amel Boubekeur, chercheuse au prestigieux Brookings Institute, affirme qu’avec son intervention au Mali, le président français entend résoudre la situation urgente sur place, restaurer l’équilibre régional et « contrer l’influence croissante d’autres acteurs dans la région, comme la Chine ».

 

Le Financial Times tire une conclusion similaire à propos des États-Unis : « La militarisation de la politique américaine après le 11 septembre est controversée depuis longtemps parce que, dans la région, elle est considérée comme une tentative des États-Unis de renforcer leur contrôle des matières premières et de contrer le rôle commercial sans cesse croissant de la Chine. » 

 

Citation de la semaine :


« Tirons les leçons de la décennie de guerres perdues en Afghanistan, en Irak et en Libye. Ces guerres n’ont nulle part mis en place un État fort et démocratique. Au lieu de cela, elles favorisent le séparatisme, les États voyous et la loi de fer des milices armées.

Nulle part, ces guerres n’ont été en mesure de venir à bout des terroristes qui essaiment dans la région. Au lieu de cela, elles légitiment les plus radicaux d’entre eux.

Jamais ces guerres n’ont apporté la paix dans la région. Au contraire, avec l’intervention occidentale, chacun peut se soustraire à ses responsabilités. Plus grave encore, ces guerres provoquent une réaction en chaîne. Chaque intervention crée les conditions de la suivante. Elles sont une composante d’une seule et même guerre qui s’étend de l’Irak à la Libye et la Syrie, de la Libye au Mali, et qui inonde le Sahara d’armes de contrebande. Nous devons y mettre un terme.

Au Mali, aucune condition n’est présente en vue d’un succès. »

 

Dominique de Villepin, ancien ministre français de l’Intérieur et des Affaires étrangères.



Sources :

« The interests behind France's intervention in Mali  » (Les intérêts derrière l’intervention française au Mali)

 

F. William Engdahl, « The War in Mali and AFRICOM’s Agenda : Target China » (La guerre au Mali et l’agenda d’AFRICOM/ Cibler la Chine)

 

Adam Elliott-Cooper, « Blood for Uranium : France’s Mali intervention has little to do with terrorism » (Du sang pour l’uranium : L’intervention française au Mali n’a pas grand-chose à voir avec le terrorisme)

 

Yun Sun, « How China Views France’s Intervention in Mali : An Analysis » (Comment la Chine voit l’intervention française au Mali : Une analyse)

 

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig’Action.

Source : dewereldmorgen.be

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