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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 23:24

Enfin oui mais pas vraiment à la manière de ces deux-là :

 

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A ce propos, l' Appel à l'exclusion de DSK du Parti Socialiste connaît un vif succès.

Si vous ne l'avez pas encore signé, il n'est pas trop tard pour bien faire.

Vous ne l'avez pas fait car vous n'êtes pas encartés au PS ? Et alors ? Ce n'est pas un argument. Il vous suffit d'être socialiste ou simplement "de gauche" pour être un tant soit peu concerné par ce qui se passe dans un parti qui s'en réclame encore...

 

Tous Tunisiens d'accord, mais pas non plus à la manière

de ces deux-ci :

 

 

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Médias et justice aux ordres, kleptocratie, oligarchie, népotisme :

Ben Ali et Sarkozy avaient, toutes proportions gardées, spécificités et héritages nationaux mis à part, beaucoup de choses en commun. 

 

Petite remise en perspective, et tous nos voeux de contagion, dans le monde arabe et ailleurs :

Un jeune homme s’immole en Tunisie et le peuple tout entier est prêt à s’embraser comme une poudrière. Des milliers de manifestants descendent dans les rues pour crier leur refus de supporter encore un pouvoir despotique et corrompu qui affame le peuple. Le chômage est massif, la corruption tentaculaire ; un clan mafieux, au pouvoir depuis 23 ans, pille le pays. Il contrôle toutes les sphères de l’économie et de la politique. L’opposition de tout bord est muselée, réduite au silence, les prisons remplies de syndicalistes et de démocrates.
Malgré une centaine de Tunisiens tués par balles en l’espace de cinq semaines, la société civile continue à s’organiser et à faire pression. Étudiants et universitaires, avocats, militants syndicaux : toute l’opposition, unifiée dans un même refus du système Ben Ali, bat le pavé et formule des revendications économiques et politiques révolutionnaires qui ne se limitent pas au seul départ du tyran.

 Le rôle joué par les États-Unis

Alors que le monde s’attendait à voir des semaines d’affrontement sanglant sans conséquence politique majeure entre la rue et la police comme en juin 2009 en Iran, Ben Ali s’est enfui précipitamment. Stupeur générale ! Plus tard, on apprendra que l’armée a refusé de tirer sur les manifestants et que le chef de l’état-major a lui-même obtenu le départ de Ben Ali et de sa famille, pour calmer la rue. On sait également, grâce à WikiLeaks, que l’ambassadeur des États-Unis avait averti le chef de la diplomatie de l’imminence d’une explosion sociale, tant la haine contre la famille mafieuse de Ben Ali était grande. Il avait suggéré aux autorités des États-Unis qu’il fallait compter avec l’armée tunisienne encore populaire pour accompagner un changement politique en Tunisie. Des négociations entre les États-Unis et l’ancien ministre de la Défense auraient ainsi pu accélérer le départ de Ben Ali et sa famille, pratiquement poussé dans l’avion sans même une destination précise. L’intérêt porté par les États-Unis à ce pays de 12 millions d’habitants sans ressources pétrolières peut s’expliquer par plusieurs observations politiques et économiques. Le départ de Ben Ali affaiblirait considérablement la domination des Français, soutiens de longue date du dictateur, dans ce pays comme dans toute l’Afrique du Nord. La mise en place d’un régime politique normalisé aux allures démocratiques serait un gage de stabilité politique pour des investissements économiques des États-Unis à plus grande échelle. En effet la mise en coupe réglée de toutes les sphères de l’économie tunisienne par le clan Ben Ali couplée à une corruption caractérisée, constituaient autant d’obstacles à la pénétration de capitaux États-Uniens dans ce pays. La proximité avec le Sahara occidental et ses immenses ressources minières, est une perspective intéressante pour les États-Unis qui ne négligent certainement pas non plus, les aspects géopolitiques comme les 1 300 km de côtes sur la mer Méditerranée et les 460 km de frontières avec le voisin libyen du sud-est.

 L’hypocrisie d’une grande partie de la classe politique française

Pendant ce temps le gouvernement français sûr de la stabilité de la dictature de Ben Ali restait sourd aux dénonciations de l’intelligentsia tunisienne souvent réfugiée sur son territoire. Sa classe politique, pour l’essentiel, n’a pas voulu voir que la société tunisienne écrasée dans l’étau d’une économie malade de corruption et une répression politique accablante, glissait lentement mais sûrement vers une situation révolutionnaire.

Les gouvernements français, de droite comme de gauche (rappelons que le RCD, le parti de Ben Ali était membre de l’Internationale socialiste jusqu’au 18 janvier 2011, date de son exclusion à la demande du Parti socialiste français) ont toujours soutenu ce régime autocratique et mafieux sous prétexte qu’il serait laïc. Bien que tyrannique, il aurait ainsi le mérite d’être un rempart contre l’Islamisme ! N’ont-ils jamais compris que c’est justement ce type de régimes qui constituent le meilleur des terreaux pour les islamismes radicaux, comme dans l’Iran du Shah, comme en Algérie en 1991. Deux jours avant la fuite de Ben Ali, Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, ne voyait encore dans le soulèvement populaire tunisien qu’une situation sécuritaire et proposait à Ben Ali l’aide de la police française pour le réprimer.

 L’activité néfaste de Strauss-Kahn et du FMI

Les œillères idéologiques des institutions internationales ont aussi influencé le soutien de nos gouvernants au régime tunisien. Ainsi, dans un rapport de 2008, le Fonds monétaire international présidé par Strauss-Kahn, affichait le mépris de cette institution pour les exigences humaines et démocratiques des tunisiens : « La bonne gestion de l’économie et la politique sociale continuent de porter leurs fruits, notamment à travers une accélération de la croissance, une amélioration des indicateurs sociaux et la préservation des grands équilibres macroéconomiques. »

Certes, la Tunisie en comparaison des autres pays d’Afrique a réalisé une croissance économique non négligeable entre 3% et 5% ces dernières années. Mais le produit de cette croissance, englouti par la corruption de la classe politique, n’a pas été redistribué dans la société. La protection sociale et les autres services de l’État restaient tout à fait insuffisants pour répondre aux besoins sociaux. L’autre fait marquant est la démocratisation de l’accès à l’université, qui en en soit un bon indicateur, mais qui n’a pas été suivi de créations d’emplois suffisantes pour les jeunes diplômés. Les chiffres officiels indiquent un taux de chômage à 13%, dont 45% de jeunes, parmi lesquels 20% de diplômés.

Il est certain que l’expansion d’une classe moyenne moderne et éduquée constituant 80% de la population tunisienne, a engendré des exigences démocratiques exprimées par une société active souvent marquée par la présence des personnalités féminines de grande qualité. Les seules réponses du régime de Ben Ali à ces revendications modérées, étaient la répression et l’exil de ses porte-parole.

Mais quels sont alors ces indicateurs sociaux dont le FMI nous vante tant les mérites ?

Du reste, le FMI préconise à l’État tunisien ses recettes habituelles qui aboutissent invariablement à l’affaiblissement de la structure sociale et au chômage de masse. Toujours les mêmes obsessions : libéraliser les mouvements de capitaux, réduire toujours plus les barrières douanières, diminuer encore les investissements déjà faibles dans les services publics et privatiser encore plus cet État qui est déjà totalement au service de la famille régnante : « En matière de réformes structurelles, l’institution suggère une libéralisation du commerce extérieur plus offensive, notamment par la simplification et la réduction des tarifs douaniers multilatéraux et la simplification des procédures douanières. La Tunisie attire déjà des investissements étrangers conséquents. Toutefois, elle doit compter sur une plus grande souplesse inhérente à la libéralisation graduelle des mouvements de capitaux. »

La crise du système capitaliste mondial de ces dernières années a mis en lumière les faiblesses des structures économiques tunisiennes installées avec l’aide du FMI, a accentué le poids des difficultés économiques de la population, et baissé encore le niveau de vie de la classe moyenne qui devenait de ce fait l’alliée de la classe ouvrière tunisienne, dans ses revendications sociales.

 Le régime de Ben Ali est toujours en place

Aujourd’hui, au lendemain de son soulèvement, ce que le peuple tunisien a obtenu n’est que la réalisation de la première étape de sa Révolution. Ben Ali est parti mais son régime est toujours en place.

Le RCD – l’appareil politique du système depuis Bourguiba – qui, pendant 25 ans, a été le seul parti légal, contrôle encore aujourd’hui la quasi-totalité des sièges de la Chambre des députés (152 sièges sur les 189). Le même Premier ministre et une flopée de personnalités du régime changent de veste, s’habillent en réformateurs, forment le soi-disant gouvernement de « transition » et promettent des élections présidentielles à brève échéance.

Selon l’article 57 de la Constitution tunisienne de 1959, celles-ci doivent avoir lieu sous les 60 jours s’il s’agit de remplacer un président décédé ou se trouvant dans l’incapacité d’exercer ses fonctions. De plus les candidats, dont ceux de l’opposition, doivent réunir 30 signatures de députés pour pouvoir déposer leur candidature. Or ces élus sont presque tous membres du RCD ! Dans ces conditions, qui d’autre que les membres du régime en place pourrait obtenir ces signatures, réunir les fonds nécessaires à sa campagne électorale et présenter un programme politique et économique pour son mandat en si peu de temps ? Certainement pas les leaders de l’opposition ou représentants de la société, réduits au silence, exilés ou emprisonnés depuis 53 années de règne absolu de Bourguiba et de Ben Ali. Comment peuvent-ils parler de transition alors que la question d’une nouvelle constitution n’est même pas évoquée par le pouvoir resté en place ?

 Poursuite du processus révolutionnaire

Le processus révolutionnaire doit continuer, sans relâche, pour exiger la formation d’un véritable gouvernement de coalition nationale composé d’un panel représentatif de la société, dirigé par une personnalité indépendante et respectée.

Mais malgré les tentatives de manipulation des hommes du système, le peuple tunisien veille sur sa révolution et continue à occuper la rue. Nous ne pouvons que nous réjouir de la vigilance de ce peuple à un moment crucial de son Histoire.

Il semble que la tâche principale de ce gouvernement serait non pas l’organisation d’élections présidentielles précipitées, mais le renouvellement anticipé de la Chambre des députés dans un délai raisonnable. La nouvelle Assemblée devra alors se donner pour priorité de doter le pays d’une nouvelle Constitution qui puisse structurer la souveraineté populaire contre le despotisme, garantir les libertés démocratiques auxquelles aspirent les Tunisiens, et assurer des droits égaux à toutes les représentations politiques de cette société riche dans sa diversité politique.

Ainsi pour garantir la bonne marche d’un tel processus il est nécessaire de former une coordination des forces démocratiques de toutes les composantes de la société, un large front populaire des forces politiques d’opposition qui veillerait sur la réalisation des objectifs de la révolution.

 Une révolution laïque et démocratique qui aura des répercussions dans tout le monde arabe, et au-delà notamment en France

Il est certain que cette révolution laïque et démocratique aura des répercutions dans l’ensemble du monde musulman. Déjà des revendications similaires se font entendre par des manifestants en Algérie et en Égypte.

Les Iraniens qui avaient commencé leur révolution un an et demi plus tôt, discutent sur tous les sites et blogs des raisons de leur échec à la lumière de l’expérience tunisienne. Cette phrase en persan exprime la frustration d’une révolution écrasée dans le sang : « Tounès touneste, Iran na-touneste ». La Tunisie a pu, l’Iran n’a pas pu. Beaucoup d’internautes mettent en avant la responsabilité d’un leadership mou et conservateur à la tête de leur mouvement social. D’autres soulèvent aussi la puissance de frappe des régimes idéologiques manipulant la religion comme les armes et bénéficiant des milliards de dollars de la rente pétrolière.

L’impact de la révolution tunisienne ne se limite pourtant pas aux pays musulmans. Déjà elle semble devenir, en France aussi, un nouveau mode identitaire, hors de l’islam, un nouvel idéal révolutionnaire et laïc qui pourrait prendre forme dans la jeunesse française, notamment issue de l’immigration.

Tous les peuples, du Maghreb, de l’Europe, de l’Amérique latine, de l’Afrique et de l’Asie, sont attentifs à l’évolution du processus révolutionnaire tunisien.

Que partout des revendications pour des sociétés justes et démocratiques éclosent comme autant de jasmins dans un jardin ensoleillé !

Source : http://www.m-pep.org/

 

http://rupturetranquille.over-blog.com/article-nous-sommes-tous-des-tunisiens-65944229.html

 

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