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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 02:30
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Elections: Ils disent avoir entendu le message des Français


Or donc voilà, c’est fait, ils ont voté. 
Et puis après, chantait Ferré ?




Eh bien après, les politiques sont venus s’exprimer sur les plateaux télé, radio, politiques de droite, de gauche, du centre, de nulle part, ou revenus du diable vauvert, ils sont venus nous dire qu’ils avaient “entendu le message des français” qu’il convenait de l’analyser avec “sang-froid” et “lucidité” pour les uns, avec “humilité” pour les autres, égard aux “devoirs” que ce “message” (leur) confère.
 
Mais .. de quel “message” parlent-ils ?



Eh bien il suffit de les écouter. C’est édifiant. Tenez, Xavier Bertrand, qu’a-t-il entendu ?
Un machin étrange.

Que par ce vote, “les français n’ont pas dit non aux réformes”. Moi qui croyais qu’on votait pour dire “oui à” j’apprends, stupéfait, que nous voterions pour “ne pas dire non à” ; ici : aux réformes.


Mais de quelles réformes parle-t-il ? On n’en sait rien. Ce mot-là, réforme, est un mot magique, peu importe ce qu’il contient, juste ou pas, il est synonyme d’action. Paraît-il.
Dans ce vote qualifié de “crise” par le même Bertrand, “les français, ce soir, n’ont pas voulu le retour aux 35 heures. Ils n’ont pas voulu, non plus, la fin des heures supplémentaires. Les français, ce soir, n’ont pas voulu que l'on revienne sur l'exonération des droits de succession".

 
Diantre !


Mais comment fait-il pour entendre tout ça ? C’est écrit, noir sur blanc, sur un bulletin de vote, ces choses-là ? Je veux dire qu’il se passe un truc, une fois que notre bulletin est glissé dans l’urne ? Il est transformé en “message” par une machine, il est Google translaté ou quoi ? Non mais franchement ! Est-ce que, au moins, il entend ce qu’il dit, ce monsieur Bertrand, nonobstant le fait que, chose certaine, cet homme-là s’écoute avant tout parler. Or, comment entendre l’autre, son soit-disant “message”, quand on n’écoute que soi ?



”Le message nous devons l’analyser, l’entendre, et apporter les bonnes réponses”
nous dit le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, qui donc, visiblement, n’a pas entendu Xavier Bertrand qui, on vient de le voir (et de l’entendre, surtout) n’a pas perdu de temps à l’analyser, lui.
Mais Lefebvre, non plus.
Puisque deux phrases plus loin, il apporte la réponse :



“Il faut qu’on aille plus vite et plus fort, qu’on amène des résultats aux français sur l’emploi, et la sécurité, par exemple”.



“Plus fort” (que les autres) ça c’est bien la marque de fabrique de Frédéric Lefebvre, car non seulement il “entend” le message de ceux qui ont voté dimanche, mais aussi, celui des abstentionnistes ! Lundi matin, sur France Info, après avoir affirmé que l’un des faits marquants de cette élection était l’abstention, et que bien malin celui ou celle qui pourraient dire ce qu’elle signifie (mettons ça sur le compte de la “lucidité”) il osa, quelques minutes suivantes, nous assurer que les abstentionnistes, “ce qu’ils nous disent, c’est qu’ils en ont marre que la droite et la gauche se déchirent alors que le pays est en crise” (nous mettrons ceci sur un autre compte, qui n’a, cette fois, rien à voir avec la politique, puisqu’il relève de l’extra-lucidité soit, vulgairement, d’une vaste fumisterie).


De fait, comment croire à une éventuelle lecture d’un “message” envoyé par les français, quand dans un même entretien, l’homme qui prétend s’y pencher, nous dit tout et son contraire ?



Je cite messieurs Bertrand et Lefebvre, comme j’aurais pu tout aussi bien citer Nadine Morano, Rama Yade, peu importe, la musique est la même, ils ont TOUS entendu “le message des français” : oui aux réformes et aux heures supplémentaires, non aux 35 heures, et non, pas du tout, mais qu’est-ce que vous me chantez-là, enfin c’est une élection régionale, pas une législative, ni une présidentielle, Nicolas Sarkozy n’est en aucun cas désavoué, comment pouvez-vous dire une chose pareille, sous-entendu, ce n’est pas “le message des français”. Bref, ce n’est pas un “vote sanction”.



Ah bon ?



Oui, je marque mon étonnement, car Xavier Bertrand n’a pas vu “non plus, dans cette élection, un vote d’adhésion, un vote d’envie vis-à-vis du Parti socialiste”.
Si c’est le cas, que signifie donc la victoire du Parti socialiste et de ses alliés (qu’il reconnaît) ?
Si ce n’est pas un “vote d’adhésion”, et qu’en même temps l’électeur “n’a pas voulu” sanctionner le gouvernement (alors que TOUS les ministres participant à ces régionales ont été battus, quand ce n'est pas balayés) qu’est-ce c’est ? Quel est le “message” ?
On y revient.
On tourne en rond, surtout.
Mais la faute à qui ? A ceux qui délivrent un “message” ou à qui veut bien l’entendre ?


Et la “remontée” du Front National, au fait ? Y aurait-il, là aussi, un “message” ?

 
Non. 
Juste une explication technique.


Car à en croire Xavier Bertrand “la remontée du Front National est due à la crise” .. Dans ce cas-là, monsieur Bertrand, je suppose que, l’hiver qui, cette année, s’est un tantinet éternisé, c’est aussi dû à la crise, n’est-ce pas ? L’hiver, il s’est dit que, tiens, comme c’est la crise, que sur le front de l’emploi, il fait froid et que gèlent les salaires, ben je vais rester plus longtemps, ils n’y verront que du feu … Qu’attendez-vous pour réformer l’hiver, monsieur le gouvernement ? Puisque tout passe par elle, la réforme ?



Et si moi, un français parmi les autres, je disais que, voilà, j’en ai marre. Marre de vos discours. Marre de tout. D’être pris pour un con. Que je vote ou non. Qu’est-ce que ça change ? Puisque vous ne m’entendez pas. Ni moi, ni personne. Vous venez me prêter, comme ça, des intentions, un message, que je n’ai jamais envoyé, jamais pensé. Ce que je ressens, ce que je vis, ce que je souffre et ce dont je ris, vous vous en moquez. Oui, parfaitement, vous vous en moquez ! Et la preuve c’est que le jour où par voie référendaire le peuple français a dit non au Traité pour l’élaboration d’une constitution européenne, et où, là encore, vous êtes venus nous dire, plus condescendants que jamais, que vous aviez entendu “le message”, quelques mois plus tard, via le parlement, vous le faisiez passer, ce traité, car oui, celui de Lisbonne est peu ou prou celui proposé le 29 mai 2005. Et vous me direz, bien sûr, ou bien entendu (puisque : “vous entendez” ..) que ça rien à voir ! … Vraiment ?
 
… Pourtant, elle est là, la fracture. Le divorce entre le peuple et le politique. La désaffection, celle des urnes. La présidentielle n’était qu’un leurre. Un sursaut, si vous préférez. Parce que naïfs que nous sommes, nous avons cru à tous ces boniments, une nouvelle génération qu’on nous disait, une nouvelle façon de faire de la politique ! Foutaises ! Vous nous avez trahis, une fois de plus, une fois de trop, et “le message”, s’il y en a un, c’est que demain, vos urnes, vous n’aurez plus à vous en soucier, tellement dedans les bulletins y seront maigres. Plus d'audience, sale conséquence de votre déficit d'audition. Comme vous ne manquez pas d’air, c’est couru, vous nous accuserez, de désertion, d’incivilité, que sais-je encore, de faire le lit de la tyrannie, des extrêmes, vous brandirez la menace qui nous guette, celle d’un totalitarisme, considérant que le vôtre, si tant est que vous le reconnaissiez un jour, est acceptable, dans la mesure où il s’appuie, lui, sur une idée avec laquelle, cependant, vous vous torchez allégrement, celle dite de démocratie, celle où, à vous entendre, vous lisez comme dans un livre.


Eh bien continuez à lire ce que jamais nous n’avons écrit. Continuez à analyser des messages que nous n’avons jamais envoyés. Poursuivez votre tâche, sans vous préoccuper des souffrances, des petites gens, de ceux qui tombent, qui renoncent, qui s’en vont, oui, poursuivez dans le déni. Après tout, quelle importance ! Nous savons bien que c’est fini, c’est cuit, votre démocratie, qu’on vote ou non, vous ne changerez rien, on a bien compris …

Nos cris comme nos silences, vous ne les entendez pas.
Ce que vous entendez, c’est vous. Et vous seuls.
 

http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2617:elections-ils-disent-avoir-entendu-le-message-des-francais&catid=6:articles&Itemid=11 


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FRANCE démocratique ???
Où est la liberté d'expression ?



n capitaine de gendarmerie jugé trop critique radié par un décret présidentiel
AP

 

Un capitaine de gendarmerie jugé trop critique radié par un décret présidentiel

 

Le chef d'escadron de gendarmerie Jean-Hugues Matelly, qui avait notamment critiqué le rapprochement police-gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur, a été radié des cadres par "mesure disciplinaire" par un décret du président de la République, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat Me David Dassa-Le Deist. Cette mesure prend effet jeudi soir à minuit. Lire la suite l'article

"Nous sommes stupéfaits de la disproportion de la sanction par rapport à la faute alléguée", a souligné son avocat Me David Dassa-Le Deist en affirmant qu'il n'existait pas, "dans la jurisprudence, de cas similaire".

"Je suis complètement stupéfait, atterré par la gravité de la sanction prononcée car c'est une grande première, malheureusement, dans l'histoire de l'armée française. Aucun officier n'a jamais été radié des cadres pour une question de liberté d'expression", a renchéri Jean-Hugues Matelly sur RTL. Selon lui, "aucune expression libre ne semble possible" dans l'armée.
"Je souhaite pouvoir continuer à défendre les valeurs qui sont celles de la démocratie, en premier lieu desquelles la liberté d'expression", a-t-il ajouté, estimant que son engagement dans l'armée n'était "pas du tout contradictoire" avec cela.
Jean-Hugues Matelly qui est aussi chercheur au CNRS, avait critiqué, à la fin de l'année 2008 dans un article de presse, le rapprochement police-gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur.
"Ses propos n'étaient pas polémiques et ne jetaient pas le discrédit sur l'institution", s'étonne encore son avocat. A la suite de cette publication, le militaire avait fait l'objet en juin 2009 d'une procédure pour "manquement grave" à son obligation de réserve.
En octobre, un conseil d'enquête de la gendarmerie avait alors proposé la "radiation des cadres" de cet officier supérieur. Cette proposition a été suivie par le président de la République qui devait trancher en dernier ressort.
"Une voie de recours naturelle s'offre à nous, celle du Conseil d'Etat qui appréciera la légalité d'une telle décision", conclut Me David Dassa-Le Deist. AP
 
 

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Published by Eva R-sistons - dans Elections
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