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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 18:19




Elisabeth Badinter, écrivain, chez elle, à Paris.

L'Express

Elisabeth Badinter, écrivain, chez elle, à Paris.


Attention, régression! Dans son nouveau livre, la philosophe Elisabeth Badinter dénonce la tyrannie de la maternité, qui renvoie les femmes à la maison.


Qui s'en souvient encore? Dans les années 1970, les féministes rageuses criaient non à l'aliénation maternelle. Trente ans plus tard, les femmes ont remis leur soutien-gorge et s'abandonnent avec bonheur à la maternité. Autres temps, autres moeurs ou inquiétant retour de balancier? Dans son dernier essai (1), la philosophe
Elisabeth Badinter sonne l'alarme: les femmes européennes sont engagées sur le terrain glissant de la régression.


Il s'agit non pas ici de la sempiternelle inégalité des salaires, mais d'un phénomène plus subtil: l'insidieuse montée en puissance depuis les années 1980 d'une idéologie naturaliste qui, par son exaltation de la maternité et la pression qu'elle exerce sur les femmes, tend à les renvoyer à leur seule fonction de mère nourricière.


Des femmes altruistes et perfectionnistes


"Le retour en force du naturalisme, remettant à l'honneur le concept bien usé d'instinct maternel et faisant l'éloge du masochisme et du sacrifice féminins, constitue le pire danger pour l'émancipation des femmes et l'égalité des sexes", prévient l'auteure. Les mères post-
MLF ont intégré l'idée qu'elles devaient être entièrement investies, passionnément altruistes et immensément disponibles. Qui leur a mis ce perfectionnisme en tête? Un peu tout le monde, accuse Elisabeth Badinter, depuis les pédopsychiatres martelant la longue liste des besoins naturels du petit enfant jusqu'aux puissants croisés de l'allaitement au sein - l'association américaine Leche League - en passant par les médecins et les puéricultrices, de plus en plus rétifs au bon vieux biberon.


Martine, la petite fille modèle.

Casterman


Martine, la petite fille modèle.


L'auteure aurait pu ajouter les religieux, dont le discours s'est clairement recentré sur le respect de la loi naturelle. Les politiques publiques ont aussi une part de responsabilité. En France, par exemple, le congé parental permet aux mères actives de "décrocher" trois ans pour pouponner. C'est bien, mais sans doute eût-il été intéressant aussi de réfléchir à de nouveaux aménagements du temps de travail.

L'indépendance financière ne fait plus rêver


Alors que les féministes "historiques" avaient tout fait - trop fait? - pour permettre aux mères de concilier grossesse et aventure professionnelle, leurs filles, en "conflit" constant, ploient donc sous la tâche. Elles culpabilisent même si fort que certaines trouvent un réel plaisir dans le retour à la famille à l'ancienne, maman à la maison et papa au boulot. Elisabeth Badinter souligne là une tendance très actuelle: chez les 25-35 ans, il n'est plus rare de voir des femmes surdiplômées renoncer à une carrière prometteuse, pourvu que leur conjoint soit en mesure d'assurer les rentrées du ménage. L'indépendance financière, instrument premier de la liberté, ne fait plus rêver.


On comprend que la philosophe féministe soit déçue. Cette désillusion, perceptible entre les lignes, l'amène hélas à forcer le trait, fustigeant pêle-mêle l'écologie, la croyance dans l'instinct maternel ou le rejet des accouchements trop "techniques". La nature n'a pourtant, en soi, rien d'idéologique. Pourquoi vouloir l'évacuer à toute force au motif qu'elle serait aujourd'hui mise en avant à des fins sociopolitiques? La culture, champ du libre arbitre et de l'émancipation, a toujours trouvé à dialoguer avec la logique naturelle. Plutôt que des chilless -ces femmes sans enfants par choix, ultraminoritaires- en qui Elisabeth Badinter semble voir les pionnières d'une nouvelle féminité éclairée, c'est de cette génération de mères écartelées, sensibles à l'appel de la nature sans forcément y succomber, que doit venir la relève.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/la-defaite-des-meres_847821.html#xtor=AL-447

Eva:

Et le Gouvernement va encourager cela:
- Pour diminuer artificiellement le chômage (surtout en période de "crise")
- Pour éviter que les femmes entrent en contact avec d'autres, au travail, et ne revendiquent
- Les congés-maternités coûtent cher à l'employeur et à l'Etat

Le Gouvernement est hyper-conservateur, pas d'émancipation des femmes

Je ne suis pas une féministe, mais je n'apprécie pas l'absence future de choix. 
 

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Published by Eva R-sistons - dans Alerte - danger ! - SOS
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commentaires

Eva R-sistons 15/02/2010 00:06


Merci Danièle de nous rappeler tout ça:

"Il est exact qu'on assiste à une régression de la condition des femmes. J'ai beaucoup participé aux luttes des années 70 : je me souvenais que ma mère n'avait pu voter qu'à l'âge de 33 ans, que le
devoir d'obéissance au mari ne fut aboli que l'année de son mariage, que moi-même j'étais obligée de laisser le choix du domicile familial à mon époux, que je ne pouvais ni travailler, ni faire une
dépense importante sans son accord, que l'avortement et l'information sur la contraception étaient interdits et qu'il fallait commander des spermicides en Grande-Bretagne. Tout cela, les jeunes
femmes ne s'en souviennent pas et ne se doutent pas du temps que d'autres femmes ont dû donner pour obtenir une égalité (ou presque) sur le papier et pas toujours dans les mentalités.

Le partage des tâches dans le couple est loin d'être généralisé, "
Bien envoyé ! Cordialement eva


Eva R-sistons 14/02/2010 23:38


Chère Sylviane

je suis d'autant plus d'accord que j'ai moi-même arrêté ma carrière pour la famille

mais en cas de divorce, il n'y a plus rien.... ça aussi, il faut y penser !!! Hélas, on est dans une société de divorces !


cordialement eva


Sylviane 14/02/2010 12:31



Mon point de vue est différent : pourquoi ne pas payer une allocation parentale au parent (père ou mère) qui s'occupe des enfants ?
Et pour ce qui est du boulot "prometteur" ou épanouissant, que Mme Bandinter demande à bon nombre de femmes qui travaillent uniquement pour raisons économiques si elles sont heureuses et bien
dans leur vie.
Objectrice de croissance, alors que j'occupais un poste à responsabilités (soi-disant épanouissant ?), j'ai opté pour un temps partiel plus près de chez moi. Ceci m'a permis de m'occuper non
seulement de ma fille (aujourd'hui ado), mais de pratiquer le dessin, de m'adonner à la lecture et de militer au sein d'un  mouvement politique. Et permis de rencontrer des tas de
gens intéressants dans un cadre différent de la jungle professionnelle.
Je connais plusieurs jeunes mères (surdiplômées) qui ont renoncé à une carrière pour s'occuper de leurs enfants, mais aussi pour participer (avec des hommes entre autres car on est loin
des "dames patronnesses") à des "GAC" (groupement d'achats collectifs), des "donneries" (qui mettent en contact des personnes donnant des objets dont elles ne se servent plus et des
personnes souhaitant recevoir ces objets), pour pratiquer la musique (en tant qu'auteur-compositeur-interprète), etc. Elles ne sont donc pas confinées dans leur cuisine ou dans la "nursery" comme
on pourrait le supposer.
Je pense de toute manière que chaque cas est différent et qu'il ne faut pas généraliser. C'est assez réducteur de dire "les hommes" ou "les femmes".       



Danièle Dugelay 14/02/2010 03:27


Il est exact qu'on assiste à une régression de la condition des femmes. J'ai beaucoup participé aux luttes des années 70 : je me souvenais que ma mère n'avait pu voter qu'à l'âge de 33 ans, que le
devoir d'obéissance au mari ne fut aboli que l'année de son mariage, que moi-même j'étais obligée de laisser le choix du domicile familial à mon époux, que je ne pouvais ni travailler, ni faire une
dépense importante sans son accord, que l'avortement et l'information sur la contraception étaient interdits et qu'il fallait commander des spermicides en Grande-Bretagne. Tout cela, les jeunes
femmes ne s'en souviennent pas et ne se doutent pas du temps que d'autres femmes ont dû donner pour obtenir une égalité (ou presque) sur le papier et pas toujours dans les mentalités.

Le partage des tâches dans le couple est loin d'être généralisé, les familles monoparentales et les divorces sont plus nombreux et les jeunes mères sont débordées. La religion catholique n'a pas vu
d'un bon oeil l'émancipation des filles d'Eve. Par ailleurs, personne n'en parle de peur de s'entendre traiter de "racistes"
(mot à supprimer puisque les races n'existent pas chez l'humanité), mais le nombre plus important maintenant de femmes de culture musulmane est un frein aux progrès de l'égalité des sexes. Ce n'est
pas de ma part une critique, mais une constatation, car il se trouve que j'ai plusieurs amies qui sont des filles ou petites-filles d'émigrés des pays du Maghreb.
Dans les magasins, on retrouve les stéorotypes sexistes des années 50 : dans ma librairie on trouve les côtés "Féminin" et "Masculin" pour les revues, les "dicos pour les filles" et d'autres
ouvrages du même genre. Le super-marché sépare le rayon "jouets" en "pour les filles" et "pour les garçons". Il faut bien préparer l'avenir...
Jeune Madame, vous qui aimez tant vos enfants que vous voulez leur consacrer tout votre temps en restant au foyer, avez-vous pensé qu'un mari est un être humain, avec ses faiblesses : il peut vous
quitter, mais il peut aussi perdre son emploi; tomber malade, handicapé ou même décéder. Que deviendrait alors votre famille ? L'amour pour vos enfants ne doit-il pas vous amener à assurer
leur sécurité que leur apportera le revenu de votre travail ?


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