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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 01:51

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Mais dans quelle Europe vit-on pour que ce soit la voix du gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mervyn King, qui ose dire la vérité sur le renflouement de l’euro ? Voici ce qu’il a dit le 23 juin :

« Depuis le début de cette crise (...),beaucoup ont voulu croire que c’était une crise de liquidités. Ca ne l’était pas et ¸a ne l’est toujours pas. Tant que nous n’accepterons pas ce fait, nous ne trouverons jamais de réponse. Il s’agit d’une crise de solvabilité, (...) tout d’abord dans les institutions financières et maintenant au niveau des Etats. (...) Fournir des liquidités ne peut servir qu’à acheter du temps. Croire en "Allez, un dernier petit prêt !" ne sera jamais la réponse à un problème qui porte essentiellement sur la solvabilité. »

Et le cas grec n’est que le détonateur pour une explosion de tout le système bancaire transatlantique. Alors que les principaux détenteurs des obligations grecques sont les banques fran¸aises, allemandes et britanniques, le renflouement servant avant tout à les refinancer, ces mêmes obligations sont assurées par des fonds britanniques et américains. Un défaut de la Grèce déclencherait donc une réaction en chaîne de type Lehman Brothers.

Selon Erik Britton, ancien économiste de la Banque d’Angleterre, il est probable que ces fonds n’honoreront pas cette assurance en cas de défaut :

« Si les banques ont souscrit leur assurance auprès de fonds spéculatifs, peuvent-elles être sûres qu’ils couvriront les pertes en cas de défaut ? Il y a une chance qu’elles aient pris des couvertures sans valeur. Les banques pourraient ainsi devoir faire face à une perte [d’un côté de leur bilan] dont elles ne pourront réclamer l’assurance [de l’autre côté du bilan]. »

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung reconnaît de son côté que « les sauveurs de l’Europe comme la chancelière Merkel et son ministre des Finances Schaüble se font mener par le bout du nez à travers les marchés de capitaux. Ils font ce que leur dictent les banques, les compagnies d’assurances et la Banque centrale européenne. » Le 21 juin, Der Spiegel titrait même « Soudaine et attendue : Nécrologie d’une monnaie commune » pour présenter un dossier spécial sur la mort de l’euro.

Mentionnons aussi la contribution d’Andrew Graham, maître du Balliol College à l’Université d’Oxford, sous forme d’une lettre de lecteur parue dans le Financial Times du 24 juin sous le titre « La BCE préfère le fétichisme de la dette à une bonne macroéconomie ». « Je suis scandalisé, écrit-il, et même terrifié, par le manque de compréhension de la macroéconomie dont font preuve la BCE et le gouvernement allemand. »Le premier renflouement et ses conditions ont réduit la capacité de la Grèce à rembourser sa dette « et maintenant, la BCE veut une seconde livre de chair. Ce n’est pas de la macroéconomie, c’est une punition, qui plus est une punition stupide. Elle risque d’entraîner un Etat failli en Grèce, le non-paiement de toutes les dettes grecques et l’effondrement de l’ensemble du système bancaire. »


Aucune restructuration de la dette ne pourra fonctionner sans une « restructuration » du système bancaire selon les critères de la loi Glass-Steagall : protéger les dettes productives en liquidant la bulle des dettes purement financières.


Les Indignés espagnols exigent la séparation
entre banques « utiles » et « improductives »

28 juin 2011 (Nouveau Solidarité) – Le mouvement de protestation espagnol contre la politique d’austérité et le sauvetage des banques exige à son tour la séparation entre banques d’affaires et banques de dépôt, même si aucune référence n’est faite à la politique Glass-Steagall de mise en faillite des spéculateurs menée par Franklin Roosevelt en 1933. Le 15 juin, les indignés madrilènes du mouvement du 15 mai (M-15) ont publié un document de 31 pages intitulé : « Propositions ouvertes du groupe de travail économique ». Extraits :

  • « Contrôle démocratique et transparence des activités des banques publiques et privées. Soumission de la puissance financière à la puissance démocratique ; transparence et contrôle démocratique des activités des banques publiques et privées.

  • « Séparation des activités de spéculation et d’investissement.

  • « Obligation des participants financiers au marché, des agences de notation et des institutions comme la Banque d’Espagne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International d’être assujettis au droit civil et pénal. »

Dans un autre paragraphe, le point 3) dispose :

« La Constitution de 1978 garantit dans son Préambule l’existence d’un ordre social et économique juste », puis déclare :

« Nous voulons donc, comme le prescrit la Constitution, reprendre le contrôle démocratique sur les puissances citées ci-dessus. Ce contrôle prend la forme de la séparation des activités des banques commerciales de celles des banques d’investissement et d’assurances. Les banques commerciales prennent en charge les dépôts des épargnants et les font travailler pour réinjecter le profit dans la société, ce que nous tenons donc pour utile et nécessaire. Au contraire de cela, les banques d’investissement et d’assurance reposent sur la création de capitaux, dont le principe même est improductif pour l’ensemble (la société), et sur des spéculations avec les dépôts des épargnants pour l’enrichissement d’individus par des opérations sur le marché financier. Cette mesure signifie donc la protection des économies des populations contre les risques des marchés. »

Par ailleurs, le document exige que soit déclaré un audit des dettes étrangères de l’Espagne ainsi qu’un moratoire sur les dettes espagnoles, de fermer les paradis fiscaux, de taxer les transactions financières et de n’entreprendre aucune action de sauvetage du pacte de stabilité de l’euro.


L’exemple de l’Argentine : casser les règles du jeu

 

29 juin 2011 (Nouvelle Solidarité) – Dans les années 1990, l’Argentine jouait selon les règles du jeu. Elle appliqua toutes les mesures néolibérales en vogue à l’époque, pour finir dans une crise économique profonde, étouffée par des milliards de dollars de dettes impayables. En 2003, un mouvement populaire de masse similaire à celui des Indignados d’aujourd’hui en Espagne ou en Grèce, porta à la présidence Nestor Kirchner, qui cassa immédiatement les règles. Exer¸ant les pouvoirs d’un Etat souverain, il for¸a les créanciers à manger leurs pertes, refusa de mettre en place les mesures d’austérité exigées par le FMI et remit peu à peu l’économie sur pied.

En 2007, son épouse Cristina Fernandez de Kirchner lui succéda, et elle vient d’annoncer, ce 23 juin, sa candidature à la réélection en octobre. Dans le cadre de la politique appliquée par les Kirchner, l’économie argentine a atteint une croissance économique de 8% par an depuis 2003.

Comme feu son mari, la présidente Fernandez ne respecte pas la règle du jeu. A la suite d’une récente déclaration du Premier ministre britannique David Cameron, selon laquelle les îles Malouines « devraient rester un territoire souverain britannique – point final », elle a répliqué : « Au XXIème siècle, [la Grande-Bretagne] demeure une grossière puissance coloniale en déclin. » Pour elle, M. Cameron est « arrogant » et ses remarques sont une expression de « médiocrité et de stupidité ».

Cristina Fernandez a fait part de sa vision du futur le 10 juin, à l’occasion du lancement du satellite SAC-D Aquarius, fabriqué en Argentine, depuis la base Vandenberg en Californie. Très fière de ce satellite, qui mesurera les fluctuations de salinité des océans du monde, elle a déclaré : « Je pense que ces exploits reflètent la vraie nation, le pays que [nos ennemis] ne veulent pas voir se révéler. (…) C’est cette Argentine que nous devons mettre en avant chaque jour – ces enfants avec leurs netbooks et les instruments pour leur apprendre les activités spatiales et former de nouveaux scientifiques. »


Cristina Kirchner avec les jeunes chercheurs en chimie biologique de l’Instituto Lenoir de Buenos Aires.

« Je suis passionnée par mon pays, par la science et l’art. Pour moi, c’est la même chose. Ils apparaissent comme différents, mais je dis que la passion et la créativité dont un artiste fait preuve en sculptant, en peignant ou en concevant, est la même passion, ingéniosité et créativité que manifestent un ingénieur, un médecin ou un biologiste en regardant dans son microscope. »

Elle souleva aussi, non sans humour, un sujet important : « Il faut faire en sorte que nos enfants n’étudient pas autant le droit – et c’est une avocate qui vous parle – et ces comptables, nous en avons trop ! Savez-vous combien de comptables nous avons en Argentine ? Et de psychologues ? (…) Un jour, il faudrait découvrir d’où provient cette compulsion à devenir avocat, comptable ou psychologue. (…) Moi, je voudrais voir plus d’ingénieurs, de biologistes et de médecins, parce que c’est là que réside l’avenir, et c’est la solution à l’emploi de nos enfants (…). »

Cristina Fernandez de Kirchner fit remarquer que son mari avait inversé la politique des précédents gouvernements pro-FMI et commencé à augmenter les fonds alloués à la recherche scientifique et au développement après son arrivée au pouvoir. « Nous disposons de ressources humaines, mais les ressources humaines sans ressources financières ne peuvent rien faire. (…) L’Etat, dans un pays souverain, peut le faire. »

Forte de la lutte qu’elle a menée contre le FMI et les intérêts britanniques qui ont pillé l’économie argentine, la présidente Cristina Kirchner a déclaréle 24 février : « nous devons en finir avec le mythe du libre-marché » . Une leçon fondamentale pour l’Egypte et la Tunisie qui, sous le joug du FMI depuis 30 ans, ont sacrifié leur secteur productif et leur populationpour quelques dollars étrangers. La présidente argentine a prononcé ces mots visant à défendre le droit de son pays à l’industrialisationface à la dépendance des marchés internationaux, affirmant que l’Argentine a le droit de protéger son industrie et les travailleurs qui y participent.

Présentant des objectifs ambitieux pour 2020 – atteindre un taux de croissance annuel moyen de 5%, doubler les exportations industrielles, accroître la part de la production dans le PIB à 80%, etc. – Cristina Kirchner a brisé le mythe selon lequel l’Argentine devait beaucoup au Libre-échange.

Depuis 2003, lorsque son mari feu Nestor Kirchner rejetta le diktat du FMI, 5 millions d’emplois industriels ont été créés ainsi que 140 000 entreprises, alors que sous le règne du Libre-échange dans les années 1990, 50 000 établissements industriels avaient dû fermer. Son plan 2020 concerne essentiellement le secteur agro-alimentaire, le textile, les chaussures, le bois, les matériaux de construction, les machines agricoles, les pièces automobiles, les produits pharmaceutiques, la chimie et l’industrie pétrochimique.

Le mois dernier, au nom de la nécessité de protéger les industries nationales de la compétition internationale injuste, la liste des importations qui ne reçoivent plus de licence systématique pour être vendues dans le pays, portant leur total à 600. Cette nouvelle mesure concerne essentiellementles produits métallurgiques, électroniques, textiles et le secteur automobile.Depuis 2003, l’Argentine applique un protectionnisme progressif permettant d’assurer aux nouveaux secteurs industriels un marché intérieur fiable avec des prix justes. Ainsi – ça peut paraître révolutionnaire ici mais quoi de plus normal –l’Argentine a fabriqué l’an dernier 105 millions de paires de chaussures, un million de réfrigérateurs et 60% des jouets qu’elle consomme !

Cela ne plaît pas à la City de Londres et aux cartels industriels internationaux ? Dommage, leur répond-t-elle ! « Il y en a encore qui, lorsque le gouvernement prend des mesures pour protéger le travail et la production nationale, nous accusent de recourir à des pratiques quasiment illégales (…) Mais nous savons que le libre-marché ça n’existe pas, ni ici, ni ailleurs dans le monde. Le libre-marché que l’on nous enseigne ici et que les puissances étrangères nous recommandent, n’existe pas. »

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