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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 04:55

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Didier Kala, lundi 4 octobre 2010 - 18:40 

« Un non ferme et résolu », « les manifestants se trompent », « les femmes ont déjà la Fête des Mères »... Si les déclarations du Premier ministre montrent une inflexible détermination, le gouvernement semble toutefois être prêt à faire des concessions aux opposants à la réforme des retraites afin d’apaiser un climat social tendu et préparer les réformes de demain.

Le sondage Obea/Intraforces publié ce matin par France Info et 20 Minutes est formel : l’immigration est la dernière des préoccupations des Français, loin derrière les questions économiques.
Ces dernières ont de fait été mises en exergue par les récentes manifestations et bénéficient d’une couverture médiatique sans proportion aucune avec leur décélération progressive.
Le gouvernement a toutefois pour principe de ne pas se laisser dicter sa feuille de route par la rue, et aimerait bien que maintenant on parle d’immigration. C’est pourquoi le ministre du Travail a laissé entendre qu’il était prêt à concéder aux partenaires sociaux des aménagements si ceux-ci acceptaient d’interrompre leur mouvement social.

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Avec le bon salaire qu’elle aura peut-être bientôt, cette grosse femme pourra enfin acheter des vêtements à sa taille.

Deux points en particulier semblent être ouverts à discussion avant le vote de la réforme par le Sénat.
Eric Woerth a abordé, en compagnie de Mmes Berra, Kosciusko-Morizet et Morano ainsi que M. Tron, la question du montant de la retraite des femmes dans une tribune publiée ce matin par le Monde : les écarts de salaire entre les hommes et les femmes, c’est vraiment pas bien. Un épineux problème en effet, que la majorité promet d’examiner courageusement et sans faillir lors des débats qui auront lieu au Palais du Luxembourg, afin « de voir si nous pouvons aller plus loin ».

Le second point n’est pas moins douloureux pour ceux qui s’y trouvent directement confrontés : le décès avant l’âge de la retraite.
Si l’espérance de vie augmente en France, il est notoire qu’un certain nombre de personnes continuent à décéder avant d’arrêter totalement de travailler.
Longtemps considéré comme un refus de se soustraire aux obligations fiscales, le décès inopiné a peu à peu changé de statut aux yeux de l’opinion publique, grâce entre autres aux campagnes de communication menées par les services des ressources humaines de grandes entreprises internationales comme Orange, Renault ou Apple.
Le portrait-robot du mort au travail a lui aussi changé, pour refléter l’évolution de la société et la croissance des classes moyennes : l’image du prolétaire perclus de métastases à l’âge de 55 ans ans a laissé la place à la langue violacée et à la trique de pendu du cadre intermédiaire de 35 ans.
Un rajeunissement qui n’est pas sans poser de sérieux problèmes aux sociétés touchées par ce drame humain : en rompant unilatéralement son contrat de travail alors qu’une belle carrière est encore possible avant son licenciement économique, le salarié perturbe l’organisation du travail dans l’entreprise.

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Les salariés morts mais en état de fonctionner ne seraient pas concernés par cet aménagement.

C’est pourquoi le Medef, qui est lui aussi un syndicat, a émis des propositions novatrices, présentées au gouvernement sous la forme d’un livre blanc orné d’un ruban de soie noire.
Parmi celles-ci, le ministre du Travail semble avoir retenu le remboursement par l’Etat à l’entreprise des cotisations d’assurance vieillesse du défunt pour la période équivalente au préavis qu’il aurait du effectuer s’il avait respecté le droit du travail.
En contrepartie, l’entreprise délivrera un certificat de travail à titre posthume au salarié, que le conjoint survivant pourra faire valoir pour toucher une pension de réversion à l’âge de la retraite. Ce mois ou deux de cotisations supplémentaires n’est pas à négliger dans la mesure où il pourra dans certains cas valider un trimestre entier.
Seconde proposition du syndicat patronal qui pourrait obtenir grâce aux yeux de M. Woerth : l’attribution de la Légion d’Honneur au chef d’entreprise qui saura stoïquement tenir droite la barre de l’entreprise après le drame qui a touché cette grande famille. (Une modeste contribution de l’entreprise à fins de couvrir les frais d’administration serait actuellement en court de discussion.)

En acceptant les propositions de cet éminent partenaire social, le gouvernement prouvera qu’il est ouvert à la négociation, et qu’il a su amender sa réforme pour tenir compte de la dure réalité du terrain. Une souplesse dont les syndicats minoritaires feraient bien de s’inspirer pour fermer leur gueule.

 


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