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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 04:15

Vous en connaissez beaucoup, vous, des Djeun's qui ont réussi à travailler au moins deux ans à temps plein au cours des trois dernières années ?

Ça y est, le RSA Jeunes entre en vigueur ce 1er septembre. Pour le percevoir en octobre, il faut se manifester dès mercredi auprès de la CAF et vite remplir son dossier : une mission qui risque d'être compliquée.

D'abord, les sans emploi de moins de 25 ans qui ont épuisé leurs droits au chômage pourront demander le RSA "socle" (460 €/mois, ou 405 € s'ils sont indépendants et bénéficient d'une APL qui justifie que la CAF leur retire 55 € de "forfait logement") après avoir fourni l'attestion de rejet à l'ASS de Pôle Emploi. Pour ceux qui l'ont foutue à la poubelle, il va falloir la redemander... Ensuite, pour ceux qui vivent toujours chez leurs parents, gare aux embrouilles !

Quant aux moins de 25 ans "qui ont la chance d'avoir un travail" et dont les ressources mensuelles (salaires, pensions, prestations sociales…) sont, théoriquement, inférieures à 1.196 € pourront, à partir d'octobre, toucher un "complément d'activité". Par exemple, "un jeune qui perçoit 500 € de revenu d'activité par mois recevra 215 € de RSA", a indiqué le ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse.

Le calcul est plus complexe. Pour estimer son montant, voici une piste (attention, usine à gaz !). Quand au test d'éligibilité de la CAF, le module n'est pas encore à jour... Par curiosité, je me suis fait passer pour un jeune salarié célibataire de 26 ans — puisque c'est encore interdit aux moins de 25 — gagnant 800 € par mois, ne vivant plus chez ses parents mais percevant de leur part une aide mensuelle de 150 €, ainsi qu'une APL de 150 € : il m'a été répondu que "d'après nos calculs, vous ne remplissez pas la condition de ressources pour bénéficier du RSA"... Bref !

Un dispositif discriminatoire

Dans les deux cas, on le rappelle, l'attribution du RSA est soumise à une déclaration trimestrielle de ressources (DTR) particulièrement intrusive.

Et, dans les deux cas, pour être éligible au RSA Jeunes, il faudra justifier de 3.214 heures, soit deux années d'activité salariée à temps plein, sur les 36 derniers mois. De quoi bien garnir son dossier. Le ministre a même reconnu qu'il pourrait être difficile pour les jeunes de rassembler tous les justificatifs de leurs différents emplois passés.

Surtout, cette condition n'est pas exigée pour les autres, demandeurs et/ou bénéficiaires plus âgés. Cette restriction est non seulement discriminatoire, mais elle favorise des jeunes plus "employables" que la moyenne et exclut les plus fragiles : les vrais précaires, les stagiaires, ou ceux qui achèvent une mission de service civique. Julien Bayou, conseiller régional d'Ile-de-France pour Europe Ecologie et fondateur de Génération précaire, invite tous ces exclus d'office à saisir en masse le tribunal administratif pour violation de l'égalité des citoyens devant la loi.

Autant en emporte le vent

Selon les chiffres officiels de 2009, il y avait 770.000 jeunes de 16 à 25 ans au chômage en France. Parmi eux, seuls 120.000 étaient considérés comme "non qualifiés"; ce qui signifie que les 650.000 autres, pourtant diplômés, peinent à intéresser les recruteurs. Pourtant, sur des estimations de la Dares, l'Elysée a prévu que ce dispositif n'en concernerait que 160.000.

Avec les conditions drastiques qui lui sont assorties, ce sera encore moins : selon le Secours Catholique, "seul un quart des jeunes concernés, soit environ 40.000 dans les prévisions, sont censés remplir les conditions". Ce qui, outre "la rigueur" pour lutter contre "le déficit", explique les brutales économies budgétaires réalisées sur ce projet : au départ annoncé à 250 millions d'euros, le montant de l'enveloppe allouée au RSA Jeunes a dégringolé à… 20 millions.

Cependant, puisqu'on est dans les histoires de gros sous, sachez que, pour faire connaître son nouveau produit, le gouvernement ne va pas lésiner sur les moyens : Marc-Philippe Daubresse a prévu "une campagne d'information ciblée" via des affichettes dans les agences Pôle Emploi ou les missions locales, et via la radio et internet, qui coûtera "un petit peu moins de 500.000 euros". Le budget de la com’ gouvernementale, lui, ne connaît pas la crise.

SH


Auteur : SH - Source : Actuchomage

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=15398

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