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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 07:13

http://www.realzionistnews.com/?p=483

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Les électeurs américains viennent de porter une majorité républicaine à la Chambre des représentants et une majorité démocrate au Sénat.

 

Ce n’est, à l’évidence, pas une victoire pour les partisans du Président Obama mais pas non plus le raz de marée républicain que certains annonçaient.

 

Les lobbies ont été très puissants dans cette campagne, souvent violente et ne reculant devant aucun mensonge, qui a coalisé tous ceux qui n’ont cessé de manifester leur hostilité à la réforme de l’assurance santé, à la conversion écologique de l’économie américaine, au contrôle d’une finance dont les errements ont ébranlé le monde : banques, assurances privées, trusts pharmaceutiques, géants du pétrole …

 

Il en résulte aujourd’hui une situation qu’en France nous appellerions « cohabitation » et dont on ne peut, à chaud, savoir si elle débouchera sur un blocage des institutions ou sur une certaine coopération bi-partisane allant, au nom de l’intérêt national, dans le sens de la main immédiatement tendue par Barack Obama à ses adversaires.

 

S’il est encore trop tôt pour tirer toutes les leçons de ce vote, il apparaît toutefois que la mobilisation des électeurs républicains a été nettement supérieure à celle des électeurs démocrates dans les rangs desquels nombre de citoyens se disent déçus d’un changement qui, à leurs yeux, n’est pas allé assez vite, assez loin, assez fort. 37% des électeurs se disaient, à la veille de ces élections législatives, avant tout motivés par leur opposition à l’administration Obama alors que seulement 24% concevaient leur vote comme un soutien actif au président américain. Le mouvement Tea Party a fait une percée à partir de slogans « anti-élite » et anti-réformes sociales mais nombre de ses figures les plus médiatisées ont été électoralement battues.


Une chose me frappe, qu’ont en commun aussi bien la base hétéroclite des Tea Party que les déçus, à gauche, d’un changement qu’ils estiment trop lent : aux Etats-Unis aussi, la grande question politique, c’est la crise économique et sociale, l’angoisse des emplois perdus, le refus d’une précarité sur laquelle se briserait le rêve américain, la colère contre ces saisies immobilières expéditives et brutales qui ont jeté tant de familles à la rue et qui continuent ! Le paradoxe, c’est que ceux qui affament les familles américaines sont ceux qui financent les Républicains auxquels une partie des électeurs vient d’accorder ses suffrages. Qu’ils en appellent à plus ou à moins d’intervention de la puissance publique, les Américains ont exprimé avec force une angoisse sociale qui ne nous est pas étrangère. Le débat sur l’immigration a aussi, dans ce contexte, radicalisé l’électorat populaire.

 

Ils ont aussi exprimé un désir d’être entendus qui, même lorsqu’il prend la forme d’un populisme exacerbé instrumenté par de riches financeurs, témoigne au bout du compte d’une soif de considération et de démocratie dont je crois le Président Obama capable de prendre la mesure dans la nouvelle situation politique créée par ces élections américaines.

 

 

Le monde a besoin que les Etats-Unis, après la désastreuse période des années Bush, soient pilotés par un responsable politique qui en comprend les mutations, les enjeux et les risques. Barack Obama a montré qu’il avait cette envergure et nous devons souhaiter qu’il n’ait pas les mains liées pour la seconde partie de son mandat, au plan intérieur comme à l’échelle internationale.

 

 

A l’aune de l’immense ferveur suscitée par son élections et sous l’impact d’une crise dont les effets destructeurs se poursuivent, compte tenu aussi de la puissance et de l’agressivité des intérêts financiers hostiles à toute réforme, sans doute était-il difficile que les résultats répondent, au bout de deux ans, à toutes les espérances légitimes des citoyens américains.

 

 

Mais le bilan du Président Obama est pourtant déjà très significatif. Son plan de relance, même atténué au fil de négociations difficiles, a épargné à l’économie américaine bien des tourments supplémentaires et les investissements dans les infrastructures, s’ils ne peuvent produire d’effets perceptibles dans le court terme, témoignent néanmoins d’une volonté d’agir sur des causes structurelles qui font obstacle à la croissance. Sur le front, en particulier, de la santé et de la régulation financière, de premiers coins ont été enfoncés dans la toute-puissance et l’égoïsme des marchés.

 

 

Après les victoires démocrates engrangées en 2006 et 2008, le résultat de ces élections de mi-mandat n’est pas sans rappeler celui vécu jadis par le président Truman ou, plus près de nous, par Bill Clinton en 1994. L’un comme l’autre furent ensuite réélus.

 

 

Voilà pourquoi je souhaite à Barack Président Obama tout le courage et tout le pragmatisme nécessaires pour garder le cap sur l’essentiel.

 

 

Très amicalement


 

Ségolène Royal

 

La Lettre d'Actualité

 

 


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