Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 02:59
insolite, humour, conspiration...

Santé : quand Sarkozy "l’humaniste" défend aux Etats-Unis ce qu’il s’acharne à détruire en France

Nicolas Sarkoy se pose en défenseur du système de santé solidaire : démontage d’une colossale imposture.


Olivier Bonnet
Mardi 6 Avril 2010


Santé : quand Sarkozy "l’humaniste" défend aux Etats-Unis ce qu’il s’acharne à détruire en France
En réponse à la question d’un étudiant sur la réforme de santé de Barack Obama, au terme de la conférence tenue lors de son voyage aux Etats-Unis la semaine dernière à l’université de Columbia, Nicolas Sarkoy a eu ces paroles (séquence après 5 mn 39 dans la vidéo) : "Si vous voulez que je sois vraiment sincère, vu d’Europe parfois, quand on voit les débats américains sur la réforme de la santé, on a du mal à y croire. L’idée que ça fasse un débat d’une telle violence, que de vouloir que les plus pauvres d’entre vous [ne] soient pas laissés dans la rue, seuls, sans un centime face à la maladie, excusez-moi mais nous, ça fait jamais que cinquante ans qu’on a résolu le problème !" (rire du président.) Ça nous pose des difficultés, ça coûte cher. Parce que la santé, ça coûte cher. Mais on [ne] peut pas laisser mourir les gens comme ça. L’Etat [ne] peut pas se désintéresser de la situation de ceux qui [n’] ont pas les moyens d’aller à l’hôpital. Allez, j’veux pas trop m’immiscer mais, franchement, si vous venez en France, qu’il vous arrive que’que chose sur le trottoir, on [ne]vous demandera pas vot’ carte de crédit avant de vous accepter à l’hôpital. (Applaudissements du public.) Ce que je souhaite, c’est qu’aux Etats-Unis, chacun puisse se dire la même chose. Que s’il [n’] a plus rien, que s’il est démuni de tout, on [ne] le laissera pas dans la rue. (...) Donc bienvenue dans le club des Etats qui [ne] laissent pas tomber les gens malades." La posture du donneur de leçons arrogant a été largement commentée par les confrères. Il assène tranquillement que les Américains ont cinquante ans de retard dans ce domaine, y ajoutant la moquerie avec son ton goguenard et ses rires. Hormis la détestable attitude prétentieuse et méprisante, il n’a pas foncièrement tort. Mais là où l’on se pince ("on a du mal y croire", dirait-il), c’est qu’il se permette d’ainsi vanter la protection sociale, comme une évidence humaniste, quand il n’a de cesse de détricoter le système dans notre pays.

logosLa saillie de Sarkozy a fait bondir les associations Act-up et Ensemble pour une santé solidaire, qui ont publié un communiqué commun rageur : "nous dénonçons le discours du président de la République à l’université de Columbia : un discours d’une obscène hypocrisie. (...) Ce que Sarkozy oublie de dire, c’est que depuis huit ans qu’il exerce un mandat ministériel ou présidentiel en France, il n’a eu de cesse de démanteler l’accès aux soins si durement acquis il y a « cinquante ans » : démantèlement de la Sécurité sociale avec l’instauration du forfait à un euro et des franchises médicales, l’augmentation constante du forfait hospitalier, le déremboursement systématique des médicaments et des soins ; démantèlement du système de soins : fermeture de lits d’hôpitaux, de services VIH, d’hôpitaux de proximité, de maternités, de centres IVG, etc. (...) nous affirmons que Sarkozy détruit en France ce que le président américain cherche à construire." Tout Sarkozy est là : "faites ce que je dis, pas ce que je fais". En guise de piqûre de rappel, nous republions ci-dessous en partie notre réquisitoire du 4 janvier dernier, Et surtout la santé !

"Le gouvernement a décidé la baisse du taux de remboursement de 35% à 15% d’une centaine de médicaments et la hausse du forfait hospitalier de 16 à 18 euros. A cela s’ajoutent les franchises médicales, qui responsabilisent les cancéreux pour leur apprendre à être moins malades... On se saura jamais trop fustiger la profonde injustice du procédé, stigmatisée dès mars 2007 par l’Appel contre la franchise Sarkozy, sous la plume des médecins Christian Lehmann, Philippe Sopena et Martin Winckler : "environ 70% de la dépense totale est le fait de 10% de patients qui sont atteints de lourdes pathologies, parfois en fin de vie, et à qui on ne demande guère leur avis quant aux soins dont ils sont l’objet. Et dont la seule « responsabilité » serait de décider de ne plus se soigner. Est-ce la société que l’on veut ?". Celle que veulent les libéraux, oui. Qui n’ont de cesse, année après année, de rogner la part des soins remboursés par la Sécurité sociale dans une proportion que l’on peut enfin chiffrer, information délivrée d’une phrase au détour d’un article du Parisien-Aujourd’hui en France : "les dépenses de santé à la charge des ménages ont progressé de 50% depuis 2001". Résultat, de plus en plus de Français renoncent désormais aux soins faute de moyens financiers, jusqu’à 39% d’après un sondage. De fait, sans mutuelle complémentaire, il est impossible de se soigner correctement. Or "Il y a de plus en plus de Français qui renoncent à prendre une couverture complémentaire car ils n’ont plus les moyens financiers de l’assumer, constate Serge Jacquet, président des mutuelles France-Sud, cité dans notre billet L’eugénisme économique. On estime aujourd’hui que 8% de la population ne bénéficie pas d’une mutuelle, c’est un jpdpourcentage énorme".

Ca ne va pas s’arranger avec l’augmentation des tarifs des mutuelles en 2010, de 5% en moyenne, dont nous prévient Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité française, représentant plus de 800 mutuelles pour 38 millions de personnes protégées : "les dépenses mises à la charge des mutuelles progressent. Ainsi, comme tous les ans, les dépenses de santé augmentent de 3 %. De plus, le gouvernement a décidé d’alourdir le forfait hospitalier de 2 €. Et il y a la grippe A qui, outre l’achat des vaccins, provoque une augmentation des consultations et des prescriptions. Enfin, considérant à tort que nous faisions des marges importantes, le gouvernement nous avait imposé l’année dernière une taxe de 3,4 % sur notre chiffre d’affaires, une ponction de 1 milliard d’euros. Beaucoup de mutuelles avaient fait l’effort de ne pas répercuter cette taxe sur les cotisations. Mais cette taxe est pérennisée. Nous sommes donc obligés de la répercuter sur nos adhérents".

couvDes soins de moins en moins remboursés et des complémentaires qui augmentent : plus que jamais en 2010, "mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu", commme avait titré l’immortel Max Pécas. Pour justifier le dépeçage en règle de notre système de santé solidaire, en réalité uniquement motivé par la volonté de livrer ce juteux marché à l’avidité du secteur privé, le dogme libéral invoque Le mythe du "trou de la Sécu", démonté par Julien Duval. Or le vrai problème réside dans le financement : "Nous nous attendons à un déficit de 23,5 milliards en 2009 et entre 30 et 31 milliards en 2010. (...) L’ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance maladie) va être quasiment respecté en 2009 et, pour la première fois, nous parvenons à maîtriser la progression des dépenses deux années de suite un peu au-dessus de 3%. Mais la récession a provoqué un effondrement des recettes. C’est ce qui explique 65 % du déficit 2009 et 75 % du déficit prévisionnel 2010", explique le ministre du Budget en personne, Eric Woerth, au Figaro. Donc en clair, pas de problème avec les dépenses mais pas assez de recettes. Et que décide le gouvernement ? Pas d’augmenter les recettes mais de diminuer encore les dépenses ! Autant dire que le remède s’apparente à la pose d’un sparadrap sur une jambe de bois, que le bénéfice sera dérisoire et le coût social exorbitant. Rabachons donc sans relâche que les 31 milliards de déficit attendu en 2010 sont à mettre en perspective avec le montant total des exonérations patronales pour la même année : 31.5 milliards. Citons Le Point, qui n’est pas précisément un brulôt anticapitaliste : "Le montant des exonérations de cotisations sociales ne cesse d’augmenter depuis les années 1990 et a plus que doublé couventre 1999 et 2007. En 2008, il a augmenté de 13,1% (après +13,5% en 2007, +13,6% en 2006, +4,6% en 2005)". Moins 100% pour les entreprises, plus 50% à la charge des ménages : entre ces deux chiffres se résume l’essence de la politique libérale menée depuis plus de dix ans en France - période Jospin et Strauss-Kahn incluse. Sarkozy ne fait en la matière que donner de vigoureux tours de vis supplémentaires et parachever le travail. Qui arrêtera Les fossoyeurs de la Sécu ?"

 C’est ce Sarkozy-là, fossoyeur en chef, qui vient prendre aux Etats-Unis la posture du défenseur de la santé solidaire... Honte à l’imposteur !



http://www.plumedepresse.net

 

http://www.alterinfo.net/Sante-quand-Sarkozy-l-humaniste-defend-aux-Etats-Unis-ce-qu-il-s-acharne-a-detruire-en-France_a44673.html

Partager cet article

Published by Eva R-sistons - dans Santé
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche