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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 02:35

 

sarko-porte-voix.jpg

« Je vais vous dire une chose : en demandant la régulation du capitalisme, je pose les bases qui sauveront le capitalisme. » Mot pour mot, c’est la phrase qu’a prononcé Nicolas Sarkozy le 29 mars dernier devant les étudiants de l’université Columbia, lors de son déplacement aux États-Unis.
  
Quel que soit le contexte dans lequel elle a été prononcée, cette citation est intéressante à plus d’un titre.
  
Sur le plan psychiatrique en premier lieu. Mettez-vous face à une glace, imaginez que vous êtes le premier représentant de votre pays à l’étranger, et répétez cette phrase à voix haute. Selon votre tempérament ou votre humeur du jour, vous allez pouffer de rire, ou rougir jusqu’aux oreilles en vous entendant proférer de telles âneries, ou tout simplement vous n’oserez pas parler tellement vous trouvez cette déclaration ridicule.
  
Pas Nicolas Sarkozy. L’enflure de son ego et la distorsion entre le monde tel qu’il est et la représentation qu’il en a sont devenues telles qu’il peut non seulement affirmer sans rire de telles sottises mais aussi et surtout y croire profondément, être des plus sérieux et intimement persuadé que ses propos sont justes et sensés.
  
Cette posture messianique (le « Je vais vous dire une chose » prononcé publiquement ne veut-il pas s’apparenter au « En vérité je vous le dis » ?) apparaît comme la manifestation de troubles psychiatriques sérieux. Avant son élection, le journal Marianne avait d’ailleurs détaillé les troubles de la personnalité de Sarkozy dans un article… prophétique !
  
Cette phrase révèle également la nature profonde de celui qui la prononce. Voila un Président de la République dont l’ambition est de sauver une doctrine économique que Le Petit Robert définit comme un « régime économique et social dans lequel les capitaux, sources de revenus, n’appartiennent pas, en règle générale, à ceux qui les mettent en œuvre par leur propre travail ».
  
Noble tâche ! La France a connu des hommes et des femmes dont l’ambition, selon les nécessités de l’heure, était de sauver un régime politique (Catherine de Médicis ou, plus tard, Mazarin, qui voulaient sauver la Couronne, par exemple) ou le pays lui-même, occupé par une puissance étrangère. L’ambition de Sarkozy est tout autre : sauver le capitalisme ! Imagine-t-on Clemenceau ou de Gaulle prononcer une telle phrase ?

Au-delà du cas Sarkozy, et si l’on s’efforce de décoder le fond du propos, cette phrase révèle ce que nombre d’entre nous perçoivent, plus ou moins confusément : le système économique dénommé « capitalisme » nous envoie droit dans le mur. Inégalités croissantes, exploitation non contrôlée des ressources naturelles, chômage, crises financières à répétition… ce système économique, qui a pu donner sa pleine mesure tant qu’il restait des espaces à conquérir, que le monde n’était pas « fini » ou « borné », semble non seulement inadapté mais surtout dangereux dans un monde où les ressources sont en quantité limitée, où l’on doit plus que jamais véritablement penser et bâtir l’avenir, au lieu de laisser aux générations futures le soin de régler l’addition...
  
Concluons en remarquant que si c’est Sarkozy qui est chargé de sauver le capitalisme, et compte tenu de ses capacités et de son bilan, il va très rapidement falloir trouver une solution de rechange !
  
  
Lundi
© La Lettre du Lundi 2010

 

http://lalettredulundi.fr/2010/04/04/ad-majorem-pecuniae-gloriam/

 

 

 

Le capitalisme,

un système économique condamné par la science

  

Par Gilles Bonafi

  

Lorsque l’on parle de la crise actuelle, on entend tout et n’importe quoi, mais de nombreuses voix s’élèvent et commencent à soulever le problème posé par un système économique qui conduit l’humanité à la catastrophe, un système économique

 

 

J’avais déjà affirmé que ce système n’était que le reflet de nous-mêmes illustré par la loi de puissance (loi de Pareto) et les fractales. Les pires d'entre nous (et non les meilleurs) réussissant donc, ceux qui sont sans scrupules et dont l'ego est le plus développé, de supers prédateurs en quelque sorte. Quel que soit le système mis en place, la loi de puissance et les fractales s'appliquent (communisme ou capitalisme), or, ne l’oublions pas, la loi de Pareto est une exponentielle, c’est à dire une courbe tendant vers l’infini ce qui est impossible dans un monde fini, notre biosphère.

 

Pourtant, ce fonctionnement de notre système ne peut échapper à l’un des principes fondamentaux de la science : l’entropie.

 

 Principe d’équilibre 


 

Pour comprendre, il faut reprendre tout dès le début et bien comprendre ce que l’on nomme le principe d’équilibre, un principe qui s’applique aussi à notre système économique.

Les mathématiques sont la clé, mais malheureusement nos chers professeurs oublient l’essentiel, la spiritualité ou plutôt la conscience et l’on finit par être dégoûté d’une matière qui est la clé de tout.

 

Commençons par le zéro et observons-le : 0. Le mot chiffre nous vient de l’arabe « sifr » qui veut dire le vide. Il représente le vide délimité par un cercle, le serpent qui se mord la queue (Ouroboros) symbole de l’équilibre que l’on retrouve partout dans l’univers à l’exemple de l’atome, la cellule, l’œuf, la terre, et dans toutes les religions.   
 

Une exponentielle tend vers l’infini à l’exemple de la droite. Vous voyez où je veux en venir, tracer une droite à l’intérieur d’un cercle est impossible, on finit par se heurter à la limite de ce cercle. Pour l’anecdote, ce rapport de l’infini, le chaos (l’exponentielle, la droite) et du fini, l’ordo (le cercle) se nomme pi.

 

Les sages anciens l’avaient très bien compris et définissaient le principe d’équilibre par la succession des phases de désordre, d’expansion et de contraction, d’ordo ab chao illustré par la théorie du Tsimtsoum.

En effet, rien ne peut se développer à l’infini, et la contraction (le tsimtsoum) finit toujours par se produire. On le retrouve au niveau de l’homme avec la respiration, des étoiles qui deviennent géantes rouges (expansion) puis  naines blanches (contraction) mais aussi dans la fameuse histoire de la grenouille qui voulait devenir aussi grosse que le bœuf, un conte qui s’applique à merveille à nos « élites » et à ce qu’il se passe aujourd’hui.

 

La crise économique actuelle doit être analysée sous cet angle. Notre économie est en phase de destruction, de repli sur elle même, le principe fondamental d’équilibre et surtout d’entropie.

 

 

Entropie et crise économique

 

Einstein expliquait sans cesse qu’à ses yeux la loi la plus importante de la physique était « le second principe de la thermodynamique », c’est à dire la notion d’entropie.

 

Pour comprendre, ce qu’est la notion d’entropie il faut se référer aux lois de la thermodynamique. Etudier l’entropie d’un système revient en fait à mesurer le degré de désordre d’un système. Selon ces lois, lorsque l’entropie d’un système augmente, il finit par produire du désordre (le chaos) et finit par gaspiller de façon incohérente son énergie, ce qui s’applique à merveille à nous mêmes et donc à notre système économique.

 

En effet, l’homme, en consommant de l’énergie de façon incohérente (nourriture, énergies fossiles) augmente le désordre, le chaos (la pollution, la destruction des autres espèces).

D’ailleurs, les mathématiciens Arnaud Chéritat et Xavier Buff viennent de démontrer que le chaos est omniprésent dans les systèmes dynamiques, ce qui s’applique à notre système économique.

Or, ceci est une révolution majeure car ils prouvent mathématiquement l’impossibilité de prédire à long terme le comportement de notre système économique.


Pour ceux qui veulent approfondir il s’agit de l’affirmation par ces deux remarquables mathématiciens qu’« il existe des ensembles de Julia d’aire strictement positive ».

 

L’argumentaire de Paul Jorion sur la nécessaire mise en place d’une interdiction des paris sur les fluctuations de prix vient de trouver un allié de poids, la science !


Vous comprenez donc les implications majeures de cette découverte.
La finance ne devrait tout simplement plus exister car elle introduit du chaos dans le système.

 

 

Les solutions

 

Jusqu’à présent, peu de solutions ont été proposées pour résoudre ce dysfonctionnement profond, ce hiatus fondamental entre le fonctionnement de l’homme (microcosme) qui fonctionne en circuit ouvert dans un monde fini (le macrocosme). Or, la vie sur le long terme ne peut perdurer sans l’union des deux, le principe d’équilibre et d’harmonie qui est notre base spirituelle (conscience) commune et qui était la base de la vie chez les peuples dits primitifs.

 

Frédéric Lordon chercheur au CNRS critiquait l’idéologie néolibérale en affirmant :

« Alain Minc n'est pas capable de bâtir un « argument » économique sans invoquer la loi de la pesanteur. »


Et pourtant, sur le fond Alain Minc a raison, mais seulement il a choisi le pire (loi de la jungle) et non le meilleur (loi de Pareto, entropie et fractales) pour justifier un système économique qui ne résiste pas à trois minutes d’analyse et désormais aux mathématiques. Car pour l’idéologie néolibérale tout est résumé par la loi de la jungle, la loi du plus fort qui devient la loi de puissance (loi de Pareto). « Le côté obscur de la force » donc.

 

Cependant, Frédéric Lordon ne fait pas que critiquer et il nous laisse une proposition qu’aucun média ne relaie : fermer la bourse. Voilà une idée intéressante car la finance est au cœur du système et c’est elle qui favorise l’évolution exponentielle des dettes et le chaos. De plus, on sait aujourd’hui que 5 banques US contrôlent près de la moitié des produits dérivés (plus de 200 000 milliards de dollars) et ont instauré un gigantesque délit d’initié à l’aide d’algorithmes financiers qui permet de gagner à chaque fois  et, bien sûr, ceci déconnecté de toute réalité économique.J’affirmais dans mon article

"Pourquoi l'économie mondiale ne s'est pas effondrée en 2009" :

« Il faut bien comprendre que la bourse n'a qu'une seule utilité sociale, celle de fournir des capitaux aux entreprises. Or, c'est l'inverse qui se produit actuellement et c'est l'ensemble de la société qui est prise en otage et se dépouille de ses richesses au profit de quelques-uns. »

 

Nous sommes de plus en plus nombreux à le crier haut et fort comme Omar Aktouf  professeur à HEC Montréal  ou Paul Jorion.


Désormais, Frédéric Lordon enfonce le clou sur le vrai fonctionnement de la finance :

« les entreprises vont moins s'approvisionner en capital à la Bourse qu'elles n'y vont s'en faire dépouiller, puisque ce que les actionnaires leur extorquent (en dividendes et en rachat d'actions) finit par l'emporter sur ce qu'ils leur apportent, de sorte que ce n'est plus la Bourse qui finance les entreprises mais les entreprises qui financent la Bourse ».

 

La finance est donc l’endroit où se concentrent « les métastases » d’un corps malade qu’il faut amputer avant qu’elles ne se propagent.

 

Cependant, il faut être clair, cela ne serait qu’une étape, la nécessaire remise en cause du capitalisme devant être au cœur des débats. Imaginer un système économique fonctionnant en circuit fermé et dont l’homme et non l’argent serait le cœur. Criminaliser l'excès de richesses en plafonnant le patrimoine personnel. Un système distributif (et non redistributif) qui remette la connaissance à sa juste place et qui élève l’homme au lieu de le transformer en animal (mythe de Circé), en esclave, une constitution pour l’économie.

 

« Pour comprendre, apprenons à rêver! » August Kekulé.

Gilles Bonafi est professeur et analyste économique.

 

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=18477

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