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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 04:09

superman hortefeux adn

Estrosi la polémique…on aurait aimé que les médias traditionnels, France Télévisions, JDD, le Point, le Monde, relayent avec un peu plus d’insistance – puisqu’ils en ont tout de même parler – cette autre polémique, bien plus intéressante.


Georges Charpak et d’autres scientifiques invitent à renoncer au réacteur à fusion nucléaire Iter un titre pour le moins clair et sans équivoque. Quel est le problème? Ce fameux projet né d’un accord international entre la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom) et 6 pays (Chine, Inde, Japon, Corée du Sud, Russie et USA), projet au coût exorbitant qui se chiffre en dizaine de milliards d’euros, vise normalement à découvrir une nouvelle forme plus propre et bon marché de générer de l’électricité. Sauf qu’il semble être géré en dépit du bon sens.
En tout état de cause, la première mauvaise nouvelle, ce que reproche Charpak et le collège de scientifiques qui s’associent à cette diatribe, c’est la déduction des sommes investies dans Iter aux autres budgets de la recherche. En somme, le gouvernement s’amuse à déshabiller Jacques pour habiller Paul.
Or le succès du programme Iter, est par essence, impossible à prévoir. Nous sommes dans le domaine de la Recherche et comme le précise le prix Nobel de physique, la première des difficultés sur les 3 que comptent la fusion nucléaire, ne sera étudiée qu’en 2019 (sic!) Comment alors justifier l’abandon des autres secteurs de la recherche scientifique au profit d’un seul programme? Une hérésie pure qui ressemble à s’y méprendre à l’adage « mettre ses oeufs dans le même panier »
Malheureusement la polémique lancée par ces courageux scientifiques est retombée aussi sec, les rédactions préférant se rassasier en plein été de sujets faciles tels que l’insécurité.
Rappelons que le projet Iter a été initié bien avant l’accession au trône de Nicolas, dans un élan de la communauté scientifique internationale. Derrière ce projet se cache le lobby nucléaire qui promettait déjà en 2005 en échange des sommes investies plus de 4.000 emplois créés dans la zone de Cadarache (Bouches-du-Rhône). Cadarache haut lieu sismique, l’endroit rêvé pour construire un complexe de recherche nucléaire…
5 ans après l’octroi du projet – cadeau empoisonné plutôt – à l’Europe, les responsables du projet découvrent à leur grand étonnement la sismicité des lieux transmutant le coût initial du réacteur 5,9 milliards à 7,2 milliards d’euros entre 2007 et 2020 (20% à la seule charge de la France).
Dans un monde financier secoué par la crise, en juillet 2010, seul Pierre Lellouche (député UMP) pouvait s’enorgueillir d’un « Nous allons trouver les réponses financières à donner » avant d’ajouter humblement « pour trouver la source d’énergie de la planète à la fin de ce siècle ».
Ah le lobby nucléaire est très puissant…

A lire: la vision du projet ITER par Jean-Pierre Petit physicien et ancien chercheur au CNRS de Marseille, grand vulgarisateur et pédagogue.

Et pendant ce temps-là, pendant que la France fait joujou avec ses atomes, le monde entier se lance dans la conquête de l’ETM ou énergie thermique des mers ou énergie maréthermique, terme que vous pouvez retrouver en anglais sous l’acronyme Ocean thermal energy conversion. Il consiste « bêtement » à exploiter la différence de température entre des eaux superficielles et profondes pour produire de l’électricité. Un concept aussi vieux qu’Hérode ou presque, puisque déjà le visionnaire Jules Verne en 1869 le mentionnait déjà par la bouche du Capitaine Némo!
La première industrialisation fut l’invention du fondateur d’Air Liquide, l’ingénieur français Georges Claude, qui construisit en 1928 un groupe ETM dans une mine belgeLe procédé consistait à jouer sur la différence de température entre l’eau chaude d’un circuit de refroidissement d‘un haut fourneau et l’eau froide de la Meuse.
Depuis les scientifiques du monde entier travaillent de concert dans une véritable lutte pour la conquête du marché, car au fur et à mesure des années les obstacles techniques ont été soulevé.
Après avoir validé élément par élément les différents organes, les scientifiques et industriels passent désormais aux tests de faisabilité et de fiabilité en eaux profondes, grandeur nature.
Suite à l’abandon de la technologie au début des années 80 – le lobby nucléaire et pétrolier n’étant pas étranger à ce revirement – la France reprend ses recherches depuis 2007 pour tenter de combler son retard sur les pays étrangers, USA, Japon, Russie. Premiers nouveaux tests à la Réunion puis en Polynésie Française.
L’objectif final sera de générer de l’hydrogène, à partir de l’eau et de l’électricité obtenu via l’ETM, plutôt que via l’énergie fossile. L’hydrogène créé par électrolyse à partir de ces 2 composés permettra ensuite de stocker de l’électricité, dans les futurs piles à hydrogène. Ne reste plus qu’à stocker l’hydrogène sous une forme facilement exploitable, notamment à basses pressions.
L’ETM semble être une des vraies solutions, complémentaire des autres sources d’énergie renouvelable, pour commencer à entrevoir un avenir sans nucléaire. Encore faut-il investir massivement dans cette voie…

Terminons cet article dédié aux sciences par le récent et ridicule classement mondial de Shanghaï des universités. Encore un classement qui comme chaque année continue le dénigrement des principes républicains de l’université et qui sert sur un plateau, classement oblige, des arguments fallacieux aux néoconservateurs de la pire espèce pour détruire l’université à la française face au modèle américain avec la fameuse université privée d’Harvard.
Pourquoi ridicule? Simplement parce, comme s’en émeuvent les enseignants-chercheurs français, les méthodes de calcul (comme les questions des sondages du Figaro) sont biaisées!
Ainsi le système se base sur nombre de prix Nobel et du nombres de publications scientifiques.
Or il ne prend pas en compte véritablement la qualité de la formation et encore moins la réussite de l’intégration dans le milieu professionnel après la formation.
Pour preuve d’après le site web de l’ENS de Lyon, Transversale:
Qualité de l’éducation :
- [point 1] (nombre d’élèves de l’institution qui gagnent un prix Nobel ou une médaille Fields [récompense en mathématiques] ) : 10%
Qualité de l’institution :
- [point 2] (nombre de membres de l’institution qui gagnent un prix Nobel ou une médaille Fields) : 20%
- [point 3] (Les chercheurs les + cités dans des revues scientifiques reconnues de 21 disciplines, étude ISI, HiglyCited.com ) : 20%
Production Recherche :
- [point 4] (Articles parus dans Nature & Science, sauf pour les shs, pour les shs les 20% sont répartis sur les autres indicateurs) : 20%
- [point 5] (Articles parus mais dans le Social Science Citation Index de l’ISI http://scientific.thomson.com/products/ssci/) : 20%
Taille de l’institution :
[- point 6] (performance académique par rapport à la taille de l’institution) : 10%
Un système bien partiel et partial donc, basé uniquement sur les apparences souvent trompeuses, les récompenses et autres médailles Fields ne faisant pas tout.

Et nos politiques dans tout ça? Pour le moment, ceux au pouvoir, comme Borloo, ministre des autoroutes, demeurent plutôt réceptifs au lobby du nucléaire, du pétrole, au BTP, aidés dans leur duperie de l’opinion publique, de grands guignols nouvellement écolos comme Yann-Arthus Bertrand. Quant aux autres domaines de la recherche scientifique, comme la génétique, les arrières pensées les plus abjectes prennent le dessus. Rappelez-vous, le fichage génétique:


Auteur : CPolitic - Source : CPolitic

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=15022

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