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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 23:01

18 août 2010

“Corrompus jusqu’à la moelle” selon le Dr Chopra — Corruption à Santé Canada — Des scientifiques sonnent l’alarme — Monsanto — OGM

Corrompus+moelle.jpg
“Corrompus jusqu’à la moelle” est l’histoire inspirante du Dr Shiv Chopra, bien sûr, mais aussi celle de scientifiques intègres qui, face à la corruption, n’ont pas craint de mettre de côté leur sécurité personnelle, voire leur carrière, pour défendre l’intérêt public.



Shiv+Chopra+d.jpg 

Parler du Dr Chopra, c’est parler d’innocuité alimentaire; les deux sont indissociables. En effet, pendant plus de trois décennies au service de Santé Canada, ce scientifique s’est érigé comme le porte-étendard de cette cause. Forts du soutien sans réserve de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, syndicat composé de 50.000 fonctionnaires – scientifiques et professionnels – le Dr Chopra et ses collègues ont systématiquement refusé d’approuver l’homologation de drogues dangereuses telles que l’hormone de croissance bovine, le Baytril et le Revalor-H, conçus pour stimuler la production bovine et laitière.

Au fil de leur carrière à Santé Canada, le Dr Chopra et ses collègues ont choisi de s’opposer à plusieurs premiers ministres et ministres de la Santé qui n’avaient que peu d’égard pour la sécurité publique. En dépit des tentatives de bâillonnements, ils ont divulgué des informations clés à ce sujet aux médias, et ont été appelés à témoigner devant plusieurs comités sénatoriaux et parlementaires. Au bout du compte, les tribunaux ont donné raison au Dr Chopra et à ses collègues scientifiques. Pourtant, ils ont été accusés d’ “insubordination”, puis congédiés.



Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens


Maude Barlow est présidente nationale du Conseil des Canadiens, le plus important organisme canadien de défense des droits publics, fondatrice du projet Planète bleue, et conseillère auprès du World Future Council en Allemagne. En 2007, on lui a décerné le prix suédois Right Livelyood, communément appelé le “Prix Nobel alternatif”.

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Je n’emploie jamais le mot “héros” à la légère. En ce monde, très peu de gens sont prêts à consentir aux sacrifices personnels qu’exige le port de ce titre. Shiv Chopra est un héros, comme le sont aussi cinq de ses collègues scientifiques; tous ont eu le courage de confronter les autorités du bureau d’inspection des aliments de Santé Canada. Horrifiés face à des normes laxistes et à l’influence de grandes sociétés sur la réglementation dans le domaine de l’innocuité des aliments, Shiv et ses collègues dénonciateurs ont mis à risque leur carrière, leur réputation et leur santé pour protéger le système alimentaire canadien.


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Outre le fait qu’il soit un scientifique brillant, Shiv Chopra est un homme à la voix douce, drôle et plein de tendresse, pour qui la famille est importante. Tout ce qu’il désirait au départ était de mettre son impressionnante formation au service des Canadiens(nes), de manière à ce qu’ils consomment les aliments les plus sécuritaires au monde. Au lieu de cela, Shiv a plutôt été mis en face d’un choix: celui de se taire, alors que Santé Canada adoptait des règlements qui mettaient en péril la sécurité de notre système alimentaire, ou celui de prendre ouvertement position. Il a choisi la deuxième voie.


J’ai rencontré Shiv pour la première fois au moment où nous, membres du Conseil des Canadiens, luttions pour maintenir l’exclusion de l’hormone de croissance bovine du lait canadien. Shiv s’est avéré notre allié le plus formidable, tant par sa personnalité que par de brillants témoignages lors de commissions parlementaires ou à l’occasion d’événements publics que nous avons parrainés.


Mon plus précieux souvenir de Shiv est lorsque j’ai partagé l’estrade avec lui et Ralph Nader, lors d’une conférence d’envergure tenue à Ottawa, et ayant pour titre “La science au service du bien-être public”. Après avoir reçu notre prix du “Sonneur d’alarme de l’année”, Shiv a affirmé qu’il était prêt à mettre la population en garde “encore et toujours”, jusqu’à ce que cesse tout abus. C’est alors que Ralph Nader a renchéri en éclatant de rire et en déclarant que depuis ses débuts en tant qu’agitateur, il n’avait jamais entendu quelqu’un annoncer publiquement, et à l’avance, sa ferme intention de tirer ainsi la sonnette d’alarme. Mais voilà, Ralph Nader ne connaissait pas Shiv Chopra comme nous le connaissons.


Ceci est donc l’histoire d’un héros auquel tout Canadien et toute Canadienne devraient rendre honneur. Le livre de Shiv Chopra est tout aussi choquant que l’est son compte rendu de la corruption qui règne aux niveaux les plus élevées de Santé Canada. Mais il est aussi rempli d’espoir et nous rappelle qu’il existe encore des gens qui se soucient davantage de la sécurité d’autrui et de l’intégrité du système que de leur propre carrière.


Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens



Paul Dewar, membre du Parlement


Nous connaissons tous l’expression “notre alimentation révèle qui nous sommes”, mais qu’en est-il si nous ignorons la teneur des aliments que nous consommons? Ce que nous mangeons a des répercussions certaines et durables sur notre santé.

Paul+Dewar+d.jpg

Le lundi, 14 avril 2008, je me suis levé à la Chambre des communes pour déposer une pétition rédigée par le Dr Chopra, et signée par des centaines de Canadiens(nes) provenant de tous les coins du pays.


«Monsieur le Président, c’est avec plaisir que je dépose aujourd’hui une pétition qui porte la signature de Canadiens (nes) d’un bout à l’autre de ce pays, par laquelle ils demandent au gouvernement de prohiber l’utilisation d’hormone, d’antibiotique, de tout résidu d’abattoir récupéré, de tout organisme génériquement modifié et tout pesticide dans la préparation des aliments.


«Les Canadiens(nes) se soucient profondément de la sécurité des aliments qu’ils consomment et de leur effet sur leur santé. Les gouvernements peuvent et devraient offrir aux Canadiens(nes) des produits alimentaires non seulement stables, mais surtout sains et libres de tout contaminant et de toute toxine.» – Le Hansard


Comme c’est le cas pour moi, ceux et celles qui ont signé cette pétition connaissent bien les travaux du Dr Chopra. Au fil des années où j’ai côtoyé ce dernier, j’ai compris combien il est important que le processus de fabrication des aliments et ses conséquences sur la santé soit de notoriété publique.


À titre de contribution initiale à la lutte du Dr Chopra pour la sécurité alimentaire, j’ai présenté un projet de loi visant la divulgation complète des ingrédients contenus dans les aliments, en réformant les pratiques canadiennes d’étiquetage alimentaire. Mon projet de loi exige l’étiquetage obligatoire de produits de viande ou de poulet contenant des hormones, des antibiotiques ou des résidus d’abattoir récupérés, ainsi que de tout aliment contenant des pesticides ou des organismes génétiquement modifiés. Lorsque les Canadiens(nes) se mettent à table, ils désirent que les aliments qu’ils consomment les nourrissent au lieu de les rendre malades. Suite à la lecture du livre du Dr Chopra, je crois que l’étiquetage obligatoire des aliments constitue la première étape du processus de réhabilitation de la production alimentaire de notre pays.


Dans le présent livre, le Dr Chopra révèle aux lecteurs la négligence outrageuse dont fait preuve leur gouvernement en matière d’innocuité alimentaire. Le compte rendu de ses expériences et des efforts déployés pour mettre en garde son entourage et la population, de même que le récit des abus dont il a été victime de la part de ses supérieurs risquent de consterner le lecteur. Toutefois, le projet du Dr Chopra ne vise ni à semer la peur ni à soulever la colère. En fait, l’auteur cherche plutôt à mobiliser ses lecteurs en vue du changement – comme l’ont fait les centaines de personnes ayant déjà signé sa pétition – exigeant de leur gouvernement l’innocuité alimentaire.

Paul Dewar, député Ottawa Centre


Dre Vandana Shiva


Physicienne de formation, Vandana Shiva a complété son doctorat à la University of Western Ontario. Par la suite, elle est devenue une militante écologique de renommée mondiale, une activiste environnementale et l’auteur de plusieurs ouvrages sur la sécurité alimentaire, la mondialisation et autres sujets connexes. Elle est de nationalité indienne et a pris part, dans les années 1970, au mouvement indien Chipco, lancé par des femmes déterminées à protéger les forêts de leur pays. Comme Ralph Nader, Jeremy Rifkin, Jerry Mander et Edward Goldsmith, elle est membre du Forum international sur la mondialisation. Elle a aussi été une des têtes d’affiche du documentaire canadien “The Corporation”. En 1993, on lui a remis le prix suédois Right Livelyhood, communément appelé le “Prix Nobel alternatif”.


 Vandana+Shiva+d.jpgLe cancer de la corruption par les grandes entreprises, de la science et de la réglementation en matière de sécurité, constitue une menace de plus en plus sérieuse pour la santé, tant publique que planétaire.


Le livre du Dr Shiv Chopra, Corrompus jusqu’à la moelle, constitue un compte rendu de cette corruption dont a été témoin un scientifique de renom. Le courage dont l’auteur fait preuve dans son ouvrage procure une dose de résilience à tous ceux et celles qui se soucient de l’intégrité scientifique, de l’indépendance de la réglementation gouvernementale face aux grandes sociétés, et de la protection des citoyens contre les aliments et médicaments dangereux.


La corruption qu’a combattue le Dr Chopra au Canada se répand partout, alors que de grandes sociétés internationales subvertissent réglementation et recherche scientifique pour imposer à la société des produits non sécuritaires. Rien n’illustre mieux cet état de chose que la volonté d’imposer l’usage d’OGM (organismes génétiquement modifiés) dans nos aliments et en agriculture.


La première étape vers cette corruption a été franchie lorsque les États-Unis déréglementèrent les OGM sur la base d’un faux principe scientifique, celui de l’ “équivalence substantielle”. L’industrie biotechnologique, qui aime être reconnue comme l’ “industrie des sciences de la vie” et qui contrôle les semences et les produits chimiques destinés à l’agriculture, a joué de son influence pour freiner l’instauration de règles internationales, en faisant appel à la Convention de l’ONU sur la diversité biologique. J’étais membre du groupe d’experts sur la biosécurité mis sur pied par le PNUE pour créer l’ossature du protocole de biosécurité, conformément à l’article 19.3 de la Convention. C’est à ce titre que j’ai été témoin des manœuvres d’intimidation de l’industrie, laquelle sert de porte pivotante à l’administration fédérale américaine. En dépit de cette intimidation, le protocole sur la biosécurité a été établi.



Monsanto, entreprise spécialisée dans la biotechnologie végétale


En 1998, Monsanto a publié des annonces dans les journaux indiens concernant l’introduction de son Bt. Cotton, Bollgard. Sachant que l’Inde avait une réglementation musclée en matière de biosécurité, j’ai tenté de savoir si Monsanto jouissait d’une autorisation légale pour ce faire. Ce n’était pas le cas. J’ai donc initié l’ouverture d’un dossier en cour suprême de l’Inde afin que cessent les essais sur le terrain et que soit défendue la commercialisation proposée du produit. Conséquence de notre initiative, Monsanto ne pouvait plus faire fi des organismes de réglementation. Elle a donc commencé son travail de corruption. Le résultat? En 2002, l’autorisation a été accordée à la compagnie pour la commercialisation de ses semences.


Les semences Bt. Cotton coûtaient cher, en plus d’être ni fiables ni renouvelables. Conséquemment, les fermiers indiens se sont endettés. Depuis ce temps, plus de 200.000 d’entre eux se sont suicidés. Le territoire où se sont produits ces suicides correspond à celui des cultures de Bt. Cotton. Vidharbha compte aujourd’hui 2,8 millions d’acres ensemencés au Bt. Cotton. On estime qu’un fermier s’y suicide tous les huit heures.


Monsanto corrompt aussi la recherche. Nos propres recherches font état de récolte moyennes de 300 à 400 kg à l’acre dans les champs arrosés de l’eau de pluie, alors que selon les chiffres contrefaits de Monsanto les résultats seraient plutôt de 1500 kg à l’acre. Alors que nos recherches révèlent des pertes de 6400 roupies à l’acre, les recherches parrainées par Monsanto affirment que le Bt. Cotton a aidé les fermiers à augmenter leurs revenus de 70,39 milliards de roupies.


Monsanto s’est ensuite attaqué à la déréglementation; c’était le 9 septembre 2007. Ce jour-là, le gouvernement de l’Inde a lancé une attaque contre le droit des citoyens à des aliments sécuritaires en publiant un avis permettant aux aliments contenant des OGM d’être libres de toute autorisation obligatoire. Il s’agissait là d’une tentative de subvertir les lois en vigueur.


Les organismes génétiquement modifiés et leurs produits sont réglementés par les “Règles de fabrication, d’usage/importation/exportation et d’entrepoage de dangereux microorganismes, organismes ou cellules génétiquement modifiés” de 1989, dans le cadre de la Loi sur la protection de l’environnement de 1986.


Sous cette réglementation, le Comité d’approbation du génie génétique du ministère de l’Environnement et des Forêts doit approuver toutes les “applications liées à la technologie génétique”, approbation “axée sur la protection de l’environnement, de la nature et de la santé”.


La règle n° 2 sur les applications stipule clairement que ces règles s’appliquent dans le cas d’organismes, de cellules et de microorganismes génétiquement modifiés, et conséquemment à toute substance, à tout produit, à toute matière alimentaire, et ainsi de suite, desquels ces cellules, organismes ou tissus constituent une composante.


La règle n° 10 sur les permissions et l’approbation de certaines substances stipule que les substances et produits qui contiennent des organismes, cellules ou microorganismes génétiquement modifiés ne doivent être ni fabriqués ni vendus ni utilisés sans l’approbation du Comité d’approbation du génie génétique.


La règle n° 11 sur les permissions et l’approbation de matière alimentaire précise clairement que les matières alimentaires, leurs ingrédients et les additifs, incluant les aides au processus de fabrication contenant ou formés de cellules ou d’organismes issus du génie génétique, ne doivent pas être fabriqués, vendus, importés ou utilisés sans l’approbation du comité d’approbation du génie génétique.


Tout au long de ces règlements, référence est faite au dommage possible infligé “à l’environnement, à la nature ou à la santé”. En termes non équivoques, les règlements de 1989 de la Loi sur la protection de l’environnement s’appliquent aux aliments dérivés d’OGM et inclut les conséquences sur la santé des OGM et de leurs produits. Ils précisent aussi clairement que l’approbation obligatoire du comité d’approbation du génie génétique constitue un incontournable. L’avis accordant aux aliments génétiquement modifiés d’être exempts de toute approbation réglementaire est totalement injustifié. Cité dans l’Indian Express du 27 septembre 2007, dans un article portant le titre “Doors opened for processed GM foods to enter market” (Portes ouvertes permettant aux aliments génétiquement modifiés d’être mis en marché, traduction libre), un membre du comité d’approbation du génie génétique aurait affirmé que le mandat du comité a trait à la “sécurité environnementale”, et puisque les OGM dans les aliments ne se propagent pas et ne croisent pas, ils ne sont pas de leur ressort.


Ceci est totalement faux. La Règle n° 2 des Règles de 1989 stipule clairement que l’approbation obligatoire est requise pour tout produit et toute matière alimentaire fabriqués à partir d’OGM, plutôt que d’organismes naturels. De plus, il est clair que les règles ont été mises en place pour réguler santé et environnement. C’est pourquoi le Comité compte parmi ses membres le directeur général du Conseil indien de la recherche médicale (ICMR) et représentant du ministère de la Santé. Il s’agit de s’assurer que le ministère et l’ICMR soient plus actifs quant à l’évaluation des conséquences pour la santé, telles que définies dans les Règles de 1989.


La déréglementation des aliments génétiquement modifiés est sans équivoque orchestrée par l’industrie alimentaire pour deux raisons: 1. permettre l’importation non réglementée d’aliments génétiquement modifiés; 2. en permettre la production.


Le gouvernement a déjà annoncé que l’importation d’huile de soja fabriquée à partir de graines de soja génétiquement modifiées n’a pas besoin d’approbation (Business Line, 29.09.07). C’est mal de tenter ainsi de déréglementer les aliments génétiquement modifiés. C’est mal parce que la loi stipule clairement que les matières alimentaires dérivées d’OGM doivent être approuvées par le comité sur la base de l’évaluation des risques pour la santé. C’est mal aussi parce que la science est parvenue à prouver de façon adéquate que le génie génétique entraîne des risques inhérents pour la santé tels que:


des effets toxiques et allergènes qui résultent de produits transgéniques ou d’interactions entre des transgènes et des gènes hôtes;


la propagation vectorielle de gènes marqueurs résistants aux antibiotiques jusqu’à atteindre les bactéries intestinales et les pathogènes;


la propagation vectorielle de la virulence pathogénique entre espèces par le transfert et la recombinaison de gènes à l’horizontale;


la possibilité de transfert et de recombinaison génétique horizontaux vectoriels menant à la création de nouvelles bactéries et de nouveaux virus pathogéniques;


la possibilité d’infection cellulaire vectorielle après l’ingestion d’aliments transgéniques menant à la régénérescence de virus porteurs de maladies, ou d’auto-insertion du vecteur dans le génome de la cellule causant des effets nocifs ou mortels pouvant aller jusqu’au cancer.


Arpad+Putzai+g.jpgOn a déterminé que les aliments fabriqués à l’aide d’OGM étaient porteurs de risques nouveaux et surprenants pour la santé:


la levure génétiquement modifiée est 200 fois plus toxique que la levure qui ne l’est pas;


le maïs génétiquement modifié Star Link a dû faire l’objet d’un rappel à cause de réactions allergiques chez les personnes qui en avaient consommé.


En 1995, le gouvernement d’Écosse a accordé au professeur Arpad Putzai une subvention de recherche de 1,6 million de livres sur les aliments génétiquement modifiés, afin d’en déterminer la sécurité pour les humains. L’équipe du professeur Putzai, de l’Institut Rowett, a découvert que les nutriments d’une pomme de terre génétiquement modifiée étaient très différents de ceux d’une pomme de terre qui ne l’est pas. Des rats auxquels ont avaient donné à manger des pommes de terre OGM souffraient d’un affaiblissement de leur système immunitaire; leurs cellules blanches avaient beaucoup moins de vigueur que celles de rats soumis à un régime alimentaire absent d’OGM, les rendant davantage vulnérables à l’infection et aux maladies; les organes liés au système immunitaire, dont le thymus et la rate, présentaient aussi des signes de lésions. Les rats nourris aux pommes de terre génétiquement modifiées avaient un cerveau, un foie et des testicules plus petits, un pancréas plus gros, et ils souffraient de lésions intestinales. Le foie de certains rats était atrophié. Finalement, des modifications structurales et une prolifération de cellules de l’estomac et des intestins des rats nourris de pommes de terre génétiquement modifiées étaient révélateurs d’un risque de cancer plus élevé. Tous ces effets se sont manifestés à peine 10 jours après le début de ce régime alimentaire.


On a trouvé le promoteur du virus de la mosaïque du chou-fleur (CaMV), utilisé dans toutes les cultures génétiquement modifiées, intacte dans les tissus des rats après le premier repas, et on en a confirmé l’activité dans les cellules humaines. Des recherches effectuées sur des pois génétiquement modifiés mis au point par CSIRO, en Australie, ont été stoppées lorsqu’on a découvert qu’ils endommageaient le système immunitaire des souris.



À cause des risques que posent les “aliments Frankenstein” pour la santé et l’environnement, les consommateurs rejettent les aliments génétiquement modifiés


Les produits “nouveaux et améliorés”, selon les dires de l’industrie biotechnologique, sont bien “nouveaux”, mais pas “améliorés” aux yeux des consommateurs. En réponse à la pression appliquée par ces derniers, les détaillants et les grossistes en alimentation ont décidé de favoriser les aliments libres de tout OGM.


En avril 1999, Unilever, Nestlé et Cadbury annonçaient leur décision d’éliminer progressivement tous les produits génétiquement modifiés des marchés mondiaux, à cause de la résistance manifestée par les consommateurs. Tesco et Co-op firent de même, se joignant ainsi aux autres chaînes de supermarchés. En août 1999, Edeka, le plus grand commerce au détail allemand, déclarait qu’il renonçait à vendre tout aliment génétiquement modifié, et d’autres grosses entreprises allemandes comme Spar et Metro ont emboîté le pas. En septembre 1999, Brake Bros, le plus gros distributeur d’aliments surgelés du Royaume-Uni, a éliminé tous les ingrédients génétiquement modifiés de ses produits, faisant de la compagnie le premier fournisseur grossiste en approvisionnement libre de tout OGM. Le groupe promet que les 2000 produits alimentaires dont elle approvisionne les restaurants, les hôtels, les écoles et les hôpitaux seront libres de tout OGM.


Au Japon, l’importation de fèves de soja génétiquement modifiées a chuté rapidement, alors que les compagnies de transformation des aliments favorisent de plus en plus l’achat de fèves non modifiées. Le gouvernement japonais a annoncé un plan d’étiquetage obligatoire de produits fabriqués à partir de cultures génétiquement modifiées commençant en avril 2001. En août 1999, Kirin, la plus grosse brasserie du Japon et une société biotechnologique de premier plan, annonçait qu’au plus tard en 2001, elle cesserait d’utiliser du maïs génétiquement modifié dans la fabrication de sa bière; Sapporo Breweries Ltd., le troisième plus gros brasseur du Japon, a aussi pris la même décision. Honda Trading Co. construit une usine d’empaquetage de fèves de soja sans OGM et signera des ententes avec des agriculteurs américains pour en assurer la production. Fuji Oil Ltd., le plus gros fabricant japonais d’aliments protéinés à base de fèves de soja, n’utilise plus de fèves génétiquement modifiées depuis avril 2000.


L’industrie biotechnologique désirait l’acceptation des marchés européen et japonais, mais elle a échoué. Elle tente maintenant de pénétrer le marché alimentaire indien en déjouant nos lois. En cela, elle se sert de l’entente indo-américaine sur l’agriculture, qui

http://touteveriteestbonnealire.blogspot.com/2010/08/corrompus-jusqua-la-moelle-selon-le-dr.htmlporte le nom trompeur “Knowledge Initiative in Agriculture” (Initiative d’apprentissage en agriculture, traduction libre), pour arriver à ses fins. Le temps est venu de prêter autant d’attention à cette question qu’à l’accord portant sur l’énergie nucléaire.


Comme scientifiques et citoyens, le Dr Shiv Chopra et moi-même avons lutté pour protéger la science et le gouvernement contre la corruption des grandes compagnies, afin d’assurer aussi la protection des citoyens face à ce qui menace leur santé et leur sécurité. Je suis certaine que le témoignage du Dr Chopra fortifiera de nombreux scientifiques et citoyens, de sorte qu’ensemble, nous réussissions à défendre nos droits fondamentaux à vivre en santé et en sécurité.

Dre Vandana Shiva


Extraits de “Corrompus jusqu’à la moelle – Les mémoires d’un scientifique de Santé Canada

qui a choisi de sonner l’alarme”, éditions Le Mieux-Être, Montebello (QC) Canada, 2009

Photos: Google Images

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