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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 01:11
Samedi 9 octobre 2010 6 09 /10 /2010 05:21

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Un cas particulièrement pervers 

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Le camp de Terezin comportait une zone totalement séparée qui leur était réservée, figurant une sorte de "village" pimpant avec même des pots de fleur aux fenêtres... où au départ ils furent bien traités, nourriture, musique, travaux peu pénibles... on leur fournit même des cartes postales du camp pour envoyer à leur famille... et après que tous furent venus les rejoindre, on les gaza jusqu'au dernier. Le racisme des nazis à leur encontre était tel qu'ils ne voulurent même pas les "sélectionner" pour des travaux épuisants comme ils le faisaient pour les juifs.

Introduction d'eva R-sistons

Le génocide tsigane. J'y reviens, encore et toujours, et sciemment (j'ai la première crié haut et fort pour que cette cause soit enfin reconnue, et maintenant même de grands désinformateurs comme David Pujadas évoquent le génocide tsigane, incontournable en effet). On ne parle que de l'extermination des Juifs, pourtant ayant moins perdu des leurs que les Tsiganes, proportionnellement parlant.
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Scandale: Le génocide Rom n'a pas été reconnu au Procès de Nuremberg. 2 poids, 2 mesures ! Ce qui tendrait à prouver que rendre justice aux victimes ne compte pas, mais qu'Hitler a peut-être été créé, et les tragiques événements qui ont suivi, afin, au final, de justifier la création d'un foyer pour les Juifs en Israël - pas pour permettre aux persécutés d'avoir une terre à eux (les Décideurs ne se soucient guère des soufffrances des peuples), sinon pour, en réalité, servir, comme la Colombie en Amérique Latine, de base avancée à l'impérialisme américain, soucieux de dominer le monde et en particulier les juteuses régions d'Orient.
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Le moment venu, après avoir, dans un souci de Justice, travaillé à la légitime reconnaissance des souffrances des Tsiganes, j'enfourcherai une nouvelle cause, toujours eu égard à la Justice: La commémoration, le même jour, de TOUS les génocides, amérindien, noir, arménien, karen, hutu, etc, car aucune mémoire ne surpasse l'autre, toutes sont légitimes, toutes ont la même valeur, et de surcroît, cela aura le mérite de "désinstrumentaliser" la Shoah à des fins (bien éloignées des souffrances des Juifs) seulement impérialistes, en définitive, puisque Mâmon préside de plus en plus aux décisions mondiales, puisqu'il orchestre de plus en plus les événements de notre planète. A partir du moment où on reconnaît la même valeur à tous les génocides, non seulement on fait oeuvre de justice, mais on désamorce les utilisations abusives et malsaines, l'exploitation des faits à des fins, finalement, bassement mercantiles, militaro-financières, d'hégémonie et de prédation.
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Par ailleurs, quand on voit un BHL s'agiter à cause du port, par quelques femmes isolées, de la "burqa" (en réalité du voile intégral), ou de la lapidation d'une meurtrière, on se dit qu'il ferait bien de faire entendre sa voix médiatique au sujet du sort effroyable qui est réservé aux Roms et plus généralement aux Tsiganes, lui qui se dit si attaché à la défense des minorités ou des opprimés (sic). Mais non, silence total. Y aurait-il des causes plus légitimes que d'autres ? La souffrance des Juifs serait-elle plus digne de compassion que celle des Tsiganes ? Le deux poids deux mesures, là encore, est intolérable.
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Il est temps de revenir à la raison républicaine, de défendre les modes de vie différents, en l'occurrence, dans le cas des Tsiganes, itinérant, nomade (comme notre monde serait triste s'il était homogène !), et d'exiger que l'on commémore tous les génocides de la même façon. Il y va de la Justice, et de notre Honneur.
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Soyons vigilants, encore et toujours
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Eva R-sistons
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Merci à

Le samudaripen* est  le génocide des roms dont 20 à 50 % en Europe ont été exterminés pendant la seconde guerre, ce qui fait du samudaripen un ethnocide comparable à celui des juifs.     Qui ignore la Shoah ? Et qui connait le Samudaripen ?
*Meurtre total en romani- (littéralement "tout tuer", sa=tout; moudarel=meurtre), on dit aussi "pharrajimos".

 

Nous sommes tous réfugiés et issus de peuples divers...
et c'est bien ainsi
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Sympathique réfugié 2ème génération plein d'allant, modèle d'intégration  -comme quoi, quand on veut, on peut !  sans lequel la France ne serait pas ce qu'elle est.

Bref chapeau d'introduction sur les 700 000 roms
de Hongrie, pays des magyars.

Pour échapper à l'esclavage en Roumanie, ils arrivent au 13ème en Hongrie, pays-refuge des barbares nomades magyars [qui occupaient l'Europe centrale et au 9ème furent chassés vers l'ouest par les turcs petchenègues.]
Leurs conditions de vie sont telles que leur longévité est inférieure de 13 ans à celle des non roms. Certains actuellement regrettent le régime communiste et une vidéo antiromiste -le mot n'existe pas- a récemment été autorisée sous prétexte de liberté d'expression.
                                                                                                   sources (..)
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De l'Inde jusqu'à "chez nous", le périple des roms...
qui ne sont pas -tous- des "roumains" !!

(même si 40 à 70% des roms d'Europe vivent dans les Balkans)

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avec haltes champêtres et baby sitters comprises !
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ONZE SIÈCLES D’OPPRESSION

Ces derniers temps, les médias ont régulièrement traités des immigrés Roms de Roumanie. Bien souvent, ces reportages se font dans une optique raciste ou misérabiliste. Nous retraçons donc ici, dans les grandes lignes, l’histoire de ce peuple, comme les indiens et les kurdes, génocidé dans le silence général... et jusqu'en 1864, réduit en esclavage tout à fait légalement en Roumanie, une exception historique.

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[Dès 1315 Louis X proclame que le sol de France affranchit quiconque y pose le pied...
En 1526 Charles Quint qui, après avoir autorisé l'esclavage des Amérindiens, l'interdit.
En 1794, la Convention l'abolit (il sera rétabli par Napoléon)...
Et en 1848 -pendant le gouvernement provisoire- sous l'impulsion de Schoelcher, il est définitivement aboli. Sauf pour les noirs et les roms, le dernier peuple à avoir été libéré.
C'est en 1863 que Lincoln l'abolit aux Etats-Unis après la guerre de sécession. Les Roms devront encore attendre la brève prise de pouvoir de Koglniceanu, le "Lincoln" roumain*.]

*Voir plus loin.

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                  Roms, tsiganes, bohémiens, manouches, caraques... une question de vocabulaire..



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Les trois zones de départ, le Penjab -le pays des 5 rivières-; le Rajasthan -celui des guerriers rajpoutes, en partie désertique- ; et le Sind -un autre nom pour désigner l'Indus, le fleuve qui a donné son nom à l'Inde.- Notons que ces zones sont actuellement en partie au Pakistan

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"Lock" 101, c'est le nom de la circulaire qui fera date

 

Image du Blog tziganes.centerblog.net

Source : tziganes.centerblog.net  Hélène Larrivé

"Télégramme du 20 juillet 2010, circulaire IOCK 1016329 du 24 juin 2010:
''300 campements ou  implantations illicites devront être évacuées d'ici trois mois... en priorité ceux des roms... Les préfets s'assureront d'une opération importante par semaine (démantèlement, évacuation, reconduite à la frontière) concernant en priorité les roms...'' [Ils ont des quotas ? Qu'est-ce qu'un campement illicite ? Lorsque malgré la loi,  une commune de plus de 5000 habitants ne dispose pas d'un terrain pour les voyageurs, qui est en tort? Celle-ci ou ceux qui à défaut campent où ils peuvent?] (souligné par moi.)
Vidéo diaporama "les Roms", sur le site
et ici, les photos de la Roumanie où on ls renvoie:
Image du Blog tziganes.centerblog.net 


Image du Blog tziganes.centerblog.net



Image du Blog tziganes.centerblog.net


Image du Blog tziganes.centerblog.net 
une-famille-de-roms-a-recu-hier-la-visit

...et dont ils vont revenir bientôt ou tout de suite !
 
Un avocat roubaisien plein d'humour a reconduit lui-même à la frontière belge deux de ses clients roms qui avaient reçu une ordonnance de quitter le territoire, sous contrôle d'huissier... ils sont restés en Belgique quelques minutes et sont rentrés à Lille par le même chemin. Va pour 3 mois! La loi est quelque chose de formidable. Un exemple intéressant.

http://www.lavoixdunord.fr/Audio-Video/Audio/2010/09/09/article_un-avocat-roubaisien-reconduit-des-roms-a-la.shtml

 

 

get.aspx?iMedia=23646799

Tout d'abord, Nancy Bernad, une femme d'un immense courage dont on n'a pratiquement jamais parlé avant mercredi, date à laquelle elle a été hospitalisée, en grève de la faim depuis le 13 septembre pour protester contre la circulaire IOCK1016329 (ordre d'expulsion des camps de roms en priorité!) Il faudrait à présent la relayer. Du point de vue médiatique ce serait pareil. Elle se met en danger -c'est extrêmement dur, et même effroyable voir plus loin- et son héroïsme risque de lui coûter de graves séquelles.     
http://www.leprogres.fr/fr/region/la-loire/loire/article/3886445/La-greviste-de-la-faim-invitee-par-des-militants-a-cesser-son-mouvement.html

 

 

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"Rom" et "gitan", synonymes? Oui, mais... De jeunes gitans du Midi parlent de leurs origines, allemandes, espagnoles, italiennes, c'est bien un peuple de l'Europe... puis, au mot "rom", l'un m'arrête. "Les roms, en Roumanie, avaient des maisons et étaient totalement assimilés; pas les gitans!" La Roumanie où ils furent réduits en esclavage 5 siècles est en effet le pays où les roms demeurèrent le plus longtemps !Racisés parce que "nomades", mis "à l'écart" parce que sédentaires, telle est la situation des roms roumains... De même les africains considèrent-il parfois les noirs américains ou antillais descendants d'esclaves comme des "nègres blancs", douloureux paradoxe de peuples diasporés qui ne se reconnaissent plus.

 

La terre est à tous

Z.jpg Le triangle marron des camps nazis avec le Z de Zigener, -tziganes-

Tout à l'heure je suis passée vers le camp des roms situé près de la rivière et je suis arrivée dans un espace, un cul de sac, où une famille finissait de dîner dehors. Je me suis excusée. "De quoi ?" m'a dit l'un d'eux. "De vous déranger..." Sa réponse est là : "Mais la terre est à tous, vous ne dérangez pas!" Une belle leçon de civilité, lorsque l'on voit des propriétaires de plusieurs hectares accaparer un chemin qui les jouxte et tenter d'en "interdire" le passage, que nous donnent ces hommes qui n'ont que leur caravane et un lopin. "La terre est à tous."


Nuremberg, un grand absent

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Vidéo, diaporama sur les Roms, sur le site

 

Répartition des Roms en Europe

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 Une crainte mythique: en vert, ils représentent moins de 0,5 % de la population ! - ce sont les pays où ils ont été exterminés-
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 Population actuelle: entre 5,8 et 13 millions, essentiellement en Bulgarie, Roumanie, Turquie, Hongrie, Espagne, Amérique -nord et sud-.

Moyenne donc de 10 millions, assez proche de celle des juifs (13 millions).


On estime que 25 à 50 % de tous les roms européens ont été exterminés en 40, ce qui constitue un génocide comparable à la Shoah. A ceci près que les mesures à leur encontre ont été maintenues après la guerre. 


Soulignons toutefois que faire une statistique ETHNIQUE étant interdit en France par le Ministère de l'Intérieur, ainsi que dans tous les pays d'Europe, lorsqu'un ministre -de l’Intérieur !- assure qu'il y a dans le pays environ 50.000 roms et 200.000 roumains (?) ça pose question : ou il a "tourné" -on dit violé- sa propre loi, ou il dit n'importe quoi... ou les deux. [Son homologue hongrois, lui, avoue clairement son ignorance.] De fait nous verrons plus loin une carte sensiblement différente. Objection trouvée sur le site :

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LES ROMS, ORIGINE, suite de l'historique
Note : la romanologie étant une science très récente, les dates à leur sujet varient parfois de 6 siècles et les chiffres, de plusieurs millions. Ainsi leur départ de l'Inde est-il parfois situé par des linguistes au 3ème siècle, les estimations du nombre de romanophones vont de quelques milliers à 8 millions, et celles de roms, de 13 à 113 millions -avec les 100 millions de l'Inde dont certains nient l'existence-. Voir le blog "linguistique" http://ricetrac2.blogspot.com
 
Les roms sont à l'origine deux tribus qui partent du nord de l'Inde : d'abord, au 9esiècle ou plus tôt; ce sont les kshatryas* -peut-être à l'origine du mot "tsiganes"- venus du Sind d'où le terme "sinti" par lequel on désignera ensuite les "roms" d'Allemagne aussi dénommés "manouches" -pratiquement tous exterminés-... puis, au 13e, les Rajputs venus du Penjab et du Rajasthan -les roms-. A présent, l'ethnonyme "rrom" qu'il faut écrire rrom est officiellement reconnu par le Conseil mondial rrom et les Nations unies mais certains le refusent -réducteur- et se disent toujours sintis, manouches, tsiganes ou, dans le midi de la France et en Espagne, gitans.
Qui étaient-ils ? Peut-être des "intouchables" voués à des taches taboues, équarrisseurs, éboueurs, fossoyeurs ou... saltimbanques voire, selon la tradition orale, des musiciens doués envoyés en ambassade à la cour de Perse [les comédiens -ou les militaires mercenaires- auxquels on vouait un culte fervent étaient néanmoins frappés d'anathème pour "activité contraire aux bonnes mœurs" -et parfois des intouchables.]

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Exode des rroms ou doms, lôms, djâts, ou hanabadoches, termes synonymes


... ou au contraire de haut rang, car kshatrya, fautivement traduit "paria" par les grecs, signifie "qui a le pouvoir temporel" -les guerriers-... ce qui a donné "intouchable", mot à double sens... des nobles donc, victimes des guerres d'expansion de l'islam du 8e au 10e siècle. Ecoutons Régis Blanchet, "Les roms, un peuple mémoire" : ''la sévérité des traitements infligés par les musulmans aux indiens dont les roms va marquer d'une manière indélébile leur inconscient collectif." Le terme Gadjo proviendrait de Mahmud Ghazni, le "Claus Barbie d'Allah de l'an 1000", devenu synonyme de ''guerrier musulman'' puis, pour les roms, de barbare, impur, englobant tous les "non roms." -Une autre étymologie possible de gadjo serait "maison" en sanscrit.- [Il est possible que ces ksatryas qui furent massacrées, jetés sur les routes ou razziés aient déjà été issus de groupes ethniques différents venus d'ailleurs -les sources diffèrent, peut-être des plateaux d'Aria en Iran- et qu'ils aient ensuite été "sacrifiés" par les indiens, ce qui les rapprocherait alors du peuple juif lui aussi abandonné à Hitler en 40. Un élément que nous allons voir corroborerait cette supposition connexe.]
Ils feraient donc en ce cas parti de la caste la plus haute après les brahmanes... avec lesquels ils avaient le droit de se marier, les enfants mâles étant alors destinés à devenir... conducteurs de chars d'un chef militaire et compositeurs-conteurs- d"hymnes à sa gloire... Que les hautes castes aient été razziées en priorité est probable, surtout s'il s'agissait de guerriers, la préférence des envahisseurs allant toujours à l'élite plus rentable à exploiter ou à monnayer. La légende dit que rom, qui signifie "homme" -ou romantique!- en sanskrit proviendrait de Rama, le héros de l'épopée indienne, d'où le nom par lequel ils se désignent, Romani Chav, fils de Rama, préféré à "romani cel", groupe d'hommes. Mais il est probable que les migrations, issues de causes différentes voire opposées, ont touché plusieurs castes...
Une explication conciliatrice peut-être : le Rajasthan, l'Israël des roms

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(..) Les ancêtres des roms -s'ils le sont, ce qu'ils affirment- auraient donc déjà dans leur pays été des "étrangers" mis au ban? Cela confirmerait-il l'hypothèse des roms intouchables fuyant la cruauté de la société indienne? pas forcément.
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Car il se trouve que les kshatrias -guerriers souvent sur les routes- étaient dans leurs périples servis par une "cour" formée de forgerons -pour entretenir leurs armes- de charrons -pour s'occuper de leurs chevaux-, de cordonniers, vanniers, ainsi que des musiciens, danseurs, poètes -pour les distraire- intouchables peut-être ou issus de castes méprisées -et craintes- auxquelles ils assuraient un sort convenable**... Et en cas de conflit grave, il engageaient également des mercenaires de n'importe quelle caste, leur promettant butin et ascension sociale. Les tribus se sont donc côtoyées historiquement pendant des siècles et il probable qu'après Peshawar -le premier Waterloo des indiens en 1001 qui fit 15 000 morts- c'est ensemble qu'elles ont fui ou furent razziées... ou, si tous les guerriers avaient péri, que les survivants, toutes castes confondues, soient partis sur les routes... loin, très loin de l'Inde. Forgerons, cordonniers, vanniers, danseurs, musiciens, poètes, soigneurs de chevaux, ce sont très précisément les professions des roms que nous connaissons.***
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Racisés dans "leur" propre pays, les roms viendraient-ils déja d'ailleurs? Des huns "blancs", comme tous les rajasthanis, métissés avec les dravidiens et/ou les adivasis -noirs-, les premiers habitants de l'Inde, un peuple d'intouchables -dalit- génocidé par la déforestation et des pogroms réguliers ? [61 millions qui, pauvres parmi les pauvres, n'intéressent personne.]


C'est probable. Ou des scythes? -"tziganes" proviendrait-il de scythe?- Leur habileté à travailler les métaux et l'or, les bijoux qu'ils portent, leur refus des prêtres et leur pratique de la magie... (?) Des cachemiris? Des dardes? Comme eux ils se disent aryens et quelques éléments linguistiques pourraient l'indiquer. Mais la seule certitude que nous avons est leur migration à partir du nord de l'Inde, quelle qu'ait été leur origine, sans doute multiple, auparavant.

*Désormais ces danses s’exportent à l’étranger grâce à Gulabi Sapera qui a bravé les interdits sociaux -Gitans Doad of Rajasthan-.
** Ce rôle, ils le remplirent ensuite envers les armées des Balkans au 15 ème, en lutte contre les turcs, voir plus loin, "la Hongrie, un cas particulier". 
*** Une étude linguistique -peu convaincante à mon sens sur ce point mais remarquable sur d'autres- infirme cette théorie, voir sur le blog linguistique l'article de Marcel Courthiade in extenso, qui d'ailleurs mentionne d'autres tribus nomades du Rajahsthan mais ne parle ni des kalbelyias ni des sapéras, et à l'opposé, celui de Jacques Leclerc qui, lui, estime à 100 millions le nombre de roms en Inde. http://ricetrac2.blogspot.com

Langue de diaspora, le romani a perdu par endroits une partie de son lexique et introduit des termes étrangers par nécessité, si bien que parfois les roms ne se comprennent plus très bien. Mais, malgré les différences, les éléments conservés demeurant, avec la restauration du vocabulaire oublié, il a été possible de re-constituer ou de constituer une langue du rassemblement comme il a été fait pour l'hébreu moderne, à la fois "originelle" et "espéranto", la langue ancienne recréée qui permet donc à tout un peuple de retrouver sa culture c'est à dire d'abord de se comprendre. Une des plus vieilles du monde. Il y aurait 65 000 locuteurs actuellement.
Un cas particulier, la Hongrie et les Balkans, 
l'amour et la haine
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Répartition des roms en Europe. 
Turquie-Roumanie, Bulgarie-Hongrie-ex Yougoslavie-Espagne 
seraient les pays où ils sont les plus nombreux.
40 à 70%  des roms européens vivent dans les Balkans, refoulés d'Europe de l'ouest après un bref séjour -leur périple ayant parfois pris l'allure d'un aller-retour -sauf dans le Midi de la France et en Espagne où des communautés s'implantèrent solidement... ou appelés et accueillis du 15ème au 17ème siècle par les hongrois et les bulgares en guerre contre les turcs -car ils participaient aux "compagnies" militaires comme forgerons, soigneurs de chevaux etc... indispensables aux armées-, ils se sédentarisèrent de plus en plus.. Après la victoire, au 17ème, la pauvreté et la politique violente de Marie-Thérèse qui bannit le mot tsigane, remplacé par celui de "nouvel hongrois", aboutirent à une quasi perte d'identité.
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                         Le périple géographiquement, à présent
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Migration des roms en Europe

Les roms -ou certains d'entre eux- arrivent d'abord en Grèce où ils se réunissent -quasi sédentarisation- sous le mont Gyps, d'où l'ethnonyme qui leur sera attribué, "gitans" ou "gypsi", qu'on croit aussi relié à leur séjour en Egypte. Ils parlent au départ l'hindi-ourdou [qui deviendra "romani"] la langue du peuple indien [dérivée du sanskrit dont il est proche -le sanskrit est la langue des textes sacrés et des castes cultivées, suscitée autrefois par des brahmanes comme langue"parfaite", quasi disparue, qu'il faudrait préserver à travers eux**]... mais qui se modifiera considérablement au hasard de leurs pérégrinations.  (..) Quant aux mots "rom" -devenu romanichel- et "manouches", ils veulent dire "homme" en romani -"rom" ne provenant pas de "Roumanie" ... même si c'est le pays où ils restèrent le plus longtemps... puisque ceux qui y "passèrent" furent arrêtés et réduits en esclavage pendant 5 siècles !
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Vendu au poids

Quant à "tsigane", qu'il faut écrire avec un "s", il vient sans doute du sanskrit : "celui qui ne touche pas" et par extension, "celui qu'on ne touche pas", l'intouchable, le "dalit"... ou au contraire le noble qui ne "touche pas" -ce qui est impur- !! Kshatrya -tsigane- désignant une caste de haut rang. Il devint ensuite synonyme d'esclave -cigène, cigani en hongrois-.

Une partie alla vers le sud, l'Espagne, le Midi de la France, une, en Amérique -nord et sud-... et une autre, vers l'Est, l'Allemagne, la Russie, et même le Nord : on appelle en principe "tsiganes" ceux de l'Est et gitans ceux du Sud... les tsiganes, en raison de mélanges ethniques, étant parfois blonds et portant des noms germaniques et les gitans, plus foncés, parlant souvent le calo, dialecte sanscrit-hispanique. Le terme "caraque" qui désigne ces derniers au départ n'est pas péjoratif -il est sans doute issu du turc "kara", noir ou du grec, "korakia", corneille ou -moins probable- des vaisseaux espagnols homonymes-.

Mais presque toutes ces désignations ont par la suite été connotées de manière raciste y compris "tziganes" qui au départ désignait sans doute une caste de nobles... Ces péjorations variant en fonction des lieux et des groupes, pour éviter des impairs on doit, avant tout interview, demander "comment faut-il vous appeler ?" Dans le midi, c'est "gitans"ou tsiganes, Rom évoquant trop "Roumanie", pays qui dans leur inconscient collectif leur a laissé des souvenirs impérissables ! Le fait même que l'on ne sache comment appeler un peuple est révélateur du racisme absolu dont il est l'objet, TOUS les ethnonymes le désignant étant, en UN lieu particulier -que l'on n'identifie pas au départ- devenus des insultes ! Le cas est unique. A ce sujet, Claire Auzias note que dans l'échelle sociologique des victimes du racisme, ils obtiennent le score maximum.

Les roms pour se désigner, emploient le mot rom ou tsigane, plus rarement manouche, qui est parfois lui aussi péjoratif, ainsi que gitan. Ils sont entre 6 et 13 millions dans le monde.

*Le peuple tsigane [donc le premier à migrer il y a un millénaire] a créé une musique devenue un genre à elle seule, comme la musique yiddish [à laquelle elle est apparentée, ainsi qu'au "blues"] qui survit à la quasi-disparition de la culture juive allemande. Leur population est demeurée plus stable aux USA et en Amérique latine -car ils n'y ont pas subi le génocide de 40-. D'où l'influences du jazz chez les grands musiciens tsiganes:
http://www.youtube.com/watch?v=51DXDVeWSfU
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cliquer pour agrandir l'image

ROMS  ESCLAVES

L’esclavage en Valachie et Moldavie (deux principautés qui forment l'actuelle Roumanie.)


Donc partis d’Inde entre l’an 800 et 950, les Roms arrivent dans le sud-est de l’Europe dans le dernier quart du 13ème siècle. Arrivés comme des hommes libres dans la principauté de Valachie, ils apportent avec eux des savoirs-faire artisanaux (en particulier dans le travail du fer) d’Inde et de l’Europe byzantine, une bénédiction pour les seigneurs valaches et moldaves qui ont besoin d’une force de travail, une malédiction pour eux.

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... les seigneurs qui -d’abord en dehors de toute base légale- vont les réduire en esclavage. Des mesures de plus en plus sévères sont alors prises par les propriétaires terriens, les nobles et les monastères pour les obliger à rester sur place car face à l’esclavage, ils ont tenté de fuir vers l’Allemagne ou la Pologne, où à cause de leur teint mat, on les considérait comme des "musulmans". Notons que si la proportion de roms en Roumanie est importante -ce qui a encore accentué la confusion entre "rom" et "roumain"- c'est parce qu'ils furent obligés d'y rester esclaves six siècles ! Il est pathétique qu'ils soient confondus avec le pays qui s'est montré tel envers eux et il faudrait peut-être comme certains romanologues écrire l'ethnonyme "rrom" -comme il s'écrit normalement, avec deux "r" afin d'atténuer la malencontreuse euphonie.


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Devant les cruautés qu’on leur infligeait, ils sont partis se cacher vers les montagnes des Carpates, où ils sont retombés entre les mains des esclavagistes. Les premières traces écrites de cet esclavage date du règne de Rudolf IV en 1331-1355, où les Roms sont décrits comme étant la propriété de monastères et de propriétaires terriens.

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Basile Lupu, -l'"Ataturk" roumain- législateur et unificateur qui imposa contre le grec, le roumain comme langue

Mais ce n’est que sous le règne de Basile le Loup de Moldavie (1634-1654) qu’est instituée une loi en quarante points codifiant le "statut" d'esclaves des Roms. A partir de 1500 d’ailleurs, le terme roumain tsigan devient synonyme d’esclave.

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Comme les noirs en Amérique, ils sont alors divisés en tsigani des champs, et tsigani de maison, ces derniers se subdivisant en sclavi domnesti, les esclaves des nobles, sclavi curte, esclaves de la cour, sclavi monastivesti, esclaves de l’Eglise etc... et soumis à différents travaux, laboureurs, chercheurs d’or, forgerons, serviteurs, cuisiniers, montreurs d’ours ou musiciens. Il est à noter que, si certains Roms étaient utilisés comme musiciens, il était interdit aux autres de posséder des instruments de musique! Il leur était toutefois possible de se racheter -ou de faire en sorte qu'on les rachète- : de là peut-être la coutume de porter leur "fortune" sur eux -bijoux en or-, un moyen de signifier leur solvabilité.

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(..) En 1818, le code pénal de Valachie arrête: "les tsiganes naissent esclaves, tout enfant né d’une mère esclave est esclave, tout propriétaire a le droit de vendre ou de donner ses esclaves, tout tsigane sans propriétaire est la propriété du Prince.." (..) Les roms sont donc vendus et achetés à des foires aux esclaves, le prix, au 19ème étant généralement d’une pièce d’or par kilo, sans égard pour les liens familiaux qui les unissent entre eux malgré une loi de 1757 qui interdit de vendre les enfants séparément de leurs parents, le plus souvent "par lot ".
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A ce propos, Kogalniceanu, tsiganologue et homme politique roumain du 19ème siècle, écrit: "Quand j’étais jeune, je voyais dans les rues de Iassy des êtres humains aux mains et pieds enchaînés, certains même portant des anneaux de fer autour du cou et de la tête. Des peines cruelles de fouet, de privation de nourriture, d’enfumage, de maintien nus dans la neige ou dans la rivière gelée, tels étaient les traitements infligés aux Gitans. La sainteté de leurs mariages et de leurs liens familiaux n’étaient pas respectés. On arrachait la femme à son mari, la fille était séparée de force de sa mère, on arrachait les enfants des bras de leurs parents, on les séparait et on les vendait aux quatre coins de la Roumanie. Ni les hommes, ni les lois n’avaient pitié de ces malheureux êtres humains."
Les "mariages" entre roms sont le plus souvent arrangés entre les propriétaires pour de simples questions de reproduction, un prêtre officialisant l’union avant qu’on les force à se reproduire. Si le code de Basile le Loup prévoit que " un tsigane qui viole une blanche doit être brûlé vif ", les propriétaires ne se gênent pas pour violer des esclaves, si bien qu’au 19ème siècle, le journaliste français Félix Colson note que de nombreux esclaves roms sont blonds. Le même, en visite chez un baron roumain, indique dans ses mémoires que "la misère se lit tellement sur leurs corps qu’à les regarder, on risque de perdre l’appétit". Il est à noter que si la loi n’autorisait pas un baron à tuer son esclave, cette pratique était néanmoins courante (la loi n’interdisant pas de toute façon les châtiments corporels qui pouvaient se terminer par la mort de l’esclave).

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(..) Dans la société roumaine aussi, des voix commencent à se faire entendre pour dénoncer l’esclavagisme. Kogalniceanu écrit en 1837: "Les Européens organisent des sociétés philanthropiques pour l’abolition de l’esclavage en Amérique, alors que sur leur propre continent 400.000 Tsiganes sont maintenus en esclavage". Il se trouve aussi que le passage du mode de production féodal au mode de production capitaliste mécanisé rend l’esclavage moins utile. Des propriétaires terriens et l’Eglise commencent à les affranchir. En 1844 pour l’Eglise Moldave, imitée en 1847 par l’Eglise de Valachie.
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Même libérés de l’esclavage, les Roms continuent de vivre dans des conditions dramatiques. Nombreux d’ailleurs fuient le pays, craignant un retour à l’esclavage, d’abord dans les pays voisins, puis jusqu’en Scandinavie ou en Europe de l’Ouest, voire en Amérique. Les Roms qui ne quittent pas la Roumanie restent le plus souvent dans les villages où ils vivaient quand ils étaient esclaves, près des monastères. Tous les reportages de l’époque parlent de la misère dans laquelle ils vivent : habillés de guenilles, soumis à la faim. La liberté offre aux Roms un statut guère plus enviable que celui d'esclaves. Un esclave représente une valeur marchande, pas un homme libre : en plus de la pauvreté, ils doivent subir racisme et... meurtres.
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C’est ainsi que deux voyageurs américains, au début du 20ème siècle, racontent comment, alors qu’ils offraient du chocolat à deux petits mendiants roms, les deux enfants se sauvent en criant "Moarte! Moarte !" (Mort !). En effet, à de nombreuses reprises après leur " émancipation ", les Roms se sont vus offrir de la nourriture empoisonnée, un moyen utilisé pour se débarrasser d’eux, si bien qu’une des premières leçons qu’apprennent les enfants roms à cette époque est de ne jamais accepter de nourriture d’un étranger.A partir de la fin du 19ème, des Roms, essentiellement ceux qui ont réussit à faire des études, commencent à s’organiser pour exiger l’égalité avec les gadjés.
 

 ET AU BOUT DU PERIPLE, LE PRESQUE-PRESENT: LES CAMPS DE LA MORT

 

 

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 En Roumanie, la dictature d’Antonescu et la déportation en Transnistrie ("pays au delà du Dniestr" qui sépare la Moldavie de l'Ukraine) et en Bessarabie (au sud), considérés comme zones de "dépotoirs ethniques" où il envoya également les juifs.

(Suite post  2) 

 

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L'esclavage, une abolition par étapes


Lorsqu'on lit que l'esclavage des Roms a été aboli en 1856 suite à l'influence des idées propagées par le révolution de 1848, c'est inexact. (..) De 55 à 63, l'esclavage théoriquement "interdit" était toujours pratiqué en Roumanie.

http://roms.blog.tdg.ch/archive/2010/08/23/rroms-esclaves-en-roumanie-les-rroms-continuent-a-payer-le-p.html '

 

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Un peuple divisé ? 

Comme chez tous les peuples diapsorés, les caractéristiques physiques des roms sont diverses : parfois rien ne les distingue d'un européen non rom, d'autres, d'un indien ou d'un méditerranéen. Il arrive qu'on les prenne pour arabes. Les roms roumains, les "tsiganes" ou les sintis [émigrés 4 siècles avant les rajputs] d'allure occidentale, aux noms germanisés ou balkanisés et les gitans hispanisés s'entendent parfois assez mal. Ceux qui, esclaves, se sont mêlés aux populations indigènes et les seconds, plus "libres" et plus "fermés" qui auraient davantage conservé leur culture originaire se reconnaissent mal comme un seul peuple... [notons que si les relations femmes tsiganes- hommes slaves étaient fréquentes, l'inverse, bien que parfois toléré voire exigé -au cas où la maîtresse de maison était stérile par exemple- était en tout autre cas puni de torture et de mort par crémation]. Reste le métissage tout de même et le fait que les roms des Balkans eux aussi aient "perdu" en partie les caractéristiques extérieures de l'indianité. [Je pense par exemple à une amie parfaitement intégrée -à un haut niveau- dans sa ville... qui refuse catégoriquement pour elle le terme de "gitan" et même de "rom"... tout en se reconnaissant volontiers "tsigane", précisant qu'elle vient de l'Est comme l'indique son nom -alsacien-... et ce malgré des traits indiens très accusés, une exception. "Tsigane, oui ; gitane ou romi, jamais !" Elle n'est pas une "caraque" en somme.] Cela évoque chez les juifs le dédain des ashkénazes germanisés issus de l'Est vis à vis des "séfarades" ou "misrahims" d'origine arabe. 
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 Le racisme génère la honte, comme chez tous les peuples racisés et la tentation de se fondre dans la masse, d'oublier sa romité -si on a la chance qu'elle ne soit pas visible-  tout est tellement plus simple ! Certains n'osent pas dire où ils habitent, sachant par avance le mépris dont ils vont être l'objet -ou la fin de non recevoir d'un employeur putatif-. Et ils déménagent dès qu'ils le peuvent. Fondus dans les groupes autochtones, assimilés, il arrive qu'ils soient rejetants -ou distanciés- vis à vis des autres -y compris de leurs parents- et même parmi les différents groupes professionnels, il y a une hiérarchie : les ferronniers, en raison du "désordre" relatif de leurs campements -relié à leur activité de récup- étant au plus bas -actuellement, car ce n'était pas le cas autrefois-. Propreté, pureté, hygiène -contrairement au cliché- sont chez les femmes roms une quasi obsession -atavisme de leur appartenance de caste?- Même si les enfants, nombreux, souvent dehors, sont inévitablement souillés, les caravanes sont lavées de fond en comble tous les jours.
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368bd14b.jpgMême dans un environnement dégradé relié à l'emplacement des camps, à leur profession -récupération des ferrailles- ou à la pauvreté...  l'intérieur des habitations, masures, cottages ou caravanes est remarquablement astiqué. Lorsqu'on va chez eux -ils invitent volontiers, même à l'improviste-  souvent, le premier souci de la maîtresse de maison est de faire visiter, comme si elle éprouvait le besoin de montrer l'état impeccable de son logis. L'appellation "gens du voyage", terme vague qu'on leur attribue par défaut -toute référence ethnique étant interdite dans les textes officiels, panneaux...- les gêne, désignant des groupes nomades très divers socio économiquement et culturellement conduits à ce mode de vie par nécessité -ou vocation-, profession -forains, artistes itinérants- ou en raison d'une totale marginalisation -alcoolisme, misère-...  Dans ces groupes, ils ne se reconnaissent pas, même si, voisins, ils se côtoient. Sédentaires à 90% soit en camp soit en HLM, maisons.. -ils gardent alors un "pied" dans le terrain où résident des membres de leur tribu-, installés depuis des générations, ils se sentent français, espagnols... autant que roms. Le cliché "enfant de Bohême" les agace : ils n'ont pas choisi de voyager ou d'être "parqués" à l'écart des villes avec des collègues d'infortune "gadjé" -arabes parfois, avec lesquels les relations peuvent être tendues- et refusent l'amalgame.
06d520f0.jpg Même le romantisme est parfois un ostracisme en rose : "ils sont légers, bohèmes, [le mot qui les désignait est devenu générique !] forcément chapardeurs, séducteurs..." ils font rêver mais ce sont des gens que l'on n'aime qu'au théâtre et dont on ne veut pas chez "soi." Des "enfants" imprévoyants, comme les noirs. Le revers de ce portrait gentillet, c'est  : "ils vivent d'aides sociales, font du bruit à tout heure, ne tiennent aucun compte des autres et de la loi, donnent un exemple déplorable, draguent  [ou violent] "nos" filles -ou séduisent nos garçons- etc..." Carmen ! Ce point -la musique à toute heure- est le seul -relativement- réel : à Nîmes, juste avant la Féria -là aussi, ils ont adopté avec enthousiasme les coutumes de l'endroit où ils se trouvent!- difficile de fermer l'œil mais c'était relié à l'hispanité plus qu'à leur romité. [Nouvellement nommée, j'avais aménagé dans un quartier gitan, au début avec joie, un théâtre gratuit à ciel ouvert, flamenco, guitare... mais ensuite, la fatigue eut raison de ma ferveur.] Une enclave espagnole d'aficionados peu propice à la concentration certes mais le jour où mon fils âgé de six ans, sans que je ne m'en rende compte, partit "se promener" seul (!) il me fut ramené illico. Une "famille" donc, avec ses aléas et sa solidarité. Cela valait bien quelques nuits agitées. Signalons ici que si le mythe du gitan "voleur d'enfants" est prégnant -tous les enfants du Midi ont vécu avec ces légendes délicieusement terrorisantes-  chez les roms, il y a le même mythe dans l'autre sens... sans doute moins invraisemblable ! [Enfant, j'avais objecté que je ne voyais pas pourquoi des gens qui avaient de si nombreux enfants auraient éprouvé le désir d'en "voler" qui n'étaient pas meilleurs que les leurs. Mais dans le doute, j'évitais tout de même le "camp" sans qu'on ne me l'ait jamais interdit !] Un détail : lorsque récemment je me suis promenée vers ce quartier -ici dit "Daudet"- je me suis aperçue soudain d'un fait stupéfiant : bien que née dans le village où j'ai passé toutes mes vacances, souvent dehors, dans la campagne, partout... c'était le seul endroit où je n'étais jamais allée !!!      
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Entre un rom russe, ukrainien, roumain, espagnol, américain ou français, la différence est évidente, comme le souligne cet article par ailleurs douteux du Figaro qui  utilise leur hétérogénéité pour les raciser en faisant mine de les soutenir : les "bons" rroms, appelés "tsiganes", français, intégrés, travaillant, sédentaires ou non "souffriraient" des "mauvais", issus de Roumanie,  "délinquants, prostitués" et se montreraient favorables à leur expulsion... Diviser, toujours: les racistes s'y entendent, recrutant une minorité contre l'ensemble. Tout antisémite a son "bon" juif -un "ami" toujours mis en évidence, lui aussi antisémite quoique juif-;  tout antiromiste a ses "bons" roms, également antiromistes. Diviser est plus facile dans leur cas -ainsi que  pour les kurdes ou les noirs- car ils sont plus syncrétiques que les juifs, et même l'exact opposés sur ce point. Remarquablement ouverts, ils ont adopté partout où ils se sont installés,  avec ferveur, les coutumes et les religions autochtones -tout en conservant leurs rites et leur culture mystique- : chrétiens protestants, évangélistes, catholiques romains ou orthodoxes, musulmans -ch'iite ou sunites- bouddhistes, alevis, yezedis, manichéens, animistes et même juifs! Un cas exceptionnel mais qui fragilise parfois le groupe originel.. et  d'autre fois le renforce. Les juifs, peuple "élu", souffrent de leur fermeture ; les roms, de leur syncrétisme.   
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     Leur différence, entretenue ou renforcée, est dramatique lors d'un conflit entre deux pays. La violence? Lorsqu'il n'est pas question d'aller porter plainte ou d'ester en justice, c'est une "solution" qui surgit. Inéluctable. Et la peur qu'ils inspirent est parfois leur seule arme. On confond seulement la cause et la conséquence.  


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 Faysal Riad, linguiste, voir blog :
http://www.dazibaoueb.fr/index.php

Les Roms et les autres exclus
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Selon le Robert, les Tsiganes sont des populations originaires de l’Inde, apparues en Europe au XVIe siècle, qui mènent une vie nomade en exerçant divers petits métiers...
C’est ce qu’on croit des Bohémiens, Gitans, Zingaros, Manouches, Romanichels et autres Roms. Issus d’une migration partie d’un point unique, l’Inde, et vivant en marge de toutes les sociétés, la vision est fondée sur un schéma évolutionniste crée de toutes pièces par des historiens européens au XIXe siècle.
De bons musiciens

Très souvent méprisés, exécrés, ils n’intéressent personne. Le succès de ces clichés permet de ne pas voir la violence avec laquelle sont traités habituellement les nomades marginaux: s’ils sont pauvres, qu’ils vivent dans des conditions intolérables, c’est que cela fait partie de leur culture...

En réalité, les nomades d’Espagne, de France ou de Bohême ne parlent pas la même langue, n’ont pas la même culture et ne sont pas tous originaires d’Inde. Cf Nicole Martinez ''Que sais-je ?'' sur les Tsiganes. L’orientalisme, part souvent d’idées préconçues, fausses ou a demi vraies qui ont toutes réduisent les responsabilités des sociétés excluantes.

Comme c’est le cas lorsqu’on veut inférioriser un groupe sans pour autant paraître raciste, certains clichés se veulent positifs : comme les noirs souvent considérés comme moins intelligents mais par ailleurs de bons chanteurs, de bons danseurs et de bons coureurs, nos Tsiganes, ''voleurs de poules'' feignants, sont de grands musiciens et leurs femmes de grandes danseuses... Si le talent musical de Mozart ou de Debussy s’explique par leur génie propre, celui de Django Reinhardt ou de Sayyed Youssouf ne peut s’expliquer que par la vélocité propre à son peuple...

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Un peuple unique, une origine commune ?


Dans le monde entier, ont toujours vécu en marge des sociétés des ''populations flottantes''. Peut-être d’origine indienne... Des guerres oubliées, des massacres dont personne ne se soucie, ou des tragédies dont les historiens ont peu parlé, ont poussé de nombreux groupes très différents à migrer pour survivre. Exemple : la destruction de ville de Belluno en 1873, dont les quelques survivants qui n’étaient pas d’origine indienne, ont migré un peu partou dans le monde : Tatares scandinaves, Tinkers irlandais, Sankas japonais ou Pochas arméniens. Toujours méprisés, ils ont rencontré de grandes difficultés pour se sédentariser. Il serait néanmoins naïf de croire que les roms du Bourget ou de la Courneuve sont les descendants des Égyptiens présents dans l’oeuvre de Molière, car nombre d’entre eux ont fini par acquérir une nationalité et se sont finalement installés dans les sociétés qui les avaient exclus, profitant de périodes d’ouverture relative (ce n’est à l’évidence pas le cas de notre époque, qui a plutôt tendance à les rejeter violemment) note de moi : parfois, rarement, à un haut niveau et souvent dans des professions artistiques (Zavatta, Bouglione -qui disait de lui qu'il était "analphabète, gitan et milliardaire, dans l'ordre de l'importance"-, Cziffra, Carmen Amaya, Manitas de Plata, Django Reinhardt etc...)

Rêves et cauchemars européens

Notre imaginaire collectif, s’exprimant à travers la littérature ou la peinture, a depuis très longtemps considéré contre toute logique que tous ces peuples avaient une seule et unique origine, forgeant ainsi une identité fictive très mystérieuse, tour à tour objet de haine, de peur, de curiosité, de mépris, ou le cas échéant, objet d’amour ou de compassion.

Baudelaire a largement contribué à la mythification des bohémiens aux prunelles ardentes; de même que Victor Hugo et sa Cour des miracles... A cet égard, l’évolution du sens du mot bohémien est très révélatrice de l’exploitation romantique de ces nomades exclus de toutes parts. En réalité, cette littérature tsiganophile dressant le portrait-robot d’un nomade immuable et éternel nous en apprend plus sur les pulsions et les peurs de nos sociétés que sur les véritables Tsiganes ou sur nos capacités à exclure des groupes divers et variés.
Traits communs

Les comportements similaires observés par les tsiganologues, qui seraient autant de preuves de l’origine commune de tous les peuples flottant à travers l’Europe, ne sont que des traits communs à toutes les populations défavorisées. Ces comportements s’observent notamment au Mexique, dans les cités dites de transit françaises, dans les ghettos noirs américains, ou chez exclus paupérisés des pays de l’Est. Des traits communs sociologiques ne suffisent pas à créer un peuple, et la culture ne peut se réduire au mode de vie: tous les nomades n’ont pas la même origine et l’isolat social ne l’implique pas. Tous ceux que nous appelons Tsiganes ne parlent pas la même langue et leurs musiques par exemple sont très différentes.

Il n’est dès lors pas étonnant de voir des peuples divers, n’ayant souvent aucun lien entre eux, adopter des modes de vie comparables lorsque leurs situations sont comparables exclus, vivant en groupe et vivant dans des espaces périphériques, s’habillant de bric et de broc. Mais essayez de vivre en famille dans la banlieue d’une grande ville européenne avec trois fois rien, vous verrez comment vous seront facilement attribuées d’évidentes origines indiennes..." Faysal Riad, voir blog cité précédemment.


 

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Une belle analyse de Georges Apap
citée par Jacques Cros

                                    "Casse toi, pov’rom !"

Nous aurions aimé voir nommer des préfets humanistes, sachant s’entourer de gens de culture et d’expérience, de professionnels de l’enseignement, de travailleurs sociaux, d’experts en sciences humaines, de policiers attentifs autant au respect de la loi qu’à celui des personnes, de spécialistes de la jeunesse délinquante, les uns et les autres soucieux de paix sociale.
Je parle de nous qui voulions aider certaines populations injustement traitées par des institutions hostiles et une opinion mal informée. Nous voici détrompés. Dans une proclamation tonitruante du 21 juillet 2010 le Chef de l’Etat annonce la nomination de deux préfets à poigne, tous deux grands policiers, avec la mission précise de chasser les Roms de leurs campements illicites. La solution était évidente. La délinquance est apparue dans notre pays avec l’arrivée récente de ces populations, Roumains persécutés dans leur pays, ou anciens Yougoslaves devenus apatrides. Ils ne peuvent être expulsés, les uns parce qu’ils sont communautaires européens, les autre parce qu’apatrides.
Depuis qu’ils sont parmi nous, les crimes et délits prolifèrent. On citera la corruption qui règne dans les sphères gouvernementales, les fraudes fiscales, les abus de biens sociaux, les évasions de capitaux, les délits d’initiés, et plus généralement toutes ces malversations qui épuisent les ressources du pays. Le Président a raison de les dénoncer à la vindicte publique.
Le remède devient évident. Il faut les chasser de camp en camp, de bidonville en bidonville. Oui mais jusqu’où ? C’est là que se posera la question d’une solution que d’autres ont appelée "finale". Encore un tout petit degré à franchir dans le tragique…
Béziers le 22 juillet 2010. Georges Apap, ancien procureur de la République.

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Article dont je (Je: L'administratrice du blog) ressors cette citation de Bernard Deschamps http://www.4acg.org/spip.php?article330  [association des anciens appelés en Algérie contre la guerre].

"Les déclarations du Président et les décisions de son gouvernement sont contraires aux principes de la république issus de la révolution de 1789 qui ne reconnaissent que des citoyens et non des ethniespetsarko.jpg


Ce sont des populations entières qui sont jetées en pâture et contre lesquelles des dispositions sont prises pour restreindre les libertés individuelles. L'état français, par son comportement... ouvre la voie aux pires débordements et justifie par avance les actes de violence dont cette population pourrait être victime..."
Y a-t-il un avocat dans la salle ? Question pour Ralph Blindauer : tout ceci est-il très "légal" ? Ca sent un peu le Vichy,  isn't it ?                   

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