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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 06:18

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swissinfo.ch

Sortir de l’impasse (2)

mai 14th, 2011

 
  
Après Les chênes qu’on abat, Le bout de l’impasse et Sortir de l’impasse (1), ce billet est le quatrième de la série que nous consacrons à l’absence de prospective en politique, notamment dans le domaine de l’énergie.
  
Dans le billet de la semaine dernière, nous avons exposé une première solution qui pourrait nous permettre de « sortir de l’impasse » énergétique dans laquelle nous nous enfonçons un peu plus chaque jour : le solaire spatial. Avant d’aller plus loin et d’exposer une seconde solution, une précision s’impose.
  
Nombre d’entre vous nous ont interrogé sur le lien entre politique et énergie. En d’autres termes, pourquoi La Lettre du Lundi, dont l’essentiel des billets est tourné vers le politique, l’économique, le social… s’intéresse-t-elle autant au secteur de l’énergie, décrivant avec moult détails des technologies naissantes et controversées ?
  
Pour répondre à cette question, une mise en perspective s’impose.
  
  
Toujours plus vite…
  

Depuis la Renaissance et, plus encore, depuis le début de la Révolution industrielle, la société « occidentale » a constamment augmenté sa vitesse d’évolution. Ce phénomène d’accélération s’est manifesté dans tous les domaines, que ce soit l’évolution des idées politiques, les changements de structures économiques ou les mentalités des individus (voir notamment Le Second Empire en ce qui concerne la Chine, puissance désormais capitaliste et « occidentalisée »).
  
Acteur et victime de cette accélération constante, notre société est aujourd’hui totalement incapable de la maîtriser. D’où des phénomènes d’éclatement, de « liquéfaction » des structures (voir notamment Welcome to the Machine, Révolution ou jacqueries ? ou Rêve de HAL), leurs dirigeants ayant abandonné toute velléité de prospective pour ne plus se contenter que de réagir le plus vite possible à des stimuli extérieurs.
  
Le trading de haute fréquence (voir Le temps des bulles), qui consiste à acheter puis vendre (ou l’inverse) des actions, obligations ou produits dérivés en quelques millisecondes pour « engranger » un gain minime par transaction, mais que l’on va répéter des millions de fois, symbolise parfaitement cette évolution. Le corollaire de cette accélération constante et du court-termisme qui en résulte, c’est l’abandon de toute ambition visant à planifier des actions dans la durée.
  
Sous la pression de cette accélération, les structures étatiques – école, système de santé, justice, armée… – vont « imploser » les unes après les autres, laissant les individus « atomisés » et désemparés. Dans cet environnement bouleversé, le pouvoir reviendra aux sociétés transnationales, devenues les « seigneurs » de ce nouveau Moyen Âge. Pour la quasi-totalité des individus, la servitude ou quasi-servitude sera le lot commun.
  
  
Le pari de Pascal
  
Pour qu’une nouvelle Renaissance – que l’on pourrait définir comme la reconstitution d’un ordre social et de structures sociales faisant de l’épanouissement de la totalité des membres du groupe sa priorité – puisse éventuellement et ultérieurement voir le jour, deux conditions cumulatives devront être remplies :

  • la première – la principale – est de disposer d’une culture susceptible de servir de base à cette nouvelle construction. Nous avions brièvement abordé cette question dans L’alpha et l’oméga et aurons probablement l’occasion d’y revenir dans de futurs billets ;
  • la seconde est d’être capable de bâtir, de se développer et de croître. On peut y voir une version moderne et laïcisée de l’injonction biblique « Croissez et multipliez »… mais il n’y a là rien de bien nouveau : cette volonté, on pourrait presque dire cette nécessité, de croissance et d’expansion est le propre de toute civilisation en phase de développement.

Pour remplir cette seconde condition, nous aurons besoin d’énergie, de beaucoup d’énergie, certainement dans des proportions qui nous semblent aujourd’hui inimaginables.evolution-de-la-consommation-energetique-par-individu.gif À titre de repère, un humain consomme aujourd’hui chaque année plus de 2 tonnes d’équivalent-charbon, soit plus de 20 fois ce qu’il consommait en 1860, alors que la révolution industrielle était déjà lancée… Si une Renaissance voit le jour, il ne serait pas absurde qu’une augmentation d’échelle aussi spectaculaire existe entre la consommation d’énergie de l’homme d’aujourd’hui et celui des siècles futurs.


Pour les raisons évoquées dans nos précédents billets (voir Les chênes qu’on abat et Le bout de l’impasse), il est fort peu probable que l’on puisse trouver sur Terre une énergie suffisante pour soutenir un tel changement d’échelle. Il faudra donc aller la chercher dans l’espace, en puisant d’une manière plus directe et plus efficace dans la source d’énergie à l’origine de la vie terrestre : le soleil.
  
Mais l’entrée dans un nouveau Moyen Âge va très probablement s’accommoder fort mal d’une recherche scientifique tournée vers des technologies d’avant-garde visant à optimiser cette recherche de nouvelles sources d’énergie. Or, si nous voulons donner à nos descendants les moyens de raccourcir ce nouveau Moyen Âge, d’en sortir le plus vite possible, ils auront besoin des deux « armes » que nous mentionnions plus haut : la culture d’une part, des technologies leur permettant de disposer d’immenses quantités d’énergie d’autre part.
  
Investir aujourd’hui dans des technologies de ce type constitue donc à la fois un « pari sur » et une « assurance pour » l’avenir. Pari qu’un tel investissement est le bon, que c’est bien là qu’il faut faire porter prioritairement les efforts ; assurance car, si le pari s’avère pertinent, les efforts effectués aujourd’hui permettront de raccourcir la nuit qui s’annonce.
  
Il en est de même de l’effort que nous pouvons et devons effectuer pour maintenir un niveau de culture et d’éducation le plus élevé possible. La culture et l’éducation ne sont pas les thèmes auxquels est consacrée cette série de billets mais, là aussi, les investissements d’aujourd’hui permettront de moins désespérer demain.
  
Pour illustrer le propos à l’aide d’une fiction historique un peu osée, on peut imaginer que, si les Romains avaient conçu ne serait-ce que l’embryon d’une machine à vapeur ou d’une presse à imprimer, le Moyen Âge n’aurait pas duré dix siècles…
  
Toutes proportions gardées, c’est une version modernisée et athée du pari de Pascal que nous proposons de faire : soit ce pari s’avère juste et le « gain » pour nos descendants sera très élevé, soit il s’avère erroné et le fait d’avoir misé et perdu ne changera pas grand’ chose à la marche du monde. En pessimiste actif, nous restons persuadés que l’on n’est « jamais à l’abri d’une bonne surprise » et qu’il nous revient de mettre en place les conditions favorables à sa survenance.
  
Après cette longue digression, nous reprendrons dans un prochain billet le cours de notre exposé.
  
  
Lundi
© La Lettre du Lundi 2011

 

http://lalettredulundi.fr/2011/05/14/sortir-de-limpasse-2/

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commentaires

(Clovis Simard,phD) 16/05/2011 22:14




Vous êtes cordialement invité a visiter mon BLOG (fermaton.over-blog.com) LE CODE D'EINSTEIN.
C'est une théorie mathématique de la conscience humaine.


PAGE-27)-FRANC À ALICE
LA FRANCE EST EN CRISE ??


Cordialement


Dr Clovis Simard,phD



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