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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 04:01

NB : Les larbins de FR2 se sont empressés d'interviewer Tapie pour le faire taper sur Hollande et vanter les mérites de Sarko son compère. Eva

 

http://www.decitre.fr/gi/05/9782756402505FS.gif

 

Blog gaulliste libre


Tapie-Sarkozy : échange de bons procédés

Posted: 19 Mar 2012 12:55 AM PDT

 

Comme en 2007, Bernard Tapie a annoncé hier soir qu’il soutenait Nicolas Sarkozy pour la présidentielle. S’il n’est pas évident que ce soutien apporte beaucoup de voix au président sortant, cela amène à se poser à nouveau la question des rapports troubles entre les deux hommes.
Un peu d’histoire
En juillet 1990, l’homme d’affaire et président de l’Olympique de Marseille rachète Adidas avec le soutien du Crédit Lyonnais. L’entreprise est alors en crise, malmenée par Nike et Reebok. Courant 1992, celui qui est devenu ministre de Pierre Bérégovoy décide de vendre l’entreprise car il n’est plus capable de rembourser les sommes qu’il a empruntées à sa banque, chargée de trouver un acheteur. Un mois avant la défaite des législatives de 1993, un consortium rachète Adidas.
L’opération est blanche pour Tapie, mais en décembre 1994, ce consortium vend 700 millions Adidas au lieu des 315 auquel il l’a racheté en février 1993. En juillet 1995, Bernard Tapie demande à récupérer une partie des bénéfices fait par le Crédit Lyonnais lors de cette vente. L’affaire connaît de multiples rebondissements avec des avis contradictoires jusqu’au résultat de la cour arbitrale de la République en 2008, qui conclut largement en faveur de l’homme d’affaire.
Une histoire pas claire

 

Cette affaire présente de multiples zones d’ombre. Déjà, le fait de boucler une transaction entre une banque publique et un ministre un mois à peine avant la défaite de la gauche est extraordinairement suspect. Et paradoxalement, c’est le point de force de l’ancien ministre puisqu’il n’est pas normal que le chargé de la vente (le Crédit Lyonnais) finisse par racheter ce qu’il devait vendre, même si on peut soupçonner que personne n’était alors prêt à acheter Adidas à ce prix.

En effet, la marque aux trois bandes perdait alors beaucoup d’argent. Robert-Louis Dreyfuss la redresse rapidement, permettant à la banque publique de faire un joli bénéfice. Mais il est hallucinant que Bernard Tapie ait réussi à obtenir une part des bénéfices de la vente de fin 1994. C’est comme si on réclamait en janvier 2014 une part des bénéfices réalisés par la vente d’une chose qu’on aurait vendue aujourd’hui ! Rien n’a démontré que le prix payé en 1993 était trop bas.
Pire, Bernard Tapie a obtenu plus de 40 millions de préjudice moral. Dès lors, la procédure arbitrale, qui est plus préférable pour le particulier que pour l’Etat, devient extrêmement suspecte. Nous avons tout de même un homme politique qui apporte un soutien à un candidat à la présidentielle, et qui, un an après, bénéficie d’une procédure judiciaire tout à sa faveur. Il est difficile de ne pas y voir un conflit d’intérêts patent, qui rend dérisoire la promesse d’une République irréprochable.
Le soutien exprimé hier soir au président sortant est-il un renvoi d’ascenseur ? On ne le saura sans doute jamais. Mais les jugements sévères exprimés par des députés il y a un an permettent d’avoir un doute. L’affaire Bernard Tapie était peut-être une affaire d’Etat.

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