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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 19:26

On appelle ces révolutions: "Le Printemps Arabe". Il serait plus juste de dire "l'Automne Arabe". Puisqu'il ne s'agit ni plus ni moins, que des pantins à la solde de leurs maîtres qui seront à la tête de ces états. Et une nouvelle forme d'exploitation et d'exploitants verront le jour

Portrait d'un futur dirigeant de la Libye « libre »

..

Un collaborateur de la CIA pour commander les rebelles libyens
Par Patrick Martin World Socialist Web Site, 28 mars 2011
traduit de l’anglais par Djazaïri


 Le Conseil National libyen, l’organisation basée à Benghazi qui parle au nom des forces rebelles qui luttent contre le régime de Kadhafi, a désigné un collaborateur de longue date de la CIA pour diriger ses opérations militaires. Le choix de Khalifa Hifter, un ancien colonel de l’armée libyenne a été signalé jeudi par McClatchy Newspapers, et le nouveau chef militaire a été interviewé par un correspondant d’ABC News dimanche soir.
Hifter, dont l’arrivée à Benghazi avait été rapportée pour la première fois le 14 mars par Al Jazeera, a fait l’objet le 19 mars d’un portrait flatteur dans le Daily Mail, un tabloïd britannique farouchement belliciste. Le Daily Mail présentait Hifter comme une des « deux étoiles militaires de la révolution » qui « est rentrée récemment d’exil en Amérique pour apporter une certaine cohérence tactique aux troupes rebelles au sol. » Le journal n’évoquait pas ses liens avec la CIA.
McClatchy Newspapers a publié un profil d’Hifter ce dimanche. Intituler « Le nouveau chef rebelle a passé une bonne partie des 20 dernières années dans une banlieue en Virginie, » l’article note qu’il avait été auparavant un officier supérieur du régime de Kadhafi jusqu’à « une aventure militaire désastreuse au Tchad à la fis des années 1980.»
Hifter avait ensuite rejoint l’opposition à Kadhafi puis finalement émigré aux États-Unis où il a vécu jusqu’à ces dernières semaines qui ont vu son retour en Libye pour prendre le commandement de Benghazi.
Le profil par McClatchy concluait, « Depuis son arrivée aux États unis au début des années 1990, Hifter a résidé dans une banlieue de Virginie aux environs de Washington DC. »  Il citait un ami qui « disait ne pas trop savoir comment Hifter subvenait à ses besoins, et qu’Hifter s’occupait d’abord d’aider sa grande famille. »
Pour ceux qui savent lire entre les lignes, c'est une indication à peine voilée du rôle d’Hifter en  tant qu’agent de la CIA. Comment en effet, un ancien officier supérieur de l’armée libyenne a-t-il pu entrer aux États-Unis au début des années 1990, seulement quelques années après l’attentat de Lockerbie, puis s’installer près de la capitale fédérale, sans l’accord et l’aide active des services de renseignements AMÉRICAINS? Hifter a vécu en fait pendant une vingtaine d’années à Vienna en Virginie, a seulement une dizaine de kilomètres du siège de la CIA à Langley.
La CIA était bien au courant des activités militaires et politiques d’Hifter. Un article du Washington Post du 26 mars 1996 parle d’une rébellion armée contre Kadhafi en 1996 et écrit son nom dans une transcription différente. L’article cite des témoins selon qui la rébellion a pour « chef le colonel Khalifa Iftar [et est] une organisation du type “contra” basé aux États-Unis et appelé Armée nationale Libyenne. »
La comparaison est faite avec les forces terroristes « contra » financées et armées par le gouvernement des États-Unis dans les années 1980 contre les autorités sandinistes au Nicaragua. Le scandale Iran-Contra, qui avait secoué l’administration Reagan en 1986-87, concernait la mise au jour de ventes illégales d’armes AMÉRICAINES à l’Iran, dont le produit servait à financer les contras au mépris d’une interdiction par le Congrès. Les parlementaires démocrates avaient couvert le scandale et rejeté les appels à une procédure d’impeachment contre Reagan pour avoir financé les activités d’une illégalité flagrante ourdies par une brochette d’anciens agents des services secrets et de conseillers à la maison Blanche.
Un livre publié par  en 2001;« Manipulations africaines », fait remonter la relation avec la CIA encore plus loin, en 1987, signalant qu’Hifter, alors colonel de l’armée de Kadhafi, avait été capturé au Tchad où il combattait avec une rébellion soutenue par la Libye contre le gouvernement d’Hissène Habré, soutenu par les États-Unis. Il fit défection pour le Front national de Salut libyen (FNSL), la principale force d’opposition à Kadhafi, qui avait le soutien de la CIA. Il organisa sa propre milice qui opéra au Tchad jusqu’à la déposition d’Hissène Habré en 1990 par Idriss Déby, son rival appuyé par la France.
Selon ce livre, « la force de Haftar, créée et financée par la CIA au Tchad, disparut dans la nature avec l’aide de la CIA peu de temps après le renversement du gouvernement par Idriss Déby. » Le livre cite aussi un rapport du service de recherche du Congrès daté du 19 décembre 1996, selon lequel le gouvernement des États-Unis apportait une aide militaire et financière aux membres du FNSL qui avait été repositionné aux États-Unis.
Ces informations sont accessibles à tous ceux qui se livrent à une recherché même superficielle sur internet, mais elles n’ont pas été relayées par les médiats contrôlés par les grands groupes, hormis une dépêche de McClatchy qui évite toute référence à la CIA. Les chaînes de télévision,  trop occupées à faire l’éloge des « combattants de la liberté » de l’est libyen, ne se sont pas fatiguées à signaler que ces forces étaient désormais commandées par un collaborateur de longue date des services de renseignements des États-Unis.
Pas plus que n’en ont tenu compte ceux qui parmi les libéraux ou la « gauche » s’enthousiasment pour l’intervention des États-Unis et de l’Europe en Libye. Ils sont trop occupés à saluer l’administration Obama pour son approche multilatérale et « consultative » de la guerre, présumée être différente de l’approche unilatérale au « cowboy » de l’administration Bush en Irak. Que le résultat soit le même – mort et destruction qui s’abattent sur la population, la souveraineté et l’indépendance d’un pays anciennement colonisé foulées aux pieds – ne signifie rien pour ces thuriféraires de l’impérialisme.

Le rôle de Hifter, présenté à juste titre il y a 15 ans comme le chef d’une « organisation du genre contra », montre quelles sont les véritables classes sociales à l’oeuvre dans la tragédie libyenne. Quelle que soit l’authenticité de l’opposition populaire qui s’est exprimée dans la révolte initiale contre la dictature corrompue de Kadhafi, la rébellion a été détournée par l’impérialisme.
L’intervention de l’Europe et des États-Unis en Libye n’a pas pour but d’apporter la « démocratie » et la « liberté », mais d’installer au pouvoir des pantins de la CIA qui dirigera le pays aussi brutalement que Kadhafi, tout en permettant aux puissances impérialistes de piller les ressources pétrolières du pays et de se servir de la Libye comme base d’opérations contre les révoltes populaires qui soufflent sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

  
(un excellent blog à visiter, note d'eva)
.

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Published by Eva R-sistons - dans Luttes d'influences
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commentaires

Marie 30/03/2011 09:00






CLG en parle également ; l’article source (« McClatchy ») va plus loin : Khalifa Hifter (Haftar-Hefter ou Huftur !!!) vient d’être désigné le chef des
rebelles, la semaine passée seulement, soit le troisième chef en moins d’un mois, succédant à Fatah Younes qui était encore aux côtés de Kadhafi il y a peu – mais qui deviendrait le chef du
personnel de Hifter toutefois.  Quel bourbier !  CLG fait un parallèle intéressant avec Hamid
Karzal, l’actuel président d’Afghanistan, lui aussi un ex chef des rebelles, lui aussi qui émargeait sur les rôles de la CIA.


 


'Libyan rebel' leader spent much of past 20 years in suburban Virginia
26 Mar 2011 The new leader of Libya's opposition military spent the past two decades in suburban Virginia but felt compelled --
even in his late-60s -- to return to the battlefield in his homeland, according to people who know him. Khalifa Hifter was once a top military officer for Libyan leader Moammar Gadhafi, but [later] Hifter
switched to the anti-Gadhafi opposition. In the early 1990s, he moved to suburban Virginia, where he established a life but maintained ties to anti-Gadhafi groups... Since coming to the United
States in the early 1990s, Hifter lived in suburban Virginia outside Washington, D.C. Abdel Salam Badr of Richmond, Va., said he was unsure exactly what Hifter did to support himself. [LOL! Um, let's see... it's a tough one... suburban
Virginia with *no job* for twenty years. Hmm.. CIA? Yup, another over-funded oil wh*re -- think CIA/UNOCAL's Hamid Karzai --aka 'opposition leader' on the CIA payroll.
--LRP]


—> Le "chef des rebelles" libyens a passé la majeure partie de ses 20 dernières années dans un faubourg de la Virginia.. mais
aurait ressenti la nécessité impérieuse - alors qu'il approche les 70 ans - de retourner sur le champ de bataille de sa terre natale, selon son entourage.  Khalida Hifter fut un des 'top'
officiers militaires de Kadhafi avant de passer dans le camp des anti.  Au début des années 1990, il avait émigré pour s'y établir en Virginia, à proximité de Washington D.C.  - tout en
maintenant des attaches avec les groupes anti-Kadhafi.  Abdel Salam Badr, habitant le Richmond, Vancouver, était incapable d'indiquer ses moyens de subsistance.  [LOL ! Hmmm... voyons, celle-là est coriace... en Virginia, depuis 20 ans et sans ressources ?  Hmmm... CIA ?  Ouais,
encore un salopard sur-rémunéré sur fonds pétroliers — nos pensées vont droit au cas de Hamid Karzai (l'actuel président d'Afghanistan), ancien conseiller près du groupe pétrolier ONUCAL
(CIA) également un ancien "chef des rebelles" qui émargeait sur la CIA - Lori Price]


http://www.mcclatchydc.com/2011/03/26/111109/new-rebel-leader-spent-much-of.html 


 


=================


 


CLG soulève un autre pan de la doctrine Bush jr, dont la précision faite par Obama indique clairement que la clique - bigrement à résonnances SS - qui gouverne les USA s’octroie
tous droits sur n’importe quel état souverain dorénavant.  Bush jr et Obama n’étant que des marionnettes de façade, c’est donc toujours le Bush père
(né Scherff) qui fait sa loi.


 


Obama Expands Bush Doctrine By Michael Rectenwald, www.legitgov.org 30 Mar 2011 Obama has made clear that the pretext for invasion of sovereign nations will not be
limited to protecting Americans from "terrorism" and "weapons of mass destruction" as after 9/11 under Bush. Pre-emptive action will also be taken against threats to "values" and commerce. That
is, Obama has expanded the Bush doctrine to include cases wherein U.S. commercial interests are at stake, not only its supposed safety. Of course, this is precisely what the Bush doctrine was
meant to include, but Obama has expressed this fact even more nakedly than Bush himself.


—> Obama a précisé que le prétexte d'invasion d'états souverains ne se limiterait pas à protéger l'Amérique du "terrorisme" ou
"d'armes de destruction globale" comme ce fut le cas après le 11 Septembre, sous Bush.  Des actions préventives seront également entreprises contre toute menace visant les "valeurs" et le
commerce.  Ainsi, Obama étend la doctrine Bush à tout contexte où les intérêts commerciaux américains seraient présumés être en jeu.  Evidemment, l'esprit même de la doctrine Bush
sous-entendait cette interprétation ; Obama la précise de manière plus crue que Bush, tout simplement...
http://www.legitgov.org/Obama-Expands-Bush-Doctrine 


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