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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 23:50

 

Un petit patron martyrisé par le grand frère Sarkozy

Source : Capital

11/01/2012 à 06:00 / Mis à jour le 11/01/2012 à 06:00

 

 

© REA

Guillaume Sarkozy, président du groupe mutualiste Médéric, voulait se diversifier dans les services à la personne. Il s’est donc associé à une PME… dont il mène le patron en bateau.


Lorsqu’il a lu «Les Echos» du 18 avril dernier, Edouard Binier a cru à un canular. Guillaume Sarkozy y annonçait en fanfare son mariage avec Europ Assistance dans les services à la personne. Le groupe de protection sociale que dirige le frère aîné du président se proposait d’ouvrir tout grand son fichier de 3 millions de retraités pour développer un business d’aide à domicile, tâches ménagères ou suivi médicalisé. Nom du bébé : Bien-être Assistance.

Si Edouard Binier a vu rouge, c’est que sa société, Assisteo, 20 millions de chiffre d’affaires, propose la même chose. Et que cela fait trois ans que Malakoff Médéric, un groupe mutualiste aux 3 milliards d’euros de fonds propres, est entré à son capital pour développer avec lui ces emplois de proximité, dans la foulée du plan Borloo. «Ils nous ont poussés dehors au mépris de la clause de non-concurrence», assure Edouard Binier, 34 ans, ingénieur des Arts et Métiers. Du coup, il n’a pas tardé à réagir : dès juin, lors de l’AG d’Assisteo, lui et ses deux associés refusaient de renouveler le mandat des administrateurs de Malakoff Médéric. Les deux camps règlent désormais leurs comptes en justice.

A vrai dire, leur histoire d’amour n’a pas duré un mois. Très vite, Assisteo s’est aperçu que les ordres que Sarkozy donnait n’étaient guère appliqués sur le terrain. Ce n’est pas facile de gérer un groupe paritaire, mutualiste et non lucratif. Les équipes locales de Malakoff Médéric, habituées à travailler avec le secteur associatif, ont vite envoyé promener Assisteo, soupçonné de vouloir faire du profit sur le dos des familles. Si bien que les 6 millions d’euros de «care services» que le groupe mutualiste se faisait fort de ramener en trois ans ont été dix fois moindres.

Au lieu des 6 millions d'euros de chiffre d'affaires promis, il n'y en a eu que 600.000

«On partage leur déception. Mais le marché potentiel a été surestimé et nous n’avons pas su tisser ensemble suffisamment de liens», commente Yann Charron, tout récent directeur opérationnel de Malakoff Médéric. Le 1er avril 2009, Guillaume Sarkozy réunissait ce petit monde à l’étage directorial, dans l’ancien siège parisien de Barclays. «Il nous a traités de fous, en hurlant devant ses collaborateurs, qui n’ont pas réagi», rapporte Edouard Binier, encore secoué. Depuis, c’est la défiance totale.

Les conseils de surveillance d’Assisteo se tiennent en présence d’un huissier. Et Binier ne peut plus s’adresser que par courrier à ses interlocuteurs de Malakoff Médéric. Lesquels n’ont d’ailleurs jamais cessé de changer : les directeurs de l’innovation, Jean Kramarz, des finances, Jean-Pierre Lassus, du marketing, Alain Quibeuf, qui suivaient l’opération, ont quitté la maison. Divorcer ? Les deux partenaires disent ne vouloir que ça. Mais, là encore, pas moyen de s’entendre. «Dans un protocole d’accord de juillet 2010, Assisteo s’était engagé à trouver un repreneur, mais il ne nous en a pas proposé», assure Yann Charron, qui veut récupérer sa mise avec les intérêts. Groupe non lucratif, mais pas trop quand même.

Christophe David

Lien : http://www.capital.fr/enquetes/hommes-et-affaires/un-petit-patron-martyrise-par-le-grand-frere-sarkozy-689542?xtor=EPR-226

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