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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 18:35

 

Les chefs d'État sud-américains au sommet de Brasilia qui donna naissance à l'UNASUR Voir UNASUR ici :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_des_nations_sud-am%C3%A9ricaines

 

Au sujet de l’UNASUR

d’une part l’UNASUR est encore largement un projet

Ce projet n’en est même pas au stade où la construction européenne en était en 1993, un an après la signature du traité de Maastricht. Car il n’existe toujours pas de parlement sud-américain alors que le parlement européen existe depuis 1979.

Le traité créant l’UNASUR a été signé à Brasilia le 23 mai 2008 et n’est entré en vigueur que le 11 mars 2011, voici un an. Trois des 12 États signataires ne l’ont toujours pas ratifié : le Paraguay, et surtout la Colombie et l’immense Brésil.

Certes les dirigeants des 12 États ont annoncé leur intention d’imiter l’UE, avec notamment la mise en place d’un Parlement, d’une citoyenneté, d’un passeport commun et à terme d’une monnaie commune.

Mais pour l’instant rien de tout ceci n’existe : le siège de l’UNASUR, prévu pour être installé en Équateur, et le Parlement, prévu pour être en Bolivie, ne sont encore à l’état de projets.
Pour l’instant, il n’y a encore rien qui, de près ou de loin, ressemble à un pouvoir supranational : ni l’équivalent de la Commission européenne, ni les quelque 300 000 pages de réglementation européenne.

d’autre part l’UNASUR a une optique anti-états-unienne

Ce n’est pas un hasard si l’Argentine de Kirchner, la Bolivie de Eva Morales, l’Équateur de Rafael Correa, le Venezuela de Hugo Chavez et le Pérou de Ollanta Humala ont ratifié le traité de l’UNASUR, tandis que la très pro-états-unienne Colombie et le prudent Brésil tardent à le faire.

Car la finalité implicite de l’UNASUR est l’antithèse même de celle de l’UE.

L’Union européenne est pilotée en sous-main par Washington depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Elle vise à dissoudre les souverainetés des États européens dans une fédération alignée sur les États-Unis, et destinée à une sorte de fusion euro-états-unienne dont le Grand Marché Transatlantique serait le vecteur.

L’UNASUR, qui se réclame du héros des indépendances sud-américaines Simon Bolivar, a été au contraire conçue comme une opposition à la zone de libre-échange des Amériques « Initiatives pour les Amériques », lancé par le président américain George Bush puis concrétisé en 1994 au 1er « Sommet des Amériques. »

L’UNASUR s’oppose donc frontalement à l’ingérence nord-américaine dans les affaires politiques et économiques latino-américaines et vise en particulier à contourner le recours à l’Organisation des États américains (OEA), dont les États-Unis sont parties prenantes, lors du traitement de problèmes spécifiquement sud-américains.

On notera d’ailleurs que le sixième « Sommet des Amériques » de l’OEA s’est achevé avant-hier (dimanche 15 avril) en Colombie sans déclaration finale, en raison de la vive opposition des États latino-américains à la politique d’exclusion de Cuba par les États-Unis.

Cet échec cinglant de la diplomatie états-unienne, sur lequel les médias français ont bien entendu été des plus discrets, met en péril l’avenir même de cette conférence continentale qui se réunit une fois tous les 3 ans et qui n’a aucunement eu les résultats qu’en espérait Washington.

CONCLUSION

L’UNASUR, qui se refuse à bâtir une défense commune de type OTAN, entend respecter les souverainetés nationales et tente de constituer un bloc pour résister à l’hégémonie états-unienne. Ses objectifs causent un vif déplaisir à Washington et la distinguent donc totalement de l’UE sur ce point.

Pour le reste, les projets de l’UNASUR sont encore à l’état de virtualité. Si les pays latino-américains commettaient l’erreur de vouloir vraiment imiter, non pas le Conseil de l’Europe mais l’UE, nul doute que les dirigeants et les peuples latino-américains déchanteraient rapidement.

Le projet d’une monnaie commune aux 12 États latino-américains aboutirait inéluctablement à des blocages et à des problèmes considérables, pour le même type de raisons que celles que j’ai développées, depuis des années, au sujet de l’euro.

 

http://www.u-p-r.fr/actualite-facebook/au-sujet-de-lunasur

 

à lire également

 

Argentine: La vraie nature de l’UE démasquée

UPR- Argentine RENATIONALISE sa Compagnie pétlière - Branle-bas de combat dans l'UE DEMASQUEE

Pour faire suite à mon article sur l’Argentine, je signale que la décision souveraine du gouvernement de Buenos Aires de renationaliser la compagnie pétrolière YPF (à 51%) suscite un tollé et des menaces ahurissantes de la part de l’Union européenne et de plusieurs pays européens. Ils en appellent notamment au G20, au FMI et à l’UE pour faire cesser ce « scandale » que constitue un gouvernement qui agit en faveur de la majorité de sa population.


1) Le gouvernement espagnol, furieux, a convoqué deux fois en une semaine l’ambassadeur argentin pour lui dire :
- que l’expropriation d’YPF « rompt la bonne entente entre Espagne et Argentine »,
- qu’il s’agit d’un « geste hostile à l’Espagne »,
- qu’il va conduire l’Espagne à annoncer des mesures de rétorsion « fortes » dans les jours à venir, dans les domaines diplomatique, commercial, industriel et énergétique


2) Le Président de la Commission européenne, José Barroso – qui est de nationalité portugaise et que cette affaire ne devrait pas concerner – s’est dit « extrêmement déçu » de la décision de faire passer 51% d’YPF sous le contrôle de l’État argentin et des provinces du pays.
Cette réaction a de quoi surprendre venant de l’ancien leader des étudiants « maoïstes » du Portugal de 1974. Elle se comprend davantage lorsque l’on connaît la carrière ultérieure de M. Barroso, devenu ensuite boursier de l’OTAN, étudiant à Washington, puis Premier ministre portugais.

À ce poste éminent, il avait soulevé un scandale en 2003 lorsqu’il avait voulu vendre de gré à gré la compagnie nationale pétrolière du Portugal à prix d’ami au fonds d’investissement Carlyle, qui gère, entre autres, les fortunes de la famille Bush et de la famille Ben Laden.
Brader les sociétés pétrolières publiques à des amis est donc conforme à l’éthique de M. Barroso. Mais qu’un gouvernement s’avise de faire le chemin inverse, en renationalisant des entreprises publiques devenues privées, lui semble monstrueux.


3) Récitant la même leçon que M. Barroso, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, la Britannique Catherine Ashton « of Upholland », a estimé quant à elle que la décision du gouvernement argentin envoyait « un très mauvais signal » pour les investissements étrangers dans le pays. Elle s’est même faite menaçante en prévenant que l’UE « étudiait toutes les voies possibles pour répondre à Buenos Aires. »
L’inénarrable « baronne travailliste » [sic] s’est dite aussi « alarmée » par le fait que la présidente argentine Cristina Kirchner ait fait référence dans son discours « à des mesures similaires qui pourraient concerner bientôt les investissements dans les télécommunications et le secteur bancaire en Argentine. »
Vu de l’UE, une telle volonté paraît en effet le comble du sacrilège !


4) Mme Lagarde, la Française ultra-pro-états-unienne copine de Dick Cheney et directrice du FMI, a fait savoir que le Fonds monétaire international déplore que « l’Argentine soit imprévisible ». Le FMI, lui, est parfaitement prévisible….


5) Le gouvernement britannique vient se se joindre à ce concert de lamentations et de menaces : un communiqué du ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, a fait savoir que Londres est « très inquiet » de l’annonce de l’Argentine.
En précisant que « la décision de Buenos Aires va à l’encontre de tous les engagements pris par l’Argentine au G20 de promouvoir la transparence et réduire le protectionnisme », le gouvernement britannique ajoute qu’il va « travailler avec l’Espagne et l’Union européenne pour s’assurer que l’Argentine respecte ses engagements et obligations internationaux. »


CONCLUSION


La décision de l’Argentine de renationaliser sa compagnie pétrolière a le mérite de faire tomber les masques de ce qu’est la prétendue « construction européenne. »

Loin de viser au bonheur des peuples et à la paix dans le monde, elle vise à l’accaparement des richesses du monde au profit d’une oligarchie des affaires et de leurs actionnaires, quitte à susciter la guerre. Elle n’hésite pas un instant à prendre fait et cause pour des intérêts industriels et financiers privés contre la décision d’une grande nation souveraine et elle retrouve aussitôt des accents guerriers et néo-coloniaux.

Pour les citoyens français, la leçon argentine est double :

- d’une part, cette affaire prouve une énième fois à quel point l’appartenance de la France à l’Union européenne salit notre image aux yeux du reste du monde.
En 1964, lorsque de Gaulle était allé à Buenos Aires, ce sont des centaines de milliers d’Argentins qui s’étaient pressés sur son passage pour acclamer le nouveau « libertador », celui qui osait tenir tête à Washington, à l’Europe fédérale et aux puissances d’argent. De nos jours, la France vue d’Amérique latine est perçue comme indigne de son passé glorieux. Elle est vue comme le larbin méprisable des intérêts de ces mêmes forces financières et atlantistes qu’elle combattait jadis.

- d’autre part, il suffit de prendre connaissance des réactions listées précédemment pour imaginer ce que seraient les réactions de la Commission européenne et des autres États membres de l’UE si la France se mettait en tête de « désobéir aux traités européens » comme ose le promettre M. Mélenchon à ses électeurs crédules.

 

http://www.u-p-r.fr/actualite-facebook/argentine-la-vrai-nature-de-lue-demasquee

 

à lire également
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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 13:17

Le vent de l'Histoire tourne : L'Argentine prouve qu'il y a une vie après la "mondialisation inévitable" et que l'avenir n'est pas dans la destruction des États.

Le gouvernement argentin vient de décider, ce 16 avril 2012, d’exproprier le groupe espagnol Repsol de sa participation dans la compagnie pétrolière argentine YPF, qui est donc renationalisée.

Cette nouvelle décision fait grimper aux rideaux le gouvernement de Madrid qui y dénonce une attaque contre les « intérêts espagnols ». Mais elle s’inscrit en réalité dans une politique de longue haleine, mise en œuvre depuis dix ans par le président de la République Nestor Kirchner puis par sa femme qui lui a succédé à ce poste.

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L’actuelle présidente argentine Cristina Kirchner

Cette politique « néo-péroniste » est approuvée par une très grande majorité du peuple argentin : elle consiste à rendre à la République argentine sa souveraineté et son indépendance nationales, et sa capacité à assurer la justice sociale entre ses habitants. Ses succès sont remarquables.

RAPPEL DE L’HISTOIRE RÉCENTE DE L’ARGENTINE

Tout au long des années 90, l’Argentine avait appliqué, sous la présidence de Carlos Menem et à la demande du FMI, une politique ultra-libérale de privatisation à outrance de toute son économie.

Cette politique fut assez comparable à celle dont sont actuellement affligés la France et les pays de l’Union européenne, sous les exigences du même FMI et de la Commission européenne. Dans l’Argentine des années 1990, comme dans la France des années 2000-2010, les médias et les politiciens ne cessaient d’expliquer au peuple argentin qu’il était nul, et que son salut collectif ne viendrait que des « réformes indispensables » consistant à vendre à des groupes privés étrangers tout ce qui appartenait au peuple argentin.

Cette ultra-libéralisation de l’économie argentine a certes provoqué l’enrichissement d’une partie de la population pendant quelques années, et surtout une débauche de consommation.

Mais elle a aussi et surtout entraîné une autre partie de la population dans la pauvreté (environ 20% de chômeurs officiels vers 1998) , avant de provoquer une hyper-inflation et une crise économique et financière de très grande ampleur à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

La crise économique et financière culmina en 2001 et conduisit à des décisions historiques : le 6 janvier 2002, le nouveau gouvernement du président Eduardo Duhalde procédait à un gel total des avoirs bancaires et à une dévaluation officielle du peso de 28 % par rapport au dollar. La monnaie argentine continua à baisser très rapidement ensuite, jusqu’à perdre près de 50% face au dollar.

Après avoir mis en place un plan économique très volontariste, le président Duhalde convoqua des élections présidentielles anticipées en avril 2003. Ce fut le candidat péroniste de centre gauche Nestor Kirchner qui fut élu, sur un programme de restauration de l’État et de la souveraineté nationale argentine sur son économie.

Nestor Kirchner a été président de la République argentine de 2003 à 2007. Son bilan est historique :

a) envoyant balader les banquiers, il a « renégocié » la dette du pays en 2005 d’une façon expéditive : il a purement et simplement refusé le remboursement de trois quarts des 100 milliards de dollars de dette extérieure !

b) faisant un bras d’honneur au dogme de l’ultra-libéralisme et de la prétendue « mondialisation inévitable », il a :
- gelé les tarifs de l’énergie et des transports,
- taxé très fortement les importations,
- relancé l’activité économique (+ 50 % en cinq ans !) en la soutenant de façon keynésienne par les dépenses publiques,
- provoqué une forte hausse des salaires,
- et engagé un programme tenace de réappropriation par le peuple argentin des grands services publics du pays qui avaient été bradés à des intérêts privés américains ou européens à la demande du FMI :

- novembre 2003 : Renationalisation de la Poste argentine, qui avait été privatisée en 1997.

- janvier 2004 : Renationalisation de la concession de l’espace radioélectrique national, qui avait été attribué au groupe français Thales Spectrum, filiale de Thales (ex-Thomson) en 1997.

- mars 2006 : Renationalisation de la distribution de l’eau potable qui avait été attribuée au groupe français Suez en 1993.

- mars 2007 : Renationalisation du Chantier naval Darsena Norte, privatisé en 1999. Les employés reçoivent 10% des actions, le reste étant contrôlé par l’Etat.

C’est sa propre épouse, Cristina Kirchner qui lui a succédé au poste de présidente de la République le 10 décembre 2007. Réélue il y a quelques mois, en octobre 2011, elle a continué l’impressionnante œuvre libératrice de son mari :

- novembre 2008 : Renationalisation du système de retraites, qui avaient été privatisées en 1994.

- décembre 2008 : Renationalisation des compagnies aériennes Aerolineas Argentinas et Austral, privatisées et acquises en 1990 par la compagnie espagnole Iberia, puis en 2001 par le groupe espagnol Marsans.

- et enfin, ce 16 avril 2012 : Renationalisation majoritaire (à 51%) de la compagnie pétrolière YPF, qui avait été privatisée et cédée à l’Espagnol Repsol en 1992.

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Le président argentin Nestor Kirchner (aujourd’hui décédé) avec le président bolivien Evo Morales (à gauche) et le président vénézuélien Hugo Chavez (à droite)

CONCLUSION

Tout comme les cas islandais ou vénézuélien, la politique économique, financière, sociale et industrielle menée en Argentine depuis 10 ans est soigneusement censurée dans nos médias asservis à l’oligarchie financière et industrielle euro-atlantiste.

Cette censure s’explique : tout ce qu’a décidé le gouvernement de Buenos Aires, avec le soutien massif de sa population, prouve que les dogmes de l’ultra-libéralisme et de la « mondialisation inévitable » sont des mensonges et des politiques insanes, sur lesquelles un peuple peut – et doit – parfaitement revenir.

Après avoir failli être détruite par les tenants de la privatisation de la planète au profit d’une infime minorité, l’Argentine est la preuve vivante que l’avenir n’est pas dans la destruction des États, mais dans leur résurrection.

Je me permets au passage de voir, dans la politique de renaissance argentine, des points de ressemblance frappants avec le programme de renationalisation des services publics essentiels que j’avais présenté le 3 décembre dernier.

Ce n’est pas parce qu’une censure médiatique absolue m’a empêché de soumettre ce programme présidentiel libérateur au vote des Français qu’il a perdu de son intérêt et de sa pertinence. Bien au contraire, l’exemple argentin montre qu’il est plus actuel que jamais et que l’histoire finira, tôt ou tard, par lui donner raison.

Source :http://www.romandie.com/news/n/_L_expropriation_d_YPF_la_derniere_d_une_longue_serie_en_Argentine82160420122352.asp

A lire également sur le site de l'UPR :

 http://www.u-p-r.fr/actualite/monde/largentine-prouve-quil-y-a-une-vie-apres-la-mondialisation-inevitable

 Agoravox

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commentaires

Olivia Kroth 21/04/2012 03:31


Brava Christina Fernández de Kirchner ! 


Il faut mettre l'Espagne coloniale à la porte.

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