Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 00:13

 

 

 

 

Si l’OTAN est intervenue en Libye sur pression de la France, pardon, de Nicolas Sarkosy, c’est bien sûr pour des « raisons strictement humanitaires ».

Cela fait suffisamment d’années que les français ont pu tester les qualités humaines, humanistes de notre Président, son respect pour ses concitoyens, en particulier lorsqu’ils ne votent pas comme il aurait envie qu’ils votassent.

Il fallait sauver les tribus en rébellion contre celle de Kadhafi, l’empêcher d’écraser son propre peuple, de protéger les « bons libyens contre les méchants ».

 kadhafi

Il faut relier cette démarche humanitaire animée par le frétillant « philousophe » de service à l’histoire des ONG qui commence avec la Création de la Croix Rouge en 1863 et se poursuit avec la Convention de Genève qui prescrit les règles pour se taper sur la G… dans les limites d’une certaine décence.

 

Ce triomphe de la supériorité morale de l’Occident s’épanouira au cours de la Première Guerre Mondiale : 20 millions de morts et 21 millions de blessés. En fait, une mise en bouche puisque la justesse de la diplomatie internationale au moment des différents traités de 1918 à 1923 plus les crises du système capitaliste engendreront la très belle Seconde Guerre Mondiale avec ses 64 781 162 victimes militaires et civiles mêlées.

 

A remarquer qu’à chaque fois, il y a un média-mensonge qui déclenche le processus : assassinat à Sarajevo d’un emplumé que l’empereur d’Autriche haïssait, ou la prétendue invasion de l’Allemagne par la Pologne en 1939.

Mais nous étions encore dans le prétexte avoué qui avait été précédé de beaux discours, d’échauffement du complexe militaro-industriel, de rivalités entre Empires coloniaux, de politique d’expansion vitale pour l’économie, avec même des considérations racistes et hygiénistes pour le nazisme.

 

Passons sur les guerres de décolonisation qui n’étaient que du maintien d’un certain ordre : Indochine, Algérie pour ce qui concerne la France, avec les massacres de Sétif et de Guelma en 1945, entre 40 et 80 000 morts pendant 2 mois.

 Biafra-Enfants-1968-1

Non, le ton change avec le Biafra à la fin des années soixante de 1967 à 1970 où, pour la première fois, se mêlent militaires et « humanitaires ».

 

Suite à la sécession du Biafra, une des régions du Nigéria il s’en suit une guerre où, comme d’habitude, ce sont les civils qui paient le plus cher : tuerie, famine. Les images que nous envoient les reporters sont insoutenables. Bernard Kouchner crée Médecins sans Frontières en 1971. C’est quasiment l’année de naissance de l’émotion dans les affaires internationales.

 

A noter, au passage, que les raisons de cette horreur nigériane se trouvent dans les conséquences de nos essais nucléaires à Reggane et au fait que le Biafra possède les réserves nigérianes de pétrole.

 

Atome et pétrole sont « les deux mamelles » de nos guerres.

 

La médiatisation triomphe. Ce n’est pas la réalité d’une situation qui crée l’événement, mais la manière dont cette réalité est rapportée qui crée l’événement.

Pas d’images, pas de conflits ; pas de scandales, pas d’interventions humanitaires. Du commerce des armes, c’est tout.

 

Avec la fin de la Guerre Froide, (Angola, Cambodge, Afghanistan… ) les ONG sont devenues des entreprises nécessitant des professionnels ayant un besoin d’aventures exotiques et une compassion médiatisée.

 

L’émotion mise en scène donne des bonnes raisons d’agir, domine et camoufle les mauvaises raisons d’état.

 

D’ailleurs dès 1979 MSF se scinde, Kouchner crée Médecins du Monde, plus soucieux de papier glacé et de JT que de réelle efficacité qui nécessite de la durée, de l’humilité, le respect envers les populations concernées.

 

On le constate entre 1984 et 1985 au cours de cette merveille de Guerre d’Ethiopie.

Le gouvernement éthiopien ou ce qu’il en reste condamne une partie de sa population à émigrer vers le sud, d’où famine et débarquement avec sac de riz sur l’épaule. L’aide humanitaire sera détournée par le gouvernement et deviendra une arme. 200.000 malheureux meurent d’épuisement. Pendant ce temps-là, dans les pays donateurs et bien pensants, l’on chante « We are the world ».

Seul Médecins sans Frontières refuser de cautionner les agissements du gouvernement et sera donc expulsé.

 

Avec l’implosion du bloc soviétique, il n’y a plus d’intervention militaire SANS justification humanitaire.

 

1993 : Somalie avec le fiasco de l’intervention US filmée quasiment en direct, et se terminant par « La Chute du Faucon Noir », 10 000 morts.

 genocide-in-rwanda-skulls

1994 Rwanda : génocide qui ne fait bouger personne, 500 000 morts en 3 mois. Choléra ! Ah ! Là l’humanitaire peut et doit intervenir. Les ONG investissent les camps de réfugiés. Merci d’être venus.

 

1999 Kosovo : l’OTAN attaque la Serbie et le Kosovo pour sauver les kosovars albanais ce qui entraîne, des déplacements de populations, du nettoyage ethnique accompagné d’un déferlement d’associations humanitaires.

 

http://www.youtube.com/watch?v=b3h72lJ07Rs 

 

 

2001 Afghanistan : « bombardements humanitaires », on écrase les anciens alliés talibans pour « permettre aux petites filles d’aller à l’école ». Et l’on essaie de nous convaincre que l’aviation est capable de « frapper chirurgicalement », avec de temps à autre, des « dégâts collatéraux mineurs ».

Quant à la chasse au Ben Laden, cela relève de la farce, dans la mesure où il semblerait que tout le monde ait intérêt à « croire » en l’immortalité de celui qui incarne « le terrorisme », un concept pratique pour maintenir les peuples dans la peur, donc dans la soumission à des gouvernements « protecteurs », mais en même temps écraseurs des libertés fondamentales.

 

Il existe désormais une telle confusion dans « l’humanitaire » que Rony Brauman est obligé de préciser ce que devrait être l’humanitaire :  « L’humanitaire c’est le refus du sacrifice humain. L’humanitaire doit refuser les logiques politiques et économiques qui, elles, acceptent le sacrifice ».

 

En date du 09 mars 2011, en Afghanistan, 8 832 civils ont été tués durant les quatre dernières années.

 

Pour ce qui concerne l’Irak :

 

1990- 91 : sauvons les pauvres koweïtiens de l’agression du méchant Saddam Hussein. A croire que les satellites de surveillance n’avaient rien vu se préparer !

9 000 soldats irakiens écrasés sous les bombardements, 60 000 morts avec l’offensive terrestre, 50 à 100 000 civils effacés de la surface de la planète.

 

 

2003 : « Défense des irakiens face aux crimes de leur dictateur » et armes de destruction massive introuvables.

 

Chiffres variables selon les sources. 2 500 américains tués et environ 1,5 millions irakiens  morts prématurément.

 

Mais la constante du pétrole demeure.

Mais les média-mensonges sur la nécessité de sauver des populations en danger demeure. Voyez les chiffres.

Mais qu’est-ce qu’une « guerre juste », encore plus, une « guerre humanitaire » ?

 

La France, presque seule, a réussi à convaincre quelques alliés d’aller aider de braves Libyens mécontents de leur dictateur que nous venions tout juste de réintroduire dans le concert des pays fréquentables.

 

Or, ce pays est celui qui possède le plus de réserves pétrolières et en gaz du continent africain. Hasard ?

 

Or, ce pays, même en cas de changement de gouvernement, aura les moyens de payer sa reconstruction, et pourra accueillir nos compagnies pétrolières. Non seulement celles qui y sont déjà, mais je verrais très bien des compagnies chinoises ou russes se joindre ou remplacer les compagnie existantes.

 

Les arguments avancés par les émotifs de service ne tirent des larmes qu’aux naïfs et je suis poli. Il est assez atterrant de voir qu’un certain nombre de gens « intelligents » se soient précipités dans l’approbation de cette agression.

 

Il s’agit d’un règlement de comptes entre deux psychopathes qui se sont brouillés et ridiculisés l’un l’autre, le tout sur fond de politique intérieure.

 

Chacun a des problèmes avec une désespérance de leur population. Chacun a roulé l’autre. Chacun veut conserver le pouvoir à n’importe quel prix. Ce sont, comme toujours, les peuples qui paieront, soit en impôts supplémentaires, soit en vie les délires des deux malades.

 

Et la sauce qui permet au complexe militaro industriel d’accumuler des profits aura été touillée, une fois de plus avec de l’émotion, des propos d’une générosité frelatée, des effets médiatiques, de la chemise blanche et de la « philousophie » de papier glacé.

 Bernard-kouchner-copie-1

« Le devoir d’ingérence » s’arrête miraculeusement quand il s’agit de défendre les palestiniens contre la politique honteuse d’Israël, ou lorsque la puissance de feu de l’adversaire est estimée à sa juste valeur. Les nord-coréens peuvent crever, l’on ne bougera pas. Les syriens peuvent pleurer, on n’ira pas sécher leurs larmes. Les Bahreinis ont été pris en main par la « démocratie » saoudienne, on ne bougera pas. Les Yéménites n’ont qu’à se débrouiller. La Côte d’Ivoire est bien inquiétante, attendons le choléra, la famine, le génocide et l’effondrement général pour aller remettre en ordre le cacao avant que nous ne soyons chocolat.

 

Je me demande fort naïvement si mes concitoyens sont bien conscients que nous avons ouvert les « portes de la guerre ». Se souviennent-ils que l’on ne sait jamais quand une telle gageure se termine, et comment elle se termine. Non sans humour, nos alliés américains que nous avons entraînés dans l’aventure ont appelé cela « Aube de l’Odyssée ». C’est beau comme l’Antique.

Mais l’Odyssée nous montre un Ulysse, jouet des dieux et éloigné, pendant des années, loin de son Ithaque. Chaque fois qu’il est sur le point de rentrer de la guerre de Troie, un événement nouveau l’en empêche.

Est-ce qu’à chaque fois que nous allons croire avoir vaincu Kadhafi, un retournement de situation va repousser la fin de partie et prolonger nos interventions ? Est-ce le meilleur moyen de maîtriser nos déficits ? Guéant, après Copé chefaillon de l’UM-Pen, vient d’avouer que nous sommes « en croisade », histoire de convaincre quelques électeurs frontistes de venir mettre un bulletin en faveur du gang en place.

 

Qui peut croire que les cadavres libyens de tous bords permettront à N.S. d’être réélu comme le fut jadis Bush Junior qu’il a tant aimé ?

« Guerre humanitaire », c’est aussi incongru « qu’aumônier militaire ». « Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens. »

Toujours la même hypocrisie, la même rengaine, le même côté obscur de l’humanité en action.

Ecoeurant !

 

Bien entendu, si jamais, hélas, les français commençaient à se castagner, il ne faudrait pas être étonné si des pays « généreux et bouleversés » venaient nous remettre à la raison en nous bombardant joyeusement.

Ce ne serait jamais que la continuation de notre propre politique. Heureusement, nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées sur…le nucléaire.

 

Nous vivons une époque formidable.

 

25/03/2011

 

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche