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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 02:30

Slah Pacha

La honte et la pudeur


par Slah Pacha, jeudi 3 février 2011, 22:20

Il y a longtemps, que ce qui devait se dire ne se disait pas, et ce qui pouvait se prononcer ne trouvait pas comment sortir de nos gosiers desséchés. Je ne vous cache pas qu’il était difficile de trouver une écoute, des esprits ou des cœurs, capable de loger la vérité.

Depuis plus de vingt trois ans beaucoup d’entre nous ont étouffé leurs points de vue et leurs avis, car ils ne trouvaient pas, qui pouvaient prêter l’oreille à l’autre avis. Ceux qui étaient en face ont créé pour ça, le truc de la voix officielle et du point de vue dominant. Ils se sont faits maitres de l’intérêt général et l’ont asservi à l’intérêt privé, à leur propre intérêt.

Ceux qui nous fréquentaient avant l’avènement de la société de la peur et de la subordination se sont vus soudain obligés de nous adresser une salutation timide et gênée. Ils osaient parfois nous souhaiter furtivement une bonne santé avant de se reprendre vite et de solliciter leurs pieds de les aider à s’éloigner. Vous voyez donc sur quoi ils pouvaient compter quand leurs yeux ne trouvaient qu’à se baisser pour regagner leur cœur et leur rajouter une charge de complexes et de méchancetés.

Leur ennemi premier devenait,  leur ami, leur collègue ou leur concitoyen maintenu à distance ou éloigné. La seule parole qui se faisait admettre ou respecter est celle importée à leur usage ou achetée de l’étranger.

Tous ceux de nous qui partagions avec eux nos cités étaient bons à négliger ou à déconsidérer.

Dans tous les cas un Tunisien n’avait  aucune chance de se faire respecter que lorsqu’il rencontrait l’appréciation de l’étranger. Et quand il veut se faire entendre il doit essayer de faire porter  sa voix dans une autre intonation et de préférence dans un langage différent.

Cela rendait plus simple, pour réussir, d’aller chercher refuge là ou on pouvait directement se faire apprécier.

Aujourd’hui Messieurs, le peuple vous a retiré toute autorité et il demande à tout ceux qui vont vous succéder de bien regarder cette fois-ci dans ses yeux à lui, pour savoir comment vous devez vous orienter pour trouver la direction de la dignité et de la liberté.

Aujourd’hui Messieurs, les langues justes vont triompher de la langue de bois et du brouhaha. Ils vont critiquer, ils vont proposer et ils vont accepter qu’un autre avis soit énoncé et que le meilleur soit adopté dans l’intérêt de tous et pour la gloire de la plus belle des Reines : La Tunisie.

Je regrette cependant  que bien que la vie, nous a révélé, qu’elle aimait se dérober aux tyrans pour aller vers la justice, l’égalité et la liberté, on se prend encore à cacher ou à ne pas dire toute la vérité.

Je poserais une seule question aux nouvelles autorités, si elles savent  de qui elle prennent leur autorité ?... Bien sûr de ceux qui ont prôné le changement et qui l’ont imposé par leur vie et par leur sang.

Monsieur le Premier Ministre, pour qui j’ai beaucoup de respects, je ne vais pas vous reprocher ce que vous n’avez pas vu auparavant mais je vais simplement vous demander pourquoi depuis la déposition du tyran vous ne nous avez rien dit de vos inquiétudes relatives aux différents problèmes  que vous rencontrez et particulièrement ceux qui ont trait à notre sécurité. Vos soucis nous les aurions partagés avec vous, pour défendre nos enfants et notre révolution.

 Monsieur le Premier Ministre notre peuple a démontré sa lucidité et sa maturité et vous avez reconnu qu’il a défendu tout ce qui fait la richesse de sa Tunisie, et vous l’avez félicité. Il attendra encore patiemment un changement profond des hommes et des institutions mais il n’acceptera jamais que ceux qui ont fait hier son malheur et son obscurité soient les mêmes à qui on propose d’édifier un lendemain plus juste et plus éclairé.

 Messieurs, de la nouvelle autorité, nous avons fait cette révolution par le sang de nos enfants et nous aimons vous rappeler qu’elle n’est pas votre œuvre et que nous avons seulement décidé que de vous confier cette transition.

 Permettez-moi encore cette précision : Vous n’avez de compte à rendre qu’à nous, qui avons supporté tous seuls les excès d’un tyran que nous avons chassé.

      Je me suis amusé depuis peu de temps à faire un effort pour reconnaitre  la juste différence entre le sens de la honte et celui de  la pudeur et j’en suis arrivé à conclure que beaucoup de ceux qui n’ont pas honte doivent cesser de parler pour permettre à ceux qui ne réclament rien et qui se taisent par pudeur de construire et d’espérer. 

Messieurs, osez donc nous parler de nos problèmes et de nos intérêts et nous vous aiderons à nous servir et à nous aider.

Une nouvelle Tunisie est née. Avancez vers elle, elle est belle à servir et à côtoyer.

 

 

http://www.facebook.com/notes/slah-pacha/la-honte-et-la-pudeur/10150096195214432

 

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Du même auteur :
http://www.facebook.com/notes/slah-pacha/les-reves-dune-reelle-liberte/10150094384949432
Les rêves d'une réelle liberté

 

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