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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 03:43

 

La chronique de Charles Sannat

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215.JPGChargé d’affaires à BNP PARIBAS. Attention, les opinions qu'il exprime ne reflètent pas l’avis de cette banque et ne constituent pas une incitation à investir. Il s’agit juste de ce qu'il pense à titre personnel.

04/05/2011 - Le Cygne Noir, ou Avis de coup de vent, suivi d'une tempête, pouvant se transformer en ouragan.
(..)


Alors que penser d'une telle stratégie? Simplement que de plus en plus de particuliers comme d'institutions commencent à avoir des doutes de plus en plus sérieux sur la pérennité du système économique mondial dans sa configuration actuelle.

Pourtant, c'était impossible et inenvisageable.

Mais ce n'est pas tout. Ces dernières semaines sont particulièrement riches en alertes.

- Des taux à deux ans qui dépassent pour la première fois les 25% pour la Grèce. Cela signifie que la Grèce est peut être à quelques jours seulement d'un rééchelonnement de sa dette dans laquelle inévitablement les banques mondiales à commencer par les banques françaises laisseront quelques plumes. A titre d'information, c'est le Crédit Agricole qui est la banque la plus exposée au risque grec, l'ensemble des banques étant tout de même concerné.

Pourtant, c'était impossible et inenvisageable.

- La mise sous surveillance de la dette US par l'agence de notation Standard and Poor's,

http://www.daily-bourse.fr/analyse-CAC-40-La-dette-Americaine-inquiete-vtptc-12567.php

Pour ceux qui n'auraient pas encore compris ou qui ne souhaitent vraiment pas comprendre l'économie américaine reste la première économie mondiale. Un défaut de paiement US entrainerait le monde dans un chaos économique sans précédent. Les optimistes invétérés nous expliquent qu'ils n'y croient pas. Les mêmes d'ailleurs ne croyaient pas à un séisme d'une magnitude supérieure à 9, suivi d'un tsunami de plus de 15 mètres de haut, venant détruire 6 réacteurs d'une centrale nucléaire... et qui irradie un pays entier pour ne pas faire frémir avec une contamination entière de l'hémisphère Nord. Encore un triste Cygne noir.

Pourtant, c'était impossible et inenvisageable.

- Or qu'apprenons nous? que la Banque Morgan Stanley vient de faire un défaut de paiement volontaire de 3.2 milliards d'euros sur un immeuble qu'elle détient à Tokyo. En clair peut importe ma perte, je n'en veux plus de cet immeuble. Quel peut être le mobile d'une telle décision qui est une première historique pour cette "vénérable" institution? Pourtant, c'était impossible et inenvisageable.

http://www.agefi.fr/articles/Un-fonds-Morgan-Stanley-defaut-Japon-1176159.html

- Nous pouvons ajouter à cela que les CDS reflètent actuellement une anticipation d'annulation de la dette de certains pays européens pouvant atteindre les 75% (les CDS sont des "assurances" sur les risques de faillites).

Pourtant, c'était impossible et inenvisageable.

- Et puis il y a la Chine qui souhaite diversifier ses réserves en devises et faire diminuer de manière significative sa détention de Dollars américains. En effet, l'érosion d'une monnaie est un moyen pour ne rembourser ses dettes qu'en monnaie de singe dévaluée. Mais cela se fait au détriment du détenteur de cette monnaie. Nos amis chinois ne semblent plus vouloir être les dindons de la farce.

http://french.news.cn/economie/2011-03/09/c_13767678.htm

Pourtant, c'était impossible et inenvisageable.

- Plus dramatique, Mc Donald (les restaurants) ont lancé une grande campagne de recrutement proposant 50 000 job en une journée. Des scènes pathétiques prouvant à quel point la situation de nombre de familles américaines est désastreuse. Pas loin de 3 millions de personnes se sont présentées pour obtenir un travail, certaines campant même la vieille pour être sûres d'être reçues. La situation a carrément virée au drame à Cleveland (voir la vidéo ci dessous).

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/64146/date/2011-04-21/article/a-cleveland-la-foire-a-lemploi-de-mcdonalds-vire-au-cauchemar/

Pourtant, c'était impossible et inenvisageable.

- Et enfin, plus léger, après l'initiative de Cantona notre footballeur les Maires s'y mettent aussi, enfin le Maire de la ville de Gand en Belgique en tout cas, qui vient de prendre la décision de retirer ses fonds de deux banques à savoir Dexia et KBC afin de protester contre les politiques de ces deux institutions et invite toutes les villes à suivre sont exemple...

http://www.news-banques.com/la-ville-de-gand-retire-son-argent-de-deux-banques-pour-denoncer-les-bonus/012172486/

Pourtant, c'était impossible et inenvisageable.

il est évident que plus que jamais il est essentiel d'adopter une stratégie de placement particulièrement défensive.

J'invite les particuliers à prendre leurs bénéfices éventuels sur les marchés actions et à sortir des marchés financiers. Une prudence toute particulière est recommandée en ce qui concerne l'ensemble des titres des sociétés d'assurance et des banques.

Une part d'or d'environ 10% du patrimoine financier total est à envisager sérieusement afin de protéger ses actifs financiers.

Il est également conseillé sauf dans une perspective spéculative de sortir des placements obligataires et à commencer par le premier d'entre eux à savoir les fonds euros des contrats d'assurance vie. Ces fonds euros sont en très grandes majorité (environ 75%) composés de dettes souveraines c'est à dire d'obligations d'Etats.

Je ne sais pas si vous avez vu, mais je trouve que ces derniers temps nous croisons de plus en plus de cygnes noirs. Or comme tout le monde le sait les cygnes sont blancs.... jusqu'à preuve du contraire.

Charles SANNAT

sannatcharles@yahoo.fr


04/05/2011 - Jean-Claude Trichet est-il devenu fou?

Interrogé il y a quelques semaines sur France Inter, Marc Touati économiste, n'a pu s'empêcher de qualifier la BCE de Banque Contre les Etats lorsque que le Gouverneur de la Banque Centrale Européenne a annoncé qu'il portait les taux directeurs de 1% à 1.25% et que ce mouvement de hausse se poursuivrai vraisemblablement jusqu'à un niveau 1.75% d'ici la fin de l'année selon le consensus.

L'objectif officieux de la FED la banque centrale américaine: éviter à tout prix la récession et éventuellement la faillite.

Le monde des économistes se retrouve divisé en deux, les partisans de la poursuite d'une politique de taux d'intérêt bas ce qui signifie une politique monétaire accommodante, renforcés par la stratégie utilisée aux Etats-Unis par Ben Bernanke le gouverneur de la FED (banque centrale américaine) qui vient de confirmer lors de sa dernière conférence de presse sa volonté de mener jusqu'à son terme (c'est à dire à l'été 2011) son "quantitative easing II".

Pour ceux qui ne le sauraient pas, le quantitative easing est une expression savante signifiant simplement que l'on fait fonctionner la planche à billet et que l'on inonde le monde de Dollars.

La Réserve Fédérale américain rachète carrément les obligations émises par le gouvernement US afin de financer ce dernier et d'empêcher toute remontée des taux qui pourrait précipiter l'économie de l'Oncle Sam vers la faillite. C'est ce que l'on nomme pudiquement la monétisation de la dette (pour financer chaque nouvelle dette on créer la monnaie correspondante).

                                                      
                                             Or que constate t-on aux Etats Unis?


1/ Malgré des dépenses de "relance" phénoménales la croissance reste à la peine et le niveau de chômage réel très élevé.

2/ Une dépréciation importante du Dollar par rapport à l'ensemble des autres devises majeures (Euro, Yen, Franc Suisse) et par rapport aux grandes matières premières est en cours.

3/ Malgré les dénégations de Ben Bernanke le gouverneur de la FED, l'inflation, particulièrement celle importée (celle qui est la conséquence de l'augmentation du pétrole par exemple) est très clairement orientée à la hausse sans que cela ne l'inquiète.

Pourquoi? Car selon notre gouverneur américain l'inflation sous jacente elle n'augmente pas.

Arrêt sur image concernant ces deux notions d'inflation. L'inflation sous jacente est calculée en ne tenant pas compte des prix de l'énergie.... qui peuvent augmenter autant qu'ils veulent, ils ne sont pas intégrés dans le calcul.

Il est évident que dans un contexte de délocalisations vers les pays à bas coûts et d'augmentation de la productivité grâce aux progrès techniques, il est peu probable que les salaires se mettent à augmenter rapidement ce qui est sensé être la véritable définition de la vraie inflation. Tant que les salaires n'augmentent pas, l'inflation n'existe pas. C'est aussi simple que cela.

Cette politique risque donc d'aboutir aux résultats suivants:

1/ payer moins cher la dette accumulée en payant en dollars dévalués et en "ruinant" au passage dans une mesure plus ou moins importante les épargnants détenteurs de dettes US.

2/ éviter l'asphyxie de l'économie américaine par une politique "récessionniste" comme celles appliquées actuellement en Grèce ou au Royaume-Uni (où d'après les premières statistiques les revenus ont baissé en moyenne de 1000€ par ménage depuis la mise en œuvre du plan de rigueur initié par le Premier ministre Britannique) au prix d'une dévaluation massive de la valeur du dollar.

3/ diminuer drastiquement le revenus des ménages américains en raison du double phénomène conjugué de l'inflation importée et de la baisse de la monnaie US.

Les conséquences sont assez simples à prévoir. Lorsque le dollar aura été fortement dévalué et l'inflation importée suffisamment importante sans augmentation de salaire possible cela aboutira à une récession forte et violente en raison d'une diminution du pouvoir d'achat, les ménages ne pouvant plus consommer et la demande s'effondrant en entrainant une baisse significative des rentrées fiscales qui viendront achever des finances publiques déjà dans une situation très périlleuse.

Le seul pari de Ben Bernanke est donc de maintenir une politique monétaire la plus accommodante possible en espérant un retour de la croissance qui pourrait effectivement changer la donne. Bref la FED tente de gagner du temps en l'achetant de plus en plus cher pour un résultat espéré plus qu'incertain.

L'objectif officieux de la banque centrale européenne la BCE: éviter à tout prix une hyperinflation pouvant mener à un mauvais "remake" des années 20 dans une Europe hantée par le spectre de la République de Weimar.

Jean-Claude Trichet montre donc son volontarisme à revenir à plus d'orthodoxie monétaire en mettant fin aux programmes de création monétaire. En clair pas de monétisation de la dette. Pas de création monétaire hors de contrôle et une maîtrise à minima de la planche à billet. Enfin la montée des taux d'intérêt vise à limiter l'effet de l'inflation importée par le double mécanisme de la baisse de la demande et de l'appréciation de notre monnaie qui aura pour effet de diminuer notre prix d'achat de pétrole par exemple.

                               Or cette politique risque de buter sur 4 écueils majeurs:


1/ Augmenter les taux d'intérêt trop fortement c'est étouffer directement l'investissement et donc la reprise "naissante" en Europe (il n'y a pas de reprise au Royaume-Uni, ni en Grèce, ni en Espagne, ni au Portugal, encore moins en Irlande...).

2/ Augmenter les taux c'est renchérir le coût de financement d'Etats déjà surendettés.

3/ Augmenter les taux lorsque les prix de l'immobilier sont sur des niveaux "stratosphériques" c'est prendre le risque quasi assuré d'une explosion violente de la bulle immobilière, dans l'ensemble de la zone euro, ce qui aurait pour conséquence de mettre les banques dans une situation critique compte tenu de leur encours de crédits immobiliers.

4/ Augmenter les taux c'est favoriser la hausse de l'euro par rapport aux autres devises, à commencer par le dollar qui lui se dévalorise d'autant que la politique actuelle est hyper accommodante. Cela va très rapidement étouffer nos exportations et donc notre croissance.

C'est l'ensemble de ces éléments qui ont littéralement fait bondir l'économiste Marc Touati.

Mon intime conviction économique est que Jean-Claude Trichet ne peut que connaitre l'ensemble de ces éléments. C'est pour cela que ce cycle de remontée des taux sera très certainement de courte durée et que l'objectif de taux de 1,75% à 2% semble bien être un maximum tout en sachant que ce sont des taux qui demeurent historiquement extrêmement bas.

Là aussi le Gouverneur de la Banque Centrale Européenne tente de gagner du temps afin d'éviter l'implosion de la zone euro, devant faire le grand écart entre les difficultés des pays du Sud et la volonté de rigueur monétaire germanique. En réalité la lutte contre l'inflation n'est qu'un alibi. Le véritable enjeux est la survie même de l'Euro et de sa valeur en tant que monnaie pérenne.

Or nous sommes dans une impasse que tout le monde se refuse à admettre.

Il ne peut pas y avoir de retour à la croissance dans un monde globalisé ou un chinois continu à percevoir 80€ de revenus mensuel là ou un européen ou un américain coûte au minimum 1500€/mois (en incluant les charges).

Il ne peut pas y avoir de retour à la croissance avec une augmentation exponentielle de la productivité liée aux progrès techniques aboutissant par exemple à la suppression des postes de caissière dans les supermarchés (tendance actuellement en cours).

Il ne peut pas y avoir de retour à la croissance avec un "stock" de millions de chômeurs.

Il ne peut pas y avoir de mise à niveau entre une zone Asie de 3 milliards d'habitants d'un côté et une zone Europe/Etats-Unis de 800 millions d'habitants. Nous serons mathématiquement tous au chômage que tous nos amis asiatiques n'auront pas encore trouvé du travail.

Bref qu'elle que soit la politique choisie et pour autant qu'elle puisse diverger sur une période supérieure à un an ce qui est loin d'être évident, alors le monde ne pourra pas faire l'économie d'une récession d'autant plus forte que l'on aura tout fait pour la retarder.

Peu importe la cause, que ce soit par la rigueur ou l'hyperinflation, le monde développé se dirige vers une récession qui semble marquer l'avènement de l'Asie sur la scène internationale et pourrait au passage entrainer la mise en place d'un nouvel ordre monétaire.

Beaucoup y laisseront des plumes.

Charles SANNAT

sannatcharles@yahoo.fr

 

 

 

09/03/2011 - Révolte, la France n'est pas à l'abri

 

 

Comme le racontait Coluche, « c’est l’histoire d’un type, un type normal », enfin presque puisque la mise en application de l’idéologie et des thèses développées par ce « type » n’ont pas vraiment été une grande réussite économique et historique.

Il s’agit de Karl Marx et c’est un homme des année 1850…. comme tous les vieux économistes dont on nous parle, d’Adam Smith et sa main invisible sensée « botter le cul des marchés » avec sa capacité d’autorégulation à Ricardo (théorie de l’avantage relatif) sont des économistes de la filature du coton et de la révolution industrielle.
Economiquement ils sont aussi dépassés que le serait technologiquement une Ford T sur une autoroute française un jour de grand départ en vacances.
Alors que vient faire Marx ? Surtout dans la révolution Tunisienne.
Notre cher Karl a un jour fait un constat d’une très grande acuité et d’une très grande justesse historique en expliquant la notion d’infrastructures économiques et de Superstructures Politiques. Pour faire simple pour Karl Marx, c’est l’infrastructure économique qui conditionne à terme la superstructure politique et les institutions.
C’est la vie quotidienne des gens, des entreprises et de tout ce qui constitue le corps social d’un pays qui conditionne l’évolution de ses structures politiques (mais également religieuses, philosophiques, etc…).
On a entendu que la révolution du Jasmin était une révolution Internet, une « e-révoltion » en quelques sortes. En réalité Internet, le web 2.0, les forums, la blogosphère ou encore les réseaux sociaux comme facebook ne restent que de simples outils à la disposition des peuples, de la même façon que le fut la révolution de l’imprimerie avec Gutenberg en 1452.
La révolution naît de l’utilisation par les masses de ces nouveaux instruments.
Or que nous disent les masses de l’autre côté de la méditerranée ?
Elles nous disent qu’elles ne supportent plus les « superstructures de leurs différents Etats ».
Elles nous disent qu’elles n’en peuvent plus des régimes « forts » qualificatifs utilisés pour ne pas nommer une dictature …. dictature.
Elles nous disent qu’elles souhaitent s’épanouir dans la Démocratie, revendiquent des droits et bien sûr une envie d’accéder au bien être matériel.
Elles nous disent qu’elles n’en peuvent plus des ces vieillards qui les dirigent depuis des décennies entre culte de la personnalité et corruption généralisée.
Elles nous disent que les superstructures de leurs Pays respectifs ne sont plus adaptées à la vie quotidienne des gens (du manque d’avenir économique confinant souvent à l’extrême pauvreté (Egypte) à la spoliation massive des peuples par des oligarchies).
Elles nous disent que les peuples reprennent leurs destins en mains.
Elles nous disent également qu’elles ne souhaitent ni l’islam intégriste ni toute forme d’extrémisme religieux qui leur volerait une liberté tout juste retrouvée (bien que le péril islamiste demeure).
Un jeune garçon s’immole par le feu et des pays entiers s’embrasent.
Des Pays du Golfe au Maghreb, partout les superstructures craquent sous le poids d’oligarchies et de systèmes dépassés.
Le souffle de cette révolution démocratique ne s’arrête pas aux pays arabes.
Aujourd’hui en Chine les appels à manifester se multiplient. Les autorités chinoises sont sur les dents. Rien ne dit que politiquement le gouvernement chinois pourra payer le prix d’un écrasement de la contestation dans le sang comme cela avait été le cas sur la place Tian'anmen.
Or qu’adviendra t-il de la question Tibétaine sans répression ? Qu’adviendra t-il de la question Ouigour du Xinjiang sans répression ? La Chine peut connaître un bouleversement majeur et des secousses sociales d’ampleur insoupçonnée. Comme l’a indiqué le Directeur Général du FMI Dominique Strauss Khan, un mouvement populaire en Chine aurait des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale.
Qu’en sera-t-il de l’Inde et de sa société ancestrale basée sur le système des castes ?
Evoquons enfin l’Europe et les Etats-Unis que tous les observateurs pensent à l’abri de tels mouvements. Est-ce si sûr ?
Nous pourrions connaître des difficultés similaires mais pour des raisons différentes.
Le refus du peuple Islandais de se laisser dicter sa conduite par le FMI et les banques Britanniques, le refus Irlandais matérialisé par une déroute sans précédent du parti au pouvoir et ayant « négocié » avec l’Europe et le FMI le plan de soutien à leur pays, sont deux exemples frappants.
Que nous disent-ils ces deux peuples occidentaux et européens ?
Nous ne payerons pas pour maintenir à flot notre oligarchie financière qui nous entraîne dans la faillite.

Que dira le peuple Grec lorsque les citoyens Islandais et Irlandais obtiendront de meilleures conditions qu’eux ?

Le peuple grec dira, nous ne payerons pas pour des erreurs que nous n’avons pas commises.
Que dira le peuple Portugais qui supporte déjà des plans de rigueur ?
Que dira le peuple Espagnol à qui l’on demande des sacrifices quotidiens pour sauver les banques ibériques de la déroute de la spéculation immobilière qui ravage l’Espagne ?
Que dira le peuple Britannique ?
Que dira le peuple Allemand ?
En ce début d’année 2010, les peuples des pays arabes ont lancé au monde un superbe espoir démocratique. L’onde de choc qui se propage n’en est qu’à son début et déjà les marchés s’affolent sur la montée des incertitudes.

Le prix du baril de pétrole s’envole, sans qu’à ce jour le principal producteur (l’Arabie Saoudite) ne soit touché. Si c’était le cas, les prix seraient propulsés vers des sommets insoupçonnés. Or le Roi Abdallah est malade, tout comme la société Saoudienne, où les autorités tentent d’acheter la paix sociale avec un plan d’aide pour la population de plus de 30 milliards de dollars.
La Chine est dans une situation très précaire socialement. Une transition vers plus de démocratie y est d’ores et déjà très complexe. C’est pourtant une suite logique, qui sera générateur de tensions énormes et augmente la probabilité d’un Krach boursier sur des niveaux de cours actuellement très élevé qui aurait des répercussions planétaires.
Les peuples européens et occidentaux de façon générale commencent à refuser d’être tenus pour responsables des errements de la finance.

Au bout du chemin peut être le refus populaire de payer des dettes pour lesquels personne ne se sent redevable, un Krach obligataire sans précédent et la ruine des créanciers.

En 2007 une candidate à l’élection présidentielle parlait de la démocratie participative. Elle fût raillée à cette époque par ceux là même qui nous expliquaient la théorie du choc des civilisations et l’importance des régimes forts dans la stabilité du monde.
Avoir raison trop tôt c’est souvent avoir tort.
Pourtant en Islande la démocratie participative est expérimentée puisque après avoir défilées devant le Parlement avec des batteries de cuisine, le 27 décembre 2010, 25 personnes dont un syndicaliste, un pasteur, un metteur en scène, un agriculteur ont été élus par le peuple Islandais pour rédiger la nouvelle constitution de ce pays.
Il est donc parfaitement imaginable que les superstructures des pays occidentaux soient amenées à évoluer de façon importante dans les prochaines années, les peuples souhaitant être plus « acteurs » de leur citoyenneté.
L’affaire Wikileaks est symptomatique de cette évolution vers une société plus ouverte, plus démocratique et moins secrète ou le peuple regarde ses dirigeants également dans ce qu’ils ont de composantes secrètes. Nous ne sommes pas à l’abri.
Dans les pays occidentaux aussi existe la pression d’une jeunesse « technophile », éduquée et bien souvent au chômage. Nous ne sommes pas à l’abri.
Dans notre pays il existe aussi une grande pauvreté enfin comptabilisée. Quelques chiffres qui font froid dans le dos. Notre population totale est d’environ 65 millions de personnes. La population active (les personnes en âge de travailler) est d’environ 25 millions de personnes. Sur ces 25 millions d’hommes et de femmes, environ 4 sont au chômage, 1.8 millions bénéficient du RSA (nouveau RMI), 6 millions travaillent et gagnent moins de 750€ par mois. La moitié de notre population active vit dans une grande précarité. Nous ne sommes pas à l’abri.
Aux Etats-Unis, 43 millions de personnes ne survivent que grâce aux timbres de nourriture (Food Stamps). Ils ne sont pas à l’abri.
L’inflation augmente au-delà de ce que les chiffres officiels indiquent. Nous serons aussi touchés par ce phénomène dans nos sociétés occidentales. Les parents peuvent nourrir leurs enfants sous nos latitudes. Certes, mais les budgets des ménages seront réagencés pour faire face aux dépenses incontournables au détriment d’autres postes amplifiant un risque récessif. Sans augmentation de salaire l’inflation appauvrit. Là non plus nous ne sommes pas à l’abri.
On peut cependant penser que nos sociétés démocratiques sont mieux armées pour faire face à ces évolutions car elles sont plus flexibles, plus adaptables, plus ouvertes.
La révolution partant de cette petite Tunisie est sans doute un évènement historique qui aura une portée majeure dans l’évolution des superstructures de fonctionnement des Etats. Cela perturbera de façon importante les échanges et les « habitudes » économiques. Notre monde change et s’adapte à sa nouvelle modernité. Ce besoin de changement s’est cristallisé autour du sacrifice du jeune Boizizi incarnant une misère désormais globalisée et mondialisée.
Si Karl Marx était un homme d’aujourd’hui ont peut raisonnablement imaginer qu’il dirait :
« Internautes de tous les pays unissez-vous !» (C'est ce que je ne cesse de dire ! Et informons partout ! note d'eva)
Charles Sannat

 

 

 

19/02/2011 - Vers la faillite inéluctable des états?

 

 

Le philosophe allemand Arthur Schopenhauer a dit un jour que « toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence ».

Souvenez-vous, nous sommes en janvier 2007. Tous les éléments de la crise à venir sont déjà là, mais les cassandres sont rapidement taxés de déclinologues, de pessimistes stupides, incapables d’imaginer la puissance des interventions des autorités monétaires et des banques centrales. Les Etats sont relativement peu endettés. Les dettes souveraines sont donc bien sûr l’actif à détenir en priorité.

Certitude illustrée par l’expression du « Fly to quality » c’est-à-dire la fuite vers la « qualité ». Chaque secousse boursière entraîne des arbitrages massifs des marchés actions vers les obligations d’Etat réputés « invulnérables ».
Nous étions dans la première étape décrite par Schopenhauer. Celle où l’on ridiculise ceux émettant des doutes sur la solidité et la pérennité financière des grands Etats.
Puis est venue la grande crise de 2008. Celle qui nécessita des milliards d’euros et de dollars de plans de relance, de création monétaire, de dépenses sociales. Les déficits se creusèrent rapidement d’une façon jamais imaginée par l’ensemble des observateurs économiques. Pris sous le double feu de rentrées fiscales en bernes et de dépenses de soutien massives, le trou ne pouvait être qu’abyssal. Fin 2010, l’idée d’une faillite généralisée des Etats occidentaux ne subit plus qu’une opposition molle. « Non, non, quand même, un Etat ne fait jamais vraiment faillite, quand même, d’ailleurs la croissance repart aux Etats-Unis, c’est tout de même la première économie mondiale ». Exact. Retenez ce chiffre 2.9% c’est le taux de croissance de l’économie américaine en 2010. Retenez-le bien, nous y reviendrons.
La croissance ne soigne pas la crise
Malgré ces 2.9% (qu’il faut bien retenir!) le chômage ne baisse pas, mais alors pas du tout. Certains esprits chagrins, qui regardent le véritable chiffre du chômage aux USA (celui publié par la Fed et qui comptabilise aussi les personnes véritablement en recherche d’emploi mais ne recevant plus d’indemnisation) osent même affirmer que ce taux atteint le record de plus de 17.4% !! Tout de même. Malgré ces 2.9% (de croissance), environ 43 millions d’américains ne mangent chaque jour que grâce aux « Food Stamps » qui sont des « timbres de nourriture » donnés aux plus pauvres et permettant d’acheter dans des magasins l’alimentation nécessaire. C’est une version moderne des soupes populaires qui évite les images choc de files d’attente interminables de tous ces chômeurs miséreux et affamés. Bref les « food stamps » c’est un croisement entre les tickets de rationnement et les tickets restaurants.
Partons maintenant au royaume de la perfide albion. Nos amis Anglais ont eu la brillante idée d’élire un nouveau Premier Ministre « conservateur » Monsieur Cameron. Ce dernier affirme que « Si vous ne traitez pas la dette, vous n’aurez jamais de croissance. » Son principal opposant le « travailliste » Ed Miliband répond : « Si vous n’avez pas de croissance, vous ne viendrez pas à bout de la dette ».
Voilà un beau débat. Comment sortir de cette crise ? Peut-on retrouver de la croissance ? En dépensant plus dans des plans de relance pour stimuler l’économie comme le préconise l’ami travailliste ? Pourquoi pas… mais avec 11% de déficit, difficile de dépenser plus sans faire immédiatement faillite.
Alors le Premier Ministre conservateur explore la seule piste laissant théoriquement encore un peu d’espoir… celle de la rigueur. On coupe toutes les dépenses. Pas un peu. Vraiment beaucoup. Les fonctionnaires on dégraisse (490 000 en moins tout de même jusqu’en 2015). Les frais de scolarité ? On triple, quadruple ou quintuple. Les enseignants ? On supprime. Les parents n’auront qu’à s’organiser pour faire classe à leurs enfants. Remarquez au train où vont les choses là bas, des parents disponibles ce n’est pas ce qui va manquer dans les prochains mois.
Fortes dettes + récession = insolvabilité
Est-ce bien ou mal ? Peu importe en terme éthique (bien que le débat soit passionnant). Mais en terme économique est-ce que cela va marcher ? Est-ce que la cure d’austérité va déclencher une « saine » croissance ?
La réponse à cet instant est claire et sans appel. Non. Le Royaume-Uni est ré-entré en récession. Pas officiellement car il faut trois trimestres de « croissance négative » comme dirait Madame Lagarde pour considérer officiellement une économie en récession. Nous ne sommes qu’à un trimestre. Le premier. Or qui dit récession, dit, baisse des rentrées fiscales…. et ça pour payer des dettes ayant atteint des niveaux monstrueux ce n’est pas la meilleure des nouvelles. Car en résumé fortes dettes + récession = insolvabilité.
Oui mais regardez. Retournons aux Etats-Unis d’Amérique. Vous vous souvenez de notre chiffre de 2.9% de croissance (celui qu’il ne fallait pas oublier !) ? Et bien justement voilà une raison d’espérer. Les Américains ont décidé, contrairement aux Anglais de laisser « filer » les déficits pour stimuler la croissance. Et ça marche, 2.9% de croissance ! Eh bien au risque de doucher quelques belles espérances cela ne marche pas. Pourquoi ? Trois chiffres :
Les 2.9% de croissance représentent un montant d’augmentation du PIB américain de 541 milliards de dollars. Pour créer ces 541 milliards de dollars de nouvelles richesses, les autorités politiques et monétaires ont créée… 1 700 milliards de dollar de nouvelles dettes. En clair pour créer 1 dollar de croissance, il faut 3.14 dollars de nouvelles dettes.
Dès lors deux constats.
- La dette s’accroît plus vite que la richesse créée avec ces nouvelles dettes.
- L’économie mondiale n’est plus capable de créer de la croissance sans dette.
La « rilance » le dernier espoir de l’humanité ?
Et en 2011-2012, nous rentrerons dans la dernière étape de la vérité selon Arthur Schopenhauer. La faillite des Etats sera « considérée comme ayant été une évidence ». Le monde s’apercevra de l’insolvabilité généralisée des Etats occidentaux. Soit parce que les plans de relance auront créé une dette trop importante… soit parce que les plans de rigueur auront créé des dettes trop importantes, le résultat final étant sensiblement le même en données corrigées des dégât sociaux et humains entraînés par les plans d’austérité.
Les deux voies nous mènent droit à l’insolvabilité. Le seul avantage des plans de rigueur, c’est qu’ils permettent de gagner du temps.
Tout le monde a pu constater que les plans de relance menaient à la catastrophe. Les plans de rigueur disposent de 12 à 24 mois pour convaincre ou montrer qu’ils ne marcheront pas mieux….
Il reste la voie française. Celle de Madame Lagarde. La voie de la « Rilance ». Mi rigueur-mi relance, mi-ange, mi-démon. La Rilance voilà le dernier espoir de l’humanité. Un peu mince n’est-ce pas ?
Charles Sannat - Jorion Blog 

 

 

03/02/2011 - Vers un nouveau sauvetage des banques?

 

 

Vous vous pensiez sortie de l’auberge ? Et si une nouvelle crise bancaire nous menaçait et qu’il fallait encore sauver les banques ? Quels sont les risques ? Peut-on en arriver là ? La France en chiffres:

Les chiffres sont souvent rébarbatifs, néanmoins ils permettent d’illustrer une réalité.
Il faut d’abord un étalonnage, c'est-à-dire des chiffres de référence permettant de mettre les choses en perspective. Nous allons donc comparer les «chiffres » des banques à la richesse produite par l’ensemble des français (banques comprises) en une année, ou autrement dit à notre PIB.

Le PIB de la France est d’environ 2000 milliards d’euros par an.
Ensuite le chiffre du budget de l’Etat. En un an, tous les impôts et taxes confondus vont rapporter environ 300 milliards d’euros.
Comme l’Etat est très dispendieux, nous dépensons chaque année plus que ce que nous gagnons.
Cela forme ce que l’on appelle le déficit budgétaire…. environ 180 milliards d’euros cette année… (oui quand même cela fait des sous).
Enfin chaque année ce beau déficit (nos 180 milliards) vient s’ajouter à la dette totale de la France environ…. 1600 milliards d’euros.
Voilà les chiffres qui concernent notre pays dans ses grandes, très grandes masses.
La crise financière
Maintenant retournons en 2008-2009. Au pire de la crise les autorités américaines décident de ne pas sauver la banque Lehman Brothers. Conséquence directe et immédiate : plus aucune banque ne prête à aucune, la planète finance est en arrêt cardiaque.
Elle sera réanimée à grand coup d’injections de liquidités massives ; les banques centrales jouant ainsi ce que l’on appelle le rôle de « préteur en dernier ressort ». En clair, quand il n’y a plus personne pour prêter à personne, c’est la BCE (pour l’Europe) ou la FED (pour les USA) qui « impriment » autant d’argent que nécessaire pour que les opérations bancaires puissent se poursuivre.
Sinon, et bien sinon, c’est la crise systémique ; le système s’effondre en quelques jours seulement.
L’argent ne circule plus, les cartes bleues s’arrêtent de fonctionner, les chèques sont rejetés, les distributeurs de billets vidés en moins de temps qu’il ne faut pour dire « ouf », les banques ferment et… les gens perdent leurs économies.
Bref, nous aurions expérimenté le chaos. Arrêt des échanges, supermarchés vides, puisque toutes les transactions auraient été bloquées le tout dans un système d’approvisionnement organisé en « temps réel et en stock zéro ». Fin de l’histoire, retour au siècle passé.
Bien ou mal, pouvions-nous faire autrement dans l’intérêt de tous que d’intervenir massivement ? Non. Il n’y avait pas d’autre possibilité. Contrairement à ce que l’on veut croire les Etats n’ont pas donné d’argent aux banques. Ils ont soit prêté soit donné des garanties.
Cela change tout mais ne justifie rien.
La question du « qu’est ce qui nous a amené là ?» bien qu’ayant été posée n’a trouvé à ce jour aucune réponse. Aucune réglementation autre que cosmétique n’a été mise en place.
« Vilain trader tu toucheras moins de bonus cette année ».
« Bravo » firent les masses en cœur. « Vous êtes des vilains, vous, les traders », « tous au coin » !
Sauf qu’il s’agit là de limiter le débat, à tout, sauf à l’essentiel et que loin d’être « au coin » les bonus des traders seront à nouveau records cette année.
L’essentiel c’est un système qui s’est mis en place depuis 20 ans sur fonds de mondialisation, d’internationalisation, d’informatisation (voir Trading Haute Fréquence) et de dérégulation.
L’essentiel du problème c’est que la démission du Politique face à l’Economique et la suppression de tout contrepouvoir réel et efficace à eu pour conséquence de créer un monstre financier dont plus personne ne sait aujourd’hui comment se débarrasser.
Nous en sommes donc là. Tout semble aller mieux. Sauf que rien, strictement rien n’a changé et que les risques perdurent. Tout ce qui a fait la crise de 2008 est encore là…. mais en pire puisque entre temps les Etats, pour sauver momentanément le système de la crise économique, ont du augmenter considérablement leur endettement au point qu’il en devient aujourd’hui insupportable.
Vous vous souvenez des chiffres du début ? Notre PIB, notre budget, notre déficit, notre dette… Nous allons les comparer aux bilans des principales banques françaises. Ce tableau est édifiant.
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Comme on peut le constater l’ensemble des engagements des principales banques françaises représente 4,3 fois le PIB ; c'est-à-dire la totalité de la richesse produite par notre pays chaque année. Ces engagements représentent 28 fois le budget annuel de notre Etat ou encore 1 112 années de bénéfices de ces mêmes banques…
L’expression « too big to fail » (trop grosse pour faire faillite) est utilisée pour expliquer qu’une banque ou institution est trop importante pour le système pour que les autorités puissent prendre le risque de la laisser faire faillite. Hélas nous en sommes plutôt arrivés au « too big to save » c'est-à-dire trop gros pour être sauvé.
Les risques actuels :
Les dettes souveraines :
Les banques françaises détiennent 480 milliards d’euros de dettes des pays appelés les PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne, hors Italie). Cette estimation a été réalisée par la BRI (Banque des Règlements internationaux). Ce montant représente deux fois les fonds propres cumulés de nos banques (c'est-à-dire la totalité de l’argent que nos banques sont censées avoir en caisse). Selon la même BRI, si l’on prend en compte les engagements de nos banques sur l’Italie il faut rajouter 476 Milliards d’euros supplémentaires….cela commence à faire beaucoup.
Les produits dérivés :
Le volume de produit dérivés échangés chaque année de manière opaque car de grès à grès (c'est-à-dire directement entre les banques) est d’environ 600 000 milliards de dollars (vous avez bien lu). Le moindre problème sur ce marché et les banques sautent.
Une crise immobilière mondiale :
Puis vient le problème de l’immobilier. On sait ce qu’il en est aux Etats-Unis (effondrement des prix, nombre de saisies record etc…). Le Royaume-uni rentre à nouveau en récession, l’immobilier baisse partant de niveaux très élevés. En Espagne c’est une véritable catastrophe avec plusieurs millions de logements vides, et non vendus, et des banques qui ne passent pas les provisions nécessaires puisqu’elles n’en ont tout simplement pas les moyens.
Le déficit des Etats US et des municipalités américaines :
Si l’Etat Fédéral ne vole pas au secours des Etats fédérés et d’un nombre de plus en plus important de villes, ce sera la faillite assurée pour beaucoup d’entre eux. Les sommes en jeux sont colossales et les banques bien sûr exposées à ce risque.
La menace des bulles spéculatives des marchés émergeants :
La Chine en tête, avec une croissante forte, une inflation qui n’est plus maîtrisée, une envolée de l’encours des crédits et de l’endettement pourrait également connaître une crise de « croissance » tout en sachant que ce pays est tributaire à plus de 60% de ses exportations vers les pays développés.
Il ne s’agit là que des plus importantes bombes à retardement qui existent actuellement, mais il y en à d’autres tellement nombreuses qu’il est difficile d’être exhaustif, du prix du baril de pétrole dont l’augmentation peut étouffer toute reprise économique immédiatement, à l’immobilier commercial américain ou européen, en passant par les risques géopolitiques.
Une situation absurde :
Aujourd’hui ce sont les banques qui financent les déficits des Etats en échange de leur soutien en cas de défaillance, entraînant ainsi nos politiques dans une interdépendance malsaine.
Cela fonctionne d’une manière simple.
Les banques, vont voir la BCE (Banque Centrale Européenne) qui leur prête de l’argent au taux de 1% (c’est encore plus intéressant aux Etats-Unis où les banques peuvent emprunter à 0,25%) autant dire gratuitement.
Les banques qui emploient un nombre incalculable de « grands » génies placent cet argent obtenu pas cher sur…. des obligations d’Etat de pays en difficulté comme l’Espagne, le Portugal et l’Irlande ou la Grèce à des taux proches de 6, 7,8% voire beaucoup plus dans certains cas et empochent la différence.
Qui n’a pas rêvé de faire un crédit au taux de 1% et de placer cette même somme sur son livret A au taux de 3% ? C’est exactement ce qui se passe pour les banques.
Evidemment, si jamais les risques deviennent trop forts la même BCE ou FED qui a prêté ces sommes, reprends les titres dont éventuellement plus personne ne veut sur le marché pour débarrasser les banques de leurs actifs « toxiques ».
C’est ce qui fut fait avec les titres grecs il y a quelques mois afin de nettoyer les positions excessives de certaines banques notamment allemandes et … françaises.
Un autre mécanisme tout aussi absurde est à l’œuvre à travers les plans d’aides européens, ou du FMI.
Ces deux dernières institutions, prêtent à des pays en quasi faillite de l’argent qui leur a été prêté par d’autres pays surendettés les amenant à leur tour à la faillite, sans que cela n’émeuve personne en terme de raisonnement.
Tous ces montants sont tellement démesurés qu’ils ne sont tout simplement plus à l’échelle d’un budget d’Etat. Or que constate t-on ? Qu’un pays comme l’Irlande dont le miracle économique nous a tant été vanté et qui était relativement peu endetté s’est englué dans les pires difficultés en raison, non pas de sa population trop dépensière (quoique), ou de ses systèmes d’aides sociales trop dispendieux, mais à cause de ses banques dont les volumes d’engagements étaient simplement disproportionnés pour ce pays. Ce fût le cas de l’Islande mise en dépôt de bilan par les pertes abyssales de ses banques, puis viendra le cas de l’Espagne, du Portugal et de tous les autres.
De façon générale l’ensemble des pays occidentaux a laissé se développer des systèmes financiers hypertrophiés qui menacent aujourd’hui la stabilité même de nos économies.
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La planète « finance » est dans un tel état de fragilité que le moindre choc exogène peut conduire à son effondrement rapide.
Il n’est donc pas exclu de devoir à nouveau sauver les banques, mais les Etats le pourront-ils seulement ?
Les peuples pourront-ils seulement le supporter ?
Aujourd’hui les gouvernements n’ont plus aucune marge financière en dehors de faire fonctionner la planche à billets ou de mettre en place un nouveau système monétaire.  Nouveau système monétaire qui est au cœur de l’action du Président de la République Française Nicolas Sarkozy dans le cadre de sa Présidence du G20.
Tant que les Politiques ne mettront pas fin aux errements de la finance nous continuerons chaque jour à nous rapprocher un peu plus de l’abîme…. mais en ont-ils seulement la volonté ?
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Vous avez aimé le film « La crise », vous allez adorer « La Crise II ». Encore mieux, encore pire.
Charles Sannat - L'internet ne permettant pas d'assurer l'integrite de ce message, BNP PARIBAS (et ses filiales) decline(nt) toute responsabilite au titre de ce message, dans l'hypothese ou il aurait ete modifie. N'imprimez ce message que si necessaire, pensez a l'environnement.
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Minuit moins une,
le blog de la crise qui arrive.
De la crise financière
à la 3e guerre mondiale
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Et sur la Chronique Agora,
voici ce que je trouve :


Qui est armé
contre la faillite de la Grèce ?
 

Simone Wapler

▪ Ça y est : comme prévu, la Grèce est sur la route de la faillite. Ce ne sera pas la première fois, la Grèce possède le triste record du nombre de faillites dans l'Histoire de l'Europe : 1826, 1843, 1860, 1893, à égalité avec le Portugal et juste derrière l'Espagne.

Mais cette fois, c'est différent. (..)

Retrouvez-nous en ligne sur :
http://www.publications-agora.fr
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Au tour du Portugal d’être saigné pour sauver ses créanciers et l’euro !

et ne pas être contraint de sortir de l’euro, au risque de faire s’effondrer ce château de carte monétaire.

 

L’aide faite aux banques

Il est toujours aussi hallucinant d’analyser les termes employés pour qualifier ces accords qui reviennent pour les pays « aidés » à se soumettre à la tutelle d’organisations internationales, qui imposent des plans d’austérité sauvage, de manière à sauver leurs créanciers d’un défaut et d’une restructuration. Car ce ne sont pas le Portugal et encore moins les Portugais qui sont aidés dans cette affaire. Après tout, ils auraient pu suivre le chemin de l’Islande ou de l’Argentine.

Mais pour cela, il aurait fallu quitter l’euro, pour pouvoir dévaluer, et sans doute faire un défaut partiel sur leurs dettes publiques. Une telle décision aurait eu toutes les chances d’entamer le processus final de déconstruction de la monnaie unique européenne, un pays en étant chassé après l’autre, faisant voler en éclats les immenses pouvoirs accumulés par les instances technocratiques européennes de haute lutte et pas toujours très démocratiquement…

En outre, cela risquait de remettre en cause la stabilité d’un système bancaire qui est le principal gagnant de ces « plans d’aide ». En effet, cela lui garantit le paiement des juteuses primes de risque accordées depuis quelques mois, tout en étant protégé sur le capital pour quelque temps : le beurre et l’argent du beurre. Mieux, cela organise un transfert du risque sur les Etats, qui devront assumer le défaut sur 75 milliards de dette dans trois ans, à la place des banques.

 

Des plans qui ne règlent rien

Pire, ces plans imbéciles ne font qu’acheter (chèrement, et par les Etats en lieu et place des institutions financières) du temps. Car il faut être clair : la situation sera bien pire en 2013 qu’aujourd’hui pour les trois pays qui ont été aidés. En effet, le montant de la dette aura lourdement gonflé, leur PIB aura baissé (déjà plus de 10% en Grèce), le tout sans le moindre espoir de reprise puisque leur monnaie restera largement surévaluée (à l’échelle de l’Europe et du monde).

Si, à la limite, on pouvait se dire qu’il n’était pas totalement absurde de mettre en place un tel plan il y a un an pour se donner le temps de concevoir un plan alternatif permettant de véritablement régler les problèmes à long terme, il est sidérant de voir que l’on continue avec de tels expédients un an après. Car le fait d’attendre aggrave le problème. Et plus on attend, plus la crise à venir sera violente. Il y a un an, la dette Grecque aurait pu être négociée avec une décote d’un tiers.

Aujourd’hui, les taux à dix ans indiquent une décote anticipée d’environ 50%... Bref, la facture devient tous les jours plus lourde, sachant qu’entre temps, la population subit des hausses d’impôt sauvages et des coupes massives dans les dépenses publiques (diminution du nombre de fonctionnaires, baisse de leur traitement, réduction des aides en tout genre). Bref, ce sont des pays encore affaiblis qui devront affronter une crise encore plus dure dans quelques années.

Les artificiers de Bruxelles, Francfort et Washington achètent de nouveau du temps avec l’argent du contribuable, histoire de cacher qu’ils ne savent où ils vont. Pire, ils aident encore les banques qui avaient plongé le monde dans une crise financière sans précédent il y a deux ans. 




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Le fonds de pension norvégien

se méfie de l'Europe :


Le fonds de pension de retraite des Norvégiens va réduire progressivement la part que représentent les actifs européens dans son portefeuille. L'information, relayée dans l'Agefi du 12 avril dernier, est passée pratiquement inaperçue. Pourtant, elle signifie que l'un des fonds souverains les plus puissants au monde prend ses distances avec l'Europe et la Zone euro.

 

Dans un rapport rendu public au début du mois dernier, le gouvernement norvégien a indiqué vouloir réduire l'exposition du fonds de pension norvégien au marché européen. Ce fonds totalise aujourd'hui près de 3 090 milliards de couronnes norvégiennes, soit 397 milliards d'euros. Un fonds souverain alimenté par les recettes pétrolières du pays.

 

Actuellement, 60% des capitaux du fonds sont investis en actions et 40% en obligations. En 2010, les actions ont rapporté 13,3%, contre 4,1% pour les obligations. Du coup, la Norvège veut renforcer la part que représentent les actions dans son portefeuille. Comme 60% des obligations détenues par le fonds sont des obligations souveraines européennes, c'est l'Europe qui va trinquer. Le gouvernement a toutefois indiqué que le fonds ne se séparerait pas de ses actifs européens. Avec l'augmentation des encours, les nouveaux investissements du fonds s'orienteront simplement sur des titres provenant d'autres pays.

En lisant entre les lignes, on peut penser que la Norvège s'inquiète de plus en plus de la crise obligataire dans la Zone euro. D'autant qu'elle envisage sérieusement de ne plus participer aux plans de sauvetage des pays endettés de la Zone. Nous pensons d'ailleurs que l'inévitable restructuration de la dette grecque (qui se traduira très certainement par un défaut de paiement) ne manquera pas de faire fuir les derniers investisseurs. Ce qui provoquera une réaction en chaîne sur les autres pays de la Zone euro, dont les banques sont très exposées aux créances des PIGS.

 

Les pays émergents, eux, seront les premiers bénéficiaires de la décision du fonds de pension norvégien. "L'Asie joue aujourd'hui un rôle sensiblement plus important qu'il y a cinq ou 10 ans, il est donc clair que l'évolution du rapport de force se reflétera dans le portefeuille du fonds souverain norvégien", a ainsi précisé à Reuters le Premier ministre norvégien Sigbjoern Johnsen. Comme le fonds de pension de nos amis scandinaves, évitez d'acheter de la dette européenne et rabattez-vous sur les actifs ou les obligations des pays émergents.

 

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=053b1839828b50007f760148a109d034




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Published by Eva R-sistons - dans La crise
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