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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 04:46
http://www.clg-eluard-ste-genevieve.ac-versailles.fr/IMG/jpg/arton67.jpg
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Samedi 29 octobre 2011

 

Cela devait s'appeler la Nuit des Gens Pires, ce sera celle des rapaces.

 

Si les médias aux ordres veulent faire passer l'ordre économique actuel comme naturel, où le bien se confond avec des cours boursiers et le juste avec l'avis d'agences de notation, cet ordre procède en réalité d'une construction idéologique, politique et juridique volontaire. Une volonté portée par des hommes qui savent où ils vont et qui disposent pour cela de moyens bien supérieurs à nos cartes syndicales et bulletins de vote.

 

Il importe de mettre des noms la-dessus : on va commencer par y consacrer une soirée. Mettre des noms sur la concurrence libre et non faussé comme ultime horizon, sur les délocalisations, les licenciements boursiers, les dérives inégalitaires...inéluctables.

Ce soir-là, on ne va plus se laisser faire. Nous allons mettre des visages sur « les marchés ». Pour que, pas tout de suite mais bientôt, la peur change de camp…


Là-bas si j’y suis et Fakir vous invitent à

La Nuit des rapaces

Le mercredi 9 novembre
à 19 h 00
à la salle Olympe de Gouges
15, rue Merlin, Paris 11ème
M° Père Lachaise

Depuis la crise, le Programme alimentaire mondial a été divisé par deux : de 6 milliards de $ à 3 milliards. Pendant ce temps, cent fois plus, 680 milliards de $ ont été consacrés à sauver les banques européennes. L’Europe a diminué de 75 % ses aides alimentaires aux plus démunis – de 480 millions à 113 millions. Pendant ce temps, la rémunération des banquiers français a bondi de 44,8% en 2010. Ils mettent des pays à genoux.

Et qui devrait réduire les « déficits » ? C’est nous.

Ce soir-là, on ne va plus se laisser faire. Nous allons mettre des visages sur « les marchés », les sortir de leur paisible anonymat.

On a tous notre rapace préféré.
Un patron, venu planter ses crocs dans la chair de Continental, Moulinex, Renault. Un financier, qui a sucé les bénefs, les carnets de commande, le savoir-faire, et s’est tiré avec la caisse. Un politique, qui a remis le destin du pays entre les mains de la Bourse. Un journaliste, qui n’a cessé de vanter les bienfaits du marché – contre des « ménages » bien rémunérés.

Nous, notre chéri, c’est Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, ancien dirigeant de Moulinex, grand libérateur de la Finance dans les années 80. Qui fuit nos questions en Assemblée générale.

Mais y a de la concurrence, chez ces gens pires ! Gérard Mulliez, Marc Ladreit de Lacharrière, Bernard Arnault, Alain Minc, etc. Tous peuvent prétendre au titre. Tous nos invités viendront présenter leurs chouchous. Ils amèneront sa photo, pour qu’on imprime bien qui c’est. Et ils dresseront le CV de leurs forfaits.

Au « ouhouh-mètre », vous désignerez le plus pire.

Y a un autre enjeu, aussi. Plus personnel. Pour nos incursions parmi ses actionnaires, Jean-Charles Naouri nous a intenté deux procès. Un contre Fakir, l’autre contre Là-bas si j’y suis. Avec 80 000 € de réclamés dans chaque affaire. L’objectif, c’est de nous faire taire. Qu’on n’y revienne plus, dans ses AG. Qu’on ait trop peur. Mais nous n’avons pas peur, ni de lui ni des autres. Parce qu’on sait que vous êtes là, derrière nous, en masse, pour nous soutenir.

Entrée libre et gratuite. Venez nombreux. Parce qu’à la fin...

Lire le résumé de nos aventures avec Jean-Charles Naouri

Réécouter l’émission Là-bas si j’y suis à l’Assemblée générale des actionnaires

 

 

Parmi tous les rapaces qui seront démasqués, j'aurais, pour des raisons personnelles une petite préférence pour Michel Bon.

Portait de celui qui a sonné, tout sourire, la cloche d'ouverture de Wall Street lors de l'introduction en bourse de France Télécom. Bien avant "la mode des suicides", évoquée par son successeur sarkozyste Didier Lombard.

Portrait que l'on doit à l'ancètre du Plan B, l'inoubliable PLPL...

Bonne lecture et bon appétit à tous et toutes !

Capital

Nul ne rappellerait que Michel Bon, responsable de l’endettement le plus massif du monde en tant que PDG de France Télécom, est aussi, depuis 1991, administrateur de la Société des lecteurs du Monde, une société actionnaire du QVM. Le président de cette société se nomme Alain Minc, conseiller du principal actionnaire privé du QVM, François Pinault, et « plagiaire servile » (jugement du tribunal de grande instance de Paris, 28 novembre 2001, lire PLPL n° 8).

Nul ne rappellerait qu’avant d’avoir ruiné les contribuables français Michel Bon avait été PDG de Carrefour puis directeur général de l’ANPE (nommé à ce poste par Édouard Balladur grâce à une intervention d’Alain Minc, alors balladurien frénétique, comme Le Monde). Michel Bon avait également, à la demande du Plagiaire Servile et de Jacques Lesourne, économiste ultralibéral et prédécesseur de Ramina [Jean-Marie Colombani] à la direction du QVM, échafaudé avec El Paìs, La Repubblica et The Independent un projet de quotidien du matin destiné à concurrencer Libération.

Nul ne rappellerait que, directeur général de l’ANPE, Bon déclara, en octobre 1994, au cours d’un colloque sur l’exclusion, qu’il existait « des personnes avec lesquelles on a du mal à se sentir de plain-pied, les étrangers, et plus la couleur est foncée, plus on a du mal à se sentir de plain-pied ». Précisant son propos humaniste, ce « fervent catholique » (Stratégies, 30.11.01) avait fustigé « les gens qui ont des problèmes personnels un peu lourds, parce que toutes les sociétés en ont : notre lot de débiles légers, notre lot de neurasthéniques et d’acariâtres, d’alcooliques, etc. ». Le MRAP avait poursuivi Bon pour « discrimination raciale ». Tout en le relaxant en février 1996, le tribunal de grande instance de Paris – décidément spécialisé dans les procédures intentées à des administrateurs de la société des lecteurs du QVM – avait tenu à préciser que, pour Bon, « le seul fait d’appartenir à la race noire rendrait difficile, aux yeux des employeurs, dans les activités de service, une relation aisée et naturelle avec le client ». Pour le tribunal, de tels propos contenaient une « connotation raciste manifeste. […] En semblant reprendre à son compte l’explication, voire la justification d’une telle discrimination, le prévenu tient un discours qui […] n’apparaît pas exempt de tout mépris ».

Nul ne rappellerait qu’à peine un an après ses propos à « connotation raciste manifeste », Michel Bon était réélu, pour un nouveau mandat de six ans, administrateur de la Société des lecteurs du Monde, lors d’une réunion à laquelle participèrent Ramina [Jean-Marie Colombani] et le Roi du téléachat [Edwy Plenel]. Également administrateur à Air Liquide, Bull, GrandVision, Lafarge, Sonepar, Michel Bon était particulièrement qualifié pour défendre l’indépendance de la presse contre les prédateurs de l’industrie et de la finance…

Si PLPL n’existait pas, nul ne rappellerait que l’hebdomadaire des publicitaires, Stratégies (30.11.01), a décerné à Michel Bon le titre d’« Homme de l’année » 2001, sans doute parce que, cette année-là, France Télécom avait été le plus gros annonceur de France (353 millions d’euros). Une telle manne explique d’ailleurs en partie l’adulation qui a nimbé Michel Bon dans les médias.

Nul ne rappellerait que, interrogée sur l’entrée en Bourse de France Télécom, la journaliste de France Inter Brigitte Jeanperrin expliquait le 12 novembre 1998 à un auditeur sardon excédé par La Peste France Inter (lire PLPL n° 7) : « Soit on garde notre vieille deux-chevaux, soit on ouvre le marché et on va chercher de l’argent sur le marché – c’est-à-dire vous les Français, les salariés de France Télécom, les institutionnels et l’international – pour créer des alliances stratégiques dans certains secteurs de France Télécom et ainsi faire progresser notre petite voiture française pour qu’elle devienne une vraie Porsche, une vraie voiture de compétition capable de rester dans les leaders mondiaux. C’est pour ça qu’on le fait. » Eh bien, Brigitte, c’est très réussi !

Michel Bon aurait voulu aller plus loin que Brigitte Jeanperrin. En 1999, il fanfaronnait : « Le 20 septembre 1997, France Télécom est devenue une entreprise cotée. Quatre millions de Français – et les trois quarts de ses salariés – ont acheté ses actions. Plus qu’un événement, c’est un symbole : la reconnaissance que le marché est devenu le meilleur moyen de servir ses clients. J’espère que cette réalité touchera bientôt les services non marchands, comme l’éducation et la santé. » (Capital, décembre 1999) Depuis « le 20 septembre 1997 », l’action de France Télécom a perdu les deux tiers de sa valeur…

Nul ne rappellerait que Frédéric Lemaître, journaliste du Monde fanatique des privatisations, réclamait, lui, la destruction de l’entreprise publique dès 1995 : « L’introduction de la concurrence apparaît inévitable dans la plupart des secteurs, en particulier les transports et les télécommunications. Autant l’organiser pour qu’elle bénéficie aux consommateurs et aux contribuables davantage qu’aux actionnaires et aux opérateurs. » (12.10.95)

Nul ne rappellerait que, grâce à Juppé qui l’a nommé, Jospin qui l’a confirmé, le PPA qui l’a léché, Michel Bon a réussi à transformer France Télécom en l’entreprise la plus endettée du monde. Et que, pendant que Bon nous ruinait, Le Monde faisait comme tout le monde : il enquêtait sur les sujets d’importance : Lady Di, Loft Story, etc.

Une leçon de journalisme qu’on n’oubliera pas. Puisque PLPL existe.

 

Le Bal des vampires

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