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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 06:22

 

usmarine.jpgLe 2 mars dernier un "officier de la CIA" aurait été tué lors d'une attaque dans la province d'Aden par le groupe Ansar al-Charia. Ansar al-Charia (les "supporters de la charia") est un groupe nouveau, dont on ignore s'il est distinct d'Al Qaida, qui controle dans le sud Shawa et Abyan, et fournit dans ces zones une aide importante aux pauvres tout en imposant une version dure de la loi islamique. Le Pentagone a reconnu qu'une "équipe de sécurité" américaine a été la cible de tirs, ce qui pose la question d'une présence militaire américaine cachée, alors qu'Obama a toujours démenti toute intention d'envoyer des troupes dans ce pays.

 

La nouvelle intervient alors que les Etats-Unis et leurs alliés saoudiens et qatariens poursuivent leur bras de fer avec le mouvement populaire yéménite.

 

Le 27 février dernier, après un an de manifestations populaires (et d'une répression qui a fait plus de 2 000 morts), le président sortant Ali Abdallah Saleh a démissionné, en application d'un accord signé avec ses voisins et alliés, les pétromonarchies du Golfe, du 23 novembre dernier, en échange du maintien de son impunité judiciaire. Une transition en douceur bien différente de celle que l'OTAN a imposée en Libye. Tandis que les Occidentaux s'indignaient de voir Bachar-El-Assad organiser un référendum constitutionnel en Syrie, ils faisaient avaliser par le peuple sur un mode plébiscitaire l'élection à la présidence du Yémen pour deux ans d'Abd Rabbo Mansour Hadi, un officier originaire du Sud formé par les britanniques et qui a été le vice-président de Saleh depuis 1994 Abd Rabbo Mansour Hadi - il a été élu avec 99,8 % des voix, et une participation de 65 % (officiellement).

 

Les Etats-Unis, qui ont reproché à Saleh de laisser Al-Qaida et Ansar-al-Charia gagner du terrain dans le Sud et l'Est pour se donner le rôle du défenseur de l'unité menacée du pays, espèrent ainsi orchestrer une remise en ordre du pays.

 

Mais le peuple yéménite ne l'entend pas forcément de cette oreille. Les séparatistes du Yémen du Sud (ancienne république communiste qui a rejoint son voisin du Nord il y a vingt ans) et les rebelles chiites Zaidi (Houthis) du Nord ont boycotté le scrutin. Et le peuple à Sanaa lui-même continue de protester contre le fait que les forces de sécurité restent entre les mains des fils et neveux de Saleh.

 

Selon la TV iranienne le 1er mars 2012, des soldats sont descendus dans la rue pour demander la démission du brigadier-général Hussein Khairan et du commandant de l'aviation Mohammed Salah al-Ahmar (le demi-frère de Saleh) accusés de corruption. Les manifestants scnadaient aussi des slogans anti américains et antisaoudiens. Une dépêche occidentale confirme la manifestation qui réunissait 500 soldats, mais fait l'impasse sur les slogans anti-occidentaux que la presse iranienne rapporte.

 

Selon l'expert panafricaniste Abayomi Azikiwe, le gouvernement américain va désormais payer directement les militaires yéménites pour contourner la corruption des généraux ce qui est une étape supplémentaire dans le processus d'ingérence.

 

Les soldats ne sont pas les seuls à manifester. Le 29 février, photographies à l'appui, la TV iranienne faisait état de manifestations à Sanaa brûlant le drapeau américain l'éphigie de l'ambassadeur Gerald Michael Feierstein  et exigeant son départ. En décembre Feierstein, qui se comporte en proconsul au Yémen, comme l'avait fait Anne Patterson au Pakistan, s'était déjà attiré les foudres du peuple en qualifiant de "non pacifique" une marche populaire entre Taiz et Sanaa. Une manifestation anti-américaine se serait aussi déroulée à Taiz ville-martyr au Sud-Ouest du pays, qui est le coeur de la révolution yéménite. Le nombre de participants n'est pas connu. Par ailleurs juste avant les élections un millier d'employés du pétrole de Petro Masila s'étaient mis en grève bloquant la production dans l'Hadhramout (Sud-Est) - mais l'activité a repris le 29.

 

Les Etats-Unis se heurtent à un véritable casse-tête au Yémen aussi bien pour neutraliser les mouvements populaires non-violents que pour liquider les guérillas. Leur volonté de miser sur les ONG financées par USAID a échoué car aucun expert occidental ou pro-occidental n'accepte de se rendre au Yémen. Donc aucun programme de "smart power" ne fonctionne. Sur le plan militaire la seule alternative à l'intervention au sol est l'envoi de drones, une spécialité américaine désormais, mais qui, comme au Pakistan, tue beaucoup de civils innocents et ne fait qu'accroître l'hostilité à Washington dans ce pays.

 

Pour mémoire au Yémen la moitié de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.

 

http://atlasalternatif.over-blog.com/article-washington-et-les-petromonarchies-continuent-leur-bras-de-fer-avec-le-printemps-yemenite-100793819.html

 


 

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