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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 01:18

 

wilkipedia

 

 

Washington n'appuie plus systématiquement Israël à l'Onu

 

Depuis l'avènement de l'administration Obama, Israël ne peut plus compter sur le soutien inconditionnel des Etats-Unis aux Nations unies et doit subir critiques et condamnations de la communauté internationale.

 

 

Siège de l'Onu à New York. Depuis l'avènement de l'administration Obama, Israël ne peut plus compter sur le soutien inconditionnel des Etats-Unis aux Nations unies et doit subir critiques et condamnations de la communauté internationale. (Reuters/Brendan McDermid)

Cette inflexion discrète mais réelle de la diplomatie américaine concernant le Proche-Orient coïncide avec une des plus graves crises dans les relations bilatérales depuis plusieurs décennies.

Barack Obama cherche, semble-t-il, à redonner aux Etats-Unis le rôle d'"honnête courtier" dans la recherche de la paix régionale qu'ils avaient perdu durant les huit ans d'administration de George W. Bush.

La partialité de ce dernier avait fini par pousser le gouvernement d'Israël à dramatiser la moindre expression d'une dissension entre les deux pays, estime Marina Ottaway, directrice pour le Proche-Orient de la Fondation Carnegie pour la paix internationale de Washington.

Washington ne s'en prête pas pour autant aux manoeuvres diplomatiques pour placer Israël sur la sellette aux Nations unies où, selon un responsable américain, "neuf initiatives sur dix" visent à mettre l'Etat juif en accusation.

La diplomatie américaine ne s'est que légèrement infléchie, "sans changement draconien", mais "cela a provoqué une réaction disproportionnée de la part d'Israël", note Marina Ottaway.

Ainsi, la semaine dernière, les Etats-Unis ont voté la déclaration regrettant les pertes en vies humaines lors de l'abordage de la flottille d'aide à Gaza parrainée par des ONG turques et réclamant une enquête "prompte, impartiale, crédible et transparente".

Mais Washington s'est fermement battu en coulisse pour éviter de stigmatiser la seule opération israélienne, sans tenir compte de la résistance des passagers de la flottille, et pour éviter d'employer le terme d'enquête "indépendante" qui aurait disqualifié l'Etat juif.

 

"ILS VONT DÉCOUVRIR QU'ILS ONT TORT"

 

Ces efforts pour éviter qu'Israël soit mis en accusation n'ont pas été suffisants pour satisfaire l'Etat juif, qui a été prompt à dénoncer un lâchage de l'administration américaine.

Dans un article intitulé "Hurler avec les loups", Elliot Abrams, un ex-conseiller d'administrations républicaines, a accusé Obama d'avoir pratiquement livré Israël à la vindicte.

"La Maison blanche n'a pas souhaité se ranger au côté d'Israël face à la foule parce qu'elle n'a pas de politique de solidarité avec Israël mais plutôt de distanciation et de pression", estime-t-il.

Abrams relève que l'administration Obama a soutenu l'appel à la dénucléarisation du Proche-Orient lors de récente la conférence des signataires du traité de non-prolifération (TNT), mettant ainsi en difficulté l'Etat juif, qui passe pour posséder l'arme nucléaire et n'est pas signataire du traité.

Pour Abrams, les Etats-Unis ont ainsi abandonné Israël à l'Onu et au TNT en l'espace d'une semaine".

Mark Fitzpatrick, analyste à l'Institut international des études stratégiques de Londres, estime qu'Obama cherche tout simplement à redonner aux Etats-Unis le statut d'"honnête courtier" dont ils jouissaient avant l'ère Bush, "tout en gardant à l'esprit la nécessité intérieure de ne pas apparaître hostile à Israël".

Mais un responsable israélien, qui souhaite garder l'anonymat, estime "encore difficile de déchiffrer les intentions qui sont derrière le changement de la politique des Etats-Unis aux Nations unies, et pas seulement concernant le Proche-Orient".

"Si les Américains sont persuadés qu'en adoptant une approche souple ils obtiendront le soutien de pays qui s'opposaient jusque-là à leur politique, ils vont découvrir qu'ils ont tort", ajoute ce responsable.

 

http://nom666.over-blog.com/ext/http://www.lexpress.fr/actualites/2/washington-n-appuie-plus-systematiquement-israel-a-l-onu_897943.html

 

 

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 La fermeture mortelle de l’esprit israélien

  par Ilan Pappé

  Le déclin de la réputation d’Israël suite à l’attaque brutale de la flottille pour Gaza n’influencera probablement pas les dirigeants du pays.

  Au sommet des systèmes politique et militaire d’Israël se trouvent deux hommes, Ehud Barak et Benjamin Netanyahou, qui sont derrière l’attaque brutale contre la flottille de Gaza qui a choqué le monde mais qui semble saluée comme un acte pur d’autodéfense par le public israélien.

  Bien qu’ils viennent de la gauche (le Ministre de la Défense Barak du Labour) et de droite (le Premier ministre Netanyahou du Likoud) de la politique israélienne, leur réflexion sur Gaza en général et sur la flottille en particulier est alimentée par la même histoire et une vision du monde identique.

  A un moment, Ehud Barak a été l’officier de commande de Benjamin Netanyahou dans l’équivalent israélien du SAS. Plus précisément, ils ont servi dans une unité semblable à celle qui a été envoyée pour attaquer le bateau turc la semaine dernière. Leur perception de la réalité dans la Bande de Gaza est partagée par d’autres membres dirigeants de l’élite politique et militaire israélienne, et est largement soutenue par l’électorat juif à domicile.

  Et c’est un simple point de vue de la réalité. Le Hamas, bien que ce soit le seul gouvernement dans le monde arabe élu démocratiquement par le peuple doit être éliminé comme force politique ainsi que militaire. Et ce n’est pas seulement parce qu’il continue la lutte contre 40 ans d’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza  en lançant des missiles primitifs en Israël – plus souvent que pas, en représailles aux meurtres d’Israël de ses militants en Cisjordanie. Mais c’est dû principalement à son opposition politique au genre de « paix » qu’Israël veut imposer aux Palestiniens.

 La paix forcée n’est pas négociable en ce qui concerne l’élite politique israélienne, et elle offre aux Palestiniens un contrôle et une souveraineté limités dans la Bande de Gaza et des parties de la Cisjordanie. On demande aux Palestiniens de renoncer à leur lutte pour l’autodétermination et la libération en retour de l’établissement de trois bantoustans sous contrôle serré et supervision israéliens.

 C’est pourquoi la réflexion officielle en Israël est que le Hamas constitue un obstacle formidable à l’imposition d’une paix pareille. Et donc la stratégie déclarée est la faim et l’étranglement jusqu’à la soumission de 1,5 millions de Palestiniens vivant dans l’espace le plus densément peuplé du monde.

 Le blocus imposé en 2006 est censé amener les Gazaouis à remplacer le gouvernement palestinien actuel par un autre qui accepterait le diktat d’Israël- ou au moins ferait partie de l’Autorité palestinienne plus endormie en Cisjordanie. Entre temps, le Hamas a capturé un soldat israélien, Gilad Shalit, et ainsi le blocus est devenu plus serré. Il comprend l’interdiction des marchandises les plus élémentaires sans lesquelles des êtres humains trouvent qu’il est difficile de survivre. Par manque de nourriture et de médicaments, par manque de ciment et de pétrole, les habitants de Gaza vivent dans des conditions que des organes et des agences internationales décrivent comme catastrophiques et criminelles.

 Comme dans le cas de la flottille, il existe des alternatives pour libérer le soldat captif, comme l’échange des milliers de prisonniers politiques que détient Israël, avec Shalit. Beaucoup d’entre eux sont des enfants, et un assez grand nombre est détenu sans procès. Les Israéliens ont traîné les pieds dans les négociations sur un tel échange, qui ne porteront vraisemblablement pas leurs fruits dans un avenir prévisible.

 Mais Barak et Netanyahou et ceux qui les entourent ne savent que trop bien que le blocus de Gaza ne va produire aucun changement dans la position du Hamas et on doit porter au crédit du Premier ministre David Cameron d’avoir fait remarquer à des Questions au Premier ministre, la semaine dernière, que la politique des Israéliens raffermit en fait, plutôt qu’elle ne n’affaiblit l’emprise du Hamas sur Gaza. Mais cette stratégie, malgré son objectif déclaré, n’a pas pour but de réussir ou du moins personne à Jérusalem ne sera préoccupé si elle continue à être sans résultat et futile.

 On aurait pu penser que le fort déclin de la réputation internationale d’Israël provoquerait une réflexion nouvelle chez ses dirigeants. Mais les réactions à l’attaque de la flottille ces jours derniers indiquent clairement qu’il n’y a pas d’espoir d’un changement significatif de la position officielle. Un engagement ferme à continuer le blocus, et un accueil en héros des soldats qui ont piraté le bateau dans la Méditerranée, a montré que la même politique se poursuivrait encore longtemps.

 Ceci n’est pas surprenant. Le gouvernement Barak-Netanyahou-Avigdor Lieberman ne connaît aucune autre voie pour répondre à la réalité en Palestine et en Israël. L’usage de la force brutale pour imposer sa volonté et une machine de propagande intense qui le décrit comme de l’autodéfense, tout en diabolisant les habitants de Gaza à moitié affamés et ceux qui viennent à leur secours comme des terroristes, est le seul moyen possible pour ces politiciens. La conséquence terrible en morts humaines et la souffrance de cette détermination ne les concernent pas, pas plus que la condamnation internationale.

 Ce qui est la réalité, malgré la stratégie déclarée, est de continuer cet état des choses. Aussi longtemps que la communauté internationale se sent non concernée, le monde arabe impuissant et Gaza maîtrisé, Israël peut encore avoir une économie florissante et un électorat qui considère la dominance de l’armée dans sa vie, le conflit sans fin et l’oppression des Palestiniens exclusivement comme la réalité de sa vie passée, présente et future en Israël. Le Vice-président US Joe Biden a récemment été humilié par les Israéliens quand ils ont annoncé la construction de 1.600 maisons dans le district disputé de Jérusalem de Ramat Shlomo, le jour où il est arrivé pour essayer de geler la politique de colonisation. Mais maintenant, son soutien inconditionnel à la dernière action israélienne fait que les dirigeants et leur électorat se sentent justifiés.

 Il serait faux, cependant, d’assumer que le soutien américain et la faible réponse européenne face aux politiques criminelles israéliennes comme celles poursuivies à Gaza soient les raisons principales du blocus prolongé et de l’étranglement de Gaza. Ce qui est probablement le plus difficile à expliquer à des lecteurs dans le monde est combien profondément sont ancrées ces perceptions et ses attitudes dans la psyché et la mentalité israéliennes. Et il est en effet difficile de saisir combien sont diamétralement opposées les réactions générales au RU, par exemple, à de tels événements et les émotions qu’ils soulèvent à l’intérieur de la société juive israélienne.

 La réponse internationale est basée sur l’hypothèse que davantage de concessions prochaines palestiniennes et un dialogue continu avec l’élite politique israélienne produira une nouvelle réalité sur le terrain. Le discours officiel en Occident est qu’une solution raisonnable et atteignable est juste derrière le coin si toutes les parties voulaient faire un dernier effort : la solution des deux états.

 Rien n’est plus éloigné de la réalité que ce scénario optimiste. La seule version de cette solution qui soit acceptable pour Israël est celle que ni l’Autorité palestinienne docile à Ramallah, ni le Hamas plus affirmé à Gaza ne pourraient jamais accepter. C’est une offre d’emprisonner les Palestiniens dans des enclaves apatrides en échange de la fin de leur lutte.

 Donc même avant de discuter une solution alternative soit « un seul état démocratique pour tous, que je soutiens » ou d’explorer une solution de deux états plus plausible, on doit transformer fondamentalement l’état d’esprit des autorités et du public israéliens. Cette mentalité est la barrière principale à une réconciliation pacifique dans le pays déchiré d’Israël et de la Palestine.

 Le Professor Ilan Pappé dirige le Centre européen des études sur la Palestine à l’Université d’Exeter et est l’auteur de « L’épuration ethnique de la Palestine.

Sources La Feuille de Chou

 

 

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