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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 22:56

Pourquoi Israël et l’Arabie Saoudite s’allieront pour attaquer l’Iran
La nouvelle vient de tomber et elle peut apparaître incompréhensible pour
beaucoup : selon le Sunday Times, qui cite des sources diplomatiques, «
l’Arabie saoudite aurait donné son accord tacite au gouvernement israélien
pour un survol de son territoire dans l’hypothèse de frappes contre l’Iran
». Au même moment, un sous-marin nucléaire israélien - fait rarissime -
transitait par le canal de Suez pour participer, avec l’aval des autorités
égyptiennes, à des manœuvres navales en mer Rouge. Ces faits arrivent au
moment où l’Administration Obama change de ton face à la question du
nucléaire iranien : le vice-président américain Joe Biden vient de déclarer
qu’Israël avait un « droit souverain » de décider ce qui est de son
intérêt face aux ambitions nucléaires de l’Iran. Dans un contexte de crise
politique où l’aile conservatrice au pouvoir à Téhéran s’oriente vers un
durcissement du discours vis-à-vis d’un Occident coupable, selon elle, de
vouloir saper les fondements de son régime, la perspective d’un règlement
pacifique du dossier du nucléaire s’éloigne de plus en plus.

Ces informations, aussi surprenantes soient-elles, révèlent au grand jour
l’alliance objective qui se noue entre l’Etat hébreu et certains pays
arabes, au premier rang desquels figurent l’Arabie Saoudite et l’Egypte.
Cette entente d’un genre nouveau voit en l’Iran chiite le principal ennemi
à abattre. En fait, une attaque militaire israélienne, soutenue par certaines
puissances arabes, à l’encontre de l’Iran semble quasi-inéluctable. Les
trois raisons principales qui convergent en ce sens permettront au lecteur de
mieux cerner les contours d’un conflit à la résonance mondiale, où
intérêts stratégiques et considérations religieuses sont intimement liés.

Israël et la loi du plus fort

D’abord, et c’est un postulat maintes fois répété par les responsables
politiques et militaires de l’Etat hébreu, jamais Israël n’acceptera la
présence au Moyen-Orient d’une puissance hostile qui se doterait de la bombe
atomique. Ce scénario relève du cauchemar pour les dirigeants israéliens et
ce positionnement fait l’unanimité en Israël. Cette prise de position se
vérifie d’autant plus à l’égard d’un Etat, l’Iran, qui, outre les
capacités militaires considérables qu’il détient, menace régulièrement
Israël dans ses déclarations. Pour les Israéliens, l’équation est simple :
dans un contexte où la discussion diplomatique et les sanctions économiques
prouvent leur inefficacité, plus le temps passe et plus l’Iran s’approche
de la bombe. Du reste, avec un gouvernement d’extrême droite à Tel Aviv, qui
fait de la lutte contre l’Iran son objectif stratégique central, on est en
droit de redouter le pire dans un avenir proche.

Il est donc désormais clair qu’une offensive aérienne israélienne se fait
de plus en plus pressante et qu’aux yeux de nombreux Israéliens, c’est la
seule manière d’empêcher l’Iran de parvenir au stade de puissance
nucléaire. Ce ne sera d’ailleurs pas la première fois que Tsahal déploiera
son arsenal dans un tel objectif : en juin 1981, l’aviation israélienne avait
bombardé le réacteur nucléaire d’Osirak, au sud de Bagdad, anéantissant du
même coup les rêves de Saddam Hussein de se doter de l’arme atomique. Plus
récemment, en septembre 2007, elle a rasé un site syrien où, selon le
renseignement américain, la construction d’un réacteur nucléaire avec
l’aide de la Corée du Nord était en voie d’achèvement. Ces deux
opérations n’ont suscité aucune réaction militaire de la part des deux pays
visés et la communauté internationale s’est contentée, comme à son
habitude lorsqu’il s’agit d’Israël, de quelques remontrances verbales.
Ces précédents démontrent clairement une chose : Israël, sûr de sa force,
est prêt à tout pour éradiquer n’importe quelle menace. Les Iraniens sont
prévenus et la communauté internationale aussi.

L’Iran : une puissance régionale menaçante pour des pays arabes craintifs

L’autre raison réside dans la hantise du spectre iranien de la part de
certaines capitales arabes. Riyad et Le Caire voient d’un très mauvais œil
l’ascension fulgurante de Téhéran comme puissance régionale. L’Iran fait
désormais figure, aux yeux de nombreux musulmans du monde, de seule puissance
dans la région capable de défier Israël. Son soutien au Hezbollah[1],
l’assistance qu’il apporte au Hamas, sa ténacité dans le bras de fer qui
l’oppose à l’Occident sur le dossier du nucléaire lui permet de gagner des
sympathies dans des larges couches de la “rue arabe“ et ce, jusque dans les
rues de Djedda et d’Alexandrie. Dans le même temps, (et cet antagonisme ne
s’est jamais totalement démenti depuis le début des années 1980) la
République Islamique d’Iran continue de railler la monarchie saoudienne et
certains pays arabes, en les présentant comme étant des gouvernements à la
solde des Américains et plus largement des Occidentaux. Rappelons que depuis
1981, l’Egypte n’entretient pas de relations diplomatiques avec Téhéran
(alors qu’elle en a avec Israël) et qu’une rue à Téhéran porte le nom de
l’assassin du président Sadate…

Cette inquiétude semble être partagée par d’autres Etats de la région et
notamment les petits émirats du Golfe, très vulnérables, et qui partagent
pour l’essentiel les inquiétudes du grand frère saoudien[2]. En outre, la
trajectoire, les déclarations, l’identité et les positionnements de
l’élite politico-religieuse au pouvoir à Téhéran n’est pas de nature à
apaiser les voisins de l’Iran. Il est à rappeler que l’assise idéologique
du président Ahmadinejad comme d’une grande partie des dirigeants iraniens
est issue du chiisme révolutionnaire hérité de l’ayatollah Khomeiny[3]. Et
que les références à l’Imam caché, au Mahdi ou au sang de l’Imam Hussein
sont légion dans leurs discours, souvent empreints de messianisme.

C’est ainsi que Mahmoud Ahmadinejad, élu président de la République
d’Iran en juin 2005 s’est réclamé « explicitement du Mahdi dont il
prétend préparer le retour »[4]. Cette situation rend le discours politique
iranien au mieux confus, au pire très inquiétant pour ses voisins. Cette
vision messianique du rôle de l’Iran inquiète au plus haut niveau les
dirigeants arabes sunnites, lesquels craignent l’utilisation de l’arsenal
iranien à des fins d’Apocalypse... « Le droit de l’Iran à la technologie
nucléaire est une des solutions qui préparent le retour de l’Imam » a
également déclaré le président Ahmadinejad[5]. Cette vision du monde, dans
laquelle une foi intérieure croise le destin de toute une région fait craindre
le pire au Moyen-Orient. Ce qui fait dire à Olivier Roy que « le jour où les
Etats-Unis - ou Israël - bombarderont l’Iran, toutes les capitales arabes
protesteront, mais plus d’une se réjouira »[6].

Chiites-sunnites : une fracture instrumentalisée

L’opposition politique se double désormais d’un antagonisme confessionnel
qui a pris, ces dernières années, une place primordiale dans l’échiquier
politique régional. Malgré son origine lointaine, le différend chiite-sunnite
a récemment opéré un fulgurant retour en force. Il est aujourd’hui frappant
de constater que l’une des raisons qui plaident pour une limitation de la
puissance iranienne (et donc d’une intervention militaire) est l’endiguement
de l’expansionnisme chiite au Moyen-Orient. Partout dans le monde arabe
sunnite, les débats ont fait rage ces dernières années pour voir dans le
chiisme le véritable ennemi qui menace la stabilité des Etats et met en péril
la domination sunnite. L’Arabie Saoudite, qui ne supporte pas l’idée
d’une forme alternative de gouvernement “islamique“, a été à la pointe
de cette offensive tous azimuts. Cette surenchère a redoublé d’intensité
après l’avènement en Irak d’un gouvernement dominé par des chiites et
dont l’aversion envers Riyad est bien connue[7].

Malheureusement, cette stratégie est en passe de parvenir à ses objectifs.
Dans certains pays et auprès d’une partie croissante de la population, la
menace chiite est si prégnante qu’elle supplante désormais l’opposition à
Israël. Certains médias, journaux, sites internet, chaînes de télévision et
même, certaines autorités religieuses[8] voient la lutte contre l’influence
chiite prioritaire face à la menace israélienne. Ce renversement de tendance a
aussi été favorisé par le climat d’hostilité croissante à l’égard des
chiites consécutif à la guerre civile irakienne où les terribles
affrontements intercommunautaires de 2005-2007 ont marginalisé la minorité
sunnite du pays[9]. Le royaume saoudien, concurrencé par la République
Islamique d’Iran dans sa lutte pour le leadership de l’Islam mondial et
échaudé par les récents succès des alliés de Téhéran dans la région (au
Liban comme en Irak) met toutes ses forces dans la bataille pour empêcher
l’avènement d’un croissant chiite revanchard et conquérant[10].

Il est vrai que l’Arabie Saoudite a de quoi s’inquiéter, car « entre la
Méditerranée et l’Iran, les sunnites semblent politiquement minoritaires
(Irak, Liban, Syrie), quand ils ne le sont pas aussi démographiquement (Irak,
Liban, Bahreïn) »[11]. De plus, les chiites, dont le ressenti envers les
pouvoirs sunnites usurpateurs reste vivace, font aujourd’hui la démonstration
de leur force[12]. Il n’y a qu’à voir les millions de pèlerins chiites
déferlant chaque année depuis la chute de Saddam Hussein en pèlerinage à
Kerbala - lequel relègue désormais le pèlerinage à la Mecque au second plan
- pour s’en rendre compte. Près de quatre millions de personnes ont ainsi
participé au pèlerinage de Kerbala en avril 2003 et ce sont près de huit
millions qui ont fait de même en 2008[13]. Pareil évènement est interprété
à Riyad comme l’une des manifestations les plus spectaculaires de la
résurgence d’un chiisme militant voire révolutionnaire qui ne cache pas sa
volonté de reprendre un jour à la dynastie wahhabite le contrôle des Lieux
saints usurpés par un pouvoir corrompu et honni[14].

En l’espace de quelques années, un arc chiite en plein expansion s’est
formé et qui, même s’il n’est pas totalement homogène, suscite de grandes
inquiétudes. Ainsi, dès décembre 2004, le roi AbdAllah II de Jordanie
formalisait ce sentiment lors d’une interview accordé au Washington Post.
Selon lui, l’émergence d’un “croissant chiite“ allant de l’Iran au
Liban en passant par l’Irak, Bahreïn et les nombreuses communautés chiites
du Golfe – dont l’allégeance se porterait envers l’Iran plutôt que vers
les pouvoirs nationaux - menacerait l’intégrité et la stabilité des autres
Etats arabes[15]. C’est ce basculement tectonique qui fait que pour les pays
arabes sunnites (Arabie Saoudite, Egypte et Jordanie) la « menace chiite » est
désormais plus importante et plus alarmante que le problème israélien.

Le salut viendra … des Etats-Unis !

Paradoxalement, ce sont peut-être les Etats-Unis qui empêcheront Israël de
se lancer dans cette aventure militaire. Cette offensive entraînera, en effet,
un désordre mondial et aura des répercussions incalculables dans tout le
Moyen-Orient. De plus, la crise économique que le monde traverse actuellement
n’est pas de nature à favoriser une escalade militaire dont les retombées
économiques seront catastrophiques, notamment dans le domaine du pétrole.
Même si la politique étrangère américaine a souvent été dictée par les
intérêts d’Israël[16], il semblerait qu’une vraie divergence oppose les
Etats-Unis à Israël sur la question de l’éventualité d’une attaque
militaire contre l’Iran.

En outre, et même si l’ensemble des infrastructures militaires de l’Iran
risquent d’être détruites dès les premiers jours de l’attaque, le régime
iranien conservera des moyens de représailles sérieux pour frapper les
intérêts israéliens, américains et occidentaux en Irak, au Liban et dans le
Golfe. C’est sûrement pour ces raisons que l’administration Bush avait
refusé de donner son feu vert à Israël, en mai 2008, pour lancer une attaque
contre les installations nucléaires iraniennes[17]. Et c’est certainement
pour ces même raisons que Barack Obama a pris soin de revenir sur les
déclarations de son vice-président qui sonnait en Israël comme un véritable
laisser faire quant à une future attaque contre l’Iran.

Quoiqu’il en soit, le Moyen-Orient fait aujourd’hui face à un équilibre
de la terreur où des alliances nouvelles se font jour. Dans un contexte où le
temps ne joue pas en faveur de la paix, la conjugaison de rivalités politiques
tendues, d’intérêts stratégiques majeurs et de querelles religieuses
manipulées risquent de déclencher un cataclysme terrible dans un Moyen-Orient
que la violence semble ne jamais vouloir quitter.


[1] La place et l’aura dont bénéficie aujourd’hui le Hezbollah au Liban
et au-delà, dans tout le monde arabe, doit beaucoup à l’Iran. Et chacun sait
que la “victoire“ du Hezbollah contre l’armée israélienne en juin 2006
est aussi une victoire iranienne.

[2] En témoigne la récente installation de la base militaire française à
Abu Dhabi. L’accord conclu entre la France et les Emirats Arabes Unis prévoit
même la possibilité d’utiliser la dissuasion nucléaire française en cas de
conflit avec l’Iran ! Cf. Le nucléaire français contre l’Iran, blog
d’Alain Gresh, 17 juin 2009.

[3] Ainsi de la fameuse théorie de wilâyat al-faqih – opinion selon
laquelle le pouvoir politique doit incomber aux religieux.

[4] Cf. Le Monde des religions N° 31- Septembre, Octobre 2008. Le thème
principal de ce numéro portait sur l’opposition Sunnite-Chiite dans le monde
musulman.

[5] Cité in Sunnites, chiites, pourquoi ils s’entretuent, Martin Gozlan,
Seuil, mars 2008, p. 136. Après un pèlerinage à Jamkaran, l’un des
mausolées les plus vénérés du chiisme, Ahmadinejad avait également eu ses
mots : « La principale mission pour la révolution, c’est de préparer le
chemin pour la résurrection de l’Imam caché ».

[6] Cf. Le croissant et le chaos, Olivier Roy, Hachette Littératures, 2007.

[7] Il n’existe pas de relations diplomatiques officielles entre l’Irak et
l’Arabie Saoudite. Les deux pays entretiennent des relations tendues depuis la
chute du régime de Saddam Hussein. Le royaume saoudien se méfie du
gouvernement en place à Bagdad car issu de la majorité chiite du pays. Pendant
les affrontements intercommunautaires qui ont déchiré l’Irak en 2005-2007,
le ministre de l’Intérieur irakien, le très controversé Bayan Jaber Solagh,
avait traité le ministre saoudien des Affaires étrangères de « misérable
Bédouin sur son chameau » parce que ce dernier s’inquiétait alors de la
multiplication de meurtres de sunnites en territoire irakien…Sur la
responsabilité et le rôle de Bayan Jaber Solagh dans les tueries qui ont
ensanglanté l’Irak, cf. le débat très agité de l’émission Al Itijah Al
Mou’akass de la chaîne Al Jazeera du 6 février 2007.

[8]. Du Maroc aux pays du Golfe, tout un discours religieux a désigné le
chiite comme l’ennemi intérieur à combattre. Certaines autorités
religieuses, utilisant notamment le canal des nombreuses chaînes satellitaires
qui ont récemment émergé dans le monde arabe, ont produit un discours
excommuniant le chiisme de l’islam proprement dit. Parmi les Cheikhs connus et
réputés, on peut ainsi citer les cas des égyptiens Abou Ishaq Al Howeini et
Mohamed Hasan. Ces deux prédicateurs vedettes de la chaîne égyptienne “Al
Nass“ se sont livrés, avec beaucoup d’autres, à des diatribes à
l’encontre des chiites hérétiques dont l’influence devait absolument être
stoppée. Reprenant les arguments d’oulémas saoudiens, Abou Ishaq Al Howeini
a été jusqu’à mettre dos à dos le Hezbollah et l’armée israélienne
lors de l’offensive de cette dernière au sud Liban à l’été 2006.

[9] Cette guerre civile a été le point culminant de ce clivage. A partir du
22 février 2006, jour de la destruction du « mausolée d’or » chiite de
Samarra, les affrontements intercommunautaires en Irak ont pris une tournure
radicale avec une explosion de haine entre les deux communautés qui se solda
par des dizaines de milliers de victimes. Une véritable épuration
confessionnelle a alors traversé l’Irak et elle a eu un retentissement
considérable dans le monde arabe. Cf. Gilles Kepel, Terreur et martyre, relever
le défi de la civilisation, Flammarion, Paris, 2008 ainsi que « La
Saint-Barthélemy en Irak », reportage de Patrice Claude, Le Monde, 1er avril
2006.

[10] Quitte à soutenir les groupes djihadistes en Irak contre les chiites
irakiens. En décembre 2006, une conférence de soutien aux Irakiens tenue à
Istanbul réunit uniquement des sunnites. Parmi eux, le cheikh saoudien Nasir
Bin Soulayman al-Umar a appelé les sunnites à s’unir contre les chiites. Et
en cas de conflit armé contre Téhéran,, nul doute que la monarchie saoudienne
aura l’appui de tout l’establishment religieux du royaume au premier rang
desquels le Corps des grands oulémas (Hay’at kibar al ‘ulamas) lequel
considère le chiisme comme une hérésie condamnable et dangereuse.

[11] Cf. Olivier Roy op.cit.

[12] « L’identité chiite, telle qu’elle s’exprime dans l’Irak de
l’après-2003, se forge autour d’un sentiment d’injustice ». Cf. Fanny
Lafourcade, Le chaos irakien, 10 clés pour comprendre, La Découverte, Paris,
2007.

[13]Le fait que le plus grand rassemblement humain au Moyen-Orient se fasse
désormais à Kerbala et non à La Mecque a une portée symbolique très forte
et est révélateur de la nouvelle donne géopolitique dans la région. Cf. la
dépêche AFP suivante :
http://afp.google.com/article/ALeqM5j5cIe3K7hcmWa_MDl2lZXv-lqFvA

[14] Les discriminations dont sont victimes les chiites en Arabie Saoudite –
et dans d’autres pays du Golfe où vivent de fortes communautés chiites –
entraînent régulièrement des heurts avec les autorités. L’auteur de ces
lignes a pu constater combien ce clivage était prégnant notamment lors du
dernier pèlerinage à la Mecque et lors de la visite du cimetière Al Baqi’
de Médine. Régulièrement, des frictions apparaissent entre des pèlerins
chiites et les forces de police saoudienne. Le dernier en date, en février 2009
à Médine, a donné lieu à plusieurs manifestations et à des heurts entre
pèlerins chiites et fidèles sunnites. Cf.
http://observers.france24.com/fr/content/20090305-chiites-saoudiennes-cibles-police-religieuse-sunnite-muttawa-medine-pelerinage.


[15] Cf. Fanny Lafourcade. op. cit

[16] Cf. notamment John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, Le lobby
pro-israélien et la politique étrangère américaine, La Découverte, 2009.

[17] Cf. « Israël aurait voulu bombarder les installations nucléaires
iraniennes en mai », Le Monde, 26 septembre 2008 et « Washington se serait
opposé à un raid israélien en Iran », Le Monde, 13 janvier 2009.


Mardi 24 Août 2010
http://www.alterinfo.net/Pourquoi-Israel-et-l-Arabie-Saoudite-s-allieront-pour-attaquer-l-Iran_a49327.html
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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 22:42

 

 

On savait qu'il y avait eu un massacre à Fallujah, en 2004, perpétré par l'armée des Etats-Unis d'Amérique, qui a utilisé des armes chimiques et radioactives.
Le film ci-dessus de Sigfrido Ranucci pour la télévision RAÏ News 24 (diffusé le 8 novembre 2005) avait déjà tout dévoilé.

Mais aujourd'hui, plus de 6 ans après, l'équipe de Chris Busby, du "Department of Molecular Biosciences" de l'université d'Ulster a cherché à évaluer de manière rigoureuse et scientifique les conséquences sanitaires de la guerre (étude disponible en ligne).

Les résultat à Fallujah est sans appel, "pire qu'à Hiroshima" :  

Les habitants de Fallujah ont 4,22 fois plus de risques de développer un cancer que les Egyptiens ou les Jordaniens ;
• Il y a 12,6 fois plus de risque de développer un cancer pour les enfants de moins de 14 ans ;
• Le risque de leucémie chez les personnes de 0 à 34 ans est 38,5 fois plus élevé ;
• La mortalité infantile a été entre 2006 et 2009 plus de 4 fois plus importante qu'en Egypte ou en Jordanie et ce phénomène s'amplifie encore depuis 2010 ;
• Le sexe ratio est totalement anormal dans la tranche des 0 à 4 ans de Fallujah où les chercheurs ont recensé seulement 860 garçons pour 1 000 filles... alors qu'on devrait compter 1050 garçons.


Regardons en image les conséquences génétiques de ces armes américaines (phosphore blanc, uranium), et méditons sur la puissance de "l'axe du bien" quand il combat "l'axe du mal". Que ceux qui appellent à une action militaire contre l'Iran (axe du mal) regardent bien, et qu'ils méditent sur la beauté de la guerre. (Note de Dazibaoueb: déconseillé aux personnes sensibles)





Voir en ligne, sur Doctissimo, ainsi que sur le blog Le dessous des cartes.

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=15232


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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 21:06
Hommage à Maurice Allais :
redonner aux Etats le pouvoir d’émettre de la monnaie

 

Il peut paraître curieux de consulter Maurice Allais sur les remèdes à la crise financière et économique. Il s’agit en effet d’un scientifique âgé de presque cent ans, qui de plus, est pratiquement interdit d’expression, au moins en France, bien qu’il soit le seul prix Nobel français d’économie. Mais précisément cet ostracisme doit nous conduire à nous interroger en profondeur.


Maurice Allais

Certes Maurice Allais n’a jamais flirté avec la gauche. Mais cela ne suffit pas pour que les droites actuellement au pouvoir lui pardonnent. le fait que ses travaux récents permettent de diagnostiquer les raisons des crises économiques contemporaines bien mieux que ne le font ceux des économistes au service du néo-libéralisme. En rupture avec un passé d’économiste libéral convaincu, admirateur des Etats-Unis, Maurice Allais attribue désormais ces crises à la libéralisation des échanges internationaux imposée par la finance américaine à l’occasion de la mondialisation. La finance américaine ou plus exactement anglo-saxonne, associée à l’Etat fédéral américain, a réussi selon lui depuis une trentaine d’années à dominer le monde entier en faisant sauter les barrières protectrices que pouvaient se donner les Etats et les économies plus faibles. Maurice Allais propose donc aux pays dominés, pour sortir de ce piège, un retour à des économies régulées par les puissances publiques et mettant en oeuvre un protectionnisme raisonné. L’Europe devrait donc, selon lui, être la première à s’engager dans cette voie, la seule capable de restaurer sa puissance. Autrement dit, ces propositions rejoignent dans l’ensemble les nôtres, telles qu’elles sont formulées sur le présent site. Il n’est pas étonnant qu’elles suscitent une véritable haine des milieux conservateurs et atlantistes.

Les liens que nous fournissons en fin d’article permettent aux lecteurs d’aller directement aux sources récentes de la pensée de Maurice Allais. Nous nous bornerons ici à résumer très rapidement, en employant nos propres termes et en simplifiant outrageusement le propos, ses observations concernant la façon dont la finance internationale principalement anglo-saxonne (les marchés...), dont la finance chinoise n’est encore qu’une pâle imitation, manipule la monnaie et le crédit pour tenter de dominer le monde.

La monnaie

Comment définir la monnaie ? Il s’agit d’un symbole sans valeur intrinsèque représentant le prix attribué d’un commun accord par les agents économiques, producteurs et consommateurs, aux biens et services. Cet accord résulte, lorsque les prix ne sont pas fixés autoritairement, de la confrontation sur un marché d’un producteur et d’un acheteur. Je produit 1kg de navets, je lui attribue une valeur de 1 dans le système monétaire en cours, soit 1 euro si je me situe dans le cadre de la monnaie européenne. Si je trouve des acheteurs à 1 euro et à moins d’1 euro, mais aucun acheteur au dessus de 1 euro, j’en déduirai que la valeur du navet, ici et maintenant, se situe à 1 euro le kg au plus. Tous les biens et services peuvent ainsi être répartis, en fonction des prix moyens selon lesquels ils sont vendus et achetés, sur une échelle des valeurs économiques. Si, en vendant mes navets, j’obtiens un gain total de 50 euros, je pourrai utiliser cette somme, mes coûts de production déduits (soit par exemple 40 euros), à l’achat des produits et services dont j’ai besoin, le tout pour un montant de 10 euros.

Supposons maintenant qu’un faux monnayeur fabrique des billets en euros. Ceux-ci ne correspondent à aucune valeur effectivement produite. Ils permettent néanmoins d’acheter des biens et services correspondant à leur montant, tant du moins que la fausseté des billets n’est pas détectée. Un faux monnayeur ayant fabriqué un faux billet de 50 euros, pourra s’acheter 50 kg de navets. Son seul effort aura consisté à produire ce faux billet. Les particuliers qui font de la fausse monnaie ont toujours été sévèrement punis. Mais deux grandes catégories d’acteurs ont traditionnellement le droit de faire de la fausse monnaie sans contrevenir à la loi. On ne dit pas en fait qu’il font de la fausse monnaie mais qu’ils créent de la monnaie. Ils sont autorisés et même encouragés à le faire dans certaines limites, parce que cette création de monnaie incitent les producteurs à produire et les acheteurs à acheter, c’est-à-dire à créer des valeurs économiques et de la croissance. Mais parfois ils créent de la monnaie au delà des possibilités d’absorption de l’économie. En ce cas, ils génèrent des crises. Ces acteurs sont les banques et les Etats.

La monnaie de banque

On appelle monnaie de banque la monnaie créée par les banques. Celles-ci n’impriment pas de billets, mais elles prêtent de l’argent à des clients qui en sont momentanément dépourvus, en approvisionnant leurs comptes, ce qui revient presqu’au même. Les banques exercent deux grands métiers, sans lesquels la vie économique ne serait pas possible. Si à force de vendre des navets, j’ai réalisé un profit de 500 euros, au lieu de conserver cet argent chez moi, dans un bas de laine, au risque de me le faire voler, je pourrai le déposer dans une banque qui le conservera pour moi, moyennant un certain loyer. Je pourrai en principe à tous moments retirer cet argent de la banque. On dira que j’ai procédé à un dépôt. La banque exercera en ce cas un premier métier, celui d’une banque de dépôt.

A partir de ces dépôts, la banque peut exercer un second métier, celui de prêteur. Si 100 producteurs de fruits et légumes déposent à la banque une somme équivalente à la mienne, cette banque se trouvera détentrice d’un dépôt global de 500x100, soit 50.000 euros. Les banques ont depuis longtemps découvert qu’elles pouvaient prélever sur cette somme, dite aussi fonds propres bancaires, de quoi consentir des prêts à leurs clients, tant du moins que le montant de ceux-ci ne dépassera pas un certain pourcentage du fonds total de 50.000 euros. En effet, hors des périodes de crise de confiance, tous ceux qui ont déposé des épargnes ne les retireront pas en même temps. Certains déposants reprendront leurs épargnes mais parallèlement les bénéficiaires des prêts finiront par les rembourser. La banque peut donc prêter un certain montant des dépôts dont elle dispose. Les emprunteurs peuvent emprunter pour consommer. Avec les économies rapportées par la vente de mes navets, je pourrai acheter de la viande. Mais si j’exerce une activité productive, je pourrai aussi emprunter pour investir, en anticipant sur les bénéfices de production à venir. Dans mon cas, en tant que producteur de navet, je pourrai acheter une brouette ou mieux une nouvelle parcelle de terre maraichère grâce à quoi je produirai encore plus de navets dont la vente me permettra de rembourser le prêt. On voit qu’exercé avec prudence, ce second métier du banquier, consistant à consentir des prêts, est favorable à l’économie et plus particulièrement à l’investissement.

Nous avons vu que, pour assurer son équilibre d’exploitation, la banque parie sur le fait que le montant des retraits sur fonds propre (le montant des dépôts) sera toujours équilibré par le remboursement des prêts consentis à partir de ces mêmes fonds propres. Mais il s’agit d’un pari. Le second métier de la banque, consistant à consentir des prêts, est donc plus risqué que celui de gérer des dépôts, car certains emprunteurs peuvent ne pas rembourser. Pour l’exercer sans risque, la banque doit s’assurer que les emprunteurs seront solvables, c’est-à-dire capables de rembourser le prêt dans les conditions prévues au contrat. C’est toute la subtilité du métier de banquier, justifiant les redevances qui lui sont versées par leurs clients. Dans ce mécanisme, la banque crée de la monnaie, dite monnaie de banque, mais il ne s’agit pas de fausse monnaie au sens propre du terme. Finalement en effet, nous l’avons vu, la monnaie créée est remboursée par les valeurs produites, soit en ce qui me concerne les nouvelles quantités de navets que j’aurai produites et vendues sur le marché.

Mais les banques ont depuis longtemps aussi découvert qu’elles pouvaient spéculer, c’est-à-dire courir de gros risques pour gagner beaucoup, en espérant que la malchance, ou d’autres facteurs, ne les pénaliseront pas. Il s’agit là d’un troisième métier, bien plus aventureux. Il s’apparente en fait au jeu de loterie. N’y gagnent à long terme que ceux ayant les reins solides, selon l’expression. Si les banques s’arrangent pour se regrouper au plan international et surtout – nous allons voir comment – pour faire supporter les risques à d’autres, ce métier est aussi bien plus profitable. Ceci explique qu’aujourd’hui toutes les banques spéculent, à plus ou moins grande échelle.

Deux processus basiques sont utilisés pour cela. Le premier consiste à prêter de l’argent à des individus, des entreprises ou des gouvernements voulant consommer ou même investir, aujourd’hui incapables de rembourser ces prêts, mais dont la banque espère qu’à terme ils pourront le faire, si les conditions du marché sont « porteuses ». Si le cours du navet ne cesse d’augmenter, la banque me prêtera de quoi acheter de nouvelles parcelles que je consacrerai à la production de navets, même si aujourd’hui je ne suis pas capable de rembourser ce prêt. Elle fait le pari qu’à terme, ayant vendu mes nouveaux navets, je pourrai régler ma dette. Si beaucoup de banques prêtent à beaucoup de producteurs de navets, il arrivera cependant un temps où le cours du navet cessera de monter et s’effondrera. Les banques auront créée une bulle sur le navet, dont l’implosion provoquera, outre la ruine des producteurs de navets trop engagés, celle (éventuelle) des banques ayant consenti des prêts au delà des capacités de remboursement de leurs clients, sans se prémunir contre les risques d’effondrement.

Un second processus spéculatif consiste à spéculer sur les cours des marchandises. Si le navet fait l’objet d’une forte demande mondiale, il pourra être avantageux d’en acheter aujourd’hui au cours de 1 euro le kg, en espérant le revendre dans un mois au cours de 1,50 euro. Les banques, comme tous les particuliers, sont tentées d’utiliser leurs fonds propres pour de telles spéculations. En achetant des navets, elles en font monter le cours, ce qui incitent de nouveaux producteurs à se spécialiser dans le navet. Tant que la demande, et donc le cours du navet se maintiennent, la spéculation est profitable. Mais ce n’est plus le cas lorsque pour une raison ou une autre , le cours du navet s’effondre. La banque est alors en difficulté. Qui dit difficulté pour la banque dit en premier lieu difficulté pour les déposants qui ne pourront plus se faire rembourser leurs dépôts. Une crise économique générale pourra en résulter.

On voit donc que les activités spéculatives, propre au troisième métier du secteur bancaire, sont à haut risque. C’est la raison pour laquelle elles avaient été réservées à des banques spécialisées dites banques d’affaires. Ne s’adressaient à elles que des clients acceptant eux aussi de spéculer, c’est-à-dire de tenter de gagner gros en acceptant de tout perdre. Aujourd’hui, cette distinction entre banques de dépôt, banques de crédit et banques d’affaires est devenue floue. Les banques ne se limitent plus à utiliser les dépôts des épargnants pour financer les emprunts de clients sérieux désirant investir en vue de produire. Elles ont pris l’habitude de spéculer sur les produits et les valeurs financières (les marchés d’actions) par l’intermédiaire de salles de marchés qui leur apportent aujourd’hui l’essentiel de leurs revenus.

Mais dira-t-on, si la spéculation est si risquée, si statistiquement les banques sont quasiment assurées d’y faire faillite, pourquoi s’y risquent-elles avec une ardeur toujours renouvelée, la crise passée ? C’est parce que les banques, avec l’appui de certains Etats (nous allons y revenir) ont trouvé moyen de faire supporter à l’économie en général, consommateurs, producteurs, épargnants, le coût de leurs spéculations avortées. Le pouvoir financier, celui des banques et des actionnaires, a réussi à convaincre les opinions mondiales que la faillite des grandes banques modernes générerait une crise pire que celle de 1929. Les Etats, aujourd’hui très proches du pouvoir financier , comme nous allons le voir, interviennent donc pour payer les dettes des banques menacées de faillite, en faisant appel à leurs propres ressources budgétaires, elles-mêmes fournies par les contribuables. Les banques remises à flot peuvent alors recommencer à spéculer.

Pour conclure provisoirement sur la monnaie de banque, on voit que celle-ci est désormais à la source de la plupart des activités économiques, qu’il s’agisse de l’économie réelle (produire et vendre des biens et services) ou de l’économie virtuelle (manipuler des fonds spéculatifs, pouvant aussi bien générer des bulles que des crashs). Le pouvoir économique et politique des banques est ainsi devenu considérable. Quelques rares superpuissances étatiques, dont les Etats-Unis sont les représentants le plus emblématique, ont donc conclu avec le pouvoir financier des banques (Wall Street et la City de Londres) des accords explicites et implicites pour dominer le monde.Dans ce mariage, les Etats qui jouent ce jeu apportent aux banques la puissance économique et politique qu’ils détenaient depuis des siècles grâce au pouvoir d’émettre de la monnaie régalienne.

La monnaie régalienne

Avant l’invention des banques qui se sont généralisée en Europe à la Renaissance, seuls les souverains, autrement dit les Etats, disposaient du droit d’émettre des moyens de paiements susceptibles de servir d’unité commune d’évaluation des biens et services en circulation dans la société. On emploie le terme de monnaie régalienne pour désigner une monnaie associé au pouvoir royal, devenu aujourd’hui pouvoir d’Etat. Les souverains, dès l’apparition des grands Etats, n’ont jamais voulu de bon coeur déléguer à d’autres ce moyen essentiel de souveraineté, permettant d’acheter et faire produire les biens et services dont ils avaient besoin. Même lorsque les moyens de paiement associés à la monnaie régalienne prenaient la forme de jetons de métaux précieux, ils ne constituaient pas en eux-mêmes une valeur économique. C’était l’usage qu’en faisaient les Etats qui fondaient leur valeur. Le privilège de « battre monnaie » selon l’expression consacrée, permettait aux Etats d’obtenir les moyens de financer leurs dépenses, militaires et civiles. Beaucoup de ces dépenses étaient somptuaires, c’est-à-dire correspondaient à la consommation des personnes et groupes proches du pouvoir. Mais beaucoup permettaient de financer des investissements productifs à long terme, telles que des dépenses d’infrastructures, routes ou ports ou des expéditions destinées à conquérir des pays supposés riches en ressources. En fait, sans ces investissements publics à long terme, peu rentables dans l’immédiat, les territoires des pays développés n’auraient pas acquis leur visage actuel.

Il y avait donc création de monnaie mais, dans les Etats bien gérés, les dépenses des Etats, dites elles aussi régaliennes, étaient compensées par des ressources elles-mêmes régaliennes, impôts et taxes pour l’essentiel. Le système global était donc équilibré voire bénéficiaire quand le revenu des investissement publics dépassait le montant des dépenses publiques. Il arrivait cependant le plus souvent que les Etats se trouvassent en déficit, s’étant engagés dans des dépenses dépassant le montant des recettes résultant des contributions obligatoires. Ces déficits budgétaires, selon le terme consacré, n’étaient pas toujours le résultat de leur mauvaise gestion. Ils provenaient du fait que les responsabilités publiques assumées par les Etats les mettaient en difficulté, notamment en période de famines, épidémies, guerres.

Les Etats en déficit ont vite compris qu’ils pouvaient emprunter les sommes nécessaires à la couverture de leurs déficits budgétaires. La façon la plus facile pour eux consistait à créer de la monnaie, au sens propre du terme. Les Etats utilisaient pour ce faire leur pouvoir régalien de battre monnaie. Du temps de l’étalon or, ils émettaient des pièces dont la teneur en or était appauvri. Puis ce furent des monnaies papier, par exemple les assignats sous la Révolution française. Aujourd’hui, ils pourraient créer de la monnaie, par l’intermédiaire de la banque centrale intervenant dans sa fonction d’Institut d’émission. Cette monnaie, redistribuée par l’intermédiaire des dépenses publiques, peut inciter les agents économiques à investir et créer ainsi de l’activité économique. Mais si les émissions dépassent les capacités de l’économie dans son ensemble à les utiliser au profit d’investissements productifs, elles génèrent de l’inflation. Il s’agit d’une inflation dite inflation par la demande. Il y a plus d’acheteurs qu’il n’y a de biens disponibles. Les prix montent en conséquence. Ceux qui financent en dernier ressort les dépenses publiques inflationnistes sont ceux qui ne disposent pas de capacités de production, mais seulement de revenus fixes, non indexés sur l’indice des prix. Les Etats européens, dans la première moitié du 20e siècle, ont tellement abusé de la création de monnaie qu’ils ont provoqué des crises inflationnistes de grande ampleur, dont le régime nazi en Allemagne avait profité pour s’installer.

Il en est résulté que les opinions publiques ont fortement combattu, après la seconde guerre mondiale, la légitimité des Etats à créer directement de la monnaie. Ces derniers ont ainsi perdu un privilège essentiel, celui de financer le secteur public et les investissements productifs à long terme qui en sont la marque, sans avoir à se soumettre aux exigences du pouvoir financier. Or le pouvoir financier déteste de tels investissements, qui ne lui rapportent rien à court terme. Pour couvrir leurs déficits budgétaires, les Etats renonçant progressivement à créer de la monnaie ont du se contenter d’une vieille solution dont pourtant au cours de l’histoire ils avaient appris à se méfier, emprunter comme le font les entreprises en s’adressant aux banques. Ce n’est pas que les banques et les divers fonds spéculatifs dont elles sont les intermédiaires, refusent de prêter aux Etats, dont la solvabilité à terme peut rarement être suspectée. Mais, s’adressant à ainsi aux « marchés », les Etats leur donnent le pouvoir d’imposer les modèles sociétaux définis par le pouvoir financier et l’idéologie libérale inspirée par lui. Ces modèles peuvent paraître anodins ou de simple bon sens, mais en réalité ils engagent des choix géopolitiques de grande ampleur, dont les risques et les impasses se découvrent tous les jours aujourd’hui.

Monnaie de banque et monnaie régalienne

Dans un système économique mondial à peu près en équilibre, qui n’existe en fait que sur le papier, la création de monnaie par les banques et la création de monnaie par les Etats se conjuguent pour assurer un développement à peu près harmonieux. Les banques financent les dépenses et les investissements de court terme, intéressant en priorité les particuliers. C’est ainsi que, comme producteur de navets, je peux obtenir des crédits de ma banque me permettant d’assurer la soudure ou de procéder à l’acquisition de nouveaux terrains maraichers. De son côté, l’Etat finance, en contrepartie des impôts que je lui verse, toutes les dépenses sociales, d’éducation et d’infrastructures qui relèvent de ses attributions régaliennes, considérées comme ne devant pas relever de l’initiative privée car devant échapper à la recherche du profit à court terme qui est le moteur essentiel des investisseurs privés. Je dispose ainsi de transports en commun, d’hôpitaux, d’écoles et autres prestations que l’entreprise privée est incapable de fournir à tous les citoyens indépendamment de leur niveau de revenu. On avait après la seconde guerre mondiale, en Europe qui l’avait vu naître et se perfectionner, qualifié un tel système économique d’économie mixte : au privé, à la concurrence et au libéralisme les activités de court terme pouvant engendrer aussi bien de forts profits spéculatifs que des crashs ; au public, c’est-à-dire à l’Etat, les activités de long terme, répondant aux besoins essentiels, régulées par des textes protecteurs et échappant de fait à la concurrence exercé par un secteur privé à la recherche de profit.

Pourquoi un tel équilibre entre public et privé, à peine esquissé, s’est-il effondré, que ce soit en Europe ou dans le tiers-monde ? Parce que, profitant de la mondialisation qui faisait disparaître les frontières protectrices, profitant aussi il faut le dire des erreurs et de la corruption qui ravageaient les Etats, les intérêts financiers ont décidé de ne pas rester au second plan, mais d’assurer partout la gouvernance. Cela leur a d’abord permis de mettre directement la main sur les secteurs économiques hautement rentables, dans les domaines de l’énergie, des mines, de l’agriculture et de l’industrie. Ceci en ne tenant aucun compte des réglementations et normes que pouvaient avoir édicté les Etats pour protéger l’intérêt général. Mais ils ont aussi pris en mains leur propre gouvernance, au lieu de la laisser sous la responsabilité des administrations publiques régulant jusqu’ici la bourse, la banque et les activités des fonds spéculatifs. L’objectif a été de rendre possibles des profits financiers sans commune mesure avec les humbles bénéfices tirés des investissements dans l’économie réelle. Ces profits, analogues à ceux procurés par le fait de tirer un gros lot à la loterie, ont été permis par le fait, signalé précédemment, que les banques ont réussi à faire admettre que c’était aux budgets publics, c’est-à-dire finalement aux contribuables, de prendre en charge les déficits, fussent-ils abyssaux, résultant de leurs erreurs et détournements volontaires.

L’attrait des possibilités de gains spéculatifs mises à la portée de tout un chacun a été tel que les épargnants et investisseurs de l’économie réelle se sont détournés des circuits d’épargne et de financement jusque là offerts par la banque traditionnelle. En tant que producteur de navets, j’ai perdu l’envie de placer mes épargnes dans un compte ne m’offrant qu’un intérêt de 0,5%. J’ai eu envie d’acquérir les mirifiques titres spéculatifs me promettant un intérêt de 15% en deux ans. Plus gravement pour l’avenir de l’économie réelle, j’ai renoncé à poursuivre l’exploitation du navet et à investir dans ce secteur. J’ai vendu mes terres et acheté des titres spéculatifs à la place. Tant pis pour les consommateurs de navets qui comptaient sur moi et mes semblables pour les approvisionner. Bien évidemment, mes espoirs ont fondu dans la crise et je me retrouve aujourd’hui chômeur sans droits. Les navets chinois, produits et transportés à des prix de misère, ont remplacé les miens sur les marchés, mais pendant combien de temps, avec la crise, me sera-t-il encore possible de les acheter pour ma consommation personnelle. Qui ne produit rien ne peut rien se procurer, fut-ce des navets.

Aujourd’hui, la crise menace les pays ayant renoncé, sous la pression de la concurrence et du libre échange imposés par les pouvoirs financiers mondiaux, à se doter d’activités productives autonomes. En train de perdre leur agriculture, leur industrie, leurs services, leurs technosciences, ils n’auront même plus les moyens de se procurer les produits correspondants importés des pays émergents. Certains de leurs gouvernants ont compris qu’il fallait réagir et réinvestir à grande échelle, tout en protégeant de la concurrence les nouveaux investissements. Mais avec quels capitaux réinvestir ? Ce ne sont pas les spéculateurs qui vont perdre leur temps et leur argent à financer des prêts à 10 ou 15 ans. Les Etats pourraient le faire, en créant de la monnaie selon le schéma précédemment exposé. Mais les intérêts financiers ont prévu le coup. Aujourd’hui, notamment en Europe, les Etats sont juridiquement contraints de ne pas dépasser un certain niveau de déficit budgétaire et d’excédent de la dépense nationale sur le revenu national. Par ailleurs la Banque centrale européenne qui pourrait couvrir les endettements des Etats en rachetant les titres de leur dette se voit interdire de le faire. Tout est donc prévu pour que le système économique et social actuel puisse s’effondrer, sans que les Etats dont la mission prioritaire est de le protéger soient autorisés à le faire. Pour sauver la Grèce, ils ont du faire ainsi appel aux marchés. Mais qui tirera profit finalement de cet effondrement ?

Des solutions existent

Il y aurait des solutions politiques pour que les Etats puissent reprendre la main. La première, appliquée non sans mal d’ailleurs aujourd’hui par l’Amérique et la Chine, consiste à devenir une superpuissance assez grosse et assez forte militairement pour que nul ne discute sa volonté d’hégémonie. Dans ce cas, les financements internationaux affluent afin de financer ses investissements. Mais l’Europe ne prend pas le chemin de la puissance, au moins sous cette forme.

Il lui resterait la solution proposée par Maurice Allais et ceux qui partagent son point de vue. Deux mesures devraient être appliquées simultanément pour redonner à l’Etat et aux élus le pouvoir monétaire, ceci que ce soit au niveau de l’Union européenne ou à celui des Etats membres :

- Autoriser la banque centrale à faire de la création monétaire par simple jeu d’écriture au profit du Trésor Public,

 Augmenter le taux de réserves obligatoires jusqu’à 100 %. Ceci revient à interdire la création de monnaie de banques par les banques. Celles-ci deviendraient de simples intermédiaires entre la Banque Centrale et les agents économiques, ne réalisant de profits qu’en fonction des services rendus à la société.

Notre article, nous l’avons dit, simplifie outrageusement, et la pensée de Maurice Allais, et la réalité. D’innombrables autres mesures d’accompagnement seraient nécessaires, notamment pour désarmer l’hostilité des superpuissances et des intérêts financiers internationaux qui font jeu commun avec elles. Mais le principe de la démarche est simple. Nous espérons que les lecteurs de cet article l’auront compris.

Inutile d’ajouter qu’aujourd’hui encore, malgré la crise, les esprits sérieux considèrent que les réformes envisagées ici in fine relèvent de la science-fiction

Références
 Maurice Allais http:// fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Allais
 Un livre de Maurice Allais. Le diagnostic : contre le néolibéralisme et pour un protectionnisme raisonné http:// etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/La_crise_mondiale_d_aujourd_hui_Maurice_Allais_1998.htm
 Voir aussi Lettre ouverte aux français http:// etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2009/12/09/104-maurice-allais-lettre-ouverte-aux-francais-contre-les-tabous-indiscutes
Voir aussi http:// www.annuel-idees.fr/Maurice-Allais-flingue-le-neo.html
L’hostilité des libéraux. Voir http://fr.liberpedia.org/Maurice_Allais

 


Auteur : Jean-Paul Baquiast - Source : http://www.agoravox.fr/

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=1525

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 19:18

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Des femmes dans les pas d'Ilana Hammerman:

nous n'obéissons pas aux lois illégitimes et amorales.

 

De Talila Kosh, animatrice de New Profile, ONG israélienne qui se bat pour une "démilitarisation" de la société civile israélienne.NP soutient notamment les refuzniks, les anarchistes contre le mur et sont très actives dans le collectif israélien "women4peace".
Le vendredi 23 juillet, nous, une douzaine de femmes juives israéliennes sommes sorties de Cisjordanie avec une douzaine de femmes palestiniennes, un bébé, et trois enfants. Nous avons déjeuné au restaurant, nous sommes baignées dans la mer et avons joué sur la plage. Nous sommes reparties en traversant Jérusalem et avons contemplé la Vieille ville de loin. La plupart de nos amies palestiniennes n'avaient jamais vu la mer, ni, de toute leur vie, jamais prié dans leurs lieux saints. Leurs regards se sont longuement posé sur eux du haut du Mont Scopus.


Aucune d'entre elles n'avait d'autorisation de passage des autorités israéliennes. Nous leur avons fait passer le check point dans nos voitures privées, violant délibérément la Loi d'Entrée en Israël. Cela, nous l'avons fait dans les traces d'Ilana Hammerman, après que l'Etat ait émis une plainte envers elle, ainsi que la Police israélienne, à la suite d'une sortie équivalente qu'elle avait faite avec trois jeunes femmes palestiniennes. Nous avons décidé d'agir dans l'esprit de Martin Luther King et avons ainsi symbolisé notre refus de lois illégitimes et immorales.
Nous ne pouvons reconnaître aucune légalité à la "Loi d'Entrée en Israël", loi qui autorise tout Israélien et tout Juif à se mouvoir librement dans les régions situées entre la Méditerranée et le Jourdain, tout en refusant ce droit aux Palestiniens. On leur interdit tout libre mouvement dans les territoires occupés et ils ne sont pas autorisés à visiter les villes et cités de l'autre côté de la Ligne verte, où sont pourtant profondément enracinées leurs familles, leur nation et leurs traditions.
En conséquence, nous avons suivi notre conscience et décidé d'amener ces femmes à quelques uns de ces lieux. Nous avons toutes pris ce risque ensemble avec un esprit clair et résolu. Ainsi, nous , femmes israéliennes, avons eu le privilège d'expérimenter un des plus beaux et des plus émouvants jours de notre vie : rencontrer des femmes palestiniennes courageuses aimant la vie et la joie de vivre, et ensemble, avec elles, être des femmes libres, même si ce n'était que pour un jour.
Nous n'avons pas emmené avec nous des "terroristes" ou des ennemies, mais des êtres humains. Les autorités nous ont séparées de ces femmes par des barrières et des checkpoints, des lois et des règlements. Pas pour sauvegarder notre sécurité mais pour perpétuer l' hostilité et le contrôle de terres prises illégalement à leurs propriétaires, à l'encontre des conventions internationales et des valeurs universelles des droits de l'Homme, justice et humanité.

Ce n'est pas nous qui violons la loi : l'Etat d'Israël le fait depuis des décennies. Ce n'est pas nous – femmes soucieuses de démocratie- qui avons transgressé : c'est l'Etat d'Israël qui le fait, nous entraînant dans l'abîme.
Henry David Thoreau, dans son célèbre essai "La désobéissance civile" (1845) écrit :
"Quand le sixième de la population d'une nation prétendant être un refuge de liberté s'avère être esclave, et lorsqu'un pays entier est injustement envahi et conquis par une armée étrangère, mis sous la coupe de lois militaires, alors je pense qu'il est temps pour les hommes honnêtes de se rebeller et de faire la révolution. Ce qui rend ce devoir encore plus urgent est le fait que le pays ainsi dominé n'est pas nôtre, mais ce qui est nôtre c'est l'armée d'invasion."
Entendez ces mots, voyez comment ils décrivent de façon adéquate notre situation ici et maintenant- et faites comme nous

 

http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=791

 

 

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Pourquoi les Juifs d’Iran

sont mieux lotis

que les Palestiniens de Gaza ?

Mike Whitney

Lundi 23 Août 2010

 

25.000 Juifs vivent en Iran. C’est la population juive la plus importante au Moyen-Orient en dehors d’Israël. Les Juifs iraniens ne sont ni persécutés ni maltraités par l’Etat, en fait, la constitution iranienne les protège. Ils sont libres de pratiquer leur religion et de voter aux élections. Ils ne sont ni arrêtés ni fouillés à des checkpoints, ils ne sont pas brutalisés par une armée d’occupation, et ils ne sont pas parqués dans une colonie pénale densément peuplée (Gaza) où ils sont privés des moyens de survie de base. Les Juifs iraniens vivent dans la dignité et jouissent des avantages de la citoyenneté.
Par Mike Whitney > fergiewhitney@msn.com

24/09/2008 - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad rencontre le rabbin Moshe Ber Beck à New York. Le rabbin est membre de Neturei Karta, un mouvement ultra-orthodoxe et anti-sioniste. (REUTERS/Brendan McDermid)

Les médias occidentaux diabolisent le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Ils le traitent d’antisémite et de « nouvel Hitler ». Mais si ces affirmations sont justes, alors pourquoi la majorité des Juifs d’Iran ont-ils voté pour Ahmadinejad aux dernières élections présidentielles ? Se pourrait-il que la plupart de ce que nous savons sur Ahmadinejad ne soit qu’une rumeur sans fond et de la propagande ?

Voici un extrait d’un article paru à la BBC :

« Le bureau [d’Ahmadinejad] a récemment donné de l’argent pour un hôpital juif de Téhéran. C’est l’un des quatre seuls hôpitaux caritatifs juifs au monde et il est financé par la diaspora juive – quelque chose de remarquable en Iran où même les organisations locales d’aide ont des difficultés à recevoir des fonds de l’étranger de crainte d’être accusés d’être des agents étrangers. »

Quand Hitler a-t-il jamais fait des dons aux hôpitaux juifs ?
L’analogie avec Hitler est une tentative désespérée de laver le cerveau des Américains. Elle ne nous dit rien sur ce qu’est vraiment Ahmadinejad.

Les mensonges sur Ahmadinejad ne sont pas différents de ceux sur Saddam Hussein ou Hugo Chavez. Les Etats-Unis et Israël essaient de créer des justifications pour une nouvelle guerre. C’est pourquoi les médias font dire à Ahmadinejad des choses qu’il n’a jamais dite. Il n’a jamais dit qu’il voulait « rayer Israël de la carte. » C’est une autre fiction. L’auteur Jonathan Cook explique ce que le président iranien à réellement dit :

« Ce mythe a été recyclée sans fin depuis une erreur de traduction d’un discours d’Ahmadinejad d'il y a près de deux ans. Des experts en farsi ont vérifié que le président iranien, loin de menacer de détruire Israël, citait un discours antérieur de feu l’Ayatollah Khomeiny, dans lequel il affirmait aux soutiens des Palestiniens que ‘le régime sioniste de Jérusalem disparaîtrait dans les pages du temps’. »

« Il ne menaçait pas d’exterminer les Juifs ni même Israël. Il comparait l’occupation des Palestiniens par Israël à d’autres systèmes de gouvernement illégitimes, dont le règne est terminé, dont celui des Shah qui ont jadis dirigé sur l’Iran, l’Afrique du Sud d’apartheid et l’empire soviétique. Néanmoins, cette traduction erronée a survécu et prospéré parce qu’Israël et ses soutiens l’ont exploitée pour leurs propres desseins de propagande grossière. »
("Israel's Jewish problem in Tehran", Jonathan Cook, Counterpunch, 3 août 2007)

Ahmadinejad ne représente aucune menace pour Israël ou pour les Etats-Unis. Comme n’importe qui au Moyen Orient, il veut juste un répit dans l’agression US-Israël.

Voici ce qu’on trouve sur Wikipedia :

« Le département d'Etat américain s’est plaint de discriminations contre les Juifs en Iran. Selon son étude, les Juifs ne peuvent pas occuper des postes élevés au sein du gouvernement et sont empêchés de siéger dans la magistrature et les services de sécurité et de devenir chefs d'établissement public. L'étude indique que les citoyens juifs sont autorisés à obtenir des passeports et de voyage à l'extérieur du pays, mais souvent ils se voient refuser le permis de sorties multiples normalement délivré aux autres ressortissants. Ces allégations formulées par le Département d'Etat américain ont été condamnées par les juifs iraniens. L'Association des Juifs de Téhéran a déclaré dans un communiqué, ‘Nous, Juifs iraniens, condamnons les affirmations du Département d'Etat US sur les minorités religieuses iraniennes, annonçons que nous sommes totalement libres d'exercer nos devoirs religieuses et que nous nous ressentons aucune restriction quant à l'exercice de nos rites religieux.’ »

Qui croire ? Les Juifs vivant en Iran ou le département d’Etat américain fauteur de trouble ?

Il y a 6 boucheries kasher, 11 synagogues et de nombreuses écoles hébraïques à Téhéran. Ni Ahmadinejad ni aucun autre responsable gouvernemental iranien n’a tenté de les fermer. Jamais. Les Juifs iraniens sont libres de voyager (ou de se déplacer) en Israël s’ils le souhaitent. Ils ne sont pas mis en prison par une armée d’occupation. Ils ne sont pas privés de nourriture et de médicaments. Les enfants ne grandissent pas avec des troubles mentaux provoqués par le traumatisme de la violence sporadique. Leurs familles ne sont pas détruites par des hélicoptères de combat tournoyant au-dessus des plages. Leurs soutiens ne sont pas écrasés par des bulldozers ni touchés à la tête par des balles en caoutchouc. Ils ne sont pas asphyxiés par les gaz lacrymogènes ni tabassés lorsqu’ils manifestent pacifiquement pour leurs libertés civiles. Leurs dirigeants ne sont ni traqués ni tués dans des assassinats ciblés.

Roger Cohen a écrit un essai très sérieux sur le sujet pour le New York Times. Il a dit :

« Je préfère peut-être les faits aux paroles, mais je dis que la réalité de la courtoisie iranienne envers les Juifs nous en dit plus sur l’Iran – son raffinement et sa culture – que tous les discours incendiaires. C’est peut-être parce que je suis juif et que j’ai rarement été traité, constamment, avec autant de chaleur qu’en Iran. Ou peut-être ai-je été impressionné par le fait que la fureur sur ce qui s’est passé à Gaza, affichée sur les murs et claironnée à la télévision iranienne, n’a jamais débordé en insultes ou en violences contre les Juifs. Ou peut-être est-ce parce que je suis convaincu que la caricature de « Mollah Fou » de l’Iran et l’assimilation de tout compromis avec lui à Munich 1938 – une position populaire dans certains cercles juifs américains – sont trompeuses et dangereuses. »
("What Iran's Jews Say", Roger Cohen, New York Times, 22 février 2009)

Tout n’est peut-être pas parfait pour les Juifs qui vivent en Iran, mais leur situation est meilleure que celle des Palestiniens qui vivent à Gaza. Bien meilleure.

 

 

Auteur : Mike Whitney - Source : http://www.alterinfo.net/

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=15270


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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 19:12

La «classe moyenne» aux Etats-Unis

est en train de se rétrécir dramatiquement

Les 22 statistiques présentées ici prouvent sans l’ombre d’un doute possible que la classe moyenne [selon la définition de la sociologie dominante américaine ; elle inclut les ouvriers et ouvrières de l’automobile, ceux et celles de l’industrie syndiqués, pour faire exemple] est en train d’être systématiquement éliminée aux Etats-Unis. Les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres à une vitesse stupéfiante.

Il était une fois, aux Etats-Unis, la classe moyenne la plus nombreuse et la plus prospère dans l’histoire du monde, mais cela est en train de changer à un rythme aveuglant. Pourquoi assistons-nous à une transformation si fondamentale ? Eh bien, c’est que la mondialisation et le «libre-échange» que nous vantaient nos politiciens et dirigeants du monde des affaires comme si bons pour nous ont eu quelques effets secondaires plutôt désastreux.

Il apparaît qu’ils ne nous ont pas dit que «l’économie mondiale» signifierait que les travailleurs de la classe moyenne des Etats-Unis seraient finalement mis directement en concurrence pour des emplois avec des gens de l’autre bout du monde où il n’y a pas de salaire minimum et très peu de régulations. Les grandes firmes mondialisées ont grandement bénéficié de l’exploitation de réservoirs de travailleurs du tiers-monde ces dernières décennies, mais les travailleurs de la classe moyenne aux Etats-Unis, quant à eux, ont vu les choses devenir de plus en plus dures.

Voilà les statistiques qui le prouvent :
• 83 % de toutes les actions des entreprises aux Etats-Unis sont en mains de 1 % des gens.
• 61 % des habitants des Etats-Unis vivent «toujours ou habituellement» de leur salaire, un mois après l’autre, un salaire après l’autre, donc avec un statut non précarisé. En 2008 ce n’étaient que 49 % et en 2007 43 %.
• 66 % de la croissance des revenus entre 2001 et 2007 ont profité aux 1 % les plus riches des Etats-Unis.
• 36 % des habitants des Etats-Unis disent qu’ils ne versent rien du tout pour leur retraite [ne disposent pas de couverture retraite].
• 43 % (chiffre stupéfiant) des habitants des Etats-Unis possèdent moins de 10’000 dollars d’économies mis de côté pour leur retraite.
• 24 % des travailleurs des Etats-Unis disent que durant l’année écoulée ils ont retardé d’une année l’âge prévu de leur départ en retraite.
• Plus de 1,4 million d’habitants des Etats-Unis se sont déclarés en faillite personnelle en 2009, soit une augmentation de 32 % par rapport à 2008.
• Seuls les 5 % les plus riches parmi les foyers des Etats-Unis ont obtenu un revenu supplémentaire suffisant pour faire face à la hausse des coûts du logement depuis 1975.
• Pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, les banques [y compris celles sous contrôle de l’Etat] possèdent une plus grande part en valeur nette de l’immobilier résidentiel du pays que tous les habitants individuels des Etats-Unis réunis.
• En 1950, le rapport du salaire du manager moyen à celui du travailleur moyen était environ 30 à 1. Depuis l’année 2000, ce rapport a explosé à entre 300 et 500 à 1.
• En 2007, les 80 % des foyers aux Etats-Unis situés dans les échelons inférieurs de la fortune possédaient environ 7 % des actifs financiers liquides.
• Les 50 % des revenus des ménages en dessous du niveau médian possèdent aujourd’hui ensemble moins de 1 % de la richesse de la nation.
• Les bonus à Wall Street sont, en moyenne, montés en 2009 de 17 % par rapport à 2008.
• Aux Etats-Unis, le salarié de l’administration fédérale gagne désormais 60 % de plus que le salarié moyen dans le privé.
• Le 1 % le plus riche des foyers aux Etats-Unis possède presque le double des actifs des entreprises qu’il y a 15 ans.
• Aux Etats-Unis, aujourd’hui, le temps moyen nécessaire pour trouver un emploi est monté à un record de 35,2 semaines.
• Plus de 40 % des habitants des Etats-Unis qui ont effectivement un emploi travaillent aujourd’hui dans les services, où les salaires sont souvent très bas.
• Pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, plus de 40 millions de personnes aux Etats-Unis ont droit à des bons pour l’aide alimentaire (food stamps) et le Département de l’agriculture prévoit que ce nombre va s’élever à 43 millions en 2011.
• Voilà avec «qui» les salarié·e·s des Etats-Unis sont mis en concurrence : en Chine un travailleur du textile gagne approximativement 86 cents l’heure et au Cambodge un travailleur du textile gagne lui approximativement 22 cents l’heure.
• Environ 21 % de tous les enfants aux Etats-Unis vivent en dessous du seuil de pauvreté en 2010, c’est-à-dire le taux le plus élevé depuis 20 ans.
• Malgré la crise financière, le nombre de millionnaires aux Etats-Unis a augmenté en 2009 de rien moins que 16 % pour atteindre 7,8 millions de personnes.
• Les 10 % les plus riches des habitants des Etats-Unis gagnent aujourd’hui environ 50 % du revenu national.

Un grand bruit d’aspiration… dans le précipice

La réalité, c’est que les travailleurs des Etats-Unis peuvent bien être les plus intelligents, les plus forts, les mieux éduqués ou les plus travailleurs, ils ne peuvent tout simplement pas concurrencer des gens qui à l’autre bout du monde sont si désespérés qu’ils sont contraints à travailler 10 à 12 heures par jour pour moins d’un dollar l’heure.

Après tout, quelle entreprise raisonnable dans ce système va payer un travailleur aux Etats-Unis dix fois plus (plus le salaire indirect) pour faire le même travail ? Le monde est en train de changer fondamentalement. La richesse et le pouvoir sont en train d’être rapidement concentrés au sommet et les grandes entreprises transnationalisées font des quantités énormes d’argent. Entre-temps, la classe moyenne aux Etats-Unis est systématiquement éliminée tandis que les travailleurs des Etats-Unis sont lentement fondus dans le nouveau réservoir du travail «mondial».

Qu’est-ce que la plupart des habitants des Etats-Unis ont à offrir sur le marché d’autre que leur force de travail ? Pas grand-chose. La vérité, c’est que la plupart d’entre eux sont absolument dépendants de quelqu’un qui leur donnera un travail. Un employeur.

Mais aujourd’hui les travailleurs et travailleuses des Etats-Unis sont «moins attractifs» que jamais. Comparés au reste du monde, ils sont extrêmement «coûteux».

C’est pourquoi les entreprises déplacent leurs activités hors des Etats-Unis à une vitesse qui coupe le souffle. Et comme le gouvernement ne les pénalise pas quand elles le font, elles n’ont en réalité aucune incitation à rester.

Ce qui s’est développé, c’est une situation qui voit les gens au sommet vivre très bien, tandis que la plupart des autres ont de plus en plus de difficultés à s’en tirer. Pour chaque nouvel emploi créé aux Etats-Unis, il y a désormais six personnes au chômage et le nombre des personnes «chroniquement inemployées» est absolument astronomique. Il n’y a tout simplement de loin pas assez d’emplois pour tous.

Beaucoup de ceux qui réussissent à trouver un travail s’aperçoivent qu’ils gagnent moins qu’avant. En fait, un pourcentage de plus en plus grand de personnes aux Etats-Unis occupe des emplois à bas salaires dans la distribution et les services.

Mais vous ne pouvez pas faire vivre une famille avec ce que vous gagnez en faisant griller des hamburgers chez McDonald ou en saluant les clients dans le supermarché WalMart du coin.

La vérité, c’est que la classe moyenne aux Etats-Unis est en train de mourir. Et une fois qu’elle aura disparu, ça sera incroyablement difficile à reconstruire.
* Michael Snyder est l’éditeur de theeconomiccollapseblog.com

http://www.labreche.ch

Vous voyez pourquoi c’est foutu, on ne se relèvera pas de cette crise.
L’occident est à terre, victime du succès des élites qui ont gagné la lutte des classes, les gens ont été anéantis et ils n’ont plus les armes intellectuelles et morales pour y faire face.

Sinon quand un système en arrive la :

• 83 % de toutes les actions des entreprises aux Etats-Unis sont en mains de 1 % des gens.

C’est que l’esclavage règne à grande échelle.
Vous travaillez contre vous même et on vous vole votre temps, c’est à dire ce que vous avez de plus précieux.

 


Auteur : fonzibrain - Source : http://fonzibrain.wordpress.com/

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=15292

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 18:58

 

Voici d'abord le lien de mon article, publié sur mon petit blog R-sistons.actu,

le 9 mars 2008, eva R-sistons

r-sistons-actu.skynetblogs.be/archive/2008/03/09/le-village-du-bonheur-et-la-planete-du-malheur.html

 

Un village andalou

.

« Avineda de la libertad », « calle Ernesto che Guevara », « Plaza Salvador Allende », « Paz, Pan y Trabajo », « Apaga la TV, enciende tu mente », « Una Utopia hacia la Paz » etc. ce sont là les noms de rues, de places et des slogans d’un village andalou non loin de Cordoba et de Sévilla que le visiteur étranger découvre au bout d’une route sinueuse au milieu des champs d’oliviers, de blé coupé et grillé par le soleil.

L’artère principale de la petite ville de près de 3 000 habitants mène tout droit à la mairie (Ayuntamiento) dirigée par Juan Manuel Sánchez Gordillo qui a gagné toutes les élections à une large majorité et ce depuis plus de trente ans. Juan Manuel est un homme simple qui reçoit les visiteurs dans son bureau, où trône un grand portrait d’Ernesto Che Guevara, spontanément et naturellement sans rendez-vous ni protocole aucun. Il n’hésite pas à quitter son bureau pour montrer les maisons blanches situées juste en face de la mairie et construites collectivement par les habitants eux-mêmes sur des terres offertes quasi gratuitement (15,52 euros par mois) par la commune. Celle-ci met également à leur disposition l’aide d’un architecte et d’un chef de chantier. La région, elle, apporte le gros matériel de construction. Promoteurs immobiliers, spéculateurs et autres parasites n’ont pas leur place ici. Le logement cesse ainsi d’être une marchandise et devient un droit.
Juan Manuel parle avec enthousiasme et fierté des nombreuses réalisations des habitants de sa commune, chiffres et graphiques à l’appui. Le barman du café « La Oficina », qui se trouve un peu plus loin de la mairie, nuance quelque peu les propos du maire mais confirme, pour l’essentiel, les avancées sociales de la ville notamment l’octroi des terres pour celles et ceux qui ont besoin d’un logement, préoccupation première des espagnols. Il confirme également l’absence totale de la police, symbole de la répression étatique. En effet, les habitants n’éprouvent aucun besoin de recourir à ses « services ». Ici les problèmes de criminalité, de délinquance, de vandalisme etc. sont absents. Ils pensent gérer et régler eux-mêmes les problèmes qui peuvent éventuellement surgir entre eux. En tout cas depuis le départ à la retraite du dernier policier, ils n’ont pas jugé utile de le remplacer. En face de « La Oficina » se dresse un bâtiment sur lequel on peut lire « Sindicato de obreros del campo » et « Casa de cultura ». Mais cette grande salle fait également office de café, bar et restaurant. C’est un lieu d’échanges, de débats, de fête et de convivialité. C’est là aussi que se retrouvent, dès l’aube, les travailleurs agricoles pour un petit déjeuner collectif avant de partir ensemble pour une journée de travail de 6h30 dans les champs d’« El Humoso » à 11 kilomètres du village.
Cette terre andalouse, travaillée collectivement aujourd’hui, est témoin d’un passé chargé de tant d’actions, d’occupations, de manifestations, de grèves, de marches et de procès devant les tribunaux. Et c’est grâce à cette lutte très dure et réellement populaire que cette terre (1 200 hectares) fut arrachée à un aristocrate de la région, le Duc de l’Infantado. Dans cette Andalousie profonde les femmes, malgré les pesanteurs sociales et les préjugés, ont joué un rôle déterminant dans ce combat pour que la terre appartienne à celles et ceux qui la travaillent.
Aujourd’hui « ces terres ne sont la propriété de personne sinon de toute la communauté de travailleurs » comme le disent les habitants du village. Mais pour ces ouvriers, il ne s’agit pas seulement de récupérer les terres, mais aussi de construire « un projet collectif dont l’un des objectifs est la création d’emplois et la réalisation de la justice sociale ».
C’est ainsi qu’est né l’ensemble des coopératives qui produisent et distribuent une série de produits agricoles de grande qualité exigeant en même temps une main-d’œuvre abondante : huile d’olive, conserves d’artichauts, de poivrons rouges, de fèves etc. Les producteurs directs de ces richesses travaillent du lundi au samedi pour une rémunération journalière de 47 euros et ce quelque soit leur poste et leur statut. Ici il n’ y a ni patron, ni actionnaires, ni dividendes à distribuer. Le surplus dégagé est réinjecté dans l’entreprise commune dans l’espoir de créer davantage d’emplois et permettre ainsi à tout le monde de travailler conformément à leur projet collectif. Ils tentent de mettre l’économie au service de l’homme et non au service du profit. Le chômage, ici, est quasi inexistant alors qu’il dépasse les 25 % de la population active en Andalousie et 20 % dans toute l’Espagne !
A « El Humoso », les ouvrières et les ouvriers parlent avec une certaine émotion de leur coopérative, de leur travail, de leurs produits, de la solidarité et de la convivialité qui règnent entre eux. Mais, ils évoquent également leur crainte de voir leur unité se fissurer à cause de leurs ennemis qu’ils pensent nombreux dans la région voire dans toute l’Espagne. Il se dégage de leurs récits beaucoup de conviction et beaucoup d’humanité.
Manolo, un ouvrier de la coopérative, parle avec affection, comme s’il s’agissait d’une personne, de la machine à extraire de l’huile d’olive dont il s’occupe. Il n’hésite pas à expliquer son fonctionnement, l’entretien qu’elle nécessite etc. à tous les visiteurs. Il parle également avec respect de son compagnon de lutte, le maire Juan Manuel qu’il considère comme « el ultimo », le dernier, à ses yeux, de cette catégorie d’hommes capables de relever un tel défi et de confondre dans un même mouvement pensée et pratique. Manolo évoque aussi la vie d’ascète que mène l’édile du village, les arrestations et les tracasseries judiciaires qu’il a subies et l’attentat auquel il a échappé. Manolo invite avec insistance le visiteur à revenir à la coopérative au mois de décembre ou janvier pour admirer le travail d’extraction de l’huile d’olives. Mais au village il n’ y a ni hôtel, ni hostal pour un éventuel séjour. Toutefois la municipalité met gracieusement des pavillons à la disposition des visiteurs qui peuvent également, s’ils le désirent, partager le logement de quelques habitants pour une somme symbolique comme chez Antonio dans l’avenue principale de la petite ville. Antonio accueille chaleureusement ses hôtes avec qui il aime parler de l’originalité de son village et semble heureux d’y vivre : « pour l’instant, disait-il, nous vivons en harmonie ici ».
Vivent également en « harmonie » avec les habitants du village, les travailleurs immigrés eux aussi embauchés à la coopérative d’ « El Humoso ». Selon les dires du barman du local syndical ces hommes et ces femmes font partie intégrante de la communauté des travailleurs et participent comme les autres aux décisions prises dans les assemblées générales. En effet ces fameuses assemblées se tiennent dans une grande salle attelée au local syndical où traînent à côté des chaises blanches en plastique tout sorte de vaisselle et de couverts stockés là probablement en attente d’une prochaine fête populaire. La salle est également ornée d’un immense et splendide tableau sur lequel on peut voir des hommes et des femmes en lignes serrées précédés de deux hommes et d’une femme portant un enfant dans ses bras, tous marchent vers la même direction. « Aujourd’hui à 20h30, assemblée générale au local syndical », c’est par ce message, diffusé inlassablement par une camionnette qui sillonne toutes les rues de la petite ville, que les habitants sont conviés au rassemblement pour décider de leurs affaires.
Ils organisent également ce qu’ils appellent les « dimanches rouges » où des volontaires se chargent gratuitement, entre autres, de nettoyer et d’embellir leur commune : entretien des allées et jardin publics, plantation d’arbres etc. La petite ville est non seulement l’une des plus sûre mais aussi la plus propre de la région !
Le village est relativement riche en équipements collectifs comparativement aux communes avoisinantes. Les habitants peuvent se baigner durant toute la saison estivale dans la piscine municipale pour la modique somme de trois euros. La garderie pour enfants ne leur coûte que 12 euros par mois repas compris. Le complexe sportif « Ernesto Che Guevara », bien entretenu, leur permet de pratiquer plusieurs sports comme par exemple le football, le tennis ou encore l’athlétisme.
Durant l’été, les habitants assistent régulièrement à la projection de films en plein air dans le parc naturel. Débats, conférences, films et soutien aux peuples opprimés notamment ceux qui sont injustement privés de leur territoire font partie de la vie culturelle et politique du village. Juan Manuel porte souvent d’ailleurs, ostensiblement, l’écharpe palestinienne ! Le sport, la culture, les fêtes etc. sont des droits ouverts à tous comme le travail et le logement. Le développement tant matériel qu’intellectuel de chaque individu reste, ici, la condition du développement de tous.

Allez donc à Marinaleda voir et vérifier la réalité de cette « utopie ». Allez à la rencontre de ces hommes et de ces femmes admirables qui ont réussi grâce à leur travail au jour le jour et à leurs convictions à construire , dans un océan d’injustices, de malheurs et d’asservissement, une société différente. Le capitalisme par ses crises à répétition et le danger qu’il représente pour l’homme et la nature n’a pas d’avenir. L’exemple concret et réussi de Marinaleda montre qu’une autre société est possible.


Mohamed Belaali

 

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 18:55

Les scandales financiers et les affaires de corruption qui mettent en cause la plupart des membres du gouvernement contrastent tristement avec la politique de rigueur et d’austérité sans précédent que ce même gouvernement impose aux classes populaires. Au moment où l’on exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, les représentants de la bourgeoisie, eux, se permettent de se servir abondamment dans les caisses de l’État et jouissent d’innombrables privilèges . La liste des ministres impliqués dans des affaires est longue :des 9 500 euros mensuels de Christine Boutin pour une obscure mission sur la mondialisation, aux 12 000 euros des cigares de Christian Blanc en passant par les hôtels particuliers du ministre de l’industrie Christian Estrosi ou les 116 500 euros d’Alain Joyandet pour un aller/retour à la Martinique sans parler de son permis illégal pour agrandir sa maison près de Saint-Tropez. Et on va taire par pudeur l’affaire Karachi qui a coûté la vie à 14 personnes. Il ne s’agit là bien évidemment que de quelques exemples qui ne doivent pas cacher le caractère récurrent et structurel de la corruption de la classe dirigeante. Car les scandales financiers, corruption, privilèges et autres affaires, comme celle d’Eric Worth, sont intimement liés au fonctionnement même du système capitaliste qui les produit et reproduit de manière permanente.

« Le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière » (1). L’État n’est donc pas au service de tous, mais sert seulement les intérêts privés de quelques uns. La police, la justice, les préfets, les députés, les ministres etc. ne sont pas les représentants de toute la société. Le président de la République n’est pas le président de tous les français. Le président gère l’Etat contre l’intérêt général au profit de l’intérêt particulier, celui de la classe dominante. Et plus il sert les intérêts de la bourgeoisie, plus il s’éloigne de ceux des classes populaires. La corruption, elle aussi, remplace l’intérêt public par l’intérêt privé. Elle efface les frontières entre les deniers publics et les revenus privés. Les hommes et les femmes politiques sans scrupules peuvent ainsi se servir, avec un sentiment total d’impunité, dans les caisses de l’État comme s’il s’agissait de leur propre patrimoine ! La corruption nie et méprise le principe de transparence et permet à une seule et même classe sociale, par le biais de l’État, d’accéder d’une manière occulte et illégale aux ressources publiques. Le scandale Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France, illustre d’une manière éloquente cette proximité et cette confusion des intérêts de la grande bourgeoisie et du gouvernement. Celui-ci doit être au service de celle là. L’ex- ministre du budget, Eric Woerth, est soupçonné, via sa femme qui gère les dividendes de la milliardaire, de conflit d’intérêt. Mme Bettencourt avoue de son côté posséder des comptes à l’étranger et toute une île aux Seychelles non déclarés au fisc. Elle a promis, toutefois, de régulariser cette situation. L’épouse d’Eric Worth a été obligée de quitter son poste, mais le ministre aujourd’hui du travail, lui, n’a pas démissionné. Seuls Alain Joyandet et Christian Blanc ont été obligés de quitter leurs postes.
Eric Worth est soupçonné également d’entretenir les mêmes relations avec Robert Peugeot, l’héritier de la grande famille bourgeoise du même nom. Les deux hommes se connaissent et s’apprécient mutuellement. Eric Worth a même décoré Robert Peugeot de la Légion d’honneur comme il a remis les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à Patrice de Maistre le gestionnaire de la fortune de Bettencourt ! Qu’elle est jolie la république bourgeoise !
Sarközy voyant que les affaires prennent de l’ampleur, annonce d’une manière solennelle qu’il allait réduire le train de vie de ses ministres (mais pas ses propres privilèges), reconnaissant implicitement par là l’existence de ces affaires !
Plusieurs personnalités du monde politique et économique très proches du pouvoir comme Valérie Pécresse, François Pérol l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée et intime des grands patrons français, le multimillionnaire Stéphane Richard ami de Sarközy ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde et Directeur Général de France Télécom seraient, à un titre ou à un autre, impliqués dans des affaires. Précisons que Stéphane Richard qui a subi un redressement fiscal en 2007 est décoré lui aussi de la Légion d’honneur. La collusion des intérêts du capital et ceux de l’État trouve ici son expression la plus éclatante : Le pouvoir politique met l’État et notamment son appareil judiciaire à la disposition du pouvoir économique qui, en échange, finance entre autres ses campagnes électorales. Eric Worth est le trésorier de l’UMP et le financier du système Sarközy. C’est lui qui est chargé de récolter les fonds auprès des grosses fortunes au profit du président de la République. On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi Sarközy tient absolument à soutenir « totalement et complétement » son ministre du travail et pourquoi il désire que Liliane Bettencourt reste en France :« Je ne veux pas qu’elle foute le camp en Suisse » disait-il.
Rappelons tout de même que c’est ce même ministre qui mène, au nom du gouvernement et donc de la bourgeoisie, la bataille de la destruction du système de retraite par répartition. Lui, le bourgeois, qui vit dans l’opulence, exige des salariés de travailler toujours plus pour une pension de misère ! Et c’est ce même gouvernement qui tolère que des milliers de familles bourgeoises « très patriotes », dont il possède la liste, planquent scandaleusement leur magot à l’étranger pour échapper au fisc. Les intérêts de l’État,donc d’une infime minorité, sont incompatibles avec ceux de l’immense majorité de la population.
Tous les gouvernements bourgeois, avec des différences de degré et non d’essence, sont corrompus. Mais sous le régime de SarkozySarközye Sarközy aime l’argent, le luxe, l’apparat, le cérémonial et n’hésite pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Sa fascination pour les riches n’a d’égale que son mépris pour les pauvres.
En avril 2007, Nicolas Sarközy avait promis une « République irréprochable », une « démocratie moderne qui sera exemplaire au regard du monde ». Aujourd’hui, sa république est corrompue, sa démocratie est totalement livrée au capital, aux parasites spéculateurs en tout genre qui la violent chaque jour. Et on va taire la réputation de la France sous le régime de Sarközy dans le monde. Triste fin de règne !

On peut adopter les lois que l’on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l’une dans l’autre que l’on ne peut supprimer l’une sans éliminer l’autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n’est donc pas l’existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd’hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe.
In fine, le véritable scandale, c’est le capitalisme lui-même.

Mohamed Belaali


(1) K. Marx et F. Engels « Manifeste du parti communiste ». Éditions en langues étrangères. Pekin, page 35.

 

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 18:51
L’armée US dit adieu à l’Irak
The Independent
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Robert FISK
Photo : des soldats US quittent l’Irak en traversant la frontière avec le Koweit. Environ 50.000 troupes vont rester pour former l’armée irakienne.

 

Lorsqu’on envahit un pays, il y a toujours un premier soldat – tout comme il y a toujours un dernier.

Le premier homme à la tête de la première unité de la première colonne de l’armée d’invasion américaine à fouler la place Fardous dans le centre de Bagdad en 2003 fut le caporal David Breeze du 3ème bataillon, 4ème régiment des Marines.

Pour cela, évidemment, il me fit remarquer qu’il n’était pas du tout un soldat.

Les Marines ne sont pas des soldats.

Ce sont des Marines.

Mais ça faisait deux mois qu’il n’avait pas parlé à sa maman alors – inévitablement – je lui ai proposé mon téléphone par satellite pour appeler chez lui dans le Michigan. Tous les journalistes savent qu’on obtient une bonne histoire à raconter si on prête son téléphone à un soldat en guerre.

«  Salut ! » a hurlé le caporal Breeze. « Je suis à Bagdad. J’appelle pour dire « salut, je vous aime, je vais bien. Je vous aime. » "La guerre sera finie dans quelques jours. On se verra bientôt. »

Oui, ils disaient tous ça, que la guerre sera bientôt finie.

Ils n’ont pas consulté les Irakiens sur cette agréable perspective.

Les premiers kamikazes – un policier dans une voiture et deux femmes dans une voiture – avaient déjà frappé les Américains le long de l’autoroute qui mène à Bagdad. Des centaines d’autres allaient suivre. Des centaines d’autres suivront encore.

 

Alors il ne faut pas se laisser berner par le spectacle à la frontière koweïtienne de ces dernières heures, le départ des dernières troupes de « combat » de l’Irak deux semaines avant la date prévue. Ni par les cris infantiles de « on a gagné » de ces soldats adolescents dont certains n’avaient que 12 ans lorsque George W. Bush envoya son armée dans cette aventure catastrophique. Ils laissent derrière eux 50.0000 hommes et femmes – un tiers de la force d’occupation US – qui seront attaqués et qui devront encore se battre contre l’insurrection.

 

Certes, ils sont sur place officiellement pour former les hommes en armes et les miliciens et les plus pauvres parmi les pauvres qui ont rejoint l’armée irakienne, dont le propre commandant pense qu’elle sera incapable de défendre le pays jusqu’en 2020. Mais le pays sera toujours sous occupation – car il est évident qu’un des « intérêts américains » qu’il leur faudra défendre est celui de leur propre présence – avec les milliers de mercenaires armées et indisciplinés, occidentaux et orientaux, qui se frayent un chemin à coups de feu pour protéger nos précieux diplomates et hommes d’affaires occidentaux. Alors dites-le à voix haute et intelligible : nous ne partons pas.

 

Au lieu, les millions d’Américains qui sont passés par l’Irak ont apporté la plaie. Depuis l’Afghanistan – pour qui ils ont eu le même intérêt après 2001 qu’ils auront l’année prochaine lorsqu’ils commenceront à « quitter » le pays – ils ont apporté Al Qaeda. Ils ont apporté la guerre civile. Ils ont apporté la corruption à grande échelle. Ils ont marqué Abou Ghraib du sceau de la torture et ont fait de cette prison une digne héritière du régime de Saddam Hussein – non sans avoir au préalable marqué du sceau de la torture celle de Bagram et toutes les autres prisons clandestines en Afghanistan. Ils ont introduit le sectarisme dans un pays qui, malgré toute la brutalité et la corruption du régime de Saddam Hussein, avait néanmoins imposé une unité entre Sunnites et Chiites.

 

Et parce que les Chiites allaient inévitablement diriger cette nouvelle « démocratie », les soldats américains ont donné à l’Iran la victoire qu’il n’a pas pu obtenir dans la terrible guerre de 1980-1988 contre Saddam Hussein.

Les hommes qui ont jadis attaqué l’ambassade américaine au Koweit – des hommes qui étaient alliés aux kamikazes qui ont fait sauter la base militaire US à Beyrouth en 1983 – aujourd’hui participent au pouvoir en Irak.

Hier, les Dawas étaient des « terroristes ».

Aujourd’hui, ce sont des « démocrates ».

C’est drôle comment nous avons oublié les 241 soldats américains qui sont morts dans l’aventure libanaise. Le caporal David Breeze devait avoir deux ou trois ans à l’époque.

Ma la folie continue.

 

Le désastre américain en Irak a infecté la Jordanie voisine avec Al Qaeda – l’attentat contre un hôtel à Amman – et puis le Liban de nouveau. L’arrivée des hommes armés du Fatah al-Islam dans le camp palestinien de Nahr al-Bared dans le nord du Liban – leur guerre de 34 jours contre l’armée libanaise – et les innombrables civils tués furent le résultat direct du soulèvement sunnite en Irak.

Al Qaeda est arrivé au Liban.

Puis l’Irak sous occupation américaine a réinfecté l’Afghanistan où les kamikazes ont transformé les farouches guerriers américains en poules mouillées.

 

Peu importe, car à présent ils sont en train de réécrire l’histoire.

Prés d’un million d’irakiens sont morts et Tony Blair s’en fiche royalement car ils n’apportent rien aux généreux émoluments qu’il touche.

Pas plus que la plupart des soldats américains.

Ils sont venus.

Ils ont vu.

Ils ont été vaincus.

Et maintenant ils disent qu’ils ont gagné. Les arabes, qui survivent avec 6 heures d’électricité par jour dans un pays exsangue, doivent vraiment rêver à d’autres victoires comme celle-ci.

 

Robert Fisk

 

Hier et aujourd’hui

 

3.000 : c’est nombre de civils irakiens tués l’année dernière. C’est moins que le dixième des 34.500 tués en 2007 mais indique les dangers auxquels les irakiens doivent faire face au quotidien.

200 : nombre d’Irakiens connus encore détenus par les Etats-Unis – une fraction des 26.000 détenus dans les prisons militaires il y a trois ans.

15,5 : nombre d’heures par jour en moyenne d’électricité à Bagdad, soit une amélioration notable par rapport aux six heures il y a trois ans mais encore inférieur aux 24 heures que connaissaient les villes irakiennes avant l’invasion.

 

SOURCE
http://www.independent.co.uk/opinio...

                                                     site: le grand soir

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-l-amerique-a-laisse-sa-marque-torture-corruption-guerre-civile-55896734.html
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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 18:48
Non à l’impôt européen : Organiser son refus massif dans l’union du peuple de France ! - Claude Beaulieu

jeudi 26 août 2010, par Comité Valmy


Initié pendant et après la deuxième guerre mondiale par la puissance américaine et les agents qu’elle recrutait déjà en France et en Europe, au nom de l’anti-communisme, le processus atlantiste d’intégration européenne allait en premier lieu et conformément à son objectif, renforcer toujours plus l’hégémonie des Etats Unis sur l’Europe, à travers la trahison d’une grande partie des élites autochtones rapidement vassalisées.

En exploitant stratégiquement la vieille utopie d’unité européenne et en imposant, contre les partisans de la coopération confédérale entre peuples libres et nations souveraines, un contenu supranational, sur lequel les peuples n’ont jamais été clairement consultés - ni même véritablement informés – les dirigeants américains sont toujours demeurés les véritables instigateurs de la construction européenne.

Très vite l’Allemagne, a su jouer méthodiquement sa carte nationale à toutes les étapes du processus. Elle a imposé notamment son projet d’Europe fédérale des Länder, et aujourd’hui l’Europe en gestation, qui se trame contre les peuples, est soumise à une double domination germano-américaine empreinte à la fois de complicité et de rivalité, condominium dans lequel le poids spécifique des deux impérialismes, reste toutefois encore en faveur de l’impérialisme américain.

Après Maastricht et la monnaie unique, suivis du viol de la souveraineté populaire par l’adoption illégitime du traité de Lisbonne par un ramassis de parlementaires félons, une nouvelle étape dans le développement programmé du processus supranational conduisant à la destruction de la Nation et de la République est annoncée : celle de l’émergence d’un impôt européen. Le commissaire européen au Budget, Janusz Lewandowski, a indiqué dans une interview parue le 9 août à Berlin, qu’il envisageait la création d’un impôt dont les recettes alimenteraient directement les caisses européennes.

L’idée d’un impôt européen n’est pas nouvelle. Ce nouveau palier dans la trahison nationale est prévu et préparé de longue date. Ainsi, la social-démocratie, qui depuis la seconde guerre mondiale s’est toujours située à l’avant-garde en matière de renoncement national, l’a officiellement appelé de ses vœux dès 1992 par la voix de Pierre Bérégovoy, ministre de l’Economie puis Premier ministre. En 2005, Dominique Strauss Kahn, lors de sa campagne en faveur de la « constitution » européenne, a souligné que l’impôt européen était « inévitable » dans le cadre de « l’extension des pouvoirs européens ». Le principe d’un impôt européen consubstantiel de toute démarche supranationale, est en réalité intégré - au moins implicitement - depuis le début dans le processus fédéraliste destiné à déstructurer la France Républicaine, en lui retirant les unes après les autres, l’ensemble de ses prérogatives.


L’objectif de cette nouvelle félonie que serait la création d’un impôt européen est essentiellement politique. Il s’agit d’accélérer et d’approfondir le processus d’intégration européenne, d’aller plus loin encore dans la destruction de la souveraineté des Etats nations comme dans la négation de la démocratie et du droit des peuples à maîtriser leur destin. Au delà des actuelles dénégations en France ou ailleurs au sujet de cet impôt dont l’annonce est qualifiée d’inopportune par Pierre Lelouche, nous devons prendre bien conscience que l’engrenage destructeur européen s’accélère à nouveau. Certains estiment que la réalisation de ce projet pourrait ne prendre que cinq à dix ans.

 

Une fois de plus il faut dire non ! Un non franc et massif à cet impôt dont il est nécessaire d’organiser le refus, et un non catégorique à cette Union européenne non réformable, dont il devient toujours plus urgent de sortir tant ses méfaits s’aggravent au fil du temps. Afin de rétablir la souveraineté populaire et la démocratie, le Comité Valmy est partisan de l’organisation d’un rassemblement très large contre l’oligarchie financière, alliant le mouvement social à la défense de la République et de la nation qui aujourd’hui se confond avec le peuple. Ce rassemblement que nous appelons de nos vœux, c’est l’union du peuple de France.

 

suite ici :

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/ext/http://www.comite-valmy.org/spip.php?article811

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 18:46

L’agence de notation Dagong

abaisse l’ensemble de la note des pays occidentaux

 

Article placé le 24 août 2010, par Spencer Delane (Genève)

L’agence de notation chinoise Dagong Global Credit Rating vient de revoir à la baisse la note de la dette souveraine des pays occidentaux. Il n’y a que la Suisse, la Norvège et l’Australie qui conservent la note maximale AAA. Selon Andreas Höfert, chef économiste d’United Bank of Switzerland (UBS), l’ensemble des agences de notation devrait rapidement emboiter le pas de Dagong et confirmer la dégradation de la note des pays concernés. 

 

Bourse

Un coup Dagong que les Etats ne peuvent ignorer

 

Par Andreas Höfert

Les Européens en rêvaient, les Chinois l’ont fait: une agence de notation non anglo-saxonne que les marchés devront prendre au sérieux. Alors que les Standard & Poors, Moody’s et autre Fitch s’évertuent à tirer sur les ambulances que sont les pays du sud de l’Europe – justifiant ainsi leur réputation d’être à la fois pompiers pyromanes et de ne prévoir qu’a posteriori un défaut de crédit – l’agence chinoise Dagong Global Credit Rating s’est penchée sur la dette souveraine des pays occidentaux.

Et là, plus de tabou. Les Etats-Unis se retrouvent avec une note de AA, le Royaume-Uni et la France avec AA –, l’Italie, l’Espagne et la Belgique avec A–. L’Allemagne, le Canada et les Pays-Bas s’en sortent un peu mieux avec la même note que la Chine: AA +. Le maximum, AAA, n’est accordé qu’à la Suisse, à la Norvège et à l’Australie ainsi qu’à quelques petits pays.

On pourra ironiser quant au bagage idéologique d’une telle démarche réalisée par une agence que nous Occidentaux soupçonnerons – probablement à juste titre – d’être dépendante du pouvoir chinois. Mais force est de constater qu’il s’agit bien d’un miroir très peu flatteur que nous tend l’Empire du Milieu. Avec des dettes d’Etat qui devraient atteindre les 100% du produit intérieur brut d’ici deux ou trois ans, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France vont probablement voir leurs notations réduites dans un avenir proche. En effet, il n’y a jusqu’à présent jamais eu d’Etat présentant des dettes supérieures à 100% de leur PIB et bénéficiant d’une notation AAA de leurs emprunts.

Dagong ne fait donc qu’anticiper. Et c’est bien la moindre des choses que l’on demandera à une agence de notation. Sur ce point, les Chinois se révèlent autrement plus crédibles que les agences anglo-saxonnes. Lorsqu’on sait en plus que la Chine est détentrice d’environ mille milliards de dollars de dette publique américaine, on pourra même s’étonner de la témérité de Dagong, tant sa notation pourrait avoir un impact négatif sur la valeur des avoirs publics chinois.

Enfin, ceux qui sourient à l’idée d’une agence chinoise susceptible un jour de peser sur les marchés ne devraient pas oublier que Dagong représente un pays créancier. Au contraire, S & P, Moody’s et Fitch viennent de pays débiteurs. Si vous prêtez de l’argent, préférez-vous vous-même juger de la qualité de l’emprunteur? Ou faites-vous confiance aux dires de celui-ci?

Les notations de Dagong sont un nouveau signe du glissement progressif et inexorable du pouvoir économique mondial vers l’Orient et les marchés émergents. En fin de compte, celui qui paye est toujours celui qui décide.

Andreas Höfert

Source : Le Temps, quotidien suisse

 


Auteur : Andreas Höfert - Source : http://www.mecanopolis.org/

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=15322

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