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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 01:51

 

L’agression israélienne se durcit à Gaza (assawra)
L’agression israélienne se durcit à Gaza

jeudi 15 novembre 2012, par La Rédaction d'Assawra

L’armée israélienne a tué Ahmad Jaabari avec son garde du corps lors d’un raid aérien visant une voiture dans la ville de Gaza mercredi. Il est le plus important chef militaire palestinien à avoir été frappé par une "élimination ciblée" depuis la fin de la dévastatrice offensive israélienne de janvier 2009.

Outre le chef militaire du Hamas, six Palestiniens ont été tués et une soixantaine blessés dans des dizaines de raids aériens sur le territoire palestinien, selon les services de santé du mouvement Hamas, au pouvoir à Gaza.

Les bombardements sur Gaza se poursuivaient dans la soirée tandis qu’au moins 29 roquettes ont atterri en Israël depuis la mort d’Ahmad Jaabari, selon la police locale.
Les frappes israéliennes surviennent au lendemain d’une journée d’accalmie, après trois jours d’affrontements pendant lesquels sept Palestiniens, quatre civils et trois combattants, avaient été tués, et huit Israéliens, dont quatre soldats, blessés. Plus de 120 roquettes avaient été tirées de Gaza contre le sud d’Israël entre samedi et lundi.

La France appelle Israéliens et Palestiniens à éviter l’escalade de la violence", a indiqué mercredi le ministère des Affaires étrangères après les raids menés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza en représailles à des tirs de roquettes palestiniens.

"La France est extrêmement préoccupée par la dégradation de la situation à Gaza et dans le sud d’Israël", déclare le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué."Elle appelle les parties à s’abstenir de toute escalade de la violence, dont les populations civiles israélienne et palestinienne paieraient immanquablement le prix", ajoute Philippe Lalliot. Les bombardements sur Gaza se poursuivaient dans la soirée tandis qu’au moins 29 roquettes ont atterri en Israël depuis la mort d’Ahmad Jaabari, selon la police locale.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu mercredi soir dans une déclaration télévisée qu’Israël est prêt à "étendre" son opération à Gaza si nécessaire.
De son côté, la Ligue arabe prépare de son côté une réunion d’urgence, a indiqué une source de la Ligue au Caire, après que le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, et le président Mahmoud Abbas ont tous deux appelé à une telle réunion.

Parallèlement, l’Egypte annonce avoir rappelé son ambassadeur en Israël après les frappes israéliennes qui ont tué le chef militaire du Hamas.
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L’Égypte réclame une réunion d’urgence après les frappes à Gaza
Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni dans la nuit de mercredi à jeudi pour examiner la demande de l’Égypte d’organiser une réunion d’urgence après les frappes israéliennes sur Gaza. La demande égyptienne a été formulée par une lettre de l’ambassadeur Muutaz Khalil.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a indiqué s’être entretenu avec le président égyptien Mohamed Morsi au sujet "de l’inquiétante escalade de la violence entre le sud d’Israël et Gaza, et à propos de la nécessité de prévenir toute nouvelle détérioration de la situation", a-t-il précisé dans des communiqués. Ban Ki-moon s’est aussi entretenu avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour lui confier ses inquiétudes face "aux tirs de roquettes lancés à l’aveuglette depuis Gaza sur Israël, et face à l’assassinat par Israël d’un chef des opérations du Hamas à Gaza", a précisé le secrétaire général.

L’Égypte a annoncé mercredi soir avoir rappelé son ambassadeur en Israël après les frappes israéliennes qui ont tué le chef militaire du Hamas. Le parti des Frères musulmans, au pouvoir en Égypte, a également appelé à "une réponse arabe et internationale rapide pour arrêter le massacre du peuple palestinien assiégé dans la Bande de Gaza".
Obama s’entretient avec Netanyahou et Morsi
Le président Barack Obama s’est entretenu dans la nuit de mercredi à jeudi avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou et le président égyptien Mohamed Morsi au sujet de l’escalade de la violence dans la Bande de Gaza, a annoncé la Maison-Blanche.

Mercredi, Israël a mené l’une des plus importantes offensives aériennes dans la Bande de Gaza depuis ces quatre dernières années, tuant ainsi le chef militaire du Hamas à Gaza, Ahmed Jaabari. Selon Israël, ces frappes aériennes sont une riposte aux tirs de roquettes lancés depuis plusieurs jours par Gaza mais elles pourraient aussi être le point de départ d’une opération plus large contre les activistes islamistes.

Selon la Maison-Blanche, le président américain a réaffirmé le droit d’Israël à assurer sa propre défense contre les attaques visant sa population. Mais Barack Obama a aussi demandé à Israël d’éviter que ses contre-attaques ne touchent des civils.
(15 Novembre 2012 - Avec les agences de presse)
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Voir aussi :

Mon ami Ziad Medoukh, directeur du département de français à l'université Al Aqsa de Gaza, vient d'envoyer ces photos.  Elles sont sensées concerner un "attentat ciblé" perpétré par "l'armée la plus morale du monde" (sic) à laquelle les assiégés, les prisonniers de la plus grande prison du monde ne peuvent répondre qu'avec de gros pétards, à peine plus que des fusées d'artifice.

A chacun de juger.

jeudi 15 novembre 2012

Gaza - "des attentats ciblés"
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VIDÉO (Bande de Gaza): Le Jihad islamique réussit à abattre un drone israélien

Publié le 16 novembre 2012

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Les

 

Forces de défense israéliennes ont mené 340 attaques contre des cibles dans la bande de Gaza depuis le lancement de l’opération pilier de la défense, mercredi.  Hier, c’est 70 frappes contre des cibles du Hamas. Quelques heures après que le Hamas ait visé la région de Tel Aviv avec des missiles à longue portée, on compte 16 Palestiniens tués, et près de 200 blessés.


Côté israélien, 3 personnes ont été tuées, quand une roquette a frappé un appartement de Kiryat Malachi. Un bébé de 8 mois a été également grièvement blessé.Quelque 75 personnes ont été traitées par les services de secours, la plupart avec des blessures légères et en état de choc.

Le Jihad islamique a publié une vidéo montrant un drone qu’elle affirme avoir abattu sur la bande de Gaza dans la nuit de mercredi à jeudi.

 

 


 

 

http://allainjules.com/2012/11/16/video-bande-de-gaza-le-jihad-islamique-reussit-a-abattre-un-drone-israelien/

 

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Voir aussi :

 

 

Le droit que viole Israël
Où est le droit ? Où est la force ? 
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Israël n'a cessé de resserrer la pression sur la population de Gaza ces dernières années via des mesures de plus en plus extrêmes (voir fiche info à gauche). Tout a commencé en 2006, lorsque le Hamas est démocratiquement élu pour diriger l'Autorité palestinienne. La situation à Gaza n'a fait que s'aggraver en 2007. Au terme d'une lutte de pouvoir entre différentes factions palestiniennes, le Hamas prend le contrôle de tout le territoire, ce qui accroît la pression israélienne. Fin 2008, Israël lance une offensive de 22 jours contre la bande de Gaza, causant la mort de 1 400 personnes, dont au moins 300 enfants.


Depuis la fin de cette offensive, le peuple gazaoui n'a même pas pu reconstruire puisqu'Israël a maintenu un blocus punitif qui dure depuis 2007. La quasi-totalité des organisations internationales de défense des droits de la personne - y compris CJPMO - considère que le blocus est en fait une « punition collective ». Cette dernière est interdite par le droit international. De plus, depuis 2006, les Palestiniens ne peuvent pratiquement plus entrer ou sortir de la bande de Gaza, et ce même pour des cas extrêmes d'urgence médicale. Bien qu'Israël ait annoncé en 2010 avoir relâché son blocus, il garde toujours un contrôle très strict sur la majorité des fournitures destinées aux civils.

 

Toutes les violences contre les civils - y compris les tirs de roquettes du Hamas - sont formellement interdites par le droit international. Toutefois, après des décennies de colonisation et d'occupation israélienne des territoires palestiniens et ce malgré une condamnation légale et internationale générale, il est difficile de voir comment les Palestiniens peuvent entretenir de l'espoir avec le maintien du statu quo. La majorité des Palestiniens sont conscients de la futilité des tirs de roquettes contre Israël, mais ils les respectent et les considèrent comme un acte de résistance symbolique à l'occupation militaire israélienne.

 

Israël a menacé d'accroitre l'étendue de son opération militaire actuelle contre Gaza, ce qui laisse croire au déclenchement d'une offensive terrestre aussi terrible que celle de 2008.

 

Cordialement,

  
Thomas Woodley
Président de Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient. 

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israel-et-ses-actes.jpg
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A mon avis, israël aux mains des fanatiques du Likoud, veut d'abord s'occuper des Gazaouis pour ensuite pouvoir attaquer plus librement le Hezbollah et l'Iran sans risquer d'avoir à se battre de tous les côtés à la fois. Je ne crois pas me tromper, connaissant sa rouerie, sa duplicité et son machiavélisme.

Eva R-sistons
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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 01:50

 

15 novembre 2012
Le Monde diplomatique
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« Manière de voir » n°126 / Décembre 2012 - janvier 2013

L'armée dans tous ses états

Numéro coordonné par Philippe Leymarie

Limitées, asymétriques, irrégulières, les guerres ne sont plus ce qu'elles étaient. Le règne des forces spéciales, des opérations clandestines, des avions téléguidés façonne désormais le visage des conflits dans un halo de secret et d'impunité jamais égalé.

Numéro coordonné par Philippe Leymarie

Par procuration
Philippe Lemayrie

I. Nouvelles armes pour nouveaux conflits

Malgré la fin de la guerre froide, les conflits militaires se sont multipliés à travers la planète. Mais ils prennent un tour nouveau, et les doctrines stratégiques tentent de définir (voire d'inventer) qui est l'« ennemi ». Elles doivent aussi s'adapter à des évolutions imprévisibles - notamment aux combats urbains - et à des bouleversements technologiques spectaculaires, qui redéfinissent les lois mêmes de la guerre.

Soutenez-nous, faites un don

Le Diplo offre une autre manière de voir l'actualité et l'accès à deux années d'archives. Aidez-nous à défendre notre conception du journalisme !

Si vous êtes contribuable imposé en France, vous pouvez bénéficier d'un abattement fiscal de 66 % du montant de votre don (dans la limite de 20 % du revenu imposable). Ainsi, lorsque vous faites un don de 30 euros, il vous en coûtera seulement 10 euros.

Faire un don

En témoignent l'usage massif par les Etats-Unis de drones, qui peuvent tuer à distance ; les recherches sur les médicaments comme agents offensifs particulièrement meurtriers ; et l'utilisation de cybervirus dans le bras de fer qui les oppose, avec Israël, à l'Iran. Avant même d'avoir été déclarée officiellement, la guerre devient ainsi un mode normal de la gestion des crises, avec tous les dangers que cela entraîne.

L'introuvable stratégie française
Pierre Conesa

Danse avec les drones
Laurent Checola et Edouard Pflimlin

Des médicaments tueurs
Steve Wright

Traitement pacificateur
S. W.

Comment se préparent les combats urbains
Ph. L.

L'esprit de guerre froide
Paul-Marie de La Gorce

Cybervirus contre Téhéran
Philippe Rivière

L'emprise des mercenaires et des sociétés privées
Marie-Dominique Charlier

Thoniers espagnols sous escorte paramilitaire
Edouard Sill

Remotivation par le fitness spirituel
Défense en ligne (blog)

II. Dans la cour des grands

L'exécutif américain n'en avait même pas rêvé : les Nobel l'ont fait, en attribuant leur prix le plus prestigieux à M. Barack Obama, qui ouvrait son mandat sur la vision d'un « monde sans armes nucléaires ». Mais qui n'en fit rien, devenant au surplus le grand ordonnateur des drones et de leurs assassinats ciblés. La France de M. Nicolas Sarkozy, cramponnée à sa petite « force de frappe » nucléaire, mais pour le reste oublieuse de la geste gaulliste, réintègre une alliance militaire occidentale en quête de nouvelle vocation, prête à siphonner ce qui reste d'« Europe de la défense ». Tandis qu'en Asie - le nouveau paradigme géopolitique - la marine chinoise teste son « collier de perles », que le Japon ouvre sa première base à l'étranger, et que la grande Inde se rêve en régente d'un océan qui porte son nom.

L'Inde, un géant en pleine ascension
Olivier Zajec

Dilemme nucléaire pour le président Obama
Selig S. Harrison

Et Paris redevint un pilier de l'OTAN...
Ph. L.

Zones d'ombre sur la dissuasion
Lucien Poirier

La fabrication de l'ennemi
P. C.

Première base du Japon à l'étranger
Défense en ligne (blog)

III. Au risque de la politique

Instrument des pouvoirs civils, les armées ont eu souvent à les suppléer au Proche-Orient, en Afrique, en Amérique latine : elles ont fourni à leurs Etats les cadres et la vision politique qui leur manquaient, mais les ont corsetés au point de devenir à leur tour cible des « révolutions ». Les états-majors, à force de verrouiller leur ordre et de se servir au passage, ont été la cause du désordre. Au mieux, les armées ont fait tampon avec des polices dressées à mater les populations, et assuré les transitions politiques, avant de consentir au retour à la caserne. Au pire, elles se sont payées sur l'« ennemi intérieur », des soldats - de rapine plus que de fortune - gagnant leur pitance à la pointe des fusils, s'improvisant « coupeurs de route » et rançonneurs, quand ce n'est pas exécuteurs. Dans ce cas, des soldats clochardisés, des voyous en uniforme, des régiments gangstérisés opèrent sur le mode du crime organisé, bien loin des canons classiques de la condition militaire : discipline, esprit de corps, sens du sacrifice.

Rôle ambigu des armées dans les soulèvements arabes
Salam Kawakibi et Bassma Kodmani

Egypte, retour dans les casernes
Alain Gresh

En Bolivie, factions réactionnaires en embuscade
Maurice Lemoine

Ordre militaire et désordre politique en Afrique
Anatole Ayissi

Vague de coups d'Etat au Proche-Orient
Anouar Abdel-Malek

Tsahal sur le pont Allenby
Amnon Kapeliouk

Double jeu des forces de sécurité pakistanaises
Jean-Luc Racine

Les jeunes Français d'origine maghrébine poussent à la porte
Karim Bourtel

Le blues des gendarmes
Défense en ligne (blog)

IV. Le nerf de la guerre

En dépit des admonestations américaines, les armées en Europe font les frais des disettes budgétaires : des programmes sont différés ou abandonnés, des pans entiers de souveraineté sont passés par pertes et profits, des alliances industrielles - comme celle qu'ambitionnaient de nouer le franco-allemand EADS et le britannique BAE Systems pour contrer Boeing - se révèlent impossibles. En France, les états-majors redoutent que la défense devienne une « variable d'ajustement budgétaire », estimant en être arrivés à un plancher « historiquement bas ». Cette conjoncture morose ne s'est pas prêtée non plus à la conclusion d'un traité sur le contrôle du commerce des armes, ce qui n'est pas pour déplaire aux Américains, encore champions du genre, ni aux Russes, qui reprennent du poil de la bête... et qui rêvent d'une renaissance de leur complexe militaro-industriel.

Etat de choc pour l'industrie russe
Vicken Cheterian

Innover plus pour tuer plus
Jean-Paul Hébert et Philippe Rekacewicz

Défense de la France ou subventions au lobbies ?
Antoine Sanguinetti

Des armes pas si légères...
Ph. L.

Dans le viseur des marchands
Ph. L.

Défilés en hausse, budgets en berne
Défense en ligne (blog)

Réalisation

Maria Ierardi

Cartographie

Philippe Rekacewicz et Agnès Stienne

Le gendarme de l'« arc de crise »

Le face-à face des puissances d'Asie

Les Etats-Unis toujours en tête

Technologies et conflits au fil de l'histoire

Documentation, secrétariat de rédaction

Olivier Pironet

Bibliographie

Sur la Toile


« L'armée dans tous ses états », Manière de voir n°126,
en kiosques et sur notre boutique en ligne.
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 13:33

 

 

Syrie : Moscou hausse le ton et dénonce l’appui apporté à l’opposition syrienne.

Publié le 15 novembre 2012

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Vladimir Poutine

Vladimir Poutine

 

Alors que des fissures se font signaler au sein de la « nouvelle » opposition de Bachar al-Assad à peine constituée, le machin que le président français François hollande a reconnu, c’est Moscou qui hausse le ton. Dans un communiqué, il fustige ceux qui aident cette opposition, notamment en lui fournissant des armes, ce qui, en droit international est une violation avérée. Hélas, ceux qui font le loi renversent la table lorsqu’il s’agit de leur nombril. Cette injustice n’apportera jamais la paix dans le monde. Démocratie….mon oeil ! 

Les choses sont donc claires pour la Russie. Malgré les salmigondis occidentaux, la gesticulation des Obama et consorts, elle ne changera pas d’un iota. C’est une bonne nouvelle face à ces gens qui veulent par tous les moyens, la violence, le mensonge et la falsification, détruire la Syrie. Cette bataille des grands, malgré les résultats et quelque soit le vainqueur, verra la Syrie sabordée… Le conflit a trop duré par la faute des Occidentaux…

Moscou: « Les appuis militaires dont bénéficie l’opposition syrienne sont de graves violations des lois internationales ».
15 novembre 2012 13:44

 

http://allainjules.com/2012/11/15/syrie-moscou-hausse-le-ton-et-denonce-lappui-apporte-a-lopposition-syrienne/

 

 

 

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Le Point.fr - Publié le 14/11/2012  1

Le président français est le premier chef d'État occidental à reconnaître l'opposition syrienne comme représentant du peuple syrien. Un geste prématuré.

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Il l'avait promis en août dernier aux opposants syriens et il a tenu parole. François Hollande a été, mardi, le premier chef d'État occidental à reconnaître la nouvelle coalition de l'opposition syrienne en tant que seule représentante du peuple syrien. Mais il est même allé au-delà des attentes en nommant de facto le nouvel organe futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique. "Il s'agit d'une position très forte et courageuse qui montre la volonté de la France de sauver le peuple syrien en trouvant une solution du conflit", estime Fahd al-Masri, porte-parole du commandement conjoint de l'Armée syrienne libre de l'intérieur.

 

Un coup diplomatique qui n'est pas sans rappeler celui qu'avait réalisé Nicolas Sarkozy en mars 2011 lorsqu'il avait été le premier à reconnaître le Conseil national de transition libyen (CNT) en tant représentant légitime du peuple de Libye. "Il est bien trop tôt pour dresser une analogie avec le cas libyen", tempère Ignace Leverrier*, ex-diplomate français en Syrie. "On ne parle ici que de reconnaissance politique, pas d'intervention militaire." En prenant une telle décision, le président français emboîte le pas aux monarchies du Golfe, seuls soutiens économiques et militaires des insurgés syriens et premiers pays à avoir reconnu officiellement la nouvelle instance.

Le rôle du Qatar

Ce calendrier ne doit rien au hasard. C'est le Qatar qui a réuni, la semaine dernière à Doha, diverses composantes de l'opposition afin de créer une instance exécutive susceptible de traiter avec la communauté internationale et de canaliser les aides. Et c'est au bout du suspense, et malgré les divisions, qu'un accord a finalement été signé dans la nuit de dimanche à lundi, marquant l'avènement de la Coalition nationale syrienne des forces de l'opposition et de la révolution. À sa tête ont été nommées trois figures incontournables de la révolution syrienne.

Son président n'est autre que l'ancien imam de la mosquée des Omeyyades de Damas, le cheikh Ahmad Moaz al-Khatib, un religieux modéré et indépendant. Il est secondé par deux laïcs. Riad Seif, homme d'affaires déçu par les réformes avortées du régime, sous lequel il a servi en tant que député indépendant. Et Souheir al-Atassi, une des chevilles ouvrières de la coordination sur le terrain, cofondatrice du réseau de militants de la Commission générale de la révolution syrienne (CGRS). Tous trois ont fui le pays durant la révolte.

Influence islamiste

"Ces trois personnalités sont beaucoup plus en phase avec l'intérieur du pays que ne l'étaient les membres du Conseil national syrien (CNS)", souligne Ignace Leverrier. Cet ancien conglomérat de l'opposition syrienne, aujourd'hui simple membre de la nouvelle coalition, a été torpillé quelques jours avant l'accord par Hillary Clinton, qui a estimé que le CNS ne pouvait "plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition". Déplorant son influence islamiste, la secrétaire d'État a plaidé pour que le CNS devienne "une partie d'une opposition élargie", comprenant "des gens à l'intérieur de la Syrie et d'autres".

"La nouvelle coalition élargie comporte d'autres courants de l'opposition ainsi qu'une meilleure représentation de l'intérieur du pays, chaque gouvernorat local possédant son représentant", assure Ignace Leverrier. Dans les faits, le nouvel organe réunit 63 membres, des représentants de parti, des minorités ainsi que de multiples conseils locaux, des personnalités et des intellectuels hostiles à Bachar el-Assad. Toutefois, un tiers de ses membres appartient toujours au Conseil national syrien.

Livraison d'armes

"Rien n'a véritablement changé", s'insurge Haytham Manna, responsable 
à l'étranger 
du Comité national 
de coordination pour le changement démocratique (CNCD), l'une des autres branches de l'opposition syrienne et qui n'a pas intégré l'instance. "Le nouvel organe compte 18 membres islamistes déclarés et six membres des Frères musulmans. De surcroît, 15 de ses personnalités y ont été amenées par des islamistes, ce qui fait un total de 39 personnes, c'est-à-dire la majorité", insiste l'opposant. Celui-ci met en cause le Qatar, pays hôte des négociations, qui, toujours selon Haytham Manna, n'aurait invité que des groupes de sensibilité islamiste. "On sait bien que les laïcs, ce n'est pas la tasse de thé du Premier ministre qatari Hamad bin Jassim al-Thani", peste-t-il.

"Il est vrai que le CNS syrien compte une majorité de personnes possédant un référent islamique, mais dire que l'opposition est manipulée par les Frères musulmans est bien trop caricatural", rétorque Ignace Leverrier. La reconnaissance, mardi, par la France de l'opposition syrienne demeure d'autant plus sensible qu'elle pourrait ouvrir la voie à la livraison d'armes par l'Occident aux rebelles syriens. Cette question va "nécessairement (être) reposée", a assuré le président français. Jusqu'ici, les États-Unis s'étaient opposés à la fourniture aux insurgés de matériel militaire, de peur qu'il ne tombe aux mains de groupes djihadistes combattant dans le pays.

Les approximations de Hollande

Mais le temps presse. Face aux raids aériens de l'armée de Bachar el-Assad, les RPG et autres kalachnikovs des opposants ne pèsent pas bien lourd, alors que le conflit a fait au moins 37 000 morts depuis vingt mois. Avec une opposition unifiée, le contrôle sur les transferts d'armes pourrait être facilité. Problème, pour l'heure, la Coalition nationale syrienne des forces de l'opposition et de la révolution ne compte aucun représentant de l'Armée syrienne libre (ASL). "Nous saluons ce premier pas vers l'unification de l'opposition", affirme Fahd al-Masri. "Nous comptons très rapidement unifier les forces armées sous un même commandement", ajoute le porte-parole. Comprendre, une entrée au sein de la nouvelle opposition n'est pas à l'ordre du jour.

"L'annonce de François Hollande demeure très prématurée", juge ainsi Haytham Manna. "Il ne paraît pas avoir suffisamment étudié la nouvelle instance, d'autant plus qu'elle ne possède encore aucun statut." Autre approximation du président français, sa réponse embarrassée sur la sécurisation d'hypothétiques zones libérées. Répétant à l'envi que ces territoires syriens censés abriter les civils devraient être "protégés", le chef de l'État n'a pas su préciser comment il comptait s'y prendre.


Click here to find out more!

Par

(*) Ignace Leverrier, ex-diplomate français en Syrie et auteur du blog Un oeil sur la Syrie du Monde.fr.

 

http://www.lepoint.fr/monde/syrie-le-pari-risque-de-hollande-14-11-2012-1529126_24.php

 

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Le changement, ce n'est pas maintenant ! Hollande-Fabius poursuivent la politique illégitime et immorale de Sarkozy, eva

 

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 13:25

 

 

http://www.rhone-apiculture.fr/La-colonie-d-abeilles.html.

Abeilles sur cadre de nectar

 

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Bonjour EVA...

Merci de bien vouloir faire passer ce message :

   
...pour faire interdire l'usage des pesticides
tueurs d'abeilles dans l'agriculture,  
qui mettent en danger notre alimentation
et tout l'écosystème...
tout ça pour servir les intérêts des géants de l'agrochimie.
Merci pour votre aide.

 

Abeilles : le massacre autorisé. Comment les abeilles sont sacrifiées, et avec elles, notre alimentation et l'ensemble de l'écosystème, pour servir les intêrets des multinationales agrochimiques.
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 12:34
Agoravox

 

Bonjour

 

Votre fonctionnement est très démocratique, c'est magnifique ! En effet, ce sont VOS contributeurs qui choisissent les articles à publier. Le problème, c'est qu'ils ne choisissent pas vraiment... Car des articles comme les miens, régulièrement 3 fois plus de OUI que de NON, ne sont pourtant pas publiés depuis mars 2012.

 

Un certain temps après, je reçois d'Agora Vox un mail disant qu'il y a trop d'articles proposés (une vingtaine par jour, c'est trop ?) dans l'espace de modération, et que malheureusement on n'a pu lire le mien (?), il était trop tard pour le publier - et que je pouvais le REproposer. Voire... Les contributeurs vont voter 2 fois pour le même article ? J'en doute ! Comme mes articles obtiennent chaque fois une majorité de OUI, on se demande, légitimement, pourquoi les articles n'ont pas été publiés !

 

Le dernier, par exemple, très apprécié des contributeurs (hier matin, 7 OUI), "Diplomatie française : De l'indépendance à la vassalisation" (Sujet : la violation des règles du Droit par la France, en reconnaissant, seule, via François Hollande-Fabius, un Conseil syrien fantoche), ne parait toujours pas, alors qu'il est pleinement d'actualité et pertinent.

 

Il y a des dysfonctionnements qui posent question...

 

Question qui, donc, doit... questionner, interroger !

 

Et donc j'interroge... au moins les consciences !

 

N'est-il pas temps de réformer le fonctionnement pour que des articles appréciés par les Modérateurs puissent être publiés... normalement (terme à la mode) ?

 

Eva R-sistons

 

NB : Merci à mes Lecteurs et à mes Lectrices de ne pas mettre de J'aime, c'est une Lettre ouverte.

 

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 12:18

 

Les compagnies privées auront accès au bouclier nucléaire


Vitali Radnaev
Jeudi 15 Novembre 2012


Les compagnies privées auront accès au bouclier nucléaire

Les entreprises privées pourront être invitées à participer à l'élaboration des armes nucléaires en Russie. Cette initiative a été proposée lundi par le vice-premier ministre russe Dmitri Rogozine.

Les projets auxquels pourront participer les entreprises privées russes peuvent concerner notamment des composants électroniques et l’élaboration des nouveaux matériaux. Selon Rogozine, le volume des investissements privés dans l’industrie de la Défense devrait augmenter d’un tiers, ce qui permettra d’accroître également la concurrence dans ce secteur, tout en le boostant, expliquent les experts.

Le gouvernement russe souligne qu’il ne s’agit pas de laisser les entreprises privées accéder à la fabrication d’armes stratégiques. Les spécialistes interrogés par La Voix de la Russie partagent l’opinion du vice-premier ministre russe, affirmant que cette sphère doit être entièrement contrôlée par l’Etat. Il s'agit de la coopération au stade du développement et cette coopération pourrait être très profonde, avec jusqu’à 400 entreprises participant à ce projet, affirme Dmitri Rogozine. Actuellement, plus de 1 300 entreprises travaillent dans le secteur militaro-industriel russe.

Il s’agit pour l’instant d’une proposition, mais les perspectives d’accès des investisseurs privés au secteur de la Défense sont bien réelles, estime le directeur du Centre de la conjoncture stratégique Ivan Konovalov.

« Rogozine a le pouvoir nécessaire pour résoudre les problèmes liés à la modernisation de l’armement dans le pays. Il a vraiment carte blanche. Cette décision a été mûrie depuis longtemps. Il faut attirer de nouvelles unités de production dans ce secteur : c’est ainsi qu’est organisée la production actuelle et ce marché. Si l'on prend les Etats-Unis pour exemple, les producteurs privés qui y participent sont sous un contrôle rapproché de l’Etat. Il est nécessaire d’établir donc un contrôle ferme, car ce domaine est très sensible ».

Le vice-premier ministre parle lui-même du contrôle et de la sécurité. Selon Rogozine, pour travailler dans le secteur de la défense, les entreprises privées doivent subir une série de vérifications. Mais Rogozine n’y voit aucun problème. Selon les experts, le problème pourrait survenir au sein du ministère, car le lobby « anti-privé » y prédomine, surtout s’il s’agit de l’armement nucléaire. Toutefois, sans des changements importants, ce secteur va rapidement dégrader et il ne s’agit pas uniquement de la baisse de qualité de la production.

« Depuis l'époque soviétique, les grands bureaux de construction ont monopolisé le développement des armes dans le domaine des forces nucléaires stratégiques et la construction d’aéronefs », affirme l’analyste militaire Igor Khokhlov. « Très souvent, ils n’étaient pas en mesure de donner un prix juste aux produits qu’ils fabriquaient. Ce qui importait, c’était le résultat. La question du coût du projet n’était même pas posée. Cependant, il devrait y avoir une concurrence sur ce marché. Il s'agit d'une approche très logique, car elle permet de résoudre de nombreux problèmes d'ingénierie et faire baisser considérablement les coûts en réduisant les délais de réalisation des projets ».

 

Personne ne parle de l’accès des entreprises étrangères aux élaborations techniques des armements nucléaires, soulignent les experts. D’ailleurs, l'explosion du nombre de fabricants d’armement en Russie forme un cycle complet de fonctionnement des forces nucléaires stratégiques, souligne Igor Khokhlov.

« Les unités de construction des missiles soviétiques étaient basés surtout en Ukraine. Kiev se dirige actuellement vers l'adhésion à l'OTAN et n’a plus très envie de collaborer activement avec la Russie en matière de maintenance des missiles construits à l’époque soviétique. C’est donc important de fermer le cycle de production de ces missiles en Russie. Et d'autre part - éviter que ce marché soit contrôlé par deux bureaux de construction. Car dans ces conditions, les dirigeants du pays deviennent les otages des ingénieurs qui ne sont pas toujours en mesure de relever les défis qui leur sont posés par le gouvernement. La nouvelle génération du bouclier nucléaire russe devrait être d’un meilleur niveau. Surtout que les États-Unis travaillent intensivement dans le domaine de la défense antimissile en ce moment ».
À l'heure actuelle, c’est le Bureau de construction Makeev et l’Institut de technologie thermique de Moscou, qui sont responsables des armes stratégiques de Russie. La première société s’occupe principalement des missiles marins, notamment pour les systèmes Topol-M. Les experts soulignent que l’accès des sociétés privées à ce secteur de la défense se fera progressivement. Il s’agit le plus probablement du travail sur une base concurrentielle.

 

http://www.alterinfo.net/Les-compagnies-privees-auront-acces-au-bouclier-nucleaire_a83591.html
http://french.ruvr.ru

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 00:09

 

 

MAE d'Israël propose de renverser Abbas  14/11/2012

MAE d'Israël propose de renverser Abbas



Le ministère israélien des Affaires étrangères propose au gouvernement de renverser le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en cas de succès de la demande d'élévation du statut de la Palestine à l'ONU.

Selon le ministère, le renversement d'Abbas serait la seule option dans ce cas. « Toute autre option signifierait d'agiter un drapeau blanc et de reconnaître l'échec des dirigeants israéliens à relever ce défi », écrivent les auteurs du document.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman avait déjà évoqué la nécessité de renverser Mahmoud Abbas estimant que ses actions détruisaient le processus de paix au Proche-Orient et pouvaient provoquer l'effondrement de l'Autorité palestinienne.

http://french.ruvr.ru/2012_11_14/94590482/ http://french.ruvr.ru/2012_11_14/94590482/

 

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http://www.alterinfo.net/notes/MAE-d-Israel-propose-de-renverser-Abbas_b4923358.html

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 00:06
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 00:00

 

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Le golfe Persique : entre histoire millénaire et conflits actuels
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Le golfe Persique :
entre histoire millénaire
et conflits actuels

par Sarah Mirdâmâdi

2091101
 

1) Le golfe Persique : entre histoire millénaire et conflits actuels

Le Golfe Persique (khalidje fârs en persan) a une riche histoire datant de plus de cinq millénaires. Carrefour commercial et lieu d’échange permanent entre Orient et Occident, il est devenu, à la suite de la découverte des premiers gisements de pétrole il y a à peine plus d’un siècle, une zone stratégique au centre de tensions et d’enjeux économiques et géopolitiques sans précédent au niveau régional et international. Plus récemment, le nom même de ce golfe a été l’objet d’une importante controverse ayant entraîné des réactions en chaîne et des tensions politiques entre certains pays arabes et pro arabes l’ayant rebaptisé « Golfe Arabique » ou plus simplement « le Golfe », et les Iraniens faisant valoir la dimension historique irréfutable de l’appellation de « Golfe Persique ».

Cette étendue maritime s’étend sur une surface d’environ 233 000 km². Sa limite occidentale est marquée par le Shatt el-Arab ou « Arvand Roud » en persan, et par le détroit d’Ormoz et le Golfe d’Oman à l’est. Le Golfe Persique borde les côtes de l’Iran, de l’Irak, de l’Arabie Saoudite, de Bahreïn, du Koweït, des Emirats Arabes Unis ainsi que du Qatar. Il mesure environ 1000 km de long et 200 à 350 km de large, avec une profondeur moyenne d’environ 50 m, la profondeur maximale ne dépassant pas 100 mètres. Il est en partie alimenté par divers fleuves iraniens et irakiens, ainsi que par les eaux de l’Océan indien poussées par les courants et pénétrant dans le Golfe par le détroit d’Ormuz.


Historique

Le Golfe Persique a été sous l’influence de nombreuses cultures antiques dont les cultures sumérienne, babylonienne et perse. Les premières traces de civilisation datent de plus de cinq millénaires, lors de l’émergence du royaume de Sumer dans la basse Mésopotamie antique (Sud de l’Irak actuel) puis, au 3e millénaire av. J.-C., du royaume d’Elam situé en bordure du Golfe Persique, au sud-ouest de l’Iran actuel. La conquête du royaume de Babylone par les Perses au VIe siècle av. J.-C. et l’extension considérable de l’empire achéménide qu’elle entraîna consacra l’influence perse dans la zone. Cette prédominance fut ensuite maintenue par les Séleucides, les Parthes et les Sassanides, qui étendirent l’influence perse sur les régions côtières arabes de l’ouest, notamment au travers de nombreux flux de migrations perses. Ceci participa notamment au renforcement des échanges et des liens entre les côtes est et ouest du Golfe Persique.

Cependant, le Golfe Persique semble ainsi avoir été le cœur d’importants échanges commerciaux dès l’époque des Assyriens et des Babyloniens. Après avoir connu un certain déclin sous l’Empire romain, notamment du fait de l’importance accrue de la Mer Rouge, il acquit de nouveau une importance commerciale durant le règne des Sassanides, ainsi que sous le califat Abbaside de Bagdad, au milieu du VIIIe siècle. Ainsi, le port de Sirâf en Iran fut l’une des principales plaques tournantes commerciales régionales aux IXe et Xe siècle. Si la chute du califat abbaside et l’influence mongole qui se développa dans la zone au XIIIe siècle marquèrent un certain déclin de la zone, et une réduction considérable du volume des échanges, une certaine « renaissance commerciale » eut lieu à partir du XVIe siècle, avec la hausse de la demande européenne pour les produits d’orient – notamment les épices – et l’extension considérable de l’influence du Portugal dans la zone. Celle-ci qui se traduisit notamment par le contrôle de nombreux ports dont plusieurs situés au sud de l’Iran, des îles de Qeshm et d’Ormuz – où l’on peut d’ailleurs encore visiter les ruines des citadelles portugaises d’antan – ainsi que, sur la côte Ouest, le contrôle de Bahreïn, Mascate, et du Qatar actuels. Leur domination fut par la suite remise en cause par les Safavides sur la côte est, et quelque peu fragilisée par le développement de l’influence ottomane sur la côte ouest à la suite de la conquête de l’Irak, qui ne parvint pas pour autant à s’emparer des places fortes portugaises de la zone. Aux XVIIIe et XIXe siècles, sous prétexte d’endiguer le développement de la piraterie dans la zone, l’Angleterre parvint à asseoir sa domination sur la majorité des places commerciales de la zone ainsi qu’à contrôler l’exportation des marchandises de ses colonies vers l’Europe. Au début du XXe siècle, elle renforça sa présence notamment en s’assurant une véritable mainmise sur l’exploitation des gisements pétroliers, récemment découverts dans la zone [1], au travers de l’Anglo-Iranian Oil Company, convertissant le Golfe Persique en un enjeu géostratégique sans précédent. D’autres gisements furent ensuite découverts du côté ouest, et leur exploitation connut une croissance exponentielle après la Seconde Guerre mondiale, ces derniers étant pour la majorité contrôlés par les Etats-Unis. L’influence anglaise connut une fin brutale en Iran avec la tentative, avortée, de nationalisation de l’industrie pétrolière par Mossadegh, même si elle fut maintenue au sein de nombreux Etats bordant la zone, notamment les Emirats Arabes Unis actuels, le Koweït, Oman ou encore le Qatar.

Ressources naturelles et enjeux stratégiques
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Œuvres naturelles réalisées à partir de sable et de pierres à l’occasion d’un festival artistique environnemental sur le Golfe Persique

De par sa position stratégique et ses nombreuses ressources naturelles, la région fut constamment au centre d’enjeux et de conflits d’intérêts divers. Dès le 3e millénaire avant J.-C., outre son rôle de lieu de transit des marchandises, tout un commerce s’organisa autour de la vente des perles présentes dans les eaux du Golfe Persique, qui concentre sans doute les lits d’huîtres perlières les plus anciens de l’humanité. A titre d’anecdote, le plus ancien collier de perles ou « collier de Suse » jamais retrouvé aurait ainsi appartenu à une reine de la Perse Antique et daterait d’environ 2400 ans. Ce fut néanmoins la découverte des premiers gisements de pétrole qui provoqua une véritable révolution économique et commerciale dans la zone, et conféra au Golfe Persique l’importance stratégique majeure dont il jouit aujourd’hui. Outre Al-Safaniya, le plus grand champ pétrolier du monde, cette zone détient également d’importantes réserves de gaz.

En outre, le Golfe Persique recèle une faune et une flore très riches, notamment de nombreux récifs de coraux et des huîtres. Cependant, ces dernières ont considérablement été endommagées par l’exploitation excessive du pétrole ainsi que par les récentes guerres ayant affecté la région, que ce soit la guerre Iran-Irak (1980-1988) ou, plus récemment, la deuxième guerre du Golfe (1990-1991), ou encore l’invasion américaine en Irak en 2003.

En 1985, un Conseil de Coopération du Golfe a été créé à Abu Dhabi, sous la pression des Etats-Unis, et dont les membres sont composés de six pays arabes de la zone. Outre son objectif de maintenir une certaine stabilité économique et politique dans la zone, le but ultime de cet organisme, qui était de créer un marché commun dans la zone, a été atteint en janvier 2008 avec la mise en place du Marché Commun du Golfe. Plus officieusement, cette structure vise également à contrer l’influence iranienne dans la région et avait également pour but, avant sa chute, de limiter celle du régime baasiste de Saddam.

Golfe Persique ou Golfe Arabique ? Les raisons d’un conflit

L’influence perse millénaire dans la région a conduit depuis des siècles l’ensemble des géographes, historiens, archéologues et voyageurs de tous horizons à qualifier de « Persique » cette étendue maritime, comme l’attestent les documents historiques et cartographiques des époques passées. Si des documents historiques datant de l’époque achéménide évoquant un « Golfe Persique » n’ont pas été retrouvés, ce nom semble avoir été d’usage dès cette époque. Certains récits consacrés à la narration des voyages de Pythagore évoquent également que le roi achéménide Darius Ier aurait nommé l’ensemble de cette étendue maritime la « Mer de Pars ».

Si, comme nous l’avons évoqué, l’appellation de « Golfe Persique » fit l’objet d’un vaste consensus durant des siècles, dans les années 1960, l’émergence du panarabisme et le renforcement des rivalités arabo-persanes ont incité certains pays arabes, notamment l’Arabie Saoudite et les pays situés en bordure du Golfe Persique, avec le soutien de la Grande-Bretagne, à adopter le terme de « Golfe Arabique » pour désigner cette zone. Cette tendance fut renforcée et encouragée par l’anti-iranisme de l’Occident à la suite de la Révolution islamique, ainsi que pour des motivations économiques et diplomatiques. A titre d’exemple, dans les questions de politique régionale et liées au pétrole, l’usage de l’expression « Golfe Arabique » a eu tendance à se répandre dans certains milieux officiels pro-arabes et occidentaux. Si le Bureau des Etats-Unis pour le nommage géographique (United States Board on Geographic Names) a officiellement consacré l’usage de « Golfe Persique » en 1917, l’évolution de la conjoncture internationale et certains intérêts stratégiques ont parfois rendu cet emploi flexible : ainsi, au cours des dernières décennies, les autorités américaines ont autorisé l’emploi de « Golfe Arabique » lors de la réalisation de transaction avec certains Etats arabes pétroliers, tout en proscrivant l’utilisation de l’expression de « Golfe Persique » aux Emirats Arabes Unis, après que ces derniers aient officiellement revendiqué l’appellation de « Golfe Arabique ».

Cependant, ce fut l’emploi par la National Geographic Society de l’expression « Golfe Arabique », inscrite entre parenthèses comme version alternative sous « Golfe Persique », dans la nouvelle édition de son Atlas géographique mondial en 2004 qui déclencha véritablement l’ire des Iraniens, qui se manifesta notamment par la création de nombreux sites internet et de pétitions en ligne. Ces protestations conduisirent également le gouvernement iranien à prohiber la diffusion des publications de la Société dans le pays jusqu’à la publication, à la fin de l’année 2004, d’une note de mise à jour de l’Atlas spécifiant qu’ « historiquement et plus communément connu sous le nom de Golfe Persique, cette étendue d’eau est appelée par certains « Golfe Arabique« .

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Carte de H.Bunting, 1620, Hanovre
Carte extraite de l’ouvrage Description du Golfe Persique par des Cartes Historiques, Bonyâd-e Irân shenâsi, 2007.

A la suite de cette affaire, un numéro de la revue The Economist ayant évoqué le Golfe Persique sous le simple qualificatif de « Golfe » dans l’une de ses cartes, fut également interdit de distribution en Iran. Suite à cette affaire, le gouvernement iranien a également mis en place un comité technique chargé d’examiner les conditions permettant d’interdire l’importation de marchandises diverses, – notamment des vêtements sur lesquels figure une carte de la région -, portant l’inscription de « Golfe Arabique », en Iran.

Faisant l’objet de nombreuses controverses et pétitions, l’affaire a été portée au niveau des Nations Unies qui, lors de sa 33e session en 2006, a confirmé l’appellation de « Golfe Persique » comme étant la seule appellation officielle acceptée pour cette zone et employée par l’ensemble des membres des Nations-Unies. Cette décision fut notamment appuyée par de nombreux documents historiques et cartes anciennes : ainsi, les cartes des historiens de la Grèce antique évoquent le « Limen Persikos », les Latins le nommant quant à eux le « Sinus Persicus ». Durant les premiers siècles de l’Islam, les plus éminentes figures intellectuelles de cette période tels que Aboureyhân Birouni, Massoudi, Balkhi, Khwârizmi… font tous référence au « Golfe du Fars », ou encore à la « Mer du Fars » (al-Bahr al-Farsi) ou « de Pars » pour désigner le Golfe Persique actuel. En outre, selon plusieurs documents historiques, il semble que l’expression de « Golfe Arabique » servait auparavant à désigner la mer Rouge actuelle. On retrouve notamment cet emploi dans les écrits d’Hécatée de Milet, historien grec du Ve siècle av. J.-C., ainsi que dans l’un des écrits d’Hérodote qui évoque la mer rouge en parlant du « Golfe Arabique ». D’un point de vue historique, l’appellation de Golfe Arabique ferait donc référence à une toute autre zone que celle qu’elle prétend actuellement désigner.

Le conflit n’est pas éteint pour autant, les deux expressions continuant à être utilisées abondamment de façon informelle. La majorité des pays arabes emploient ainsi l’expression « Golfe Arabique » et certains, tel que les Emirats Arabes Unis, ont même été jusqu’à interdire l’emploi de « Golfe Persique ». De nombreuses propositions de noms alternatifs ont été évoquées, comme celles de « Golfe Arabo-persique » ou tout simplement de « Golfe » qui ont été cependant loin de faire l’unanimité, particulièrement du côté iranien, qui a vu dans la dernière expression une tentative à peine déguisée, conduisant peu à peu à l’abandon du nom historique du lieu. Le « Golfe islamique » n’a également pas été retenu.

Dans le but de faire valoir les droits du nom historique du site, de nombreuses publications de cartes ou croquis anciens de grands géographes ou réalisés par des voyageurs plus ou moins connus, sur lesquelles figurent le nom de « Golfe Persique » et ses dérivations issues de différents musées, instituts géographiques, archives historiques et ouvrages anciens ont été édités en Iran au cours des dernières années. Le plus connu demeure l’ouvrage magistral intitulé Description du Golfe Persique dans les cartes historiques [2] publié en 2007 par l’Institut d’Iranologie et rassemblant de nombreuses cartes historiques d’Orient et d’Occident qui, outre leur dimension esthétique, révèlent les racines historiques indéniables de cette appellation.

 

2) Du « Sinus Persicus » au « golfe Persique »

Représentation occidentale du golfe Persique de l’Antiquité au XVIIIe siècle

L’Atlas historique du Golfe Persique a été publié en novembre 2006 en Belgique par l’édition Brepols, dans la prestigieuse collection de « Terrarum Orbis ». Cet atlas est le résultat d’une collaboration fructueuse entre l’Ecole pratique des Hautes études de Paris, l’Université de Téhéran et le Centre de documentation du ministère iranien des Affaires étrangères, dans un projet de recherche scientifique et académique qui a duré deux ans. La publication d’un atlas de cartes historiques du Golfe Persique se justifie par de nombreux motifs. La raison principale, pour les auteurs, était qu’un tel travail n’avait jamais été entrepris dans une démarche savante, malgré le grand intérêt que les historiens et les géographes ont toujours éprouvé pour cette région du monde.

L’Atlas historique du Golfe Persique contient des reproductions d’une centaine de cartes occidentales ayant contribué de manière significative à l’évolution de la cartographie du Golfe Persique aux XVIe , XVIIe et début du XVIIIe siècle.

La cartographie occidentale du Golfe Persique révèle une vérité historique importante : depuis l’antiquité gréco-romaine, cette région maritime a toujours été connue par sa nomination d’origine : le « Sinus Persicus » des Latins qui devient le « Golfe Persique » dans les langues modernes européennes.

Les Grecs

Bien qu’Hérodote n’en fasse pas mention, le Golfe Persique était sans doute connu des Grecs depuis le VIe siècle avant J.-C., principalement grâce au périple de Scylax [1] sur ordre de Darius Ier. Mais c’est l’expédition de Néarque [2], depuis les bouches de l’Indus jusqu’à l’Euphrate, qui fit véritablement entrer le Golfe Persique dans la connaissance grecque à la fin du IVe siècle. Aux IIIe et IIe siècles, Eratosthène [3] construisit par raisonnement la première carte du monde à l’échelle, en distribuant selon un réseau de méridiens et de parallèles les données empiriques recueillies auprès des voyageurs grecs. Le Golfe Persique jouait un rôle important dans cette structuration mentale de l’œcoumène fondée sur la symétrie, car il était placé sur le même méridien que la mer Caspienne considérée par les Grecs comme un golfe de l’Océan extérieur et non pas comme une mer fermée.

Les Romains

Les conditions politiques et économiques dominant au temps de l’empire romain ne furent pas favorables à la collecte de données très précises et à la formation d’un tableau beaucoup plus détaillé sur le Golfe Persique. Rome n’atteignit l’Euphrate que de façon exceptionnelle. Le commerce romain avec l’Orient passait davantage par la mer Rouge. La découverte et l’usage de la mousson, à une date indéterminée entre le Ier avant et le Ier siècle après J.-C., favorisèrent des liaisons directes entre l’Egypte et l’Inde. On retrouve donc essentiellement, chez les auteurs latins, les données recueillies par Néarque. Pour les Latins, le Golfe Persique était, tout comme la mer d’Oman, une division de l’Océan indien. Dans la représentation cartographique des Romains, après une entrée qui ressemble à un cou, le Golfe Persique se développe en prenant la forme d’une tête humaine ; la mesure de sa circonférence est indiquée dans les cartes dessinées à l’époque. Les alluvions du Tigre et de l’Euphrate ont provoqué, dans ces cartes, une avancée du littoral : les îles les mieux connues sont celles d’Icare (île de Faylakah, en face des côtes du Koweït) et de Tylos (Bahreïn) ; les huîtres perlières et le corail abondent. Cette richesse en marchandises précieuses est accompagnée d’une profusion de légendes merveilleuses : les régions voisines sont aussi celles où habitent des êtres étranges. Des monstres marins, baleines et serpents de mers, des îles dangereuses ou fantastiques complètent le tableau dressé par l’imaginaire romain.

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Carte réalisée par Yodows Hondius et Petrus Bertius, Amsterdam, 1616

Dans toutes ces descriptions, en conséquence d’une erreur remontant à Néarque, le Sinus Persicus (Golfe Persique) n’apparaît guère distinct de la mer Erythrée (mer Rouge, en grec), expression qui peut désigner aussi bien la mer Rouge que l’ensemble de l’Océan indien. D’autre part, durant le haut Moyen آge, la mare Rubrum (mer Rouge, en latin), du fait de la couleur qui la caractérisait, avait un contenu de réalité beaucoup plus riche que celui de Sinus Persicus (Golfe Persique), dont le nom renvoyait au peuple perse qui habitait ses rivages.

Le Moyen Âge

Nombre de textes médiévaux reproduisent la même structure d’ensemble des régions allant de l’Egypte à l’Inde. La mer Rouge (c’est-à-dire l’Océan indien, pour les géographes européens de l’époque) y est divisée en deux golfes : Mare Rubrum (la mer Rouge) qui sépare l’Egypte de l’Arabie, et le Golfe Persique qui sépare l’Arabie de l’ensemble formé par la Mésopotamie, la Susiane (Suse), la Perse, et la contrée de Carmanie (Kermân). En réalité, les cartes médiévales les plus anciennes, par delà leurs différences formelles, montrent la persistance des conceptions antiques dans la pensée des cartographes du Moyen آge. C’est la raison pour laquelle l’alignement Caspienne/Golfe Persique de la carte antique d’Eratosthène se repère sur beaucoup de cartes médiévales.

Au XVIe siècle : la cartographie portugaise du Golfe Persique

La cartographie occidentale du XVIe siècle est fortement influencée par les explorations d’une petite nation de marins qui est devenue, à l’époque, un acteur important de manière assez inattendue : le Portugal. Bien que d’autres voyageurs européens, et principalement italiens, aient exploré certaines régions d’Asie à la fin du Moyen آge, ce sont les expéditions portugaises qui ont transformé l’image de l’Eurasie et de l’Afrique de manière si radicale que, rapidement, celle-ci a fini par s’approcher de ce qu’elle est aujourd’hui.

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                                                                                                                                                                      Carte de Gerardus Mercator, Duisbourg, 1578

L’un des tournants les plus significatifs dans le processus d’apprentissage cartographique orchestré par les Portugais a eu lieu en 1502, lorsque la carte « Cantino » a été dessinée à Lisbonne. En réalité, cette carte était une copie illégale d’un document secret appartenant au bureau royal des affaires étrangères de la couronne portugaise.

En ce qui concerne le Golfe Persique, la carte « Cantino » est intéressante car elle montre le peu d’informations dont disposaient les Portugais sur cette région avant d’y accoster finalement eux-mêmes. Au début, les Portugais n’ont pas trouvé de cartes arabes ou perses du Golfe Persique, et ils ont donc dû s’en remettre à l’ancien modèle ptoléméen. Les voyageurs portugais avaient entendu parler des fabuleuses richesses de Hormuz, mais ils n’ont atteint le Golfe d’Oman et l’entrée du Golfe Persique qu’en 1507, quand Alfonso de Albuquerque4 a gagné la région pour la première fois. L’occupation portugaise d’Hormuz était considérée comme une étape essentielle vers le contrôle total du commerce du Moyen-Orient qui passait par la mer Rouge et le Golfe Persique.

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Carte d’Abraham Ortelius, Anvers, 1577

Les voyages et les expéditions militaires des Portugais dans le Golfe Persique ont eu un impact important sur la cartographie du Golfe Persique. Jusqu’à la fin du XVIe siècle, les Portugais étaient les seuls marins occidentaux qui naviguaient dans les eaux du Golfe Persique. Il est important de mentionner que les cartographes portugais ont continué à travailler sur de nouvelles cartes du Golfe Persique à la fin du XVIe siècle et pendant tout le XVIIe siècle. Mais les innovations les plus importantes du XVIIe siècle concernent la cartographie néerlandaise.

Au XVIIe siècle : la cartographie néerlandaise du Golfe Persique

Les Pays-Bas sont devenus le centre de la cartographie européenne, bien avant que les navires néerlandais aient accosté en Orient. Des cartographes éminents tels que Gerardus Mercator [4] et Abraham Ortelius [5] étaient originaires des ports commerciaux de Louvain et Anvers. Or, Anvers entretenait des relations anciennes avec le Portugal. Les relations étaient particulièrement solides parce que les Pays-Bas faisaient partie des territoires des Habsbourg et étaient donc liés politiquement à la péninsule Ibérique. Mercator, qui est principalement connu pour être l’inventeur de l’atlas moderne, a conçu plusieurs globes et cartes pour Charles Quint. A la même époque, cet empereur, qui était également le roi d’Espagne, a subventionné le travail de ce cartographe néerlandais.

Dans leur connaissance de l’Asie, les cartographes flamands et hollandais, tout comme les autres cartographes européens, dépendaient des Portugais qui étaient les premiers européens à obtenir des informations directes sur le terrain. Cet état de fait a persisté durant plusieurs décennies, pendant lesquelles les marchants flamands et hollandais achetaient les produits asiatiques presque exclusivement à Lisbonne et laissaient aux Portugais un monopole incontesté sur l’Océan indien. Cependant, le port d’Amsterdam était alors en train de devenir le nouveau centre du commerce européen et la cartographie fit bientôt son apparition dans cette ville prospère.

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                                                                                                                                                                                      Carte de Guillaume de L’isle, Paris, 1742

La Compagnie hollandaise des Indes orientales a été fondée en 1602. Les fonctionnaires hollandais qui voyageaient sur les navires de la Compagnie dessinaient de plus en plus de cartes. Toutefois, les données sur le Golfe Persique étaient encore presque exclusivement d’origine portugaise. Cela ne devait changer que dans les années 1640. En 1622, face à l’assaut des troupes perses, les Portugais subirent une défaite et perdirent le contrôle de l’île perse d’Hormuz. L’année suivante, la Compagnie hollandaise des Indes orientales établit un comptoir à Ispahan, capitale des Safavides, et conclut un traité commercial avec l’empereur perse Shah Abbas Ier. Les décennies suivantes sont marquées par des contacts croissants entre la Perse et les Pays-Bas. Les relations se sont détériorées en 1637 et la Compagnie hollandaise des Indes orientales a adopté une stratégie agressive à partir de 1645, imposant un blocus sur Bandar Abbas et bombardant la forteresse des Safavides sur l’île de Qeshm.

La cartographie néerlandaise du Golfe Persique a ainsi subi, au milieu du XVIIe siècle, un changement fondamental. Alors que cette activité se résumait à ses débuts à la reproduction de cartes portugaises et italiennes, elle est devenue une pratique de plus en plus innovante centrée sur le regroupement méthodique des données sur le terrain par les capitaines et les topographes.

Malgré beaucoup de hauts et de bas, le commerce et la navigation néerlandais dans le Golfe Persique ont prospéré durant le XVIIe siècle, soutenus par plusieurs missions diplomatiques réussies auprès des souverains safavides. Le commerce des Pays-Bas avec la Perse safavide n’a décliné que lors de la dernière décennie du XVIIe siècle, et ce, du fait de la crise économique générale en Perse : l’invasion afghane et la crise de la dynastie safavide en 1722 ont fini par dégrader les relations, même si les Afghans n’ont pris Bandar Abbas qu’en 1727. La Compagnie hollandaise des Indes orientales a néanmoins ouvert en 1738 un nouveau comptoir à Bushehr, et un autre en 1752 sur l’île de Kharg. Mais les Néerlandais ont dû quitter la région en 1758. Globalement, les relations entre les Pays-Bas et la Perse sont demeurées tendues pendant la plus grande partie du XVIIIe siècle.

Aux XVIIe et XVIIe siècles : la cartographie française du Golfe Persique

La France a été le premier pays à essayer de défier la domination hollandaise sur le champ de la cartographie maritime au XVIIe siècle. La cartographie des territoires d’outre-mer et des océans devenait ainsi une priorité dans le processus de la centralisation mené par Louis XIV et son ministre Colbert.

Il est cependant important de noter que la cartographie française était aussi profondément enracinée dans des traditions étrangères que celles des autres nations. En 1666, Louis XIV fonda l’Académie royale des sciences, l’équivalent français de la Royal Society anglaise. Dans la même année fut créé le corps mixte, militaire et civil, des Ingénieurs du Roi. Les cartes produites par les Ingénieurs du Roi furent publiées en 1693 dans Le Neptune Français. Le dépouillement visuel et la grande clarté et lisibilité en étaient les caractéristiques importantes. Il est intéressant de savoir que Le Neptune Français fut publié la même année à Amsterdam en trois langues différentes (français, néerlandais et anglais). Le projet avait visiblement un grand potentiel commercial.

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Carte de Pieter Van der Keere, Amsterdam, 1610

En ce qui concerne le Golfe Persique, il paraît que l’impact réel de ces développements de la cartographie française sur les cartes du Golfe Persique n’est pas tout à fait clair. En effet, la présence française dans le Golfe Persique fut fragile pendant cette période historique. Contrairement aux Portugais et aux Hollandais, les Français ne réussirent jamais à imposer une présence commerciale ou militaire permanente dans cette région. Même les contacts diplomatiques avec la Perse ne permirent jamais aux Français d’obtenir une présence importante dans la région du Golfe Persique. La première initiative diplomatique sérieuse fut prise sous le règne de Shah Abbas II, dans les années 1660. Les ambassadeurs français à Ispahan informèrent Colbert des possibilités commerciales et politiques qui s’offraient alors en Perse. Louis XIV envoya alors une ambassade en Perse, et en 1665, Shah Abbas II fit sortir un ordre concédant à la Compagnie française des Indes orientales le privilège d’ouvrir un comptoir à Bandar Abbas. Ce ne fut cependant qu’en 1669 qu’une petite flotte de trois vaisseaux français arriva à Bandar Abbas. L’un d’eux fit escale au comptoir français, tandis que les deux autres avancèrent jusqu’à Bassora.

Bien que Shah Abbas II rénova les privilèges en 1671, la Compagnie française ne fit pas de progrès sur le terrain car elle se débattait avec de sérieux problèmes financiers. Peu après, le comptoir de Bandar Abbas était abandonné. Par ailleurs, la dynastie safavide était sur le point de succomber, et sa politique commerciale décadente empêcha l’établissement de relations commerciales permanentes entre la France et la Perse jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Il faut cependant noter que depuis le milieu du siècle les cartes françaises du Golfe Persique s’améliorèrent de façon très considérable même si les navigations étaient occasionnelles dans la région. Ceci s’explique peut-être par une sensibilité cartographique croissante en France, plutôt que par une remontée de l’activité navale sur le terrain.

 

1) Le golfe Persique : entre histoire millénaire et conflits actuels par Sarah Mirdâmâdi pour la Revue de Téhéran

Notes

[1] Le premier gisement pétrolier fut découvert à Soleymanieh en 1908.

2) Du « Sinus Persicus » au « golfe Persique » par Babak Ershadi pour la Revue de Téhéran

Notes

[1] Scylax (VIe siècle av. J.-C.), navigateur et géographe grec, originaire du Caire. Engagé par Darius Ier, il explora les côtes du golfe Persique et de la mer Erythrée (la mer Rouge).

[2] Néarque (IVe siècle av. J.-C.), navigateur grec et lieutenant d’Alexandre, originaire de Crète. Ayant reçu le commandement de la flotte d’Alexandre, il descendit l’Indus avec l’armée, puis il entreprit une exploration des côtes de la mer Erythrée (la mer Rouge) et du golfe Persique jusqu’à l’embouchure de l’Euphrate.

[3] Ratosthène (v. 276-v. 194 av. J.-C.), mathématicien, astronome, géographe et poète grec qui mesura la circonférence de la Terre avec une surprenante précision en déterminant astronomiquement la différence de latitude entre les cités de Syène (aujourd’hui Assouan) et d’Alexandrie, en Égypte.

[4] Mercator, Gerardus (1512-1594), qui fut géographe, cartographe et mathématicien flamand. En 1568, il conçut et réalisa un système de projection de cartes qui porte maintenant son nom. Dans ce système, des lignes parallèles représentent les méridiens, et les parallèles sont des lignes droites qui coupent les méridiens à angle droit. Très utilisée en navigation, la projection de Mercator permet de tracer une route en ligne droite entre deux points sur la carte et de la suivre sans modifier la direction de la boussole.

[5] Ortelius, Abraham (1527-1598), cartographe et géographe flamand qui produisit le premier atlas moderne, intitulé Theatrum Orbis Terrarum (1570). Cet atlas contenait 70 cartes, qui constituaient la plus grande collection de l’époque. Elles représentaient ce qui se faisait de mieux à l’époque, même si beaucoup de ces cartes étaient des copies et que certaines contenaient des erreurs.

 

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2012/11/11/le-golfe-persique-entre-histoire-millenaire-et-conflits-actu.html

 

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 23:53

 

 

http://soutien-palestine.blogspot.fr/2012/11/israel-tue-le-chef-militaire-du-hamas.html

Ahmad Jabbari a été tué dans un raid de l'aviation israélienne
L’AFPS dénonce les attaques
contre Gaza
et l’assassinat de Ahmad Jabari

http://www.france-palestine.org/L-AFPS-denonce-les-attaques-contre

 

 

  mercredi 14 novembre 2012

 

Le maintien du blocus cri­minel, qui depuis plus de 5 ans prend en otage la popu­lation de Gaza avec la com­plicité de la com­mu­nauté inter­na­tionale, ne peut que pro­voquer des réac­tions en retour.

 

Ce fut de nouveau le cas samedi avec l’attaque depuis Gaza d’un véhicule mili­taire israélien par­ti­cipant au blocus, entraînant aus­sitôt des frappes meur­trières contre des civils.

 

Les diri­geants israé­liens, assurés d’une totale impunité, les mêmes qui menacent de ren­verser, voire liquider Mahmoud Abbas en cas d’accession de la Palestine à l’ONU, viennent de franchir un pas de plus dans leur pro­vo­cation san­glante en assas­sinant le res­pon­sable de la branche mili­taire du Hamas à Gaza et en mul­ti­pliant les raids, escomptant – à l’inverse de la trêve pro­posée – une riposte en retour qui faci­li­terait une nou­velle opé­ration « Plomb durci ».

 

Pour Neta­nyahou c’est une manière cynique et effroyable de faire sa cam­pagne élec­torale, comme en 2008, et de tenter le tout pour le tout pour tor­piller la can­di­dature pales­ti­nienne à l’Onu.

Nous appelons la France à s’élever avec force contre ces agis­se­ments cri­minels et à tout faire pour stopper cette spirale des plus dan­ge­reuses et obtenir la levée du blocus de Gaza qu’elle affirme condamner.

Face aux agis­se­ments des diri­geants israé­liens, elle doit faire savoir clai­rement par ailleurs qu’en disant oui à la Palestine à l’ONU, elle choisit le chemin du droit contre la force. Il n’y a pas de troi­sième voie possible.

 

Le Bureau National de l’AFPS

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