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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 03:20

Chemtrails toujours


Rappel : un dossier spécial dans les "Libres infos n°207 et 205", consultables ici http://vivresansogm.org/archivesartemisi/index.html



 

 

Nous ne pouvons pas transmettre tous vos nombreux témoignages, ni répondre à tous... Mais tout est lu avec attention...

« Bonjour. Juste un mot pour vous dire ce que j’ai remarqué : au-dessus de Villepreux, les « vaporisations » ont lieu le mardi. J’ai pris quelques photos que je vous joins comme preuve (prises les mardis 6, 20 et 27 juillet). Peut-être ce fait a-t-il été remarqué par d’autres personnes habitant la plaine de Versailles. En tous cas, merci encore pour toutes les infos que vous envoyez et, même si beaucoup sont pessimistes, je vous remercie de continuer à les envoyer. Il faut bien connaître ses ennemis pour mieux se défendre. C’est vrai que, parfois, je suis découragée en voyant toutes ces horreurs (comme vous l’êtes sans doute aussi), mais je reprends espoir en pensant que le bien l’emportera finalement. Bien à vous, Marguerite, Villepreux (78) ».


 


« Bonsoir. Nous confirmons la reprise des "chems" chez nous, en Sarthe, depuis hier. Bien entendu sans aucune commune mesure avec ceux que vous avez pu observer sur Lyon.
Au niveau symptômes (constatés en rouge) :
- céphalées, - insomnies, - brûlure des voies respiratoires et des muqueuses, - démangeaisons cutanées, - somnolence, - facultés intellectuelles réduites. Une sensation de brûlure de l'enveloppe cérébrale, des douleurs cérébrales permanentes, une sensation de type congestion cérébrale, des raideurs (nuque, muscles oculaires ...), des malaises de type coup de chaleur, une déshydratation générale avec des zones marquées (nez sec, gorge sèche), un grand épuisement, une somnolence permanente. Amicalement. F et Ph ».

F et Ph qui nous font aussi parvenir ce document sur aluminium et baryum :

Aluminium

Le débat autour du possible lien entre Aluminium et maladie d'Alzheimer dure depuis longtemps. Certaines études suggèrent que l'aluminium pourrait faciliter la maladie d'Alzheimer :

- les tissus du cerveau des patients atteints de maladie d'Alzheimer contiennent en moyenne plus d'aluminium que les personnes saines [Ano93].

- il existe une corrélation entre la présence d'aluminium dans l'eau courante et la maladie d'Alzheimer [OMS98]

Mais les études complémentaires faites jusqu'à ce jour ne démontrent pas de lien de cause à effet. Le fait de d'éviter ou non par précaution des expositions inutiles à l'aluminium est donc vraiment un choix personnel.

On le trouve de l'Aluminium dans des additifs alimentaires, certains antiacides comme l'algeldrate (hydroxyde d'aluminium), l'aspirine tamponnée, des sprays nasaux, déodorants, l'eau courante, les gaz d'échappement, la fumée du tabac, le papier aluminium, les ustensiles de cuisine en aluminium, les pétards, certaines céramiques [ToxFAQS ATSDR]. L'eau courante contient des traces d'aluminium car il est utilisé dans les coagulants qui servent à la purification des eaux usées.

Les symptômes de la toxicité à l'aluminium (quantités importantes) sont : perte de mémoire, difficultés d'apprentissage, perte de la coordination et de l'orientation, confusion mentale,

   coliques, "heartburn", flatulences, migraines.

Le test du niveau d'aluminium dans l'organisme se fait par l'analyse du sang, des urines, des cheveux, des ongles et des selles. Le test sanguin sous-estime probablement les niveaux corporels d'aluminium (l'analyse des cheveux semblant plus fiable). 

http://www.retourvital.com/Metaux.php

 


Baryum (troisième lien) :


La planète Terre bientôt climatisée ?

http://www.univers-nature.com/dossiers/solutions-rechauffement-climatique/rechauffement-climatique.html

 

Les technologies de modification du temps : le marché prometteur de XXIème siècle ?
http://www.univers-nature.com/dossiers/solutions-rechauffement-climatique/geoingenierie.html

 


Les risques de l'application de ces projets sur le système climatique et la santé des êtres vivants
http://www.univers-nature.com/dossiers/solutions-rechauffement-climatique/dangers-manipulation-climatique.html

 


Le baryum est un élément dangereux. Les sels de baryum pénètrent l'organisme par voie pulmonaire et orale. Les sels insolubles inhalés peuvent se déposer et s'accumuler dans les poumons à la suite d'une l'exposition à long terme. Les sels solubles dans l'eau et les acides sont très toxiques lorsqu'ils sont ingérés. Le baryum entraîne des arythmies, des troubles digestifs, une asthénie intense et une hypertension artérielle. Les analyses de baryum sont très délicates et coûteuses. Les tests effectués au Canada auraient révélé la présence de ce métal à des taux anormalement élevés dans l'eau de pluie.

 

.


   http://vivresansogm.org/archivesartemisi    

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 02:38

tsiganes-j.jpg

 

Comme un manouche sans Mercedès

 

Nous sommes vraiment admirablement gouvernés.

Hier, avoir convoqué la fine fleur du gouvernement, Sarkozy, président de la république a fait annoncer par son ministre de l'intérieur une mesure phare.

L'état va contrôler la situation fiscale des gitans parce que certains d'entre eux ont été aperçus avec de grosses mercedes pour tirer leur caravane.

 Dix contrôleurs des impôts vont s'y consacrer. Et, ils vont devoir se nomadiser d'une certaine façon. Leur première destination? Les Saintes-Marie-de-la-mer peut-être!

Franchement, c'est à se demander si on n'est pas dans un sketch grandeur nature de Dieudonné!

 

 

Au moment où Eric Woerth peine à se justifier de la légalité de ses actions de trésorier de l'UMP et de ministre du budget dans l'affaire Bettencourt, au moment où l'on apprend qu'une bonne partie du gratin des grandes fortunes cherche par tous les moyens à échapper au fisc grâce à des moyens plus ou moins légaux, on s'en prend aux gitans qui roulent en mercedes et autres voitures de grosse cylindrée.

Ils sont gitans et ils ont des mercedes, alors ils sont coupables de fraude car ils ont bien la tête à ça! Pas comme Woerth qui affirme qu'il n'a pas la tête à couvrir des évasions fiscales!

Présomption d'innocence?

Oublierait-on que les gitans et autres gens du voyage travaillent? Quand on ne veut pas connaître, c'est qu'on a dû naître con!

Les gens du voyage sont souvent des forains, des travailleurs agricoles saisonniers, des gens du cirque, des revendeurs sur les marchés. Certains ont des petites entreprises et comme beaucoup de gens, ils ont droit au crédit bancaire pour acheter ce que bon leur semble. En plus, tous ne sont pas nomades "à plein temps". Beaucoup sont sédentaires une partie de l'année et travaillent comme tout le monde.

Une grosse mercedes? Achetée neuve ou d'occasion? Achetée cash après des années d'économie ou à crédit?

Les politiciens zélés ne se posent pas ce genre de question, ils montrent du doigt, accusent et envoient la boue de la honte sur des gens pas assez puissants pour se défendre. Avec cette tendance à formater l'opinion et à désigner des coupables par commodité, on en viendrait même à imaginer ce que serait la vie des juifs de France s'ils ne s'étaient pas organisés en organisations puissantes et influentes.

 

 

La vérité est qu'on reproche aux gens du voyage d'être des consommateurs de liberté au lieu d'être des consommateurs tout court.


La vérité est que les gens du voyage

ont mis en place un système

de solidarité familiale et clanique  

qui échappe à tout contrôle. Moi, je dis tant mieux!


La vérité, est que ce système qui permet que l'un des membres du clan puisse recevoir des autres pour s'acheter quelque chose de coûteux.


Dans ce système, on aide, on emprunte et on prête, on se rend service, on met du fric en commun, on se porte caution solidaire pour un crédit bancaire, on se refile les bonnes adresses.


Tout le contraire de la société actuelle qui voit ses familles se disloquer et exacerbe l'individualisme.


D'où le maintien, pour les gens du voyage, de leurs carnets individuels de circulation obligatoire. Comme les laissez-passer pour les habitants des townships de l'Afrique du Sud pendant l'apartheid.


Le climat est à la délation encouragée par le sommet de l'état. C'est évident. Une sorte de facisme soft pour séduire les électeurs les plus à droite. Moi fasciste, nooon!

Il suffit de ne pas le dire, de déguiser cela sous des oripeaux républicains de nécessités sécuritaires pour tous et personne ne s'en aperçoit. On flatte les délateurs, ceux qui observent, épient et tirent leurs conclusions obtues.

Comme dans le sketch "Cohen et Bokassa" d'Elie et Dieudonné: " Déjà qu'on a l'bruit et les odeurs, enfin j'me comprend!".

Les fascistes en herbe ne vous diront jamais qu'ils sont fascistes. Leurs idées tiennent en quelques truismes simples parfaitement caricaturées dans le sketch de Luis Rego : la journée d'un fasciste sur France-Inter en 1983, en présence de Jean-Marie Le Pen.

Voici le verbatim d'un extrait très révélateur et tout à fait dans l'air de notre époque:

 Et qu'est-ce que vous croyez, amis de la tolérance? Que nous sommes plus à cran que les autres? C'est faux! Nous sommes aussi énervés que les autres!

Face aux injustices et au laisser-aller, au manque de respect et de responsabiluéts de nos dirigeants, savez-vous au moins ce que nous voulons? Je vais vous le dire.

 Une société parfaite!

Une société parfaite, amis libéraux, écoutez-moi bien, c'est une société où les chiens font où on leur dit de faire!

Où il n'y a pas de grève, où les partis politiques ne viennent pas nous beurrer la raie à la télé, où les travailleurs immigrés sont là pour travailler et non pas pour se goinfrer de couscous et de morue,

où le terrorisme doit être interdit, où les riches doivent être contents d'être riches et les pauvres contents d'être pauvres, où tout le monde doit être unis contre tous les autres,

où l'oncle doit être marié avec la tante!

Une société parfaire est une société où l'on ne rit pas bêtement!

 

Mais à trop rire, on en oublierait certaines choses sur les gitans, les bohémiens et autres manouches:

On ignore ou on ne veut pas connaître  qu'ils figuraient aux côtés des juifs comme peuple de profiteurs dans l'idéologie raciale nazie.

Nomades, sans attache à une terre ou une nation, avec une réputation de voleurs, de violeurs, de kidnappeurs...

Bref, des fourbes auxquels on ne peut se fier et sans identité nationale... Comme les juifs.

On ignore ou on ne veut pas connaître qu'un quart des gitans et des tsiganes d'Europe ont été exterminés dans les camps de concentration nazis (entre 250.000 et 500.000 morts),

On ignore ou on ne veut pas connaître que la France de Vichy les maintenait dans des camps d'internement (une quarantaine).

La plupart des stèles rendant hommage aux déportés ne les mentionne pas...

On ignore ou on ne veut pas connaître que, de 1912 à 1969, ils devaient avoir sur eux, un carnet anthropométrique comprenant les empreintes digitales de leurs dix doigts, leurs photos de face et de profil, leur type de faciès.

Aujourd'hui, il s'agit d'un carnet de circulation à faire viser dans une gendarmerie tous les six mois.

On ignore ou on ne veut pas connaître qu'aujourd'hui, le droit de vote leur est refusé s'ils ne peuvent prouver une résidence permanente dans une commune depuis plus de trois ans!

 Et tout ce qui intéresse les dirigeants français, c'est leurs belles mercedes! Un peu comme si au Moyen-Age on se serait étonné de voir les roulottes des bohémiens tirées par un cheval au lieu d'un mulet.

Oubliés encore une fois, la bohème, Esmeralda, Carmen, Django Reinhart et les Gypsies Kings. On voudrait chasser les gitans du coeur de l'identité nationale, qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Comme dirait Carmen: France, prends garde à toi!

Quand on ne veut pas connaître c'est qu'on a dû naître con!



Auteur : Milton Dassier - Source : Milton Dassier sur l'actu

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14610&rech=25157#25157

 

 

 

Il a eu 8 ans pour faire bouger les choses…


Source : Un quinquennat dérangeant

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14590#14590

 

 



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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 02:01

La classe moyenne américaine est en perdition

 

La population américaine appartenant à la « middle class » nous indique peut être avec quelques années d’avance la voie que nous suivons, c’est pourquoi elle mérite tout notre intérêt.

 

Tout comme la classe moyenne française, la “middle class” américaine a longtemps fourni le plus gros des efforts fiscaux pour garder le navire à flots. Conscients de cet état des choses au coeur de la tempête, les politiques tentent avec du retard de colmater les fuites du navire en perdition. Nancy Pelosi vient d’annoncer qu’elle souhaitait maintenir les réductions d’impôts issues de l’ère Bush pour la classe moyenne. Cependant cette bienveillance apparente envers la middle class a tout du coup de communication politique, et ne doit pas faire oublier à quel point cette population est malmenée.

Divisions de la classe moyenne

Premièrement il existe de vraies disparités à l’intérieur de cette classe moyenne. Une étude d’Ariel investments a démontré que la récession était plus difficile pour la “black middle class” que pour sa contrepartie Wasp. Ainsi près de 50 % des ménages noirs gagnant plus de 50 000 $ par an ont vu leurs compte d’épargne et de retraite fondre à vue d’oeil ces deux dernières années, pour 31 % environ des ménages blancs. Malgré tout, les ménages afro-américains de la middle class sont plus optimistes que les ménages Wasp sur la sortie de crise.

Notons que cette façon de publier des études sur des critères ethniques, si typiquement américaine, présente pour les gouvernants l’immense avantage de diviser pour mieux régner à l’intérieur de cette classe moyenne. On ne sera donc pas étonnés si maintenant ou d’ici quelques années, la France emboîte le pas à ces méthodes visant à désolidariser un groupe qui pourrait autrement être beaucoup plus revendicatif.

Une décennie perdue pour la classe moyenne

Deuxièmement, la situation économique a été très néfaste à la classe moyenne américaine dans son ensemble. L’indice d’insécurité économique est à son plus haut depuis 25 ans. Si les ménages pauvres ont vu leur insécurité économique doubler sur cette période, le rapport de la Rockefeller Fondation insiste sur “l’agitation croissance de la middle class”.

Pour qui serait tenté d’agiter à ce propos le chiffon du fantasme ou du catastrophisme, voici quelques faits tangibles.

Le nombre d’américains sous le seuil de pauvreté a augmenté de 15 % entre 2000 et 2006.

Chaque année de nouveaux contingents viennent grossir ces rangs. Ainsi pour satisfaire un besoin primaire, près de 40 millions d’américains utilisent des coupons alimentaires en 2010, ce qui signifie qu’un habitant sur huit est maintenant dépendant du gouvernement fédéral pour se nourrir. Ce chiffre a augmenté de 21 % en un an, ce qui est considérable et sans précédent récent aux Etats-Unis. Et d’où viennent ces 21 % ? De la classe moyenne évidemment !

Pire, ce déclassement se fait parallèlement à une forte augmentation de richesse d’une infime minorité de la population. Selon Harvard Magazine, 66 % de la croissance entre 2001 et 2007 est allée à 1 % de la population. Les différents hold-up postérieurs à 2007, de la crise des subprimes aux saisies de biens immobiliers et faillites personnelles, ont encore aggravé ces inégalités.

Le taux de chômage réel en 2010 serait de près de 22 %. Ce chiffre inclue les “sous-employés” (le critère U6 du département du Travail américain), et les américains qui désespèrent de trouver du travail et ont cessé de chercher, sortant ainsi des statistiques officielles.

Obama, qui joue avec les vis du cercueil, sent venir le contrecoup politique. Il a beau faire des pieds et des mains pour montrer qu’il s’intéresse au problème, ses paroles restent impuissantes face à la dégradation de la condition de vie des classes moyennes. Le président américain a déclaré sur le sujet : “une récession brutale est venue s’ajouter à ce qui était déjà une décennie perdue pour la classe moyenne”. Jolie façon de dire qu’il n’y est pour rien, et que si ça empire, il n’y pourra rien.

Montée de la colère

Enfin comment ne pas parler de la montée du mouvement populiste “Tea Party”, décrit par ses adhérents comme le parti des américains ordinaires, déçus par l’étatisme et la politique telle qu’elle se pratique aujourd’hui, en résumé déçus je cite par “l’européanisation de l’Amérique”. Voilà qui est cocasse pour des Européens qui ont coutume de dénoncer “l’américanisation de l’Europe”.

Ce parti connaît une popularité croissante, mais il est encore mal structuré et éprouve du mal à formuler des voies politiques alternatives. L’écrivain Lee Harris raconte dans son livre “La prochaine guerre civile”, que la colère actuelle n’est que l’histoire séculaire d’une élite d’experts qui tente d’imposer sa volonté à des gens, dont un bon nombre finit par se révolter”. On comprend que cette “élite” ait du mal à tolérer la montée en puissance de Tea Party, et use de tous les artifices habituels pour le disqualifier. Tout l’enjeu est de savoir si cette colère sera canalisée par le système (peut être l’est-elle déjà ?), ou au contraire débordera de ses structures traditionnelles.

Mais qu’elle agisse politiquement ou non, la classe moyenne est regardée avec condescendance, comme en témoigne cet article du New York Times intitulé : No sex please, we’re middle class. Ce portrait au vitriol décrit l’homme du ménage de la classe moyenne comme un simple rouage d’une machine interne commandée par les femmes. Un homme éternellement garçon qui “porte d’encombrants T-shirts, shorts et espadrilles des classes d’enfant à l’âge mûr.

Une population soumise, infantilisée et interchangeable, qu’on peut railler à loisir, et démanteler morceau par morceau sans trop faire de vagues. La classe moyenne idéale en somme… A moins d’un grain de sable.

Similaire :

 

http:// www.filefi.com/la-classe-moyenne-americaine-est-en-perdition/

 


Source : http://www.filefi.com

 

 

 

Posté par Filefi dans Société le 29 juillet 2010

Nous poursuivons notre tour du monde des classes moyennes après la classe moyenne américaine et la française.  

 

Ici c’est le mouvement inverse au déclin occidental qui semble se produire : l’essor d’une classe moyenne et d’un marché intérieur à la Chine.

 

Réalité ou trompe-l’œil ?

Lire la suite : L’émergence de la classe moyenne chinoise

Eva, R-sistons à l'intolérable


Source : http://www.filefi.com

 


 

 

La classe moyenne va-t-elle exploser brutalement ou imploser en silence?

 

Constant Pourpier

 

Le déclin des classes moyennes est devenu un cliché moderne, qui suscite autant la colère que la résignation des populations concernées. En plein cœur de la crise, le sujet mérite pourtant qu’on s’y penche régulièrement : c’est le cœur de la société qui est touché, le ventre mou du classement diront les plus cyniques, son noyau dur diront les autres.


Un responsable du département "conditions de vie et aspirations des Français" déclare cette semaine à Capital.fr que "les classes moyennes ont du mal à faire le deuil de l’ascenceur social" et affirme que "le tableau est noirci à outrance". Un propos lénifiant en pleine crise économique.


On considère que les -ou la- classe moyenne est cette partie de la population qui se situe entre la classe pauvre et la classe riche. Louis Chauvel la définit comme une population bénéficiant d’un revenu stable, suffisant, d’une protection sociale relativement garantie, capable d’assurer une bonne éducation à ses enfants et pouvant se permettre certains loisirs. Des caractéristiques de plus en plus dégradées, à l’heure où deux tiers à trois quarts des français se perçoivent comme faisant partie de la classe moyenne, selon une étude du Centre d’analyse stratégique. Dans sa définition extensive, la classe moyenne représente plus de 80 % de la population.


Un système de distribution des richesses en "U"
Dans la réalité, les gains économiques les plus importants se trouvent aux deux extrémités du système : on a coutume de dire que les plus riches s’enrichissent, ce qui n’est pas dénué de fondement, mais les plus pauvres bénéficient également d’un transfert de richesse important.


Un colloque tenu au Sénat en 2007 a montré que de façon concrète, la catégorie de population la moins bien lotie est celle dans les revenus s’établissent entre 40% et 100% du revenu moyen, c’est à dire le bas de la classe moyenne, ou « lower middle class ».


Du côté des « pauvres », désignés comme tels jusqu’à 35% du revenu moyen, les ménages bénéficient, grâce aux transferts, d’un surcroît de revenu d’environ 20%. C’est un gain que l’on retrouve à partir de 140% du revenu moyen (soit 2170 euros par mois) et qui continue de croître en fonction du revenu.


Cela donne une forme de distribution des richesses en U, la classe moyenne se situant dans le creux du U.


Le moteur du système économique est fatigué


On voit que le nombre important de personnes pouvant se rattacher à la classe moyenne, et la redistribution exagérée des richesses qu’elle produit, devraient accaparer la plupart des débats politiques, économiques et sociaux.


La réalité est toute autre : la couverture médiatique et les politiques font de plus en plus comme si cette écrasante majorité n’était pas au cœur de leurs agendas, et s’intéresse en priorité à ceux qui pourraient rentrer dans cette classe moyenne, plutôt qu’à ceux qui ont le sentiment d’en sortir.


Un sentiment d’injustice énorme en découle, car à ceux qui pourraient y rentrer on fait miroiter l’illusion d’une prospérité continue et d’un gâteau toujours égal à partager, et à ceux qui en sortent ou craignent d’en sortir, on raconte que la « Crise » n’est que passagère, espérant noyer le poisson par des périphrases et autres rotations autour du pot.


A propos de pot, je ne résiste pas à l’envie de vous livrer ici cette réplique imaginaire de Mazarin, qui n’est pas un hoax mais tirée d’une pièce de théâtre intitulée "Le diable rouge". Le succès relatif de son buzz démontre tout son impact sur la psyché de la classe moyenne.


Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d’un malade) ! il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! Ce sont ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser… C’est un réservoir inépuisable.


Le succès de cette réplique pourrait se traduire par : Travailler plus ? Message reçu... Par une classe moyenne à qui on ne laisse guère le choix.


Entrée et sortie de la classe moyenne


Du côté de la sortie de la classe moyenne, ou de la prolétarisation progressive de sa population, il faut absolument citer le fait que c’est l’essor économique qui a permis son émergence massive, et qu’une crise économique et financière d’ampleur telle que nous la vivons la malmène forcément. Il serait pourtant logique de répartir de façon plus juste l’effort fiscal, car de la « lower middle class » à la pauvreté, il n’y a qu’un pas.


A l’aune de la crise mondiale, on peut également juger que les jeunes issus des classes moyennes qui entrent aujourd’hui sur le marché du travail, sont confrontés à des taux de chômage stratosphériques si on les rapporte à leur niveau de diplôme. Accepter un travail sans relation avec son niveau d’éducation et son diplôme, avec le risque élevé d’y rester toute sa vie, c’est d’abord cela le déclassement.


C’est aussi accepter de travailler toujours plus par peur d’une armée de chômeurs qui pousse derrière, accepter des rythmes infernaux pour atteindre les objectifs, et constater le taux de suicide effrayant dans les entreprises françaises. L’observatoire du stress et des mobilités forcées a émis l’idée que la tendance du suicide en entreprise s’accélère.


Voilà les résultats bien tangibles du déclassement. Et la crise amplifie ces phénomènes convergents de mois en mois. Nos politiques quinquennales nous ont habitué à des décisions de court terme et de courte vue, alors que le problème nécessiterait une vision stratégique, par définition de long terme.


Il faut pour l’instant considérer le déclassement comme un long déclin de la classe moyenne, qui perd par à-coups la possibilité de profiter d’un mode de vie acquis durant les trente glorieuses. Jusqu’à un certain seuil d’acceptation seulement ? La classe moyenne va-t-elle exploser de colère et d’indignation, ou imploser et se déliter morceau par morceau ? C’est à elle de répondre.
 


http://www.filefi.com/

 

 

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EklpppkEAAItDnvWqJ.shtml

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 00:59

 

 

 

 

Les autorités israéliennes ont décidé de prolonger de vingt ans l'interdiction d'accès aux archives gouvernementales, la portant à soixante-dix ans. Ces archives concernent en particulier la campagne du Sinaï contre l'Egypte en 1956, lancée en coordination avec la France et la Grande-Bretagne, des affaires d'espionnage et le début du programme nucléaire israélien.

 

 

'Ces archives continueront à être classifiées de crainte d'atteinte à la vie privée des personnes mentionnées ou de leurs proches' a déclaré à l'AFP le directeur des Archives nationales, Yehoshua Freundlich. 'Nous devons également maintenir le secret défense' compte tenu du risque qu'Israël peut se faire accuser 'de violer le droit international', a-t-il ajouté. Selon lui, dans un certain nombre de pays occidentaux, 'des documents d'Etat restent classifiés soixante-dix ans voire plus'.

Selon le quotidien Haaretz, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a décidé il y a deux semaines de prolonger la période du secret, sous la pression des services secrets.


'DÉMARCHE ANTIDÉMOCRATIQUE INQUIÉTANTE'


L'historien israélien Tom Segev a dénoncé cette mesure estimant qu'elle traduisait une 'tendance antidémocratique' dans la société israélienne. 'S'il est légitime de ne pas dévoiler certains noms et de maintenir le secret sur des sujets ultrasensibles, interdire globalement de publier ou même de consulter ces documents, relève d'une démarche antidémocratique inquiétante et d'une volonté de masquer des fautes, voire des crimes de guerre passés', a-t-il déclaré à l'AFP.

 

Le maintien du secret a également été dénoncé comme une mesure 'arbitraire et injustifiée' par l'Association des droits civiques en Israël.... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr

 

http://fr.news.yahoo.com/64/20100728/twl-isral-prolonge-de-vingt-ans-le-secre-acb1c83.html

 

 

Dernière info lue sur les faits et méfaits des Israéliens, 29.7.10
http:// www.alterinfo.net/Nettoyage-ethnique-dans-le-Neguev-israelien_a48590.html

 

 


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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 00:37

 

Je ne suis évidemment pas là pour faire de la pub pour le Front National ou pour le Front National de la Jeunesse. Concernant ce sujet:

Evidemment, en Gaullienne de Gauche je préfère les périodes de l'Histoire relatant les combats de nos aiëux pour améliorer le sort des plus exploités, des plus faibles, des plus malmenés, aux faits d'armes de Rois ou de l'Empereur Napoléon. Néanmoins, en découvrant ce lien qu'on me signale, je suis en effet interpellée par les choix faits. Une phrase me touche particulièrement:  "cherche à déraciner encore plus les petits français, à des fins obscures visant à en faire des citoyens du monde sans racines et sans passé." (C'est ce que les USA ont fait en Irak en détruisant la culture millénaire, donc le passé). Je sais que le Nouvel Ordre Mondial tente de tout uniformiser, de détruire les cultures, les identités, tout ce qui rattache à une histoire particulière. Et cela, pour moi, est intolérable.

Il faut soulever cette question:  Quels choix pour nos enfants, dans quels buts: Celui, par ex, d'en faire des robots du Nouvel Ordre Mondial ? Je publie donc ce texte, avec les réservess qui s'imposent. Eva R-sistons

 

 

Communiqué de presse de Grégory Gennaro

 


L’on vient d’apprendre avec stupéfaction, à la lecture des 116 pages des nouvelles instructions officielles pour les programmes scolaires, que François Ier, Henri IV, Louis XIV et Napoléon allaient être passés pour silence dans les programmes de l’année 2010-2011, et ce au profit des empires africains du Songhaï et du Monomatapa !

L’on apprend que la part belle sera faite à l’Histoire du commerce au XVIIIe siècle et des traites négrières, au détriment du Roi Soleil et de l’histoire de l’Empire napoléonien !

Le Front National de la Jeunesse veut dénoncer avec vigueur cet attentat culturel – ce véritable crime de la mémoire ! – qui cherche à déraciner encore plus les petits français, à des fins obscures visant à en faire des citoyens du monde sans racines et sans passé.

Or, un arbre sans racines est un arbre mort !

Comment ne pas être scandalisé par cette velléité profondément indue de s’asseoir sans gênes sur notre héritage historique, et notamment sur les moments les plus glorieux de l’Histoire de France ? Serait-ce par ce qu’il serait inconvenant d’être fier d’être français aujourd’hui ?

Le Front National de la Jeunesse défend la France, et par conséquent autant son passé que son devenir, qui sont nécessairement intimement liés

 

http://gregorygennaro.fr/?p=

 

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 00:33
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Tout autant que Mahmoud Ahmadinejad, Vladimir Poutine est devenu pour Washington « l’homme à abattre ».
© Mehdi Ghasemi, Agence ISNA

par Thierry Meyssan §

 

Happée par le conflit qui fait rage entre son président et son Premier ministre, la Russie est en train de laisser passer une chance historique de se déployer au Proche-Orient. Les élites russes n’ont pas su élaborer de stratégie dans cette région lorsqu’elles en avaient la possibilité et ne sont plus en mesure de la définir aujourd’hui. Pour Thierry Meyssan, Moscou est paralysé : il ne parvient pas à tirer pleinement parti de l’échec du « remodelage » états-unien, ni à répondre aux attentes que Vladimir Poutine a suscitées.

 


Quelle place pour la Russie au Proche-Orient ?

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Le président Medvedev et le Premier ministre Poutine. La complicité entre les « amis de trente ans » s’est soudain muée en guerre ouverte. Dans ces conditions, comment Moscou pourrait-il assumer une grande ambition au Proche-Orient ?

L’échec israélien face à la Résistance libanaise, à l’été 2006, a marqué la fin de l’hégémonie états-unienne au Proche-Orient. En quatre ans, la donne militaire, économique et diplomatique de la région a été entièrement renouvelée. Dans la période actuelle, le triangle Turquie-Syrie-Iran s’affirme comme leader, tandis que la Chine et la Russie étendent leur influence au fur et à mesure du retrait US. Cependant Moscou hésite à saisir toutes les opportunités qui s’offrent à lui d’abord parce que le Proche-Orient n’est pas sa priorité, ensuite parce qu’il n’y a pas de projet consensuel des élites russes pour cette région, et enfin parce que les conflits du Proche-Orient renvoient la Russie à des problèmes internes non résolus. Etat des lieux :

2001-2006 et le mythe du remodelage du « Proche-Orient élargi »

L’administration Bush avait su rassembler autour d’un projet grandiose le lobby pétrolier, le complexe militaro-industriel et le mouvement sioniste : dominer les champs pétroliers de la mer Caspienne à la Corne de l’Afrique en redessinant la carte politique sur la base de petits ethno-Etats. Délimitée non en fonction de sa population mais des richesses de son sous-sol, la zone a d’abord été nommée « Croissant de crise » par l’universitaire Bernard Lewis, puis a été désignée comme « Proche-Orient élargi » (Greater Middle East) par George W. Bush.

Washington n’a pas lésiné sur les moyens pour la « remodeler ». Des sommes gigantesques ont été englouties pour corrompre les élites locales afin qu’elles renoncent à leurs intérêts nationaux au profit d’intérêts personnels dans une économie globalisée. Surtout, une armada titanesque a été transportée en Afghanistan et en Irak pour prendre en tenaille l’Iran, principal acteur de la région à tenir tête à l’Empire. Déjà les projets cartographiés de l’état-major états-unien circulaient. On y voyait tous les Etats de la région, y compris les alliés de Washington, dépecés en multiples émirats, incapables de se défendre. Tandis que la Maison-Blanche imposait à l’Irak vaincu une partition en trois Etats fédérés (un kurde, un sunnite et un chiite).

Alors que rien ne semblait pouvoir arrêter ce processus de domination, le Pentagone confia à Israël le soin de détruire les fronts secondaires avant l’attaque de l’Iran. Il s’agissait d’éradiquer le Hezbollah libanais et de renverser le gouvernement syrien. Las ! Après avoir écrasé un tiers du Liban sous un tapis de bombes sans équivalent depuis la guerre du Vietnam, Israël était contraint de se retirer sans avoir atteint un seul de ses objectifs. Cette défaite a marqué le renversement du rapport de force.

Dans les mois qui suivirent, les généraux états-uniens se révoltèrent contre la Maison-Blanche. Ils ne maitrisaient toujours pas la situation en Irak et anticipaient avec effroi les difficultés d’une guerre contre un Etat bien armé et organisé, l’Iran, sur fond d’embrasement régional. Unis autour de l’amiral William Fallon et du vieux général Brent Scowcroft, ils firent alliance avec des politiciens réalistes qui s’opposaient à ce dangereux sur-déploiement militaire. Tous utilisèrent la Commission Baker-Hamilton pour influencer l’électorat états-unien jusqu’à renverser le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et à imposer un des leurs pour lui succéder : Robert Gates. Par la suite, les mêmes personnalités hissèrent Barack Obama à la Maison-Blanche, pourvu qu’il conserve Robert Gates au Pentagone.

En réalité, l’état-major US n’a pas de stratégie de rechange après l’échec du « remodelage ». Il se préoccupe exclusivement de stabiliser ses positions. Les GI’s se sont retirés des grandes villes irakiennes et se sont repliés dans leurs bases. Ils ont laissé la gestion du pays aux Israéliens dans la partie kurde, aux Iraniens dans les parties arabes. Le département d’Etat a cessé ses cadeaux somptueux aux dirigeants de la région et semble de plus en plus avare en ces temps de crise économique. Les obligés d’hier se cherchent de nouveaux maîtres qui les nourrissent.

Seul Tel-Aviv pense que le repli états-unien n’est qu’une éclipse, et que le « remodelage » reprendra une fois la crise économique terminée.

La formation du triangle Turquie-Syrie-Iran

Washington avait imaginé que le démantèlement de l’Irak serait contagieux. La guerre civile entre chiites et sunnites (la Fitna, selon l’expression arabe) aurait dû projeter l’Iran contre l’Arabie saoudite et diviser tout le monde arabo-musulman. La quasi-indépendance du Kurdistan irakien aurait dû sonner l’heure de la sécession kurde en Turquie, en Syrie et en Iran.

A contrario, la diminution de la pression états-unienne en Irak a scellé l’alliance des frères ennemis turcs, syriens et iraniens. Tous ont réalisé qu’ils devaient s’unir pour survivre et qu’unis, ils pouvaient exercer le leadership régional. En effet, à eux trois, ces Etats couvrent l’essentiel du champ politique régional. La Turquie, héritière de l’Empire ottoman, incarne le sunnisme politique. La Syrie, seul Etat baasiste depuis la destruction de l’Irak, incarne la laïcité. Enfin, l’Iran, depuis la révolution de Khomeini, incarne le chiisme politique.

En quelques mois, Ankara, Damas et Téhéran ont ouvert leurs frontières communes, diminué leurs droits de douane, et jeté les bases d’un marché commun. Cette ouverture a créé un appel d’air et une soudaine croissance économique. Du coup, elle rencontre un vrai soutien populaire, malgré le souvenir des querelles précédentes.

Cependant, chacun de ces Etats a son talon d’Achille par lequel non seulement les Etats-Unis et Israël, mais aussi certains de leurs voisins arabes, espèrent les blesser.

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Tout autant que Mahmoud Ahmadinejad, Vladimir Poutine est devenu pour Washington « l’homme à abattre ».
© Mehdi Ghasemi, Agence ISNA
Le programme nucléaire iranien

Depuis plusieurs années, Tel-Aviv et Washington accusent l’Iran de violer ses obligations de signataire du Traité de non-prolifération et de poursuivre un programme nucléaire militaire secret. Du temps du Shah Reza Pahlevi, les mêmes capitales —plus Paris— avaient organisé un vaste programme pour doter l’Iran de la bombe atomique. Personne ne pensait à ce moment-là qu’un Iran nucléaire représenterait une menace stratégique, dans la mesure où ce pays n’a pas eu de comportement expansionniste au cours des derniers siècles. Une campagne de communication, fondée sur des informations volontairement falsifiées, a alors objecté que les actuels dirigeants iraniens seraient des fanatiques qui pourraient utiliser la bombe, s’ils en avaient une, de manière irrationnelle, donc dangereuse pour la paix mondiale.

Pourtant, les dirigeants iraniens affirment s’interdire de fabriquer, de stocker ou d’utiliser la bombe atomique, précisément pour des raisons idéologiques. Et ils sont crédibles sur ce point. Souvenons-nous de la guerre déclarée par l’Irak de Saddam Hussein contre l’Iran de Rouhollah Khomeini. Lorsque Bagdad lança des missiles sur les villes iraniennes, Téhéran lui répondit à l’identique. Les missiles en question étaient des projectiles non guidés, que l’on tirait dans une direction et à une certaine puissance, et qui tombaient à l’aveuglette. L’imam Khomeini intervint alors pour dénoncer l’usage de ces armes par son état-major. Selon lui, de bons musulmans ne pouvaient prendre le risque moral de tuer massivement des civils en ciblant des militaires. Il avait alors prohibé le tir de missiles sur des villes, ce qui déséquilibra les forces en présence, allongea la guerre, et ajouta des souffrances à son peuple. Aujourd’hui son successeur, le Guide suprême de la Révolution, Ali Khanenei, défend la même éthique à propos des armes nucléaires, et l’on ne voit pas très bien quelle faction de l’Etat pourrait passer outre son autorité et fabriquer secrètement une bombe atomique.

En réalité, l’Iran, depuis la fin de la guerre que lui livra l’Irak, a anticipé l’épuisement de ses réserves d’hydrocarbures. Il a voulu se doter d’une industrie nucléaire civile pour assurer son développement sur le long terme, et celui des autres Etats du tiers-monde. Pour ce faire, les Gardiens de la Révolution ont constitué un corps spécial de fonctionnaires dédié à la recherche scientifique et technique, organisé selon le modèle soviétique au sein de villes secrètes. Ces chercheurs travaillent également à d’autres programmes, notamment ceux d’armement conventionnel. L’Iran a ouvert toutes ses installations de production nucléaire aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), mais refuse de leur ouvrir les centres de recherche d’armement conventionnel. On se retrouve donc dans une situation déjà vue : les inspecteurs de l’AIEA confirment qu’aucun indice ne permet d’accuser l’Iran, tandis que la CIA et le Mossad affirment sans apporter d’indice que l’Iran cache des activités illicites au sein de son vaste secteur de recherche scientifique. Cela ressemble à s’y méprendre à la campagne d’intoxication de l’administration Bush qui accusait les inspecteurs de l’ONU de ne pas faire correctement leur travail et d’ignorer les programmes d’armes de destruction massive de Saddam Hussein.

Aucun pays au monde n’ayant fait l’objet d’autant d’inspection de l’AIEA, il n’est pas sérieux de continuer à accuser l’Iran, mais cela n’érode pas la mauvaise foi de Washington et de Tel-Aviv. L’invention de cette prétendue menace est indispensable au complexe militaro industriel qui met en œuvre depuis des années le programme israélien de « bouclier anti-missile » avec les fonds des contribuables états-uniens. Sans menace iranienne, plus de budget !

Téhéran a mené deux opérations pour s’extraire du piège qu’on lui a tendu. Il a d’abord organisé une conférence internationale pour un monde dénucléarisé, au cours de laquelle il a —enfin !— expliqué sa position à ses principaux partenaires (17 avril). De plus, il a accepté la médiation du Brésil, dont le président Lula da Silva ambitionne de devenir secrétaire général de l’ONU. M. Lula a demandé à son homologue états-unien quelle mesure serait susceptible de rétablir la confiance. Par écrit, Barack Obama lui a répondu que le compromis conclu en novembre 2009 et jamais ratifié ferait l’affaire. Le président Lula est venu à Moscou s’assurer que son homologue russe était sur la même ligne. Le président Dmitry Medvedev lui a confirmé publiquement que de son point de vue aussi, le compromis de novembre suffirait à résoudre la crise. Le lendemain, 18 mai, M. Lula a signé avec son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad, un document correspondant en tous points aux exigences états-uniennes et russe. Mais la Maison-Blanche et le Kremlin ont soudain fait volte face et, revenant sur leur position, ont dénoncé des garanties insuffisantes.
Il n’y a pourtant aucune différence significative entre le texte ratifié en mai 2010 et celui négocié en novembre 2009.

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Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan (à gauche) s’efforce de restaurer l’indépendance de son pays par rapport à la tutelle états-unienne. En ouvrant son pays au commerce russe, il entend rééquilibrer les relations internationales. Son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu (à droite), tente de régler un à un les conflits hérités du passé qui entravent la marge de manœuvre d’Ankara.
© Service de presse du Kremlin
Le passif de la Turquie

La Turquie a hérité d’un grand nombre de problèmes avec ses minorités et ses voisins qui ont été entretenus par les Etats-Unis pour la maintenir durant des décennies dans une situation de dépendance et de vassalité. Le professeur Ahmet Davutoğlu, théoricien du néo-ottomanisme et nouveau ministre des Affaires étrangères, a élaboré une politique extérieure qui vise d’abord à dégager la Turquie des interminables conflits où elle s’est embourbée, puis à multiplier ses alliances au travers de quantité d’institutions inter-gouvernementales.

Le différent avec la Syrie a été le premier réglé. Damas a cessé de jouer avec les Kurdes et a renoncé à ses prétentions irrédentistes sur la province du Hatay. En échange, Ankara a cédé sur la question du partage des eaux fluviales, l’a aidé à sortir de l’isolement diplomatique et a même organisé des négociations indirectes avec Tel-Aviv qui occupe le Golan syrien. En définitive, le président Bachar el-Assad a été reçu en Turquie (2004) et le président Abdullah Gül en Syrie (2009). Un Conseil de coopération stratégique a été mis en place entre les deux pays.
Concernant l’Irak, Ankara s’est opposé à l’invasion du pays par les Anglo-Saxons (2003). Il a fait interdiction aux Etats-Unis d’utiliser les bases de l’OTAN situées sur son territoire pour attaquer Bagdad, provoquant la colère de Washington et retardant la guerre. Lorsque les Anglo-Saxons passèrent formellement le pouvoir à des autochtones, Ankara favorisa le processus électoral et encouragea la minorité turkmène à y participer. Puis, la Turquie allégea le contrôle à la frontière et facilita le commerce bilatéral. Seule ombre persistante au tableau : si les relations avec le gouvernement national de Bagdad sont excellentes, celles avec le gouvernement régional kurde d’Erbil sont chaotiques. L’armée turque s’est même octroyée le droit de poursuite des séparatistes du PKK en territoire irakien —certes, avec l’aval et sous le contrôle du Pentagone—. Quoi qu’il en soit, un accord a été signé pour garantir l’exportation du pétrole irakien par le port turc de Ceyhan.
Ankara a pris une série d’initiatives pour mettre fin au conflit séculaire avec les Arméniens. Utilisant la « diplomatie du football », il a admis le massacre de 1915 (mais pas sa qualification de « génocide »), est parvenu à établir des relations diplomatiques avec Ierevan, et cherche une solution au conflit du Haut-Karabagh. Cependant, l’Arménie a suspendu la ratification de l’accord bipartite de Zurich.
Le passif est également très lourd avec la Grèce et Chypre. Le partage de la mer Egée n’est toujours pas clair et l’armée turque occupe le Nord de la République de Chypre. Là encore, Ankara a proposé diverses mesures pour rétablir la confiance, notamment la réouverture mutuelle des ports et aéroports. Néanmoins, les relations sont encore loin de la normalisation et, pour le moment, Ankara ne semble pas vouloir lâcher l’auto-proclamée République turque de Chypre du Nord.

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Le président Mevedev est venu négocier en Syrie la rénovation et l’agrandissement des facilités offertes à la flotte russe. D’ici trois ans, le port de Tartous pourrait ainsi recevoir des destroyers et des sous-marins. Pour servir quelle stratégie ?
© Service de presse du Kremlin
L’isolement diplomatique de la Syrie

Washington reproche à la Syrie de poursuivre la guerre contre Israël par intermédiaires interposés : les services iraniens, le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. Les Etats-Unis ont donc feint de considérer le président Bachar el-Assad comme commanditaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, et ont mis en place un Tribunal pénal spécial en vu de le juger.
Avec une habileté surprenante, M. Assad, que l’on présentait comme un « fils-à-papa » incompétent, a su se tirer d’affaire sans rien lâcher, ni tirer un coup de feu. Les témoignages de ses accusateurs se sont dégonflés et Saad Hariri, le fils du défunt, a cessé de réclamer qu’on l’enchaîne pour venir lui rendre d’amicales visites à Damas. Plus personne ne veut financer le Tribunal spécial et il est possible que l’ONU le démantèle avant qu’il ait eu à siéger, à moins qu’il ne soit utilisé pour charger le Hezbollah.
Enfin, à Hillary Clinton qui lui enjoignait de rompre avec l’Iran et le Hezbollah, Bachard el-Assad a répondu en organisant un sommet impromptu avec Mahmoud Ahmadinejad et Hassan Nasrallah.

Et la Russie ?

L’affirmation du triangle Turquie-Syrie-Iran correspond au déclin de la puissance militaire d’Israël et des Etats-Unis. La nature ayant horreur du vide, l’espace vacant s’ouvre à d’autres puissances.

La Chine est devenue le principal partenaire commercial de l’Iran et s’appuie sur l’expertise des Gardiens de la Révolution pour écarter les embuches de la CIA en Afrique. En outre, elle apporte un soutien militaire aussi discret qu’efficace au Hezbollah (auquel elle a probablement livré des missiles sol-mer et des système de guidage résistant aux brouillages) et au Hamas (qui a ouvert une représentation à Pékin). Toutefois, elle se hasarde prudemment et lentement sur la scène proche-orientale et n’entend pas y jouer de rôle décisif.

Toutes les attentes se tournent donc vers Moscou, absent depuis la dislocation de l’Union soviétique. La Russie ambitionne de redevenir une puissance mondiale, mais hésite à s’engager avant d’avoir réglé ses problèmes dans l’ancien espace du Pacte de Varsovie. Surtout, les élites russes n’ont aucune politique à substituer au projet US de « remodelage » et bloquent sur le même problème que les Etats-Unis : le rapport de force régional ayant changé, il n’est plus possible de mener une politique d’équilibre entre Israéliens et arabes. Tout investissement dans la région implique, à plus ou moins long terme, une rupture avec le régime sioniste.

L’horloge moscovite s’est arrêtée en 1991, lors de la conférence de Madrid. Elle n’a pas assimilé que les accords d’Oslo (1993) et de Wadi Araba (1994) ont échoué à mettre en place la « solution à deux Etats ». Celle-ci est désormais irréalisable. La seule option pacifique possible est celle qui a été mise en œuvre en Afrique du Sud : abandon de l’apartheid et reconnaissance de la nationalité unique des juifs et des autochtones, instauration d’une vraie démocratie sur la base « un homme, une voix ». C’est déjà la position officielle de la Syrie et de l’Iran, ce sera à n’en pas douter bientôt celle de la Turquie.

La grande conférence diplomatique sur le Proche-Orient que le Kremlin souhaitait recevoir à Moscou en 2009, annoncée lors du sommet d’Annapolis et confirmée par des résolutions de l’ONU, n’a jamais eu lieu. Dans ce jeu, la Russie a passé son tour.

Les élites russes, qui continuent à jouir d’un grand prestige au Proche-Orient, ne fréquentent plus cette région et la rêvent plus qu’elles ne la comprennent. Dans les années 90, elles s’enthousiasmaient pour les théories romantiques de l’anthropologue Lev Goumilev et se trouvaient en phase avec la Turquie, seule autre nation à la fois européenne et asiatique. Puis, elles succombèrent au charisme du géopoliticien Alexandre Dugin, qui abhorrait le matérialisme occidental, pensait la Turquie contaminée par l’atlantisme, et s’extasiait devant l’ascétisme de la Révolution iranienne.

Cependant ces élans se sont brisés en Tchétchénie avant même de trouver un début de concrétisation. La Russie a affronté brutalement une forme d’extrémisme religieux, soutenue en sous-main par les Etats-Unis et alimenté par les services secrets turcs et saoudiens. Du coup, toute alliance avec un Etat musulman semblait compromise et périlleuse. Et lorsque la paix est revenue à Grozny, la Russie n’a pas su, ou n’a pas voulu, assumer son héritage colonial. Comme l’a analysé Geïdar Dzhemal, le président du Comité islamique de Russie, elle ne pouvait prétendre être une nation eurasiatique en feignant que rien ne se soit passé et en se considérant toujours comme un Etat orthodoxe protégeant de turbulents petits frères musulmans. Elle devait —elle doit toujours— se redéfinir en pensant à égalité orthodoxes et musulmans.

Plutôt que de repousser à demain la solution du problème des minorités, et à après-demain l’engagement au Proche-Orient, la Russie pourrait au contraire s’appuyer sur des partenaires extérieurs musulmans, en qualité de tiers de confiance, pour nouer le dialogue intérieur. Ainsi, la Syrie de Bachar el-Assad présente un modèle d’Etat post-socialiste en voie de démocratisation, qui a su préserver ses institutions laïques et laissé s’épanouir les grandes religions, et les différents courants de ces religions, y compris l’islam wahhabite le plus intransigeant, en préservant la paix sociale.

L’attrait économique

Pour le moment, les élites russes ignorent les mises en garde de leur ancien chef d’état-major, le général Leonid Ivahov, sur la nécessité d’alliances asiatiques et proche-orientales face à l’impérialisme états-unien. Elles préfèrent penser avec le politologue Gleb Pavlovski que les antagonismes géopolitiques se dissoudront dans la globalisation économique. Aussi abordent-elles le Proche-Orient d’abord comme un marché.

Le président Dmitry Medvedev vient d’entreprendre une tournée qui l’a conduit à Damas et à Ankara. Il a levé des obligations de visa, et ouvert le marché commun en constitution (Turquie, Syrie, Iran, + Liban) aux entreprises russes. Il a favorisé la vente d’un impressionnant arsenal aux uns et aux autres. Surtout, il a négocié des chantiers décennaux de construction de centrales électriques nucléaires. Enfin, il a exploité l’évolution stratégique de la Turquie pour qu’elle prenne en considération les besoins russes de transit d’hydrocarbures. Un pipe-line russe terrestre permettra de relier la Mer noire à la Méditerranée. Et Ankara pourrait se laisser tenter par le projet de gazoduc South Stream.

Les limites de l’engagement russe

Hors du champ économique, Moscou peine à s’affirmer. Les bases navales soviétiques en Syrie ont été remises en état et ouvertes à la flotte russe de Méditerranée, qui n’en fait qu’un usage limité, d’autant que la marine en mer Noire va être réduite. Tout se passe comme si Moscou gagnait du temps et repoussait à plus tard le problème israélien.

C’est que toute condamnation du colonialisme juif pourrait raviver des problèmes intérieurs. D’abord parce que d’une manière caricaturale et peu flatteuse, l’apartheid israélien renvoie au traitement des Tchétchènes. Ensuite parce que la Russie agit sous le poids d’un complexe historique, celui de l’antisémitisme. Vladimir Poutine a plusieurs fois tenté de tourner la page avec des gestes symboliques comme la nomination d’un rabbin aux armées, mais la Russie n’est toujours pas à l’aise avec ce sujet.

Pourtant l’attentisme n’est plus de mise : les dès sont déjà jetés. Il faut en tirer les conséquences. Israël a joué un rôle déterminant dans l’armement et la formation des troupes géorgiennes qui ont attaqué et tué des ressortissants russes en Ossétie du Sud. En échange, le ministre géorgien de la Défense Davit Kezerashvili, double national israélo-géorgien, avait loué deux bases militaires aériennes à Tsahal. De la sorte, les bombardiers israéliens se serait approchés de l’Iran et aurait pu le frapper. Moscou a stoïquement encaissé le coup, sans prendre de mesures de rétorsion à l’égard de Tel-Aviv.

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Le président de la Fédération de Russie, Dmitry Medvedev, discute du possible accueil de réfugiés israéliens ex-soviétiques avec le gouverneur de l’oblast autonome juif du Birodijan, Alexander Vinnikov (2 juillet 2010).
© Service de presse du Kremlin

Cette absence de réaction étonne au Proche-Orient. Certes, Tel-Aviv dispose de nombreux relais dans les élites russes et n’a pas hésité à s’y créer des réseaux en offrant à des gens influents des facilités matérielles en Israël. Mais Moscou dispose de bien plus de relais en Israël avec un million d’ex-Soviétiques émigrés. Il pourrait mettre en lice une personnalité capable de jouer en Palestine occupée le rôle de Frederik de Klerk en Afrique du Sud : liquider l’apartheid et instaurer la démocratie au sein d’un Etat unique. Dans cette perspective, Dmitry Medevedev anticipe un exode d’Israéliens qui n’accepteraient pas la nouvelle donne. Il a donc bloqué la fusion annoncée du kraï de Khabarovsk et de l’oblast autonome juif du Birobidjan. Le président, issu d’une famille juive convertie à l’orthodoxie, envisage de réactiver cette unité administrative fondée par Staline en 1934 comme alternative à la création de l’Etat d’Israël. Ce qui fut, au sein de l’Union soviétique, une république juive pourrait accueillir des réfugiés. Ils seraient d’autant plus les bienvenus que la démographie russe est en chute libre.

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Marchand sur les pas de ses ancêtres, le président Medvedev s’est rendu au Birobidjan pour réactiver les traditions de l’oblast autonome juif.
© Service de presse du Kremlin

En définitive, ce sont les atermoiements à propos du nucléaire iranien qui surprennent le plus. Il est vrai que les marchands iraniens n’ont cessé de contester les factures de la construction de la centrale de Busher. Il est également vrai que les Persans sont devenus susceptibles à force de subir les ingérences anglo-saxonnes dans leurs vies. Mais le Kremlin n’a cessé de souffler le chaud et le froid. Dmitry Medvedev discute avec les Occidentaux et les assure du soutien russe pour voter des sanctions au Conseil de sécurité. Tandis que Vladimir Poutine assure aux Iraniens que la Russie ne les laissera pas sans défense s’ils jouent le jeu de la transparence. Sur place, les responsables se demandent si les deux dirigeants se sont répartis les rôles selon les interlocuteurs et font ainsi monter les enchères. Ou si la Russie est paralysée par un conflit au sommet. C’est en réalité, semble t-il, ce qui se passe : le tandem Medvedev-Poutine s’est lentement dégradé et la relation entre les deux hommes a tourné brutalement à la guerre fratricide.

La diplomatie russe a laissé entendre aux Etats non alignés qu’une quatrième résolution du Conseil de sécurité condamnant l’Iran serait préférable à des sanctions unilatérales des Etats-Unis et de l’Union européenne. C’est faux : Washington et Bruxelles ne manqueront pas de s’appuyer sur la résolution de l’ONU pour justifier des sanctions unilatérales supplémentaires.

Le président Medvedev a déclaré, lors de sa conférence de presse conjointe avec son homologue brésilien le 14 mai, qu’il avait arrêté une position commune par téléphone avec le président Obama : dans le cas où l’Iran accepterait la proposition qui lui a été faite [en novembre 2009] d’enrichissement de son uranium à l’étranger, il n’y aurait plus de raison d’envisager des sanctions au Conseil de sécurité. Or, lorsque —contre toute attente— l’Iran a signé le Protocole de Téhéran avec le Brésil et la Turquie, Washington a fait volte face et Moscou lui a emboité le pas au mépris de la parole donnée.

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Le 14 mai 2010, le président Medvedev apporte publiquement son soutien à l’initiative de son homologue brésilien, Lula da Silva, pour résoudre la crise iranienne. Quelques jours plus tard, il se ralliera aux Etats-Unis et donnera instruction à son ambassadeur aux Nations Unies de voter la résolution 1929 au mépris de la parole donnée.
© Service de presse du Kremlin

Certes le représentant permanent de la Russie au Conseil de sécurité, Vitaly Churkin, a largement vidé de sa substance la résolution 1929 en écartant un embargo énergétique total, mais il l’a votée. A défaut d’être efficace, celle-ci est infamante, à la fois pour l’Iran, le Brésil, la Turquie et pour tous les Etats non-alignés qui soutiennent la démarche de Téhéran. Cette résolution a été d’autant plus mal perçue qu’elle contrevient aux termes du Traité de non-prolifération. Celui-ci garantit à chaque signataire le droit d’enrichir de l’uranium, tandis que la résolution onusienne l’interdit à l’Iran. Jusqu’à présent, la Russie apparaissait comme le gardien du droit international, ce n’est pas ici le cas. A tort ou à raison, les non-alignés en général et l’Iran en particulier ont interprété le vote russe comme la volonté d’une grande puissance d’empêcher les puissances émergentes d’atteindre l’indépendance énergétique nécessaire à leur développement économique. Il sera difficile de faire oublier ce faux pas.

 

 http://www.voltairenet.org/article165795.html

 

§ Thierry Meyssan :

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).

Eva, R-sistons à l'intolérable


Auteur : Thierry Meyssan - Source : http://www.voltairenet.org/

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 00:19

Voici un article, publié sur le blog de Michel : le tract du cercle de silence de juillet 2010

LA FRANCE : PAYS D’IMMIGRATION MASSIVE ????

7% de la population, soit le même pourcentage que dans les années 1930

1/4 des Français a un grand-parent étranger

moins de 400 000 sans-papiers en France = entre 0,3% et 0,6 % de la population française

ILS PRENNENT NOTRE TRAVAIL ????

En l’absence de migration, dans les 50 ans à venir, l’Union Européenne verrait sa population diminuer de 11 %, soit l’équivalent de 43 millions de personnes qui ne cotiseraient plus !!!!

Les 3,3 millions d’étrangers arrivés en Espagne depuis 10 ans ont contribué à 1,6 % des 3,8 % de croissance annuelle du PIB (selon l’OCDE, Organisation de Coopération et de Développement Economique).

Les transferts financiers vers leur Pays d’origine représentent plus du double de l’aide publique de France a contribué à la construction de 60 % des infrastructures au Mali.

Un migrant apporte en moyenne tout au long de sa vie une contribution nette de 50 000 Euros aux finances du Pays qui l’héberge.

ILS ONT TOUS LES DROITS ????

Les étrangers en situation régulière ont droit à des prestations sociales.

Les sans papiers, en revanche, n’ont pas accès à la plupart des prestations sociales, même lorsqu’ils cotisent.

Au final, les Etrangers en France contribuent plus en cotisations qu’ils ne coûtent en prestations !

Et ceci :

Pour accueillir et intégrer les primo-arrivants entrés légalement en France, le forfait d’accueil est de 135 Euros par personne.

Le coût de l’éloignement est de 5 130 Euros sans escorte et de 11 150 Euros avec escorte, sans compter le temps consacré à cette politique par les Juges des libertés et de la rétention et par les Tribunaux Administratifs » (M. Eric BESSON, Ministre)

Petite lecture d'été que je vous conseille...


 

Depuis maintenant deux ans, dans plus d’une centaine de villes françaises, des citoyens venus de tous les horizons se regroupent en cercles sur les places publiques. Ces cercles de silence sont autant de manifestations d’un nouveau genre, censées attirer l’attention du public et des pouvoirs sur la situation inhumaine faite aux étrangers sans papiers dans les centres de rétention.

L’inspirateur de ce mouvement inédit, qui est parti de la place du Capitole à Toulouse, est un franciscain, vieux sage à la barbe blanche et au sourire espiègle, personnalité charismatique et en même temps profondément humble. La non-violence du frère Alain Richard, inspirée de l’Évangile, de Gandhi et de la geste du poverello d’Assise, est essentiellement orientée vers la défense des plus démunis.

Défense concrète et subversive qu’il a exercée, au risque de sa santé et même de sa vie, aussi bien dans les quartiers populaires de Chicago que chez les déshérités du Guatemala, au temps des dictatures les plus sanglantes.

Interrogé par Christophe Henning, journaliste au mensuel Panorama, Alain Richard nous livre avec humour et profondeur le récit de cette vie turbulente, tout entière consacrée à la justice et à la non-violence.

 

 

http://rocrocodile.blogspot.com/2010/07/cercles-de-silence-et-les-sans-papiers.html

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 21:04
Les Tsiganes n'ont jamais défendu leurs droits, par exemple celui de la reconnaissance de leur génocide en 40; Faut-il qu'ils soient malmenés par Sarkozy pour que, sans doute, des avocats aient souhaité prendre leur défense... eva
Auteur : Gilles Devers - Source : Actualités du droit

4606777005345.jpgLes tsiganes collent l’Etat au tribunal pour obtenir le respect de leurs droits et de solides dommages et intérêts, venus compenser la violation grave et renouvelée de leurs droits fondamentaux. Ce serait enfin « justice », et le moyen d’accéder au droit.

 

L’occasion est belle comme jamais. Bien sûr, il y a d’abord la réunion de la secte du Security Club qui s’est tenue hier, sur le principe plein de sagesse : tapons sur les pauvres, ce sont eux qui ont bouleversé l’économie mondiale depuis un an. Mais il y a surtout, joli télescopage, la sentence rendue le 30 juin 2010 par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe, saisi par Centre européen des droits des Roms (CEDR), un comité d’experts indépendants (Résolution CM/ResChS(2010)5, Réclamation collective n° 51/2008).

 

Le résultat est très simple : le conseil de ministre a adopté sept résolutions pour des manquements graves à la Charte sociale européenne :

 

-          Création d’un nombre insuffisant d’aires d’accueil ;

-          Mauvaises conditions de vie et des dysfonctionnements des aires d’accueil ;

-          Accès insuffisant au logement des Gens du voyage sédentarisés ;

-          Violence des procédures d’expulsion et des autres sanctions ;

-          Privation d’une existence indépendante  du fait des très mauvaises conditions d’accueil et de logement ;

-          Discrimination par le traitement différencié des personnes se trouvant dans une situation identique, et par le traitement de la même manière des personnes se trouvant dans une situation différente ;

-          Atteinte à la vie familiale normale ;

-          Atteinte à la dignité de l’être humain ;

-          Manquements dans la lutte contre l’exclusion sociale : droits sociaux fondamentaux, notamment en termes d’emploi, de logement, de formation, d’éducation, de culture et d’assistance sociale et médicale ;

-          Mépris des droits fondamentaux des personnes en situation irrégulière.dregni.jpg

 

Déjà, j’entends le porte-parole du Security Club s’esclaffer : « Mais mon cher ami, vous vous emportez, la Charte sociale européenne n’est pas d’application directe et les résolutions du Conseil de ministres statuant dans le cadre de l’article 9 du Protocole additionnel ne sont qu’indicatives ».

 

Tu parles, Charles !

 

D’abord, le principe général est que ces déclarations qui énoncent des droits-créances , pour faire simple disons des droits sociaux, créent des obligations de l’Etat signataire vis-à-vis des autres, mais pas vis-à-vis des citoyens directement. Certes, sauf que c’est de moins en moins vrais. Tout dépend en réalité de l’importance du droit et de la précision de la règle. C’est qu’on dit la cour de cassation et le Conseil d’Etat d’abord pour la convention sur les droits de l’enfant (Cass, 24 mai 1975 et CE 21 décembre 1990, CNAFC) ou encore pour certains articles du Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (Cass., 16 décembre 2008, Eichenlaub). Donc, on peut en parler, et le meilleur moyen de savoir, c’est encore de déposer une requête.

 

Surtout, les droits violés, et répertoriés en fonction de la Charte sociale, sont des droits fondamentaux pour lesquels on trouve maintes définitions et qualifications en droit interne. Et puis si vous ne trouvez pas le texte exact, il reste toujours la possibilité, avec un petit raisonnement à la clé, de démontrer l’existence d’un manquement au fonctionnement du service  ou d’une faute de nature à engager la responsabilité.  

 

Et après, allez y les amis ! Tous azimuts !

 

-          Recours en légalité pour les décisions illégales qui sont prises, ou les décisions qui ne sont pas prises ;

-          Recours en responsabilité pour l’allocation de dommages et intérêts liés à la violation des droits ;

-          Et quelques pour entretenir le moral des troupes, quelques petites plaintes pour discrimination : le Code pénal est très bien rédigé et il ne demande qu’à saisir.

 

Pour les argumentaires de fond, pas compliqué : il suffit de suivre le raisonnement du comité des ministres, avec le rapport introductif et les nombreux documents visés.

 

Pour vous simplifier le travail, voici cette délibération du comité dans son ensemble.

 

*   *   *

 

 

LA DECISION DU 30 JUIN 2010

 

 

28495.jpgLe Comité des ministres,

 

(i) à l’unanimité, qu’il y a violation de l’article 31§1 de la Charte révisée ;

 

a) en raison de la création d’un nombre insuffisant d’aires d’accueil ;

 

Le Comité note qu’un texte de loi concernant les aires d’accueil destinées aux Gens du voyage a été adopté en 2000 (loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des Gens du voyage, dite « Loi Besson »). Ce texte fait obligation aux communes de plus de 5000 habitants de se doter d’un plan prévoyant l’implantation d’aires permanentes d’accueil pour les Gens du voyage. Néanmoins, le Comité relève également qu’à ce jour, la loi n’a été suivie d’effet que dans une minorité des communes visées. Le Comité constate que la mise en œuvre insuffisante de la loi précitée a pour conséquence d’exposer les Gens du voyage à l’occupation illégale de sites et à des expulsions au titre de la loi de 2003 pour la sécurité intérieure.

 

Le Comité relève que, selon le mémorandum du Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe rédigé à la suite de sa visite en France en 2008, il y a une carence des places disponibles.

 

Le Comité observe que, malgré les efforts de l’Etat et des autorités locales dans ce domaine et les résultats positifs parfois obtenus, il y a une longue période de défaut de prise en compte par les collectivités locales, comme par l’Etat, des besoins spécifiques des Gens du voyage.

 

b) en raison des mauvaises conditions de vie et des dysfonctionnements des aires d’accueil ;

 

Le Comité constate que les mesures d’application de la « Loi Besson » adoptées par le gouvernement répondent, en théorie, aux exigences de l’article 31§1. Le Décret n° 2001-569 du 29 juin 2001 relatif aux normes techniques applicables aux aires d’accueil des Gens du voyage prévoit le nombre de blocs sanitaires nécessaires dans les aires d’accueil, les conditions d’accès à l’alimentation en eau potable et à l’électricité ainsi que le dispositif de gestion et de gardiennage. Des circulaires du 3 août 2006 et du 5 juillet 2001 viennent compléter le décret précité.

 

Le Comité note toutefois qu’en pratique, les aires d’accueil ne répondent pas toutes aux conditions de salubrité exigées. Selon le mémorandum du Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, il arrive parfois que les aires soient réalisées en dehors des zones d’activités urbaines ou à proximité d’installations engendrant des nuisances importantes (transformateurs électriques, routes extrêmement passantes, etc.) rendant leur utilisation difficile, voire dangereuse, notamment pour les familles avec de jeunes enfants. Le Comité estime dès lors que certaines aires d’accueil ne répondent pas, en pratique, aux conditions de salubrité et d’accès en eau et à l’électricité telles que prévues par la législation.72804.jpg

 

c) en raison de l’accès insuffisant au logement des Gens du voyage sédentarisés ;

 

Le Comité note que, selon la législation française, les caravanes ne sont pas considérées comme un logement parce qu’elles ne sont pas soumises à un permis de construire. De plus, le fait d’habiter dans une caravane ayant conservé des moyens de mobilité n’ouvre pas droit aux aides au logement. Enfin, l’achat de caravanes ne donne pas droit à un prêt au logement. Il ressort d’une enquête réalisée par la Fondation Abbé Pierre que de nombreuses familles des Gens du voyage sont bloquées dans leur projet d’acquisition par des difficultés à accéder à des prêts immobiliers et ont tendance à acquérir des terrains qui ne sont pas en zones constructibles en raison de la carence de terrains familiaux.

 

Le Comité constate que même si certains départements ont mis en place des subventions pour créer des terrains [sites de construction] familiaux, concrètement, la création de ces terrains reste faible par rapport à la demande. Le Comité note que le gouvernement déclare que le droit au logement opposable s’applique aux Gens du voyage désirant acquérir un logement ordinaire. Or, cette possibilité ne tient pas compte du mode de vie en caravanes des Gens du voyage sédentarisés.

 

Malgré les efforts de l’Etat et des autorités locales et les résultats positifs parfois obtenus, il y a une absence de moyens mis en œuvre et un défaut de prise en compte par les collectivités locales, comme par l’Etat, des besoins spécifiques des Gens du voyage sédentarisés.

 

(ii) à l’unanimité, qu’il y a violation de l’article 31§2 de la Charte révisée en raison de la procédure d’expulsion et des autres sanctions ;

 

Le Comité rappelle que « l’occupation illégale de sites ou de logements est de nature à justifier l’expulsion des occupants illégaux. Les critères de l’occupation illégale ne doivent cependant pas être compris de façon exagérément extensive. De plus, l’expulsion doit être prévue par des règles suffisamment protectrices des droits des personnes concernées et opérée conformément à ces règles » (CEDR contre Bulgarie, réclamation n° 31/2005, décision sur le bien-fondé du 18 octobre 2006, §51).

 

FestivalTzigane.jpgIl rappelle également que « les Etats parties doivent s’assurer que les procédures d’expulsion soient d’une part justifiées, d’autre part exécutées dans des conditions respectant la dignité des personnes concernées, enfin assorties de solutions de relogement » (FEANTSA contre France, réclamation n° 39/2006, décision sur le bien-fondé du 5 décembre 2007, §163). La loi doit également préciser les modalités de procéder à l’expulsion indiquant par ailleurs les moments dans lesquels elles ne peuvent pas avoir lieu (nuit ou hiver), définir des voies de recours juridiques, offrir une assistance juridique à ceux qui en ont besoin pour demander réparation en justice, et assurer une indemnisation en cas d’expulsion illégale » (CEDR contre Italie, réclamation n° 27/2004, décision sur le bien-fondé du 7 décembre 2005, §41).

 

Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a constaté dans son mémorandum que la question des expulsions est particulièrement problématique et plonge les familles dans un climat de crainte.

 

« Ces expulsions sont souvent caractérisées par le recours à des méthodes brutales, au gaz lacrymogène et à la destruction de biens personnels ». A la suite de certaines expulsions, la Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNDS) a conclu à des actes de violences injustifiés et disproportionnés. Le Comité constate que les Gens du voyage ont, lors de ces expulsions, été victimes de violences injustifiées.

 

(iii) par 12 voix contre 2, qu’il y a violation de l’article E combiné avec l’article 31 de la Charte révisée ;

 

L’article E complète les clauses normatives de la Charte révisée. Il n’a pas d’existence indépendante  puisqu’il vaut uniquement pour « la jouissance des droits » qu’elle garantit. Certes, il peut entrer en jeu même sans un manquement à leurs exigences et, dans cette mesure, possède une portée autonome, mais il ne saurait trouver à s’appliquer si la situation en litige ne tombe pas sous l’empire de l’une au moins desdites clauses (CFDT contre France, réclamation n° 50/2008, décision sur le bien-fondé du 9 septembre 2009, §37).

 

Le Comité considère que la situation décrite se situe dans le champ d’application de l’article 31, de par le manque d’aires d’accueil, des mauvaises conditions de vie dans les aires d’accueil, de la procédure d’expulsion de ces aires et du fait que les caravanes ne sont pas explicitement reconnues comme des logements pour pouvoir bénéficier d’aides au logement.

 

L’article E interdit deux catégories de discrimination. La première est le fait de traiter différemment des personnes ou groupes se trouvant dans une situation identique. La deuxième est le fait de traiter de la même manière des personnes ou groupes se trouvant dans une situation différente (Autisme-Europe contre la France, réclamation n° 13/2002, décision sur le bien-fondé du 4 novembre 2003, §52).4006408210283.jpg

 

Au regard de la première catégorie, une différence de traitement entre des personnes ou des groupes se trouvant dans la même situation est discriminatoire si elle « manque de justification objective et raisonnable », c’est-à-dire si elle ne poursuit pas un « but légitime » ou s’il n’y a pas de « rapport raisonnable de proportionnalité entre les moyens employés et le but visé » (CFDT contre France, réclamation n° 50/2008, décision sur le bien-fondé du 9 septembre 2009, §38 ; voir aussi CEDR contre Bulgarie, réclamation n° 31/2005, décision sur le bien-fondé du 18 octobre 2006, §40). Les Etats parties jouissent d’une certaine « marge d’appréciation » pour déterminer si et dans quelle mesure des différences entre des situations à d’autres égards analogues justifient des distinctions de traitement juridique (voir mutatis mutandis Cour européenne des droits de l’homme, arrêt Rasmussen du 28 novembre 1984, série A n° 87, p. 12, §40), mais il appartient au Comité de décider, en dernier lieu, si la distinction entre dans la marge d’appréciation.

 

Au regard de la seconde catégorie, le Comité considère que, dans une société démocratique, il faut non seulement percevoir la diversité humaine de manière positive, mais aussi réagir de façon appropriée afin de garantir une égalité réelle et efficace. A ce titre, l’article E interdit aussi toutes les formes de discrimination, soit de traitements inappropriés de certaines situations, soit de l’inégal accès des personnes placées dans ces situations et des autres citoyens aux divers avantages collectifs (Autisme-Europe contre France, réclamation n° 13/2002, décision sur le bien-fondé du 4 novembre 2003, §52).

 

Le Comité estime que, s’agissant des Gens du voyage, la simple garantie d’un traitement identique ne suffit pas à les protéger de toute discrimination. Dans le cas d’espèce, il est évident que les Gens du voyage se trouvent dans une situation différente et qu’il faut tenir compte de cette différence de situation. Il considère que l’article E pose l’obligation de prendre dûment en considération les différences spécifiques et d’agir en conséquence. Compte tenu des éléments qui précèdent, le Comité considère que les différences spécifiques des Gens du voyage ne sont pas suffisamment prises en compte et que, par conséquent, ils font l’objet de discrimination dans la mise en œuvre du droit au logement.

 

JazzManouche%20-%20vol1.jpg(iv) à l’unanimité, qu’il y a violation de l’article 16 et de l’article E combiné avec l’article 16 de la Charte révisée ;

 

Le Comité considère que, parmi la population concernée par la réclamation, il est incontesté qu’il y a des familles. Eu égard à la portée qu’il a constamment prêtée à l’article 16 s’agissant du logement de la famille, les constats de violation de l’article 31, ou de l’article E combiné à l’article 31, emportent constat de violation également de l’article 16, et de l’article E combiné à l’article 16 (Conclusions 2006, Observation interprétative de l’article 16, p. 13 et Conclusions XVIII-1, article 16, République tchèque, p. 249-250).

 

(v) à l’unanimité, qu’il y a violation de l’article 30 de la Charte révisée ;

 

Le Comité considère que le fait de vivre en situation d’exclusion sociale porte atteinte à la dignité de l’être humain. Afin d’assurer l’exercice effectif du droit à la protection contre l’exclusion sociale, l’article 30 exige des Etats parties qu’ils adoptent une approche globale et coordonnée, laquelle doit consister en un cadre analytique, en un ensemble de priorités et de mesures correspondantes en vue de prévenir et de supprimer les obstacles qui entravent l’accès aux droits sociaux fondamentaux. Il faut aussi qu’il existe des mécanismes de contrôle impliquant tous les acteurs concernés, y compris des représentants de la société civile et des individus touchés par l’exclusion. Cette ligne de conduite doit relier et intégrer les politiques de manière cohérente (Conclusions 2003, article 30, France, p. 227).

 

L’un des principaux éléments de la stratégie globale de lutte contre l’exclusion sociale doit être la mise à disposition de ressources suffisantes, qui doivent être affectées aux objectifs de la stratégie (Conclusions 2005, Slovénie, p. 717). Enfin, il faut que les mesures répondent qualitativement et quantitativement à la nature et à l’ampleur de l’exclusion sociale dans le pays concerné (Conclusions 2003, article 30, France, p. 227-228).taraf_de_haidouks.jpg

 

Le Comité considère qu’il résulte de ses conclusions au titre de l’article 31 que la politique de logements en faveur des Gens du voyage est insuffisante. Par conséquent, il constate l’absence d’une approche coordonnée pour promouvoir l’accès effectif au logement des personnes se trouvant ou risquant de se trouver en situation d’exclusion sociale.

 

(vi) par 11 voix contre 3, qu’il y a violation de l’article E combiné avec l’article 30 de la Charte révisée ;

 

Le Comité rappelle que les mesures prises pour une approche globale et coordonnée de lutte contre l’exclusion sociale doivent favoriser l’accès aux droits sociaux fondamentaux, notamment en termes d’emploi, de logement, de formation, d’éducation, de culture et d’assistance sociale et médicale et lever les obstacles qui l’entravent. Il convient de noter qu’il ne s’agit pas là d’une liste exhaustive des domaines dans lesquels il importe d’engager des initiatives pour corriger les phénomènes pluridimensionnels d’exclusion. (Conclusions 2003, France, article 30, p. 227). Le Comité estime que la référence aux droits sociaux de l’article 30 ne doit pas être comprise strictement et que la lutte contre l’exclusion sociale est un domaine où la notion d’indivisibilité des droits fondamentaux revêt une importance spécifique. A cet égard, le droit de vote, tout comme d’autres droits relatifs à la participation civique et citoyenne, constitue une dimension nécessaire à la réalisation de l’intégration et de l’inclusion sociale et est, par conséquent, couvert par l’article 30.

 

Le Comité constate que la loi n° 69-3 du 3 janvier 1969, relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe, impose aux Gens du voyage l’obligation d’être administrativement rattachés à une commune. Le choix de la commune de rattachement est effectué pour une durée minimale de deux ans. L’inscription sur les listes électorales ne peut être faite par les intéressés qu’après trois ans de rattachement ininterrompu dans la même commune.

 

caravan_palace.jpgParallèlement, selon l’article L 15-1 du code électoral, les citoyens qui ne peuvent fournir la preuve d’un domicile ou d’une résidence et auxquels la loi n’a pas fixé de commune de rattachement sont, à leur demande, inscrits sur la liste électorale de la commune où est situé l’organisme d’accueil dans lequel ils sont inscrits depuis au moins 6 mois.

 

En ce qui concerne le délai de trois ans, le Comité constate que le régime appliqué aux citoyens identifiés par leur appartenance à la communauté des Gens du voyage est différent du régime appliqué aux citoyens sans domicile fixe. La différence de traitement dans l’accès au droit de vote faite entre Gens du voyage et personnes sans domicile fixe ne repose pas sur une justification objective et raisonnable et constitue, dès lors, une discrimination contraire à l’article E combiné avec l’article 30. Le Comité note à cet égard que la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE), à la suite de recommandations relatives à la situation et au statut des Gens du voyage et en l’absence de suites favorables données à ces recommandations, a adopté un rapport spécial publié au Journal officiel de la République française dans lequel elle considère que l’article 10 de la loi n° 69-3 impose un traitement discriminatoire aux Gens du voyage dans l’accès au droit de vote et recommande qu’il doit être réformé.

 

En ce qui concerne le quota, le Comité constate que, selon l’article 8 de la loi n° 69-3, le nombre de personnes détentrices d’un titre de circulation, sans domicile ni résidence fixe, rattachée à une commune, ne doit pas dépasser 3 % de la population municipale. Lorsque le quota de 3% est atteint, les Gens du voyage ne peuvent pas s’inscrire à une commune de rattachement et ne bénéficient pas du droit de vote.

 

Le Comité considère que le fait de limiter à 3 % le nombre de personnes ayant le droit de vote a pour conséquence d’exclure une partie des électeurs potentiels. En pratique, cette limitation touche les Gens du voyage. Le Comité considère la fixation d’un tel seuil à un niveau aussi bas conduit à un traitement discriminatoire dans l’accès au droit de vote des Gens du voyage et, par conséquent, est un facteur de marginalisation et d’exclusion sociale.

 

(vii) à l’unanimité, qu’il y a violation de l’article 19§4c de la Charte révisée ;Tsiganes10.gif

 

Dans son mémoire, le gouvernement souligne que beaucoup de Roms se trouvent en situation irrégulière sur le territoire français. Le Comité note effectivement qu’un certain nombre d’entre eux sont en situation irrégulière et, par conséquent, n’entrent pas, à première vue, dans le champ d’application de l’article 19§4c.

 

Cependant, il est incontesté que, parmi cette population, figurent des travailleurs migrants Roms provenant d’autres Etats parties qui sont, eux, en situation régulière et donc, titulaires des droits énoncés par l’article 19§4c.

 

Le Comité a déjà statué sur la situation du droit au logement des Gens du voyage dans la présente décision dans le cadre de l’article 31 : ce raisonnement vaut également pour les migrants Roms se trouvant en situation régulière sur le territoire. Il considère par conséquent que les constats de violation de l’article 31 emportent également constat de violation de l’article 19§4c (CEDR contre Italie, réclamation n° 27/2004, décision sur le bien-fondé du 7 décembre 2005, §35 et §41).

 

Vu les informations communiquées par la délégation de la France lors de la 1077e réunion des Délégués des Ministres :

 

1. prend note de la déclaration du gouvernement défendeur indiquant que la France poursuit ses efforts dans le domaine en cause et s’engage à mettre la situation en conformité avec la Charte révisée ;

 

2. attend de la France qu’elle fasse rapport, lors de la présentation du prochain rapport relatif aux dispositions pertinentes de la Charte sociale européenne révisée, sur la mise en œuvre des mesures annoncées, et qu’elle tienne le Comité des Ministres informé régulièrement de tout progrès réalisé.

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Auteur : Gilles Devers - Source : Actualités du droit

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14600

 

 

"caravanes ne sont pas explicitement reconnues comme des logements pour pouvoir bénéficier d’aides au logement"

 

Il faut faire campagne, déjà, pour qu'ils puissent bénéficier d'aides au logement ! Eva

 

 

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Le racisme anti-Roms : des discours semblables à ceux des nazis

Le racisme anti-Roms :

des discours semblables à ceux des nazis

Thomas Hammarberg
« L’histoire honteuse de l’antitsiganisme en Europe est oubliée - et se répète »
 

 

Seuls quelques milliers de Roms en Allemagne ont survécu à l’holocauste et aux camps de concentration. Ils ont eu énormément de mal à se construire une vie nouvelle, après avoir perdu tant de membres de leur famille et vu leurs biens détruits ou confisqués. En outre, nombre d’entre eux étaient en proie à la maladie. Certains d’entre eux cherchèrent à obtenir réparation mais leurs demandes furent rejetées pendant des années.

Or, justice ne fut pas rendue à ces survivants pendant la période post-hitlérienne. Au procès de Nuremberg, l’extermination massive des Roms ne retint pas l’attention, ce qui est significatif. Le génocide des Roms -Samudaripe ou Porrajmos - ne fut guère reconnu dans le discours officiel.

Cette négation passive de la sinistre réalité ne pouvait hélas pas surprendre outre mesure les Roms eux mêmes car, pendant des générations, ils avaient été traités comme un peuple dépourvu d’histoire. Les violations dont ils avaient été victimes furent rapidement oubliées, si tant est qu’elles aient été reconnues.

Malheureusement, l’histoire se répète. C’est pourquoi, il est particulièrement appréciable que le Conseil de l’Europe ait établi une série de fiches d’information sur l’histoire des Roms. Ces fiches sont destinées aux enseignants, aux étudiants, aux responsables politiques et autres décideurs et à toute personne désireuse de savoir quelles épreuves ce peuple a traversées.

Les lecteurs de ces fiches d’information peuvent ainsi découvrir que les divers groupes roms ont subi, en Europe, cinq cents ans de répression honteuse depuis qu’ils sont arrivés d’Inde au terme d’une longue migration. Les méthodes répressives étaient variées, allant de l’esclavage au massacre en passant par l’assimilation forcée, l’expulsion et l’internement.

Les « raisons d’être » de ces politiques étaient, quant à elles, similaires. Les Roms étaient considérés comme peu fiables, dangereux, criminels et indésirables. Ils étaient ces étrangers dont on pouvait aisément faire des boucs émissaires lorsque les choses tournaient mal et que la population locale ne voulait pas en assumer la responsabilité.




En Valachie et en Moldavie (la Roumanie d’aujourd’hui), les Roms vécurent dans la servitude pendant des siècles, jusqu’en 1855, date à laquelle les derniers esclaves roms furent enfin émancipés.

En Espagne, un jour de 1749, plus de dix mille Roms furent arrêtés dans le cadre d’une action militaro policière soigneusement planifiée. Selon un homme d’Eglise éminent qui conseillait le gouvernement, cette opération avait pour but « d’éradiquer cette sale race qui était odieuse à Dieu et pernicieuse à l’homme ». Les conséquences furent effroyables pour la communauté rom ; les déportations, les détentions, le travail forcé et les meurtres détruisirent, en grande partie, la culture rom originelle.

Au XVIIIe siècle, sous l’Empire austro-hongrois, les autorités appliquèrent une politique d’assimilation forcée. Les enfants roms furent retirés à leurs parents et l’on interdit aux Roms de se marier entre eux. En outre, il ne fut plus permis de pratiquer la langue romani. Cette politique fut brutalement appliquée. Par exemple, tout individu employant la langue « tsigane » était passible d’une condamnation à la flagellation.

Au XXe siècle, les fascistes s’en prirent aussi aux Roms. En Italie fut publiée, en 1926, une circulaire qui ordonnait l’expulsion de tous les Roms étrangers afin de « débarrasser le pays des caravanes tsiganes qui, cela allait s’en dire, constituaient un risque pour la sécurité et la santé publique du fait du mode de vie caractéristique des Tsiganes ».

L’instruction indiquait clairement que le but était de « frapper au cœur de l’organisme tsigane ». Dans l’Italie fasciste, les Roms furent ainsi en butte à des discriminations et à des persécutions. Nombre d’entre eux furent détenus dans des camps spéciaux ; d’autres furent envoyés en Allemagne ou en Autriche et plus tard exterminés.

En Roumanie, le régime fasciste de la « garde de fer » entreprit les déportations en 1942. Comme de nombreux Juifs, quelque 30 000 Roms furent déplacés en Transnistrie où ils connurent la faim, la maladie et la mort. Seule la moitié d’entre eux environ parvinrent à survivre aux deux années de privation extrême qu’ils endurèrent avant que la politique ne change.

En France, quelque 6 000 Roms furent internés pendant la guerre, dans la zone occupée, pour la majorité d’entre eux. Contrairement à d’autres victimes, les Roms ne furent pas systématiquement remis en liberté lorsque les Allemands battirent en retraite. Les nouvelles autorités françaises virent dans l’internement un moyen de les forcer à la sédentarisation.

Dans les Etats baltes, un grand nombre d’habitants roms furent tués par les forces d’invasion allemandes et leurs partisans locaux au sein de la police. 5 à 10 % seulement des Roms d’Estonie survécurent. En Lettonie, près de la moitié des Roms furent fusillés et l’on estime qu’en Lituanie, les Roms furent aussi tués dans leur grande majorité.




En fait, les idées racistes de l’époque n’épargnaient aucun pays d’Europe. En Suède, pays neutre, les autorités avaient déjà, dans les années 1920, encouragé la mise en œuvre d’un programme de stérilisation qui avait principalement pour cible les Roms (et qui s’est poursuivi jusque dans les années 1970). En Norvège aussi, des pressions s’exercèrent sur les Roms en vue de leur stérilisation.

Le régime nazi définissait les Roms (dont les Sintis) comme une « race inférieure » ayant un « comportement asocial » considéré comme héréditaire. Ce jugement était en fait une amplification de préjugés anciens et largement répandus tant en Allemagne qu’en Autriche. Lesdites lois raciales de Nuremberg, datant de 1935, privèrent les Roms de leur nationalité et de leurs droits civils. Il était exigé qu’ils soient internés dans des camps de travail et stérilisés de force.

Un plan antérieur imaginé par les racistes nazis et visant à maintenir certains Roms « de race pure » dans une sorte de musée anthropologique fut oublié, tandis que d’autres Roms, en particulier des enfants, furent sélectionnés pour être soumis aux cruelles expériences médicales de Josef Mengele. Une politique de stérilisation forcée fut mise en œuvre, souvent sans anesthésie.

L’élimination systématique des Roms débuta pendant l’été 1941 lorsque les troupes allemandes attaquèrent l’Union soviétique. Ils étaient considérés comme des espions (à l’instar de nombreux Juifs) au service du « bolchévisme juif » et furent fusillés en masse par l’armée allemande et les SS. De fait, dans toutes les zones occupées par les Nazis, des Roms furent exécutés.

Les chiffres sont imprécis mais l’on estime que plusieurs centaines de milliers de Roms furent exécutés dans ces circonstances, y compris dans les Balkans où les massacres étaient soutenus par les fascistes locaux. La milice Oustacha de Croatie géra des camps mais organisa aussi des déportations et procéda à des exécutions massives.

En décembre 1942, le régime nazi décida de déporter à Auschwitz tous les Roms du « Reich allemand ». Là, ils durent porter un triangle noir et se faire tatouer un Z sur le bras. De tous les détenus du camp, ils avaient le plus fort taux de mortalité : 19 300 d’entre eux y perdirent la vie. Sur ce nombre, 5 600 furent gazés et 13 700 moururent de faim, de maladie ou à la suite d’expériences médicales pratiquées sur eux.

On ne sait toujours pas combien de Roms au total furent victimes des persécutions nazies car ils ne furent pas tous inscrits comme Roms et les registres sont incomplets. L’absence de statistiques fiables sur le nombre de Roms vivant dans ces régions avant leur extermination massive rend encore plus difficile l’estimation du nombre réel de victimes. Selon les fiches d’information du Conseil de l’Europe, il est fort probable que ce nombre s’élève à au moins 250 000. D’après d’autres études crédibles, plus de 500 000 Roms perdirent la vie, et peut être même beaucoup plus.

Les fiches d’information soulignent la nécessité d’entreprendre des recherches complémentaires sur l’histoire des Roms. Les Roms eux mêmes ont eu peu de moyens de consigner les événements et les autorités n’avaient guère intérêt à le faire. Cependant, il y a des spécialistes roms et autres dont les travaux doivent être encouragés (les auteurs des fiches d’information ont notamment mis à profit les connaissances de plusieurs d’entre eux comme Ian Hancock et Grattan Puxon).

Cela dit, les fiches d’information publiées ont déjà des effets positifs. J’espère que de nombreuses personnes les liront et que les gouvernements européens soutiendront cette démarche et la faciliteront en traduisant ces textes dans leur langue nationale et en les diffusant auprès des enseignants et des responsables politiques entre autres. Il faudrait aider les organisations roms à les propager aussi largement dans leur communauté.




Un lecteur attentif ne pourra que tirer un certain nombre de conclusions. L’une d’entre elles est qu’il n’est pas surprenant que de nombreux Roms éprouvent de la méfiance vis à vis de la société majoritaire et que certains considèrent les autorités comme une menace. Lorsqu’on leur enjoint de se faire recenser ou de donner leurs empreintes digitales, ils craignent le pire.

En effet, plusieurs pays ne reconnaissent toujours pas l’oppression dont cette minorité a été victime par le passé et n’ont présenté officiellement aucune excuse. On peut, néanmoins, citer un bon exemple de comportement inverse ; en 2003, le gouvernement de Bucarest a pris la décision de créer une commission sur l’holocauste qui a, ultérieurement, publié un important rapport sur la répression et les massacres en Roumanie pendant la période fasciste.

Les fiches d’information montrent que les Roms ne vivent pas en nomades pour des raisons retorses ou parce qu’ils ont le voyage « dans le sang ». Lorsque c’est possible, ils se fixent bel et bien quelque part mais, pendant longtemps, ils ont dû se déplacer d’un pays à l’autre ou au sein d’un même pays pour éviter la répression ou simplement parce qu’ils n’étaient pas autorisés à s’installer dans un endroit donné. L’autre raison principale est que le type d’emploi ou de travail qui leur était accessible exigeait leur déplacement.




L’histoire nous donne des leçons sur la façon de faire face à la montée actuelle de l’antitsiganisme dans certains pays. Le discours de certains responsables politiques et des médias xénophobes ravive les stéréotypes séculaires au sujet des Roms, ce qui, à son tour, « légitime » les actions, souvent violentes, menées contre des personnes roms. Une nouvelle fois, on en fait des boucs émissaires.

Le discours d’aujourd’hui contre les Roms est tout à fait semblable à celui qu’employaient les nazis et les fascistes avant que ne commence l’extermination de masse dans les années 1930 et 1940. On prétend à nouveau que les Roms sont une menace pour la sécurité et la santé publique. Aucune distinction n’est faite entre une poignée de délinquants et la majorité écrasante de la population rom. C’est une attitude honteuse et dangereuse.




* Thomas Hammarberg est commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe - Consultez son site internet : http://www.coe.int/t/commissioner/d...

Consultez également :

-  Les fiches d’information sur l’histoire des Roms font partie du projet du Conseil de l’Europe sur l’éducation des enfants roms en Europe. Le racisme anti- Roms : Des discours semblables à ceux des nazis


Vendredi 30 Juillet 2010


http://info-palestine.net/article.php3?id_article=9162 http://info-palestine.net/article.php3?id_article=9162

 

http://www.alterinfo.net/Le-racisme-anti-Roms-des-discours-semblables-a-ceux-des-nazis_a48603.html

 

 

 

Il a eu 8 ans pour faire bouger les choses…


Source : Un quinquennat dérangeant

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 20:23

 


 

Paquet de Gitanes

 

Quand le RPR se faisait élire par les Gitans

Magouilles de l'UMP, témoignage

 

L'UMP n'a pas toujours été aussi stigmatisant envers les gitans. Je vais vous raconter une histoire édifiante à ce sujet, une histoire qui se passe à l'époque où l'UMP s'appelait encore le RPR.

En 1989, à Agde, petite ville côtière du Languedoc, le maire était RPR. Il était à la tête de cette commune depuis 1977, une commune de 20.000 habitants qui comprend le Cap d'Agde dans son territoire, et qui est donc assez riche.

A cette époque sa "secrétaire politique" avait trouvé un système imparable pour gagner les élections. Grâce à une complicité à la préfecture, elle avait les noms de "gens du voyage", certainement grâce au fameux "carnet de voyage" obligatoire pour les "nomades" qui sont répertoriés en préfecture. Elle récupérait ces noms et les inscrivait sur les listes électorales de la commune. Ensuite, grâce à une autre complicité au commissariat de police, elle faisait établir des fausses procurations, qu'elle donnait à des militants RPR, qui votaient à la place de ces électeurs virtuels.

Mais vous allez me dire, pourquoi utiliser des noms de gitans et pas tout simplement des faux noms ?

Ce n'est pas si simple, les inscriptions sur les listes électorales sont vérifiées par l'INSEE, qui s'assure de 2 choses :

  1. Que la personne n'est pas inscrite ailleurs, auquel cas, l'INSEE la fait radier de son ancienne inscription.
  2. Que la personne existe vraiment et n'est pas décédé, l'INSEE vérifie cela sur les registres d'état-civil.

Dans le cas qui nous préoccupe, le complice de la préfecture savait si les gens votaient ou pas, car les "gens du voyage" qui veulent voter doivent demander au préfet de les rattacher à une commune. La préfecture doit garder des traces de cela, et le complice ne donnait les noms que s'ils ne votaient pas. Le système était bien monté et quasiment imparable grâce à la complicité d'un fonctionnaire RPR complaisant. De même un autre fonctionnaire RPR complaisant au commissariat de police établissait des procurations pour ces électeurs malgré eux.

Ca fonctionne toujours comme ça, l'UMP, il y a pleins de gens placés un peu partout qui rendent des petits services. Par exemple, en 1989, le RPR d'Agde pouvait consulter avant tout le monde les listes d'émargement qui étaient à la préfecture entre les 2 tours d'une élection. Il y avait à la préfecture un fonctionnaire RPR complaisant qui laissait faire. Les listes d'émargement, c'est très utile pour aller relancer les abstentionnistes, entre les 2 tours, et donc des militants RPR allaient à la préfecture, en toute illégalité, et relevaient les noms de ceux qui n'avaient pas voté. Ce qui fait que le mardi au plus tard, le RPR avaient la liste des abstentionnistes et pouvait commencer le porte à porte, alors que les autres partis politiques devaient attendre que les listes reviennent en mairie, le jeudi, parfois le vendredi. Ca se passait comme ça au RPR, et il y a fort à parier que ça se passe toujours comme ça, à l'UMP...

Mais revenons à notre histoire...

A Agde, ça faisait un moment que la magouille des vrais faux électeurs fonctionnait, et le RPR était toujours en tête des élections. Mais en 1989, pour les élections municipales, les résultats s'annonçaient très serrés, bien plus que d'habitude. La municipalité allait de scandales immobiliers en scandales en tous genres, à cause de la construction d'un golf et des magouilles immobilières qui allaient avec, à cause aussi d'une fausse concession de plage de complaisance, accordée à un copain, et d'autres menues magouilles. Ces scandales s'étalaient dans les journaux locaux et les gens en avaient un peu marre de ce maire. Les élections promettaient d'être très chaudes. C'est bien beau de magouiller et de se faire du pognon, mais ça finit par se voir et après ça craint pour les élections !

Le RPR serrait donc les fesses. La "secrétaire politique" décida de charger un peu la mule pour assurer le coup, et inscrivit un maximum d'électeurs "virtuels". Elle réussit à inscrire de cette façon un total de 253 faux électeurs.

A cette époque aussi, un jeune informaticien travaillait à la mairie d'Agde. Il s'aperçut de la magouille, parce que la "secrétaire politique" avait commis une petite erreur. Il y avait 253 électeurs inscrits à seulement 3 adresses postales: une villa à 2 pas de la mairie et 2 appartements au Cap d'Agde. Ca faisait beaucoup trop de monde à la même adresse et ça sortait en anomalie sur l'ordinateur !

Mais bien sûr pour que la magouille soit opérationnelle, il fallait que le courrier arrive, que les cartes d'électeurs ne reviennent pas en mairie avec la mention "n'habite pas à l'adresse indiquée", sous peine d'être automatiquement radiés par la commission électorale. D'où l'utilisation de seulement 3 adresses, la villa d'un militant RPR, l'appartement du directeur de cabinet et l'appartement de la "secrétaire politique". Ces 3 personnes se chargeaient de récupérer le courrier. Pour ce genre de choses il ne faut pas que trop de monde soit au courant et la "secrétaire politique" avait donc restreint les adresses et les témoins. Elle pensait avoir été finaude, car ni elle, ni le directeur de cabinet ne votaient sur la commune, et donc, on ne pouvait pas savoir que c'était chez eux en consultant la liste électorale. En 1989, l'informatique c'était encore nouveau et mystérieux pour beaucoup de gens.  Cette brave dame n'avait jamais pensé que ça se verrait grâce à un tri et à un programme de contrôle, elle ne savait même pas qu'il y avait des tris et des programmes de contrôle...

Quand l'informaticien s'aperçut de ça, il fut un peu dégoûté. C'était un type qui avait des convictions de gauche, mais qui ne faisait pas de politique, il travaillait dans cette mairie un peu par hasard et s'en accommodait, il faut bien vivre. Il avait bien vu passer toute sortes de magouilles sur son ordinateur, mais il ne cherchait pas à savoir, se disant que la politique c'était pourri partout. Seulement voir ainsi comment on arrivait à bafouer la démocratie, c'était trop pour lui, ça le mettait dans une rage folle. Il ne pouvait pas rester sans rien faire, c'était un idéaliste, il lui fallait agir.

Il sorti donc une liste de ces faux électeurs et la donna à un leader de la gauche locale, qu'il connaissait. Ca pouvait être très utile au cas où le maire RPR serait réélu, ça pouvait servir à faire casser les élections.

Ce ne fut pas la peine...

Pendant les élections, l'opposition de gauche réussit à faire invalider un grand nombre de ces fausses procurations, en arguant du fait que tous ces gens ne pouvaient matériellement pas tous habiter à la même adresse. 90 personnes dans un 2 pièces au Cap d'Agde, c'était trop gros pour passer, d'autant plus qu'il n'y avait qu'un seul bureau de vote, au Cap d'Agde, à cette époque, un bureau où le RPR faisait généralement 75% des voix, et pour cause ! En invalidant presque toutes les fausses procurations, la liste de gauche (PS - PC) fut élue au second tour, avec 250 voix d'avance. Ca avait été chaud !

Bien sûr vous n'êtes pas obligé de me croire, mais sachez que je suis très très bien renseigné sur cette affaire, j'ai pu moi même voir les listes imprimées par l'informaticien ainsi que les fausses procurations, je le connais très très bien cet informaticien.

La morale de l'histoire ? J'en vois au moins deux.

La première, c'est que l'UMP n'a pas toujours craché sur les gitans, et que certaines grandes gueules de l'UMP feraient mieux aujourd'hui de la fermer, parce que les gitans leurs sont parfois très utiles. Demandez donc aux maires UMP des villes où il y a une forte communauté gitane sédentaire comment ils sont élus. Sans aller jusqu'au système que j'ai décrit plus haut, il n'en reste pas moins que le clientélisme est souvent très utile avec la population gitane. On les fait s'inscrire sur les listes électorales et on les oriente dans leurs choix électoraux, on leur suggère de bien voter, en échange d'un petit boulot ou d'un logement, on leur dit que si on n'est pas réélu, on leur enlèvera leur logement et leur travail... Les gitans sont souvent peu instruits, et  donc un peu crédules, ils votent donc comme on le leur demande.... On s'assure ainsi plusieurs centaines de voix, et ça suffit pour gagner les élections.

La deuxième, c'est que l'UMP n'a aucune leçon à donner à personne, et surtout pas en matière d'honnêteté et de respect des lois. On voit tous les jours comment eux les respectent, les lois. Demandez donc à Pasqua, à Dassault, à Balkany, à Santini... à Karachi (oops!) à Sarkozy ?

En ce qui nous concerne aujourd'hui, je serai curieux de vérifier si cette magouille de faux électeurs gitans n'a pas toujours cours dans certaines villes UMP. C'est assez simple à vérifier, il suffit de croiser les fichiers "gens du voyage" avec les fichiers électoraux. Je sais bien qu'à l'UMP ce sont des gens honnêtes, mais tout de même, une vérification me tranquiliserait sur le bon fonctionnement de notre démocratie, une erreur est si vite arrivée...


Auteur : Roland


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14595&rech=25143#25143

 

 

 

Il faut aussi alerter les Tsiganes et les mettre en garde pour qu'ils ne soient plus abusés !

Eva

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 16:04
Albert Jacquard à Nancy : rencontrer l’autre avec raison et sensibilité

Belles rencontres mardi soir, 27 juillet, à Nancy, salle Poirel. Soirée intitulée « Cri du Cœur », dans le cadre de l’excellent festival Nancyphonies. Public varié, large, mixte.

 

Le généticien Albert Jacquard nous trace quelques réflexions sur le monde et l’esprit du temps.

 

La pianiste Sandra Moubarak et le violoncelliste Antony Leroy nous offrent quelques émotions tirées des répertoires de Félix Mendelssohn, César Franck et Claude Debussy.

 

Le langage – fait de mots ou de musique – est cet instrument de la rencontre de l’autre. C’est là le fil conducteur de la pensée d’Albert Jacquard.

 

Pour l’ancien membre du comité d’éthique français, chacun de nous est une « merveille », à condition de considérer, ensemble, que le merveilleux n’est pas isolé dans un système où seuls règnent la compétition et la consommation.

 

La compétition qui mène le monde est une erreur, selon Albert Jacquard. Ce n’est pas l’addition qui compte, mais l’articulation, la complémentarité, la communauté.

 

Albert Jacquard, en honnête scientifique, se méfie des nombres et  laisse ouverte la question de Dieu : la naissance de l’espèce humaine est un hasard mystérieux de l’évolution qui nous a fait verbe et chair à la fois.

 

Albert Jacquard démontre que l’expérience humaine moderne nous fait prendre conscience de deux urgences.

 

Première urgence : la nécessité de mettre en commun les ressources clés de la planète pour les partager équitablement.

 

Seconde urgence : la nécessité d’abandonner l’arsenal nucléaire qui peut nous détruire totalement.

 

Albert Jacquard, qui se qualifie lui-même "d’hurluberlu", nous invite à demander « à ceux qui ont du pouvoir d’être plus raisonnable »

 

L’utopie, concept développé par Thomas More, au XVIè siècle, a donné des bases à la philosophie libérale de la démocratie. Plus près de nous, Théodore Monod considère l’utopie comme « ce qui n’a pas encore été inventé ».

 

La rencontre de l’autre reste la première espérance humaine. Et cette expérience de la raison sensible devrait être le « projet de l’école », selon Albert Jacquard.

 

Laurent Watrin

 

http://eurocitoyen.blogspirit.com/archive/2010/07/28/rencontrer-l-autre-avec-raison-et-sensibilite.htm

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