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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 01:39

 

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 01:34

Les dix principaux mythes sur le conflit israélo-palestinienJeremy R. Hammond est un journaliste indépendant et rédacteur en chef du [Foreign Policy Journal]url:http://www.foreignpolicyjournal.com/ , une source en ligne pour des informations, des analyses critiques, et des commentaires sur la politique étrangère américaine. Il a été parmi les lauréats de l'édition 2010 du Project Censored Awards pour le journalisme d'investigation, et il est l'auteur de « Le rejet de l'autodétermination palestinienne », disponible sur Amazon.com.   

Mythe 1 – Les juifs et les arabes ont toujours été en conflit dans la région
Bien que les Arabes aient été majoritaires en Palestine avant la création de l'Etat d'Israël, il y a toujours eu aussi une population juive. Globalement, les Palestiniens juifs s'entendaient bien avec leurs voisins arabes. Le changement s’est produit avec l'apparition du mouvement sioniste parce que les sionistes ont rejeté le droit des Palestiniens à l'autodétermination et voulaient la Palestine pour eux, pour créer un "État juif" dans une région où les Arabes étaient majoritaires et possédaient la plupart de la terre.






















Par exemple, après qu’une série d'émeutes à Jaffa en 1921 ait entraîné la mort de 47 Juifs et de 48 Arabes, l'occupation britannique a organisé une commission d'enquête, qui a conclu qu' « il n’y a pas d'antisémitisme inhérent dans le pays, racial ou religieux. ». Les attaques arabes contre les communautés juives furent plutôt le résultat des craintes arabes sur le but déclaré des sionistes de s’emparer de leur terre.


5 avril 1928 : ouvriers juifs et arabes sur un chantier à Jérusalem

Après une explosion de violence en 1929, la Commission Shaw britannique notait que « en moins de 10 ans, il y a eu trois attaques arabes graves contre les Juifs. Depuis 80 ans avant la première de ces attaques, aucun incident similaire ne s’est produit. » Des représentants de tous les côtés du conflit naissant ont témoigné devant la Commission qu’avant la Première Guerre mondiale, « les Juifs et Arabes ont vécu côte à côte sinon dans l'amitié, du moins avec tolérance, une qualité qui est aujourd'hui à peu près inconnue en Palestine. » Le problème fut que « le peuple arabe de Palestine est aujourd'hui uni dans sa demande d'un gouvernement représentatif, » mais s’est vu refuser ce droit par les sionistes et leurs bienfaiteurs britanniques.

Le rapport britannique Hope-Simpson de 1930 a noté également que les résidents juifs des communautés non-sionistes en Palestine jouissaient d'une amitié avec leurs voisins arabes. « Il est habituel de voir un arabe assis dans la véranda d'une maison juive, » note le rapport. « La situation est entièrement différente dans les colonies sionistes. »

Mythe 2 – Les Nations Unies ont créé Israël

Les Nations Unies ont commencé à s’impliquer lorsque les Britanniques ont cherché à se laver les mains de la situation volatile que leur politique avait aidé à créer, et pour s’extirper de Palestine. Ils ont demandé à cette fin que les Nations Unies prennent l’affaire en charge.


L'occupation britannique de la Palestine

En conséquence, une Commission spéciale des Nations unies sur la Palestine (UNSCOP) a été créée pour examiner la question et proposer ses recommandations sur la façon de résoudre le conflit. L’UNSCOP ne comportait de représentants d’aucun pays arabe et, à la fin, a publié un rapport qui rejetait explicitement le droit des Palestiniens à l'autodétermination. Au lieu d’accepter la solution démocratique au conflit, l’UNSCOP a proposé que la Palestine soit partagée en deux États : un État arabe et un Etat juif.

L'Assemblée générale des Nations Unies a avalisé l’UNSCOP dans sa Résolution 181. On affirme souvent que cette résolution a « partagé » la Palestine ou qu'elle a fourni aux dirigeants sionistes un mandat légal pour leur déclaration ultérieure d'existence de l'Etat d'Israël, ou quelqu’autre variante similaire sur le thème. Toutes ces allégations sont absolument fausses.

La Résolution 181 avalise simplement le rapport de l’UNSCOP et les conclusions en tant que recommandations. Inutile de dire que pour que la Palestine soit officiellement divisée, cette recommandation aurait dû avoir été acceptée tant par les Juifs que par les Arabes, ce qui n’est pas le cas.

En outre, les résolutions de l’Assemblée Générale ne sont pas considérées comme légalement contraignantes (seules celles du Conseil de Sécurité le sont). Et de plus, les Nations Unies n’auraient eu aucune autorité pour prendre la terre d’un peuple et la remettre à un autre, et une quelconque résolution cherchant ainsi à partager la Palestine aurait été de toute façon nulle et non avenue.

Mythe 3 – Les Arabes ont laissé passer une opportunité d’avoir leur propre Etat en 1947

La recommandation des Nations Unies de partager la Palestine a été rejetée par les Arabes. De nombreux commentateurs pointent aujourd’hui ce refus comme constituant une « occasion » manquée par les Arabes d’avoir eu leur propre Etat. Mais qualifier ceci d’« occasion » pour les Arabes est d’un ridicule achevé. Le Plan de Partition n’était en aucune façon formé, pas plus qu’il ne formait une « opportunité » pour les Arabes.

Tout d’abord, comme déjà noté, les Arabes étaient majoritaires en Palestine à cette époque, les Juifs représentant environ un tiers de la population à cause de l’immigration massive de Juifs d’Europe (en 1922, un recensement britannique montrait que les Juifs ne représentaient qu’environ 11% de la population).

De plus, les statistiques de la propriété foncière de 1945 montraient que les Arabes possédaient plus de terre que les Juifs dans tous les districts de Palestine, y compris à Jaffa, où les Arabes étaient propriétaires de 47% des terres, tandis que les Juifs en possédaient 39% - et Jaffa se vantait du plus fort pourcentage de terres appartenant à des Juifs de tous les districts. Dans d’autres districts, les Arabes possédaient une portion de terre encore plus grande. A Ramallah par exemple, 99% de la terre appartenait aux Arabes. Dans l’ensemble de la Palestine, les Arabes possédaient 85% de la terre, alors que les Juifs en possédaient moins de 7%, ce qui est resté le cas jusqu’à la création d’Israël.

Pourtant, malgré ces faits, la recommandation de partage des Nations Unies avait appelé à ce que plus de la moitié de la terre de Palestine soit donnée aux sionistes pour leur « Etat juif ». La vérité est qu’on pouvait s’attendre à ce qu’aucun Arabe n’accepte une proposition aussi injuste. Que des commentateurs politiques décrivent aujourd’hui le refus des Arabes d’accepter une recommandation qui volait leur terre, fondée sur le refus explicite de leur droit à l’auto-détermination, comme une « opportunité manquée » représente soit une ignorance stupéfiante des racines du conflit, soit une réticence à examiner l’histoire avec honnêteté.

Il convient également de noter que le plan de partition a également été rejeté par de nombreux dirigeants sionistes. Parmi ceux qui ont soutenu l'idée de partage, dont David Ben Gourion, leur raisonnement était que ce serait une démarche pragmatique pour atteindre leur but d'acquérir la totalité de la Palestine pour un État « juif » - ce qui pourrait être finalement réalisé plus tard par la force des armes.

Lorsque l'idée de la partition fut soulevée pour la première fois quelques années plus tôt, par exemple, Ben Gourion avait écrit qu'« après que nous serons devenus une force, à la suite de la création d'un Etat, nous abolirons la partition et nous nous étendrons à l'ensemble de la Palestine. » La partition devait être acceptée, selon lui, « pour préparer le terrain à notre expansion sur l'ensemble de la Palestine ». L'Etat juif devrait alors « maintenir l'ordre », si les Arabes n’acceptaient pas, « à la mitraillette, si nécessaire. »

Mythe 4 – Israël a « le droit d’exister »

Le fait que ce terme soit utilisé exclusivement à l’égard d’Israël est instructif quant à sa légitimité, comme le fait que la demande soit faite aux Palestiniens de reconnaître le « droit à exister » d’Israël, alors qu’aucune demande similaire n’est faite aux Israéliens de reconnaître le « droit à exister » d’un Etat palestinien.

Les Nations n’ont pas de droits, les peuples en ont. Le cadre approprié de la discussion est à l’intérieur de celui du droit de tous les peuples à l’auto-détermination. Replacé dans le cadre approprié, c’est une observation élémentaire que ce ne sont pas les Arabes qui ont nié aux Juifs ce droit, mais ce sont les Juifs qui ont nié ce droit aux Arabes. La terminologie du « droit à exister » d’Israël est constamment employée pour masquer ce fait.

Comme indiqué précédemment, Israël n’a pas été créé par les Nations Unies, mais a vu le jour le 14 mai 1948, lorsque les dirigeants sionistes, unilatéralement et sans aucune autorité légale, ont déclaré l’existence d’Israël, sans précision quant aux frontières du nouvel Etat. En un instant, les sionistes ont déclaré que les Arabes n’étaient plus les propriétaires de leur terre – elle appartenait maintenant aux Juifs. En un instant, les sionistes ont déclaré que les Arabes majoritaires en Palestine étaient maintenant des citoyens de seconde classe dans le nouvel « Etat juif ».

Il va sans dire que les Arabes n’ont pas accepté passivement un tel développement, et les pays arabes voisins ont déclaré la guerre au régime sioniste pour empêcher une telle injustice contre la majorité des habitants de Palestine.

Il convient de souligner que les sionistes n’avaient aucun droit sur la majorité de la terre qu’ils déclaraient faire partie d’Israël, alors que les Arabes l’avaient. Cette guerre n’était donc pas, comme l’affirment communément les commentaires pour le grand public, un acte d’agression des Etats arabes contre Israël. Au contraire, les Arabes agissaient en défense de leurs droits, pour empêcher les sionistes de s’emparer illégalement et injustement des terres arabes et de priver de ses droits la population arabe. L’acte d’agression fut la déclaration unilatérale des dirigeants sionistes de l’existence d’Israël, et l’usage de la violence par les sionistes pour imposer leurs objectifs, avant et après cette déclaration.

Au cours de la guerre qui a suivi, Israël a mis en œuvre une politique de nettoyage ethnique. 700.000 Palestiniens arabes soit furent chassés par la force de leurs maisons soit fuirent par peur de nouveaux massacres, comme cela s’était produit dans le village de Deir Yassin peu de temps avant la déclaration sioniste. Ces Palestiniens n’ont jamais été autorisés à revenir dans leurs foyers et sur leur terre, bien qu’il soit internationalement reconnu et inscrit dans le droit international que ces réfugiés ont un droit inhérent « au retour ».


Des terroristes juifs de la Haganah chassent de chez elle une famille palestinienne.

Les Palestiniens n’accepteront jamais la demande qui leur est faite par Israël et son principal bienfaiteur, les Etats-Unis, de reconnaître à Israël « le droit d’exister ». Le faire serait de fait affirmer qu’Israël avait un « droit » à prendre la terre arabe, alors que les Arabes n’avaient aucun droit à leur propre terre. Ce serait affirmer de fait qu’Israël avait le « droit » de nettoyer ethniquement la Palestine, alors que les Arabes n’avaient aucun droit à la vie, à la liberté, à continuer à être heureux dans leurs propres foyers, sur leur propre terre.

L’utilisation constante du terme “droit à exister” dans le discours aujourd’hui ne sert qu’un but précis : masquer la réalité que ce sont les Juifs qui ont nié aux Arabes le droit à l’auto-détermination, et pas l’inverse, et tenter de légitimer les crimes israéliens contre les Palestiniens, tant historiques que contemporains.

Mythe 5 – Les nations arabes ont menacé d’anéantir Israël en 1967 et en 1973

Le fait est que c’est Israël qui a tiré la première balle de la « Guerre des Six-Jours ». Au petit matin du 5 juin, Israël a lancé ses avions de guerre dans une attaque surprise sur l’Egypte (alors République Arabe Unie) qui ont décimé la force aérienne égyptienne alors que la plupart de ses avions étaient toujours au sol.

Il est virtuellement obligatoire que cette attaque soit décrite aujourd’hui par les commentateurs comme « préventive ». Mais pour qu’elle ait été « préventive », par définition, il eut fallu une menace imminente d’agression égyptienne contre Israël. Pourtant, il n’y en a eu aucune.

Il est communément affirmé que la rhétorique belliqueuse de Nasser, le blocus du Détroit de Tiran, le mouvement de troupes dans la Péninsule du Sinaï, et l’expulsion des forces de maintien de la paix des Nations Unies de son côté de la frontière ont collectivement constitué une telle menace imminente.

Pourtant, tant les services secrets états-uniens qu'israéliens ont affirmé à l’époque que la probabilité que Nasser lance une attaque réelle était faible. La CIA a affirmé qu’Israël avait une supériorité d’armement écrasante, et qu’en cas de guerre, il déferait les forces arabes en deux semaines ; en une semaine si Israël attaquait le premier, ce qui s’est effectivement produit.

Il faut garder à l’esprit que l’Egypte avait été la victime de l’agression des Britanniques, des Français et des Israëliens lors de la Crise de Suez de 1954, à la suite de la nationalisation égyptienne du Canal de Suez. Dans cette guerre, les trois nations attaquantes ont conspiré pour faire la guerre à l’Egypte, ce qui a abouti à l’occupation israélienne de la Péninsule du Sinaï. Sous la pression des Etats-Unis, Israël s’est retiré du Sinaï en 1957, mais l’Egypte n’avait pas oublié l’agression israélienne.

De plus, l’Egypte avait formé une alliance avec la Syrie et la Jordanie, chacun s’engageant à venir en aide aux autres dans le cas d’une guerre avec Israël. La Jordanie avait critiqué Nasser pour n’avoir pas été à la hauteur de cet engagement après l’attaque israélienne contre le village de Cisjordanie de Samu, l’année précédente, et sa rhétorique fut une tentative transparente de retrouver sa crédibilité dans le monde arabe.

Que le positionnement de Nasser soit défensif plutôt qu’une intention de mener une offensive contre Israël a été reconnu parmi des Israéliens éminents. Comme l’a observé Avraham Sela, du Centre Shalem, « le regroupement égyptien dans le Sinaï manquait d’un plan offensif clair, et les instructions défensives de Nasser supposaient explicitement une attaque israélienne préalable. »

Le Premier ministre israélien Menachem Begin a reconnu que « en juin 1967, nous avons de nouveau eu le choix. Les concentrations de l’armée égyptiennes aux abords du Sinaï ne prouvaient pas que Nasser fût vraiment sur le point de nous attaquer. Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes. Nous avons décidé de l’attaquer. »

Yitzhak Rabin, qui allait lui aussi devenir plus tard Premier ministre d’Israël, a admis en 1968 que « je ne pense pas que Nasser voulait la guerre. Les deux divisons qu’il a envoyées dans le Sinaï n’auraient pas été suffisantes pour lancer une guerre offensive. Il le savait et nous le savions. »

Les Israéliens ont aussi reconnu que leur propre rhétorique de l’époque sur la « menace d'anéantissement » venant des Etats arabes était pure propagande.

Le Général Chaim Herzoz, commandant général et premier gouverneur militaire de la Cisjordanie occupée après la guerre, a admis que « Il n’y avait aucun danger d’anéantissement. Les quartiers généraux israéliens n’ont jamais cru à ce danger. »

Le Général Ezer Weizman a dit de même : « Il n’y a jamais un danger d’extermination. Cette hypothèse n’a jamais été examinée dans aucune réunion sérieuse. »

Le Chef d’Etat-Major Haim Bar-Lev a reconnu, « Nous n’étions pas menacés de génocide à la veille de la Guerre des Six-Jours, et nous n’avons jamais pensé à une telle possibilité. »

Le Ministre israélien du Logement Mordechai Bentov a également reconnu que « Toute l’histoire du danger d’extermination a été inventée dans les moindres détails et exagérée a posteriori pour justifier l’annexion d’un nouveau territoire arabe. »

En 1973, dans ce que les Israéliens appellent « La guerre de Yom Kippour », l’Egypte et la Syrie ont lancé une offensive surprise pour reprendre respectivement le Sinaï et les Hauts du Golan. Cette action commune est habituellement décrite dans les articles contemporains comme une « invasion » de ou un acte d’« agression » contre Israël.

Pourtant, comme déjà noté, après la guerre de juin 67, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 242 demandant à Israël de se retirer des territoires occupés. Israël a bien entendu refusé de le faire et est resté depuis en violation perpétuelle du droit international.

Pendant la guerre de 1973, l’Egypte et la Syrie ont ainsi « envahi » leur propre territoire, alors sous occupation illégale par Israël. Le corollaire de la description de cette guerre comme un acte d’agression arabe suppose implicitement que la Péninsule du Sinaï, les Hauts du Golan, la Cisjordanie et la Bande de Gaza étaient des territoires israéliens. Ce qui est, inutile de le préciser, une affirmation grossière qui démontre la nature absolument préjudiciable et partiale des commentaires des grands médias lorsqu’ils traitent du conflit israélo-arabe.

Ce récit faux s’inscrit dans un récit plus global, tout aussi fallacieux, des Israéliens comme « victimes » de l’intransigeance et de l’agression arabes. Ce récit, largement incontesté en Occident, est une inversion de la réalité.

Mythe 6 – La Résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies n’appelait qu’à un retrait israélien partiel

La Résolution 242 a été adoptée à la suite de la guerre de juin 67 et appelait au « Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit. » [le texte en anglais : “Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict."] Bien que le mythe ci-dessus jouisse d’une grande popularité, il n’a absolument aucun fondement.

La thèse centrale de cet argument est que l’absence du mot « the » devant « occupied territories » dans cette clause signifie que « tous les territoires occupés » n’étaient pas concernés. Essentiellement, cet argument repose sur la logique ridicule que parce que le mot « the » a été omis dans la clause, on peut donc comprendre que cela veut dire que « certains des territoires occupés » était le sens voulu.

D’un point de vue grammatical, l’absence du mot “the” n’a pas d’effet sur le sens de cette clause, qui se réfère aux “territoires”, au pluriel. La simple question-test décisive est : Est-ce un territoire qui fut occupé par Israël au cours de la guerre de 1967 ? Si oui, alors, en vertu du droit international et de la Résolution 242, Israël est tenu de se retirer de ce territoire. Ce territoire comprend les Hauts du Golan syrien, la Cisjordanie et la Bande de Gaza.

La version française de la résolution, tout aussi authentique que la version anglaise, contient l’article défini, et une majorité des membres du Conseil de Sécurité ont précisé au cours des délibérations que leur compréhension de la résolution était qu’elle requérait qu’Israël se retire totalement de tous les territoires occupés.

De plus, il est impossible de concilier le principe du droit international cité dans le préambule de la résolution, à savoir « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la guerre ». Dire que les Nations Unies prévoyaient qu’Israël puisse conserver une partie du territoire qu’il occupait pendant la guerre serait aller à l’encontre de ce principe précité.

On pourrait continuer à citer diverses autres erreurs logiques associées à cet argument frivole, mais c’est tellement absurde qu’il est superflu de le faire.

Mythe 7 – L’action militaire israélienne contre ses voisins n’est prise que pour se défendre contre le terrorisme

Les faits racontent une autre histoire. Prenez par exemple la guerre israélienne dévastatrice de 1982 contre le Liban. Comme l’a largement documenté l’analyste politique Noam Chomsky dans son analyse épique « Israël, Palestine, États-Unis : Le triangle fatidique », cette offensive militaire a été lancée sans même la plus petite ombre du moindre prétexte.

Bien que l’on puisse lire des articles contemporains insistant sur le fait que cette guerre a été menée en réponse au bombardement constant du nord d’Israël par l’OLP, alors basée au Liban, la vérité est que, en dépit des continuelles provocations israéliennes, l’OLP avait, à très peu d’exceptions près, respecté le cessez-le-feu qui était en place. De plus, dans chacun de ces cas, c’est Israël qui a violé le cessez-le-feu le premier.

Parmi les provocations israéliennes, au début de 1982, il a attaqué et coulé des bateaux de pêche libanais et commis des centaines de violations des eaux territoriales libanaises. Il a commis des milliers de violations de l’espace aérien libanais, mais n’a jamais réussi à provoquer la réponse de l’OLP qu’il cherchait pour s’en servir de casus belli pour son projet d’invasion du Liban.

Le 9 mai, Israël a bombardé le Liban, provoquant une réponse de l’OLP qui lança des tirs de roquettes et d’artillerie sur Israël.



Puis un groupe « terroriste » dirigé par Abou Nidal (photo ci-dessus) a tenté d’assassiner l’ambassadeur israélien Shlomo Argov à Londres. Bien que l’OLP elle-même était en guerre avec Abou Nidal, qui avait été condamné à mort par un tribunal militaire du Fatah en 1973, et malgré le fait qu’Abou Nidal ne soit pas basé au Liban, Israël a cité cet événement comme prétexte pour bombarder les camps de réfugiés de Sabra et Shatila, tuant plusieurs milliers de Palestiniens.

L’OLP a répondu par des tirs sur les colonies du Nord d’Israël. Pourtant, Israël n’a pas réussi à provoquer la réponse à grande échelle qu’il cherchait pour l’utiliser comme prétexte à son projet d’invasion.

Comme l’a suggéré l’expert israélien Yehoshua Porath, la décision d’Israël d’envahir le Liban, loin d’être une réponse aux attaques de l’OLP, a plutôt « découlé du fait même que le cessez-le-feu avait été respecté ». Dans un article paru dans le quotidien israélien Haaretz, Porath affirmait que « le gouvernement espérait que l’OLP en détresse, manquant d’une base logistique et territoriale, retournerait à son terrorisme antérieur (…). De cette façon, l’OLP perdrait une partie de la légitimité politique qu’elle avait gagnée (…), éliminant le danger que des éléments se développent chez les Palestiniens qui pourraient devenir des partenaires légitimes de négociations pour de futurs arrangements politiques. »



Prenez un autre exemple, l’opération « Plomb Durci » d’Israël du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009. Avant l’attaque israélienne sur la population assiégée et sans défense de la Bande de Gaza, Israël avait conclu un accord de cessez-le-feu avec l’autorité gouvernementale, le Hamas. Contrairement au mythe populaire, c’est Israël, et non le Hamas, qui a mis fin au cessez-le-feu.

Le prétexte de l'opération «Plomb durci» est obligatoirement décrit dans les comptes-rendus des médias occidentaux comme étant les « milliers » de roquettes que le Hamas avait tiré en direction d'Israël avant l'offensive, en violation du cessez-le-feu.

La vérité est que du début du cessez-le-feu, en juin, jusqu’au 4 novembre, le Hamas n’a tiré aucune roquette, en dépit des nombreuses provocations d’Israël, y compris l’intensification des opérations en Cisjordanie et les tirs des soldats israéliens sur les Gazaouis à travers la frontière, entraînant plusieurs morts et blessés.

Le 4 novembre 2008, ce fut à nouveau Israël qui a violé le cessez-le-feu, avec des frappes aériennes et une invasion terrestre de Gaza qui a entraîné de nouveaux morts. Le Hamas a finalement répondu par un tir de roquette, et à partir de ce moment là, le cessez-le-feu était de fait terminé, avec des attaques quotidiennes au coup par coup partant des deux côtés.

Malgré l’absence de bonne foi de la part d’Israël, le Hamas a proposé de renouveler le cessez-le-feu à partir du moment où il devait officiellement expirer en décembre 2008. Israël a rejeté l’offre, préférant infliger une punition collective violente à la population de Gaza.

Comme l’a noté le Centre d’information israélien sur le renseignement et le terrorisme, la trêve « a apporté un calme relatif à la population du Néguev occidental », avec 329 attaques de roquettes et de mortiers, « la plupart d’entre elles pendant un mois et demi après le 4 novembre », lorsque Israël a de fait violé et mis fin à la trêve. Ce qui contraste de façon remarquable avec les 2.278 attaques de roquettes et de mortiers au cours des six mois qui ont précédé la trêve. Jusqu’au 4 novembre, le Centre observe également que « Le Hamas a pris soin de maintenir le cessez-le-feu. »

Si Israël avait voulu continuer à atténuer la menace d'attaques militantes palestiniennes à la roquette, il n’aurait tout simplement pas mis fin au cessez-le-feu, qui avait été très efficace pour réduire le nombre de ces attaques, y compris l'élimination de toutes ces attaques par le Hamas. Il n'aurait pas, à la place, eu recours à la violence, provoquant de façon prévisible la menace d’une montée en flèche de tirs de représailles à la roquette et au mortier de la part des groupes de militants palestiniens.

De plus, même si Israël avait pu prétendre que les moyens pacifiques avaient été épuisés et qu’un recours à la force militaire pour agir en légitime défense pour défendre sa population civile était nécessaire, ce n’est manifestement pas ce qui s'est passé.
Israël a délibérément ciblé la population civile de Gaza avec des attaques systématiques et délibérées sur des zones résidentielles, des hôpitaux, des écoles et autres lieux ayant un statut civil protégé par le droit international.

Comme le juriste international respecté qui a dirigé l’enquête des Nations Unies sur l’agression, Richard Goldstone, l’a fait remarquer, les moyens par lesquels Israël a lancé l’opération Plomb Durci n’étaient pas conformes à ses objectifs déclarés, mais indiquaient plutôt un acte délibéré de punition collective de la population civile.

Mythe 8 – Dieu a donné la terre aux Juifs, les Arabes sont donc les occupants

Toutes les discussions des faits sur le terrain ne convaincront jamais nombre de juifs et de chrétiens convaincus qu'Israël ne peut pas faire le mal, parce qu'ils voient ses actions comme portées par la main de Dieu, et que sa politique est en fait la volonté de Dieu. Ils croient que Dieu a donné la terre de Palestine, y compris la Cisjordanie et la bande de Gaza, au peuple juif, et Israël a donc un « droit » de le prendre par la force des Palestiniens, qui, de leur point de vue, sont les occupants illégaux de la terre.

Mais on peut simplement se tourner vers les pages de leurs propres livres saints pour démontrer la fausseté de telles croyances. Les Sionistes chrétiens adorent citer des passages de la Bible tel que le suivant pour appuyer leurs convictions sionistes :

« Et Yahvé dit à Abraham, après que Loth se fut séparé de lui : ‘Lève les yeux et regarde depuis l'endroit où tu es, vers le nord, le sud, l'est et l'ouest : tout le pays que tu vois, je te le donne, à toi et à ta descendance pour toujours. Et je rendrai ta descendance comme les grains de poussière de la terre ; si l'on peut compter les grains de poussière de la terre, alors on pourra aussi compter ta descendance. Lève-toi, parcours le pays en long et en large car je te le donne. » (Genèse 13:14-17)

« Yahvé lui apparut et dit : " Ne descends point en Egypte, mais demeure dans le pays que je te dirai. Séjourne dans ce pays ; je serai avec toi et je te bénirai, car je donne toutes ces terres à toi et à tes descendants, et je tiendrai le serment que j'ai fait à Abraham, ton père. » (Genèse 26:1-3)

« Il eut un songe: et voici, une échelle était posée sur la terre et son sommet touchait au ciel; et voici, sur elle des anges de Dieu montaient et descendaient, et au haut se tenait Yahvé. Il dit: " Je suis Yahvé, Dieu d'Abraham, ton père, et le Dieu d'Isaac. Cette terre sur laquelle tu es couché, je te la donnerai, à toi et à tes descendants. » (Genèse 28:12-13)

Pourtant, les chrétiens sionistes méprisent opportunément d'autres passages qui fournissent davantage de contexte pour comprendre ce pacte, tels les suivants :

« Vous garderez toutes mes lois et toutes mes coutumes, et vous les mettrez en pratique ; ainsi ne vous vomira pas le pays où je vous conduis pour y demeurer. » (Lévitique 20:22)

« Mais si vous ne m'écoutez pas et ne mettez pas en pratique tous ces commandements, si vous rejetez mes lois, prenez mes coutumes en dégoût et rompez mon alliance en ne mettant pas en pratique tous mes commandements, (…) C'est moi qui dévasterai le pays et ils en seront stupéfaits, vos ennemis venus l'habiter. Vous, je vous disperserai parmi les nations. Je dégainerai contre vous l'épée pour faire de votre pays un désert et de vos villes une ruine. (…) vous périrez parmi les nations et le pays de vos ennemis vous dévorera. » (Lévitique 26:14, 15, 32-33, 38)

« Et Yahvé s'est fortement irrité contre Israël et il les a éloignés de sa vue ; il n'est resté que la seule tribu de Juda (…). Et Israël fut emmené captif loin de son pays en Assyrie, où il est resté jusqu’à ce jour. » (2 Rois 17:18, 23)

« Et j’ai dit : Après que [Israel] ait fait toutes ces choses, ‘Reviens vers moi’ ; mais elle n'est pas revenue. Et sa sœur, Juda la perfide, l'a vu. A cause de tous les adultères d'Israël l'infidèle, je l'avais répudiée et lui avais donné sa lettre de divorce ; mais j'ai vu que sa sœur, Juda la perfide, n'a pas eu de crainte ; elle est partie et s'est prostituée, elle aussi. » (Jérémie 3:7-8)

Oui, dans la Bible, Yahvé, le Dieu d’Abraham, Isaac et Israël, a dit aux Hébreux que la terre pouvait être leur – s’ils obéissaient à ses commandements. Pourtant, selon l’histoire racontée par la Bible, toutes les générations des Hébreux se sont rebellées contre Yahvé.

Ce que les juifs et les chrétiens sionistes omettent dans leurs arguments bibliques en faveur de la poursuite de l’occupation israélienne, c’est que Yahvé a également dit aux Hébreux, dont la tribu de Juda (dont les « juifs » sont les descendants) qu’il les chasserait de la terre s’ils rompaient l’alliance en se rebellant contre ses commandements, ce qui est précisément ce qui se passe dans la Bible.

Ainsi, l'argument théologique du sionisme n’est pas seulement une bêtise d’un point de vue laïque, mais c’est aussi une fabrication totale d’un point de vue des écritures, représentant une rébellion continuelle contre Yahvé et sa Torah, et les enseignements de Jésus le Messie (Jésus-Christ) dans le Nouveau Testament.

Mythe 9 – Les Palestiniens rejettent la solution à deux Etats parce qu’ils veulent détruire Israël

Dans une concession énorme à Israël, les Palestiniens ont accepté depuis longtemps la solution à deux Etats. Les représentants élus du peuple palestinien dans l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat ont depuis les années 70 reconnu l'Etat d'Israël et accepté la solution à deux Etats au conflit.

Malgré cela, les médias occidentaux ont continué, tout au long des années 90, à rapporter que l'OLP avait rejeté cette solution, et voulait rayer Israël de la carte.

Le modèle a été répétée depuis le Hamas a été élu au pouvoir lors des élections palestiniennes de 2006. Bien que le Hamas ait accepté depuis des années la réalité de l'Etat d'Israël et démontré une volonté d'accepter un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza aux côtés d'Israël, il est quasiment obligatoire, pour les grands médias occidentaux, même aujourd'hui, d'annoncer que le Hamas rejette la solution à deux Etats, qu'il cherche plutôt à « détruire Israël ».

En fait, au début de 2004, peu avant qu’il soit assassiné par Israël, le fondateur du Hamas Cheikh Ahmed Yassine a déclaré que le Hamas pourrait accepter un Etat palestinien aux côtés d'Israël. Le Hamas a depuis réaffirmé à maintes reprises sa volonté d'accepter une solution à deux Etats.

Au début de 2005, le Hamas a publié un document précisant son objectif de rechercher un Etat palestinien aux côtés d'Israël et de reconnaître les frontières de 1967.

Le chef du bureau politique du Hamas en exil, Khalid Mish'al, a écrit dans le Guardian de Londres en Janvier 2006 que le Hamas était « prêt à faire une paix juste ». Il a écrit que « Nous ne reconnaîtrons jamais le droit à aucun pouvoir de nous voler notre terre et de nous priver de nos droits nationaux... Mais si vous êtes prêts à accepter le principe d'une trêve à long terme, nous sommes prêts à négocier les conditions. »

Au cours de la campagne électorale de 2006, le haut responsable du Hamas à Gaza, Mahmoud al-Zahar, a déclaré que le Hamas était prêt à « accepter la création de notre Etat indépendant sur la zone occupée [en] 67 », une reconnaissance tacite de l'Etat de Israël.

Le Premier ministre élu du Hamas, Ismail Haniyeh, a dit en février 2006, que le Hamas acceptait « l’établissement d’un Etat palestiniens dans les frontières de 1967 ».

En avril 2008, l'ancien président américain Jimmy Carter a rencontré des responsables du Hamas et par la suite déclaré que le Hamas « accepterait un Etat palestinien sur les frontières de 1967 » et « accepterait le droit d'Israël à vivre en tant que voisin en paix ». C’était « le but ultime du Hamas de voir Israël vivant dans leurs frontières allouées, les frontières de 1967, et un Etat palestinien contiguë, d’un seul tenant, à côté. »

Ce même mois, le dirigeant du Hamas Meshal a dit : « Nous avons offert une trêve si Israël se retire aux frontières de 1967, une trêve de 10 ans comme une preuve de reconnaissance. »

En 2009, Meshal a déclaré que le Hamas « a accepté un Etat palestinien sur les frontières de 1967 ».

Le changement de politique du Hamas, d’un rejet total de l’existence de l’Etat d’Israël à l’acceptation d’un consensus international pour une résolution du conflit par une solution à deux Etats, est en grande partie le reflet de la volonté de l’opinion publique palestinienne. Un sondage réalisé par exemple en avril l’an dernier montrait que trois Palestiniens sur quatre étaient prêts à accepter une solution à deux Etats.

Mythe 10 – Les Etats Unis sont un courtier honnête et ont cherché à apporter la paix au Moyen Orient

Rhétorique mis à part, les Etats-Unis soutiennent la politique d'Israël, y compris son occupation illégale et autres violations du droit international humanitaire. Ils soutiennent la politique criminelle d'Israël financièrement, militairement, et diplomatiquement.

L'administration Obama, par exemple, a déclaré publiquement qu'elle était opposée à la politique de colonisation d'Israël et a ostensiblement « fait pression » sur Israël pour un gel des activités de colonisation. Pourtant, très tôt, l'administration a annoncé qu'il ne réduirait pas l’aide financière ou militaire à Israël, même si ce dernier défiait le droit international et poursuivait la construction de colonies. Ce message a été parfaitement compris par le gouvernement Netanyahou en Israël, qui a poursuivi sa politique de colonisation.

Pour citer un autre exemple très simple, tant la Chambre des représentants que le Sénat ont adopté des résolutions déclarant ouvertement leur soutien à l'opération Plomb durci d'Israël, en dépit d'un flux constant de rapports attestant de crimes de guerre israéliens.

Le jour où le Sénat américain a adopté sa résolution « réaffirmant le soutien ferme des Etats-Unis à Israël dans sa lutte avec le Hamas » (8 Janvier 8 2009), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) publiait une déclaration exigeant qu'Israël lui permette d’aider les victimes du conflit parce que l'armée israélienne avait bloqué l'accès aux blessés palestiniens - un crime de guerre en vertu du droit international.

Le même jour, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon publiait une déclaration condamnant Israël pour des tirs contre un convoi d'aide humanitaire des Nations Unies livrant des fournitures humanitaires à Gaza et pour l'assassinat de deux membres du personnel de l'ONU - deux nouveaux crimes de guerre.

Le jour où la Chambre adoptait sa propre version de la résolution, l'ONU annonçait qu'elle avait dû cesser son travail humanitaire dans la Bande de Gaza en raison de nombreux incidents dans lesquels son personnel, ses convois et ses installations, y compris des cliniques et des écoles, avaient été attaqués par Israël.

L'aide financière américaine à Israël dépasse 3 milliards de dollars par an. Quand Israël a lancé une guerre pour punir la population civile sans défense de Gaza, ses pilotes utilisaient des chasseurs-bombardiers F-16 et des hélicoptères de combat Apache fabriqués aux États-Unis, des bombes de fabrication états-unienne, y compris l'utilisation de munitions au phosphore blanc en violation du droit international.

Le soutien diplomatique des Etats-Unis aux crimes israéliens comprend le recours à son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies. Quand Israël a lancé une guerre dévastatrice contre la population civile et les infrastructures du Liban à l'été 2006, les États-Unis ont apposé son veto à une résolution de cessez-le-feu.

Alors qu'Israël menait l'opération Plomb durci, les États-Unis ont retardé l'adoption d'une résolution appelant à mettre fin à la violence, puis se sont abstenus plutôt que de critiquer Israël, une fois qu'ils ont finalement accepté que la résolution soit soumise à un vote.

Lorsque le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a officiellement adopté les conclusions et les recommandations de son enquête sur les crimes de guerre lors de l'opération Plomb durci, dirigée par Richard Goldstone, les États-Unis ont réagi en annonçant leur intention de bloquer tout effort visant à faire adopter par le Conseil de sécurité ses conclusions et recommandations. Le Congrès américain a adopté une résolution rejetant le rapport Goldstone, parce qu’il avait conclu qu'Israël avait commis des crimes de guerre.

Grâce à leur soutien inconditionnel à Israël, les Etats-Unis ont effectivement bloqué toutes les mesures qui auraient pu résoudre le conflit israélo-palestinien par la solution de deux États. Le soi-disant « processus de paix » a consisté depuis des décennies au refus états-unien et israélien de l’autodétermination palestinienne et au blocage de tout Etat palestinien viable.

Source : Palestine Chronicle  
  Traduction : MR pour ISM



Alter Info l'Information Alternative


Auteur : Jeremy R. Hammond - Source : Alter Info

 

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=1388

 


 

 


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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 01:28

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Les autres socialismes réels

En 1989, le mur de Berlin tombe sans que personne ne le renverse ou, du moins, sans que personne ne le soutienne. Cet événement marque-t-il la fin du marxisme ? Ce texte passe en revue les autres socialismes réels, après que le marxisme ait migré au tiers-monde dans les années 1980, bien avant l’effondrement de cette coquille vide. La montée en puissance de nouvelles gauches latino-américaines au cours de la dernière décennie marque-t-elle le dépassement des contradictions ayant conduit à l’effondrement du mur ou alors n’est-elle que le retour à une logique des « blocs » ?

Chute du mur de Berlin. Pas renversement. Il est tombé de lui-même. Que s’est-il passé ? Le mur était-il vermoulu ? En 1989, il y avait longtemps que, vu de l’Ouest, on avait oublié ce mur comme principe de différence avec un meilleur système social. Aujourd’hui, plusieurs citoyens de l’Est se demandent néanmoins si on n’y était finalement pas mieux – police secrète exceptée – que dans le capitalisme actuellement installé dans leur pays.

De l’autre côté du mur, la révolution ?

En 1989, cela faisait 20 ans qu’on ne considérait plus les régimes de l’Est comme socialistes. Le mur ne se justifiait plus : il n’y avait plus là de révolution à défendre. Au mieux on parlait de socialisme réel. Jusqu’en 1976, on a regardé du côté de la Chine. La « Grande révolution culturelle » paraissait être le processus d’une révolution permanente qui allait s’attaquer jusqu’à la bureaucratie du parti. Quel que soit le jugement qu’on peut porter sur cette période, il est probable que le retour de Deng Xiaoping marque un revirement plus décisif encore que celui de la chute du mur de Berlin en 1989.

Le groupe « Socialisme et Barbarie » (1948-1967), avec Castoriadis et Lefort, a mené durant longtemps la critique du capitalisme d’État régnant en Union soviétique. Selon ce groupe, le capitalisme d’État était répandu dans tous les pays socialistes. Mais à partir de 1965, avec Louis Althusser et , surgit une nouvelle lecture de Marx et des régimes qui s’en revendiquent. Celle-ci amène Bettelheim [1] à entreprendre une analyse se voulant strictement marxiste de la lutte de classes en Union soviétique. Les Éditions du Seuil la publieront de 1974 à 1982 en quatre volumes.

Les autres marxismes réels [2]

Dans les années 1980, les théories de Charles Bettelheim tombent dans l’oubli avec la crise du marxisme. Pourtant le marxisme réel se porte très bien. Pas tant dans les pays de l’Est, notamment en Pologne où le mouvement Solidarnosc, dirigé par Lech Walesa proche de l’Église catholique, conteste à partir de la base ouvrière le régime, mais dans les pays du tiers-monde où, malgré la dérive du régime de Pol Pot, on continue à se réclamer du système de parti unique. C’est le cas de l’Algérie, de l’Égypte, de la Libye, de la Syrie, de l’Irak, du Mozambique, de l’Angola, de la Guinée Bissau et de nombreux autres pays d’Afrique et d’Asie, alliés par ailleurs de l’Union soviétique. C’est aussi la période de l’intervention en Afghanistan (1978-1989) où l’Union soviétique vole au secours de révolutionnaires ayant renversé la monarchie. Avec l’action militaire – par Cuba interposé – en Angola et en Ethiopie, il s’agit là du dernier acte de soutien à des « causes révolutionnaires ».

Dans plusieurs pays du tiers-monde, le socialisme est à l’ordre du jour. En Asie, le Vietnam est sortie victorieux en 1975 de l’intervention américaine et, sans suivre les orientations chinoises, il institue en 1980 un État socialiste dans lequel « la propriété du peuple entier et la propriété collective constituent le fondement du régime économique tout en reconnaissant la propriété privée ». En Afrique, l’Algérie se pose en modèle d’un socialisme autocentré et se fait le porte-parole d’un nouvel ordre mondial. En Libye, le colonel Kadhafi définit une théorie de la « troisième voie » consignée dans son petit livre vert. La Tanzanie, soutenue par les communistes chinois, entreprend un essai de développement basé sur l’agriculture avec ses co-fraternités de communautés villageoises. Mais dans de nombreux pays, le socialisme sert de paravent à l’enrichissement d’une nouvelle bourgeoisie. À des titres divers, Zambie, Ouganda, Zimbabwe, Bénin, Mozambique, Angola s’inscrivent dans une politique économique dirigiste au nom du socialisme.

Ainsi en 1989, alors que le marxisme – et surtout la relecture du marxisme – a perdu depuis une décennie de sa vivacité et de son pouvoir de conviction, un « autre marxisme réel » domine dans le tiers-monde, en partie à travers l’alliance économique et militaire de plusieurs de ces pays avec l’Union soviétique.

Des poussées révolutionnaires rattrapées par les feux follets de la Guerre froide

La Guerre froide qui est à un tournant stratégique en 1980 avec la menace de préparation par Reagan d’un plan de « Guerre des Étoiles », s’articule en Amérique latine avec de véritables poussées révolutionnaires. À partir de 1979, l’Amérique centrale connaît un virage. Au Nicaragua, c’est le renversement de Somoza par les forces sandinistes (FSLN), au Salvador craignant une contagion sandiniste le pouvoir militaire se radicalise tandis qu’après l’assassinat de Mgr Romero les groupes armés d’extrême gauche s’unissent sous le nom de Frente Farabundo Martí de Liberación Nacional (FMLN) – une guerre civile de 12 ans vient de s’ouvrir –, enfin au Guatemala à partir de 1981, les assauts de l’armée sur les villages soupçonnés de soutenir la guérilla se généralisent et débouchent sur le coup d’État installant au pouvoir Rios Montt (1982) et au déclenchement de massacres de masse.

Au Brésil, le retour à un régime civil en 1985 ne peut pas être attribué uniquement à une poussée populaire, mais les grèves de centaines de milliers de travailleurs en 1979-80 dirigées par Lula sont décisives dans la création du Parti des travailleurs en 1980 et sur l’orientation de la vie politique brésilienne. En décembre 1989, Lula, dans un immense enthousiasme populaire, est sur le point (47 %) de gagner la première élection présidentielle après la dictature. Il la gagnera en 2002.

Toute cette évolution échappe en grande partie à une quelconque influence soviétique – Cuba qui reste sous orbite soviétique continue à fournir des soutiens logistiques, mais n’exerce plus d’hégémonie sur ce qui apparaît comme l’essor d’une nouvelle gauche. De façon sous-jacente, un courant de gauche s’est affirmé durant les années 1970, c’est celui de la théologie de la libération. Depuis Medellin (1968), ce courant qui s’est imposé au sein de l’Église latino-américaine perd de son poids dans la structure institutionnelle de l’Église, mais en gagne à la base, à travers les Communautés ecclésiales locales. Au Brésil en particulier, le courant de la théologie est une des composantes du Parti des travailleurs. Il l’est aussi au Nicaragua où trois prêtres progressistes font partie du gouvernement sandiniste (1979-85) : les frères Fernando et Ernesto Cardenal, ainsi que Miguel d’Escoto. Au Salvador, le courant de la théologie de la libération est fort tant dans les milieux populaires que dans les milieux intellectuels. En 1989, cinq jésuites de l’Université centroaméricaine (UCA) sont assassinés en raison de leurs analyses sur le processus révolutionnaire. Quant à Jon Sobrino, un des plus grands théoriciens de la théologie de la libération, il en réchappe, mais est finalement sanctionné en 2006 par Rome comme l’avait été le Brésilien Leonardo Boff en 1985.

Alors que l’influence tant idéologique que militaire soviétique est en recul en Amérique latine, Ronald Reagan croit voir dans toutes ces poussées révolutionnaires « la main de Moscou » comme il voyait dans la théologie de la libération (Document de Santa Fe de 1980) l’action des communistes. Pourtant, ce courant religieux était au contraire soutenu par les grands organismes d’aide européen comme un rempart face au communisme. Reagan se lance dans une guerre de basse intensité en finançant les « Contra » – les contre-révolutionnaires au régime sandiniste –, et cela, au moyen d’un financement occulte. Celui-ci est dévoilé en 1986 dans le fameux scandale de l’Irangate. Le Congrès américain est si peu convaincu de l’opportunité de cette guerre qu’il faut à Reagan trouver ce subterfuge de financement qui risque de l’entraîner dans un nouveau Watergate.

Le socialisme du XXIe siècle

Avec la chute du mur de Berlin, la théologie de la libération est en perte de vitesse. Après une décennie de marasme lié à une fausse transition à la démocratie et en réponse aux contradictions de celle-ci se dessine par contre un nouveau fer de lance politique. Profitant du fait que les États-Unis s’enferrent en 2001 dans la « lutte contre le terrorisme », l’Amérique latine découvre un espace pour une réorientation stratégique redonnant par ailleurs progressivement une place idéologique à Cuba. Dans la révolution bolivarienne, on parle de socialisme du XXIe siècle. De nouvelles alliances se forment et se matérialisent notamment dans l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les Amériques, lancée en 2005). Des liens tactiques se tissent avec la Russie et l’Iran. Un bloc anti-américain se forme, cimenté par un nouveau discours. Relève-t-il le défi de la chute du mur de Berlin ou réinitie-t-il une conception de bloc instituant un nouveau marxisme réel ?


André Corten


Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine

[1] Charles Bettelheim, en tant que spécialiste de la planification socialiste, avait été consulté par Nasser, Nehru, Ben Bella et avait été invité à Cuba par Che Guevara en 1963 à participer au « grand débat » sur l’économie socialiste.

[2] Voir Corten, André, Tahon, Marie-Blanche et Modj-Taba Sadria (dir.), Les autres marxismes réels, Paris, Christian Bourgeois Éditeur, 1985.

 

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2010/07/02/18480279.html

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 06:05

5 juin 2010

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Pays
 Somalie

Thèmes
 Droit international
 AfriCom : Contrôle de l’Afrique
 CentCom : Contrôle du « Grand Moyen-Orient »

La piraterie maritime se concentre aujourd’hui dans trois régions du monde : le détroit de Malacca, le golfe de Guinée et la corne de l’Afrique. Cependant, il s’agit de situations très différentes.

30 % du trafic maritime mondial passe par le détroit de Malacca où les populations pauvres d’Indonésie et de Malaisie sont confrontées à l’arrogante opulence de la ville-Etat de Singapour. Les pirates sont des voyous organisés en bandes, se déplaçant vite et ne possédant que des armes blanches. Ils se contentent le plus souvent de monter à bord pour dévaliser les équipages. Depuis 2006, les trois Etats riverains, à l’amicale demande du Japon tout autant que par crainte de voir débarquer l’armada états-unienne, se sont coordonnés pour une surveillance aérienne et maritime qui a porté ses fruits (opération Yeux dans le ciel). Désormais, la situation semble stabilisée.

Le Golfe de Guinée n’est pas une zone de transit commercial, mais d’exploitation de pétrole et de gaz. Les plates-formes en mer et les bateaux ravitailleurs sont devenus des cibles de gangs et des insurgés du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger. Il s’agit de groupes extrêmement violents, appuyant leurs exigences de prises d’otages souvent meurtrières. Ils sont parfois soutenus par les Ijaw, dont les terres ont été saccagées par des compagnies pétrolières et dont la révolte en 1999 a été écrasée dans la sang par les troupes de Chevron-Texaco. Plus souvent ces gangs sont craints par la population qu’ils terrorisent également. Ils conduisent des attaques indifférenciées en mer et sur terre, contre les étrangers et les natifs. Le Nigeria ne parvient pas à endiguer cette criminalité qui déborde sur le Cameroun et la Guinées Equatoriale. Devant le danger croissant, certaines multinationale comme Shell ont décidé de quitter la zone. La production nigériane d’hydrocarbures a baisé d’un quart, avec les conséquences que l’on imagine sur les finances de l’Etat.

Seule la situation dans la corne de l’Afrique est devenue une question stratégique mondiale. D’abord parce que le détroit de Bab el-Mandeb (« La porte des lamentations »), entre le Yémen et Djibouti, est une étape obligée entre la Méditerranée, le canal de Suez, la mer Rouge au Nord, et l’océan Indien au Sud. 3,5 millions de barils de pétrole y transitent chaque jour. Ensuite parce que la zone de piratage s’est progressivement étendue au golfe d’Aden et à la côte somalienne, de sorte qu’il ne s’agit plus simplement d’un goulot d’étranglement dans lequel les Etats riverains devraient rétablir une police maritime, mais d’une zone très vaste, principalement en haute mer, dans les eaux internationales. Ce qui était au départ —et reste dans de nombreux cas— une activité opportuniste de pécheurs affamés, a donné naissance à un business très lucratif. Des navires ont été capturés avec leurs équipages, tandis que des intermédiaires ont réclamé de lourdes rançons aux armateurs. Ce grand banditisme s’est développé en fonction des rebondissements politico-militaires en Somalie et a servi de justification au déploiement d’une armada occidentale à prétention néo-coloniale.

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Dans « Black Hawk Down » (La Chute du faucon noir), Ridley Scott met en scène la défaite des Etats-Unis face à un chef de guerre somalien lors de l’opération « Restore Hope ».
Le chaos somalien

Le lecteur se souvient de la très longue guerre civile qui a ravagé la corne de l’Afrique depuis 1974. En définitive, si l’Ethiopie et l’Erythrée se sont stabilisés, la Somalie est toujours en proie au désordre. Le pays est divisé entre clans. L’ancienne colonie britannique du Somaliland et le Pount forment deux quasi-Etats, aux frontières fluctuantes, qui se font occasionnellement la guerre, bien qu’ils soient tous deux appuyés par l’Ethiopie [1]. Leur formation a été encouragée par les Nations Unies qui pensaient ainsi reconstruire la Somalie en procédant par morceaux. L’AMISOM, la force de paix déployée par l’Union africaine grâce à des contingents ougandais et burundais, défend le gouvernement provisoire, seule autorité reconnue par la communauté internationale. Mais le président Sharif Ahmed est tout juste parvenu à se faire obéir dans quelques quartiers de Mogadiscio. On se bat toujours dans la capitale. Les miliciens d’Ahlu Sunna wal Jama’a protègent les confréries soufies [2], tandis que ceux d’Al-Shabaab (bras armé des « Tribunaux islamiques ») veulent imposer une interprétation rigoriste de la charia [3]. Des centaines, —peut-être des milliers— de groupuscules armés se créent, s’allient et se défont au gré des événements. L’ONU a édicté un embargo sur les armes, que personne ne respecte, et tente de venir en aide aux populations, malgré les fréquents détournements de l’aide alimentaire mondiale.

Dans ce contexte infernal, la piraterie est réapparue en 2000. A l’époque, les tensions régionales contraignaient les Ethiopiens à concentrer leur commerce maritime à Djibouti. Leurs navires furent les premières proies. Les attaques n’avaient lieu qu’au détroit de Bab el-Mandeb. Mais les attaquants –qui se considéraient comme des belligérants et non comme des pirates— en furent éloignés par les forces états-uniennes, israéliennes et françaises stationnées à Djibouti.
Pour faire face à la détérioration de la situation au Pount, d’autres pirates attaquèrent les bateaux croisant au large de leurs côtes pour se ravitailler. Le phénomène fut considérablement réduit en 2005-06. D’une part parce que le tsunami du 26 décembre 2004 ravagea les côtes et détruisit les ports dans l’indifférence de la communauté internationale qui n’avait d’yeux que pour les plages touristiques de Thaïlande. Et d’autre part, parce que les Tribunaux islamique, brièvement au pouvoir à Mogadiscio, déclarèrent la piraterie illégale au regard de la charia.
Ce n’est qu’à partir de 2007 que les choses prirent une tournure particulièrement grave. En soutenant une coalition hétéroclite de chefs de guerre contre les Tribunaux islamiques, la CIA et l’Ethiopie réactivèrent les conflits claniques qui commençaient à s’apaiser. A la faveur du désordre dans lequel le pays s’enfonçait à nouveau, deux milieux, bientôt structurés en organisations criminelles, se spécialisèrent dans la piraterie. La première sévit dans le golfe d’Aden et la seconde, dans les eaux internationales, très au large de Mogadiscio [4].

Il est clair que ces deux groupes n’ont rien à voir avec les pirates précédents. Alors qu’au début des années 2000 et dans certains cas encore, les abordages étaient soit l’extension en mer d’un conflit à terre, soit des razzias effectuées par des pêcheurs affamés, il s’agit cette fois de crime organisé avec des ramifications internationales.

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Pour la première fois à l’époque moderne, la marine chinoise se déploie au large de l’Afrique.
Sur-déploiement militaire

Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis mobilisèrent leurs alliés, indépendamment de l’OTAN, pour s’emparer de l’Afghanistan. L’opération Justice infinie, renommée Liberté durable, comprenait —outre l’occupation de l’Afghanistan— un volet aux Philippines, un second au large de la Corne de l’Afrique et un troisième au Sahara.
Pour ce qui est de la région qui nous intéresse, la Force jointe d’intervention (Combined Task Force) 150 a rassemblé alternativement une quinzaine de contingents étrangers appuyant la Ve flotte US. Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, l’objectif était de sécuriser la route du pétrole : golfe persique/détroit d’Ormuz/golfe d’Aden/ détroit de Bal el-Mandeb/mer Rouge/Canal de Suez.
Evoluant dans les mêmes eaux, la Force 150 se confronta occasionnellement à des pirates, mais il n’allait pas de sa mission de les combattre.

En 2007, la France fournit une escorte aux navires du Programme alimentaire mondial et à ceux de l’AMISOM. Comme de bien entendu, Paris communiqua sur la protection des cargaisons humanitaires et passa sous silence celle des chargements militaires de l’Union africaine.
En 2008, cette mission a été prolongée par l’Union européenne dans ce qui constitue sa première action navale : l’opération Atalanta. Cette fois, les instructions ont été étendues à la défense des intérêts européens —au sens large— face aux pirates [5].

Très inquiet de voir les Européens s’organiser militairement, le Pentagone reprit les choses en main en proposant une action de l’OTAN, laquelle a vocation à absorber la défense européenne. C’est l’opération Allied Provider, renommée Allied Protector. Dans des documents internes, les analystes de l’Alliance notent que la lutte contre la piraterie n’est absolument pas une nécessité militaire, mais que c’est une excellente occasion pour donner une image positive de l’OTAN à l’opinion publique [6].

Cette affluence de forces états-uniennes, européennes et atlantiques a poussé la Russie (septembre 2008), l’Inde (octobre 2008), la Chine (octobre 2009) et le Japon (janvier 2009) à dépêcher leurs propres bâtiments de guerre dans la région. Cette concentration comporte de graves risques. Aussi un Groupe de contact sur la piraterie au large des côtes de Somalie (CGPCS) a été mis en place à New York sous les auspices des Nations Unies. Il vise à clarifier les règles juridiques de la lutte contre la piraterie. En outre, des réunions dites de « Prise de conscience partagée et de prévention des conflits » (SHADE) ont été organisées à Bahrein, à l’initiative du Pentagone, entre les officiers de liaison des diverses marines concernées afin d’éviter que la méconnaissance des intentions mutuelles ne suscite d’accrochages.

Au passage, le lecteur notera que la présence de la marine militaire chinoise si loin de ses ports d’attache est une nouveauté. Elle a été encouragée par Washington qui croyait, au début de la crise financière mondiale, pouvoir créer un G2 et se partager le monde avec Pékin. Mais elle pourrait à terme jouer un rôle dans la rivalité sino-américaine en Afrique [7].

Quoi qu’il en soit, et malgré une tentative chinoise lors du piratage du De Xin Hai (octobre 2009), Pékin et Moscou ne souhaitent pas intégrer leurs flottes dans une éventuelle force multinationale de lutte contre la piraterie. C’est que, historiquement, le Royaume-Uni et les Etats-Unis poursuivent un projet d’Empire maritime universel, dont ils ont posé les jalons en signant la Charte de l’Atlantique (1941). Plus, récemment le Pentagone avec son Initiative de sécurité contre la prolifération (PSI, 2003), puis avec son Partenariat maritime global (GMP, 2006), a proposé d’associer tous les Etats qui le souhaitent à un vaste plan de sécurisation des routes maritimes, dont il serait bien entendu le maître d’œuvre.

Vu le dispositif actuel, les navires des petits pays ont peu de chances d’être protégés par les grandes marines. Les armateurs les plus sages ont installé à leur bord le système de détection optique Sea on Line, beaucoup plus efficace que les radars. Des caméras à infra-rouge surveillent les abords du navire 4 ou 5 kilomètres à la ronde et alertent l’équipage en cas d’approche, même de petites embarcations basses [8].

D’autres font appel à des gardes privés qu’ils placent sur leurs bateaux pour les défendre. Cette pratique inquiète les grands syndicats d’armateurs car elle suscite une escalade de la violence avec les pirates.

D’autres encore engagent des armées privées. Ainsi la société Blackwater, désormais dénommée Xe, a acquis en 2007 l’ancien navire des gardes-côtes états-uniens MV McArthur. Il est équipé de deux hélicoptères Boeing MH6 Litte Bird, de trois embarcations annexes ultra-rapides, et embarquent 35 mercenaires. Il escorte à la demande les navires civils « sensibles ».

De son côté, la société française Socopex a acquis 11 navires d’escorte de 24, 36 et 50 mètres de long. Chacun embarque un commando de neuf personnes : deux tireurs d’élite et sept hommes équipés de mitrailleuses automatiques [9].

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Comment juger les pirates arrêtés ?
Crimes sans châtiments

Au demeurant, bien que le gouvernement fantoche somalien ait « appelé à l’aide la communauté internationale » et bien que le Conseil de sécurité des Nations unies ait adopté quatre résolutions (1816, 1831, 1846 et 1851) pour légitimer l’option militaire contre les pirates et autoriser les marines étrangères à les poursuivre dans les eaux territoriales et jusque sur le territoire somalien, les règles juridiques restent floues.

Que faire des pirates une fois qu’on les a arrêtés ? Si l’on se reporte à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (dite Convention de Montego Bay), entrée en vigueur en 1994, arraisonner des pirates est une action de police, même si elle est entreprise avec des moyens militaires. L’arrestation doit avoir lieu en présence d’officiers de police judiciaire et les prévenus doivent être déférés devant la juridiction compétente pour y être jugés équitablement.

Seulement voilà : personne ne sait quelle est la juridiction compétente. La plupart des législations nationales s’interdisent de juger des étrangers alors qu’ils n’ont pas commis d’infraction sur le territoire national. Dans la pratique, il faut donc souvent les relâcher, ou les transférer vers un Etat avec lequel un accord ad hoc est conclu. Ainsi, les Occidentaux orientent souvent les pirates faits prisonniers vers le Kenya, qui condamne les exécutants et s’abstient de chercher les commanditaires.

C’est pourquoi le Kremlin a proposé de créer une juridiction internationale pour les crimes commis en haute mer. Cette fois, ce sont les Anglo-Saxons qui n’y tiennent pas, toujours en raison de leur projet impérial maritime.

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Pistris : les commandos corsaires des Etats-Unis.
Les corsaires du président états-unien

En 1826, Simon Bolivar tenta de pacifier les relations entre nations latino-américaines en prohibant la « guerre de course », c’est-à-dire la capacité des Etats à recourir à des armateurs privés pour défendre leurs intérêts sur mer, voire pour conduire des guerres. Le Libertador ne fut pas entendu.

Il fallut attendre que les Occidentaux et les Ottomans vainquent les troupes du Tsar Nicolas Ier en Crimée, pour que la Déclaration de Paris (1856) fixe le droit de la mer. Les « lettres de marque » furent abolies, c’est-à-dire que les Etats renoncèrent à patenter des groupes armés privés ; un système dont les protectorats ottomans d’Afrique du Nord avaient fait un grand usage et face auquel les présidents Thomas Jefferson et James Madison avaient conduit victorieusement les deux guerres contre les Barbaresques (1801-05, 1815).

Cependant, les Etats-Unis, l’Espagne et le Mexique refusèrent de signer cette déclaration, car la doctrine capitaliste libérale pose que la guerre, aussi, peut être privatisée. D’autant qu’à cette époque les jeunes Etats-Unis ne s’imaginaient pas encore capables d’entretenir une flotte militaire apte à rivaliser avec les grandes puissances.

Réactivant cette vieille pratique, le représentant Ron Paul a tenté de faire adopter par trois fois par le Congrès la September-11 Marque and Reprisal Act of 2001. Ce n’était pas nécessaire, considérant que le Congrès avait déjà voté la Guerre contre le terrorisme et s’appuyant sur l’article 1, section 8 de la Constitution des Etats-Unis, le département d’Etat a délivré des lettres de marque à des sociétés militaire privées pour chasser les « terroristes » dans l’océan Indien. Et, on le sait, vu de Washington, tout pirate est un terroriste en puissance [10].

Selon une publication du ministère français de la Défense, la première de ces lettres de marques a été octroyée en 2007 à la société Pistris Inc. « Elle a été habilitée à armer deux bâtiments de 65 mètres de long qui [sont] reliés aux satellites militaires d’observation. Ils [sont] dotés chacun d’un hélicoptère armé, d’embarcations annexes ultra-rapides capables d’atteindre la vitesse de 50 nœuds et embarquant un équipage de 50 hommes dont des commandos. La société Pistris possède son propre camp d’entraînement militaire, notamment aux opérations commando, dans le Massachusetts » [11]. Des barges ont été installées sur un lac artificiel où des combats sont simulés, tandis qu’une énorme machine agite les flots pour recréer les conditions de la houle marine.

Les pirates de la côte

Avant de décrire les organisations pirates, il convient de lever une confusion. Lorsque l’Etat somalien s’est effondré, des pécheurs français, espagnol et japonais en ont profité pour piller les bancs de thon et de crevettes dans les eaux territoriales somaliennes. Parfois, ils ont acheté de prétendues « autorisations » aux chefs de guerre, puis au soi-disant gouvernement provisoire.
Conscients que le déploiement inconsidéré des madragues épuise la mer, des pécheurs somaliens ont abordé les navires intrus et les ont dévalisés à titre de dédommagement. Dans le contexte du chaos politique du pays, et en l’absence de gardes-côtes nationaux, ces faits relèvent d’une forme d’auto-défense. Ils ne sont pas considérés en droit comme de la piraterie, vu qu’ils se sont déroulés dans les eaux territoriales somaliennes.

Ce qui nous intéresse ici, c’est l’activité criminelle conduite en haute mer. Celle-ci suppose des bateaux adaptés pour s’aventurer loin des côtes. Au départ, les pirates abordaient donc un gros bateau croisant à proximité, puis l’utilisaient pour gagner la haute met et attaquer alors une énorme proie. Aujourd’hui, ils ont leur flottille.

Le choix des cibles dépend avant tout de la hauteur du navire sur l’eau, de sa vitesse et de sa taille. Plus le bateau est bas, lent et grand, plus il est vulnérable. Les porte-containers sont indéfendables, d’autant que depuis le château, l’équipage ne peut voir tous les accès. Les thoniers également parce qu’ils ont une rampe d’accès arrière et qu’ils ne peuvent se dégager lorsque leurs madrague est déployée.

« Une fois un bateau capturé, le commanditaire indique au chef des pirates où aller mouiller ; le traducteur monte alors à bord pour conduire la négociation. La durée moyenne de rétention est d’une soixantaine de jours. L’ambiance à bord est plus ou moins tendue mais il n’y a jamais eu de morts, sauf peut-être une fois.
Les pirates savent très bien que s’ils commencent à éliminer des otages, la situation va changer de dimension et qu’ils risquent d’avoir contre eux la population et les autorités religieuses.
Ainsi, on sait que les pirates appliquent une sorte de code d’honneur : les rôles sont clairement répartis et le chef des pirates note toutes les dépenses engagées. La pratique du crédit est courante et les dettes sont respectées. Lors du versement de la rançon, chacun récupère son dû. Il existe même un système d’amendes pour faire respecter l’organisation de la vie sociale à bord des bateaux.
Les pirates établissent des camps temporaires à proximité des zones de mouillage des bateaux piratés. Ils ne sont pas forcément installés dans les villages, ce qui peut laisser penser qu’ils ne sont pas toujours acceptés par la population, tout particulièrement si le contexte clanique n’est pas favorable. Après l’attaque, une des difficultés est d’entretenir et de nourrir les otages. D’où la création d’une mini-économie alimentée par le montant croissant des rançons. La piraterie est créatrice d’emplois : les populations des côtes font venir leurs parents et leurs amis du centre du pays pour les aider dans les activités d’attaque puis de gardiennage (des bateaux et des otages).
La rançon est généralement versée en liquide, comptée à bord puis répartie entre les différents ayants droit et tous les participants à l’opération. Le partage de la rançon se pratique un peu comme pour la pêche : 50 % pour la « main d’oeuvre », c’est-à-dire les hommes qui ont mené l’action (ce qui peut représenter jusqu’à 80 personnes), 30 % pour le commanditaire, 15 % pour l’interprète, les commerçants et plus globalement les intermédiaires et 5 % réservés pour les familles des pirates morts. » [12]

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Les présidents de l’Etat non reconnu du Pount : Adde Muse à gauche (2005-08), et Faroole à droite (depuis 2009). Le gouvernement du Pount touche 30 % des rançons versées aux pirates locaux.
Le Pount, nouvelle île de la Tortue

Au XVIIe siècle, les Caraïbes furent le théâtre d’un conflit entre les empires chrétiens qui favorisa les pirates. Ils s’organisèrent au sein d’une société secrète, à la fois violente et égalitaire, les « Frères de la côtes », et s’emparèrent de territoires, leurs « 13 paradis ». Leur capitale était l’île de la Tortue, où ils prospéraient sous la discrète protection du roi de France. La même structure existe aujourd’hui en Somalie. Le groupe d’experts de l’ONU évoque neuf organisations criminelles concurrentes, dont trois principales [13].

La plus célèbre est dirigée par Abshir Abdillahi, dit « Boyah », un parent du président du Pount, Abdirahman Mohamed, dit « Faroole ». Agé de 44 ans, il est originaire du port d’Eyl, dont il a fait sa base principale. Il revendique une milice de plus de 500 hommes et 25 à 60 captures de navires en haute mer. Parmi ses prises, il compte le chimiquier japonais Golden Nori (28 octobre 2007, rançon : 1,5 million de dollars) et le yatch de luxe français Le Ponant (4 avril 2008, rançon 2 millions de dollars). Les rançons obtenues représentent des sommes astronomiques au regard du revenu annuel moyen des Somaliens —parmi les plus pauvres du monde— : 282 dollars par an.

L’Etat autonome du Pount, c’est la version moderne de l’île de la Tortue. Le gouvernement de Bossaso (c’est le nom de la capitale du Pount) se targue d’entretenir des relations avec l’Allemagne, Djibouti, les Emirats, l’Espagne, les Etats-Unis, l’Ethiopie, le Kenya et la Banque mondiale [14]. Il affiche un budget annuel de 30 millions de dollars, bien peu par rapport aux revenus des organisations pirates. Rien d’étonnant à ce que « Boyah » ait bénéficié de la protection du gouvernement du Pount, notamment du président « Faroole », du ministre de l’Intérieur, le général Abdullahi Ahmed Jama dit « Ilkajiir », et du ministre de la Sécurité intérieure, le général Abdillah Sa’iid Samatar. Selon ses déclarations à Garowe Online (août 2008), c’est à eux qu’il reversait les 30 % des rançons réservés aux commanditaires..

« Boyah » a annoncé, en mai 2009, se retirer des affaires avec 180 de ses hommes. Il semble qu’un de ses parents, Mohamed Abdi Garaad, ait pris sa succession. Sa milice comprend aujourd’hui 800 hommes divisés en 13 groupes. Il est notamment le responsable de la capture du vraquier japonais Stella Maris (20 juillet 2008, rançon 2 millions de dollars), et des navires marchands malais Bunga Melati Dua (18 août 2008, rançon 2 millions de dollars), allemand BBC Trinidad, rançon 1 million de dollars (21 août 2008) et iranien Iran Deyanat (21 août 2008). Il a aussi commis une maladresse en attaquant le porte container états-unien Maersk Alabama (8 avril 2009), suscitant l’intervention musclée de la Ve flotte US.

Un autre gang est installé dans la province disputée de Sanaag. Il est commandé par Fu’aad Warsame Seed, dit « Hanaano ». C’est une petite milice d’une soixantaine d’hommes, disposant d’un important équipement militaire. Elle a notamment capturé le yatch allemand Rockall (23 juin 2008, rançon 1 million de dollars), le chimiquier turc Karagol (12 novembre 2008), deux navires de pêche égyptiens Mumtaz 1 et Samara Ahmed (10 avril 2009) et le remorqueur italien Buccaneer (11 avril 2009).
« Hanaano » est protégé par le ministre de l’Intérieur « Ikaljiir », dont il finance les activités politiques. Par malchance, il a été arrêté par les Yéménites alors qu’il tentait une nouvelle opération dans leurs eaux territoriales, le 15 octobre 2009. Le gouvernement du Pount négocie sa libération.

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Localisation des actions pirates au cours du premier trimestre 2010 (source : Bureau maritime international).
Le paradis de Xaradheere et d’Hobyo

Au centre de la Somalie, une autre organisation a été créée par Mohamed Hassan Abdi, dit « Afweyne » et serait aujourd’hui dirigée par son fils Abdiqaadir. Elle est basée dans les ports de Xaradheere et d’Hobyo et, pour se donner une légitimité, elle s’auto-proclame « Gardes-côtes de la région centre ».

Son bilan connu est impressionnant : le Semlow (26 juin 2005), Le méthanier chinois Feisty Gas (10 avril 2005, rançon 315 000 dollars), le Rosen (25 février 2007), le cargo danois Danica White (2 juin 2007, rançon 1,5 millions de dollars), le thonier espagnol Playa de Baskio (20 avril 2008, rançon 770 000 euros), le chimiquier malais Bunga Melati (18 août 2008, rançon 2 millions de dollars), le vraquier grec Centauri (17 septembre 2008), le cargo grec Captain Stefanos (21 septembre 2008), le cargo ukrainien Faina (25 septembre 2008, rançon 3 millions de dollars), le chimiquier philippin Stolt Strength (10 novembre 2008), le thonier chinois Tian Yo no 8 (15 novembre 2008) , le super tanker saoudien Sirius Star (15 novembre 2008, rançon 15 millions de dollars !), le paquebot Indian Ocean Explorer (2 avril 2009), le porte-conteneurs allemand Hansa Stavanger (4 avril 2009, rançon 2 millions de dollars), le dragueur belge Pompei (18 avril 2009, rançon 2,8 millions d’euros), le vraquier grec Ariana (2 mai 2009, rançon 3 millions de dollars), le navire de pêche espagnol Alakrana (2 octobre 2009, rançon 2,3 millions d’euros), le porte-conteneurs singapourien Kota Wajar (15 octobre 2009, rançon 4 millions de dollars), le vraquier chinois Xin Hai (19 octobre 2009, rançon 4 millions de dollars), et dernièrement… le tanker russe Moscow University (5 avril 2010, pas de rançon).

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Le 23 septembre 2009, le colonel Khadafi prend la défense de son ami « Afweyne » à la tribune des Nations Unies
© Marco Castro, Service de presse de l’ONU
Pirates ou flibustiers ?

Si nous revenons au précédent historique des Frères de la côte dans les Caraïbes du XVIIe siècle, les pirates avaient pu s’installer dans leurs « 13 paradis » parce qu’ils rendaient de discrets services aux Etats. Ils étaient en fait des flibustiers, c’est-à-dire qu’ils étaient occasionnellement chargés par les autorités politiques de missions inavouables. Il ne peut évidemment pas en être autrement aujourd’hui.

L’état-major russe a envisagé une opération multinationale pour nettoyer le Pount et les ports de Xaradheere et d’Hobyo. Les Anglo-Saxons ont vivement repoussé cette brutale proposition. Et pour cause : les dirigeants politiques de ces territoires sont des alliés de la CIA, du MI6 et du Mossad contre les islamistes d’Al-Shabaab. Pour lui donner une couleur africaine, le soutien massif des Anglo-Saxons passe par Addis-Abeba (Ethiopie) où le département d’Etat est en train de construire sa plus grosse ambassade dans le monde, après celle de Bagdad (Irak).

Selon l’hebdomadaire britannique The Spectator, les chefs pirates du Pount ont été reçu en amis à bord de navires de guerre US pour prendre le café [15].

Pour « traiter » ceux de Xaradheere et d’Hobyo qui n’ont pas accès aux services d’un quasi-Etat comme le Pount, les Anglo-Saxons ont choisi une couverture haute en couleur.

Les diplomates qui écoutaient l’interminable discours de Mouamar Khadafi à l’Assemblée générale de l’ONU (23 septembre 2009) ont eu tendance à bailler et à partir discuter à la buvette en attendant que cela finisse. Ils ont eu tort. Au cours de sa harangue contre le fonctionnement de l’ONU, le chef de l’Etat libyen a multiplié les digressions. L’une d’entre elles a consisté à prendre la défense des pirates somaliens en assimilant les organisations criminelles actuelles à des pécheurs ruinés —ce qui est faux, comme nous l’avons vu— [16]. Le colonel Khadafi a évoqué l’accueil solennel qu’il avait réservé à « Afweyne » et à ses lieutenants, à Tripoli, du 1er au 4 septembre 2009.

La Libye entend jouer un rôle en Afrique, mais elle ne peut y prétendre réellement que depuis qu’elle s’est publiquement réconciliée avec les Etats-Unis (qui avaient portés le colonel Khadafi au pouvoir). Au demeurant, l’Afrique est devenue un champ clos où les Etats-Unis s’affrontent à la Chine, les premiers sous-traitant leurs actions secrètes à Israël, les second faisant appel aux services iraniens.

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Allo, ici Ehud Olmert.

Selon l’inamovible président yéménite, Ali Abdullah Saleh, les chefs pirates du Pount arrêtés dans ses eaux territoriales recevaient leurs ordres par téléphone satellite du cabinet de l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert, des allégations largement reprises par la presse arabe, mais ignorées par la « communauté internationale ».

En bons flibustiers, les pirates somaliens savent rendre des services quant il le faut, et volent pour leur compte le reste du temps. Du coup, on ne s’étonne plus qu’ils continuent à brigander comme si de rien n’était au milieu de multiples marines de guerre. On peut même se demander si les informations glanées lors des réunions de « Prise de conscience partagée et de prévention des conflits » (SHADE) organisées à Bahrein par le Pentagone ne sont pas transmises aux pirates pour leur éviter de fatales rencontres.

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 Thierry Meyssan

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).


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Source Odnako (Fédération de Russie)

Еженедельный журнал Однако - это анализ политических, экономических и социальных событий в России и за рубежом. Главный редактор : Михаил Леонтьев.


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Cette enquête a été réalisée pour l’hebdomadaire russe Odnako à la suite de l’abordage du tanker russe Moscow University (donc avant l’affaire de la flottille de la liberté, qui n’est pas abordée dans l’article). Elle constitue le dossier central et la couverture du numéro 23. Les notes ont été ajoutées par l’auteur pour la version internet.



[1] The political development of Somaliland and its conflict with Puntland, par Beruk Mesfin, Institute for Security Studies (Afrique du Sud), septembre 2009.

[2] Sites internet officieux d’Ahlu Sunna wal Jama’a : Shaaficiyah.com (en anglais) et Ahlusunna.org.

[3] Site internet officieux d’Al-Shabaab : Alqimmah.net.

[4] Sur le déplacement géographique des attaques, voir Piracy : The Motivation and Tactics, par Nicole Stracke et Marie Bos, Gulf Research Center, 2009.

[5] Combating Somali Piracy : the EU’s Naval Operation Atalanta, Chambre des lords du Royaume-Uni (ref. HL 103, 14 avril 2010).

[6] Piracy : threat or nuisance ? par Alessandro Scheffler, NATO Defense College, Rome (ref. Research Paper 56, février 2010).

[7] China’s Participation in Anti-Piracy Operations off the Horn of Africa : Drivers and Implications, édité par Alison A. Kaufman, Center for Naval Analysis, USA, (réf. MISC D0020834.A1/, juillet 2009). China and Maritime Cooperation : Piracy in the Gulf of Aden par Gaye Christoffersen, Institut für Strategie- Politik- Sicherheits- und Wirtschaftsberatung, 2010.

[8] Site internet de Sea Vision.

[9] « La piraterie profite aux sociétés privées de sécurité », par Marie-France Joubert, France 24, 26 novembre 2008.

[10] Par exemple : The Maritime Dimension of International Security. Terrorism, Piracy, and Challemges for the United States, par Peter Chalk, Rand Corporation, 2008.

[11] « Le retour de la guerre de course », par Jean-Paul Pancracio, Bulletin d’études de la marine numéro 43, décembre 2008, Centre d’enseignement supérieur de la Marine, Ministère de la Défense, Paris. L’auteur cite « Washington lâche des corsaires dans l’océan Indien », par Philippe Chapleau, Ouest France du 3-4 novembre 2007.

[12] La Piraterie maritime, rapport d’information de la Commission de la defense nationale et des forces armées, Assemblée nationale, France (ref. 1670, 13 mai 2009). Rapporteur : Christian Ménard.

[13] Troisième rapport du Groupe de contrôle sur la Somalie établi en application de la résolution 1853 (2008) du Conseil de sécurité (ref. S/2010/91), 10 mars 2010.

[14] Voir le site internet officiel de l’Etat autonome du Pount.

[15] Enquête d’Aidan Hartley, The Spectator du 6 décembre 2008.

[16] « Discours de Mouammar Khadafi à la 64e Assemblée générale de l’ONU », Réseau Voltaire, 23 septembre 2009.

 

 

 

Résumé: La piraterie au large de la Somalie fait courir un risque majeur aux navires reliant la Méditerranée à l’océan Indien. Officiellement le phénomène échappe à tout contrôle et les grandes puissances ont été contraintes de dépêcher leur marine de guerre dans la zone pour escorter leurs bateaux marchands. Pourtant, dans certains ports somaliens, on peut voir des navires capturés, amarrés sagement en ligne dans l’attente de leur rançon, sans que les pirates craignent les bâtiments de guerre croisant au large. A l’issue d’une longue enquête, Thierry Meyssan dévoile les commanditaires de ce nouveau business.

 

Thierry Meyssan

 

http://r-sistons.over-blog.com/ext/http://www.voltairenet.org/article165499.html

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 05:55

 

Réformes dansECOLE.jpg l'Education.

La mort de l'école publique  ? 

 

Communiqué de presse
Les réformes engagées dans l’Education Nationale interrogent les responsables du système éducatif et au premier chef les Inspecteurs d’Académie qui sont souvent en difficulté pour défendre devant les enseignants et les parents les décisions ministérielles.
Les instructions qui se succèdent donnent une image brouillonne de la gouvernance du ministère et ne tracent pas les contours du grand dessein pour l’école dont le pays a besoin.
On nous demande de supprimer des postes alors que lutter contre l’échec scolaire et la violence à l’école suppose plus d’adultes et plus d’éducation dans les établissements.
On nous demande d’augmenter les effectifs des classes, alors que la difficulté scolaire se traite avant tout par une pédagogie différenciée d’autant plus difficile à mettre en oeuvre que les effectifs sont importants.
On nous demande de fermer les petits établissements ruraux alors que la circulaire Balladur de 1993, jamais abrogée, interdit la fermeture de la dernière classe d’une commune.
On nous demande de ne plus scolariser les enfants de moins de trois ans alors que toutes les études montrent les effets bénéfiques d’une scolarisation précoce dans les milieux les plus défavorisés.
On nous donne en exemple le modèle finlandais dont la formation des enseignants est un élément clé de la réussite tandis qu’on réduit le temps de formation des professeurs français.
Comment expliquer cela aux parents d’élèves, aux enseignants ? Quelle en est la logique si ce n’est une  logique uniquement budgétaire ?
Dés lors, les Inspecteurs d’Académie dont on ne peut douter de la loyauté s’interrogent devant les risques de dégradation du service public d’éducation dont les conséquences, à l’heure de la mondialisation, se mesureront à terme sur les performances et la compétitivité de la France ! D’autres pays ne s’y sont pas trompés comme l’Allemagne, souvent citée en exemple qui a fait le choix de ne pas réduire ses dépenses d’éducation.
Le SIA rappelle que des Inspecteurs d’Académie ont été victimes de retraits d’emplois pour avoir tenu à faire prévaloir l’équité dans la gestion des moyens. Nous avons tous, en tant que cadres responsables, conscience de la nécessité de contribuer à la réduction de la dette publique, mais dans l’Education Nationale plus que partout ailleurs chaque action de réduction budgétaire doit être pensée dans une perspective de long terme et non à l’aune d'échéances économiques immédiates.
Sur tous ces dossiers qui conditionnent l’avenir du système éducatif, le SIA regrette que Luc CHATEL n’ait pas cru devoir le recevoir, malgré l’engagement de son directeur de cabinet et des demandes répétées qui lui ont été transmises.

 

Paris, le 16 juin 2010
Pour le bureau national

Syndicat des Inspecteurs d’Académie
46, avenue d’Ivry
75013 Paris

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 05:48

 

Israel cherche a prendre le controle du carrefour
Moyen Orient, Eurasie, Asie du Sud-Est, Afrique



Guerre civile en France : Sarkozy et les medias aux ordres provoquent les Musulmans pour justifier de sa participation a l'agression contre l'Iran
Les Musulmans doivent bien comprendre que ni l'Arabie Saoudite ni aucune monarchie dans le Golf ne disposent de controle sur les bases americaines, britanniques ou francaises. Les israeliens ont décidé de passer par l'Arabie Saoudite car ils veulent declencher une guerre sunnites-shiites, arabo-perse, de ce coté la une surprise les attend.

Le second but est d'isoler le Nord Est riche en petrole et gaz et de morceller ce pays en cinq regions autonomes... Afin d'en controler toutes les voies secondaires d'exportation de brut et de gaz. Le Pakistan ayant signé un accord energétique avec la Chine et l'Iran, l'Arabie se retrouve seule, affaiblie et isolée et tenue pour responsable de la signature de l'accord, car financant la corruption des partis politiques au pouvoir au Pakistan. Ses deux alliés encombrant n'hesiteront pas a lui faire payer sa faiblesse. L'Arabie Saoudite donne tous les signes de la decomposition au plus haut niveau et la guerre de succession pour la prise du pouvoir est lancée depuis 2008. Ajoutons egalement le fiasco au Yemen.

Apres le massacre de la flotille pour Gaza, la Turquie envisage de prendre le controle du Kurdistan pour bloquer l'acces du petrole iraquien aux israeliens. Les israeliens n'ont d'autres choix que de prendre officiellement le controle de l'Arabie Saoudite en l'entrainant dans toutes ses guerres... Israel a trahit egalement l'Egypte en signant des accords avec l'Erythrée, l'Ouganda, l'opposition animiste du sud Soudan, le Kenya pour bloquer le Nil a sa source et en prendre le controle. l'Afghanistan sert de transit pour le gaz turkmene deja aux mains des israeliens, de la drogue et autres contre-bandes. Aujourd'hui nier le fait qu'Israel se comporte en puissance hégémonique est tout simplement de l'affabulation, un jeu ou Sarkozy excelle !Au fait qu'est ce que la France, les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne ont gagné en soutenant l'entité sioniste ?! Absolument rien, sinon que desastre economique, dettes impayables aux banksters ayant cree Israel et paupérisation de masse ! !



La France participe aux préparatifs de guerre contre l’Iran
 
jeudi 24 juin 2010 - par Hicham Hamza

C’est l’état d’alerte à Téhéran. Selon plusieurs sources d’information, notamment israéliennes et iraniennes, les préparations en vue d’une attaque aérienne contre l’Iran s’accélèrent. Interrogé mardi, le conseiller du Premier ministre israélien chargé de la sécurité nationale, Uzi Arad, a indiqué qu’en raison de « l’inadéquation » des dernières sanctions prônées par le Conseil de sécurité de l’ONU, « une attaque militaire préventive serait finalement nécessaire ». Ces derniers jours, selon le Jerusalem Post, ce sont des avions israéliens qui ont été aperçus, effectuant une livraison d’équipement militaire, dans une base située aux abords de Tabuk, au nord-ouest de l’Arabie Saoudite. Le régime de Ryad avait pourtant démenti avoir autorisé les militaires israéliens à utiliser son espace aérien en cas d‘attaque contre Téhéran. Certains Etats du Caucase serait également sollicités pour lancer l’opération.

Dans le même temps, comme l’a rapporté le quotidien israélien Haaretz, reprenant l’information exclusive du journal pan-arabe Al Quds Al Arabi, plus d’une douzaine de navires de guerre américains et un vaisseau israélien ont franchi, vendredi dernier, le Canal de Suez pour atteindre cette semaine le Golfe Persique. Depuis le début du mois, des exercices militaires conjoints, simulant des frappes aériennes, regroupent Américains, Israéliens, Britanniques et Français  .suite ici : 

 

 

http://islamic-intelligence.blogspot.com/2010/06/guerre-civile-en-france-sarkozy-et-les.html 

 

 

La marine des Pasdarans a été mise en état d'alerte dans le golfe Persique http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2010/06/la-marine-des-pasdarans-a-ete.html

 


Téhéran n'enverra pas de bateau d'aide vers la Bande de Gaza soumise à un blocus israélien, comme les autorités en avaient l'intention, a annoncé samedi un parlementaire iranien en invoquant des "restrictions" israéliennes.

http://www.juif.org/defense-israel/131796,l-iran-revient-sur-son-projet-d-envoyer-un-bateau-vers-la-bande-de.php 

 

 

 

http://r-sistons.over-blog.com/article-l-appel-du-17-juin-de-charles-tillon-les-droits-du-vivant-monde-multipolaire-53009064.html

 

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 05:44

 

 

 

Services trafics secrets

Les grands trafics sont organisés par la CIA, le MI6 et le Mossad, cas du trafic de drogue, ou pour le compte de ses "organismes", ou pour le moins avec leur protection, mais c'est aussi le cas pour le trafic d'armes, la pédophilie... et... la piraterie !

En effet, Thierry Meyssan (Réseau Voltaire) vient de montrer que c'était le cas pour les actes de "piraterie" au large de la Somalie :

Selon l’inamovible président yéménite, Ali Abdullah Saleh, les chefs pirates du Pount arrêtés dans ses eaux territoriales recevaient leurs ordres par téléphone satellite du cabinet de l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert, des allégations largement reprises par la presse arabe, mais ignorées par la « communauté internationale ».

Lire l'article : http://www.voltairenet.org/article165499.html#article165499

 

 


Chemtrails encore

Vous nous annoncez une recrudescence de chemtrails, et ne savons pas quoi faire de ces infos que voici :

"Bonjour. Je vous informe que depuis ce matin (24/6) sur la région lyonnaise il y a un lâcher de chemtrails massif, ça n'arrête pas !
Les avions ont survolé l'espace aérien avant le lever du soleil dans la direction du soleil levant sur le mode d'un quadrillage serré et vaste au lever, je pense qu'il y a une réaction recherchée : déploiement des substances au moment des premiers rayons du soleil... quadrillage, traits discontinus, le ciel est rempli jusqu'à présent, 17 h ! il suffit de lever la tête pour voir l'oeuvre d'art !
L'air était particulièrement âcre à midi dû à la conjonction avec la pollution automobile qui fait réaction et développe les effets en particulier de fatigue, j'entends les gens se plaindre de fatigue autour de moi et de gorge irritée.
Il serait intéressant de faire un observatoire sur internet où chacun pourrait mettre ses observations, cela donnerait une cartographie à la manière des impacts de grêle, intéressante, qui pourrait être un support pour aller plus loin.

 

L’OMS VEUT CONTRÔLER LA SANTÉ DU MONDE

L'OMS PROJETTE DE TAXER L’UTILISATION D'INTERNET POUR FINANCER LES VACCINS DANS LES PAYS DU TIERS MONDE !

 

  L’OMS veut fondamentalement que toutes les nations du monde abandonnent leur souveraineté, plus particulièrement sur le plan de la recherche scientifique médicale et de l’évolution médicale, qu’elles lui cèdent cette souveraineté pour qu’elle puisse redistribuer la « santé » comme bon lui semblera. Plus personne d’autre n’aura quoi que ce soit à dire en cette matière du fait que l’OMS sera la seule autorité au monde en matière de santé." Mike Adams

 artemisia-college.org

 


Le pétrole atteindra l’Atlantique dans les six mois, disent des scientifiques

 

 

 

http://infoguerilla.fr/?p=3080

 


Le puits de pétrole du Golfe et les plans du NOM


19 juin 2010

« Leur intention est claire: une évacuation forcée vers des camps de la FEMA de millions d’habitants du Golfe (voir également ceci). De cette façon, le NOM aura une bonne excuse pour instaurer la loi martiale sur une grande échelle dans le Sud-Est des États-Unis, ainsi nous nous y habituerons tous, comme nous nous sommes habitués aux mesures de sécurité dans les aéroports et à la torture. »

Par Richard K. Moore

(Posté sur des groupes Yahoo)

A mesure que le projet du NOM a progressé, il a été très difficile d’anticiper avec précision comment les choses allaient se dérouler.

Le 9/11, par exemple, nous a pris totalement au dépourvu, et qui aurait pu prédire la rapidité avec laquelle l’ensemble de la Constitution a été démantelée, de même que le droit international, et serait accepté par la plupart des Américains? Certaines choses arrivent plus vite que nous nous y attendons. Avec l’Iran, d’autre part, il semblait qu’une attaque était imminente à plusieurs reprises au cours des dernières années, et cependant cette dernière ne s’est toujours pas produite. Certaines choses prennent plus de temps.

Et puis ils nous balancent à la figure des choses comme la grippe porcine non-pandémique, et nous ne savons toujours pas de quoi il s’agissait. Cela n’avait certainement rien à voir avec des raisons de santé publique, et les profits de l’industrie pharmaceutique ne semblent pas un motif suffisant pour une campagne mondiale de désinformation de cette ampleur.

 

Peut-être était-ce juste pour nous déstabiliser et nous maintenir dans un état de confusion, alors que nous tentions de trouver une explication rationnelle à ce fiasco. Ou peut-être était-ce un moyen de tester nos différents moyens de défense sociale contre la guerre vaccinale.

Il existe beaucoup de documentation sur le Nouvel Ordre Mondial, provenant des élites elles-mêmes, ainsi que d’autres types de preuves. Il y a quelques dénouements qui sont certainement inclus dans les plans, même si nous n’en connaissons pas le timing. Il s’agit notamment du gouvernement mondial (en substance, si ce n’est par le nom), du contrôle centralisé des monnaies, du dépeuplement drastique, et d’un conflit nucléaire majeur.


http://infoguerilla.fr/?p=3260

 

 

Eurogendfor

 

"résout divers problèmes pour les gouvernements européens. A l’avenir, ils pourront, lors de troubles sociaux ou de manifestations majeures de longue durée, utiliser des armes à feu contre leurs populations, mettre des zones entières sous quarantaine militaire et retirer les meneurs de la circulation sans avoir à engager leurs propres forces militaires ou policières qui pourraient éventuellement se solidariser avec les manifestants. L’Eurogendfor de son côté, ne pourra pas être poursuivi en justice grâce à ses autorisations exceptionnelles, civiles et militaires. ».
Je souhaitais vous apporter un élément confirmant un peu plus cette théorie qui est le suivant.  J'ai été surpris de voir de plus en plus de militaires dans les lieux touristiques et grandes gares d'abord, puis les lieux commerciaux, puis les lieux de fort passages dans les transports parisien (plus seulement les grandes gares).
Et ce qui m'a surpris c'est que la majorité de ces forces viennent d'un autre pays que la France. Ne parlant pas un mot de français.
Je me demande comment réagiront ils quand ils auront une part de la population française de tout age semblant bien excités et qui leur crient des mots qu'ils ne comprennent pas alors qu'ils ont reçu l'ordre de leur tirer dessus pour les disperser. : « Ne nous tirez pas dessus ! nous sommes le peuple, on a rien fait, on vient récupérer notre droit ».

    

   

Une situation de déflation

à la japonaise arrive (Société Générale) :

 (AOF / Funds) - "Les irresponsables à la tête des autorités budgétaires et monétaires vont nous plonger à nouveau dans la récession.

Cette fois-ci, cependant, une pure situation de déflation se profile à l'horizon et nous allons tous vivre l'expérience japonaise" affirme l'analyste de la Société Générale, Albert Edwards.
"Les défenseurs d'une politique fiscale restrictive ont pourtant raison quand ils affirment que la situation budgétaire n'est plus tenable. En effet, les gouvernements sont à nos yeux insolvables.

Les défenseurs du soutien budgétaire ont également raison lorsqu'ils déclarent que le resserrement actuel va ramener la récession sur le devant de la scène et creuser davantage les déficits." observe, pessimiste, l'analyste, anticipant "une situation de pure déflation à la japonaise" et un retour de la récession avant la fin de l'année.

 

 

A lire:

 

 

AGRESSION IMMINENTE CONTRE LE PAKISTAN ET L’AFGHANISTAN

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 

La démission: Une pratique démocratique en vois de disparition

http://www.levraidebat.com/article-affaires-la-demission-une-pratique-democratique-en-voie-de-disparition-53007964.html

 

   

Une Banque mondiale toujours antidémocratique

http://www.alterinfo.net/Une-Banque-mondiale-toujours-antidemocratique_a47526.html

 

 

 

http://r-sistons.over-blog.com/article-l-appel-du-17-juin-de-charles-tillon-les-droits-du-vivant-monde-multipolaire-53009064.html

 

 

Big Brother et le discours de la peur:
Effroi face aux meurtriers en série. Angoisse de l’attentat. Peur de la neige. Terreur du lendemain. Globalisation de la peur. Les médias dominants et les gouvernants font de la sécurité une obsession. suite ici:

http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6&id=2825&option=com_content&Itemid=11

 

 

La face cachée du football mondial:
http://www.oulala.net/Portail/spip.php?breve1741
La face cachée du football français:

 

 

 

Le naufrage de la civilisation

Certes, tout le monde avait compris que l'Amérique n'était plus qu' un cadavre politique: c'était Israël seul qui faisait voter dare-dare et à tour de bras des crédits astronomique au Congrès afin d'aider de toute urgence le malheureux peuple hébreu à combattre ses ennemis les plus redoutables: Gaza aux abois, un Liban  "protégé" par une Finul proche de la débandade, un Hamas réduit au rang de pestiféré international. La Chambre des représentants de feu le peuple américain faisait entendre les éclats de voix du sionisme mondial outragé (…)

http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/tstmagic/1024/tstmagic/defis_europe/fossoyeur.htm  


 

 

Elysée et gouvernement seront alors enfin dotés d’un avion capable de rallier la côte ouest des Etats-Unis sans escale, ce que ne permettait pas l’A-319, le moyen-courrier généralement utilisé pour les déplacements de la présidence. L’opération aura coûté 176 M€

http://www.leparisien.fr/politique/l-air-force-one-du-president-volera-cet-ete-27-06-2010-979213.php

 

 


 

Noël Mamère qualifie de "voyous" ceux qui sont au sommet de l'Etat

 Pour lui, ce sont "les gens qui prennent des libertés avec l'argent public, qui prennent des libertés avec les principes démocratiques".

Sans faire "un inventaire à la Prévert", le député de Gironde a évoqué toutes les affaires qui concernent les gens qui sont proches du pouvoir et les gens qui sont au gouvernement".

"Au sein du gouvernement, il y a des gens qui n'arrêtent pas d'expliquer qu'il faut se serrer la ceinture, qui sont les chantres de la tolérance zéro et qui s'appliquent à eux mêmes le principe de l'impunité", a-t-il précisé.

"Ca rejaillit sur l'ensemble du personnel politique", a-t-il affirmé (extraits)

  http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hPKNRJ-JdQHJUKcsDSDT8Wb9lZ8w

 



Viêt Nam : Bébés monstrueux, cancers, pays dévastés, est-ce cela notre héritage ? L’Agent orange tue encore : entrevue avec André Bouny
Hier, au Viêt Nam, en faisant usage d’armes chimiques dévastatrices, les États-Unis ont combattu le communisme – un régime qui incarnait alors la lutte pour l’indépendance nationale du peuple vietnamien qui s’opposait à leur domination. Aujourd’hui, les mêmes politiques aussi absurdes qu’injustifiables se poursuivent : de l’Afghanistan à l’Irak en passant par la Serbie, et du Liban à Gaza, des armes au phosphore, à fragmentation, ou à l’uranium appauvri sont déversées – par les États-Unis, l’OTAN, ou Israël - sur les populations civiles qui refusent de se soumettre à leurs diktats. Or, on sait que ces armes provoquent notamment des cancers et des malformations monstrueuses chez les nouveau-nés ; et qu’elles vont continuer à affecter la santé d’un nombre croissant de personnes. Dans son récent ouvrage « Agent Orange – Apocalypse Viêt Nam » (*),  André Bouny vient nous rappeler que, près d’un demi-siècle après la guerre, des mères vietnamiennes continuent de mettre au monde des bébés monstrueux

 

 

 

La banque Goldman Sachs est l’une des institutions financières qui possède une partie du capital de BP.

Au 31 Mars 2010, soit 20 jours avant l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, Goldman Sachs vendait a peu près 4,5 millions d’actions BP sur un total de 10,5 millions, soit environ 44% de leur portefeuille d’actions BP.

 suite ici : http://www.egaliteetreconciliation.fr/EXCLU-E-R-Goldman-Sachs-vend-44-de-ses-actions-BP-3-semaines-avant-la-catastrophe-3536.html

 

 

Israël prive les hôpitaux palestiniens d’appareils respiratoires  
Dans une déclaration à l’agence de presse Ma’an, un porte-parole du ministère a précisé que ces machines à oxygène, dont le système de santé a un besoin urgent compte tenu du blocage des importations de pièces de rechange pour le parc existant, sont destinés à 7 établissements, aussi bien dans la bande de Gaza qu’en Cisjordanie. La nouvelle a été confirmée par des journaux israéliens, qui ont obtenu un « commentaire » des plus sadiques de la part des forces d’occupation.En l’occurrence, celles-ci ont déclaré que l’oxygène fabriqué par les appareils pouvait certes servir à soigner des patients dont la vie est en danger, mais qu’il pouvait également avoir une utilité …. « militaire » ! Tout comme, sans doute, le coriandre, le ciment, les cahiers et stylos et milliers d’autres produits dont l’entrée dans la bande de Gaza a été interdite depuis trois ans.Sur les 7 machines offertes par l’Agence norvégienne de développement, deux sont destinées aux hôpitaux de la bande de Gaza, et les autres à des établissements de Cisjordanie, à Ramallah, Naplouse et Hébron. CAPJPO-EuroPalestine   

 

 

 

voir_le_zoom : Le Premier ministre belge sortant, Yves Leterme, présente le programme de la présidence belge de l'UE, le 25 juin 2010 à Bruxelles

Divisée et sans gouvernement, la Belgique s'apprête à prendre la présidence semestrielle de l'Union européenne à compter du 1er juillet avec des ambitions "modestes" alors que l'Europe demeure confrontée à une crise d'une ampleur sans précédent depuis 50 ans.

"Nous serons d'abord au service des institutions européennes", a prévenu vendredi le Premier ministre belge
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-La-Belgique-prend-sans-veritable-gouvernement-la-tete-de-l-UE.htm?&rub=2&xml=newsmlmmd.eef634c6b4556eee52d3e0006d9cc3ab.351.xml

Révélations 4:

Mr Delamarche est actuellement président de Platinium Gestion, ex analyste financier et surtout s'illustre depuis quelques semaines lors de ses interventions au cours de l'émission "Intégrale bourse" sur la radio à connotation économique B FM évoquant les chiffres d'ordre financier actuellement occultés par les marchés financiers internationaux.

http://www.blog-video.tv/video-10631a1feO-Archive-tele-du-27-06-2010-10-11-55.html

 

 


Très grave ! - Gaz mortels et pression d'éjection ASTRONOMIQUE d'hydrocarbures Abiotiques (Golf du Mexique) 
http://www.youtube.com/watch?v=ivlYGTMECeM&feature=player_embeddedhttp://www.mecanopolis.org/?p=18413$

 

Kindra Arnesen : « BP ne cherche qu’à faire des économies » (vidéo)

 http://www.jp-petit.org/nouv_f/maree_noire_golfe_Mexiqumaree_noire_golfe_Mexique.htm 

 

 

La vraie célébration des Glières, sans Sarkozy

Ecrit par un collectif d'auteurs, les journalistes Emmanuelle Heidsieck, ma consoeur de Mediapart Martine Orange, Jean-Luc Porquet, François Ruffin et l'historien Olivier Vallade, ce livre, permet de mesurer à quel point la France a rompu avec ce qu'était l'ambition principale des mouvements de résistance: «l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie». Rompu à cause des réformes entreprises par Nicolas Sarkozy, qui, depuis son accession à l'Elysée, accélère la démolition de ce programme du CNR. Rompu aussi à cause de la gauche qui a trop contribué à cette politique de destruction. Pour un camp comme pour l'autre, c'est donc un livre qui invite à une salutaire introspection: mais pourquoi donc, et au profit de qui, a-t-on renoncé aux «jours heureux» - en clair au pacte social issu de l'après-guerre? (extraits)

http://www.mediapart.fr/club/blog/laurent-mauduit/130510/la-vraie-celebration-des-glieres-sans-sarkozy

 


Sur mon blog http://r-sistons.over-blog.com


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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 05:40
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Partout dans le monde, les troupes US étendent une même domination militaire et économique.

 

(..) Pepe Escobar : La véritable "communauté internationale", les BRIC, les pays du G-20, les 118 nations en voie de développement du Mouvement des non-alignés, en somme, l’ensemble du monde en développement, est du côté du Brésil, de la Turquie et de leur diplomatie de non confrontation. Seuls les États-Unis et ses pathétiques toutous idéologiques européens réclament des sanctions.

Salvador López Arnal : Vous affirmez également que l’architecture de la sécurité globale, "assurée par une bande d’affreux gardiens occidentaux autoproclamés", est dans le coma. L’Occident atlantiste coule façon Titanic. N’exagérez-vous pas ? Ne prenez-vous pas vos désirs pour des réalités ? N’existe-t-il pas un réel danger qu’avec ce naufrage on entraîne presque tout avec soi avant de toucher le fond ?

Pepe Escobar : J’ai déjà été confronté à beaucoup d’horreurs partout dans le monde pour pouvoir croire à présent, au moins, en la possibilité d’un nouvel ordre, dessiné surtout par le G-20 et, à l’intérieur de celui-ci, par les pays du BRICT. Je l’écris avec un T à la fin.

L’avenir économique est en Asie et l’avenir politique est en Asie ainsi que dans les grandes nations en développement. Évidemment, les élites atlantistes ne vont abdiquer leur pouvoir qu’après avoir vu leurs cadavres gisant au sol. Le Pentagone poursuivra avec sa doctrine de guerre perpétuelle. Mais il n’aura pas de quoi la payer, et ce sera plus tôt que tard. Je ne nie pas que, dans un avenir proche, il existe la possibilité que les États-Unis, sous l’administration d’un républicain fou, d’extrême droite, s’engagent dans une période de guerre hallucinée, effrénée. Si tel était le cas, cela provoquera sans aucun doute leur chute, la chute du nouvel Empire romain.

Salvador López Arnal : Et quel est le puissant lobby états-unien qui est en faveur de la guerre perpétuelle à laquelle vous faites référence ? Qui sont ceux qui soutiennent et financent ce lobby ?

Pepe Escobar : La guerre perpétuelle relève de la logique du Full Spectral Dominance, la doctrine officielle du Pentagone qui comprend : l’encerclement de la Chine et de la Russie, la conviction que ces deux pays ne doivent pas devenir des concurrents narquois des États-Unis et en outre, le déploiement de tous les efforts afin de contrôler l’Eurasie ou du moins, la surveiller. Il s’agit de la doctrine du Dr. Folamour [2], mais également du positionnement des dirigeants militaires états-uniens et de la majorité de l’establishment. Le complexe militaro-industriel ne dépend pas de l’économie civile pour subsister. Il emploie un grand nombre de politiciens et compte avec l’étroite collaboration de toutes les grandes corporations.

Salvador López Arnal : Dans votre article, vous parlez de sa sommité le Dr. Zbigniew-conquérons l’Eurasie-Brzezinski. Encore une trouvaille, permettez-moi de vous féliciter de nouveau. Vous dites que l’ancien conseiller de la sécurité nationale a souligné le fait que "pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité les gens sont politiquement éveillés — c’est une réalité totalement nouvelle — il n’en a pas été ainsi auparavant". Êtes-vous véritablement de cet avis ? Quelle partie endormie de l’humanité est-elle à présent éveillée ?

Pepe Escobar : Pour les élites états-uniennes la donnée essentielle est que l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique sont en train d’intervenir politiquement dans le monde d’une manière qui aurait été impensable à l’époque coloniale, et pour ces élites, la décolonisation est un cauchemar sans fin. Comment faire pour dominer ceux qui savent à présent comment agir pour ne pas se laisser dominer à nouveau ? Voici leur question fondamentale.

Salvador López Arnal : Vous dites que Washington, unilatéral jusqu’au bout, n’hésite guère à faire un bras d’honneur même à ses amis les plus proches. Pourquoi ? Peut-être incarnent-ils l’axe du mal ? Peut-on produire de l’hégémonie avec des procédés si peu affables ? Jusqu’à quand ?

Pepe Escobar : On ne peut sous-estimer la crise états-unienne. Elle est totale : économique, morale, culturelle et politique. Mais également militaire puisqu’ils ont été battus en Irak et ils sont sur le point de subir un échec d’une ignominie totale en Afghanistan. Le nouveau siècle américain a déjà rendu l’âme en 2001. À présent on peut interpréter le 11 septembre comme le signe apocalyptique de la fin.

Salvador López Arnal : À propos, qu’en est-il de l’un des acteurs principaux de la politique états-unienne au Proche-Orient ? Israël est-elle donc endormie ? Quels sont les plans des caïds qui menacent Gaza ?

Pepe Escobar : Israël est devenue ce que j’appelle une Sparte paranoïaque hors-la-loi, ethno raciste, qui porte la profonde souillure de l’apartheid. Israël sera de plus en plus isolé du monde réel, il ne sera protégé que par les États-Unis, dont il est un État-client. Et le retour du refoulé sera son cauchemar, comme s’il s’agissait d’un film d’horreur hollywoodien : l’Histoire les fera payer pour toute les horreurs qu’ils ont commises et commettent encore contre les Palestiniens.

Salvador López Arnal : Quelle est votre opinion au sujet de l’action israélienne du dimanche 30 mai dernier ? Quel sens peut avoir leur attaque contre quelques pacifistes solidaires avec les citoyens de Gaza ?

Pepe Escobar : Cela participe de la même éternelle logique : nous avons toujours raison, ceux qui s’opposent à notre politique sont des terroristes ou des antisémites. À présent Israël est au stade où il défend l’indéfendable : le blocus de Gaza.

Mais à présent il est évident que tout le monde en est conscient et il ne pourra plus tromper par ses mensonges. La Palestine sera l’éternel Vietnam d’Israël. Mais je doute qu’un jour, comme dans le cas des États-Unis, ils soient capables de retenir la leçon.


http://www.voltairenet.org/article166028.html#article166028

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 05:38

 

 

L’appel longtemps «oublié» de Charles Tillon du 17 juin 1940

 

Un jour avant celui du 18 juin, oui, les communistes résistaient bien avant 1941. Sinon, pourquoi le Parti Communiste aurait-il été interdit dès 1939 ?
L’appel longtemps «oublié» de Charles Tillon du 17 juin 1940
"Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini : l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie et la Tchécoslovaquie... Et maintenant, ils livrent la France. Ils ont tout trahi.

Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler , livrer le pays entier au fascisme. Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme. Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes. Il est le nombre : uni, il sera la force.

-Pour l’arrestation immédiate des traîtres
-Pour un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses
, libérant les travailleurs, établissant la légalité du parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s’entendant avec l’URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.

Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes,

UNISSEZ VOUS DANS L’ACTION
!"
 
http://www.wmaker.net/editoweb/nicolas_maury/L-appel-longtemps-oublie-de-Charles-Tillon-du-17-juin-1940_a3772.htmlhttp://www.wmaker.net/editoweb/nicolas_maury/L-appel-longtemps-oublie-de-Charles-Tillon-du-17-juin-1940_a3772.html link
http://r-sistons.over-blog.com/article-l-appel-du-17-juin-de-charles-tillon-les-droits-du-vivant-monde-multipolaire-53009064.html

résister NOM

 

Résister...

sur le site de notre ami Jacques Platz,  

artemisia-college.org

  

1) Voici 2 de vos réactions :

"Cher Jacques. Je réponds à ce que j'ai surligné en rouge dans votre mail (Il y a un an, nous étions "tous" mobilisés contre leur opération pandémie-bidon et vaccination-poison, mais là, tout est fait pour nous démobiliser, nous décourager, nous résigner. Nous ne sentons pas cette résistance de l'an passé, au moment où il faudrait nous organiser plus que jamais. Pour nous aussi la tentation de la démission est grande, mais n'est-ce pas ce que les autres espèrent ? Devant notre clavier, nous nous sentons isolés, et nous le seront s'ils coupent internet... Pourtant nous savons déjà que les forces du bien sortiront victorieuses, en 2013, 2014... Ne devons-nous pas nous organiser en ce sens ? Il n’y a pas de fatalité, la fatalité c’est de la résignation… On ne va tout de même pas se laisser faire comme ça, non ?). 

 L'effervescence sur le net semble s'amollir et  la résignation semble gagner du terrain. Ce qui nous a rassemblés contre la "simple" pandémie a fait place à une découverte de la programmation de la destruction de l'humanité, ce qui est autrement plus difficile à avaler. Cependant, malgré vos craintes justifiées,  je crois que l'éveil des consciences continue et se développe.
Sous le calme plat ( j'ai failli dire "la mer d'huile"....)  entretenu prudemment par ceux qui sont entrés en résistance,  la réflexion de fond est entamée sur notre survie dans l'après chaos. (..)
Le message d'un Patrick Sébastien est clair: "On continue"... même si c'est dans la clandestinité. Nous renonçons seulement à utiliser les armes qu'ils nous tendent.
Comme dit si bien Guilaine Lanctôt, l'heure n'est plus à être "le mouton noir", mais à l'intériorisation et la visualisation du monde d'après. Se heurter à ce système c'est encore l'entretenir.
Personnellement, comme Kia, je crois plus à la résistance mentale individuelle. Je crois plus à "La désobéissance éthique"  (Elizabeth Weismann chez stock), désobéissance de tous et chacun au quotidien, dans nos vies, pour contrer tous les malfaisants, plus qu'à la prise des armes et à la violence dans laquelle on cherche à nous entraîner.(Eva: Comme déjà dit, par ex penser au lieu de dépenser, grève de la consommation, de quoi foutre en l'air ce Système assassin. Ou devenir tous "journalistes", informer partout où l'on est).
Le silence n'est pas forcément la démission, ni l'abandon, ni le fatalisme. Ce silence peut être aussi réflexion, introspection, rassemblement des forces et des énergies, sachant que nos mails sont enregistrés, nos ordis surveillés, nos téléphones écoutés....
Rassurez vous, d'autres sont là aussi, plus discrets, ceux qui ont choisi de s'engager dans cette voie n'ont pas baissé les bras. Les vrais héros ne sont pas toujours ceux qui s'avancent et reçoivent les médailles.Certains ont compris les enjeux mais ont peur de gagner leur propre liberté. La pandémie bidon a soulevé le couvercle de la boîte de Pandore et beaucoup sont en train de se rallier parce que tout devient grotesque et la monstruosité se révèle chaque jour plus terrible. Ceux qui ne sont pas encore prêts à ouvrir les yeux, tant pis, ils le seront plus tard sans doute.
(..) Les petites graines semées depuis des années sont en train de germer... peut-être n'en verrons nous pas les fruits, en effet, mais vous savez, quand je cueille les cerises de mon arbre, je remercie celui qui est mort, qui avait planté le cerisier pour moi, et qui n'en a pas mangé une seule.
La patience et la Foi sont nos meilleurs atouts.
Si internet et téléphone sont coupés, la bataille de l'information s'arrêtera mais nous serons toujours reliés en Esprit et ce lien sur-humain est plus que planétaire. Nul besoin de parler avec les Chinois ou les Nanbikwara pour comprendre que les Humains sont soumis  aux mêmes terroristes sur toute la Terre (au moins).
Pour affronter le silence radio et la censure de la parole pacifiste, c'est notre ancrage interne qui fera la différence.
Aucune organisation (type Dard même, on l'a bien vu) n'est viable. Il faut passer à un autre type de résistance, individuelle, libre et non noyautée, résistance psychique et spirituelle celle-là, pour moi, ça ne fait aucun doute.
(..)  Cécile".
 

"Oui, je veille aussi... ne croyez pas que mon silence puisse jamais être passif... et j'approuve grandement le travail de mise en lumière que Jacques continue de faire avec ARTEMISIA... Bien sûr que l'intensité des événements continue à monter en pression... pression, dépression ... (..) C'est vrai que la tentation de la désespérance est grande quand on réalise le caractère délibéré de la destruction... du 11 septembre 2001 au 20 avril 2010 (Deep Horizon), un chemin terrifiant a été parcouru, et nous voilà au bord du gouffre au coeur du Moyen-Orient ... avec en perspectives un Tsunami civilisationnel comme M. Weishaupt en a rêvé.

Cependant d'autres forces travaillent également en arrière plan et sur d'autres dimensions dont dépend l'évolution ici bas. Leur objectif n'étant pas d'opposer radicalement une force à une force et d'engendrer la violence ainsi que le croient encore les enfants perdus de cet univers, prônant la guerre comme règle essentielle du jeu cosmique. (..)

    

2) L'opinion de Jacques Platz (Admin. Artemisia):

Il ne s'agit pas de prévoir l'avenir, mais de le rendre possible ! Telle est la problématique.

En fait, pour qu'il y ait un avenir, pour qu'il soit possible, il faut analyser le présent.

Constatons que TOUT est désormais verrouillé :

Les médias, on l'a dit, mais aussi la "justice", la "médecine" et... l'enseignement !

Ce que l'on daigne nous apprendre est filtré et expurgé de tout ce que nous ne devons pas savoir, et seule une version "soft" nous est présentée.

Un exemple avec notre ami Kristian, professeur d'histoire, qui reçu un blâme en 2008 pour avoir osé mettre en doute la version officielle du "11 septembre".

Eh oui, car il faut savoir que le "11 septembre" est déjà au programme, avec LEUR version, et pas question de discuter.

D'ailleurs, en 2009, ils ont pris les devants en l'avertissant que s'il renouvelait ses allusions, il serait exclu de l'enseignement national.

Faut pas rigoler avec le gavage officiel !

Ainsi, en physique, qui entend parler des découvertes de Nikola Tesla, si ce n'est que c'est lui qu'il est le père du courant alternatif ?

C'est aussi le véritable inventeur de la radio, mais même ça, on ne le dit pas.

Alors, qu'il pouvait fournir de l'électricité gratuite et universelle... (voir http://www.dailymotion.com/video/x5gk6n_les-archives-oubliees-nikola-tesla_tech 17 mn).

Bon, ceci pour bien comprendre qu'il faut tout remettre en cause, y compris et surtout ce que l'on nous a enseigné.

A partir de là, une autre approche est possible, et on peut concevoir ce qui était perçu comme inconcevable.

En particulier cet acharnement à tout manipuler, les régimes politiques et les guerres en particulier.

A propos de guerre, il semble bien que nous y soyons à nouveau, avec l'attaque de l'Iran, y compris avec des missiles nucléaires.

Et si nous voulons qu'un avenir soit possible, il serait bon de réagir, ne serait-ce qu'en anticipant un minimum.

Un événement comme le Mondial, ne peut pas ne pas être utilisé pour endormir le bon peuple et préparer un sale coup.

Effectivement, une armada et un stock considérable d'armes sont disposés à cet effet.

Pour préparer la paix ? Oui, certainement...

Alors quand, car voici 2 ans que cette attaque devait avoir lieu (août 2008) ?

Le 11 juillet, jour de la finale, qui est un "11", nombre fétiche des Illuminati-satanistes ?

Ou le 4 juillet, toujours en plein Mondial, et jour de l'indépendance des USA (1776), qui est aussi 4/7 soit 4+7 = 11 ,

Le fait est que l'annulation de la "Garden-party" du 14 juillet, de l'Élysée (et partout en France),   n'est probablement pas une simple mesure d'économie (ils sont là pour créer le chaos en ruinant les nations, alors...).

Par contre, cela peut être un signe politique pour le bon peuple, à bon compte, sachant que cette festivité serait de toute façon annulée en situation de guerre avec l'Iran...

Bon, nous serons vite fixés prochainement à ce sujet.

Pour le reste, nous devons prendre des dispositions dans cette éventualité.

Nous proposons de créer des Unités Locales que chaque participant pourra contacter physiquement, si internet (et autre média) devenait inutilisable.

C'est à présent qu'il faut le faire.

Ces "UL" doivent être informelles, petites et multiples. L'information doit pouvoir y circuler de vive voix, et ses participants pouvoir compter les uns sur les autres, 24 h/24.

Elles doivent être autonomes et inconnues d'une autre "UL".

L'avantage, c'est que cela créera des liens sympathiques, quel que soit ce qu'il arrivera.

"Ne resterait plus" qu'à communiquer entre un des participants de chaque "UL"... ce qui n'est pas le plus simple... A voir...

Une telle situation a le mérite de faire un tri entre les amis sur qui l'on peut VRAIMENT compter et les autres, y compris à identifier les personnes dont il faut se méfier.

Il ne faut donc pas contacter une personne peu connue ou peu fiable, mais des connaissances déjà + ou - éprouvées. (artemisia-college.org)  

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 05:34

La France à la reconquête de son destin

Discours de clôture de Jean-Pierre Chevènement au Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Paris, dimanche 27 juin 2010.


La France à la reconquête de son destin
Dans moins de deux ans d’ici, l’élection présidentielle qui est, dans le système politique français, l’élection primordiale, « la mère des batailles » en quelque sorte, nous donnera, si nous le voulons, l’occasion de peser pour redonner à notre pays, non pas un futur comme aujourd’hui, mais un avenir.

Le MRC est avant tout une ligne politique, indissociablement au service du monde du travail et au service de la France, continue dans la durée, à la fois cohérente et exigeante, ambitieuse enfin pour la République et pour la nation. Je vous parlerai de la crise qui est devant nous, des perspectives qu’elle offre à notre projet et enfin des moyens que nous avons de peser d’ici 2012 et après.



I – La crise


Elle est fondamentalement celle du capitalisme financier dont nous avons combattu la mise en place en France et en Europe, dès 1983. Elle est aussi la crise de la monnaie unique, celle de l’euro que nous avions prévue depuis la création de celui-ci en 1992 par le traité de Maastricht. Il n’y avait pas besoin d’être grand clerc pour deviner que l’abandon de la souveraineté monétaire à une Banque Centrale européenne indépendante, copiée sur le modèle allemand de la Bundesbank, conduirait à des tensions insupportables dans une Europe faite de nations diverses, aux structures économiques et aux cultures différentes, et aux politiques économiques souvent divergentes.


A ce pari fou sur une convergence économique improbable des nations dans la zone euro, nous avons dès le départ manifesté une opposition solidement argumentée, non pas contre l’Europe mais pour une Europe des peuples avec leurs nations et non pas sans elles, voire contre elles. L’heure des comptes est arrivée. L’arrogance de nos élites bien-pensantes perd déjà de sa superbe.


1. La crise du capitalisme financier est inséparable de la déréglementation néolibérale mise en oeuvre dans le monde anglo-saxon d’abord par Mme Thatcher et M. Reagan, en Europe ensuite en vertu des traités européens et particulièrement de l’Acte Unique de 1987. Au nom de la « concurrence », trois cents directives européennes ont interdit les politiques industrielles et cassé les services publics. La seule régulation admise était celle du capital dont la liberté de mouvement, y compris vis-à-vis des pays tiers, a été consacrée le 1er janvier 1990. Tout le pouvoir aux actionnaires !

Leurs exigences de rentabilité ont fini par commander tous les choix économiques. Les délocalisations industrielles s’ensuivirent. L’épargne française s’est envolée à l’étranger, les capitaux investis à l’extérieur passant de 80 milliards d’euros en 1982 à 880 milliards en 2006, soit onze fois plus. Les effectifs employés dans l’industrie française ont fondu dans le même temps de 6 millions à 3,5 millions. Une quasi stagnation industrielle a marqué les deux dernières décennies, installant notre pays dans un chômage de masse (10 %), frappant particulièrement les jeunes (20 %).


Le capitalisme financier à l’anglo-saxonne est entré, depuis 2007, dans une crise de longue durée. Il a vu son principe se retourner contre lui avec la crise des subprimes. L’Hyperpuissance américaine, qui soutient le capitalisme financier comme la clé de voûte la cathédrale, s’est enlisée militairement et financièrement. Obama solde les comptes de G.W .Bush.


Dès le 4 septembre 2001,
je vous avais dit à Vincennes : « Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ce sont les nations et les peuples qui font la permanence de l’Histoire ». Nous y sommes. Notre motion d’orientation fait une large place à l’analyse de cette crise que nous avions vu venir depuis longtemps, et en particulier à la situation de l’Europe prise en étau dans les tenailles du G2, ou si vous préférez de la « Chinamérique », je veux dire l’alliance objective des Etats-Unis, dont la monnaie - le dollar - est aussi la monnaie mondiale, et de la Chine qui a bâti sa croissance, tirée par l’exportation, sur l’exploitation par les multinationales d’une immense armée de réserve industrielle dont la qualité est d’ailleurs indéniable.

Le centre de gravité du monde a glissé vers le Pacifique. L’Europe est devenue un continent périphérique. Le traité de Lisbonne a achevé de la réduire à l’impuissance, à travers un mécanisme décisionnel opaque et inopérant. Quel échec tous égards pour les prophètes de Maastricht !



2. La crise de l’euro manifeste la fragilité pour ne pas dire l’absurdité d’une construction européenne fondée sur la négation des nations et de leur irréductible diversité. Les marchés financiers s’en prennent au maillon faible, c’est-à-dire aux Etats de la zone euro, à commencer par ceux qui sont les plus endettés. Il est loin le temps où le général de Gaulle déclarait « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».


Invité à une émission de télévision, en février 2009, le Président de la République déclarait : « J’observe tous les jours l’évolution de ce qu’on appelle les « spreads », les primes de risque sur un certain nombre de pays. » Monnaie unique ou pas, la pression des marchés financiers recrée, non plus entre les monnaies mais entre les Etats, les tensions que reflétaient autrefois – avant 1999-, les parités monétaires affrontées à la spéculation. Quel désaveu pour cette monnaie unique, dès le départ mal pensée !


L’erreur initiale de la monnaie unique conçue à Maastricht et même avant, dès 1989, a été de faire comme si les nations n’existaient pas. La souveraineté monétaire de chaque pays a été transférée à une instance déconnectée du suffrage universel, la Banque Centrale Européenne indépendante, sans qu’ait été mis en place un gouvernement économique de la zone euro dont le rôle eût été de ne pas laisser se creuser les écarts de compétitivité entre les différents pays et d’ouvrir à tous un sentier de croissance partagé. Le mot « gouvernement économique » semble aujourd’hui accepté, y compris par Mme Merkel mais les interprétations divergent du tout au tout quant à son contenu.


Le Fonds européen de stabilisation financière, mis en place le 9 mai dernier, n’est pas un remède suffisant à la crise de l’euro. J’observe en effet que contre l’avis initial de la France, l’Allemagne a obtenu que chaque pays ne garantisse les futures levées d’argent qu’à hauteur de sa contribution au Fonds.


Le refus de la solidarité financière des Etats pour la mise en œuvre de plans de sauvetage éventuels est une grave faute. Un tel dispositif, en cas de crise grave, favorisera le creusement d’écarts de taux entre les différents pays. Bref, il aggravera la crise ! L’Europe navigue sur un volcan ! Ces Etats peuvent être acculés à la faillite par la pression des marchés. La responsabilité de tous ceux qui ont soutenu le traité de Maastricht et encore hier approuvé le traité de Lisbonne est engagée. « l’autocritique doit être partagée » entre le PS et l’UMP. Pour autant je ne pense pas qu’il faille faire la politique du pire en prenant par avance son parti du défaut possible de tel ou tel pays et de l’éclatement de la zone euro. La monnaie unique est devenue réalité. Elle a coûté beaucoup de sacrifices. Mais elle a eu aussi beaucoup d’inconvénients : un euro trop fort pénalise nos exportations et favorise les délocalisations industrielles. Certes, là où la BCE avait échoué : obtenir une parité un peu plus réaliste, la crise actuelle a provisoirement réussi mais la méthode n’est pas satisfaisante ! Elle est même franchement insuffisante. Nous sommes partisan de défendre la zone euro dans son intégrité mais en changeant les règles du jeu, en introduisant par exemple la croissance et l’emploi parmi les objectifs de la BCE. Le modèle américain, quoi ! Or, un concours de plans de rigueur s’organise dans toute la zone euro sous la pression des marchés financiers et à l’initiative de Mme Merkel. Il est sans doute nécessaire de responsabiliser les Etats. Solidarité de l’Europe et responsabilité des Etats sont deux principes qui doivent aller de pair.


Mais on ne peut raisonnablement demander à la Grèce de réduire son déficit de 13,6 % de son PIB en 2009 à 3 % d’ici à 2013. L’Irlande a de même un déficit de 13,4 %, le Portugal de 9,4 %, l’Espagne de 11,2 %. La purge imposée à ces pays, blocage voire diminution des salaires et des retraites à la clé, n’a aucune chance de réussir en si peu de temps.


En France, les engagements pris – réduire de 100 milliards notre déficit budgétaire d’ici 2013 - risquent de casser la reprise. Il eût fallu distinguer la bonne dette et la mauvaise : la bonne qui prépare l’avenir à travers l’investissement, et la mauvaise qui couvre les frais de fonctionnement et qu’il faut effectivement supprimer. Mais tout cela ne peut se faire sur le dos du monde du travail. Une réforme fiscale de grande ampleur s’impose. On ne peut pas non plus, pour équilibrer nos régimes de retraites mais aussi pour calmer les marchés financiers, remettre en cause la conquête essentielle qu’a été pour la classe ouvrière la retraite à soixante ans. L’espérance de vie pour les ouvriers est de sept ans inférieure à la moyenne. Nous demandons que pour les ouvriers de l’industrie, l’âge de départ à la retraite soit maintenu à soixante ans. Ce sera une bonne manière de revaloriser à la fois le travail et l’industrie.


Joseph Stiglitz l’a dit clairement « Si l’Union européenne continue dans la voie d’un plan coordonné d’austérité, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années trente, que ce n’est pas ce qu’il faut faire ! ». Le pronostic de Joseph Stiglitz pour la monnaie unique est pessimiste. Je le cite « Pour Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s’ils ont intérêt à poursuivre le plan d’austérité imposé par le FMI et par Bruxelles, ou au contraire, à redevenir maîtres de leur politique monétaire. » Le Président de la BCE a déclaré qu’il n’avait pas de plan B. Est-ce prudent ? Je ne le crois pas. Il faut préparer un plan B. Il n’est pas nécessaire de le dire. Mais il faut le faire.


Nicolas Sarkozy a fait malheureusement à Mme Merkel deux concessions majeures en acceptant :


- que le droit de vote d’un pays au sein du Conseil européen puisse être suspendu pour laxisme, en contravention avec les traités existants ;

- que la coordination économique et budgétaire s’opère au niveau de l’Union à vingt-sept, et pas au niveau des seize pays qui ont adopté la monnaie unique où se pose justement ce problème, les onze autres pays qui ont gardé leur monnaie pouvant procéder à des ajustements monétaires.

Même suivisme pour constitutionnaliser l’interdiction du déficit budgétaire. Cette reculade est inquiétante. M. Trichet a proposé un « fédéralisme budgétaire » qui priverait les Parlements nationaux de leur prérogative essentielle : le vote du budget de la nation. Ce n’est pas ainsi qu’on remédiera au déficit démocratique des institutions européennes.


Nous ne saurions accepter l’idée d’un visa préalable de la Commission européenne sur les budgets nationaux. C’est le Parlement qui vote le budget et personne d’autre. Monsieur Trichet sort de son rôle quand il parle de « fédéralisme budgétaire ». Ce discours ne peut avoir qu’un sens : soustraire à la délibération des Parlements l’élaboration des budgets. C’est une remise en cause fondamentale de la démocratie. Parler de fédéralisme relève de l’intoxication.


Celui-ci est impraticable : le budget européen dépasse à peine 1 % du PIB européen. Le taux moyen des prélèvements obligatoires en Europe est d’environ 40 %. Le mot « fédéralisme » dissimule en réalité la volonté de priver les peuples de toute possibilité d’expression et d’influence politique.


Ce qui serait raisonnable ce serait un processus itératif : le Conseil européen approuverait un cadre général de prévisions macroéconomiques, éventuellement ventilé par pays. Il reviendrait aux Parlements nationaux de délibérer et d’établir une programmation, d’ailleurs révisable, des recettes et des dépenses. En cas de désaccord, le Conseil européen chercherait à dégager un compromis, à charge par le gouvernement concerné de le faire ratifier par son Parlement. Il s’agirait donc d’un document de programmation concernant l’évolution de l’économie dans son ensemble aussi bien que celle des Finances publiques. Les parlements continueraient, dans ce cadre, à voter le budget.


Le gouvernement allemand devrait être incité à infléchir sa politique en relâchant la pression qu’il exerce notamment sur l’évolution des normes salariales. Sans doute est-ce là d’abord l’affaire du patronat et des syndicats. Mais dans le passé le gouvernement allemand n’a-t-il pas impulsé des plans comme l’Agenda 2010 ou les différents plans Harz, du nom du conseiller économique de M. Schröder ?


De même, la BCE devrait-elle être encouragée à ouvrir davantage le robinet monétaire, en prenant en pension, en cas de besoin manifeste et comme elle l’a déjà fait occasionnellement pour les titres de l’Etat grec, les titres d’emprunt d’Etat de façon à stopper la spéculation. Il y a là un vrai mécanisme de solidarité européenne défensive. Sur ce sujet, il est important qu’un accord intervienne entre la France et l’Allemagne avant le remplacement de M. Trichet à la tête de la BCE. M. Axel Weber, président de la Bundesbank, s’il est nommé à la place, doit l’être sur la base d’un contrat. La cohésion franco-allemande est sans doute nécessaire, mais elle ne saurait se confondre avec l’alignement !


On ne peut que regretter rétrospectivement le projet de monnaie commune soutenu en 1990 par la Grande-Bretagne, dit encore « hard écu », la monnaie commune ayant cours vers l’extérieur et laissant subsister, à l’intérieur, des monnaies nationales inconvertibles autrement qu’à travers un accord politique fixant leur parité par rapport à la monnaie commune. Ce système simple permettait, sous un « toit européen » commun, les ajustements monétaires rendus nécessaires par les évolutions divergentes que le pacte de stabilité de 1997, rudimentaire et arbitraire, n’a pas permis d’empêcher et qu’on ne pourra jamais empêcher, car ils sont enracinés dans les comportements nationaux façonnés par des siècles d’Histoire.



La situation st aujourd’hui gravissime. Après la Grèce, ce peut être le tour d’un grand pays comme l’Espagne et ensuite le détricotage de toute la zone euro. Nous devons nous préparer à toutes les hypothèses en nous efforçant d’approfondir le dialogue avec l’Allemagne et d’élaborer des positions communes, y compris des scénarios alternatifs.


Nous savons ce que nous ne voulons pas : il ne serait pas réaliste et même franchement contraire à l’intérêt national de vouloir redécouper la zone euro pour en exclure les pays autrefois désignés comme « pays du club Med ». La France ne pourrait pas accepter une union monétaire à cinq ou six avec l’Allemagne et le Benelux. Ce qui reste de notre industrie n’y résisterait pas. Ce serait inacceptable pour l’idée que nous nous faisons de l’Europe. Nous devrons le faire savoir à nos amis allemands. La zone euro doit être défendue dans ses limites actuelles. Il serait inacceptable de revenir à la conception d’un noyau dur à cinq (Allemagne-Benelux-France) tel que proposé en 1994.


Pouvons-nous faire confiance aux milieux dirigeants français, toutes tendances confondues, pour manifester une telle volonté ? Non, nous ne le pouvons pas ! Ils ont trop investi sur l’Europe de Maastricht et sur la monnaie unique. Leur orgueil nourrit leur aveuglement. Nos élites, comme dans les années trente, manquent de confiance en la France. Voilà pourquoi nous devons peser. Ici et maintenant !



II – Notre projet


Notre projet est clairement de refaire de la France un grand pays industriel et technologique. Pour cela nous n’avons aucune confiance dans ceux qui nous ont fourvoyés. Combien d’emplois ont créés en France depuis dix ans les entreprises du CAC40 ? A ma connaissance, aucun. Elles se développent à l’étranger. Nos dirigeants manifestent tous les jours à quel point ils ne croient pas en l’avenir de la France. Et nous, nous voulons rendre confiance à la France et à sa jeunesse. Nous voulons rendre à la France une éthique républicaine exigeante, et avec elle sa fierté et son ambition.


C’est possible ! Nos atouts restent immenses et d’abord dans la formation, la recherche, l’innovation, et ensuite dans notre épargne, l’une des plus élevées du monde ! Ce qui manque c’est la volonté de créer un cadre propice à la valorisation des atouts de la France. Notre mot d’ordre est le même qu’en 1981 : d’abord l’emploi !


Nous disons non à la dictature de l’Argent ! Non à « l’acquisition de la valeur par l’actionnaire », comme disent nos financiers. Nous voulons faire la Révolution. Au sens étymologique du terme : remettre les choses à l’endroit. Faire passer le souci de l’Homme avant celui de la Finance.


Ce n’est pas si difficile que cela :


- Il nous faut d’abord une monnaie qui n’écrase pas notre compétitivité.

- Et nous devons imaginer et mettre en œuvre un contrôle public du crédit, afin de soustraire le développement de nos entreprises à la dictature du court terme et à la myopie de nos élites financières.

Voilà le projet de salut public qui éclaire nos quarante propositions.


Nous voulons une autre Europe, fondée sur la démocratie qui vit dans les nations. Nous voulons une ligue de peuples étendue jusqu’à la Russie. Nous devons organiser la « résilience » de l’Europe. Certes, les temps où l’Europe dominait le monde sont définitivement derrière nous. Nous nous réjouissons du développement légitime de grands pays milliardaires en hommes. Mais pas au prix de la destruction de notre industrie, de notre modèle social et de notre avenir !


Je suis persuadé qu’un projet commun peut réunir Paris et Berlin vers la Russie d’une part, vers la Méditerranée et l’Afrique d’autre part. Et ce projet européen peut associer Rome, Madrid, Varsovie, et d’ailleurs toutes les autres capitales européennes. C’est de la « résilience » de l’Europe qu’il s’agit, bref de la survie d’un ensemble de nations libres, démocratiques et que nous voulons maintenir prospères. Oui le moment approche où il faudra repenser ce que le mot « Europe » veut dire !


Il faut faire bouger les lignes. Que le vrai débat s’ouvre. Nos élites ne comprennent qu’un langage : celui des rapports de forces. Nous sommes seuls ? Mais ouvrons les yeux : en Europe, les peuples n’acceptent pas la purge. Les Etats-Unis d’Obama non plus, qui ont besoin d’une locomotive européenne pour les aider à combler leurs déficits.


Regardons le calendrier : après 2012 en France, il y a en Allemagne 2013, l’échéance des élections générales ! Or, la gauche allemande reprend du poil de la bête, même si ses divisions entre le SPD, die Linke et les Verts constituent pour elle un handicap historique. Une France progressiste pourrait l’aider à surmonter ce handicap. Parions que de toute façon les évènements feront bouger les mentalités chez notre grand voisin. À condition que la France se tienne et qu’elle joue son rôle, celui de la nation forte qu’elle a été et qu’elle doit redevenir !


Je ne m’étends pas davantage sur notre projet : Il est de rendre la France exemplaire !



III – Comment peser ?


1. Comment d'abord mettre la France à la hauteur des formidables défis qui sont devant nous ?


Je ne dirai que peu de mots de Nicolas Sarkozy. Sa fonction n’est pas en cause. Il a été élu démocratiquement Président de la République. Mais c’est son projet, libéral, européiste et atlantiste que nous combattons. Il ne met pas la France sur la bonne pente. Nicolas Sarkozy peut être battu, mais il n’y a pas aujourd’hui d’alternative politiquement et intellectuellement construite : Le Parti socialiste reste prisonnier d’une vision libérale et européiste dépassée. Comme hier avec les Verts, au sein de la « gauche plurielle », l’alliance avec Europe Ecologie pose problème. Certes, sur divers sujets de société ou même de politique extérieure, et sur les questions environnementales, nous pouvons trouver des convergences ou des compromis avec cette formation, mais sa thématique (décroissance, sortie du nucléaire, rejet de la philosophie des Lumières, au nom de la contestation du « progrès »), tourne trop souvent le dos aux orientations d’une politique de salut public.


Comment, dans ces conditions, substituer une régulation politique à la dictature des marchés financiers, sinon en se tournant vers le peuple lui-même ? C’est tout simplement notre devoir, car il faut que notre peuple soit à nouveau rendu maître de son avenir.


2. Nous devons donc remédier à l’insuffisance de l’offre politique.


Non que les hommes ou les femmes qui prétendent à concourir soient médiocres.


Nicolas Sarkozy a des défauts, mais il a aussi d’incontestables qualités, d’habileté et de pragmatisme. Cela ne suffit pas. Dominique de Villepin a beaucoup de qualités, mais il a aussi quelques défauts, par exemple d’avoir gardé sa carte à l’UMP.


Pouvons-nous nous tourner en confiance vers le PS ? Martine Aubry est une femme énergique. Elle donne le sentiment de savoir où elle va mais si son projet rencontrait le nôtre, elle ne nous marcherait pas sur les pieds tous les jours.


Je ne reviendrai pas sur les régionales où neuf de nos candidats, placés en position éligible et inamovible, aux termes mêmes de l’accord dûment paraphé par Martine et par moi-même, ont été purement et simplement éjectés entre les deux tours.


Je ne dirai rien sur les élections européennes où les conversations engagées ont tourné court, du fait du PS.


Je ne dirai rien sur les municipales où quand nous sommes en position forte, comme à Belfort, nous devons affronter une liste socialiste au premier tour. Encore, avec 13 % se désiste-t-elle au second tour pour la liste conduite par Etienne Butzbach qui l’avait nettement devancée au premier avec 33 % des voix.


Rien de tel aux sénatoriales, où le Président du Conseil général socialiste se maintient contre moi au deuxième tour bien que je l’aie devancé au premier. Cela ne m’a d’ailleurs pas empêché d’être élu contre le candidat de l’UMP, ce qui est normal, et contre celui du PS, ce qui ne l’est pas du tout.


Bref, le Parti socialiste ne nous tolère que lorsque cela lui est utile ou qu’il y est contraint. Autrement, il nous écrase. Il ne reconnaît pas la légitimité du débat qui nous oppose à lui sur maints sujets. Il est incapable d’une autocritique sérieuse, sur Maastricht par exemple ou sur 2002 où il nous transforme en bouc émissaire commode pour ne pas avoir à remettre en cause la ligne politique qui l’a conduit à la défaite. Il délaisse le social pour le sociétal et au point où il est parvenu, il transformerait volontiers la gauche en organisation caritative.


Dominique Strauss-Kahn, a de remarquables facilités intellectuelles. Comme Martine Aubry, je le connais bien. Nous avons eu longtemps des relations sympathiques. Sauf sur la politique industrielle, sur l’Europe dont, dans un rapport remis à Romano Prodi en 2004, il voulait faire une nation, thèse peu sérieuse pour un candidat potentiel à la Présidence de la République française, sauf enfin sur les plans de rigueur qu’il administre à la tête du FMI. Au sein de celui-ci, les Etats-Unis disposent d’une minorité de blocage. Etait-il si prudent de les introduire dans la bergerie européenne ? Et de mettre d’éventuels plans de sauvetage de l’euro sous tutelle américaine ?


Ségolène Royal est courageuse. Sa personnalité est charismatique. Elle n’a malheureusement pas respecté jusqu’au bout l’accord politique qui la liait à nous.


François Hollande est talentueux. C’est le meilleur orateur chez les socialistes. J’ajoute, à titre personnel, qu’il est très sympathique. Mais sur l’essentiel, ces quatre-là pensent la même chose. Ce sont des sociaux-libéraux. Ils ne voient rien, au-delà de l’horizon des marchés financiers. C’est embêtant.


Je ne dirai rien du Parti communiste et du Parti de gauche. Il faut d’abord qu’ils s’entendent sur la procédure.


3. Nous avions un moment envisagé, avec circonspection mais esprit d’ouverture, des primaires de toute la gauche. Elles n’auraient été possibles que sur la base d’un dessein à peu près partagé. Sinon le désistement n’aurait eu que le sens d’un ralliement. En sommes-nous là aujourd’hui ? Certainement pas. Il faut donc faire bouger les lignes !


Par ailleurs, il faudrait bien sûr un accord sur l’organisation de ces primaires. Mais les dirigeants du PS n’ont-ils pas commencé à vider eux-mêmes ces « primaires » de leur substance en passant par avance des pactes de désistement ? Pacte de Marrakech entre Dominique Strauss Kahn et Martine Aubry … Pacte du Boulevard Raspail où se sont rencontrées Ségolène Royal et Martine Aubry … François Hollande lui-même exprime sa crainte de passer pour un « diviseur » s’il se présente à ces primaires ! Bonjour l’ambiance !


Bref, les choses de ce côté là ne sont pas mûres … Il faudrait que sur tous les sujets de fond s’engage un débat fracassant ! Sinon ces primaires risquent de se résumer à une campagne médiatique arbitrée par les sondages.


Pouvons-nous changer la donne ?


4. Devant tant d’incertitudes, nous devons prendre nos résolutions. Pour faire bouger les lignes et engager un débat sur le fond, le MRC doit se préparer à présenter un candidat républicain – je cite notre motion d’orientation. C’est la seule manière de faire que 2012 soit le début de la reconquête par la France de son destin.


La tâche est infiniment rude car la gravité de la situation financière va très vite mettre le salut public à l’ordre du jour. Ce n’est pas seulement une candidature républicaine qui fera bouger les lignes. Ce seront les évènements eux-mêmes. Pour préparer l’avenir d’une Europe des peuples, avec en son cœur une compréhension franco-allemande renforcée, il faut une France forte et une France capable de raisonner mondial. La crise du capitalisme financier mondialisé implique en effet une réponse mondiale. Notre meilleur allié aujourd’hui s’appelle Obama. Car le Président américain doit résorber les énormes déficits de la balance commerciale (700 milliards de dollars) et du budget général américain (12 % du PIB !).


Il ne le peut qu’à travers une croissance forte, non seulement aux Etats-Unis mais dans le reste du monde. Il doit pouvoir compter sur une France capable de jouer son rôle de contrepoids en Europe, dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même. Car celle-ci réalise 60 % de son excédent commercial sur la zone euro. L’Allemagne aussi a ses problèmes. Elle connaît notamment une précarité grandissante. Une relance de la demande intérieure, y compris par la voie salariale, peut ranimer la croissance allemande. Bref un compromis européen est nécessaire à tous égards, y compris pour aider les Etats-Unis à surmonter leur crise.


Voilà le discours que devrait tenir un candidat républicain, animé d’une vision qui réponde à l’intérêt national mais plus largement encore à l’intérêt de l’Humanité tout entière dans cette période historique dangereuse où la guerre peut, comme dans toutes les périodes de crise, à tout moment, surgir à l’horizon.


5. Qui peut nous inspirer confiance dans ces circonstances difficiles ? Objectivement, il n’y a pas beaucoup d’hommes d’Etat à l’horizon. Certes on ne naît pas homme d’Etat. On le devient. Je suggère que nous ne prenions pas aujourd’hui de décision précipitée sur la personne du candidat républicain dont la France a besoin et que nous soutiendrons. Un candidat à la Présidence de la République peut être soutenu par un parti. Mais il ne peut être le candidat d’un parti. Pour ma part, vous le savez, je n’ai jamais été tenaillé depuis l’adolescence par l’envie rentrée de devenir Président de la République. Je n’ai pas calibré ma carrière en conséquence.


Je me suis borné à une fonction d’instituteur républicain, en quelque sorte, au sens étymologique du terme. Si je me suis résolu à être candidat en 2002, c’est pour témoigner d’une vision républicaine qui n’était portée par aucun autre. Je ne retire rien des vues que j’ai exprimées qui n’avaient en général que le défaut d’être prémonitoires. Sur l’Europe par exemple.


Je récuse évidemment le procès imbécile qui m’a été fait d’avoir fait perdre le candidat socialiste. Si 11 % des ouvriers seulement ont voté pour lui, ce n’est quand même pas la faute de Chevènement. Trêve donc de balivernes ! En démocratie il est légitime de porter le débat devant l’électeur.


Aujourd’hui, je ne veux rien exclure. Certes, je ne suis plus jeune. Mais l’expérience est irremplaçable. Depuis quarante ans, depuis le Congrès d’Epinay, j’ai vu qui était qui, qui faisait quoi. J’ai compris beaucoup de choses. Et je ne suis animé que par le souci de servir mon pays. J’observe qu’en 1917, Clemenceau avait soixante-dix-sept ans. Quelle leçon d’énergie il a laissée ! Celle-ci serait aujourd’hui bien nécessaire !


6. Quel profil d’ailleurs doit avoir un Président de la République par les temps qui courent ?


La hauteur de vues, c’est le principal.

La volonté ensuite de rétablir dans l’Etat une stricte déontologie républicaine.
Le souci enfin d’aller à l’essentiel, en laissant le Premier ministre gouverner et recevoir, par exemple, Thierry Henry.

Bref, du grand classique ! En outre, le souci de rassembler largement, sans sectarisme et sans démagogie, car le Président de la République doit être « l’Homme de la Nation » et pas celui d’un parti. C’est ce qui est embêtant aujourd’hui : les institutions de la Vème République n’étaient pas faites pour être ainsi confisquées par deux partis. Il faudrait donner un peu d’air à tout cela ! Voilà pour le profil du candidat.


7. Le moment est-il venu de décider ? Chacun comprendra qu’il faut créer d’abord un espace politique. C’est là votre mission. Pour ma part, je porterai dans le pays le message de la République à chaque occasion


Comment créer cet espace politique ? Je ne vois qu’un moyen : convaincre nos concitoyens que ceux qui les ont fourvoyés depuis Maastricht, et même avant et jusqu’à Lisbonne en 2008, ne sont pas les mieux placés pour solliciter leur confiance. Faites donc entendre le langage de la vérité ! Vous le connaissez ! Faites connaître nos analyses et notre projet. Sachez que pour ma part, je suis disponible ! Alors, vous verrez, d'ici un an, vous ferez bouger les lignes. C’est ainsi que vous ferez revivre la République, que vous aiderez au grand retour de la France et que vous ouvrirez non pas un misérable futur, mais un bel avenir à notre jeunesse.




Jean-Pierre Chevènement le Dimanche 27 Juin 2010
http://www.chevenement.fr/La-France-a-la-reconquete-de-son-destin_a974.html?TOKEN_RETURN
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