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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 03:44

 

 

IMF nations.svg

Wikiedia

 

Le FMI attaque l'Europe

 

Le FMI ne tarit pas de critiques envers l’Europe. Laxiste, dépensière, il est temps de la "réformer". Entendez par là baisser les prestations sociales, privatiser les services publics, démanteler le droit du travail. Les Etats-Unis qui pilotent le FMI et le milieu des affaires qui est aux commandes de l’économie pressent l’Europe de se dépouiller au plus vite de ses protections sociales. Que signifie l’arrivée du FMI sur la scène européenne ? Quel sont ses résultats passés ? Quel rôle jouent les Etats-Unis dans ce processus ? Eléments de réponse.

Le FMI qui a un bilan totalement désastreux dans les pays pauvres (voir les documentaires présentés ici) étend en ce moment sa politique à l’Europe.

Depuis la fin des accords de Bretton Woods, cette institution pilotée par les Etats-Unis (majoritaires en voix) a systématiquement prôné la privatisation et la suppression des politiques sociales (fin des remboursements des frais de santé, fin des services publics etc.) Il n’a jamais été présenté un éventail de remèdes disponibles à chaque pays selon sa situation propre, comme cela se pratiquait à la Banque Mondiale avant 1973. Ce sont toujours les mêmes recettes qui sont appliquées sans distinction et présentées comme une panacée par le FMI. C’est ce que dénonce Joseph Stiglitz, prix nobel d’économie et ancien économiste en chef à la Banque Mondiale dans La Grande Désillusion. Selon lui, si la Banque Mondiale a conservé une tendance à poser un diagnostic un peu personnalisé sur chaque pays, le FMI se montre fondamentaliste dans l’application des politiques néolibérales, ces dernières étant considérées comme le seul remède possible quel que soit le mal. Un dogme impossible à remettre en question à l’intérieur de l’institution, personne n’accepte d’entrer dans une telle réflexion. A cet égard, il faut bien constater que le néolibéralisme est une idéologie. Certains l’ont nommé
TINA, There Is No Alternative, en référence à la maxime de Margaret Tatcher, toujours répétée depuis.

De fait, les populations sont toujours ressorties appauvries de ces cures d’austérité, et cela a parfois été jusqu’à les priver de ressources vitales. Ainsi au
Ghana au début des années 2000, la privatisation de la compagnie nationale de distribution de l’eau, suite à un ajustement structurel, a contraint de nombreux villageois à devoir choisir entre boire de l’eau potable et manger. L’entreprise nouvellement en charge de la distribution avait doublé les prix, voire triplé ou quadruplé selon les villes.
A la même époque, la
privatisation de l’eau en Bolivie créait des manifestations monstres, forçant le gouvernement à reculer.
Aujourd’hui c’est au Honduras que l’on poursuit le genre de programme, après que les Etats-Unis et l’élite locale aient renversé illégalement le président Zelaya, trop à gauche selon eux.
Ces quelques exemples se retrouvent dans de nombreux autres pays, et pour toutes sortes de denrées et de secteurs d’activité.
Il faut étudier les conséquences de ces politiques sur les populations si l’on veut évaluer correctement l’action du FMI. Systématiquement, l’élite locale s’est enrichie tandis que le peuple s’est appauvri. Cette politique est criminelle lorsqu’elle prive des citoyens de soins, d’eau potable, de nourriture, ou d’éducation.

Le FMI ou la Banque Mondiale ne posent jamais comme condition à leurs prêts : améliorer la redistribution des richesses pour soulager la pauvreté. Il s’agit toujours d’incriminer l’Etat pour taxer la population au profit d’entreprises derrière lesquelles se trouvent de riches notables locaux ou occidentaux.
Le transfert de richesse s’opère des pauvres vers les riches.

La vente des actifs d’un pays (souvent à prix bradé,
voir par exemple le cas de l’Argentine sous Carlos Menem) et les coupes budgétaires améliore temporairement l’état des finances publiques. Au lieu d’encourager le pays à se libérer d’une dette souvent asphyxiante (de 20 à 35% du budget de l’Etat pour dette remboursée plusieurs fois par le jeu des intérêts), les institutions de Bretton Woods conviennent immédiatement d’un nouveau prêt (voir par exemple le cas de l’Ouganda traité ici)... Et l’argent prêté par le FMI doit être utilisé suivant les conditions fixées par l’organisme international "américain" : constructions de centrales électriques, de routes, de barrages etc... Tout l’argent retourne ainsi aux pays prêteurs du Nord, dans la poche des entreprises qui réalisent ces constructions. Ces projets gonflent les chiffres de l’investissement, du PIB, de la croissance, et profitent à l’élite riche. On parle de succès, les journaux de droite utilisent ces résultats comme argument en faveur de la politique néolibérale du FMI. Mais la population majoritairement pauvre s’est appauvrie comme le montrent tous les indicateurs de pauvreté et de mesure de l’inégalité, qui explosent depuis trente ans. Mieux, le pays concerné se retrouve à nouveau lié par une dette qu’il faudra rembourser et dont il faudra payer les intérêts : les pays donateurs gagnent une seconde fois, et le pays pauvre perd toute indépendance. C’est ce système que l’on nomme parfois "néocolonialisme".

Comme exemple de cette politique néocoloniale on peut citer par exemple le cas d’Haïti. La dictature des Duvalier coopérait avec les programmes américains, faute de quoi elle aurait été renversée comme l’a été Aristide ou comme ailleurs Allende, Roldos, Torrijos... Ainsi dès 1984, le FMI a obligé Port-au-Prince à supprimer toutes ses barrières douanières et à démanteler les rares et derniers services publics de l’île. Les produits agricoles américains, dont le riz, ont envahi le pays et ont jeté une grande partie de la paysannerie dans la pauvreté. Ceux-ci sont venus se réfugier dans les villes, où les entreprises américaines ont installé des ateliers textiles à bas coup, les "Sweap Shops". Les haïtiens y travaillent douze heures par jour pour un salaire dérisoire, même au regard du coup de la vie local (
28 cent de l’heure chez Disney par exemple). A cet effet, Clinton a créé au début des années 90 une zone franche permettant aux entreprises américaines de rapatrier leur production sans payer de frais de douane. Techniquement c’est comme si cette zone franche faisait partie du territoire américain, droit du travail et salaires mis à part. Haïti qui produisant 90% de sa nourriture il y a trente ans en importe aujourd’hui 55%. En outre l’argent du FMI, utilisé en fonction des intérêts américains aux conditions dictées par le FMI, devra être remboursé par une population exsangue.

Selon
John Perkins, qui a exercé pendant 15 ans le métier de "tueur économique" pour le compte du gouvernement américain et de multinationales, le FMI propose volontairement des prêts impossibles à rembourser de manière à tenir les pays sous le contrôle des Etats-Unis. C’est une stratégie adoptée et perfectionnée depuis plus de 50 ans pour dominer le monde par l’arme économique. Toujours selon lui, les Etats-Unis travaillent ainsi consciemment à élargir et maintenir un Empire, à l’image des autres empires déclarés de l’Histoire, comme jadis la France, l’Angleterre, Rome ou la Grèce... Mais ce dernier instille cette nouveauté qu’il parvient à ses fins en ne se saisissant de l’arme militaire qu’en dernier recours, la guerre économique et la corruption des élites nationales apportant d’assez bons résultats.

Selon
Noam Chomsky, cette stratégie est née en réponse à la démocratie et aux mouvements sociaux d’après-guerre, qui sont parvenus à faire pression sur les politiques gouvernementales. La populations des Etats-Unis n’accepterait pas la manière dont se comporte son gouvernement si la question lui était posée ouvertement. Cela a forcé l’élite à opérer de façon détournée, soit par l’entremise d’entreprises privées (voir John Perkins), soit par des opérations militaires clandestines comme l’assassinat de syndicalistes en Amérique du Sud, ou le financement de groupes armés (Exemple des "Contras" au Nicaragua).

Dès les années 20, Edward Bernays théorisa dans son ouvrage
Propaganda les techniques de manipulation de l’opinion. Les "relations publiques", la "communication" et la presse ont servi de relais à une désinformation de masse. Ces nouveaux attributs du pouvoir se sont développées et affinés durant tout le XXème siècle, permettant à l’élite politico-économique de perpétuer sa domination sur le monde occidental et sur le monde entier ; la chute de l’Empire stalinien ayant ouvert l’ère unipolaire que nous connaissont aujourd’hui et au sein de laquelle aucune force n’est encore en mesure de faire contre-poids. Ce que l’on nomme généralement "mondialisation", à ce titre, n’est pas autre chose que l’expansion de l’Empire américain, le FMI étant une arme parmi d’autres.

A l’heure où le FMI et les Etats-Unis s’intéressent de près aux affaires internes de l’Europe, il est essentiel de savoir à qui l’on a à faire. Hier, le Figaro nous rappelait dans ses pages saumon (p18 et 19) que les ministres des finances des pays européens ont accepté l’obligation de soumettre leur budgets nationaux à un examen préalable devant les instances européennes. L’examen devrait avoir lieu au printemps, ce qui laisserait le temps de faire d’éventuelles corrections. C’est une nouvelle délégation de pouvoir vers les institutions non démocratiques de l’Union. Le FMI, lui, trouve ces mesures trop timorées et il presse l’Europe de créer une autorité commune qui soit chargée de déterminer le niveau de déficit budgétaire admissible pays par pays. Il réclame également que chaque pays membre adopte des règles internes contraignantes qui forcent à limiter le déficit. Ainsi, la stimulation keynésienne de l’économie par l’investissement public est en train de devenir de facto une politique interdite en Europe. La formule "There Is No Alternative" semble avoir de beaux jours devant elle. Si les peuples ne se défendent pas de façon concertée, il est probable que l’irruption du FMI sur la scène européenne ne signe le début d’un processus de tiers-mondisation du continent.

Le Figaro nous apprenait encore hier que la Maison blanche fait pression pour que l’Espagne adopte son plan de rigueur. Les Etats-Unis, affublés d’un déficit abyssal, à la tête d’une économie à bout de souffle ont urgemment besoin d’énergie pour perpétuer leur non négociable "way of life", que seul le dollar-référence protège de l’effondrement. L’Europe sera-t-elle l’ultime richesse à venir alimenter la machine américaine ?
 
Raphaël Massi

 

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-fmi-attaque-l-europe-76160?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+agoravox%2FgEOF+%28AgoraVox+-+le+journal+citoyen%29 

 

 

Protestation contre le FMI et la Banque mondiale à Jakarta en 2004

 

 

 

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 03:37

08 mai 2010

 

Quand les patrons spéculent sur la mort de leurs employés

money_4_war_44535Je vous propose d’aborder aujourd’hui un sujet particulièrement riant. Aux Etats-Unis, les entreprises ont trouvé un moyen génial pour se faire de l’argent sans rien faire. Je ne parle pas de prix de transferts et de spéculation (quoi que…), mais du truc le plus pervers que le capitalisme puisse permettre : se faire de l’argent grâce à la mort des employés qu’on a exploités. Fallait y penser, ils l’ont fait. Moult entreprises US, parmi les plus importantes, prennent des contrats d’assurance vie sur leurs employés, sans le leur dire, pour toucher un maximum à leur mort.

 

On appelle ces assurances « paysan mort » (dead peasant), « concierge mort » (dead janitors) ou « assurance vie d’entreprise »1], ça fait mieux. Le procédé est simple et date au moins de la deuxième guerre2] : un employeur assure un de ses employés lambda (sans l’en informer) et verse une somme chaque année à un assureur. Suivant la mise de départ, le risque que la personne meure vite ou pas, suivant l’âge et le sexe, cette somme sera plus ou moins élevée. Quand l’employé meurt, l’entreprise touche une somme pouvant varier de quelques dizaines de milliers de dollars à plus de quatre millions et demi de dollars (mais peut-être davantage, on l’ignore). Après le 11 septembre, ça a été le jackpot pour les employeurs installés dans le « World Trade Center ».

 

Rentabiliser les employés au maximum

A la mort d’un de ses employés décédé d’une attaque cardiaque en 1998, Wal Mart (1er employeur aux Etats-Unis à l’époque) a touché 64.000 $. Rien qu’en Floride, 132 employés « assurés » de Wal Mart sont décédés jusqu’à présent. A cette époque, Wal Mart proposait 5.000$ (une partie de la somme touchée au décès de l’employé) aux employés qui acceptaient de participer à un ‘plan santé’ dans lequel il s’agissait de faire prendre une assurance à un maximum d’employés pour qu’une partie des gains retombe sur toute l’entreprise. Ca, c’était le discours. En réalité, Wal Mart s’en mettait 95% dans les poches et se gardait bien de préciser combien il comptait gagner avec ces assurances. Et puis en 1998, il n’a même plus été question de ces 5.000$.

Cette année-là, d’anciens employés de Camelot Music3], dont certains travaillaient à temps partiel, ont appris qu’ils WAL_MART_1avaient été assurés pour des sommes allant de 273.000 à 368.000 $ par tête, et au total 1.400 employés, parmi lesquels tous ceux qui travaillaient à plein temps, étaient concernés. Certains étaient passés très brièvement chez ce disquaire. L’un d’eux est décédé de complications liées au SIDA à 29 ans, en 1992, et CM Holdings, la société mère de Camelot Music, a touché 339.302$ alors qu’il ne travaillait plus là. 168.875 $ ont servi à rémunérer les dirigeants de la boîte. La famille d’une autre employée décédée à 62 ans d’une maladie grave et longue, a perçu 21.000 $ d’une assurance vie contractée par CM Holdings après sa mort (alors que la famille a pleuré pour que CM Holdings leur donner 5.000$ afin d’acheter un fauteuil roulant lorsqu’elle était encore vivante, ce qui a été refusé), mais la boîte a touché 180.000 $. Un peu comme le patron assure sa maison ou sa voiture (auxquels il tient en principe), il assure sa main d’œuvre (qu’il peut remplacer facilement et qu’il ne possède pas en principe).

Fin 2001, Hartford Life, un des principaux pourvoyeurs de ces assurances, avait contracté avec ses différents clients pour 4,3 milliards de dollars d’assurances « paysan mort », ce qui lui a valu 37 millions de dollars sur son milliard de bénéfice en 2001. La Cour des Comptes US a calculé en 2004 que les banques et entreprises US détenaient pour 56 milliards de dollars de ces assurances « paysan mort » en 2002, et qu’elles en ont tiré un modeste bénéfice de 2,2 milliards de dollars cette année-là.

Prestations de décès

 

                                                                   
   

Felipe Tillman

 
 

William Smith

 
 

Doug Sims

 
 

Peggy Stillwagoner

 
 

Emploi

 
 

Travailleur   Music-Store

 
 

Commis dépanneur

 
 

Travailleur au centre de distribution

 
 

Infirmière à domicile

 
 

Mort

 
 

Janvier 1992

 
 

Décembre 1991

 
 

Décembre 1998

 
 

Octobre 1994

 
 

Âge

 
 

 29

 
 

20

 
 

47

 
 

51

 
 

Cause

 
 

 SIDA

 
 

Tué au   travail

 
 

Crise cardiaque

 
 

 Accident de   voiture

 
 

Prestation   de décès

 
 

339.302 $

 
 

250.000 $

 
 

64.504 $

 
 

200.000 $

 
 

Payables à  

 
 

Camelot   Music/CM

 
 

National Convenience Stores

 
 

Wal-Mart   Stores

 
 

Advantage Medical Services

 

 

 

Source: WSJ research  

 

Le cas de William Smith, détaillé par le Wall Street Journal en 2002, est révélateur : au Noël de 1991, pour gagner un peu plus d’argent, le jeune homme de 20 ans fait des heures supplémentaires dans une boutique de dépannage, au Texas, quand un voleur le tue par balles. Son employeur, National Convenience Stores Inc (NCS), n’avait pas contribué à la caisse d’indemnisation des travailleurs qui meurent au travail, mais avait souscrit une assurance-vie sur sa tête auprès de la banque Lloyd’s de Londres qui lui a versé 250.000$.

Pour régler d’éventuels litiges, l’employeur a reversé 60.000$ à l’épouse et au fils de la victime et à l’époque Mme Smith, âgée de 18 ans, toujours au lycée et mère d’un enfant de 1 an, pensait que l’employeur de son défunt mari était vraiment gentil. Jusqu’à ce qu’elle apprenne que l’employeur en question avait perçu 250.000 $ grâce à la mort de William, après quoi elle décide de poursuivre NCS car l’entreprise n’avait aucun intérêt à assurer son mari. La Cour a estimé que l’employeur devait lui verser 456.513 $ pour l’assurance, les frais d’avocat et les intérêts. NCS a fait appel, puis a accepté de régler 390.000$ à Mme Smith.

En 2002, on estimait que 5 à 6 millions d’employés américains étaient « couverts » par ce type d’assurance et on « apprenait » que des multinationales comme Wal-Mart (350.000 employés couverts entre décembre 1993 et juillet 19954]), Procter & Gamble, Dow Chemicals ou Nestlé avaient pris de telles assurances pour des employés normaux qui ne sont pas de hauts cadres5]. Pourtant, ça faisait déjà vingt ans que le système s’était généralisé aux « employés de base ».

us_treasury_bill_cartoonCe qui pose un gros problème dans cette histoire, c’est que le principe-même d’une assurance veut que celui qui la souscrit n’a pas du tout intérêt perdre ce qu’il assure. Et si la loi permet que mon voisin prenne une assurance sur ma maison, il aurait carrément intérêt à ce qu’elle brûle.

En l’occurrence, le jeu est faussé car l’entreprise a intérêt à ce que l’employé meure, jeune si possible. Ca marche pour les employés à temps partiel, les retraités et même les anciens employés qu’on a licenciés. Un employé américain pourrait donc probablement avoir plusieurs assurances sur le dos à la fin de sa carrière et rapporter à différents employeurs.

Autre fait choquant, au-delà du principe même : les employés concernés ne sont parfois pas au courant du tout que leur patron a pris une assurance-vie sur leur tête, et certaines familles ont appris l’arrangement tout à fait par hasard6], se demandant si le procédé est légal. Dans des Etats comme le Texas7], on a fait passer une loi au début des années 2000 pour imposer aux entreprises d’informer leurs employés qu’elles ont pris un contrat d’assurance sur leur tête, mais elles n’avaient pas besoin de l’accord des employés pour souscrire l’assurance.

Là-bas, ce procédé ne choque pas grand monde, en fait. Avant 2009 et la mise en application de la réforme d’août 2006, seulement quelques Etats avaient imposé le consentement écrit8] de l’employé. Mais aucun registre ne recense l’ensemble des entreprises9] qui se livrent à ces pratiques ni les montants concernés, puisqu’il s’agit de contrats par définition privés.

Les arguments des employeurs concernés sont tournés comme il faut : Wal Mart, par exemple, expliquait qu’il avait pris ces polices pour contrebalancer l’augmentation des coûts santé de ses employés. Ainsi, le motif est acceptable pour les autorités US mais au final les entreprises font ce qu’elles veulent de cet argent puisque personne ne va vérifier tant qu’il n’y a pas de procès. Et c’est pour permettre aux entreprises de financer les « avantages sociaux » des employés (on notera au passage le terme ‘avantage’ pour désigner ce qui n’est plus qu’un résidu d’acquis sociaux) et de « protéger l’entreprise des coûts financiers liés à la perte d’un employé » que les assureurs vantent leurs produits de « corporate-owned life insurance », ou COLI. On mentionne aussi, rapidement, le « fonds de transition lié aux accords d’achat/vente », c’est-à-dire la masse d’argent virtuel puis réel disponible pour l’entreprise, par la magie des produits dérivés : en fait la somme versée par l’entreprise est immédiatement titrisée et jouée en bourse, comme on a fait un peu plus tôt avec les crédits hypothécaires. Certains contrats permettent même à l’entreprise de toucher un « paiement anticipé » de la prime finale chaque année, d’autres d’effectuer des paiements ajustables, d’autres d’augmenter la prime de décès etc.

On sait qu’en 2008 les banques10] étaient des grandes fans de ces contrats et Bank of America était la championne du toon101008genre avec plus de 16,2 milliards de dollars, suivie par Wachovia Corp (rachetée depuis par Wells Fargo11]) qui en avait pour 14,5 milliards. JP Morgan Chase en détenait pour plus de 11 milliards, Wells Fargo pour 5,7 milliards, Citibank pour plus de 4 milliards, etc. Mais AIG, Coca Cola, Fannie Mae, Brystol Meyer Squibb, American Express, Walt Disney, Mc Donnell Douglas, Alpha corp, AT & T, Kimberly Clark, Tyson Foods détenaient aussi des paquets de ces assurances. La liste est très longue, et il serait vain de vouloir être exhaustifs là-dessus. Au total, d’après le Wall Street Journal12], les entreprises avaient pour 122,3 milliards de dollars d’assurance « paysan mort » en 2008, contre 65,8 milliards fin 2004.

Et il semble que le système contamine d’autres pays : en janvier 2009, un quotidien nippon déclarait que la compagnie d’assurances japonaise Shinwa, qui venait de faire faillite, était pervenue à se faire 100 millions d’euros de commissions en gérant plus de 10.000 contrats d’assurance-vie vendus à de nombreuses PME pour assurer leurs employés. Shinwa se faisait passer pour un simple intermédiaire, et les employeurs pouvaient déduire la somme qu’ils versaient chaque année. Mais heureusement, au Japon il est interdit de prendre une police d’assurance pour quelqu’un d‘autre que soi-même.

 

walmart_moralityBut de la manœuvre : payer moins d’impôts

L’affaire est des plus glauques, car en réalité les entreprises souscrivent ces assurances pour gonfler leurs actifs par « effet de levier », comme ils disent, et emprunter moins cher. Et comme les sommes garanties par ces polices d’emprunter, les entreprises bénéficient de réductions d’impôts sur ces emprunts. Ajoutons que les polices d’assurance-vie sont défiscalisées à 100%, et on peut légitimement se demander si ces entreprises ont encore besoin de faire travailler leurs employés puisqu’ils rapportent tant avant même d’avoir franchi la porte de l’usine.

Malgré les tentatives d’enrayer le phénomène, ces produits d’assurances ont le vent en poupe. Les conseillers financiers et les assureurs vantent en effet les mérites de ces polices auprès des banques et des entreprises, et savent s’adapter aux évolutions législatives. « Combien peut financièrement rapporter la mort d’un employé de base à un employeur ? », interroge cyniquement le North Carolina Banking Institute, avant d’expliquer que de grands établissements tels que JP Morgan Chase ou Bank of America s’y donnent à cœur joie. D’autres proposent un tableau récapitulatif qui compare les « investissement traditionnels » des banques, et les BOLI :

 

                             
 

 

 
 

Investissement   traditionnel

 
 

BOLI

 
 

Investissement

 
 

2.000.000   $

 
 

2.000.000   $

 
 

Revenu

 
 

60.000   $ (3 %)

 
 

109.800   $ (5,49 %)

 
 

Taxes

 
 

20.400   (34 %)

 
 

/

 
 

Revenu   net

 
 

39.600   $ (1,98 %)

 
 

109.800   (5,49 %)

 

 

 

Source: Mero Capo, APB Financial Group

Soit un bénéfice de 70.200 $ par rapport à un « investissement traditionnel », c’est-à-dire taxé. En 2004, la cour des Comptes estimait que les pertes de revenus fiscaux liés aux dégrèvements qui vont avec les COLI et BOLI s’élèveraient entre 7,3 et 13 milliards de dollars pour la période 2004-2008.

De fait, selon certains cabinets de conseil, 67% des 50 plus grandes institutions financières des Etats Unis détenaient des BOLI en juillet 2007. 

Ainsi l’année dernière, le Council of Life Insurers estimait que les entreprises versaient 8 milliards de primes tous les ans, soit 20% du total des assurances-vie vendues chaque année, et qu’elles comptaient grâce à cela obtenir pour 9 milliards d’allègements fiscaux sur cinq ans.

L’argent, semble-t-il, sert souvent à payer les bonus des cadres supérieurs qui les ont exploités pour un salaire de misère pendant des années. Une ex filiale d’Enron, Portland General, avait mis 80 millions de dollars de côté pour financer la complémentaire retraite de ses cadres.

Les législateurs US se sont penchés sur ce problème dans les années 80, quand quelques amendements fiscaux du Tax 08_10_19_economist_cartoonReform Act de 1986 ont un peu restreint le caractère déductible de ces polices d’assurance vie, en plafonnant le montant à 50.000$ par personne assurée et en limitant le montant des paiements qui peuvent être compris dans ces assurances. Les entreprises se sont donc adaptées et, puisque le montant par employé était limité à 50.000$, elles ont mis en place de vastes ‘plans santé’ afin de faire signer un maximum de salariés. On crée aussi un système qui permet à l’employeur de déduire de ses impôts les versements annuels qu’il fait à l’assureur, puisqu’il s’agit, quand-même, d’une police d’assurance.

Au final, pour un versement annuel de 100 millions de dollars qui est immédiatement transformé en produits dérivés (qui eux-mêmes peuvent rapporter beaucoup, par exemple s’ils sont investis dans la dette grecque), l’abaissement fiscal espéré par l’entreprise est de 3,6 millions de dollars, comme l’explique une fédération d’assurances. Enfin bref, les affaires continuent et les avantages fiscaux sont loin d’être les seuls atouts de ces polices vantés par les assureurs. Chaque Etat ou presque a sa version adaptée en fonction des restrictions locales.

Le Congrès a essayé de légiférer sur ce système en 200613], mais les changements ne concernent pas les assurances prises avant août 2006. Cependant, il y a quand-même une évolution : pour qu’un employeur prenne une des assurances-vie, il faut qu’il informe son employé par écrit, qu’il obtienne l’accord écrit de l’employé, et que l’employé ait travaillé pour l’entreprise qui touche le magot l’année même de son décès. Si ces conditions ne sont pas réunies, la défiscalisation tombe et l’employeur est susceptible d’être poursuivi par l’employé ou sa famille. L’entrepreneur doit aussi dire au fisc quels employés sont assurés ainsi que le montant global, et les intérêts sont taxés.

Mais ça n’a pas vraiment freiné ce business, et depuis août 2006 les banques ont « investi » de très grosses sommes dans ces assurances-vie. De fait, le fisc US estimait que malgré la loi du 17 août 2006, « c’est comme si beaucoup d’employeurs (…) n’étaient pas au courant de la notification et du consentement obligatoires et que, surtout, ils ne s’y conformaient pas ».

halloweenEn mai 2009, le Trésor US a proposé de plafonner les dégrèvements fiscaux liés à certains de ces contrats, car leur montant avait quand-même doublé entre 2004 et 2008. A titre d’exemple, on sait que Citybank détenait pour 2,215 milliards de dollars de ces contrats au 31 mars 2006, pour 3,3 milliards au 31 mars 2007, et pour 3,99 milliards au 31 décembre 2007, soit six mois plus tard14]. Accessoirement, Citibank a licencié autour de 20.000 employés, suite à la crise subprime.

Mais les lobbies des banques et des assurances ne se laissent évidemment pas faire. L’Independant Community Bankers of America, un lobbie des banquiers US, crie au péril à cause de la crise, et appelle ses affiliés à s’opposer à la proposition du Trésor qui « empirerait » la situation de ces pauvres banques, tout en réclamant encore plus de dégrèvements fiscaux.

Pourtant, en juin 2009, le Fisc a sévi en mettant en œuvre la réforme de 2006: le montant de l’exemption fiscale du « bénéfice de mort » (c’est l’expression utilisée) ne peut pas dépasser le total des sommes versées par l’employeur pour payer l’assurance, mais surtout il faut le consentement écrit préalable de l’employé, qui doit être informé de la somme maximale espérée par l’employeur à sa mort. Si l’employeur fait tout ça, les exemptions fiscales demeurent dans le cas où le travailleur était dans l’entreprise à un moment durant l’année précédant sa mort.

Toutefois, on peut imaginer sans problème qu’un employeur est dans la mesure d’exercer une pression sur un candidat ou sur un employé précaire afin qu’il signe le formulaire. Car la réalité, c’est qu’un employé a rarement le choix à part celui de partir.

Le tableau suivant permet de se rendre compte que la loi n’a pas été des plus dissuasives, du moins en ce qui concerne les banques et leurs BOLI. En fait, on dirait que depuis la fin de la crise subprime, les banques tentent de se refaire un peu partout y compris avec les assurances vie sur leurs employés. Dans une banque comme JP Morgan Chase, on a même nommé une « vice présidente » des BOLI, à New York.

http://dondevamos.canalblog.com/archives/2010/05/08/17831834.html

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 03:18
La coupe du Monde de football
et le pouvoir financier

 

La coupe du Monde de football et le pouvoir financier
 
Au cours de ces vingt dernières années, le football professionnel a connu un développement économique majeur, cette forte croissance économique coïncidant avec l'entrée de la télévision dans le monde du sport et du football en particulier .et donc à un très fort accroissement des recettes lié à la commercialisation des droits de retransmission télévisuelle des compétitions. Afin de comprendre les enjeux de l'avenir de ce sport international, je me propose d’analyser son impact économique sur ce segment longtemps ignoré des économistes comme d’ailleurs l’économie de la musique.  
 
 1.- Le foot baal face aux dérives financières  
 
 Avant d’analyser les recettes, il est intéressant de noter que par dérogation aux normes comptables en vigueur dans les autres secteurs d'activité, les clubs de foot européens peuvent intégrer à l'actif de leur bilan les contrats des joueurs. Ceux-ci représentaient, en 2009 environ 268 millions d'euros, soit 74% du patrimoine des clubs. Cet artifice comptable, qui revient à dire que les clubs "possèdent" leurs salariés par contrat et que les joueurs ne s'appartiennent qu'à moitié. Si leurs contrats de travail peuvent faire l'objet de juteux transferts, ce sont le plus souvent les clubs qui en fixent entre eux les conditions. L'avis du joueur n'est requis que dans un second temps, des clauses contractuelles lui interdisant tout contact avec un autre employeur pendant la durée de son engagement. Dans ce cadre, dans une étude intéressante www.alternatives-economiques.fr/carton-rouge-pour-le-foot-business_fr_art_633_49825.html,
la revue alternatives paris France 9 juin 2010 « carton rouge pour le foot business » et notamment l’analyse de Thierry Pech « pourquoi le foot business va droit au mur » souligne qu’ à l'occasion de la Coupe du monde en Afrique du Sud, pris en étau entre des salaires toujours plus extravagants et un endettement insoutenable, « si quelques-uns ont eu recours au crédit pour investir dans leur stade, la plupart l'ont utilisé pour participer à un marché des transferts transformé en course aux armements. Une fuite en avant à laquelle la crise financière risque de mettre un coup d'arrêt, les investisseurs disponibles pour renflouer les clubs se faisant plus rares. Signe des temps, 14 des 20 clubs de la Premier League anglaise ont fait leur entrée en avril 2010 sur la liste noire de l'agence de notation des risques financiers Riskdisk ». Et certains experts  parlent de bulles dans les années à venir après celle de l'immobilier et u n modèle économique basé sur l'endettement à outrance, une masse salariale délirante et fiscalement hors du droit commun et des acheteurs de clubs milliardaires fortement affaiblis par la crise est-il encore tenable ? Et l'on peut légitimement se poser la question de la pérennisation d'un tel système, tant économiquement que moralement. En effet, les citoyens de certains pays vont ils accepter encore longtemps les dérogations fiscales accordées aux footballeurs ? La "mercenairisation" de joueurs sans identités locales séduira-t-elle toujours les consommateurs supporters et téléspectateurs. Cela a une influence sur les recettes de plusieurs ordres dont je ne citerai que l’essentiel.
 
 2-.Les différentes sources de recettes du foot baal  
 
 -Les recettes guichets qui sont restées l'élément essentiel du budget pour la majorité, excepté les grands clubs liés à des contrats de retransmission, expliquant les difficultés financières en cas de diminution des supporters,
   
 -les stades sont désormais des hypercomplexes comprenant des restaurants, magasins, produits dérivés et des cinémas, procurant des recettes additionnelles,
 
 -les sponsors liés à la publicité des grandes marques, e t à ce propos il serait utile de savoir si les publicités des sociétés sont du point de vue comptable sont  des charges déductibles des impôts à payer à l’Etat donc une publicité gratuite à la charge indirecte de l’Etat)  ou un alors acte volontaire c'est-à-dire déduits des profits nets,  
 
 - des droits radio et télévision - A partir de 1978 et surtout 1984 la publicité, de nouvelles conditions de concurrence avec les chaînes sont désormais établies, ce qui contribue grandement à une hausse exponentielle des coûts des droits de retransmission .Une pareille situation entraîne pour conséquence le gonflement budgétaire des clubs dont l'équilibre financier dépend de plus en plus des droits TV. En 2005-2006, les recettes des vingt clubs de Ligue 1 en France proviennent à 57% des droits de télévision,  -le prix des transferts des joueurs, dont certains se chiffrent en millions de dollars,
   
 - les produits dérivés : le merchandising représente une source importante de revenus pour certains clubs.
 
 Les clubs générant les revenus des clubs tous réunis se chiffrent en dizaines de milliards de dollars quelquefois plus importants que le chiffre d’affaires de certaines entreprises industrielles ou de services : à titre d’exemple , selon Wikipedia enquête de 2009, sur un classement des 22 premiers clubs les recettes globales seraient passés de plus de 3,9 milliards d’euros en 2007 à 3,5 en 2008 assistant à une nette concentration des recettes au profit des grands clubs. Ainsi les les recettes du Réal Madrid sont passés de 2007 de 66 millions d’euros à 401, le FC de Barcelone de  309 à 366, de Manchester Unites de 325 à 327, de Bayer Munich de 295 à 280, de Arsena FC de 264 à 263, de Chelsa FC de 269 à 242, de Liverpool de 211 à 217, de Juventus de 167 à 203, l’Inter Milan de 173 à 147, l’AC Milan de 209 à 196. Pour les clubs français en 13ème et 14 ème position, l’Olympique Lyonnais de 156 à 140 et l’Olympique de Marseille de 127 à 133. Comme il ya lieu de souligner l’introduction en bourse de quelques clubs qui est une évolution récente ne touchant que quelques rares clubs. Cette concentration financière explique qu’à la fin de la saison 2006/2007, 11 clubs anglais, 5 Danois, 4 Turcs, 4 Italiens, 3 Portugais, 2 Français, 1 Écossais, 1 Néerlandais, 1 Suédois et 1 Allemand étaient côtés en bourse.
 
 3.- Les retombées économiques  d’une organisation de la coupe du monde  
 
 Ici existent plusieurs avis divergents les uns optimistes, les autres donnant une analyse mitigée. Pour les premiers, il existe des retombées positives par trois facteurs majeurs -une augmentation de l’afflux de voyageurs étrangers dans le pays hôte, durant la période de la Coupe du Monde bien sûr, mais également durant les mois suivants (et dans une moindre mesure, les années).
Ainsi, pour les pays réalisant de bonnes performances, la hausse du moral de la population provoque une stimulation du marché et améliore la productivité du pays. Exemple l'Argentine depuis 1987, dont chaque crise a été suivie de scores décevants de son équipe, et dont le redressement est suivi de bons résultats. Allant dans le même sens pour l’organisation mondiale du commerce note que ans le domaine du tourisme l’Angleterre et l’Allemagne ont pu générer une hausse de 9,6% et les analystes de la banque néerlandaise ABN-AMRO soulignant dans une étude baptisée Soccernomics 2006", que « sans être à ce point puissants qu'ils puissent transformer une récession en boom économique, les effets macroéconomiques et boursiers d'une victoire en finale de Coupe du monde ne doivent pas être sous-estimés ». Et de noter que, de 1970 à 2002, le pays vainqueur a enregistré en moyenne un surplus de croissance de 0,7%, tandis que le finaliste voyait sa croissance rognée de 0,3% par rapport au taux de l'année précédente.  
 Pour les opinions d’autres experts plus mesurés, il n’existe pas de corrélation et il faut évier l’euphorie car les performances d'une équipe nationale peuvent varier selon la santé économique du pays. Du côté de la Bourse, une étude menée par des universitaires du Massachusetts Institute of Technology, de l'université de Dartmouth (Etats-Unis) et de l'Ecole de management de Norvège montre que seules les défaites ont un impact sur les cours de Bourse, les victoires ne se traduisant pas toujours par une hausse.
Selon cette étude, un échec fait perdre en moyenne au marché 0,38% au premier tour de la Coupe du monde, lorsqu'une défaite n'est pas toujours synonyme d'élimination, et 0,49% lors des matches à élimination directe. Une autre étude menée à la Bank of America-Merrill Lynch en 2008  note que de la Suisse, en 1954, à l'Allemagne, en 2006, les pays organisateurs ont en moyenne enregistré pendant l'année de la compétition une croissance économique inférieure à leur rythme habituel. Leur PIB augmente en moyenne de 2,3 % lors de l'événement, contre 3,1 % en dehors de l'épisode footballistique. Ainsi, les Français ont bien davantage consommé en 2000 qu'en 1998. En 1974, l'Allemagne n'a pas échappé aux effets dévastateurs du choc pétrolier.
L'Argentine, en 1978, et le Mexique, en 1986, ont même connu une récession (-
3 % chacun).

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 4.- La coupe du Monde et l’Afrique du Sud  
 
 Il est indéniable que l’Afrique du Sud est un grande puissance économique étant d’ailleurs classée au niveau des instituions internationales  parmi les pays émergents expliquant sa présence au niveau du G20. Mais la question qui se pose la suivante : la première Coupe du monde sur le sol africain représente t- elle une opportunité unique d'instaurer les fondations d'un modèle économique viable pour le football africain ? Si les défis à relever sont nombreux (développement des infrastructures, professionnalisation des clubs, développement de la formation...), Ineum consulting et Euromed Management de janvier 2010 souligne les atouts du football africain, avant tout la passion populaire pour le sport n°1 du continent, mais aussi la valeur sportive et économique des meilleurs joueurs. Problème, parmi beaucoup d'autres : l'argent du talent profite trop peu aux pays où il a pris racine.
«Pour bénéficier véritablement de son intégration au marché international des transferts, le football africain doit absolument construire un modèle économique lui permettant de renforcer son pouvoir de négociation», insistent les auteurs qui prônent une implication des investisseurs privés locaux et extérieurs comme des états ou des mécènes. Les auteurs préconisent «non pas un mais des» modèles de développement qui tiennent compte de situations économiques fortement contrastées. Cette professionnalisation doit également permettre à l'Afrique de conserver ses meilleurs joueurs plus longtemps.» Les nouveaux règlements FIFA, qui ont limité puis interdit (en 2009) la venue de joueurs de moins de 18 ans favorisent toutefois la formation locale. Une chance pour l'Afrique, sauf si, faute de formation de qualité, ses équipes nationales étaient exclusivement composées demain de joueurs... nés en Europe.
 
 Dans ce contexte, qu’en est- il des impacts d’une telle encontre en Afrique du Sud devant distinguer la rentabilité financière à court terme de la rentabilité économique à moyen terme ? Une étude intéressante vient d’être réalisée par l’hebdomadaire français l’Expansion sous la plume de Franck Dedieu en date du 01 février 2010 qui montre que l’Afrique du Sud dépenserait 4,3 milliards d’euros depuis 2005 minimum puisque les neufs villes hôtes et les provinces ont fait des dépenses et on ne sait pas si elles sont comptabilisées dans ce montant , qui a consisté à la construction de nouvelles routes, cinq nouveaux stades, rénovations de cinq autres, la modernisation du système de télécommunications et le recrutement de 44.000 agents de polices supplémentaires. Au départ des prévisions, le gouvernement sud africain espérait tirer un profit de 10 milliards  en termes de retombées financières et attirer 300.000 étrangers alors qu’ils étaient prévus 450.000. Selon les estimations du Ministre des finances sud africain cette rencontre devrait contribuer à un demi-point de croissance en 2010 et plus entre 2011/2013, avec de nouveaux investisseurs,  à court terme , les infrastructures où selon la même source ayant permis la création de 700.000 emplois directs et indirects. Mais en réalité nous avons deux estimations contradictoires : pour l’une Pretoria dépenserait 30 % de plus que prévu pour ses stades et ses infrastructures, la note devant se monter à 7 milliards d'euros, pour 3,7 milliards de recettes de billetteries ;  d’autres estimations donnent environ 3,2 milliards de dollars de recettes dont il conviendrait d’ajouter , deux milliards pour les droits audiovisuels , un milliard pour le marketing et 120 millions de dollars pour l’hébergement soit un total qui ne dépasserait pas 5,3 milliards de dollars et le pays compte sur les devises des touristes pour équilibrer ses budgets, la fédération internationale de football tablant sur 980 millions d'euros.
 
 5- Conclusion - Eviter la dérive  financière  
 
 En résumé quoi qu’il arrive, il est très difficile, surtout dans le contexte de la crise actuelle, de tirer des conclusions précises sur les conséquences économiques qu’aura la Coupe du Monde 2010 sur l’économie de l’Afrique du Sud, du moins dans le long terme. Sur le plan strictement économique par l'effet de substitution des achats, le surplus de consommation ne profitera pas totalement aux industriels locaux, la moitié des produits achetés pour l'événement étant importés. Comme dit l’adage « dans le fond, le foot ressemble à l'économie ; « une majorité d'individus assiste au spectacle, mais seule une minorité commerçante et industrielle en perçoit les dividendes » D’une manière générale, sans parler des violences qui commencent à prendre de l’ampleur , le sport est devenu une industrie l’industrie et dans ce contexte ne saurait échapper à la crise internationale à cause de ses nombreux liens avec le marché financier, la simple raison étant que le modèle de recettes sportives est devenu de plus en plus lié au monde des affaires. Pour limiter les dérives financières et relancer l'intérêt sportif, le football professionnel a besoin de nouvelles règles. Pour préserver son avenir de long terme, le foot a moins besoin de nouvelles recettes - qui risquent d'être englouties dans les transferts de joueurs - que de régulations qui arbitrent de manière plus équilibrée entre recherche du profit et les aléas des compétitions donc d’une profonde moralisation à l’instar de la crise du capitalisme avec cette suprématie de la finance sur l’économie réelle et une distorsion croissante entre des salaires réels en baisse et les profits spéculatifs en hausse. Aussi, pour les pays du tiers monde comme la majorité des pays d’Afrique, le problème essentiel, devant éviter toute instrumentalisation politique de ce sport noble, est avant tout une nouvelle gouvernance (dont la corruption qui prend une ampleur inquiétante), fondée sur un Etat de droit, plus d’efficacité économique couplée avec une profonde  justice sociale  et plus de démocratie.
Après l’euphorie sportive, la majorité des populations seront à nouveau confrontées à la dure réalité économique et sociale c’est dire le niveau de leur pouvoir d’achat et les gouvernants  de trouver des solutions adéquates pour un développement durable.
 
 (1)  Docteur Abderrahmane MEBTOUL - Professeur d’Université en management stratégique –Economiste-Algérie-
 
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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 22:07

Date de création : 08/06/2010 euro
Date de cloture : 08/06/2012

Auteur : Initiative Citoyenne pour la Nationalisation des Banques
Groupe créé sur Facebook pour renverser la tyrannie des marchés financiers et mettre fin à l'oppression des peuples par la dette !

A l'attention de : Assemblée Nationale (tous les députés)

Madame, Monsieur le Député,

Notre pays traverse depuis l’automne 2008 une crise très grave causée par la dérégulation financière et la spéculation effrénée encouragée par l’absence de garde-fous.

Pour sauver les banques de la faillite, le choix de les renflouer avec de l’argent public a été fait, en totale contradiction avec l’idéologie ultralibérale qui bannit toute intervention de l’Etat dans l’économie.

Ce sauvetage des banques a creusé le déficit des comptes de la nation, de sorte que ces mêmes banques spéculent aujourd’hui contre les dettes souveraines !

Pour « rassurer les marchés », le gouvernement en est réduit à prendre des mesures d’austérité dont aucun économiste sérieux ne doute de l’inefficacité : ces mesures déflationnistes, comme dans les années 1930, casseront la croissance, réduiront les rentrées fiscales et aggraveront le déficit public. De plus, cette politique revient à faire payer la crise aux peuples, qui n’en sont aucunement responsables.

Par conséquent, nous vous demandons en tant que représentant de la nation de mettre un terme à la tyrannie des marchés financiers en déposant à l’Assemblée Nationale un projet de loi visant à rendre à la France sa souveraineté monétaire et financière :

- Nationalisation des banques privées.
- Abrogation de l’article 25 de la loi du 3 janvier 1973 interdisant à la Banque de France de financer le Trésor Public.
- Rétablissement du Franc et maintien de l’Euro comme monnaie commune.

Attentifs à la suite que vous réserverez à notre requête, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur le Député, l’expression de nos sentiments les meilleurs.


Initiative Citoyenne pour la Nationalisation des Banques

Pour signer, merci de basculer sur le site lui-même.

Illustré par Dazibaoueb

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=13414

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 21:59

NOM-tetes-de-mort.jpg

 

 1) Domination par le crime organisé international :

 

Depuis des décennies, nos dirigeants successifs ont accepté de privilégier les intérêts obscurs

et financiers de criminels internationaux, au mépris de la sauvegarde de nos intérêts vitaux

et élémentaires, de nos Droits Elémentaires, et de la préservation de notre environnement.

 

Ces criminels internationaux forment depuis plus de deux siècles, un gouvernement mondial

secret, constitué des banquiers internationaux et de leurs cliques de lobbies, regroupés au

sein de cercles d’ « élite » et de sociétés secrètes.

 

Depuis des décennies, nos dirigeants corrompus respectifs ont permis, successivement, que nous soyons maintenus sous la domination de ces criminels, après avoir participé sciemment à leur prise de pouvoir sur nous.

 

Cette domination s’exerce donc sournoisement par l’intermédiaire de nos Etats respectifs, lesquels sont sous le contrôle manifeste du crime organisé international précité.

 

Principalement, nos institutions politiques et judiciaires jouent le rôle d’interface entre ce crime

organisé international et nous, les Peuples Souverains, au point qu’elles constituent un rouage essentiel dudit crime organisé.

 

Ces institutions corrompues par leur hiérarchie, elle-même corrompue en amont, ont pour

réelle fonction de protéger les intérêts du crime organisé international, en organisant le

mensonge et la supercherie – avec la complicité active des médias.

 

L’imposture est organisée aujourd’hui au niveau européen, sur le même schéma que celui que

nous connaissons sensiblement dans chaque pays d’Europe Unie, ainsi que dans les pays

anglophones, entre autres.

 

 

2) Système monétaire imposé à notre civilisation ; fléau pour l’Humanité et pour la Vie sur Terre :

 

Parmi la longue liste des dépendances qui nous sont imposées par nos dirigeants corrompus –

énergie, alimentation, éducation, pensé, santé, information etc…- il en est une qui constitue la

source de tous nos maux :

 

La trahison principale de la part de nos dirigeants consiste à maintenir nos nations sous la

dépendance monétaire de ces banquiers criminels internationaux.

 

(En effet, la France par exemple, ne fabrique qu’à peine 5 % de sa monnaie, étant de ce fait

obligée d’emprunter les 95 % manquant, aux banquiers internationaux.)

 

Malgré ce que prescrivent nos lois, ces criminels fabriquent la monnaie à la place des Nations,

dont c’est pourtant la prérogative exclusive et élémentaire.

 

Ce ne sont que des faux-monnayeurs internationaux, crédités par nos dirigeants corrompus.

 

Les Peuples Souverains sont victimes d’un racket organisé mondialement, afin de rembourser avec des intérêts, une dette internationale qui ne devrait pas exister.

 

(En France, nous sommes soumis à cette dette inique depuis 1973, date à laquelle le président Valéry Giscard d’Estaing nous a placé délibérément sous la dépendance des faux-monnayeurs internationaux.)

 

Cette dette représente en moyenne un tiers de manque à gagner sur le niveau de vie de

chacun d’entre nous.

 

Tous les peuples des pays d’Europe Unie sont aujourd’hui sous cette même dépendance vis à

vis des faux-monnayeurs internationaux, depuis le 7 février 1992 ; date à laquelle ils ont été

trahis par leurs dirigeants, lesquels ont sacrifié le pouvoir régalien de création de monnaie de

leurs nations.

 

Cette dépendance s’est accrue à travers un texte inique rédigé, là encore, par l’Illuminati

Valéry Giscard d’Estaing ; le « traité de Maastricht » ( transposé en France dans la loi du 4 août 1993) incriminé précisément ici par son article 104.

 

Le système monétaire qui fait loi dans le monde, imposé par ces criminels internationaux, est aussi inique qu’incohérent, et est pourtant admis dans notre inconscient collectif comme étant

« normal ».

 

La raison en est que notre inconscient collectif est la cible principale d’un formatage profond et indicible, organisé par les criminels internationaux, à l’aide des moyens médias et de

communication qu’ils contrôlent pour nous désinformer, neutraliser notre libre arbitre, notre

liberté de penser, à l’échelle internationale.

 

Car, il n’est pas normal que des entité privées puissent battre monnaie à la place des

Nations ;

 

Il n’est pas normal que les Etats, ne fabriquant pas leur monnaie, doivent prélever de l’argent aux Peuples Souverains, alors qu’ils devraient leur en donner, et pourraient le faire si ils fabriquaient leur monnaie ;

 

Il n’est pas normal que la monnaie puisse se démultiplier, se reproduire toute seule,

enrichissant de façon exponentielle ceux qui en ont le plus, appauvrissant de façon toute aussi

exponentielle ceux qui en ont le moins ;

 

Il n’est pas normal que nous soyons ainsi prisonniers d’une logique de « pouvoir d’achat », de

« croissance », de propriété et d’accumulation de richesses, au détriment de nos valeurs essentielles ;

 

Il n’est pas normal que les banquiers internationaux puissent créer la monnaie ex nihilo, sur simple base de nos emprunts, sans plus aucune valeur réelle de référence ;

 

Il n’est pas normal que les banques aient le pouvoir, en pratique, d’allouer autant de crédits que ce qui leur est demandé, pour créer sur ces seules demandes d’emprunts, la monnaie sur laquelle elles se font payer des intérêts iniques.

 

 

3) Société de consommation ; ou…

 

système de racket organisé des peuples, déchéance planifiée de l’espèce humaine et mise à mort de la Nature :

 

Ce système monétaire constitue la cause majeure de la destruction organisée de notre

planète, car tout ce qui génère de la croissance et surtout des dépenses – industrialisation,

surconsommation - cause en fait l’endettement des individus et des nations, et permet donc la

création de monnaie, sur la base de leurs emprunts vis à vis des banquiers criminels qui

s’enrichissent ainsi, en vue de s’acheter le pouvoir par la corruption.

 

Sous couvert de ces frais insensés, nos politiciens prétendent agir pour notre intérêt collectif,

participant en fait à la stratégie mondiale criminelle ici dénoncée :

 

Leur mission consiste d’une part à pousser les nations et leurs citoyens à générer le plus

possible de dépenses et donc d’emprunts, à travers une course hystérique à la consommation

et à la croissance, et d’autre part à les rendre dépendants des lobbies de l’industrie.

 

A titre d’exemple pour la France, citons les dépenses faramineuses de la secte Sécurité Sociale, avec, à titre anecdotique, l’inquisition des campagnes de vaccination, qui permet :

  • L’enrichissement des lobbies pharmaceutiques

  • L’enrichissement en amont, des banquiers internationaux

  • L’empoisonnement et la dégénérescence de l’Humanité, ciblée à travers ses enfants

  • La suite du plan d’enrichissement des lobbies et des banquiers internationaux, avec la

poursuite de la stratégie d’affaiblissement de l’espèce humaine, via des traitements nocifs

imposés pour combattre soit-disant les décès et maladies causés par les vaccins, imputés du coup à d’opportunes « maladies de civilisation ».

 

L’exemple cité rejoint toutes les problématiques causées par des technologies ou modes de

vie imposés à notre espèce, au sein de son système sociétal, telles que :

 

  • Les amalgames dentaires

  • L’amiante

  • Les ondes de téléphonie mobile et autre wii-fi et micro-ondes

  • Les OGM

  • Les pesticides et engrais chimiques

  • Les aditifs alimentaires neurotoxiques, OGM, et autres (aspartam, glutamate, lécithine de soja transgénique…)

  • Les véhicules à moteur à énergie polluante

  • Les énergies polluantes, dangereuses et destructrices (nucléaire, carburants, bio-éthanol…)

  • Divers habitudes alimentaires dites traditionnelles, et provoquant des listes interminables de désordre sur notre santé (la baguette, les sucres, sels et farines raffinés, le café, les sucres omniprésents, les produits laitiers, les excès de produits d’origine animale …)

Etc…

 

Toute indépendance ou forme d’autarcie de l’humain, qu’elle soit sur le plan de l’énergie, de

l’alimentation, de l’éducation, de la santé ou autre, est combattue par une inquisition généralisée, conduite par notre Etat aux ordres du crime organisé international.

 

 

4) Notre système sociétal ; chef d’œuvre du crime organisé international :

 

Nous admettons tout ce qui est inadmissible, pour la grande majorité d’entre nous, dans l’ignorance totale générée par des campagnes générales et massives de désinformation et de propagandes - principalement les publicités - qui constituent la stratégie de manipulation des masses de notre système sociétal ; du moins, du système sociétal qui nous est imposé.

 

Car si le système monétaire mondial constitue l’œuvre des criminels internationaux, il en est de

même, à la base, en ce qui concerne notre schéma sociétal, de façon que leurs règles iniques

y soient admises de façon irrévocable et indiscutable, sous couvert d’une imposture de

démocratie, et par le biais d’une manipulation de notre inconscient collectif et de l’information.

 

Le système sociétal criminel qui nous est imposé est, à la base, axé sur la surconsommation et

la croissance, à travers une forme de technologie volontairement destructrice et

empoisonneuse, aux multiples déclinaisons et industries ; ce, au détriment de notre qualité de vie, de nos besoins vitaux élémentaires, de nos valeurs élémentaires et de notre environnement, pour ne faire le jeu, au bout du compte, que du crime organisé

international.

 

Le système sociétal crée toujours plus de besoins, et nous conditionne pour la quête de plus de « pouvoir d’achat » pour satisfaire les dits besoins, au mépris de nos valeurs humaines et morales élémentaires.

 

Nous acceptons d’abandonner notre qualité d’Humain pour n’être plus que des « consommateurs », générant – outre le saccage de notre planète - des dépenses et des dettes, et donc des bénéfices pour les banquiers internationaux, qui peuvent ainsi corrompre qui ils désirent.

 

La corruption et le crime organisé ne constituent pas un phénomène marginal qui

viendrait infiltrer une société saine, mais constitue ses fondations élémentaires, ce depuis sa

création.

 

La lutte contre la corruption et le crime organisé, prétendument menée par nos institutions

politiques et judiciaires, n’est que mensonges éhontés, que vaste escroquerie, que trahison

fondamentale.

 

Nos institutions couvrent en fait les exactions du crime organisé dans notre société, sous ses

formes les plus variées et les plus odieuses :

La raison principale en est que nos dirigeants et autres notables n’ont accès au pouvoir qu’à

travers leur cooptation dans diverses sociétés secrètes qui organisent leur compromission,

et leur corruption.

 

C’est ainsi que la traite et l’exploitation des êtres humains les plus vulnérables par les plus

puissants, constitue, sous nos yeux, un phénomène de société aussi répandu que puissamment protégé et passé sous silence, par les criminels mêmes qui jouissent de statuts leur offrant impunité totale, directement, ou indirectement.

 

A ce titre, les réseaux de criminels pédophiles et de traite d’êtres humains se développent

impunément, dans une parfaite omerta institutionnelle organisée par nos notables, essentiellement du monde politique et judiciaire, principale cible commerciale de ces trafics :

 

Il en est de même concernant la spoliation organisée de nos aînés, par les institutions

tutélaires, judiciaires, psychiatriques avec la participation massive et formelle des juges, experts psychiatres, avocats, notaires, assureurs et brocanteurs divers, entre autres.

 

Dans notre société : De « consommateur », l’être humain est appelé à devenir produit de consommation, comme les autres espèces qu’il est conditionné à massacrer sans état d’âme.

 

Notre système sociétal est, après examen, profondément criminel ; ceux voulant échapper à la compromission et dénoncer ces faits, devenant victimes à leur tour de terrorisme d’Etat.

 

Nous pensons trop souvent, à l’énoncé de ces monstrueuses réalités, qu’elles ne sont pas

« possibles », parce que nous ne voyons pas de logique dans le fait que nos dirigeants puissent

délibérément œuvrer pour notre perte, se conduire en prédateurs vis à vis des plus vulnérables

d’entre nous, entre corruption, compromission, débauche innommable et assouvissement d’un pouvoir malsain :

 

Beaucoup d’entre nous, n’ayant pas la vision globale apportée ici, pensent que ce qui est

dénoncé ne peut être vrai, convaincus que notre société ne le permettrait pas, qui de plus est, dans de telles proportions ;

 

Beaucoup d’entre nous se rassurent en répétant ce qu’argumentent les criminels imposteurs, à savoir « qu’il ne faut pas généraliser » ; or, le crime et l’imposture sont bien une généralité de notre société, dont la perception est possible dès que l’on accepte de prendre une vue globale de notre système sociétal.

 

Ce système sociétal tend par son essence même, à tromper, à corrompre et à compromettre les individus insidieusement formatés et affaiblis, qui en son sein, massivement, suivent sa logique criminelle, prenant exemple sur la prétendue élite.

 

Dans cette matrice maléfique qu’est notre société, nous sommes toutes et tous plus ou moins corrompus et compromis, qu’on le veuille ou non.

 

Ce système sociétal pervers constitue le moyen utilisé par les banquiers internationaux et leurs

cliques criminelles, pour nous maintenir sous leurs multiples dépendances, nous pousser

individuellement et collectivement à l’endettement pour leur enrichissement, nous

compromettre et nous pervertir à travers la quête d’une place avantageuse et confortable dans la société, nous maintenir dans un état de peur indicible censé nous interdire tout « écart ».

 

Ce système sociétal constitue également un moyen de provoquer dès notre plus jeune âge, notre déchéance en profondeur sur les plans physique, intellectuel, spirituel et moral ; de provoquer la dégénérescence de notre espèce ; de créer nos divers conflits et divisions, et de s’assurer de notre manœuvrabilité, et de notre parfait contrôle.

 

Pour cette raison, nous devons inscrire notre exigence de licencier nos dirigeants corrompus dans une démarche fondamentale, en vue de changer notre système politique et notre système sociétal, afin de recouvrer notre indépendance, notre liberté et de construire un monde meilleur sur des bases radicalement neuves.

 

 

5) La Crise et le Nouvel Ordre Mondial :

 

(Vue sur la France : Chapitre à adapter pour chaque pays concerné)

 

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une crise annoncée comme « sans précédent » par nos propres dirigeants, qui prétendent exploiter l’événement tragique pour se faire mousser un peu plus, et nous manipuler un peu plus.

 

A l’occasion de cette crise, …Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa… participe sciemment, tout comme ses homologues européens, à l’asphyxie de notre Nation, en prétendant renflouer les banques nationales :

 

Or, l’argent qu’il dilapide au nom du Peuple Souverain est - puisque l’Etat ne le fabrique

pas – emprunté aux banquiers internationaux pour lesquels la crise est un événement

réjouissant, prévu de longue date ; l’aboutissement de leurs plans criminels !

 

Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa…, sa clique et leurs donneurs d’ordres, organisent sciemment la faillite de notre Nation, en ce moment même.

 

Cette crise n’est donc pas une surprise pour nos dirigeants ; elle constitue, outre l’ouverture

des vannes pour leurs donneurs d’ordres, l’occasion tant attendue de nous plonger dans plus de misère, plus de violence, plus de dépendance, au point que nous implorions nos dirigeants pour que ceux-ci daignent trouver une solution.

 

Cette solution est déjà prévue, puisque la stratégie des criminels internationaux consiste depuis

toujours à créer les malheurs qui font leurs fortunes et notre perte, pour apporter les solutions

qui font également leurs fortunes et notre perte.

 

Cette solution est d’ailleurs plébiscitée par Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa… et ses homologues européens : il s’agit de l’avènement du Nouvel Ordre Mondial, avec une monnaie unique, un gouvernement mondial unique.

 

Cette monnaie unique doit appauvrir les Peuples Souverains un peu plus que ne l’a fait l’Euro, dans la même logique criminelle, et connaît déjà son précurseur ; le « Special Drawing Rights »,  glissé discrètement dans le système bancaire international, et se prétendant une alternative passagère à la crise.

 

Quant au gouvernement mondial unique prévu pour régner en maître sur l’Humanité entière, il ne s’agit que du gouvernement mondial ici dénoncé, qui sévit dans le secret de ses multiples sociétés secrètes :

 

Ordre Illuminati ; Franc-maçonnerie ; Groupe de Bilderberg ; Bohémian Club ; Skull and Bones ; Commission Trilatérale ; Siècle ; Council on Foreign Relations ; Magestic 12 ; Commettee of 300 etc…

 

A propos du Nouvel Ordre Mondial ; les campagnes de propagandes commencent à

convaincre une large partie de l’opinion publique désinformée et manipulée par des médias

parfaitement aux ordres des traîtres.

 

Ce Nouvel Ordre Mondial, comme nous l’a précisé récemment Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa en France, doit intervenir dans le sillage de la crise, avec ou sans notre consentement.

 

L’individu ose d’ailleurs affirmer que rien ni personne ne pourra s’y opposer !

 

Jusque là, prolifération de virus mortels – produits grâce à nos impôts et à nos dons pour

la recherche -, guerres civiles et guerre mondiale sont au programme, afin :

 

  • de réguler notre démographie mondiale (exterminer un fort pourcentage de

population mondiale)

 

  • de détruire plus en profondeur la Nature (qui constitue aux yeux des criminels de la

haute finance et de l’industrie, une concurrence inacceptable qu’il convient d’éradiquer)

 

  • de relancer les économies effondrées ( générer de nouveaux emprunts exorbitants

auprès des banquiers internationaux)

 

  • d’imposer, par la loi martiale, les mesures terroristes destinées à l’asservissement total

des survivants et à la neutralisation de toute Résistance (implantation obligatoire de la micro-puce ; « démantèlement » des communautés alter-mondialistes désignées comme foyers de terrorisme ; traque des activistes alter-mondialistes ; réquisition par l’Etat de terrains appartenant à des communautés alternatives, etc….)

 

Tous les ingrédients nécessaires à la guerre civile ont été réunis sous nos yeux, depuis des décennies, sur bon nombre de nos territoires respectifs, en Europe, comme c’est le cas en France :

De nouvelles armes de contrôle de masse attendent d’être employées.

 

Tous les prétextes nécessaires au déclenchement d’une troisième guerre mondiale ont été

placés sur l’ « échiquier international », en particulier au Moyen Orient :

De nouvelles armes inédites de destruction massive attendent d’être employées.

 

Concernant l’emploie d’armes biologiques sur des populations civiles :

Le prétendu virus HIV produit sur demande et répandu via des campagnes de vaccination par les gouvernements respectivement concernés des Etats-Unis - est un exemple concret de ce dont sont capables nos dirigeants, avec la complicité criminelle d’organismes tels que l’OMS. (Informations accessibles uniquement à travers une recherche d’information indépendante.)

 

 

  1. Argumentaire ciblé contre les dirigeants respectifs des pays concernés :

 

Chapitre à part, à traiter par pays.

 

Concernant la France, et Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa :

 

 

 

1) Le VRP international et multicartes :

 

Nicolas Sarkösy de Nagi-Bocsa se fait ouvertement le commercial des lobbies criminels à travers la monde, à l’instar de ses homologues européens, abusant de la confiance du Peuple Souverain, ainsi que de ses fonctions, et participant activement à la stratégie globale des criminels internationaux.

 

Ainsi, essentiellement, l’individu enfonce notre pays dans une politique de prolifération du nucléaire ; ce, au mépris des dangers incontrôlables - pour le monde entier - de cette technologie irresponsable, et de sa réelle nocivité sur les populations et leur environnement, ainsi exposés d’autorité.

 

Ces vérités concernant le nucléaire font l’objet également d’une épaisse campagne d’omerta et de désinformation à l’échelle mondiale, organisée par les criminels internationaux et leurs complices.

 

2) Salaire et impôts : Au dessus des lois et de tout le reste…

 

Il est à propos de rappeler qu’une des premières mesures prises par Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa à sa prise de fonction à la tête de notre Nation, a été d’augmenter son salaire de 150 %, bien évidemment sans avoir concerté notre Peuple Souverain :

 

L’individu s’est bien gardé de réviser cette décision révoltante, lors du déclenchement de la

crise…

Il est à propos de rappeler que ce même individu qui prétend nous administrer, et nous faire

payer des impôts utilisés largement à notre détriment, ne paye lui, aucun impôt que se soit

depuis 1995 !

 

Nous avons ici deux arguments qui, à eux-seuls, justifient que nous exigions sa démission, ainsi que celle des membres du gouvernement qui cautionnent, de par leur silence, cette injure faite à notre Peuple Souverain.

 

 

3) Quelques réformes en passant …

 

- Privatisation de l’Armée Française et des forces de l’ordre – amenées à devenir toutes deux les forces de « l’Ordre »… :

 

Suppression de 56 000 postes de militaires pour 2009 ; fermeture de brigades de gendarmerie un peu partout en France - alors que l’insécurité augmente toujours, puisque étant provoquée par le pouvoir politique…

 

Ces mesures insensées cachaient bien une manœuvre criminelle :

 

Depuis ses fonctions au Ministère de l’Intérieur, Nicolas Sarkösy de Nagi-Bocsa fit passer discrètement une loi augmentant les prérogatives d’entreprises de sécurité privée  vis à vis des

municipalités ; les maires peuvent dorénavant sous-traiter la sécurité de leurs communes avec les entreprises privées de sécurité, afin de leur confier des prestations de patrouille.

 

Nos gendarmes, déjà bien malmenés entre le détournement de leur idéal et leurs conditions de travail inhumaines, sont amenés à être remplacés dans les communes – et peut-être dans les manifs ! - par des entreprises de sécurité privée, dont il est clair que les dirigeants et actionnaires feront partie des cercles d’initiés, aux règles comptables permettant des largesses « commerciales » particulières.

 

Quant à nos forces armées traditionnelles, trop proches du Peuple Souverain du point de vue des criminels ; le modèle de l’administration Bush en viendra à bout, avec la prolifération d’agences privées, dans la lignée des « Black Water » , « Ali Burton », et autres agences de mercenaires sans fois ni âme…

 

Aujourd’hui, le Ministère de la Défense est protégé par une société privée de surveillance ; ONET, dont la spécialité principale était à l’origine… …le nettoyage industriel !

 

Nous payons des impôts dont un pourcentage part dans les caisses d’entreprises privées, et pour voir notre Nation dépouillée de ses appareils les plus précieux.

 

 

- Suppression des juges d’instruction :

 

Des réformes radicales s’imposent de toute urgence en matière de Justice ; il est inconcevable que celle-ci dépende d’un ministère, et d’un appendice tel que le Conseil Supérieur de la Magistrature présidée par le chef de l’Etat, étant donc totalement dépendante du pouvoir politique, et donc du crime organisé international.

 

Il est anormal qu’un juge d’instruction puisse ambitionner de devenir procureur, puis procureur général, et passer du judiciaire à l’exécutif, ce qui est la porte ouverte à des compromissions carriéristes menaçant un peu plus une illusoire indépendance de la Justice.

 

Dans cet esprit, il est tout aussi incongru qu’un auxiliaire de justice (avocat) puisse projeter de devenir magistrat.

 

Au lieu d’intervenir pour restaurer l’indépendance de la Justice, Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa, fidèle à lui-même et à ses engagements criminels, prétend au contraire pulvériser ce qu’il en reste :

 

L’individu entend supprimer les juges d’instruction, pour basculer leurs fonctions judiciaires entre les mains du pouvoir exécutif, c’est à dire des parquets.

 

- Augmentation des pouvoirs terroristes du milieu psychiatrique, à la mode des pays de l’Est d’hier :

Certains praticiens de la profession se sont insurgés contre les récentes mesures permettant plus de pouvoir carcéral et répressif aux établissements psychiatriques, associées à de précédentes mesures prévues pour la prise en charge de plus de détenus de droit commun par lesdits établissements ; il ne faut pas oublier que d’autres lois avaient également été passées dans notre dos, afin que les maires puissent faire interner d’office toute personne susceptible de troubler l’ordre public ; notion laissée à l’appréciation des élus...

 

- Prison à vie sans jugement ; ou reconductibilité des durées d’emprisonnement au delà des peines jugées ; quand le pouvoir politique détruit ce qui reste de nos Droits Elémentaires et Libertés Fondamentales :

Récemment encore, nous est passé sous le nez une loi surprenante qui permet au pouvoir politique – indéfini – de décider de la reconduction année après année, de la peine d’emprisonnement d’un détenu, au motif de sa « dangerosité publique », dont ladite « dangerosité publique » serait estimée, par ces mêmes autorités indéfinies, selon des critères encore plus indéfinis…

 

La dictature prend forme sans perdre de temps, et sans plus en perdre pour sauver les apparences ; le Nouvel Ordre Mondial est en marche !

 

4) Quelques mesures et prises de position criminelles, en passant…

 

  • L’envoie de nos soldats en Afghanistan, affichant une prise de position délibérément pro-sioniste, et pour participer au renforcement du trafique de cocaïne des USA…

  • La décision de faire rentrer la France dans l’OTAN, afin de permettre l’explosion d’une troisième guerre mondiale, et d’officialiser sa participation à la campagne sioniste

  • Le renforcement des mesures totalitaires sous le prétexte de renforcer notre sécurité

  • Le détournement de l’idéal des forces de police et de gendarmerie, utilisées contre les intérêts du Peuple Souverain, et pour entacher l’image que celui-ci a de ses forces de l’ordre

  • Le renforcement du climat d’insécurité dans les banlieues, par diverses provocations et incitations à la haine raciale, dans l’optique d’une imminente guerre civile

Etc…

 

 

5) Quelques complicités criminelles, en passant…

 

- Terrorisme international ; crimes contre l’Humanité :

 

Nicolas Sarkösy de Nagi-Bocsa participa – et participe encore aujourd’hui - fort activement à la propagande criminelle internationale, destinée à couvrir les véritables auteurs et co-auteurs des attentats du 11 septembre 2001, ainsi que leurs commanditaires, et à en utiliser la terreur pour faire accepter à l’opinion publique internationale plus de privation de ses libertés.

 

Dans ce cadre de terrorisme international, appliqué par ceux-là mêmes qui prétendent le combattre en nos noms à tous, Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa est également suspecté de ; « participation à une entreprise terroriste » et de « complicité de crimes contre l’Humanité », dans le cadre des attentats de Madrid, de Londres et de Paris qui se déroulèrent milieu des années 90, durant ses fonctions de Ministre de l’Intérieur.

 

Une enquête indépendante citoyenne en association avec des membres de services spécialisés est actuellement relancée.  

 

 

- Traite d’êtres humains et réseaux de criminels pédophiles sataniques ; crimes contre l’Humanité :

 

Dans le cadre de ses actuelles fonctions de garant de l’indépendance des institutions, et de président du Conseil Supérieur de la Magistrature, Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa fut saisi récemment sur des faits de « dénis de justice » et de violences judiciaires, appliqués à un enfant du Peuple Souverain – « l’affaire Vincent » – , victime de violences sexuelles et témoin dans une affaire de réseau de criminels pédophiles sataniques, sur Perpignan.

 

Dans le sillage de cette saisine citoyenne publique, demeurée sans réponse à ce jour, il fut également saisi publiquement sur des faits gravissimes de traite et d’exploitation sexuelle d’enfants en Europe, par dizaines de milliers, par des réseaux pratiquant le viol, la torture avec acte de barbarie, et même la mise à mort – « Affaire des CD ROM de Zandvoort » -

 

Nicolas Sarkozy de Nagi-Bocsa, là encore, refusa de daigner intervenir, apportant de fait, sa protection à ces réseaux de monstrueux criminels, interdisant à leurs innombrables victimes toute assistance et toute justice, et permettant la persistance et l’aggravation de ces crimes, demeurés impunis à ce jour.

 

Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa est donc actuellement complice passif de criminels pédophiles et complice passif de « crimes contre l’Humanité ».

 

Son comportement provoqua tout récemment l’ouverture d’une enquête citoyenne sur des crimes sataniques perpétrés dans les régions de Toulouse« Maison de Noé » - et de Perpignangare ferroviaire -, où il est, là encore, suspecté de couvrir des réseaux de traite d’êtres humains, ainsi que d’avoir participé lui-même à des crimes sadiques en réunion.

 

L’enquête est actuellement en cours, avec le recueil de témoignages jusque là objets de mesures de terrorisme d’Etat.

 

Dans le même registre, Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa est suspecté de couvrir un trafic d’êtres humains – des enfants destinés principalement à servir de cobayes humains – entre le Tchad et la France, sous couvert de l’ONG « l’Arche de Zoé » pour le compte d’une agence de recherche médicale administrée par l’un de ses frères.

 

Dans ce cadre également, une enquête indépendante est en cours, par le recueil de témoignages spontanés de membres des forces armées françaises ayant été amenés à participer de près ou de loin à cet holocauste ; la persistance et l’aggravation de ce crime présumé contre l’Humanité sont, là encore, potentiellement permises, en toute impunité.

 

NB : Aucune poursuite judiciaire à son encontre n’étant envisageable dans notre république criminelle, le présumé coupable Nicolas Sarközy de Nagi-Bocsa ne peut bénéficier ici d’une quelconque mesure de « secret d’instruction », toute instruction judiciaire étant impossible en l’état actuel de l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire…

 

Et, à propos de cette instrumentalisation ; l’auteur des présentes mises en cause attend sereinement de nouvelles poursuites en « justice » pour « diffamation », et n’en tiendra aucunement compte, étant donné le climat d’imposture de l’appareil judiciaire, dénoncée ici.

Stan MAILLAUD

Par RRR
 

 

Par ailleurs, nous-nous engageons solidairement en signant cette pétition :

 

 

a) Pour l’année 2010 :

 

A ne plus à payer aucun impôt ; ce à titre de :

 

  • contre-mesure à la crise

 

  • refus de se soumettre au Code des Impôts, parfaitement abusif et illégal

 

  • contestation de l’usage criminel, contraire à l’Intérêt Collectif, fait desdits impôts

 

  • mesure générale de désobéissance civique au crime organisé international

 

  • refus de collaborer avec le crime organisé international

 

 

b) Dès aujourd’hui :

 

  1. A participer de la façon la plus radicale et engagée au Grand Boycott* de toutes les

sources de domination qui nous sont imposées par le crime organisé international; ce à titre de :

 

  • mesure sanitaire individuelle et collective ;

 

  • solidarité et d’assistance vis à vis de la Nature martyrisée ;

 

  • solidarité vis à vis des concitoyens opprimés en premier plan

 

(victimes de violences judiciaires et du terrorisme d’Etat ; victimes de la mafia médico-pharmaceutique ; victimes des empoisonnements de masse par les industries criminelles ; victimes des réseaux d’exploitation d’êtres humains ; petits producteurs etc…)

 

  • mesure de solidarité de l’ensemble de nos congénères trahis et empoisonnés le plus

souvent à leur insu.

 

 

2) A réagir par la désobéissance civique radicale* par tous moyens possibles défendant

l’Intérêt Collectif Mondial et les Droits de la Vie.

   

 

*Exemples de boycott :

 

  • la grande distribution ;

 

au moins, dans un premier temps, concernant l’alimentation ; se tourner vers les petits producteurs (et les système type paniers « AMAP » en France)

 

  • les « fast-food » et chaînes telles que « Mac Donald » ou « Buffalo Grill »

 

  • les technologies délétères et utilisées pour nous surveiller et/ou nous contrôler

 

(téléphone portable ; télévision…)

 

  • le système sociétal dans ses axes les plus sensibles ;

 

en soldant ses comptes en banques et en jetant sa carte bleue ; en utilisant une monnaie alternative ou un système de troc ; en se radiant de l’organisme d’Etat de sécurité sociale ; en tournant le dos à la médecine traditionnelle pour revenir vers la médecine naturelle, etc…

 

  • la consommation de façon générale ;

 

avec révision de nos réels besoins, à titre de mesure de survie ; de restauration de notre condition d’Être Humain, reléguée au rang de « consommateur » ; de sauvegarde de notre santé et de notre environnement, notre bien commun

 

Ou encore :

 

  • Ne plus donner prises aux multiples craintes, peurs et tentations, insufflées par le crime

organisé international, qui servent à nous conditionner pour que nous recherchions ses sources de dominations plutôt que de les repousser, et pour que nous-nous comportions en lâches égoïstes tout juste plaintifs, et honteusement passifs, plutôt qu’en Êtres-Humains dignes de ce nom…

 

 

 

*Exemples de désobéissance civique radicale :

 

 

  • Ne plus payer aucun impôt, dès aujourd’hui, sans attendre 2010

 

  • Ne pas vacciner ses enfants ;

 

sous aucun prétexte ! (se renseigner d’urgence et sérieusement sur la réalité des vaccins tueurs et dégénérescents )

 

  • Livrer son témoignage publiquement ;

 

quand celui-ci dénonce des faits graves commis ou couverts par des détenteurs de l’autorité publique, ou quelconques prétendus intouchables ; refuser de craindre quelques représailles que se soient, mais restaurer son Intégrité, son Honneur et sa Dignité

 

  • Ne pas se soumettre à l’autorité criminelle ;

 

sous quelque forme que se manifeste son expression, de façon générale 

 

  • Ne se soumettre à aucune autorité, ni aucune influence extérieure ;

 

qu’elles soient politique, sociale ou religieuse ; mais restaurer sa Souveraineté Intérieure, et se placer sous l’autorité exclusive de son Âme, de sa Conscience et de son Libre-Arbitre

 

  • Rechercher l’Intérêt Collectif plutôt que le sien ;

 

ce qui est le seul moyens de régler en amont et en profondeur ses propres problèmes, lesquels doivent impérativement être relégués au second plan ; tout comme notre ego qui doit lui, se placer au service de notre Âme

 

  • Mettre son pouvoir individuel - mu par sa Souveraineté Intérieure ainsi

restaurée - au service de l’Intérêt Collectif ;

 

à travers l’Action Sacrée individuelle, que chacun doit définir en son Âme et Conscience de façon exclusive, en fonction du rôle de chacun sur cette planète, en cette période charnière, et de la réalité de notre situation actuelle générale…

   

 

 
 
Voyez ce que vont devenir notre armée, nos policiers, nos gendarmes, tous privatisés à terme, mercenaires sans foi ni loi !
 
Et hier, je citais sur mon précédent post (sur http://r-sistons.over-blog.com ):
 
La France risque d’être trahie par ses politiciens et éliminée de la politique mondiale.
 
Ils vont tuer la France indépendante, toute son identité, au moment même, bande d'hypocrites, où ils osent organiser des débats sur l'identité de notre pays !!!! eva
 
 

 

 

http://r-sistons.over-blog.com/article-alerte-le-crime-organise-international-dirige-tout-voici-ce-qu-on-vous-cache-52131791.html

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 21:50
  

Enfants soldats

12 juin 2010 par Libre plume

 

Innocence manipulée, assassinée...
Ils ont fait de ces coeurs purs des bêtes !
Des bêtes anéanties de violence totale.

Plongés dans l’obscurantisme et la haine,
Ils ne savent même pas ce qu’aimer veut dire,
Animalité totale, haine distillée dans leurs veines...
Des gosses !

Le malin fait son oeuvre,
La bonté a déserté ces terres martyrisées.

Forçats de la haine, du sang et de la torture,
Bagnards de la bestialité érigée en modèle de vie,
Prisonniers d’adultes cruels, aveuglés de soif de pouvoir.

Les "seigneurs de guerre" des tribus primitives sont de retour,
Peut-il y avoir plus barbare ? ... Terreur absolue,
Chefs de guerre aussi incultes que brutaux,
Eux-mêmes des bêtes, charognards infects puant de cupidité.

La drogue comme monnaie d’échange pour toujours plus de cruauté...
Puis pour anesthésier les consciences quand les atrocités commises deviennent trop lourdes à porter,
Enfants esclaves de toutes les perversions, enfants bourreaux torturant d’autres enfants...
Filles enfants perverties sans vergogne, violées, vidées de leur essence même.

Le malin fait son oeuvre,
Il sait frapper les petits.

Seigneurs de guerre, pantins dérisoires de cyniques
largement plus puissants qu’eux,
D’un Occident complaisant qui s’apitoie sur la misère de ces gamins,
Mais vend des armes à ces pays exsangues sans même l’ombre
d’une culpabilité quelconque.

Une arme moins chère qu’un manuel scolaire,
Du Brown-brown pour avancer malgré tout et tuer, tuer...

Le malin se délecte,
L’innocence comme un jouet à corrompre.

Nous sommes tous souillés du sang de ces enfants salis,
Responsables ! de toute cette chair à canon moderne,
De ces gamins transformés en machines à tuer !
Manipulés, endoctrinés - souffle court de la souffrance...

Responsables ! de ces yeux durs et vides qui mangent leur âme,
On leur interdit les mots...
Toute l’atrocité du monde dans ces miroirs qui n’appellent même plus au secours.

Il leur faut tout apprendre de l’humanité si tard !
Que le soleil apporte la lumière, la douceur et la chaleur,
Que leurs mains peuvent semer, récolter, tourner les pages d’un livre,
Caresser et aimer.

Il leur faut apprendre qu’ils ne sont que des enfants,
Que l’enfance est précieuse mais qu’elle pourrait aussi faire d’eux des adultes brisés.
Apprendre la confiance dans un regard bienveillant...
La parole qui libère de tout...

A quand les yeux de l’insouciance, des rires, des moqueries et du bonheur ?
A quand les jeux d’enfants, les berceuses et les parties de cache-cache ?
Les parties de foot et les fous-rires incontrôlables ?

Photo fugace de cet enfant soldat d’Afrique portant une arme....
et un sac à dos en peluche rose !
Espoir.... ténu... mais espoir tout de même
Quoiqu’il fasse, quoiqu’il endure, l’enfant garde en lui
quelque chose de son enfance, perdu dans le secret de son âme.

Les seigneurs de guerre vont perdre...

Le Brown-brown est une drogue donnée aux enfants pour les rendre plus obéissants et exacerber leur violence. C’est un mélange de poudre noir et de cocaïne, et ce n’est pas la seule.

Je dédie ce texte à Ishmaël Beah, ancien enfant soldat de Sierra Leone. Son témoignage "A long way gone"(en français "Le chemin parcouru") est poignant parfois insoutenable. Que ses nuits ne soient plus envahies de rivières de sang mais qu’elles lui soient douces et réparatrices.

 

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4608

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 21:46

 

Lettre au crétin de Conspiracy Watch

 

6 juin 2010 par Laurence Kalafatides

 

Or donc, Monsieur, vous m’avez élevée à la dignité de conspirationniste. Diantre ! Ne sachant pas à qui je devais ces nouveaux galons, je me suis infligé la lecture de quelques pages de votre site web. Je vous dois un bon quart d’heure de rigolade et vous en remercie. Toutefois, dans le libelle qui m’est consacré, je n’ai pas réussi à savoir si j’étais une théoricienne du complot ou une conspirationniste. C’est fâcheux. D’autant plus que vous nous expliquez que ces deux termes ne sont pas synonymes. La théorie du complot, dites-vous, est un récit, tandis que le conspirationnisme est un discours. Magnifique éloquence de l’âne !

 

Je constate, avec un amusement certain, que vous êtes le monsieur Jourdain du conspirationnisme en ce qu’une partie de la définition que vous donnez de ce “mot qui n’a pas encore fait son entrée dans le dictionnaire” ( sic ) s’applique stricto sensu à vos libelles : “ le récit proposé s’affranchit des règles élémentaires du raisonnement scientifique, notamment en écartant systématiquement les éléments qui seraient de nature à le contredire ou - lorsqu’il consent à les examiner - en échouant à les réfuter de manière satisfaisante.”

Venons-en maintenant à votre démonstration scientifique. Dans le livre l’OMC le pouvoir invisible( co-écrit avec Agnès Bertrand ) vous nous reprochez d’avoir assimilé l’OMC à un gouvernement mondial. J’assume ce propos, il est même l’objet d’une démonstration longue de 330 pages, ce qui est tout de même plus consistant que vos 3 lignes. En revanche j’attends, avec gourmandise, que vous produisiez le passage où nous assimilons l’OMC aux nazis. Mais un doute me vient subitement à l’esprit. Avez-vous réellement lu ce livre ? Il semblerait que votre étude ne se soit limitée à l’article de Eve Channing qui nous accuse de “ laisser entendre que la détermination de l’OMC à donner la priorité au commerce est comparable à la volonté de domination de l’Allemagne voulue par les nazis ”. Autrement dit, en vous contentant d’une citation pour démolir des années de recherches et 300 pages d’argumentaire, vous prétendez donner un caractère “scientifique” à ce qui n’est qu’une interprétation fallacieuse. Chapeau bas, monsieur, vous êtes un maître de l’enfumage. Pour clore ce paragraphe j’ai l’honneur et l’avantage de vous informer que non seulement j’ai co-écrit ce livre sur l’OMC, mais que j’ai aussi co-écrit un livre sur l’AGCS, avec Raoul-Marc Jennar cette fois. J’espère que cela me vaudra un galon supplémentaire au titre de conspirationniste récidiviste.

Dans votre acte d’accusation, vous me reprochez mon amitié avec René Balme, Maire de Grigny. C’est vrai, je le confesse, René est un ami, ce qui est à la fois un honneur et un bonheur. Cette amitié vous contrarie au motif que René anime le site Oulala.net, qualifié par vous de “conspirationniste”. C’est un peu court, jeune homme ! Affirmation ne vaut pas démonstration. Votre argumentaire n’est pas insuffisant, il est inexistant. Je vous rappelle que vous êtes censé pourfendre les conspirationnistes en produisant un “raisonnement scientifique”. Quant au livre de Thierry Meyssan, je réitère l’éloge que j’en ai fait et vous prie instamment de rédiger une critique sérieuse et circonstanciée de cet ouvrage. Cela nécessite bien entendu que vous le lisiez.

Vous me reprochez également d’avoir traduit l’article de William Engdahl intitulé : “Les fabricants de vaccins contre la grippe H1N1 viennent d’obtenir l’immunité juridique “. Comme il devient fastidieux de répondre point par point à votre bêtise et à votre mauvaise foi, je me contenterais de vous indiquer que des membres du Conseil de l’Europe ont lancé une commission d’enquête sur l’OMS d’où il ressort que “ la campagne sur la pandémie de grippe porcine est l’un des plus grands scandales médicaux du siècle”. J’attends avec impatience de voir de quelle manière vous allez cracher sur ces membres du Conseil de l’Europe.

Enfin, je terminerai avec le groupe de Bilderberg. C’était l’objet de mon intervention de jeudi soir à Montpellier. Vous m’accusez, une fois encore, de “ partager avec les milieux conspirationnistes la vision d’un nouvel ordre mondial dont le groupe de Bilderberg serait la clé de voûte.” Je ne partage pas, monsieur, je démontre, preuves à l’appui, comment et par qui le projet de gouvernement mondial, j’y insiste, a été porté. À l’ouverture de la conférence que vous incriminez, j’ai pris soin d’indiquer que, n’ayant pas les comptes rendus officiels des rencontres du Bilderberg des dernières années, je me bornerai à ne parler QUE de la genèse de ce groupe. Genèse que j’ai retracée sur la base des archives du groupe de Bilderberg et placée dans son contexte historique. Archives consultables par tout un chacun, ainsi que je l’ai expliqué aux gens présents dans la salle. Mais, vous n’étiez pas là. Ainsi, monsieur, vous m’attaquez pour une conférence où vous n’étiez pas présent, et pour des propos que vous n’avez pas entendus. C’est tout simplement malhonnête.

Monsieur, je ne vous salue pas.

Laurence Kalafatides.

 

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4600

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 21:36
Le constat s’impose : l’actuelle entité sioniste doit disparaître.
 
9 juin 2010 par Daniel Vanhove
 
 

 

La dernière agression de l’entité sioniste à l’encontre du bateau turc Mavi Marmara est probablement la signature de la fin du projet colonial des extrémistes israéliens. Et tout démocrate qui se respecte ne peut relâcher la pression sur les dirigeants politiques du monde, afin que justice soit rendue aux victimes de cette ignoble agression. Prémices d’une justice plus large à tous ceux qui ont injustement souffert du projet colonial sioniste, depuis plus de 62 ans.

Pour comprendre, revenons sur la chronologie des faits qui se sont déroulés face aux côtes de Gaza, et décortiquons quelque peu leur présentation par les autorités israéliennes :
- 1. dans les jours qui ont précédé le départ de la flottille humanitaire pour Gaza, les autorités israéliennes ont préparé le terrain médiatique, affirmant que l’accès aux côtes de Gaza serait interdit à toute embarcation ;
- 2. en pleine nuit du 31 mai, le Mavi Marmara suivi par un sous-marin (!), des vedettes et des hélicoptères de combat, subit l’assaut d’un commando israélien héliporté, dans les eaux internationales, ce qui constitue en soi une enfreinte aux lois maritimes et transforme de facto les assaillants israéliens en pirates ;
- 3. avant même de monter à bord et depuis leurs bâtiments de guerre, les militaires israéliens ont fait usage de leurs armes à feu, tuant et blessant plusieurs militants, ce qui est formellement interdit par les Conventions internationales et qui dans un contexte de guerre, constitue un crime contre l’humanité ;
- 4. les pacifistes issus d’une quarantaine de nationalités différentes, pris de panique par la violence extrême de cet assaut, loin de se résigner tentent de se défendre avec ce qui leur tombe sous la main et un pugilat s’ensuit ;
- 5. plusieurs humanitaires sont tués à bout portant dont certains sont même jetés par-dessus bord ;
- 6. dans une brutalité inouïe faite à l’encontre de civils, les militaires prennent le contrôle du Mavi Marmara et le détournent vers le port israélien d’Ashdod, ce qui constitue un enlèvement et une séquestration de civils étrangers au conflit ;
- 7. les informations sur le déroulement de cette opération sont manipulées et tronquées par les responsables israéliens, tant à l’intérieur d’Israël que dans les capitales étrangères, ainsi du nombre de victimes où le flou le plus absolu persiste toujours et illustre le mépris d’Israël pour toute vie humaine non juive ;
- 8. des photos et des vidéos prises par l’armée sont passées en boucle sur les chaînes internationales pour démontrer la violence de militants pacifistes et dénoncer leur agressivité à l’égard des forces armées israéliennes, dans le but de jeter le doute sur leur bonne foi et leur engagement humanitaire ;
- 9. les agresseurs israéliens surarmés tentent de se faire passer pour les agressés et de retourner les informations à leur profit, poussant le ridicule à exhiber les armes des humanitaires : rasoirs, couteaux de cuisine, barres de fer (issues du matériel de bord), frondes et sacs de billes ;
- 10. les versions des officiels israéliens ne concordent absolument pas avec les versions des militants pacifistes et il faut donc constater qu’en plus de leurs crimes, les représentants d’Israël, tous autant qu’ils sont, mentent sans vergogne et utilisent des vidéos datant de 2003 et 2006 afin de travestir la vérité en propagande ;
- 11. non contents d’arraisonner le convoi humanitaire, de brutaliser les civils et de mentir sur la version des faits, les soldats ont volé les victimes de tous leurs effets personnels, y compris leurs cartes de crédit ;
- 12. cerise sur le gâteau : les chaleureuses félicitations du 1er Ministre Netanyahu au retour de cette inacceptable et criminelle expédition maritime ;
- 13. le gouvernement israélien continue d’interdire l’accès aux côtes de Gaza à tout navire étranger et a déjà détourné le Rachel Corrie et sa cargaison vers le port d’Ashdod ;
- 14. non contentes d’intervenir contre des convois humanitaires, les autorités israéliennes détiennent le contenu des bateaux et ne semblent pas vouloir restituer les bâtiments à leurs propriétaires ;
- 15. face aux habituelles hésitations de l’administration américaine pour condamner cette intervention, il reste à déterminer si les autorités US ainsi que l’OTAN n’étaient pas informées de l’opération israélienne, voire si elles n’ont pas encouragé l’assaut du Mavi Marmara pour punir la Turquie de ses initiatives dans le dossier du nucléaire iranien.

Conclusions : devant un tel étalage et la répétition avérée de mensonges, de vols, et aujourd’hui de crimes de civils étrangers par une armée désormais en guerre contre tout ce qui bouge, la communauté internationale ne peut rester sans réaction. Cet énième crime ne peut rester impuni et constitue probablement la goutte qui fait déborder le vase. Israël, certain de son impunité s’est permis le pont trop loin. Il convient à présent de lui faire comprendre que tous ses essais pour s’accaparer la Palestine de la manière que tout le monde connaît est un échec. Et que le projet sioniste doit être liquidé.

Tout le blabla improductif, la débauche d’énergie incalculable, les sommes faramineuses englouties et les tonnes d’archives autour d’un processus de paix – inexistant dans les faits – pour « donner » aux Palestiniens les miettes de ce qu’il leur appartenait afin d’y établir leur croupion d’État est un leurre et doit passer aux oubliettes pour désormais se concentrer sur l’énergie utile à la restitution au peuple palestinien de ses frontières d’origine. Fi de ces deux États vivant côte à côte puisque l’un des deux s’est montré au fil du temps, incapable de respecter la première ligne de la première résolution onusienne, et n’a eu de cesse de ferrailler pour s’approprier indûment des terres qui ne lui revenaient pas. La Palestine doit dès lors retrouver ses frontières initiales d’avant la partition de son territoire, et être restituée à ses ayants droits en premier lieu desquels les réfugiés. Les juifs qui désireront rester dans les frontières de la Palestine historique seront citoyens de l’État palestinien à part entière. Les autres qui ne désirent pas y rester regagneront les pays dont ils sont issus et dont ils récupèreront la nationalité.

Depuis son origine, au vu des faits qui ont marqué le cheminement de ce funeste projet colonial, le nombre de victimes et les dommages collatéraux qui en résultent sont désastreux. Il reste donc à constater que celles et ceux qui ont travaillé et participé à ce macabre projet – et pour certains, s’y emploient toujours, et avec quel acharnement ! – se sont trompés et ont raté l’occasion de transformer leur essai. Le projet d’État d’Israël ne peut advenir et s’établir durablement en Palestine, comme l’avaient ourdi les dirigeants européens, trop contents de se débarrasser au lendemain de la deuxième guerre mondiale, de leur culpabilité à propos de la question juive sur le dos des Palestiniens. Dès son implantation par la force sur les terres palestiniennes, et par la suite, de conquêtes en conquêtes, cet État moribond n’a fait qu’étaler à la face du monde, le peu de cas qu’il fait de toute vie humaine non juive. Ainsi que le peu de cas qu’il fait du Droit international et humanitaire.

Un tel projet ne peut donc s’implanter durablement sur les terres volées au pays d’accueil, et ne peut que disparaître dans les pages les plus sombres de l’histoire. A chaque fois et de manière répétée et obtuse, les occasions qui lui ont été données de transformer ce projet en État viable ont été galvaudées par une classe politique aveuglée par son racisme et sa bêtise – ce qui va toujours de pair. Aucun État n’a bénéficié d’autant de mansuétude qu’Israël. Ce n’est pas juste. Cela doit cesser.

Pour rappel, je renvoie à ce que j’écrivais dans mon dernier livre La Démocratie Mensonge paru en 2008, (p. 107) : « De la demande explicite de la reconnaissance de l’Etat d’Israël… Peut-être convient-il à ce stade, de revenir sur la déclaration de Yasser Arafat au Parlement européen de Strasbourg le 13 septembre 1988 et au paragraphe 7 de la Déclaration d’indépendance de l’Etat de Palestine : « En dépit de l’injustice historique imposée au peuple arabe palestinien, qui a abouti à sa dispersion et l’a privé de son droit à l’autodétermination au lendemain de la Résolution 181 (29.11.1947) de l’Assemblée générale des Nations Unies recommandant le partage de la Palestine en deux Etats, l’un arabe et l’autre juif, il n’en demeure pas moins que c’est cette Résolution qui assure aujourd’hui encore les conditions de légitimité internationale qui garantissent également le droit du peuple arabe palestinien à la souveraineté et à l’indépendance. » Ce qui pourrait être compris de la façon suivante : l’Etat d’Israël ne peut exister et donc, être reconnu officiellement, qu’à la stricte condition où l’Etat de Palestine existe et est reconnu à ses côtés (…) Cette réciprocité est contenue dans les textes (…) »

Puisque cette réciprocité ne s’est pas traduite dans les faits et que l’État palestinien n’existe pas dans les conditions prévues par les différentes Résolutions de l’ONU, l’État d’Israël qui ne peut exister que dans cette stricte réciprocité n’a aucune légitimité. Il est donc temps de tourner la page. Et que d’ici quelques mois, cette question qui empoisonne les relations internationales depuis des décennies ne soit plus qu’un mauvais souvenir.

En attendant, si l’UE et les USA sont aussi soucieux du respect du Droit quand il s’agit d’Israël que de tout autre pays, qu’ils agissent enfin sérieusement au lieu de laisser l’initiative à leurs citoyens ! Qu’ils se montrent à la hauteur de la situation et multiplient comme ils l’ont fait avec Berlin du temps de la guerre froide, les convois et les ponts entre le monde libre et Gaza assiégée et étouffée par la bande d’extrémistes qui tient lieu de gouvernement du projet sioniste.

Si rien n’est fait pour briser ce siège inhumain, les démocraties occidentales n’ont qu’à bien se tenir, parce la rue risque de gronder au-delà de toute attente.

Le projet sioniste a échoué. Il est temps d’en prendre conscience, de le dire, d’en répandre largement l’information, et de s’en réjouir.

Daniel Vanhove –
Observateur civil
Membre du Mouvement Citoyen Palestine
Auteur de Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes – 2005 et de La Démocratie Mensonge – 2008 – parus aux Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire
08.06.10

 

 

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4605

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 21:17

Etudiants en mai 68

Le ministre des classes moyennes

juin 13th, 2010

Après le Luxembourg, la France s’est (enfin) dotée d’un « outil » qui lui faisait défaut : un ministre des classes moyennes, en la personne de Laurent Wauquiez, par ailleurs secrétaire d’État à l’emploi, mais aussi et surtout « champion des classes moyennes » selon Les Échos, auxquels il a accordé une interview dans l’édition du mardi 8 juin 2010.
  
Il faut lire l’interview de ce conseiller politique de l’UMP, extrêmement intéressante à plus d’un titre.
  
Quelques perles tout d’abord. À la question « La majorité a-t-elle perdu le soutien des classes moyennes », il répond : « Nicolas Sarkozy est un de ceux qui en ont le plus fait pour les classes moyennes… »
  
Un ange passe… Il revient avec une autre question.
  
« Le bouclier fiscal ne nourrit-il pas (un) sentiment d’injustice ? » « Je ne le pense pas… »
  
  
Deux enseignements
  
Au-delà de ces affirmations ridicules, mélange de méthode Coué et de langue de bois, on peut tirer de cet interview deux enseignements essentiels.
  
Le premier ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà : pour Sarkozy et son équipe, la politique, ce n’est que du marketing et de la communication.
  
En effet, toute la problématique de Wauquiez, c’est de reconquérir les classes moyennes en trouvant l’outil ou le produit marketing approprié pour atteindre cet objectif : prêt pour les études, prêt pour le logement… il ne se pose pas une seule seconde la question de ce qui pourrait être « bon pour la France » dans son ensemble, ou si les mesures qu’il propose ne comportent pas des « effets pervers », ou si ce ne sont pas que de simples cautères sur une jambe de bois.
  
Non, Laurent Wauquiez n’est pas un homme d’État (son patron non plus d’ailleurs…), c’est un chef de produit marketing qui segmente le marché des électeurs et se demande comment améliorer le « taux de pénétration » de son produit (Sarkozy / UMP) sur le segment de marché dont il a la charge. On peut raisonnablement supposer qu’il exercerait ses talents avec le même bonheur chez L’Oréal pour vendre un shampooing antipelliculaire ou chez Royal Canin pour lancer une nouvelle pâtée destinée aux chiens à poils longs.
  
Le second enseignement, c’est que Sarkozy et son équipe ont une trouille monumentale que les « classes moyennes » se rapprochent, fassent corps et se trouvent des intérêts communs et convergents avec les « classes populaires ». Deux réponses de Wauquiez, à lire un peu entre les lignes, sont, à cet égard, extrêmement révélatrices :

– à la question « Quelle est votre définition des classes moyennes ? », il répond : « …il y a aussi un sentiment et des valeurs : l’espoir d’un avenir meilleur pour leurs enfants, l’attachement au travail et à l’effort. » Sous-entendu : les classes populaires, elles, n’ont pas vos valeurs, chers lecteurs des classes moyennes, elles sont composées de fainéants et de chômeurs qui profitent des aides sociales et éduquent mal leurs enfants, alors que vous, classes moyennes, êtes disposées à « travailler plus pour gagner plus » ;

– une autre question lui est posée après qu’il ait énuméré tout un catalogue d’aides en faveur des classes moyennes : « Tout cela ne risque-t-il pas de coûter cher à l’État ? » Réponse : « Non, parce que cela doit s’accompagner… d’une logique de droits et devoirs beaucoup plus exigeante. Il faut davantage lutter contre les arrêts de travail abusifs et les fraudes à la Sécurité sociale. »

  
  
La stratégie « petit blanc »
  
Au fond, ces propos sont extrêmement révélateurs : ce qu’espère Laurent Wauquiez, c’est une réaction de type « petit blanc » de la part des classes moyennes qui, bien qu’économiquement laminées, pourraient choisir d’apporter leurs suffrages à Sarkozy-UMP pour éviter de voter comme le « type d’en face », chômeur en fin de droits.
  

classes-moyennes.jpgIl est d’ailleurs intéressant de noter que c’est la même peur d’une jonction classes moyennes - classes populaires qui pousse un nombre croissant de lobbies à mettre en avant et à rendre « inévitable » la candidature de Strauss-Kahn (voir notre billet Bonnet blanc et blanc bonnet). La crainte doit être profonde…

  
Laurent Wauquiez devrait pourtant savoir que le plan de rigueur que Sarkozy et son équipe s’apprêtent à mettre en œuvre sous la pression des banques et des « marchés » (voir notre billet Fourches caudines ou tango argentin) ne fera qu’aggraver la situation financière d’une large majorité de Français, désespérant un peu plus les classes moyennes et les poussant à la contestation.
  
  
Les jeunes, tous précarisés et paupérisés ?
  
Cette jonction entre classes moyennes et classes populaires pourrait s’effectuer au niveau des plus jeunes : la différence de revenus entre la stagiaire Bac + 5 payée quelques centaines d’euros par mois (voir notre billet Laura, 27 ans, Bac + 5, emploi précaire assuré) et l’apprentie-coiffeuse qui n’a pas obtenu le Bac et est rémunérée le même montant est en effet de plus en plus mince.
  
Paupérisation et précarisation sont le lot d’un nombre croissant de jeunes Français… Cette « nouvelle pauvreté » qui se développe pourrait accroître la proximité et le sentiment de « galère commune » entre jeunes qui, bien qu’issus de milieux sociaux différents, se trouvent aujourd’hui logés à la même enseigne.
  
C’est donc le comportement des jeunes appartenant aux classes moyennes qui devrait être déterminant à l’occasion de la prochaine élection présidentielle. Soit, comme c’est le cas aujourd’hui, ceux-ci restent majoritairement peu intéressés par et peu engagés dans l’action politique et syndicale (voir en ce sens l’article des Échos, CFDT : le casse-tête de la syndicalisation des jeunes) et le couple Sarkozy-Strauss-Kahn peut espérer se maintenir à l’Élysée à grand renfort de campagnes de « communication », soit une prise de conscience se produit, une étincelle met le feu aux poudres… et là, tout devient (vraiment) possible.
 
 
Lundi
© La Lettre du Lundi 2010

 

http://lalettredulundi.fr/2010/06/13/le-ministre-des-classes-moyennes/

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 13:23
De quelles sortes de banques avons-nous besoin? 
Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l'Euro
par Jacques SAPIR
 
Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits « de rigueur » ou « d’austérité » se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la « rigueur ».

Ils sacrifient ainsi la substance - à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir - à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.  

 

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

 

Vers la récession

 

Les politiques de rigueur constituent une grave erreur pour des raisons qui devraient être évidentes : elles vont déprimer la demande intérieure de la zone euro et rendre ainsi encore plus difficile le retour progressif à un relatif équilibre des dépenses publiques, ce qui est pourtant le but officiellement recherché. Tel fut d’ailleurs le résultat de politiques analogues conduites en Europe et ailleurs au début des années 1930. Ces politiques ne font que commencer, et il ne faut nourrir aucune illusion à leur sujet car nous sommes entrés dans une logique de déflation compétitive. Aux plans grec, espagnol, portugais, italien et bientôt britannique viendront s’ajouter d’autres. Ces plans seront très probablement renforcés dès cet automne, en particulier dans le cas de la France [2].

 

Ces politiques trouvent, bien entendu, leur origine immédiate dans la crise que la zone euro est en train de subir, et il est en quelque sorte logique de voir Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), en appeler à davantage de « surveillance mutuelle » [3]. L’accumulation des dettes souveraines des États a provoqué une inquiétude légitime. Mais, en réalité, elle résulte du fonctionnement même de la zone euro qui oblige les pays à financer la totalité de leurs dettes par des appels aux marchés financiers. L’interdiction faite à la BCE, par les traités européens, d’assumer une partie du financement de cette dette (alors même qu’elle a repris une partie des dettes des banques et qu’elle est autorisée, depuis le 10 mai, a racheter, en cas d’urgence, des titres publics détenus par ces mêmes banques), ne semble laisser d’autres alternative que cette « rigueur ».

 

La conjonction de telles politiques sur un grand nombre de pays aura des résultats cumulatifs. Ainsi, l’effort particulier demandé aux Grecs, mais aussi aux Espagnols, au Portugais et aux Italiens, verra une partie de ses effets annulés par la récession européenne qui viendra affaiblir les recettes fiscales de ces pays. Les péripéties des derniers jours de mai montrent d’ailleurs les limites de ces politiques.

 

Voté à une voix de majorité par le Congrès des députés espagnol, le plan de rigueur n’a pas évité à ce pays de voir sa note dégradée le 28 mai. De fait, le gouvernement de Zapatero sort affaibli de ce vote et s’effondre dans les sondages [4]. Notons ici que l’agence Fitch, souvent critiquée avec ses consoeurs, a fait preuve en l’occurrence de beaucoup de sagesse puisqu’elle pointe dans ses attendus l’ampleur de la dette privée et la baisse de la croissance qui ne sauraient que résulter de cette politique. L’Espagne croyait acheter l’adhésion des marchés par sa « rigueur », mais c’est l’inverse qui se produit.

 

Il faudra donc immanquablement, si l’on veut que cette politique soit cohérente, en rajouter sur ces plans. Nous sommes donc bien entrés dans une logique de contraction budgétaire, qui va faire sentir ses effets les plus pernicieux dans les mois à venir. L’effet psychologique de ces politiques, venant après la crise de 2008-2009, sera désastreux sur la demande des ménages qui, il ne faut pas l’oublier, conditionne la demande des entreprises et l’investissement. À l‘effet direct de ces politiques, il faudra ajouter les effets indirects qui vont se manifester sur la dépense des ménages, mais aussi sur celle des entreprises.

 

Par un inquiétant acharnement dans l’erreur, le gouvernement français est en train d’aggraver cet effet psychologique par une nouvelle « réforme » des retraites. Cette dernière, ne tenant aucun compte des nouvelles tendances démographiques ni de la possible évolution de l’emploi, est particulièrement mal venue car elle va renforcer les inquiétudes des ménages.

 

Pourtant, ces politiques semblent acceptées par la majorité (nous ne disons pas l’unanimité) de la classe politique. En fait, cette tendance vient de loin. On se souvient peut-être des déclarations du porte-parole du PS, Benoît Hamon, en septembre 2009. Je les avais critiquées à l’époque en pointant le fait que, dans le discours de l’opposition, tout était sacrifié à l’euro [5]. De fait, une partie de cette opposition (le PS) est aujourd’hui bien silencieuse. Elle concentre ses critiques sur la « réforme » des retraites, et cela à juste titre, mais elle est muette sur la politique économique du gouvernement. Pourtant, ses conséquences – en particulier l’inévitable hausse du chômage – affecteront directement le financement du système des retraites. La récente sortie (30 mai) de Martine Aubry, première secrétaire du PS, contre Nicolas Sarkozy sur la question des déficits confirme, s’il en était besoin, cette analyse.
Or c’est bien la question de la « rigueur », et avec elle celle de la nature de la sortie de la crise de l’euro, qui déterminera l’avenir de l’économie, mais aussi de la politique, en France et en Europe.

 

Les deux crises de la monnaie européenne

 

On voit bien, en France en particulier, que l’attitude à l’égard de l’euro détermine une partie de la classe politique. Il faut donc revenir ici sur la crise de ces derniers mois, et plus généralement sur les conséquences économiques de la monnaie unique. Nous connaissons en fait non pas une, mais bien deux crises de la zone euro, dont l’imbrication dans les événements ne doit cependant pas cacher qu’elles sont différentes.

 

Il y a tout d’abord la crise conjoncturelle de la dette publique des pays de la zone euro, prévisible depuis septembre 2009 [6]. C’est elle qui sert de prétexte aux nouvelles politiques de rigueur. Nul ne contestera que les dettes publiques ont fortement augmenté dans ces pays, en réponse à la crise financière et économique. Mais on aurait pu s’attendre de la BCE qu’elle en finance une partie (par l’équivalent des anciennes « avances de trésorerie » que consentait, avant 1973, la Banque de France), dans la mesure où il s’agissait de mesures contra-cycliques. Il n’en a rien été, et les marchés ont alors sanctionné la zone avec la crise actuelle [7]. Cette dernière se poursuit, certes sur un rythme moins rapide que début mai.

 

L’annonce d’un plan massif de soutien aux économies les plus exposées n’a en rien changé la situation. Comme j’ai eu l’occasion de le dire par ailleurs, la seule chose que l’on a achetée avec ce plan a été du temps [8]. Ce n’est pas rien dans une phase de spéculation aiguë, mais cela ne saurait suffire. Comme aucune mesure d’importance concernant la gestion de la zone euro n’a été prise, et n’est même en discussion, il faut s’attendre à ce que le rythme de la crise s’accélère de nouveau avec l’été.

 

Mais il y a également une seconde crise : celle de la compétitivité au sein même de la zone euro. Elle découle directement du principe d’une monnaie unique appliquée à des économies aux structures et aux dynamiques fort différentes [9]. Ceci est connu depuis de nombreuses années [10]. L’argument des européistes bêlants, selon lequel des différences identiques existent aux Etats-Unis, ne tient pas. Les Etats-Unis ont en effet un budget fédéral représentant environ les deux tiers des recettes fiscales totales, et qui vise à résorber les disparités entre les États fédérés. Or le budget de l’Union européenne est plafonné à 1,29 % du PIB total des Vingt-Sept. La position de l’Allemagne et de quelques autres pays ne laisse aucune illusion sur une éventuelle augmentation de ces ressources.

 

En fait, l’euro a été construit sur l’idée qu’une monnaie unique provoquerait à terme un mouvement d’unification des dynamiques et des situations des pays membres. Cette idée s’est rapidement révélée être une vue de l’esprit [11]. Le seul marché sur lequel on a constaté une convergence à été celui des dettes. Encore faut-il savoir que, même sur ce marché, le mouvement de divergence s’est imposé depuis l’automne 2008. Les États membres ont été privés de la possibilité de faire jouer la flexibilité monétaire, et cela sans qu’un autre mécanisme ait été prévu à la place. Les dynamiques de l’ « eurodivergence », qui se sont affirmées depuis 2000 [12], sont porteuses d’une crise de la zone euro bien plus radicale que celle liée à la dette.

 

La surévaluation de la monnaie européenne que l’on a connue de 2003 à 2009 est venue aggraver cette crise. Elle a coûté fort cher à la France, ce qu’une étude de l’INSEE a démontré [13]. La baisse actuelle de l’euro est bien trop partielle pour constituer une solution. Son cours se situe aujourd’hui autour de 1,22 dollar, ce qui est certes mieux que les 1,44 dollar d’il y a quelques mois, mais qui reste encore sensiblement au-dessus du seuil qui permettrait à la zone de retrouver un certain dynamisme, et que l’on peut estimer entre 1 et 1,05 dollar. De plus, cette parité d’équilibre n’est pas la même pour tous les pays. Pour la Grèce, l’Espagne et sans doute l’Italie, une parité encore inférieure s’imposerait, alors que l’Allemagne peut s’estimer heureuse dès que l’on passe sous la barre des 1,30 dollar.

 

La crise de l’euro est donc à la fois conjoncturelle et structurelle. La combinaison de ces deux crises tend à en obscurcir les spécificités. Il est cependant évident aujourd’hui que ce n’est pas en harmonisant les budgets que l’on trouvera une solution. Les budgets publics sont en effet situés en aval de l’économie, tant du point de vue de leurs recettes que de leurs dépenses. On ne saurait donc procéder à une harmonisation durable sans harmoniser aussi ce qui se trouve en amont. Or, il faut le répéter, une telle harmonisation n’est pas aujourd’hui pensable. Les efforts que l’on consentira sur les budgets auront des résultats désastreux sur l’activité économique, ce qui viendra déséquilibrer à nouveau ces budgets par les baisses des recettes. On le voit bien, le problème est global, et il tient à l’euro dans sa forme actuelle.

 

Le glas d’un compromis

 

Si l’idée d’une coordination des politiques monétaires entre pays européens s’était à juste titre imposée depuis la fin des années 1970, il convient, à ce point du raisonnement, de revenir sur les raisons qui ont poussé les gouvernements à choisir la solution de la monnaie unique. Si nous mettons de côté les motivations idéologiques, l’hypothèse que, de l’unification monétaire, naîtrait l’unification économique, et de cette dernière l’unification politique, ainsi qu’un bénéfice plus matériel, mais mineur, à savoir la disparition des coûts de transaction au sein de la zone [14], il existe fondamentalement deux raisons correspondant à deux groupes de pays.

 

Pour des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, il s’agissait, par le biais de l’euro, d’« acheter » les taux d’intérêt pratiqués pour des pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas [15]. Mais, pour l’Allemagne, il s’agissait avant tout de se garantir l’accès à un grand marché - la France, l’Italie et l’Espagne sont des clients très importants - en se prémunissant contre le risque de dévaluations compétitives. L’Allemagne, par ailleurs, n’était pas aussi fâchée qu’on le dit d’admettre au sein de la zone euro des « mauvais élèves » permettant de maintenir la parité de l’euro face au dollar dans des limites raisonnables. Ainsi a-t-elle fermé les yeux sur l’endettement public de l’Italie, mais aussi de la Grèce. Il fut donc un temps où Berlin trouvait son intérêt dans les « cueilleurs d’olives ».

 

Ce compromis a semblé fonctionner pendant dix ans. Les taux d’intérêt pour les pays de la zone se sont alignés sur ceux de l’Allemagne : la moyenne des écarts de taux - les spreads - a seulement été de 40 points, allégeant relativement ainsi la charge de la dette. Dans le même temps, l’Allemagne a pu accroître son solde exportateur vis-à-vis de la zone euro, alors que, au cours des dernières années, elle constatait l’érosion de ses exportations vers le reste du monde, et en particulier la Chine.

 

Ce compromis était cependant miné des deux côtés. Pour les pays du sud de la zone euro, des taux allemands (ou proches) impliquaient quand même un accroissement relatif de la dette publique. La croissance y est en effet restée en deçà des 3 à 3,5 % exigés par les marchés pour les titres à 10 ans. La dérive de l’endettement public a ainsi eu lieu rapidement, et l’on peut dire mécaniquement. Elle a été directement le produit des déséquilibres que provoquait la zone euro avec son contexte de faible croissance. Mais c’est bien le système de financement des déficits publics, tel qu’il a été adopté dans les années 1970 et consolidé par la BCE, qui est aujourd’hui en cause.

 

Cette dérive s’est fortement accélérée avec la crise actuelle et avec l’absolue nécessité de financer des mesures contra-cycliques plus ou moins fortes suivant les pays. L’augmentation brutale des écarts de taux avec l’Allemagne, que l’on a connue dès le début de la crise financière à l’été 2007, mais qui s’est dramatiquement accrue à partir de septembre 2008, a sonné le glas du compromis. Aujourd’hui les pays du sud de la zone euro ne bénéficient plus de l’effet d’accrochage de leurs taux sur les taux allemands.

 

graphique1-2-c19a1.jpg

 

Graphique 1
Évolution des taux sur les bons du Trésor à 10 ans des différents pays de la zone euro
(2007-mars 2009)

 

L’Allemagne aurait pu en tenir compte et accroître sa contribution à la zone euro, ou encore procéder à une politique massive de relance. Elle s’y est refusée, et s’y refuse encore, tout en ayant accru son avantage compétitif vis-à-vis des pays de la zone par le transfert massif des charges des entreprises sur l’impôt, la TVA en l’occurrence. Si cette politique, connue en France sous le nom de TVA sociale, avait été appliquée par les partenaires de l’Allemagne, la zone euro serait entrée dans une profonde récession dès les années 2003-2004. Nous assistons donc aujourd’hui à l’éclatement de ce compromis, tant dans sa dimension structurelle que dans sa dimension conjoncturelle.

 

On comprend alors l’inquiétude des Etats-Unis et de la Chine qui voient dans l’euro le dernier rempart avant un doute ravageur sur le dollar et, pour la Chine, la garantie de ses exportations en raison de la surévaluation structurelle de la monnaie unique. Contrairement à une idée fréquemment avancée, il n’y a nul « complot » de Washington contre l’euro. Si le gouvernement américain a bien compris le rôle de bouclier que joue – même provisoirement – la monnaie européenne contre une spéculation sur le dollar, il n’a pas les moyens d’intervenir. Par ailleurs, les intérêts immédiats des grands groupes financiers américains peuvent être contraires à une surévaluation, dans la mesure où ils cherchent surtout à se protéger des risques possibles représentés par les dettes, tant souveraines que privées, de la zone euro. Quant au gouvernement chinois, s’il souhaite conserver la possibilité de diversification de ses avoirs que permet l’euro, il doit aussi arbitrer en fonction de ses intérêts.
De ce fait, ni les Etats-Unis ni la Chine ne sont des « adversaires » de l’euro, mais aucun des deux n’a la possibilité de venir à son secours. De plus, tant le gouvernement américain que celui de Pékin doivent arbitrer avec les intérêts des fonds d’investissements et des banques.

 

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Graphique 2

Reste alors une question : la monnaie européenne nous a-t-elle protégés de la crise financière actuelle ? L’exposition des banques européennes aux créances dites « toxiques » est, en réalité, le résultat direct de la faiblesse de la croissance dans la zone euro au cours des années qui ont immédiatement précédé cette crise. Et cette faible croissance est elle-même liée à la gestion de la zone euro [16]. Il y a ici un lien entre l’euro (tel qu’il existe aujourd’hui), la politique de faible croissance et les risques pris par les établissements bancaires face à la concurrence étrangère [17]. De manière certes indirecte, l’euro a plutôt été un facteur aggravant de la crise financière.

 

Quelles issues possibles ?

 

Si certaines issues sont théoriquement possibles, il nous faut aussi introduire la contrainte du politiquement possible. On verra qu’elle laisse seulement ouvertes des solutions qui, toutes, sont d’une certaine manière désavantageuses, même si certaines le sont nettement plus que d’autres.

 

Issue 1 : le sauvetage de la zone euro en l’état

 

Un sauvetage reste théoriquement possible, si l’on obtient, et cela très rapidement, une modification importante du statut de la BCE pour l’autoriser à pratiquer des avances de trésorerie aux pays membres jusqu’à hauteur de 6% à 8% du PIB (et qui se doublerait de sa responsabilité devant le conseil des ministres de la zone euro). Il faudrait, dans le même temps, obtenir l’engagement de l’Allemagne de pratiquer une politique de relance pour une période de 2 à 3 ans, et un accroissement substantiel (de 1,29% à 5% du PIB) de la contribution des pays membres à un « fonds fédéral ».

 

Une telle politique se heurtera à l’attitude allemande qui non seulement se crispe aujourd’hui sur la question de ses contributions à la zone euro, mais qui, le 30 juin 2009, a obtenu de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe un arrêt qui affirme la suprématie des lois allemandes sur les directives européennes [18]. Très clairement il ne sera pas possible d’obtenir toutes ces mesures, si tant que l’on puisse le faire, dans un délai compatible avec la temporalité de la crise. Aussi, pour souhaitable qu’elle puisse être, cette sortie « par le haut » de la crise actuelle est et restera un fantasme.

 

Issue 2 : la réduction du périmètre de la zone euro par le décrochage de certains des pays membres

 

Cette solution a certainement les faveurs de l’Allemagne. Elle supposerait que la Grèce et le Portugal quittent la zone euro et que d’autres pays (l’Espagne, l’Italie et la France) appliquent de douloureuses politiques de rigueur. Mais cette issue pêche par une sous-estimation de la dynamique des marchés et par une surestimation du poids politique de l’Allemagne. Une fois annoncée la sortie de la Grèce et du Portugal, la spéculation se déchaînerait et provoquerait probablement la sortie de l’Italie, voire de l’Espagne. Par ailleurs rien ne permet juridiquement à l’Allemagne d’exclure des pays de la zone, en dépit des rodomontades d’Angela Merkel.

 

En fait, c’est bien là l’une des difficultés institutionnelles qui provient de la précipitation avec laquelle a été élaboré et signé le traité de Maastricht instaurant l’union économique et monétaire. Admettons qu’un ou plusieurs pays décident de recouvrer la souveraineté de leur banque centrale, et décident de créditer en euros leur Trésor, en contravention flagrante avec le traité. Les autres pays de la zone désireux de faire respecter l’orthodoxie budgétaire et monétaire originelle ne disposeraient d’aucun mécanisme pour les en empêcher. En fait, leur seul recours consisterait à…quitter la zone euro et à recréer une nouvelle zone !

 

La position de Mme Merkel est donc en réalité assez délicate. Si elle fait preuve d’une trop grande rigidité, rien n’interdit à des pays comme la Grèce et le Portugal de s’approprier, de fait, la création monétaire en lieu et place de la BCE. Il s’agit bien sûr d’une hypothèse extrême, mais dont rien n’empêche la manifestation. L’Allemagne n’aurait alors d’autre solution que de quitter la zone euro, mais elle devrait alors persuader les autres pays de l’accompagner. Dans cette situation, la position de la France, si elle se décidait à suivre l’Allemagne, deviendrait très difficile. Paris n’aurait nullement intérêt à rester dans une pseudo-zone euro réduite à l’Allemagne. Ces raisons conduisent à penser que cette solution est, elle aussi, impraticable.

 

Issue 3 : le passage progressif de la monnaie unique à une monnaie commune

 

Dans une telle hypothèse, certains pays récupèreraient leur souveraineté monétaire, mais s’engageraient à se coordonner étroitement avec les pays conservant l’euro. Des dévaluations seraient alors envisageables (importantes pour la Grèce et l’Espagne, plus modérées pour l’Italie et la France). L’euro serait la seule monnaie totalement convertible de la zone, les monnaies nationales reconstituées ne l’étant que par rapport à l’euro avec des parités fixes, mais régulièrement révisables.

 

Ceci impliquerait que le marché des changes soit centralisé (à Francfort ou à Bruxelles) et largement réglementé, avec l’interdiction des positions à découvert, ainsi que des mouvements de capitaux à court terme. Nous aurions alors un marché monétaire restreint à la zone euro, largement déconnecté du reste du monde, et le marché « externe » avec un euro jouant le rôle de monnaie pivot. Cette solution aurait l’avantage de maintenir une étroite coordination monétaire entre pays européens, tout en conservant une flexibilité monétaire pour ceux d’entre eux qui en auraient besoin. C’est une solution que je préconise depuis la sortie, en 2006, de mon livre La Fin de l’eurolibéralisme, et qui a d’ores et déjà été évoquée par de nombreux autres économistes dont, récemment, Frédéric Lordon [19].

 

Issue 4 : une sortie immédiate de la France de la zone euro

 

Une telle sortie est parfaitement envisageable, mais il ne faut pas cacher qu’elle devrait s’accompagner d’une dévaluation importante (d’au moins 15%), d’un défaut partiel sur la dette, du retour au système des avances de la banque centrale et d’une politique de contrôle du déficit public afin de maîtriser l’inflation. La France retrouverait sa souveraineté monétaire, mais, pour pouvoir réellement l’utiliser, il lui faudrait recourir à des systèmes de contrôle des capitaux et des changes, au moins dans une période initiale. Loin de provoquer les catastrophes qu’Alain Duhamel nous promet dans sa chronique radio du 28 mai sur RTL, elle reste une solution de dernier recours parfaitement possible.

 

Comme on l’a déjà indiqué, la solution 1, tout en étant souhaitable théoriquement, est largement impossible du fait des impératifs politiques. Il n’est pas pensable que l’on aboutisse à un tel accord d’ici la fin de 2010, si tant est qu’il soit envisageable.

 

La solution 2, qui a en réalité les faveurs de l’Allemagne, doit être refusée avec la plus extrême énergie. De toute manière, elle impliquerait, pour être jouable, que trop de pays souscrivent à la politique allemande. Elle se heurte au même obstacle d’impossibilité.

 

La solution 3 apparaît comme une bonne solution, et probablement meilleure que la première à long terme. Elle a aussi l’avantage de pouvoir se construire progressivement. D’ailleurs, sans s’en rendre compte, l’Allemagne a déjà pris des mesures qui pourraient la préfigurer, comme l’interdiction de certaines positions à découvert. Mais elle implique des révisions déchirantes pour les classes politiques, en France et ailleurs. Le principal obstacle serait alors de convaincre les uns et les autres que la solution 2 n’est en aucun cas possible et que, si elle n’a pas d’autre choix, la France est prête à la guerre des monnaies et aux dévaluations compétitives.

 

La solution 4 peut apparaître aujourd’hui quelque peu désespérée. Pourtant, elle a l’avantage de mettre les partenaires de la France au pied du mur, et elle peut constituer une bonne base de négociations. Elle peut constituer, comme je l’ai avancé dès le début d’octobre 2009 [20], un pas nécessaire dans la direction de la solution coopérative (solution 3). En fait, la menace crédible (et donc préparée) de la sortie de l’euro est probablement la meilleure chance de ne pas avoir à faire ce pas.

 

Dans cette crise, on voit refaire surface la vieille obsession allemande de la « stabilité des prix ». Pourtant, l’Allemagne a payé au prix fort la politique de déflation qui fut menée par le chancelier Brüning au début des années 1930. C’est bien cette politique qui plongea l’Allemagne dans une profonde crise et permit aux Nazis d’arriver au pouvoir en 1933. Aujourd’hui, les dissensions entre la Bundesbank et la BCE deviennent de plus en plus visibles [21]. Il est donc clair que la Bundesbank pèsera de tout son poids pour retarder, si ce n’est empêcher, une adaptation de la BCE.

 

La crise actuelle nous offre une opportunité unique de remettre à plat l’ensemble de la construction monétaire que l’on appelle l’euro. La seule solution réellement envisageable à terme, à savoir le passage de la monnaie unique à une monnaie commune, peut résulter d’un accord entre les pays de la zone. Mais, elle peut aussi résulter d’une crise que nous saurions exploiter.

 

Il faut cesser de croire, ou de feindre de croire, qu’il existe une opposition radicale entre négociation et action unilatérale. Cette dernière n’est souvent que la poursuite de la négociation par d’autres moyens. Il convient donc de se préparer sérieusement à la sortie de la zone euro comme moyen d’aboutir à la refonte de cette zone. L’Allemagne aurait beaucoup à perdre de l’éclatement du marché européen et d’une situation monétaire dominée par des stratégies non-coopératives. Mais, pour que le gouvernement allemand en prenne conscience, habitué qu’il est aux renoncements français, et qu’il rejette le faux dogme de la stabilité monétaire à tout prix, il doit être mis devant la perspective d’une rupture.

Jacques SAPIR

 

Notes

[1] Politique menée par le chancelier Heinrich Brüning dans l’Allemagne de Weimar (1930-1932), par le gouvernement d’union nationale de Ramsay MacDonald en Grande-Bretagne (1929-1935), et par celui de Pierre Laval en France.

[2] Reuters, 30/05/2010 à 21:02 : « L’objectif du maintien du AAA est "tendu", dit François Baroin » : http://www.lepoint.fr/actualites/2010-05-30/l-objectif-du-maintien-du-aaa-est-tendu-dit-francois-baroin/1037/0/461023 [3] Jean Claude Trichet, entretien avec Der Spiegel, repris dans Le Monde de l’économie, 15 mai 2010.

[4] Emma Ross-Thomas, « Zapatero Losing Credit as Fitch Strips Spain of AAA (Update2) », Bloomberg.com, 31 mai 2010 : http://www.bloomberg.com/apps/news ?pid=20601087&sid=ayqHX6VMUG7s&pos=5

[5] Jacques Sapir, « Dette : Benoît Hamon n’a rien compris ! », Marianne2, 5 octobre 2009 : http://nav.sfr.fr/default.php ?mac=00-1E-C2-C4-9C-0E&url=http://news.google.fr/

[6] Jacques Sapir, « La crise grecque, un camouflet pour l’euro et la BCE », Marianne2, 12 février 2010 : http://www.marianne2.fr/La-crise-grecque,-un-camouflet-pour-l-euro-et-la-BCE_a185102.html

[7] Jacques Sapir, « Crise de la zone euro : après la Grèce, à qui le tour ? », Marianne2, 29 avril 2010 : http://www.marianne2.fr/Crise-de-la-zone-euro-apres-la-Grece,-a-qui-le-tour_a192271.html et Mémoire des luttes : http://www.medelu.org/spip.php ?article428

 8] Jacques Sapir, « Crise : gagner du temps n’est pas suffisant », Marianne2, 15 mai 2010 : http://www.marianne2.fr/Crise-gagner-du-temps-n-est-pas-suffisant-1_a192800.html

[9] Jacques Sapir, « La crise de l’euro : erreurs et impasses de l’européisme », Horizons, 8 octobre 2009, texte initialement publié dans Perspectives républicaines, n°2, 2006 : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/10/trois-ans-après-par-jacques-sapir.html

[10] C. Conrad et M. Karanasos, "Dual Long Memory in Inflation Dynamics across Countries of the Euro Area and the Link between Inflation, Uncertainty and Macroeconomic Performance", in Studies in Nonlinear Dynamics & Econometrics, vol. 9, n°4, novembre 2005 (publié par The Berkeley Electronic Press et consultable sur : http://www.bepress.com/snde

[11] Jacques Sapir, "La crise de l’euro : erreurs et impasses de l’européisme", op.cit.

[12] Jacques Sapir, « From Financial Crisis to Turning Point. How the US ‘Subprime Crisis’ turned into a worldwide One and Will Change the World Economy », Internationale Politik und Gesellschaft, n°1, 2009, pp. 27-44.

[13] F. Cachia, “Les effets de l’appréciation de l’euro sur l’économie française”, Note de Synthèse de l’INSEE, INSEE, Paris, 20 juin 2008.

[14] Il faut signaler que la création de l’euro n’a nullement entraîné d’unification des prix, comme le constate pourtant un de ses partisans : voir Michel Aglietta, "Espoirs et inquiétudes de l’euro" in M. Drach (ed.), L’argent. Croyance, mesure, spéculation, La Découverte, Paris, 2004, pp. 235-248, p. 237.

[15] Agence France Trésor, A Metric for Spreads Between Government Bonds, 9 octobre 2003, Paris, ministère des finances.

[16] Jacques Sapir, « Grèce : Les trois mensonges des médias et des experts (3) », Marianne2, 4 mai 2010 : http://www.marianne2.fr/Grece-Les-trois-mensonges-des-medias-et-des-experts-3_a192314.html ?com

[17] J. Bibow, “Global Imbalances, Bretton Woods II and Euroland’s Role in All This” in J. Bibow and A. Terzi (eds), Euroland and the World Economy : Global Player or Global Drag ?, New York (NY), Palgrave Macmillan, 2007.

[18] Cet arrêt, pris le 30 juin 2009, stipule en effet, dans ses 147 pages d’attendus, que seuls les États-nations sont le cadre de la démocratie, que la politique fiscale relève des seules compétences nationales et que si le traité de Lisbonne est bien conforme à la Constitution allemande, ce n’est pas le cas de la dynamique qu’il impulse. Ainsi, il réaffirme le « droit de co-décision » du Parlement allemand, compte tenu de ce qu’il appelle un « déficit structurel de démocratie » dans les institutions européennes. Lire H. Haenel, Rapport d’Information n°119, Sénat, session ordinaire 2009-2010, Paris, 2009. Lire également Bernard Cassen, « Le coup de semonce de Karlsruhe » : http://www.medelu.org/spip.php ?article264

[19] Frédéric Lordon, « Crise, la croisée des chemins », Le Monde diplomatique, blog « La Pompe à Phynance », 7 mai 2010 : http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins

[20] Jacques Sapir, « Dette : Benoît Hamon n’a rien compris ! », Marianne2, 5 octobre 2009, op.cit.

[21] B. Blackstone, « After Debt Crisis, New Tension Between ECB and Germany », The Wall Street Journal, 28 mai 2010 : http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703957604575272463950198700.html ?mod=WSJ_latestheadlines

 

http://horizons.typepad.fr/accueil/2010/06/djouer-le-pige-de-la-rigueur-et-le-verrou-de-leuro-par-jacques-sapir.html

 

 

Envoyé par un Lecteur avec ce commentaire :

 

L’article « Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l'Euro par Jacques SAPIR »
            http://horizons.typepad.fr/accueil/2010/06/djouer-le-pige-de-la-rigueur-et-le-verrou-de-leuro-par-jacques-sapir.html                                                                                                                                                          

devrait devenir le bréviaire de tout citoyen ayant intérêt à sortir de l'impasse économique

La 3 e solution de Jacques SAPIR correspond à la pétition de DLR sur la sortie de l’euro:

« Le passage progressif de la monnaie unique à une monnaie commune" est ainsi exprimé: "'Dans une telle hypothèse, certains pays récupèreraient leur souveraineté monétaire, mais s’engageraient à se coordonner étroitement avec les pays conservant l’euro. Des dévaluations seraient alors envisageables (importantes pour la Grèce et l’Espagne, plus modérées pour l’Italie et la France). L’euro serait la seule monnaie totalement convertible de la zone, les monnaies nationales reconstituées ne l’étant que par rapport à l’euro avec des parités fixes, mais régulièrement révisables.
Ceci impliquerait que le marché des changes soit centralisé (à Francfort ou à Bruxelles) et largement réglementé, avec l’interdiction des positions à découvert, ainsi que des mouvements de capitaux à court terme. Nous aurions alors un marché monétaire restreint à la zone euro, largement déconnecté du reste du monde, et le marché « externe » avec un euro jouant le rôle de monnaie pivot. Cette solution aurait l’avantage de maintenir une étroite coordination monétaire entre pays européens, tout en conservant une flexibilité monétaire pour ceux d’entre eux qui en auraient besoin. C’est une solution que je préconise depuis la sortie, en 2006, de mon livre La Fin de l’eurolibéralisme, et qui a d’ores et déjà été évoquée par de nombreux autres économistes dont, récemment, Frédéric Lordon. »

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