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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 03:58

 

 

 

Samedi 10 novembre 2012

 

« It’s the economy, stupid ! » (C’est l’économie qui importe, idiot !). Cette phrase permit à Bill Clinton de gagner la présidentielle en 92 contre Bush dont le bilan emploi était désastreux. Sous Clinton, le chômage ne cessa de grimper, et l’inégalité aussi. Et aujourd’hui ? Est-ce le président qui décide ? Ou l’économie ? C’est-à-dire d’autres gens - non élus - au-dessus du président. Voici, présentés en textes et dessins, les 10 chiffres clés qui résument la situation économique et sociale des USA. Pour comprendre l’essentiel. Quel que soit le président.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réponse :

Qu’allons-nous faire ? Une question d’autant plus grave que l’Union Européenne veut coûte que coûte nous imposer un copié – collé de cette politique antisociale des USA !


Le problème n’est pas « Quel président ? » On se dit souvent qu’avec le « moins mauvais », on échappera au pire. Non, car le « moins mauvais » est en fait le plus intelligent pour emballer et vendre la même marchandise.


Le problème est plutôt : « Comment résister à la politique impériale des USA ? » Et pour ça il nous faut : analyser l’économie pour comprendre le lien entre la politique antisociale et le militarisme, décoder les mécanismes de pillage des ressources et de contrôle de la planète, repérer les procédés de la guerre globale dans ses formes diverses. Et les procédés de désinformation qui nous cachent tous ces enjeux. Ainsi, on pourra unir et renforcer les résistances diverses qui se développent dans le monde. La colère monte partout, il nous faut présenter une vraie alternative…

 


Source : Investig'Action

Dessins : Yace


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http://www.michelcollon.info/USA-10-chiffres-qui-disent-tout.html

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 03:56

 

L'exemple du Bahreïn: L'alignement complet de l'UE et de la politique française sur Washington
Publié le 20 août 2012 

L’exemple du Bahreïn: L’alignement complet de l’UE et de la politique française sur Washington

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24 octobre 2009 : le porte-avions américain USS Nimitz vient relâcher pour la troisième fois dans le port de Manama.
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7 août 2012 : François Hollande reçoit chaleureusement le roi du Bahreïn à l’Élysée

  

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Le drapeau national du Bahreïn a été adopté par phases successives entre 1820 et 2002. La dernière version ne compte plus que 5 pointes blanches sur le côté, qui représentent les "Cinq Piliers de l'Islam" ( c'est-à-dire les 5 obligations rituelles : profession de foi, prière cinq fois par jour, aumône, ramadan et pèlerinage à La Mecque).

 

 PRÉSENTATION DU ROYAUME DU BAHREÏN

Le Royaume du Bahreïn (qui n’était que “l’Émirat du Bahreïn” jusqu’en 2022) (en arabe البحرين, littéralement « les deux mers ») est un petit État insulaire situé dans le Golfe Persique :

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Ce petit royaume est comme coincé au fond d’un golfe, cerné à l’ouest, au sud et à l’est par deux voisins plus grands que lui :

  • l’Arabie Saoudite, dont les côtes ne sont distantes que d’une quinzaine de kilomètres. Le Bahreïn est d’ailleurs relié au royaume wahhabite par un lien fixe : une digue routière, financée par l’Arabie saoudite ( la King Fahd Causeway ), qui relie la capitale Manama à la grande ville saoudienne de Dammam ;
  • et l’Émirat du Qatar, qui est à peu près à la même distance que les côtes saoudiennes. Le royaume de Bahreïn a d’ailleurs la souveraineté sur quelques îlots distants, situés à 700 mètres seulement des côtes qatariennes.

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D’une superficie de 665 km², le Bahreïn est à peu près grand comme le Territoire de Belfort ou la moitié du département du Val-d’Oise. La plus grande partie en est désertique. Ce qui donne à sa capitale Manama une très forte densité urbaine.

Bahreïn est le premier pays arabe du Golfe persique à avoir foré du pétrole en 1932. Mais il est également le premier à avoir asséché ses réserves de pétrole et il a fallu que l’Arabie Saoudite toute proche lui vienne en aide en lui cédant les revenus du champ pétrolier off shore d’Abou Safa, à cheval sur les deux territoires, pour maintenir la viabilité du royaume.

L’économie du Bahreïn reste donc extrêmement dépendante du pétrole qui représente 60 % des exportations du pays, 70 % des recettes de l’État et 30 % du PIB.

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Bahreïn d’hier et d”aujourd’hui :  

  • -au premier plan, les “dhows”, embarcations traditionnelles à voile qui servaient notamment à la pêche et à la collecte de perles fines lorsque celles-ci constituaient la principale richesse de ces terres désertiques au bord d’une mer brûlante ;   
  • - à l’arrière-plan, les formes futuristes des gratte-ciels de Manama, notamment le somptueux hôtel Ritz-Carlton.

UNE DICTATURE FAMILIALE

Le Bahreïn est dirigé de façon dictatoriale par la même famille régnante de confession musulmane sunnite – les Al Khalifa – depuis la fin du XVIIIe siècle. Elle fut contrainte par les Britanniques de signer un traité « de paix et de protection » en 1820, donc d’accepter leur tutelle coloniale. La famille régnante du Qatar est issue de la même famille.

Le pays recouvra son indépendance du Royaume-Uni en 1971…. pour tomber sous la coupe des États-Unis.

Pour résumer l’emprise de la famille royale sur le Bahreïn, il suffit de souligner :

  • qu’elle possède à titre privé entre la moitié et les trois-quarts du territoire du royaume du Bahreïn.
  • que plus de la moitié des membres du gouvernement, ainsi que des personnalités de haut rang, sont membres de la famille Al Khalifa :
  1. - Roi : Hamad bin Issa Al Khalifa
  2. - Premier ministre : Khalifa ben Salman al-Khalifa (oncle du roi Hamad)
  3. - Prince héritier et commandant suprême adjoint des forces armées : Salman bin Hamad bin Isa al-Khalifa
  4. - Ministre des Affaires étrangères : Khalid ibn Ahmad al-Khalifah
  5. - Ministre de la Défense : Khalifa bin Ahmed al-Khalifa
  6. - Ministre de l’Intérieur : Rashid bin Abdullah al-Khalifa
  7. - Ministre de l’Information : Fawaz bin Mohammed al-Khalifa
  8. - Ministre des Finances : Ahmed bin Mohammed al-Khalifa
  9. - Ministre de la Justice et des Affaires islamiques : Khalid bin Ali al-Khalifa
  10. - Ministre de la Culture : Mai bint Mohammed al-Khalifa
  11. - Ministre des Transports (également vice-Premier ministre) : Ali Ben Khalifa al-Khalifa
  12. - Ministre de la Cour Royale : Khalid bin Ahmed al-Khalifa
  13. - Ministre de la Cour royale pour les affaires courantes : Ahmed ben Ateyatalla al-Khalifa
  14. - Ministre des Affaires de la Cour royale : Ali bin Isa al-Khalifa
  15. - Vice-Premier Ministre en charge des comités ministériels : Muhammad ibn Moubarak ibn Hamad al-Khalifa
  16. - Vice-Premier Ministre : Khalid bin Abdullah al-Khalifa
  17. - Ministre d’État aux Affaires de la Défense : Mohammed ben Abdallah al-Khalifa
  18. - Chef d’état-major de la Force de défense de Bahreïn : Duaij bin Salman al-Khalifa
  19. - Conseiller du Premier Ministre pour les Affaires de Sécurité : Bin Abdulaziz al-Khalifa Ateyatallah
  20. - Juge en chef de Bahreïn (président de la Cour de cassation) : Khalifa bin Rashid al-Khalifa
  21. - Commandant de la Garde nationale : Mohammed bin Isa al-Khalifa (frère du roi Hamad)
  22. - Directeur de la National Security Agency : Khalifa bin Abdullah al-Khalifa
  23. - Ambassadeur à Londres : Khalifa bin Ali bin Rashid al-Khalifa
  24. - Commandant de la Garde Royale et Président du Conseil suprême de la Jeunesse et des Sports : Cheikh Nasser bin Hamad al-Khalifa (fils du roi Hamad)
  25. - Premier Vice-Président du Conseil suprême de la Jeunesse et des Sports : Khalid bin Hamad al-Khalifa (fils du roi Hamad)
  26. - Secrétaire général du Conseil suprême de la Jeunesse et des Sports : Salman bin Ebrahim al-Khalifa
  27. - Président du Comité olympique bahreïni : Cheikh Nasser bin Hamad al-Khalifa (fils du roi Hamad)
  28. - Secrétaire général du Comité olympique bahreïni : Ahmed bin Hamad al-Khalifa (fils du roi Hamad) 
  29. - Directeur exécutif du Comité olympique bahreïni : Khalid bin Abdullah al-Khalifa

Ce rappel n’est pas superflu pour tous ceux – dont le gouvernement français – qui s’indignent du népotisme du régime syrien et qui reçoivent en grandes pompes le roi du Bahreïn…  

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Les habitants du Bahreïn ne risquent pas d’oublier que le pays est dirigé par la famille Al-Khalifa. Ici, l’un des panneaux muraux qui ponctuent le paysage du petit royaume présente le roi Hamad bin Isa Al Khalifa ( au centre ), le Premier ministre Khalifa bin Salman Al Khalifa ( à gauche ) et le prince héritier Salman bin Hamad bin Isa Al Khalifa ( à droite ).

 

UNE DICTATURE RELIGIEUSEMENT MINORITAIRE

Pour comprendre la situation intérieure du royaume, il faut en outre savoir :

- que la population compte actuellement environ 1,24 million d’habitants, dont seulement 570.000 de nationalité bahreïnie et 666.000 immigrés (parmi lesquels un nombre important de travailleurs indiens – environ 290.000 -, srilankais ou philippins, ces derniers étant chrétiens catholiques),

- que l’islam est la religion officielle et que 99,8% des  570.000 nationaux Bahreïnis sont musulmans,

- mais que les Musulmans ne sont que 70% seulement de la population totale, si l’on y inclut les immigrés,

- et que l’on estime que 66 à 70% des Musulmans habitant au Bahreïn sont chiites comme en Iran, et non pas sunnites comme leur monarque.

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La Mosquée Al Fateh ( مسجد الفاتح ) , littéralement « Mosquée du Conquérant » a été construite par le père de l'actuel monarque. Il l'a nommée ainsi en hommage au fondateur de la dynastie des Al-Khalifa, Ahmed ibn Muhammed ibn Khalifa, qui était né au Koweït dans la première moitié du XVIIIe siècle et qui conquit l'île du Bahreïn en 1783.


 

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Avec une superficie de plus de 6.500 m², cet édifice qui peut recevoir 7.000 fidèles en même temps est l'une des plus grandes mosquées du monde et aussi l'une des principales attractions monumentales du petit royaume. Sa coupole est la plus grande coupole au monde entièrement en fibres de verre.

 

LE QUARTIER GÉNÉRAL DE LA Ve FLOTTE AMÉRICAINE

Pour pimenter la situation, il se trouve que la position géographique du port de Manama, capitale du Bahreïn, est idéale d’un point de vue militaire :

  • 1) le port est extrêmement vaste (une dizaine de kilomètres en largeur) et peut accueillir des navires de très gros tonnage
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Sur cette photo de la ville de Manama prise par satellite, on voit clairement – à l’est – l’immense plan d’eau d’une dizaine de kilomètres de large, abrité par quelques puissantes jetées, qui constitue le port de la Ve Flotte américaine. Au-dessus on peut distinguer la longue piste de l’aéroport international, situé à la pointe nord-est.
  • 2) le Bahreïn se situe à peu près au centre géostratégique du Golfe Persique : contigu à la péninsule arabique et à celle du Qatar, posé face à l’Iran qui n’est distant que de 200 km à vol d’oiseau, il est à peu près exactement à mi-chemin entre le “chott-el-arab” (estuaire du Tigre et de l’Euphrate où convergent les frontières de l’Iran, de l’Irak et du Koweït : à 450 km à vol d’oiseau) et du Détroit d’Ormuz, célèbre veine jugulaire par laquelle transitent tous les supertankers ( à 500 km à vol d’oiseau).

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La valeur géostratégique du Bahreïn n’a évidemment pas échappé à Washington qui en a fait un État satellite, à peu près au même titre que l’Arabie saoudite, mais en bien plus docile encore, compte tenu de la disproportion des forces : qu’est-ce qu’un roi à la tête d’un État grand comme la moitié du Val-d’Oise, situé à un endroit aussi stratégique, peut refuser à la première puissance militaire de la planète ?

C’est pourquoi les États-Unis ont décidé de s’y installer à demeure, et notamment d’y installer le Quartier général de leur “Cinquième flotte”.  

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4 février 2003 : un an et demi après les attentats du 11 septembre 2001, le roi Hamad bin Issa Al Khalifa du Bahreïn est en visite à Washington, où il est reçu au Pentagone : il répond ici à la presse, en compagnie du Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.

 

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Un an et demi après la photo précédente, le roi du Bahreïn est de nouveau en visite officielle aux États-Unis. Il est ici reçu par le président George W. Bush, hilare, dans le Bureau Ovale le 29 novembre 2004. Il est notable que le roi ne s'habille pas en tenue de cheikh mais en costume occidental lorsqu'il va visiter ses supérieurs hiérarchiques. Soumission symbolique de type vestimentaire à laquelle n'a pas eu droit le pauvre François Hollande.

 

 

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Cette caricature représente le roi du Bahreïn portant le fardeau d'un porte-avions de la Ve Flotte américaine. La Cinquième flotte des États-Unis, qui avait été créée le 26 avril 1944 et supprimée en janvier 1947 fut recréée le 1er juillet 1995, suite à la Première guerre du Golfe. Elle fut chargée des forces navales au Moyen-Orient, charge qui incombait auparavant à la VIIe flotte qui était également chargée de l'océan Indien et du Pacifique Ouest. Son quartier général (NSA Bahrain) se trouve à Manama, capitale du Bahreïn.

 

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Des navires de guerre américains dans le port de Manama, au Bahreïn, juste après l'Opération "Desert Storm" ("Tempête du Désert") menée contre l'Irak en 1991. On y voit notamment le navire amiral USS Blue Ridge à droite et la frégates USS Hawes à gauche (ainsi que la frégate britannique HMS Boxer au-dessus).


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2 août 2004 : Le porte-avion américain USS John F. Kennedy s'apprête à jeter l'ancre dans le port de Manama. Le navire servait alors de base à l'escadre de chasseurs Carrier Air Wing Seventeen (CVW-17), chargée de mener des missions de support à l'opération "Iraqi Freedom" ("Liberté en Irak").

 

UNE AGITATION POLITIQUE ET SOCIALE DEPUIS 2011

Le pouvoir confisqué par une seule famille, la composition socialement, religieusement et ethniquement très hétérogène de la population, la présence militaire américaine et la proximité de l’Iran, tout cela crée un cocktail politiquement explosif. Logiquement, une agitation sporadique anime le Bahreïn depuis déjà de nombreuses années.

Mais cette agitation s’est brusquement aggravée au printemps 2011. Suivant la vague du “printemps arabe”, le pays est secoué depuis le 14 février 2011 par un mouvement de contestation du régime, animé par plusieurs catégories de la population :

  • - des musulmans chiites,
  • - des jeunes désœuvrés,
  • - des responsables politiques de sensibilité de gauche.

  Il y a de profonds désaccords entre ces opposants, mais tous réclament une monarchie constitutionnelle qui leur confèrerait la démocratie ou un accès au pouvoir. De plus en plus, certains se radicalisent en réclamant l’abolition pure et simple de la monarchie.

Plusieurs grandes manifestations se sont ainsi déroulées, notamment une manifestation monstre d’opposants à la monarchie régnante qui a réuni, le 22 février 2011, plusieurs centaines de milliers de personnes dans la capitale Manama. Ce qui constituait un événement sans précédent historique dans ce petit pays indépendant depuis 1971.

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La prière du midi sur Pearl square est l'occasion d'une manifestation antigouvernementale. On reconnaît au premier plan un membre du clergé chiite.

 

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21 février 2011 : grande manifestation antigouvernementale à la tombée du jour au Rond-point Pearl (Pearl roundabout) dans Manama.


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Sur Pearl Square, ce manifestant a scotché un billet de banque bahreïni sur sa bouche pour dénoncer le pouvoir de l'argent qui a muselé tous les médias dans le royaume.

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Dans une forêt de drapeaux bahreïnis, la manifestation contre la monarchie  régnante du 22 février 2011, qui faisait suite aux morts de la manifestation précédente, a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes dans la capitale Manama. Pour un pays qui ne compte que 570.000 nationaux, cette mobilisation monstre témoigne de l’ampleur du désaveu populaire qui touche la famille régnante.


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UNE RÉPRESSION FÉROCE DES MANIFESTATIONS

Le roi Hamad ben Issa Al Khalifa a répondu aux manifestants par la proclamation de la loi martiale et une répression féroce. On estime que plus de 80 manifestants sont morts à ce jour (soit au cours de heurts avec la police, soit sous la torture après leur arrestation), et que le nombre d’arrestations a atteint les 3.000. [pour de plus amples détails : http://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_bahre%C3%AFni_de_2011-2012 ]

Pour un petit pays de 1,24 million d’habitants, ce sont des nombres très élevés. Si on les rapportait à la population syrienne (23 millions d’habitants), cela représenterait 1.533 morts et 57.500 incarcérés. Et si l’on part du principe que ce sont essentiellement les 570.000 nationaux Bahreïnis qui ont manifesté (les immigrés ayant un statut de subordination et d’extrême précarité, qui les dissuade généralement de se faire remarquer), les chiffres rapportés à la population syrienne monterait alors à  3.228 morts et 121.000 incarcérés.

Autant dire que la répression et la violence des troubles au Bahreïn ont été spécialement fortes.

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21 février 2011 : Abdulrheda Mohammed est l'un des participants à la manifestation de Pearl roundabout qui ont été tués par les forces gouvernementales. Il a succombé à de très violentes blessures portées à la tête et son corps a été transféré à la morgue du complexe médical Salmaniya. Sur ce cliché terrible publié par le Los Angeles Times, son frère Ahmed Buhmaid vient respectueusement poser une rose rouge sur le corps de son frère défunt.

 

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21 février 2011 : Les proches d'Abdulrheda Mohammed en sanglots dans les couloirs de la morgue de Manama.

 

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4 mars 2011 : Nouvelle et grande manifestation à Manama : les manifestants portent le cercueil symbolique, avec des photos dessus, des manifestants qui sont morts du fait des violences policières lors des manifestations précédentes.

LA RÉPRESSION CONTRE NABIL RAJAB

Bien qu’il ne soit pas le seul responsable politique d’opposition, l’une des figures centrales de la contestation est Nabil Rajab, un militant des droits de l’homme de confession chiite, qui préside le “Centre des droits de l’Homme”.

[pour de plus amples détails en anglais ]

Sa notoriété locale et régionale est devenue internationale lorsqu’il a été condamné, en juin dernier, à une peine de trois mois de prison pour avoir…. adressé un message Twitter constituant, d’après le tribunal, une « insulte aux sunnites ».   Il avait en outre été condamné le 28 juin à 300 dinars bahreïnis (800 dollars) d’amende pour « insultes aux forces de l’ordre.»

Mais le 16 août 2012, sa situation a singulièrement empiré puisqu’il vient d’être condamné à trois ans de prison pour « participation à trois manifestations non autorisées ».

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Cette photo, disponible sur Wikipedia anglais, présente les brutalités policières que Nabil Rajab aurait subies, déjà lors d'une manifestation le 15 juillet 2005.

 

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Nabil Rajab et Abdulhadi Alkhawaja aidant une vieille femme après l'intervention musclée de la police contre une manifestation pacifique en août 2010.

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Affiches très récentes des partisans de Nabil Rajab, faites après son incarcération de juin 2012.

LE DOUBLE JEU DES ÉTATS-UNIS ET DE L’UE

En pleine crise syrienne, et alors que les États-Unis et l’UE ne cessent de fustiger le régime de Damas comme violant outrageusement les droits de l’homme, la décision du tribunal du Bahreïn contre Nabil Rajab tombe évidemment très mal.

Car ce verdict attire soudain l’attention du monde entier sur le fait que les monarchies du Golfe – à commencer par le Royaume d’Arabie saoudite qui est une chasse gardée américaine – sont tout sauf des démocraties. Et que les droits de l’homme y sont depuis longtemps bien plus bafoués encore qu’ils ne le sont dans la Syrie laïque.

Dans ce dernier pays, au moins, la liberté religieuse, la sûreté et le “vouloir vivre ensemble” de chaque communauté religieuses sont très réels. Tandis que les monarchies du Golfe, à des degrés divers, interdisent ou restreignent drastiquement tout autre culte que l’islam sunnite sur leur propre sol. Ce qui, soit dit en passant,  viole expressément la Charte fondatrice des Nations Unies auxquels ces États ont théoriquement souscrit.

Du reste, le double jeu des Américains n’a pas échappé aux manifestants du Bahreïn. Nabil Rajab a précisément attaqué les autorités de Washington sur ce terrain lors d’un entretien donné à Al Jazeera le 26 Juillet 2011.

Évoquant la répression féroce des manifestations survenues depuis février, l’opposant a déclaré notamment :

« Le silence des États-Unis a déçu beaucoup de personnes. Il est très clair maintenant que les États-Unis n’exigent la démocratie et le respect des droits de l’homme que dans les pays avec lesquels ils ont des problèmes ; mais qu’ils ne l’exigent pas du tout dans les dictatures avec lesquelles ils ont d’excellentes relations.»

Le 21 décembre dernier, Nabil Rajab a réitéré ses critiques dans un entretien avec le National Post :

« Le gouvernement des États-Unis est la sauvegarde des familles royales dans cette partie du monde. Ils soutiennent les dictateurs. Les États-Unis sont très durs sur la Syrie et sur la Libye, mais, quand ils regardent leurs alliés, ils sont très souples. »

[source]

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Des manifestants brûlent le drapeau américain pendant l'une des émeutes qui ont émaillé la vie politique du Bahreïn depuis un an et demi.

 

L’HYPOCRISIE DES ÉTATS-UNIS ET DE L’UE FACE AU CAS RAJAB

Interrogée par la presse dans les instants ayant suivi l’annonce de la lourde condamnation à 3 ans de prison de Nabil Rajab pour participation à une manifestation interdite, la porte-parole de la diplomatie américaine Victoria Nuland a assuré que les États-Unis sont « profondément troublés » par ce verdict, et  qu’ils « appellent le gouvernement du Bahreïn à prendre des mesures pour redonner confiance aux citoyens à travers le pays et à démarrer un véritable dialogue avec les partis d’opposition et la société civile ».

 On reste fasciné par l’hypocrisie de cette réaction, et par la différence de traitement avec les réactions américaines sur la Syrie au même moment. C’en serait comique si les sujets n’étaient pas aussi dramatiques.

Naturellement, le perroquet bruxellois s’est aussitôt fait la voix de son maître.

La porte-parole du Département d’État américain s’étant déclarée « profondément troublée », sa préposée à la tête de la prétendue “diplomatie de l’Union européenne” – la baronne travailliste Lady Catherine Ashton of Upholland – s’est aussitôt déclarée « préoccupée ».   Remarquons que l’on aurait pu avoir  l’inverse : si le Département d’État américain s’était déclaré « préoccupé », nul doute que la “diplomatie européenne” se serait aussitôt déclarée « profondément troublée ».

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4 décembre 2009 : les deux responsables en chef de la diplomatie euro-atlantiste se rencontrent au quartier général de l’OTAN à Bruxelles. La posture et le type de présence de chacune des deux femmes fait ressortir, de façon presque gênante, qui commande à qui : 

  • À droite, Mme Hillary Clinton, Secrétaire d’État américaine. Avec son manteau rouge vif de grand couturier, sa permanente et ses mèches soigneusement colorées, son sourire carnassier et son regard assuré et triomphant, Mme Clinton est clairement la patronne.
  • À gauche la baronne Ashton of Upholland, “Haute Représentante de l’Union européenne pour pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎” . Avec son vêtement clownesque, sa coiffure “maison” comme si elle sortait de la douche, sa tête légèrement baissée et rentrée dans son quintuple menton, et son air de chien battu, la Baronne Ashton est clairement la subordonnée.

 Mme Ashton a en outre formé le vœu que le verdict sera « revu en appel et que cela s’applique aussi à tous les citoyens [sic ] du Bahreïn jugés pour des faits liés à l’exercice de leurs libertés fondamentales ».

Notons au passage que Lady Ashton of Upholland ne connait visiblement pas la différence qui existe entre un « citoyen » ( = le détenteur d’une parcelle de pouvoir dans un État fondé sur la souveraineté nationale ) et un « sujet »  ( = le fidèle serviteur obéissant à un monarque dans un État fondé sur la souveraineté de droit divin ). Notre très ignorante baronne britannique, qui est elle-même « sujette de Sa Gracieuse Majesté », ne semble donc pas avoir compris que le roi du Bahreïn ne reconnaît justement pas l’existence de « citoyens du Bahreïn », mais seulement de « sujets ». Et que c’est bien là tout le problème.

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Un salaire de 38.000 euros par mois pour une baronne travailliste de pacotille, incompétente et ultra-atlantiste : il est difficile de trouver une figure plus caricaturale de l’eurocrate incompétent et profiteur que Lady Catherine Ashton of Upholland. Née très banalement dans une famille roturière, les Ashton, vivant à Upholland (Lancashire) en 1956, la jeune Catherine fit des études de sociologie et commença modestement sa vie en travaillant pour une association en faveur du désarmement nucléaire.

Elle n’a dû son ascension qu’à son implication dans le Parti Travailliste et à la faveur d’Anthony Blair. Celui qui était Premier ministre avait sans doute remarqué que la brave Catherine faisait sans broncher ce qu’on lui demandait de faire. Il fit donc anoblir cette bonne pâte et la nommer “Pair à vie” à la Chambre des Lords en tant que baronne Ashton of Upholland en 1999, dans le seul objectif d’y renforcer la majorité à la chambre des Lords pour obtenir la ratification du traité d’Amsterdam… 

 Le 3 octobre 2008, le gouvernement britannique la nomma en remplacement de Peter Mandelson au poste de Commissaire européen en charge du sujet-clé es négociations commerciales multilatérales. Ce qui fit scandale dans le Landerneau bruxellois, tant il apparut qu’elle ne connaissait strictement rien de rien à ce sujet extrêmement technique et profus.   Maintenue par Londres au poste de Commissaire européen dans la Commission Barroso II (en 2009), elle fut choisie par celui-ci comme 1ère représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, poste nouveau créé par le traité de Lisbonne. Sans doute le président de la Commission Barroso, homme complètement inféodé aux intérêts américains, a-t-il senti comme Anthony Blair que Lady Ashton était malléable à souhait et qu’elle ne ferait pas de difficultés pour s’aligner consciencieusement sur les directives de Washington.  

Quoi qu’il en soit, cette nomination à ce poste prestigieux fit encore plus scandale que la précédente. Et les remous provoqués se firent entendre au sein même du parlement européen. Le 25 novembre 2009 à Strasbourg, le député Nigel Farage dénonça le fait que Mme Ashton n’avait jusqu’alors jamais été élue démocratiquement.  

Totalement ignare en matière diplomatique, géopolitique et militaire, ne parlant pas d’autre langue que l’anglais, la baronne travailliste a passé une “audition” mouvementée le 11 janvier 2010 devant le Parlement européen. Elle y révéla notamment une incompétence rare sur la question de la politique européenne de Défense. 

Selon le Sunday Times du 14 mars 2012, Lady Catherine Ashton of Upholland perçoit un salaire de 328 000 £ par an, soit environ 418.000 euros par an (environ 35.000 euros par mois), ce qui fait d’elle la politicienne la mieux payée au monde. 

Comme elle est en outre mariée à Mariée à Peter Kellner, président de l’institut de sondage britannique dénommé YouGov, et que le couple vit donc dans le luxe, on se demande ce qu’elle fait de son argent. Car son inélégance vestimentaire et son allure constamment négligée constituent la “cerise sur le gâteau” de cette baronne pour rire, incompétente et grassement payée.

LE CYNISME DU ROYAUME-UNI

Quant au Royaume-Uni – ancienne puissance coloniale au Bahreïn – il a bien entendu surenchéri dans le même registre hypocrite.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a souligné que « la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement sont une partie fondamentale de toute démocratie moderne ».

C’est une déclaration spécialement cynique au moment où ce même ministère envisage de violer la vénérable Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, en menaçant de livrer l’assaut contre l’ambassade d’Équateur à Londres, où s’est réfugié le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, qui a demandé et obtenu l’asile politique.

 Soulignons au passage que l’un des motifs pour lesquels le gouvernement de Quito a accordé l’asile politique, c’est qu’il estime qu’il y a un risque sérieux que si l’Australien Julian Assange sort de son ambassade, les Britanniques ne l’expédient aussitôt aux États-Unis, où il risque rien moins que la peine de mort pour divulgation de secrets d’État.

Pour en revenir au Bahreïn, le gouvernement britannique a assorti sa déclaration de principe démocratique d’un bémol qui en ruine aussitôt la portée pour ce qui concerne la monarchie des Al-Khalifa. Le Foreign Office a en effet « demandé aux militants de l’opposition de s’assurer que leurs paroles et leurs actes ne constituent pas une incitation à la violence ».

On goûtera en connaisseur la différence entre cette déclaration cauteleuse, qui jette suavement le doute et l’opprobre sur les manifestants, et les déclarations incendiaires et guerrières que le même Foreign Office utilise depuis un an et demi contre le régime syrien….

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13 décembre 2011 : Le Premier ministre britannique, David Cameron, reçoit le roi du Bahreïn au 10 Downing Street

 

LES PROMESSES MENSONGÈRES DE FRANÇOIS HOLLANDE

Outre que toutes ces déclarations lénifiantes des États-Unis, de l’UE, et du Royaume-Uni, ne changeront rien pour l’intéressé ni pour les milliers d’opposants incarcérés au Bahreïn, il est remarquable de constater qu’elles sont comme un copié-collé saisissant des déclarations que la Russie et la Chine ne cessent de faire au sujet de la situation en Syrie…. à la plus grande indignation des des États-Unis, de l’UE et du Royaume-Uni !

Dans ce que mes lecteurs me pardonneront d’appeler un “bal de faux-culs”, le nouveau locataire de l’Élysée n’est hélas pas en reste.

M. Hollande, qui se range, comme son prédécesseur, aux avis de Bernard-Henri Lévy pour décider de la stratégie de la France envers la Syrie, et qui n’a donc pas de déclarations assez indignées et violentes contre le régime de Bachar El-Assad, a au contraire les yeux de Chimène pour la monarchie du Bahreïn.

Le 7 août 2012 – donc il y a 10 jours – le président de la République a ainsi reçu en grande pompes Sa Majesté Hamad ben Issa Al Khalifa, roi autocrate ayant 4 femmes et 12 enfants, et despote du Bahreïn qui proclame la loi martiale et fait tirer sur la foule à la première manifestation venue.

Cette invitation est d’autant plus indécente que M. Hollande, il y a 3 mois à peine, faisait précisément campagne pour l’élection présidentielle en annonçant qu’avec lui, les dictateurs allaient trembler…..

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Trois mois et 9 jours seulement séparent ces deux photos :

  • À gauche : 29 avril 2012 : lors d’un grand meeting au Palais Omnisports de Bercy pendant la campagne présidentielle, François Hollande lance devant une foule enthousiaste : « Je veux que le 6 mai [ date du second tour de la présidentielle ]  soit une bonne nouvelle pour les démocrates et une terrible nouvelle pour les dictateurs. Voilà ce que nous avons à apporter, y compris dans cette élection présidentielle ! »
  • À droite : 7 août 2012 : François Hollande, élu président de la République, reçoit chaleureusement le roi du Bahreïn à l’Élysée, qui se livre dans son pays à une répression féroce.  

Pour bien réaliser l’ampleur de la manipulation dont furent victimes les électeurs de M. Hollande, il est de salubrité intellectuelle de revisionner ce passage de haute propagande. Un groupe d’internautes l’ont fait et j’y renvoie volontiers car c’est bref et cela vaut vraiment le coup d’œil .

 Sur ce sujet comme sur à peu près tous les autres, les électeurs de François Hollande n’ont donc plus qu’à aller se faire cuire un œuf. Comme nous n’avions cessé de mettre en garde, il apparaît désormais clairement que le slogan de campagne du candidat “socialiste” – « LE CHANGEMENT C’EST MAINTENANT » – n’était bien qu’une sinistre farce.

Que l’invitation du dictateur bahreïni à l’Élysée le 7 août 2012 ait été suivie de l’annonce, le 16 août, de la condamnation féroce du principal représentant de l’opposition au Bahreïn à 3 ans de prison, voilà qui ne fait évidemment pas très bon genre.

La France étant ainsi ridiculisée, notre diplomatie a entonné à son tour les mêmes gesticulations hypocrites que celles de Washington, Bruxelles et Londres.

Réagissant à la condamnation de Nabil Rajab, le ministère français des Affaires étrangères a donc piteusement « rappelé son attachement au principe de liberté d’expression », et a affirmé que la France « encourageait le dialogue permettant d’apaiser durablement les tensions au Bahreïn ».

Bref, notre diplomatie ne sort pas grandie de tout cela, et affiche à l’égard du potentat du Bahreïn une mansuétude qui est refusée avec indignation au président syrien.

QUI TIRE LES FICELLES : L’IRAN… OU OTPOR ?

Que l’on me comprenne bien.

Je ne reproche pas, dans l’absolu, à la diplomatie française de conserver de la distance par rapport aux événements du Bahreïn et de se fixer comme ligne de conduite de tenter seulement d’y apaiser les tensions. J’estime que c’est au contraire ce qu’elle devrait y faire, au Bahreïn comme en Syrie et ailleurs.

Malgré toute la sympathie spontanée que l’on peut éprouver pour Nabil Rajab et les opposants à la monarchie dictatoriale du Bahreïn, il est prudent de ne pas s’avancer sans connaître parfaitement les tenants et les aboutissants de toutes ces manifestations, spontanées ou non. Car dans ce genre de situation, des surprises ne sont jamais exclues.

 Tout d’abord parce qu’il existe plusieurs lectures de la crise :

  • selon certains, cette crise découlerait de l’opposition confessionnelle chiite / sunnite ;  compte tenu du contexte géopolitique, cela signifierait que l’Iran pourrait être à la manœuvre.

En l’espèce, quel est exactement le jeu joué par les autorités de Téhéran ? On imagine sans difficultés que la théocratie iranienne peut avoir avoir partie liée avec certains milieux chiites du Bahreïn, dans ce petit État que l’Iran affirma d’ailleurs être sa possession et qu’il revendiqua officiellement, de 1957 à 1970, comme étant sa 14ème province.

La possibilité de déstabiliser un État qui sert de quartier général à la Ve Flotte américaine ne doit pas déplaire aux stratèges de Téhéran.

  • selon d’autres, cette crise ne serait pas une opposition chiite / sunnite mais une opposition plus classique : “droite / gauche” non confessionnelle.

Mais on doit se demander alors comment il se fait que cette opposition droite / gauche sorte soudain d’un chapeau et comment elle s’articule avec l’opposition chiite / sunnite.

C’est ici qu’apparaît un élément plus inattendu. Selon des sources concordantes, un certain nombre de jeunes manifestants seraient membres du “Mouvement des jeunes pour la Liberté du Bahreïn” (حركة شباب من اجل الحرية في البحرين  ) et auraient reçu une formation du groupe Otpor, comme certains “révolutionnaires” tunisiens ou égyptiens.

Cela conduit à rappeler que le groupe Otpor, mot serbe qui s’écrit “Отпор” en cyrillique et qui signifie « Résistance », est une organisation :

  • qui joua un rôle majeur dans la chute du régime de Slobodan Milošević en ex-Yougolsavie
  • et qui est ensuite devenue un centre de formation pour de jeunes révolutionnaires de différents pays, notamment en Géorgie, puis en Ukraine, mais aussi en Biélorussie et dernièrement, en 2011, en Égypte.

Or, le financement d’Otpor provient notamment :

- de la  “Freedom House”, qui est financée directement par… le gouvernement des États-Unis et qui reçoit aussi des dons d’organisations caritatives ou de l’Union européenne.

- et de l’”Open Society Institute”, la célèbre fondation créée par le célèbre milliardaire américain George Soros, très lié à David Rockefeller, et dont les liens avec toute l’oligarchie euro-atlantiste et les services secrets américains sont un secret de Polichinelle.

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Logo de Otpor
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Le logo de Otpor apparaît, de façon cryptée, sur les affiches du "Mouvement des jeunes pour la Liberté du Bahreïn"appelant à certaines manifestations. On notera que ces affiches sont en anglais, à l'exception de détails. On notera aussi, sur l'affiche de gauche, dans le macaron en bas à droit e(peu visible), la mention : "NO SHII NO SUNNI JUST BAHREÏNI" = "NI CHIITE NI SUNNITE, SEULEMENT BAHREÏNI"

 

  

LA TACTIQUE MACHIAVÉLIQUE DES ÉTATS-UNIS :  

LE SOUTIEN DISCRET AUX OPPOSITIONS INOFFENSIVES POUR LEUR DOMINATION

Pour un esprit logique et droit, il paraît incompréhensible qu’une partie de l’opposition au roi Hamad Al-Khalifa du Bahreïn soit soutenue, financée et entraînée en sous-main par OTPOR, donc au bout du compte par la CIA. Comment les États-Unis peuvent-ils avoir un allié décisif pour leur stratégie dans le Golfe persique et contribuer à soutenir en catimini des actions destinées à le renverser ?

La réponse à cet apparent mystère n’est pas si difficile à comprendre. Sans doute les échecs cuisants de la diplomatie américaine au cours des années 1970 ont-ils donné à réfléchir aux think-tanks de Washington. En effet, les chutes des régimes qu’ils soutenaient à travers le monde, notamment ceux du général Lon Nol au Cambodge ( 17 avril 1975 ), de Nguyễn Văn Thiệu au Sud Vietnam ( 30 avril 1975 ) ou du shah Mohammed Reza Pahlavi en Iran ( 16 janvier puis 1er avril 1979), se sont traduites par l’éviction durable de toute influence américaine dans les pays en question, au moins pour plusieurs décennies, sinon par l’apparition d’un adversaire farouche ( le cas de l’Iran étant le plus flagrant ). 

Tous ces événements ont donc fait prendre conscience des risques d’un soutien massif et unilatéral à des pouvoirs discrédités dans la profondeur des populations, sans envisager de solution de rechange.   En tirant les leçons de ces échecs, l’idée s’est donc fait jour de neutraliser toute possibilité de révolutions réellement dangereuses pour les États-Unis, en soutenant et finançant les oppositions aux régimes en place, fussent-ils dans des régimes amis de Washington, quitte même à y promouvoir des “révolutions”. Et cela afin d’avoir deux fers au feu et de préserver la positions américaine, quels que soient les événements.

L’idée de financer des oppositions aux régimes en place n’était certes pas nouvelle puisque la CIA notamment l’a fait depuis sa création, à la fin de la Seconde guerre mondiale, dans les pays dont elle voulait abattre le régime ( Cuba ou les pays de l’est par exemple) ou dans les pays alliés dont le dirigeant déplaisait “souverainement” à la Maison-Blanche (Charles de Gaulle en France par exemple).   

Ce qui est plus nouveau, c’est l’idée de prendre les devants et de déstabiliser sciemment un régime et un dirigeant allié mais considéré comme fragile, afin de neutraliser par avance les dégâts d’une révolution non contrôlée.

L’idée, très intelligente il faut le reconnaître, s’est donc fait jour de promouvoir de façon systématique des “révolutions clés en mains” par des associations œuvrant en faveur de la démocratie”, soit dans des pays adversaires, soit même dans des pays amis.

C’est ainsi que furent notamment créés :

  • en 1983, le National Endowment for Democracy (NED) (en français, Fondation nationale pour la démocratie), “fondation privée à but non lucratif” des États-Unis dont l’objectif déclaré est «  le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde » , mais dont la plus grande part de ses fonds provient du département d’État américain, avec approbation du Congrès. [ http://fr.wikipedia.org/wiki/National_Endowment_for_Democracy ]
  • en 1993, l’Open Society Institute (OSI), “fondation” créée par le milliardaire George Soros dont l’objectif déclaré est de « promouvoir la gouvernance démocratique, les droits de l’homme et des réformes économiques, sociales et légales et de mettre en œuvre une gamme d’initiatives visant à appuyer la primauté du droit, l’éducation, la santé publique et l’indépendance des médias [ sic ]  ».

Ces deux fondations, entre autres, ont été à la manœuvre dans la floraison de «  révolutions de couleur », toutes conçues selon le même  type de scénario,   qui ont commencé par balayer l’ex camp socialiste, avant de s’attaquer aux régimes en place dans le monde arabe :

  • Révolution du 5 octobre en 2000 en ex-Yougoslavie conduisant à la chute de Slobodan Milošević (avec la création du mouvement Otpor).
  • Révolution des roses en Géorgie en 2003, conduisirent à la chute d’Edouard Chevardnadzé (avec le soutien du “mouvement de résistance civique” Kmara).
  • Révolution orange en Ukraine en 2004, (avec le soutien du “mouvement de résistance civique” Pora).
  • Révolution des tulipes au Kirghizistan en  2005 (avec le soutien du “mouvement de résistance des jeunes” Kelkel).
  • Tentative de déstabilisation en Russie, lors des élections législatives de 2011 (avec le soutien de l’organisation Golos, fondée en 2000 et recevant des fonds de George Soros via la Open Society Institute, et de la NED). Cette tentative explique la décision prise il y a quelques semaines par le président russe Vladimir Poutine de promulguer qui qualifie désormais les ONG percevant des fonds extérieurs comme étant des “agents de l’étranger” et qui les soumet en conséquence à des contrôles officiels.  Loi que la presse occidentale a bien entendu qualifié de grave atteinte aux “droits de l’homme”. 
  • Révolution du jasmin en Tunisie (2010 – 2011) contre le régime pro-américain de Ben Ali.
  • Révolution du papyrus en Égypte (2011) contre le régime pro-américain de Moubarak.

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EN ROUTE VERS LA « RÉVOLUTION DES PERLES » ?

Le soutien du mouvement OTPOR au “Mouvement des jeunes pour la Liberté du Bahreïn” prouve que les États-Unis ont décidé de se prémunir de tout désagrément en cas de chute du roi Hamad :

  • - en tentant de focaliser les manifestations sur la question constitutionnelle et le clivage droite-gauche, et en ayant surtout pour objectif de désamorcer le clivage sunnite / chiite que favorise l’Iran en sous-main (cf. photo supra)
  • - et en proposant une solution “clé en mains”.  Washington a apparemment fait son choix, qui consiste à pousser les manifestants à se focaliser contre la personne de l’actuel roi et à promouvoir à sa place, en douceur son fils,  le prince héritier. Lequel a déjà droit à toute la bienveillante attention de l’administration Obama et a éjà présenté dans la presse américaine comme un “libéral” .

Nul doute que, si des troubles devaient de nouveau éclater, les manifestants supervisés par la CIA-OTPOR orienteraient les revendications des manifestants en faveur d’une démission du roi actuel et de l’édiction d’une Constituante avec l’élévation au trône du prince héritier.

Il ne resterait à trouver que le nom de la révolution. Par exemple “Révolution des perles”, en référence aux huitres perlières de jadis…

À l’exemple de ce qui est en train de se passer sous nos yeux dans les prétendues “révolutions” du “printemps arabe”, le peuple de Bahreïn se rendra compte, mais ensuite, qu’il ne s’est agi que d’une révolution factice, faisant semblant de « tout changer pour que rien ne change », pour paraphraser le Prince Salina dans le roman Le Guépard de Lampedusa.

En attendant, François Hollande a décidément bonne mine en recevant le roi du Bahreïn : non seulement il salit l’image de la France mais il invite à l’Élysée un roi qui ne l’est plus à la Maison-Blanche, où l’on s’active à promouvoir le fils…

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7 juin 2011 : Alors que cet entretien n'était pas prévu officiellement et qu'il n'est pas parfaitement conforme aux usages protocolaires, le pré

sident Obama reçoit à la Maison-Blanche le prince héritier du Bahreïn, Salman bin Hamad bin Isa al-Khalifa. Le Wall Street Journal a présenté cette rencontre comme inopinée, le président américain s'étant invité sans prévenir dans une réunion entre le prince héritier et le conseiller de la Maison-Blanche à la Sécurité Nationale Tom Donilon. La presse américaine en a profité pour souligner que le prince hériter, qui est à la tête des forces armées du Bahreïn, était réputé pour être un "réformateur libéral" au sein de la famille royale.

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9 mai 2012 : la Secrétaire d'État Hillary Clinton reçoit d'un air décidé au département d'État le prince Salman bin Hamad bin Isa Al-Khalifa. À l'évidence, Washington a fait son choix.

 

LE PRINCIPE DE NON-INGÉRENCE

Il y a une autre raison, beaucoup plus fondamentale que la prudence à avoir dans le cas d’espèce, pour ne pas prendre position sur la situation intérieure au Bahreïn. C’est tout simplement le respect du droit, et notamment du droit international, auquel tous mes lecteurs savent que j’estime essentiel de le respecter en toutes circonstances.

Il faut en effet être logique et conséquent : on ne peut pas vouloir faire respecter le droit international, – et tout spécialement le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain qui en constitue la clé de voûte -, et prétendre par ailleurs intervenir dans ces mêmes affaires intérieures dès lors qu’un mouvement politique interne y suscite notre sympathie.

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Extraits de l’Article 2 de la Charte des Nations-Unies :

Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. 

Aucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État ni n’oblige les Membres à soumettre des affaires de ce genre à une procédure de règlement aux termes de la présente Charte; toutefois, ce principe ne porte en rien atteinte à l’application des mesures de coercition prévues au Chapitre VII.

Ceux qui ont gravé dans le marbre de la Charte des Nations Unies ce principe fondamental de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain ne l’ont pas fait à la légère ni pour protéger telle ou telle dictature.

Ils l’ont fait pour une raison d’une très grande force théorique et pratique : si l’on commence à admettre le bien-fondé qu’un État, ou qu’un groupe d’États, prenne parti pour telle ou telle faction dans un autre État souverain sans mandat des Nations Unies, il n’y alors a plus aucune raison, ni aucun motif de droit, pour que tous les États du monde en fassent de même et se mêlent de tout ce qui se passe chez les autres.

 C’est alors la porte ouverte :

  • - d’une part à une confrontation générale, donc à un risque majeur que la situation ne dégénère rapidement en conflit régional ou mondial ;
  • - d’autre part à accorder, in fine, tout pouvoir à l’État, ou au groupe d’États, dont les moyens militaires et l’appareil de propagande médiatique surpassent tous les autres. C’est-à-dire, pour parler clair, aux États-Unis d’Amérique et à leurs vassaux européens.

 Piétiner le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures revient ainsi à asseoir, au bout du compte, l’hégémonie mondiale de l’empire euro-atlantiste.

Ces deux risques majeurs se sont récemment concrétisés dans plusieurs États du Moyen Orient et d’Afrique (Afghanistan, Irak, Soudan, Libye) et sont actuellement visibles à l’œil nu en Syrie.

CONCLUSION : LES TROIS FAUTES DE FRANÇOIS HOLLANDE

En recevant chaleureusement le roi du Bahreïn à Paris, et en passant par pertes et profits le sorts des opposants au régime de Manama, le président de la République a commis trois fautes d’un coup.

 1) Une faute contre le droit : une ingérence dans les affaires intérieures

Dans les circonstances extrêmement troublées qui prévalent actuellement sur la scène politique du Bahreïn, le fait de recevoir le roi du Bahreïn et ne pas recevoir des représentants des différents mouvements d’opposition prend une coloration qui va très au-delà du simple échange de vues diplomatique. C’est un geste qui ne peut être interprété que comme un soutien de la France à la dictature du roi Hamad Al Khalifa. Et qui est d’ailleurs interprété comme tel.

Outre que cette prise de parti est indécente compte tenu du contexte, elle constitue une violation du droit international puisqu’elle revient à s’immiscer ouvertement dans les affaires intérieures du royaume.

Si M. Hollande voulait corriger cette impression détestable, il devrait demander à l’ambassadeur de France au Bahreïn, M. Christian Testot, de demander à rendre visite à Nabil Rajab dans sa prison, afin de lui remettre symboliquement une invitation à venir à Paris. 

2) Une faute contre l’équité : un indécent “deux poids – deux mesures”   

Soyons clairs.

Tout comme les anciens régimes libyens ou égyptiens, l’actuel régime syrien n’est certes pas une démocratie version euro-atlantiste et ne respecte certes pas les droits de l’homme à l’occidentale.

Mais le régime du Bahreïn, tout comme ceux de l’Arabie saoudite ou des monarchies pétrolières du Golfe, sont encore moins des démocraties et bafouent encore davantage les droits de l’homme.

Il suffit de songer au statut des femmes, des travailleurs immigrés non occidentaux ou des minorités religieuses dans chacun de ces pays pour en être convaincu.

Dans ces conditions, le fait que François Hollande ait adopté une politique appelant explicitement d’un côté à faire chuter le régime de Damas et soutenant explicitement d’un autre côté le régime du Bahreïn constitue une  faute contre l’équité. Il s’agit d’un cas flagrant de “deux poids – deux mesures”, que les Anglo-Saxons qui sont spécialistes en la matière appellent “double standard”.

Or à peu près rien ne révolte plus les peuples que ce genre de différence de traitement : cela laisse pour des années une image honnie à celui qui s’y livre.

3) Une faute contre la France : l’alignement complet sur les intérêts géopolitiques américains se fait  au détriment de nos intérêts nationaux

Enfin, il convient de rappeler que, s’il existe bien un pays francophile et encore francophone au Moyen Orient, c’est, après le Liban, la Syrie.

Dans ces conditions, prendre le parti de soutenir la dictature théocratique anglo-saxonne du Bahreïn – chasse gardée des Anglo-américains – et exiger parallèlement la chute du régime laïc de Damas – où la France avait une influence très importante, c’est nuire très gravement à nos intérêts nationaux essentiels dans cette région du monde.   

Pour se plier aux instructions formulées par Washington et relayées par Bruxelles, François Hollande, tout comme son prédécesseur Nicolas Sarkozy, fait passer un terrible message auprès de tous les peuples de la région : le soutien de la France ne vaut plus rien, puisque la France est infidèle à son histoire et à ses amitiés et qu’elle préfère soutenir les dictatures de l’empire américain.  

Comment s’étonner, après une politique aussi contraire à nos intérêts nationaux, que l’audience de notre pays ne cesse de d’affaiblir partout dans le monde, de même que notre présence commerciale qui y était étroitement corrélée ? 

Le cas du Bahreïn est donc exemplaire. Exemplaire de l’asservissement de la France aux intérêts euro-atlantistes anglo-saxons, et de la marginalisation accélérée de notre influence sur la France de  la scène internationale, par construction européenne interposée.

 

http://www.u-p-r.fr/actualite/monde/manifestations-au-bahrein-alignement-de-l-ue-et-de-la-politique-francaise-sur-washington

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 03:47

 

Dimanche 4 novembre 2012
Impressions depuis l’Iran – suivi de "Lettres de Syrie"
Andrea DUFFOUR

"Qu’est ce que tu veux aller faire en Iran ?"

Dans un monde dominé par la prolifération et les menaces de guerres envers les peuples des pays non-alignés, par la manipulation grossière de l’information (1) - guerre faite aux peuples des pays alignés - et par la récupération et le contrôle des mouvements de résistance des peuples de tous les deux, il ne reste qu’une chose à faire : aller voir soi-même sur place.

L’occasion se présente un beau matin dans une agence de voyage où, en passant, je me renseigne sur les prix d’avion pour l’Iran : on me propose un vol Zurich-Istanbul-Téhéran pour le mois d’août pour un peu plus de 400 euros. Un coup de fil à l’ambassade d’Iran plus tard, me voilà rassurée : une voix très sympathique me confirme que je peux acheter ce billet sans souci et - autre bonne nouvelle - que je peux sans problème m’y rendre en sandales (la seule chose qui m’inquiétait vraiment). Effectivement, je reçois mon visa sans encombre.

A la question "Qu’est ce que tu veux aller faire en Iran ?" j’ai souvent répondu simplement : "Quand les médias disent une chose, il m’arrive de penser le contraire..." Bien sûr, il y a eu d’autres éléments qui m’ont donné envie d’aller connaître ce pays, entre autres le fait que l’Iran sera à la tête du Mouvement des pays non-alignés pour ces prochaines années et reçoit en ce mois d’août les représentants des 120 états membres, qui représentent 55% de la population mondiale, et qui se réunissent tous depuis leur création avec ce besoin d’autodétermination en commun. Ce qui me rapprochait aussi du peuple iranien était le fait que son gouvernement actuel a toujours soutenu la cause du peuple palestinien.

Pour la suite (j’exagère un peu, mais pas trop), et en sous-titrant les mises-en garde de certaines personnes de mon entourage, tout le monde ne semble pas du même avis...

"Tu ne pourras pas voyager sans l’autorisation de ton mari"

Partir légère, sans plan, sans adresse, sans contacts, a toujours été ma façon préférée pour découvrir un pays. Je m’imaginais un peuple très hospitalier et ouvert - et je n’ai pas été déçue. Je profite du vol pour apprendre à prononcer quelques mots et à compter en farsi. Montrer une photo de famille (avec mon mari et mes 4 ados qui sont restés au pays) est un bon moyen pour entrer en communication avec des femmes de mon âge qui ne parlent pas l’anglais. Pour trouver un cyber-café, une gare ou un bureau, je me fais écrire les indications en farsi sur un bout de papier, car je ne peux pas lire les enseignes... Je me fais souvent aborder, en priorité par des jeunes entre 20 et 28 ans qui m’offrent spontanément leur aide sans jamais s’imposer, soit pour me montrer leur grande richesse en biens culturels ou soit parce qu’ils ont tout simplement envie de pratiquer leur anglais. Souvent, en partant, ils me laissaient leur numéro de téléphone : « si tu as des problèmes de traduction, appelle-moi, je ferai l’interprète". C’est un service que je n’ai évidemment jamais eu besoin d’utiliser parce que je faisais partout de nouvelles rencontres.

Après quelques jours, j’avais expérimenté tous les moyens de locomotion possibles : moto-taxi improvisé, bus public, métro (espace femmes ou espace mixte), taxi collectif et train. Le premier taxi, de l’aéroport de Téhéran au centre ville à 4h du matin, m’a coûté plus cher que le train de nuit entre Yazd et Kerman et le bus de nuit VIP entre Kerman et Shiraz réunis. Le prix du pétrole est effectivement assez cher pour le transport individuel (700 tuman/7000 rials le litre), ce qui revient à env. 20 dollars les 500 km, alors qu’en bus, le même trajet ne coûte que 5 US dollars (août 2012). Je n’ai croisé qu’une douzaine de touristes européens au cours de ces 3 semaines. il parait que le tourisme a beaucoup baissé depuis les derniers 4 ou 5 ans.

"Tu ne pourras pas aller dans un hôtel toute seule"

Je n’ai fait que deux fois une demande de logement via le site de couchsurfing, qui m’est familier et qui fonctionne aussi très bien en Iran, même si ce n’est pas vu d’un bon oeil du coté du gouvernement qui préfère que les gens logent dans des hôtels payants. Sinon, je me fais souvent inviter spontanément par des rencontres du jour.

Le fait de voyager léger et de ne rien réserver à l’avance me permet d’accepter ces invitations. Si je choisis de loger dans une auberge, il arrive que le réceptionniste lui-même m’invite à venir dans sa famille pour un repas ou même pour y dormir. Je peux me permettre d’arriver en pleine nuit dans certaines villes, en me sentant plus en sécurité qu’en Suisse car, au pire, il me resterait toujours la possibilité de m’allonger en plein centre ville dans un parc public aux côtés de ces familles de touristes iraniens qui y plantent leurs tentes en toute légalité. C’est donc le pays pour voyager en tant que femme seule, avec une hospitalité non calculée inédite, et protégée par l’islam des avances de la gente masculine.

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« Tu ne pourras pas boire de l’alcool »

C’est vrai. Comme dans tous les pays musulmans, l’idée de boire de l’alcool ne me traverse pas l’esprit ici - même à moi, qui adore le vin ! Arrivée presque au début du ramadan, j’ai côtoyé beaucoup de musulmans pratiquants, jeunes et moins jeunes. Tous les cafés et restaurants sont fermés durant la journée et il faudra dénicher des vitrines couvertes de journaux ou entrer dans des petits magasins afin de s’approvisionner de quelque chose de comestible avant le coucher du soleil. Dans ce contexte, et peut-être à cause de la température, l’idée de manger ne me traverse étonnement pratiquement jamais l’esprit. J’ai quelques noix dans mon sac et je bois de l’eau aux robinets. J’ai toujours quelque chose de plus passionnante à faire que de penser à manger et encore moins à boire de l’alcool. D’ailleurs, mes 3 semaines de séjour me paraîtront deux fois plus longues car je ne dors que peu, n’étant pas fatiguée - est-ce un effet de l’abstinence ? - et discute souvent jusqu’à 4h du matin avec mes interlocuteurs pour prendre directement le safar (petit déjeuner avant l’aube). Deux fois, il m’arrivera de jeûner complètement, c’est-à-dire sans boire de l’eau, en solidarité avec la personne avec laquelle je me trouvais, malgré leur insistance que je n’y étais pas obligée, juste pour en faire l’expérience. Ce n’était finalement pas une bonne idée car j’ai eu mal à la tête pendant 2 heures en fin de journée. Par contre, je peux désormais compatir et repérer les pratiquants en fin de journée d’après leur regard et la façon qu’ils ont de se mouiller la bouche sans boire.

Islam

Il y a beaucoup de passages du Coran qui ressemblent à la Bible, avec la différence que les musulmans ne croient pas que Jésus soit le fils de Dieu mais simplement un de ses prophètes car, pour eux, le concept de la trinité correspondrait à une forme de polythéisme. Ils ne croient pas non plus au péché originel dont le sacrifice de Jésus sur la croix serait la rédemption. Ils croient à la responsabilité de chacun, selon ses actes.

Vie religieuse - vie profane

Les règles religieuses qui concernent la vie quotidienne ; et qui dans un monde non islamique sont souvent considérées comme désagréables ou imposées par la force ou restrictives, ne paraissent pas être ressenties par les pratiquants comme négatives ni comme des limitations à leurs libertés. La vie religieuse ou spirituelle et la vie des plaisirs matériels ont l’air de faire bon ménage. Ceux qui ne pratiquent pas le jeûne le font discrètement par égard aux autres. Souvent, les musulmans expliquent que les règles du Coran sont très logiques et adaptées à une vie saine, comme par exemple le fait de ne pas boire de l’alcool, de ne pas manger du porc, de se laver avant chaque prière, etc.

« Qu’est ce que tu vas faire chez les musulmans pendant le ramadan ? »

Les repas du soir sont de grands moments de joie de vivre. Le ramadan se termine par le ’Id al-Fitr, fêté en famille.

D’ailleurs, les iraniens ne souffrent pas de stress et emportent souvent leur grand tapis dans le coffre de leur voiture pour s’arrêter aux heures chaudes sous un arbre pour faire une sieste, boire du thé, manger des raisins ou fumer le narguilé. Les journées de voyage sont exemptées du jeûne, mais doivent être rattrapées avant le prochain ramadan.

Les chiites

En Iran, c’ est le chiisme qui est majoritaire, contrairement aux autres pays islamiques, mais jamais je n’ai entendu des propos négatifs contre les sunnites ou contre les chrétiens.

L’imam est un érudit qui connaît les lois, chez les chiites, avec un ayatollah à leur tête. "L’Imam Khomeini a reçu le titre d’iman honoraire après son décès. Il fut un Guide, un père, un enseignant, un espoir et le bien-aimé de la nation iranienne, il symbolisait l’espoir de tous les opprimés du monde, particulièrement parmi les musulmans", m’explique le guide dans le modeste Khomeiny house à Qom et m’offre le livre "Governance of the jurist : Islamic government", une compilation des écrits de Khomeini où il argumente sur la nécessité de former un gouvernement islamique dans lequel tous les problèmes sociétales sont déjà réglementés. Ainsi, la république islamique fut instauré en 1979 par un référendum.

Aujourd’hui, ils sont nombreux à reprocher à leur président, Ahmadinejad, de ne pas être assez diplomatique avec les pays impérialistes et d’ainsi ramasser des sanctions économiques. Beaucoup voient en lui la cause de la montée des prix. Aussi, ils se plaignent que le pétrole est trop cher, contrairement aux promesses faites par le gouvernement. Il y a aussi beaucoup d’Iraniens qui considèrent que la religion ne devrait pas être mêlée à la politique, que la pratique du ramadan et d’autres pratiques religieuses sont des bonnes choses en soi, mais ne devraient pas être plus ou moins imposées par leur gouvernement. Idem pour le code vestimentaire.

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"Tu devras porter le voile"

Eh ben, oui ! Alors que beaucoup de femmes n’ont pas du tout envie de se séparer de leur voile décoratif, elles trouvent que cela devrait être leur libre choix. De l’autre coté, elles sont contentes que leur mari ne puisse pas voir les jambes d’autres jeunes femmes. Elles se sentent plus protégées ainsi, car elle pensent que les hommes ont toujours des désirs. Pour ma part, la chaleur du mois d’août m’est bien plus agréable en manches longues. Je me suis aussi vite habituée au foulard, même si je m’en serais passé parfois, et je suis généralement invitée à me mettre à l’aise dès que j’entre dans une maison. Le rosari (foulard) se porte partout par toutes les femmes, les cheveux dépassent plus ou moins selon l’âge ou selon la région (ville ou campagne), le maqnei (voile plus formel qui ressemble un peu au voile de nos religieuses) est porté par les fonctionnaires, sur certains lieux de travail, à la télé, etc., et a l’avantage de ne pas devoir être remis en place régulièrement. Souvent, des femmes âgées se voilent en plus avec le djador complet qui, pour les autres, n’est obligatoire que dans certaines mosquées où il peut être emprunté à l’entrée, et certaines personnes âgées tiennent en permanence un bout du voile dans la bouche pour cacher la moitié de leur visage. A la maison ou entre elles, les femmes se mettent à l’aise, et j’en ai même vu venir faire la sieste dans la partie des femmes des mosquées où, après la dernière prière du soir, un petit casse-croûte (iftar) est distribué à tout le monde. L’hygiène est un autre point où la vie religieuse et la vie profane se retrouvent, et c’est toujours un plaisir de trouver un hamman publique pour se faire un gommage hebdomadaire, même si la plupart des femmes le font chez elles à la maison. J’ai aussi croisé plusieurs iraniennes qui apparemment venaient d’effectuer une chirurgie plastique pour montrer un nez parfait, une pratique apparemment assez répandue.

"En Iran, on ne respecte pas les femmes"

Je n’ai pas eu cette impression. Par contre, mes interlocutrices étaient choquées quand je leur ai dit que chez nous, une femme gagne souvent 20 à 30 % de moins pour le même travail effectué par un homme. Elles sont très bien représentées dans tous les domaines, les places dans les garderies sont faciles à obtenir et je n’ai jamais entendu un homme siffler derrière une femme ou vu un client taper une serveuse sur son derrière. J’ai rencontré un très grand nombre de femmes ingénieurs, médecins, avocates, journalistes, etc. Il parait qu’elles représentent plus de 60% des étudiants à l’université. Ayant entendu à mon retour de voyage que l’Iran comptait à nouveau fermer l’accès aux femmes à certains branches, j’ai posé la question à une de mes nouvelles connaissances par mail. Voici sa réponse (pas tout à fait convaincante à mon avis) : « Oui, j’ai aussi entendu qu’il y aura certaines branches où les hommes auront priorité. Le fait d’avoir plus de femmes que d’hommes à l’Université est effectivement devenu un problème et on aura beaucoup d’hommes au chômage, ce qui peut devenir un danger pour tout le monde. Malgré le fait que les filles sont d’excellentes étudiantes, il y a certains emplois qui se prêtent mieux aux hommes. Par contre, il n’y aura aucune limitation d’accès des femmes à l’université. Mais, je pense que ce déséquilibre en faveur des femmes en Iran doit être un peu corrigé, ce qui sera mieux pour tout le pays.  »

"Tu vas être prise pour une espionne européenne"

Suivi de « Prends avec toi l’adresse de l’ambassade Suisse", le deuxième n’allant pourtant pas très bien avec le premier, alors que l’ambassade Suisse fait aussi office de représentation des intérêts des Etats-Unis et que la Suisse venait d’offrir de l’argent à l’opposition syrienne peu avant mon départ... Bon, je n’ai pas suivi ce conseil non plus, et le fonctionnaires me font une bonne impression. D’abord les douaniers qui m’accueillent avec un « welcome in Iran  », puis des policiers iraniens qui m’aident à attraper un bus entre deux villes et m’offrent de l’eau en plein ramadan, tout en s’excusant qu’elle n’est pas assez fraîche et finalement à ma deuxième sortie définitive (en revenant en transit à l’aéroport de Téhéran, après une petite virée improvisée en Arménie et en Géorgie. Je suis obligée de leur demander de m’organiser une carte d’embarquement à l’extérieur, car je n’ai plus de visa, ce qu’ils font pour moi en pleine nuit).

Toutefois, j’ai été surveillée lors de la grande manifestation à Quods, qui a lieu chaque dernier vendredi du ramadan en soutien à la Palestine pour dénoncer l’ingérence des impérialistes et des sionistes. Alors que j’étais en train de parler avec un Japonais équipé d’une énorme caméra, deux policiers en civil m’ont demandé gentiment de leur montrer mes photos prises pendant la manifestation. Ils m’ont rassuré que je ne devais pas avoir peur d’eux et que c’était juste un jour très sensible pour eux et qu’ils ne souhaitent pas que nos médias diffusent n’importe quoi. Je les ai rassurés de mon coté que eux non plus, ne doivent pas avoir peur de moi et on a bien rigolé ensemble. Toutes mes photos ont passées la censure.

"Tu vas ramasser une bombe israélienne"

Nous savons tous que le refus d’Israël de signer le traité de non prolifération des armes nucléaires est un sérieux obstacle à la paix mondiale, tout comme ses déclarations belligérantes et odieuses envers ce peuple pacifique. Le silence consentant de l’Europe n’y aide pas non plus.

Les réponses de mes interlocuteurs par rapport à leur évaluation d’une éventuelle agression par Israël se résument à peu près ainsi : Nous entendons ces discours et ces menaces depuis 30 ans. Nous sommes un peuple très paisible. Utiliser la bombe atomique est contre notre religion. Nous n’avons jamais attaqué personne, mais nous saurons très bien nous défendre. Nous avons le droit de faire des recherches dans l’énergie nucléaire civile. Israël possède 200 ogives. Personne ne s’indigne. Nous avons aussi des missiles d’une portée de plus de 2600 km. Le petit Israël n’aura jamais les moyens pour nous attaquer tout seul, cela serait suicidaire de leur part, mais ils en sont capables. Ce serait la plus grosse erreur de leur histoire. S’ils le font avec l’aide des USA, ce sera le déclenchement de la dernière guerre mondiale. Ici, nous vivons tranquillement et personne ne pense à une guerre.....

Ces réponses correspondent aux discours de l’Ayatollah Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique qui a succédé à Khomeini, et que l’on peut souvent voir à la télévision durant ce mois de ramadan. Bien-sur, que je ne comprends pas ce qu’il dit mais voici ce que j’ai trouvé sur le net :

dans un des sermons de la prière de l’Eïd-ul-Fitr :

« La République islamique d’Iran considère l’utilisation des armes nucléaires, chimiques et à destruction massive comme un péché impardonnable. Nous avons proposé le slogan "Un Moyen-Orient sans armes nucléaires" que nous respectons. Cela ne veut pas dire que nous sommes prêts à renoncer à l’énergie nucléaire pacifique et à la production de combustible. Conformément aux accords internationaux, l’utilisation de l’énergie nucléaire pacifique est un droit pour tous les pays. » (3)

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Une guerre massive de 8 ans fut imposée à ce peuple paisible par Saddam Hussein, soutenu par le bloc occidental et oriental. L’Iran a ainsi perdu beaucoup de ses hommes, ce qui baisse considérablement la moyenne d’âge et explique peut-être entre autres, pourquoi en Iran on peut prendre sa retraite après 20 à 30 ans de vie active, et non pas après 42 ans comme chez nous en Suisse.

Sous blocus depuis 30 ans, une partie du peuple reproche à son gouvernement être à l’origine de la hausse des prix (le pain par exemple a augmenté de 100 à 500 rials (25ct) en 2 ans). « Si notre président était un peu plus diplomatique avec les pays de l’Ouest, on n’aurait pas toutes ces sanctions.  » Aussi la phrase « On n’a pas le droit de critiquer  », que j’ai entendue trois fois, prononcée à voix haute (!) dans des transports en commun. « Pourtant, tu viens de le faire... »

Depuis l’instauration de la république islamique, les Iraniens sont allés une trentaine de fois aux urnes. Le 12 juin 2009, avec 85% de participation, sous la vigilance du monde entier, ils ont voté pour Ahmadinejad, issu du peuple. Moussavi, soutenu depuis l’étranger, a réclamé de nouvelles élections et il y a eu des manifestations violentes, soutenues aussi par l’étranger. Le budget consacré à la déstabilisation de la révolution iranienne de 400 millions de dollars US par an a dû être augmenté cette année là (2009). (Etant membre de l’association Suisse-Cuba depuis vingt ans, je connais la même politique appliquée à un tout petit pays nommé Cuba). Pourquoi ne peut-on pas laisser à ce pays sa souveraineté ? Pourquoi toute cette désinformation ?

Que quelqu’un puisse déclencher une guerre contre un peuple si paisible m’est tout simplement impensable. Oui, je sais, je suis naïve  : ce ne sont jamais les peuples qui veulent la guerre mais leurs gouvernements. Seulement voilà  : chez nous, ces derniers ne se gênent pas pour la réclamer haut et fort, ce qui n’est pas du tout le cas en Iran. (2)

De retour dans mon pays, certains médias continuent à propager les propos belliqueux des pays impérialistes, de mettre de l’huile sur le feu de la guerre civile en cours en Syrie (4), d’analyser le Moyen Orient dont ils ne comprennent pas grand chose - les spécialistes analystes du Moyen Orient prolifèrent dans nos médias - et d’attiser la haine contre l’Islam : tous les moyens sont bons pour justifier une guerre contre des peuples innocentes. La commémoration du massacre des réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila n’est pas un thème abordé et la parole est rarement donnée aux concernés.

La population iranienne, contrairement à certains européens, connaît aussi les atrocités commises par une partie de l’opposition syrienne et leur financement depuis extérieur. Pour eux, la Syrie représente un allié important, ensemble avec le Liban. Je n’ai pas osé aller en Syrie mais, par contre, je vous propose un résumé de lettres de Syriens vivant en Syrie que j’ai pu interviewer. (4)

Andrea Duffour

(1) On n’a pas toujours l’occasion d’aller voir sur place, mais on peut toujours faire des recherches sur un auteur avant de lire son article... Envie de passer une nuit blanche ? Il suffit de chercher dans google ou dans youtube dans toutes les langues que tu connais, avec tes propres mots clefs, comme par exemple désinformation - média-mensonge- faux reportage - manipulation de l’info- stratégie du choc, stratégie du chaos + Syrie, Iran, Venezuela, Cuba, etc. Envie de te faire ta propre idée sur un "dictateur" ? L’important est de toujours chercher ses discours ou des textes écrits PAR lui et non pas SUR lui.

(2) Plus de 2600 inspections/personnes/ jours de la IAEA ont eu lieu sur
près de 145 lieux d’inspection, choisis par les inspecteurs eux-mêmes, sans
pouvoir prouver que l’Iran exploite l’énergie nucléaire à des fins
militaires. source : * *http://www.youtube.com/watch?v=A5OuNt2oTYg, à la
minute 5 ; voir aussi le clip youtube intitulé "ni Israël, ni rayé, ni
carte" dénonçant une fois de plus le média-mensonge :
http://www.youtube.com/results?

(3) sermons de la prière de l’Eïd-ul-Fitr. Pour le discours intégral : http://french.khamenei.ir/index.php?option=com_content&t...

(4) voir mon article Lettres depuis la Syrie,


Lettres depuis la Syrie

Tellement choquée par la désinformation qui circule autour de l’Iran et de la récupération des mouvements de résistance en Syrie, je me suis décidée à aller voir par moi-même sur place. Un voyage en Iran cet été, ainsi qu’un échange épistolaire commencé au début octobre avec une vingtaine de Syriens que j’ai pris au hasard sur un réseau social, pour leur demander leur analyse personnelle de la situation sur place, m’ont permis de me forger ma propre opinion.

Inutile de dire, que de me rendre en Iran - malgré les découragements de mon entourage, car voyageant seule, en plein Ramadan, sans aucune connaissance ni réservation sur place – a été sans doute l’une des plus belles et riches expériences que j’ai faites, et je suis convaincue que ce peuple hospitalier, pacifique et instruit n’entamera jamais une guerre, mais saura très bien se défendre en cas d’attaque.

Même s’ils sont nombreux à critiquer le côté non diplomatique de leur gouvernement qui, selon beaucoup d’entre eux, représente la cause des sanctions internationales et de la hausse des prix, leur cœur bat aussi pour leurs peuples frères, notamment les Palestiniens et les Syriens.

C’est à ces derniers que j’aimerais maintenant sans tarder donner la parole, en choisissant un interlocuteur pour chaque type de réponses (mises en évidence par l’auteure) :
 
Réponse depuis LATAKIA (3 oct. 2012)
Je ne peux pas répondre à toutes tes questions, car je ne suis pas très intéressé à la politique. Personne ne sait ce qui se passe vraiment. Il y a beaucoup de mensonges qui circulent. Disons que la vie est normale ici à Latakia, je vais au boulot tous les jours et je vois mes amis après le travail ou les w-e. Si tu passes en Syrie, tu seras la bienvenue à Latakia et je peux te faire visiter la ville ou t’aider, si tu en as besoin. 
Hasan* from Latakia, Syria (et 6 autres réponses dans le même style, dont 3 qui me conseillent de ne pas venir en Syrie en ce moment)

Réponse depuis ALEP (4 oct. 2012)
(..) Je viens d’arriver en Turquie depuis Alep, le point le plus chaud en batailles et violences. Je ne suis toujours pas installé ici à Gaziantep et je suis préoccupé pour ma famille qui ne pouvait pas me rejoindre parce qu’elle n’avait pas de passeports. J’espère pouvoir vous écrire plus quand on sera installé et que j’aurai trouvé un travail. Merci, aussi pour la chaleur humaine et la préoccupation que vous démontrez envers mon peuple.
Tarik* de Alep, Syria (ainsi qu’un deuxième interlocuteur qui est en train de partir pour la Turquie et un autre qui a quitté pour les USA)

Réponse depuis DAMAS (7 et 9 oct. 2012)
Mon meilleur ami est mort, il a été tué par un sniper dans son appartement. Il avait préparé une rencontre entre des étudiants pro-régime et des étudiants opposants. Le père d’un autre ami a été kidnappé et personne ne sait où il se trouve. Beaucoup de personnes innocentes sont mortes, des milliers de maisons brulée. Combien de morts le monde aura-il encore besoin avant d’agir ? C’est une guerre pour prendre le contrôle sur la Syrie et nous, le peuple, sommes les victimes. On continuera à saigner et à mourir jusqu’à ce que le monde décidera s’il veut nous sauver ou nous laisser dans un futur obscur.
Wael* de Damas, Syrie (et 2 autres dans le même style, notamment celui qui est parti aux USA)

Analyse extensive depuis LATAKIA (3 et 7 oct)
Chère Andrea, je ne suis pas très actif sur [ce réseau], mais je pense pouvoir vous aider dans vos recherches. Quoi qu’il en soit, Latakia, dans sa majorité, est pro-régime, puis viennent les neutres, et puis vous avez la masse presque silencieuse des opposants (la plupart d’entre eux ont un background islamique). 

Ici à Latakia, nous n’avons pas (encore) souffert comme à Homs ou Alep, mais la situation peut s’envenimer à n’importe quel moment (…) Dans les forêts autour, il y a beaucoup de batailles entre les forces du gouvernement et "les rebelles".

Voici mon analyse succincte des deux côtés de la Syrie (analyse simplifiée, bien sûr) :

A Les Pro-Régimes : 

1 - Les éléments positifs : Des bons citoyens, "clean" en général, ils croient en Bachar Al- Assad. Ils ne croient pas que les forces de sécurité puissent commettre des crimes contre les citoyens, et ils ne peuvent pas voir les choses positives émanant de l’opposition. Ils croient que ce qui se passe aujourd’hui est un simple résultat d’un complot, et qu’il n’a pas de raisons internes. 

2 - Les simples citoyens : Ils soutiennent le président et son régime (à mon avis, le régime est le régime de son père) parce que le groupe (une espèce de clan ou famille) auquel ils appartiennent le soutiennent.

3 - Les corrompus : Ce sont les seuls responsables de toutes les atrocités et des crimes commis par le « régime » et ils forment une masse énorme dans le « régime ». Certains d’entre eux soutiennent le « régime » pour maintenir leurs privilèges, tandis que d’autres ont pris la décision rejoindre la "Révolution" quand ils ont senti que le "régime" devait bientôt s’effondrer.

B. L’opposition :

1 - Les opposants positifs : Ce sont ceux qui ont toujours été debout contre la corruption, l’oppression et l’injustice commises par le « régime ». Certains d’entre eux étaient des prisonniers politiques ou activistes auparavant. Ils rêvent d’un meilleur pays où il n’existe pas de monopole du pouvoir, d’ injustice, de corruption et de terreur.

2 - Les simples citoyens : Ce sont ceux qui se dressaient contre le « régime » parce que les groupes auxquels ils appartiennent (clan, famille) l’ont combattu. Ceci peut être attribué à des injustices dont certains individus ont souffert sous le « régime ». Ensuite, des personnalités influentes de ces groupes ont motivé les foules à se battre contre le statu quo, suite à la souffrance de ces individus.

3 - Les personnes d’origine musulmane : Ils varient entre les simples citoyens et les fanatiques. Les fanatiques luttent contre le « régime », car ils pensent que c’est un « régime infidèle » qui devrait être détruit afin de mettre en place un régime islamique. Ils profitent de la situation actuelle pour faire avancer leur cause. Ils forment la majorité de l’opposition armée pour le moment. Cela signifie que la plupart des « rebelles armés » sont des islamistes ou ont ce background en général. Bien sûr, il est à noter qu’une énorme masse des « rebelles » armés ne sont pas du tout syriens. 

C. Autres facteurs : 

Certaines parties externes, comme certains États du Golfe, les Etats-Unis, ou encore le gouvernement turc ont tenté de profiter de la situation pour leur propre bénéfice, ce qui a aggravé la situation. Ils ont fourni des armes aux « rebelles » et les ont motivés à lutter contre le gouvernement, ce qui est une raison importante pour laquelle certaines villes sont devenues des champs de batailles réels, parce que dans beaucoup de ces endroits, ce n’étaient PAS les forces gouvernementales qui ont commencé la lutte (comme à Al Haffa, ville de Latakia, la bataille a été lancée par les « rebelles »). À mon avis, l’armement de la « Révolution » n’apportera rien de bon aux Syriens, cela ne fera qu’ouvrir que plus large la « Porte du Diable".

Pour résumer, il y a éléments radicaux des deux côtés et il existe de l’incompréhension entre les forces positifs des deux côtés, c’est- à-dire, les "pro-régimes" paisibles ne voient que les éléments radicaux du coté de "l’opposition" et les opposants paisibles ne voient que les éléments négatifs des pro-régimes. Les forces positives des deux côtés n’arrivent pas à se mettre ensemble pour maintenir la paix.
Tamman de Latakia, Syria

Re-bonjour,
Merci pour votre réponse et pour expliquer de quelle manière pensent les gens en Europe concernant la Syrie. Comme je m’y attendais, la première catégorie que vous avez mentionnée (ceux qui pensent que l’opposition est de 100% clean) est la plus importante, à part ceux qui ne se soucient pas du tout de nous. 

Si vous me le demandez, je crois que je m’intègre le mieux dans la catégorie du milieu en Syrie. Ici, on nous appelle la « face grise » parce que nous n’avons rejoint aucun des deux opinions dominantes « noir » ou « blanc ». Quoi qu’il en soit, j’ai l’habitude de ne pas parler de la question car généralement, cela ne génère que des problèmes, Nous avons une sorte de "Spasma mentale", si on peut appeler cela ainsi. Il est difficile pour la plupart des gens d’ accepter ce que les autres pensent.

- C’était mon analyse personnelle, oui, et s’il vous plaît, n’hésitez pas à me citer, mais je préfère ne pas parler en mentionnant mon vrai nom.

- Pour les guillemets, oui vous avez raison, cela signifie que je veux dire "soi-disant" car ce n’est pas la façon dont je voudrais vraiment l’appeler.

- Je suis d’accord sur les facteurs externes que vous avez mentionnés. En fait, si l’Etat de la Syrie (non seulement le régime) tombait entre les mains de l’« ouest » (vous savez, je veux dire « l’Occident » politiquement), ceci changerait la donne. C’est pourquoi l’actuel « régime » - quelle que soit sa relation avec son peuple - est censé de tomber pour que l’OTAN, les sionistes et certains dirigeants du Golfe, etc., puissent mettre les mains dessus contre l’Iran, la Chine, la Russie, et les pays BRIC. Je suis d’accord avec vous, il a des dimensions internationales et mondiales, non seulement nationales.

- Troisième guerre mondiale ! C’est ce qui me fait vraiment peur, la région est très sensible pour la paix internationale. En fait, je pense que vous êtes d’accord qu’une guerre régionale peut prendre un caractère international. Surtout quand personne ne veut céder afin de maintenir la paix. Je crains que la prophétie de 2012 (je n’y crois pas) pourrait commencer en Syrie, à moins que quelque chose d’inattendu se produise. Si l’Occident attaque l’Iran, les Iraniens vont attaquer le Golfe et Israël, et la boîte de Pandore sera ouverte.

- Comment nous aider depuis l’Europe ? Je pense que le meilleur moyen est d’étendre la sensibilisation sur les différentes facettes de la situation syrienne, et sur ses complications internationales et les effets sur l’équilibre et la paix mondiale, expliquer qu’il n’y a pas un régime ou une opposition "blanc ou noir" - Cette idée est vraiment dangereuse pour tout le monde, et il faut penser à toutes ces dimensions avant d’agir ou s’y associer.
* Tamman de Latakia - Syrie
 
et voici une dernière autre voix qui dit à peu près le contraire :

E) une autre analyse depuis Damas (9 oct 2012)
Chère sœur : tout d’abord, merci pour ton attention à notre problème. Avant de t’expliquer ce qui arrive à notre patrie chérie, j’aimerais te dire que je ne suis ni de l’un ni de l’autre côté, parce que les deux vont sur le faux chemin. Ils sont les deux trop fixés sur leur positions : le président ne quittera pas sa fonction et l’opposition ne lâchera pas avant qu’il ne quittera. Je peux pourtant constater que des endroits qui sont contrôlés par l’armée libre souffrent moins de la hausse des prix alors que là où le gouvernement a le contrôle, elle se poursuit sans que personne n’y fasse rien.(...) Ma famille habite à Altabkaa en Alrkaa, une bouteille de gaz lui revenait à 1500 s.p. alors que le prix du gouvernement est de 400 s.p, tout a augmenté sauf le pain, et l’hiver est devant la porte... Je pense que vous êtes du bon côté, du côté de ceux qui n’aimeraient pas entrer dans une guerre civile. L’armée libre est faite par des officiers qui n’acceptent pas d’être impliqués dans des tueries de manifestants, ils ont déserté, puis instauré ce qu’on appelle l’armée libre. C’est eux maintenant les responsables qui défendent les civils et les manifestants. Je ne pense pas qu’il y ait des étrangers dans l’armée civile, mais je suis sûre qu’il y a des étrangers dans l’armée du gouvernement comme en Iran et au Liban. Si je vous disais comment l’armée libre a obtenu au début leurs armes, vous allez rire : il les ont acheté à l’armée syrienne, puis ont volé des magasins d’armes. Je ne pense pas qu’ils recoivent des armes depuis l’étranger.
Zaid* from Damaskus, 9th of october

F) depuis Alep, (12 oct 2012)
J’habite à Nubiie Alzahra, une petite ville à 21 km d’Alep, avec une population de 60000 habitants, dont la plupart font partie de la minorité shiite. Les rebelles (Free Syrian Army) ont considéré tous les habitants comme des défendeurs du gouvernement et ont commencé un siège injuste envers toute la population pendant plus de 3 mois. Personne ne peut entrer ni sortir sans être kidnappé ou tué, plus de 200 personnes ont ainsi été kidnappé et personne ne sait ce qu’ils sont devenues, il manquent toutes les produits de base depuis 3 mois, en un mot, ma ville est devenue h o r r i b l e. Je pense que les Syriens sont un bon peuple avec un cœur blanc, même les occupants de ma ville, mais il y a beaucoup de malentendus produits par des terribles politiciens et médias qui nous font nous entretuer entre nos propres voisins. Cette opposition a commencé avec une demande paisible et justifiée pour plus de liberté et a tout de suite été transformée en une révolte armée qui a perdue toutes ses revendications de vue et qui n’est plus du tout représentative pour le peuple syrien. J’appelle les politiciens horribles du monde entier (USA, Europe, Russie China et Iran) : Arrêtez de jouer avec notre sang !
Ahmed* depuis Alep

J’arrête ici. Les réponses continuent à envahir ma boîte e-mail et il est évident que ce n’est pas que chez nous que règne le chaos de l’information. La seule chose qui est certaine, c’est que, malgré tous les avis de nos "analystes-spécialistes" du Moyen-Orient, il n’y aura jamais qu’une seule vérité. Une partie d’un peuple persécuté par un gouvernement féroce qui tue chaque jour à petite dose son propre peuple et qui cherche du soutien à l’étranger, avec une armée qui vend ses armes à sa propre opposition ? Une lutte paisible intérieure qui a été récupérée par d’autres intéressés, des forces islamistes, puis l’OTAN et ses mercenaires pour faire plonger la Syrie dans le chaos et ainsi mieux pouvoir s’attaquer à l’Iran et prendre le contrôle de la région ? Ou, comme Tamman le dit, un peu de tout cela ? Après le chaos, la guerre civile, un embrasement de toute la région, peut-être le déclenchement d’une dernière guerre mondiale ? A qui profite le crime ? Une seule chose est sûre : ce seront toujours les peuples qui verseront leur sang. Et le principe reste plus ou moins toujours le même : à un moment donné, on commence par déshumaniser une personne ou une population pour pouvoir ensuite justifier l’injustifiable - et nous ne pouvons pas en devenir complice, ni en mettant de l’huile sur le feu ni par notre silence.
 
Andrea Duffour
Fribourg, Suisse

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http://www.legrandsoir.info/impressions-depuis-l-iran-suivi-de-lettres-de-syrie.html
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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 03:44

 

Pourquoi un Réseau Voltaire France ?
 

L’association française Réseau Voltaire a été créée par Thierry Meyssan en 1994. Je m’y suis rapidement joint et suis considéré comme un de ses membres fondateurs. J’en suis devenu par la suite administrateur. Le Réseau Voltaire à l’origine avait pour but d’œuvrer en faveur de la liberté d’expression  et s’élevait contre tout ordre moral et contre toutes censures. Il cherchait à publier des informations introuvables dans les médias dominants. Ces informations paraissaient dans un feuillet photocopié qui était adressé par courrier à des abonnés. 


Le Réseau Voltaire faisait partie à ses débuts de la gauche républicaine. Thierry Meyssan était secrétaire national du Parti Radical de Gauche dont je suis brièvement devenu membre par la suite.

Des membres du parti des Verts ont également adhéré au début de l’existence de cette association, puis, une fois qu’il eut été admis que des partis pouvaient adhérer au Réseau Voltaire, trois partis politiques figurèrent à son conseil d’administration: le PRG, le Parti Communiste Français et Les Verts. La ligne éditoriale du Réseau Voltaire  fustigeait alors  l’extrême droite et le cléricalisme. Thierry Meyssan était également secrétaire de l’Observatoire National contre l’Extrême Droite; de nombreux procès l’ont opposé à cette époque au Front National.

Cette association était financée en grande partie par Michel Sitbon qui avait fait fortune avec son père, il faut le dire, dans l’édition  pornographique, Marianne et Le Nouvel Observateur ont été par ailleurs financés par les mêmes personnes avec le même type de fonds.

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 Le Réseau Voltaire une association en évolution constante.

Dans son activité principale de critique de l’information dominante, nous avons fait un premier travail conséquent durant la guerre du Kosovo en 1999 en comparant l’information diffusée par les médias des pays membres de l’OTAN et celle diffusée dans des pays hors OTAN. Nous nous sommes aperçus alors d’une forte discordance. Non seulement l’histoire qui était racontée était très différente, mais en zone OTAN l’identité de vue des grands médias était totale, alors qu’hors OTAN l’approche des journalistes était variée et nuancée.

Puis nous avons travaillé sur les réseaux secrets de l’OTAN en Europe appelés « stay behind » (voir sur ce sujet le livre de l’historien suisse Daniel Gänser) ; nous apparûmes alors comme une association très critique à l’égard  de l’OTAN et ses visées impérialistes. A titre personnel j’ai fortement appuyé cette nouvelle ligne éditoriale. En effet, membre et cadre du PCF pendant près de trente ans j’ai, dans ce parti, participé à maintes luttes contre l’impérialisme étasunien et ses diverses marionnettes, par exemple contre la guerre US du Vietnam, ou pour la fin de l’apartheid en Afrique du Sud et la libération de Nelson Mandela.

Les attentats du 11 septembre 2001 nous firent passer dans une autre dimension.

Dès le premier jour, à l’instar de nombreux agents des services de renseignement français, nous avons constaté des incohérences dans le déroulement des événements et leur interprétation par les grands médias. Rapidement nous avons publié le « jeu des sept erreurs » sur notre site, qui montrait de façon intuitive et incontestable l’absurdité complète de la version officielle du crash du vol AA77 sur le pentagone. Thierry Meyssan publia ensuite, en mars 2002, le premier livre remettant en cause la version officielle du 11/09:  » l’Effroyable Imposture ». Quelques jours avant sa parution, curieusement, le Pentagone décidait de publier la preuve par image de l’impact du boeing 757, à savoir les fameuses et fumeuses cinq images d’une des 89 caméras de vidéosurveillance du pentagone, images qui ne montraient aucun avion.

Dans un premier temps le livre de Thierry reçut un accueil médiatique classique. Il fut notamment invité à l’émission C dans l’air sur France 5  le 21 mars 2002, émission au cours de laquelle un des débatteurs invités,  Eric Denece, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, affirma notamment qu’il appréciait beaucoup la manière dont Thierry Meyssan s’efforçait de faire la synthèse des éléments disponibles sur le crash du vol AA77 sur le Pentagone.

5 jours plus tôt, avait eu lieu l’émission de Thierry Ardisson qui faillit coûter sa place au présentateur. Thierry Meyssan en cette occasion avait pu, de façon très convaincante, longuement développer ses vues en toute liberté. Devant le succès de l’émission, le CSA, quelques jours plus tard, via sa directive 151, sommait France télévisions « de prendre des mesures pour que la vérité soit rétablie et que de tels dérapages ne se renouvellent pas »

Cette sommation marqua le coup d’envoi d’une vaste campagne de diabolisation du Réseau Voltaire en général, et de Thierry Meyssan en particulier.

Des centaines d’articles de presse, des dizaines d’ouvrages, des dizaines d’émissions de télévision, furent consacrées à la diabolisation systématique du Réseau Voltaire.

Des spécialistes de la diffamation comme Fiammetta Vener ou Caroline Fourest allèrent fouiller dans la vie privée de Thierry Meyssan pour en sortir des éléments qui, accommodés de mensonges éhontés, permettaient de dépeindre l’homme comme l’incarnation du mal.

Une rhétorique particulière, commença à être utilisée de façon systématique: remettre en cause la version la version officielle des attentats du 11 septembre 2001, cela revenait, sans la moindre nuance, à remettre en cause l’existance du génocide des Juifs pendant la seconde guerre mondiale, position interdite par la loi mémorielle Fabius-Gayssot de 1990.

C’est ainsi que de militants de la gauche libertaire bien reçus dans les médias, nous passâmes rapidement à l’état de suppôts du nazisme et interdits de parole dans ces mêmes médias.

Le Cercle de l’Oratoire, cercle de réflexion français proche des néoconservateurs états-uniens joua un rôle majeur dans cette campagne de diabolisation.

Cette façon de placer sous l’éteignoir toute opposition, qui consiste à insinuer ou affirmer que tout dissident est un nazi diabolique voulant de nouveau massacrer des juifs, a été appliquée ensuite à bien d’autres puis généralisé à tous ceux s’opposant aux visées hégémoniques des USA. Ce « passe-partout » est à présent utilisé sans scrupules, sans recul critique, et sur tous les sujets qui dérangent par les journalistes et les politiques dès qu’ils se trouvent hors d’état de pouvoir répondre par des faits et des arguments.

Un climat de terreur médiatique s’installa en France et dans tous les pays sous l’influence de l’OTAN.

Michel Sitbon, dont le père était un proche de l’état d’Israël, décida de nous couper tout financement. Nous eûmes brièvement par la suite quelques relais de généreux donateurs qui nous permirent, entre autres, d’organiser la conférence Axis for Peace à Bruxelles , en 2005, mais finalement nous nous trouvâmes hors d’état d’entretenir notre siège et l’équipe de 5 permanents que comptait l’association.

En 2007, avec l’avènement de Nicolas Sarkozy et la multiplication des menaces à l’encontre de Thierry Meyssan, des sabotages sur nos serveurs et des dissensions consécutives à notre évolution anti impérialiste, nous décidâmes de dissoudre l’association en France.

Le bureau du Réseau Voltaire s’installa à Damas, puis à Beyrouth, puis de nouveau à Damas et nous dispersâmes les serveurs de par le monde. Le Réseau Voltaire devint Voltairenet.org, un réseau de presse international avec échange d’articles.

Aujourd’hui le Réseau Voltaire est connu dans le monde entier et Thierry Meyssan est invité dans de nombreux pays; il rencontre de nombreux chefs d’état et est devenu hors de la zone OTAN une personnalité française importante et reconnue.

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Thierry Meyssan en entretien avec Ahmadinedjad.

En France bien sûr, le flot d’injures et de calomnies de toutes sortes ne tarit pas et continue d’entretenir la légende noire,

Mais ces procédés malhonnêtes et malveillants sont de moins en moins efficaces. Pour un nombre croissant de citoyens, surtout parmi les jeunes générations, qui ont tôt appris à se méfier des médias de masse grâce à l’internet, ce traitement diffamatoire n’a pour effet que d’accroître la méfiance envers les pratiques de certains journalistes, et à renforcer la réputation du Réseau Voltaire en général, et de Thierry Meyssan en particulier.

Nous avons donc été amenés à penser qu’il était nécessaire de fonder un nouveau Réseau Voltaire en France.

Fondation de Réseau Voltaire France.

Certains dans mon entourage politique ont voulu me convaincre qu’en France le Réseau Voltaire était grillé, définitivement mort, qu’il fallait en oublier jusqu’au nom et hasarder autre chose sous une autre bannière.

Mais si nous cédions à consentir une aussi triste fin, cela signifierait une forme de capitulation de notre part, et une victoire pour le pouvoir impérialiste et ses dociles relais médiatiques, qui se sentiraient ainsi encouragés à poursuivre leur stratégie de diabolisation visant à rejeter toute opposition sérieuse dans le camp de l’extrême droite néo nazie. Il n’y aurait plus pour eux qu’à passer au suivant, puis au suivant, et ainsi de suite, en se servant pour chaque serrure du même inusable et répugnant passe-partout.

Allions nous céder devant ce terrorisme médiatique et nous saborder? Non, évidemment!

Il est dans l’intérêt de tous et dans l’intérêt de la France de mettre en échec ce travail de destruction programmée d’une idée et d’une organisation politique qui dénonce depuis plus de dix ans les visées impérialistes d’une entité dont le dessein est de s’assurer la place de seul maître du monde au XXIème siècle.

Nous avons décidé de résister!

Réseau Voltaire France est une organisation qui possède sa place dans l’éventail dispersé des organisations de médias, associations et partis politiques de tous ordres contestant à des degrés divers le système. D’abord  le Réseau Voltaire dont elle est l’héritière fut la première organisation dissidente du système et elle a acquis de ce fait une solide expérience.

Le Réseau Voltaire a acquis également une réputation mondiale, même en France, où depuis 10 ans il est régulièrement diffamé et diabolisé par la plupart des journalistes.

- Réseau Voltaire France possède une spécificité inscrite dans ses statuts et rappelée dans sa « Déclaration » issue de son assemblée constitutive.

- Réseau Voltaire France milite pour que la Nation française recouvre son indépendance totale suivant en cela la déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen de 1789, préambule à notre constitution et dont l’article 3 précise que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation ».

- Réseau Voltaire France est un mouvement de libération nationale réclamant que notre république sorte de l’OTAN, de L’UE et de l’Euro.

- Réseau Voltaire France milite également avec le Réseau Voltaire International pour imposer le respect du droit international défini par la Charte de l’ONU  en 1945, garantissant l’indépendance des nations et réaffirmé par lors de la conférence de Bandoeng de 1955.

- Réseau Voltaire France continuera à dénoncer la frauduleuse version officielle des attentats du 11 septembre 2001 et exiger que toute la lumière soit faite sur ces événements graves qui ont été érigés en casus belli par les USA pour relancer une politique impérialiste extrêmement meurtrière et attentatoire aux libertés individuelles.

- Réseau Voltaire France fustige et dénonce les agressions et menaces des USA et de ses marionnettes contre des pays souverains comme la Libye, la Syrie, la République Démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, l’Iran, le Venezuela, et bien d’autres.

- Réseau Voltaire France milite pour la libération de la Palestine occupée et pour la création sur ce territoire d’un seul et unique état laïc dans lequel Juifs, Chrétiens, Musulmans et Athées pourraient vivre en paix.

- Réseau Voltaire France milite pour la liberté d’expression et contre le totalitarisme de la presse dominante dont le rôle se réduit de plus en plus à la préparation et à la justification des guerres de l’impérialisme.

- Réseau Voltaire France, n’est ni de droite ni de gauche, distinctions obsolètes qui ne veulent plus rien dire: il est national et républicain.

- Réseau Voltaire France enfin rejette toutes discriminations raciales et religieuses, et se refuse à désigner des boucs émissaires qu’ils soient traditionnels (juifs, francs-maçons, immigrés) ou nouvellement mis en avant par les médias comme les musulmans, Réseau Voltaire France combat résolument l’islamophobie nouvel antisémitisme.

- Réseau Voltaire France est fondé de manière à pouvoir légalement s’associer avec d’autres partis ou organisations partageant même partiellement ses objectifs dont les plus essentiels sont la sortie de l’OTAN, de l’Union Européenne et de l’Euro.

- Réseau Voltaire France milite pour la création d’un vaste Front Patriotique rassemblant tous les français sans exclusives : partis politiques, associations et individus désirant seulement que la France recouvre la totalité de son indépendance.

Réseau Voltaire France va s’ouvrir à l’adhésion en pouvant accueillir tous membres d’autres partis et organisations, dans le respect de ses principes et statuts.

Alain Benajam, président de Réseau Voltaire France

Télécharger le Bulletin d’adhésion au Réseau Voltaire France

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 03:41

 

 

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Obama bonimenteur ou l'impérialisme à visage humain


 

Grosse armada d’un côté, celle des Républicains, drones et opérations sous fausse bannière de l’autre... assassinats ciblés, opérations et guerres secrètes…

Avec Obama, le chaos gagne du terrain et les morts meurent quand même.

 

Les USA prospèrent sur le fumier d'une violence sociale totale  et de la guerre contre tous les régimes et Peuples qui refusent de se soumettre.

 

***

 

Revue de presse... France culture

 

Pour le Spiegel, quelque soit le résultat, les élections ne changeront rien aux Etats-Unis. Il y aura toujours un capitalisme sauvage aux Etats-Unis après les élections, critique le chroniqueur Jakob Augstein : "L'armée américaine élabore une arme capable d'atteindre - et de détruire - n'importe quel point de la planète en une heure. Dans le même temps à Brooklyn, dans le Queens et au New Jersey, les câbles électriques restent suspendus à des poteaux en bois au-dessus des rues. Voilà l'Amérique. Un pays high-tech pour les élites, un pays en développement pour le reste. Obama n'a rien pu y changer. Romney n'y changerait rien. L'Europe se trompe quand elle croit que choisir entre les deux candidats revient à choisir entre le bien et le mal. Obama n'est pas une colombe et Romney, pas un faucon. Le président sortant préfère peut-être mener ses guerres avec des drones qu'avec des troupes, mais cela ne change pas grand-chose pour les victimes. Son opposant, de son côté, malgré tout ce qui a été dit, ne se serait pas engagé aux côtés d'Israël dans une guerre contre l'Iran que les Etats-Unis ne peuvent vraiment plus se permettre aujourd'hui. Le système politique est entre les mains du capital et de ses lobbyistes.

 

 

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Billet rédigé en Novembre 2008

 

 

Au bas mot... Obama

 

Suite à la victoire de Barack Obama, et face à tous les changements attendus (ou mal-entendus ?) à quand l'énumération de tout ce qui... dans la société américaine et dans la politique étrangère des Etats-Unis ne changera pas sous la présidence d'Obama ?!

Voici quelques pistes...

L’Irak, l’Afghanistan, la pauvreté et les inégalités dans la société américaine, Israël-Palestine et la politique du "as little as possible", la crise financière en attendant la crise économique, la peine de mort, In God we trust, la rivalité idéologique et économique Europe-Etats-Unis, la gestion de la relation avec une Chine devenue "Hyper-puissance financière et économique", l'Otan et la Russie...

Sans oublier... le Patriot Act et Guantanamo.

(Et après ça, on dira que la vie est pas belle !)

 

_____________

 

Regard sur le bilan à venir de la politique étrangère du président Obama qui ne sera jamais que le bilan des quatre dernières années...

 

"Géopolitique le débat" émission animée par chatin_0.jpgMarie-France Chatin.

 

Invités :

- Philip Golub, professeur de Relations internationales à l’Université Américaine de Paris. « Une autre histoire de la puissance américaine », Seuil.

- Karim Emile Bitar, directeur de recherche à l’IRIS. L’Ena hors les murs. Octobre 2012. France-Etats-Unis.

Geopolitique - 28/10/2012 - durée 20mns  

 

http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/11/07/obama-bonimenteur-ou-l-imperialisme-a-visage-humain.html

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 03:34

 

 

Environ 4500 pri­son­niers sont à ce jour détenus dans les prisons israé­liennes dont des femmes, des enfants, des per­sonnes âgés et des per­sonnes malades, en toute illé­galité au regard du droit inter­na­tional. Ils ont besoin de notre solidarité.
En par­rainant un pri­sonnier, vous vous engagez à lui écrire une fois par mois pour lui apporter votre soutien et le sortir de son isolement.


En quoi ça consiste ?


Comment com­mencer la pre­mière lettre ?


Télé­charger la pla­quette de présentation

 

http://www.france-palestine.org/Parrainer-un-e-prisonnier-e

 



Lettre d'info n° 292 de l'AFPS du 05 au 11 novembre 2012


A la Une

Israël- ​​Palestine : l’Europe se renie. Le Monde (éditorial)
Dans le conflit israélo-​​ pales­tinien, l’Europe, une fois n’est pas coutume, a été pré­curseur. Avec sa décla­ration de Venise de 1980, elle a, la pre­mière, posé le principe d’une solution fondée sur deux Etats : la création d’un Etat pales­tinien - en Cis­jor­danie, à Gaza et dans la partie orientale de Jéru­salem - au côté de l’Etat d’Israël. Trente-​​deux ans plus tard, l’Union euro­péenne (UE) trahit cette poli­tique. Elle est en train de renier ses enga­ge­ments, de les réduire à une pure hypo­crisie rhé­to­rique. C’est une situation aussi pathé­tique que déso­lante, dont per­sonne ne parle à Bruxelles - et contre laquelle la France aurait dû s’insurger à l’occasion de la visite, cette semaine à Paris, du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Israel-Palestine-l-Europe-se-renie
Action
Parrainer un(e) prisonnier(e) politique palestinien(ne)s. AFPS
Par­rainer un(e) prisonnier(e) poli­tique palestinien(ne) : plus de 1 200 par­rains inscrits !
Le par­rainage de pri­son­niers poli­tiques pales­ti­niens est une démarche de soli­darité qui vise à la fois à mobi­liser et à sen­si­bi­liser sur cette question en France mais aussi à exprimer une soli­darité concrète envers les pri­son­niers en leur témoi­gnant un soutien direct et en mettant en lumière leur situation à un niveau inter­na­tional. Cette cam­pagne doit notamment per­mettre de mettre une pression inter­na­tionale sur les auto­rités israé­liennes pour qu’elles accèdent aux reven­di­ca­tions légi­times des pri­son­niers poli­tiques palestiniens.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Parrainer-un-e-prisonnier-e

Boycott – Désinvestissement – Sanctions (BDS)

L’AFPS est engagée dans la cam­pagne BDS (Boycott, dés­in­ves­tis­sement, sanc­tions) avec ses par­te­naires du Col­lectif national pour une paix juste entre Pales­ti­niens et Israéliens.
Nous mettons en oeuvre une cam­pagne unifiée et coor­donnée pour imposer des sanc­tions contre Israël en tant que puis­sance occu­pante tant qu’il refuse d’appliquer le droit inter­na­tional, les réso­lu­tions des Nations unies et l’avis de la Cour inter­na­tional de Justice concernant le mur d’annexion en Cis­jor­danie, la colo­ni­sation constante de la Cis­jor­danie dont Jérusalem-​​Est et le siège de Gaza.

Comment l’Union européenne renforce les colonies israéliennes.  Alain Gresh
Nous avons assisté, durant cette der­nière décennie, à une capi­tu­lation de l’Union euro­péenne (UE) — et aussi de la France — devant la poli­tique israé­lienne de colo­ni­sation et d’annexion de facto. Le temps est loin, où l’Europe ouvrait une voie cou­ra­geuse en se pro­nonçant pour le droit à l’autodétermination des Pales­ti­niens et pour l’ouverture de négo­cia­tions avec l’Organisation de libé­ration de la Palestine (OLP), une orga­ni­sation que les Etats-​​Unis et Israël défi­nis­saient à l’époque comme « ter­ro­riste ». C’était en juin 1980, à Venise.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Comment-l-Union-europeenne

Solidarité avec Layli ! Campagne BDS France
Layli, un militant de la Cam­pagne BDS a été arrêté [1] le 25 Octobre dernier pour avoir inter­rompu le match de Basket d’Euroligue entre Chalon sur Saône et l’équipe israé­lienne du Maccabi Tel Aviv. Il passera en procès le ven­dredi 9 Novembre à 15 H au Tri­bunal de grande Ins­tance (TGI) de Chalon sur Saône.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Solidarite-avec-Layli


Témoignage/Opinion

Arrestations et violences quotidiennes à Beit Ummar. AFPS
Le dimanche 28 octobre, Ahmad, du Comité de résis­tance popu­laire de Beit Ummar fête la sortie de prison de l’un de ses fils, 22 ans, après 8 mois de détention (un autre a été libéré il y a quelques semaines et un troi­sième est tou­jours en détention).
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Arrestations-et-violences

Nouvelle action des comités de résistance populaire non violente. Coordination des comités de résistance populaire
Après le blocage la semaine der­nière de la route 443, route réservée aux colons, nou­velle action des comités de résis­tance popu­laire non violente
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Nouvelle-action-des-comites-de

Le vote scandaleux du Parlement européen ! AFPS
Le pro­tocole ACAA (relatif à l’évaluation de la conformité et l’acceptation des pro­duits indus­triels UE-​​Israël) a été adopté au Par­lement européen le 23 octobre par 379 voix, contre 230 et 41 abstentions.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Le-vote-scandaleux-du-Parlement


Actualité
Cette rubrique reprend des articles de presse et com­mu­niqués per­mettant de suivre au jour le jour l’actualité de la question palestinienne.

Hollande déroule le tapis rouge à Netanyahou… AFPS

Dans sa confé­rence de presse du 31 octobre, où il affiche sa proximité avec B. Neta­nyahou, F. Hol­lande s’aligne sans com­plexe ni état d’âme sur les posi­tions israéliennes.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Hollande-deroule-le-tapis-rouge-a

Venue de Netanyahu en France - Lettre ouverte à François Hollande. Le Col­lectif National pour une Paix Juste et Durable entre Pales­ti­niens et Israéliens
Mon­sieur le Pré­sident de la Répu­blique,
Vous allez recevoir, sur votre invi­tation, le Premier Ministre israélien Benyamin Neta­nyahou.
Pour nous, asso­cia­tions, partis, syn­dicats, membres du Col­lectif national qui depuis des années n’avons de cesse de rap­peler qu’une paix juste et durable entre Pales­ti­niens et Israé­liens ne peut se fonder hors du droit, cette visite est lourde d’interrogations.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Venue-de-Netanyahu-en-France

Netanyahu en France pour parler nucléaire iranien. L’Orient le Jour, agences
Le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu a entamé hier une visite de travail de deux jours en France, axée sur la crise nucléaire ira­nienne, la lutte anti­ter­ro­riste et l’antisémitisme.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Netanyahu-en-France-pour-parler

Abbas dément renoncer au droit de retour des réfugiés. AFP
Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas a dû réaf­firmer qu’il ne renon­cerait « jamais au droit de retour » des réfugiés, une des prin­ci­pales reven­di­ca­tions pales­ti­niennes, après une contro­verse déclenchée par ses propos à la télé­vision israélienne.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Abbas-dement-renoncer-au-droit-de

Réfugiés palestiniens, le mythe et la réalité. Gilles Paris, blog Le Monde
Chassé par les combats, Mahmoud Abbas avait quitté avec sa famille sa ville natale de Safed en Galilée pour la Syrie en mai 1948. Y sera-​​t-​​il enterré un jour ? Pro­ba­blement non si on en croit ses décla­ra­tions à la Deuxième chaîne israé­lienne, jeudi 1er novembre. Au cours de cet entretien, le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne a tracé les limites de la Palestine qu’il appelle de ses voeux : c’est 1967 (Gaza et la Cis­jor­danie) avec, on l’imagine, des échanges de ter­ri­toires. Logique avec lui-​​même, M. Abbas a exclu revenir à Safed autrement qu’en visite. L’opposition pales­ti­nienne, le Hamas en tête, a fustigé ce renoncement.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Refugies-palestiniens-le-mythe-et

Le nouvel exil des Palestiniens de Syrie, réfugiés dans les camps libanais. Laure Stephan Baalbek (Liban) Envoyée spéciale, Le Monde
Le tin­ta­marre des voix d’enfants résonne dans la cour de l’école pri­maire de l’UNRWA (l’agence des Nations unies chargée des réfugiés pales­ti­niens), dans le camp de Jalil, à l’entrée de Baalbek (dans la plaine de Bekaa). Aux petits Pales­ti­niens du Liban se sont joints ceux de Syrie. Une coexis­tence parfois marquée par des dif­fi­cultés : "Cer­tains jeunes Pales­ti­niens de Syrie se sentent humiliés, car des enfants nés au Liban leur disent : "Vous êtes des réfugiés." Ils ne se per­ce­vaient pas ainsi aupa­ravant", raconte un éducateur.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Le-nouvel-exil-des-Palestiniens-de

Israël reconnaît offi­ciel­lement l’assassinat du numéro 2 de l’OLP en 1988, à Tunis. AFP
Pour la pre­mière fois, Israël reconnaît offi­ciel­lement l’assassinat d’Abou Jihad, numéro deux de l’Organisation de libé­ration de la Palestine tué en 1988 à Tunis, indique le journal israélien Yediot Aha­ronot qui publie les détails de l’opération.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Israel-reconnait-officiellement-l

Le pouvoir politique israélien a essuyé le refus de l’armée sur l’Iran. Le Monde​.fr avec Reuters

Le premier ministre israélien, Benyamin Néta­nyahou, et son ministre de la défense, Ehoud Barak, se sont heurtés en 2010 à un refus des deux prin­cipaux res­pon­sables de la sécurité sur une pos­sible attaque contre les sites nucléaires ira­niens, selon un docu­men­taire pro­grammé lundi par la chaîne de télé­vision israé­lienne Channel 2.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Le-pouvoir-politique-israelien-a

Israël : clap de fin pour les centristes de Kadima. Gilles Paris, blog Le Monde
Arrière toute pour "En avant !" ? Ce n’est même pas l’information que relèvent les médias israé­liens, après la publi­cation notamment par le Yédioth Aha­ronoth, et le Jeru­salem Post, des pre­miers son­dages d’intentions de vote effectués depuis l’alliance élec­torale entre Benyamin Néta­nyahou et Avigdor Lieberman.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Israel-clap-de-fin-pour-les

Analyses
Cette rubrique com­prend des articles de fond, per­mettant d’éclairer les dif­fé­rents aspects du conflit israélo-​​palestinien. Il s’agit d’articles repris dans les médias où d’analyses de spé­cia­listes réa­lisées pour l’AFPS.

Palestine : Hollande en recul par rapport à Sarkozy. Blog du Diplo, Alain Gresh
Qui l’eût cru ? Le pré­sident Nicolas Sarkozy s’était long­temps pré­senté en ami d’Israël, en ami de son premier ministre Benyamin Neta­nyahou. Il avait accéléré le rap­pro­chement avec cet Etat sur tous les plans, aussi bien poli­tique, mili­taire, policier, qu’économique. Il ne faisait d’ailleurs que suivre l’impulsion donnée par Jacques Chirac à partir de 2004 (l’histoire du tournant pro-​​israélien de la poli­tique étrangère fran­çaise reste à écrire). C’est un ministre de son gou­ver­nement, Bernard Kouchner, qui avait porté, en décembre 2008, le « rehaus­sement » des rela­tions entre l’Union euro­péenne et Israël.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Palestine-Hollande-en-recul-par

Netanyahou-​​Hollande : mais où est donc passé le 59è engagement ? Françoise Diehlmann
« (..) Je prendrai des ini­tia­tives pour favo­riser, par de nou­velles négo­cia­tions, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je sou­tiendrai la recon­nais­sance inter­na­tionale de l’État pales­tinien ». Voici la teneur du 59ème enga­gement pris par François Hol­lande, can­didat à la Pré­si­dence de la République.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Netanyahou-Hollande-mais-ou-est

Sandy, Syrie…Que fait la médecine humanitaire ? Entretien avec Rony Brauman sur France Culture
Face à l’ouragan Sandy et face à la guerre en Syrie, que fait la médecine huma­ni­taire ? François Hol­lande devait-​​il accom­pagner Ben­jamin M. Neta­nyahou au collège-​​lycée Ohr-​​Torah pour l’hommage aux vic­times de Mohamed Merah à Tou­louse (à partir de 2345) ? Cette semaine, c’est Rony Brauman, l’ancien pré­sident de Médecins sans fron­tières dont il est aujourd’hui un conseiller, qui répond à ces dif­fé­rentes ques­tions et d’autres encore, au micro de Domi­nique Souchier.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Sandy-Syrie-Que-fait-la-medecine

"Das System" Uri Avnery
À chaque fois qu’un homme poli­tique com­mence à évoquer “Le Système”, cela me donne la chair de poule. Tra­duisez ces deux mots en allemand et vous avez “Das System”.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Das-System

Culture

Atlas du Proche-​​Orient arabe. Fabrice Balanche. Pierre Blanc
Fabrice Balanche, excellent spé­cia­liste de la Syrie entre autres, nous livre un Atlas du Proche-​​Orient arabe. Disons-​​le tout de suite, dans un paysage éditorial déjà fourni, cet atlas amène une réelle valeur ajoutée.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Atlas-du-Proche-Orient-arabe

Tournée en France en Novembre 2012 du Yes Theatre de Hébron, Palestine. Société des Amis d’Al Rowwad
La société des Amis d’Al Rowwad, asso­ciation à but non lucratif, a pour objectif d’aider au déve­lop­pement et à la dif­fusion de la culture palestinienne.
A ce titre, elle a organisé avec succès plu­sieurs tournées en France du théâtre Al Rowwad d’Aïda, Bethléem, dirigé par Abdel­fattah Abusrour. Cette année, elle pré­sente la tournée en France du Yes Theatre de Hébron avec leur spec­tacle Tou­jours le même problème.
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Tournee-en-France-en-Novembre-2012


L'AFPS proche de chez vous

Vous souhaitez agir, adhérer, militer,vous informez... il existe certainement un groupe local de l'AFPS proche de chez vous.
Pour contacter l'un des 97 groupes locaux de l'AFPS, vous pouvez cliquez sur le lien suivant : http://www.france-palestine.org/?page=groupes
Bienvenue au nouveau groupe AFPS de Bondy
Outre le site http://www.france-palestine.org/, plusieurs groupes locaux de l'AFPS ont eux aussi un site dont voici la liste :

- Albertville : http://www.afps-albertville.fr/
- Alpes de Haute Provence : http://www.afps04.fr/
- Amiens : http://sites.google.com/site/assofrancepalestineafpsamiens/home
- Bordeaux : http://palestine33.free.fr/
- Deux-Sèvres : http://www.rezocitoyen.org/-Association-France-Palestine-Solidarite-79-.html
- Dijon : http://solidarite-palestine21.over-blog.com/
- Evry : http://www.evrypalestine.org/
- Gentilly : http://afpsgentilly.wordpress.com/
- Grenoble : http://www.afps-isere-grenoble.org/
- Lille : http://www.nord-palestine.org/
- Lorient : http://www.afpslorient.com/
- Marseille : http://www.palestine13.marsnet.org/
- Metz : http://afps57.free.fr/
- Montpellier : http://afps34.wordpress.com/
- Nantes : http://afps44.france-palestine.org/
- Pau : http://afpspau.wordpress.com/
- Perpignan : http://palestine-perpignan.org/default.aspx
- Reims : http://afps-reims.fr/
- Rennes : http://www.rennespalestine.fr/
- Vierzon : http://palestine18.unblog.fr/
- Villeneuve d'Ascq : http://www.afps-villeneuvedascq.org/


Échos des groupes locaux
Consulter la rubrique écho des groupes locaux sur le site de l'AFPS :http://www.france-palestine.org/spip.php?rubrique32

Non, Netanyahu n’est pas le bienvenu en France !

A Paris : http://www.france-palestine.org/Rassemblement-a-Paris-contre-la
Et ailleurs en régions : http://www.france-palestine.org/Non-Netanyahu-n-est-pas-le,20617
http://www.france-palestine.org/Non-a-la-venue-de-Netanyahu-en,20616
http://www.france-palestine.org/Action-contre-la-Venue-de
http://www.france-palestine.org/Non-a-la-venue-de-Netanyahu-en

Stand chez Leclerc le 3 novembre à Alençon. AFPS 61
Ce samedi 3 novembre 2012 nous avons tenu un stand d’information chez Leclerc à Alençon de 10 à 17 heures
Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Stand-chez-leclerc-le-3-novembre-a

De Darty à Sephora… De Sodastream à Ahava…les 13 et 20 octobre 2012. AFPS Paris-​​Centre
Le 13 octobre dernier, nous avons accompli notre dis­tri­bution rituelle devant le magasin Darty Répu­blique, sous la pluie. Ainsi, nous avons dis­tribué quelques cen­taines de tracts, bien reçus, en général, bien moins que d’habitude cependant (la pluie rend maussade) et avec un taux d’agressions ver­bales et ges­tuelles inha­bituel. Le 20 octobre nous avions un rendez vous moins tra­di­tionnel (mais qui pourrait le devenir) devant le magasin Sephora, rue de Rivoli, avec à nouveau nos amis de BDS France (nous étions 14, moitié-​​moitié), pour pro­tester contre la vente des pro­duits cos­mé­tiques Ahava.
Lire la suite :http://www.france-palestine.org/De-Darty-a-Sephora-De-Sodastream-a


Rendez-vous

Désormais vous pouvez retrouver vos rendez-vous par département et non plus par région pour une meilleure lisibilité. Vous pouvez toujours avoir accès à l'intégralité des rendez-vous avec l'onglet "Agenda global".

Retrouver aussi un agenda radio-télé plus accessible ici : http://www.france-palestine.org/-Radio-Television
avec les "programmes phares" de la quinzaine à venir, avec la possibilité de réagir auprès des chaînes, grâce aux liens proposés à chaque fois.



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Suivez l'AFPS sur Facebook : http://www.facebook.com/pages/AFPS-Association-France-Palestine-Solidarit%C3%A9/124250694261509

Suivez l'AFPS sur Twitter : http://twitter.com/afpsofficiel

Lettre d'information de l'Association France Palestine Solidarité. Envoyée à 3 926 adhérents ayant une adresse de messagerie, à 3 829 inscrits à partir du site http://www.france-palestine.org à la liste d'information, à 181 parrains d'enfants palestiniens et à plus de 300 associations.

Dans une volonté d'information large, afin que nos lecteurs puissent avoir des outils d'analyse de la situation en Palestine et aussi en Israël, l'AFPS traduit et publie des auteurs divers. L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle de l'AFPS.
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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 03:20

 

 

 

Un couple de lesbiennes fait changer le sexe de son fils adoptif de 11 ans!

 

 

source : http://www.dailymail.co.uk/news/article-2043345/The-California-boy-11-undergoing-hormone-blocking-treatment.html

http://www.diatala.org/article-deux-homos-juives-font-changer-le-sexe-de-leur-fils-adoptif-105791577.html

http://www.pedopolis.com/blog/un-couple-de-femmes-homos-font-changer-le-sexe-de-leur-fils-adoptif.html

 

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Un enfant de 4 ans, battu à mort par la lesbienne de sa mère « parce qu’il refuse de l’appeller Papa » #Homoparentalité

http://enfantsjustice.wordpress.com/2012/11/06/les-chroniques-de-rorschach-un-enfant-de-4-ans-tue-pour-avoir-refuse-dappeller-la-compagne-de-sa-mere-lesbienne-papa/

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  • http://www.egaliteetreconciliation.fr/local/cache-vignettes/L250xH150/arton14618-cc394.jpg

 

Un mariage à trois officiellement reconnu au Brésil

Un notaire de Sao Paulo, au Brésil, a uni civilement pour la première fois trois personnes, un homme et deux femmes. Une démarche qui ne fait guère l'unanimité.


L'union civile entre deux brésiliennes et un brésilien remonterait à trois mois, mais n'a été officialisée qu'hier mercredi selon la chaîne brésilienne TV Globo.

 

Le trio est passé devant notaire pour remplir cette formalité, ces défenseurs jugeant benoitement que cette démarche n'est pas contraire à la loi nationale.

 

Une union qui a toujours existé


Sur BBC.com, la notaire qui a reçu l'acte, Claudia Domingues do Nascimento, s'en justifie : "nous n'inventons rien, nous accordons simplement à ce type d'union une reconnaissance officielle. Une union qui, du reste, a toujours existé." Selon elle, "la définition ancestrale de la famille a changé, et ne cadre plus avec son sens actuel. Il ne nous appartient pas d'en juger la qualité."


Nathaniel Santos Batista Junior, une juriste qui a aidé à rédiger le document, indique pour sa part "que l'idée était de protéger leurs droits en cas de séparation ou de décès d'un partenaire". Et pour cause, si le trio refuse de parler à la presse, on sait qu'il vit ensemble depuis trois ans. Ce ménage iconoclaste dispose d'ailleurs déjà d'un compte bancaire commun.

 

"Inacceptable et illégal" pour d'autres


Une position libérale qui ne cadre pas forcément avec l'avis de nombreux juristes brésiliens. La présidente de la Commission du droit de la famille Regina Beatriz Tavares da Silva a ainsi jugé cette démarche "absurde, inacceptable, totalement illégal et contraire aux valeurs et aux mœurs de notre culture." Elle a d'ores et déjà fait part de son souhait de faire rompre le contrat établi.


Direct Matin

http://www.directmatin.fr/insolite/2012-08-30/un-mariage-trois-officiellement-reconnu-au-bresil-92674
(image sur le site egaliteetreconciliation)
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 16:02

 

Hollande reçoit le tyran polygame du Bahreïn


 

 

Faites circuler à tous vos correspondants, surtout s’ils sont de gauche : ils verront qui ils ont mis au pouvoir.


Hollande reçoit le tyran polygame du Bahreïn : les journalistes bien plus discrets qu’avec Sarko-Kadhafi !

Posted on 26 juillet 2012 by Caroline Alamachère - Article du nº 261


« Moi, président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire. »

 

 

Heureusement qu’il se trouve encore quelques journalistes dignes de ce nom comme Nadège Puljak de l’AFP qui a posté lundi sur Tweeter cette photo d’un Normal 1er recevant en catimini son invité sur le perron de l’Elysée, le tyran sunnite Hamad Ben Issa El-Khalifa, roi du Bahreïn, paraissant prendre des ordres du militaire barbu placé derrière eux.


 
Le roi, époux trois fois comblé de sa cousine en premières noces, d’une 2e épouse koweitienne puis d’une 3e qatarie et papa de 12 enfants, est régulièrement accusé de réprimer dans le sang et la torture toute tentative de manifestation, notamment depuis mars 2011, début de contestations violentes ayant conduit à la mort de 60 personnes selon Amnesty International, ainsi qu’à des centaines de blessés.

Le 9 juillet dernier l’opposant Nabeel Rajab a notamment été condamné à 3 mois de prison au motif de “diffamation envers les citoyens de la ville de Muharraq” pour un tweet dans lequel il lançait un appel à la démission du premier ministre, et où il affirmait que les habitants de Muharraq n’avait bien accueilli ce dernier que parce qu’il les avait grassement payés. Aussitôt les policiers encagoulés sont allés le cueillir à son domicile pour l’emmener de force en prison.

 Reporters Sans Frontières avait alors déclaré « Nous encourageons la justice bahreïnie à concentrer son énergie sur les cas de tortures et de graves violations des droits de l’homme qui se sont produits ces derniers mois, et à demander des comptes à leurs auteurs.”

Le journaliste bahreïni Ahmed Ismael s’est fait tirer dessus à coup de canon pour avoir téléchargé des vidéos et des photos des manifestations du peuple réclamant au prix de sa vie le droit à la démocratie.
Au printemps dernier la répression s’est encore étendue à l’ensemble du personnel médical, aux médecins torturés pour avoir soigné des manifestants, ainsi qu’aux défenseurs des droits de l’homme systématiquement arrêtés ou victimes d’intimidations, quand ils ne disparaissent pas purement et simplement.

Dans les entreprises les licenciements sont devenus de mise avec des punitions collectives, de même que la censure afin d’empêcher toute tentative d’accès à la liberté, à la justice sociale et à la démocratie réclamée par le peuple bahreïni. Le pays est mis sous chape dans un climat de terreur et de répression avec des tirs de gaz à bout portant, jusque dans les maisons, et visant généralement la tête, causant des graves troubles respiratoires, notamment chez les personnes âgées et les enfants. Les étudiants pro-démocratie sont systématiquement emprisonnés ainsi que leurs professeurs.

Voilà donc le portrait du nouvel ami à qui Flamby déroule le tapis rouge du sang des dissidents dans un silence médiatique assourdissant.

Car quand Sarkozy avait accueilli Khadafi ça avait été  un scandale national, toute la presse en avait fait ses choux gras mais là, rien. Car Hollande est de la même famille que les journalistes, celle de gauche, il est donc intouchable quoiqu’il fasse. Etre de gauche est une identité à défendre, l’unique revendication identitaire acceptable en France, quand toutes les autres revendications identitaires sont honnies avec dégoût. Fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais.  Totalitarisme, quand tu les tiens…


Mais tout le monde roule pour les rois du pétrole et vend méthodiquement, morceau par morceau, la France et son âme, avec ses citoyens en bonus.


Alors qu’a offert Normal 1er au tyran que l’on nous cache ? L’Histoire ne le dit pas encore mais nous le saurons bien un jour, quand la rétribution offerte sera pour nous effective, empoisonnée et irréversible.

Caroline Alamachère

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 15:56

 

Israël en posture délicate après le soutien de Netanyahu à Romney (Assawra)

jeudi 8 novembre 2012, par La Rédaction d'Assawra

Le gouvernement israélien se retrouvait jeudi sur la défensive, l’opposition et les commentateurs évoquant l’hypothèse d’une "vengeance" du président Barack Obama en raison des sympathies affichées par Benjamin Netanyahu en faveur du candidat républicain perdant Mitt Romney.

Le ministre des Finances Youval Steinitz, un proche de M. Netanyahu, a tenté de réfuter les accusations d’ingérence du Premier ministre israélien dans la campagne présidentielle américaine.

"Nous ne nous sommes pas immiscés dans les élections américaines, nous avons été très prudents", a affirmé M. Steinitz à la radio publique.

"Ceux qui colportent de fausses informations sur une intervention israélienne dans le scrutin portent atteinte aux intérêts d’Israël", a-t-il accusé en visant notamment l’ancien Premier ministre centriste Ehud Olmert.

M. Olmert, qui envisage un retour en politique pour les élections législatives du 22 janvier, a estimé qu’en prenant parti, M. Netanyahu a "violé les règles de base qui régissent les relations entre Etats", selon des propos tenus devant la communauté juive de New-York rapporté par des médias israéliens.

La dirigeante du Meretz, un parti d’opposition de gauche, Zehava Galon, a renchéri en fustigeant "l’intervention grossière de Benjamin Netanyahu dans les élections américaines", parlant d’un "pari irresponsable".

M. Netanyahu, cité par la radio, a dû s’expliquer : "Certaines voix parmi nous tentent de provoquer un conflit avec les Etats-Unis, mais elles n’y parviendront pas. Je continuerai à travailler étroitement avec le président Obama pour défendre les intérêts d’Israël", a-t-il assuré.

MM. Netanyahu et Romney, des conservateurs libéraux, partagent des affinités idéologiques encore renforcées par l’appartenance du républicain à l’Eglise mormone, traditionnelle soutien de la droite nationaliste israélienne.

L’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Dan Shapiro, s’est efforcé d’apaiser la polémique en qualifiant de "ridicule" l’idée d’un "désir de vengeance" du président réélu.

Les analystes israéliens s’interrogent néanmoins sur le "prix" que Barack Obama pourrait faire payer à M. Netanyahu à un peu plus de deux mois d’un scrutin crucial.

"Netanyahu a parié et nous allons payer", résume le tabloïd Yédiot Aharonot.

Même son de cloche à gauche, au Haaretz : "Obama a maintenant quatre ans pour régler ses comptes avec Netanyahu, pour le soutien ouvert à Mitt Romney, pour ses dépréciations (d’Obama) devant le Congrès, pour le gel des négociations avec les Palestiniens, pour la colonisation et pour avoir tenté de lui faire la leçon sur le dossier iranien".

Le premier test de l’humeur entre l’Américain et l’Israélien pourrait avoir lieu très prochainement, à l’occasion de la demande de rehaussement du statut de la Palestine au rang d’Etat non-membre à l’ONU.

"Netanyahu espère que les Américains vont presser Mahmoud Abbas de renoncer à ce projet, mais le président américain demandera en échange que le Premier ministre fassent preuve de souplesse envers les Palestiniens", a pronostiqué le commentateur politique de la radio publique.

La deuxième test devrait porter sur le programme nucléaire iranien controversé.
Selon plusieurs commentateurs, Barack Obama pourrait tenter de négocier un accord avec Téhéran sans fixer de limite de temps tandis que M. Netanyahu ne cesse d’accuser l’Iran de procrastination.

En septembre, M. Netanyahu a réclamé à hauts cris mais en vain à la Maison Blanche d’imposer à l’Iran "des lignes rouges claires" à ne pas dépasser dans son programme nucléaire, en menaçant de frapper préventivement les installations atomiques iraniennes.
Mais il s’est heurté à une fin de non-recevoir —au propre comme au figuré— du président américain qui, comme le reste de la communauté internationale, privilégie à ce stade un durcissement des sanctions contre l’Iran.
(08 Novembre 2012 - Avec les agences de presse)
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 15:50

 

Bashar al-Assad et sa femme Asma

Bashar al-Assad et sa femme Asma

 

Pour venir à bout de la Syrie,

tous les moyens sont bons :


Le dernier en date,

après avoir tenté de pousser Mme Assad

à quitter son mari et à se réfugier... à Londres :

L'Appel aux femmes contre les dirigeants non-alignés.

"Le temps est venu pour les dames de défiler" !

Notons au passage le courage de Bachar-el-Assad

à qui Cameron propose l'exil à son tour :

"Je suis né dans mon pays, j'y mourrai aussi" !

Vous voyez nos larbins servir leur pays jusqu'à la mort ?

Et lorsque l'Occident impose le départ à Bachar,

il répond aujourd'hui avec courage :

"Seules les urnes peuvent

décider de l'avenir du Président".

  Evidemment !

Belle leçon d'un "dictateur"

en matière de démocratie !

 

eva R-sistons

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  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
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