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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 08:33

http://www.internationalnews.fr/article-l-experience-de-asch-ash-experiment-1-21-vostf-50806708.html

Une stratégie de démolition accélérée des Etats souverains et de casse sociale à grande échelle

Articles d' Indépendance des Chercheurs :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/05/20/monti-grece-refractaires-nationalistes.html

Monti, Grèce, Barroso, "réfractaires", "nationalistes"... (I)

Le 20 mai, une nouvelle grève générale a lieu en Grèce, pays
qualifié par Mario Monti de « réfractaire au marché unique et à la concurrence ». Au même moment, d'après une note d'European Voice intitulée « Monti must try harder », le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso s'apprêterait à durcir encore les recommandations formulées dans le rapport du nouveau président européen de la Commission Trilatérale.
 
Pourtant, la panoplie brandie par Mario Monti paraît déjà « suffisamment » inquiétante. La réalité est qu'à des possibles différences de tactique près, Monti et Barroso préconisent conjointement une stratégie de démolition accélérée des Etats souverains et de casse sociale à grande échelle en vue d'un « marché unique européen ».
Opération qui ne sera en réalité qu'un ingrédient de la stratégie permanente de « marché unique » mondial avec nivellement par le bas des droits des citoyens et des acquis sociaux.
 
Barroso chercherait-il à mettre au point un nouveau plan avant la conférence de Bilderberg qui doit se réunir à Sitges (Catalogne) dans deux semaines ? Force est de constater qu'à l'Union Européenne comme ailleurs, et quelles que soient les instances, ces débats sont menés très loin des citoyens, voire même des parlements nationaux réduits de fait à un rôle provincial. Peut-on décemment qualifier de « réfractaires », ou encore de « nationalistes », « souverainistes »... ceux qui s'opposent à de telles pratiques ?
 
C'est un fait évident, que les actuels Etats souverains sont à ce jour les seuls garants des droits des citoyens et des acquis sociaux. Le 20 mai également, Le Point intitule « LUTTE CONTRE LES DÉFICITS - La cure amaigrissante de Nicolas Sarkozy » un article consacré à la « deuxième conférence nationale sur les déficits, réunie autour de Nicolas Sarkozy » organisée et présidée ce jour par le Président de la République. Curieuse pratique, consistant à faire payer les prétendus « déficits » par les travailleurs et les citoyens qui les subissent, et pas par les grands financiers et industriels qui en sont à l'origine et dont les Etats renflouent les caisses aux frais de la grande majorité de la population.

La suite, sur le lien
 http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/05/20/monti-grece-refractaires-nationalistes.html

Monti, Grèce, Barroso, "réfractaires", "nationalistes"... (II)

Le 20 mai, la quatrième grève générale grecque contre la prétendue « austérité »
a témoigné clairement d'un état de mobilisation permanent de la part de la population, pendant que Capital diffuse une note intitulée :
 « Le CAC 40 lâche plus de 3%, Wall Street en forte baisse ». Mais les « investisseurs » ne font pas tourner la production. Sans eux, sans les lobbies financiers et sans les « élites » porteuses de la « politique unique », la débâcle économique des Etats-Unis et des pays de l'Union Européenne ne se serait jamais produite.
 
C'est sans doute dans cette coupure de plus en plus profonde entre la finance, la « gouvernance » et la « gestion » d'une part, et le travail réel de l'autre, que réside la cause profonde de la crise actuelle. Une dizaine de jours avant le cinquième anniversaire du référendum français sur le projet de Traité Constitutionnel Européen (TCE), le constat est particulièrement accablant.
Et les attaques récentes de Mario Monti contre le fonctionnement (relations de travail, acquis sociaux, domaine public...) de la Grèce visaient-elles uniquement ce pays ?
Le 20 mai également, à l'occasion de la Journée Maritime Européenne, le site de la Commission Européenne attribue à son président José Manuel Barroso une déclaration estimant que la Politique Maritime Intégrée constitue « an important exemple of joint up policy making for sustainable and inclusive growth in the context of our Europe 2020 strategy ».
De son côté, le Fond Monétaire international (FMI) exige notamment de la Grèce « une répartition équitable de la charge de l’ajustement entre toutes les couches de la société en épargnant les groupes les plus vulnérables et en alourdissant la fiscalité pour les groupes relativement plus aisés », ainsi que « des mesures pour rationaliser le secteur public ».
Quelles mesures, et que signifie l'expression « rationaliser » ? A ce sujet, une dépêche AFP rédigée à Washington et rediffusée par des médias suisses souligne que l'aide du FMI à la Grèce a été accordée « en échange de mesures d'austérité drastiques, touchant entre autres les rémunérations dans la fonction publique ».
La souveraineté des Etats et leurs infrastructures et services publics sont la cible directe de l'actuelle offensive d'instrumentalisation de la crise économique. Mais est-ce autre chose que la fuite en avant d'un milieu fermé, responsable de la destruction des économies occidentales et qui cherche par tous les moyens à se donner raison a posteriori ?

La suite, sur le lien
 
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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 08:24

 

 

 http://www.internationalnews.fr/article-colonisation-de-la-planete-par-monsanto-apres-l-iraq-et-l-afghanistan-haiti-50619856.html

 
 
La Gauche doit assumer de désobéir à l’Union européenne
mai 2010
Auteur : par
Aurélien Bernier
 
Fermons les yeux et rêvons un peu. Nous sommes en 2012, au printemps. La gauche radicale française sort enfin victorieuse des élections présidentielle et législatives. Mais passées l’immense fête populaire que mérite un tel succès et la mise en place d’un gouvernement, il se pose un problème crucial aux nouveaux dirigeants. Si cette gauche radicale se réfère au droit communautaire qui s’impose aux États membres, elle doit renoncer à mettre en œuvre son programme social, écologique et solidaire, qui est par nature incompatible avec les traités de l’Union européenne.
 
LA GAUCHE DOIT ASSUMER 
DE DÉSOBÉIR À L’UNION EUROPÉENNE

Par Aurélien Bernier, secrétaire national du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), auteur du livre Le Climat, otage de la finance, Éditions Mille et une nuits, 2008.

 

Le 21 mai 2010 (article publié dans L’Humanité du 19 mai).

Fermons les yeux et rêvons un peu. Nous sommes en 2012, au printemps. La gauche radicale française sort enfin victorieuse des élections présidentielle et législatives. Mais passées l’immense fête populaire que mérite un tel succès et la mise en place d’un gouvernement, il se pose un problème crucial aux nouveaux dirigeants. Si cette gauche radicale se réfère au droit communautaire qui s’impose aux États membres, elle doit renoncer à mettre en œuvre son programme social, écologique et solidaire, qui est par nature incompatible avec les traités de l’Union européenne.

Il fut une époque où la gauche répondait clairement à ce problème. Dans son chapitre consacré à l’Europe, le programme commun de 1972 du Parti communiste français, du Parti socialiste et du Mouvement des radicaux de gauche indiquait  : « Le gouvernement aura à l’égard de la Communauté économique européenne un double objectif. D’une part, participer à la construction de la CEE (…) avec la volonté d’agir en vue de la libérer de la domination du grand capital, de démocratiser ses institutions, de soutenir les revendications des travailleurs et d’orienter dans le sens de leurs intérêts les réalisations communautaires  ; d’autre part, de préserver au sein du marché commun sa liberté d’action pour la réalisation de son programme politique, économique et social. »

Et l’Union européenne était à l’époque bien moins libérale qu’aujourd’hui  ! Entre-temps, Bruxelles a muré les fenêtres et verrouillé les portes qui auraient permis à des États de sortir de l’eurolibéralisme. Le traité indique par exemple que « toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites », ce qui rend les politiques fiscales de gauche impossibles. La casse des acquis sociaux est mise en pratique par la Cour de justice des communautés européennes, dont les arrêts tendent à aligner les conditions de travail sur les pires dispositions en vigueur dans l’Europe des Vingt-Sept.

Face à une Commission qui conserve l’exclusivité en matière de propositions législatives, le Parlement est cantonné à un rôle d’observateur, qui autorise tout juste certains députés à lancer des alertes en direction de l’opinion publique. Surtout, l’assemblée qui représente les peuples ne possède aucune compétence sur les traités communautaires et les accords internationaux, qui sont les véritables fondements des politiques européennes. L’affaire des OGM détruit quant à elle l’espoir qu’un groupe de pays puisse influencer les décisions de l’Union européenne dans un sens moins libéral  : alors qu’une majorité de citoyens et d’États membres souhaitent interdire les cultures transgéniques, la Commission continue de les imposer au nom du libre-échange. Enfin, l’illusion d’une Union européenne solidaire a volé en éclats avec le traitement scandaleux de la situation grecque.

Tout projet de transformation « de l’intérieur » des institutions pour bâtir une Europe sociale nous renvoie donc à un avenir très lointain. La construction européenne suit une ligne tout à fait libérale qui ne montre aucun signe d’affaiblissement, bien au contraire. Cette situation nous impose de répondre aussi clairement que nos prédécesseurs à cette question taboue  : que ferait un gouvernement de gauche radicale face aux règles communautaires  ?

Il n’aurait pas le choix. Il lui faudrait désobéir, c’est-à-dire construire un droit national socialement juste et protecteur de l’environnement, même si ce droit est incompatible avec les textes européens. La gauche pourrait-elle accepter la transposition des directives de privatisation qui détruisent la Poste ou le service public de l’énergie  ? Pourrait-elle accepter qu’on lui interdise de taxer les transactions financières ou de voter des lois anti-délocalisations  ? Bien sûr que non. Loin de s’isoler, un État qui assumerait la désobéissance européenne en entraînerait d’autres avec lui. Il créerait un formidable espoir de changement là où domine le fatalisme. Il ouvrirait une brèche dans laquelle les mouvements sociaux pourraient s’engouffrer.

En nouant de nouvelles alliances sur des bases antilibérales, il irait même jusqu’à poser les fondations de cette autre Europe que nous souhaitons créer. Alors que progressent les gauches radicales en Allemagne, au Portugal et en France, la désobéissance européenne est le chaînon manquant vers une révolution progressiste par les urnes, en Europe et au-delà. En 2005, lors du référendum sur le traité constitutionnel, nous expliquions aux citoyens que les politiques européennes surplombaient l’ensemble des politiques nationales. Les citoyens l’ont parfaitement compris.

Soyons donc logiques. Osons assumer cette désobéissance européenne qui permettra à la gauche de redevenir victorieuse.

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article1695

 

 

 

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 08:15

 

 

La crise économique mondiale : la Grande Dépression du XXIe siècle, nouveau livre du PR Michel Chossudovsky et d'Andrew Gavin Marshall

 

Go to the original: http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=19025



 

Le texte suivant constitue la préface du livre The Global Economic Crisis. The Great Depression of the XXI Century, de Michel Chossudovsky et Andrew Gavin Marshall (éditeurs), Montréal, Global Research, 2010, qui sera publié à la fin mai.

 

Dans ce recueil bien à propos, chaque auteur lève le voile sur une trame complexe de tromperie et de déformation médiatique servant à camoufler les rouages du système économique mondial et ses effets ravageurs sur la vie des gens.

 

Les causes complexes tout comme que les conséquences destructrices de la crise économique sont scrutées à la loupe dans les contributions de Ellen Brown, Tom Burghardt, Michel Chossudovsky, Richard C. Cook, Shamus Cooke, John Bellamy Foster, Michael Hudson, Tanya Cariina Hsu, Fred Magdoff, Andrew Gavin Marshall, James Petras, Peter Phillips, Peter Dale Scott, Bill Van Auken, Claudia von Werlhof et Mike Whitney.

 

Malgré la diversité des points de vue et des perspectives présentées dans ce volume, les collaborateurs arrivent tous ultimement à la même conclusion : l’humanité se trouve à la croisée des chemins de la crise économique et sociale la plus grave de l’histoire moderne.

 

 

PRÉFACE : La crise économique mondiale, la Grande Dépression du XXIe siècle

Dans toutes les grandes régions du monde, la récession économique est profonde et entraîne le chômage de masse, l’effondrement de programmes sociaux étatiques et l’appauvrissement de millions de personnes. La crise économique s’accompagne d’un processus mondial de militarisation, d’une « guerre sans frontières » menée par les États-Unis d’Amérique et ses alliés de l’OTAN. La conduite de la « longue guerre » du Pentagone est intimement liée à la restructuration de l’économie mondiale.

 

Il ne s’agit pas d’une crise économique ou d’une récession précisément définies. L’architecture financière mondiale maintien des objectifs stratégiques et de sécurité nationale, tandis que le programme militaire U.S.-OTAN sert à cautionner une puissante élite d’entreprises, laquelle éclipse et sape implacablement les fonctions du gouvernement civil.

 

Ce livre conduit le lecteur dans les corridors de la Réserve Fédérale et du Council on Foreign Relations, derrière les portes closes de la Banque des règlements internationaux (BRI) et au cœur des salles de réunion corporatives cossues de Wall Street, où s’effectuent couramment des transactions financières d’une portée considérable, en un clic, à partir de terminaux informatiques liés à de grands marchés boursiers.

 

Chaque auteur lève le voile sur une toile complexe de tromperie et de déformation médiatique servant à camoufler les rouages du système économique mondial et ses effets ravageurs sur la vie des gens. Notre analyse se concentre sur le rôle de puissants acteurs économiques et politiques dans un environnement envahi par la corruption, la manipulation financière et la fraude.

 

Malgré la diversité des points de vue et des perspectives présentées dans ce volume, les contributeurs arrivent tous ultimement à la même conclusion : l’humanité se trouve à la croisée des chemins de la crise économique et sociale la plus grave de l’histoire moderne.

 

La débâcle des marchés financiers en 2008-2009 est née d’une fraude institutionnalisée et de la manipulation financière. Les "sauvetages bancaires" ont été mis en œuvre sous les instructions de Wall Street et ont mené au plus important transfert de richesse monétaire de l’histoire jamais enregistré, tout en créant simultanément une dette publique insurmontable.

 

Avec la détérioration planétaire des niveaux de vie et la chute des dépenses de consommation, la structure entière du commerce international des denrées est potentiellement compromise. Le système de paiement des transactions monétaires est chamboulé. Une fois le marché du travail effondré, le paiement des salaires est perturbé, ce qui en retour déclenche une diminution des dépenses liées aux biens et services essentiels. Cette grave dégringolade du pouvoir d’achat se répercute ensuite sur le système de production, résultant en une série de mises à pied, de fermeture d’usines et de faillites. Exacerbée par le gel du crédit, la baisse de la demande de biens de consommation contribue à la démobilisation des ressources humaines et matérielles.

 

Ce processus de déclin économique est cumulatif et toutes les catégories de main-d’œuvre sont affectées. Les paiements des salaires ne sont plus effectués, le crédit est déréglé et les dépenses d’investissement sont au point mort. Entre-temps, dans les pays occidentaux, le « filet de sécurité sociale », hérité de l’État providence et protégeant les chômeurs lors d’un ralentissement économique, est également en danger.

 

Le mythe de la reprise économique

 

Bien que l’on reconnaisse fréquemment l’existence d’une « Grande Dépression » de l’ordre de celle des années 1930, cela est occulté par un consensus inflexible : « L’économie est sur la voie de la reprise. »

 

Alors que l’on parle de regain économique, les commentateurs de Wall Street ont intentionnellement négligé avec persistance le fait que la débâcle financière n’est pas simplement composée d’une bulle, celle du marché de l’habitation et de l’immobilier, laquelle a déjà éclaté. En réalité, la crise est constituée de bien des bulles qui semblent toutes diminuer l'importance de l’éclatement de la bulle immobilière de 2008.

 

Bien qu’il n’y ait aucun désaccord fondamental chez les analystes du courant dominant quant à la présence d’une reprise économique, il existe un débat animé à savoir quand elle se produira, à savoir au cours du prochain trimestre ou du troisième trimestre l’an prochain, etc. Déjà au début 2010, la « reprise » de l’économie étasunienne avait été prévue et confirmée par un torrent de désinformation médiatique soigneusement formulé. Pendant ce temps le bourbier social du chômage accru aux États-Unis a été scrupuleusement camouflé et les économistes voient la faillite comme un phénomène microéconomique.

 

Bien qu’ils révèlent des réalités au niveau local affectant une usine ou plus, les reportages sur les faillites ne procurent pas de vue d’ensemble sur ce qui se produit aux niveaux national et international. Lorsque l’on additionne ces fermetures simultanées d’usines dans les petites et grandes villes à travers le pays, un tableau fort différent émerge : des secteurs entiers de l’économie nationale cessent leurs activités.

 

On continue à induire l’opinion publique en erreur quant aux causes et aux conséquences de la crise économique, sans compter les solutions politiques. Les gens sont amenés à penser que l’économie possède sa propre logique, laquelle dépend de la libre influence réciproque des forces du marché, et qu’en aucune circonstance de puissants acteurs financiers tirant les ficelles au sein des salle de réunion corporatives, auraient pu influencer le cours des événements économiques.

 

L’appropriation acharnée et frauduleuse de la richesse est maintenue comme partie intégrante du « rêve américain », comme moyen de propager les bénéfices de la croissance économique. Tel qu’exprimé par Michael Hudson, le mythe suivant s’établit : « sans richesse au sommet, il n’y aurait pas de retombées ». Une logique si défaillante du cycle économique masque une compréhension des origines structurelles et historiques de la crise économique mondiale.

 

Fraude financière

 

La désinformation médiatique sert largement les intérêts d’une poignée de banques mondiales et de spéculateurs institutionnels utilisant leur mainmise sur les marchés financiers et ceux des denrées afin d’amasser des quantités impressionnantes de richesse monétaire. Les couloirs de l’État sont contrôlés par l’ordre corporatif établi, dont les spéculateurs. Entre-temps, les « sauvetages bancaires », présentés au public comme nécessaires à la reprise économique, ont facilité et légitimé un processus additionnel d’appropriation de la richesse.

 

Une quantité importante de richesse monétaire est acquise par la manipulation financière. L’appareil financier a développé des instruments sophistiqués de manipulation et de tromperie pures et simples, auxquels on fait allusion sous le nom de « déréglementation ». Grâce à des informations privilégiées et à une connaissance préalable, de grands acteurs financiers, utilisant les instruments de transactions spéculatives, ont la capacité de falsifier et de truquer les mouvements des marchés à leur avantage, de précipiter l’effondrement d’un compétiteur et de provoquer des dégâts dans les économies des pays en développement. Ces outils de manipulation sont devenus des éléments fondamentaux de l’architecture financière : ils sont intégrés au système.

 

L’échec de la science économique dominante

 

La profession d’économiste, particulièrement dans les universités, aborde rarement le « monde réel » du fonctionnement des marchés. Des concepts théoriques centrés sur des modèles mathématiques servent à représenter un monde abstrait et fictif au sein duquel les individus sont égaux. Il n’existe pas de distinction théorique entre les travailleurs, les consommateurs ou les entreprises, auxquels ont fait invariablement référence comme des « négociateurs individuels ». Or, aucun individu n’a le pouvoir ou la capacité d’influencer à lui seul le marché et il ne peut pas y avoir de conflit entre les travailleurs et les capitalistes dans ce monde abstrait.

 

En omettant d’examiner les actions réciproques des puissants acteurs économiques dans l’économie « réelle », on ignore les techniques de truquage des marchés, de manipulation financière et de fraude. La concentration et la centralisation des prises de décision économiques, le rôle des élites financières, les cercles de réflexion, les salles du conseil : aucune de ces questions n’est examinée dans les programmes économiques universitaires. Le concept théorique est dysfonctionnel : il ne peut être utilisé pour assurer une compréhension de la crise économique.

 

La science économique est un concept idéologique servant à camoufler et à justifier le nouvel ordre mondial


 

Un lot de postulats dogmatiques contribue à la sauvegarde du capitalisme de libre marché en niant l’existence d’inégalités sociales et la nature du système motivé par le profit. Le rôle de puissants acteurs économiques et la façon dont ces derniers sont capables d’influencer les mécanismes des marchés financiers et de denrées n’est pas un objet de préoccupation pour les théoriciens de la discipline. Les pouvoirs de la manipulation servant à l’appropriation de quantités importantes de richesse monétaire sont rarement abordés. Et lorsqu’ils sont reconnus, on considère qu’ils appartiennent au domaine de la sociologie ou de la science politique.

 

Cela signifie que le cadre politique et institutionnel derrière ce système économique  mondial, modelé au cours des trente dernières années, est rarement analysé par les économistes de l’école dominante. Il s’ensuit que l’économie, en tant que discipline, à quelques exceptions près, n’a pas fourni l’analyse nécessaire à la compréhension de la crise économique. En réalité, ses principaux postulats du libre marché nient l’existence d’une crise. L’économie néoclassique est centrée sur l’équilibre, le déséquilibre et la « correction du marché » ou l’« ajustement » par le mécanisme du marché, dans le but de remettre l’économie « sur la voie de la croissance autonome ».

 

La pauvreté et les inégalités sociales

 

L’économie politique mondiale est un système qui enrichit une poignée d’individus au détriment de la grande majorité. La crise économique mondiale a contribué à l’accroissement des inégalités sociales, aussi bien à l’intérieur des pays qu’entre eux. Dans le capitalisme mondial, la pauvreté ne résulte pas de la rareté ou du manque de ressources humaines et matérielles. Le contraire est plutôt vrai : la dépression économique est marquée par un procédé de désengagement des ressources humaines et du capital physique. La vie des gens est détruite et la crise économique est profonde.

 

Les structures d’inégalités sociales ont été renforcées sciemment, menant ainsi non seulement à un processus généralisé d’appauvrissement, mais aussi à l’anéantissement des groupes à revenus moyen et moyen supérieur.

 

Le consumérisme de la classe moyenne, sur lequel est basé ce modèle de développement capitaliste incontrôlable, est lui aussi menacé. Les faillites ont frappé plusieurs des secteurs les plus vivants de l’économie consumériste. Les classes moyennes occidentales ont pour leur part été sujettes à l’érosion de leur richesse matérielle durant plusieurs décennies. Alors que la classe moyenne existe en théorie, il s’agit d’une classe construite et préservée par l’endettement des ménages.

 

Au lieu de la classe moyenne, ce sont plutôt les riches qui deviennent rapidement la classe consumériste, cela conduisant à la croissance incessante de l’économie des marchandises de luxe. De plus, en raison du tarissement des marchés de classe moyenne pour les produits manufacturés, la structure de la croissance économique a subi un virage fondamental et décisif. Avec l’effondrement de l’économie civile, le développement de l’économie de guerre étasunienne, soutenue par un budget de la Défense monstrueux avoisinant les billions de dollars, a atteint de nouveaux sommets. Au moment où les marchés s’effondrent et que la récession se développe, les entrepreneurs militaires, les industries d’armement perfectionné, les entrepreneurs en sécurité nationale et les compagnies de mercenaires prometteuses (entre autres) ont connu une croissance florissante de leurs diverses activités.

 

La guerre et la crise économique

 

La guerre est inextricablement liée à l’appauvrissement des individus, au pays et à travers le monde. La militarisation et la crise économique sont aussi intimement liées. La fourniture de produits et services essentiels nécessaire aux besoins humains fondamentaux a été remplacée par un « engin meurtrier » à but lucratif et en faveur de la « guerre mondiale au terrorisme ». Les pauvres sont faits/utilisés pour combattre les pauvres. Cependant, la guerre enrichit la classe supérieure, laquelle contrôle l’industrie, l’armée, le pétrole et les banques. Dans une économie de guerre, la mort est bonne pour les affaires, la pauvreté est bonne pour la société et le pouvoir est bon pour la politique. Les pays occidentaux, particulièrement les États-Unis, dépensent des centaines de milliards de dollars par année pour assassiner des innocents dans des pays lointains appauvris, alors que leurs citoyens souffrent des disparités touchant à la pauvreté, aux classes, aux genres et aux divisions raciales.

 

Une « guerre économique » absolue est menée par le libre marché et entraîne le chômage, la pauvreté et la maladie. La vie des gens est en chute libre et leur pouvoir d’achat est détruit. Les vingt dernières années de « libre marché » mondial ont touché d’une manière très réelle la vie de millions de personnes, en engendrant la pauvreté et le dénuement social.

 

Plutôt que d’aborder une catastrophe sociale imminente, les gouvernements occidentaux, qui servent les intérêts des élites économiques, ont mis en place un État policier à la « Big Brother », ayant pour mandat la confrontation et la répression de toutes les formes d’opposition et de dissidence sociale.

 

La crise économique et sociale est loin d’avoir atteint son paroxysme et des pays entiers sont en danger, dont la Grèce et l’Islande. L’on a qu’à regarder l’escalade de la guerre au Moyen-Orient et en Asie centrale ainsi que les menace des États-Unis et de l’OTAN envers la Chine la Russie et l’Iran pour affirmer que la guerre et l’économie sont étroitement liées.

 

Notre analyse dans cet ouvrage

 

Les collaborateurs de ce livre révèlent la complexité du système bancaire mondial et de sa relation insidieuse avec le complexe militaro-industriel et les conglomérats pétroliers. Cet ouvrage présente une approche interdisciplinaire et polyvalente, tout en transmettant une compréhension des dimensions historique et institutionnelle. Il souligne également les relations complexes entre la crise économique et la guerre, l’empire et la pauvreté mondiale. Cette crise a véritablement une portée planétaire et des répercussions se propageant dans tous les pays et toutes les sociétés.

 

La première partie expose l’ensemble des causes de la crise économique ainsi que les échecs des sciences économiques de l’école dominante. Michel Chossudovsky se focalise sur l’histoire de la déréglementation financière et de la spéculation. Tanya Cariina Hsu analyse pour sa part le rôle de l’empire étasunien et son rapport à la crise économique. John Bellamy Foster et Fred Magdoff offrent quant à eux un examen complet de l’économie politique de la crise en expliquant le rôle clé de la politique monétaire. De leur côté, James Petras et Claudia von Werlhof présentent une revue critique détaillée du néolibéralisme en mettant l’accent sur les répercussions économiques, politiques et sociales des réformes du « libre marché ». Enfin, Shamus Cooke examine le rôle central de la dette, à la fois publique et privée.

 

La seconde partie, incluant des chapitres de Michel Chossudovsky et Peter Phillips, analyse la marée montante de la pauvreté et de l’inégalité sociale découlant de la Grande Dépression.

 

Grâce aux contributions de Michel Chossudovsky, Peter Dale Scott, Michael Hudson, Bill Van Auken, Tom Burghardt et Andrew Gavin Marshall, la troisième partie observe la corrélation entre la crise économique, la sécurité nationale, la guerre menée par les États-Unis et l’OTAN, et le gouvernement mondial. Dans ce contexte, comme l’exprime Peter Dale Scott, la crise économique engendre des conditions sociales favorisant l’instauration de la loi martiale.

 

La quatrième partie est axée sur le système monétaire international, son évolution et la transformation de son rôle. Andrew Gavin Marshall examine l’historique des banques centrales, ainsi que les diverses initiatives visant à créer des systèmes monétaires régionaux et international. Ellen Brown se concentre pour sa part sur la création d’une banque centrale mondiale et d’une devise internationale par le biais de la BRI. Finalement, Richard C. Cook étudie le système monétaire basé sur la dette comme système de contrôle et offre une structure pour la démocratisation du système monétaire.

 

Enfin, la cinquième partie est centrée sur les mécanismes du système bancaire parallèle ayant déclenché la débâcle des marchés financiers en 2008. Les chapitres de Mike Whitney et Ellen Brown décrivent en détail comment la combine à la Ponzi de Wall Street a été utilisée pour manipuler le marché et transférer des milliards de dollars dans les poches des banksters.

 

Nous sommes redevables aux auteurs pour leur recherche soigneusement documentée, leur analyse incisive et, avant tout, pour leur engagement inflexible envers la vérité : Tom Burghardt, Ellen Brown, Richard C. Cook, Shamus Cooke, John Bellamy Foster, Michael Hudson, Tanya Cariina Hsu, Fred Magdoff, James Petras, Peter Phillips, Peter Dale Scott, Mike Whitney, Bill Van Auken et Claudia von Werlhof, ont livré, et ce avec une extraordinaire clareté, une compréhension des processus économiques, sociaux et politiques complexes qui affectent la vie de millions de personnes dans le monde.

 

Nous sommes reconnaissants envers Maja Romano de Global Research Publishers, qui a supervisé et coordonné sans relâche l’édition et la production de ce livre, incluant le concept créatif de la page couverture. Nous souhaitons également remercier Andréa Joseph pour la composition consciencieuse du manuscrit et le graphisme de la page couverture. Nous tenons aussi à remercier Isabelle Goulet, Julie Lévesque et Drew McKevitt pour leur soutien dans la révision et l’édition de cet ouvrage.



Michel Chossudovsky et Andrew Gavin Marshall, Montréal et Vancouver, mai 2010

Texte original en anglais : 
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=19025

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Pour de plus amples détails sur le livre (en anglais) cliquez ici. Vous pouvez commander le livre sur Mondialisation.ca


 

 

The Global Economic Crisis. The Great Depression of the XXI Century 

Michel Chossudovsky et Andrew Gavin Marshall (éditeurs)

 

Montreal, Global Research Publishers. Centre for Research on Globalization (CRG), 2010.

 

ISBN 978-0-9737147-3-9 (416 pages)


 

http://www.mondialisation.ca


 

http://www.internationalnews.fr/article-la-crise-economique-mondiale-la-grande-depression-du-xxie-siecle-nouveau-livre-de-michel-chossudovsky-et-andrew-gavin-marshall-50805340.html (Un blog remarquable, je vous le recommande, eva)

 

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 08:05
 

Par patria grande-Pagina 12, traduit par danielle Bleitrach pour changement de société.

 Madrid,  mai 21 – “,  La recette d’un nouveau protagoniste ne plaît à personne, mais : où est-il écrit que les États-Unis doivent être le sherif du Moyen-Orient et du monde ?”, a affirmé Lula au journal Valeur Économique, l’un des organisateurs d’un séminaire réalisé à Madrid, sur l’économie brésilienne.

 “Les États-Unis ne peuvent pas considérer notre médiation avec l’Iran comme une confrontation mais comme une avancée, parce qu’ils devraient avoir conversé avec le président (Mahmoud) Ahmadinejad”, a affirmé le président brésilien.

“La vérité crue est : l’Iran était vendu en tant que démon, qui ne voulait pas  négocier; l’Iran a décidé de s’asseoir à la table de négociation, je veux voir si les autres vont accomplir ce qu’ils voulaient que l’Iran fît”, en négociant à leur tour, a-t-il déclaré. “Il y a des gens qui ne savent pas faire une politique sans ennemi”, a-t-il condamné. Le Brésil a  apporté une “contribution au multilatéralisme qui devrait être pris  en compte” après s’être offert à négocier la question nucléaire iranienne, a-t-il ajouté.

Lula a défendu de cette manière la médiation auprès de la Turquie pour signer un accord de transfert du combustible nucléaire de l’Iran, comme une manière d’éviter les sanctions que les États-Unis préconisent contre Téhéran dans le Conseil de Sûreté de l’ONU auprès des puissances nucléaires.

Le mardi, le jour après l’accord entre la Turquie, l’Iran et le Brésil pour l’enrichissement d’uranium iranien dans un territoire turc, le secrétariat nord-américain d’État, Hillary Clinton, a annoncé qu’un consentement existait pour une quatrième ronde de sanctions contre Téhéran.


Auteur : patria grande-Pagina 12 - Source : Changement de société

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=13014

 

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 07:55

baseeleve.jpg

 

260 nouvelles plaintes de parents d'élèves

 

Fichier Base Elèves

In VousNousIls

 

Deux cent soixante nouvelles plaintes contre X de parents d'élèves ont été déposées mercredi en France, visant le fichier du primaire "Base élèves" qui porte atteinte aux libertés, selon les plaignants, a annoncé jeudi le Collectif national de résistance à cette base de données.

 

Ces plaintes, déposées simultanément dans 16 départements (dont 48 en Seine-Saint-Denis, 46 dans le Gard, 44 dans la Drôme, 30 dans le Jura et 26 dans le Rhône), s'ajoutent aux 1.820 déjà déposées entre mars 2009 et janvier 2010, a détaillé le Collectif dans un communiqué.

 

Celui-ci écrit que "ce fichier liberticide porte atteinte aux droits des enfants et des parents, et est imposé sous la menace et les sanctions aux équipes enseignantes et aux directeurs d'écoles".

Le 30 mars dernier, deux directeurs d'écoles primaires de l'académie de l'Isère se sont vus retirer leurs fonctions de directeur pour refus de remplir le fichier de données informatiques.

 

Dans un autre communiqué, la Ligue des droits de l'homme (LDH), la Fédération de parents d'élèves FCPE et le syndicat du primaire SNUipp-FSU ont demandé jeudi la levée de "toutes les sanctions" prises contre les directeurs d'écoles et la "sécurisation des données personnelles" des élèves de primaire.

Ils ont "réaffirmé que les risques de diffusion de données personnelles concernant les enfants et leurs familles hors de la communauté éducative et la durée excessive de conservation de ces données mettent en danger le droit au respect de la vie privée et entrent en contradiction avec les stipulations de la Convention internationale des droits de l'enfant".

 

 

TEXTE REPRIS

sur

Sauvons l'Ecole publique

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/

 

liste complète

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 07:39

Tsiganes-scene-liberty-j.jpg

 

Les Médias ne s'intéressent qu'à la Shoah des Juifs.

Silence sur celle des Tsiganes !

L'amie des Tsiganes que je suis 

répare cette injustice historique.

Dossier spécial Génocide Tsiganes.

 

Pour commencer, invitation pour le 23 mai prochain 

 

 La Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation

La Présidente de l'Association pour la Mémoire de l'Internement et de la Déportation des Tsiganes

Vous prient de bien vouloir honorer de votre présence la cérémonie commémorative de l'internement des Tsiganes au camp de Saliers

Qui aura lieu En présence de Monsieur le Sous Préfet d'Arles

(Un Préfet ne se dérange pas pour les Tsiganes ? Et pour les victimes juives ? eva)

 

 Pierre Castoldi, sous-préfet d'Arles

 

                               et de Monsieur le Maire d'Arles ou de son représentant

  

                                                                Hervé Schiavetti

  

                                      Le dimanche 23 mai 2010 à 10 heures

                              

                         Devant le monument dédié à la mémoire des Tsiganes

                                       Internés durant le Seconde Guerre mondiale

                         (route de Saliers en direction des Saintes Maries de la Mer (D37))

                                        Merci de bien vouloir confirmer votre présence

                                                  par téléphone au 0 667 215 333

                                         Ou par mail à  : romanezesmeralda@yahoo.fr

 

 

tsigane-caravane-j.jpg

http://www.mandora.fr/mandorine/index.php/cinema/liberte 

 

Mes amis,

 

Je lance un Appel aux rescapés tsiganes de la Shoa, afin qu'ils témoignent de leur vécu.

 

La "Shoah"  en tant que génocide de populations, est un événement historique de première importance. Malheureusement, nous n'en connaissons qu'une facette: Celle des Juifs, qui perdirent un tiers de leurs citoyens européens pendant cette sinistre période, alors que les Tsiganes, les handicapés mentaux, les homosexuels, les communistes, les patriotes... en furent aussi largement victimes.  C'est une grande injustice historique. La mémoire ne doit pas être sélective, de même qu'elle ne doit pas être excessive, obsessionnelle, et trop envahissante, au point de présider, négativement, à certaines politiques ! 

 

Le devoir de mémoire est une nécessité, mais la mémoire doit être digérée, et encore mieux, faire l'objet d'une démarche de pardon, de réconciliation, pour ne pas être castratrice, paralysante. Il n'est pas juste que seuls les Juifs se soient appropriés cette douloureuse période, les camps de la mort ont fait d'autres victimes, tout aussi spoliées, et il n'est pas bon, non plus, que nous soyions soumis à une overdose de commémorations, de rappels, de mémoires, car cela va à l'encontre des buts recherchés. Lorsque nous entendons à longueur d'émissions, de films, d'articles, parler de la Shoah, nous sommes excédés. L'excès se retourne contre leurs auteurs. Il est à mon avis bien plus efficace de projeter un film comme Nuit et Brouillard, que de nous servir, presque chaque jour, d'une façon ou d'une autre, le rappel de cette période, au demeurant concernant les seuls Juifs. Les génocides de l'Histoire se valent, ils sont tous aussi atroces, qu'ils concernent les Amerindiens, les Arméniens, les Karens, les Noirs...

 

Tsiganes-scene-liberty-j.jpg

 

Aujourd'hui, la grande amie des Tsiganes que je suis se contentera d'évoquer la "Shoah" des seuls Tsiganes, à nouveau, pour demander que l'on répare enfin une injustice historique: Parce que le peuple tsigane ne défend jamais ses droits, parce qu'il est ostracisé, encore et toujours, parce que trop des siens ne sont pas scolarisés, et pour bien d'autres raisons, ils subissent l'intolérable: Non seulement PLUS que quiconque ils ont été liquidés, anéantis, exterminés dans les camps de la mort, mais ils sont deux fois victimes: Par notre indifférence, par notre silence, par notre oubli. Plus de la moitié d'entre eux ont péri, et nul n'en parle ! Non seulement il faut les associer aux commémorations,  mais il faut mettre en valeur leur vécu, rétablir la vérité, relayer leur cause. Et dans ce but, je lance un double appel:

- Aux Tsiganes eux-mêmes, afin que les derniers témoins rescapés témoignent, avant qu'ils ne disparaissent à leur tour. Un Lecteur, documentaliste, s'est proposé pour les aider. Je rappelle que plus de la moitié des Tsiganes européens furent exterminés dans les camps de la mort.

- Aux citoyens photographes, écrivains, journalistes, cinéastes... pour qu'ils relaient dans les livres d'Histoire, dans des articles, dans des films, dans des vidéos, cette page méconnue et douloureuse. Au nom de la vérité, de la justice, et bien sûr de la nécessaire mémoire ! Oui, pour réparer une injustice historique !

 

Il y va de notre crédibilité, et de l'honneur des Tsiganes.

 

Eva R-sistons à la mémoire sélective, à l'injustice, à l'oubli.

 

 (JPEG) 

 

 

Liberté, le film de Tony Gatlif

Le destin, mal connu du grand public, des Tsiganes pendant la 2e Guerre Mondiale

 

LIBERTE

 

Tony Gatlif
et Eric Kannay

Perrin, janvier 2010, 235 pages
17 €

 

« Et sur ses cordes, le vent moqueur, pour qui savait l’écouter, jouait un dernier air de…liberté. »

Tony Gatliff, réalisateur, musicien et scénariste, né d’une mère d’origine gitane et d’un père kabyle s’est souvent inspiré de ses racines dans ses films. Dans Liberté tiré du film éponyme sorti en salles le 24 février dernier, il s’associe au romancier Eric Kannay pour raconter le destin, mal connu du grand public, des Tsiganes pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

Théodore et le clan de Puri Dai
   
Zanko, Kako, Taloche, Tatane et leur clan sont gitans, tsiganes, bohémiens, Roms. Sous l’autorité de l’ancienne Puri Dai, ils voyagent au gré de leurs envies et de leurs besoins sur les routes de France et de Belgique. Se pliant à la loi de 1912, ils viennent faire pointer leur carnet anthropométrique dès leur arrivée auprès de la gendarmerie ou de la mairie. L’arrivée de l’occupant allemand ne signifie pas grand-chose pour eux. Aussi se rendent-ils à Saint Amont, en zone occupée, pour passer l’hiver et gagner de quoi survivre. Sur le chemin, ils recueillent Petit Claude, un jeune orphelin. A leur arrivée, ils sont accueillis par Théodore, maire et vétérinaire du village, un humaniste et un républicain convaincu. Secondée de Lise Lundi, il réussit à les convaincre d’envoyer leurs enfants à l’école.
   
Leur insouciance et leur joie de vivre sont de courte durée : ils sont rapidement inquiétés puis arrêtés par la police de Vichy qui les parque dans le camp de Villers. Théodore décide de les aider, « pour faire quelque chose, juste quelque chose ». Pour cela, il leur cède une vieille maison de famille. Propriétaires, ils sont rattachés à un lieu et sont libérés. Mais se fixer, c’est renoncer à l’essence même de leur vie et sacrifier leur liberté. Et comme ils l’ont toujours fait, ils veulent reprendre la route.

Des laissés pour compte de l’histoire

Tony Gatliff porte en lui l’alma gitana, l’âme gitane. Riche de ses origines, il désirait depuis longtemps traiter ce sujet mal connu du massacre des Tsiganes qui fut la 2ème population, victime de la politique génocidaire des Nazis. Force est de reconnaître que cet épisode de l’Histoire est très peu mentionné, ne serait-ce dans les livres scolaires. Il voulait également axer son histoire sur les « Justes » ayant aidé la population tsigane pendant cette période.

Il a d’abord été confronté au problème des sources françaises, peu d’entre elles mentionnant l’arrestation ou l’internement des Roms. Pourtant à force de patience, il est tombé sur un document mentionnant un certain Joseph Toloche qui fut interné le 2 août 1942 dans le camp de Montreuil-Bellay. Toloche deviendra son Taloche.  Un autre mentionné l’acte d’un notable ayant cédé pour un franc symbolique sa maison à un clan de tsiganes. Il s’en inspire pour le personnage de Théodore. Lise Lundi a été inspiré par la résistante-déportée, Yvette Lundy. Si cette dernière n’a pas eu l’occasion de cacher des Tsiganes, son action résistante a inspiré le personnage de l’institutrice.  C’est à partir de ces maigres sources qu’est né le scénario du film et dont le roman est tiré.

 
140px-Hungarian_Gypsy_Mother_and_Child_N

Mère Gitane et son enfant, Hongrie, 1917, wikipêdia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roms
 
Retour sur la politique génocidaire

Pendant de nombreuses années, le sort de la population tsigane durant la 2nd guerre mondiale est resté en marge dans l’historiographie consacrée à la politique génocidaire mise en place par les nazis. L’action du conseil central des Sinti und Roma (les tsiganes allemands) a permis d’exhumer bon nombre d’informations sur la Zigeunerpolitik (la politique anti-tsigane).
     
Cette politique associe la politique Völkish à la construction politique de l’asociabilité. Des experts allemands, dont le spécialiste du problème tsigane le docteur Sigmund Wolf, ont tenté dès les années 1860 de percer le mystère entourant les origines ethniques des Tsiganes. Ils avaient en charge de montrer que les Tsiganes étaient des asociaux, par leur mode de vie et qu’ils étaient une population hybride mélangée de tous les sangs inférieurs. Cette dévalorisation ethnique permit d’associer le sort des tsiganes à celui des « hybrides ». C’est ainsi que le docteur Hans Globke, chef du bureau au ministère de l’Intérieur, déclarait en 1936 : « Seuls en Europe les Juifs et les Tsiganes sont d’un sang étranger ». La messe était dite. Un statut, celui de « criminel asocial » fut défini pour faciliter les arrestations. Basé sur les recherches du docteur Ritter et de son assistante Eva Justin, les Tsiganes furent recensés et étudiés. Le docteur Ritter préconisa leur rassemblement dans des camps de travail et la stérilisation de masse.

Avec le décret du 16 décembre 1942 est décidé le transfert des Tsiganes du Grand Reich à Auschwitz. Là- bas, le médecin chef, le docteur Mengele les utilise comme cobaye humain, les enfants tsiganes étant marqué du signe « matériel de guerre ». Les Tsiganes étaient devenus une population test pour l’hygiène raciale. Le bilan est d’autant plus lourd que les rafles furent facilitées par les recensements effectués les années précédentes : cette politique aboutit à la disparition physique de 300 000 personnes soit 40 à 90% de la population tsigane selon les régions.
   
Belle et douce France…

Les Tsiganes ont d’abord été bien accueillis en France au XVe siècle grâce aux lettres de recommandation des princes et du pape. C’est à partir de 1912 qu’ils font l’objet d’un traitement administratif spécifique : la loi du 16 juillet 1912 réglementait l’exercice des professions ambulantes et la circulation des populations nomades. Un carnet anthropométrique était attribué dès 14 ans aux membres d’une même famille n’ayant pas de domicile fixe, sans profession bien définie et quelque soit leur nationalité. Il devait être visé à chacun de leur déplacement. Cette loi faisait des Tsiganes des citoyens de 2nd ordre. Le début de la guerre entraîne un durcissement de la législation : le décret du 6 avril 1940 les assigne à résidence sur l’ensemble du territoire métropolitain. Cette assignation à résidence facilite l’internement des Roms de la zone occupée après l’ordonnance du 4 octobre 1940. 6000 à 6500 furent internés dans 30 camps dont 5 en zone libre, ces derniers relevant directement du régime de Vichy.

Les Tsiganes français ne furent pas directement concernés par l’ordonnance du 16 décembre 1942, hormis ceux du Pas-de-Calais. Ceux qui furent déportés, le furent dans le cadre du travail au service de l’Allemagne.

A la fin de la guerre, le gouvernement provisoire retarda au maximum leur libération ne voulant pas les voir sur les routes. Ils furent les derniers libérés après les collaborateurs et encore le furent-ils sous surveillance puisque le régime administratif de 1912 fut réactualisé. Le carnet anthropométrique resta donc en vigueur jusqu’en 1969, date à laquelle il fut remplacé par un carnet de circulation qui est toujours d’actualité.

Avec Liberté, Tony Gatliff et Eric Kannay  offre un regard différent sur la Deuxième Guerre Mondiale et font connaître au grand public le sort des Tsiganes durant cette période.

Julie Lecanu

Pour aller plus loin :
  • Dossier pédagogique du film :  ICI
  • Destin et mémoire des Tsiganes dans l’Europe nazie (1933-1945), Christine Durand :  ICI

http://www.boojum-mag.net/f/index.php?sp=liv&livre_id=2028

 

  

 180px-Migration_des_Roms.jpg

La lente migration des Roms à travers l'Europe

Wikipedia, Roms 

 

 

(Sur un forum) Réflexions-propositions suite à l’article

d’Eva R-sistons La "Shoah" des Tsiganes
vendredi 7 mars 2008 (01h52)
6 commentaires

rien.gif

 

Tout d’abord tous mes remerciements pour votre article  sur la "shoah" des Tsiganes.

Les Tsiganes n’ont pas les moyens ni les infrastructures nécessaires pour qu’il y ait un travail de mémoire sur les persécutions faites à l’encontre de leur peuple ni sur leurs victimes tel qu’il a été possible d’être fait par, pour les Juifs.

Naïve, j’ai toujours espéré que de la persécution des uns naisse la reconnaissance de la persécution des autres... dans un élan de solidarité... en vain.

A mon humble niveau chaque année auprès de mes élèves j’essaie de les faire réfléchir sur les préjugés, l’image négative des tsiganes à travers un chant... Dans le cadre de thématique sur la guerre...leur faire découvrir des œuvres écrites à la mémoire des victimes ...

puce-96d77.gifQuelle œuvre de musique savane écrite en mémoire pour les Victimes Tsiganes???

Vous dites “Aucune voix ne s’élève pour défendre la cause des Tsiganes discriminés, stérilisés, persécutés, spoliés, exterminés . Nulle mémoire, nulle indemnité, nulle commémoration. Rien. Le vide absolu. Ostracisme complet.”

puce-96d77.gifAucune musique ne s’élève. Silence... Musique de l’absence.

Rien (à ma connaissance) dans le répertoire de la musique savante...

Alors reste -encore- la parole ...(hors programme bien sur !!!)

Et si l’on commençait maintenant un acte commémoratif? à Salier par exemple, posons une plaque à l’emplacement du camp d’internement en attendant de se regrouper pour les démarches pour une plaque officielle...

 

(JPEG) 
Photographie de la construction du camp, octobre 1942 (142 W 76)

 

(camps de Saliers -prêt dArles- en construction 1942

 

Reste à choisir une date... Nous ne serons pas que deux. J’en suis certaine nous nous décarcasserons pour que "s’ajoutent plusieurs"...

puce-96d77.gifPourquoi ne pas faire une souscription financière pour un monument à la mémoire des Tsiganes victimes de l’idéologie nazie à l’instar de la fédération de la libre pensée de la creuse pour l’érection d’un monument à la mémoire des soldats russes de La Courtine qui se battaient aux côtés des soldats français voulurent en septembre 1917 retourner en Russie “à côté de leurs camarades pour participer aux événements grandioses qui s’y déroulaient” et résistèrent aux intimidations, à l’oppression de l’état major au détriment de leur vie puisque certains furent fusillés... événements qui risquent là aussi de tomber dans l’oubli... (La raison n° 529)

puce-96d77.gifPourquoi ne pas faire une souscription financière pour commander une œuvre musicale à un jeune compositeur sensibilisé à cette cause?

puce-96d77.gifPourquoi ne pas apporter d’autres idées pour que le martyre de ce peuple ne tombe pas dans l’indifférence, dans l’oubli... Tout est à créer, faire...

Si vous, d’autres, sont intéressés par ces -ou d’autres-propositions commémoratives à la mémoire du peuple Tsigane, je mets mon mail à disposition... yenamarre cDw no-log.org Ensuite à nous de nous organiser.

Cordialement à vous, à tous. De : yenamarre

   

Il y a quelques livres à ce sujet : Emmanuel Filhol, La mémoire et l’oubli, L’internement des Tsiganes en France, 1940-1946, L’Harmattan, 2001
puce.gifDonald Kenrick et Grattan Puxon, Les Tsiganes sous l’oppression nazie, Centre de Recherches Tsiganes, CRDP Midi-Pyrénées, Toulouse, 1996

L’Allemagne ne reconnut l’extermination des Tziganes qu’en 1980 !

On peut voir auusi le site : http://www.ushmm.org/wlc/article.php?lang=fr&ModuleId=75 

   

Merci, merci ! Tant de personnes, de sites, d’écrivains, de journalistes, de réalisateurs oublient notre génocide ! Tout d’abord faites-moi plaisir, employez de préférence le mot "génocide" (français) ou "samudaripen" (romani) car "shoah" c’est de l’hébreu. J’ai naturellement un infini respect pour la tragédie que fut la Shoah mais nous, les Tsiganes, revendiquons ou bien un mot par langue du pays où on habite, (comme "génocide" en France) ou bien un mot dans notre langue. Je suis exaspérée par le silence qui enveloppe le drame que vécurent les Tsiganes : chaque semaine en ouvant Télérama (ben oui je trouve que c’est de loin le moins mauvais journal de programmes télé) je vois qu’on va diffuser deux ou trois documentaires ou oeuvres de fiction sur la Shoah. Mais pourquoi pas sur les autres victimes? J’ai vu en quinze ans deux docus sur l’extermination des malades mentaux, sur celle des homos j’ai entendu Daniel Mermet interviewer Pierre Cels (qu’il m’excuse si je fais une faute d’orthographe) et très peu d’allusions brèves aux victimes slaves, communistes, rien du tout sur les Témoins de Jéhovah, les Sénégalais. Parfois sur les résistants. mais sur les victimes tsiganes, il y a eu seulement deux films : "Quand les violons se sont tus" de Ramati et "Tcharhco Rrom" d’un Hongrois -un peu hermétique- Pour les bouquins ajoutez l’eexcellent "Ces barbelés oubliés par l’Histoire" de Jacques Sigot, ed. Wallada 1994 sur les camps français établis par la France AVANT l’occupation.... Je suis membre d’une assoc qui s’appelle "Samudaripen" et je suis en train de recueillir tout ce que je peux sur des camps atroces mais peu connus comme Jasenovac en Croatie, Salaspils en Lettonie etc. Et puis songez que quand les SS voyaient des roulottes, ils faisaient des cartons et personne n’énumérait les victimes. de plus beaucoup de Tsiganes étaient envoyés en déportation comme "asociaux" donc 500.000 Tsiganes exterminés c’est un MINIMUM. Allez, bella ciao ! Et que les élections italiennes ne ramènent pas le fascisme ! De Gavali

   

Effectivement un devoir de mémoire serait une juste reconnaissance du/des drames de ce peuple trop souvent ignoré, parfois rejeté. Pour côtoyer souvent quelques membres de cette communauté je sais qu’ils ne seraient pas opposés à ce que l’Histoire se souviennent d’eux. Néanmoins pour collecter des informations et les transmettre il faut faire un travail de reporter car beaucoup ne n’ont que des rudiments de la langue écrite, surtout chez les adultes. Donc il est de notre devoir de les interroger et ainsi les transcrire. Aussi tenter de leur donner quelques notions de français écrits pour ceux qui vivent dans notre pays, ce qui en plus de leur donner à conter leur histoire favoriserait souvent des démarches administratives dans lesquelles ils pataugent...

M.M.   

 

Ce n’est pas un devoir de mémoire, ce mot est galvaudé, c’est de l’Histoire , c’est un travail d’historien, pas de reporter, un travail dans les archives européennes, un travail auprès de ceux et celles qui sont encore vivants ou de leur descendance. El effectivement l’absence de tradition écrite a nui à la connaissance du génocide des tziganes. Mettre en concurrence les génocides des juifs ou des tziganes, alors que les nazis eux, les envoyaient dans les crématoires ou pratiquaient sur eux des "expériences médicales" n’a aucun sens. Pendant longtemps on pouvait lire " Morts pour la France" dans les nécrologies des juifs exterminés avant que les faits historiques n’ imposent une autre version et révèlent les différences entre un camp d’extermination et un camp de déportation.

Le nombre des morts tziganes est estimé entre 100 000 et 300 000 personnes. Cette imprécision montre qu’un gros travail est nécessaire pour que tous sachent ce que les gouvernements européens de l’époque ont laissé faire ou ont accompli .

Par exemple quelle fut l’attitude du Vatican à l’égard des Tziganes, catholiques ?

Sur les Rroms en général et sur la deuxième guerre, Voir l’article Rroms sur Wiki.

   

Une grande partie de la classe bourgeoise et des états Européen était pour l’extermination des TZIGANE et des ROMS et même aujourdhui je me pose encore des questions sur leurs devenir dans cette Europe ou le règne du seigneur est : un critère de premier choix.

Ils pratiquent tous l’oubli (un mensonge par omission volontaire).

Alain 04

   

Bonjour

Excusez-moi, je découvre à l’instant cette page.

Grande amie des Tsiganes, depuis mon adolescence, j’ai toujours travaillé à la reconnaissance de ce peuple admirable, universel, qui ne demande rien, ne se plaint pas, ne participe pas aux guerres, vivant fraternellement avec tous.

Je suis prête à devenir le porte-parole officiel de leurs causes. Ancienne journaliste radio-TV, et presse, je suis à même de les défendre au mieux.

Je m’engage dès la prochaine commémoration annuelle de la Shoah des Juifs, à inonder les Médias d’articles sur le génocide des Tsiganes, pour qu’il soit enfin reconnu, et même indemnisé. Il faut populariser cette cause, l’injustice faite aux Tsiganes doit être réparée.

L’abominable Shoah aurait tué un tiers des Juifs d’Europe, le génocide des Tsiganes aurait éliminé plus de la moitié des Tsiganes.

A suivre, "eva"

evaresis@yahoo.fr  

 

 

 tsiganes-roulotte-j-copie-1.jpg

 

Liberté 

                                                                                                                                    
Réalisé par Tony Gatlif – 2008 – 1h51 – France, 2008
avec Mark Lavoine, Marie-Josée Croze, James Thiérrée, Rufus…
Prix du public Festival de Montréal – Sortie 24 février 2010

 

Deuxième Guerre Mondiale, en zone occupée, des Tsiganes s’installent dans un village pour les vendanges. Le maire et l’institutrice s’arrangent pour scolariser leurs enfants. Mais les contrôles d’identité se multiplient et le régime de Vichy interdit aux peuples nomades de circuler librement…

Avant-première, voyage, Histoire et liberté !

Quelle belle avant-première au festival du film d’Histoire avec la présence du réalisateur et d’un des acteurs. Trois ans après Transylvania, son précédent film, Tony Gatlif aborde de nouveau avec Liberté l’un de ses thèmes les plus chers, celui du voyage. Inspirés de faits et de personnages réels, il nous explique qu’il souhaitait mettre à jour certains oublis de l’Histoire et notamment celui de la déportation, de la concentration et du massacre des Tziganes d’Europe sous le régime Nazi. En pleine Seconde Guerre Mondiale, au cœur d’une France pétainiste, c’est par l’entremise de deux personnages engagés, Théodore et Mlle Lundi que nous suivons le destin de bohémiens de passage dans un petit village de campagne.

 

 

tsiganes-j.jpg

 

Nomadisme et régime de Vichy

Comme chaque année pour les vendanges, une famille de tziganes arrive aux abords d’un petit village de campagne. Théodore, maire et vétérinaire de cette charmante commune, accueille avec l’institutrice Mlle Lundi les bohémiens et tentent bon gré mal gré de les avertir de la nouvelle législation prise par le régime de Vichy. Désormais, les communautés nomades devront se sédentariser pour toute la durée de la guerre. Les bohémiens continuent de vivre selon leurs coutumes, accompagnés d’un petit orphelin, P’tit Claude, qui les a suivi sur la route et qui est bientôt recueilli par Théodore. La police, la Gestapo et les collaborationnistes rôdent, la rafle tant redoutée a lieu et la famille se retrouve internée dans un camp de concentration pour roms. Théodore, accompagné de Mlle Lundi, réussit à les sortir en leur donnant la maison de ses aïeuls. Commence alors une vie de sédentarisation, entre travail dans les champs, musique et parfois quelques jours d’école pour les enfants et Taloche, cet éternel rêveur un peu fou.

Gatliff et les Tziganes face à l’Histoire

Quel regard porte notre cinéaste sur ce sombre pan de l’Histoire ?

Il constate, observe, nous laisse seuls juges des agissements de chacun. Des hommes et des femmes qui résistent, chacun à leur manière, d’autres qui oscillent entre peur, crainte et violence avec l’arrivée d’étrangers sur leurs terres, des tziganes plongés dans l’incompréhension, la colère et la soif de vengeance, enfin la police et les militaires, bras armés des régimes de Vichy et Nazi, implacables, redoublant de contrôle et de ségrégation envers cette population jugée inférieure et impure.

Malgré les ténèbres et la terreur, Tony Gatlif impose dans sa narration une joie de vivre, une insouciance, une énergie débordante et joviale incarnée tout au long du film par Taloche et cette famille, rythmée par une musique tzigane entraînante, joviale aux antipodes de l’atmosphère oppressante du moment. Ici pas de place au pathos, pas de dramatisation, simplement des faits, la réalité telle qu’elle s’est produite, l’Histoire telle qu’elle s’est réalisée, l’horreur telle qu’elle est…

Liberté, Liberté chérie !

Ce dernier opus de Gatlif, en plus de faire la lumière sur certains oubliés de l’Histoire nous offre une véritable ode à la liberté d’être, à la vie et une réelle envie d’émancipation et d’indépendance face au joug d’un régime. Embarquez vous à ses côtés pour ce nouveau voyage emplit de sentiments et d’émotions, celui de la liberté comme principe vital et inaliénable  

 

http://www.mandora.fr/mandorine/index.php/cinema/liberte

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

 

Eva et son guitariste tsigane, à Grenade

3es-copie-1-1.jpg 

 

Reçu ce commentaire :

 

Etant "documentariste" je mettrais bien volontiers mes outils à disposition d'un projet autour du génocide Tzigane, et éventuellement aussi des raisons de l'ignorance totale dans lequel nous sommes tenus. J'ai visité le Mémorial de la Shoah et j'ai été surpris qu'il n'y ai pas un mot sur le sujet. La seule personne qui a souvent évoquée la chose est Simone Weil...Dans un premier temps, s'il y a encore des survivants dont il faut enregistrer le témoignage, faites le moi savoir . pregoli2001@yahoo.fr  Pascal Regoli 

 

Ma réponse:

 

Merci cher Pascal

il faut en effet faire qq chose pour que l'intolérable, l'injustice, le silence, ne prévalent plus. Il faudrait arriver à obtenir qu'il y ait vidéos, livres, articles, films sur ce sujet, car les Tsiganes ont autant droit (sinon plus, car proportionnellement BEAUCOUP plus de victimes) à la mémoire (sans que nous ayons là-aussi overdose) par rapport au génocide dont ils ont été plus que quiconque victimes.

Regroupons les bonnes volontés pour que Justice soit faite ! Je suis placée pour savoir, connaissant les Tsiganes et les aimant, qu'eux-mêmes ne défendent jamais leurs intérêts.

Cordialement eva evaresis@yahoo.fr

Ce commentaire vaut appel

Penser à Gatliff...

 

 http://r-sistons.over-blog.com/article-11776996-6.html#anchorComment

 

Ce commentaire vaut appel à toutes les bonnes volontés !

 

A vos vidéos,

à vos plumes,

à vos contacts,

en avant !

Rendre justice à un peuple admirable, accueillant et festif, et ne revendiquant jamais ses droits, ne faisant jamais une guerre, et n'ayant pas le sentiment de propriété, peuple universaliste par excellence (comme les Juifs d'ailleurs, mais les Tsiganes toujours fidèles, eux, à cet idéal) !

 

Et mettre en place toute initiative pouvant rendre justice aux Tsiganes !

 

eva R-sistons à l'injustice  

 

 

Bibliographie : 
- La persécution des Tsiganes par les nazis , de G. Leury, Belles Lettres 2003
- Destins Gitans, de D. Kenrick Gallimard 1995  

"Shoah" Tsiganes: Campagne pour sa reconnaissance - Autres génocides : http://r-sistons.over-blog.com/article-19186513.html

 La "Shoah" des tsiganes http://r-sistons.over-blog.com/article-16710775.html

 

baniiereforumez8.gif

Appel aux enseignants : Commémorons TOUS les génocides !  Exemples Amérindien, Noir, Arménien, Aborigène.... http://r-sistons.over-blog.com/article-17665405.html


Appel aux Juifs, aux Evangéliques... Et mobilisons-nous contre le IV e Reich et la Shoah planétaire ! http://r-sistons.over-blog.com/article-16916124.html

Gitans-tziganes-roms
Vidéo envoyée par orcim

Hommage en passant à un peuple libre : musique de Goran Bregovic ... (Ederlezi)   Orcim

Des images de voyageurs ou non, certaines très belles et rares. Un fourre-tout sur une musique admirable. Denis  http://filsduvent.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1788143

 

 

AUTRE  VIDEO (génocide tsigane) et liens 

voir COMMENTAIRES de cet article


Tags : Tsiganes, extermination, shoah tsiganes, camps internement, Arles, Bouches-du-Rhône, Saliers, Allemagne, Autriche, Auschwitz, Dachau, chambre à gaz, Roms, Kalderas, Gitans, Barcarès, Argelès sur Mer, Vichy...

Reconnaissance du génocide tsigane

14 mars 2007 par Jean-Pierre Pinet

Une proposition de loi (n° 3714) " tendant à la reconnaissance du génocide tzigane pendant la Seconde Guerre mondiale " a été enregistrée à l’Assemblée Nationale Française le 15 février 2007.

Après une première lecture, elle a été renvoyée à la commission des affaires étrangères.

 travaux, voir ce lien

proposition de loi, voir ce lien

www.romanitude.fr/spip.php?article52

 

 

Liste d'articles, notamment ceux d'Eva R-sistons, ici :

 

http://r-sistons.over-blog.com/article-2-causes-a-relayer-partout-referendum-sauver-la-terre-shoah-tsiganes-49741770.html

  

http://r-sistons.over-blog.com/article-tsiganes-2-appel-aux-rescapes-de-la-shoah-pour-qu-ils-temoignent-49795471.html

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 10:25

 

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Comment les États-Unis utilisent le terrorisme

 

Les autorités académiques de l’université de Wuhan, en Chine centrale, ont demandé à Peter Franssen, responsable du site www.infochina.be, de donner une conférence à l’usage des professeurs et des étudiants en doctorat. La visite fut l’occasion d’entretiens et de conversations sur l’évolution interne de la Chine et sur ses relations avec les États-Unis et l’Union européenne. La conférence traitait du terrorisme international. Ci-dessous, vous pouvez prendre connaissance du texte intégral de son exposé.

Chers amis,

Je voudrais d’abord vous dire que je le considère comme un très grand honneur de pouvoir parler devant vous, ici, à l’université de Wuhan, l’une des plus belles universités du monde – surtout, comme vous le voyez, en ce mois de mai. L’université de Wuhan est renommée pour son niveau académique et le fait que des grands révolutionnaires comme Mao Zedong, Zhou Enlai et Peng Dehuai ont travaillé ici ou ont visité l’université. Vous comprenez que je me sens très petit ici, devant vous.
Les professeurs Li Qiqing et Chen Feng m’ont demandé de préparer un exposé sur le thème du terrorisme international et son rôle dans les ambitions de l’impérialisme. Je remercie mes amis Li Qiqing et Chen Feng pour leur confiance.

 

Vous le savez mieux que moi : Aucune chose, aucun système et aucune personne n’est « pur ». Chaque organisme vivant connaît le yin et le yang, le bon et le mal, le vrai et le faux et chaque organisme change à chaque microseconde de son existence en raison de ses contradictions internes.

Voilà donc aussi pourquoi le capitalisme a joué un rôle positif dans le progrès économique, social, politique et culturel de notre société occidentale.

En écrasant les relations féodales et en réalisant les conditions pour le socialisme, la bourgeoisie a effectué un travail révolutionnaire. Elle a socialisé l’organisation du travail et, ainsi, remodelé les individus isolés en êtres sociaux. La bourgeoisie a amené les forces productives à une croissance encore jamais vue et elle a transformé l’économie agraire en une économie industrielle. Elle a développé la science et la technique de telle façon que la nature ne soit plus impénétrable et sujette à l’idolâtrie, mais qu’elle se mue en un instrument de progrès social et d’émancipation idéologique. La bourgeoisie a réduit le temps de travail nécessaire pour la production des moyens de subsistance en augmentant la productivité du travail, de manière à créer la possibilité de produire en abondance d’autres marchandises et de développer la culture générale.

Marx disait : « La période bourgeoise de l’histoire a pour mission de créer la base matérielle du monde nouveau, d’une part, l’intercommunication universelle fondée sur la dépendance mutuelle de l’humanité et les moyens de cette intercommunication ; d’autre part, le développement des forces de production de l’homme et la transformation de la production matérielle en une domination scientifique des éléments. L’industrie et le commerce bourgeois créent ces conditions matérielles d’un monde nouveau de la même façon que les révolutions géologiques ont créé la surface de la terre. Quand une grande révolution sociale aura maîtrisé ces réalisations de l’époque bourgeoise, le marché mondial et les forces modernes de production, et les aura soumis au contrôle commun des peuples les plus avancés, alors seulement le progrès humain cessera de ressembler à cette hideuse idole païenne qui ne voulait boire le nectar que dans le crâne des victimes. »

En effet, le capitalisme a toujours gagné son nectar dans le crâne de ses victimes. Aujourd’hui, plus que jamais, il ne peut avancer que parmi des crises économiques et grâce à des guerres dévastatrices. Son palmarès de ces dernières années montre comment il n’est plus un moteur de progrès, mais un frein pour le développement et l’émancipation.

L'impérialisme, qui sort du capitalisme, comme le décrit Lénine dans son ouvrage « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme », est encore plus inhumain et criminel dans son exploitation des nations et peuples en voie de développement et dans ses tentatives d’instaurer et de maintenir son hégémonie dans le monde.

L’un des terrains où la chose est clairement visible, c’est le terrorisme et la façon dont l’impérialisme se sert de ce même terrorisme.

Le terrorisme d’État

Il faut d’abord parler du terrorisme d’État – c’est-à-dire, le terrorisme par l’État impérialiste même.

C’est bizarre mais, dans notre presse occidentale, on ne parle jamais de cette forme du terrorisme. Quand il s’agit du terrorisme dans nos médias, on parle en général des organisations qui se dressent contre l’impérialisme et contre le capitalisme.

J’ai à la maison des livres américains sur la guerre de libération contre les Japonais en Chine de 1937 à 1945. On peut y lire les citations des politiciens et généraux américains qui disent que Mao Zedong était un terroriste et que l’Armée populaire était une organisation terroriste.

Dans les années 80 et 90, Nelson Mandela, le combattant courageux de l’apartheid en Afrique du Sud, était un terroriste.

L’Iran, de nos jours et selon le ministère américain des Affaires étrangères, est un État terroriste. La même chose vaut pour la Corée du Nord, le Soudan, la Syrie.

Mao Zedong, l’Armée populaire, Nelson Mandela, l’Iran, la Corée du Nord, le Soudan, la Syrie, ce sont tous des personnes, des organisations et des pays qui se battent contre l’impérialisme.

Au contraire d’un grand nombre de pays, les États-Unis, eux, ne sont jamais caractérisés par le label « terroriste ». Ce sont néanmoins les États-Unis qui ont largué des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Et qui ont bombardé la ville de Dresde en Allemagne de sorte qu’en une seule nuit, il y a eu quelque 300.000 civils tués.

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Quatre mois après la bombe atomique à Hiroshima...

Le terrorisme d’État de l’impérialisme américain a coûté 3 millions de morts au Vietnam, 1 million de morts en Cambodge, 1 million de morts au Mozambique, presque 1 million de morts en Indonésie, 600.000 morts en Angola, 300.000 morts au Laos, 250.000 morts au Timor-Oriental, 150.000 morts au Guatemala, 100.000 au Nicaragua, 90.000 au Salvador, et des nombres incalculables de morts en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan, au Chili, en Argentine, au Congo, en Colombie, en Bolivie, et dans des dizaines d’autres pays encore.

Si on compare ces chiffres avec les 3.000 morts à New York le 11 septembre 2001, on peut dire que les attentats du 11 septembre, qui avaient fait tant de bruit, ne sont qu’un petit accident.

On ne peut pas oublier non plus que ce même 11 septembre, mais alors en 1973, a été le jour du coup d’État du général Pinochet, avec l’aide active de l’ambassade des États-Unis à Santiago de Chile, contre le président élu, Salvador Allende. Ce coup d’État a coûté 20.000 vies humaines, soit presque sept fois plus que les attentats du 11 septembre 2001.

Il est très rare que les actes de terrorisme commis par l’impérialisme soient décrits par nos médias occidentaux. Et, s’ils le sont, ce n’est jamais sous le label de « terrorisme ». Jamais l’on ne se pose la question : « Mais comment est-il possible que ce grand État libre et démocratique recoure constamment, depuis au moins un siècle, à des actes horribles qu’on ne peut pas qualifier autrement que de terroristes ? »

La question nous mène à la conclusion centrale : l’impérialisme est un système criminel et inhumain. L’État libre et démocratique est une illusion, un mythe créé pour empêcher les gens de se poser des questions fondamentales. Un peu comme le Dieu inventé dans nos pays est un moyen pour que les gens ne se libèrent pas par leurs propres forces. Sous les adjectifs « libre » et « démocratique », l’État dissimule le caractère dictatorial du capitalisme de la même manière que le moine, en nous donnant tous le nom « enfant de Dieu », masque l’essentiel de la nature de notre société. Ce qui n’empêche nullement cet État démocratique et libre de se montrer, quand la nécessité l’impose, sous les traits d’un gendarme impitoyable.

Le terrorisme comme choix stratégique

À part le terrorisme de l’État impérialiste même, il y a le recrutement des mercenaires par cet État impérialiste en vue d’engranger des résultats militaires, politiques, économiques ou diplomatiques. L’exemple le plus connu est l’Afghanistan. Si vous me le permettez, je voudrais parler un peu plus de ce qui s’est passé dans ce pays, qui est un voisin de la Chine.

A la fin des années 70, Zbigniew Brzezinski était conseiller à la sécurité et c’est en tant que tel qu’il il était ministre dans le gouvernement du président Carter. En 1998, il a donné une interview au journal français, Le Nouvel Observateur. Brzezinski avouait avoir organisé le soutien financier et livré des armes aux extrémistes islamistes en Afghanistan, un an déjà avant l’intervention des Soviétiques dans ce pays. Il l’avait fait, comme il le disait lui-même, afin de provoquer l’intervention des Russes en Afghanistan. Brzezinski disait encore, dans cette interview : « Notre opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège afghan. » Le Nouvel Observateur posa alors la question : « Vous ne regrettez pas d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes et des conseils à de futurs terroristes ? » Et Brzezinski de répondre : « Pas du tout. Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les Talibans ou la chute de l’empire soviétique ? »

Monsieur Brzezinski avoue donc d’avoir armé et co-organisé des terroristes parce qu’il trouvait le but de cette opération – l’affaiblissement de l’Union soviétique – plus important que ce petit détail consistant à organiser et soutenir des terroristes. Brzezinski a, par l’intermédiaire des terroristes, provoqué l’intervention des troupes russes. Cette intervention a abouti à une guerre qui a coûté la vie à au moins 1,5 million de personnes. Mais Brzezinski, lui, dit : « Non, je ne regrette rien. » On voit que l’éthique n’est d’aucun poids dans la politique extérieure de la bourgeoisie américaine.

Sous les directives de Brzezinski, la CIA, le service secret américain, construit en mai 1978 son premier camp de formation pour terroristes islamistes dans le village de Barsak. Plus tard suivront encore des dizaines d’autres camps d’entraînement.

Dès le début de la guerre contre le gouvernement communiste en Afghanistan et, plus tard, contre les troupes soviétiques, l’homme le plus important, le pilier, le centre des activités américaines était Gulbuddin Hekmatyar. Le président Reagan disait de Hekmatyar qu’il était « un combattant de la liberté sans pareil ».

Hekmatyar est le chef du Parti islamiste. Ses épigones se distinguent en jetant un flacon d’acide au visage des femmes qui se risquent à ne pas porter le voile dans la rue. La CIA elle-même décrit son pion comme, je cite, un être « violent », « terrifiant », « un fasciste », « un véritable dictateur ». La tactique favorite de ce combattant de la liberté consiste, selon le New York Times, à « torturer les prisonniers en leur coupant le nez, les oreilles, les organes génitaux et en écorchant la victime jusqu’à ce qu’elle meure lentement et dans les plus horribles douleurs ».

Les troupes de Hekmatyar ont également l’habitude d’incendier des écoles, des hôpitaux et des fermes et d’exécuter des femmes qui travaillent comme institutrices, professeurs ou infirmières.

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A gauche, le terroriste Hekmatyar, à droite, Richard Kerr, directeur adjoint de la CIA.

Le gouvernement américain sait parfaitement tout cela, ce qui n’empêche aucunement Gulbuddin Hekmatyar, ce terroriste cruel, de recevoir des centaines de millions de dollars et des missiles Stinger de la part des Américains.

Au moment où les Américains choisissent Gulbuddin Hekmatyar comme leur agent préféré, il existe un grand nombre de groupements d’opposition afghans, séculiers ou nationalistes. Washington opte pour les groupements les plus extrémistes.

Ce choix a deux raisons.

Primo : Les américains visent à créer un mouvement qui serait un mélange de nationalisme et d’extrémisme religieux et qui déteindrait sur les républiques d’Asie centrale – Tadjikistan, Kazakhstan, Kirghizie, Turkménistan et Ouzbékistan, où les musulmans sont majoritaires. À l’époque, ces cinq républiques font encore partie de l’URSS. Si la révolte réactionnaire afghane réussit et contamine l’Asie centrale, cela affaiblira le flanc sud de l’Union soviétique. Et, si les Américains peuvent enflammer l’Asie centrale, il ne sera pas impossible d’étendre ce feu à la Région autonome du Xinjiang en Chine. La guerre d’Afghanistan sous l’impulsion des islamistes extrémistes, payés et armés par les Américains, pouvait donc affaiblir et menacer l’Union soviétique et la Chine. Pour arriver à ce but, le directeur de la CIA, William Casey, ordonne à Gulbuddin Hekmatyar d’attaquer les troupes soviétiques dans le flanc sud de l’Union soviétique. Et, en effet, à partir de mars 1987, Hekmatyar envoie des unités qui s’en prennent à des villages et des casernes situées au Tadjikistan.

Seconde raison du choix par les Américains de l’extrémiste Hekmatyar : La principale menace pour l’hégémonie américaine dans la région réside dans l’insatisfaction de la population locale. Pratiquement tout le monde islamiste souffre de la misère et de la tyrannie. De nombreux islamistes affirment que la pauvreté est imputable aux États-Unis et à la suprématie économique des États-Unis.

Comment canaliser cette insatisfaction ? Ou, mieux encore, comment les Américains peuvent-ils empêcher cette insatisfaction de s’exprimer dans un mouvement social visant une nouvelle répartition des richesses et une indépendance véritable ?

Il faut absolument éviter que les masses choisissent la voie de la lutte sociale et de la libération. Les Américains n’avaient pas du tout oublié que la victoire de la population vietnamienne n’avait été possible parce que sa lutte était dirigée par le Parti communiste. La Chine a pu obtenir la victoire contre l’envahisseur japonais, contre le féodalisme et contre la grande bourgeoisie, parce que sa lutte était dirigée par le Parti communiste.

Il fallait donc dans les pays arabes et musulmans éviter qu’une force progressiste prenne la tête et la direction de la lutte pour le progrès et la vraie indépendance.

On se souvient de la façon dont les Israéliens ont financé dès 1987 les fondamentalistes du Hamas, au moment même où ce mouvement démarrait une campagne qui allait coûter la vie à des citoyens israéliens. Deux auteurs israéliens, Schiff et Ya’ari, écrivent dans leur ouvrage : « Des officiers de l’état-major israélien espéraient que l’intégrisme montant dans les zones palestiniennes minerait l’OLP de Yasser Arafat. »

Dans la bande de Gaza, Israël finance depuis les années 70 les intégristes des Frères musulmans. Le général israélien Segev, qui était à l’époque gouverneur militaire de Gaza, déclare : « Nous avons apporté une aide financière à certains groupes islamistes. Nous avons porté assistance aux mosquées et aux écoles afin de développer un contre-pouvoir face aux forces de gauche qui appuyaient l’OLP. »

Les Américains faisaient tout à fait la même chose en Afghanistan : ils soutiennent des extrémistes islamistes pour empêcher que la lutte se tourne contre eux et leur système. Et peu importe si ces islamistes étaient également des terroristes.

Le choix américain pour le terrorisme était donc un choix stratégique.

Front uni dans différentes guerres

L’adjudant numéro 1 et le meilleur ami de Gulbuddin Hekmatyar, l’agent principal de la CIA en Afghanistan, était Oussama Ben Laden. Il a collaboré avec Hekmatyar de 1980 à 1994, soit près de 15 ans.

Mais, après le départ des troupes soviétiques et après la chute du gouvernement afghan, le pays tombe dans l’anarchie complète. C’est à ce moment que les Américains décident de soutenir les Talibans. Les Américains ont aussi besoin de l’Afghanistan pour le transfert de leur pétrole. Ils espèrent que les Talibans pourront garantir la paix et la stabilité dans le pays. Oussama Ben Laden laisse tomber Hekmatyar et, avec les Américains, il choisit les Talibans comme nouveaux compagnons de route.

Bien sûr, l’agenda d’Oussama Ben Laden n’est pas le même que celui des Américains mais, là où c’est possible, les Américains travaillent avec lui, même après 1998, quand Oussama Ben Laden organise des attentats contre deux ambassades américaines en Afrique.

Dans la pratique, il y a un front uni entre Al Qaeda – l’organisation de Ben Laden – et les Américains. Pas seulement en Afghanistan où l’aide d’Oussama Ben Laden sera d’une importance cruciale pour la lutte des Talibans, mais aussi dans d’autres coins du monde, où Ben Laden et les Américains travaillent et luttent côte à côte.

Oussama Ben Laden développe son réseau Al Qaeda via plusieurs organismes de recrutement. Dans les trois organismes les plus importants, il y a des officiers qui sont envoyés par la CIA et le Pentagone, le ministère américain de la Défense. Ces officiers américains aident à former une armée de terroristes. Ces trois organisations sont 1) le Mercy International Relief Agency, 2) l’Alkifah Refugee Center et 3) l’Islamic Relief Organisation.

Ces organismes aident à recruter des soldats pour différentes guerres où le front uni entre Ben Laden et les Américains est utile pour les deux partenaires.

 

- La Bosnie

Après le retrait des troupes soviétiques en Afghanistan, les Balkans représentent le premier terrain de collaboration entre Ben Laden et les Américains. La Yougoslavie forme toujours un ensemble, qui gêne l’ambition occidentale. Les Américains veulent intégrer les Balkans à un modèle économique occidental, ce qui sera important pour affaiblir la Russie. Les États-Unis se servent surtout de la Bosnie comme d’un levier. Les Américains envoient sur place des agents de la CIA et des officiers du Pentagone, afin qu’ils encadrent la lutte pour la scission. De son côté, Oussama Ben Laden envoie des armes, de l’argent et des hommes.

Le pilier des activités d’Oussama Ben Laden en Bosnie est Izetbegovic, le futur président, et, à ce moment aussi, l’agent le plus important des Américains. Il est utile de dire quelques mots à propos d’Izetbegovic. Il a acquis sa formation en tant que soldat de la SS – les troupes d’élite d’Hitler. Au printemps 1943, la SS forme sa 13e division, appelée la Division Hanjar. Les Hitlériens le font en collaboration intime avec Izetbegovic. La division compte 8.000 musulmans sous le commandement des gens comme Izetbegovic. Cette division Hanjar est en fait une armée terroriste : elle organise la terreur contre les communistes, les tsiganes, les juifs.

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La divison Hanjar en 1943 : le produit de la collaboration entre Izetbegovic et la SS. Cinquante ans plus tard, la nouvelle divsion Hanjar est formée. Cette fois-ci, il s'agit du produit de la collaboration entre Izetbegovic et les Etats-Unis.

Cinquante ans plus tard, Izetbegovic forme la nouvelle Division Hanjar. Il ne se gène pas d’affubler sa nouvelle division du même nom que jadis. Elle compte 6.000 soldats musulmans. La majorité vient des pays arabes, beaucoup d’entre eux sont envoyés par Oussama Ben Laden. En 1993, pour lui faciliter le travail, Izetbegovic procure à Oussama Ben Laden un passeport bosniaque.

Au cours de ces années-là, il y avait un embargo international total sur les livraisons d’armes aux différentes républiques de la Yougoslavie. Mais on sait maintenant, par des dizaines de rapports et des centaines d’interviews, que les Américains n’ont jamais interrompu leurs livraisons d’armes à Izetbegovic. Même après des protestations officielles, dont certaines émanaient, entre autres, du général français de Lapresle.

 

- La Serbie

Toujours dans les Balkans, il y a une cible qui s’appelle la Serbie. Il ne suffit pas de faire éclater la Yougoslavie, il faut aussi affaiblir, isoler et mettre à genoux la Serbie qui, sous la direction du président Milosevic, constitue un obstacle aux ambitions des États-Unis : le contrôle de toute la Yougoslavie et donc du corridor reliant l’Europe occidentale et la Russie. La guerre contre la Serbie sera organisée en un large front uni : les États-Unis, l’OTAN et les mercenaires terroristes d’Oussama Ben Laden. Vous vous rappelez sans doute que, dans cette période, l’OTAN a bombardé l’ambassade de Chine en Serbie.

Ben Laden s’installe d’abord, déjà en 1994, en Albanie. L'Albanie a une large frontière commune avec la province serbe du Kosovo, où vit une majorité de musulmans. Le but d’Oussama Ben Laden et des Américains est de faire éclater la Serbie en luttant pour l’indépendance de sa province du Kosovo. Ben Laden construit un grand camp de formation sur les terrains privés de Sali Berisha, le Premier ministre de l’Albanie. Des centaines de terroristes sont formés ici pour la guerre contre la Serbie. De leur côté, les États-Unis et l’OTAN commencent à bombarder la Serbie.

Des sources militaires britanniques affirment en 1998 que le service des renseignements militaires américains et les services secrets britanniques se chargent de l’armement et de la formation de l’UCK, la prétendue Armée de libération du Kosovo. Des instructeurs militaires arrivent également d’Afghanistan. Ben Laden se rend personnellement et à plusieurs reprises en Albanie pour organiser la lutte de l’UCK au Kosovo.

Le député républicain John Kasich, de la commission des Forces armées à la Chambre américaine des représentants, déclare : « En 1998-1999, nous avons signé un accord avec l’UCK, elle-même une plate-forme d’Oussama Ben Laden. »

Avec l’appui des États-Unis, de la Grande-Bretagne et d’Oussama Ben Laden, cette « Armée de libération » grossit rapidement. En mars 1998, l’UCK ne comptait encore que 300 membres. Moins d’un an plus tard, elle en compte 30.000.

Ou comment un conflit relativement limité se mue en une grande guerre sous l’influence du front uni entre les terroristes d’Oussama Ben Laden et l'impérialisme.

 

- En Tchétchénie

Hormis les Balkans, il y a un autre terrain où les Américains espèrent affaiblir l’Union soviétique et, plus tard, la Russie. Il s’agit du Caucase, la région située dans le sud-est de l’ancienne Union soviétique. Les Américains ne veulent pas seulement affaiblir la Russie, ici, mais aussi contrôler entièrement les lignes de transport est-ouest du pétrole, du gaz et des autres matières premières.

Les centres de l’activité du front uni entre les États-Unis et les terroristes sont ici la Tchétchénie et le Daghestan.

A partir de 1991, apparaissent des camps d’entraînement, dirigés par des officiers de la CIA, au Pakistan en en Afghanistan où l’on prépare des terroristes à leur lutte dans le Caucase.

En septembre 1999, les terroristes sous le commandement de Basaiev organisent des attaques à la bombe à Moscou. Il y aura 300 morts. Plus tard Basaiev prend des patients d’un hôpital en otages. Et en septembre 2004 il attaque une école à Beslan. Il tue plusieurs centaines d'enfants et adultes innocents.

Le terroriste et assassin qu’est Basaiev a aux États-Unis des sympathisants qui ont constitué un Comité pour la libération de la Tchétchénie. Parmi les membres de ce comité, se trouvent des personnes qui ne sont pas tout à fait n’importe qui. Je vous cite quelques noms :

Richard V. Allen : membre du Comité exécutif du Pentagone.
John Brademas : ancien président du National Endowment for Democracy, qui est une organisation de la CIA.
Zbigniew Brzezinski: ancien ministre sous le président Carter. C’est lui qui a fait éclater la guerre en Afghanistan en 1978.
Frank Gaffney : ancien président du comité exécutif de l’OTAN.
Alexander Haig : ancien ministre de la Défense sous Ronald Reagan.
R. James Woolsey : ancien président de la CIA.

Après le bain de sang de l’école de Beslan, Vladimir Putin déclare : « Certains pays supportent et financent les terroristes afin d’affaiblir la Russie. »

Entre-temps, des cadres supérieurs de l’organisation de Basaiev, comme le terroriste Maskadov, ont trouvé asile en Grande-Bretagne. La Russie a demandé l’extradition de Maskadov. Mais en vain.

 

- Cuba

Prenons maintenant un dernier exemple de la collaboration entre des terroristes et les États-Unis : la lutte contre le socialisme à Cuba.

Après la victoire de Fidel Castro et de Che Guevara à Cuba en 1960, les Américains ont organisé une stratégie de la terreur contre la population cubaine.

Pour mener des campagnes de terreur, la CIA et les services secrets de l’armée américaine ont créé toute une série d’organisations comme Alpha 66, FNCA, Hermanos al Rescate, Commandos F4, et autres. Les membres de ces organisations sont principalement des Cubains émigrés.

Quelques exemples de leur terreur. Le 4 mars 1960, ils font sauter le cargo français La Coubre dans le port de La Havane. Cet attentat coûte la vie à 101 personnes. La CIA et les mercenaires cubains organisent également des attaques bactériologiques visant la population cubaine et son agriculture, de même que la faune et la flore de l’île. Ces attaques font 158 morts. Dans le courant des années 90, le nombre d’actions terroristes s’intensifie. Il y a des attentats à la bombe contre des hôtels à La Havane.

Lors d’une conférence de presse qui se tient à Miami, en avril 2000, des organisations prétendument en faveur de la liberté de Cuba, avouent avoir organisé 68 actions terroristes, dont des assassinats et des attentats à la bombe.

L’un des personnages clés de ces organisations terroristes est Orlando Bosch, un agent payé par la CIA.

Bosch commence sa carrière comme terroriste en janvier 1968, par un attentat à la bombe à La Havane. Suivent des attentats contre des ambassades de Cuba au Canada, en Argentine, au Pérou et en Espagne et contre des diplomates cubains aux États-Unis. En 1980, il assassine Felix Garcia Rodriguez, le représentant cubain aux Nations unies.

Le nom d’Orlando Bosch est lié à une centaine d’attentats terroristes. Avec un autre terroriste, nommé Luis Posada Carriles, il est le responsable du dynamitage d’un avion de ligne cubain, le 6 octobre 1976, un attentat où 73 personnes trouveront la mort. Au cours d’une interview, il reconnaîtra ce crime sans la moindre gêne.

Orlando Bosch est amnistié par le président George Bush senior. Il vit maintenant sans problèmes à Miami. Son ami, Luis Posada Carriles, sera plus tard impliqué par la CIA dans la sale guerre des terroristes, surnommés les « contras », contre le régime progressiste du Nicaragua.

A part des tous ces terrains cités, des terroristes et des services secrets américains ont encore travaillé ensemble dans beaucoup d’autres pays comme le Salvador, le Guatemala, le Chili, le Mozambique, l’Angola, et même en Europe : entre autres, en Italie et en Belgique.

Le terrorisme, intégré dans la pensée de l’armée américaine

Nous avons parlé de la pratique du front uni entre des terroristes et l’impérialisme entre 1977 et nos jours. Il faut remarquer que, durant toute cette période, il n’y a pas eu, dans l’appareil politique et militaire américain, de vrai courant d’opposition à cette collaboration avec des terroristes.

La raison se trouve dans le fait que, depuis la Seconde Guerre mondiale, le recours à la terreur est de plus en plus intégré à la pensée et aux structures de l’armée américaine et des services de renseignements. Le terrorisme est devenu une chose normale, pour la CIA et le Pentagone.

Analysant la naissance de la terreur comme méthode de l’armée américaine, il apparaît que cette terreur est la réponse à la montée des mouvements de libération partout dans le monde et à la montée du mouvement communiste international. Dans l’idéologie de la bourgeoisie américaine, tout est permis pour combattre ces deux mouvements.

Entre parenthèses : le fait que la démocratie bourgeoise peut se transformer rapidement en fascisme et retourner à la démocratie bourgeoisie quand la nécessité de la bourgeoisie l’impose, montre une fois encore comment la société capitaliste n’est pas guidée par des valeurs éternelles ou des droits de l’homme, mais uniquement par les besoins du capital.

Mais revenons à la doctrine de l’armée américaine et à la place de la terreur au sein de celle-ci.

En 1947, à la demande du président Harry Truman, l’analyste militaire George Kennan rédige un rapport destiné à l’état-major général de l’armée. Il note dans ce rapport : « Il faut créer une ‘école militaire spéciale d’opérations de guerre’ ainsi qu’un ‘corps spécial’ afin de combattre le communisme. »

La guerre contre la Corée éclate en 1950. La montée des communistes convainc les hautes instances de l’armée américaine du bien-fondé de la proposition de Kennan. Il faut trouver des méthodes et des moyens de conjurer la guérilla communiste, ce qui est impossible avec des attaques armées classiques.

En mai 1952, le Psychological Warfare Center est créé à Fort Bragg (Caroline du Nord) et, en juin de la même année, les généraux fondent un nouveau corps : les Special Forces. À Fort Bragg, les recrues apprennent à intervenir en petits groupes de dix à quinze hommes maximum. Ils apprennent à s’infiltrer, à créer des cellules d’espionnage, à dynamiter des bâtiments, à assassiner des personnalités hostiles, à constituer des organisations de groupes amis.

Avec l’accession au pouvoir du président Kennedy en janvier 1961, les Special Forces et Fort Bragg reçoivent la priorité. Kennedy est en place depuis dix jours à peine lorsqu’il décide d’augmenter les effectifs des Special Forces et de les porter de 1.000 à 4.000 hommes.

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Le président Kennedy visite Fort Bragg, où les recrues apprennent à créer des cellules d’espionnage, à dynamiter des bâtiments, à assassiner des personnalités.

Le chef de l’état-major, le général Lyman Lemnitzer, écrit en juillet 1962 dans un rapport : « Le président veut une stratégie nationale dynamique pour vaincre les communistes sans faire appel à notre arsenal nucléaire. Il veut que nous éliminions la subversion là où elle se manifeste. Plus encore : il veut que nous empêchions cette subversion de pointer le bout du nez où que ce soit. »

En mars 1961, le magazine Military Reviews publie un article intitulé ‘A Proposal for Political Warfare’. L’article est fort bien accueilli dans les milieux politiques et militaires. On peut y lire notamment : « La guerre politique est une guerre, et pas une forme de relations publiques. Cette guerre revêt diverses formes de contrainte et de violence, y compris émeutes et agitation, sanctions économiques, soutien à la contre-guérilla et, au besoin, enlèvements et assassinats de dirigeants hostiles. »

Dans les milieux politiques et parmi les officiers, l’idée se répand que la terreur peut être un moyen efficace pour combattre les mouvements de libération et les communistes. En décembre 1960, l’armée publie à usage interne un manuel secret : « Opérations de contre-insurrectione ». C’est le premier manuel qui recommande la terreur.

L’une des conséquences pratiques de cette évolution de la doctrine militaire est la lutte contre la guérilla en Colombie en 1962, année où le général William Yarborough se rend dans ce pays sud-américain. A son retour, il rédige un rapport à l’état-major. Dans un appendice secret de ce rapport, il écrit qu’il est nécessaire « d’organiser des actions paramilitaires, terroristes et de sabotage contre les opposants communistes ».

En janvier 1965, avant leur départ pour le Vietnam, les Special Forces reçoivent une lettre d’instruction (LOI, Letter of Instruction). Il y est mentionné que la guerre antiguérilla et la lutte contre l’insurrection constituent leur principale tâche. Font partie de cette tâche, y précise-t-on: « dresser des embuscades, organiser des expéditions de pillage, des actions de sabotage et de terrorisme ».

En 1966, l’état-major général publiait un manuel intitulé « US Army Handbook of Counterinsurgency Guidelines » (Armée des Etats-Unis : manuel de directives pour la contre- insurrection). On peut y lire : « Vous pouvez faire un usage sélectif de la terreur contre la population civile ». Mais, au même moment, l’armée américaine et les services de renseignements sont déjà en train de prouver en Indochine que la « terreur sélective » se mue très vite en génocide.

Au Vietnam, la CIA organise à partir de la seconde moitié des années 60 l’Opération Phoenix. L’objectif est de liquider physiquement la résistance et de terroriser la population. Des agents de la CIA recrutent, organisent et paient des équipes de terroristes chargées de commettre meurtres, enlèvements et actes d’intimidation contre le Vietcong, la résistance communiste. Entre 1968 et 1972, 26.369 personnes sont tuées dans le cadre de l’Opération Phoenix et 33.350 autres sont emprisonnées dans des centres d’interrogatoire construits par les Américains et où la plupart sont torturées. Ces chiffres sont fournis par William Colby, le directeur de la CIA qui dirigeait l’opération. 

En 1976, le département de la Défense publie une brochure dans laquelle les officiers sont encouragés à recourir davantage à la terreur. En font partie, ajoute le département, des opérations telles que Eye of God (l’œil de Dieu) qui accompagnent les enlèvements et les assassinats de dirigeants d’une insurrection. Au Vietnam, ces opérations faisaient partie du programme Black Eye (l’oeil noir) et, plus tard, en Amérique centrale et du Sud, elles s’appelleront « Main Blanche ». C’est pourquoi les escadrons de la mort peignent un oeil ou une main sur la porte de l’habitation où ils viennent de liquider un membre du mouvement populaire, pour terroriser la population.

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George Shultz (ici avec madame Thatcher) : «  En matière de contre-insurrection, les considérations morales ne doivent pas nous paralyser. »

Désormais, les américains se situent sur la même ligne que le fasciste israélien Yitzhak Shamir qui dirigeait en 1943 le groupe terroriste Lehi et essayait de chasser les Palestiniens de leurs terres. Dans le journal de Lehi, Shamir écrivait en 1943 : « Nous devons réfuter toutes les jérémiades contre le recours à la terreur par des arguments simples et évidents. La terreur est une arme de guerre. Nous menons un combat national et nous pouvons nous passer des doutes moraux comme d’une rage de dents. Une bonne fois pour toutes : la terreur fait partie de la guerre politique. » Dans des termes presque identiques, le ministre américain des Affaires étrangères, Shultz, dira en 1984 : « En matière de contre-insurrection, les considérations morales ne doivent pas nous paralyser. »

Tibet et Xinjiang : des cibles américaines

Terminons cet exposé avec quelques remarques sur l’implication de l’impérialisme américain dans les Régions autonomes du Tibet et du Xinjiang, ici en Chine.

Vendredi 14 mars 2008, une émeute éclatait à Lhassa, la capitale de la Région autonome du Tibet. Des groupes de jeunes armés de couteaux, de sabres, de machettes, de pierres et de cocktails Molotov, ont bouté le feu à des maisons, des commerces et des voitures.

Toutes les personnes qui n’étaient pas tibétaines étaient en danger. Non seulement les Chinois han, mais également les musulmans hui, ont été battus, tabassés sauvagement, battus à mort. La violence a été extrêmement brutale et de nature terroriste et raciste.

Des organisations extrémistes ont admis qu’elles avaient voulu et planifié ces événements. Provoquer les autorités chinoises, telle était la tactique prévue.

Le 15 mars, c’est-à-dire le lendemain des événements, paraît dans The Seattle Times un article intitulé « Tester la Chine ». Tsewang Rigzin, le président de la très extrémiste Ligue de la jeunesse tibétaine, y déclare que les jeux Olympiques constituent une occasion unique de porter leur cause à l’attention de l’opinion mondiale : « Nous voulons tester la Chine. Nous voulons qu’elle montre son vrai visage. C’est pourquoi nous les provoquons à ce point. »

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La terreur dans les rues de Lhassa. Organisée par des groupuscules soutenus par la CIA.

Un mois avant les faits, un groupe de 40 terroristes en devenir ont subi un entraînement intensif de trois jours dans la ville indienne de Dharamsala, où séjourne le dalaï-lama. L’un des formateurs n’était autre que le rédacteur en chef de The Voice of Tibet, une station de radio financée par la CIA.

Deux des manuels de cours de cet entraînement ont déjà été utilisés plus tôt, en Europe de l’Est. Des jeunes des organisations d’extrême droite Otpor (Serbie) et Pora (Ukraine), encadrés et formés par la CIA et d’autres services de renseignements, ont suivi ces cours en guise de préparation aux fameuses « révolutions orange ». L’un de ces manuels a été préfacé par le dalaï-lama en personne.

Le principal soutien du mouvement tibétain, ce sont les États-Unis et, plus spécifiquement, la CIA et le ministère des Affaires étrangères. Depuis un demi-siècle, le dalaï-lama entretient des rapports très étroits avec la CIA et le ministère des Affaires étrangères à Washington.

En 1998, le journaliste Jim Mann écrit dans le journal australien The Age un article intéressant qui s’appuie sur des documents des autorités américaines. Il y est entre autres révélé que, dans les années 1960, la CIA offrait 1,7 million de dollars par an au mouvement tibétain à l’étranger. Le dalaï-lama lui-même recevait 180.000 dollars par an de la CIA.

A parti des années 80, c’est surtout via le National Endowment for Democracy – une succursale de la CIA – que le mouvement séparatiste du dalaï-lama est financé. De l’argent américain arrose également le dalaï-lama et son entourage via le Bureau of Democracy, Human Rights and Labor du ministère des Affaires étrangères.

Les gouvernements européens n’hésitent pas non plus à mettre la main à la poche. Une grande partie du financement européen du mouvement séparatiste se fait non pas directement, mais par le biais de fondations dont, entre autres, la Friedrich Naumann Stiftung et la Heinrich Böll Stiftung.

Un an après l'émeute à Lhasa. Nous sommes maintenant à Urumqi, capitale de la province du Xinjiang. Ici tombent presque 200 morts pendant une émeute qui ressemble assez fort à celle à Tibet.

Monsieur Raman, un ancien secrétaire du gouvernement de l’Inde, est très bien informé et écrit sur son blog : « Les rapports émanant de la ville d' d'Urumqi montrent comment les troubles ont commencé par une manifestation d’Ouïgours dont on sait qu’ils sympathisent avec le World Uyghur Congress. Peu après le début de la manifestation, celle-ci a été rejointe par des intégristes musulmans loyaux au Mouvement islamiste du Turkestan oriental, une organisation liée à Al Qaida. Tout de suite après, les violences ont éclaté contre les Chinois han. »

Le World Uyghur Congress est dirigé par Rebiya Kadeer qui vit aux États-Unis. Le WUC est une coupole d’organisations qui veulent que la Région autonome du Xinjiang se détache de la Chine.

Xinjiang est, je pense, la province la plus vulnérable de Chine. Elle a 5.000 kilomètres de frontières communes avec des pays qui sont tout, sauf stables. Depuis trente ans, les États-Unis essaient d’assurer leur contrôle sur cette région. C’est pourquoi, depuis 1979, la guerre y sévit en permanence. Celui qui dominera cette région dominera en même temps le bas-ventre de la Russie et, plus important encore, le chaînon entre l’Europe et l’Asie. L’Afghanistan, le Pakistan, la province du Xinjiang et les cinq républiques de l’Asie centrale sont cruciales pour le contrôle de la région du monde la plus vaste, la plus riche et la plus peuplée : l’Eurasie.

Voilà pourquoi le revue Terrorism Monitor peut écrire, le 21 avril 2005 : « Il y a suffisamment de preuves pour affirmer que, dès le début des années 90 jusqu’à nos jours, un puissant cocktail de drogues, d’extrémisme islamiste et d’armes a pénétré au Xinjiang via l’Afghanistan, l’Asie centrale et le Pakistan. »

Nous avons vu, il y a quelques minutes, que c’est le gouvernement américain en son ministre Zbigniew Brzezinski qui ont préparé ce cocktail de drogues, d’extrémisme islamiste et d’armes.

On peut en lire les retombées dans la revue China Brief. Le spécialiste russe de l’Asie centrale, Igor Rotar, y écrit : « Dès le début des années 90, un puissant mouvement séparatiste clandestin est actif au Xinjinag. Il a commis un très grand nombre d’attentats et d’attaques militaires, tels les attentats à la bombe contre des bus à Kachgar, en 1990, et dans la capitale Urumqi, en 1992, un attentat militaire à Barin, en 1990, un soulèvement à Khotan, en 1995. En 1997, à Inin, ont éclaté des combats de plusieurs jours contre la police antiémeute : 55 Chinois et 25 Ouïgours y ont perdu la vie. » Après l’émeute d’Inin, des bombes ont explosé jusque dans la capitale Beijing.

En avril 2001, à Kachgar, des terroristes tranchent la gorge du procureur et de sa femme. Le même mois encore, suit un attentat à la bombe dans une usine. En janvier 2005, 11 personnes perdent la vie dans un attentat à la bombe contre un bus, à Karamay. Au cours des mois précédant les jeux Olympiques de 2008, divers attentats font 39 morts. Les terroristes font circuler une vidéo dans laquelle ils revendiquent la responsabilité d’un attentat à la bombe contre deux bus à Shanghai, d’un attentat contre un poste de police à Wenzhou, d’un autre encore contre une usine à Guangzhou et de deux autres enfin contre deux bus à Yunnan.

Des terroristes ont été très utiles à l’impérialisme américain en Afghanistan, en Bosnie, en Serbie, dans le Caucase, à Cuba et dans tant d’autres pays. Pourquoi ne pourraient-ils pas l’être dans les Régions autonomes de Tibet et de Xinjiang?

Au Xinjiang, depuis 1985, des attentats terroristes ont fait 200 morts. Manifestement, aux yeux du gouvernement américain, ce sont des faits qu’il ne faut pas nécessairement condamner et combattre.

C’est ce qui est apparu avec le dossier de 22 Ouïgours arrêtés en Afghanistan. Cela s’est passé en 2002 et 2003, après l’invasion de l’armée américaine en Afghanistan. Après leur arrestation, les 22 hommes ont été transférés à la prison de Guantanamo. Là, il s’est avéré qu’ils avaient été formés militairement dans des camps d’Al Qaida. Cinq ans plus tard, les 22 hommes ont été libérés. Parce que – disait le commandement militaire américain – ils ne constituaient aucun danger pour les États-Unis. « Ils n’ont pas été formés pour combattre notre pays », a-t-on dit. Très juste, ils ont été formés pour combattre la Chine. La Chine a demandé avec insistance et à plusieurs reprises qu’on lui livrât ces 22 hommes. Les Américains ont refusé.

Le 9 juillet 2009, le Washington Post a fait savoir qu’en 2008, le World Uyghur Congress et les groupes gravitant autour de la présidente Kadeer ont touché 550.000 dollars de la CIA, via le National Endowment for Democracy, la même organisation qui finance le mouvement séparatiste au Tibet. Le prédécesseur de Kadeer à la présidence du WUC était Erkin Alptekin. Avant de devenir président, en 2004, il avait été vice-directeur durant vingt ans de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) à Munich. RFE/RL est un émetteur de propagande de la CIA. Sidik Rouzi, le mari de l’actuelle présidente Kadeer, travaille pour Radio Free Asia, un autre émetteur de la CIA.

 

Chers amis,

Nous nous trouvons dans une phase cruciale de l’histoire humaine.

Il y a une semaine, le Fonds monétaire international a publié un rapport dans lequel il est dit que les États de toutes les économies capitalistes sont tellement endettés que la population de ces pays devra encore se serrer la ceinture durant une période d’au moins vingt ans.

La crise économique dans le monde capitaliste n’est pas résolue et ne le sera pas parce que la politique de tous les gouvernements occidentaux consistant à serrer la ceinture de la population ne résout pas les contradictions internes de ce système qui sont à la base de la crise mais, au contraire, intensifie encore ces contradictions. Évidemment, les travailleurs dans ces pays organiseront la résistance contre la politique économique, financière et sociale de leurs gouvernements. Déjà aujourd’hui, il y a des grands mouvements sociaux en Grèce, Espagne et Portugal.

L’autre côté de l’histoire contemporaine est que le socialisme, surtout en Chine, se renforce et que, influencés et encouragés par ce processus, les pays en voie de développement en Asie, Afrique et Amérique latine se retournent contre l’impérialisme et cherchent le front uni entre eux-mêmes et avec la Chine.

Ces deux facteurs décident du sort de l’humanité aujourd’hui. L’impérialisme fera tout, littéralement tout, pour arrêter ce processus de changement fondamental du monde.

Je vous remercie pour votre attention.

 

Cette conférence a eu lieu le 7 mai 2010, dans les locaux de la faculté de Sciences politiques de l’université de Wuhan.

 

http://www.infochina.be/fr/content/comment-les-%C3%A9tats-unis-utilisent-le-terrorisme   

 

http://r-sistons.over-blog.com/article-humanite-d-hier-inhumanite-d-aujourd-hui-le-courage-d-un-jeune-irakien-50807142.html

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 10:21

Georges Pompidou

 

Extraits d’une biographie de Georges Pompidou :

 

Georges Pompidou fit parti du cercle restreint des proches du général de Gaulle, et cette proximité lui valut d’être nommé chef de son cabinet d’avril 1948 à 1953.

En 1953, il entra à la banque Rothschild, où il occupa rapidement les fonctions de directeur général et d’administrateur de nombreuses sociétés. Ce fut pour lui l’occasion de participer à la vie économique du pays, d’accroître le champs de ses compétences et d’établir un éventail plus large de relations.

Il rédigea néanmoins, durant cette période d’intense activité, trois présentations de classiques illustrés sur Racine, Taine et Malraux.

Le général de Gaulle élu à la présidence, Georges Pompidou retourna pendant quelques temps vers le monde de l’entreprise en réintégrant la banque Rothschild.

Membre du conseil constitutionnel en 1959, il profita également de cette période pour rédiger une anthologie de la poésie française.

Georges Pompidou s’installa à l’Élysée le 15 juin 1969. Son mandat fut écourté par son décès le 2 avril 1974 à Paris.

3 janvier 1973, réforme de la Banque de France

Dans la loi portant sur la réforme des statuts de la banque de France, nous trouvons en particulier cet article 25 très court, qui bloque toute possibilité d’avance au trésor :

« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France. »

Ce qui signifie que l’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 interdit à la Banque de France de faire crédit à l’État, condamnant la France à se tourner vers des banques privées et à payer des intérêts ; alors qu’avant cette loi, quand l’État empruntait de l’argent, il le faisait auprès de la banque de France qui, lui appartenant, lui prêtait sans intérêt.

Autrement dit : auparavant, l’État français avait le droit de battre monnaie, et avec cette nouvelle loi, il perd ce droit qui est du même coup légué aux banques privées, qui en profitent pour s’enrichir aux dépends de l’État en lui prêtant avec intérêt l’argent dont il a besoin.

Cette décision correspond à une privatisation de l’argent et ramène la nation au même rang que n’importe lequel de ses citoyens.

L’accroissement sans fond de la dette publique trouve son origine précisément là. Voici en effet un graphique représentant l’évolution de la dette, avec et sans intérêt. La courbe rouge représente bien sûr la dette constatée, calculée avec les intérêts.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

La dette à fin 1979 était de 239 milliards d’euros (*), déjà injustifiables ; la dette à fin 2008 s’établit à 1327 milliards d’euros ! Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1088 milliards d’euros et nous avons payé 1306 milliards d’euros d’intérêts.

1327 - 1306 = 21 Milliards d’Euros ! : Si nous avions pu créer notre monnaie — faire exactement ce qu’ont le droit de faire les banques privées —, la dette publique serait quasiment inexistante aujourd’hui.

Georges Pompidou a été le directeur général de la banque Rothschild ; il en était le valet, il n’est par conséquent pas étonnant qu’il ait fait cette loi du 3 janvier 1973 qui interdit à l’État français de battre monnaie et qui a endetté la France d’une façon structurelle et incommensurable auprès de banques privées comme la banque Rothschild.

C’est pourquoi, cette loi, je propose de l’appeler désormais la loi Rothschild.

NOTE (*) : La dette à la fin 1979 était en réalité de 82,8 milliards d’Euros, soit 21% du PIB ; mais en tenant compte de l’inflation, cela fait aujourd’hui 239 milliards d’Euros.


Auteur : DO - Source : VIVE LA RÉVOLUTION

 

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12964!

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 10:19

Retraite, Sécu, Unedic… «Il n'y aura effectivement pas d'avenir au système par répartition si on continue à avoir 15% de chômage dans ce pays», rappelle la CGT.

 
Hier, Bernard Thibault a rencontré les salariés de l'usine SCA Hygiène Products de Linselles (59). Le secrétaire général de la CGT a souligné le lien entre le dossier des retraites et les fermetures de sites industriels comme celui-ci.

«Je suis là pour dénoncer la politique du groupe SCA qui remercie ses salariés en les jetant comme des kleenex après leur avoir beaucoup demandé pour rester concurrentiels», a-t-il lancé.

Depuis l'annonce, le 26 mars dernier, de la fermeture de leur usine et la suppression de leurs emplois en avril 2011, les 280 salariés espèrent obtenir que SCA s'implique dans la réindustrialisation du site. Avec la venue du secrétaire général de la CGT, les délégués linsellois espèrent galvaniser leurs troupes dans la lutte pour sauvegarder leurs emplois.

Après les avoir encouragés à rester unis et mobilisés, Bernard Thibault a indiqué qu'il évoquerait le cas de Linselles avec le ministre du Travail, Eric Woerth, qu'il rencontre mercredi pour évoquer la question des retraites. Le secrétaire général de la CGT a, en effet, rapidement fait le lien entre les suppressions d'emplois et le dossier des retraites : «Le gouvernement nous explique qu'il faut travailler de plus en plus longtemps et affirme vouloir faire de l'emploi des seniors une priorité mais, dans le même temps, il continue à regarder fermer des usines comme celle de Linselles, a-t-il dénoncé. Il n'y aura effectivement pas d'avenir au système par répartition si on continue à avoir 15% de chômage dans ce pays.»

Avec près de 60% de salariés âgés de plus de 50 ans, l'usine SCA de Linselles est en effet un cas d'école.

(Source :
La Voix du Nord)

NDLR : Depuis trente ans,
le chômage de masse et la précarisation du travail sont voulus et planifiés. Depuis bientôt deux ans, la crise financière et économique a enfoncé le clou, détruisant nos emplois par centaines de milliers (officiellement, quelque 600.000) et, pour les plus optimistes, aucune "reprise" n'est attendue avant 2011. Pour les plus pessimistes, il faudra même attendre 5 ans...
Résultat :
• 4,5 millions d'inscrits à Pôle Emploi, toutes catégories confondues, dont 35,3% qui, depuis plus d'un an, n'ont toujours pas retrouvé de travail (soit 1,6 million de personnes dont 675.000 "seniors");
• un déficit de l'assurance-chômage qui, selon les dernières prévisions de l'Unedic, s'élevera à 10,3 milliards d’€ fin 2010 et à 13,8 milliards fin 2011;
• un déficit du régime général de la Sécurité sociale qui, selon les prévisions de sa direction, s'élevera à 33,7 milliards d’€ fin 2010, dont 15 milliards pour sa branche maladie et 10 milliards pour sa branche vieillesse.

Or, entre les
33 milliards d’€ d'allègements de "charges" octroyés chaque année aux employeurs, véritable puits sans fond puisque leur efficacité sur l'emploi reste toujours à prouver,
entre
la dette de l'Etat vis-à-vis de la Sécurité sociale (selon les sources, entre 9 et 17 milliards d’€ de taxes, exonérations et allègements non compensés d'une année sur l'autre depuis des lustres),
la non-taxation par l'Unedic des employeurs qui abusent de l'emploi précaire et le manque à gagner causé par le chômage et les bas salaires sur les cotisations sociales (1 point de masse salariale en moins équivaut à 2 milliards de recettes perdues pour la Sécu),
... il y a pourtant de quoi faire !!!

Le travail, qui diminue en quantité et en qualité, reste toujours l'unique financeur de la protection sociale alors que sa destruction progressive permet à certains d'accumuler d'énormes richesses. Taxons ceux qui s'engraissent en détruisant les emplois ! S'il y a une réforme urgente à mettre en œuvre afin de rétablir cet ignoble déséquilibre, c'est bien celle-ci.


 

Auteur : Sophie Hancart - Source : Sophie Hancart - Source : Actuchomage

Auteur :

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12959

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 10:15

 

fmiUne fois pour toutes, Les preuves à l’appui.

 

La superstar politique du moment, Dominique Strauss-Kahn, est invité ce soir par Arlette Chabot à l’émission A vous de juger, pour le possible premier acte du lancement de sa candidature à l’élection présidentielle de 2012. Le directeur du Fonds monétaire international, porté par des sondages qui le désignent comme meilleur postulant "socialiste", est surtout l’opposant à Sarkozy préféré par... l’électorat de droite. Et pour cause ! DSK ou Droitière Sociale démoKratie.

 

Le Fonds monétaire international (FMI) est affligé d’une épouvantable réputation chez les progressistes et altermondialistes de tous poils : il est le bras armé économique du capitalisme ultralibéral et étrangle les peuples en exigeant, en contrepartie de son aide financière, d’insupportables coupes claires dans le budget social des Etats qui sont justement ceux dont les populations ont le plus besoin d’aide publique. L’Afrique et l’Amérique latine en savent quelque chose, mais c’est aujourd’hui l’Europe qui se trouve dans le collimateur. Or la personnalité à la tête de l’organisme se nomme Dominique Strauss-Kahn, dit DSK, membre du "Parti solférinien", comme l’appelle Bernard Langlois pour éviter tout fâcheux amalgame avec "socialiste". Oh, on nous assure que, grâce à lui, le FMI a changé. C’est ce qu’expliquait péniblement le strauss-kahnien Pierre Moscovici devant le journaliste Samuel Etienne sur France 3. "Avant, c’était un gendarme. Aujourd’hui, c’est un pompier." Tu parles ! Demandez aux Grecs ce qu’ils pensent du pompier en question, interrogez les Espagnols, sondez les Portugais. Et last but not least, les Roumains. "Entre 30 et 50 000 personnes dans les rues de Bucarest hier pour s’opposer aux mesures d’austérité du gouvernement roumain, annonce ainsi ce matin Euronews, titrant sur une "manifestation monstre" : "Des mesures en contrepartie de l’aide de 20 milliards d’euros allouée par le FMI. Bucarest s’est engagé à réduire de 25% les salaires des fonctionnaires et de 15% les retraites." Alors, il a changé, le FMI, grâce à Saint-Strauss-Kahn ? Ne continue-t-il pas d’imposer des sacrifices aux populations pour satisfaire "les marchés" ? L’expression est bien commode pour ne pas rappeler qu’il s’agit en l’occurrence des banques, fonds de pension, hedge funds et autres spéculateurs, responsables de la crise et qu’on a pourtant renfloués à prix d’or, et qui persistent à exiger d’indécents profits, s’engraissant sur la misère des peuples ! Et si aujourd’hui, nous appelons à la création d’un Front populaire anticapitaliste, en proclamant que Nous refusons de payer pour la finance, c’est justement contre la traîtrise annoncée de la sociale-démocratie, qu’incarne si bien DSK, son air patelin et sa supposée expertise économique. Ce soir, il va encore prétendre qu’il n’y a pas d’alternative, suivant le dogme libéral qui entraîne pourtant le monde vers le chaos.

tuberculose"Des études précédentes ont montré que les programmes économiques du FMI ont influé sur les infrastructures du système de santé des pays dans lesquels ils étaient appliqués", expliquent en introduction les trois chercheurs auteurs d’une étude publiée en 2008 par le New York Times , des universités de Cambridge (Grande Bretagne) et Yale (États-Unis). Ils ont donc scruté à la loupe, entre 1992 et 2003, les évolutions respectives en matière de progression de la tuberculose des pays ayant contracté un prêt du FMI et de ceux qui n’étaient pas dans ce cas. Leur conclusion est affirmative : "L’augmentation de la tuberculose est liée aux prêts du FMI".

 

Notre commentaire d’alors est hélas toujours valable : "Le FMI inocule-t-il sciemment aux populations concernées le bacille de Koch, bactérie responsable de la tuberculose, en leur envoyant des porteurs de grosses valises de billets de banque contaminés par cette maladie, pour qu’ils crachent leur toux contagieuse (seule voie de contagion) à la face de ces traîne-savates des pays de l’est ? L’hypothèse est plaisante mais peu plausible. Les choses sont à la fois moins simples et plus perverses. Les exigences du FMI, lorsqu’il s’agit d’accorder un prêt à un État, sont draconiennes. Et frappées du sceau du libéralisme le plus orthodoxe : le fond exige des "réformes structurelles" - amusante, cette parenté avec le discours sarkozyste, n’est-il pas ? - à savoir des coupes claires par exemple dans les budgets de l’éducation ou de la santé, en parallèle avec des privatisations des services publics. "Si vous voulez notre argent, respectez la doxa libérale !" Malpropreté, surpeuplement, alcoolisme : ces facteurs favorisant la tuberculose indiquent clairement qu’il s’agit d’une maladie des pauvres.

 

Ainsi, de la même façon que, partout où elles sont appliquées, les recettes libérales provoquent une aggravation des inégalités et une explosion de la pauvreté, les conditions d’obtention des prêts du FMI conduisent ses débiteurs à mener des politiques antisociales, pour le résultat mis à jour par l’étude : 16,6% de mortalité supplémentaire, décès causés par la tuberculose. Cette maladie tue actuellement deux millions de personnes dans le monde chaque année, tandis que 8,5 millions de nouveaux cas sont dans le même temps diagnostiqués, dont environ 6 000 en France. Gageons qu’avec les belles "réformes" et la jolie "modernisation" assénées à notre malheureux pays par la clique au pouvoir, nous grimperons vite dans la hiérarchie des tuberculeux de la planète."

dsk sarkoVoilà ce qu’est donc le FMI. Et qu’un "socialiste" le dirige est une imposture, un reniement de tout ce que doit défendre la gauche. Ségolène Royal, citée par le Journal du dimanche, a beau jeu de délcarer : "le Fonds monétaire international, qui n’a pas changé, après les cures d’austérité imposées en Afrique et en Amérique latine. En Grèce comme ailleurs, il applique la même méthode : abaissement des salaires, démantèlement de la protection sociale, augmentations des taxes." Et le journal d’ajouter : "Sans jamais prononcer le nom de son rival, l’ex-candidate prend délibérément le contre-pied du discours des amis de Strauss-Kahn sur le "nouveau FMI".

 

Mais comment DSK aurait-il bien pu vouloir changer le FMI, alors qu’il n’a cessé de donner de solides gages au capitalisme ultralibéral depuis qu’il s’est installé à sa tête ? Extrait d’un billet de décembre 2007 : "L’élection d’un nouveau président et la nomination d’un gouvernement ouvertement réformateur offrent à la France l’occasion historique de renouer avec une croissance soutenue où chacun verrait ses opportunités accrues", s’enthousiasment ses experts [du FMI]. Ils valident également la méthode sarkozienne des réformes groupées : "Concernant l’enchaînement optimal des réformes, nous considérons qu’il faut chercher à engager, de manière concomitante, une « masse critique » de réformes dans un grand nombre de domaines, de manière à tirer profit des synergies ainsi créées". "Gagner plus suppose incontestablement de travailler plus", écrivent-ils encore. Et la mission du FMI en France de suggérer des évolutions qui relèvent, à coup sûr, du progressisme le plus audacieux : lutter contre "la hausse tendancielle du Smic", faciliter les licenciements économiques, ou encore réduire le taux de l’impôt sur les sociétés. Le crédo libéral du FMI se marie admirablement avec le "socialisme" de DSK."

 

Attendez, ce n’est pas tout ! "Voilà que l’organisme présidé par le "socialiste" Dominique Strauss-Kahn récidive, écrivions-nous en août 2008, à propos de la récente loi dite de "modernisation de l’économie" (LME), estimant qu’elle aidera la France à "faire face aux défis mondiaux, à débloquer les rigidités du marché des produits et services, et bénéficiera au consommateur". Exactement ce que prétendent les Lagarde, Fillon, Copé, Lefebvre... On voit bien qu’entre la politique économique de l’UMP et les convictions de l’homme qui, sous le gouvernement Jospin dont "le projet n’était pas socialiste", a privatisé davantage que la droite n’avait osé le faire, il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier de cigarette. Dénonçons l’imposture : DSK n’est pas de gauche !" Soulignons au passage pour la bonne bouche, deux ans plus tard, le magistral plantage : plutôt qu’au consommateur comme prétendu, la LME a profité à la seule grande distribution. Un agriculteur responsable syndical l’appelle même la "Loi Michel-Edouard" !

 

Encore un exemple de la décoiffante mutation du FMI sous la présidence "socialiste" à la DSK ? Citons Le Monde annonçant la nomination de l’économiste en chef de l’organisation, à l’automne 2008, et le décrivant ainsi : il "fait partie du cénacle d’économistes conseillers de Nicolas Sarkozy. (...) "En 1968, j’étais très à gauche, raconte l’intéressé. Quand j’ai appris l’économie, je suis devenu social-démocrate et j’ai attendu vingt ans que le Parti socialiste en fasse autant..." Il a passé à la moulinette les programmes des candidats PS et UMP ; a examiné leurs propositions pour corriger "les relations détestables entre les partenaires sociaux", "la protection sociale coûteuse et inefficace" et "le système universitaire profondément malade". Sur ces trois points, avantage à Nicolas Sarkozy sur Ségolène Royal, selon lui. Un an plus tard, confirme-t-il son choix ? "Oui, répond-il. Nicolas Sarkozy est par obnature plus interventionniste que je ne le rêverais ; il n’est certainement pas Margaret Thatcher. Mais rien de catastrophique pour l’instant". Voilà donc qui DSK a cru bon d’aller chercher ! Olivier Blanchard, "un homme qui juge par exemple que Sarkozy a grandement amélioré "les relations détestables entre partenaires sociaux", récapitulions-nous alors. Alors qu’il s’emploie à laminer toutes les protections sociales et se moque tellement desdits partenaires qu’il se félicite qu’on ne se rende plus compte du fait que se déroule une grève. Autrement dit, il se réjouit que les grèves ne servent plus à rien, puisqu’on peut ainsi imposer toutes les contre-réformes sans opposition efficace : c’est ça, rendre les relations entre partenaires sociaux moins "détestables", leur dicter sa loi sans qu’ils aient voix au chapitre ? Parlons aussi de "la protection sociale coûteuse et inefficace"  : pour Blanchard, l’action du président est en la matière à louer. Mais que fait concrètement Sarkozy ? Avec ses franchises médicales, venant après les multiples déremboursements, il a enclenché une privatisation rampante de la Sécu. Il oblige les chômeurs à accepter des emplois au rabais, à travers les offres prétendues "acceptables", et met en place, à travers le Revenu de solidarité active, un système de précarité subventionnée par l’État, pour le plus grand bénéfice patronal. On juge des conceptions de cet économiste, qui trouve même que le président français n’est pas assez libéral ("plus interventionniste que je ne le rêverais")." Sûr qu’avec des hommes de cette engeance, le FMI de DSK allait adopter un progressisme échevelé ! Alors assez de la mystification. Si c’est cet homme-là qui est censé représenter la gauche en 2012, ce sera sans nous.

L’illustration représentant le FMI en molosse de George Bush est tirée du Grand soir.


Auteur : Olivier Bonnet - Source : Plume de Presse

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=13002

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