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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 02:30
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Elections: Ils disent avoir entendu le message des Français


Or donc voilà, c’est fait, ils ont voté. 
Et puis après, chantait Ferré ?




Eh bien après, les politiques sont venus s’exprimer sur les plateaux télé, radio, politiques de droite, de gauche, du centre, de nulle part, ou revenus du diable vauvert, ils sont venus nous dire qu’ils avaient “entendu le message des français” qu’il convenait de l’analyser avec “sang-froid” et “lucidité” pour les uns, avec “humilité” pour les autres, égard aux “devoirs” que ce “message” (leur) confère.
 
Mais .. de quel “message” parlent-ils ?



Eh bien il suffit de les écouter. C’est édifiant. Tenez, Xavier Bertrand, qu’a-t-il entendu ?
Un machin étrange.

Que par ce vote, “les français n’ont pas dit non aux réformes”. Moi qui croyais qu’on votait pour dire “oui à” j’apprends, stupéfait, que nous voterions pour “ne pas dire non à” ; ici : aux réformes.


Mais de quelles réformes parle-t-il ? On n’en sait rien. Ce mot-là, réforme, est un mot magique, peu importe ce qu’il contient, juste ou pas, il est synonyme d’action. Paraît-il.
Dans ce vote qualifié de “crise” par le même Bertrand, “les français, ce soir, n’ont pas voulu le retour aux 35 heures. Ils n’ont pas voulu, non plus, la fin des heures supplémentaires. Les français, ce soir, n’ont pas voulu que l'on revienne sur l'exonération des droits de succession".

 
Diantre !


Mais comment fait-il pour entendre tout ça ? C’est écrit, noir sur blanc, sur un bulletin de vote, ces choses-là ? Je veux dire qu’il se passe un truc, une fois que notre bulletin est glissé dans l’urne ? Il est transformé en “message” par une machine, il est Google translaté ou quoi ? Non mais franchement ! Est-ce que, au moins, il entend ce qu’il dit, ce monsieur Bertrand, nonobstant le fait que, chose certaine, cet homme-là s’écoute avant tout parler. Or, comment entendre l’autre, son soit-disant “message”, quand on n’écoute que soi ?



”Le message nous devons l’analyser, l’entendre, et apporter les bonnes réponses”
nous dit le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, qui donc, visiblement, n’a pas entendu Xavier Bertrand qui, on vient de le voir (et de l’entendre, surtout) n’a pas perdu de temps à l’analyser, lui.
Mais Lefebvre, non plus.
Puisque deux phrases plus loin, il apporte la réponse :



“Il faut qu’on aille plus vite et plus fort, qu’on amène des résultats aux français sur l’emploi, et la sécurité, par exemple”.



“Plus fort” (que les autres) ça c’est bien la marque de fabrique de Frédéric Lefebvre, car non seulement il “entend” le message de ceux qui ont voté dimanche, mais aussi, celui des abstentionnistes ! Lundi matin, sur France Info, après avoir affirmé que l’un des faits marquants de cette élection était l’abstention, et que bien malin celui ou celle qui pourraient dire ce qu’elle signifie (mettons ça sur le compte de la “lucidité”) il osa, quelques minutes suivantes, nous assurer que les abstentionnistes, “ce qu’ils nous disent, c’est qu’ils en ont marre que la droite et la gauche se déchirent alors que le pays est en crise” (nous mettrons ceci sur un autre compte, qui n’a, cette fois, rien à voir avec la politique, puisqu’il relève de l’extra-lucidité soit, vulgairement, d’une vaste fumisterie).


De fait, comment croire à une éventuelle lecture d’un “message” envoyé par les français, quand dans un même entretien, l’homme qui prétend s’y pencher, nous dit tout et son contraire ?



Je cite messieurs Bertrand et Lefebvre, comme j’aurais pu tout aussi bien citer Nadine Morano, Rama Yade, peu importe, la musique est la même, ils ont TOUS entendu “le message des français” : oui aux réformes et aux heures supplémentaires, non aux 35 heures, et non, pas du tout, mais qu’est-ce que vous me chantez-là, enfin c’est une élection régionale, pas une législative, ni une présidentielle, Nicolas Sarkozy n’est en aucun cas désavoué, comment pouvez-vous dire une chose pareille, sous-entendu, ce n’est pas “le message des français”. Bref, ce n’est pas un “vote sanction”.



Ah bon ?



Oui, je marque mon étonnement, car Xavier Bertrand n’a pas vu “non plus, dans cette élection, un vote d’adhésion, un vote d’envie vis-à-vis du Parti socialiste”.
Si c’est le cas, que signifie donc la victoire du Parti socialiste et de ses alliés (qu’il reconnaît) ?
Si ce n’est pas un “vote d’adhésion”, et qu’en même temps l’électeur “n’a pas voulu” sanctionner le gouvernement (alors que TOUS les ministres participant à ces régionales ont été battus, quand ce n'est pas balayés) qu’est-ce c’est ? Quel est le “message” ?
On y revient.
On tourne en rond, surtout.
Mais la faute à qui ? A ceux qui délivrent un “message” ou à qui veut bien l’entendre ?


Et la “remontée” du Front National, au fait ? Y aurait-il, là aussi, un “message” ?

 
Non. 
Juste une explication technique.


Car à en croire Xavier Bertrand “la remontée du Front National est due à la crise” .. Dans ce cas-là, monsieur Bertrand, je suppose que, l’hiver qui, cette année, s’est un tantinet éternisé, c’est aussi dû à la crise, n’est-ce pas ? L’hiver, il s’est dit que, tiens, comme c’est la crise, que sur le front de l’emploi, il fait froid et que gèlent les salaires, ben je vais rester plus longtemps, ils n’y verront que du feu … Qu’attendez-vous pour réformer l’hiver, monsieur le gouvernement ? Puisque tout passe par elle, la réforme ?



Et si moi, un français parmi les autres, je disais que, voilà, j’en ai marre. Marre de vos discours. Marre de tout. D’être pris pour un con. Que je vote ou non. Qu’est-ce que ça change ? Puisque vous ne m’entendez pas. Ni moi, ni personne. Vous venez me prêter, comme ça, des intentions, un message, que je n’ai jamais envoyé, jamais pensé. Ce que je ressens, ce que je vis, ce que je souffre et ce dont je ris, vous vous en moquez. Oui, parfaitement, vous vous en moquez ! Et la preuve c’est que le jour où par voie référendaire le peuple français a dit non au Traité pour l’élaboration d’une constitution européenne, et où, là encore, vous êtes venus nous dire, plus condescendants que jamais, que vous aviez entendu “le message”, quelques mois plus tard, via le parlement, vous le faisiez passer, ce traité, car oui, celui de Lisbonne est peu ou prou celui proposé le 29 mai 2005. Et vous me direz, bien sûr, ou bien entendu (puisque : “vous entendez” ..) que ça rien à voir ! … Vraiment ?
 
… Pourtant, elle est là, la fracture. Le divorce entre le peuple et le politique. La désaffection, celle des urnes. La présidentielle n’était qu’un leurre. Un sursaut, si vous préférez. Parce que naïfs que nous sommes, nous avons cru à tous ces boniments, une nouvelle génération qu’on nous disait, une nouvelle façon de faire de la politique ! Foutaises ! Vous nous avez trahis, une fois de plus, une fois de trop, et “le message”, s’il y en a un, c’est que demain, vos urnes, vous n’aurez plus à vous en soucier, tellement dedans les bulletins y seront maigres. Plus d'audience, sale conséquence de votre déficit d'audition. Comme vous ne manquez pas d’air, c’est couru, vous nous accuserez, de désertion, d’incivilité, que sais-je encore, de faire le lit de la tyrannie, des extrêmes, vous brandirez la menace qui nous guette, celle d’un totalitarisme, considérant que le vôtre, si tant est que vous le reconnaissiez un jour, est acceptable, dans la mesure où il s’appuie, lui, sur une idée avec laquelle, cependant, vous vous torchez allégrement, celle dite de démocratie, celle où, à vous entendre, vous lisez comme dans un livre.


Eh bien continuez à lire ce que jamais nous n’avons écrit. Continuez à analyser des messages que nous n’avons jamais envoyés. Poursuivez votre tâche, sans vous préoccuper des souffrances, des petites gens, de ceux qui tombent, qui renoncent, qui s’en vont, oui, poursuivez dans le déni. Après tout, quelle importance ! Nous savons bien que c’est fini, c’est cuit, votre démocratie, qu’on vote ou non, vous ne changerez rien, on a bien compris …

Nos cris comme nos silences, vous ne les entendez pas.
Ce que vous entendez, c’est vous. Et vous seuls.
 

http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2617:elections-ils-disent-avoir-entendu-le-message-des-francais&catid=6:articles&Itemid=11 


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FRANCE démocratique ???
Où est la liberté d'expression ?



n capitaine de gendarmerie jugé trop critique radié par un décret présidentiel
AP

 

Un capitaine de gendarmerie jugé trop critique radié par un décret présidentiel

 

Le chef d'escadron de gendarmerie Jean-Hugues Matelly, qui avait notamment critiqué le rapprochement police-gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur, a été radié des cadres par "mesure disciplinaire" par un décret du président de la République, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat Me David Dassa-Le Deist. Cette mesure prend effet jeudi soir à minuit. Lire la suite l'article

"Nous sommes stupéfaits de la disproportion de la sanction par rapport à la faute alléguée", a souligné son avocat Me David Dassa-Le Deist en affirmant qu'il n'existait pas, "dans la jurisprudence, de cas similaire".

"Je suis complètement stupéfait, atterré par la gravité de la sanction prononcée car c'est une grande première, malheureusement, dans l'histoire de l'armée française. Aucun officier n'a jamais été radié des cadres pour une question de liberté d'expression", a renchéri Jean-Hugues Matelly sur RTL. Selon lui, "aucune expression libre ne semble possible" dans l'armée.
"Je souhaite pouvoir continuer à défendre les valeurs qui sont celles de la démocratie, en premier lieu desquelles la liberté d'expression", a-t-il ajouté, estimant que son engagement dans l'armée n'était "pas du tout contradictoire" avec cela.
Jean-Hugues Matelly qui est aussi chercheur au CNRS, avait critiqué, à la fin de l'année 2008 dans un article de presse, le rapprochement police-gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur.
"Ses propos n'étaient pas polémiques et ne jetaient pas le discrédit sur l'institution", s'étonne encore son avocat. A la suite de cette publication, le militaire avait fait l'objet en juin 2009 d'une procédure pour "manquement grave" à son obligation de réserve.
En octobre, un conseil d'enquête de la gendarmerie avait alors proposé la "radiation des cadres" de cet officier supérieur. Cette proposition a été suivie par le président de la République qui devait trancher en dernier ressort.
"Une voie de recours naturelle s'offre à nous, celle du Conseil d'Etat qui appréciera la légalité d'une telle décision", conclut Me David Dassa-Le Deist. AP
 
 
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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 02:17
Panorama du Mur occidental surmonté du dôme du Rocher et de la mosquée al-Aqsa
wikipedia.org

Jérusalem: Les vrais enjeux

Les affrontements entre la population palestinienne et les forces armées israéliennes ces derniers jours à Jérusalem ne sont pas accidentels. Derrière la cause immédiate, l'éventuelle goutte d'eau qui fait déborder un vase, il y a des causes profondes: elles sont à chercher dans une occupation coloniale qui dure depuis plus de 40 ans.

(Photo: Pourquoi volez -vous nos maisons?)

 

"Twenty years ago, Jerusalem was 70 percent Jewish and 30% Arab, which is the government's goal. Today, the relation is around 65% to 35%, which constitutes a strategic threat to Jerusalem." (Nir Barkat, Mayor of Jerusalem, 12 janvier 2010)

[Trad: Il y a 20 ans, Jérusalem était composé de 70% de Juifs et de 30% d'Arabes, ce qui représente le but du gouvernement. Aujourd''hui, le pourcentage est environ de 65% (de Juifs) et de 35% (d'Arabes), ce qui constitue une menace stratégique pour Jérusalem.]

 

En 1967, l'État d'Israël envahit la Cisjordanie et, de facto, l'est de Jérusalem. Annexant la partie orientale de la ville, Israël y joint 70 nouveaux km², pris sur la Cisjordanie. Dans la ville, aux frontières redéfinies, vivent alors 66 000 Palestiniens.

 

Ces 66 000 palestiniens vivent avec leur champs, leurs maisons, leurs écoles, leurs magasins sur des terres annexées qui font a présent partie de Jérusalem, qu'Israël considère comme sa capitale. En 1967, les Palestiniens représentent 25% des habitants et les Israéliens juifs 75%.

 

Jerusalem Master Plan 2000

 

La politique israélienne à Jérusalem est planifiée et répond à des objectifs précis. Les plans israéliens concernant la ville sont l'objet d'études, ils sont cités publiquement par la presse, le maire de Jérusalem ou le premier Ministre israélien.

 

Le dernier plan se nomme « Jerusalem Master Plan 2000 ». Il a été rédigé par un bureau d'urbanistes israéliens en septembre 2004 à la demande des autorités nationales israéliennes et municipales de Jérusalem. Il comprend divers objectifs d'aménagement « idéal » du territoire. Ces aménagements doivent, entre autres, permettre de maintenir une certaine proportion démographique en faveur des juifs israéliens. Précisément, il doit dessiner les contours d'une politique où les indigènes ne représenteraient pas plus de 30% de la population de la ville: 30% de Palestiniens, 70% d'Israéliens juifs sur 950 000 habitants que devrait compter la ville en 2020.

 

Aujourd'hui, la population palestinienne forme 34% de la population, et son taux d'accroissement est trois fois supérieur à celui de la population juive. Selon les auteurs du plan, si les tendances démographiques se poursuivent, il est raisonnable d'imaginer que les Palestiniens formeront 40% de la population de Jérusalem en 2020.

 

Si le plan propose des pistes pour maintenir une majorité juive dans la ville, le gouvernement devra, selon lui, prendre des mesures adéquates pour parvenir à l'objectif de 70-30 en « forçant les variables ». Le plan se contente lui d'expliquer comment développer et élargir les colonies existantes à l'est de la ville, transformer des quartiers palestiniens (comme le quartier Silwan) en parc archéologique juif (la cité de David).

 

Une lutte entre un peuple occupé et un État occupant


 

En vue de réaliser ce projet qui « force les variables » naturelles démographiques, différents actes sont commis à l'encontre de la population palestinienne : des destructions de maisons palestiniennes, des fermetures d'écoles palestiniennes, des confiscations de terres, des révocations de permis de résidences... La vie des 200 000 Palestiniens de Jérusalem est devenue presque impossible, 75%  d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté.

 

Si certains Palestiniens quittent Jérusalem, la majorité d'entre eux résistent. Ils organisant des concerts de musique, ils campent face à leurs maisons confisquées par des colons, ils organisent des activités para-scolaires pour leurs enfants, ils refusent de quitter la ville et, comme ces derniers jours, s'opposent physiquement aux forces d'occupation... Cette résistance palestinienne menace l'accomplissement du plan israélien et est donc réprimée par les forces de l'ordre occupantes.

 

La fermeture du local du Nidal Center (géré par HWC, partenaire d'intal à Jérusalem) par l'armée israélienne en juillet 2009 et la répression de ces derniers jours ne résultent pas d'une lutte entre deux communautés mais d'une lutte entre un peuple occupé et un État occupant.


 

Source: intal

Joaquim

http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6&id=2613&option=com_content&Itemid=11




Alain Gresch:

André Brink, la Palestine et l'Holocauste



"Comment un peuple qui s'est relevé si difficilement de l'Holocauste peut-il infliger à d'autres ce qu'on lui a fait?"


Rien n’est plus exaspérant que la manière dont Nelson Mandela et les responsables de la lutte contre l’apartheid sont transformés en icônes (un bon exemple en est le film Invictus). On tente ainsi d’ôter à leur lutte son caractère révolutionnaire, de faire oublier que l’Occident a largement soutenu le régime de l’apartheid, que Mandela et ses camarades étaient dénoncés comme des terroristes. Que, lors de sa prise de fonctions comme président de l’Afrique du Sud libérée, Mandela a invité Fidel Castro (dont les troupes en Angola, dans les années 1970, ont contribué à la défaite du régime de l’apartheid) et Yasser Arafat.




On oublie aussi de mentionner la collaboration permanente d’Israël avec le régime de l’apartheid et l’engagement de nombre d’intellectuels et de responsables sud-africains, y compris juifs, aux côtés des Palestiniens. Et la condamnation par le gouvernement sud-africain actuel des politiques israéliennes, notamment à Gaza.

Récemment, un des plus grands écrivains sud-africains, André Brink, a publié ses Mémoires, intitulés Mes bifurcations (Actes Sud, Arles, 2010). Le livre a reçu, à juste titre, un accueil très favorable de la critique. Mais personne, à ma connaissance, n’a relevé ce passage.

« Mais l’expérience déterminante de ce voyage (de 2002) fut la visite à l’université palestinienne de Birzeit. J’avais beaucoup lu sur le conflit au Moyen-Orient ; à Salzbourg et ailleurs, j’avais eu de longues conversations passionnées avec des écrivains palestiniens. Je me rappelle encore ma discussion avec Hanan Mikhail-Ashrawi quand elle était venue au Cap des années plus tôt. En plusieurs occasions avant sa mort prématurée, j’avais aussi pu bénéficier de la grande sagesse et de la douce humanité d’Edward Said. Mais cette immersion dans la terrible réalité de cet endroit tragique, de cette terre et de son peuple, m’a éprouvé comme peu d’expériences l’ont fait dans ma vie. Je crus redécouvrir le cœur hideux de l’apartheid : la manière dont les Palestiniens, y compris certains des êtres les plus merveilleux que j’ai jamais rencontrés, sont soumis à l’une des oppressions les plus cruelles ici-bas, le tissu d’hypocrisie et de mensonges qui, du côté israélien, tente d’obscurcir et de déformer la vérité. Au cours de ce séjour se produisit un événement particulièrement choquant : la bicoque d’un vieux Palestinien fut rasée par les bulldozers de l’armée israélienne parce qu’il avait osé installer une citerne sur sa toiture afin de récupérer les quelques gouttes de pluie qui tombaient là. »

« J’ai vu le réseau d’autoroutes modernes construites pour les Israéliens et les misérables petites routes auxquelles les Palestiniens sont confinés ; j’ai vu les oliveraies, souvent seul moyen de subsistance des agriculteurs palestiniens, arrachées par les Israéliens ; j’ai vu la prolifération de nouvelles colonies israéliennes en plein territoire palestinien, établies là à l’encontre de tous les accords signés, simplement pour renforcer la présence et le pouvoir des Israéliens dans un territoire qui ne leur appartient pas. J’avais déjà vu cela, du temps de l’oppression des Noirs par les Blancs en Afrique du Sud. J’avais déjà entendu les mêmes excuses et explications pieuses. »

« Quand j’y repense aujourd’hui, je ne peux écarter de mon esprit le souvenir des terribles vestiges de Dachau et d’Auschwitz : si Israël ne s’est jamais lancé dans un génocide de l’ampleur de l’Holocauste, le nettoyage ethnique que cette nation inflige aux Palestiniens équivaut, moralement, à une version lente et en mode mineur des camps de la mort. J’ai du mal à comprendre comment un peuple pour lequel il a été si difficile de se relever des horreurs de l’Holocauste peut ensuite infliger à d’autres ce qu’on lui a fait. »

« Tout cela est projeté, concentré avec l’intensité d’un laser sur une confrontation spectaculaire entre un jeune écrivain israélien et une jeune femme palestinienne, belle et furieuse, lors d’une conférence au Shloss Leopoldskron à Salzbourg, où il se peut que j’aie passé, je crois, certains des moments les plus mémorables de mon existence. »

De telles déclarations prononcées par un intellectuel français susciteraient, sans aucun doute, un procès de Avocats sans frontières, l’organisation de Gilles-William Goldnadel, récemment élu à la direction du CRIF et qui symbolise la droitisation de cette organisation.

 

Source: Nouvelles d'Orient



http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2599:andre-brink-la-palestine-et-lholocauste&catid=8:lautre-histoire&Itemid=13 



Lire aussi, sur Michel Collon :

Hasan Abu Nimah -
La crise sur les colonies israéliennes est aussi irréelle que le processus de paix
Incident diplomatique avec Joe Biden : une tempête dans un verre d'eau ?



Commentaire lu sur un forum, MEDIAS:

Les communautés arabes n'ont pas la cote dans le monde... On méconnaît la culture palestinienne et, on méconnaît les pratiques désastreuses du gouvernement israélien. Comme la plupart des citoyens d'Amérique sont rivés devant la télé, ils ne sont pas informés de la réalité dans le Monde, dont le sort du peuple Palestinien. Et comme les médias appartiennent à des investisseurs qui s'assurent de nous garder dans l'ignorance... Je me souviens lors de l'Anniversaire des 10 ans du génocide au Rwanda dont plus d'un million de morts: aux informations canadiennes, 2 minutes pour souligner le massacre vécu par un peuple en otage. Et ensuite, à l'émission spéciale, 30 minutes sur l'holocauste. Comme si on ne pouvait pas davantage informer sur ce qui se déroule dans le présent récent, et que rien n'est aussi horrible que ce qui est survenu il y a 50 ans. L'argent mène le monde; et il n'y en a pas en Palestine... Sort bien triste. La communauté internationale peu active...

http://www.france24.com/fr/20100323-netanyahou-rencontre-obama-israel-nouveau-logements-jerusalem-est-territoires-occupes#comments



Vers une « Troisième Intifada » ?
par Julien SALINGUE

Il y a tout d'abord eu ce mini-scandale diplomatique consécutif à
l'annonce par le Ministère israélien de l'Intérieur, en pleine visite du
Vice-Président des Etats-Unis Joe Biden, de la construction de 1600
nouveaux logements dans les colonies de Jérusalem. Il y a eu ensuite cette
journée du 16 mars où, à Jérusalem et dans plusieurs villes de Cisjordanie,
des manifestants palestiniens, pour la plupart très jeunes, se sont
affrontés aux forces israéliennes.

Et soudain, (...)

http://www.legrandsoir.info/Vers-une-Troisieme-Intifada.html




Dubaïgate : Londres expulse, Paris enquête


Suite à l’assassinat à Dubaï d’un dirigeant du Hamas, M. Mahmoud Al Mabhouh, par un commando du Mossad utilisant de « vrais faux passeports vrais », M. David Milliband Ministre britannique des Affaires étrangères a déclaré que la responsabilité d’Israël avait été établie dans l’utilisation de ces vrais faux passeports. En conséquence il a annoncé l’expulsion d’un diplomate israélien (et membre du Mossad) en poste à Londres. Cette information a été révélée par la BBC et Sky News ce 23 mars.

De son côté, la justice française a ouvert le 12 mars une enquête sur l’utilisation de 4 passeports français falsifiés lors du même assassinat (Libération, 24 mars 2010). On remarquera que la réaction de la France dans cette affaire est beaucoup plus « modérée » que celle de la Grande-Bretagne. En effet, à Paris on ouvre une enquête (sans doute afin de gagner du temps et étouffer l’affaire), alors qu'à Londres on expulse un diplomate en disant clairement que la responsabilité de l’état sioniste est établie dans cet assassinat.

Peut-on en déduire que l’influence du Lobby sioniste est moins forte à Londres qu’à Paris ?

Nous connaissons l’alignement total de la politique anglaise sur l’Usraël, sa participation aux guerres contre l’Irak et l’Afghanistan, son acharnement à maintenir l’embargo à l’encontre de l’Iran. Tout le monde se souvient du rôle de caniche bien docile tenu par M. Blair (socialiste) auprès de George Bush. Pourtant Londres a réagi pour l’instant plus durement que Paris. On peut chercher la cause de cette fermeté apparente dans la politique intérieure anglaise. A la veille d’élections, données perdantes pour le parti travailliste, ce dernier cherche à gagner des voix d’électeurs britanniques musulmans. Cette communauté musulmane — originaire de l’Inde, du Pakistan et du Moyen-Orient anglophone pour l’essentiel — est infiniment mieux structurée que la communauté musulmane en France et affiche depuis longtemps une solidarité avec tous les peuples confrontés au sionisme, notamment la Palestine. Contrairement à la France, cette communauté a su se doter des moyens de se faire entendre, en particulier lors des élections. Il se peut que cet élément, nettement moins présent en France, ait pesé dans la décision.

Mais d’une façon plus générale, cet assassinat perpétré à l’aide de passeports européens (vrais ou faux ?) pose le grave problème du séjour des Européens (et Australiens) dans des nations en conflit avec Israël. Qui peut garantir depuis ce « Dubaïgate » que tel Français ou tel Anglais est réellement ce que dit son passeport et non pas un tueur du Mossad en mission ?  Que se passerait-il si nos hommes d’affaires en déplacement au Moyen-Orient faisaient l’objet de contrôles aussi longs que tatillons afin de s’assurer de leur réelle identité ?  Déjà certains pays ont renforcé leur contrôle aux frontières afin de se protéger des tueurs israéliens. C’est toute la relation politique et économique entre l’Europe et les pays musulmans qui est en jeu.

Une des caractéristiques essentielles du sionisme est de se croire au-dessus de tout droit international, et donc d’utiliser tous les moyens qui lui semblent bons, y compris les passeports de pays dont les gouvernements lui sont pourtant soumis depuis longtemps. Et tant pis si cela gène les véritables intérêts de la France et de la Grande-Bretagne !  D’autres régimes, dans le passé, utilisant également le cynisme et la brutalité se sont crus éternels. Ils ont pourtant disparu. Tel est le sort qui attend l’entité sioniste et son lobby mondial. Les réactions britanniques et françaises, même conjoncturelles et insuffisantes, sont les signes qui confirment un renversement de tendance...

Et si le meurtre de Dubaï avait été le meurtre de trop ?


Le Président,
Yahia Gouasmi.

 

 http://www.partiantisioniste.com/communications/dubaigate-londres-expulse-paris-enquete-0373.htm



Kouchner défend l'action des Européens dans la défense du peuple palestinien
ASSOCIATED PRESS
24 mars 2010 15:02
  
PARIS - Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a défendu mercredi, devant les députés, l'action menée par l'Europe dans la défense du peuple palestinien, confronté notamment à la colonisation israélienne en Cisjordanie.

"Je vous en supplie, entendez l'appel de la Palestine qui, depuis des années, subit l'injustice de l'histoire", lui avait auparavant lancé le député Nouveau Centre Hervé de Charette, lui-même ancien chef de la diplomatie françaises, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

"Qu'est-ce qu'on peut faire alors que, tout le temps (...) nous sommes en train non seulement de dénoncer mais de proposer, que nous avons à partir de la conférence de Paris mis au point avec Salam Fayad, Premier ministre palestinien, des projets qui se poursuivent jour après jour", s'est interrogé M. Kouchner.

Observant que "la situation a changé, même si elle est encore extrêmement difficile, en Cisjordanie" mais "ne change pas à Gaza", le ministre a rappelé que la France n'avait "jamais accepté l'annexion de Jérusalem-Est" et avait encore dénoncé "la poursuite de la colonisation" lors de la récente visite en Israël du vice-président américain Joe Biden.

"Nous avons fait tout cela (...), non seulement nous poursuivons mais nous essayons d'être présents sur place. Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre?", a-t-il lancé à son prédécesseur. "Est-ce que vous avez une idée sur ce qu'on pourrait opposer pour être efficace? Nous n'en avons pas beaucoup, alors que nous faisons -et l'Europe avec nous-beaucoup de choses."
 
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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 01:38

Les grands reportages
du « Monde diplomatique »

Il y a un point commun entre les années 1960-1970 et l'époque contemporaine : le monde, alors comme aujourd'hui, bouge à grande vitesse. Mais le fond de l'air, à l'époque, est rouge, coloré d'idéaux incarnés par des hommes et pas seulement par des puissances aux intérêts concurrents :

-  au Sud, les peuples se libèrent du joug colonial ;
-  à l'Est, le socialisme tente de se réformer ;
-  à l'Ouest, la jeunesse conteste le système.

Le Monde diplomatique a suivi de près toutes ces évolutions, auxquelles il a consacré d'innombrables reportages.

Ce numéro hors série en propose une quarantaine, qui vous permettront d'aller notamment :

-  en Angola, lorsque commença la guerre de libération ;
-  dans l'Algérie du colonel Boumediene ;
-  en Indonésie après le massacre de 500 000 communistes ;
-  dans une Allemagne démocratique en plein développement ;
-  en Grèce sous la botte des généraux fascistes ;
-  à Prague envahie par les Soviétiques ;
-  en Palestine occupée, au début de la colonisation ;
-  au Vietnam face à l'agression américaine ;
-  au Bangladesh naissant ;
-  dans le Brésil des colonels ;
-  au Pays Basque espagnol traumatisé par le procès de Burgos ;
-  dans une Chine marquée par la Révolution culturelle ;
-  en Afghanistan, avant les guerres ;
-  dans le « monastère marxiste » d'Albanie ;
-  au Panama défiant les Etats-Unis ;
-  dans une Irlande du Nord en quête de paix, etc.

Autant de régions, de pays, de conflits où s'est construit le monde actuel, que ces reportages aident à comprendre dans sa profondeur historique.

Un volume de 200 pages, en kiosques à partir du 15 avril, 12 euros.

A réserver dès aujourd'hui sur la boutique en ligne.

Des extraits sont disponibles sur le site du Monde diplomatique.

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 01:04

60-ans-non.jpg



Les amis-créateurs d’Israël en prennent plein la ''gueule''


24/03/2010
Le mot pourrait sembler être trop excessif, mais il est certes le plus adéquat pour décrire les relations actuelles entre l’entité sioniste et les parties qui ont contribué à son implantation en Palestine. C'est-à-dire,  les États-Unis, la Grande Bretagne et aussi les Nations Unis.
  
En moins d’une semaine, tous trois ont subi les foudres des dirigeants sionistes, pour avoir  exprimé, pourtant avec beaucoup de retenue, des positions qui n’en déplaisent à la direction israélienne.
S’agissant de la super puissance américaine, sans laquelle  l’entité sioniste  n’aurait jamais continué d’être, force est de constater le dénigrement total exprimé par le Premier ministre Benjamin Netanyahou à l’encontre du mécontentement de son président  Barak Obama.

 

Pourtant ce dernier n’avait demandé que le  gel des colonisations à Jérusalem-est occupée, le temps de donner aux dirigeants arabes (qui venaient d’acquiescer leur demande d’exhorter l’Autorité palestinienne à reprendre des négociations indirectes avec Israël)  l’impression que l’administration américaine est sérieuse dans ses efforts de trouver un règlement au le conflit au Proche Orient.
 
Or durant sa tournée américaine, Netanyahu a fait exprès de n’en faire qu’à sa tête.  Même au moment où il rencontrait Obama à la Maison Blanche , il a permis que soit réitéré le même comportement qui avait provoqué la crise entre les deux parties, une semaine plus tôt. Selon des médias israéliens, la municipalité israélienne de Jérusalem AlQuds a donné son feu vert à l’édification de  20 logements à la place d’un hôtel palestinien à Jérusalem-est, dans la nuit de mardi à mercredi. Rappelant fortement l’annonce de la construction de 1600 logements durant la visite du vice-président américain Joe Biden.
Avant de rencontrer Obama, Netanyahu avait même haussé le ton contre Washington, menaçant d’entraver ses efforts en vue d’une solution au Moyen Orient : “Si les Américains soutiennent les demandes déraisonnables présentées par les Palestiniens concernant un gel de la construction à Jérusalem, le processus politique risque d'être bloqué pendant un an", avait-il lancé à des journalistes.
Cette force de dénigrement, Netanyahu l’a puisée d’une  audience avec le Congrès américaine, dont la présidente Nancy Pellosi lui a fait part de son appui total.  Sans oublier la  gorgée de soutien importante  que lui avait  procuré auparavant le congrès annuel de l’AIPAC, lobby sioniste de grande influence sur la politique étrangère des États-Unis.
 
Quant à la Grande Bretagne , sans laquelle l’entité sioniste n’aurait jamais vu le jour, il a suffi qu’elle prenne une minime mesure de rétorsion, en riposte à la fabrication de faux passeports dans l’affaire de Mabhouh, ( pour garder la face auprès de ses alliés arabes des pays du Golfe) pour s’attirer les foudres des députés  israéliens : « les britanniques sont des hypocrites, …ils sont pire que les chiens qui sont fidèles, ( ils sont) déloyaux…, des antisémites… , ( ils cachent ) leur antisémitisme dans leur antisionisme» sont des spécimens des insultes proférées par les membres de la Knesset , Arieh Eldad et Michael Ben Ari, après l’annonce de l’expulsion d’un diplomate israélien . (Voir l’article «  la GB expulse un diplomate israélien, les députés la traitent de chien »).
Même Ban Ki-Mon, le secrétaire général de l’organisation des Nations Unies n’a pas été épargné des humiliations israéliennes. Arrivé en Israël le vendredi dernier, aucun accueil officiel israélien ne lui a été réservé à l’aéroport de Ben Gourion, ce qu’il a lui-même ressenti comme étant « une profonde humiliation ». Le ministère des affaires étrangères israéliennes avaient argué pour expliquer son  manquement aux règles diplomatiques internationales que Ban était arrivé dans la nuit de Sabbat, qui est un congé religieux durant lequel toute activité est suspendue.
Mais il semble fort que c’est pour avoir voulu se rendre dans la bande de Gaza, proclamée terre interdite à tous les dirigeants du monde, que le numéro un de l’organisation onusienne (qui a promulgué le décret de la création d’un foyer juif en Palestine) a été puni par Israël.

Source : WWW.ALMANAR.COM.LB




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Israël, parlons-en !



Voilà qui peut paraître étrange tant les médias nous parlent d'Israël. Mais les raisons du conflit sont-elles claires ?
Israël : terre sans peuple pour un peuple sans terre ? Démocratie en légitime défense ou Etat d'apartheid ? Choc des civilisations, conflit religieux ou enjeu pétrolier ? Pourquoi une solution paraît-elle impossible ?

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Pourquoi parler d'Israël ? Pour tenter de mener un débat raisonné. Entre ceux qui crient à l'antisémitisme dès qu'on critique le gouvernement israélien et ceux qui imaginent un grand complot juif.

Comment parler d'Israël ? En laissant de côté les préjugés et en découvrant tous les faits, les pages d'Histoire occultées.

Lever tous les tabous c'est permettre à chacun de se faire son opinion librement. Et de débattre autour de soi. Car ce conflit se joue aussi bien au Moyen-Orient qu'en Europe. C'est de la discussion entre citoyens de tous horizons que surgiront les solutions pour la paix.

20 entretiens avec Noam Chomsky, Tariq Ramadan, Alain Gresh, Shlomo Sand, Samir Amin, Jean Bricmont, Ilan Pappe, Benny Morris, Mohamed Hassan, Michel Warschawski, Ilan Halevi, Paul-Eric Blanrue, Eric David, Paul Delmotte, Denis Sieffert, Christina Zacharia, Naseer Aruri, Virginia Tilley, Samia Botmeh, Ahmed Frassini, Hanan Wakeem, Saleem Albeik, Mohamed Al Hawajri...

En conclusion : Comment parler d'Israël ? (par Michel Collon)

Avec la collaboration d'Aurore Van Opstal et Abdellah Boudami
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Edité par Investig'Action et Couleur livres

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 00:37
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Pierre-Édouard du Cray : Agirc-Arrco : main basse sur nos retraites





Pierre-Édouard du Cray
Directeur des études à Sauvegarde Retraites

http://www.sauvegarde-retraites.org/

Dans une étude intitulée « Agirc-Arrco : main basse sur nos retraites », vous venez de lever un lièvre incroyable : l’État s’apprête à « piquer » dans la caisse des retraités du privé pour alimenter celle du public. Pouvez-vous nous en dire plus ?


C’est un pillage en règle. L’opération doit consister à siphonner plusieurs milliards d’euros dans les caisses complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco), pour alimenter le régime des fonctionnaires contractuels et des élus (Ircantec). Alors que les prestations servies par l’Ircantec sont près de deux fois meilleures que celles des régimes de droit commun, Agirc et Arrco, à cotisation égale. Pour reprendre l’expression, très juste, du journaliste de l’hebdomadaire « Le Point » qui a repris l’étude de Sauvegarde Retraites, « c’est Robin des bois à l’envers » : on vole aux pauvres pour donner aux riches !

L’Ircantec est-elle en si mauvaise situation financière ?
Pour mettre en œuvre ce plan honteux, l’État prétexte du changement de statut de La Poste qui devient une société anonyme (SA). Les nouveaux embauchés de cette entreprise publique vont être affiliés, non plus à l’Ircantec, mais à l’Agirc-Arrco. Or, les administrateurs de l’Ircantec estiment avoir un droit de propriété sur les futurs embauchés de La Poste pendant 50 ans – un demi-siècle ! Entendez bien : « un droit de propriété sur des cotisants » dont, au surplus, beaucoup ne sont pas encore nés !
Bien que l’Ircantec ait eu la chance, au cours des dix dernières années, de recueillir 643 000 nouveaux cotisants, cette caisse est incapable, aujourd’hui, d’assumer financièrement le niveau des prestations qu’elle accorde à ses affiliés. Pour préserver coûte que coûte ces avantages, la solution de facilité consiste alors à puiser, à pleines mains, dans les autres caisses de retraite…

Et comment expliquez-vous que personne n’ait réagi ?
Cela paraît effectivement invraisemblable et c’est la question que nous nous sommes posée. Pour autant, quand on regarde de plus près, on s’aperçoit que tous les protagonistes de cette affaire y trouvent un intérêt. L’État s’est engagé à « sécuriser » le régime de retraite Ircantec auquel est affiliée une partie des fonctionnaires. Dans ce contexte, la ponction opérée dans les caisses Agirc-Arrco lui apporte un ballon d’oxygène. Les syndicats sont majoritairement dirigés par des fonctionnaires. Leur priorité est donc de préserver les avantages des agents publics, même au détriment des salariés du privé.
Par exemple, on serait en droit d’attendre que le syndicat des cadres, la CFE-CGC, réagisse pour défendre les intérêts de l’Agirc, c’est-à-dire la retraite complémentaire des cadres. Mais c’est sans compter sur le fait que la CFE-CGC assure la présidence de l’Ircantec ! Enfin, le principe même de cette ponction a été voté et donc validé au Sénat par le biais d’un amendement déposé lors des dernières discussions sur la loi relative au changement de statut de La Poste. Ce n’est pas un hasard : la Haute assemblée est élue au suffrage universel indirect par les élus locaux. Élus qui sont tous, en tant que tels, affiliés à l’Ircantec… Au bout du compte, tous se sont mis d’accord pour nous tondre la laine sur le dos !

Que peut-on faire pour empêcher ce hold-up d’État ?
On ne peut pas rester les bras croisés. Maintenant, que l’information a été dévoilée, il faut absolument la diffuser. À Sauvegarde Retraites, nous avons lancé une campagne auprès de tous les médias. L’hebdomadaire « Le Point » a déjà relayé l’information et ce n’est qu’un début. Nous nous sommes également adressés directement au Président de la République, au Premier ministre, au ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, qui a manigancé, en bonne partie, cette opération.
Nous avons également interpellé tous les parlementaires, les 577 députés et les 331 sénateurs, les administrateurs des caisses de retraite, pour qu’ils renoncent à cette funeste entreprise. Les 87 000 membres de Sauvegarde Retraites vont être mobilisés, nous allons lancer une pétition nationale par courrier et par Internet. Enfin, il faut que chacun, à son échelle, informe ses proches et ses connaissances de ce scandale. Nous ne devons négliger aucun moyen d’action. Nous pouvons réussir. Si un tel scandale éclate au grand jour, je doute que nos politiques puissent l’assumer électoralement…


http://www.sauvegarde-retraites.org/



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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 00:51

ogm
« Derrière les OGM, c’est un projet de mort qui s’impose »

Article placé le 23 mar 2010, par Mecanopolis


L’agriculture. Un petit tour dans l’actu, et puis s’en va… Vitrine cosmétique, le salon qui lui est dédié a eu droit – comme chaque année – aux honneurs des médias feignant de s’intéresser au sujet. Leur traitement reste toujours le même : le cul des vaches, la visite présidentielle et – de façon générale – le chant lyrique d’une profession fantasmée. En filigrane, la volonté farouche de ne pas aborder les questions qui fâchent. As-tu par exemple vu le moindre reportage sur la désastreuse industrialisation de l’agriculture ? Absolument pas. En a-t-on profité pour revenir sur les brevets déposés sur le vivant par les multinationales, la dangereuse évolution des clones pesticides brevetés, ou encore la pente mortifère empruntée depuis des dizaines d’années par (presque) tout le secteur ? Pas plus. T’a-t-on – enfin – expliqué ce que tu avais dans ton assiette ? Encore moins [1]. D’où cet étrange paradoxe : le mot « transparence » a beau être mis à toutes les sauces, l’origine et le mode de production de ce qui arrive dans nos gamelles reste un mystère.

Secret ? Pas pour Jean-Pierre Berlan, ancien chercheur à l’INRA (aujourd’hui à la retraite). Il a réuni sur ces questions des textes passionnants, publiés en 2001 chez Agone sous le titre La guerre au vivant – OGM et mystifications scientifiques. C’est l’occasion d’une réflexion essentielle sur les biotechnologies, ces prétendues « sciences de la vie » qui porteraient selon lui bien mieux l’appellation de « nécrotechnologies ».

Dans cet ouvrage, des chercheurs, scientifiques et « spécialistes » [2] reviennent ainsi minutieusement sur les OGM, traitant des risques de dissémination, des problèmes de santé, du manque d’ »expertise » sur le sujet (puisque la plupart des études sont directement produites par les firmes qui en font commerce), de la question cruciale du brevetage du vivant, et du scandaleux pillage des ressources génétiques mondiales et de notre environnement par quelques firmes. Bref : de notre rapport d’apprentis sorciers à la vie sous toutes ses formes.

À travers un nécessaire retour sur l’histoire de la sélection variétale et l’industrialisation de l’agriculture à l’œuvre depuis deux siècles, Jean-Pierre Berlan montre au final l’importance cruciale (et le caractère éminemment dangereux) du projet de société qui transparait derrière l’application des principes marchands et de la logique industrielle au monde vivant.

Il a accepté de développer ici les raisons pour lesquelles les « clones pesticides brevetés » (les OGM) sont inacceptables, et en quoi ils ne sont en fait que la partie émergée d’un projet de société mortifère. L’entretien étant aussi long que passionnant, tu as droit à un premier jet aujourd’hui, à digérer avant de lire la deuxième partie qui sera publiée mercredi.


ogm

Qu’est-ce qu’un OGM ?

La première chose à dire est qu’il ne faut surtout pas utiliser le terme « OGM » ou « Organisme génétiquement modifié ». Pour une bonne raison : ce terme a été inventé par Monsanto, à l’époque des premières manipulations génétiques. En 1973, en Californie, deux chercheurs, Cohen et Boyer, ont créé la première « chimère fonctionnelle » [3]. Puis le premier brevet a été déposé en 1980 [4].

À ce moment-là, on pensait pouvoir industrialiser la vie, en faire à peu près ce qu’on voulait. Pour un biologiste de cette époque, la vie n’était qu’un vaste meccano dans lequel il suffisait de transférer des gènes d’une espèce à l’autre pour avoir la fonction correspondante. A l’époque, donc, les chercheurs pensaient détenir avec les « chimères fonctionnelles » l’explication ultime de la vie : séquencer tous les génomes du monde allait permettre de comprendre ce que c’est qu’être vivant. Et partant, comprendre aussi ce que c’est qu’être humain : j’en veux pour preuve le fait qu’un type comme Walter Gilbert, prix Nobel de physiologie et de médecine, ait pu déclarer que le jour où on aurait séquencé le génome des humains, on saurait enfin ce que c’est qu’ « être humain ». C’est dire les illusions dans lesquelles on se berçait, et la propagande qui régnait à cette époque…

Le terme « chimère » vient de là, de cette véritable explosion autour d’un vivant qu’on croyait pouvoir maitriser et industrialiser à volonté. Sauf que parler de « chimère génétique » n’était guère appétant pour les entreprises qui se lançaient dans l’aventure, comme Monsanto. Leurs services de relations publiques – c’est-à-dire de désinformation – ont donc décidé, en accord avec les scientifiques eux-mêmes, qu’il valait mieux utiliser un terme beaucoup plus neutre et permettant de tenir un discours mensonger. C’est à cette période qu’on a commencé à parler d’ « organismes génétiquement modifiés ».

À partir de là, tout se suit, puisque le discours retrouve une certaine (fausse) cohérence. Parce que l’humanité a toujours « modifié » la nature. Depuis dix mille ans et la révolution néolithique, depuis qu’on a inventé l’agriculture, la domestication des plantes et des animaux, on a toujours modifié génétiquement le vivant. Mais on oublie de dire qu’il a fallu attendre 1973 pour que la première « trans »-genèse ait lieu, et que cela représente une différence essentielle, spectaculaire, une véritable révolution.

Cette révolution pourrait faire peur à beaucoup de gens ; il faut donc la taire, imposer sur elle une espèce de black-out, afin que les populations ne se rendent compte de rien. D’où un discours mensonger, du genre : « Avec les Organismes génétiquement modifiés, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles, ce n’est que la continuation de ce qu’on a toujours fait. En plus on le fait avec des méthodes beaucoup plus scientifiques, beaucoup plus fiables, on sait exactement ce qu’on fait… ». Ça fonctionne même avec certains de mes collègues. Particulièrement abrutis, ceux-ci pratiquent une désinformation totale, avec des discours du type : « La nature manipule plusieurs dizaines de milliers de gènes chaque fois qu’elle fait un croisement, alors que nous nous n’en manipulons que quatre ou cinq, une dizaine à tout casser. Nous sommes donc beaucoup plus précis, nous faisons les choses de façon beaucoup plus intelligente que cette nature odieuse. » C’est un discours de pure propagande, avec une apparence logique au départ mais qui ne correspond absolument pas à la réalité des faits.

En réalité, donc, les gens qui réalisent ces manipulations génétiques ne savent tout simplement pas ce qu’ils font. Et le terme d’ »organisme génétiquement modifié » ne veut rien dire, il n’est destiné qu’à endormir la vigilance du public.

Dans ce cas, quel terme faudrait-il utiliser ?

C’est un terme qui – curieusement – ne fait aucune référence à un phénomène biologique, que ce soit la transgenèse ou la manipulation génétique. Il s’agit du terme de « clone pesticide breveté ». Cela permet de rappeler que, depuis deux siècles, les sélectionneurs s’efforcent de remplacer les variétés, les caractères de ce qui est varié et la diversité par l’uniformité.

Au 19e siècle, on parlait de « races » de blé. « Race », parce que ces plantes avaient un certain nombre de caractères en commun, particulièrement visibles et éclatants : la couleur, le port, l’allure générale… C’était absurde : quand vous observez de près une prétendue « race », vous vous apercevez que le terme n’a aucun sens, que tous les individus sont différents et qu’il y a une énorme diversité à l’intérieur de cette « race » ou de cette « variété ». Le terme « variété » signifiant, bien sûr, diversité, pour faire référence au processus de sélection leur permettant de survivre dans la nature, d’évoluer et de se perpétuer…

À l’heure actuelle – c’est très frappant – on cultive des variétés dans un sens très particulier : une variété moderne de blé, d’orge, d’avoine, de tomate ou de tout ce que vous pouvez imaginer sont des plantes copiées sur un modèle ayant fait l’objet d’un dépôt auprès d’instances officielles. Vous avez le « créateur » de variété qui dépose son obtention auprès d’un organisme officiel. Puis cette dernière doit être produite, donc copiée et multipliée à un nombre d’exemplaires suffisant pour pouvoir être vendue comme semence. Quand on parle de « copies », évidemment, c’est le terme « clone » qui vient à l’esprit. Et c’est bel et bien ça : les variétés modernes, ce qu’on appelle « variété » au sens moderne du terme, ce que cultive un agriculteur « moderne » aujourd’hui sous nos latitudes, ce sont des variétés au sens de « clone », c’est-à-dire très exactement le contraire d’une variété.

Il y a vraiment une mystification complète dans le langage utilisé pour décrire ces plantes. Nous sommes dans une société de communication, c’est à dire dans une société de mensonge organisé, dans laquelle les mots sont imposés par les dominants pour nous rouler dans la farine. User de ces termes nous empêche de penser la réalité : si vous utilisez le mot variété pour désigner des clones, comment voulez-vous réussir à penser correctement ? Les mots n’ont plus de sens, et vous ne savez plus à quoi vous avez affaire. Il est alors bien plus difficile de s’opposer à quoi que ce soit.

Ça fait donc deux siècles que nous sommes dans cette logique de clonage. A cet égard, la fameuse histoire de Dolly, le premier clone de mammifère, n’est que l’extension au monde animal de ce que l’on tente de faire – avec succès, d’ailleurs – pour les plantes depuis deux siècles. Il y a une logique, une véritable continuité dans le système industriel qui pousse, depuis les débuts de la sélection, vers cette recherche de clones, de l’uniformité, de la standardisation, de la normalisation.

« Nous sommes dans une société de communication, c’est à dire dans une société de mensonge organisé, dans laquelle les mots sont imposés par les dominants pour nous rouler dans la farine. »

Tout ceci est dans la logique de la révolution industrielle britannique : c’est en Angleterre qu’ont été mises pour la première fois en œuvre ces techniques aboutissant au clonage. Elles ont ensuite été codifiées : le raisonnement complet a été formalisé en 1936 par John Le Couteur, l’un de ces « agronomes » ricardiens, gentilshommes agriculteurs britanniques qui sont en fait des capitalistes investissant dans l’agriculture pour faire des profits. C’est-à-dire pour tirer profit de leur investissement en agriculture. Pour faire simple : ils se fichent pas mal de produire du blé ou autre chose. Pour eux, ce qui importe est d’appliquer les principes industriels au monde vivant.

Il s’agit d’un basculement : la logique industrielle n’est évidemment pas limitée qu’à l’industrie mais, pour la première fois, on la met en pratique et on la systématise réellement en ce qui concerne le vivant. C’est une nouvelle vision du monde qui s’impose, et ce même au sein de l’agriculture. C’est d’ailleurs aussi l’agriculture qui permet cette révolution industrielle, entre autres grâce aux profits et surplus qu’on peut tirer de la production agricole.

Ça fait donc deux siècles qu’on est dans une logique d’extension de l’uniformité, de standardisation et de normalisation du monde agricole. Et même si ces gens-là n’ont pas conscience de ce qu’ils réalisent, cela correspond tout simplement à l’application au monde vivant, à l’agriculture en l’occurrence, des principes industriels qui sont en train de bouleverser le paysage social, économique et politique en Angleterre.

Cette logique de clonage amène donc forcément à celle du brevetage du vivant ?

Ça y conduit nécessairement. On touche là au deuxième défaut de poids que rencontre le système économique dans lequel nous vivons : les êtres vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement. Or, la gratuité est une horreur absolue, un véritable affront vis-à-vis de la logique économique. C’est la dernière chose que les industriels et les semenciers tolèrent. Il s’agit donc de lutter contre cette injustice de la nature. Comment ? Alors que dans le monde vivant, il n’est pas possible de produire sans en même temps reproduire, eux veulent séparer la production de la reproduction. C’est un projet mortifère, de fou furieux qui est en train d’être mis en place. Un projet de mort.

La plus belle preuve du caractère mortifère de ce projet consiste en l’invention d’une technique, qui est le plus grand triomphe de la biologie appliquée à l’agriculture depuis deux siècles. Il s’agit de Terminator, une technique de transgenèse permettant de fabriquer des semences qui, une fois devenues plantes, sont programmées pour tuer leur descendance. De fait, l’agriculteur récolte un grain stérile. Pour certains, c’est un rêve vieux de deux siècles qui se réalise. Ils ne le diront évidemment pas : un semencier ne va pas se présenter devant sa clientèle (les agriculteurs) en expliquant que la reproduction des êtres vivants est un grand malheur et qu’il faudrait stériliser les plantes ou les animaux pour faire augmenter leurs profits. Il ne va pas dire ça, il ne peut pas annoncer son projet mortifère. Il va donc plutôt raconter des bobards. Il y a dès lors une lutte contre « les enclosures du monde vivant ». Avec une volonté de nous exproprier, de nous ôter cette faculté merveilleuse de la vie, à savoir la capacité de se reproduire et se multiplier. Avec en arrière-fond le projet d’en faire un bien privé, qui est un projet aussi ancien que la sélection commerciale. Pour les animaux, c’est très facile à faire, et ça a été réalisé, toujours en Angleterre, à la même période. Au fur et à mesure qu’on cherchait à fixer des « races », à force de sélection de certains caractères au détriment d’autres, on a rendu les bêtes de plus en plus faibles, stupides, voire complètement débiles. Une vraie dégénérescence. C’est pareil au niveau des plantes.

« Les êtres vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement. Or, la gratuité est une horreur absolue, un véritable affront vis-à-vis de la logique économique. »

Revenons-en aux brevets. Une variété est toujours « hétérogène instable » (selon les termes utilisés dans le langage semencier), ce qui veut tout simplement dire qu’elle varie. C’est logique : elle est vivante, elle varie… Mais c’est aussi gênant : vous ne pouvez pas imposer votre droit de propriété dessus puisque, d’une année sur l’autre, elle évolue. Vous ne pouvez donc pas définir ce qui est à vous. Tandis que le clone, lui, est « homogène » et « stable », vous pouvez le reproduire à l’identique moyennant un certain nombre de précautions et de procédures, d’une génération à l’autre. Il s’agit d’une sorte de mort-vivant. Et vous pouvez donc y associer un droit de propriété : il suffit d’observer le mort-vivant X, de voir en quoi il diffère du mort-vivant Y, et vous pouvez poser un droit de propriété dessus, puisqu’il est homogène et stable [6].

L’idée de base sur laquelle repose cette logique de clonage est imparable : si je peux remplacer ma variété, le caractère de ce qui est varié (la diversité), par une plante que je vais cloner et que je vais pouvoir reproduire à volonté, qui est supérieure à la moyenne de la variété, j’aurais un progrès. C’est une tautologie. Théoriquement il y a toujours un gain à remplacer une variété de n’importe quoi par le meilleur n’importe quoi extrait de la variété.

Mais est-ce que c’est réellement un progrès ?

On peut y opposer certaines réserves de taille, bien entendu : depuis une trentaine d’années (et la conférence de Rio), on sait que ce qui est logiquement imparable peut être biologiquement erroné. Il y a toute une redécouverte, qui est en train de se faire, sur la valeur en soi de la diversité. On peut prendre l’exemple d’un travail qui a été fait aux États-Unis il y a quelques années sur des systèmes de prairie, avec une, 5, 15, et jusqu’à 50 espèces différentes. Le résultat expérimental de cette étude montre que plus le nombre d’espèces que vous allez trouver dans ces systèmes de prairies est important, plus la production de biomasse est importante. Donc, en soi, la diversité est productive. De mémoire, la biomasse produite par un système à 16 espèces est supérieure de 42 % à la biomasse produite par l’espèce la plus productive en monoculture. C’est énorme !

Au fond, je suis persuadé que c’est une nouvelle révolution agricole qui se profile. D’une certaine manière, cette phase de l’agriculture industrielle – qui a donc commencé il y a deux siècles et s’est vraiment mise en place en Europe dans les années 30, et à la fin des années 50 en France – ne sera qu’une parenthèse dans l’histoire de l’humanité. Enfin… si l’humanité continue. Parce qu’il y a une contradiction absolue entre ces deux logiques, celle de l’industrie, qui est celle de la normalisation, de l’uniformisation et de la standardisation, et la logique de la vie, qui est celle de la diversité. Entre les deux, nous ne pouvons pas pour l’instant savoir laquelle va gagner.

Le problème du choix, à l’heure actuelle, se pose en ces termes-là : d’un côté, il y a le système industriel appliqué au monde vivant, c’est la mort ; de l’autre côté, la diversité, la vie. Du coup, on voit bien que les larmes de crocodiles des biologistes (dont mes chers collègues de l’INRA) sur « la biodiversité qui fout le camp » ne sont rien d’autre que du vent. Bien sûr que la biodiversité fout le camp, vous cultivez des clones ! Vous êtes en monoculture monoclonale ! On ne peut guère faire pire d’un point de vue écologique, et donc du point de vue de la diversité.

Et en quoi sont-ils « pesticides », ces clones brevetés ?

Le terme « pesticides » est – en passant – utilisé par le président de la République, qui a parlé lors du Grenelle de l’environnement de « plantes pesticides ». Il faisait simplement allusion au fait que quasiment toutes les plantes et semences transgéniques commercialisées dans le monde sont des semences et des plantes dites « a-pesticides » : soit elles produisent un insecticide, et toutes les cellules de la plante en produisent, soit ce sont des plantes qui absorbent un pesticide sans en mourir [7].

Historiquement, ces produits chimiques, aujourd’hui utilisés à doses massives dans le monde agricole (engrais ou pesticides), sont des substances militaires. Leur origine remonte directement à la Première Guerre mondiale et aux gaz de combats. C’est un certain Fritz Haber qui fut à l’origine de l’invention de la méthode de synthèse de l’ammoniac, élaborée en 1908 et adoptée dès 1909 par BASF. C’est grâce à cette production massive d’azote que la Première Guerre mondiale est devenue la première guerre industrielle. Fritz Haber a été un grand promoteur des gaz de combat réalisés grâce à son procédé, alors même que l’état-major allemand ne voulait pas en entendre parler. Pour une raison simple : l’état-major allemand savait qu’utiliser ces gaz entraînerait une même réaction de la France et de l’Angleterre (qui étaient à un niveau technique et scientifique à peu près égal à celui de l’Allemagne).

Haber a finalement obtenu que l’état-major allemand utilise ces gaz (à Ypres pour la première fois, d’où le terme « ypérite »). Quelques jours après (et sans même assister aux obsèques de sa femme, elle-même chimiste, qui s’était suicidée parce qu’elle supportait mal que la science se mette au service de la mort à grande échelle), il est parti sur le front russe pour superviser à nouveau l’utilisation des gaz de combat. Avec plus de réussite, puisque les Russes étaient à un niveau technique bien inférieur.

En 1918, Haber a eu peur d’être condamné pour crime de guerre, et il s’est réfugié en Suisse. Mais son inquiétude a été de courte durée : il a reçu la même année le Prix Nobel de chimie pour son invention de la synthèse de l’ammoniac, qui allait permettre de produire des engrais en quantités massives [8]. On n’avait pas produit un gramme d’ammoniac pour l’agriculture pendant cette période-là, évidemment… Ça servait plutôt pour produire des explosifs, mais la capacité de déni de la réalité, de la part des scientifiques, est quelque chose d’hallucinant.

De façon plus large, l’origine de toute l’agriculture moderne se trouve vraiment dans la Première Guerre mondiale : les chars de combat ont été reconvertis en tracteurs à chenille, les gaz de combat en engrais azotés, et des bases ont été posées, qui permettront la mise au point, plus tard, des pesticides… Toute la « révolution verte » a en fait une origine militaire. Jusqu’à l’approche du système agricole moderne, qui montre bien qu’« on fait la guerre ». Ainsi de ces célèbres photos de tracteurs ou de moissonneuses-batteuses, alignés comme à la parade, en Russie soviétique comme aux États-Unis : il y en a dix de front, c’est vraiment la charge de chars de combat, la lutte et l’acharnement contre la nature.

Mais les agriculteurs voyaient ça comme un progrès…

Tout à fait. Lorsque le DDT, les premiers pesticides et insecticides sont apparus à la fin des années 50, ça a été une véritable révolution pour les agriculteurs. On peut le comprendre. Pour des gens qui, pendant la guerre, faisaient la chasse aux doryphores un à un dans les champs de pomme de terre, se contenter du petit épandage d’un produit quelconque pour les tuer tous était absolument extraordinaire. Ça semblait si miraculeux que, sur le moment, personne n’a réfléchi aux conséquences de l’utilisation des pesticides. Personne n’a pensé que leur usage aurait des effets pervers. Mais si au début les insectes meurent tous, des résistances apparaissent immanquablement après un certain temps ; il faut alors utiliser davantage d’insecticide, passer à des doses plus élevées ; enfin il n’y a plus d’autre solution que de changer de drogue.

D’ailleurs, il faut comparer les pesticides à des drogues dures : il y a l’effet d’accoutumance et de dépendance. L’agriculture actuelle y est devenue accro, mais aussi l’agronomie et les agronomes – eux n’ont d’ailleurs rien eu à faire : c’est l’industrie qui s’est imposée, ils ont juste adapté les systèmes de production aux nouveaux moyens techniques. De fait, l’industrie, et en particulier l’industrie chimique, prend une place de plus en plus centrale dans le processus de production. Et les agriculteurs sont devenus complètement dépendants de ces produits, dans une logique de fuite en avant. Peu importe qu’on sache, depuis les années 60, que ces produits peuvent être dangereux… Depuis que Rachel Carson a écrit le premier livre dénonçant les effets nocifs des pesticides [9], les preuves se sont accumulées d’une façon incroyable. À tel point que l’industrie des pesticides cherche maintenant d’autres formes de pesticides : c’est ainsi qu’elle a inventé les fameux « organismes génétiquement modifiés ». Les OGM, ce sont des plantes pesticides.

Il y a donc une forme de continuité ?

Bien sûr. Ces clones pesticides ne marquent pas du tout une rupture, sinon technique. La logique reste la même, celle de cette industrialisation du vivant menée tambour battant depuis deux siècles. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les firmes produisant les pesticides ont aussi pris le contrôle de l’industrie des semences – donc de la vie. Elles se prétendent « industrielles des sciences de la vie », pour tromper tout le monde ; mais en réalité elles ne produisent que des produits en -cide (fongicides, insecticides, herbicides…), soit des produits qui tuent. Ce sont donc, en fait, des industries des sciences de la mort. Et elles poursuivent ainsi leur projet mortifère par d’autres moyens, qu’on appelle couramment les OGM.

« Ces clones pesticides ne marquent pas du tout une rupture, sinon technique. La logique reste la même, celle de cette industrialisation du vivant menée tambour battant depuis deux siècles. »

Ce qui est intéressant avec les pesticides soi-disant OGM, c’est qu’il s’agit en fait de changer le statut des pesticides. Presque toutes les plantes transgéniques vendues dans le monde sont a-pesticides : soit elles en absorbent un sans en crever (c’est le cas des plantes dites Round Up ready, mais ça peut aussi l’être avec d’autres herbicides), soit elles produisent elles-mêmes un insecticide.

Dans ce deuxième cas, chaque cellule de la plante produit un insecticide, donc il passe évidemment dans la chaine alimentaire. Les fabricants prétendent que « la toxine insecticide n’a aucun effet », mais ils n’en savent rien, ils n’ont même pas été regarder ce qui se passait dans le tube digestif des ruminants. Encore moins dans notre tube digestif à nous… Il faut savoir que nous avons à peu près dix fois plus de bactéries que de cellules dans notre corps. Celles-ci sont symbiotiques avec nous, même si on les connaît très mal ; et ces gens des sciences de la mort qui vous disent qu’il n’y a aucun effet… C’est de la folie.

Revenons au premier type de plante, celles qui sont tolérantes à un herbicide. Comment ça fonctionne ? L’herbicide agit normalement en rentrant à l’intérieur de la plante, entre autres grâce à des adjuvants favorisant la pénétration de ce dernier. Les plantes rendues tolérantes à un herbicide neutralisent l’action de l’herbicide, mais elles ne le détruisent pas. C’est le cas de la plupart des plantes Round Up ready : il y a une neutralisation de l’herbicide, mais l’herbicide n’est pas détruit, ni même décomposé. Là-aussi, il rentre donc dans la chaine alimentaire.

Dans ces deux cas, vous voyez bien que le projet est complètement fou, puisqu’il s’agit de changer le statut des pesticides. Au lieu d’être des produits dangereux qu’il faut éliminer – autant que faire se peut – de la chaine alimentaire, on veut en faire des constituants de cette dernière. Nous rendre au final tolérants, nous aussi, aux pesticides. Voilà un enjeu qui est absolument colossal, pour les fabricants de pesticides. S’ils peuvent faire des pesticides des constituants de la chaine alimentaire, ils domineront toute la chaine alimentaire.

Mais c’est quoi, exactement, le Round Up ?

La molécule active du Round Up, la molécule herbicide, s’appelle le glyphosate. C’est une molécule qui a été « créée » par des chimistes suisses à la fin des années 40 ; Monsanto en a étudié les propriétés herbicides, et l’a brevetée à la fin des années 70. Monsanto est donc propriétaire du glyphosate breveté en tant qu’herbicide. C’est une molécule assez merveilleuse, puisqu’il s’agit d’un « herbicide total ». Qui tue tout, réellement. C’est formidable pour la SNCF, pour les parcs et jardins, pour les bords de route, etc…

Le glyphosate a longtemps été considéré comme inoffensif, grâce à la propagande de Monsanto, qui protégeait la meilleure de ses vaches-à-profit. Mais quand certaines préoccupations écologiques ont commencé à émerger, les gens de Monsanto ont pensé que ce serait génial de pouvoir le transformer en « herbicide spécifique ». C’est-à-dire de réaliser une manipulation génétique sur une plante pour la rendre tolérante à cet herbicide total. L’herbicide total deviendrait ainsi un herbicide spécifique : tout crèverait sauf cette plante, rendue tolérante à cet herbicide. A partir du moment où des plants de maïs, d’orge, de blé, d’avoine, de tout ce que vous pouvez imaginer, même des forêts entières, seront tolérants au glyphosate, celui-ci pourra être utilisé sur l’ensemble de la planète. Le but de Monsanto est là : maximiser l’utilisation de glyphosate. Et leur stratégie a plutôt bien réussi, même si elle se heurte à des résistances et à l’inquiétude d’une partie du public.

« Le but de Monsanto est là : maximiser l’utilisation de glyphosate. »

Le deuxième coup de génie de Monsanto a été de lier complètement l’achat de semences tolérantes au glyphosate à son propre herbicide breveté. Donc d’obliger les agriculteurs à n’acheter que l’herbicide de marque Monsanto. D’une certaine manière, c’est un moyen de prolonger la durée de vie du brevet, qui était d’environ 20 ans. A partir de 2000, en sortant ces plantes tolérantes à l’herbicide Round Up et puisque l’agriculteur est forcé d’acheter les deux en même temps, Monsanto fait coup double et peut continuer à vendre son herbicide au prix de marque, au lieu de le vendre au prix du générique.

Il s’agit donc de prolonger éternellement la durée de vie du brevet sur le glyphosate et d’arroser l’ensemble de la planète avec cette molécule. Les enjeux sont évidemment considérables : si Monsanto réussit, c’est la planète entière qui sera arrosée de Round Up, et l’entreprise qui fera des profits immenses. La firme est donc prête à tout pour que réussisse ce projet.

C’est une surenchère permanente…

Nous savons bien que ce sont des techniques parfaitement inutiles, que le système pesticide est profondément addictif. Il n’a d’avantages que pour les fabricants, qui créent ainsi leur propre marché. À partir du moment où vous mettez le doigt dans l’engrenage pesticide, vous ne pouvez pas éviter de suivre, puisqu’un pesticide sera un jour dépassé par les résistances qu’il aura suscitées, il en faudra un autre, et puis après un troisième. C’est ainsi qu’on est passés des organochlorés aux organosphosphorés, aux pyréthrinoïdes, aux nicotinoïdes…

C’est en effet une forme de surenchère complètement folle, avec – par exemple – les nicotinoïdes, qui sont maintenant utilisés à des doses de un ou deux grammes par hectare : ils sont d’une telle puissance qu’ils ne s’utilisent que par très petites doses et deviennent quasiment indétectables. Résultat ? Le tonnage d’utilisation des pesticides diminue, évidemment… Ces nouveaux produits vont pourtant empoisonner la planète encore plus sûrement que les anciens. C’est une fuite en avant permanente, qui crée et élargit son propre marché de façon constante. C’est la situation du drogué : on peut dire qu’on est dans une agriculture de drogué. Aux drogues dures.

Avec quelques firmes pour uniques dealers ?

Exactement ! Elles prétendent que l’humanité a toujours fait des transformations génétiques, depuis le début de la domestication des plantes et des animaux. Mais elles oublient de préciser qu’à cette époque, presque toute l’humanité était concernée, et que c’était une humanité de paysans, d’agriculteurs et d’éleveurs. Tandis que l’humanité voulant poursuivre la transformation entamée il y a 10 000 ans se réduit à une douzaine de firmes produisant des pesticides. Et c’est tout. C’est quand même une curieuse humanité… Celle-ci parvient pourtant à imposer ses suggestions, lesquelles sont reprises par la Commission européenne, et retranscrites quasi automatiquement dans le droit français. On est en train de confier la planète et son avenir biologique aux industriels des sciences de la mort, tout simplement. On marche vraiment sur la tête, c’est à se demander si les hommes politiques ont deux sous de jugeote.

Pourquoi les agriculteurs acceptent-ils de rentrer dans ce système ?

Parce que les 50 ou 60 000 fermes vraiment importantes et influentes en France sur le plan économique sont complètement entre les mains de ces entreprises. Tout simplement. C’est un simple prolongement du système industriel.

Une mise au point, d’abord. Il faut arrêter de parler d’agriculteurs : aujourd’hui, ça n’existe plus. Il y a deux générations, le paysan était un homme qui élevait ses chevaux de trait et les nourrissait avec l’avoine qu’il produisait dans son champ. Il produisait ses fourrages, réutilisait le fumier de ses animaux dans ses champs, semait le grain récolté et se nourrissait vraiment à partir des produits de sa ferme. Il vendait les excédents à l’extérieur, ce qui lui permettait d’acheter les quelques biens – industriels ou pas – qui lui étaient nécessaires, comme du sucre, du café, du tabac… C’était un homme qui avait un peu d’épargne, qu’il ne confiait d’ailleurs même pas au Crédit Agricole mais gardait sous son matelas. Bref, un individu autonome et indépendant.

À l’inverse, le technoserf actuel achète ses « chevaux de trait » à John Deere, « l’avoine » pour les nourrir à Total ou à BP, l’engrais à la Grande Paroisse (et on voit ce que ça donne, parfois ; comme à Toulouse… [10]), les semences et les pesticides à Monsanto, etc. Et il fait tout ça grâce à un prêt permanent auprès du Crédit Agricole, accordé parce qu’il vend à des chaines de grande distribution. Un tel individu n’a plus la moindre parcelle d’autonomie, il est complètement soumis au système de marché et a perdu toute forme d’indépendance.

« Il faut arrêter de parler d’agriculteurs : aujourd’hui, ça n’existe plus. […] Un tel individu n’a plus la moindre parcelle d’autonomie, il est complètement soumis au système de marché et a perdu toute forme d’indépendance. »

Ils sont finalement tellement dépendants qu’ils sont prêts, alors que le système pesticide montre bien qu’il est au bout du rouleau, à accueillir n’importe quelle prétendue innovation du secteur industriel par des cris de soulagement. Ils sont tellement engagés là-dedans… Et même s’ils se sont empoisonnés eux-mêmes avec des pesticides, ils veulent continuer à essayer d’y croire. On leur a toujours promis qu’il n’y avait pas de danger ni d’effet négatif, que le prochain pesticide serait bien meilleur. On ne leur dit pas qu’il faut 30 ans pour s’apercevoir qu’un pesticide a des effets particulièrement dangereux et nocifs, et eux sont tellement au bout du rouleau, sous pression, bouffés par cette constante fuite en avant, qu’ils sont prêts à croire et à prendre n’importe quoi… Ces braves gens sont pieds et poings liés ; du coup ils attendent comme le Messie que l’industrie leur offre un nouveau boulet magique qui va les sortir d’affaire.

En dehors de ces « technoserfs », il y a quand même des agriculteurs relativement autonomes, qui cultivent en respectant leur environnement…

Heureusement qu’il y en a encore ! J’aime par exemple beaucoup ce que font les biodynamistes, parce qu’ils ont vraiment compris qu’on ne cultive pas des plantes ni des animaux, mais qu’on cultive la terre, un sol, qu’il faut absolument associer le végétal et l’animal – les insectes également – et, globalement, qu’il faut donner à chacun sa part dans la nature. Ils ont saisi que le but de l’agriculture est d’abord d’avoir des sols en bon état, en bonne santé. A partir du moment où vous avez des sols en bonne santé, tout le reste suit.

Il y a en plus une dimension sociale chez les biodynamistes : il n’est pas non plus question de rentrer dans un système d’exploitation de la main d’œuvre. A l’inverse de l’agriculture biologique qui est en train de se dessiner, soit une agriculture biologique industrielle, avec des exploitations de 5 000 hectares, avec des agronomes et autres spécialistes d’entomologie chargés – par exemple – d’étudier la meilleure manière de placer des pesticides naturels dans un champ. C’est un système dont les biodynamistes ne veulent pas, et je pense qu’une bonne partie des gens qui sont en bio ont compris aussi que ce n’est pas ce vers quoi il fallait aller.

Il y a donc bien des agriculteurs du genre que vous évoquez. De plus en plus je pense, même. C’est normal : ils sont les premières victimes des pesticides – en particulier en viticulture, mais également en arboriculture – et c’est logique que certains se posent des questions sur ce système qui les tue à petit feu. Ils se rendent aussi compte du silence fait autour de cette question : il n’y a pas d’étude épidémiologique sur le sujet, ou alors les résultats sont tus. Les arboriculteurs qui ont épandu des pesticides en masse, pendant trente ans, ont pourtant payé un très lourd tribut aux pesticides, avec des maladies de Parkinson en veux-tu en voilà.

La situation est encore pire dans les exploitations de grandes dimensions, qui font venir des Marocains, des Espagnols, bref des travailleurs de l’étranger servant de main d’œuvre à bas coût. Pendant longtemps – et encore aujourd’hui – ce sont eux qui s’en sont d’abord pris plein la figure, rentrant ensuite chez eux avant de se découvrir un cancer. C’est donc aussi une façon de se défausser des maladies. Parce que ces ouvriers ne sont absolument pas suivis, ni chez eux, ni chez nous. C’est une situation invraisemblable. Un scandale.

Une fois de plus, pour revenir à ce que je disais, on voit bien que la chose la plus importante est de sortir de l’agriculture industrielle. De revenir à une certaine diversité. Et d’acter que le sol n’est pas, comme une bonne partie de la recherche agronomique le considère, un support linéaire, mais qu’il est simplement l’organisme vivant par excellence de la planète. C’est la petite pellicule de vie qui filtre tout, une espèce de peau par laquelle tout transite, par laquelle s’accomplissent les grands cycles de l’azote, de l’eau, des nutriments… Sur les 6 400 kilomètres de rayon de la terre, il y a 30 centimètres qui contiennent 80 % de la biomasse, c’est-à-dire de la masse vivante de la planète. Et cette toute petite pellicule de vie, on est en train de la détruire à toute vitesse. Avec l’agriculture industrielle, c’est tout simplement la désertification de la planète qu’on est en train d’organiser.

C’est tellement évident qu’une firme comme Evian paye même des agriculteurs dans le bassin d’infiltration de ses eaux de source pour qu’ils travaillent de façon biologique et/ou organique. De même sur les zones de captage, dans un certain nombre de villes en France, des municipalités payent les agriculteurs pour qu’ils travaillent proprement. Quand on en arrive à payer les gens pour qu’ils ne travaillent pas comme des cochons, c’est vraiment qu’il y a quelque chose qui cloche…

Jean-Pierre Berlan, pour Article XI

Notes :

[1] À ce sujet, les documentaires Notre Pain Quotidien et We feed the world sont à voir absolument. Je ne t’ai rien dit, mais tous deux sont disponibles sur le net…

[2] Outre Jean-Pierre Berlan, Michael Hansen, Paul Lannoye, Suzanne Pons et Gilles-Eris Séralini ont participé à l’ouvrage.

[3] Soit le premier « OGM » fonctionnel.

[4] Jean-Pierre Berlan revient sur le brevetage du vivant dans cet article.

[5] Les illustrations utilisées dans cet articles sont toutes tirées des documentaires Notre Pain quotidien et We Feed the world.

[6] Concernant cette question du brevetage du vivant, cours immédiatement voir l’édifiant documentaire de Marie-Monique Robin (qui menait également l’enquête dans Le Monde selon Monsanto), Les pirates du vivant. Je ne t’ai toujours rien dit, mais ils sont tous deux disponibles aussi sur le net.

[7] La consommation de pesticides a ainsi clairement augmenté aux États-Unis depuis l’autorisation des plantes a-pesticides, en 1996.

[8] Haber a ensuite persisté dans cette « voie » : il a par la suite inventé le zyklon b, qui sera utilisé dans les camps de concentration.

[9] Silent Spring, paru en 1962, sensibilisa une bonne partie de l’opinion américaine à certains problèmes environnementaux, suscita une interdiction (aux États-Unis) du DDT et conduisit enfin à la création de l’Environmental Protection Agency, une agence nationale de protection de l’environnement indépendante du gouvernement américain.

[10] La Grande Paroisse est l’ancien nom de la société GPN, filiale du groupe Total. C’est le premier fabricant français d’engrais, notamment d’engrais azotés et d’engrais composés, vendus sous la marque AZF.

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« Derrière les OGM, c’est un projet de mort qui s’impose »

Article placé le 23 mar 2010, par Mecanopolis

L’agriculture. Un petit tour dans l’actu, et puis s’en va… Vitrine cosmétique, le salon qui lui est dédié a eu droit – comme chaque année – aux honneurs des médias feignant de s’intéresser au sujet. Leur traitement reste toujours le même : le cul des vaches, la visite présidentielle et – de façon générale – le chant lyrique d’une profession fantasmée. En filigrane, la volonté farouche de ne pas aborder les questions qui fâchent. As-tu par exemple vu le moindre reportage sur la désastreuse industrialisation de l’agriculture ? Absolument pas. En a-t-on profité pour revenir sur les brevets déposés sur le vivant par les multinationales, la dangereuse évolution des clones pesticides brevetés, ou encore la pente mortifère empruntée depuis des dizaines d’années par (presque) tout le secteur ? Pas plus. T’a-t-on – enfin – expliqué ce que tu avais dans ton assiette ? Encore moins [1]. D’où cet étrange paradoxe : le mot « transparence » a beau être mis à toutes les sauces, l’origine et le mode de production de ce qui arrive dans nos gamelles reste un mystère.

Secret ? Pas pour Jean-Pierre Berlan, ancien chercheur à l’INRA (aujourd’hui à la retraite). Il a réuni sur ces questions des textes passionnants, publiés en 2001 chez Agone sous le titre La guerre au vivant – OGM et mystifications scientifiques. C’est l’occasion d’une réflexion essentielle sur les biotechnologies, ces prétendues « sciences de la vie » qui porteraient selon lui bien mieux l’appellation de « nécrotechnologies ».

Dans cet ouvrage, des chercheurs, scientifiques et « spécialistes » [2] reviennent ainsi minutieusement sur les OGM, traitant des risques de dissémination, des problèmes de santé, du manque d’ »expertise » sur le sujet (puisque la plupart des études sont directement produites par les firmes qui en font commerce), de la question cruciale du brevetage du vivant, et du scandaleux pillage des ressources génétiques mondiales et de notre environnement par quelques firmes. Bref : de notre rapport d’apprentis sorciers à la vie sous toutes ses formes.

À travers un nécessaire retour sur l’histoire de la sélection variétale et l’industrialisation de l’agriculture à l’œuvre depuis deux siècles, Jean-Pierre Berlan montre au final l’importance cruciale (et le caractère éminemment dangereux) du projet de société qui transparait derrière l’application des principes marchands et de la logique industrielle au monde vivant.

Il a accepté de développer ici les raisons pour lesquelles les « clones pesticides brevetés » (les OGM) sont inacceptables, et en quoi ils ne sont en fait que la partie émergée d’un projet de société mortifère. L’entretien étant aussi long que passionnant, tu as droit à un premier jet aujourd’hui, à digérer avant de lire la deuxième partie qui sera publiée mercredi.

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Qu’est-ce qu’un OGM ?

La première chose à dire est qu’il ne faut surtout pas utiliser le terme « OGM » ou « Organisme génétiquement modifié ». Pour une bonne raison : ce terme a été inventé par Monsanto, à l’époque des premières manipulations génétiques. En 1973, en Californie, deux chercheurs, Cohen et Boyer, ont créé la première « chimère fonctionnelle » [3]. Puis le premier brevet a été déposé en 1980 [4].

À ce moment-là, on pensait pouvoir industrialiser la vie, en faire à peu près ce qu’on voulait. Pour un biologiste de cette époque, la vie n’était qu’un vaste meccano dans lequel il suffisait de transférer des gènes d’une espèce à l’autre pour avoir la fonction correspondante. A l’époque, donc, les chercheurs pensaient détenir avec les « chimères fonctionnelles » l’explication ultime de la vie : séquencer tous les génomes du monde allait permettre de comprendre ce que c’est qu’être vivant. Et partant, comprendre aussi ce que c’est qu’être humain : j’en veux pour preuve le fait qu’un type comme Walter Gilbert, prix Nobel de physiologie et de médecine, ait pu déclarer que le jour où on aurait séquencé le génome des humains, on saurait enfin ce que c’est qu’ « être humain ». C’est dire les illusions dans lesquelles on se berçait, et la propagande qui régnait à cette époque…

Le terme « chimère » vient de là, de cette véritable explosion autour d’un vivant qu’on croyait pouvoir maitriser et industrialiser à volonté. Sauf que parler de « chimère génétique » n’était guère appétant pour les entreprises qui se lançaient dans l’aventure, comme Monsanto. Leurs services de relations publiques – c’est-à-dire de désinformation – ont donc décidé, en accord avec les scientifiques eux-mêmes, qu’il valait mieux utiliser un terme beaucoup plus neutre et permettant de tenir un discours mensonger. C’est à cette période qu’on a commencé à parler d’ « organismes génétiquement modifiés ».

À partir de là, tout se suit, puisque le discours retrouve une certaine (fausse) cohérence. Parce que l’humanité a toujours « modifié » la nature. Depuis dix mille ans et la révolution néolithique, depuis qu’on a inventé l’agriculture, la domestication des plantes et des animaux, on a toujours modifié génétiquement le vivant. Mais on oublie de dire qu’il a fallu attendre 1973 pour que la première « trans »-genèse ait lieu, et que cela représente une différence essentielle, spectaculaire, une véritable révolution.

Cette révolution pourrait faire peur à beaucoup de gens ; il faut donc la taire, imposer sur elle une espèce de black-out, afin que les populations ne se rendent compte de rien. D’où un discours mensonger, du genre : « Avec les Organismes génétiquement modifiés, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles, ce n’est que la continuation de ce qu’on a toujours fait. En plus on le fait avec des méthodes beaucoup plus scientifiques, beaucoup plus fiables, on sait exactement ce qu’on fait… ». Ça fonctionne même avec certains de mes collègues. Particulièrement abrutis, ceux-ci pratiquent une désinformation totale, avec des discours du type : « La nature manipule plusieurs dizaines de milliers de gènes chaque fois qu’elle fait un croisement, alors que nous nous n’en manipulons que quatre ou cinq, une dizaine à tout casser. Nous sommes donc beaucoup plus précis, nous faisons les choses de façon beaucoup plus intelligente que cette nature odieuse. » C’est un discours de pure propagande, avec une apparence logique au départ mais qui ne correspond absolument pas à la réalité des faits.

En réalité, donc, les gens qui réalisent ces manipulations génétiques ne savent tout simplement pas ce qu’ils font. Et le terme d’ »organisme génétiquement modifié » ne veut rien dire, il n’est destiné qu’à endormir la vigilance du public.

Dans ce cas, quel terme faudrait-il utiliser ?

C’est un terme qui – curieusement – ne fait aucune référence à un phénomène biologique, que ce soit la transgenèse ou la manipulation génétique. Il s’agit du terme de « clone pesticide breveté ». Cela permet de rappeler que, depuis deux siècles, les sélectionneurs s’efforcent de remplacer les variétés, les caractères de ce qui est varié et la diversité par l’uniformité.

Au 19e siècle, on parlait de « races » de blé. « Race », parce que ces plantes avaient un certain nombre de caractères en commun, particulièrement visibles et éclatants : la couleur, le port, l’allure générale… C’était absurde : quand vous observez de près une prétendue « race », vous vous apercevez que le terme n’a aucun sens, que tous les individus sont différents et qu’il y a une énorme diversité à l’intérieur de cette « race » ou de cette « variété ». Le terme « variété » signifiant, bien sûr, diversité, pour faire référence au processus de sélection leur permettant de survivre dans la nature, d’évoluer et de se perpétuer…

À l’heure actuelle – c’est très frappant – on cultive des variétés dans un sens très particulier : une variété moderne de blé, d’orge, d’avoine, de tomate ou de tout ce que vous pouvez imaginer sont des plantes copiées sur un modèle ayant fait l’objet d’un dépôt auprès d’instances officielles. Vous avez le « créateur » de variété qui dépose son obtention auprès d’un organisme officiel. Puis cette dernière doit être produite, donc copiée et multipliée à un nombre d’exemplaires suffisant pour pouvoir être vendue comme semence. Quand on parle de « copies », évidemment, c’est le terme « clone » qui vient à l’esprit. Et c’est bel et bien ça : les variétés modernes, ce qu’on appelle « variété » au sens moderne du terme, ce que cultive un agriculteur « moderne » aujourd’hui sous nos latitudes, ce sont des variétés au sens de « clone », c’est-à-dire très exactement le contraire d’une variété.

Il y a vraiment une mystification complète dans le langage utilisé pour décrire ces plantes. Nous sommes dans une société de communication, c’est à dire dans une société de mensonge organisé, dans laquelle les mots sont imposés par les dominants pour nous rouler dans la farine. User de ces termes nous empêche de penser la réalité : si vous utilisez le mot variété pour désigner des clones, comment voulez-vous réussir à penser correctement ? Les mots n’ont plus de sens, et vous ne savez plus à quoi vous avez affaire. Il est alors bien plus difficile de s’opposer à quoi que ce soit.

Ça fait donc deux siècles que nous sommes dans cette logique de clonage. A cet égard, la fameuse histoire de Dolly, le premier clone de mammifère, n’est que l’extension au monde animal de ce que l’on tente de faire – avec succès, d’ailleurs – pour les plantes depuis deux siècles. Il y a une logique, une véritable continuité dans le système industriel qui pousse, depuis les débuts de la sélection, vers cette recherche de clones, de l’uniformité, de la standardisation, de la normalisation.

« Nous sommes dans une société de communication, c’est à dire dans une société de mensonge organisé, dans laquelle les mots sont imposés par les dominants pour nous rouler dans la farine. »

Tout ceci est dans la logique de la révolution industrielle britannique : c’est en Angleterre qu’ont été mises pour la première fois en œuvre ces techniques aboutissant au clonage. Elles ont ensuite été codifiées : le raisonnement complet a été formalisé en 1936 par John Le Couteur, l’un de ces « agronomes » ricardiens, gentilshommes agriculteurs britanniques qui sont en fait des capitalistes investissant dans l’agriculture pour faire des profits. C’est-à-dire pour tirer profit de leur investissement en agriculture. Pour faire simple : ils se fichent pas mal de produire du blé ou autre chose. Pour eux, ce qui importe est d’appliquer les principes industriels au monde vivant.

Il s’agit d’un basculement : la logique industrielle n’est évidemment pas limitée qu’à l’industrie mais, pour la première fois, on la met en pratique et on la systématise réellement en ce qui concerne le vivant. C’est une nouvelle vision du monde qui s’impose, et ce même au sein de l’agriculture. C’est d’ailleurs aussi l’agriculture qui permet cette révolution industrielle, entre autres grâce aux profits et surplus qu’on peut tirer de la production agricole.

Ça fait donc deux siècles qu’on est dans une logique d’extension de l’uniformité, de standardisation et de normalisation du monde agricole. Et même si ces gens-là n’ont pas conscience de ce qu’ils réalisent, cela correspond tout simplement à l’application au monde vivant, à l’agriculture en l’occurrence, des principes industriels qui sont en train de bouleverser le paysage social, économique et politique en Angleterre.

Cette logique de clonage amène donc forcément à celle du brevetage du vivant ?

Ça y conduit nécessairement. On touche là au deuxième défaut de poids que rencontre le système économique dans lequel nous vivons : les êtres vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement. Or, la gratuité est une horreur absolue, un véritable affront vis-à-vis de la logique économique. C’est la dernière chose que les industriels et les semenciers tolèrent. Il s’agit donc de lutter contre cette injustice de la nature. Comment ? Alors que dans le monde vivant, il n’est pas possible de produire sans en même temps reproduire, eux veulent séparer la production de la reproduction. C’est un projet mortifère, de fou furieux qui est en train d’être mis en place. Un projet de mort.

La plus belle preuve du caractère mortifère de ce projet consiste en l’invention d’une technique, qui est le plus grand triomphe de la biologie appliquée à l’agriculture depuis deux siècles. Il s’agit de Terminator, une technique de transgenèse permettant de fabriquer des semences qui, une fois devenues plantes, sont programmées pour tuer leur descendance. De fait, l’agriculteur récolte un grain stérile. Pour certains, c’est un rêve vieux de deux siècles qui se réalise. Ils ne le diront évidemment pas : un semencier ne va pas se présenter devant sa clientèle (les agriculteurs) en expliquant que la reproduction des êtres vivants est un grand malheur et qu’il faudrait stériliser les plantes ou les animaux pour faire augmenter leurs profits. Il ne va pas dire ça, il ne peut pas annoncer son projet mortifère. Il va donc plutôt raconter des bobards. Il y a dès lors une lutte contre « les enclosures du monde vivant ». Avec une volonté de nous exproprier, de nous ôter cette faculté merveilleuse de la vie, à savoir la capacité de se reproduire et se multiplier. Avec en arrière-fond le projet d’en faire un bien privé, qui est un projet aussi ancien que la sélection commerciale. Pour les animaux, c’est très facile à faire, et ça a été réalisé, toujours en Angleterre, à la même période. Au fur et à mesure qu’on cherchait à fixer des « races », à force de sélection de certains caractères au détriment d’autres, on a rendu les bêtes de plus en plus faibles, stupides, voire complètement débiles. Une vraie dégénérescence. C’est pareil au niveau des plantes.

« Les êtres vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement. Or, la gratuité est une horreur absolue, un véritable affront vis-à-vis de la logique économique. »

Revenons-en aux brevets. Une variété est toujours « hétérogène instable » (selon les termes utilisés dans le langage semencier), ce qui veut tout simplement dire qu’elle varie. C’est logique : elle est vivante, elle varie… Mais c’est aussi gênant : vous ne pouvez pas imposer votre droit de propriété dessus puisque, d’une année sur l’autre, elle évolue. Vous ne pouvez donc pas définir ce qui est à vous. Tandis que le clone, lui, est « homogène » et « stable », vous pouvez le reproduire à l’identique moyennant un certain nombre de précautions et de procédures, d’une génération à l’autre. Il s’agit d’une sorte de mort-vivant. Et vous pouvez donc y associer un droit de propriété : il suffit d’observer le mort-vivant X, de voir en quoi il diffère du mort-vivant Y, et vous pouvez poser un droit de propriété dessus, puisqu’il est homogène et stable [6].

L’idée de base sur laquelle repose cette logique de clonage est imparable : si je peux remplacer ma variété, le caractère de ce qui est varié (la div

ersité), par une plante que je vais cloner et que je vais pouvoir reproduire à volonté, qui est supérieure à la moyenne de la variété, j’aurais un progrès. C’est une tautologie. Théoriquement il y a toujours un gain à remplacer une variété de n’importe quoi par le meilleur n’importe quoi extrait de la variété.

Mais est-ce que c’est réellement un progrès ?

On peut y opposer certaines réserves de taille, bien entendu : depuis une trentaine d’années (et la conférence de Rio), on sait que ce qui est logiquement imparable peut être biologiquement erroné. Il y a toute une redécouverte, qui est en train de se faire, sur la valeur en soi de la diversité. On peut prendre l’exemple d’un travail qui a été fait aux États-Unis il y a quelques années sur des systèmes de prairie, avec une, 5, 15, et jusqu’à 50 espèces différentes. Le résultat expérimental de cette étude montre que plus le nombre d’espèces que vous allez trouver dans ces systèmes de prairies est important, plus la production de biomasse est importante. Donc, en soi, la diversité est productive. De mémoire, la biomasse produite par un système à 16 espèces est supérieure de 42 % à la biomasse produite par l’espèce la plus productive en monoculture. C’est énorme !

Au fond, je suis persuadé que c’est une nouvelle révolution agricole qui se profile. D’une certaine manière, cette phase de l’agriculture industrielle – qui a donc commencé il y a deux siècles et s’est vraiment mise en place en Europe dans les années 30, et à la fin des années 50 en France – ne sera qu’une parenthèse dans l’histoire de l’humanité. Enfin… si l’humanité continue. Parce qu’il y a une contradiction absolue entre ces deux logiques, celle de l’industrie, qui est celle de la normalisation, de l’uniformisation et de la standardisation, et la logique de la vie, qui est celle de la diversité. Entre les deux, nous ne pouvons pas pour l’instant savoir laquelle va gagner.

Le problème du choix, à l’heure actuelle, se pose en ces termes-là : d’un côté, il y a le système industriel appliqué au monde vivant, c’est la mort ; de l’autre côté, la diversité, la vie. Du coup, on voit bien que les larmes de crocodiles des biologistes (dont mes chers collègues de l’INRA) sur « la biodiversité qui fout le camp » ne sont rien d’autre que du vent. Bien sûr que la biodiversité fout le camp, vous cultivez des clones ! Vous êtes en monoculture monoclonale ! On ne peut guère faire pire d’un point de vue écologique, et donc du point de vue de la diversité.

Et en quoi sont-ils « pesticides », ces clones brevetés ?

Le terme « pesticides » est – en passant – utilisé par le président de la République, qui a parlé lors du Grenelle de l’environnement de « plantes pesticides ». Il faisait simplement allusion au fait que quasiment toutes les plantes et semences transgéniques commercialisées dans le monde sont des semences et des plantes dites « a-pesticides » : soit elles produisent un insecticide, et toutes les cellules de la plante en produisent, soit ce sont des plantes qui absorbent un pesticide sans en mourir [7].

Historiquement, ces produits chimiques, aujourd’hui utilisés à doses massives dans le monde agricole (engrais ou pesticides), sont des substances militaires. Leur origine remonte directement à la Première Guerre mondiale et aux gaz de combats. C’est un certain Fritz Haber qui fut à l’origine de l’invention de la méthode de synthèse de l’ammoniac, élaborée en 1908 et adoptée dès 1909 par BASF. C’est grâce à cette production massive d’azote que la Première Guerre mondiale est devenue la première guerre industrielle. Fritz Haber a été un grand promoteur des gaz de combat réalisés grâce à son procédé, alors même que l’état-major allemand ne voulait pas en entendre parler. Pour une raison simple : l’état-major allemand savait qu’utiliser ces gaz entraînerait une même réaction de la France et de l’Angleterre (qui étaient à un niveau technique et scientifique à peu près égal à celui de l’Allemagne).

Haber a finalement obtenu que l’état-major allemand utilise ces gaz (à Ypres pour la première fois, d’où le terme « ypérite »). Quelques jours après (et sans même assister aux obsèques de sa femme, elle-même chimiste, qui s’était suicidée parce qu’elle supportait mal que la science se mette au service de la mort à grande échelle), il est parti sur le front russe pour superviser à nouveau l’utilisation des gaz de combat. Avec plus de réussite, puisque les Russes étaient à un niveau technique bien inférieur.

En 1918, Haber a eu peur d’être condamné pour crime de guerre, et il s’est réfugié en Suisse. Mais son inquiétude a été de courte durée : il a reçu la même année le Prix Nobel de chimie pour son invention de la synthèse de l’ammoniac, qui allait permettre de produire des engrais en quantités massives [8]. On n’avait pas produit un gramme d’ammoniac pour l’agriculture pendant cette période-là, évidemment… Ça servait plutôt pour produire des explosifs, mais la capacité de déni de la réalité, de la part des scientifiques, est quelque chose d’hallucinant.

De façon plus large, l’origine de toute l’agriculture moderne se trouve vraiment dans la Première Guerre mondiale : les chars de combat ont été reconvertis en tracteurs à chenille, les gaz de combat en engrais azotés, et des bases ont été posées, qui permettront la mise au point, plus tard, des pesticides… Toute la « révolution verte » a en fait une origine militaire. Jusqu’à l’approche du système agricole moderne, qui montre bien qu’« on fait la guerre ». Ainsi de ces célèbres photos de tracteurs ou de moissonneuses-batteuses, alignés comme à la parade, en Russie soviétique comme aux États-Unis : il y en a dix de front, c’est vraiment la charge de chars de combat, la lutte et l’acharnement contre la nature.

Mais les agriculteurs voyaient ça comme un progrès…

Tout à fait. Lorsque le DDT, les premiers pesticides et insecticides sont apparus à la fin des années 50, ça a été une véritable révolution pour les agriculteurs. On peut le comprendre. Pour des gens qui, pendant la guerre, faisaient la chasse aux doryphores un à un dans les champs de pomme de terre, se contenter du petit épandage d’un produit quelconque pour les tuer tous était absolument extraordinaire. Ça semblait si miraculeux que, sur le moment, personne n’a réfléchi aux conséquences de l’utilisation des pesticides. Personne n’a pensé que leur usage aurait des effets pervers. Mais si au début les insectes meurent tous, des résistances apparaissent immanquablement après un certain temps ; il faut alors utiliser davantage d’insecticide, passer à des doses plus élevées ; enfin il n’y a plus d’autre solution que de changer de drogue.

D’ailleurs, il faut comparer les pesticides à des drogues dures : il y a l’effet d’accoutumance et de dépendance. L’agriculture actuelle y est devenue accro, mais aussi l’agronomie et les agronomes – eux n’ont d’ailleurs rien eu à faire : c’est l’industrie qui s’est imposée, ils ont juste adapté les systèmes de production aux nouveaux moyens techniques. De fait, l’industrie, et en particulier l’industrie chimique, prend une place de plus en plus centrale dans le processus de production. Et les agriculteurs sont devenus complètement dépendants de ces produits, dans une logique de fuite en avant. Peu importe qu’on sache, depuis les années 60, que ces produits peuvent être dangereux… Depuis que Rachel Carson a écrit le premier livre dénonçant les effets nocifs des pesticides [9], les preuves se sont accumulées d’une façon incroyable. À tel point que l’industrie des pesticides cherche maintenant d’autres formes de pesticides : c’est ainsi qu’elle a inventé les fameux « organismes génétiquement modifiés ». Les OGM, ce sont des plantes pesticides.

Il y a donc une forme de continuité ?

Bien sûr. Ces clones pesticides ne marquent pas du tout une rupture, sinon technique. La logique reste la même, celle de cette industrialisation du vivant menée tambour battant depuis deux siècles. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les firmes produisant les pesticides ont aussi pris le contrôle de l’industrie des semences – donc de la vie. Elles se prétendent « industrielles des sciences de la vie », pour tromper tout le monde ; mais en réalité elles ne produisent que des produits en -cide (fongicides, insecticides, herbicides…), soit des produits qui tuent. Ce sont donc, en fait, des industries des sciences de la mort. Et elles poursuivent ainsi leur projet mortifère par d’autres moyens, qu’on appelle couramment les OGM.

« Ces clones pesticides ne marquent pas du tout une rupture, sinon technique. La logique reste la même, celle de cette industrialisation du vivant menée tambour battant depuis deux siècles. »

Ce qui est intéressant avec les pesticides soi-disant OGM, c’est qu’il s’agit en fait de changer le statut des pesticides. Presque toutes les plantes transgéniques vendues dans le monde sont a-pesticides : soit elles en absorbent un sans en crever (c’est le cas des plantes dites Round Up ready, mais ça peut aussi l’être avec d’autres herbicides), soit elles produisent elles-mêmes un insecticide.

Dans ce deuxième cas, chaque cellule de la plante produit un insecticide, donc il passe évidemment dans la chaine alimentaire. Les fabricants prétendent que « la toxine insecticide n’a aucun effet », mais ils n’en savent rien, ils n’ont même pas été regarder ce qui se passait dans le tube digestif des ruminants. Encore moins dans notre tube digestif à nous… Il faut savoir que nous avons à peu près dix fois plus de bactéries que de cellules dans notre corps. Celles-ci sont symbiotiques avec nous, même si on les connaît très mal ; et ces gens des sciences de la mort qui vous disent qu’il n’y a aucun effet… C’est de la folie.

Revenons au premier type de plante, celles qui sont tolérantes à un herbicide. Comment ça fonctionne ? L’herbicide agit normalement en rentrant à l’intérieur de la plante, entre autres grâce à des adjuvants favorisant la pénétration de ce dernier. Les plantes rendues tolérantes à un herbicide neutralisent l’action de l’herbicide, mais elles ne le détruisent pas. C’est le cas de la plupart des plantes Round Up ready : il y a une neutralisation de l’herbicide, mais l’herbicide n’est pas détruit, ni même décomposé. Là-aussi, il rentre donc dans la chaine alimentaire.

Dans ces deux cas, vous voyez bien que le projet est complètement fou, puisqu’il s’agit de changer le statut des pesticides. Au lieu d’être des produits dangereux qu’il faut éliminer – autant que faire se peut – de la chaine alimentaire, on veut en faire des constituants de cette dernière. Nous rendre au final tolérants, nous aussi, aux pesticides. Voilà un enjeu qui est absolument colossal, pour les fabricants de pesticides. S’ils peuvent faire des pesticides des constituants de la chaine alimentaire, ils domineront toute la chaine alimentaire.

Mais c’est quoi, exactement, le Round Up ?

La molécule active du Round Up, la molécule herbicide, s’appelle le glyphosate. C’est une molécule qui a été « créée » par des chimistes suisses à la fin des années 40 ; Monsanto en a étudié les propriétés herbicides, et l’a brevetée à la fin des années 70. Monsanto est donc propriétaire du glyphosate breveté en tant qu’herbicide. C’est une molécule assez merveilleuse, puisqu’il s’agit d’un « herbicide total ». Qui tue tout, réellement. C’est formidable pour la SNCF, pour les parcs et jardins, pour les bords de route, etc…

Le glyphosate a longtemps été considéré comme inoffensif, grâce à la propagande de Monsanto, qui protégeait la meilleure de ses vaches-à-profit. Mais quand certaines préoccupations écologiques ont commencé à émerger, les gens de Monsanto ont pensé que ce serait génial de pouvoir le transformer en « herbicide spécifique ». C’est-à-dire de réaliser une manipulation génétique sur une plante pour la rendre tolérante à cet herbicide total. L’herbicide total deviendrait ainsi un herbicide spécifique : tout crèverait sauf cette plante, rendue tolérante à cet herbicide. A partir du moment où des plants de maïs, d’orge, de blé, d’avoine, de tout ce que vous pouvez imaginer, même des forêts entières, seront tolérants au glyphosate, celui-ci pourra être utilisé sur l’ensemble de la planète. Le but de Monsanto est là : maximiser l’utilisation de glyphosate. Et leur stratégie a plutôt bien réussi, même si elle se heurte à des résistances et à l’inquiétude d’une partie du public.

« Le but de Monsanto est là : maximiser l’utilisation de glyphosate. »

Le deuxième coup de génie de Monsanto a été de lier complètement l’achat de semences tolérantes au glyphosate à son propre herbicide breveté. Donc d’obliger les agriculteurs à n’acheter que l’herbicide de marque Monsanto. D’une certaine manière, c’est un moyen de prolonger la durée de vie du brevet, qui était d’environ 20 ans. A partir de 2000, en sortant ces plantes tolérantes à l’herbicide Round Up et puisque l’agriculteur est forcé d’acheter les deux en même temps, Monsanto fait coup double et peut continuer à vendre son herbicide au prix de marque, au lieu de le vendre au prix du générique.

Il s’agit donc de prolonger éternellement la durée de vie du brevet sur le glyphosate et d’arroser l’ensemble de la planète avec cette molécule. Les enjeux sont évidemment considérables : si Monsanto réussit, c’est la planète entière qui sera arrosée de Round Up, et l’entreprise qui fera des profits immenses. La firme est donc prête à tout pour que réussisse ce projet.

C’est une surenchère permanente…

Nous savons bien que ce sont des techniques parfaitement inutiles, que le système pesticide est profondément addictif. Il n’a d’avantages que pour les fabricants, qui créent ainsi leur propre marché. À partir du moment où vous mettez le doigt dans l’engrenage pesticide, vous ne pouvez pas éviter de suivre, puisqu’un pesticide sera un jour dépassé par les résistances qu’il aura suscitées, il en faudra un autre, et puis après un troisième. C’est ainsi qu’on est passés des organochlorés aux organosphosphorés, aux pyréthrinoïdes, aux nicotinoïdes…

C’est en effet une forme de surenchère complètement folle, avec – par exemple – les nicotinoïdes, qui sont maintenant utilisés à des doses de un ou deux grammes par hectare : ils sont d’une telle puissance qu’ils ne s’utilisent que par très petites doses et deviennent quasiment indétectables. Résultat ? Le tonnage d’utilisation des pesticides diminue, évidemment… Ces nouveaux produits vont pourtant empoisonner la planète encore plus sûrement que les anciens. C’est une fuite en avant permanente, qui crée et élargit son propre marché de façon constante. C’est la situation du drogué : on peut dire qu’on est dans une agriculture de drogué. Aux drogues dures.

Avec quelques firmes pour uniques dealers ?

Exactement ! Elles prétendent que l’humanité a toujours fait des transformations génétiques, depuis le début de la domestication des plantes et des animaux. Mais elles oublient de préciser qu’à cette époque, presque toute l’humanité était concernée, et que c’était une humanité de paysans, d’agriculteurs et d’éleveurs. Tandis que l’humanité voulant poursuivre la transformation entamée il y a 10 000 ans se réduit à une douzaine de firmes produisant des pesticides. Et c’est tout. C’est quand même une curieuse humanité… Celle-ci parvient pourtant à imposer ses suggestions, lesquelles sont reprises par la Commission européenne, et retranscrites quasi automatiquement dans le droit français. On est en train de confier la planète et son avenir biologique aux industriels des sciences de la mort, tout simplement. On marche vraiment sur la tête, c’est à se demander si les hommes politiques ont deux sous de jugeote.

Pourquoi les agriculteurs acceptent-ils de rentrer dans ce système ?

Parce que les 50 ou 60 000 fermes vraiment importantes et influentes en France sur le plan économique sont complètement entre les mains de ces entreprises. Tout simplement. C’est un simple prolongement du système industriel.

 

 

 


Jean-Pierre Berlan, pour Article XI

suite ici, faute de place :

Notes :

[1] suite :

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http://www.mecanopolis.org/?p=15308&type=1

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 00:44
Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /2010 23:17

http://www.destinationsante.com/IMG/jpg/pandemie-Andy-Dean---Fotoli.jpg

Image provenant de : http://www.destinationsante.com/IMG/jpg/pandemie-Andy-Dea...


22.03.2010

D’après le calendrier Maya, On nous prédit la fin du monde pour décembre 2012.

Et pour être sur que tout le monde soit au courant, on nous fait un film.

Serait-il possible que des hommes puissants se servent de cette croyance pour faire tout et n’importe quoi ?

 

Des infos plutôt étranges :

 

A) La première info vient du : groupe pharmaceutique suisse Novartis :

 

Le 26.01.2010, Novartis mettait en garde les gouvernements contre les annulations de Vaccins H1N1.

Le groupe pharmaceutique suisse Novartis, qui produit un des vaccins contre la grippe pandémique H1N1, a mis mardi en garde les gouvernements contre les annulations de commandes, avertissant que les Etats "fiables" seraient à l'avenir servis les premiers.

Le patron du géant pharmaceutique a averti que "la prochaine fois qu'il y aurait une pandémie - et il y aura une pandémie - les gouvernements qui avaient été des partenaires fiables seraient traités de manière préférentielle".

Source : ici

  

Bien sur quand le patron de Novartis dit

-"la prochaine fois qu'il y aurait une pandémie - et il y aura une pandémie’’,

On peut se dire que depuis la nuit des temps il y a eu des pandémies mais quand même...cela ressemble à une Menace !

 

B)Deuxième infos : Le 23/02/2010 Dans Le Quotidien du Médecin, on pouvait lire :

 

L’OMS, qui établit deux fois par an ces recommandations de vaccins pour l'hémisphère nord et l'hémisphère sud, avait déjà émis le même avis en septembre pour les pays du sud.

 

Il est ainsi prévu que le vaccin saisonnier 2010-2011 pour l'hémisphère nord contienne trois souches virales :

H1N1 A-California/7/2009, H3N2 A/Perth/16/2009 et B/Brisbane/60/2008.

 

En effet, ces deux autres virus de la grippe ont circulé cet hiver à travers le monde et devraient « continuer à cohabiter en 2010-2011 dans l'hémisphère nord avec une probabilité que le virus pandémique de 2009 domine », souligne l'agence onusienne.

 

En revanche, la souche H1N1 saisonnière a très peu circulé cet hiver. « Il est peu probable que les virus A(H1N1) saisonniers circulent l'hiver prochain dans l'hémisphère nord », indique l'OMS.

 

C'est pourquoi cette dernière recommande de ne pas inclure la souche du H1N1 saisonnier (qui était l’A/Brisbane/59/2007 en 2009-2010 comme par exemple le vaccin : Vaxigrip), dans la composition du vaccin 2010-2011.

 

 

Le Quotidien du Médecin : ici

 

 

Quoiqu’il en soit les personnes qui avaient refusé la vaccination de la grippe A mais qui se faisaient vacciner pour la grippe saisonnière recevront pour l’année 2010-2011 le fameux H1N1 A-California/7/2009 (Grippe A) tant rejeté par de nombreuses personnes.

 

Petit rappel :

 

Le nouveau virus, A/California/7/2009, a été caractérisé comme étant une souche H1N1 réassortie d'origines multiples.

 

Il contient des séquences génétiques :

 

-      De la grippe porcine de l'Amérique du Nord,

-      De la grippe aviaire de l'Amérique du Nord,

-      De la grippe humaine

-      D’une grippe porcine eurasienne.

 
Source :
ici

 

Souvenez-vous :

 

En 2010-2011, vous recevrez en injection : A/California/7/2009 + H3N2 A/Perth/16/2009 et /Brisbane/60/2008.

 

La souche : A/California/7/2009 est composé de :

 

-      Grippe saisonnière : Très contagieuse et mortel,

-      Grippe porcine (H1N1) : Très contagieuse mais peu mortel,

-      Grippe aviaire : Peu contagieuse mais extrêmement mortel dans 60% des cas.

 

 

C)Troisième info : Le 18/03/2010 dans lyoncapitale un autre article étonnant :

 

Un monstre viral testé à Lyon

 

Le P4, laboratoire de sécurité maximale, a fait la une du Progrès ce matin.

En cause : les expérimentations entreprises par les virologues qui travaillent depuis trois semaines sur un croisement entre le virus H1N1 (grippe porcine) et celui du H5N1 (grippe aviaire). Le premier est très contagieux mais peu mortel tandis que le second est souvent fatal mais se propage peu. L'expérience a notamment pour but d'anticiper une éventuelle mutation des deux virus mais pas de créer (encore) un vaccin. Le virologue Bruno Lina, interrogé par le quotidien, affirme néanmoins que les probabilités de l'existence d'un tel virus sont assez faibles.

 

Source : ici  

 

Ok ! Là, il y a malaise... Petit retour en arrière le 13.03.2009 : Voir note : Grippe A (porcine) coïncidence ou pas ?

 

La compagnie Baxter avait confirmé qu'elle avait fabriqué un produit contaminé par le virus H5N1de la grippe aviaire. 

 

Le produit contaminé, un mélange de virus de la grippe humaine H3N2 et de virus de la grippe aviaire H5N1 qui n'étaient pas correctement identifiés....

 

Des spécialistes en biosécurité se sont montrés fort préoccupés du fait que le virus de grippe humaine H3N2 ait été mélangé avec le virus de la grippe aviaire H5N1.

 

Il s'agit d'une pratique dangereuse qui devrait être interdite, ont signifié plusieurs experts.

 

Une propagation accidentelle du mélange de H5N1 et de H3N2 aurait pu mener à des conséquences désastreuses.

 

Le H5N1 ne contamine pas facilement les humains, mais le H3N2 si.

Toujours d'après les spécialistes, dans l'éventualité où une personne exposée au mélange était infectée simultanément par les deux souches, elle pourrait servir d'incubateur à un virus hybride capable de se propager facilement d'un humain à un autre.

 

Ce mélange de souches,

 appelé

réassortiment,

est

 l'une des deux manières de créer un virus pandémique.

 

 

Et, étrangement moins d’un mois après, on nous alertait sur une pandémie de grippe A. Obligeant les pays membres de l’oms à acheter des vaccins.

 

 Donc en 2009-2010, le croisement entre le virus H1N1 (grippe porcine) et celui du H5N1 (grippe aviaire) a déjà été testé grandeur nature sur les personnes qui ont accepté de se faire vacciner de la grippe A avec la souche : A/California/7/2009.

 

N’oublions pas que c’était un mélange de :

 

-      Grippe saisonnière (H3N2) : Très contagieuse et mortel,

-      Grippe porcine (H1N1) : Très contagieuse mais peu mortel,

-      Grippe aviaire (H5N1) : Peu contagieuse mais extrêmement mortel dans 60% des cas.

 

Comme nous l’apprend l’OMS, l’expérience continuera l’année prochaine avec l’injection du vaccin antigrippale 2010-2011 contenant encore la souche A/California/7/2009.

 

Face à l’inquiétude concernant le mélange H3N2 et de virus de la grippe aviaire H5N1 fabriqué par le Groupe Baxter, les spécialistes en biosécurité s’alarmèrent au sujet des personnes qui seraient infectées simultanément par les deux souches. Leurs frayeurs portaient sur le fait qu'elles pourraient servir d'incubateur à un virus hybride.

 

On comprend les recherches du laboratoire de sécurité en expérimentant depuis trois semaines un croisement du virus H1N1 (grippe porcine) et celui du H5N1 (grippe aviaire) qui d’après leurs dire a notamment pour but d'anticiper une éventuelle mutation des deux virus.

 

Questions :

 

Devons-nous nous inquiéter d’une seconde pandémie ?

Les personnes vaccinés en 2009-2010 seront elles les incubateurs à un virus hybride capable de se propager facilement d'un humain à un autre en 2010-2011?

Et si ce n'est pas pour cette hivers, alors quand ? 2011 ?

Personnellement, je pense que si cela devait arriver, ça serait pour l’hiver 2012, respectons les croyances !

 

Source

 

 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 00:40
Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /2010 21:12
22 mars 2010

De longues périodes de sécheresse dans certaines régions d’Afrique et des pluies imprévisibles en Asie ont semé l’incertitude concernant le rendement des cultures de 2010 dans les pays les plus pauvres du monde. Les prix des aliments dans la plupart des pays en développement ont baissé depuis la crise de 2008, mais sont quand même plus élevés qu’en 2007.



Illustration : Index des prix de la FAO

Agence IRIN, 3 mars 2010

Il faudrait « deux mauvaises années consécutives » pour que la crise alimentaire et énergétique de 2008 se reproduise, a dit Abdolreza Abbassian, économiste et secrétaire du Groupe intergouvernemental sur les céréales du Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Contrairement à la situation de 2008, les réserves mondiales de céréales sont actuellement suffisantes.

Mais « de nombreux facteurs [entrent] en jeu » concernant les prix des aliments. « En fait, nous prévoyons que les prix restent fermes, même à moyen terme (pendant les 10 prochaines années), même s’ils ne dépasseront peut-être pas les niveaux dont nous avons été témoins en 2008 », a commenté M. Abbassian.

Il s’agit toujours de ce que l’offre adéquate réponde à une demande grandissante, et l’offre de céréales pour l’alimentation est en déclin. La réduction progressive des subventions et du soutien aux plus grands producteurs mondiaux, dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) - notamment les États-Unis et l’Union européenne - a eu pour conséquence une diminution des excédents.

« D’un autre côté, la croissance de la population et la prospérité économique accentuent la demande - comme en Asie, et plus particulièrement en Chine et en Inde. Nous nous dirigeons donc vers une situation où l’augmentation de l’offre pourrait ralentir, tandis que la demande continuera à croître - parfois même plus vite que par le passé », a dit M. Abbassian.

Selon un article de l’OCDE, les prix des aliments vont recommencer à augmenter, « (quoique pas aussi haut qu’en 2008) une fois que les pays sortiront de la récession, car les facteurs structurels de l’offre et de la demande sont toujours très présents... la demande augmentant plus vite que l’offre. Les prix des aliments ne devraient donc plus être perçus comme un “choc” ou une “crise” à court terme, mais plutôt comme un problème structurel à plus long terme ».

Les biocarburants restent une menace

Certains des changements structurels à l’origine de la crise des prix alimentaires de 2008, tels que la réaffectation des terres agricoles qui servaient à produire des céréales alimentaires pour produire des biocarburants, doivent encore être étudiés, a dit M. Abbassian.

ActionAid, une organisation non gouvernementale (ONG) internationale, a calculé dans son nouveau rapport, Meals per gallon : the impact of industrial biofuels on people and global hunger (Repas par gallon : l’impact des biocarburants industriels sur la population et la faim dans le monde), que d’ici à 2020, la consommation de biocarburants dans l’Union européenne (UE) allait être multipliée presque par quatre et que les deux tiers seraient importés, principalement de pays en développement.

« On estime que les biocarburants sont responsables d’au moins 30 pour cent de la flambée mondiale des prix alimentaires en 2008 », a dit ActionAid, qui a averti que la crise pourrait se reproduire de façon imminente, l’offre de céréales destinées à l’alimentation risquant d’être compromise par une demande en biocarburants dans l’UE.

« Jusqu’à 100 millions de personnes supplémentaires pourraient être victimes de la faim si l’Europe s’engage à augmenter fortement sa consommation de biocarburants afin de répondre à la nouvelle législation de l’Union européenne », est-il écrit dans le rapport.

La législation en question date d’un accord passé en 2008 entre les États de l’UE et dont l’objectif est de combler 10 pour cent de leurs besoins en carburants pour les transports en ayant recours à des sources renouvelables, dont les biocarburants, l’hydrogène et l’électricité verte, d’ici à 2020.

Selon un scénario prenant en compte un développement planifié et prévisible des biocarburants dans certains pays, l’International Food Policy Research Institute (IFPRI), dont le siège se trouve aux États-Unis, a prévu que les prix du maïs augmentent de plus de 20 pour cent d’ici à 2020 et de plus de 71 pour cent dans une hypothèse de développement draconien.

C. Ford Runge et Benjamin Senauer, professeurs à l’université du Minnesota, ont écrit dans un article publié en 2007 dans Foreign Affairs, un magazine américain, que si le prix des produits alimentaires de base continuait à augmenter, conformément aux prévisions de l’IFPRI, le nombre de victimes de l’insécurité alimentaire dans le monde augmenterait de plus de 16 millions par point de pourcentage supplémentaire des prix réels des produits alimentaires de base.

ActionAid a remarqué que « si tout les objectifs en matière de biocarburants sont atteints, il est estimé que les prix des aliments pourraient augmenter de jusqu’à 76 pour cent d’ici à 2020 ». L’ONG a dit qu’elle avait découvert que les entreprises de l’UE avaient déjà acheté, ou étaient en négociations pour acheter au moins cinq millions d’hectares dans des pays en développement, ce qui pourrait menacer l’approvisionnement en nourriture de populations parmi les plus vulnérables.

Selon la FAO, une personne sur six dans le monde a faim, la crise de 2008 ayant fait glisser 100 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

Il pourrait exister une solution. Les réserves mondiales de céréales, qui dépendaient des pays occidentaux, ont commencé à être approvisionnées par la Communauté des États indépendants (CEI), une organisation régionale qui comprend la Fédération russe, la Biélorussie, l’Ukraine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Moldavie, le Turkménistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et la Géorgie.

M. Abbassian a fait remarquer que la Russie était devenue le deuxième plus grand exportateur mondial de blé après les États-Unis. « Malheureusement, ils [la CEI] sont situés dans une région du monde qui est très vulnérable aux chocs environnementaux ».

Les prix internationaux plus faibles du sucre, des produits laitiers et des céréales ont conduit l’indice des prix alimentaires de la FAO, rendu public le 2 mars, à enregistrer une baisse : « l’indice a diminué de 21 pour cent par rapport à son maximum, en juin 2008, mais a augmenté de 22 pour cent par rapport à la même période il y a un an », a dit M. Abbassian.

Il y a toujours eu une chance que les prix flambent « en conséquence du déséquilibre du marché mais, dans l’ensemble, les prix élevés vont inciter l’investissement dans l’agriculture, ce qui, à son tour, va aider à combler le fossé entre l’offre et la demande », a-t-il remarqué.

Les prix ne baissent pas vite

Liliana Balbi, économiste chevronnée pour le Système mondial d’information et d’alerte rapide de la FAO, a dit qu’elle pensait que la spéculation contribuait à la volatilité des prix. « Le fait est que les prix montent rapidement mais ne baissent pas vite ».

Néanmoins, M. Abbassian était optimiste. « Les progrès technologiques et le changement des habitudes alimentaires vont aider à maintenir une situation alimentaire mondiale stable, même si les développements à l’échelle nationale et locale peuvent ne pas toujours être aussi prometteurs » !

L’augmentation du pourcentage des prix des aliments varie d’un pays à l’autre, et ses causes également. Dans son rapport sur les perspectives de récoltes et la situation alimentaire pour février - le premier en 2010 - l’équipe de Mme Balbi a identifié 33 pays où l’insécurité alimentaire y est la plus forte. Beaucoup de leurs habitants avaient faim, car ils n’avaient pas les moyens de s’acheter de la nourriture.

La plupart des pays de la liste de février y ont figuré avant. Les nouveaux sont le Niger, atteint par la sécheresse, le Yémen, déchiré par les conflits, et Haïti, victime d’un séisme.

Le rapport d’ActionAid a découvert que « chaque augmentation de 10 pour cent des prix des céréales (y compris le riz) ajoute près de 4,5 milliards de dollars au coût total des importations de céréales des pays en développement qui sont des importateurs nets ».

Dans les trois prochains articles de la série, IRIN donnera un aperçu de la vulnérabilité alimentaire de ces 33 pays d’Afrique, d’Asie et des Caraïbes.


Publication originale IRIN
Via ContreInfo

 


Lire aussi Les agriculteurs maliens craignent d’être spoliés au profit des investisseurs étrangers Tribune : Il faut mettre fin à l’accaparement mondial des terres agricoles 23 millions de personnes menacées par la faim en Afrique de l’est


http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-nous-dirigeons-nous-vers-une-nouvelle-crise-alimentaire-globale-47267658.html
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 00:09

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  Laplote


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- Cohn-Bendit veut créer une "Coopérative politique"

-  Pour le divorce des "Verts" avec D. Cohn-Bendit, par eva R-sistons



Cohn-Bendit veut créer une « Coopérative politique »


"Une coopérative politique". Dans une tribune publiée lundi dans Libération et fort des bons scores des listes PS-Europe Ecologie aux régionales, Daniel Cohn Bendit lance un nouvel "appel du 22 mars". Objectif : consolider les bases de l’écologie politique et ainsi les transformer en "un corps nouveau, une forme politique largement inédite, décloisonnée", Cohn-Bendit donne le cadre: "ni parti machine, ni parti entreprise". En somme, une nouvelle forme politique hydride pour laquelle il invite les "Verts, socialistes, Cap 21, communistes" à devenir partie prenante.

Faisant table rase des "partis machines" empétrés dans leurs conquêtes de pouvoir, le mouvement politique que veut construire Daniel Cohn-Bendit "ne peut s’apparenter à aucun parti traditionnel". Le co-président des Verts au Parlement européen propose ici un mode d’organisation politique synonyme de "biodiversité sociale et culturelle". Une organisation " pollinisatrice qui butine les idées, les transporte et féconde avec d’autres parties du corps social ". Une sorte de ruche participative dans laquelle les membres de cette coopérative devront en "définir les contours, la structure et la stratégie".

Des " collectifs Europe Ecologie 22 mars " décentralisés, " véritable agoras de l’écologie politique" et modérés sur internet assureront "la structuration du mouvement ". Celui qui se réjouit  de l’installation de l’écologie politique " comme un espace autonome dans le paysage politique français", tout en n’oubliant pas " l'apport important des Verts pendant 25 ans", rêve à d’autres dessins. 42 ans après son appel du 22 mars de 1968 depuis Nanterre, Daniel Cohn-Bendit se veut à nouveau le fondateur d’un mouvement bouleversant les codes établis. L’enjeu de sa coopérative ayant " évidemment pour objectif de décider collectivement aussi bien des échéances institutionnelles d'ici 2012 que des grandes questions de société".

Ambitions peut-être trop vite affichées, Martine Aubry juge ce lundi qu’il est un " peu trop tôt "pour une idée de " coopérative politique" pour 2012 et que cette question s'adresse surtout aux Verts". Rappelant que le PS avait créé un réseau social, nommé "coopol" il y a quelques mois, elle a estimé prématuré la perspective d'un candidat écologiste à la présidentielle.

La secrétaire nationale du parti, Cécile Duflot, a estimé que "personne n'a la science infuse". "Une de nos forces, c'est que l'on ne met pas nos discussions derrière les rideaux mais qu'on débat (....) L'idée de travailler ensemble dans une forme qui n'est pas celle d'un parti traditionnel mais qui s'appuie sur ce qui a été fait jusque là est une bonne idée", a-t-elle jugé.

Une réunion entre "écolos" doit se tenir lundi soir en présence de Daniel Cohn Bendit, vers 20 heures au Comptoir général, quai de Jemmapes à Paris (10e). La discussion ne fait que commencer.

http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/cohn-bendit-veut-creer-une-cooperative-politique-6587



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Pour le divorce des Ecologistes avec Cohn-Bendit,
par Eva R-sistons



L'actualité est chargée. Ainsi, par exemple, la Taxe carbone serait "carbonisée". Quoi, Sarkozy ne serait plus l'écolo qu'il prétend, parce que ses efforts n'auraient pas eu le succès escompté auprès des électeurs verts ? Le voici donc de retour au bercail du MEDEF qu'il n'aurait jamais dû quitter ?  Daniel Cohn-Bendit s'en soucie-t-il ? Pas du tout ! Lui lance "l'appel du 22 novembre", comme s'il était encore à la Sorbonne en train de mettre en ébullition le monde étudiant et de préparer le départ du Gl de Gaulle, trop indépendant en particulier aux yeux d'Israël. Il ne faut pas oublier que ce pays avait envisagé d'assassiner le plus grand chef d'Etat français, et qu'il avait reculé en raison de sa stature internationale. Un assassinat comme celui-là aurait été une contre-publicité formidable, et un boulet monumental, pour Israël qui se présente comme hautement moral !!!

Donc, Cohn-Bendit a déserté ses Green allemands, qu'il a contribué à transformer en machine verdâtre au service du libéralisme bon teint, d'ailleurs muette lorsque l'Allemagne se range derrière les guerres impériales. Et comme en 1968, il arrive pour changer les choses. Mais dans quel sens ? C'est toute la question. Reprenons par le début.

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Et le début, pour moi, c'est le formidable engouement des Médias pour ce sinistre personnage, particulièrement sulfureux, imprévisible, provoquant. Cela ne vous interroge pas ? Souvenez-vous. Les deux demoiselles d'Envoyé Spécial qui se prétendent journalistes, alors qu'elles sont un simple relais docile et servile du Pouvoir le plus libéral, ont consacré un reportage au rouquin allemand, pour le consacrer aux yeux des Français. Cohn-Bendit mérite-t-il d'être consacré ? Amis lecteurs, méfiance ! Si les Médias aux ordres font le lit de ce personnage réellement sulfureux, et là je dépasse le cadre d'un certain style de vie, c'est parce qu'ils ont de bonnes raisons. Et nous, nous avons toutes les raisons de nous méfier des médias menteurs au service des Puissances militaro-financières qui dévastent la planète et qui font le malheur des peuples. En clair, si les Médias décident que cet individu est bon pour nous, c'est qu'il est bon... pour ceux qui, dans les coulisses, manipulent nos vies. Et pas pour nous !

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Il est temps de ne plus laisser les Médias choisir pour nous, Référendum européen, Présidentelles, héros d'aujourd'hui... Pourquoi, d'ailleurs, ces mêmes Médias s'évertuent-ils à rendre populaire Cohn-Bendit auprès des jeunes ? Parce qu'ils ne votent pas volontiers et qu'il faut leur donner le goût de ce drôle d'écolo, rondouillard, et même si franchouillard bien qu'il soit seulement notre cousin germain ?  

Mai 68. Sorbonne, Quartier Latin. Cohn-Bendit rentre dans la légende. Quel mouche a piqué ce jeune Allemand pour qu'il vienne agiter notre pays ? Seule contre tous (mais vous savez que mon tort est d'avoir raison trop tôt), je vous l'ai déjà dit: Avant d'être révolutionnaire, écolo, ou green, Cohn-Bendit est juif. Et les Juifs ne donnent pas au monde seulement des Mendès-France ou des Karl Marx, soucieux d'éthique et engagés pour la Justice sociale. On leur doit aussi, surtout aujourd'hui, des hommes comme D. Strauss-Kahn, qui chaque matin en se levant se demandent comment servir Israël. Oui, vous avez bien lu: Le chou-chou des Français, le technocrate qui orchestre sans état d'âme les politiques criminelles du FMI, rêve d'être Président de la France pour servir Israël. Et je le dis sans ambages: En tant que citoyen juif, et vous le savez aussi il y a autant de Juifs que d'opinions (1), D. Cohn-Bendit, pour moi, sert les intérêts d'Israël. Si vous préférez, c'est une "taupe" engagée par cet Etat pour faire triompher ses idées, quel que soit le Parti. Quelles idées ? D'abord, tuer politiquement le Gl de Gaulle, coupable d'insoumission à l'Ordre voulu par Israël, par l'indépendance de sa politique, par ses choix pro-arabes, par ses réserves exprimées face au monde de l'argent. Objectif atteint par le "sympathique" rouquin. Un de chute ! Et dans la foulée, Israël, en coulisses, a empêché l'élection à la tête de la France du "dauphin" de Jacques Chirac, D. de Villepin, un autre réfractaire aux errements de la politique hégémonique de l'Amérique - par amour pour la France et pour une certaine idée de la politique ! Israël, faut-il le rappeler, via le CRIF, a empêché Nicolas Sarkozy de choisir Hubert Védrine comme Ministre des Affaires Etrangères, trop indépendant, et il a contribué à l'installation à ce poste décisif du néoconservateur Bd Kouchner, fervent partisan de la guerre contre l'Irak et d'une France intégrée dans l'OTAN. 

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Et Cohn-Bendit nous revint. Pour un autre événement décisif, les élections législatives de 2009, qui virent la Gauche reprendre quelques couleurs. Mais pas grâce à ce sinistre personnage. Non content de terrasser une autre figure bien française, très indépendante, François Bayrou - pourtant après avoir grimacé lors d'une émission mémorable d'Arlette Chabot, vous savez la fidèle adjudant de N. Sarkozy à FR2, et après s'être vautré dans des postures nauséabondes face au digne fondateur du MODEM -, le bouillonnant et populiste green libéral sema la zizanie à Gauche, contribua à l'affaiblir en faisant monter artificiellement le score des Verts entre-temps mués, sous sa houlette, en une Europe-Ecologie de moins en moins vert-rouge et de plus en plus sociale-démocrate alignée sur la Pensée unique en la teintant juste d'un peu d'écologie pour contribuer ensuite à sa consolidation. Avec une idée dans la tête, devenir le cas échéant la roue de secours du libéralisme en faillite, impopulaire, discrédité, exsangue. Machiavel pas mort ! Et je persiste et je signe, en tant, certainement, que sous-marin d'Israël pour à nouveau orienter la politique française dans le sens voulu par cet Etat: Moins verte, moins rouge, moins pro-palestinienne, plus sociale-libérale, plus impériale, plus alignée. Du grand art ! De quoi signer la fin définitive de l'idéal socialiste, des aspirations des Verts-Rouges, de la politique indépendante vis-à-vis de l'Empire anglo-saxon et israélien.   


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Aux Verts, mes amis...

Mon idéal à moi concilie le meilleur du Gaullisme - rassemblement, indépendance nationale, nation forte, une certaine politique étrangère... -, le meilleur de la Gauche anti-libérale, celle qui par exemple triompha avec le programme du CNR, du Conseil National de la Résistance élaboré par le gratin des Résistants et des communistes, entre autres -, et une orientation résolument verte. En ce nom, je m'adresse aux ex-Verts-Rouges aujourd'hui enrôlés sous la bannière de Machiavel-D. Cohn-Bendit. Pour les mettre en garde ! Avant qu'ils ne sombrent dans un magma gluant rose pâle-vert Grenelle de l'environnement...

Les écologistes français, c'est d'abord, aujourd'hui, un formidable leader, Cécile Duflot, si femme et en même temps d'une énergie toute masculine, capable de tenir tête à un aéropage d'adversaires politiques, fraîche et sincère - songez à sa spontanéité lorsqu'elle a ri au nez de Laurent Wauquiez rappelant que Sarkozy, lui, tenait ses promesses : "Quoi, lui tenir ses promesses, vous plaisantez !" Pas la langue de bois, la demoiselle, un régal ! -, profondément verte et bien décidée à ne pas affadir le rouge qui va si bien aux écologistes, et surtout, une authentique femme de conviction, enthousiaste, déterminée, et bien déterminée à maintenir le cap d'origine ! A ses côtés, un José Bové ardent défenseur de causes existentielles, engageant le devenir de l'humanité, et une Eva Joly faisant honneur à la Justice... sans parler de tous ceux qui, un jour ou l'autre, se sont engagés avec force pour défendre la cause des Ecologistes authentiques, vraiment verte et rouge, comme l'incontournable Noel Mamère. Voilà les Verts que nous apprécions !

Alerte, amis ! Après avoir transformé les Verts-Rouges en Europe-Ecologie - pourquoi "Europe", d'ailleurs ? Pour nier notre pays, pour noyer l'identité de la France dans le bourbier européen tremplin du monstrueux Nouvel Ordre Mondial totalitaire au service des Grandes banques ? -, la taupe d'Israël et, finalement, du libéralisme - teinté de vert pour le perpétuer - , cette taupe-là, D. Cohn-Bendit, travaille désormais, apès avoir contribué à tuer le Gaullisme et le Centrisme, à unir en un tout les Ecologistes et les "socialistes", au sein d'une "coopérative", tremplin d'un futur Parti unique social-démocrate et verdâtre qui n'aura rien à envier aux Démocrates américains. L'objectif réel est-il le bi-partisme comme celui d'Outre-Atlantique, Janus à face ultra-libérale ou à face libérale teinté d'un peu de social et de quelques préoccupations en matière d'environnement ? Préparant au final l'avènement du Parti Unique du Nouvel Ordre Mondial soi-disant soucieux des intérêts du monde, en réalité de ceux d'une minorité d'arrivistes cupides et psychopathes...

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Amis Verts, allez-vous laisser torpiller vos idéaux pour les unir au destin d'un PS de moins en moins socialiste et de plus en plus libéral à la solde, finalement, de l'Empire noyauté par les Anglo-Saxons et les Israéliens, et bientôt au service des guerres impériales décidées par l'OTAN contre des Etats souverains comme l'Iran, le Vénézuela, la Russie, la Chine... pour des motifs uniquement de prédation et d'hégémonie ? Allez-vous accepter de perdre votre identité et même votre âme au sein d'une "Coopérative" ambigue, incolore, inodore, et sans saveur verte et rouge ? Allez-vous laisser longtemps Cohn-Bendit l'Allemand certainement au service d'Israël décider des contours de la politique, de l'avenir de la France, et de votre Parti ? Il est temps de retrouver votre liberté, votre idéal, et de ne pas le pervertir dans des aventures incertaines, ambigues, alignées sur la Pensée Unique militaro-financière ! Resaisissez-vous, ne laissez pas Cohn-Bendit prendre les rênes de VOTRE mouvement ! Il est une locomotive populaire ? Vous savez bien que ce sont des Médias vendus aux Puissants qui font et défont les popularités, au gré de leurs intérêts ! Gardez le cap, ne vous embourbez pas dans les projets fumeux d'un Cohn-Bendit qui n'a pas à décider de l'avenir de la France ! Vous savez bien, aussi, que les Maîtres du monde choisissent de bons communicants, comme Sarkozy ou Terminator en Californie, ou des personnalités plaisant à la "masse", comme Georges W. Bush ou Cohn-Bendit, pour défendre leurs intérêts !

Oui à une grande Fédération des partis de Gauche, chacun gardant son autonomie, oui à l'union électorale, mais pas à la fusion comme, à terme, les Cohn-Bendit vous l'imposeront ! Gardez votre identité, votre personnalité, vos idéaux, ne les laissez pas affadir par un sous-marin d'Israël, du Libéralisme ou du Nouvel Ordre Mondial totalitaire !

Ainsi, à travers la personne et les projets de Cohn-Bendit, c'est en réalité l'avenir politique de la France qui se dessine. Et cet avenir doit rester multiple, au lieu de devenir un bourbier totalitaire !

"Il est temps d'être actifs avant d'être radio-actifs", disaient, en leur temps, les militants anti-nucléaires; J'ose le dire: Il est temps d'agir si vous voulez préserver une certaine idée de la politique, autonome, multiple, verte, et rouge.

Eva R-sistons à l'intolérable

(1) http://r-sistons-actu.skynetblogs.be/archive-day/20080321


TAGS: Verts, Europe-Ecologie, D. Cohn-Bendit, Cécile Duflot, Noël Mamère, Eva Joly, José Bové, libéralisme, Gaullisme, Social-Démocratie, A. Chabot, nucléaire, OTAN, Empire, Israël, Juifs, Vénézuela, Iran, Russie, Chine, médias, Kouchner, Centre, PS... 

A lire, les commentaires ici :http://www.alterinfo.net/Cohn-Bendit-taupe-d-Israel_a44191.html?com#comments


Rappel de l'épisode DCB-Bayrou:

Cohn-Bendit traite Bayrou de minable,
Bayrou ressort la pédophilie de Cohn-Bendit:

Le_grand_bazar Dans la vidéo ci-après, Cohn Bendit commence à dire à Bayrou qu'il est minable. Bayrou ressort la complicité entre Cohn-Bendit et sarkozy (sarkozy téléphone souvent à Cohn-Bendit l'invite souvent à déjeuner). Cohn-Bendit parle d'ignominie de Bayrou et Bayrou ressort à Cohn-Bendit ses écrits "pédophiles" (le livre de Cohn-Bendit Le Grand Bazar (Belfond, 1975), raconte ses activités d’aide-éducateur dans un jardin d’enfants  « Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : "Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d'autres gosses ?" Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Et ailleurs : « J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi ». )

Aubry et Bertrand, avec leurs airs satisfaits s'offusquent ... pourtant il y aurait aussi à dire sur eux non ?

Les médias au service de l' UMP montent ce matin l'affaire en épingle, alors même qu'on voit clairement sur la vidéo que personne ne s'énerve vraiment. le ton est loin d'être aussi élevé que quand sarkozy s'énerve.

Les médias au service de l' UMP (et ça a commencé avec la servante Chabot pendant l'émission) montent l'affaire car il se pourrait bien que le parti de Bertrand le franc maçon fasse moins de 25% avec en plus une très forte abstention..
 

http://r-sistons.over-blog.com/article-alerte-cet-homme-est-dangereux-d-cohn-bendit-lettre-aux-verts-47272782.html


Sarko26'.jpg
http://laplote.blogs.courrierinternational.com/
Alice au pays des merveilles fait la gueule..



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Par défaut Cohn-Bendit va déjeuner à la chambre de commerce France-israël

Cohn-Bendit va petit-déjeuner
à la chambre de commerce France-israël !

Deux mois après les crimes de guerre et crimes contre l’Humanité commis à GAZA


Lettre ouverte à Daniel COHN-BENDIT

Objet : Ton petit déjeuner à la Chambre de Commerce France-Israël
Le 4 mars 2009 Copie : Cécile DUFLOT

Bonjour

Tu as visiblement décidé de répondre à l’invitation pour un petit déjeuner débat à la Chambre de Commerce France-Israël le 18 mars prochain.

Une première curiosité m’apparaît : qu’y a-t-il de si important pour un écologiste à se rendre à une rencontre d’une chambre de commerce dont le but principal est la promotion du bizness Franco-Israélien ?

La Chambre de Commerce France-Israël n’est pas autre chose qu’une officine active du lobby pro israélien en France. La promotion des relations commerciales constitue le vecteur politique de soutien à l’Etat d’Israël. Un petit tour sur le site finit de convaincre du caractère militant et idéologique de cette Chambre. Nous avons vu, à Lyon, la structure locale organiser un colloque dont la vedette … n’était autre qu’un marchand d’armes israélien.

Deux mois après les crimes de guerre et crimes contre l’Humanité commis à GAZA, il est particulièrement insupportable d’imaginer que tu puisses aller discourir dans les salons de la Chambre de Commerce France-Israël.

A l’heure où l’Eurodéputée verte Hélène Flautre, avec des dizaines de membres du Parlement Européen, réactive la nécessité de la suspension de l’accord d’association Europe/Israël, il est inenvisageable que tu te rendes à l’invitation du 18 mars.

Nous comprenons bien que les thuriféraires de l’Etat d’Israël aient besoin de rompre leur isolement après les crimes commis, inutile de leur servir la soupe.

D’autant que partout en Europe monte une campagne de boycott, désinvestissements et sanctions.

Nous pensons que seules des pressions fortes sur Israël sont à même d’obliger cet Etat à prendre enfin le chemin de la paix. Seules de vastes campagnes et la pression des Etats sont à même d’imposer la seule option politique, un Etat palestinien, sûr et reconnu dans les frontières de 1967.

En tant que tête de liste « Europe écologie » tu as la responsabilité de ne pas entacher cette liste de relations inappropriées avec les soutiens inconditionnels à l’Etat d’Israël.

Je te demande solennellement d’annuler ton déplacement à la Chambre de Commerce France Israël.

Reçois mes salutations vigilantes.

Jérôme FAYNEL

Adhérent des Verts du Rhône

NB : Le 10 juillet 2008, au Parlement Européen tu t’es adressé à Sarkozy "C’est une honte, c’est minable d’aller à l’ouverture des Jeux olympiques. Le parti communiste chinois est en train de gagner. Plus les Chinois sont durs, plus vous vous mettez à genoux, plus ils sont les vainqueurs" … Autres lieux, autres mœurs !

http://www.bladi.net/forum/194688-cohn-bendit-dejeuner-chambre-commerce-france/
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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 23:44

Dernières manœuvres avant le sommet de l’Union européenne

Voulez-vous du Nouvel Ordre Mondial et de la gouvernance mondiale pour perdre votre souveraineté nationale et être placés sous dictature de l'oligarchie financière mondiale ? Oui ou non ?

Parce que nous y allions tout droit selon les voeux de Sarkozy et de ses Maîtres !

Ouvrez les yeux !

Nous sommes sous occupation US depuis quelques décénnies, la guerre a changé de visage, nous sommes en guerre financière, économique et biologique.
Les peuples sont les ennemis des dirigeants et il faut à tout prix les éliminer d'une manière ou d'une autre !

Ne vous fiez pas au leurre des élections car personne ne viendra vous défendre.
Que vous ayez voté à droite ou à gauche, même combat, cela ne changera rien à la poursuite de leurs plans machiavéliques.

Il faut à tout prix sortir de l'Europe la prison des peuples Européens !

Dernières manœuvres avant le sommet de l’Union européenne

Article placé le 23 mar 2010, par Mecanopolis

A deux jours du sommet de l’Union européenne, le vice-Premier ministre grec Théodoros Pangalos a accusé l’Allemagne de spéculer contre la Grèce afin d’en faire profiter ses exportations. De son côté, Herman Van Rompuy a convoqué ce soir « un sommet de la zone euro juste avant le conseil européen, pour parler de la gouvernance économique de l’Europe »  


L’Allemagne permet à ses banques de « spéculer contre les obligations grecques », a accusé lundi à Athènes le vice-Premier ministre grec Théodoros Pangalos lors d’un forum sur les investissements.

« Ce qui est derrière la position allemande, c’est le calcul qu’en spéculant contre les obligations » grecques « et en permettant aux institutions monétaires et de crédit de participer à ce jeu misérable, des gens en Allemagne gagnent de l’argent », a indiqué M. Pangalos.

« Tandis que les pays du sud de l’Europe souffrent de la baisse de l’euro, les exportations allemandes profitent de la baisse » de la monnaie européenne, a-t-il encore ajouté. (Belga)

Ne soyons pas dupe : le vice-ministre grec, qui se réveille deux jours avant le sommet de l’UE, ne nage pas à contre-courant. Ses accusations, même si elles sont objectivement vraies, ne sont qu’une manche supplémentaire d’une « partie de poker menteur » auquel se livrent Berlin et Athènes depuis 10 jours (lire notre article du 18 mars), par lequel l’Allemagne pose les derniers jalons du leadership de sa politique économique.

D’ailleurs, en fin d’après-midi, Berlin a laissé entendre pour la première fois qu’elle pourrait accepter une aide à la Grèce. A une condition toutefois : les pays de l’Union européenne doivent accepter de négocier de nouveaux mécanismes permettant de s’assurer d’une discipline budgétaire effective au sein de la zone euro, soit l’extension des mesures prises en Grèce à l’ensemble des pays de l’UE. Selon plusieurs sources, la France et l’Allemagne travaillent à une position commune sur ce mécanisme d’aide et la gouvernance économique future de la zone euro. Voilà qui laisse le champ libre au projet cher à Herman Van Rompuy (lire Le plan secret du président du Conseil européen Herman Van Ronpuy)

Van Rompuy en embuscade

Voici ce que nous écrivions jeudi dernier, sur Mecanopolis : « Au final, les jeux sont faits et les plans déjà établis : l’Europe payera pour la Grèce et pour tous les autres pays en difficultés qui, malheureusement, ne manqueront pas de se présenter. Le prochain sommet de Bruxelles entérinera le projet de « gouvernance économique » (peu importe le nom qu’il portera), du président du Conseil européen Herman Van Rompuy, préparé ces dernières semaines dans les coulisses de l’Eurogroupe par Jean-Claude Juncker. » (lire Partie de poker menteur entre l’Allemagne et la Grèce)

Herman Van Rompuy confirmait ce soir son intention de « convoquer un sommet de la zone euro juste avant le conseil européen, pour parler de la gouvernance économique de l’Europe ». « Il en discutait depuis le début de la semaine avec ses interlocuteurs » en vue de trouver une solution à la question de l’aide à la Grèce, avant le sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de toute l’UE prévu jeudi en fin d’après-midi à Bruxelles. (AFP)

Plus tôt dans la journée, lors d’une conférence de presse conjointe, à Paris, Nicolas Sarkozy et le président du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, ont également appelé à une réunion de l’Eurogroupe au niveau des chefs d’État et de gouvernement, pour débattre de la… gouvernance économique de la zone euro. (Reuters)

Les dernière manoeuvres avant le sommet de l’Union européenne voudraient faire croire que, tous les jours, les dirigeants européens improvisent pour répondre à l’urgence de situations inattendues, alors que n’importe quel observateur un tant soit peu attentif peut en faire la prévision. Quand, par des procédés confusionnistes, des informations de ce genre nous parviennent, le principal n’est pas de se demander comment les choses se passent, mais plutôt d’étudier en quoi elles se distinguent de tout ce qui est arrivé jusqu’à présent.

Comme l’écrivait un auteur que nous avons beaucoup lu dans notre jeunesse « L’imbécilité croit que tout est clair quand la presse a montré une belle image, et l’a commentée d’un hardi mensonge. La demi-élite se contente de savoir que presque tout est obscur, ambivalent, « monté » en fonction de codes inconnus. Une élite plus fermée voudrait savoir le vrai, très malaisé à distinguer dans chaque cas singulier, malgré toutes les données réservés et les confidences dont elle peut disposer. C’est pourquoi elle aimerait connaître la méthode de la vérité, quoique chez elle cet amour reste généralement malheureux. »

 

http://www.mecanopolis.org/?p=15320 http://www.marcfievet.com/article-europe-vous-avez-dit-europe-47332140.html




Crise financière : les "Banksters" Créer des problèmes pour trouver les solutions !!! La solution ? L'instauration du Nouvel Ordre Mondial dit économique et financier ! La banque Lehman Brothers a bénéficié de la complicité du Trésor américain et de la Fed pour masquer ses pertes, en détournant des outils financiers déjà louches... Lehman Brothers : fraude GIGANTESQUE pour masquer http://www.dailymotion.com/swf/video/xcl7sq 2 / 2 Max Keiser sur Goldman Sachs (S/T) http://www.dailymotion.com/video/xah6hi_2-2-max-keiser-su... Crise financiere : les "Banksters" : Le Pouvoir Mondial Le Pouvoir Mondial

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