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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 02:22
PARTI SOCIALISTE
NOUVELOBS.COM | 26.02.2010 | 14:50

Dans une biographie réactualisée, "Madame Royal", épingle son propre parti, Nicolas Sarkozy et Martine Aubry en affirmant : "je suis libre" !

(Reuters)

 

(Reuters)

 

L'ex candidate PS à la présidentielle, Ségolène Royal, épingle son propre parti, le Parti socialiste, Nicolas Sarkozy et Martine Aubry en affirmant: "je suis libre", "je ne me plierai pas à des modèles qui ne sont pas les miens", dans une biographie réactualisée "Madame Royal".
Dans cet ouvrage publié aux éditions Jacob-Duvernet, l'auteur Daniel Bernard relate une entrevue datée du 2 février 2010 avec la présidente de la région Poitou-Charentes.
Estimant que le "hors-système est devenu le système", elle observe qu'il "vaut mieux avoir le soutien d'un parti", mais ajoute-t-elle "le parti peut aussi vous détruire".

"En pleine campagne (présidentielle de 2007, ndlr), un ancien Premier ministre a dit que je n'avais ni les qualités humaines, ni les qualités politiques pour assumer la fonction présidentielle. Ces propos de Jospin étaient bien pires que toutes les déclarations de Georges Frêche, mais il a provoqué moins d'émotion! Pendant ce temps d'ailleurs le premier secrétaire en fonction (François Hollande, ndlr) il était où ?".

"Je suis libre"

"Je suis libre. C'est ma force, je ne me plierai pas à des modèles qui ne sont pas les miens", prévient Ségolène Royal.

Elle ne croit guère aux indices de popularité : "Jacques Chirac a beau être très populaire aujourd'hui, je ne suis pas certaine qu'il serait élu dans une petite commune rurale!". Et d'ajouter: "il suffit d'un rien pour regagner une crédibilité. Une phrase, une posture juste dans un événement et ça peut aller très, très vite".

De la première secrétaire du PS, elle dit : "Vous saviez que Martine Aubry est membre du Siècle (un club qui organise un dîner mensuel rassemblant des personnalités du monde des affaires, de la politique et des médias, ndlr)".
"J'ai même lu", ajoute-t-elle, "qu'elle siégeait au conseil d'administration. Elle consulte aussi le même conseiller que Nicolas Sarkozy, Alain Minc !".
Ségolène Royal épingle aussi le chef de l'Etat: "Il est au coeur d'un réseau communautariste formé par les grands bourgeois liés par l'argent et le mode de vie, dans une évidente consanguinité".


http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20100226.OBS8138/nouvelle_attaque_en_regle_de_royal_contre_le_ps.html
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 01:59


La lettre du lab n°4
«Plaidoyer pour la justice sociale»

Entretien croisé

Dans L'Esprit de Philadelphie (Seuil, 2010), remarquable essai au carrefour du droit, de la sociologie et de la philosophie politique, Alain Supiot remet au centre des préoccupations la notion de justice sociale malmenée par les mirages de la quantification et les croyances illusoires dans les lois du marché. Un ouvrage instructif, un ouvrage juste, un ouvrage pour réfléchir.

Alain Supiot, professeur de droit, directeur de l'Institut d'études avancées de Nantes, et Alain Vidalies, spécialiste du droit du travail, député des Landes et Secrétaire national du Parti socialiste en charge du travail et de l’emploi, reviennent avec nous sur les dangers du marché total et les voies nouvelles de la justice sociale.

Vous pouvez consulter la version intégrale de cet entretien ici




« L'esprit de Philadelphie » dresse un tableau plutôt sombre des dernières décennies entre la soumission du droit aux « lois de l'économie » et le retour à une société où « les hommes jouent le rôle des choses ». Quels enseignements doit-on aujourd'hui tirer de cette histoire récente peu reluisante et quel doit être le rôle de la gauche aujourd'hui ?

Alain Supiot

Alain Supiot : Le plus accablant est le retour de la croyance dans des lois immanentes qui gouverneraient le destin des hommes. C’est ce type de croyances qui a conduit aux grands désastres du XXème siècle et c’est contre elles que se sont élevés à la fin de la seconde Guerre mondiale les auteurs de la Déclaration de Philadelphie ou de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. La foi dans un ordre spontané du marché est un avatar de cette croyance profondément ancrée dans l’imaginaire de l’occident, hanté depuis maintenant deux siècles par le rêve de substituer l’administration des choses au gouvernement des hommes. L’enseignement à en tirer, en 2010 comme en 1944, est d’abord que les hommes ne sont pas des objets programmables mais des sujets libres, qu’ils ne se « comportent » pas, mais qu’ils agissent, que leur avenir n’est écrit ni dans un livre sacré ni dans le grand livre de la nature ou du génome, mais dépend de leur capacité à penser un monde plus juste et à le faire advenir. La différence avec 1944 est que les occidentaux ne sont plus les maîtres du monde, ce qui leur donne une chance, s’ils se mettent à l’écoute de ce que vivent et pensent les autres, de renouer avec le meilleur de leur tradition et de contribuer à l’édification d’un ordre international alliant liberté individuelle et sécurité économique.


lire la suite de la réponse d’Alain Supiot en cliquant ici

Alain Vidalies

Alain Vidalies : Le tableau n'est pas sombre, il est réaliste. Les rappels d’Alain Supiot sur la naissance d'un nouvel environnement idéologique, sur la remise en cause des enseignements que les hommes avaient tirés des grandes crises du XIXème et du XXème siècle, sont précieux et indéniables. Cette remise en cause a été, au fond, une histoire accélérée : démantèlement des mécanismes de solidarité, démantèlement du droit du travail, démantèlement des services publics, etc.


lire la suite de la réponse d’Alain Vidalies en cliquant ici

 

L'ouvrage met également en lumière le rôle de l'Union Européenne dans ce grand renversement, en insistant particulièrement sur la mise en concurrence des droits nationaux à laquelle a fortement contribué la Cour de justice des communautés européennes. Aujourd'hui, l'Union Européenne peut-elle encore faire partie de la solution ?

Alain Supiot

Alain Supiot : Elle doit en faire partie. Tant de sang a été versé depuis deux siècles sur l’autel des États, qu’il faudrait être amnésique pour souhaiter le retour de la figure de l'État souverain. Mais c’est faire pareillement preuve d’un singulier aveuglement que de croire en un possible recul des passions nationales dans une Europe qui n’est plus capable que de détruire les solidarités nationales sans parvenir à construire des solidarités nouvelles entre les peuples qui la composent. Or c’est bien cette destruction qui est à l’œuvre depuis l’élargissement raté de l’Union aux pays postcommunistes. Se détournant de l’objectif « d’égalisation dans le progrès » qui figure dans le Traité, la Commission et la Cour de justice européenne ne semblent plus avoir aujourd’hui d’autre but que d’attiser la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle de l’Europe et du monde. La xénophobie a toujours servi d’exutoire commode aux régimes qui précipitent des masses humaines entières dans l’insécurité et la paupérisation. Ce risque d’un retour aux passions identitaires est aujourd’hui accru par la conversion à grande échelle d’un abîme sans fond de dettes privées, en une montagne gigantesque de dettes publiques. Présenter la note de la faillite des politiques ultralibérales aux classes moyennes et populaires ne pourra qu’attiser un sentiment d’injustice sociale déjà vivement ressenti dans le monde du travail. Il sera alors tentant de généraliser la recette déjà utilisée aujourd’hui en matière d’immigration, qui consiste à organiser d’une main la mise en concurrence internationale des travailleurs et de l’autre à désigner l’ « étranger » comme responsable de l’insécurité sociale.


lire la suite de la réponse d’Alain Supiot en cliquant ici


 

Alain Vidalies

Alain Vidalies : La démonstration que fait Alain Supiot du rendez-vous manqué de l'élargissement de l'Europe par l'abandon du contenu social qui préexistait dans son organisation est particulièrement intéressante. Cela ne signifie pas pour autant que l'Europe sociale soit condamnée. Il n'y a, au fond, rien d'irrémédiable, c'est une simple question de volonté politique : il suffit que l'UE et les 27 pays admettent que la libre circulation des marchandises n'est pas une fin en soi et que le respect des règles environnementales et sociales doit rester un principe indépassable, même dans une économie de marché.

Pourquoi n'y aurait-il pas aujourd'hui, dans l'ensemble de l'Europe, cette réaction ? C'est une question essentielle sur le plan politique et c'est même sans doute ce qui manque à l'Europe actuellement : une identité commune d'un projet de société.


lire la suite de la réponse d’Alain Vidalies en cliquant ici

Une des forces de l'ouvrage est de montrer comment l'esprit de Philadelphie a été enterré par la subordination de la justice sociale et du droit positif aux lois soi-disant « immanentes » du Marché et de l'économie. Peut-on imaginer que la solution du problème soit dans son origine, que c'est à travers le Droit que l'on pourra renouer avec l'esprit de Philadelphie ?

Alain Supiot

Alain Supiot : Ce tournant est non seulement possible, il est inévitable. Considérer le droit et les institutions comme des « produits » en compétition sur un Marché devenu total ne peut signifier à terme que la disparition des cadres juridiques sans lesquels les marchés eux-mêmes ne peuvent fonctionner. Les marchés reposent sur des bases institutionnelles que trente années d’ultralibéralisme se sont employées à saper méthodiquement en déréglementant les marchés financiers et en mettant en concurrence les législations sociales et environnementales. Il était prévisible, d’un simple point de vue juridique, que les marchés financiers, dont la déréglementation avait été poussée le plus loin, seraient les premiers à s’effondrer. L’état de droit (rule of law) est incompatible avec le marché du droit (law shopping). Un vrai contrat ne peut se former que si les parties qu’il oblige sont placées sous l’égide d’un garant du respect de la parole donnée. En l’absence d’un tel garant, le contrat ne signifie rien d’autre que la loi du plus fort. De même, le droit de propriété n’est pas un rapport binaire entre un homme et une chose car son exercice suppose lui aussi l’existence d’un tiers qui garantisse que la propriété de chacun soit respectée de tous. Lorsque cette condition vient à manquer, si par exemple l’État est défaillant ou corrompu, la fiction d’un lien attachant une chose à un homme et à un seul n’est plus tenable. Les liens de dépendance entre les hommes reviennent alors au premier plan et les faibles doivent faire allégeance aux forts pour ne pas être tués ou dépouillés de leurs maigres possessions.


lire la suite de la réponse d’Alain Supiot en cliquant ici

Alain Vidalies

Alain Vidalies : Dans le cadre d'une mondialisation que personne ne peut gommer, il y a en effet deux types de réponses possibles : d'une part, la constitution d'espaces comme l'Europe qui peuvent affirmer une identité et des règles spécifiques face à la libre circulation des marchandises et, d'autre part, le Droit. L'idée de recréer de la norme internationale, y compris de la norme sociale, me paraît aujourd'hui une réponse majeure. Je citais tout à l'heure l'exemple particulier de la traçabilité des produits mais, de manière plus générale, une réponse à travers le droit se fonde sur la même démarche : affirmer que les normes environnementales et sociales internationales sont un préalable au mouvement des marchandises et des capitaux.

Néanmoins, la question n'est pas seulement juridique, elle est également politique. La phrase de Denis Kessler – citée dans l'ouvrage - suggérant de se « défaire méthodiquement du programme du Conseil national de la Résistance », illustre d'ailleurs parfaitement cette double nature. Aujourd'hui, on invente de nouveaux concepts, par exemple celui de la « flexicurité » pour justifier juridiquement la précarité.

lire la suite de la réponse d’Alain Vidalies en cliquant ici

Propos recueillis par Pierre Boisson


Edito
Revue de web la quinzaine du lab 25.2.2010



Marylise Lebranchu

Dans un article au titre explicite, «Adieu 1945», l’ex-vice président du MEDEF Denis Kessler a donné la clé de la politique du gouvernement Sarkozy-Fillon : « La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » Quelle entreprise de destruction dissimule moins ses buts que celle-ci ? Liberté de la presse, paritarisme, Sécurité sociale (toutes branches), fonction publique, entreprises de service public… tout y passe depuis 2007.

 

Les gains qu’attend le gouvernement de la démolition, appartement par appartement, de notre édifice commun sont plus qu’hypothétiques. D’ailleurs aucune étude d’impact budgétaire ou économique n’appuie ses décisions, nourries surtout par un esprit de revanche. Le coût d’une telle entreprise, on le devine déjà. Il ne se chiffre pas seulement en déficits publics et en manque de croissance. Il se lit dans les territoires – fermetures d’hôpitaux, de classes, dues non pas au manque de besoin mais à la restriction des postes. Il se lit dans l’autocensure des médias. Il se lit dans la démobilisation des fonctionnaires de l’État sur le terrain.


Le coût le plus lourd est cependant la désagrégation progressive de notre « compromis social »
qui seul donne un sens au mot solidarité. Nous devons certes répondre à la question du comment ? Comment financer la Sécurité sociale. Mais la question fondamentale est celle du pourquoi ? Pourquoi payer pour les autres.


Le livre d’Alain Supiot nous est précieux car nous devons refonder un « compromis social » contemporain, qui soit aussi visionnaire et juste que celui de 1944.

Marylise Lebranchu, Députée du Finistère, membre de l’équipe d’animation du Laboratoire des idées


la quinzaine du Lab : un aperçu

  • Le groupe « Nouvelles familles » auditionne Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste et spécialiste de la bioéthique, sur les questions de procréation
  • Le groupe sur les services publics personnalisés continue son travail théorique et l’illustre avec une deuxième étude de cas, sur la dépendance, avec Charlotte Brun, Secrétaire nationale aux personnes âgées
  • Après l’audition de Denis Paget sur “socle commun et culture commune” le groupe Éducation « savoirs et émancipation » débat sur ses propositions et les prolongements à leur donner
  • Le groupe « pour une nouvelle politique de santé mentale » entend Serge Kannas, psychiatre, coordinateur de la MNASM, sur l’Organisation de la santé mentale, et Jean-Luc Roelandt, psychiatre, EPSM Lille Métropole, sur les comparaisons européennes
  • Second séminaire du groupe qui travaille sur les « biens communs européens »
  • Le groupe Lab/Secrétariat national à la réforme de l’Etat s’intéresse à l’enjeu des finances publiques
  • Le groupe « Eau, les bonnes pratiques » auditionne Anne Le Strat, présidente d’Eau de Paris et présidente d’Aqua Publica Europea
  • Le groupe « L'autre économie » travaille sur le périmètre de l'économie sociale -les nouveaux besoins-
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 01:53

pinocchio.jpgLa France est en passe de dépasser les 5 millions de chômeurs en 2010.

 

Ne vous appuyez pas sur ce qu’on vous présente aux JT.

 

Il y avait le 31 décembre 2009, 4.690.000 chômeurs en France métropolitaine.

 

Car il faut comptabiliser toutes les formes de chômage :

 

  • Les chômeurs sous indemnité : 2,665 millions
  • Les chômeurs dispensés de rechercher un emploi : 536.000
  • Les chômeurs à temps partiel : 1,201 million
  • Les chômeurs en contrat aidé (contrat Borloo) : 290.000

 

C’est une progression de 17,6% pour l’année 2009. 701.000 chômeurs de plus pour être exact.

 

Cela fait 2000 chômeurs par jour en plus.

 

Au même moment, on apprend que la loi sur les heures supplémentaires constitue un manque à gagner pour l’emploi de 387.000 postes.

 

Et aujourd’hui, l’Express annonce que chaque mois, 6000 dossiers de demandes de RSA sont déposés par des agriculteurs…Sur les six derniers mois, 40.000 dossiers RSA sont venus s’ajouter aux 19.000 dossiers RMI du monde agricole qui existaient déjà.

 

On comprend que pour ne pas trop en parler, l’UMP préfère se payer des Ali Soumaré et des débats sur l’identité nationale et la burqa !

 

Merci Sarkozy !


Auteur : Milton Dassier - Source : Milton Dassier sur l'actu


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=11291
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 01:40
Vaccinfolle

Grippe: l'OMS recommande que le H1N1
soit intégré au futur vaccin saisonnier


[ 18/02/10  - 15H16 - AFP  ]

© AFP/Archives - Mustafa Ozer


L'Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit que le virus pandémique H1N1 continue de circuler l'hiver prochain dans l'hémisphère nord, mais préconise désormais de l'intégrer dans le futur vaccin contre la grippe saisonnière, a-t-elle indiqué jeudi.

Alors que l'apparition du virus déclaré première pandémie de grippe du siècle a donné lieu à la production massive d'un vaccin séparé avant l'hiver, l'OMS recommande pour 2010-2011 la production d'un seul vaccin protégeant contre tous les virus de grippe en circulation.

L'organisation onusienne prévoit que trois virus, le H1N1 mais aussi le H3N2 et le B déjà présents cet hiver continuent "de cohabiter en 2010-2011 dans l'hémisphère nord avec une probabilité que le virus pandémique de 2009 domine".

Elle "recommande" en conséquence que le "virus pandémique soit intégré au futur vaccin de grippe saisonnière" avec le H3N2 et le B, a expliqué lors d'une conférence de presse le spécialiste des pandémies de grippe de l'OMS, Keiji Fukuda.

Cette décision a été prise à l'issue d'une réunion d'experts qui est chargée deux fois par an de faire des recommandations de vaccins de grippe pour le nord et le sud. En septembre, l'OMS avait déjà recommandé de ne plus faire qu'un vaccin saisonnier pour les pays du sud.

En mai, deux mois après l'apparition du virus d'un type inédit sur le continent américain, l'organisation avait estimé qu'un vaccin spécifique devait être consacré au H1N1, ouvrant une course contre la montre des laboratoires pour la fabrication du nouveau produit.

Alors que la grippe pandémique s'est révélée moins agressive que craint, nombre de pays occidentaux se sont retrouvés avec des surplus de vaccins qu'ils tentent désormais de revendre. Quelque 200.000 millions de personnes se sont vaccinées contre le H1N1 dans le monde, a précisé le Dr Fukuda. Un chiffre bien en deça de ce qui avait été anticipé par les gouvernements.

Une polémique est née de cette situation, certains accusant l'OMS de connivence avec les laboratoires pour la production de ce vaccin spécifique, ce que l'organisation onusienne n'a cessé de démentir.

Interrogé sur le sort de ces gigantesques stocks, le Dr Fukuda a reconnu que tous les vaccins H1N1 déjà conditionnés ne pouvaient être réutilisés. Les laboratoires ont en revanche "en théorie" la possibilité de se servir du produit en vrac, a-t-il assuré.

Relevant que la propagation du virus qui a fait plus de 15.000 morts depuis son apparition en mars 2009 a globalement marqué le pas dans le monde, le responsable de l'OMS a tenu à préciser que l'incorporation du H1N1 dans un vaccin saisonnier ne signifait pas la fin de la pandémie.

"Cette recommandation n'est pas une indication que la pandémie est terminée", a insisté le Dr Fukuda. Certaines poches de propagation existent encore, comme en Afrique de l'ouest et notamment au Sénégal et en Mauritanie.

Le comité d'urgence de l'OMS doit toutefois se réunir mardi pour déterminer si "le pic" de la pandémie est globalement passé, a-t-il ajouté.

http://www.lesechos.fr/depeches/medecine-sante/afp_00231654-grippe-l-oms-recommande-que-le-h1n1-soit-integre-au-futur-vaccin-saisonnier.htm%20

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 17:12
publié par plume (Graphiste) Aujourd'hui 13H45 



Avec la mort du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc), c'est encore un lieu d'expertise publique indépendante qui disparaît. Ne subsistent plus que des instituts très universitaires ou au service du pouvoir. Pourtant, les graves problèmes sociaux que nous subissons nécessiteraient d'être mieux connus.

 



Par Denis Clerc, fondateur d'Alternatives Economiques et conseiller de la rédaction.


En 1993, Edouard Balladur en avait rêvé. En 2010, Nicolas Sarkozy l'a fait : dans le silence général, le pouvoir a supprimé de facto le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC).


Lire la suite...
Ici ou dans l'onglet "Sur le site source"


Auteur : Denis Clerc - Source : http://www.alternatives-economiques.fr

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=11241
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 03:19
Vos droits en garde à vue, un minimum à savoir. (à faire circuler largement)

Vos droits en garde à vue,
un minimum à savoir
(à faire circuler largement)



Manuel des Droits en Garde à vue

(La garde à vue est à la mode,
alors servez-vous, c'est pour vous !
A consommer sans modération - Eva)



800 000 personnes selon le ministère de l’intérieur, 900 000 pour d’autres sources, ont été gardées à vue cette année en France. Acturevue a donc voulu rappeler les droits dont dispose chaque citoyen mis en garde à vue, pour que les 1 français sur 6 concernés puissent avoir une garde à vue légale.

Lorsque vous avez été interpellé ou que vous vous êtes rendu à une convocation puis enfermé, sachez que vous êtes privé de liberté pour une durée ne pouvant pas excéder 24h, à compter de l’interpellation, renouvelable une fois (soit 48h au total). Elle peut être de 4 jours pour une affaire de stupéfiants et de 6 jours en cas de terrorisme.

L’humiliation suprême
La fouille corporelle intime, n’est pas systématique, mais concerne la majorité des gardés à vue. Sachez que le principe veut qu’elle soit effectuée par un médecin et non un policier.

Les trois droits du gardé à vue
Tout suspect peut faire prévenir sa famille dans les trois heures (sauf si le procureur de la république, et seulement lui, veut différer l’appel), et demander un examen médical durant les premières 24h. Il peut contacter un avocat dès le début ou, si prolongation, après 24h. Seulement à la 72e heure pour les suspects de terrorisme et de trafic de stupéfiants.

Vous devez tout comprendre
La notification de la garde à vue et des droits ainsi que les auditions doivent être communiquées dans une langue que vous comprenez, et si nécessaire avec un interprète.
Si vous trouvez le silence plus beau que la parole…
Oui, vous pouvez garder le silence comme le suggère les innombrables séries américaines. Cela risque néanmoins de faire durer la garde à vue.

Ne consentez que si vous approuvez
Prenez le temps de relire vos déclarations, qui sont souvent le fruit insolite de vos émotions. Signez-les si elles reflètent fidèlement ce que vous avez déclaré et qu’elles sont en accord avec ce que vous aviez convenu de dire.

Zen, il faut rester Zen…
Faites respecter tous vos droits (voir un avocat, manger,voir un médecin, appeler la famille) mais avec le plus grand calme pour éviter toute accusation d’outrage et rébellion.

Le retard français
Selon deux arrêts récents de la Commission Européenne des Droits de l’Homme, un gardé à vue ne peut être interrogé sans avoir rencontré au préalable un avocat et sans être assisté par son « conseil » tout au long de la procédure. Ce qui n’est pas le cas en France, actuellement.

Et pour nos enfants ?
Après la polémique avec la garde à vue en« pyjama-jogging » d’une élève de 14 ans, sachez que les conditions de privation de liberté sont également soumises à des règles.
- Entre 16 et 18 ans, un mineur peut être gardé à vue24 heures, renouvelable une fois, et deux fois en cas d’infraction en bande organisée.
- De 13 à 16 ans, 24h, renouvelable une fois pour les délits ou crimes passibles de plus de 5 ans de prison.
- De 10 à 13 ans, 12h, renouvelable une fois pour les délits ou crimes passibles d’une peine de plus de 5 ans de prison.
- Les moins de 10 ans ne peuvent être ni retenus, ni gardés à vue.

L’arbre qui cache la forêt
Pour conclure, on ne saurait distinguer l’augmentation des gardes à vue des mineurs et le vote prochain d’un projet de loi qui renforce l’arsenal répressif de la France contre les mineurs. En effet, les gardes à vue, comme le remarque sur son blog, l’avocat Maître Eolas, explosent. Ce dernier songerait même à des consignes du gouvernement, pour faciliter l’adoption de mesure contre les mineurs. Quoi de mieux que de faire croire à une explosion de la délinquance, pour légitimer l’acharnement contre nos jeunes ?

Chiffres sales
68,5% des locaux de garde à vue ne disposent pas de lumière naturelle
97,4% n’ont pas de toilettes
88% n’ont pas de chauffage
17% des locaux sont désinfectés régulièrement
(Rapport de l’inspection générale de l’administration en 2008)

Note de TSS:
En fonction d'une expérience déjà longue dans ce domaine...

Pour ce qui concerne une interpellation, garde à vue, perquisition pour délit d'opinion.

- Toujours vérifier l'identité du responsable policier qui a l'obligation d'apporter la preuve de son identité (carte d'identité professionnelle).
Toujours vérifier la commission rogatoire, écrite, délivrée par un juge d'instruction, un procureur ou un substitut.
- N'avoir "rien à déclarer", en toutes circonstances, ne signer aucun procès-verbal, sauf éventuellement celui indiquant le début et la fin de la garde à vue.
- Ne pas oublier de demander la visite d'un médecin et d'un avocat (avoir toujours sur soi les tel. d'au moins 2 avocats, ou demander un avocat désigné d'office).
- Ne pas accepter de perquisition "à l'amiable" (avec votre accord). Exiger un ordre écrit (fax ou autre de l'autorité judiciaire) demandant une "perquisition coercitive".
-  Si les policiers ne se comportent pas "dignement" durant la perquisition, faire immédiatement déposer une plainte pour vol par votre avocat contre l'équipe policière qui a perquisitionné (disparition de bijoux, d'espèces, dépôt d'une arme ou de papiers à votre insu).
- Etre prêt à passer sereinement 48H en garde à vue. C'est une bonne expérience!
http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EkyVAluyuVEWtRVmio.shtml


 
Eva r-sistons
et son expérience personnelle
de la Police :



Moi, si ça m'arrive, une garde à vue, je serai ravie ! C'est un cadeau pour un(e) journaliste ! Une expérience fabuleuse à vivre et à raconter par le menu, oui haché bien menu ! Et vous pouvez compter sur moi pour mettre de l'ambiance, l'animation, c'est mon rayon ! Ah, ça ne sera pas mélancolique, je vous le garantis ! Quelle farandole !

Donc, j'ai un casier judiciaire vierge, je n'ai même pas un seul point de permis retiré ! La police, je la connais. D'abord, à Marseille, mes deux voisins  les plus sympathiques,  un Juif libéral et un non-croyant, étaient policiers: Ils faisaient de la prévention; On échangeait souvent. J'ai aussi eu affaire à la Police à quatre reprises: Plainte pour vol de ma carte bleue en Espagne, rien à signaler; au sujet de l'accueil d'un jeune en difficulté chez moi qui, en remerciement, m'avait volée (il s'est retrouvé au Commissariat avec moi pour lui faire peur, mais je n'ai pas porté plainte. Nous avions convenu, la Police et moi, de lui donner une leçon afin de lui passer l'envie de recommencer); puis en tant que journaliste pour la Télévision française, j'ai réalisé deux reportages, l'un sur les ilôtiers, l'autre sur les Brigades de nuit. Les deux reportages m'ont valu des félicitations du Commissaire Principal, que le Rédacteur en Chef m'a répercutées, et celui sur les ilôtiers, une réprimande de ce même Rédacteur en Chef pour complaisance excessive envers mon sujet. Effectivement, partisane de la Prévention, j'étais enthousiasmée par la méthode, alors inaugurée ! Remarquez, les Brigades de Nuit, avec le côté western, c'est pas mal aussi !  

Enfin, la 4e fois la Police a surgi chez moi parce que je n'ouvrais pas la porte (je n'ouvre jamais sans rendez-vous): J'étais au premier étage, j'avais un balcon, ils l'ont enjambé. Amusant ! Car mes collègues journalistes ont pu suivre en direct l'interpellation, c'était la première fois qu'ils utilisaient l'engin qui leur permet de suivre le travail de la Police, pardon, mais je ne sais pas comment ça s'appelle. Or donc, j'avais l'habitude d'accueillir chez moi des repris de justice, des drogués, des compagnons d'Emmaüs, des jeunes en difficulté... pour les aider à prendre un nouveau départ. Et un des sortants de prison reçu chez moi avait un lourd casier judiciaire (vol à main armée), il était décidé à changer de vie, c'était un garçon formidable. Las ! Quand la boulangère qui l'employait a su qu'il avait fait de la prison, elle l'a mis à la porte. Il a atterri chez moi (à la demande d'un curé des Tsiganes que je connaissais), complètement désemparé mais désireux de s'en sortir. Il avait fait une demande de stage AFPA. Patatra ! Il est parti de chez moi au bout de trois semaines, pour ne pas déranger plus longtemps ma vie de famille (c'est pourtant lui, la nuit, qui berçait le dernier né quand il lui arrivait de pleurer). Eh bien, l'acceptation de l'AFPA est arrivée le lendemain de son départ, mais Gilles avait disparu dans la nature sans laisser d'adresse. Au bout de quelques mois, il m'a écrit, et nous avons échangé du courrier.

Un an plus tard, les Policiers ont débarqué chez moi. Gilles, en désespoir de cause, sans travail à cause de son casier judiciaire, avait récidivé : Hold-up à main armée. Et il avait dit tant de bien de moi, qu'ils croyaient que j'étais sa petite amie ! Ils ont trouvé chez moi un nouveau-né, et un mari. Ils ont emmené le mari, la femme, l'enfant et le chien au Poste, pour la déposition. Ils ont du flair, les policiers ! Au bout de deux mn, ils avaient tout compris. En effet, Gilles m'avait été envoyé par un Curé qui savait que j'accueillais les malheurex chez moi, je n'étais pas la maîtresse du repris de justice, j'étais journaliste et "bonne" chrétienne (évangélique). On a été relâchés illico. Mes collègues ont bien ri: Inaugurer l'appareil avec leur conseur ! Et ils avaient reconnu Gilles, interviewé avec moi un an plus tôt pour raconter ses galères au micro... 

Eva
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NB Je vous garantis que si je suis en garde à vue, je réponds. J'ai horreur du silence, de l'ambiguité, des faux semblants, de la duplicité, des cachotteries, etc. J'aime la clarté, la transparence, et j'assume pleinement mes engagements. Donc, je ne serai pas de ceux qui gardent un silence obstiné... Quant à mes trois enfants, ils n'ont pas eu affaire à la Police; ils ne font même pas de politique ! Un de mes fils préfère les tournois de ping-pong aux joutes politiques... Quant aux deux autres, ils s'en fichent royalement aussi ! Hélas comme beaucoup de jeunes aujourd'hui.... Tant mieux pour eux, à l'heure du NOM !
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 02:30
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 02:15
« Haïti : un pays créditeur, pas débiteur » - un texte de Naomi Klein.


Benjamin
22/02/10 :: 6:07
inv
« Haïti : un pays créditeur, pas débiteur » - un texte de Naomi Klein.
inv
Si l’effacement de sa dette est une bonne nouvelle pour Haïti, cela n’est rien au regard de ce que l’Occident doit à l’île. Dans ce texte inédit en français, publié le 11 février dans The Nation, la journaliste Naomi Klein revient sur les quatre raisons qui font d’Haïti notre créditeur : l’esclavage, l’occupation US, la dictature et le changement climatique. Un texte limpide, dont voici la traduction.


Retour sur polémique. Le 13 janvier, Naomi Klein publie un très court billet intitulé « Alerte sur le capitalisme du désastre en Haïti : les arrêter avant qu’ils n’imposent le choc encore une fois » (disponible ici). La journaliste canadienne, auteur de No Logo et de la Stratégie du Choc, y vilipende un petit texte publié quelques heures après le tremblement de terre sur le site de l’Heritage Fondation, « un "think-tank" de l’élite de la classe dominante américaine qui formule les politiques et les idéologies mises en application par les gouvernements US ». Et pointe une phrase en particulier :


Au milieu de la souffrance, la crise en Haïti offre des opportunités aux États-Unis. En sus de fournir une aide humanitaire immédiate, la réponse des États-Unis face au tragique tremblement de terre donne l’occasion, outre la possibilité d’améliorer l’image des États-Unis dans cette région, de restructurer le gouvernement et l’économie d’Haïti qui sont en dysfonctionnement depuis un certain temps.


La phrase est retirée du site peu de temps après, mais le mal est fait, la stratégie mise à nu : certains souhaitent profiter du désastre pour imposer des réformes néo-libérales. Comme ce même think-tank l’avait fait dans le cas de l’ouragan Katrina, publiant 32 propositions néo-libérales quelques jours seulement après le passage de l’ouragan.


Les États-Unis ne sont, à l’évidence, pas présents à Haïti par altruisme [1], mais pour un ensemble de raisons purement pragmatiques, la reconstruction d’un pays recelant de très "belles" possibilités d’ingérence. Comme Naomi Klein l’a limpidement démontré dans La Stratégie du choc (dont Article11 parlait ici), une catastrophe, qu’elle soit politique ou d’origine naturelle, est toujours une occasion en or de prospérer pour ce néolibéralisme vampire qui gouverne le monde.


Si « la stratégie du choc » est de nouveau d’actualité, c’est aussi qu’Haïti, outre les terribles destructions subies en matière d’infrastructures, ploie sous le fardeau d’une dette gigantesque, qui ne demande qu’à s’alourdir. Et Naomi Klein de réagir sur le plateau de l’émission Democracy Now (intervention traduite ici par l’indispensable site Primitivi) :


"Mais le point important est que nous devons nous assurer que l’aide qui va en Haïti est un don, pas un prêt. C’est absolument crucial. C’est un pays qui est déjà lourdement endetté. C’est un désastre qui […] d’un côté est naturel, le tremblement de terre, et d’un autre côté créé, accentué par la pauvreté dans laquelle nos gouvernements ont aidé Haïti à plonger. […] Mais il doit être absolument clair que cette tragédie, qui est en partie naturelle, en partie non-naturelle, ne doit - sous aucune circonstance - être utilisé, un, pour endetter Haïti et deux, pour pousser à travers des politiques corporatistes impopulaires les intérêts de nos compagnies. Et ceci n’est pas une théorie de la conspiration."


C’est justement sur ce point crucial, celui de la dette d’Haïti [2], que la journaliste est revenue récemment dans un article publié le 11 février dernier, dans The Nation, et intitulé Haïti : un pays créditeur, pas débiteur, article traduit (ci-dessous) par nos soins.
______________________________

"Haïti : un pays créditeur, pas débiteur". Texte de Naomi Klein publié le 11 février 2010 dans The Nation.


À en croire les ministres des finances du G7, Haïti est en bonne voie d’obtenir quelque chose que l’île méritait depuis très longtemps : l’ « oubli » total de sa dette extérieure. A Port-au-Prince, l’économiste haïtien Camille Chalmers a observé ces développements avec un optimisme prudent. L’annulation de la dette est un bon début, a-t-il déclaré à Al Jazeera Angleterre, mais « il est temps d’aller bien plus loin. Nous devons dorénavant discuter de réparations et de dédommagements pour les conséquences dévastatrices de la dette. » Dans cette optique, toute idée d’Haïti comme débiteur doit être abandonnée. Selon lui, Haïti est créditeur - et c’est nous, en Occident, qui sommes profondément endettés à son égard.


Notre dette envers Haïti a quatre raisons principales : l’esclavage, l’occupation américaine, la dictature et le changement climatique. Ces affirmation ne sont ni fantaisistes, ni le moins du monde rhétoriques. Elles reposent sur de multiples violations de normes et accords juridiques. Voilà quelques - trop brefs - éclaircissements concernant Haïti.


La dette esclavagiste. Lorsque les Haïtiens ont conquis leur indépendance contre la France en 1804, ils auraient pu en toute bonne foi réclamer des dédommagements de la part de puissances qui avaient profité durant trois siècles d’un travail volé. Mais la France était convaincue de l’inverse, persuadée que les Haïtiens avaient spolié la propriété des esclavagistes en refusant de travailler gratuitement. C’est ainsi qu’en 1825, avec une flottille de vaisseaux de guerre mouillée au large des côtes haïtiennes et menaçant de réduire à nouveau en esclavage l’ancienne colonie, le Roi Charles X vint chercher ce qu’il considérait comme son dû : 90 millions de francs-or – dix fois le revenu annuel d’Haïti à l’époque. N’ayant aucun moyen de contester ni de payer, la jeune nation fut enchaînée à une dette qu’elle mit 122 ans à rembourser.


En 2003, le Président haïtien Jean-Bertrand Aristide, qui faisait face à un embargo économique écrasant, annonça qu’Haïti lancerait un procès contre le gouvernement français concernant cette vieille spoliation. « Notre argumentation », m’a dit l’ancien avocat d’Aristide, Ira Kurzban, « était basée sur le fait que le contrat n’était pas valable, parce que signé sous la menace de nous réduire à nouveau en esclavage à une époque où la communauté internationale considérait l’esclavage comme un mal ». Le gouvernement français se sentit suffisamment concerné pour envoyer un médiateur à Port-au-Prince, afin d’éviter au contentieux de finir devant les tribunaux. Le problème fut finalement réglé : durant les préparatifs du procès, Aristide fut éjecté du pouvoir. Le procès fut annulé, mais beaucoup d’Haïtiens continuent à réclamer des réparations.


La dette dictatoriale. De 1957 à 1986, Haïti a été gouvernée par le régime arrogant et kleptocratique de Duvalier. À la différence de celui de la dette Française, le procès contre les Duvalier s’est déroulé devant plusieurs tribunaux, qui retrouvèrent la trace des fonds haïtiens dans un inextricable réseau de comptes bancaires suisses et de fastueuses propriétés. En 1988, Kurzban gagna un procès mémorable contre Jean-Claude « Bébé doc » Duvalier lorsqu’un tribunal de Miami considéra que le dirigeant défait avait « détourné plus de 504 millions de dollars d’argent public ».


Les Haïtiens, évidemment, attendent toujours leur remboursement - mais ce n’était que le début de leurs pertes. Durant plus de deux décades, les créditeurs du pays insistèrent pour que les Haïtiens honorent l’énorme dette contractée par les Duvalier, estimée à 844 millions de dollars et dont une bonne partie était due à des institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale. Pour le seul service de la dette, les Haïtiens ont payé 10 millions de dollars chaque année.


Était-ce légal de la part des bailleurs de fonds étrangers de se faire rembourser la dette des Duvalier alors qu’une immense partie de cette dernière ne fut jamais dépensée à Haïti ? Il est fort probable que non. Comme Cephas Lumina, l’expert indépendant des Nations-Unies sur la dette extérieure, me l’a expliqué, « le cas d’Haïti est l’un des exemples les plus frappants de dette odieuse dans le monde. Rien que pour cette raison, la dette devrait être annulée sans conditions. »


Mais quand bien même Haïti verrait sa dette totalement annulée (ce qui reste très hypothétique), cela ne change rien à son droit d’obtenir des compensations pour les dettes illégales déjà remboursées.


La dette climatique. Défendue par plusieurs pays en développement au sommet sur le climat de Copenhague, la question de la dette climatique est simple. Les pays riches qui ont si spectaculairement échoué à faire face à la crise qu’ils ont causée sont débiteurs envers les pays en développement. Ces derniers sont peu responsables de la crise, mais font disproportionnellement face à ses effets. Pour faire court : le pollueur paye. Haïti y a particulièrement droit. Sa contribution au changement climatique a été négligeable ; les émissions de CO2 par tête d’Haïti représentent seulement 1% de celles des États-Unis. Cependant Haïti fait partie des pays les plus durement touchés - une étude (carte visible ici) a montré que seule la Somalie est plus vulnérable face au changement climatique.


La vulnérabilité d’Haïti au changement climatique n’est pas seulement - ou même principalement - une question de géographie. Oui, l’île fait face à des tempêtes incroyablement dévastatrices. Mais c’est la faiblesse des infrastructures d’Haïti qui change les difficultés en désastres, et les désastres en catastrophes à part entière. Le tremblement de terre, bien qu’il ne soit pas lié au changement climatique, en est un exemple typique. Et c’est là que tous ces remboursements de dettes illégales risquent de représenter un coût encore plus dévastateur. Chaque paiement à un débiteur étranger est de l’argent qui n’a pas été dépensé dans une route, une école ou une ligne électrique. Et cette même dette illégitime donnait le pouvoir au FMI et à la Banque mondiale d’associer d’onéreuses conditions à chaque nouveau prêt, nécessitant la dérégulation de l’économie Haïtienne et des sabrages toujours plus importants dans son secteur public. L’impossibilité de s’exécuter a été renforcée par un embargo sur l’aide humanitaire de 2001 à 2004, sonnant le glas de la sphère publique haïtienne.


Il faut dès à présent faire face à cette question, parce qu’elle menace de se répéter. Les créditeurs d’Haïti utilisent déjà le besoin désespéré d’aide lié au tremblement de terre pour tenter d’obtenir un quintuplage du secteur de la confection vestimentaire, dont les emplois sont parmi les plus exploités du pays. Les Haïtiens n’ont aucun poids dans ces pourparlers, parce qu’ils sont considérés comme de passifs bénéficiaires de l’aide et non comme de dignes participants à part entière d’un processus de redressement et de restitution.


La reconnaissance des dettes du monde envers Haïti changerait radicalement cette dynamique. Il n’y a qu’une seule manière de réparer les dommages : commencer par reconnaitre le droit des Haïtiens à des dédommagements.
__________________

[1] Si le régime de Jean-Pierre « Bébé Doc » Duvalier s’est perpétré longtemps si près des côtes Américaines, c’est aussi que les Américains n’y étaient pas totalement opposés.

[2] Il semblerait que le FMI vient d’accepter de donner - et non prêter - les 100 millions de dollars promis à Haïti (Cf, cet article de la même Naomi Klein dans le Huffington Post) sans assortir les « prêts d’urgence » de conditions dégradant un peu plus le secteur public haïtien (sa pratique habituelle), mais a aussi promis d’effacer l’ensemble des créances qu’il détenait jusqu’ici à l’égard d’Haïti (165 millions de dollars), et que d’autres pays se rallient progressivement à cette idée. Un pas intéressant, mais qui reste loin de l’annulation totale de la dette.
inv
http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EkyylFylFVOmJyXLbd.shtml
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 01:02
 

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Grèce: Qui tire les ficelles?



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100223:1807 36598 Une horizons-et-debats Karl Müller 11 min
Comment lutter contre les spéculateurs sur les monnaies et la puissance hégémonique allemande?

par Karl Müller

Athènes, début février 2010. Partout dans cette ville de plus de 3 millions d'habitants qui explose littéralement, on rencontre des gens aimables, ouverts, communicatifs et travailleurs. Sont-ils responsables de ce que l'Union européenne cloue leur pays au pilori? Est-ce leur faute si depuis quelques se­maines, leur pays fait la une des journaux de ma­nière si négative? Ou les vrais respon­sables se trouvent-ils ailleurs?

Qui sont ces fameuses
«agences de notation»?

Le 11 février, le président du groupe socialiste du Parlement européen Martin Schulz a, au cours d'une interview au Deutsch­landfunk, déclaré ceci: «Vous avez mentionné les agences de notation qui, semble-t-il, ont abaissé la note de solvabilité de la Grèce. Je voudrais bien parler ce matin avec les chefs d'Etat et de gouvernement (ils se sont réunis le 11 février pour s'entretenir de la crise financière de la Grèce) pour savoir qui sont ces agences de notation et quel intérêt elles ont à déclarer que les mesures sont inefficaces, qu'il faut augmenter le taux d'intérêt des prêts qui seront accordés un jour ou l'autre soit par des pays soit par des banques privées. Quelqu'un va les recevoir, ces intérêts, mais qui? Qui a intérêt à ce qu'on augmente les taux? Les agences de notation. Mais qui sont-elles? C'est une de ces petites questions que je pose en passant car on n'en débat jamais.»

La faute incombe-t-elle
aux spéculateurs sur les monnaies?

Rudolf Hickel, spécialiste de gauche des questions financières, a exprimé ses craintes en déclarant le 11 février au Spiegel Online: «Une faillite de la Grèce pourrait causer la ruine de tout le système de l'euro». Selon le média allemand, toute l'agitation à propos de la Grèce a été provoquée volontairement par ceux qui spéculent sur les monnaies, «car les bénéficiaires d'une éventuelle faillite de l'Etat sont avant tout ceux qui spéculent en Bourse sur les monnaies. Selon Hickel, «plus le pays est petit, plus il est livré brutalement aux spéculateurs. (...) Après la Grèce, l'Espagne et l'Italie seront dans la ligne de mire des spéculateurs.»

Le capital financier
agit de son propre chef

Pour le chef des socialistes européens, c'est un dilemme: d'une part, ils s'accrochent de toutes leurs forces à l'UE et à l'euro pour leurs projets de gouvernement mondial. D'autre part, le capital financier - les res­ponsables socialistes sont toujours à son service - agit de son propre chef et on ne sait jamais avec certitude pour ou contre quoi il se décide dans tel ou tel cas. Actuellement, pas tellement pour l'euro, mais plutôt pour le dollar? On dit que les Etats-Unis vont, cette année, lancer pour 2,5 billions d'emprunts d'Etat. C'est énormément d'argent et la concurrence augmente sur les marchés financiers. En tout cas, cela donne un coup de fouet aux affaires. Hickel dit simplement: «Les spéculateurs ne visent pas un cours particulier de l'euro qui reflèterait adéquatement l'activité économique. Ils irent beaucoup plus de profits d'un cours extrêmement instable.» Selon la Neue Zürcher Zeitung du 11 février, la Bourse des marchés à terme de Chicago, qui est déterminante pour le négoce des dérivés monétaires, parie actuellement plus que jamais contre l'euro.

On fait des affaires
avec les intérêts

On fait aussi des affaires avec les intérêts. En avril et mai 2010 seulement, des emprunts de l'Etat grec à hauteur d'environ 40 milliards arrivent à échéance qui devront être remboursés au moyen de nouveaux emprunts, de nouveaux crédits, cependant plus à 3% mais à 6% environ. Les prêteurs appellent cela «prime de risque» à cause de la dette publique grecque. A vrai dire, ils doublent ainsi leurs profits car jusqu'ici, la Grèce a toujours payé.

Il paraît que cette année, un total de 2,2 billions d'emprunts d'Etat arrivent à échéance dans le zone euro. Une grande partie devra être financée en recourant aux marchés financiers. Si le monde de la finance réussissait ici aussi - au Portugal, en Italie et en Espagne et également en France et en Belgique, peut-être même en Allemagne - à faire grimper les taux d'intérêt, avec l'aide des agences de notation? 1% de plus, cela représente déjà 22 milliards d'euros. Ce serait une affaire formidable ... en tout cas aussi longtemps que les peuples et les Etats participeront à ce jeu sinistre.

Et qu'est-ce qui se passerait si l'euro ne pouvait plus être soutenu, si l'UE s'effondrait et si par exemple la Grèce ne remboursait plus ses dettes qu'à des conditions équitables?

L'Allemagne a profité de l'euro ...
au détriment d'autres pays

L'Allemagne avant tout perdrait énormément de sa puissance. Son industrie exportatrice tout particulièrement a profité considérablement jusqu'ici de l'UE et de l'introduction de l'euro. Actuellement, les exportations représentent environ 50% du PIB.

Le journal junge Welt titrait même, le 9 février: «Faillite made in Germany. La me­nace d'effondrement des finances publiques d'Etats d'Europe du Sud est la consé­quence directe de la politique agressive de l'Allemagne en matière de commerce extérieur». Dans l'article, on pouvait lire ceci: «Depuis des décennies, Berlin mène une politique économique agressive fondée sur les exportations. (...) Le plus grand débouché pour le capital allemand, c'est l'UE. (...) La monnaie commune européenne a privé les pays de la zone euro exposés à cette offensive exportatrice allemande de la possibilité de rétablir la compétitivité de leur économie en procédant à une dévaluation de leur monnaie. L'énorme déséquilibre économique qui en est résulté se manifeste de manière éclatante à travers la Grèce, cette candidate à la faillite qui, en 2008, a importé des marchandises alle­mandes pour 8,3 milliards d'euros alors que ses exportations ne s'élevaient qu'à 1,9 milliard d'euros.

Pour l'auteur de l'article, une cause importante du «succès» allemand réside dans une «stratégie d'appauvrissement du marché intérieur: Entre 2002 et 2008, les salaires bruts ont augmenté en moyenne de 15,2% en Allemagne, mais de 31,9% dans l'ensemble des pays de l'UE.»

L'euro conduit
à un contrôle total des Etats de l'UE


La grande industrie allemande «a besoin» de pays comme la Grèce, mais à la longue, cela ne fonctionne que si la politique alle­mande peut contrôler de plus en plus ces pays. Et c'est à cela que sert l'actuelle politique de la carotte et du bâton: le bâton des restrictions pour la population, celui du contrôle par des commissaires européens pour le gouvernement. Le nouveau président de l'UE Hermann van Rompuy a déclaré après le sommet de Bruxelles: «Nous demandons au gouvernement grec d'appliquer toutes ces mesures de manière rigoureuse et déterminée.» Mais la carotte a également été présentée lors de la réunion du 11 février des chefs d'Etat et de gouvernement: «Nous n'abandonnerons pas la Grèce», a déclaré la Chancelière allemande Angela Merkel (communiqué officiel).

Cela veut dire que l'Allemagne fait savoir qu'en cas d'insolvabilité de la Grèce, elle est prête à l'aider financièrement ... afin de soutenir l'euro et mais sans doute pas par solidarité.

Et quel en est le prix? L'inflation? Encore plus de sacrifices pour le contribuable allemand, et avant tout au détriment des travailleurs? Daniel Gros, directeur du Centre for European Policy Studies (CEPS) de Bruxelles, a fait savoir au manager magazin allemand en quoi consistait la «maîtrise de la crise» dans des pays comme la Grèce: «Il s'agit précisément de baisse des salaires dans le secteur privé. C'est pour moi l'essentiel.» Et il ne pensait pas seulement à la Grèce.

Les leaders socialistes européens vont louer cela comme étant un acte de solidarité. Les chefs de gouvernement socialistes des Etats européens, à la veille de la rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement, avaient demandé une «aide» d'urgence pour la Grèce (et les autres pays du sud de l'Europe dont il était question à la une des journaux). En effet notons-le bien: les socialistes européens veulent aussi l'UE et l'euro.

Le gouvernement allemand
aspire-t-il à un statut de puissance mondiale?

Revenons encore une fois à l'Allemagne. Les Services secrets privés américains Stratfor Global Intelligence ont publié le 8 février une analyse intéressante sur le rôle de l'Allemagne en Europe et dans le monde («Germany's Choice»). Pendant des décennies, l'Allemagne a été le trésorier (coupable) de l'Europe sans y jouir d'un poids politique réel, mais maintenant, elle n'est plus un «observateur passif muni d'un carnet de chèques». Merkel est la première Chancelière qui gouverne «libérée du poids des péchés passés». Elle n'est plus disposée à payer pour l'Europe «au détriment des intérêts allemands».

Mais elle paiera malgré cela, ou plutôt à cause de cela, pour la Grèce. Il serait certes «intelligent» que l'Allemagne cesse de payer et que l'UE et l'euro s'effondrent, mais sans l'UE et l'euro, l'Allemagne ne pourrait plus prétendre au statut de puissance mondiale. (A vrai dire, la population n'y tient pas.) Cependant, le gouvernement Merkel y tient et le prix que les autres Etats de l'UE doivent payer pour cela est le contrôle absolu de l'Allemagne sur la Banque centrale européenne et par là même sur les budgets de tous les pays de la zone euro.

Mais ne voyons-nous pas se profiler ici une mégalomanie qui s'était déjà mani­festée jadis en Allemagne? Qu'est-ce qui rend le gouvernement allemand si certain qu'il ne pourra pas se trouver bientôt au bord de la faillite? Où existe-t-il des plans sinistres de la droite et des Verts en vue d'un renouveau «allemand vert» qui ne recule devant rien?

Mais revenons à la Grèce. Lors des manifestations contre le plan de rigueur imposé par l'UE au nouveau gouvernement, on pouvait lire ou entendre des slogans comme «Nous n'accepterons pas le chômage et la pauvreté pour permettre au capital monopoliste de faire de gros profits» ou: «Nous ne payerons pas un centime pour la ploutocratie». Le secrétaire général du syndicat grec des fonctionnaires Adedy a déclaré: «Ils ont promis que les riches paieraient mais au lieu de cela, ils se servent chez les pauvres. C'est cette politique que nous combattons, pas la tentative de surmonter la crise.»

Les Grecs en ont assez de l'UE

La Grèce a-t-elle une chance de s'en tirer au sein de l'UE et de la zone euro? Guère! Un article paru dans la Neue Zürcher Zeitung du 12 février et intitulé «La zone euro, zone de conflits» a une fois encore rappelé un défaut fondamental de l'euro: Contre toute raison économique, l'introduction de l'euro devait permettre de créer un super-Etat européen. L'euro devait contraindre les Etats à harmoniser de plus en plus leurs politiques. Mais c'était chimérique dès le début: «Les tensions au sein de l'union monétaire européenne sont plus ou moins le résultat du fait que les politiques ont toujours vu dans l'union monétaire un instrument destiné à accélérer et à imposer l'intégration politique de l'Europe. On a fait un usage abusif de l'institution moné­taire afin de viser des objectifs situés au-delà de la politique monétaire, ce qui représente un danger pour la stabilité de la monnaie et pour l'économie.»

Il est possible que si la Grèce sortait de l'UE, elle subirait dans un premier temps un certain nombre d'inconvénients écono­miques et autres, mais si elle reste dans l'UE, les inconvénients se multiplieront considérablement. Les Athéniens disent qu'ils en ont assez de l'UE, et c'est normal. Ne se fier qu'à ses propres forces et jouir de la liberté est plus digne que mener de plus en plus une vie d'esclaves. •

«Plan B» pour la Grèce?


ww. Nombreux sont ceux qui ont lancé un avertissement lors de l'introduction de l'euro: Il est problématique de créer un espace monétaire unifié avec des pays ayant des structures économiques et des degrés de développement différents et des cultures très diverses. Aujourd'hui, la crise est là. La situation critique des pays du sud de l'Europe fait la une des journaux. Les médias ont maintenant recours au sigle peu amène de PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne). La lettre I pourrait également désigner l'Italie.

La Grèce, avant tout, doit agir rapidement. La Commission européenne a pour ainsi dire mis sous tutelle ce pays surendetté et lui a imposé un plan de rigueur sévère. Sa mise en application doit être surveillée de très près. Pour le moment, il n'est pas question d'aide financière. Cette politique recèle une éventuelle crise bancaire: des banques françaises ont accordé à la Grèce pour 75 milliards d'euros de crédits, des banques suisses 64 milliards, des banques allemandes 43 milliards et des banques américaines 16 milliards de dollars. Elles espèrent toutes que l'UE en garantit implicitement le remboursement.

Ce plan est-il réaliste ou existe-t-il un «plan B»? La Grèce pourrait se déclarer en faillite, sortir de l'euro et revenir à son ancienne monnaie, la drachme. Ensuite, le peuple grec pourrait envisager la sortie de l'UE. Le pays pourrait faire savoir à ses créanciers étrangers que désormais, ils ne peuvent plus compter que sur de modestes dividendes de faillite. Et puis alors? Serait-ce une catastrophe? Le pays s'isolerait-il du monde économique?

C'est ce qu'a fait l'Argentine il y a 6 ans. Elle résiste bien à la crise.
Dubai s'est déclaré insolvable il y a quelques semaines et est maintenant soutenu par ses voisins.

Y aurait-il pour la Grèce et d'autres pays membres de l'UE un avenir poli­tique sans l'euro et éventuellement hors de l'UE? Oui, il est dans l' AELE, association d'Etats souverains d'Europe qui tiennent à leur souveraineté. Ils ne se sont pas laissé emprisonner dans des structures supranationales. Ils misent sur la responsabilité individuelle et organisent librement leur collaboration. Chaque pays a sa monnaie. La Suisse, la Norvège, le Liechtenstein et l'Islande y trouvent leur compte.

horizons-et-debats


http://w41k.info/36598#36598
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 16:14
Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 08:47
publié par roland (webmaster) le 19/02/2010 15H16 
Port-au-Prince, une ville sous les gravats
Port-au-Prince,
une ville sous les gravats

Voici un article très complet qui rend compte du sort funeste qui attend Haïti, sitôt que le pays aura fini de compter ses morts. Ou peut-être même avant, ils ne sont pas à une indécence près. En tous cas, ils sont bel et bien sur le pied de guerre.
Les néocons ne s'avouent jamais vaincus et ne lâchent jamais leur proie.
Le débarquement des secours états-uniens sous forme de véhicules blindés, de soldats en arme et en treillis de combat, la mobilisation de navires de la marine US chargés de patrouiller les eaux territoriales, la prise de contrôle illégitime des opérations sur le pays par l'armée US avec l'aval des autres pays occidentaux, la mainmise sur l'espace aérien haïtien, et le reste ne présageaient rien de bon à qui voyait là une drôle de façon d'apporter de l'aide humanitaire à une population sous les décombres.
Et, en effet, les requins de la finance se frottent les mains du don du ciel que représente pour eux ce tremblement de terre meurtrier.
Ils vont pouvoir enfin accélérer le processus de privatisation de l'île et d'assujettissement de ses habitants. Quand les chars zuniens entrent quelque part, ils sont toujours flanqués des responsables de groupes privés multinationaux (donc des US), avides de récolter les bénéfices du malheur que propagent les précédents.
La France? Oh, ce n'est pas avec le pauvre bouffon cupide et enrégimenté à sa tête, ni avec ses sbires, qu'elle va verser dans l'humanisme et la justice. Aucun risque là-dessus.
D'ailleurs, quelqu'un a moufté ici?

Article:

"More Pain for Devastated Haiti: Under the Pretense of Disaster Relief, U.S. Running a Military Occupation"

par Arun Gupta, AlterNet, le 12 février 2010

Davantage de souffrances à venir pour l'île dévastée d'Haïti

Sous prétexte d'aide aux sinistrés, les Etats-Unis mettent en place une occupation militaire

Malgré les démentis officiels, les Etats-Unis se sont bien lancés dans une nouvelle occupation militaire d'Haïti, à peine déguisée en secours aux populations sinistrées. Alors qu'à la fois le Pentagone et la Maison Blanche prétendent qu'il fallait davantage de soldats pour assurer "la sécurité et la stabilité" pour permettre l'arrivée des aides humanitaires, la violence, d'après pratiquement tous les observateurs sur le terrain, n'a jamais été un problème.
Cette mobilisation militaire semble, en fait, motivée par des intentions plus malveillantes. Le gouvernement d'Haïti étant "complètement invisible" et ses forces de sécurité répressives étant anéanties, les organisations populaires (OPs) commençaient à combler le vide. Mais les puissances occidentales qui accourent à Haïti envisagent pour la
reconstruction du pays des mesures fondamentales (ang), comme les ateliers de misère et le tourisme . Cette conception des choses est dénoncée par les organisations populaires, soutenues par la population extrêmement pauvre, majoritaire à Haïti. Et donc, si un projet néolibéral doit être imposé à ce pays sinistré, ce sera par la force des baïonnettes.
La mobilisation prompte de milliers de soldats US n'était pas motivée par des préoccupations humanitaires; en fait, l'armée américaine interdisait à certains avions l'accès à l'aéroport de Port-au-Prince, imposant à une grande partie de l'aide humanitaire des retards considérables.
Médecins sans Frontières a déclaré que cinq de ses avions-cargos transportant 85 tonnes d'aide humanitaire et de matériel médical ont été refoulés au cours de la première semaine; quant aux avions du PAM (Programme alimentaire mondial), ils ont dû attendre deux jours pour pouvoir enfin se poser.
Un responsable du PAM indique que, sur les 200 avions qui atterrissaient ou décollaient d'Haïti quotidiennement, "la plupart étaient destinés à l'armée américaine". Au bout de 19 jours de crise, seulement 32% des Haïtiens avaient reçu une quelconque aide alimentaire (ne serait-ce qu'un seul repas), 3 sur 4 n'avaient pas accès à de l'eau potable, le gouvernement n'avait reçu que 2% des tentes qu'il avait demandées et les hôpitaux de la capitale annonçaient que leurs réserves de médicaments de base, comme les antibiotiques et les analgésiques, commençaient à baisser de façon critique.
Le 9 février, le Washington Post indiquait que l'aide alimentaire consistait en guère plus que du riz, et "tous les jours, les Haïtiens doivent trouver de quoi manger, n'importe quel type de nourriture. Pas question de quelque chose de nourrissant".
Parallèlement, les Etats-Unis s'étaient chargés du contrôle de l'espace aérien haïtien, avaient fait atterrir 6500 soldats, avec, à un moment donné, 15000 autres stationnant au large de l'île; ils avaient déployé toute une armada de vaisseaux de la marine et neuf garde-côtes pour patrouiller les eaux territoriales, et c'était l'ambassade des Etats-Unis qui donnait les ordres au nom du gouvernement haïtien.
Dans un compte-rendu édifiant, le
NYT (ang) raconte qu'à une conférence de presse qui a eu lieu à Haïti, l'ambassadeur des Etats-Unis et le général de corps d'armée US qui commandait les troupes américaines sur place étaient assis sur le devant de la scène" alors que René Préval, le président haïtien, se tenait debout au fond de la pièce, "écoutant à moitié", et il avait fini par s'en aller sans dire un mot".
Au cours de la première semaine, le commandant US, Ken Keen, annonçait que la présence de la police haïtienne était limitée parce qu'ils avaient été décimés par le tremblement de terre. Les véritables responsables du pouvoir à Haïti sont actuellement Keen, l'ambassadeur des Etats-Unis, Louis Lucke, Bill Clinton (désigné par Ban Ki-moon, le Secrétaire-Général de l'ONU pour coordonner les opérations d'aide humanitaire) et la secrétaire d'état Hillary Clinton.
Quand on lui a demandé au cours de la conférence de presse combien de temps les forces américaines envisageaient de rester, Ken a répondu "je n'ai pas l'intention d'établir un calendrier", tandis que Lucke ajoutait: "nous ne faisons pas des projets en comptant en semaines, en mois ou en années. Notre but, c'est d'aller jusqu'au bout de notre mission".
Alors qu'une grande partie des grands médias se focalisaient sur les "pillards", pratiquement tous les observateurs indépendants à Haïti après le tremblement de terre signalaient l'absence de violence. Même Keen, le général de corps d'armée, a décrit la situation comme étant "relativement calme" en matière de sécurité.
Une des employées d'une organisation humanitaire à Haïti, Leisa Faulkner, déclare:

"Il n'y a pas de problèmes de sécurité ici. Les secouristes n'ont rien à craindre des gens. J'aimerais que les gars avec des fusils, les posent et prennent des pelles pour nous aider à retrouver ceux qui sont encore enfouis sous les gravats d'immeubles ou de maisons qui se sont écroulés. Cela me met en rage de voir des camions entiers de types armés de fusils automatiques".

Kim Ives, journaliste expérimenté sur Haïti, a dit la même chose à “Democracy Now!”:

"la sécurité n'est pas un problème. Partout à Haïti, nous voyons la population s'organiser d'elle-même en comités populaires pour déblayer, dégager les corps enfouis sous les gravats, construire des camps de réfugiés, organiser leur propre service de sécurité pour ces camps. C'est une population qui est autonome, et cela, depuis des années ".

A un moment donné, raconte Ives, un camion d'aide alimentaire est arrivé dans un quartier en plein milieu de la nuit, sans prévenir.

"Il aurait pu y avoir une émeute. L'organisation populaire locale (…) a été contactée. Ils ont immédiatement mobilisé les membres de leur groupe. Ils ont établi un périmètre de sécurité. Ils ont fait faire la queue à 600 personnes qui vivaient sur le terrain de football derrière la maison, qui sert également d'hôpital, et ils ont distribué les rations alimentaires dans l'ordre et de façon équitable ... ils n'ont eu besoin ni des Marines, ni de l'ONU".

Circulant dans les rues de la capitale dans un convoi de véhicules blindés de l'ONU, Al Jazeera raconte que "les soldats se sont pas là pour sortir les gens des gravats. Ils sont là, disent-ils, pour faire la police". Un Haïtien a raconté à la chaîne d'information:

"Ces armes qu'ils apportent, ce sont des instruments de mort. Nous n'en voulons pas. Nous n'en avons pas besoin. Nous sommes traumatisés. Ce que nous voulons de la communauté Internationale c'est une aide matérielle. De l'action, pas des paroles".

Nouvelle invasion

Cette aide, cependant, parvient sous forme de choc néolibéral. Avec l'effondrement du gouvernement haïtien, les organisations populaires des pauvres, particulièrement celles qui ont par deux fois propulsé Jean-Bertrand Aristide à la présidence sur un programme de justice sociale et économique, savent que les projets détaillés des Etats-Unis et de l'ONU élaborés pour la "reconstruction" – les ateliers d'esclaves, les spoliations de terres, et la privatisation – font partie du même système d'esclavage économique contre lequel ils luttent depuis plus de 200 ans.
Cette nouvelle occupation d'Haïti – la troisième en 16 ans – entre dans le cadre de la stratégie américaine du
rollback (visant à repousser le communisme, NDT) en Amérique Latine: le soutien au coup d'état au Honduras, sept nouvelles bases militaires en Colombie, l'hostilité envers la Bolivie et le Venezuela. La raison en est que les Etats-Unis tiennent à s'assurer qu'Haïti ne risquera pas "de servir d'exemple à suivre en matière d'indépendance comme le pays avait tenté de le faire sous la présidence d'Aristide – ce qui explique pourquoi il a été renversé par deux fois, en 1991 et en 2004, lors de coups d'état soutenus par les US.
Le gouvernement et ses forces de sécurité répressives étant en pleine déconfiture, la reconstruction néolibérale se fera donc à la force des baïonnettes. Sachant cela, l'idée derrière cette nouvelle occupation est peut-être de reconstituer l'armée haïtienne (ou un corps similaire) qui servirait à réprimer la population.
C'est là le point essentiel. Malgré toute les brutalités que les Etats-Unis ont infligées à Haïti, surtout au cours des 20 dernières années – deux coups d'état chaque fois suivis du massacre de milliers de militants et d'innocents par des escadrons de la mort armés par les Etats-Unis - les forces politiques et sociales les plus puissantes aujourd'hui, ce sont sans doute les organisations populaires (OPs) qui sont la colonne vertébrale du parti Fanmi Lavalas de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide.
Par deux fois l'an dernier, alors que le parti Fanmi Lavalas avait été évincé des élections législatives, celui-ci avait organisé le boycott des urnes. Aux élections d'avril et de juin, le taux d'abstention était d'au moins 89%. Ce sont les OPs, bien que misérables et exsangues, qui comblent actuellement le vide et qui constituent le mouvement d'opposition le plus fort contre la colonisation économique. D'où tout le ramdam sur la "sécurité et la stabilité".
Avec un gouvernement en déconfiture, et que malgré cela, le calme règne et la population s'organise, assurer la "sécurité" ne veut pas dire protéger la population; cela veut dire sécuriser le pays contre la population. "La stabilité" ne veut pas dire "harmonie sociale", cela signifie la stabilité pour le capital: des bas salaires, pas de syndicats, pas de lois environnementales, et la possibilité de rapatrier les profits facilement.

La solution avec des "ateliers de misère"

Dans une tribune libre du New York Times de mars 2009, Ban Ki-moon exposait les grandes lignes de son projet de développement pour Haïti, qui prévoit de baisser les taxes de port, "développer considérablement les zones d'exportations du pays", et s'intéresser plus particulièrement à "l'industrie textile et au secteur agricole".
Le projet néolibéral de Ban a été élaboré par Paul Collier, économiste à l'université d'Oxford (Nicholas Kristoff, le chroniqueur du Times admettait, en faisant la promotion du projet de Collier, que ces usines de textile étaient des "ateliers de misère" ( "sweatshops").
Collier le dit sans ambages: "A cause de la pauvreté et d'un marché du travail relativement déréglementé, Haïti a des coûts de main-d'œuvre qui peuvent tout à fait rivaliser avec ceux de la Chine". Son projet prévoit des exportations agricoles, comme l'exportation de mangues, ce qui veut dire qu'il faut expulser les agriculteurs de leurs terres et les embaucher dans les usines de vêtements dans des zones franches textiles. Pour permettre la création de ces zones, Collier demande à Haïti et aux donateurs de fournir les ports privés et l'électricité, les "droits à la terre clairs et rapides", des douanes externalisées, "un réseau routier, de l'eau et le tout-à-l'égout", et le concours du
Clinton Global Initiative (CGI) pour attirer les fabricants du textile .
Collier remercie la "
Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti" (MINUSTAH) , dirigée par le Brésil, d'avoir établi une "sécurité crédible" , mais déplore que la durée de son mandat soit "trop courte pour susciter la confiance des investisseurs", propos qui montrent bien les liens qui existent entre le néolibéralisme et l'occupation militaire à Haïti, En réalité, la MINUSTAH est responsable de nombreux massacres dans les bidonvilles de Port-au-Prince qui sont des bastions des partisans de Lavalas et d'Aristide. Mais c'est probablement ce que veut dire Collier par "sécurité crédible". Il fait remarquer également que la MINUSTAH aura coûté au total 5 millions de dollars; à comparer aux $379 millions que le gouvernement des Etats-Unis a alloués à Haïti pour le tremblement de terre. Il convient de signaler que 1/3 des fonds US sont réservés à l'"aide militaire" et que 42% supplémentaires aux secours d'urgence, auxquels s'ajoutent 23,5 millions de dollars affectés aux opérations de "recherche et de secours" destinées à passer les hôtels de luxe au peigne fin à la recherche de survivants. Quant à l'"envoyé spécial de l'ONU à Haïti", Bill Clinton, il affirmait, lors d'une conférence d'investisseurs étrangers en octobre 2009 à Port-au-Prince qui avait attiré des bienfaiteurs comme Gap, Levi Strauss et Citibank, qu'un secteur textile redynamisé pourrait permettre la création de 100.000 emplois. La raison pour laquelle quelque 200 entreprises, dont la moitié étaient des fabricants du textile, assistaient à cette conférence, c'est que, selon un article du New York Times, "le coût de la main d'œuvre extrêmement bas à Haïti, comparable à celui du Bangladesh, rend le pays très attractif". Ces coûts sont souvent inférieurs au salaire journalier minimum officiel de 1,75 dollars (le parlement haïtien avait approuvé une augmentation en mai dernier pour atteindre environ 5 dollars de l'heure, mais elle avait été contestée par les élites commerciales et le président René Préval avait refusé de signer le projet de loi, le rendant, par là-même, caduc. Le refus d'augmentation du salaire minimum avait déclenché de nombreuses manifestations étudiantes en juin dernier, qui avaient été réprimées par la police haïtienne et la MINUSTAH).

Les racines de la répression

Dans son livre, 'Les Racines historiques de l’État Duvaliérien", Michel-Rolph Trouillot écrit:

"la première armée d’Haïti se considérait comme l'émanation de la lutte contre l’esclavage et le colonialisme". Cet état de fait a changé pendant l'occupation d'Haïti par les Etats-Unis de 1915 à 1934. Sous le contrôle des Marines américains, "la Garde haïtienne avait été spécialement créée pour combattre d'autres Haïtiens. Elle avait reçu son baptême du feu en combattant ses compatriotes".

Cette culture de la brutalité avait conduit Aristide à dissoudre l'armée en 1995.
Cependant, avant le démantèlement de l'armée, en 1994, à la suite de l'invasion US qui ramenait au pouvoir un Aristide aux mains liées politiquement, "des agents de la CIA qui accompagnaient les troupes US se lançaient dans une nouvelle campagne de recrutement pour l'agence" parmi lesquels, d'après Peter Hallward, auteur de "Damning the Flood: Haiti, Aristide and the Politics of Containment", les dirigeants de l'escadron de la mort appelé le FRAPH (Front pour l'Avancement et le Progrès à Haiti).
Il ne faut pas oublier le double jeu auquel s'était livrée l'administration Clinton sous couvert d'intervention humanitaire.
Le journaliste d'investigation,
Allan Nairn (en anglais) explique qu'en 1993, 5 à 10 mille armes d'infanterie avaient été envoyées par bateau depuis la Floride, malgré le blocus maritime US, aux responsables du coup d'état. Ces armes avaient permis au FRAPH de multiplier les actes de violence contre les mouvements populaires. Et ensuite, invoquant la violence accrue du FRAPH en 1994, l'administration Clinton avait fait pression sur Aristide pour qu'il accepte une invasion américaine, parce que, disaient-ils, le FRAPH était en train de devenir "la seule option possible".
Sitôt les 20.000 soldats avaient-ils débarqué sur l'île qu'ils entreprenaient de protéger les membres du FRAPH, en les libérant de prison, en refusant de les désarmer ou de saisir de leurs caches d'armes. Le leader du FRAPH, Emmanuel Constant, avait raconté à Nairn qu'après l'invasion, la DIA ("U.S. Defense Intelligence Agency") se servait du FRAPH pour réprimer les "activités subversives". Parallèlement, le département d'état et la CIA se chargeaient de truffer la police nationale haïtienne d'anciens militaires, dont beaucoup étaient rémunérés par les US.
En 1996, l'armée haïtienne et les forces du FRAPH seraient restées armées et présentes dans pratiquement toutes les localités du pays, et les paramilitaires "incitaient à la violence urbaine dans le but de détruire l'ordre social".
Au cours du début des années 90, un groupe séparé de militaires haïtiens, parmi lesquels Guy Philippe - qui avait dirigé le coup d'état de 2004 contre Aristide - avaient été secrètement emmenés en Equateur, où ils se seraient entraînés dans une base militaire US. Hallward raconte que le second coup d'état avait commencé en 2001 comme une "lutte contre-révolutionnaire" en République Dominicaine avec, à la tête du mouvement, Philippe et l'ex-commandant du FRAPH, Jodel Chamblain. Un reportage de "Democracy Now!”, le 7 avril 2004 affirmait que l'International Republican Institute financé par le gouvernement US fournissait les armes et des stages de technique militaire aux forces anti-Aristide en République Dominicaine, où "200 membres des forces spéciales US étaient présentes dans la région pour instruire ces soi-disant rebelles".
Un élément-clé de la campagne menée contre Aristide après sa prise de fonction en 2001 avait été la déstabilisation économique provoquée par la suppression d'une grande partie des aides destinées aux constructions de routes, au programme contre le sida, à la distribution de l'eau et aux soins de santé. Un des facteurs dont a dépendu le coup d'état a probablement été soit la campagne publique intense d'Aristide qui exigeait que la France rembourse la somme d'argent qu'elle avait extorquée à l'ancienne colonie esclavagiste en 1825 pour le prix de sa liberté, et qui était estimée à 21 milliards de dollars, soit parce qu'Aristide coopérait avec le Venezuela, la Bolivie et Cuba pour créer des alternatives à la domination économique des Etats-Unis dans la région.
Après le renversement d'Aristide en février 2004, il y a eu une nouvelle série de massacres, 800 cadavres ayant été entassés en à peine une semaine au cours du mois de mars.
Une enquête du Lancet, le magazine médical britannique (ang) réalisée en 2006 avait établi que 8000 personnes avait été assassinées dans la région de la capitale au cours des premiers 22 mois du gouvernement du coup d'état soutenu par les US et 35.000 femmes et jeunes filles avaient été violées ou avaient subi de agressions sexuelles. Les OPs et les militants de Lavalas avaient été décimés, en partie au cours d'une guerre de l'ONU contre les quartiers de Bel Air et de à Port-au-Prince, principaux bastions du parti Lavalas, Cité Soleil étant un bidonville à la population dense de quelque 300.000 habitants (Hallward affirme que les Marines U.S. étaient impliqués dans un certain nombre de massacres dans des endroits comme Bel Air en 2004.)

Davantage de libre-échange

Moins de 4 mois après le coup d'état de 2004, la journaliste Jane Regan (ang) décrivait l'avant-projet économique, "le Cadre de Coopération Internationale (CCI)", qui demande davantage de zones de libre-échange, s'intéresse essentiellement au tourisme et à l'agriculture d'exportation, et suggère la privatisation, à terme, des entreprises publiques du pays". Regan écrit que ce projet a été élaboré par des gens qui n'ont été élus par personne, principalement des techniciens étrangers et des institutions comme l'USAID ( U.S. Agency for International Development) et la Banque Mondiale.
La majorité de ce plan avait été mis en œuvre sous Préval, qui avait annoncé en 2007 un plan pour la privatisation de Téléco, la compagnie publique des téléphones, qui était présentée par Bill Clinton et Ban Ki-moon comme la solution pour Haïti pour sortir de la pauvreté. Le Wall Street Journal présentait comme des réussites la création de "10.000 emplois dans l'industrie du textile", celle d'un "complexe hôtelier de luxe" dans le quartier très chic de Pétionville, et les 55 millions d'investissements de Royal Caribbean International (
Croisières Caraïbes occidentales compagnie spécialisée dans les croisières, NDT) pour sa "plage privée paradisiaque à Haïti", située juste au nord de la capitale, entourée d'un mur de fer de 3 mètres de haut, et surveillée par des gardes en armes. (cet investissement là, d'après la compagnie, comprend une nouvelle jetée de 250 mètres, un Beach Club-Pieds nus avec des cabines privées, des montagnes russes avec commandes individuelles sur chaque chariot, une plus grande capacité d'accueil des restaurants et un marché artisanal plus vaste.
Haïti bien sûr était là avant quand l'agence pour le développement international US parlait de la transformer en "Taiwan des Caraïbes". Dans les années 1980, sous Jean-Claude “Baby Doc” Duvalier, l'agence avait transformé un tiers de terres cultivées en cultures d'exportation pendant que quelque 240 multinationales, qui employaient, selon l'universitaire Yasmine Shamsie, entre 40.000 et 60.000 personnes, en majorité des femmes, à assembler des vêtements ou à coudre des ballons de baseball pour la ligue majeure de baseball et les produits Disney.
Ces emplois qui payaient à peine 11 cents de l'heure, avaient coïncidé avec une baisse des revenus par personne et des conditions de vie (Ban Ki-moon veut qu'Haïti s'aligne sur le Bangladesh, où les ateliers de misère payent 6 cents de l'heure). Avec des revenus si faibles, il ne restait pas grand-chose aux travailleurs après avoir payé l'alimentation et le transport jusqu'à leur lieu de travail. Ces zones indépendantes de traitement de produits destinés à l'exportation, souvent financées par l'USAID et la Banque Mondiale, rapportent également très peu à l'économie nationale, tout le matériel utilisé étant importé et pratiquement exonéré d'impôts. Les élites utilisent les structures d'importation exemptées de taxes pour faire entrer en fraude des produits de luxe. La réaction du gouvernement a été de taxer davantage les produits de consommation courante, et ce sont les pauvres qui en ont le plus subi les conséquences.
Les différentes politiques agricoles préconisées par les US, comme celles qui ont forcé les cultivateurs de riz haïtiens à rivaliser avec l'agrobusiness américain considérablement subventionné ont, selon les estimations d'Oxfam, fait perdre 830,000 emplois dans l'agriculture, ce qui a entraîné une augmentation de la malnutrition. Cela, ainsi que la décimation des cochons créoles (soi-disant par crainte d'une épidémie de peste), poussaient les paysans à l'exode vers des zones urbaines, en même temps que les promesses d'embauches, forçant les migrants à aller s'installer dans des bidonvilles précaires. Il est difficile de ne pas en conclure que ces plans de développement ont joué un rôle prépondérant dans les pertes de vies humaines effroyables à Port-au prince.
Le dernier projet , en suspens actuellement à cause du tremblement de terre , est "un
parc industriel de 50 millions de dollars qui hébergerait une quarantaine d'usines et d'entrepôts" et financé par le Soros Economic Development Fund, fondation de George Soros (oui, ce Soros là!). Cette nouvelle implantation serait prévue à Cité soleil.
James Dobbins, ex-envoyé spécial de Bill Clinton à Haïti, avait évoqué d'autres mesures dans une tribune du New York Times: "cette catastrophe est l'occasion d'accélérer des réformes souvent retardées, parmi lesquelles "briser, ou du moins, réorganiser, le monopole de la compagnie publique des téléphones"''. Il en va de même pour le ministère de l'Education, la compagnie d'électricité, le ministère de la Santé et les cours de justice".
Il est clair que la "
stratégie du choc" est bel et bien vivante à Haïti. Mais étant donné la puissance des organisations populaires et la faiblesse du gouvernement haïtien, elle devra être imposée par la force.
Pour ceux qui se demandent pourquoi les Etats-Unis tiennent tant à avoir la mainmise sur un pays si pauvre, si sinistré et insignifiant en apparence qu'Haïti, c'est
Noam Chomsky (ang) qui le résume le mieux:

"Pourquoi les Etats-Unis étaient-ils si déterminés à détruire le Laos, si pauvre que les paysans savaient à peine qu'ils vivaient au Laos? Ou l'Indochine? ou le Guatemala? ou Maurice Bishop à La Grenade , capitale mondiale de la noix de muscade?

Les motifs en sont pratiquement les mêmes, et sont expliqués dans les archives internes. Ce sont des "virus" qui pourraient "contaminer les autres", ces derniers risquant eux aussi de vouloir s'engager dans la voie de l'indépendance. Plus ils sont petits et faibles et plus ils sont susceptibles d'être dangereux. S'ils y sont arrivés, pourquoi pas nous? Le Parrain laisse-t-il le petit commerçant s'en tirer sans payer?

Arun Gupta est rédacteur en chef- fondateur du journal l'Indypendent . Il écrit actuellement un livre sur la politique de l'alimentation.

Complément d'info:

Croisières Caraïbes occidentales
Escale:
Labadee à Haiti
Photos prises à Labadee

Et puis:

OFRWR-HAITI-SEISME-2-20100118
Ça ne vous rappelle rien?


Auteur : emcee - Source : Des bassines et du


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=11065&rech=18647#18647
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