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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 11:40




Le 27 mars approche : nous avons besoin de vous, dans votre département, pour organiser le No Sarkozy Day !

Vous souhaitez vous engager avec nous dans cette formidable aventure citoyenne et humaine ?

Contactez nous au 06 99 88 18 69

ou coordination@no-sarkozy-day.fr


Amicalement,

L’équipe du No Sarkozy Day

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=11027#11027

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 11:25
publié par roland (webmaster) le 17/02/2010 13H17 

Salah HamouriSuite à l’appel lancé par Salah et ses camarades prisonniers, publié le 9 février, par lequel ils nous demandaient d’intervenir auprès des autorités israéliennes pour que les prisonniers politiques palestiniens puissent avoir droit d’accéder aux livres et journaux, une amie a écrit à l’Ambassade d’Israël en France pour faire valoir cette exigence.

L’Ambassade répond le , via l’attachée au service culturel, que : " Les mensonges relayés sur Salah sont nombreux sur Internet et toujours orientés dans le même sens. De ce fait il n’est pas étonnant que vous ayez cru vraies des allégations mensongères ". Cette personne poursuit en indiquant que Salah et ses camarades ont droit à deux livres par mois - pas politiques concède-t-elle -, qu’ils peuvent lire deux journaux de leur choix et qu’ils peuvent regarder la télévision sans aucune restriction. Elle conclut : " Je constate que le travail de désinformation et le mensonge font leur ouvre efficacement ; c’est pourquoi nous vous remercions de vous être manifestée ".

Devant ces affirmations nous avons demandé à la mère de Salah de vient vouloir nous préciser ce qu’il en était. Elle a rendu visite à Salah hier, dimanche 14 février, et nous elle nous écrit que : « J’ai demandé des précisions à Salah ce matin. Ni lui ni ses camarades n’ont droit à deux livres par mois. Cette personne du service culturel de l’ambassade n’a pas révisé sa copie. Depuis décembre les familles ne peuvent plus faire entrer de livres en prison. J’en emmène deux à chaque visite et à chaque foison me les redonne. Des français et des françaises qui lui ont envoyé des livres par la Poste. On a signalé ce fait à Salah mais on ne lui donne pas les livres. La raison invoquée : c’est interdit ! Quant à l’abonnement à deux journaux français par l’intermédiaire du Consulat, c’est "non".

Le Consulat est au courant de cette situation et ne peut pas apparemment faire grand-chose. Quant aux chaines de télévision, celles qui intéressent les prisonniers, comme Al Jazeera par exemple, sont interdites. Cette personne de l’ambassade voudrait faire croire que les prisons israéliennes sont des lieux de divertissement et de loisir pour les prisonniers palestiniens. On en est loin. En fait ces restrictions sévères visent à maintenir les détenus dans un "isolement culturel", une ignorance afin de casser leur volonté. Les livres étant leurs compagnons de misère ».

Voici donc la vérité rétablie. Et, une nouvelle fois, l’ambassade d’Israël en France est prise la main dans le sac du mensonge. Il convient donc de continuer les pressions afin que Salah et ses camarades aient « le droit de lire en prison ! ».

(JPG)M. Jean-Claude Lefort
Député honoraire
Président de l’AFPS

Jean-Claude Lefort

Sur le même thème :

-  Saisie de la HALDE pour cause de discrimination à l’égard de Salah Hamouri - 28 janvier 2010
-  
Clotilde Reiss, Salah Hamouri : deux poids deux mesures - 12 juillet 2009
-  
Un incroyable silence qui en dit long... - 12 janvier 2009
-  
Qui est « irresponsable » Monsieur le Président ? - 9 janvier 2009


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=11011#11011

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 11:21
publié par roland (webmaster) Avant-hier 08H23 



Selon l’association ActionAid, la décision de l’Union européenne de porter sa consommation de bio-carburants à 10% du total de ses carburants en 2020 a d’ores et déjà des effets catastrophiques en Afrique (voir document téléchargeable en bas de page).

Selon le Fonds monétaire international, la culture de bio-carburants, alors surtout destinée aux Etats-Unis, a déjà provoqué en 2008 une hausse des prix des denrées alimentaires de 20 à 30 %.

L’usage de bio-carburants vise à la fois à diversifier l’approvisionnement en énergie et à répondre à la pression des partis Verts.

La superficie de terres nécessaire à la production de bio-carburants pour atteindre l’objectif de l’Union européenne est de 17,5 millions d’hectares, soit environ le tiers de la surface de la France métropolitaine. Ce seront autant de terres qui ne serviront plus aux cultures vivrières des populations pauvres.

Dans le cas, ou les USA et l’Union européenne poursuivraient leur politique, la hausse des prix des denrées alimentaires devrait atteindre 76 % d’ici 2020.
600 millions de personnes seraient alors en proie à la famine.

Documents joints

Meals per gallon, rapport d’Action Aid.


(PDF - 1022.8 ko)


Source : Voltairenet.org

















http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=11031
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 11:06
retraite-a-90-ans.jpg


A propos du financement des retraites

 

Michel Peyret

20 février 2010

 

 

Dans ce débat d'une extrême importance, et comme d'ailleurs sur d'autres thèmes, on entend un peu tout et n'importe quoi.

Ce qui domine cependant, c'est le rêve impossible d'un retour à un passé révolu aussi conséquent qu'il ait pu être par ses conquêtes pour le mouvement populaire.

Dans le langage courant, on dit que l'histoire ne repasse pas les plats.

Depuis l'antiquité, on sait que l'on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve.

Oui, beaucoup d'eau est passée sous les ponts ces 65 dernières années.

Oui, notre société a beaucoup changé depuis, va changer encore, des innovations n'ont pas encore produit tous leurs effets, qui sont déjà pourtant considérables, et d'autres innovations vont intervenir.

Pour donner à penser ces temps nouveaux, je propose à chacun de lire un des derniers textes de André Gorz.. Il est daté.

Ce ne peut être un  « texte sacré » et je ne partage pas nécessairement tout ce qui peut y être dit.

Il y a pourtant beaucoup de réalités indiscutables et dont la prise de conscience me semble indispensable.

Réalités indiscutables mais qui doivent faire débattre.

Bonne lecture.

 

 

 

Le travail dans la sortie du capitalisme

alias "La sortie du capitalisme a déjà commencé"

 

 

Lundi 7 janvier 2008
par André Gorz

 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement techno-scientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire.

J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

[1] L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur - sa productivité - doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas.

On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer.

Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

Les chiffres attestent que cette limite est atteinte. L’accumulation productive du capital productif ne cesse de régresser. Aux États-Unis, les 500 firmes de l’indice Standard & Poor’s disposent de 631 milliards de réserves liquides ; la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d’opérations sur les marchés financiers. En France, l’investissement productif des entreprises du CAC 40 n’augmente pas même quand leurs bénéfices explosent.

La production n’étant plus capable de valoriser l’ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conserve la forme de capital financier.

Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers.

La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial).

La "valeur" de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le "good will", c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc.

Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futurs et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

La capitalisation des anticipations de profit et de croissance entretien l’endettement croissant, alimente l’économie en liquidités dues au recyclage bancaire de plus-value fictives, et permet aux États-Unis une "croissance économique" qui, fondée sur l’endettement intérieur et extérieur, est de loin le moteur principal de la croissance mondiale (y compris de la croissance chinoise).

L’économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l’industrie financière. Jusqu’au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d’effondrement, l’économie réelle d’une dépression sévère et prolongée (la dépression japonaise dure depuis bientôt quinze ans) .

On a beau accuser le spéculation, les paradis fiscaux, l’opacité et le manque de contrôle de l’industrie financière (en particulier des hedge funds), la menace de dépression, voire d’effondrement qui pèse sur l’économie mondiale n’est pas due au manque de contrôle ; elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire.

Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires. Prétendre redistribuer par voie d’imposition les plus-values fictives des bulles précipiterait cela même que l’industrie financière cherche à éviter : la dévalorisation de masses gigantesque d’actifs financiers et la faillite du système bancaire.

La "restructuration écologique" ne peut qu’aggraver la crise du système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis 150 ans. Si on prolonge la tendance actuelle, le PIB mondial sera multiplié par un facteur 3 ou 4 d’ici à l’an 2050. Or selon le rapport du Conseil sur le climat de l’ONU, les émissions de CO2 devront diminuer de 85% jusqu’à cette date pour limiter le réchauffement climatique à 2°C au maximum. Au-delà de 2°, les conséquences seront irréversibles et non maîtrisables.

La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d’autres rapports sociaux. En leur absence, l’effondrement ne pourrait être évité qu’à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d’une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle elle va s’opérer.

La forme barbare nous est déjà familière. Elle prévaut dans plusieurs régions d’Afrique, dominées par des chefs de guerre, par le pillage des ruines de la modernité, les massacres et trafics d’êtres humains, sur fond de famine. Les trois Mad Max étaient des récits d’anticipation.

Une forme civilisée de la sortie du capitalisme, en revanche, n’est que très rarement envisagée. L’évocation de la catastrophe climatique qui menace conduit généralement à envisager un nécessaire "changement de mentalité", mais la nature de ce changement, ses conditions de possibilité, les obstacles à écarter semblent défier l’imagination.

Envisager une autre économie, d’autres rapports sociaux, d’autres modes et moyens de production et modes de vie passe pour "irréaliste", comme si la société de la marchandise, du salariat et de l’argent était indépassable.

En réalité une foule d’indices convergents suggèrent que ce dépassement est déjà amorcé et que les chances d’une sortie civilisée du capitalisme dépendent avant tout de notre capacité à distinguer les tendances et les pratiques qui en annoncent la possibilité.

 

[2] Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu’il a pris en l’espace d’un siècle sur la production et la consommation à la fois.

En dépossédant d’abord les ouvriers de leurs moyens de travail et de leurs produits, il s’est assuré progressivement le monopole des moyens de production et la possibilité de subsumer le travail. En spécialisant, divisant et mécanisant le travail dans de grandes installations, il a fait des travailleurs les appendices des mégamachines du capital.

Toute appropriation des moyens de production par les producteurs en devenait impossible.

En éliminant le pouvoir de ceux-ci sur la nature et la destination des produits, il a assuré au capital le quasi-monopole de l’offre, donc le pouvoir de privilégier dans tous les domaines les productions et les consommations les plus rentables, ainsi que le pouvoir de façonner les goûts et désirs des consommateurs, la manière dont ils allaient satisfaire leurs besoins.

C’est ce pouvoir que la révolution informationnelle commence de fissurer.

Dans un premier temps, l’informatisation a eu pour but de réduire les coûts de production.

Pour éviter que cette réduction des coûts entraîne une baisse correspondante du prix des marchandises, il fallait, dans toute la mesure du possible, soustraire celles-ci aux lois du marché.

Cette soustraction consiste à conférer aux marchandises des qualités incomparables grâce auxquelles elles paraissent sans équivalent et cessent par conséquent d’apparaître comme de simples marchandises.

La valeur commerciale (le prix) des produits devait donc dépendre davantage de leurs qualités immatérielles non mesurables que de leur utilité (valeur d’usage) substantielle.

Ces qualités immatérielles - le style, la nouveauté le prestige de la marque, le rareté ou "exclusivité" - devaient conférer aux produits un statut comparable à celui des oeuvres d’art : celles-ci ont une valeur intrinsèque, il n’existe aucun étalon permettant d’établir entre elles un rapport d’équivalence ou "juste prix".

Ce ne sont donc pas de vraies marchandises. Leur prix dépend de leur rareté, de la réputation du créateur, du désir de l’acheteur éventuel. Les qualités immatérielles incomparables procurent à la firme productrice l’équivalent d’un monopole et la possibilité de s’assurer une rente de nouveauté, de rareté, d’exclusivité.

Cette rente masque, compense et souvent surcompense la diminution de la valeur au sens économique que la baisse des coûts de production entraîne pour les produits en tant que marchandises par essence échangeable entre elles selon leur rapport d’équivalence.

Du point de vue économique, l’innovation ne crée donc pas de valeur ; elle est le moyen de créer de la rareté source de rente et d’obtenir un surprix au détriment des produits concurrents.

La part de la rente dans le prix d’une marchandise peut être dix, vingt ou cinquante fois plus grand que son coût de revient, et cela ne vaut pas seulement pour les articles de luxe ; cela vaut aussi bien pour des articles d’usage courant comme les baskets, T-shirts, portables, disques, jeans etc.

Or la rente n’est pas de même nature que le profit : elle ne correspond pas à la création d’un surcroît de valeur, d’une plus-value. Elle redistribue la masse totale de le valeur au profit des entreprises rentières et aux dépends des autres ; elle n’augmente pas cette masse [1].
Lorsque l’accroissement de la rente devient le but déterminent de la politique des firmes - plus important que le profit qui, lui, se heurte à le limite interne indiquée plus haut - la concurrence entre les firmes porte avant tout sur leur capacité et rapidité d’innovation.

C’est d’elle que dépend avant tout la grandeur de leur rente. Elles cherchent donc a se surpasser dans le lancement de nouveaux produits ou modèles ou styles, par l’originalité du design, par l’inventivité de leurs campagnes de marketing, par la "personnalisation" des produits.

L’accélération de l’obsolescence, qui va de pair avec la diminution de la durabilité des produits et de la possibilité de les réparer, devient le moyen décisif d’augmenter le volume des ventes.

Elle oblige les firmes à inventer continuellement des besoins et des désirs nouveaux , à conférer aux marchandises une valeur symbolique, sociale, érotique, à diffuser une "culture de la consommation" qui mise sur l’individualisation, la singularisation, la rivalité, la jalousie, bref sur ce que j’ai appelé ailleurs la "socialisation antisociale".

Tout s’oppose dans ce système à l’autonomie des individus ; à leur capacité de réfléchir ensemble à leurs fins communes et à leurs besoins communs ; de se concerter sur la meilleure manière d’éliminer les gaspillages, d’économiser les ressources, d’élaborer ensemble, en tant que producteurs et consommateurs, une norme commune du suffisant - de ce que Jacques Delors appelait une "abondance frugale".

De toute évidence, la rupture avec la tendance au "produire plus, consommer plus" et la redéfinition autonome d’un modèle de vie visant à faire plus et mieux avec moins, suppose la rupture avec une civilisation où on ne produit rien de ce qu’on consomme et ne consomme rien de ce qu’on produit ; où producteurs et consommateurs sont séparés et où chacun s’oppose à lui-même en tant qu’il est toujours l’un et l’autre à la fois ; où tous les besoins et tous les désirs sont rebattus sur le besoin de gagner de l’argent et le désir de gagner plus ; où la possibilité de l’autoproduction pour l’autoconsommation semble hors de portée et ridiculement archaïque - à tort.

Et pourtant : la "dictature sur les besoins" perd de sa force. L’emprise que les firmes exercent sur les consommateurs devient plus fragile en dépit de l’explosion des dépenses pour le marketing et la publicité.

La tendance à l’autoproduction regagne du terrain en raison du poids croissant qu’ont les contenus immatériels dans la nature des marchandises. Le monopole de l’offre échappe petit à petit au capital.

Il n’était pas difficile de privatiser et de monopoliser des contenus immatériels aussi longtemps que connaissances, idées, concepts mis en oeuvre dans la production et dans la conception des marchandises étaient définis en fonction de machines et d’articles dans lesquels ils étaient incorporés en vue d’un usage précis.

Machines et articles pouvaient être brevetés et la position de monopole protégée. La propriété privée de connaissances et de concepts était rendue possible par le fait qu’ils étaient inséparables des objets qui les matérialisaient. Ils étaient une composante du capital fixe.

Mais tout change quand les contenus immatériels ne sont plus inséparables des produits qui les contiennent ni même des personnes qui les détiennent ; quand ils accèdent a une existence indépendante de toute utilisation particulière et qu’ils sont susceptibles, traduits en logiciels, d’être reproduits en quantités illimitées pour un coût infime.

Ils peuvent alors devenir un bien abondant qui, par sa disponibilité illimitée, perd toute valeur d’échange et tombe dans le domaine public comme bien commun gratuit - à moins qu’on ne réussisse à l’en empêcher en en interdisant l’accès et l’usage illimités auxquels il se prête.
Le problème auquel se heurte "l’économie de la connaissance" provient du fait que la dimension immatérielle dont dépend le rentabilité des marchandises n’est pas, à l’âge de l’informatique, de la même nature que ces dernières : elle n’est la
propriété privée ni des entreprises ni des collaborateurs de celles-ci ; elle n’est pas de par sa nature privatisable et ne peut par conséquent devenir une vraie marchandise.

Elle peut seulement être déguisée en propriété privée et marchandise en réservant son usage exclusif par des artifices juridiques ou techniques (codes d’accès secrets). Ce déguisement ne change cependant rien à la réalité de bien commun du bien ainsi déguisé : il reste une non-marchandise non vendable dont l’accès et l’usage libres sont interdits parce qu’ils demeurent toujours possibles, parce que le guettent les "copies illicites", les "imitations", les usages interdits.

Le soi-disant propriétaire lui-même ne peut les vendre c’est-à-dire en transférer la propriété privée à un autre, comme il le ferait pour une vraie marchandise ; il ne peut vendre qu’un droit d’accès ou d’usage "sous licence".

L’économie de la connaissance se donne ainsi pour base une richesse ayant vocation d’être un bien commun, et les brevets et copyrights censés le privatiser n’y changent rien ; l’aire de la gratuité s’étend irrésistiblement.

L’informatique et internet minent le règne de la marchandise à sa base.

Tout ce qui est traduisible en langage numérique et reproductible, communicable sans frais tend irrésistiblement à devenir un bien commun, voire un bien commun universel quand il est accessible à tous et utilisable par tous.

N’importe qui peut reproduire avec son ordinateur des contenus immatériels comme le design, les plans de construction ou de montage, les formules et équations chimiques ; inventer ses propres styles et formes ; imprimer des textes, graver des disques, reproduire des tableaux.

Plus de 200 millions de références sont actuellement accessibles sous licence "créative commons".

Au Brésil, où l’industrie du disque commercialise 15 nouveaux CD par an, les jeunes des favelas en gravent 80 par semaine et les diffusent dans la rue. Les trois quarts des ordinateurs produits en 2004 étaient autoproduits dans les favelas avec les composants de matériels mis au rebut. Le gouvernement soutient les coopératives et groupements informels d’autoproduction pour l’auto approvisionnement.

Claudio Prado, qui dirige le département de la culture numérique au ministère de la Culture du Brésil, disait récemment : "L’emploi est une espèce en voie d’extinction... Nous comptons sauter cette phase merdique du 20è siècle pour passer directement du 19è au 21è siècle".

L’autoproduction des ordinateurs par exemple a été officiellement soutenue : il s’agit de favoriser "l’appropriation des technologies par les usagers dans un but de transformation sociale".

La prochaine étape sera logiquement l’autoproduction de moyens de production. J’y reviendrai encore.

Ce qui importe pour le moment, c’est que la principale force productive et la principale source de rentes tombent progressivement dans le domaine public et tendent vers la gratuité ; que la propriété privée des moyens de production et donc le monopole de l’offre deviennent progressivement impossibles ; que par conséquent l’emprise du capital sur la consommation se relâche et que celle-ci peut tendre à s’émanciper de l’offre marchande.

Il s’agit là d’une rupture qui mine le capitalisme à sa base. La lutte engagée entre les "logiciels propriétaires" et les "logiciels libres" (libre, "free", est aussi l’équivalent anglais de "gratuit") a été le coup d’envoi du conflit central de l’époque.

Il s’étend et se prolonge dans la lutte contre la marchandisation de richesses premières - la terre, les semences, le génome, les biens culturels, les savoirs et compétences communs, constitutifs de la culture du quotidien et qui sont les préalables de l’existence d’une société.

De la tournure que prendra cette lutte dépend la forme civilisée ou barbare que prendra la sortie du capitalisme.

Cette sortie implique nécessairement que nous nous émanciperons de l’emprise qu’exerce le capital sur la consommation et de son monopole des moyens de production.

Elle signifie l’unité rétablie du sujet de la production et du sujet de la consommation et donc l’autonomie retrouvée dans la définition de nos besoins et de leur mode de satisfaction.

L’obstacle insurmontable que le capitalisme avait dressé sur cette voie était la nature même des moyens de production qu’il avait mis en place : ils constituait une mégamachine dont tous étaient les serviteurs et qui nous dictait les fins à poursuivre et la vie a mener.

Cette période tire à sa fin. Les moyens d’autoproduction high-tech rendent la mégamachine industrielle virtuellement obsolète.

Claudio Prado invoque "l ’appropriation des technologies" parce que la clé commune de toutes, l’informatique, est appropriable par tous.

Parce que, comme le demandait Ivan Illich, "chacun peut [l’]utiliser sans difficulté aussi souvent ou aussi rarement qu’il le désire... sans que l’usage qu’il en fait empiète sur le liberté d’autrui d’en faire autant" ; et parce que cet usage (il s’agit de la définition illichienne des outils conviviaux) "stimule l’accomplissement personnel" et élargit l’autonomie de tous.

La définition que Pekka Himanen donne de l’Ethique Hacker est très voisine : un mode de vie qui met au premier rang "les joies de l’amitié, de l’amour, de la libre coopération et de la créativité personnelle".

Les outils high-tech existants ou en cours de développement, généralement comparables à des périphériques d’ordinateur, pointent vers un avenir où pratiquement tout le nécessaire et le désirable pourra être produit dans des ateliers coopératifs ou communaux ; où les activités de production pourront être combinées avec l’apprentissage et l’enseignement, avec l’expérimentation et la recherche, avec la création de nouveaux goûts, parfums et matériaux, avec l’invention de nouvelles formes et techniques d’agriculture, de construction, de médecine etc.

Les ateliers communaux d’autoproduction seront interconnectés à l’échelle du globe, pourront échanger ou mettre en commun leurs expériences, inventions, idées, découvertes. Le travail sera producteur de culture, l’autoproduction un mode d’épanouissement.


Deux circonstances plaident en faveur de ce type de développement.

La première est qu’il existe beaucoup plus de compétences, de talents et de créativité que l’économie capitaliste n’en peut utiliser. Cet excédent de ressources humaines ne peut devenir productif que dans une économie où la création de richesses n’est pas soumise aux critères de rentabilité.

La seconde est que "l’emploi est une espèce en voie d’extinction".

Je ne dis pas que ces transformations radicales se réaliseront. Je dis seulement que, pour la première fois, nous pouvons vouloir qu’elles se réalisent.

Les moyens en existent ainsi que les gens qui s’y emploient méthodiquement. Il est probable que ce seront des Sud-Américains ou des Sud-Africains qui, les premiers, recréeront dans les banlieues déshéritées des villes européennes les ateliers d’autoproduction de leur favela ou de leur township d’origine.

André Gorz 

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2010/02/20/16975675.html






FAUT-IL  TUER  LES  VIEUX  ?



roland (webmaster) Modérateur 

Rassurez vous, après la "réforme" des retraites, quand ils auront mis la retraite à 98 ans, il n'y aura plus de vieux...

 

 

Laurence Parisot, grande prêtresse du Medef (*) l'a affirmé au Journal du Dimanche : "Il faut changer l'âge légal de départ à la retraite [...] L'espérance de vie approche les 100 ans, comment imaginer trente ou quarante ans sans travailler, et les financer en restant inactif ? Relevons l'âge légal, cela entraînera une hausse du taux d'activité des seniors, comme tout le monde souhaite"... http://www.lesmotsontunsens.com/la-fable-des-retraites-laurence-parisot-centenaine-7093

Grande Démineuse De Tapettes à Gruyère et Pourfendeuse De Cornichons. http:// reineroro.kazeo.com/

 

 



babelouest
(crisonnier)
 Modérateur  le 17/02/2010 17H33 

Pendant que les entreprises se séparent au max de leurs "seniors" de plus de 55 ans, cherchez l'erreur !

 

 



graffitix
le 17/02/2010 17H47 

En ce qui concerne le versement de nos retraites, je n'y crois plus depuis le début des années 90, voire avant.
Même si je reconnais n'avoir eu alors aucune informatin concrète allant dans ce sens.
J'ai une amie, indépendante pendant de longues années, qui a toujours refusé de cotiser aux caisses de retraites d'indépendant, car elle n'y croyait pas non plus.
Ceux qui n'auront pas "mis de côté" (et encore : mettre de côté quoi, et où ?) grossiront les rangs de l'immense horde de miséreux dans les rues, à supposer qu'il n'y ait pas alors des centres de rétention pour "vieux"... en vue de la solution finale (dont aucun citoyen n'est autorisé à disposer individuellement pour lui même, en vue d'échapper dignement à ce qui l'attend...)
Les nouvelles récentes ne font que me confirmer ces craintes.

 

 



roland
(webmaster)
 Modérateur  le 17/02/2010 17H53

De toute façon entre la pollution, les matériaux radio-actifs, la grippe, les pesticides, les OGM, et le stress causé par la gueule à Sarko à la télé, on a peu de chance d'y arriver à la retraite, on sera mort avant !


 



http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=11025


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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 00:01
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 14:44


riches-pauvres.jpg

Crise économique: le pourquoi du comment




Jo Cottenier
  

 

Il y a peu, des journalistes économiques ont vu « les premiers signes de rétablissement ». Mais, les bourses dégringolent à nouveau. Et ensuite ?

 


INTERVIEW: RUBEN RAMBOER

Fin 2008, on pensait la crise actuelle comparable à celle des années 30. Depuis peu, on parle de « vive relance économique ». Et, aujourd’hui, les économistes parlent de « double creux de vague », d’une nouvelle récession à cause des dettes des États. Qu’en est-il ?

Le capitalisme a perdu le nord. En septembre 2008, éclatement de la crise des banques et du crédit, tout le système financier s’effondre. Comme en 1929, c’était le signal de départ d’une crise profonde et sans doute longue de l’économie réelle. Fin 2009, les économistes et hommes politiques annonçent une reprise :nous, nous pensions qu’elle serait de courte durée. Aujourd’hui,c’est évident; l’État a guéri le système financier et, maintenant, c’est lui qui est gravement malade. Les marchés financiers doutent que les États puissent rembourser leurs dettes et les obligent à des efforts budgétaires extrêmes qui à leur tour hypothèquent la croissance. Ils ont aussi entamé une vague de spéculation contre quelques pays comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal pour les forcer à faire des efforts budgétaires et l’Union européenne (UE), elle aussi, impose des économies pour sauver l’euro. Au total, cette grosse vague d’économies va à son tour hypothéquer la fragile reprise. Et cette crainte du « deuxième creux de la vague » deviendra peut-être réalité.


Pourquoi une crise économique a-t-elle suivi une crise financière ?

En fait, c’est l’inverse.


Comment ça ?

La cause est à chercher dans la sphère de la production. À la base de toute crise, il y a un problème de surproduction. Le capitalisme, veut toujours s’accaparer les parts de marché des concurrents en produisant à meilleur marché. Ce n’est possible qu’en comprimant les coûts de production ou avec moins de main-d’œuvre, plus de machines. Inévitablement, on coupe dans le pouvoir d’achat. Ainsi naît une contradiction entre une capacité de production en hausse et un pouvoir d’achat en baisse à l’échelle mondiale. On crée une surproduction.

Pendant un temps, le crédit et la spéculation peuvent créer une demande artificielle et camoufler la crise dans la sphère de production. Mais quand le fossé entre le rêve et réalité devient trop large, les bulles financières explosent. Ceux qui prétendent qu’il ne s’agit que d’une crise financière ne vont pas au cœur du problème. Si on considère cela à plus long terme, nous voyons qu’il y a eu surcapacité et surproduction depuis la crise économique des années 1970. Et, par conséquent, le capital entame maintenant une grande « période d’assainissement », avec une destruction massive de capacité.


À partir de la fin 2009, on croyait que l’économie sortait du gouffre. La croissance économique est même redevenue positive ?

On a fait beaucoup de bruit autour de la résurrection, mais c’est surtout du blabla visant à restaurer la confiance.

Il y a eu une légère reprise en raison des plans de relance. Partout dans le monde, les gouvernements ont injecté de l’argent dans l’économie pour stimuler la demande : 800 milliards aux États-Unis, 500 milliards en Chine, 200 milliards dans l’Union européenne. Le plan allemand des vieux fers, par exemple, a stimulé la demande d’automobiles.

Mais la plupart de ces plans arrivent à leur fin et cela n’a rien d’une vraie résurrection. Celle-ci doit venir d’une réelle augmentation de la demande de marchandises et de services. Et cette demande n’existe pas. Le chômage augmente très rapidement et le pouvoir d’achat baisse. Les paiements en souffrance augmentent. Les gens sont inquiets pour l’avenir et ils économisent.


Qu’est-ce qui rend cette crise si exceptionnelle ?

Le capitalisme fonce dans une impasse et il ne trouve pas d’issue. Dans aucun secteur, il ne pointe une réelle restauration de la demande.Le secteur industriel est dans l’impasse : pas de nouveaux investissements, mais des restructurations et des licenciements, ce qui fait encore baisse le pouvoir d’achat de la population. Pendant un temps, la crise a été compensée grâce à l’emplâtre du chômage économique, mais, maintenant, nous en sommes vraiment à la phase de l’amputation. Dans le monde entier, on voit les grands monopoles utiliser la crise pour « assainir ». Le superflu doit disparaître pour pouvoir repartir avec un appareil dégraissé mais rentable. Les licenciements tombent non seulement dans les entreprises déficitaires, mais aussi dans les bénéficiaires, comme AB InBev ou encore DHL à l’aéroport. Entre faillites et reprises, les plus faibles disparaissent et les plus forts se renforcent.

Le secteur du crédit lèche ses plaies et veut accroître encore ses bénéfices. Les difficultés d’une partie de l’industrie menacent à leur tour les banques car les entreprises en faillite ne remboursent pas leurs dettes. De ce fait, les banques sont très avares dans leur crédit à l’industrie. Et, vu les dettes des gouvernements, on ne doit pas s’attendre à plus de largesse de ce côté-là.


Le capitalisme cherche de nouveaux débouchés pour croître à nouveau. L’économie verte ne peut-elle devenir le moteur d’une reprise réelle de la demande ?

C’est le deus ex machina actuellement : l’économie verte comme solution à la crise écologique et économique. À peu près tous les partis politiques, ainsi que les institutions internationales comme les Nations unies, se passionnent pour le Green Deal : donner un coup de pouce au capital afin qu’il produise durable et vert et, du coup, l’économie déniche une nouvelle locomotive. Mais c’est loin d’être aussi simple que ça.


Pourquoi pas ?

Personne ne niera que le passage à une économie durable et pauvre en carbone comporte un bouleversement phénoménal du mode de production. Pour réduire les émissions de CO2 de 30 à 40 % en 2020 et de 95 % en 2050, une réorientation gigantesque de l’économie est nécessaire. Ce sont des perspectives pour une relance, mais il ne faut rien exagérer.

Jusqu’à présent, l’emploi dans l’industrie verte est limité. L’éco-industrie et les éco-services représentent 2,2 % du PIB des 25 pays de l’Union européenne (UE). Les emplois verts sont souvent simplement le remplacement d’emplois disparus dans d’autres secteurs. Le syndicat européen a fait une étude et prévoit, par l’éco-industrie, une croissance de l’emploi de 1 à 2 %.


L’écologique, ça rapporte ?

Jouets, shampooing, panneaux solaires… Ce que produit le capitaliste et comment il le produit dépend des possibilités de profit. Le capitaliste se fout des problèmes climatiques de l’avenir. Ce qui l’intéresse, c’est le profit maintenant. Bien sûr, certains se rendent compte qu’en prenant des risques, ils s’accapareront peut-être le marché demain. Ainsi, on assiste à un certain rush du capital vers les « niches » du capitalisme vert : éoliennes, cellules solaires, voiture électrique, instruments en vue d’économiser l’énergie.

Mais sur le plan écologique, on reste loin en dessous des possibilités et besoins, car la chasse au profit est parfois un stimulant, mais peut aussi être un frein. Les inventions technologiques sont aux mains de monopoles privés et les brevets, cachés aux concurrents. La question n’est donc abordée de façon globale et efficace. Si le capital lorgne en direction de nouvelles sources d’énergie, il ne choisit pas la plus respectueuse de l’environnement, mais la plus rentable. Aujourd’hui, on reactive des centrales au charbon, vraiment très polluantes, avec la promesse que le CO2 sera stocké dans le sous-sol. Autre exemple, l’exploitation d’énormes gisements de sable bitumeux au Canada, lesquels constituent une très lourde surcharge pour l’environnement.

L’économie verte durable est très risquée pour le capital privé et, sans soutien de l’État, moins rentable que l’économie polluante. Si on ne compte que sur le capital privé pour effectuer le passage, ce passage ne se fera alors qu’au compte-gouttes.


L’État ne doit-il pas encourager d’urgence l’économie verte ?

Dans le monde entier, c’est ce que l’État essaie de faire. La stratégie 2020 de l’UE et des plans fédéraux et régionaux belges aussi. Sous la menace des catastrophes climatiques, de grosses montants des impôts seront transférés vers le capital privé. Une approche erronée car les émissions de CO2 réclame une approche globale et planifiée et ne doit donc surtout pas être géré par les lois du marché et du profit.

D’après les Nations unies, c’est en Chine qu’on trouve l’approche la plus cohérente des problèmes environnementaux. L’emprise de l’État socialiste sur les investissements verts n’y est pas étrangère. Ici, le capital décide presque seul des investissements. Les entreprises ne font du vert que lorsque ça rapporte gros et qu’elles en ont envie. Et encore, elles le font alors l’une à côté de l’autre au lieu de le faire de concert. On peut difficilement parler de cohésion.


Environnement et emploi ne vont pas toujours main dans la main. Des normes environnementales ne sont-elles pas un danger pour le secteur pétrochimique en Flandre et la sidérurgie en Wallonie ?

Lors du sommet de Copenhague, les patrons du secteur pétrochimique flamand ont sorti un manifeste disant que des normes sévères seraient une ruine pour la chimie, le port et l’économie flamande. Ils font du lobbying pour maintenir les normes des émissions le plus bas possible et avoir des réglementations les plus souples. Souvent, ils agitent la menaces de l’emploi. Mais les deux peuvent aller de pair. Une économie pauvre en carbone est parfaitement possible sur le plan technologique. Ce n’est pas un problème technique mais un problème de société. Si on laisse la reconversion au privé, cela ira de pair avec des licenciements, des fermetures et des délocalisations vers des régions où les entreprises pourront encore polluer.

Dans une approche dirigée par l’État, chaque secteur devrait fournir sa quote-part nécessaire. Progressivement, on pourrait évoluer vers une économie durable. Dans ce cas, il faudra bien la planifier et investir dans des entreprises publiques, dans l’éco-secteur et l’énergie. Au lieu de cela, on s’imagine avoir découvert l’œuf de Colomb : le commerce de CO2.


Concernant le climat, on voit aussi le marché comme LA solution ?

Ce commerce des droits d’émission est l’ultime preuve qu’on refile le problème climatique aux mains du marché. Comment cela fonctionne-t-il ? Les États reçoivent des droits d’émission qu’ils ventilent entre leurs industries les plus polluantes. Une aciérie qui a plus rejet qu’elle n’en a le droit peut faire deux choses : assainir ou acheter des droits d’émission auprès d’entreprises qui se situent sous la norme des rejets. Ainsi naît un marché des droits d’émission de CO2, dont le prix est déterminé par l’offre et la demande sur le marché. Pour l’instant, ce prix est très bas car la crise et la production plus faible créent un excédent de droits sur le marché. Les industries très polluantes accèdent ainsi aux droits à très bas prix et peuvent donc continuer à cracher leur CO2 en toute quiétude. C’est bel et bien un frein à une réduction planifiée des rejets.

Ce commerce déplace également le problème car il y s’étend aux pays en voie de développement. On peut aider à limiter les émissions là-bas – ce qui coûte moins – et recevoir en échange des droits d’émission. Et je ne parle pas des phénomènes pervers propres à de nombreux marchés. Et tout cela au détriment d’un problème grave : le réchauffement climatique.


De quels phénomènes pervers voulez-vous parler ?

La spéculation, par exemple. Le commerce des certificats carbone se mue en nouveau marché financier. Les certificats carbone sont comme des actions sur lesquelles on peut spéculer. Certains disent que ça va devenir la nouvelle bulle de savon, que ces certificats vont devenir les nouveaux crédits camelote. Le marché du carbone s’élevait à 125 milliards de dollars en 2008 et l’on prévoierait 3 000 milliards de dollars d’ici 2020.


Les marxistes pensent que le capitalisme est en train de sombrer suite à ses propres contradictions. Toutes ces crises sont-elles un signe fatidique ?

Attention, le capitalisme ne va pas s’effondrer tout seul ! La crise va laisser de lourdes traces et une période de grande incertitude nous attend car les différentes crises se renforcent l’une l’autre : financière, économique, climatique, énergétique, démographique. Ce n’est pas parce qu’il y a crise qu’il ne pourra plus y avoir de périodes de reprise. Le capitalisme cherche toujours des issues, même si, pour cela, des guerres sont nécessaires.

Les rapports de force dans le monde ont changé. La suprématie des États-Unis en a pris un coup, le dollar titube, il y a une redistribution du pouvoir à l’échelle mondiale. Nous l’avons également vu nettement au sommet de Copenhague où la Chine, l’Amérique latine et l’Afrique se sont rebiffées et ne se sont pas soumises à l’agenda de l’Occident. L’évolution de ce changement contribue également à déterminer l’issue de la crise.

C’est la force des travailleurs qui détermine l’avenir de ce système. Un signe d’espoir, en ce sens, c’est que la prise de conscience que ce système doit disparaître et faire place à une économie planifiée. Car, où que l’on se tourne, on voit clairement maintenant les ravages de la chasse au profit, le noyau même du capitalisme.



 

2nde interview

« La baisse des prix montre l’ampleur de la crise »
 
Les gens sont inquiets pour leur emploi. En Belgique, en janvier, plus de 200 000 personnes sont en chômage économique. Cela représente un triplement des chiffres en quelques mois.

 

La crise économique que nous connaissons est-elle plus grave que celle de 1929 ? Va-t-elle passer en 2009 ? Qu’en est-il ? Petite déprime ou grande dépression ?


Si Leterme a dit qu’il s’agissait de la crise la plus grave depuis un siècle, qui sommes-nous pour le contredire ? Il s’agit en effet d’une crise très sérieuse et selon moi, nous n’en sommes qu’au début.




Pourtant, Bruno Colmant, directeur de la Bourse de Bruxelles a déclaré que « la Bourse ne s’effondre jamais deux années de suite et que par conséquent nous connaîtrons un regain de croissance. »


Eh bien, il essaie seulement de leurrer les gens. On compare souvent la crise actuelle à celle des années 30. À l’époque, la Bourse venait d’atteindre le niveau qu’elle avait atteint vingt ans plus tôt, c’est-à-dire après la guerre mondiale et une longue dépression. Le président du Fonds Monétaire International (FMI), le Français Dominique Strauss-Kahn, a également déclaré que 2009 pourrait être pire que 2008. 
    La tempête qui s’est abattue sur le monde financier est loin d’être terminée. En septembre 2008, nous avons connu la première vague. Les États se sont portés au secours des banques à coup de milliards d’euros et de dollars pour éviter que l’ensemble du système financier international ne s’effondre. En fait, c’était simplement postposer le problème car tôt ou tard, il faudra bien que quelqu’un paie. 
    Il est très probable que nous connaissions un second crash financier puisque la majeure partie des crédits douteux sur lesquels la Bourse s’est enlisée sont toujours dans les sociétés d’investissements, les fonds à effet de levier et les fonds d’épargne-pension et qu’ils réagiront avec un décalage par rapport au secteur bancaire. Certains prédisent ce nouveau crash pour février ou mars. Mais le plus important c’est que cette fois la crise touchera également l’économie réelle.




C’est donc loin d’être fini…

Tout indique que nous ne sommes qu’au début d’une spirale descendante qui est, pour l’instant, impossible à arrêter. Le point le plus bas de la crise de surproduction (voir explication) approche. 
    Pour la première fois depuis les années 30, on s’attend dans les économies occidentales à une chute du produit intérieur brut (PIB, la valeur totale des biens et services produits dans un pays, ndlr). On peut le voir à la surproduction et à l’effondrement de la demande qui touchent un nombre de secteurs de plus en plus grand. 
    Dans le secteur automobile, par exemple, les trois géants américains Ford, Chrysler et General Motors sont au plus mal. C’est l’État qui les maintient debout. Aujourd’hui, certaines marques automobiles offrent même à l’achat d’une grosse voiture un second véhicule gratuit. Preuve flagrante de la surproduction et de la forte diminution de la demande.
    On peut également le voir à la montée du chômage. En Belgique, au mois de janvier, plus de 200 000 personnes se sont retrouvées au chômage économique. Toutes les régions et tous les secteurs sont touchés, c’est un phénomène que l’on n’avait plus connu depuis longtemps.
    On note en outre une forte chute des prix de l’immobilier, des matières premières, de l’essence et de quelques produits alimentaires.



Cette diminution des prix n’est-elle pas une bonne chose pour le pouvoir d’achat et un signe de reprise économique ?


Cela prouve surtout combien cette crise est profonde. Lorsque l’économie tourne bien, c’est la surchauffe et les prix grimpent. Lorsque l’économie tourne mal, c’est l’inverse. La demande dégringole et les entreprises tentent d’écouler leurs produits en diminuant leurs prix. Cela s’est aussi produit dans les années 30. Les baisses de prix sont un soulagement temporaire pour certaines personnes mais cela ne signifie aucunement que les problèmes sont résolus puisque le chômage augmente. Le problème du pouvoir d’achat subsiste donc.



On dit souvent que les employeurs utilisent la crise comme prétexte pour procéder à des restructurations ou des licenciements collectifs prévus depuis longtemps. 


C’est vrai. Le patronat profite de toute situation pour en tirer des avantages. Lors des négociations de l’accord interprofessionnel (AIP) on a pu voir que la crise a servi de prétexte pour modérer la lutte pour l’augmentation du pouvoir d’achat et limiter les exigences salariales. A la KBC, on a dit au personnel : « Si nous vous offrons la sécurité d’emploi, il vous faudra renoncer à tous les avantages extralégaux qui vous ont été octroyés au cours des années précédentes. » La crise devient donc un moyen de chantage pour attaquer les acquis des travailleurs. Dans pareil contexte, la prudence est de mise, nous ne pouvons laisser les patrons mettre tout sur le dos de la crise. La question qui se pose est de savoir qui va payer la crise. Ce qui est certain c’est que le patronat ne reculera devant rien pour faire payer cette crise aux travailleurs.

Source: Solidaire

 http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2568:crise-economique-le-pourquoi-du-comment-2&catid=6:articles&Itemid=11
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 14:22


Faire de la région un bouclier social

Nous sommes maintenant à quelques semaines du premier tour des élections régionales. Il s’agit de choisir des élus qui géreront les régions.


Soit, ils le feront au service des habitants avec l’orientation prioritaire des budgets vers les transports, l’aide sociale, l’aide à la défense de l’emploi, à la vie rurale, à l’installation des jeunes agricultures et au soutien des petits commerçants, soit des majorités politiques de droite qui serviront d’abord les grands intérêts privés.


Soit les régions seront administrées pour être de vrais boucliers sociaux au service des habitants ou au contraire des relais des choix sarkozystes d’austérité, de réduction de crédits utiles au service public, à la protection sociale, à l’école ou à


un développement rural riche en emplois.


Il s’agit donc, avec cette élection, de choisir des élus qui géreront les plus grandes collectivités territoriales, bien qu’elles ne disposent que de budgets plutôt limités. Mais le niveau de la campagne électorale, relayé par le complexe médiatico-politique, se rapproche du degré zéro du débat politique. On a l’impression d’assister à un triste festival de boules puantes, de petites phrases nauséabondes et de procès en sorcellerie. On voudrait dégoûter les gens de prendre leurs affaires en main, d’aller voter pour choisir la politique régionale qu’ils souhaiteraient voir être mise en oeuvre qu’on ne s’y prendrait pas autrement.


Mais ne nous trompons pas ! Cette soupe politicienne sert à cacher les nouveaux et violents projets d’aggravation de la vie quotidienne des familles populaires qui se préparent. Ceux-ci se feront au nom de la réduction des déficits publics. S’il ya bien des déficits dans les caisses de l’Etat et de la sécurité sociale, c’est parce que le pouvoir a abaissé la fiscalité des plus fortunés et des grandes entreprises, renfloué les caisses des banques et de grandes sociétés industrielles sans contrepartie pour l’emploi. Cette saignée envisagée contre le peuple, concerne aussi les communes, les départements et les régions, à qui l’Etat a transféré de plus en plus de charges, sans leur affecter les moyens financiers correspondant. Pire ! Il leur enlève des moyens avec la suppression de la taxe professionnelle.


A cela s’ajoutera une modification du mode d’élection avec l’objectif pour la droite de tenter de détenir toutes les régions avec ce que l’on appelle un scrutin uninominal à un tour. Avec un tel scrutin, le parti qui arriverait en tête, même avec seulement 25% des voix aurait tous les élus. Il s’agit d’un coup de force.


Autant de raisons pour aller dire non à ces choix le 14 mars prochain avec les listes porteuses de choix neufs, bien ancrés à gauche.

http://patricklehyaric.net/2010/02/17/faire-de-la-region-un-bouclier-social/

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 13:45

Le Traité de Lisbonne étrangle les peuples


Les peuples - ou le marché financier ! 


Face à la grave crise que connaît la Grèce, le Conseil européen réuni la semaine dernière a donné la piètre image d’une construction qui n’a rien de solidaire. Il a décidé, en guise d’aide pourtant si nécessaire face aux difficultés financières et budgétaires que connaît ce pays, d’imposer « du sang et des larmes » au peuple grec. C’est à lui qu’est demandé aujourd’hui de payer une crise dont seuls les dirigeants au service des forces de l’argent sont responsables !


La même détestable potion se prépare dans tous les pays européens avec des plans de super-austérité et de destructions des droits sociaux. Ces choix à courte vue mènent à de dramatiques impasses sociales, génératrices d’une amplification de la crise économique. Partout en effet les salaires sont bloqués, les emplois dans les services publics sont diminués, les niveaux de protection sociale abaissés et l’âge ouvrant droit à la retraite reculé.


Loin d’être une Europe « protectrice » comme l’affirmait l’UMP durant la campagne des dernières élections européennes, l’actuelle construction européenne est malheureusement bien ce que nous n’avons cessé de dénoncer dans les débats sur les traités de Maastricht et de Lisbonne : une construction au seul service des marchés financiers.  Mêmes des défenseurs d’hier de ces traités sont contraints de le reconnaître. La dette des Etats est placée dans les griffes des marchés financiers qui font de « l’argent » avec elle alors qu’il est demandé des sacrifices aux populations, mettant en cause des droits gagnés de longue date.


Pour refuser aujourd’hui de venir en aide à la Grèce et demain à d’autres Etats qui en auront besoin, le Conseil européen  applique tout simplement l’actuel article 123-1 du traité de Lisbonne. Celui-ci stipule : « Il est interdit à la Banque centrale européenne (BCE) et aux banques centrales des Etats membres, ci-après dénommées, « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les Banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».


Nous avions alerté sur la nocivité de cet article. Elle se vérifie douloureusement.

Ajoutons que si la Banque fédérale américaine a pu venir en aide au budget des Etats-Unis  en recyclant 300 milliards de dollars de dettes, en Europe les statuts de la Banque centrale européenne l’interdisent.


Cela montre à quel point l’orientation choisie pour la construction européenne favorise les marchés financiers au détriment des peuples pour lesquels l’Europe sociale n’est qu’un slogan de campagne électorale. Certes, il existe dans le traité de Lisbonne, l’article 122-2, qui évoque des « événements exceptionnels pour un Etat membre » pour lequel « le Conseil, sur proposition de la Commission », pourrait décider de venir en aide par  « sous certaines conditions, une assistance financière ». Manifestement, ce qui a été choisi aujourd’hui, c’est de faire payer lourdement les peuples.


C’est le sens en France de la suppression d’un poste sur deux dans les secteurs publics, la privatisation annoncée de la Poste, l’invention de vingt nouvelles taxes ponctionnées sur les familles populaires, la pression à la baisse sur les salaires et l’emploi, l’attaque contre les retraites, confirmée lundi dernier par le Président de la République. Il s’agit là d’un cas d’école à ne pas laisser passer. C’est parce que les cotisations patronales ont été sans cesse abaissées, parce que les revenus financiers sont exonérés de contribution aux caisses de protection sociale et de retraites que des déficits existent. Et l’argument consistant à dire qu’il y a moins de cotisants que de retraités devra être discuté. S’il y a moins de cotisants, c’est parce qu’on refuse d’appliquer un droit humain et un droit constitutionnel : celui d’un travail sécurisé pour chacune et chacun. Oui, il y a moins de cotisants parce qu’on refuse du travail à trop de nos concitoyens! Notre pays est médaille d’or en matière de productivité horaire du travail. Une part plus importante de la richesse nationale peut donc être consacrée au financement des retraites  à condition qu’elle ne soit pas pillée par le capital. Le débat devra avoir lieu. Nous y participerons activement, argument contre argument.


Les peuples ou les marchés financiers ? Tel est le choix. L’heure est donc à la riposte la plus large, la plus unitaire possible

http://patricklehyaric.net/2010/02/18/le-traite-de-lisbonne-etrangle-les-peuples/

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 09:34
Gardes à vue françaises illégales annulées

C’est hier qu’a commencé, sous le contrôle du Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Barreau de NICE, Patrick LE DONNE, une fronde des Avocats niçois contre les gardes à vue françaises, désormais illégales selon le droit positif applicable, issu de la Convention Européenne des Droits de l’Homme appliqué par sa Cour.

C’est aujourd’hui que les premières victoires sont intervenues, après les interventions de nos confrères Me Florence MASSA, Me Jean Luc MARCHIO, et Me Pierre André PICON.

Depuis hier, tous les Confrères, dans un mouvement commun initié par leur Ordre et le Groupe de défense pénale, demandent l’annulation des gardes à vue devant les tribunaux.

Systématiquement.

Au sein d’une profession souvent décriée à tort pour son l’individualisme, l’attitude du Barreau Niçois dans le combat qu’il mène actuellement pour la défense des libertés fondamentale est exemplaire.

Car, devant les juridictions, les Avocats du Barreau de Nice ont décidé de ne pas reculer d’un pouce, et d’agir en bloc. 

Notons que Me Pierre André PICON, coordonnateur du groupe de défense pénale, a tenu à être présent à toutes les audiences de comparutions immédiates pour soutenir les demandes d’annulation, et cela avec brio.

L’effort commun de tout un Barreau commence donc à payer, car : 

Le Tribunal Correctionnel de NICE vient d’annuler, cet après midi, les gardes à vue d’une personne renvoyée pour trafic de stupéfiants en récidive légale (requis 4 ans), et d’une seconde pour des faits de conduite en état d’ivresse malgré l’annulation d’un permis de conduire, pour illégalité au regard des dispositions de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et de sa jurisprudence applicable. 

Annulation de la procédure, pas seulement des auditions.

Annulation : 

- de la garde à vue

- des auditions et actes faits dans le cadre des gardes à vue (perquisitions, etc...)

- du procès verbal de comparution immédiate 

- de la saisine du tribunal,

Il a ainsi ordonné le renvoi du Parquet à mieux se pourvoir et la remise en liberté immédiate des individus.

Saluons le courage des magistrats siégeant au Tribunal Correctionnel de NICE en ce jour du 16 février 2010, qui ont su protéger les libertés individuelles :

Madame le Juge CURETTI (Présidente)

Monsieur le Juge Côme JACQUMIN (Assesseur)

Madame le Juge LANFRANCHI OTTO BRUC (Assesseur)

Le Parquet a prévu de faire appel. Le dossier devrait être audiencé en urgence. 

Quelles sont les bases légales qui poussent les Avocats du Barreau de NICE à demander l’annulation des gardes à vues telles qu’elles sont prévues par le code de procédure pénale français, et comment nous comptons continuer cette lutte pour les libertés fondamentales ?

Elles reposent sur une évolution récente de la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, que le droit français doit respecter.

Le juge judiciaire français, aux termes de l’article 55 de la Constitution du 4 octobre 1958, est compétent pour contrôler la conventionalité de la loi pénale, c’est-à-dire, pour vérifier que la loi interne respecte les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés. 

Ainsi, la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme, et son organe juridictionnel, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, sont sources de droit positif en France.

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, pour participer à la préservation des Libertés Individuelles en Europe, souillées par les régimes totalitaires dramatiques que cette période avait générés la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales a été ratifiée par la France le 3 mai 1974.

Elle est applicable en droit interne et a une valeur juridique hiérarchiquement supérieure à celle de la loi nationale. Elle est d’applicabilité directe.

Il est ainsi prévu par la CESDH que les Hautes Parties contractantes reconnaissent à toute personne relevant de leurs juridictions les droits et libertés définis au titre 1 de la présente Convention

Dès lors, la Convention Européenne des Droits de l’Homme, applicable en droit interne, peut donc être directement invoquée par les particuliers devant les juridictions françaises.

Et si les dispositions d’une loi sont incompatibles avec les stipulations d’un traité ou d’un accord, il applique directement ces dernières. 

Le justiciable est donc, selon la jurisprudence de la Cour de Cassation (Cass Crim 24 mai 2006), recevable d’une part à invoquer l’application de l’article 6 de la Convention Européenne des droits de l’Homme devant le Tribunal, d’autre part à solliciter que la loi Française soit écartée si elle est contraire à la Convention. 

Or, la loi française ne respecte pas la Convention, en ce qui concerne la procédure de Garde à vue :

En effet, l’article 6 de la Convention Européenne des droits de l’homme prévoit que tout accusé a droit notamment à (alinéa c) : "se défendre lui même ou avoir l’assistance d’un défenseur de son choix et, s’il n’a pas les moyens de rémunérer un défenseur, pouvoir être assisté gratuitement par un avocat d’office, lorsque les intérêts de la justice l’exigent"

Et, en droit français, les dispositions de l’article 63-4 alinéa 7 du Code de procédure pénale sont les suivantes :

Si la personne est gardée à vue pour une infraction mentionnée aux 4°, 6°, 7°, 8°, et 15° de l’article 706-73, l’entretien avec un avocat ne peut intervenir qu’à l’issue d’un délai de quarante-huit heures. Si elle est gardée à vue pour une infraction mentionnée aux 3° et 11° du même article, l’entretien avec un avocat ne peut intervenir qu’à l’issue d’un délai de 72 heures. Le Procureur de la République est avisé de la qualification des faits retenue par les enquêteurs dès qu’il est informé par ces derniers du placement en garde à vue

Donc, selon le droit français et dans le cadre des infractions visée à l’article 706-73 du Code de procédure pénale, le gardé à vue ne peut s’entretenir avec un avocat dès le début de la mesure.

Ce qui est contraire à la jurisprudence de la Cour Européenne actuelle. 

En effet, dans l’arrêt Salduz c/ Turquie en date du 27 novembre 2008, la Grande Chambre de la Cour Européenne des Droits de l’Homme pose des principes fondateurs quant à l’intervention de l’avocat pendant le stade de la garde à vue.

Ainsi, elle prévoit que "si l’article 6 a pour finalité principale, au pénal, d’assurer un procès équitable devant un tribunal compétent pour décider du bien fondé de l’accusation, il n’en résulte pas qu’il se désintéresse des phases qui se déroulent avant la procédure de jugement.

(...) l’article 6 exige normalement que le prévenu puisse bénéficier de l’assistance d’un avocat dès les premiers stades des interrogatoires de police."

Poursuivant sa logique de protection dans le cadre de l’intervention de l’avocat, elle continue, dans sa jurisprudence, en condamnant l’absence de gamme d’interventions propres à ce dernier.

En outre, dans le même arrêt, elle énonce que l’article 6 exige normalement que le prévenu puisse bénéficier de l’assistance d’un avocat dès les premiers stades des interrogatoires de police.

Ce droit, que la Convention n’énonce pas expressément, peut toutefois être soumis à des restrictions pour des raisons valables. Il s’agit donc, dans chaque cas, de savoir sur la restriction litigieuse est justifiée et, dans l’affirmative, si considérée à la lumière de la procédure dans son ensemble elle a ou non privé l’accusé d’un procès équitable, car même une restriction injustifiée peur avoir pareil effet dans certaines circonstances. 

Que le droit au silence et le droit de bénéficier de conseils juridiques dont des principes qui revêtent une importance particulière dans le cas des infractions graves, car c’est face aux peines les plus lourdes que le droit à un procès équitable doit être assuré au plus haut degré possible par les sociétés démocratiques. 

Dans un autre arrêt, Dayanan c/ Turquie, du 13 octobre 2009, la Cour répertorie aussi la vaste gamme d’interventions qui sont propres au conseil dont la personne gardée à vue peut bénéficier. 

A cet égard, la discussion de l’affaire, l’organisation de la défense, la recherche de preuves favorables à l’accusé, la préparation des interrogatoires, le soutien de l’accusé en détresse et le contrôle de détention sont des éléments fondamentaux de la défense que l’avocat doit librement exercer. 

Or, les dispositions de l’article 63-4 du Code de Procédure pénale prévoit que l’assistance d’un avocat est limitée à une visite de 30 minutes seulement dont il ne peut faire état à quiconque, sans avoir eu accès au préalable au dossier, ne sont donc pas conforme aux exigences de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et à la jurisprudence récente de la Cour. 

La position de la Cour Européenne des Droits de l’Homme est sur ce point précis invariable : dans l’arrêt Oleg Kolesnik contre Ukraine, elle réaffirme la nécessité pour la personne gardée à vue d’être assisté par un avocat pendant ses interrogatoires.

Il résulte de ses décisions que le droit au silence doit être notifié au gardé à vue, que celui ci doit avoir accès à un avocat et à son assistance y compris dans ses auditions, et ce, quelle que soit la nature des faits sur lesquels porte l’enquête, sauf à justifier de circonstances particulières et exceptionnelles. 

A défaut, les gardes à vue pratiquées comme elles le sont aujourd’hui dans notre pays sont annulables, comme l’avait déjà courageusement jugé le Tribunal correctionnel de PARIS le 28 janvier dernier, et comme le décide aujourd’hui le Tribunal correctionnel de NICE.

L’Ordre des Avocats du Barreau de NICE démontre sa volonté de protéger coûte que coûte les libertés fondamentales garanties par le droit positif, et, comme notre Ordre nous l’a demandé, nous continuerons à soulever systématiquement la nullité des gardes à vue françaises, jusqu’à ce que le législateur décide de les mettre en conformité avec le droit positif. 

C’est une action commune, qui sera formulée devant le Juge, gardien des libertés individuelles, et cela sans discontinuer.


http://www.marcfievet.com/article-mam-marche-sur-la-tete-a-nice-le-parquet-fait-appel-des-annulations-des-gardes-a-vue-illegales-45143967.htmlGardes à vue françaises illégales annulées

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 09:31
Comment les banques renouent avec leurs pires travers

Par Benjamin Masse-Stamberger, publié le 17/02/2010 à 18:20 - mis à jour le 17/02/2010 à 19:21

 
Le 13 janvier à Washington, les dirigeants des grandes banques américaines prêtent serment devant la commission d'enquête sur la crise financière.

REUTERS/Kevin Lamarque

Le 13 janvier à Washington, les dirigeants des grandes banques américaines prêtent serment devant la commission d'enquête sur la crise financière.

Les Etats ont sauvé les établissements financiers pour éviter une catastrophe économique. Mais les banquiers ont repris leurs mauvaises habitudes : rémunérations folles et spéculation à outrance. Au risque de sceller leur divorce avec le reste d'une population toujours confrontée à la crise.

Alignés en rangs d'oignons, les patrons de Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley et de la Bank of America lèvent la main et prêtent serment devant la commission d'enquête sur la crise financière. A Capitol Hill, en cette froide journée de janvier, on joue Candide au pays des subprimes. Droits dans leurs bottes, les quatre cavaliers de l'Apocalypse rejettent les accusations, invoquent la fatalité, la nature cyclique de l'activité économique, le caractère imprévisible des crises, aussi difficiles à prévoir et à arrêter que les cyclones ou les tornades. "Ne parlez pas d'actes de Dieu, finit par lâcher le président de la commission, Phil Angelides, excédé, à l'adresse de Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs. La crise est le résultat d'actions commises par des hommes et des femmes."

Un avis partagé par une large majorité de l'opinion américaine, remontée à bloc contre les oligarques de Wall Street. Elle n'est pas la seule : un peu partout, la colère monte contre des financiers qui semblent aussi imperméables à la critique qu'incapables de se remettre en question. Selon un récent sondage Ifop-Le Monde, 80 % des Français et 73 % des Britanniques jugent que les banquiers n'ont pas tiré les leçons de la crise. En Islande, face à la colère qui monte, le président de la République va organiser un référendum, le 6 mars : les contribuables devront décider s'ils acceptent de régler l'ardoise de 3,8 milliards d'euros laissée par la banque Icesave, en faillite pour s'être outrageusement gavée d'actifs toxiques. Est-ce une révolte ?

Les dirigeants de l'Union européenne se sont réunis, le 11 février, à Bruxelles, pour trouver une solution aux problèmes de la Grèce. Très endetté, le pays est la cible des spéculateurs.

Y. Herman/Reuters

Les dirigeants de l'Union européenne se sont réunis, le 11 février, à Bruxelles, pour trouver une solution aux problèmes de la Grèce. Très endetté, le pays est la cible des spéculateurs.

Les financiers ne sont pas pour rien dans la rapide détérioration de leur image : alors que la crise continue à sévir, avec son cortège de destructions d'emplois et de fins de mois difficiles, les banques qui ont traversé la tempête semblent, elles, plus florissantes que jamais. L'incontournable Goldman Sachs a annoncé 13,3 milliards de dollars de bénéfices pour 2009, six fois plus qu'en 2008. En Europe, plusieurs banques, comme Deutsche Bank, Santander ou, en France, BNP Paribas, ont dévoilé de confortables bénéfices. La bonne santé recouvrée du secteur ne susciterait guère de débats si elle ne s'accompagnait, dans certains établissements, d'un retour aux pratiques délétères qui ont conduit l'économie mondiale au bord du gouffre : bonus géants, spéculation débridée de financiers mordant sans vergogne la main d'Etats venus les tirer du précipice il y a tout juste quelques mois.

Les rémunérations folles cristallisent la colère de citoyens confrontés au gel des salaires et aux restrictions budgétaires. Car les banques n'ont pas fait dans la demi-mesure : aux Etats-Unis, c'est une somme stratosphérique -145 milliards de dollars ! - qui a été versée au titre de 2009 aux salariés du secteur financier. Soit une hausse de 18 % par rapport à 2008, quand le salaire moyen des Américains a reculé de 1,4 %. Au Royaume-Uni, malgré la taxe sur les bonus, les pratiques pousse-au-crime ont repris de plus belle (voir notre reportage Les bonus pleuvent sur la City). La France s'est montrée un peu plus raisonnable, mais les montants des primes n'en frisent pas moins l'indécence (les traders parisiens devraient toucher, selon les calculs du Monde, près de 1 milliard d'euros). "Le fait même qu'il y ait des bonus cette année est surréaliste au regard de la situation économique et de la responsabilité des banques, note Marc Fiorentino, ancien trader, PDG d'Euroland Finance. Du coup, les gouvernements taxent : ils se rendent compte, mais un peu tard, qu'ils se sont fait avoir."

Les profits de Goldman Sachs ont été multipliés par six en 2009.

Un peu tard, en effet. Car si les établissements financiers ont si rapidement retrouvé la forme, c'est bien grâce au soutien inconditionnel d'Etats multipliant dans l'urgence les plans de sauvetage, sans toujours exiger de leurs bénéficiaires des contreparties tangibles. "Le plan Geithner [NDLR : le secrétaire d'Etat américain au Trésor] a été extraordinairement favorable aux banques, qui ont obtenu que leurs pertes soient transférées au contribuable", confie à L'Express le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz, dont le nouvel ouvrage paraît ces jours-ci (Le Triomphe de la cupidité, éd. Les Liens qui libèrent). Les banques centrales ont aussi été mises à contribution, déversant des milliards sur un système financier en voie d'assèchement. La baisse des taux d'intérêt, enfin, a constitué un formidable effet d'aubaine pour des financiers qui ont pu obtenir du cash à moindre prix pour retourner au plus vite à leur occupation favorite : la spéculation.

Pas besoin de le leur dire deux fois : le casino rouvert, les accros du jeu n'ont pas tardé à reprendre leurs bonnes habitudes : pile, je gagne, face, tu perds. Au risque - en s'attaquant par exemple à la zone euro - de rompre le fragile équilibre auquel l'économie mondiale était parvenue. La liste est longue des dysfonctionnements qui sont réapparus au coeur du système financier. De nouvelles bulles se sont constituées (sur les marchés émergents, les matières premières, ou encore les dettes d'Etat), dont l'explosion pourrait avoir des conséquences imprévisibles. Les produits hautement inflammables à l'origine de la crise, comme ceux issus de la titrisation, ont fait leur retour en plusieurs points de la planète financière. Et les Einstein des marchés ont profité de leur diète forcée pour peaufiner de nouveaux joujoux explosifs. A l'image du trading à haute fréquence, une technique qui utilise les ressources d'ordinateurs sophistiqués pour effectuer des allers-retours boursiers ultrarapides. En cas de problème, les géants de Wall Street, plus gros et moins nombreux que jamais, savent que les Etats viendront de toute façon les secourir.

Pas question, donc, de chambouler les règles d'un jeu qui a si bien réussi aux banques lors de la dernière décennie. Une taxe sur les transactions financières ? Selon une étude du cabinet Greenwich Associates, 93 % des grandes institutions, au niveau mondial, y sont hostiles. Le renforcement des fonds propres, exigé par les dirigeants des grands pays à Pittsburgh ? "J'ai discuté avec les patrons de grandes banques américaines, peu après le G 20, dans une réunion internationale, raconte un banquier français. Ils m'ont dit qu'ils n'avaient aucune intention de mettre ces mesures en oeuvre."

Des liens incestueux avec l'administration américaine

Lors du dernier Forum de Davos, Nicolas Sarkozy s'en est pris ouvertement au secteur financier.

P. Wojazer/Reuters

Lors du dernier Forum de Davos, Nicolas Sarkozy s'en est pris ouvertement au secteur financier.

Et, pour bloquer les décisions prises par leurs gouvernements, les banquiers n'hésitent pas à sortir leur carnet de chèques. Entre 2000 et 2006, Wall Street a ainsi déboursé entre 60 et 100 millions de dollars par an en lobbying auprès des parlementaires. Toute relation entre ces subsides et le flou réglementaire qui a débouché sur la crise serait bien sûr purement fortuite. Rebelote en 2009 : lors des neuf premiers mois de l'année, les banquiers ont déversé 120 millions de dollars sur le Congrès.

Les liens incestueux qui unissent les grandes maisons et l'administration n'encouragent pas non plus la neutralité des décisions gouvernementales. Une consanguinité que Goldman Sachs illustre jusqu'à la caricature. Plusieurs secrétaires au Trésor, dont Hank Paulson, en poste au moment de la faillite de Lehman Brothers, étaient des anciens de "la Firme". Une tradition qui se perpétue aujourd'hui : Mark Patterson, ex-lobbyiste de Goldman Sachs, est ainsi le principal conseiller de Timothy Geithner, tandis que l'ex-Goldmanite Gary Gensler dirige la commission chargée de contrôler les produits dérivés. On pourrait multiplier les exemples... A force d'être partout, Goldman a fini par éveiller les soupçons. Selon le New York Times, la firme aurait aidé, en 2001, la Grèce à dissimuler l'ampleur de sa dette. Et, aujourd'hui, le gouvernement hellénique suspecte la banque d'avoir spéculé sur un possible défaut de paiement du pays. Pourquoi pas après tout, puisque, selon le mot de Lloyd Blankfein, Goldman Sachs est là "pour faire le travail de Dieu" ?

L'incroyable désinvolture des banquiers a fini par indisposer les esprits les plus conciliants. "Ma détermination à récupérer chaque cent dû au peuple américain, a prévenu Barack Obama, ne peut être que renforcée au vu des profits énormes et des bonus obscènes dans les sociétés qui doivent leur survie à la population." Après avoir longtemps joué la conciliation, le président a finalement décidé de s'attaquer frontalement à Wall Street (voir notre article Obama, shérif de Wall Street ?). Tout comme Nicolas Sarkozy, à Davos, s'en est pris une fois de plus au secteur financier. A Paris, la ministre de l'Economie Christine Lagarde, a elle aussi dénoncé "l'irresponsabilité dévastatrice de certains acteurs de la finance." Des commentateurs aussi mesurés que Jacques Julliard, historien et éditorialiste au Nouvel Observateur, ont fini par en appeler à des mesures radicales. Puisque "la plupart des banques ont déserté leur mission essentielle", écrit-il dans Libération, il ne prône rien moins que "la nationalisation, au moins partielle, du système bancaire". Non, ce n'est pas une révolte...

 

Les banques renouent avec leurs pires travers

http://www.marcfievet.com/article-le-systeme-bancaire-doit-il-etre-nationalise-45165945.html

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