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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 21:50
Juan, jeudi 6 août 2009

Sur le Web, Sarkozy ne cherche pas le débat mais le contrôle


Nicolas Sarkozy semble vouloir déployer les énergies de l'UMP sur le Web. Le chef de l'Etat ne connaît pas grand chose au Web, mais ses équipes se mobilisent. Il aurait décidé de "passer à la vitesse supérieure", explique Franck Louvrier, le conseiller en communication du Monarque. Ce dernier s'est confié aux Echos cette semaine. L'enjeu est simple: comment démultiplier la parole présidentielle.

Contrôler le débat

L'UMP est à bout de souffle. Le parti présidentiel ne communique plus le nombre de ses adhérents. En moins de 18 mois depuis l'élection présidentielle, l'UMP avait perdu plus de 100 000 adhérents, à en croire le comptage officieusement communiqué à l'occasion de l'intronisation de Xavier Bertrand au secrétariat général du Parti. Ce dernier lancera un réseau social propre à l'UMP mais ouvert à tous, baptisé « Les Créateurs du possible ». La formule retenue a été présenté par un publicitaire cinquantenaire le 21 juillet dernier. Une tentative de contrôle des débats supplémentaire, et de faire oublier la polémique sur les sondages manipulés par l'Elysée. Cette affaire a montré combien l'Elysée était attentif au contrôle de l'agenda public. En subventionnant une cascade de sondages,
complaisamment relayés par quelques médias dociles, la Présidence de la République a orienté le débat public sur les thèmes qui lui sont chers. Voilà pour les médias traditionnels. Reste le Web, où la communication présidentielle sert davantage de sujet de dérisions et de polémiques qu'autre chose.

Premier objectif, diffuser la propagande gouvernementale.
Franck Louvrier affiche même des ambitions de "media global": « Nous voulons qu'elysee.fr soit une source d'informations pour l'ensemble des Français, et nous voulons aussi en faire un média leader, qui produise de l'information ». Il a ses chances. Le web affole les rédactions. Leurs web-journalistes guettent le scoop, l'info du moment, le buzz potentiel. Ils sont otages de l'hyper-réactivité online. Le Web devient une formidable caisse de résonnance. Sur le Web, la nouvelle pravda de la Sarko-monarchie dispose de relais attentifs car dépendants.

Mais ce n'est pas tout. Second objectif, les jeunes ne sont pas là. Le socle électoral de Nicolas Sarkozy, conforté par les derniers scrutins européens, est essentiellement âgé. Investir le Web vise à séduire les jeunes. Il n'est pas sûr qu'ils se laisseront séduire. Il y a 2 ans déjà, le site de l'Elysée avait été refondu sur le modèle du site de campagne Sarkozy.fr. Large place aux videos et aux photos, cascade de communiqués de presse, design modernisé, Elysee.fr est devenu un exemple à suivre de web-TV pour ses ministres et ses proches. Depuis, Eric Besson,
Rachida Dati (quand elle était ministre), Luc Chatel, Frédéric Lefebvre, et Laurent Wauquiez se sont lancés dans l'aventure.

Troisième objectif, récupérer du temps de parole perdu. Sur le Web, point de contrôle du temps de parole. Sarkozy n'a pas le choix. A compter du 1er septembre, sa parole radio-télévisée sera décomptée. Chaque minute sarkozyenne donnera davantage de temps de réponse à l'opposition. Le clan présidentiel s'est fait débordé par la justice. Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a édicté, il y a quelques semaines, ces nouvelles règles, en application d'un jugement du Conseil d'Etat de janvier dernier.

Eviter les échanges

Nicolas Sarkozy a également investi
Facebook. Sa page personnelle lui permet de confier au grand public ses dernières lectures, publier ses communiqués officiels, livrer des informations "exclusives", comme quelques photos de sa rencontre avec Woody Allen ou avec Bill et Melinda Gates, ou des nouvelles de sa santé après son accident cardiaque du 26 juillet dernier. Il compte 141 000 "fans", sans distinction de couleur politique: votre serviteur en fait partie. Cela permet de poster des critiques (sans réponse) sur le "mur" Facebook réservé aux "fans". Ce mur est d'ailleurs squatté par toutes sortes de plaisantins, d'ultra-fans ("Membre de l'UMP grace à votre sens de la politique et votre implication dans le besoin des français; Vous gouvernez un pays difficile à gerer et c'est un challenge à la mesure de votre volonté."), ou d'internautes avides de publicité. En ce début d'août, on y trouve même une pub pour un site de vente sur Internet.

Mais sur le Web, Nicolas Sarkozy ne cherche pas l'échange. Là est le malentendu. Ainsi, Nicolas Sarkozy ne sera-t-il pas sur
Twitter, ce réseau de micro-blogging qui a conquis la blogosphère. Certains de ses proches, ministres ou pas, ont déjà "plongé". Pour le chef de l'Etat, Twitter n'est pas d'actualité. Louvrier explique qu'il n'aurait pas le temps: « Il faut être crédible, tout le monde sait qu'il n'aurait pas le temps lui-même de fournir de la vidéo ». On a peine à gober l'argument. Nicolas Sarkozy s'affiche en permanence un portable à la main, en train de téléphoner ou d'envoyer quelques textos. Un "tweet" n'a que 140 caractères, faudrait-il le rappeler. Sur Twitter, le problème est ailleurs : l'échange est obligatoire, consubstantiel au réseau.

Sarko a-t-il peur de Twitter ? Ou de l'échange ?


Lu sur Sarkofrance :


http://sarkofrance.blogspot.com/2009/08/sur-le-web-sarkozy-ne-cherche-pas-le.html


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5343

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 21:43



Bientôt une pétition en ligne
contre la vaccination obligatoire


publié par liliM Hier 11H58



Sauve la Terre !
Peace and Love on the World

Lettre du jeudi 6 août 2009, date anniversaire de la première utilisation de la bombe atomique sur une fourmilière humaine

Aujourd'hui, de la vraie info, pas de la bouillasse comme on nous sert sur les ondes :
L'épidémie de grippe actuelle, occasionnée par le virus H1N1, n'est plus porcine; elle est maintenant humaine!
Nous cacherait-on quelque chose?

La conspiration du silence enfin démasquée!

Une pandémie mondiale, qui se joue des frontières, dont le responsable n'est autre que le maïs OGM des firmes multinationales agroalimentaires et pharmaceutiques en personne, Monsanto en tête.

Qui s'est marié avec les odieuses conditions d'élevage de nos frères mammifères qui nous prenons pour des usines à rillettes sans conscience.

Nous disons Stop au complot mondial ! Non à cette vaccination !

Les vessies ne sont pas des lanternes!

Pour les Saint Thomas, les raisons de ne pas se faire vacciner contre le virus A/H1N1 de la grippe dite "porcine" : http://terresacree.org/grippeporcine.html

Pour l'édition de Sauve la Terre d'aujourd'hui, cliquer ici


Bien amicalement.


Michel

Source : reçu par mail de terre sacrée


Pour s'inscrire pour la pétition, cliquer ici.


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5338

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 21:39


publié par roland (Dazibaouebmaster) Hier 11H54

vaccinPar Mireille Delamarre titre traduction synthèse (Planète non violence)

Wolfgang Becker-Brüser, médecin, éditeur d'un magazine l'arznei-telegramm, qui publient des articles détaillés critiquant l'industrie pharmaceutique, dit que les règles de sécurité actuelles peuvent avoir pour conséquence que sur les 1 million de personnes vaccinées plus d'1/4 vont faire une réaction négative sérieuse au vaccin.

Il affirme que les règles pour la mise sur le marché du vaccin actuellement développé qui devra recevoir le feu vert pour son utilisation sont particulièrement laxistes.

Seules les réactions "fréquentes" - ce qui veut dire au moins 1 fois sur 100 patients testés - seront enregistrées et considérées comme sérieuses, a dit Becker-Brüser.

Ce qui veut dire si l'objectif de vacciner 25 millions d'Allemands est atteint, près de 250 000 personnes pourraient faire une réaction négative sérieuse au vaccin.

Sa mise en garde arrive alors que viennent d'être publiés les résultats d'études concernant 50% d' enfants en Angleterre à qui on a administré préventivement du Tamiflu, l'actuel médicament anti grippe, et qui ont été victimes d'effets secondaires sérieux tels des nausées, des insomnies et des cauchemars.

D'autres font également marche arrière s'interrogeant sur le bien fondé de vacciner jusqu'à 1/3 de la population avec un tout nouveau vaccin.

Matthias Grühl, directeur du bureau de la santé dans l'état de Bremen, responsable de la planification pour lutter contre la pandémie a dit au magazine Der Spiegel : " si la grippe porcine reste aussi bénigne qu'elle l'est maintenant, un programme de vaccination de masse ne serait pas justifié".

Il a dit qu'actuellement les plans ont été établis en partant de l'hypothèse qu'une seconde vague bien pire de contamination surviendrait en fin d'année. Mais il a dit qu'il n'existait aucune indication que cela allait effectivement se produire.

Selon Der Spiegel, il y a de fortes chances pour que le vaccin coûte bien plus que prévu aux contribuables. Le magazine a rapporté qu'il faudra 410 millions d'euros pour le seul vaccin de GlaxoSmithKline, la somme de 650 millions d'euros mis de côté par le ministère de la santé n'étant réaliste que si les ministères de santé des états entreprennent la vaccination.

Si les médecins sont impliqués et le vaccin commandé via les pharmacies, le programme coûtera plus d'1 milliard d'euros affirme le magazine Der Spiegel.

Source www.prisonplanet.com 03/08/09

Information complémentaire

Dans un article signé Jonathan Parienté, publié le 04/08/09 sur le site du quotidien français Le Monde intitulé " Un processus accéléré de validation pour le vaccin contre la grippe A", il est confirmé :

1. que le vaccin contre la grippe porcine n'existe pas encore et que pour reprendre les termes de l'article " les laboratoires pharmaceutiques se préparent à tourner à plein régime pour produire ces doses";

2.que c'est l'EMEA ( l'Européan Medecine Agency) donf fait partie l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), qui décide de l'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) que celle ci, toujours selon l'article " Bien que simplifiée dans le cas de vaccins contre la grippe, et accélérée lorsque la pandémie menace, la procédure nécessite des délais relativement longs."

3. Mais l'article précise qu'il y a deux vaccins en "gestation" : " L'un, créé de toutes pièces, mettra des mois avant de franchir toutes les étapes nécessaires à sa validation. Le second, dit vaccin "mock-up" ou vaccin-maquette, a été conçu lorsque le virus de grippe aviaire H5N1 a fait ses premiers pas sur la planète. C'est lui qui arrivera en premier sur le marché, une fois réadapté pour lutter contre la souche A (H1N1). Un vaccin mock-up est un vaccin préparé en avance. Une fois que la souche du virus a été connue (au mois de juin), elle a remplacé (la souche H5N1) qui a permis de préparer le vaccin, résume l'EMEA dans une note explicative."

On notera que ce qui va être injecté c'est un vaccin maquette, déjà prêt ( intéressant ?!) mais réadapté à la nouvelle souche supposée connue, ce qui reste à prouver scientifiquement, sauf d'avoir concocter en laboratoire cette nouvelle souche comme les "conspirationnistes" l'affirment sur la toile. La "réadaptation" va se faire très vite et on peut douter a) de son efficacité, b) de son absence de dangerosité.

4. Mme Bartoli, adjointe au directeur de l'Afssaps, citée dans l'article prend la peine de préciser pour nous rassurer que : "On ne réévalue pas le vaccin dans son ensemble, mais seulement la variation qui lui a été apportée avec l'introduction de la nouvelle souche" et que "les premiers lots de vaccins ont été libérés" pour être testés sur des volontaires. Ces premiers lots de vaccins maquette devraient arriver sur le marche en septembre octobre. Et toujours rassurante, Mme Bartoli affirme qu'une fois le vaccin mis en circulation des contrôles des effets indésirables seront effectués et s'ils s'avèrent importants "l'AMM pourra leur être retirée".

Donc pour résumer, on bidouille en laboratoire un "vaccin-maquette" qu'on teste rapidement et qu'on met sur le marché dès la rentrée pour une vaccination qui prend effectivement, comme l' écrit le dc Becker-Brüser, l'allure d'une expérimentation massive sur des millions de personnes qui serviront de cobayes. Quand aux effets secondaires négatifs, ils devront être importants selon Mme Bartoli, pour que l'EMEA envisage de retirer l'AMM.

Mais aucune précision sur ce que Mme Bartoli entend par "important".

Combien de morts ?

Combien de personnes handicapées à vie, souffrant de MLD ?


Source: Planète non violence

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5320

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 21:22

publié par roland (Dazibaouebmaster) Hier 09H03

Par Olivier Bonnet (Plume de presse)


lwConfronté à une explosion du chômage qu’on tente tant bien que mal de camoufler et à la faillite totale d’un Pôle emploi complètement débordé, le gouvernement a décidé un recours massif au privé : confier jusqu’à 250 000 chômeurs par an à des Opérateurs privés de placement (OPP), selon le chiffre avancé par Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, dans une interview au Parisien. Evidemment, on songe tout de suite qu’il serait tout de même préférable que les agents de Pôle emploi soient plus nombreux - et mieux formés -, et puis on se souvient être en Sarkozie. La logique de ce régime-là n’est certes pas d’embaucher des agents publics mais de dégraisser sauvagement, quitte à se dire ensuite : "Oh ben zut alors, maintenant qu’on a viré tout le monde, on n’y arrive plus !" Remède miracle, donc le privé. Et qu’est-ce que ça donne, en coût et en efficacité, un chômeur pris en charge par le privé ? Eh bien figurez-vous justement que l’évaluation est en cours, comme nous l’enseigne Le Monde. Elle a démarré en 2007, à l’initiative de l’Anpe et de l’Unedic. Les résultats seront livrés en septembre. Imaginez qu’ils soient très mauvais : ne serait-ce pas ballot d’avoir décidé de recourir massivement au privé avant même de disposer des résultats de l’évaluation ? Et s’ils sont calamiteux, on y va quand même ? Eh bien c’est exactement ce qui est en train de se profiler. Le rapport préliminaire est disponible, avec l’avertissement que ces premiers résultats ne sont pas "statistiquement représentatifs, compte tenu de la marge d’imprécision entourant ces premières estimations". Ajoutons tout de même que nous ne sommes pas loin de septembre et qu’il serait surprenant que ces fameux résultats, dans les derniers quinze jours, fassent le forcing pour s’inverser d’un coup ! Que disent-ils ? "Les chercheurs ont comparé le taux de retour à l’emploi de 220 000 chômeurs, issus de différentes catégories, synthétise Le Monde. Un premier groupe sélectionné aléatoirement bénéficiait du programme CVE (Cap vers l’entreprise, forme publique de suivi personnalisé). Une deuxième groupe a été confié à des OPP. Enfin, un troisième groupe, dit de contrôle, bénéficiait des prestations classiques du service public de l’emploi. Les résultats préliminaires montrent que la plus-value de l’accompagnement renforcé des CVE est supérieure à celle des OPP pour les chômeurs comparables indemnisables pendant un an."

Bon, le privé serait moins efficace. Et en mrtermes de coûts ? Ne cherchez pas, c’est beaucoup plus cher ! "On n’attend pas la fin des expérimentations menées pour lancer l’opération à grande échelle", s’indignait déjà Maurad Rabhi, représentant CGT à Pôle emploi, dans La Tribune du 29 avril dernier. Il réclamait alors un "véritable débat (avec les pouvoirs publics) sur le recours aux opérateurs privés, dont le coût pour le reclassement d’un demandeur d’emploi est estimé entre 3 500 et 7 000 euros, contre 800 euros par an pour Pôle emploi." Vous avez entendu parler d’un tel débat, vous ? Mais à quoi bon demander leur avis aux gens ? Le dogme de l’incomparable plus-value du secteur privé ne se discute pas. "Ça fait partie aussi d’un Etat moderne de piloter des réformes et d’externaliser, quand c’est nécessaire, quand il y a une surcharge ponctuelle d’activité, une partie des tâches", déclare Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, la bouche en coeur (repris sur Impôts utiles). Ce que ça peut être horripilant, cette manie de se draper dans la soi-disant modernité ! "Il n’y a pas de mal à sous-traiter à des professionnels, des spécialistes du sujet, (ce que) d’ailleurs l’administration fait dans de nombreux domaines". Et s’ils font le travail moins bien pour beaucoup plus cher ? Ah pardon, ce doit être ça, "l’Etat moderne".


Source: Plume de presse

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5328

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 21:10




A quoi sert l'argent, 
sinon à engraisser les labos ?


publié par babelouest (crisonnier) Hier 08H54
Grippe A en France : quand Kafka applique
le principe de précaution

mis en ligne mardi 4 août 2009 par Frederique

 

publié en ligne : 4 août 2009

L’expérience d’une militante d’Act Up-Paris prouve la désorganisation du dépistage du H1N1 et l’absence d’intérêt porté à l’impact de la grippe A sur les séropositifVEs

Act Up-Paris publie le témoignage de C., militante de l’association, et de son parcours du combattant pour obtenir un test de dépistage de la grippe A.

De retour d’une conférence internationale sur le sida qui se tenait en Afrique du Sud, C., militante d’Act Up-Paris, a développé des symptômes grippaux. Comme une de ses collègues, qui avait voyagé avec elle, venait de développer les mêmes symptômes, et que le généraliste avait diagnostiqué le virus H1N1 sur la base d’un examen clinique, C. a consulté un médecin, qui, outre des médicaments, lui a prescrit l’usage d’un masque chirurgical et un dépistage en laboratoire. Ce dépistage était indispensable, non seulement pour elle, mais aussi parce qu’elle avait côtoyé de nombreuses personnes immunodéprimées et qu’il était nécessaire de les avertir du risque éventuel d’avoir été infectées. Ce dernier fait était mentionné par le médecin dans sa prescription.

Parcours du combattant En 48 heures, C. aura dû solliciter une pharmacie, 6 laboratoires d’analyse, 4 services hospitaliers parisiens, une polyclinique, le SAMU, la cellule de crise du Ministère des Affaires Etrangères et la plateforme Infogrippe. Personne n’aura été capable de lui fournir le dépistage et les masques pourtant prescrits par un médecin, ni de lui indiquer de façon fiable où en trouver. Les réponses faites témoignent d’une méconnaissance ou d’interprétations contradictoires des recommandations officielles.

Ce parcours du combattant aura contraint C. à faire de nombreuses démarches, alors qu’elle développait de forts symptômes grippaux. Parce que personne ne s’est avéré capable de l’informer, elle a été contrainte de se rendre, pour rien, dans certains services hospitaliers, ce qui, en termes de santé individuelle comme de santé publique, est une aberration. Les séropos négligéEs

Le système mis en place n’est pas prêt à protéger les personnes les plus vulnérables. A plusieurs reprises, C. a rappelé à ses interlocuteurRICes qu’elle avait côtoyé les jours précédents des personnes séropositives, immuno-déprimées. A aucun moment, cet argument n’a incité ces professionnelLEs à recourir à un test de dépistage, et lever le doute sur les risques que couraient les personnes que C. avait rencontrées.

Au contraire, on lui a refusé, même en sachant ce fait, en lui indiquant qu’elle ne pourrait faire le test qu’en cas de maintien de symptômes graves, et qu’il en serait de même pour les personnes immuno-déprimées. Une fois de plus, les personnes vivant avec le VIH, pourtant parmi les plus vulnérables, sont totalement négligées par les pouvoirs publics.

De plus, cette recommandation montre clairement que la politique actuelle n’est pas une politique de prévention, mais une politique de gestion de crise dans un cadre de pénurie des moyens – puisque le seul motif de refus des tests est leur nombre limité. Or l’épidémie ne s’est pas déclenchée massivement en France. Limiter l’accès au dépistage aux seuls cas cliniques graves, notamment pour les personnes immuno-déprimées et celles qui les ont côtoyées, c’est se priver d’un outil qui permette à la fois de mieux prendre en charge les personnes les plus fragiles face à la grippe A, de prévenir l’expansion de l’épidémie et d’éviter la panique en permettant un diagnostic fiable. Les autres enjeux sanitaires sacrifiés

Il y a trois mois, la ministre de la santé Roselyne Bachelot-Narquin réquisitionnait une partie du personnel de l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire) habituellement affecté à la surveillance du VIH/sida, à la seule grippe A [1]. Contactée par Act Up-Paris vendredi 31 juillet 2009, une représentante de l’Institut affirme que « les activités de surveillance présentant un enjeu de santé publique sont et seront maintenues », mais ne répond pas sur une éventuelle augmentation des moyens.

Au niveau du bureau sida de la DGS, un représentant nous explique le même jour que lui et ses collègues peuvent être réquisitionnéEs en cas de déclenchement grave de l’épidémie en France. Cela concerne le bureau sida comme d’autres services. De même, les crédits ministériels accordés à la lutte contre le sida, pourraient être réquisitionnés, comme d’autres crédits publics.

Or, s’il est indispensable d’appliquer le principe de précaution et d’anticiper des crises graves, il faut le faire avec cohérence. Les moyens financiers, énormes, dégagés jusqu’ici aboutissent à des résultats contestables comme le montre l’expérience de C. ou des réactions de médecins [2].

Act Up-Paris rappelle enfin que les personnes les plus exposées vivent dans des pays où traitements et vaccins seront inaccessibles. Que va faire la France ? Que fait-elle pour assurer l’accès universel aux traitements pour 2010 comme elle s’y est engagée ? Quand Nicolas Sarkozy va-t-il enfin à se décider à augmenter la contribution française à la lutte contre le sida dans le monde ? Car les sommes financières que la France a su mobiliser pour payer l’industrie pharmaceutique en prévision de la grippe A le montre : la réponse financière à un problème sanitaire d’envergure ne dépend que de la volonté politique.

Act Up-Paris exige de la ministre de la Santé :
-  qu’elle rappelle publiquement que les personnes vivant avec le VIH sont vulnérables à des épidémies de ce type, et que leur situation doit faire l’objet d’une attention particulière, notamment que le dépistage du H1N1 leur soit prescrit, à elles et aux personnes qui les ont côtoyées, plus facilement que ne l’indiquent les recommandations actuelles ;
-  qu’elle assure la transmission d’une information fiable et cohérente aux professionnelLEs, mais aussi aux personnes immuno-déprimées et à leurs associations, afin que l’accès à un dépistage ou aux soins contre la grippe A ne soient pas un parcours du combattant ;
-  qu’elle n’oppose pas les enjeux de santé publique entre eux et garantisse, budget à l’appui, que la lutte contre la grippe A ne sera pas un prétexte pour priver les autres secteurs sanitaires, notamment la lutte contre le sida, des moyens qui lui sont essentiels.

Act Up-Paris exige de Nicolas Sarkozy qu’il tienne ses promesses en matière d’accès universel aux traitements contre le sida dans le monde. Les personnes vivant avec le VIH, sans traitements alors que leur système immunitaire chute, sont parmi les plus exposées. Leur mort sera en partie due au fait que Nicolas Sarkozy a refusé d’augmenter la contribution de la France à l’achat de traitements qui auraient pu protéger leur système immunitaire.

Notes

[1] Compte-rendu du comité de pilotage du plan d’élaboration nationale de lutte contre le VIH, réunion du 9 juin, pages 3 et 4. Document disponible sur demande.

[2] Voir par exemple les propos du professeur Gentilini : "1 milliard d’euros pour une vaccination dont on ne sait strictement rien, c’est de la précipitation", juge le Pr Gentilini. "C’est quand même de l’argent qui peut servir ailleurs", estime-t-il. Il dénonce une situation "éthiquement inacceptable".


Lu sur le site Hacktivist News service :

http:// www.hns-info.net/spip.php?article19104


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5334

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 20:32
Opinions > Chroniques

Les classes moyennes sont en train de couler
Tous pauvres, face à une richesse plus insolente que jamais

publié par babelouest (crisonnier) Avant-hier 22H30

Les classes moyennes sont en train de couler

Jean-Paul Brighelli - Blogueur associé | Lundi 03 Août 2009 à 07:01

Le désespoir des classes moyennes est le signe indubitable d'un système au bord de l'explosion. Jean-Paul Brighelli en décrypte les signes au sein d'une l'école devenue championne des inégalités.



 

« - Si tu continues comme ça j’ai peur

Que tu ne passes pas dans la classe supérieure…
- Les différences de classes nous les abolirons,
C’est pour ça qu’on fait la révolution… » chantait Evariste en 1968 — pseudo-dialogue divertissant entre un père et son manifestant de fils. Le jeu de mots est ancien, mais ce n’est pas pour ça qu’il n’est pas significatif. Régnait alors, à en croire les sociologues des années 1960, un système figé de reproduction sociale dans l’Ecole de mon enfance — encore qu’une frange de prolétaires parvenait à «passer dans la classe supérieure» (15% des élèves des grandes Ecoles à l’orée des années 1970). Aujourd’hui, avec moins de 5%, la statistique ne camoufle même plus l’ultra-élitisme du système — et l’ultra-élitisme, justement, ce n’est pas l’élitisme, et ceux qu’il sélectionne ne sont pas forcément des élites.

 

Nous nous sommes si bien gorgés d’égalitarisme que nous avons produit les résultats les plus inégalitaires que jamais l’école de la République ait revendiqués.

 

« Il ne faut pas désespérer Billancourt », disait Sartre. Oui — mais aujourd’hui, on désespère aussi Boulogne. Les classes moyennes sont invinciblement tirées vers le bas, et l’Ecole réformée par les soixante-huitards est infiniment plus injuste, et « reproductrice », que l’école d’autrefois.

Tableau d’une situation pré-révolutionnaire
En haut de l’échelle, 10% d’élèves mis, dès leur petite enfance, sur la bonne trajectoire. Milieu social favorisé, assez favorisé pour se reproduire à l’identique, ou presque. Quartier chic, ou tout comme. Bonne école, bon collège, bon lycée — très bon lycée, parfois. Vacances à l’étranger, pour apprendre l’anglais ou le chinois sur le terrain. Options judicieuses. Bon Bac, classe préparatoire derrière, grande école à venir. Comme papa-maman. 80% des énarques sortis, comme on dit, « dans la botte », sont enfants d’énarques. Bourdieu en aurait hoqueté de bonheur.

 

En bas, un nombre à peu près comparable d’exclus. Mauvais quartier, ZEP exemplaire, méthode idéo-visuelle, peu d’encouragements, encore moins de félicitations, collège douloureusement unique, lycée professionnel non choisi — ou, pire peut-être, une Seconde très indifférenciée (et encore, 140 000 de ces malheureux gosses quittent le système scolaire dès 16 ans, fin Troisième, pour naviguer entre petite délinquance, démerde et aides sociales). Parfois, à l’arrivée, une fac où l’on se plante à 50% dès la première année — pour ne pas parler des suivantes.

Des uns et des autres, nous dit-on, le système a besoin. Besoin de cadres, besoin d’un volant de main d’œuvre très peu qualifiée, taillable et corvéable…

Fausse évidence. Nous n’avons pas besoin (ou très peu — pour ramasser les pêches dans le Roussillon) de gens sans qualification — bien au contraire. L’industrie moderne, et encore plus l’industrie à venir, veut des acteurs polyvalents, capables de s’insérer dans des projets professionnels successifs et souvent fort éloignés les uns des autres. De la même manière que la science-fiction rêve de machines qui s’auto-réparent, la société libérale des années à venir aura besoin d’employés qui se forment et se reforment sans cesse. Cela suppose des bases très solides, et non un saupoudrage de bonnes intentions.

Trop d'endogamie tue les classses supérieures

En haut de l’échelle, il est fort dangereux de ne pas renouveler le sang des cadres. L’aristocratie a fini par crever par excès d’endogamie. La bourgeoisie prend le même chemin, et l’Ecole est l’instrument d’une reproduction qui frise l’inceste institutionnel. De surcroît, ne pas donner aux classes d’en-dessous l’espoir d’arriver tout en haut est un mauvais calcul. C’est ainsi que l’on alimente le désespoir et la violence. Ou l’abstention électorale, qui prélude toujours à la mort des républiques.

Parce que c’est d'abord dans l’entre-deux, dans cette classe moyenne qui espérait pour ses enfants un destin meilleur que le sien, que tout se joue en ce moment. Un destin meilleur — dans la mesure où ils l’auraient mérité : les classes moyennes croient (ou croyaient ?) en la méritocratie. L’ascenseur social, métaphore bien utile pour faire croire qu’il fonctionne encore, c’est pour ces classes intermédiaires qui ont le souvenir de parents ou de grands-parents qui en ont bavé, et qui rêvent pour leur progéniture d’un avenir plus confortable que le leur. Les enseignants, par exemple. Pas très bien payés, mais imbus d’une culture de l’effort-qui-porte-toujours-ses-fruits…

E finita la commedia… Sauf exception, il est loin, le temps où un enfant d’instit devenait prof de fac. Bienheureux s’il parvient à être lui-même professeur des écoles. Statistiquement, il aurait meilleur compte à jouer au loto.

L’Ecole est la métaphore exacte du système tout entier. Les « fils et filles de », ceux dont l’état-civil et le carnet d’adresses comptent finalement plus que les diplômes, l’emportent depuis que la crise (pas seulement celle qui sévit actuellement : en fait, tout a commencé à dégénérer après le second choc pétrolier, et l’augmentation vertigineuse du chômage, à la fin des années 1970) a bloqué les aspirations au mieux en prétendant que l’identique, c’était déjà beaucoup — beaucoup trop.

Les diverses lubies pédagogiques doivent se lire à la lumière de cette situation économique. L’élève-au-centre-du-système, et la substitution d’un projet « éducatif » à une ambition « instructionniste », ont constitué le prétexte idéal pour que les élèves, et leurs parents, se contentent d’un séjour prolongé en système scolaire, aussi confortable que possible, sans plus prétendre à une ambition intellectuelle qui risquait de se traduire en ambition sociale.

Sauf ceux qui avaient les moyens d’entrer dans des écoles privées chèrement compétentes — il y en a —, ou des lycées « classiques » — il s’en trouve.

Les classes moyennes sont en train de couler 
C’est sur tous les plans qu’il faut se battre simultanément. C’est l’espoir d’un mieux qu’il faut réinjecter dans la société française, aussi figée aujourd’hui que l’était l’aristocratie de 1788. Et j’ai dans l’idée que les courtisans du libéralisme tiennent à nos dirigeants les discours lénifiants qui ont conduit Louis XVI à l’accident de santé du 21 janvier 1793.

Cela ne signifie pas qu’il faille baisser la garde sur l’Ecole elle-même. Il faut préparer dès maintenant la sortie de crise — quand, dans quatre ou cinq ans, nous aurons immédiatement besoin de cadres et d’employés aux capacités inédites, diverses et modulables : c’est sans doute la seule chose que l’on peut dire de façon sûre des années à venir. Apprendre sérieusement à lire, écrire et compter. Transmettre une culture solide, commune. Donner les bases de toutes les formations à venir. Préparer aussi bien les ingénieurs les plus pointus que les techniciens les plus polyvalents — parce qu’il est évident que c’est dans les formations « techniques » qu’il faut ouvrir à une culture généreuse, bien plus que dans les hautes sphères de la spécialisation : c’est aux plus humbles que l’on doit donner les moyens, tout au long de leur vie, de modifier leur destin. Aux plus « moyens ». Les bons » s’en sortiront toujours — ils en sont déjà sortis…

Dans les conseils de classe, on entend souvent des expressions du genre « moyen plus » ou « moyen moins », pour affiner le jugement sur un élève. La même chose pourrait se dire des classes sociales : à force de se sentir entraînées malgré elles vers le « moyen moins », les classes moyennes finissent par frôler l’insuffisant. Le désespérant.

Et ce sont bien elles qui font les élections, non ? Elles ont cru, au moins en partie, aux sirènes du « travailler plus pour gagner plus ». Elles savent désormais qu’il est question de travailler davantage pour continuer à être payé — simplement. Des entreprises négocient déjà des réductions de salaires en échange de plans sociaux « aménagés » — c’est dur pour ceux que l’on « aménage », et pas drôle pour ceux qui s’accrochent. « Classes moyennes à la dérive » (1), disait déjà Louis Chauvel en 2006. Trois ans plus tard, elles sont en train de couler.

On laisse trop de travailleurs sur le bord de la route — en se privant de leur expérience, et de leur expertise. On laisse trop d’enfants au bord de la culture — sous prétexte de gérer « l’enseignement de masse », qui a bon dos.

 

 

(1) Collection "la République des idées, Seuil, 2006.

Retrouvez les articles de Jean-Paul Brighelli sur son site Bonnet d'âne

 

Retrouvez les dessins de Louison

Lu sur Marianne2 :

http:// www.marianne2.fr/Les-classes-moyennes-sont-en-train-de-couler_a181679.html

 



Pour comparer, au temps de Louis XIV les très riches étaient rares, bien plus qu'aujourd'hui, et à part celle du surintendant Fouquet, qui l'a payé, les fortunes étaient moins colossales en proportion. Tous les sujets avaient le droit d'entrer à Versailles : à comparer avec aujourd'hui. Les somptueux repas du roi, tous les jours, étaient distribués aux pauvres, car le monarque serait mort de tant de bonne chère en permanence. Il vivait en fait assez frugalement, quoique moins que quelqu'un qui a failli en supporter les conséquences récemment. Jeuner ou courir, il faut choisir.

Pour conclure, les inégalités n'ont jamais été aussi vives en France, malgré la disparition des privilèges "en droit". Ceux  qui existent "en fait" sont encore bien plus redoutables.

A noter qu'il existe une personne et une seule, pour laquelle la notion de privilège "en droit" a été rétablie récemment : c'est le président de la République. Il est le seul en France à n'avoir aucune responsabilité dans ses actes. L'irrresponsabilité constitutionnelle est une belle aberration du droit, surtout pour quelqu'un qui n'hésite pas à s'en servir, tout en attaquant ses détracteurs avec frénésie.


BO

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5329#comment

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 20:21


publié par Christian DELARUE (Resp nat ATTAC et MRAP) Avant-hier 20H21



République bananière françaiseEtat néolibéral, République bananière et pantouflage au sommet.

Suite de

Avec la crise, la vérité de l'Etat se fait jour - Introduction au débat sur l'Etat. par Christian DELARUE

http://www.legrandsoir.info/Avec-la-crise-la-verite-de-l-Etat.html

 

Nombreux sont ceux qui comme Bernard Maris, ce 30 avril au matin, critiquent la trahison scandaleuse d’une fraction de personnages haut placés qui ont commencé par faire une carrière, courte parfois, au service de l’Etat et donc au service de l’intérêt général, en principe au moins, avant d’aller dans le privé servir la logique de profit, de marchandisation et de privatisation... et surtout se servir soi-même. Une double dérive.

Pour une définition du pantouflage on peut lire aisément "En savoir plus sur le pantouflage" (1). Au passage on y apprend que les pantoufleurs, phénomène ancien du XIX ème siècle, sont de nos jours à la fois l’origine et le produit de la vague de privatisation des années 86 et suivantes. Le pantouflage a favorisé la constitution d’un capitaliste managérial d’un nouveau genre formé par l’Etat après passage à l’ENA. Ils constitue une "élite politicoadministrative étroite" (cf D Chagnolleau) relativement verrouillée sur elle même.


I - CRITIQUE DU PANTOUFLAGE

D’abord les critiques les plus entendues puis celle plus radicale mais moins courante.


A) Les premiers niveaux de critique :


1) La première critique : la confusion du sommet et de la base de la fonction publique.

Il ne suffit pas de souligner l’aspect peu moral de cette pratique, même si un commission de déontologie intervient. Il importe en premier lieu de dire que la mesure de généralisation (2) de 2007 à tous les fonctionnaires n’a que peu à voir avec le pantouflage des hauts fonctionnaire. Dans un cas il s’agit de personnages qui sont des hauts dirigeants, qui passant du public au privé, participent aux décisions des sociétés transnationales et ramassent au passage des revenus exorbitants (mesurés en X fois le SMIC) , des revenus non distribués à ceux et celle qui travaillent, qui produisent. Dans l’autre cas, le salarié sous statut public devient salarié sous contrat privé. Dans les deux situations il reste travailleur. Quand à la mobilité interne aux différentes administrations elle est en cours de développement. La chose n’était pas particulièrement favorisée auparavant.


2) La seconde critique plus décisive : l’importation du "sale boulot" (C Dejours) effectué dans le privé.

Dans ce cadre on évoque le pantouflage qui opère dans l’autre sens, du privé vers le public : Après des années au sommet des grandes entreprises, comme à Vivendi-Véolia par exemple (3) on passe au sommet de l’Etat pour le moderniser sur le modèle de l’entreprise privée. Il s’agit alors de libéraliser L’Etat, de le rendre « modeste » et plus efficace, de rendre la force de travaail plus soumise et plus travailleuse (la fameuse "valeur travail" et la « culture de résultats ») . Le pantouflage dans ce sens vise à introduire artificiellement dans le public ce qui est déjà si nuisible dans le privé à savoir la dureté des rapports sociaux capitaliste de production. Autrement dit on introduit au coeur de la fonction publique par ce pantoufflage ce qu’il y a de plus barbare dans la société civile.

Enfin il s’agit globalement de mettre l’Etat beaucoup plus au service du capital qu’il ne l’est déjà et ce par le jeux de ces pratiques malsaines qui mélangent les genres. On touche alors là la critique fondamentale de second niveau qui s’en prend à la racine du système.


B) Second niveau de critique : vers la République bananière


1) La dilution des frontières public-privé 
: Le pantouflage c’est un peu comme le partenariat public privé (PPP) ou les techniques de contractualisation, cela participe de la tendance contemporaine à diluer la frontière entre le secteur public et le secteur privé au profit de l’appropriation privé et donc de la dépossession du plus grand nombre.


2) La collusion avec la bourgeoisie
 : C’est aussi sans doute aussi autre chose, à savoir une collusion avec la classe dominante. Et c’est grave. Cela participe de la corruption de la République (cf Yves MENY 4). On tend vers la République bananière.


II - PERSPECTIVES POUR UNE ALTERNATIVE

Il importe certes de rappeler la vocation du fonctionnaire en terme de service de l’intérêt général non rabattu sur la rentabilité mais cela ne saurait suffire.


A ) Promouvoir une autre déontologie du fonctionnaire

Les hauts fonctionnaires doivent s’attacher tant que faire se peut, par logique de résistance, à ne pas mettre l’Etat au service du capitalisme et de sa logique mais au contraire - mais là il ne faut pas trop se faire d’illusion sur ce pouvoir en positif au temps du retour au "pur capitalisme" (M Husson) - tendre à la satisfaction des besoins sociaux du peuple-classe. Après 1946 apparait la forme Etat social (lire ici Nicolas Benies) . L’Etat est alors un appareil ambigu car au coeur d’un rapport de force . Il est fondamentalement au service de l’accumulation du capital mais n’est pas totalement au service de la bourgeoisie et des grandes entreprises capitalistes notamment celles côtées en bourse et très internationalisées. En effet, toute une tradition juridique lui accorde des missions sociales fortes qui viennent construire le social ce qui est faire plus que compenser les défaillances du marché. Il ne faut pas accorder à cette tradition plus que ce qu’elle a pu obtenir au meilleur de son temps à savoir la pratique légitimée du "socialisme municipal" et celle de "l’économie mixte".


B) Briser la logique des revenus faramineux qui démoralise les hauts fonctionnaires tentés par la cupidité outrancière.

Les très hauts revenus et le prestige seraient les vecteurs attractifs des hautes sphères managériales privées contre les hauts fonctionnaires. Ces derniers sont très bien payés mais ils voient qu’ils pourraient avoir plus encore dans le privé et avec plus de prestige encore. En termes frommien on peut voir que la dynamique de l’ultra-cupidité et l’hyper possesssivité est à l’œuvre contre l’être du fonctionnaire. Il faut briser cette logique car l’appel à une autre déontologie ne saurait suffire en présence d’une telle dérive systémique.

En outre, les stocks-option et les primes aux licenciements ne sont que l’écume du système et pourtant c’est cela qui génère aujourd’hui la colère des licenciés. C’est cela qui discrédite aussi, au passage, le dispositif administratif en cours de "salaire au mérite". La justice sociale avec ses deux volets le salarial et le fiscal admet sans doute des différentiation de revenu mais sur des bases justes et sans surprises et surtout avec deux grandes limites, un plancher en dessous duquel on ne saurait descendre, un plafond au-dessus duquel on ne saurait dépasser.

- Le plancher c’est le salaire minimal du travail salarié et le revenu minimal de civilisation pour les sans emploi. Ce salaire doit permettre de vivre correctement. Il n’est pas nécessairement élevé dans une société riche de services publics qui allouent les prestations de satisfaction des besoins élémentaires selon une grille de tarification qui prévoie la gratuité pour les sans emploi.

- Le plafond se calcule en terme de multiplicateur du salaire minimal de travail salarié. Il ne saurait être à deux chiffres : celui qui reçoit 10 fois le SMIC empêche de vivre décemment celui qui est en-bas de l’échellle sociale. La société civilisée doit impérativement le ponctionner pour faire vivre les plus défavorisé.


La période de la mondialisation néolibérale correspond à une montée de la contractualisation qui favorise le fort contre le faible. Le rôle de la loi a changé. Il y a la loi qui pose des statuts socialement sécurisants pour le public et le privé et la loi qui contractualise et fragilise les individus face à la "concurrence libre et non faussée".

Il y a la loi qui ôte les protections entre le fort et le faible et la loi qui les garantit.

Contre la République du darwinisme social et néolibéral, il faut assurer le principe républicain : Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité.


Christian Delarue


1) En savoir plus sur le pantouflage.

http://www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20090225.CHA1447/e n_savoir_plus_sur_le_pantouflage.html

Lire aussi l’étude suivante : DU PANTOUFLAGE OU LA "DESCENTE DU CIEL" par Dominique CHAGNOLLAUD I - La naissance du pantouflage II - Les cause du pantouflage :Perte de prestige, Moindre revenu

http:// www.revue-pouvoirs.fr/IMG/pdf/80Pouvoirs_p77-87_pantouflage.pdf?PHPSESSID=7f76a2fd8170f64515910fc04e9cd376>>


2) Pantouflage des fonctionnaires : le décret de la loi du 2 février 2007 publié au JO

http://www.maire-info.com/article.asp?param=8272&PARAM2=PLUS


3) Pantouflage, corruption structurelle ? /anticor.org/2009/04/21/pantouflage-corruption-structurelle/>

http://anticor.org/2009/04/21/pantouflage-corruption-structurelle/


4) Yves Mény : La Corruption de la République

http://www.oboulo.com/yves-meny-corruption-republique-9788.html

Sur un couac datant de 1996 cf. Pantouflage : l’onde de choc Par Delanglade Sabine, publié le 19/12/1996

http://www.lexpress.fr/informations/pantouflage-l-onde-de-choc_619968.html

 


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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 20:13


publié par babelouest (crisonnier) Avant-hier 20H15

Pour rappel, voici l'historique de la construction européenne.

construction_europeenne

La principale cause de la crise mondiale en Europe se situe dans l'un des articles de ce fameux traité de Maastricht. Il est bon de citer l'alinéa premier de cet article : tout y est si l'on prend la peine d'y réfléchir.

                                                                      Article 101

1    Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des Etats membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux adminisytrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des etats membres ; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

 

En vertu de ce très petit texte, les seuls prêteurs autorisés, il faut le rappeler, sont donc les banques privées, les banques d'affaires. Elles ne se privent pas de faire payer un intérêt conséquent, il faut bien vivre, n'est-ce pas ?

Depuis ce moment-là, la dette de tous les pays européens excepté l'Allemagne a explosé, et continue à flamber. Les Allemands peuvent être très fiers de la bonne santé des finances publiques, ils la paient de conditions de vie difficiles avec un droit du travail très dur.

Mais les banques, elles vont très bien malgré une période qui fut difficile pour certains organismes : les autres n'en sont que plus florissants grâce aux dépouilles des vaincus. Quel univers impitoyable ! C'est bien pourquoi il faut abandonner un tel système où les riches sont plus riches, les pauvres encore plus pauvres, et les intermédiaires sont tirés vers le bas de plus en plus vite. Il faut que cela finisse !

BO

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5326

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 20:09



1 000 000 000


publié par roland (Dazibaouebmaster) Avant-hier 19H33

ArgentPar C.S.P


"BNP Paribas a confirmé mardi avoir provisionné dans ses comptes près d' un milliard d'euros pour rémunérer ses traders au titre de 2009"

(source)


Un milliard = 1 000 000 000 €.

Mais les caisses sont vides.

1 000 000 000 €.

Mais il faut en arriver à menacer de faire sauter son usine pour toucher une indemnité de 12 000 €.

1 000 000 000 €.

Mais mettre ça en exergue, c'est de la démagogie.

1 000 000 000 €.

Mais il faut réduire le train de vie des fonctionnaires.

1 000 000 000 €.

Mais les gens qui toucheront ça sont récompensés à hauteur des "risques" qu'ils ont pris.

1 000 000 000 €.

Mais "La crise est peut-être un prétexte pour les dirigeants américains de Molex".

1 000 000 000 €.

Mais "Parler de rigueur n'est pas interdit".

1 000 000 000 €.

Mais le chômage baisse. N'est-ce pas ?

1 000 000 000 €.

Mais c'est les vacances.

1 000 000 000 €.

Mais parler de nationalisation du secteur bancaire, c'est inconséquent.

1 000 000 000 €.

Mais en Islande, c'est encore pire.

1 000 000 000 €.

Mais au Japon c'est pas la joie non plus.

1 000 000 000 €.

Mais heureusement que l'État est là.

1 000 000 000 €.

Mais les fondamentaux sont sains.

1 000 000 000 €.

Mais ce n'est qu'une question de moralisation des pratiques.

1 000 000 000 €.

Mais...

1 000 000 000 €.


Source: C.S.P

Image ajoutée par Dazibaoueb

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5324

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 15:15




Thomas Piketty*
05/08/09 :: 5:51
inv
Retour de l'Ancien régime:
Une nouvelle Révolution
est un impératif social et national.
inv
"Comme en 1789, la question des "privilèges" se pose avec une gravité particulière dans le domaine fiscal. La nuit du 4 août, en effet, a débouché sur une révolution fiscale fondée sur le principe de l'universalité de l'impôt.


L'exemple type est l'impôt sur les successions. Créé en 1791, c'était un impôt très moderne pour l'époque - ,les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne l'institueront qu'au début du XXe siècle - dans la mesure où il s'appliquait à toutes les personnes et à tous les types de biens. Les autres impôts mis en place par la Révolution française, dont la taxe foncière et la taxe d'habitation sont issues, obéissaient également à cette exigence d'égalité et d'universalité. De même que l'impôt sur le revenu, créé en 1914.


Or que constate-t-on aujourd'hui ? Eh bien qu'il existe, comme sous l'Ancien Régime, une catégorie de la population qui échappe à ce principe fondateur de notre système fiscal, en ne payant pas les impôts qu'elle devrait payer.


Parler de privilèges, ici, peut paraître anachronique, dans la mesure où les contours de cette catégorie ne sont plus liées directement à la personne. Les conséquences n'en sont pas moins les mêmes : Didier Migaud, le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, a ainsi montré dans un récent rapport que, au-delà de 400 000 euros de revenus annuels, le taux effectif d'imposition diminue au fur et à mesure que le revenu augmente.


Ce phénomène, proprement scandaleux, s'explique en premier lieu par le développement des stratégies d'optimisation fiscale, qui permettent à certains de consacrer une partie de leur argent à payer des conseillers grâce auxquels ils pourront tirer profit de la moindre brèche dans le système afin de payer moins d'impôts.


L'autre raison, c'est l'accumulation des "niches fiscales". Celles-ci se sont multipliées depuis la seconde guerre mondiale, et surtout ces dernières décennies. En soi, une niche fiscale n'est pas forcément illégitime au moment où on l'introduit. Par exemple, décider que certains revenus du patrimoine devaient temporairement échapper à l'impôt sur le revenu n'était pas absurde, dans le contexte de la reconstruction de l'après-guerre. En revanche, c'est devenu quelque chose de complètement incompréhensible aujourd'hui.


L'addition de ces exemptions, qui se sont ajoutées les unes aux autres dans notre histoire et sous tous les gouvernements, fait que notre système fiscal actuel n'obéit absolument plus au grand principe de 1789 : "à revenu égal, impôt égal".


En matière d'impôts, une nouvelle nuit du 4 août est donc nécessaire. Mais, comme l'argent circule aujourd'hui beaucoup plus facilement qu'en 1789, certaines actions ne peuvent être menées qu'au niveau international, comme par exemple quand l'administration Obama a menacé les banques suisses de leur retirer leur licence aux Etats-Unis si elles ne communiquaient pas leurs fichiers de contribuables américains.


Sur ce terrain, la France a beaucoup parlé, mais n'a rien fait. Bien au contraire : les cadeaux aux contribuables les plus privilégiés se sont multipliés, et aucune réforme fiscale d'ensemble n'a été envisagée. Avec le bouclier fiscal, les 1 000 plus gros contribuables ont ainsi reçu cette année de l'administration un chèque moyen égal à 30 années de smic (350 000 euros).


Justifier cela au motif qu'il ne s'agit somme toute que d'un petit nombre de personnes revient à passer à côté du sujet. En 1789 déjà, certains faisaient valoir que l'aristocratie ne représentait qu'à peine 1 % de la population, et qu'il ne fallait pas aiguiser la jalousie du peuple à l'égard de ses élites naturelles.


L'exigence d'égalité et de justice fiscale était pourtant nécessaire, incontournable. Elle l'est toujours aujourd'hui."

_______________


*Thomas Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, a publié "Les Hauts revenus en France au XXe siècle : inégalités et redistribution".
inv
Notes :
Patrick Savidan : "Notre société est aussi sclérosée qu'à la fin de l'Ancien Régime"


Professeur de philosophie à l'université de Poitiers, Patrick Savidan est également président de l'Observatoire des inégalités et directeur de la rédaction de la revue Raison publique. Il est l'auteur de Repenser l'égalité des chances (Grasset, 2007).


Deux cent vingt ans après la nuit du 4 août 1789, la notion de privilège vous semble-t-elle toujours pertinente pour penser les inégalités qui traversent la société française ?


Il ne faut pas tomber dans l'anachronisme. Les inégalités de droit qui existaient sous l'Ancien Régime, c'est-à-dire les lois particulières qui permettaient à certains individus de bénéficier d'avantages spécifiques, ont bien été abolies le 4 août 1789.


Sur le rapport entre privilèges et inégalités, il est important d'éviter les visions trop simplistes. La suppression des privilèges n'impliquait pas nécessairement, pour ceux qui s'en firent les promoteurs, l'éradication de toutes les formes d'inégalités. C'était par exemple le cas de Condorcet ou de Mme de Staël. D'un côté, certes, ils combattaient les privilèges au prétexte que ceux-ci figeaient les rapports sociaux autour d'"inégalités factices ", fondées sur la naissance ou le rang. Mais, de l'autre, ils considéraient certaines inégalités comme acceptables : celles dont ils disaient qu'elles étaient "naturelles" parce qu'indexées sur le talent ou la compétence.


Plus de deux siècles plus tard, nous continuons de raisonner ainsi dans une certaine mesure : ce qui nous apparaît comme vraiment scandaleux, ce ne sont pas nécessairement les inégalités en soi, mais les seules inégalités illégitimes.


Est-ce à dire que la notion de privilège n'a plus de sens aujourd'hui ?


Comme je le disais, les inégalités de droit ne sont plus admises. Mais on peut considérer qu'il en existe des équivalents fonctionnels. Je veux dire qu'il y a des canaux, qui sont aujourd'hui plutôt de nature sociale que juridique, grâce auxquels certains groupes bénéficient d'avantages dont il est parfois difficile de dire s'ils les doivent réellement à leur mérite.


Voyez par exemple le système éducatif. En théorie, les concours et les diplômes ne sanctionnent que la compétence. Or ceux qui obtiennent les diplômes les plus valorisés et réussissent les concours les plus prestigieux viennent des milieux les plus favorisés. On sait ainsi que 55 % des élèves de classes préparatoires ont des parents cadres ou de professions libérales, tandis que seuls 16 % ont des parents ouvriers, employés ou inactifs. L'école en vient à fonctionner comme une sorte d'instance de blanchiment qui estampille comme légitimes des inégalités de naissance qu'elle est par ailleurs incapable de compenser.


Voilà pourquoi des individus qui sont issus des classes défavorisées et qui, néanmoins, réussissent à percer, jouent un rôle si important : leur réussite permet d'entretenir l'illusion selon laquelle notre modèle méritocratique est toujours efficace.


Si l'abolition des privilèges n'a pas mis fin aux inégalités, peut-on aller jusqu'à dire qu'elle fut, en elle-même, génératrice de nouvelles formes d'inégalités ?


L'abolition des privilèges se fonde sur l'idée que la loi doit être la même pour tous, qu'elle doit être générale dans sa source et dans son objet. De ce point de vue, on pourrait interroger le paradoxe que vous suggérez. Cette généralité de la loi ne laisse-t-elle pas aussi le champ libre à la constitution de nouvelles inégalités ? C'est en partant d'un tel constat que l'on peut, par exemple, justifier des dispositions législatives qui poursuivent des objectifs de justice sociale en assumant, par rapport à leur objet, une particularisation relative. Je pense ici aux politiques dites de discrimination positive.


A titre personnel, je considère ainsi qu'il n'est pas illégitime, dès lors que la volonté politique n'est pas suffisante pour transformer en profondeur la manière dont se répartissent les honneurs et les richesses dans la société, d'introduire des dispositifs dérogatoires, temporaires, en faveur de groupes dont les membres voient, en raison de leur origine ou de leur identité, leurs chances de réussite sociale lourdement hypothéquées.


En même temps, je suis conscient que cela revient à légitimer un rapport à la loi qui est précisément celui que l'on a voulu renvoyer aux oubliettes lors de la Révolution française. C'est du reste ce qui rend le débat sur ces sujets toujours très délicat. On a beaucoup de mal, en France, à ne pas considérer la moindre entorse au principe d'universalité de la loi comme un privilège, et donc comme une injustice.


Reste que la vérité est là : ce principe d'universalité de la loi n'a pas tenu toutes ses promesses car il n'a pas permis de fluidifier les rapports sociaux autant qu'on le croyait. A cet égard, notre modèle, qui a permis une amélioration certaine des conditions, est aujourd'hui à bout de souffle, et notre société aussi sclérosée qu'à la fin de l'Ancien Régime. Les écarts de niveaux de vie se creusent et répondent à des logiques socialement identifiables. Un économiste, Edward Wolff, voyant la manière dont se répartit le surcroît de richesses produit depuis les années 1980, est même allé jusqu'à dire qu'on assistait à un "retour à Marie-Antoinette".


Les privilèges sont dénoncés avec une vigueur particulière dans le monde de l'entreprise. Comment analysez-vous ce phénomène ?


Pour beaucoup de salariés, l'entreprise apparaît effectivement comme un lieu où ce ne sont pas les plus méritants qui bénéficient d'un juste niveau de protection et de rémunération. Et c'est de plus en plus vrai aujourd'hui. Quand on voit un patron qui coule plus ou moins son entreprise, touche un salaire et des avantages en nature extrêmement importants, et, une fois licencié, part avec des indemnités exorbitantes, c'est moralement insupportable.


Ce qui pose également problème, dans le monde de l'entreprise, c'est quand certains traitements de faveur n'obéissent pas à des logiques claires - la distribution des primes, par exemple. Ici, c'est surtout le côté arbitraire des décisions qui choque. Aucun de nous, en effet, ne s'offusque d'être traité avec des égards particuliers. Ce qui nous scandalise, en revanche, c'est quand nous ne comprenons pas pourquoi d'autres bénéficient de tels égards.


Autrement dit, nous sommes prêts à accepter certains privilèges - au sens où l'on parle de "client privilégié" - mais seulement à partir du moment où leur octroi obéit, en toute transparence, à une forme de procédure. Ce point permet de comprendre que la justice est affaire de redistribution et de reconnaissance. Ce qui scandalise c'est, à travers l'avantage qui se trouve concédé à quelques-uns, le déni de reconnaissance que cela signifie pour les autres.


Comment expliquez-vous la récurrence, dans le débat politique, de la référence aux privilèges, comme récemment lors des débats sur la réforme du statut des fonctionnaires ou sur la suppression des régimes spéciaux de retraite ?


On voit, à travers ces exemples, que le privilège n'est pas seulement une donnée mais aussi une question de perception. A une époque où le fait d'avoir un travail n'était pas problématique, la garantie de l'emploi dont bénéficiaient les fonctionnaires était justifiée par le fait qu'un fonctionnaire était, à niveau de diplôme égal, moins bien payé qu'un salarié du secteur privé. Or dans une société où, comme aujourd'hui, la précarisation de l'emploi est devenue un problème central, cet avantage est perçu comme un privilège illégitime parce que jugé exorbitant. Il est, dès lors, facile de dresser des catégories de la population les unes contre les autres.


Dans ce type de situation, il faut néanmoins garder en tête ce que le sociologue Robert Castel a appelé la "guerre des réformismes". Opère désormais un réformisme dont l'objet est purement "adaptatif" par rapport à l'évolution du système social et économique mondialisé, comme s'il s'agissait uniquement de mieux partager les fruits de la dégradation sociale. Une politique du moins-disant social se met en place et, dans ce grand chambardement, les élites sociales et politiques font ce qu'il faut pour conforter ou renforcer leurs positions et leurs avantages.

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EkuAuyVlZEzgGSGnEZ.shtml
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