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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 06:52


Un SMS Tueur ?



mardi 26 mai 2009 par carver


(Source : k-radio)

 

Bon, l’info date de fin mars mais j’ai voulu revenir sur cette étrange affaire.

D’après "l’Egyptian Gazette", un homme serait mort en vomissant du sang, après avoir fait une attaque cérébrale, juste après avoir reçu un texte venant d’un numéro inconnu, à Mallawi, dans le Sud du Caire. Le numéro commencerait par le symbole (+) et se terminerait par (111).

Par la suite, l’agence officielle Mena a cité "une source officielle au sein des services de sécurité" démentant alors que des parties étrangères inconnues adresseraient des SMS aux citoyens, lesquels souffriraient de maux de têtes insupportables suivie d’une hémorragie cérébrale entraînant la mort.

Un communiqué fut publié par le ministère de la santé, citant que les services sanitaires de plusieurs régions (dont le Caire) n’ont recensé aucun cas présentant ces symptômes. Le communiqué ajoute : "Ces rumeurs contredisent tous les faits scientifiques".

Le ministère de l’intérieur, de son côté, a annoncé l’arrestation de 3 employés d’une société pétrolière soupçonnés d’être à l’origine de cette folle rumeur.

Aujourd’hui, cette rumeur a donc été démentie de manière officielle par le ministre de la santé égyptien.

carver : Une nouvelle légende urbaine encore démentie...

http://www.newsoftomorrow.org/spip.php?article5745


http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-33244021.html
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 05:59


Comment Israël confisque Jérusalem-Est et la vie des Palestiniens
 

 

De Tel-Aviv, la route principale file à peu près droit, puis, passé l’aéroport Ben-Gourion, elle commence à onduler en grimpant vers Jérusalem, entre des collines dont la conquête par les forces juives, en 1948, fit couler tant de sang. A 700 mètres d’altitude, elle pénètre dans la ville sainte par l’ouest. Les Israéliens comme les étrangers n’ont, en fait, que l’embarras du choix : ils peuvent atteindre le centre-ville par bien d’autres routes, au nord comme au sud.


Pour les Palestiniens de Cisjordanie, gagner la ville trois fois sainte est une autre histoire. S’ils ont franchi les check points intérieurs, ils buteront sur le plus brutal des obstacles jamais inventés pour contrôler et limiter les déplacements dans les territoires occupés : un mur d’une dizaine de mètres de hauteur, qui enveloppera bientôt entièrement la partie orientale de la cité, effaçant le paysage et interdisant les accès traditionnels. Il coupe même net les deux grands axes historiques -Jérusalem-Amman (route 417) et Jénine-Hébron (route 60). Le monstrueux serpent ne s’interrompt plus -pour les Cisjordaniens- qu’en quatre points : Qalandiya au nord, Shuafat au nord-est, Ras Abou Sbeitan à l’est et Gilo au sud. Encore devront-ils, pour y parvenir, se livrer à maints détours, laisser leur voiture et traverser à pied, les véhicules palestiniens (à plaques vertes) étant strictement interdits à Jérusalem... Longtemps chargé par le ministère israélien de la Défense de concevoir, tracer et construire la « barrière de sécurité » (selon la terminologie officielle), le colonel Danny Tirza, colon de Kfar Adoumim, est surnommé « seconde Nakba » par les Palestiniens.


Au terme de son projet grandiose, il promet à Jérusalem 11 check points semblables à des « terminaux d’aéroport ». Ce n’est pas l’impression que laisse un passage, même bref, par celui de Gilo. Partout les panneaux sermonnent : « Entrez un par un », « Attendez patiemment votre tour », « Laissez cet endroit propre », « Retirez votre manteau », « Obéissez aux instructions ». Quant aux couloirs grillagés en haut comme sur les côtés, ils ressemblent aux tunnels conduisant les fauves jusqu’à la piste du cirque... Mais ici, pas de Monsieur Loyal : une fois franchi le portillon, dont une petite lumière indique s’il est ou non ouvert, une voix métallique exige qu’on soumette ses bagages au détecteur. Derrière des vitres blindées et teintées, on devine quelqu’un. Enfin, une présence : un soldat débraillé, les pieds sur la table et le pistolet-mitrailleur Uzi en bandoulière, contrôle les papiers, chuchotant ou aboyant -au faciès. A la sortie, d’autres pancartes souhaitent aux « usagers », en trois langues, la « bienvenue à Jérusalem » (pourtant à 4 kilomètres). « Et que la paix soit avec vous ! »...Le plan de partage onusien de 1947 avait doté la ville d’un « régime international particulier », qui demeure, en 2007, son seul statut mondialement reconnu. Mais la guerre de 1948 déboucha sur sa division entre la Jordanie et Israël, lequel installa sa capitale dans la partie occidentale avant de s’emparer, en 1967, de la partie orientale et de l’annexer. En 1980, une loi fondamentale proclama « Jérusalem entière et réunifiée capitale éternelle d’Israël ». A défaut d’éternité, la politique de tous les gouvernements israéliens, depuis, a consisté à préserver l’hégémonie juive sur la ville et à empêcher sa division ainsi que, ce faisant, la naissance d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.

« La clé, précise M. Khalil Toufakji, directeur du département de cartographie de la Société des études arabes, conseiller de la délégation palestinienne jusqu’aux négociations de Camp David, c’est la démographie. Imposer une large majorité juive a toujours été la priorité absolue des Israéliens. Mais les Palestiniens, de 20% de la population en 1967, sont devenus 35% et pourraient être majoritaires en 2030. » Cette poussée résulte du différentiel de natalité, mais aussi du départ de juifs chassés par le chômage, la crise du logement et... le climat intolérant créé par les religieux ultraorthodoxes.


Au point qu’un tabou de soixante ans vient de tomber : le schéma directeur pour 2020 réaffirme, certes, le ratio politique 70 %-30 %, mais en « envisage » un autre, pragmatique, de 60%-40%. « Comme s’il y avait un bon pourcentage ! » s’exclame Meron Benvenisti, sans doute le meilleur spécialiste de Jérusalem, pour qui c’est « du racisme pur et simple. Nous vivons dans la seule ville au monde où un pourcentage ethnique tient lieu de philosophie ». Moins bouillant, M. Menahem Klein -lui aussi ex-conseiller à Camp David, mais côté israélien -ajoute : « Les pragmatiques constatent, les politiques se battent : nous assistons au plus grand effort israélien depuis 1967 pour annexer Jérusalem. » Historiquement, le premier instrument de cet effort fut l’extension illégale des frontières municipales. Résumé d’Amos Gil, directeur de l’association Ir Amim (La Ville des peuples) : « La vieille ville ne fait que 1 km2 ; avec les quartiers arabes l’entourant, elle atteignait du temps de la Jordanie 6 km2. Israël a annexé, en 1967, 64 km2 de terres cisjordaniennes –dont 28 villages – pour atteindre 70 km2. Lorsque le mur sera terminé, il ceindra à l’Est quelque 164 km2. En revanche, à Jérusalem-Ouest, le plan d’extension, dit Safdie, a provoqué une levée de boucliers écologiques. » « Il y a une couleur qui n’existe qu’ici : le vert politique. » Meir Margalit, coordinateur du Comité israélien contre les destructions de maisons (Icahd), rappelle que, lorsque le chef du parti de gauche Meretz, Ornan Yekutieli, s’indigna de la construction de la colonie de Har Homa à la place d’une magnifique forêt palestinienne, le maire de l’époque, Teddy Kollek, récemment décédé, rétorqua : « Ce n’est vert que pour les Arabes. » Apartheid écologique : ces zones « plutôt jaune poussière et remplies de détritus », se moque l’architecte Ayala Ronel, interdisent aux Arabes de construire, mais permettent aux juifs de coloniser...


La colonisation constitue le deuxième instrument de la stratégie israélienne. Architecte et dirigeant de l’association Bimkom, qui se bat pour le droit de tous à planifier la ville, Shmuel Groag récapitule : « Le premier anneau se composait de 7 grandes colonies : Gilo, Armon Hanatziv - Talpiot-Est, French Hill, Ramat Eshkol, Ramot, Ramot Shlomo, Neve Yaacov. Le second en comprenait 2, Pisgat Zeev et Maale Adoumim. Le troisième en a rajouté 9 : Givon, Adam, Kochav Yaacov, Kfar Adoumim, Keidar, Efrat, Betar Illit, Har Homa et les colonies du Goush [bloc] Etzion. Au total, elles regroupent la moitié des 500 000 colons que compte la Cisjordanie. » Fondateur du Centre d’information alternatif et figure majeure du mouvement pacifiste, Michel Warschawski organise volontiers des « tours » militants, afin de montrer concrètement « le principe qui guide la colonisation : créer une continuité territoriale juive qui brise la continuité territoriale arabe ». Et de brandir une feuille tombant en lambeaux à force d’avoir été manipulée. C’est une citation de l’ancien maire de la colonie de Karnei Shomron, qui entend « garantir que la population juive de Yesha ne vive pas derrière des barbelés, mais dans une continuité de présence juive. Si l’on prend, par exemple, la région qui se trouve entre Jérusalem et Ofra, et qu’on y ajoute une zone industrielle à l’entrée de la colonie d’Adam et une station d’essence à l’entrée de Psagot, alors nous avons un axe de continuité israélien ».


Le troisième instrument, c’est la maîtrise totale des voies de communication pour disloquer l’espace palestinien, réduire la mobilité de la population et oblitérer les chances de développement. Non seulement Israël s’est emparé des grands axes existants qu’il a rénovés et élargis, mais il en a construit de nouveaux afin que les colons puissent arriver à Jérusalem le plus rapidement possible -c’est aussi un des objectifs du futur tramway (voir « Un tramway français nommé schizophrénie »).

Le tout forme un impressionnant réseau de routes à quatre voies, éclairées la nuit, au long desquelles les arbres ont été coupés, des maisons dites « dangereuses » détruites et des murs de protection érigés -au nom, bien sûr, de la « sécurité ». Reliant les colonies entre elles, ces « routes de contournement » sont interdites à la circulation palestinienne, rejetée sur un réseau secondaire de mauvaise qualité, peu ou pas entretenu, et verrouillé par de nombreux check points, fixes ou volants.


Nous voici au barrage dit Container, au sud d’Abou Dis, qui commande -et, souvent, ferme -le dernier axe majeur palestinien reliant le nord au sud de la Cisjordanie. Il porte bien son nom de Wadi Nar, « vallée du feu », et, par extension, « vallée de l’enfer » : sa chaussée est par endroits si étroite que deux camions s’y croisent difficilement -à supposer qu’ils parviennent à monter et descendre ses pentes vertigineuses. En revanche, non loin, la large voie express offerte par Itzhak Rabin aux colons leur permet de foncer droit sur les colonies de Goush Etzion et d’Hébron... sans rencontrer un seul Arabe.


Cet « apartheid qui ne dirait pas son nom » -formule du chef négociateur palestinien Saëb Erekat- devient explicite avec le projet de « circulation fluide » cher au colonel Tirza : là où Juifs et Arabes doivent vraiment se croiser, ils ne se verront pas, grâce aux ponts et aux tunnels... « Pour désenclaver les villages palestiniens de Bir Nabala et Al-Jib, explique sur place l’architecte Alon Cohen-Lifschitz, de Bimkom, les Israéliens construisent, sur 2 km, à 10 m au-dessous du niveau du sol, une route encaissée et grillagée, 2 tunnels et 1 pont ! »

En matière de ségrégation, il y a plus infâme : à compter du 19 janvier 2007, un ordre militaire devait interdire à tout Israélien ou Palestinien « résident » de transporter un habitant non juif de Cisjordanie... Il a suscité des protestations telles que son application a été « gelée »... Quatrième instrument : l’infiltration de la vieille ville et du « bassin sacré ». « Pour les colons, Jérusalem est comme un oignon : le meilleur, c’est le cœur », plaisante Margalit. Récupération d’anciens biens juifs, confiscations en vertu de la loi des absents et achats via des collaborateurs se multiplient à un tel rythme que le journaliste Meron Rappoport a pu parler de « République d’Elad » -du nom de l’organisation de colons à laquelle les autorités ont très inhabituellement délégué la gestion de la « Cité de David ». A partir de cette implantation à caractère historique, on mesure –au nombre de maisons arabes arborant des drapeaux israéliens et de « gorilles » armés déambulant dans les rues– combien la colonisation la plus triviale s’empare de Silwan, descend vers Boustan (où 88 bâtiments sont menacés de destruction), puis remonte vers Ras Al Amoud (Maale Zeitim) et Jabal Mukaber (Nof Zion). Et les deux premières maisons de Kidmat Zion défient déjà, par-dessus le mur, le Parlement palestinien, terminé mais vide, d’Abou Dis. La carte confirme que toutes ces métastases dessinent une véritable diagonale d’épuration ethnique... « Ne vous arrêtez pas aux chiffres, insiste M. Fouad Hallak, conseiller de l’équipe de négociation de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Les 17 points de colonisation de la vieille ville et de ses alentours immédiats comptent, certes, à peine 2 600 habitants sur 24 000, mais ils s’inscrivent dans une stratégie tenace de “dépalestinisation”. » La judaïsation, cinquième instrument de la stratégie israélienne, commence par des symboles. Un ami palestinien indique ces signes qui plaquent sur la Jérusalem arabe le décor de la ville juive. « Du plus spectaculaire -comme ces mémoriaux aux héros des guerres d’Israël et ces bâtiments publics installés à l’Est- au plus discret : pavés, lampadaires, corbeilles. Sans oublier les noms de rue. » Place de Tsahal, rue des Parachutistes, carrefour du Quartier-Général : « Ces appellations ont été données après l’annexion de Jérusalem-Est en 1967, observe le journaliste Danny Rubinstein, apparemment pour que les Arabes n’oublient pas qui a gagné. »


A Paris, des amis nous avaient prévenus : « La vieille ville est en train de se vider. »

Jamais, hélas, en trente ans elle ne nous était apparue aussi triste. « Les Israéliens voudraient en coloniser l’essentiel et réduire le reste à quelques rues folkloriques, comme à Jaffa », lâche le nouvel ambassadeur palestinien à l’Unesco Elias Sanbar. Qui vient de déjouer une manœuvre à peine croyable : un tour de passe-passe israélien pour obtenir l’inscription de la vieille ville arabe sur la liste du patrimoine... de l’Etat juif ! La judaïsation passe aussi par la remise en cause du libre accès aux Lieux saints, pourtant principe commun à tous les textes internationaux depuis le traité de Berlin (1885). « Voici des années que les musulmans et les chrétiens de Cisjordanie n’ont plus accès à Al Aqsa ou au Saint Sépulcre », proteste le directeur du Waqf Adnan Al-Husseini. « Quant aux résidents de Jérusalem, ils doivent avoir 45 ans pour venir y prier. Sans parler des humiliations infligées par les quelque 4 000 soldats déployés lors des grandes fêtes. » Et les excavations pratiquées sous l’Esplanade ? « Je n’ose envisager ce qui se passerait si les fous qui rêvent de “reconstruire le Temple” endommageaient nos mosquées. »

Non moins inquiets, les patriarches et chefs des Eglises chrétiennes à Jérusalem ont publié, le 29 septembre 2006, une déclaration réaffirmant l’exigence d’un « statut spécial » garantissant notamment « le droit humain de liberté de culte pour tous, individus et communautés religieuses ; l’égalité devant les lois de tous les habitants en conformité avec les résolutions internationales ; le libre accès à Jérusalem pour tous, citoyens, résidents ou pèlerins ». Ils insistaient pour que « les droits de propriété, de garde et de culte que les différentes Eglises ont acquis à travers l’histoire continuent à être détenus par les mêmes communautés ». Et d’en appeler à la communauté internationale pour faire respecter le « statu quo des Lieux saints »...


On a beau savoir l’incroyable violence dont tout occupant – juif, chrétien ou musulman – est capable, la destruction au bulldozer d’une maison, sous les yeux de ses habitants, est un spectacle insupportable. Que, depuis l’an 2000, la municipalité et le ministère de l’Intérieur ont répété 529 fois – sans parler des amendes imposées aux propriétaires, 22,5 millions d’euros ! Répression très inégale : selon Betselem, l’organisation israélienne de défense des droits humains, en 2005, les 5 653 infractions constatées à l’Ouest ont donné lieu à 26 démolitions partielles ou totales, tandis que les 1 529 enregistrées à l’Est en ont entraîné 76 ! Pour Margalit, la municipalité « vit dans la hantise que la souveraineté israélienne sur Jérusalem soit en danger. Dans cette mentalité paranoïaque, chaque maison, chaque arbre et même chaque plante en pot devient partie prenante d’une conspiration politique mondiale ». Des arguments que n’invoque même pas M. Yigal Amedi : pour ce maire adjoint, les démolitions « exceptionnelles » se justifient puisqu’elles frappent des « bâtiments construits illégalement ». Curieusement, alors qu’il fait partie du comité pour la planification et la construction, il assure ignorer que, dans bien des cas, les inspecteurs de sa municipalité procèdent aux destructions en violation d’une décision de justice. « La municipalité, plaide-t-il, s’efforce de mettre un peu d’ordre dans ce chaos. »


Riche idée ! Car l’« illégalité » de 40% des maisons de Jérusalem-Est – 15 000 sur 40 600 - tient à ce que la mairie n’accorde qu’au compte-gouttes les permis aux Palestiniens : de 2000 à 2004, 481 sur 5 300 immeubles bâtis. Et une demande coûte cher : plus de 20 000 euros et des mois de démarches pour une bâtisse d’environ 200 m2... Mais surtout la superficie constructible s’est rétrécie comme peau de chagrin. Après 1967, Jérusalem-Ouest totalisait 54 km2 et Jérusalem-Est 70 km2, dont 24 furent expropriés au profit des colonies. Sur les 46 restants, 21 n’ont pas fait l’objet d’un plan d’urbanisation. Parmi les 25 planifiés, 16 sont réservés aux espaces verts, bâtiments publics, routes, etc. Les 9 km2 constructibles pour les Palestiniens représentent donc... 7,25 % de la superficie totale de la ville !


Architecte et militante de Bimkom, Efrat Cohen-Bar brandit l’énorme volume du nouveau « master plan ». « Malgré quelques progrès, l’inégalité de traitement demeure. D’ici à 2020, nos planificateurs accordent 3 nouveaux kilomètres carrés constructibles aux 158 000 Palestiniens supplémentaires et 9,5 km2 aux 110 000 juifs supplémentaires. » La géographe Irène Salenson évoque de plus une « limitation horizontale et verticale du développement urbain palestinien » : l’Est pourra bâtir en moyenne jusqu’à 4 étages (au lieu de 2 actuellement), mais l’Ouest 6 à 8 ! Cette inégalité n’est qu’une des facettes d’une politique globale de discrimination qui constitue le sixième et dernier instrument de l’hégémonie d’Israël. Ne sont citoyens que les juifs (et 2,3% des Palestiniens). Titulaires d’une carte d’identité verte, les Palestiniens de Cisjordanie n’ont aucun droit, même plus celui de venir en ville, sauf autorisation de plus en plus rarement accordée. Les « résidents permanents », avec leur carte d’identité bleue, bénéficient, eux, de prestations sociales et du droit de vote aux élections locales, qui ne se transmettent automatiquement ni au conjoint ni aux enfants.


Le fameux rapport européen dont la censure par le Conseil des ministres des Vingt-Cinq fit scandale fin 2005 révèle une autre dérive : « Entre 1996 et 1999, Israël a mis en place une procédure intitulée “centre de vie”, en vertu de laquelle ceux qui détiennent une carte d’identité bleue et dont le domicile ou le travail se trouve en dehors de Jérusalem-Est, à Ramallah par exemple, perdent cette carte d’identité. Une vague de détenteurs de ces cartes s’est pour cette raison repliée sur Jérusalem-Est. »


Discriminatoire, le budget de la ville ne l’est pas moins : Jérusalem-Est, avec 33 % de la population, ne s’en voit allouer que 8,48 %. Chaque juif obtient en moyenne 1 190 euros, et chaque Arabe 260. Rien d’étonnant si, précise Betselem, 67 % des familles palestiniennes vivent sous le seuil de pauvreté, contre 29% des familles israéliennes. Issu lui-même d’un quartier pauvre, M. Amedi ne nie pas les « retards dont souffrent, en matière d’infrastructures et de services, les quartiers arabes et ultraorthodoxes ». Il assure toutefois que la ville, lorsque son maire s’appelait Ehud Olmert, a « plus investi que jamais pour combler ces fossés », et égrène les projets en cours. « Des gouttes d’eau dans l’océan, reconnaît-il. Mais il faut bien commencer quelque part. »

Force est de constater que, pour l’heure, tout commence et finit par la construction du mur, qui mobilise les plus gros moyens : 800 000 euros du kilomètre – et il y en aura 180, dont 5 seulement sur la Ligne verte. C’est dire que l’argument de la sécurité ne tient guère. Les attentats kamikazes – 171 victimes en six ans – ont traumatisé la ville. Mais ici, le mur, sur l’essentiel de son tracé, ne sépare pas Israéliens et Palestiniens : il coupe les Palestiniens de leurs écoles, de leurs champs, de leurs oliveraies, de leurs hôpitaux et de leurs cimetières...


« Le mur est un outil que le gouvernement utilise pour contrôler Jérusalem et non pour assurer la sécurité des Israéliens », tranche Menahem Klein. De fait, il représente la quintessence de tous les outils de domination évoqués jusqu’ici. Il multiplie la surface de Jérusalem-Est par 2,3 en dessinant une sorte de trèfle qui inclut les nouvelles colonies avec leurs zones de développement : au nord, Beit Horon, Givat Zeev, Givon Hadasha et le futur « parc métropolitain » de Nabi Samuel ; au sud, Har Gilo, Betar Illit ainsi que l’ensemble du Gouch Etzion ; à l’est, enfin, Maale Adoumim.


On prend mieux conscience depuis le belvédère de l’hôpital Augusta-Victoria de la menace mortelle que le chantier en cours à l’est représente pour le futur Etat palestinien. La colonie elle-même occupe 7 km2. Mais le plan municipal du « bloc de Maale Adoumim » couvre une superficie totale, encore largement déserte, de 55 km2 (plus que Tel-Aviv, 51 km2). La poche s’étend presque jusqu’à la mer Morte et coupe donc en deux la Cisjordanie. Au nord, la fameuse zone E1 représente avec ses 12 km2 (12 fois la vieille ville !) le dernier espace de croissance possible pour Jérusalem-Est. Or même l’opposition –formelle– de Washington n’a pas empêché la construction du nouveau quartier général de la police pour la Cisjordanie, en attendant logements, centres commerciaux, hôtels, etc. Quant aux Bédouins jahalin, voici leurs pauvres baraquements sur la colline où ils ont été « transférés » et qui domine... la décharge. Le plus possible de terres palestiniennes avec le moins possible de Palestiniens : ce vieux principe a dirigé le tracé du mur qui, s’il inclut des colonies juives, exclut aussi des quartiers arabes. Ainsi rejette-t-il en Cisjordanie, du nord au sud, la localité de Qafr Aqab, à côté du camp de réfugiés de Qalandiya, la moitié de Beit Hanina, le gros d’Al Ram, Dahiyat Al Bared, Hizma, le camp de Shuafat, Dahiyat Al Salam, Anata, Ram Khamzi et, tout au sud, Walaja.


Une première : 60 000 des 240 000 Palestiniens de Jérusalem en ont été expulsés... sans avoir bougé ! Avec des pertes en chaîne.


Perte de temps : « Avant, j’allais à la fac à pied en dix minutes », témoigne Mohammed, un étudiant de Ramallah inscrit en médecine à l’université Al-Qods. « Depuis, il me faut quatre-vingt-dix minutes en voiture. » Perte de revenus : si les commerçants du « mauvais » côté d’Al Ram déplorent une baisse de 30 à 50% de leur chiffre d’affaires, ce dentiste a dû fermer purement et simplement son cabinet, tandis que le propriétaire de cet immeuble avec vue imprenable sur le mur n’a plus un seul locataire. Perte de personnel : entre un tiers et la moitié des médecins et des infirmières, mais aussi des enseignants ne peuvent plus venir travailler à Jérusalem. Perte annoncée de la « résidence » : quiconque ne justifiera plus d’un logement et d’un travail à Jérusalem, lors du renouvellement de sa carte d’identité bleue, en sera privé. Perte, enfin et surtout, pour Jérusalem-Est de son rôle de métropole palestinienne.


« Chacun sait que les prochaines négociations partiront des “paramètres de Clinton”, et notamment la partition de la ville pour faire place à deux capitales, résume Menahem Klein. Voilà ce que le mur cherche à éviter, en cassant El Qods comme centre métropolitain, en la déconnectant de son hinterland économique, social et culturel palestinien. Mais, si nos dirigeants espèrent profiter de la faiblesse des Palestiniens, ils font un calcul à courte vue : la jeune génération redressera la tête. Que restera-t-il alors de l’ambition de Sharon et d’Olmert de “relibérer Jérusalem” ? »


D’autres interlocuteurs relient l’escalade israélienne et l’état du processus de paix. Ainsi l’ambassadeur Sanbar, selon qui les choses se sont accélérées « à partir du moment où Jérusalem a été officiellement inscrite à l’ordre du jour de la négociation. Afin qu’à force de faits accomplis il ne reste rien à négocier ». Pour M. Wassim H. Khazmo, conseiller de l’équipe de négociation palestinienne, « Sharon a profité de la faiblesse de la communauté internationale pour prendre ce que M. George W. Bush lui avait promis dans sa lettre du 14 avril 2004 – les blocs de colonies. »


Quelle ne sera pas, d’ailleurs, notre surprise, en entendant M. Toufakji renoncer à revendiquer ces « blocs », au nom du réalisme. « Même Maale Adoumim ? » « Oui. » « Même la zone E1 ? » « Oui. » Comme en réponse à cet abandon, M. Hasib Nashashibi, de la Coalition pour Jérusalem, évoquera la « crise de leadership » dans l’OLP : « Les Israéliens exploitent évidemment nos divisions et nos erreurs. » Et Amos Gil de pointer « l’argument majeur que les attentats kamikazes ont donné pour justifier le mur ». En les découvrant, on pense à Kafka ou à Ubu roi : ce sont les Palestiniens des enclaves de Biddu (35 500 personnes), Bir Nabala (20 000) et Walaja (2 000) pris au piège du mur ou de la barrière, qui les encercle entièrement. Et la famille Gharib est assurément la victime expiatoire. Un à un, les colons de Givon Hadasha ont construit, sur des terres privées palestiniennes, des maisons autour de la sienne, qu’ils ont transformée en mini-enclave, reliée par un chemin à son village originel, le tout ceinturé d’un grillage bientôt électrifié et surveillé par une caméra... Sympathiques voisins : en nous voyant, l’un d’eux hurla depuis sa fenêtre : « J’ai une arme, je vais vous descendre ! » Paroles en l’air ? Ils ont déjà tué un de ses fils. Persécutés, les Gharib résistent néanmoins depuis plus de vingt ans...

Comment ne pas penser à l’envolée, la veille, de Benvenisti : « Le mur ? Mais c’est le monument du désespoir total ! Regardez Bethléem : d’un côté, l’église de la Nativité, de l’autre, le bunker construit autour du tombeau de Rachel. C’est l’arrogance de l’occupant prétendant définir et redéfinir les communautés à sa guise : comme si la “barrière” triait les “bons” Arabes, acceptés à Jérusalem, des “mauvais”, qui en sont exclus. Les inventeurs de cette horreur raisonnent avec la même logique coloniale du XIXe siècle que vous, les Français, lorsque vous vous accrochiez à l’Indochine et au Maghreb. Mais ça ne marchera pas mieux ! Le mur de Jérusalem finira comme celui de Berlin. »

 

Source : Latribune-online

http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-33244478.html


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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 05:54

Iran Chine US :
Beijing met en garde les US sur l'Iran

Encore une fois les Occidentaux font preuve d'une ignorance crasse, aveuglés par leurs préjugés et la propagande américano-sioniste, sur ce qui en réalité se passe politiquement en Iran : c'est la Théocratie versus le Républicanisme et les parties qui défendent respectivement l'un et l'autre ne sont pas celles que l'on croit.
Lundi 29 Juin 2009


Rencontre Ahmadinejad Hu Jintao, Yakaterinburg, Russie, 160609 - Xanhua-Lan Hongguang
Rencontre Ahmadinejad Hu Jintao, Yakaterinburg, Russie, 160609 - Xanhua-Lan Hongguang
La Chine a rompu le silence sur la situation qui se développe en Iran. Cela se fait avec en toile de fond un changement visible de la position de Washington vis à vis des développements politiques en Iran.

Le média gouvernemental Maily a intitulé son principal éditorial de jeudi " Pour la Paix en Iran". Cela se passe alors qu'on rapporte dans les médias occidentaux que l'ancien président Akbar Hashemi Rafsanjani réunit le clergé à Qom pour faire pression sur le conseil des Gardiens - et par conséquent sur le Dirigeant Suprême Ali Khamenei - pour annuler l'élection présidentielle de vendredi dernier qui a renouvelé le mandat de Mahmud Ahmadinejad pour quatre années.

Beijing craint l'émergence d'une confrontation et conseille à Obama de s'en tenir à son engagement fait lors du discours du Caire de ne pas répéter de telles erreurs dans la politique US au Moyen Orient comme le renversement du gouvernement élu de Mohammed Mosaddeq en Iran en 1953. Beijing a également mis en garde contre le fait de laisser sortir de la bouteille le génie de l'agitation populaire dans une région hautement volatile qui est prête à exploser. Téhéran vendredi a été la scène du sixième jour de manifestations de masse par les supporters de Mir Hossein Mousavi, à qui, selon eux, on a volé la victoire.

Un parallèle avec la Thailande
Pendant ce temps, l'envoyé spécial de la Chine au Moyen Orient, Wu Sike, entame une tournée régionale samedi de quinze jours (qui semble t-il se terminera par des consultations à Moscou) pour prendre la température dans des capitales aussi variées que le Caire, Tel Aviv, Amman et Damas, et Beyrouth et Ramallah.

Beijing a aussi fait une déclaration politique alors qu'une rencontre importante était prévue entre le Président Hu Jintuo et Ahlmadinejad mardi en marge du sommet de la Shanghai Cooperation Organization (SCO) à Yekaterinburg, en Russie.

On peut penser qu'Hu a discuté de la situation en Iran avec son homologue russe, Dmitry Medvedev, lors de sa visite officielle à Moscou qui a suivi le sommet de la SCO. Plus tôt, Moscou a accueilli favorablement la ré élection d'Ahmadinejad. La Russie et la Chine ont toutes deux horreur des révolutions "colorées" surtout lorsqu'elles impliquent l'intriguant Twitter que Moscou a rencontré sur son chemin il y a quelques mois en Moldavie et qui hérissent le poil en ce qui concerne la stratégie d'intervention mondiale des US.

La Chine a anticipé le retour de bâton contre la victoire d'Ahmadinejad lundi. Le journal Global Times a cité l'ancien ambassadeur chinois en Iran, Hua Liming, disant que la situation en Iran retournerait à la normale seulement si un accord négocié se faisait entre "les principaux centres de pouvoir... Mais si cela ne se fait pas, le tumulte récent en Thaïlande pourrait se répéter". Le fait que l'ancien diplomate fasse un parallèle entre la Thaïlande et l'Iran est plutôt révélateur.

Cependant, Hua sous-estime la popularité dont bénéficie Ahmadinejad et le fait qu'il ait " beaucoup de soutiens dans ce pays nationaliste car il a le courage de donner sa propre opinion et ose mener à bien ses décisions politiques". L'opinion consensuelle parmi la communauté académique chinoise c'est que la ré-élection d'Ahmadinejad "testera" Obama.

Ainsi donc, l'éditorial de Jeudi du China Daily prend plus la forme d'un appel à l'Administration Obama de ne pas gâcher sa nouvelle politique au Moyen Orient, qui prend une bonne direction, par des actions impulsives. Ce qui est significatif c'est que l'éditorial endosse la légitimité de la victoire électorale d' Ahmadinejad. " Gagner et perdre sont les deux faces d'une même pièce electorale. Certains candidats sont moins enclin à accepter leur défaite".

Le quotidien a fait remarquer qu'un sondage de l'opinion publique pré élection mené par le journal le Washington Post donnait Ahmadinejad gagnant 2 - 1 sur son plus proche rival et certains sondages en Iran indiquaient également à peu prés la même chose, alors même "qu'il a gagné l'élection avec une marge plus faible. Par conséquent les accusations de l'opposition contre Ahmadinejad sont intantinet surprenantes".

L'éditorial met en garde : " les tentatives pour pousser la révolution dite colorée vers le chaos pourrait être trés dangereuse. Un Iran déstabilisé n'est dans l'intérêt de personne si nous voulons maintenir la paix et la stabilité au Moyen Orient, et au delà dans le monde". Il rappelle avec insistance que "l'intervention US type Guerre Froide en Iran" a rendu les relations US Iran problématiques, " avec des présidents US essayant de mettre leur nez dans les affaires internes de l'Iran."


Théocratie versus Républicanisme
Beijing comprend très bien la politique révolutionnaire de l'Iran. La Chine a été l'un des rares pays qui a accueilli chaleureusement Ruhollah Khomeini alors qu'il était président ( en 1981 t 1989). Par contraste, l'Inde, qui professe avoir des liens "civilisationnels" avec l'Iran est trop confuse sur l'héritage révolutionnaire de l'Iran pour être capable d'évaluer les instincts politiques de Khamenei favorisant le républicanisme. Une grande partie des élites indiennes n'ont même pas conscience que Khamenei a étudié dans sa jeunesse à l'Université Patrice Lumumba à Moscou.

Quoiqu'il en soit, la rencontre Hu- Ahmadinejad à Yekaterinburg mardi montre une nouvelle fois que Beijing a une idée claire des flux et reflux de la politique en Iran. Hu s'est montré démonstratif en accordant à Ahmadinejad tous les honneurs d'un interlocuteur apprécié de Beijing.

Les médias chinois ont suivi de près la trajectoire de la réaction des US sur la situation en Iran, spécialement la " révolution Twitter", qui a mis Beijing sur ses gardes quant aux intentions des US. Il y a des indications que l'establishment US a commencé à intervenir dans la politique iranienne. Le camp Rafsanjani garde toujours des lignes ouvertes avec l'Occident. De toute façon, le degré de synchronisation est visible impliquant l'existence de la "révolution Twitter", les discussions de Rafsanjani avec le clergé conservateur de Qom, et l'attitude inhabituellement défiante de Mousavi.

Obama se trouve face à de multiples défis. D'un côté, comme l'a rapporté Helen Cooper dans le New York Times Jeudi, les manifestations de rue continuelles à Téhéran enhardissent un groupe de conservateurs (pro Israël) à Washington qui demande qu'Obama adopte une " attitude plus visible en soutien aux manifestants". Mais alors, un changement de régime retarderait inévitablement les discussions directes attendues entre les US et l'Iran et bouleverserait l'agenda d'Obama pour que celles ci soient bien avancées avant la fin de l'année, tandis que les centrifugeuses de l'Iran et de ses installations nucléaires continuent de tourner.

De même, une structure divisée à Téhéran se montrera inefficace pour aider les US à stabiliser l'Afghanistan. Cependant, des hauts responsables de l'administration tels le vice Président Joe Biden et la Secrétaire d'état, Hillary Clinton, aimeraient que les US "élèvent le ton" sur l'agitation en Iran. Cooper a rapporté qu'ils font pression sur Obama avançant qu'il risque de courir le risque de "se ranger du mauvais côté de l'histoire à un moment potentiellement transformateur en Iran."




Une réaction Thermidorienne.
Il ne fait aucun doute que l'agitation à un coté intellectuel. Obama étant un homme politique rare doué de capacités intellectuelles et d'un sens prégnant de l'histoire, sait que ce qui est en jeu est une tentative bien orchestrée de l'establishment conservateur clérical de faire revenir en arrière un processus en zig zag de 4 ans vers un républicanisme en Iran.

Mousavi est l'homme affable qui sert d'écran aux Mollahs, qui craignent que 4 ans de plus d'Ahmadinejad seront néfastes à leurs intérêts personnels. Ahmadinejad a déjà commencé à marginaliser le clergé l'éloignant des postes clés du pouvoir et des pots de miel de l'économie iranienne, spécialement ceux de l'industrie du pétrole.

La lutte entre les riches Mollahs (alliés avec le bazar) et les républicains est aussi vieille que la Révolution iranienne de 1979, où les "fedayeen du parti Tudeh interdit (cadres communistes) constituaient le gros des troupes de la révolution, mais les religieux ont détourné à leur profit la direction de la révolution. Les passions politiques très manipulées ont été lâchées lors des 444 jours de la crise des otages alors que les US ont aidé les religieux shi'ites roublards à monter une réaction thermidorienne et à isoler la direction progressiste révolutionnaire. Ironiquement, les US font de nouveau figure de protagoniste clé dans la dialectique iranienne - mais pas en tant qu 'otages.

L'Iman Khomenei se méfiant des Mollahs iraniens a crée le Corps des Gardes de la Révolution Iranienne comme une force indépendante pour s'assurer que les Mollahs ne détournent pas la révolution. Les premières années de la révolution, les complots fomentés par le triumvirat Beheshi-Rafsanjani-Rajai qui a conçu l'éviction du président séculier de gauche Bani Sadr (qui était le protégé de Khomenei) avaient pour agenda d'établir un état théocratique à un seul parti. Ce sont des aperçus de l'histoire de la révolution en Iran qui ont pu échapper à l'intelligence de Georges W. Bush, mais Obama doit être "au parfum" des déviances de la politique de Rafsanjani.

Si le coup de Rafsanjani réussit, l'Iran deviendrait au mieux un avant poste décadent du " Pro Occidental" Golfe Persique. Un régime douteux durerait -il ? Le plus important, est-ce cela qu'Obama souhaite voir comme destin du peuple iranien ? ( Est ce à Obama de dicter le destin du peuple iranien? Question estampillée esprit colonial et révoltante sachant qu'Obama ne vise qu'à défendre les intérêts hégémoniques des US ndlt)

La rue arabe observe également. L'Iran est une exception dans le monde musulman où le peuple a pris le pouvoir. La multitude de pauvres en Iran, qui forment le soutien de base d'Ahmadinejad, détestent l'establishment clérical corrompu, vénal. Ils ne cachent même pas leur haine viscérale pour la famille Rafsanjani.

Hélas, la classe politique à Washington est nulle en ce qui concerne le monde byzantin du clergé iranien. Dirigée par le Lobby israélien, elle est obsédée par le "changement de régime". La tentation sera de concevoir une "révolution colorée". Mais les conséquences seront bien pire que ce qui a été obtenu en Ukraine. L'Iran est une puissance régionale et les débris retomberont partout. Les US n'ont actuellement ni l'envergure ni la force d'endiguer la coulée de lave d'une éruption volcanique déclenchée par une révolution colorée qui pourrait déborder des frontières de l'Iran.

M.K Bhadrakumar 20/06/09 www.atimes.com -copyright Asia times Online.

M.K Bhadrakumar est un ex diplomate de carrière pour le service étranger de l'Inde. Il a été en poste notamment en ex Union Soviétique, Corée du Sud, Shri Lanka, Allemagne, Afghanistan, Pakistan, Uzbekistan, Koweït, et Turquie.


Introduction traduction Mireille Delamarre

http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-33244564.html
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 05:48



LETTRE D’INFORMATIONS ECONOMIQUES STRATEGIQUES INTERNATIONALES
Numéro 184 15 juin 2009

1
LETTRE D’INFORMATIONS
ECONOMIQUES STRATEGIQUES
INTERNATIONALES
Numéro 184 15 juin 2009

Groupe Bilderberg :
pandémie de grippe, crise
économique et Nouvel Ordre Mondial
« Quelque chose doit remplacer les gouvernements et
le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le
faire »
1.
David Rockefeller, fondateur du Groupe Bilderberg
Dans son précédent numéro, LIESI évoquait la
rencontre du Groupe Bilderberg à Athènes et
s’interrogeait sur les intentions du cartel bancaire à
propos de « la grippe porcine ». Finalement, des
éléments de réponse furent donnés par le journaliste
d’investigation Jim Tucker. Selon ses sources, le
comité exécutif du Groupe Bilderberg a annoncé aux
« invités » que le monde devait s’attendre à la création
d’un « ministère mondial de la santé » et d’un
« ministère mondial des finances ». C’est Carl Bildt,
ancien Premier ministre suédois et membre régulier du
Groupe Bilderberg qui « a prononcé un discours
prônant la transformation de l’Organisation
Mondiale de la Santé en un ministère mondial de la
santé, et la conversion du Fonds Monétaire
International en un ministère mondial des finances,
les deux ministères seront placés sous les
auspices des Nations Unies ». Voilà donc les deux
premiers ministères émergents du Gouvernement
Mondial embryonnaire, annoncé par le président
Sarkozy… pour 2009.
Dans le même temps, en Russie, la rédaction de
Gazeta.ru écrit : « La grippe qualifiée de "porcine" pour
le grand public n’est pas plus dangereuse pour la santé
1
Source : Newsweek International du 1er février 1999.
de l’homme que les autres types de ce virus. La
panique causée par cette maladie constitue au contraire
un habile moyen de distraire les gens de la crise, une
bonne source de profit pour les compagnies
pharmaceutiques et les services vétérinaires, ainsi
qu’un excellent prétexte pour permettre aux autorités
d’introduire des mesures protectionnistes. […] Dans un
monde globalisé, la panique est depuis longtemps
devenue un puissant levier politique et financier. […]
Les Etats et les médias exploitent à la perfection un trait
de la psychologie humaine qui consiste à refouler les
problèmes locaux au profit de problèmes globaux »2.
Au moment où, selon les médias, le Japon devient la
nouvelle inquiétude de l’Organisation Mondiale de la
Santé, la directrice générale de cette dernière, la
Chinoise Margaret Chan, réunissait à Genève une
trentaine de fabricants de vaccins, dont Novartis3,
Sanofi, Solvay et GSK. Objectif assigné à ces entités
contrôlées par les familles du cartel bancaire : produire
4,9 milliards de doses de vaccin contre la grippe A
en un an, soit 94,3 millions de doses par semaine.
Or, dans l’interview qu’il accorda avant de décéder,
Aaron Russo rappelait cette confidence que lui fit N.
Rockefeller :
« – Le journaliste : On l’a bien compris, ils ont cherché
à vous recruter en vous donnant quelques détails sur
leur plan. Pour eux, la guerre contre le terrorisme est
le moyen d’imposer tacitement une dictature.
Après, ils passeront à l’étape suivante : le
marquage de l’humanité au moyen d’une « puce ».
A ce sujet, vous dites qu’ils vous ont fait cette
proposition : si l’on vous recrute, la puce que l’on vous
imposera vous identifiera comme l’un des nôtres, ce qui
vous évitera bien des tracasseries. Vous seriez
intouchable. Est-ce cela ?
– Oui, c’est effectivement arrivé. Vous avez
parfaitement compris le message qu’ils m’ont fait
passer si j’acceptais d’être recruté. […] »
Il est aujourd’hui incontestable que nous sommes
passé à l’« étape suivante » : le projet de marquage de
l’humanité au moyen d’une puce et réalisé dans les
conditions d’une crise économique, financière, sociale
2 Voir notre dossier sur la « grippe porcine ».
3 Novartis, qui a reçu la souche du virus, est prête à démarrer
la production mais la société bâloise attend le feu vert de
l’OMS qui ne sera donné que lorsque le degré d’alerte passera
en phase 6… le temps laissé aux gouvernements pour
préparer des mesures liberticides. (Cf. note 2.)
2
et sanitaire4. Comment ? Par l’injection, selon un
PROTOCOLE spécial5, d’un vaccin contenant la
fameuse « puce ». Injection pouvant être organisée
mondialement par le « MINISTERE mondial de la
santé » du Gouvernement Mondial embryonnaire, sous
contrôle du cartel bancaire... Il est bien normal que les
personnes souhaitant réaliser des projets aussi
macabres ne soient pas désireuses de faire la une des
grands journaux !
Jim Tucker et Daniel Estulin évoquent un autre projet
des leaders du mondialisme : introduire un « ministère
mondial du travail ».
Ce n’est pas tout ! Le 5 mai 2009, le Comité d’action
pour un Parlement Mondial (COPAM)6, basé à Paris,
s’est joint à la Campagne pour l’Etablissement d’une
Assemblée Parlementaire des Nations Unies
(CEUNPA). Les responsables du COPAM et du
CEUNPA estiment que le moment est enfin venu de
collaborer étroitement, de coordonner les actions pour
établir un Parlement Mondial… une sorte de
Gouvernance Mondiale. M. Olivier Giscard d’Estaing,
président du COPAM, explique que « les futurs
délégués d’une assemblée parlementaire mondiale
pourraient initialement être nommés par les Parlements
nationaux. Cependant, nous croyons que les délégués
ne devraient pas nécessairement être eux-mêmes des
députés élus. Le cumul du mandat mondial avec un
autre mandat parlementaire au niveau national serait à
l’inconvénient du premier ».
Il ne faut absolument pas négliger les actions
concertées de ces mouvements dont personne n’a
entendu parler. Qui sait, par exemple, que 72 heures
avant le G20 organisé à Londres début avril 2009, des
politiciens, universitaires, représentants de différentes
organisations représentant 61 pays, se sont réunis et
ont fait une déclaration commune appelant à la création
4
Le journaliste Jim Tucker vient de confier à Charlie Skelton,
du journal britannique The Guardian, que selon des
informations obtenues à l’issue de la réunion du Groupe
Bilderberg de 2008, « des plans sont en cours pour substituer
à la carte d’identité une puce sous cutanée, laquelle sera
présentée comme étant d’une plus grande efficacité et
garantissant un suivi total de la population ». « Charlie Skelton
a quitté la Grèce, pétrifié jusqu’à l’os en raison de la manière
dont il a été harcelé, détenu, par les autorités grecques
pendant plusieurs jours, et ce pour avoir pris de simples
photos de l’Hôtel ou se trouvaient les membres du Groupe
Bilderberg ». « Mon expérience durant ces derniers jours en
Grèce m’a dégoûté. […] Nous devons nous battre,
maintenant, tout de suite, de tout notre coeur, pour stopper le
projet de carte d’identité ». (Source : TruthNews)
5 Lire l’ouvrage NAUFRAGE D’UN SYSTEME – 22 €. De
nombreux événements annoncés en 2003 se sont déjà
produits. La perspective de « pucer » l’humanité n’est pas
quelque chose de nouveau : en effet, ces dernières années,
les autorités canadiennes ont réalisé un « test » grandeur
nature.
6 Le COPAM fut créé en 1995 pour soutenir la création d’un
Parlement mondial. Il est constitué d’une vingtaine de
personnalités, essentiellement des anciens chefs d’Etat ou de
gouvernement.
d’une Assemblée parlementaire auprès des Nations
unies ? Le document en question stipule : « La création
d’une Assemblée parlementaire auprès des Nations
Unies devrait être une partie importante du nouveau
système de gouvernance financière et économique
internationale ». D’aucuns ont confié qu’un « forum
parlementaire mondial » pourrait d’abord influer comme
un organe consultatif avant « d’exercer un réel contrôle
mondial sur les institutions du système ».
Les anciens politiciens, hommes liges du Pouvoir
occulte, débarqués de leur positions officielles
gouvernementales, sont toujours là pour agir au nom
du cartel bancaire. Voici l’appel qu’ils ont lancé par
l’intermédiaire de leur porte-parole Boutros Boutros-
Ghali, ancien Secrétaire générale des Nations Unies :
« En ce moment critique, nous exhortons les Nations
Unies et le gouvernement de ses Etats membres à
soutenir la création d’une Assemblée parlementaire
auprès des Nations Unies au cours des délibérations
sur la réforme des institutions monétaires, financières
et économiques internationales ». Ce groupe de
personnes suggère encore : ce nouvel organe pourrait
« contrôler les liens réciproques entre les politiques
financières et économiques du système international et
leur impact dans d’autres domaines tels que le
développement durable, l’approvisionnement
alimentaire, l’éducation, la santé ou l’éradication de la
pauvreté. […] Des répercussions potentiellement
graves sont à craindre sur la stabilité politique et la
démocratie. La situation exige des réactions mondiales
rapides et efficaces. Un cadre institutionnel approprié
doit être mis en place pour réguler et réorienter le
système financier »7.
Pour aboutir à cette super concentration du pouvoir,
objectif poursuivi par le comité exécutif du Groupe
Bilderberg depuis sa création, en 1954, une seconde
vague de crise est jugée nécessaire.
Dans son précédent numéro, LIESI annonçait qu’une
seconde vague de crise surviendrait après l’été. La
préparation de cette seconde étape – lire
l’effondrement du secteur bancaire mondial – par le
cartel bancaire, est actuellement masquée par la
remontée des indices boursiers, destinée à générer un
sentiment d’euphorie. Selon la source bancaire qui
nous a annoncé la « reprise printanière » – ce qui s’est
produit avec une exactitude déconcertante –, le cercle
d’initiés chapeautant l’exécutif du Groupe Bilderberg a
besoin de cette euphorie pour préparer le prochain
effondrement, lequel sera « très brutal ».
Les milliardaires américains sont
secrètement instruits de l’avenir
Selon le magazine irlandais IrishCentral, une réunion
très confidentielle, regroupant les personnalités les plus
riches du monde, s’est tenue le 5 mai 2009 dans la
Maison Sir Paul Nurse, dans l’Université de
Rockefeller située à Manhattan, New York. La crise
7
Source : http://fr.unpacampaign.org/statements/financial_crisis/index.php
3
financière mondiale était le sujet principal de cette
réunion pour laquelle le secret a été demandé par le
milliardaire Warren Buffet, PDG de Berkshire-
Hathaway, Bill Gates, co-fondateur de Microsoft, et
David Rockefeller Junior, Directeur Général de
Rockefeller Financial Services. Oprah Winfrey
(productrice et animatrice TV de grande renommée),
George Soros (financier milliardaire), Ted Turner
(Fondateur de CNN et magnat des médias), et le maire
de la ville de New York Michael Bloomberg étaient de la
partie8.
Comment une telle réunion, réunissant une partie des
gens les plus riches de la planète, a-t-elle pu être
organisée dans un délai si court, dans la capitale des
médias américains, et ce, dans le plus grand silence ?
« Sur la lettre d’invitation adressée aux participants, Bill
Gates, Waren Buffet et Rockefeller faisaient référence
à la récession mondiale et l’urgente nécessité de
planifier l’avenir. Ils indiquaient qu’ils voulaient
connaître les opinions, au sens le plus large, des
leaders clés de la finance et de la philanthropie ».
On retiendra cependant, d’après le London Times, que
pour les participants : lutter contre « la surpopulation
est une priorité ». Selon un participant de la réunion, ce
groupe d’individus a « élaboré une stratégie dans
laquelle la croissance de la population mondiale devrait
être considérée comme potentiellement désastreuse et
une menace environnementale, industrielle, et
sociale ». Cette réunion secrète et le contenu de son
agenda laissent augurer la planification d’événements
plutôt inquiétants.
Selon le London Times ce groupe s’attend à un
« désastre imminent », en faveur d’une réduction de la
population.
D’aucuns apprécieront à sa juste mesure la déclaration
de Leonid Ivachov, ancien chef de la Direction de la
coopération militaire internationale du ministère russe
de la Défense et président de l’Académie des
problèmes géopolitiques : « De mon point de vue,
l’attention soutenue portée au problème nucléaire
permet de détourner l’opinion publique des principales
menaces que sont les épidémies ». Pour Leonid
Ivachov, toutes les épidémies actuelles ont été
créées dans des laboratoires. « Les médecins
militaires détiennent la formule de la pneumonie
atypique qui a donné naissance au virus. La grippe
aviaire a également une origine artificielle », précise
t-il à l’agence de presse russe RIA Novosti. « Selon les
renseignements américains, d’ici 2015, quelque 3
milliards de personnes seront “de trop”. L’activation des
différents virus susceptibles de déboucher sur la mort
massive de gens est une stratégie globale destinée à
réduire la population de la planète », a déclaré M.
Ivachov.
8 Les autres invités étaient Eli et Edythe Broad (fortune du
couple estimée par le magazine Forbes à 5 milliards de dollars
US) ; John Morgridge, l’ancien PDG de CISCO et sa femme
Tashia ; Peter Peterson, président du Groupe Financier
Blackstone ; Julian Robertson, fondateur de Tiger
Management Corporation ; et Patty Stonesifer, l’ancienne
présidente de la fondation de Bill et Melinda Gates.
Quelle synchronicité !
Curieusement, plusieurs semaines après, le 24 mai
2009, s’exprimant en Espagne par l’intermédiaire du
quotidien El Pais, Robert Zoellick, le président de la
Banque mondiale, estimait que la crise mondiale
pourrait déboucher sur une « grave crise humaine et
sociale avec des implications politiques très
importantes » si des mesures adéquates ne sont pas
prises à temps. « Ce qui a commencé comme étant
une grande crise financière et est devenue une
profonde crise économique, dérive aujourd’hui en une
crise du chômage. […] Les dangers liés au
protectionnisme et à la dette privée dans le monde
émergent, malgré les aides du FMI. […] Et il existe ce
que j’appelle le facteur X, que l’on ne voit jamais
arriver, comme la grippe porcine », a-t-il ajouté.
Le secteur bancaire mondial
est proche de la banqueroute
Récemment, J. Attali a commencé l’une de ses
conférences en affirmant : « La situation est beaucoup
plus grave qu’on nous le dit et le scénario du pire est le
plus vraisemblable ». Pour étayer ses propos
alarmistes, le porte-parole de l’establishment a égrené
une kyrielle de chiffres, peu connus du public,
révélateurs d’une situation explosive.
- En janvier 2008, le total de l’endettement américain,
tout acteur confondu, était de 350 % du PIB. Pire que
celui de 1929, où il n’a jamais dépassé 300 %.
Aujourd’hui, ce chiffre est de 500 % du PIB, c’est-àdire
54 trillions9 de dollars.
- Quelle est la situation du système bancaire mondial ?
Le total des encours bancaires mondiaux est de 84
trillions. Le total des fonds des banques est de 4
trillions. Soit un ratio dépassant largement celui des
15, limite jugée déjà comme dangereuse. Le système
bancaire mondial est donc en faillite avéré et
surtout celui des Etats-Unis. Explication : le total des
crédits alloués par le système bancaire américain est
environ de 12 trillions dont 3,6 sont considérés comme
détruits et 1,8 transféré dans le système bancaire
mondial. Le total du capital des fonds propres des
banques américaines est de 1,3 trillion.
Techniquement, selon les statistiques bancaires, le
système financier américain est donc totalement en
faillite. D’ailleurs, aux Etats-Unis, des conséquences
sociales immédiates sont perceptibles : les villages de
fortune fleurissent autour des grandes villes. Des tentes
sont montées et regroupent des familles à la rue ayant
tout perdu. Selon des sources officielles, à l’heure
actuelle, 32,2 millions d’Américains ont besoin
d’assistance alimentaire, soit un Américain sur dix !
- Quelle est la situation des banques et tout
particulièrement des trois banques françaises les plus
importantes ? D’une manière générale, la valeur
boursière des banques devrait être supérieure à leurs
fonds propres. Or, aucune des trois principales
9 1 trillion de $ = 1 000 milliards de $.
4
banques françaises n’a une valeur boursière
supérieure à la moitié de ses fonds propres
officiels10. Quelle que soit la méthode comptable, le
marché a donc le sentiment que la situation réelle de
ces banques françaises est très différente de ce qu’en
disent les médias. Or le marché… c’est
l’establishment ! Fin mai 2009, les analystes de BNP
Paribas avouaient dans une note : « Les signes
augmentent selon lesquels les banques européennes
seraient en grande difficulté, notamment les banques
italiennes ». En outre, le Fonds monétaire international
a calculé que, pour supporter le choc de la dépréciation
des actifs, les banques européennes vont devoir
encore rassembler 600 milliards de dollars de capitaux
nouveaux d’ici à fin 2010, chiffre contesté par le
gouverneur de la Banque de France.
Alors, quel avenir s’esquisse aujourd’hui à l’approche
de l’automne, période où LIESI s’attend au
déclenchement d’une seconde vague de la crise, celle
de l’accélération ? Pour J. Attali, « l’avalanche a été
déclenchée. On pouvait l’éviter mais rien n’a été fait
pour cela. Cette avalanche va grossir. Avec
l’aggravation de la crise, des créances que l’on croyait
sans risques pour les banques vont s’avérer douteuses.
Les entreprises vont avoir besoin d’un financement
que l’on peut estimer, pour les pays développés, à
un montant compris entre 50 et 100 trillions par
grand pays. Aucun pays ne pourra trouver ces 100
trillions sur le marché financier parce que personne
ne prêtera. Seuls les Etats peuvent le faire.
Comment ? En cash ou en mettant en place des
mécanismes d’isolation des mauvaises dettes dans une
banque spécifique. Mais différentes questions se
posent. Par exemple, quel sera le prix de ces actifs
toxiques qu’il convient d’isoler ?
Le scénario du pire est une dépression accompagnée
d’une très forte inflation. Nous ne sommes pas loin
d’entrer sur le chemin qui conduira à un Weimar
planétaire ». Les premiers signes en faveur de ce
scénario sont peut-être déjà là. En effet, la baisse des
obligations constitue probablement le début de la fin
pour les produits d’Etat, ce qui signifie clairement la fin
de l’accès à une source de financement
universellement employée dans le cadre des dépenses
gouvernementales. Lorsque le prix des obligations
baissent, ceci signifie que les investisseurs s’en
désintéressent. Les taux montent donc en parallèle. En
clair, les gouvernements et donc à terme les
10 Pour l’instant, en France, la crise déclenchée par le cartel
bancaire se traduit essentiellement par une progression du
chômage, des licenciements et des échecs importants des
jeunes à l’embauche. Au cours de cette seconde vague de
crise, annoncée tout particulièrement dans notre numéro 182,
nous assisterons à une aggravation des taux d’impayés
des crédits. « On verra, avertit J. Attali, comme en Amérique,
des millions de gens traînés devant les tribunaux et tenus de
rendre les clés de leurs voitures ou de leurs logements ». En
outre, pour les gouvernements européens, les recettes
fiscales vont tellement chuter que les promesses faites en
2009 seront irréalisables.
contribuables vont payer très cher leurs plans de
relance et de financement11.
Attali accuse les gouvernements d’Etats
« On pouvait l’éviter [l’avalanche] mais rien n’a été fait
pour cela », écrit J. Attali. Dans un autre document
rédigé quelques heures avant la rencontre du G20,
Attali livre ses réflexions comme suit : « L’opposition
reste totale entre les Américains (qui souhaitent
augmenter la consommation, même au prix de
l’inflation), les Chinois (qui souhaitent relancer
l’investissement et protéger leurs avoirs), les
Européens (qui souhaitent réguler le capitalisme
mondial), et les pays les plus pauvres, encore une fois
principales victimes. Pourquoi cela ? Parce que, au lieu
de réunir le Comité Monétaire et Financier
Intérimaire du FMI, composé de 24 membres, organe
légitime pour décider d’une réforme équilibrée, on a
choisi de réunir un comité sans pouvoir, le G20,
parce que la présidence en était britannique (alors
que celle du CMFI est assurée par l’Egypte) et qu’ainsi
le monde anglo-saxon pouvait protéger ses
privilèges, en attendant le retour naturel de la
croissance mondiale. Cette stratégie peut réussir : si
les Américains parviennent, par des faillites massives
de grandes entreprises, à réduire leur taux
d’endettement, et, par une relance forte, à relancer
leur économie ; si les Chinois continuent de
financer les déficits anglo-saxons ; si une hausse
des prix du pétrole jusqu’à 80 dollars le baril
relance les économies des pays producteurs ; et si
le progrès technique fait le reste... Mais si toutes ces
conditions ne sont pas réunies, la crise
s’approfondira ».
Dans son précédent numéro, LIESI a fait part d’une
prochaine décrue des cours du pétrole pour 2010. En
outre, depuis plusieurs mois maintenant, les Chinois ne
sont quasiment plus acheteurs de bons du Trésor US.
Autrement dit… la crise va bien s’approfondir. L’on voit
déjà les frictions se confirmer sur le plan géopolitique.
Retour sur la géopolitique
du Pakistan
Les derniers avertissements d’ordre financier, adressés
par Pékin à Washington, traduisent la tension entre les
deux pays à la suite des actions engagées par
11 « Lorsque les obligations d’Etat, universellement
considérées (à tort) comme le placement financier le plus sûr
au monde, n’attirent plus les fonds privés, ce sont les banques
centrales qui prennent le relais par le biais des plans de
relance, ou autrement dit de l’inflation monétaire, comme on
l’observe actuellement. Les fonds des investisseurs privés,
tout comme la monnaie nouvellement créée, chassent les
seuls produits tangibles permettant de préserver la valeur du
capital dans une situation de détresse économique
généralisée. Il n’en existe guère hormis les métaux précieux et
certaines matières premières » (Source : Daily Bourse).
5
l’establishment dominant l’administration Obama au
Pakistan. Récemment, Washington a fait pression sur
les autorités pakistanaises pour mener une offensive
militaire majeure contre les insurgés islamiques, dans
la vallée de Swat et les districts voisins. Le 7 mai 2009,
l’ambassadeur chinois Luo Zhaohui s’adressait à
d’importants hommes d’affaires pakistanais et
s’inquiétait ouvertement d’une « influence extérieure »
dans la région. Luo a déclaré que les stratégies
américaines avaient besoin de « mesures correctives ».
« Ces questions inquiètent sérieusement la Chine », at-
il ajouté. Ces commentaires traduisent officiellement
les craintes de la Chine quant au développement de
l’influence américaine en Asie du Sud. Le diplomate
chinois a rappelé aux autorités pakistanaises que plus
de 60 compagnies chinoises sont impliquées dans 122
projets au Pakistan. Pour Pékin, le Pakistan est un
partenaire crucial pour sa propre stratégie régionale.
« Après la guerre frontalière sino-indienne de 1962, la
Chine a énormément investi pour faire du Pakistan un
contrepoids à l’Inde. Le Pakistan est le plus important
acheteur d’armes chinoises et, selon le Pentagone, le
récipiendaire de 36 % des exportations militaires
chinoises entre 2003 et 2007. L’assistance technique
de la Chine a été essentielle aux programmes d’armes
nucléaires et de missiles balistiques du Pakistan. En
retour, la Chine a obtenu l’autorisation de construire
d’importantes installations portuaires, navales et
commerciales, à Gwadar, un village côtier du
Baloutchistan. Ce port est à la base de la stratégie du
collier de perles de Pékin visant à développer l’accès
pour sa marine à une série de ports le long de voies
maritimes à travers l’océan indien, avant tout pour
protéger l’approvisionnement en pétrole et en gaz en
provenance du Moyen-Orient et de l’Afrique ».
Rappelons que le pouvoir coiffant l’administration
Obama souhaite « bloquer » la Chine dans cette partie
de l’Asie centrale, riche en pétrole et où l’instabilité
grandit.
C’est aujourd’hui devenu un secret de polichinelle : les
événements du 11-Septembre devaient ouvrir la boîte
de Pandore contenant de nombreux projets
stratégiques, dont l’invasion de l’Afghanistan.
Aujourd’hui, le contrôle de l’Afghanistan et du Pakistan
offre la possibilité de construire des pipelines pour
acheminer les richesses énergétiques de la région. Par
le contrôle de cette région, le cabinet fantôme des
Etats-Unis sait qu’il s’en prend directement aux intérêts
de Pékin, mais aussi de Moscou. Ce n’est pas un
hasard si ces deux puissances ont décidé de se réunir
dans le Groupe de coopération de Shanghai pour
contrer l’influence grandissante des Etats-Unis dans la
région.
Une autre puissance, l’Inde, suit le développement de
ces tensions avec inquiétude. Depuis la fin des années
1990, les relations entre l’Inde et le Pakistan se sont
considérablement améliorées. Même les attentats de
Bombay de l’automne dernier n’ont pas porté atteinte
aux bonnes relations développées car le gouvernement
indien a parfaitement saisi les conclusions qu’il devait
dégager de la guerre asymétrique engagée par les
forces financières de la City.
Londres et Riad sont-ils favorables
à une déstabilisation
de l’Afghanistan ?
A la fin des années soixante-dix, pour empêcher la
présence des Soviétiques en Afghanistan, Z. Brzezinski
et les réseaux qu’il représentait se sont entendus avec
les autorités saoudiennes, coiffées par le groupe anglohollandais
de la City, pour créer un nouveau groupe de
terroristes dits « arabes », notamment Osama Ben
Laden et les Talibans. La secte wahhabite, contrôlée
depuis Londres jouera un rôle clé dans cette opération.
D’aucuns dirons qu’aujourd’hui ces groupes n’ont plus
de rapport avec les cellules de renseignement qui les
ont créées. C’est faux ! Ces derniers mois, Executive
Intelligence Review a par exemple démontré que le
groupe anglo-hollandais a encore employé ces groupes
terroristes pour organiser les attentats de Bombay,
cherchant ainsi à fragiliser toute l’Asie du Sud-Est.
Au-delà des considérations géopolitiques, le groupe
anglo-hollandais tire également un intérêt financier en
maintenant des troupes anglo-américaines en
Afghanistan. En effet, l’une des conséquences directes
de l’effondrement systémique est que l’argent de la
drogue a acquis un rôle central dans le système
financier. A ce titre, le cartel bancaire de la City ne
néglige pas les bénéfices qu’il tire de la culture du
pavot en Afghanistan. Sur une production mondiale
d’héroïne estimée environ à 795 tonnes en 2007,
l’Afghanistan en avait produit quelque 753 tonnes (soit
95 %). Comme par hasard, 80 % du pavot cultivé en
Afghanistan le sont dans des zones sous contrôle
des troupes de l’Otan, dont 50 % dans la seule
province du Helmand, sous occupation anglaise.
Une constatation qui n’a pas échappé à Ahmed
Baheen, porte-parole du ministère afghan des Affaires
étrangères : « La production d’opium en Afghanistan
est élevée uniquement là où sont stationnées les forces
étrangères internationales, comme les troupes
britanniques dans le Helmand ». Les « puissances » à
l’origine d’une telle politique semblent intouchables.
C’est ainsi que le discours du général McKiernan
devant le Conseil atlantique à Washington, confirmant
le rôle de la drogue dans le financement de la machine
de guerre des Talibans, est resté lettre morte !
Auparavant, l’ancien « tsar » anti-drogue du Président
Clinton, le général Barry McCaffrey, avait nommément
accusé les Britanniques de saboter les efforts
américains visant à éradiquer la culture du pavot12.
D’autres, comme Antonio Maria Costa, le directeur
général de l’Office des Nations Unies contre la drogue
et le crime, a mis en cause le rôle des recettes du trafic
12 Le commandant américain de l’Otan, le général John
Craddock, tente depuis longtemps d’organiser une offensive
contre le trafic de drogue, mais il se heurte à chaque fois à
une résistance acharnée des Britanniques. Début février 2009,
l’hebdomadaire Der Spiegel avait laissé filtrer le contenu d’une
directive secrète du général Craddock, autorisant les troupes à
poursuivre les trafiquants, mais les Anglais ont opposé un
refus d’intervention dans la province qu’ils occupent et où est
produit, comme nous l’avons dit, une grosse partie de l’opium
afghan.
6
de drogue dans la remise à flot du système financier.
« Le commerce de la drogue pourrait bien être la seule
industrie en croissance, à l’abri du chômage. L’argent
qui en provient n’est que partiellement réinjecté dans
des activités illégales, en Asie, en Afrique et en
Amérique du Sud, où il est utilisé pour soudoyer les
politiciens, acheter des élections ou financer des
insurgés comme les Talibans ou les FARC en
Colombie. Le reste de l’argent est réintroduit dans le
circuit économique légal après blanchiment. Nous ne
savons pas de quelles sommes il s’agit, mais c’est
imposant. Certains éléments indiquent que ces fonds
ont aussi atterri dans le secteur financier, évidemment
sous pression depuis la seconde moitié de l’an dernier.
Il apparaît que les crédits bancaires ont été financés
par des capitaux provenant du trafic de drogue et
d’autres activités illégales… Il faut savoir que de
nombreuses banques ont été sauvées de cette
manière »13.
En parcourant les archives de novembre 2008 du blog
d’Antonio Maria Costa, on peut lire : « Les banquiers
ont non seulement créé des instruments financiers
monstrueux dont la taille, la complexité, restent
incompréhensibles, mais nombre d’entre eux se sont
lancés dans quelque chose de stupide et de
diabolique : ils ont permis à l’économie criminelle
d’intégrer l’économie mondiale. Les banques
d’affaires, les gestionnaires de fond et les
opérateurs, associés aux auditeurs, aux
comptables et aux avocats, ont aidé les mafias à
blanchir les revenus du crime et à devenir des
partenaires d’affaires légitimes ».
Afin d’apprécier à sa juste valeur l’importance de cette
manne pour le réseau bancaire anglo-saxon, voici des
chiffres éloquents : au départ, la récolte d’un paysan
vaut approximativement 600 à 700 dollars. Quand
elle arrive en Europe ou aux Etats-Unis, la même
quantité rapporte 6 millions de dollars. Une somme
considérable qui sera recyclée dans les casinos
financiers pour soutenir le « système bancaire » de
la City et de Wall Street.
Conclusion : jamais les forces internationales
n’arrêteront un commerce aussi lucratif. D’où cette
menace du président pakistanais Zardari qui, le 13
octobre 2009, lors d’un passage à Londres, a prévenu
les commanditaires des Talibans : « C’est le plus grand
défi du XXIe siècle. […] Ce n’est pas une affaire à court
terme, il s’agit d’une affaire à long terme. Elle remet en
cause notre mode de vie, ils tentent de créer un nouvel
ordre mondial ». Ses propos sont à rapprocher des
commentaires exprimés par H. Clinton : « On ne peut
souligner assez la gravité de la menace pour
l’existence de l’Etat du Pakistan que représente
l’avancée continue des Talibans… qui tentent de
prendre le contrôle du Pakistan, un Etat nucléaire. […]
Cela représente une menace mortelle pour la sécurité
mondiale ».
L’inquiétude des responsables américains réside dans
le fait que si les Talibans venaient à prendre le pouvoir
au Pakistan, le risque d’une catastrophe nucléaire n’est
13 Source : l’hebdomadaire autrichien Profil du 27 janvier
2009.
pas à écarter. Mais alors, pourquoi les politiciens
américains ne prennent-ils aucune sanction contre
Londres et les Saoudiens ?
Et que dire du Yémen, l’un des pays les plus pauvres
du monde arabe, où d’aucuns signalent des
ressemblances avec l’Afghanistan ? Pour le moment,
près de la frontière entre l’Arabie saoudite et le Yémen,
dans les montagnes, les militants islamistes constituent
d’importants stocks d’armes… Des réseaux islamistes
sont actuellement en train de quitter l’Irak et
constituent un sanctuaire dans trois provinces
limitrophes de l’Arabie saoudite, appelé « triangle
du mal ». Les Yéménites, de retour d’Irak se sont alliés
avec des Saoudiens qui fuient la répression du
royaume. Il n’est donc que trop évident que ces
préparations militaires feront, à terme, du Moyen-
Orient, une véritable poudrière, ce qui présage d’une
forte progression des cours du pétrole après le scénario
évoqué dans le précédent numéro de LIESI.
Bayer et les produits contaminés
au HIV et l’hépatite C
Dans les années 80, une division du géant
pharmaceutique mondial Bayer, Cutter Biological, a
vendu pour des millions de dollars de produits infectés
avec le HIV et l’hépatite C à des hémophiles à travers
le monde. Le sang requis pour fabriquer ces produits
fut prélevé dans des prisons américaines alors que ni
les donneurs ou le sang donné ne furent testés pour le
HIV. De plus, le sang n’avait pas été stérilisé.
Dès que la FDA a découvert le problème, ils ont
demandé à Bayer de ne pas vendre ces produits
contaminés aux Etats-Unis, tout en prenant soin de
garder l’affaire silencieuse. Bayer continuera de vendre
consciemment, pendant plus d’un an, des produits
contaminés à des hémophiles de pays étrangers
comme le Canada, l’Angleterre, l’Espagne, le Japon,
Taiwan, la France, l’Argentine, la Malaisie, l’Indonésie,
Hong Kong, Singapour, le Mexique, le Costa Rica, le
Brésil, les Philippines et à plus de 7 000 Américains
alors même qu’ils avaient une nouvelle version plus
sécuritaire. Il est estimé qu’environ 15 000 Canadiens
sont décédés du SIDA causé par la contamination des
produits de Bayer.
Les BREVES DE LIESI de Mai/juin 2009

PDF
http://dl.free.fr/r1FG9blQj/Lettre184pdf.pdf

                                                http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-33248867.html

A lire :

LES États-Unis Déclarent la guerre aux Extraterrestres


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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 05:40



LETTRE D’INFORMATIONS ECONOMIQUES STRATEGIQUES INTERNATIONALES Numéro 185 25 juin 2009 L’EUROPE N’EST QUE LE CLONE DE L’URSS

1
LETTRE D’INFORMATIONS
ECONOMIQUES STRATEGIQUES
INTERNATIONALES
Numéro 185 25 juin 2009
L’EUROPE
N’EST QUE LE CLONE DE L’URSS
« Les mêmes forces qui ont construit ce monstre
bureaucratique qu’a été l’Union soviétique pendant
soixante-dix ans — depuis sa naissance dans les
affres de la Première Guerre mondiale, du coup d’Etat
bolchevique d’octobre 1917 et de la Guerre civile qui
s’en suivit, jusqu’à la dissolution de la prétendue
‘‘seconde superpuissance mondiale’’ à bout de souffle
et de ressources dans la farce du ‘‘putsch des
conservateurs d’août 1991 — sont toujours à l’oeuvre
en Europe. Et ils conduisent à sa renaissance sous
la forme de l’Union européenne.
Vladimir Boukovsky1
Depuis des lustres, les eurocrates ont expliqué à leurs
peuples que l’Union européenne était une construction
nécessaire pour contre-balancer le pouvoir étatsunien.
Dans ce numéro, LIESI va mettre les pendules à
l’heure et réduire en miettes le discours des ténors des
différents partis politiques « pro-européens », lesquels
véhiculent un mensonge devenu pestilentiel.
Finalement, les gens dangereux ne sont pas seulement
les faussaires de l’Histoire, mais aussi la masse de ces
incrédules qui refusent de voir la vérité, de s’instruire,
préférant la politique de l’autruche et laisser faire le
mal. « De là, l’abaissement des caractères, le triomphe
des méchants, le règne du mal auquel la faiblesse
lâche les rênes : faiblesse déplorable en tout temps,
mais surtout en ces jours mauvais où le génie du mal
fait une guerre si acharnée à tout ce qui est bien »2.
Cette faiblesse de nos contemporains à vivre dans un
monde virtuel totalement déchristianisé ne leur évitera
1 Voir la note 9.
2 Méditations du R.P. Hamon, TII, p. 206.
pas les jours sombres. L’on peut malheureusement
craindre que nombre d’entre eux préfèreront le suicide
quand la réalité qu’ils ont toujours niée, s’imposera à
eux, prochainement, avec violence.
Révélation du Daily Mail :
les nazis avaient planifié
l’actuelle Union européenne
Cela fait bien longtemps que les preuves du
financement du régime nazi par les familles de l’actuel
cartel bancaire ont été apportées par les historiens.
Partant de cette considération, les dernières révélations
du journal britannique Daily Mail deviennent
intéressantes. Non seulement elles établissent un fil
conducteur entre le projet de l’élite du Parti nazi et celui
des architectes de l’actuelle Union européenne, mais
encore, elles prouvent que l’idéologie qui sous-tend le
projet européen est une idéologie totalitaire. Ce point
est important dans la mesure où la crise générée en
1929-1932 – et qui a amené un pouvoir dictatorial en
Allemagne –, le fut par les mêmes puissances
oligarchiques qui, aujourd’hui, sont à l’oeuvre dans la
débâcle de 2007-2012.
Dans l’article publié par le journal britannique Daily
Mail3, Adam Lebor révèle comment il a découvert un
rapport des services de renseignement américains
(EW-Pa 128), connu sous le nom de Red House
Report, détaillant le contenu d’une réunion secrète de
l’establishment nazi, le 10 août 1944 à l’Hôtel Maison
Rouge, à Strasbourg. Sachant que la défaite de
l’Allemagne était assurée, l’establishment nazi s’est
entendu avec le cartel bancaire pour constituer un
Quatrième Reich sous la forme d’un empire
économique pan-européen, fondé sur un marché
commun européen !
Pour ce faire, l’establishment nazi, de concert avec le
Pouvoir occulte, a créé plusieurs sociétés écran à
l’étranger dans le but de pénétrer les économies
étrangères et de jeter les fondements d’une nouvelle
3
Source : http://www.dailymail.co.uk/news/article-1179902/Revealed-The-secretreport-
shows-Nazis-planned-Fourth-Reich--EU.html
2
émergence du Parti nazi. Immédiatement après la
défaite, et sans être inquiétés, banquiers, industriels et
hauts fonctionnaires du Parti nazi, sont devenus des
démocrates convaincus, une version identique à celle
des communistes comme V. Poutine et de nombreux
KGBistes après l’effondrement de l’URSS. A la fin de la
Seconde Guerre mondiale, la nouvelle cause de ces
gens-là, partagée avec les financiers du Parti nazi,
devenait « l’intégration politique et économique
européenne » ! De riches industriels tels qu’Alfried
Krupp (Krupp Industries) et Friedrich Flick, ainsi que
des sociétés comme BMW, Siemens et Volkswagen, se
sont mis à la tâche pour créer un nouvel empire
économique pan-européen. C’est ainsi que de grandes
figures de l’économie nazie sont devenues les
principaux bâtisseurs de l’Union européenne.
Hermann Abs, titan financier qui appartenait au conseil
d’administration de la Deutsche Bank lors de la montée
des nazis, et qui siégeait au conseil de surveillance
d’IG Farben, était membre de la Ligue européenne pour
la coopération économique. Il était entouré de tout le
gratin européen qui oeuvra en faveur d’un « marché
commun », précurseur de l’Union européenne.
Il n’est pas inutile de rappeler que, dès ses origines, le
Groupe Bilderberg voulait, comme par hasard, imposer
ce programme pour l’Europe4. Pour rappel, le Groupe
Bilderberg fut essentiellement créé par David
Rockefeller et le Prince Bernhard des Pays-Bas, en
1954. Ce dernier était l’actionnaire principal de la très
riche et très puissante Société Générale de Banque de
Belgique, et ex-SS nazi… Le Prince Bernhard des
Pays-Bas dut démissionner en 1976 à cause d’un
scandale mais sa fille, la Reine Beatrix, est présente
chaque année à la réunion du Groupe Bilderberg. Autre
membre influent du directoire du Groupe Bilderberg,
Etienne Davignon, un ami très proche du Prince
Bernhard des Pays-Bas et qui a été vice-président de la
Communauté européenne.
Ce serait cependant une erreur de fixer le plan de la
construction européenne à la fin du Troisième Reich.
En réalité, l’idée d’une Union européenne remonte à
1940. Dès cette année, « les économistes et les
universitaires nazis décrivent un plan pour une seule
communauté économique européenne »5.
4
Source : http://file.sunshinepress.org:54445/bilderberg-meetings-report-1955.pdf
5 Dans La Communauté européenne, livre qu’il écrivit en
1940, Walther Funk (ancien ministre de l’économie nazi et
criminel de guerre) déclare qu’il était nécessaire de créer une
« Union de l’Europe Centrale » ainsi qu’un « Espace
Economique Européen » afin d’assurer un taux de change
fixe. Walther Funk annonce que les accords entre Etats
européens régiront les forces économiques. « Il doit y avoir
une volonté de subordonner ses propres intérêts à celles de la
Communauté européenne ».
Le coauteur de Walther Funk, l’académicien nazi Heinrich
Hunke, était sur la même longueur d’onde : « Les économies
nationales traditionnelles sont mortes… le destin de ces
économies sera l’économie européenne ». Et que dire du nazi
Gustav Koenig qui déclarait : « Nous avons une réelle tâche :
l’émergence d’une communauté européenne… Je suis
convaincu que cet effort perdurera même après la fin de la
guerre » ?
Toujours en 1940, Joeseph Goebbels, ministre de la
propagande, avait ordonné la création d’une « grande
unification économique européenne », estimant que
« dans cinquante ans, les gens ne penseront plus en
terme de pays ou de nations ». Cinquante-trois ans
plus tard, l’Union européenne était faite. Cela dit, il
serait stupide de conclure que les européistes sont des
nazillons. Par contre, il est incontestable que les
leaders du mouvement européen, au-dessus de la
piétaille politicienne qui fait comme si elle ne
comprenait rien à ce plan, sont de mèche avec le cartel
bancaire et veulent recourir à l’idéologie totalitaire pour
imposer leur Nouvel Ordre Mondial.
Le projet de cette élite malfaisante est de faire
triompher des entités supranationales à partir d’une
crise sans précédent ET de restreindre le droit à la
liberté d’expression6. De ce point de vue,
l’orchestration de la « pandémie » actuelle pourrait
justifier bien des « mesures de crise ». Tout n’est-il pas
déjà prévu ?
Poursuite du plan
des financiers du Parti nazi
Aux Etats-Unis, le secret vient d’être levé sur un certain
nombre de documents propres aux menées de leurs
services de renseignement. Parmi eux, des documents
confirment ce que LIESI et d’autres ont toujours dit :
dans les années cinquante et soixante,
l’administration américaine a engagé une
campagne en vue de promouvoir une Union
européenne par le financement du mouvement
fédéraliste européen. Par exemple, un mémorandum
du 26 juillet 1950 signé du général William J.
Donovan, chef de l’OSS (Office of Strategic Services,
précurseur de la CIA) donne des instructions précises
pour la conduite d’une campagne en faveur d’un
véritable Parlement européen. Le principal outil de
Washington pour contrôler le calendrier européen était
l’American Committe for a United Europe (ACUE,
Comité européen pour une Europe unie), créé en 1948
et présidé par Donovan, officiellement avocat dans le
privé à l’époque. Son vice-président était Allen Dulles7,
directeur de la CIA dans les années 50. Parmi ses
membres, la direction comptait Walter Bedell Smith, le
premier directeur de la CIA, et toute une série d’anciens
personnages de l’OSS et d’officiels, liés à la CIA.
Les documents montrent que l’ACUE a financé le
Mouvement européen, la plus importante organisation
fédéraliste des années d’après-guerre. En 1958, par
exemple, il a assuré 53,5 % du financement du
mouvement. La campagne européenne de la jeunesse,
6 Ce que Vladimir Boukovsky explique comme suit : « Sous
l’action de ces forces, un Marché commun d’Etats libres et
souverains s’est peu à peu transformé en l’ébauche d’une
nouvelle URSS, différente de l’ancienne, plus soft et en
parfaite adéquation avec les idées dominantes de notre
époque qu’elle détourne pour construire un système au
final aussi pathogène et liberticide que son modèle ».
7 Un agent soviétique notoire, comme l’a été Kissinger.
3
une branche du Mouvement européen, était
entièrement financée et contrôlée par Washington. Son
directeur belge, le Baron Boel, recevait des versements
mensuels sur un compte spécial. Les leaders du
Mouvement européen Retinger, le visionnaire
Robert Schuman et l’ancien Premier ministre belge
Paul-Henri Spaak étaient tous traités comme des
employés par leurs patrons américains. Le rôle des
Etats-Unis était tenu secret. Le financement de l’ACUE
provenait des fondations Ford et Rockefeller, ainsi que
de groupes d’affaires étroitement liés au gouvernement
américain. A la fin des années 50, le patron de la
fondation Ford, l’ancien officier de l’OSS Paul Hoffman,
a cumulé cette activité avec la direction de l’ACUE. Le
département d’Etat a également joué un rôle. Un mémo
de la division européenne en date du 11 juin 1965
recommande à Robert Marjolin, vice-président de la
Communauté économique européenne (CEE), de
poursuivre secrètement l’union monétaire. Il
recommande aussi d’empêcher tout débat sur la
question jusqu’au moment où « l’adoption de ces
propositions deviendrait pratiquement inévitable »8.
L’implication d’agents du groupe Rockefeller, qui
étaient aussi des agents soviétiques, n’est pas une
surprise après connaissance des informations publiées
dans la brochure Une main cachée tue pour le Nouvel
Ordre Mondial. En prenant la juste mesure de tout cela,
les avertissements formulés par le dissident soviétique
Vladimir Boukovsky9 deviennent très éclairants. Les
financiers de la Révolution bolchevique10, ces mêmes
banques de Wall Street et de la City que l’on retrouve
dans le financement du Parti nazi, sont encore à
l’oeuvre dans le financement de l’Union européenne.
Qui s’étonnera alors de l’évolution du projet relatif à la
création d’un grand marché transatlantique, dont le
programme sera source de chômage et de
catastrophes sociales pour l’Etat-nation ? Personne ne
sera surpris d’apprendre que la Commission
européenne a, en 1998, mis en avant ce programme :
8
Source : http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/1356047/Eurofederalists-
financed-by-US-spy-chiefs.html
9 Vladimir Boukovsky est l’auteur de L’Union européenne, une
nouvelle URSS ?, Ed. du Rocher, 2005.
10 Dans l’ouvrage historique très documenté qu’il publie en
2001 et qui s’intitule Deux siècles ensemble 1795-1995 – Juifs
et Russes [voir les BREVES DE LIESI juin,-juillet 2009],
Alexandre Soljenytsine met en évidence le rôle joué par les
financiers internationaux (les Warburg d'Hambourg, les
Jacob Schiff de New York, les Rothschild de Paris, les
Montefiore à Londres) qui soutiendront la révolution
marxiste. Alexandre Soljenytsine va même jusqu’à affirmer
que la révolution bolchevique n'est que l'aboutissement des
menées subversives et antinationales dirigées par
l'intelligentsia russo-juive. Cela pourrait peut-être expliquer
cette confidence d’Avraham Burg, l’ancien président de la
Knesset au quotidien israélien Haaretz, le 7 juin 2007, et
publié en français dans Le Courrier international du 8 août
2007 : « Pour moi, la construction de l’Union européenne,
c’est l’utopie biblique dans sa quintessence. Je ne sais
pas combien de temps cela tiendra, mais l’idée est
incroyablement juive ».
création d’une zone de libre-échange pour les
services ; élimination des barrières techniques et
réglementaires au commerce ; libéralisation des
marchés publics, de la propriété intellectuelle et des
investissements. Finalement, c’est l’absence
d’unanimité parmi les Etats membres qui empêcha la
réalisation de ce programme. Pour contrer le refus des
Etats-nations, l’establishment américain et ses pions
européens ont décidé d’impliquer davantage le
Parlement européen, lequel a, en 2001, 2002, 2004 et
2006, déposé plusieurs résolutions en faveur de ce
marché transatlantique dérégulé… pour 2010.
Finalement, le 26 mars 2009, au moment où l’UMP
lançait sa campagne sur « l’Europe qui protège » et où
le Parti socialiste réclamait une « Europe moins
sauvage », cette résolution fut acceptée sans publicité
tapageuse… par les représentants de l’UMP et du PS.
Union des partis politiques pour
édifier la Babel du Quatrième Reich
L’absence de débat à l’occasion des élections
européennes, version 2009, traduit la complicité des
leaders des partis politiques majeurs pour un
programme bien ficelé par l’establishment du
mondialisme apatride. En fait, l’enjeu des élections
européennes n’oppose pas tel parti à un autre, mais les
mondialistes aux nationalistes, ou « nonistes », de
droite et de gauche.
Voilà pourquoi, en France, les responsables des partis
UMP, PS, Modem et Verts prennent bien garde de ne
pas fragiliser leur objectif « commun » : valider les
traités pour obtenir une Union des Républiques
Socialistes Européennes (URSE) !
Pour preuve, chacun pourra vérifier que tous ces
prétendus partis qui seraient prétendument différents
les uns des autres, font preuve d’une union sacrée au
Parlement européen pour converger sur les mêmes
priorités. Telle est la conclusion d'une étude d'expert11
sur l'année 2008 : « le groupe du PPE-DE, qui
rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont
l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes)
ont voté dans le même sens sur 97 % des textes
(vote final) examinés par le Parlement européen.
Depuis le début de la dernière mandature, neuf fois
sur dix, les groupes où siègent l'UMP, le PS et le
Modem votent de manière identique au Parlement
européen. Un score digne de la Douma de l'ex
Union soviétique ».
Dans la situation présente, chacun conseille aux autres
de lever les barrières et de ne pas entraver le libreéchange,
mais il ne se hâte pas de le faire lui-même,
car il comprend que le résultat peut s'avérer déplorable.
Citons un exemple : Bruxelles a persuadé les pays
d'Europe de l'Est de ne pas soutenir leurs paysans. A
présent, les agriculteurs de l'ex-camp socialiste
11 Etude réalisée par Jan A. Johansson, chercheur en
Sciences politiques Stockholm & Bruxelles.
4
affirment que si les pays d'Europe de l'Ouest
n'abandonnent pas les mesures protectionnistes, les
fermiers d'Europe de l'Est ne survivront pas à la crise
actuelle : des milliers d'exploitations seront ruinées, des
centaines de milliers de personnes perdront leur
emploi. Mais les autorités ne peuvent rien y faire : les
prix d'achat des produits agricoles ont été concertés
lors des négociations sur l'adhésion des Etats esteuropéens
à l'UE et ils ne pourront être revus qu'en
2013 au plus tôt.
EADS : un exemple parlant
D’une manière générale, les gens pensent que cette
société est européenne et qu’elle constitue un fleuron
de la technologie européenne contre le monde
étasunien. Quelle est la vérité ? Le 3 décembre 2008,
EADS a signé un contrat de 208 millions d'euros avec
l'armée américaine. EADS est le principal soutien de la
Fondation franco-américaine. Depuis trente ans, cette
fondation a pour fonction de recruter des « Young
Leaders » (Jeunes Leaders)12 appelés à occuper des
postes de dirigeants, pour les former au soutien de la
politique atlantiste et mondialiste dans le cadre du
rapprochement transatlantique entre l'Union
européenne et la future Union Nord Américaine.
Les eurocrates veulent détruire
les Etats nations
LIESI a déjà eu l’occasion de le dire et de le
démontrer : le cartel bancaire et ses employés, dont les
eurocrates, veulent en finir avec les Etats-nations13
12 Parmi les « Young Leaders français » de la fondation, on
trouve Alain Juppé (1981), Valérie Pécresse (2002), François
Hollande (1996), Arnaud Montebourg (2000), Pierre Moscovici
(1996), Christine Ockrent (1983). Le co-président d’EADS,
Thomas Enders, est le président de groupe de réflexion
Atlantic-Brücke qui a pour objectif de resserrer les liens
transatlantiques. D’autres informations sont publiées dans les
BREVES DE LIESI de juin-juillet 2009.
13 Il y a trente-neuf ans, sous le règne du Président G.
Pompidou, Edmond de Rothschild disait à un journaliste de la
revue Entreprise [ancêtre de la revue L’Expansion] : « Le
verrou qui doit sauter à présent, c’est la nation ! » La
famille Rothschild, liée au président Sarkozy, a des vues
conjointes. Les Rothschild disent qu’ils ne sont pas influents
dans la marche des affaires du monde et que l’on exagère à
les voir derrière tous les coups tordus, mais on relèvera quand
même que ce sont des visionnaires remarquables !
Edmond de Rothschild, aujourd’hui décédé, s’exprimait le 18
juillet 1970, quatre ans avant qu’il ne fonde la section
européenne de la Commission Trilatérale, créée aux Etats-
Unis par son ami David Rockefeller et Zbigniew Brzezinski, le
marionnettiste officiel de Barack Obama… président des
Etats-Unis, une nation proche d’un effondrement abyssal qui
passerait par l’effondrement de la faille de San-Andreas. C’est
pour réaliser le Nouvel Ordre Mondial. Pour cela, ils
organisent volontairement une catastrophe
sociale14, ce qui les contraint, dans le même temps,
à préparer une véritable dictature au sein de l’Union
européenne.
Au cours des prochains mois, le chômage va
littéralement EXPLOSER au sein de l’Union
européenne. Selon le rapport présenté par Juan
Somavia, le directeur-général de l’Organisation
internationale du Travail (OIT), « la crise de l’emploi et
les problèmes sociaux provoqués par la crise
économique mondiale actuelle pourraient durer six à
huit ans »15. Avec quelque 45 millions de personnes qui
entrent chaque année sur le marché du travail, le
monde aura besoin de créer 300 millions de nouveaux
emplois d’ici 2015, rien que pour assurer une stabilité
des taux de chômage, a-t-il prévenu. Inutile de
commenter ce que de tels propos laissent augurer…
Préparer la débâcle sociale
au sein de l’Union européenne par l’introduction
d’une armée de surveillants
Actuellement, l’Union européenne intensifie ses efforts
pour construire un système de sécurité et de
surveillance pan-européen, décrit comme
« dangereusement autoritaire » par les associations
libertaires. Celles-ci révèlent les propositions retenues
par les eurocrates pour améliorer la « sécurité
européenne » : une Carte d’identité Européenne, un
Registre Européen des Cartes d’identité, un système
de surveillance Internet, la surveillance par satellite,
l’automatisation des entrées et sorties du territoire par
le biais de lecteurs biométriques.
Dans une telle perspective, les ministres de la justice
des pays membres de l’UE organiseront un colloque
du moins la conviction de Jacques Attali [voir les BREVES de
LIESI de juin/juillet 2009].
14 LIESI a déjà eu l’occasion de citer certaines extases de
Marie-Julie Jahenny, probablement la plus grande mystique
du XXe siècle. Lorsque Notre Seigneur détaillait les signes
précurseurs de la prochaine révolution, suivie de l’attaque
d’une coalition de forces russo-musulmanes, il dit le 9 mai
1882 : « Tous les ouvriers, dont l’emploi fournissait chaque
jour une occupation qui les empêchait de se livrer au mal. Les
desseins de ceux qui dirigent la France ont résolu
d’enlever à l’ouvrier tout travail, tout emploi ». Comment
ne pas lire que ces avertissements du Roi des rois
s’appliquent à l’équipe dirigeante actuelle ? En effet, celle-ci
cherche à imposer, contre la volonté populaire et contre les
affirmations du prix Nobel d’économie Maurice Allais, les
étapes du plan synarchique de la Babel européenne, dont on
sait pertinemment qu’ils produiront désolation et ruine du pays.
Ces gens-là feraient bien de lire l’interrogatoire de Rakovski ;
ils apprendraient que malgré leur docilité envers le Pouvoir
occulte, ce dernier ne leur laissera aucune porte de sortie
dans un proche avenir [Cf. Le Complot Mondial : mythe ou
réalité ? – 20 €].
15 Voir la partie ECONOMIE des Brèves de LIESI de juin/juillet
2009.
5
sur la « politique de sécurité interne à l’UE » et
proposeront la mise en place d’un réseau de
surveillance, connu dans les couloirs de Bruxelles, sous
le nom de « Programme de Stockholm »16. Le colloque
se tiendra le 15 juillet 2009, pour achever les travaux
sur la politique de sécurité interne à l’Union
européenne. Les tireurs de ficelles qui planifient le
scénario du développement de l’explosion du chômage
en Europe exigent que les travaux soient
impérativement achevés avant la fin 2009. LIESI
rappelle que l’une de ses sources, qui fraie avec les
très gros poissons, avait annoncé qu’« ils » voulaient 1
million de chômeurs supplémentaires en France d’ici fin
2010. Depuis notre publication, la moitié de ce
« quota » est déjà atteint ! Vous verrez la fin d’année.
Les eurocrates, employés du cartel bancaire, sont donc
chargés de mettre rapidement en place une nouvelle
architecture d’information à l’échelle européenne17.
Après cela, les bases de données liées à la sécurité
permettront de créer un véritable Etat policier, digne
d’un Quatrième Reich et d’une URSS stalinienne.
Nous allons assister à une standardisation des
techniques de surveillance de la police à l’échelle
européenne. Le partage d’informations pourrait mener
les services de sécurité nationaux à stocker dans une
base de données commune, les empreintes digitales et
les empreintes ADN, partie intégrante de la nouvelle
génération de cartes d’identité. Ces dernières
contiendront des informations personnelles recueillies
sur Internet et des séquences vidéos par le biais de la
vidéo surveillance.
Pourquoi M. Sarkozy et ses amis, visiblement haineux
envers la Nation France, sont-ils si pressés d’imposer
le Traité de Lisbonne contre la volonté populaire ?
Parce que le Traité de Lisbonne, une fois adopté,
permettra l’émergence d’un comité pour la sécurité
interne, connu sous le nom de COSI, lequel régira et
coordonnera les forces de police nationales, ainsi que
d’autres organisations européennes, tels qu’Europol,
l’agence européenne aux frontières extérieures
(FRONTEX), la Force de Gendarmerie Européenne, et
le SITCEN, qui assure des missions de renseignement
pour le compte de Bruxelles. Un officiel bruxellois a
d’ailleurs indiqué au journal Daily Telegraph : « La
plupart des projets que nous voulons réaliser ne
pourront prendre effet que par l’adoption du Traité de
Lisbonne. Nous avons donc besoin que ce Traité soit
ratifié ».
16 Jacques Barrot, qui est commissaire à la justice et à la
sécurité européenne, a publiquement déclaré que l’objectif est
de « développer une stratégie commune pour la sécurité
intérieure de l’Union européenne », un sujet longtemps
considéré comme un thème à traiter au niveau national. « Les
frontières nationales ne devraient plus restreindre nos
activités », a-t-il déclaré. Au moins, c’est clair !
17 Tony Bunyan, membre du Réseau Européen pour les
Libertés Civiles, a clairement averti que les responsables de la
sécurité européenne cherchent à exploiter le « tsunami
numérique » des nouvelles technologies de l’information,
bafouant toute question d’ordre moral.
Pour LIESI, les prédictions assez surprenantes du
voyant polonais concernant l’avenir de l’Union
européenne, traduites dans les Brèves de LIESI de
mai/juin 2009, se réaliseront… fort heureusement.
La nomenklatura marxiste des eurocrates
dilapide l’argent des contribuables
Le salaire annuel d’un Commissaire de Bruxelles de
base est de 238 919 €. Le caniche de Washington, à
savoir le Président de la Commission M. Barroso, a un
salaire de 293 073 € ; M. Barroso conseille aux
Européens de se serrer la ceinture, sauf la sienne. S'y
ajoutent une indemnité de résidence (43 960 €) et une
indemnité de représentation (17 017 €), soit 60 977 €.
Ce n’est pas tout : lorsque ces pions de l’oligarchie
apatride nous font l’honneur de quitter leur poste, ils
sont grassement rémunérés. Prenons l'exemple du
Président Barroso. Si l'actuelle majorité au Parlement
européen ne le soutenait pour un nouveau mandat, M.
Barroso aurait droit à une indemnité de réimplantation
de 24 422 € en une fois, une indemnité de transition de
36 634 € par an pendant trois ans, et après 55 ans, une
pension de retraite : 62.644 € par an ! Si 20 des 27
Commissaires actuels quittent Bruxelles, cela coûtera
la bagatelle de 25 millions d'euros aux contribuables
européens.
Alors que la crise frappe de plein fouet les économies
européennes, que les finances publiques des Etats
membres sont dans le rouge et que le train de vie des
ménages doit être réduit, le bureau du Parlement
européen réuni le 18 février dernier a reporté après les
élections européennes sa décision sur le coûteux projet
de rénovation et d'extension de son centre sportif, avec
construction d'une piscine. Cette salle de sport située
en sous-sol du bâtiment du Parlement à Bruxelles, voit
son accès réservé, moyennant cotisation, aux
eurodéputés, à leurs assistants et aux fonctionnaires.
La décision du Bureau autorise le financement par la
Commission européenne et le Parlement, autrement
dit les contribuables, de ces travaux pour un
montant global dépassant les 9,3 millions d'euros.
Rappelons que 7 % des recettes fiscales françaises
sont réservés au budget européen, soit plus de 19
milliards d'euros.
Dans le même temps, l’on apprend que le déficit
budgétaire de la France a explosé à 71,9 milliards
d’euros fin avril contre 45 milliards d’euros à la
même date de 2008 ! Nos « chefs » nous mènent avec
frivolité tout droit à la banqueroute d’Etat. Petite
information en passant : alors que les médias aux
ordres illusionnent les « imbéciles utiles » sur une
prétendue reprise à venir : la dette de la BNP dépasse
le PIB de la France 18 !… Fuyez cette banque en
18 Lire la partie ECONOMIE des Brèves de LIESI de juin/juillet
2009. En découvrant avec stupeur la situation financière de la
BNP, il est raisonnable de s’interroger : la Société générale
existera-t-elle encore sous sa forme actuelle l’année
prochaine ?
6
courant… comme la Société générale et le Crédit
Agricole.
Espoir des nations
Tant de haine contre l’Etat-nation ! Ces esprits cupides,
grossiers, plein de suffisance, malthusiens, prêts à tous
les crimes pour un semblant de puissance, de paraître,
semblent aujourd’hui triompher. N’oublions cependant
jamais qu’ils n’usent de leur pouvoir que dans les
limites permises par la Providence qui, seule, reste
maître du cours de l’Histoire. L’Histoire nous apprend
qu’il est des princes qui règnent par la grâce et
d’autres par permission divine ; tel est le cas du
prince qui n’a aucun souci du bien commun, qui
oeuvre à la perte de la nation. A lui s’applique ce
mot célèbre : « C’est Dieu qui fait régner l’hypocrite
à cause des péchés du peuple ».
Le 21 avril 1903, Léon XIII clamait devant six cents
Français : « La France reviendra aux traditions de saint
Louis ou elle périra dans la honte ». Malheureusement,
la France a renié son Créateur, elle l’a même exclue de
sa Constitution. Aujourd’hui, le tandem France/
Allemagne cherche à créer un monstre européen en
vue de broyer les peuples. Berlin a hébergé le trône de
Satan, comme LIESI l’a expliqué dans un précédent
numéro. Le rôle majeur de l’Allemagne dans le projet
européen n’est que la continuité d’un plan dévoilé, par
exemple, par M. Gaudin de Vilaine au Sénat, le 6 avril
1911 : « Mettez tous vos soins à entretenir cet échange
de services mutuels entre les Républicains et la
Prusse ! C’est la France qui en paiera les frais ! » Cela
ne s’est-il pas réalisé à la lettre, et ce depuis le milieu
du XIXème siècle ? Par son infidélité au Pacte de
Reims, à la Noël 496, la France ne cesse d’osciller
entre l’anarchie et le césarisme, ces deux formes
honteuses des décadences païennes. Quelle en sera
l’issue ? L’anarchie et la guerre civile, expressions du
châtiment divin, puis la restauration promise avec la
terrible défaite des maçons du Nouvel Ordre Babélien.
Le ciel devient « menaçant »
pour l’Angleterre
Depuis quelques
temps des nuages
monstrueux terrifient
un pan de la
population britannique.
Météorologues et
scientifiques ne
comprennent pas la
formation de ces
nuages appelés
« asperatus » (brutal
en latin), au-dessus de
l’Angleterre, ainsi que,
récemment, en
Nouvelle-Zélande et dans d’autres parties du monde.
Futura Science les dépeints comme « particulièrement
tourmentés et opaques, ils ressemblent à une mer
agitée vue par-dessous et assombrissent
considérablement le paysage, donnant l’impression
d’annoncer une violente tempête ». Le côté monstrueux
de ces nuages augurent-ils d’un « message » ? En tout
cas, même s’ils sont probablement naturels, certains
d’entre eux, à cause de leurs couleurs, pourraient être
contaminés par des polluants chimiques. Le fait que
ces nuages où des monstres dessinés visiblement,
voire des têtes de dragons, déchirent l’horizon, laissent
présager de sombres événements pour l’Angleterre,
lesquels seront en corrélation avec la géopolitique
iranienne. Sur ce point, LIESI n’a pas changé de
pronostic.
Relevons encore cette ancienne prophétie de l’Abbé
Souffrand, extraite de la brochure Le Saint Pape et le
Grand Monarque d’après les Prophéties, et qui date de
1821 : « Murée dans son égoïsme, elle [l’Angleterre]
connaîtra une révolution des plus sanglantes ; la reine,
celle qui aura couché dans le lit de Marie-Antoinette,
aura le même sort que cette Reine. […] L'Angleterre
aura tout perdu ou presque tout... Ces choses
arriveront quand on se parlera et qu'on ira d'un bout à
l'autre de la terre... »… Ce qui est aujourd’hui possible
avec le téléphone et les avions de ligne ! En outre, la
revue L'Illustration, de juillet 1938, n°4978 bis, indique
que, « lors de leur visite à Paris, les Souverains
britanniques George VI et la Reine Elisabeth
occuperont des appartements au Ministère des Affaires
étrangères, à Paris. En haut, la chambre de S. M. la
Reine Elisabeth avec les meubles de style Louis XVI et
le lit de Marie-Antoinette ».
D’aucuns diront que tout cela n’est qu’un hasard
supplémentaire. C’est leur droit, mais LIESI pense que
l’Angleterre est dans une situation bien plus grave
qu’on ne le dit et que la seconde vague de crise
préparée par l’establishment provoquera un
effondrement vertigineux de l’Occident, des
conséquences sociales dramatiques et peut-être la
mise à mort de la puissance américaine par la faille de
San Andreas… [Suite au prochain numéro.]
Lettre d’Informations Economiques Stratégiques
Internationales.

PDF
http://dl.free.fr/lb1WJiKyi/Lettre185PDF.pdf

http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-33249219.html
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 05:30



Révélation du Daily Mail
:
 

Les nazis avaient planifié

l’actuelle Union européenne


Cela fait bien longtemps que les preuves du

financement du régime nazi par les familles de l’actuel

cartel bancaire ont été apportées par les historiens.

Partant de cette considération, les dernières révélations

du journal britannique Daily Mail deviennent

intéressantes. Non seulement elles établissent un fil

conducteur entre le projet de l’élite du Parti nazi et celui

des architectes de l’actuelle Union européenne, mais

encore, elles prouvent que l’idéologie qui sous-tend le

projet européen est une idéologie totalitaire. Ce point

est important dans la mesure où la crise générée en

1929-1932 – et qui a amené un pouvoir dictatorial en

Allemagne –, le fut par les mêmes puissances

oligarchiques qui, aujourd’hui, sont à l’oeuvre dans la

débâcle de 2007-2012.

 

http://up.sur-la-toile.com/ir3m

 


Dans l’article publié par le journal britannique Daily

Mail3, Adam Lebor révèle comment il a découvert un

rapport des services de renseignement américains

(EW-Pa 128), connu sous le nom de Red House

Report, détaillant le contenu d’une réunion secrète de

l’establishment nazi, le 10 août 1944 à l’Hôtel Maison

Rouge, à Strasbourg. Sachant que la défaite de

l’Allemagne était assurée, l’establishment nazi s’est

entendu avec le cartel bancaire pour constituer un

Quatrième Reich sous la forme d’un empire

économique pan-européen, fondé sur un marché

commun européen !

Pour ce faire, l’establishment nazi, de concert avec le

Pouvoir occulte, a créé plusieurs sociétés écran à

l’étranger dans le but de pénétrer les économies

étrangères et de jeter les fondements d’une nouvelle

3

Source : http://www.dailymail.co.uk/news/article-1179902/Revealed-The-secretreport-shows-Nazis-planned-Fourth-Reich--EU.html
http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-33250337.html

liste complète

http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-33250337.html

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 05:26
image-crise.jpg

« Anticiper, c’est prévoir pour agir »

Sommaire
Edition spécial Eté 2009 (16 juin 2009)

1- Perspective
Crise systémique globale : Le choc cumulé des trois « vagues scélérates » de l'été 2009
Du fait de l'absence de traitement de fond des problèmes à l'origine de la crise, les chercheurs de LEAP/E2020
considérent que l'été 2009 va voir la convergence de trois « vagues scélérates » particulièrement destructrices qui
traduisent la poursuite de l'aggravation de la crise et vont provoquer des bouleversements historiques d'ici les mois
de Septembre/Octobre 2009.... (page 2)
2- Telescope
Les trois « vagues scélérates » de l'été 2009
La vague du chômage massif: trois dates d'impact qui varient selon les pays d'Amérique,
d'Europe, d'Asie, du Moyen-Orient et d'Afrique
L'été 2009 va marquer un point d'inflexion en matière d'impact du chômage sur le déroulement de la crise
systémique globale. En effet, c'est le moment où de conséquence, le chômage va devenir partout dans le monde un
facteur d'aggravation de la crise. Bien entendu ce processus ne se déroulera pas partout au même rythme, ni avec
des conséquences identiques. … (page 7)
La vague déferlante des faillites en série : Entreprises, banques, immobilier, états, régions,
villes
Au-delà de ces évènements à très grande visibilité, on assiste partout à une hausse rapide et continue des faillites
d'entreprises et d'établissements financiers de grande, moyenne ou petite taille qui va s'accélérer après l'été 2009,
tandis que se prépare aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Espagne en particulier, une deuxième vague de saisies
immobilières et que l'été 2009 va être marqué par le début d'une vague de cessation de paiements d'états, de
régions et de villes. Les « jeunes pousses » des médias financiers ne font que cacher les « feuilles mortes » de
l'économie réelle.… (page 15)
La vague de la crise terminale des Bons du Trésor US, du Dollar et de la Livre, et du retour de
l'inflation
Ce premier sommet des BRIC, dont il n'est pas difficile d'imaginer combien il a dû être difficile à organiser, constitue
un premier signe de dislocation du système international actuel. Non seulement les Etats-Unis ont dû tout faire pour
empêcher sa tenue, mais ils se sont en plus vus refuser la présence en tant qu’observateur, un signe clair que ce qui
s'y est dit n'était pas destiné à être diplomatique. Et le sujet central n'était certainement pas un problème militarostratégique,
mais bien une question monétaro-financière : que faire des centaines de milliards de Dollars US (sous
forme de Bons du Trésor notamment) accumulés par ces quatre pays au cours des années récentes ?... (page 22)
3- Focus
Recommandations stratégiques pour traverser l'été meurtrier 2009
. Devises / Or
. Immobilier
. Actions/Obligations Entreprises
. Bons du Trésor (page 27)
4- Le GlobalEurometre
Résultats & Analyses
Les Européens continuent à être très négatifs sur les perspectives américaines puisqu'une très forte majorité d'entre
eux (81%) considèrent que les Etats-Unis ne parviendront pas à emprunter les sommes nécessaires au financement
de leurs déficits en 2009… (page 29)

1- Perspective
Crise systémique globale : Le choc cumulé des
trois « vagues scélérates » de l'été 2009
Comme anticipé par LEAP/E2020 dès Octobre 2008, à la veille de l'été 2009, la question de la capacité des
Etats-Unis et du Royaume-Uni à financer leurs déficits publics désormais incontrôlés s'est imposée comme
la question centrale dans le débat international, ouvrant de ce fait la voie au double phénomène d'une
cessation de paiement des Etats-Unis et du Royaume-Uni d'ici la fin de l'été 2009.
Ainsi, à ce stade de développement de la crise systémique globale, contrairement au discours médiatique
et politique dominant actuellement, l'équipe de LEAP/E2020 n'envisage pas du tout de reprise après l'été
2009 (ni d'ailleurs dans les douze mois à venir)1. Bien au contraire, du fait de l'absence de traitement de
fond des problèmes à l'origine de la crise, nous considérons que l'été 2009 va voir la convergence de trois
« vagues scélérates »2 particulièrement destructrices qui traduisent la poursuite de l'aggravation de la
crise et vont provoquer des bouleversements historiques d'ici les mois de Septembre/Octobre 2009.
Comme c'est le cas depuis le début de cette crise, chaque région du monde ne sera bien entendu pas
affectée de la même manière3 ; mais, pour nos chercheurs, toutes sans exception connaîtront une forte
dégradation de leur situation d'ici la fin de l'été 20094.
Cette évolution risque ainsi de prendre à contre-pied nombre d'opérateurs économiques et financiers
tentés par l'euphorisation médiatique actuelle.
Dans ce numéro spécial « Eté 2009 » du GEAB, notre équipe présente bien entendu en détail ces trois
vagues destructrices convergentes et leurs conséquences. Et notre équipe détaille en conclusion ses
recommandations stratégiques (or, immobilier, bons, actions, devises) pour éviter d'être emporté par cet
été meurtrier.

1 Pas même de reprise sans emplois («jobless recovery ») comme essayent de nous le vendre nombre d'experts. Aux Etats-Unis, au
Royaume-Uni, en zone Euro, au Japon, ce sera une reprise sans reprise (« recoveryless recovery »), une pure invention destinée à
essayer de faire re-consommer des consommateurs américains ou britanniques insolvables et à faire patienter le plus longtemps
possible les pays acheteurs de Bons du Trésor US et de Gilts britanniques (avant qu'ils ne décident qu'il n'y a plus d'avenir pour leurs
produits aux pays du Dollar et de la Livre).
2 Les « vagues scélérates » sont des vagues océaniques très hautes, soudaines et qui étaient considérées comme très rares, même
si aujourd'hui on sait qu'elles apparaissent au cours de pratiquement toutes les tempêtes d'une certaine importance. Les « vagues
scélérates » peuvent atteindre des hauteurs de crête à creux de plus de 30 mètres et des pressions phénoménales. Ainsi, une vague
normale de 3 mètres de haut exerce une pression de 6 tonnes/m². Une vague de tempête de 10 mètres de haut peut exercer une
pression de 12 tonnes/m². Une vague scélérate de 30 mètres de haut peut exercer une pression allant jusqu'à 100 tonnes/m². Or,
aucun navire n'est conçu pour résister à une telle pression. Il existe aussi le phénomène des « trois soeurs ». Il s'agit de trois
« vagues scélérates » successives et d'autant plus dangereuses, car un bateau qui aurait eu le temps de réagir correctement aux
deux premières, n'aurait en aucun cas les possibilités de se remettre dans une position favorable pour affronter la troisième. Selon
LEAP/E2020, c'est à un phénomène de ce type que le monde va être confronté cet été ; et aucun état (navire) n'est en position
favorable pour les affronter, même si certains sont plus en danger que d'autres comme l'anticipe ce GEAB N°36.
3 LEAP/E2020 considère que ses anticipations sur l'évolution socio-économique des différentes régions du monde publiées dans le
GEAB N°28 (15/10/2008) sont toujours pertinentes.
4 Ou, plus exactement, dans chacune des régions, la dégradation de la situation ne pourra plus être masquée par des artifices
médiatiques et boursiers.


usa_rezessionen_month_-_trends_der_zukun
Durée (en mois) des récessions US depuis 1900 (durée moyenne : 14,43 mois) - Sources : US National
Bureau of Economic Research / Trends der Zukunft

Ainsi, pour LEAP/E2020, loin des « jeunes pousses » (« green shoots ») aperçues depuis deux mois dans
tous les coins de tableaux statistiques5 par les médias financiers internationaux, leurs experts attitrés et
les politiciens qui les écoutent6, ce sont dix vagues particulièrement destructrices pour le tissu socioéconomique
qui vont converger au cours de l'été 2009, traduisant la poursuite de l'aggravation de la crise
et entraînant des bouleversements historiques dès la fin de l'été 2009, en particulier des situations de
cessation de paiement des Etats-Unis et du Royaume-Uni, tous deux au coeur du système global en crise :
1. La vague du chômage massif: trois dates d'impact qui varient selon les pays d'Amérique, d'Europe,
d'Asie, du Moyen-Orient et d'Afrique
2. La vague déferlante des faillites en série : Entreprises, banques, immobilier, états, régions, villes
3. La vague de la crise terminale des Bons du Trésor US, du Dollar et de la Livre et du retour de
l'inflation

5 Il sera d'ailleurs intéressant, en matière de statistiques économiques américaines, de suivre les conséquences de la révision par le
Bureau of Economic Analysis des classifications et processus de calcul qui interviendra le 31/07/2009. En général, ce type de
révisions a pour résultat de rendre plus complexe les comparaisons historiques et de modifier dans un sens favorable les statistiques
importantes. Il suffit pour s'en rendre compte de constater comment les révisions précédentes ont permis de diminuer par 3 en
moyenne le niveau d'inflation mesuré. Source : MWHodges, 04/2008.
6 Les lecteurs du GEAB n'auront pas manqué de constater que ce sont exactement les mêmes personnes, médias et institutions qui,
il y a 3 ans, trouvaient que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ; il y a 2 ans, qu'il n'y avait aucun risque de crise
grave ; et il y a un an, que la crise était sous contrôle. Donc des avis d'une très grande fiabilité !


1437562-1908431.jpg
Le commerce mondial s'effondre
Graphique 1 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs (1991-02/2009)
Graphique 2 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs entre février 2008 et février 2009
(la taille des cercles reflète le volume des exportations en 2008)
- Source : John Mauldin -

Ces trois vagues ne sont en fait pas successives comme ces vagues scélérates appelées « trois soeurs »
pourtant si destructrices ; elles sont bien plus dangereuses car elles sont simultanées, asynchrones et non
parallèles. De ce fait, leur impact sur le système mondial est générateur de dislocation puisqu'elles
l'atteignent sous divers angles, à différentes vitesses, avec des forces variables. La seule certitude à ce
stade, c'est que le système international n'a jamais été aussi faible et démuni face à une telle situation :
la réforme du FMI et des institutions de gouvernance mondiale annoncée au G20 de Londres reste lettre
morte7, le G8 ressemble de plus en plus à un club moribond dont tout le monde se demande désormais à
quoi il peut bien servir8, le leadership américain n'est déjà plus que l'ombre de lui-même qui tente
désespérément de conserver des acheteurs pour ses bons du trésor9, le système monétaire mondial est
en pleine désintégration avec les Russes et les Chinois notamment qui accélèrent leur jeu pour se
positionner dans l'après-Dollar, les entreprises ne voient aucune amélioration à l'horizon et accroissent

7 Sauf au niveau régional, où chaque entité politique s'organise à sa manière. Ainsi, profitant de l'effacement politique du Royaume-
Uni englué dans la crise financière, la crise économique et la crise politique, l'UE est en train de mettre la City londonienne sous
tutelle (source : Telegraph, 11/06/2009). L'été 2009 risque ainsi de mettre fin à 300 ans d'histoire d'une City toute puissante au
coeur du pouvoir britannique. A ce sujet, il faut lire le très instructif article de George Monbiot dans The Guardian du 08/06/2009 et
surtout prendre le temps de lire le brillant essai de John Lanchester publié dans la London Review of Books du 28/05/2009 et intitulé
« It's finished ».
8 D'ailleurs qui se soucie encore des déclarations finales des G8, comme celle du G8 Finance du 13/06/2009 (source : Forbes,
13/06/2009), à un moment où chacun agit en fait de son côté : Américains d'un côté, Canadiens et Européens de l'autre,
Britanniques et Japonais au milieu, tandis que les Russes jouent un jeu différent ?
9 La mésaventure arrivée au Secrétaire d'Etat au Trésor américain, Timothy Geithner lors de son récent discours aux étudiants en
économie de l'université de Shanghai est à ce titre très instructive : le public de l'amphithéâtre a éclaté de rire lorsqu’il s’est mis à
expliquer doctement que les Chinois avaient fait un bon choix en investissant leurs avoirs en Bons du Trésor et en Dollars US (source
: Examiner/Reuters, 02/06/2009) ! Or il n'est rien de pire pour un pouvoir établi que de susciter l'ironie ou le ridicule car la puissance
n'est rien sans le respect (de la part à l'ami autant que de l'adversaire), surtout quand celui qui se moque est censé être « piégé »
par celui qui est moqué. Cet éclat de rire vaut, selon LEAP/E2020, de longues démonstrations pour indiquer que la Chine ne sent pas
du tout « piégée » par le Dollar US et que les autorités chinoises savent désormais exactement à quoi s'en tenir sur l'évolution du
billet vert et des T-Bonds. Cette scène aurait été impensable il y a seulement douze mois, peut-être même il y a seulement six mois,
d'abord parce que les Chinois étaient encore dupes, ensuite parce qu'ils pensaient qu'il fallait continuer à faire croire qu'ils étaient
toujours dupes. Visiblement, à la veille de l'été 2009, cette préoccupation a disparu : plus besoin de feindre désormais comme
l'indique ce sondage de 23 économistes chinois publié le jour de l'arrivée de Timothy Geithner à Pékin qui jugent les actifs
américains « risqués » (source : Xinhuanet, 31/05/2009). Les mois à venir vont résonner de cet éclat de rire estudiantin…


leurs licenciements, des états de plus en plus nombreux vacillent sous le poids de leur dette accumulée
pour « sauver les banques » et devront assumer une déferlante de faillites dès la fin de l'été10. A l'image
des banques, d'ailleurs, qui, après avoir soutiré encore une fois l'argent des épargnants crédules grâce à
l'embellie des marchés financiers orchestrée ces dernières semaines, vont devoir reconnaître qu'elles sont
toujours insolvables dès la fin de l'été 2009.
Aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni en particulier, l'effort financier public colossal réalisé en 2008 et
début 2009 au seul profit des grandes banques a atteint un tel degré d'impopularité qu'il était devenu
impossible au Printemps 2009 d'envisager de nouvelles infusions de fonds publics au profit des banques
pourtant toujours insolvables11. Il est alors devenu impératif d'orchestrer un « beau conte de fée » pour
pousser l'épargnant moyen à injecter ses propres fonds dans le système financier. A coup de « green
shoots », d'indices boursiers poussés vers le haut sans fondement économique réel et de
« remboursements anticipés de fonds publics », la mise en condition a été effectuée. Ainsi, pendant que
les grands investisseurs des monarchies pétrolières ou des pays asiatiques12, profitant de l'aubaine,
sortaient du capital des banques en question, une multitude de nouveaux petits actionnaires y entraient
pleins d'espoir. Quand ils découvriront que les remboursements de fonds publics ne sont qu'une goutte
d'eau par rapport à ce que ces mêmes banques ont obtenus en terme d'aide public (notamment pour
garantir leurs actifs toxiques) et que, d'ici trois à quatre mois au maximum (comme analysé dans ce GEAB
N°36), ces mêmes banques seront à nouveau sur le point de s'effondrer, ils constateront, impuissants,
que leurs actions ne valent à nouveau plus rien.

GDP_US_-_Debt_-_FEd-BEA_financial_sense_
Accroissements respectifs du PNB (en vert) et de la dette US (en rouge) (en Milliards USD) - Sources :
US Federal Reserve / US Bureau of Economic Analysis / Chris Puplava, 2008

10 Et il n'y a pas qu'aux Etats-Unis que les actionnaires seront systématiquement lésés par l'état sous prétexte de l'intérêt collectif
supérieur, comme le montrent les pertes des fonds de pension qui avaient investi dans les actions de Chrysler ou GM, ou les
pressions de la Fed et du gouvernement US sur Bank of America pour qu'elle cache à ses actionnaires l'état désastreux de Merrill
Lynch au moment de son rachat. Sources : OpenSalon, 10/06/2009 / WallStreetJournal, 23/04/2009. Au Royaume-Uni, en Europe et
en Asie, les mêmes causes produiront les mêmes effets. La « raison d'état » est depuis toujours l'excuse la plus simple pour justifier
toutes les spoliations. Et les crises graves sont propices pour invoquer la « raison d'état ».
11 En Allemagne, un problème similaire se pose du fait de l'élection nationale de Septembre prochain. Après l'élection, les problèmes
bancaires du pays feront la une des médias, avec plusieurs centaines de milliards d'actifs à risque dans les bilans des banques
notamment régionales. On est loin de l'ampleur des problèmes des banques US ou britanniques, mais Berlin va sans aucun doute
devoir faire face à des faillites potentielles. Source : AFP/Google, 25/04/2009. Et aux Etats-Unis, les banques aidées par l’état fédéral
ont tout simplement diminué leurs prêts à l’économie alors qu’elles étaient censées faire le contraire. Source : CNNMoney,
15/06/2009
12 Sources : Financial Times, 01/06/2009; YahooFinance, 04/06/2009; StreetInsider, 15/05/2009; Financial Times, 01/06/2009


l'été de découvrir que tous les problèmes de l'année passée vont resurgir, démultipliés, car ils n'ont pas
été traités, mais juste « enfouis » sous des masses immenses d'argent public. Une fois cet argent dilapidé
par des banques insolvables, forcées à « sauver » des concurrents en pire état qu'elles-mêmes, ou dans
des plans de stimulation économique mal conçus, les problèmes ressortent aggravés. Pour des centaines
de millions d'habitants d'Amérique, d'Europe, d'Asie et d'Afrique, l'été 2009 va être une terrible transition
vers un appauvrissement durable du fait de la perte de leur emploi sans perspective d'en retrouver un
avant deux, trois ou quatre années; ou du fait de l'évaporation de leurs économies placées directement en
bourse, dans des fonds de retraite par capitalisation ou des placements bancaires liés à la bourse ou
libellés en Dollar US ou en Livre britannique; ou bien du fait de leur investissement dans des entreprises
poussées à attendre désespérément une embellie qui ne viendra pas avant longtemps.


2- Telescope
Les trois « vagues scélérates » de l'été 2009
La vague du chômage massif: trois dates
d'impact qui varient selon les pays d'Amérique,
d'Europe, d'Asie, du Moyen-Orient et d'Afrique
L'été 2009 va marquer un point d'inflexion en matière d'impact du chômage sur le déroulement de la crise
systémique globale. En effet, c'est le moment où de conséquence, le chômage va devenir partout dans le
monde un facteur d'aggravation de la crise. Bien entendu ce processus ne se déroulera pas partout au
même rythme, ni avec des conséquences identiques. Cependant, partout sans exception, à partir de l'été
2009, il va occuper une place croissante tant dans l'opinion publique que dans les préoccupations des
dirigeants politiques et économiques.
Pour LEAP/E2020, cette vague générale de chômage massif heurtera en trois temps les principales
régions de la planète :
. dès la fin de l'été 2009 pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Irlande et l'Espagne
. à la fin de l'automne 2009 pour la Chine, les pays d'Asie du Sud-Est, l'Amérique latine, les nouveaux
états membres de l'UE, la Turquie, le Moyen-Orient, l'Afrique
. à l'hiver 2009/2010 pour le noyau de la zone Euro, le Danemark, la Suisse, la Suède et le Japon.
Le temps de l'impact est en fait déterminé par deux paramètres essentiels :
. la montée du chômage lui-même
. la qualité du système de protection sociale du pays concerné.
Comme nous l'avions indiqué dès l'Automne 2008, les pays disposant de systèmes efficaces
d'indemnisation du chômage seront en mesure de retarder l'impact déstabilisateur de ce chômage de
masse. Ceux qui disposent aussi d'un système de protection sociale étendue pourront atténuer de
manière significative cet impact13.

13 En effet, dans ces pays, même une fois leur période d'indemnisation échue les chômeurs peuvent compter sur la gratuité des
soins médicaux et sur tout un arsenal de prise en charge sociale, directement ou via leurs familles. Dans les autres pays, en-dehors
de la solidarité familiale et/ou des oeuvres charitables, les chômeurs arrivés en fin de droit se trouvent tout simplement à la dérive.
Or, les organisations caritatives sont dépassées en périodes de crise massive, du fait notamment d'une baisse des ressources liée à
la crise elle-même. C'est déjà le cas aux Etats-Unis comme dans les autres pays développés. Source : Washington Post, 10/06/2009


Etats-Unis, Royaume-Uni, Irlande et Espagne : le choc du chômage massif frappe dès la fin
de l'été 2009

Ce qui est certain dorénavant, c'est que la première vague de millions chômeurs en fin d'indemnisation va
frapper les Etats-Unis entre Juillet et Septembre 2009. Il s'agit de ceux qui ont été licenciés au cours du
quatrième trimestre 2008, début des grands licenciements avec des chiffres officiels14 à plus de 500.000
par mois. L'échec prévisible du plan de stimulation économique de l'administration Obama à créer les
emplois prévus (ils n'annoncent en effet que 150.000 création d'emploi en trois mois) entraîne donc un
choc social estival d'une ampleur inconnue depuis la grande démobilisation de l'après Seconde Guerre
Mondiale : environ 3 millions de chômeurs vont « tomber » hors du filet d'indemnisation en un trimestre.
Avec leurs familles, ce sont donc plus de 10 millions de personnes qui vont sombrer brutalement dans la
grande pauvreté15. Les 600.000 créations d'emplois récemment annoncées en urgence par Barack
Obama, si jamais elles se réalisent16, ne serviront qu'à limiter à la marge l'impact socio-économique de
cette vague de chômeurs à la dérive.
Cette situation est d'autant plus grave que, juste derrière elle, se précipitent des vagues au moins aussi
grosses pour la fin 2009. Même les plus optimistes aux Etats-Unis ont cessé de croire à une reprise de la
création d'emploi d'ici la fin 2009. Cela signifie que les plus de quatre millions de nouveaux chômeurs du
premier semestre 2009 et leurs familles vont voir arriver Noël avec comme seule perspective la fin de leur
indemnisation, et aucun emploi en vue17. Socialement et humainement, c'est une tragédie qui va
rapidement éclipser les références à la Grande Dépression et justifier l'appellation de « Très Grande
Dépression US » que LEAP/E2020 avait forgée dès le début 2007.

Etats-Unis : Si vous perdez votre emploi, combien de temps pourrez-vous payer votre couverture
sociale ? (Je ne pourrai plus : 32% -- 1 à 6 mois : 33% -- 7 à 12 mois : 18% -- Plus d'un an : 17%) - Source :
USAToday, 06/2009

14 LEAP/E2020 rappelle ici qu'il faut ajouter environ 60% de chômeurs réels supplémentaires à ces chiffres officiels, comme
démontré dans plusieurs GEAB précédents. Le taux de chômage réel actuel aux Etats-Unis s'approche en fait des 20%. Et, anecdote
intéressante, le lancement du recensement de population 2010 contribue à créer près de 1,4 millions d'emplois publics … pour une
durée de quelques mois seulement. Sources : Richard Daughty, 19/05/2009 / Chicago Tribune, 13/03/2009
15 Et rejoindre la cohorte des 'anciens pauvres', ces dizaines de millions d'Américains qui ont été les victimes de la 'croissance sans
emploi' de ces dix dernières années et dont les médias ne parlent plus pour ne s'intéresser qu'aux millions de citoyens des classes
moyennes en train de découvrir les premiers signes de pauvreté. A ce sujet, il est utile de lire le très intéressant article de Barbara
Ehrenreich dans le New York Times du 13/06/2009.
16 Et au vu des résultats actuels du plan de stimulation, et des anticipations du GEAB N°35 sur ce sujet, notre équipe est plus que
dubitative.
17 Toujours dans le cadre de l' « euphorisation » des marchés, on peut constater comment la presse spécialisée a récemment titré
sur un chiffre du chômage américain meilleur qu'attendu en Mai (345.000 au lieu des 500.000 prévus) … en oubliant de préciser que
dans la même livraison statistique du ministère du Travail US, on trouve les résultats de la seconde mesure du chômage (celle qui
passe par un sondage des ménages, alors que le premier chiffre vient des entreprises) qui affichent 787.000 chômeurs
supplémentaires en Mai 2009. Nul doute qu'en mettant ce chiffe en début d'article ou en titre, au lieu de le mettre en fin d'article,
les médias financiers auraient provoqué des réactions très différentes. A la décharge de MarketWatch cité ici, eux ont au moins cité
ce chiffre alors que la plupart de leurs collègues l'ont purement et simplement ignoré. Source : MarketWatch, 05/06/2009


Economiquement, et nous y reviendrons dans l'analyse de plusieurs autres « vagues scélérates », c'est un
phénomène destructeur pour la quasi-totalité des secteurs économiques18 et notamment le secteur
financier : les « jeunes pousses » vont être littéralement écrasées par les pieds des millions de
chômeurs19. Politiquement, c'est l'entrée dans une période de grave instabilité pour le pays. Nul doute que
l'urgence avec laquelle Barack Obama tente de réformer le système de protection sociale américain a un
lien étroit avec ces perspectives. Cependant, il nous paraît bien illusoire de penser réussir un tel exploit20
dans un tel contexte, surtout que le nouveau président américain n'a pour l'instant pas vraiment brillé
pour autre chose que de beaux discours suivis de peu, voire d’aucun, acte de changement profond ; et
qu'il est apparu très prisonnier des principaux lobbies, comme celui des banques par exemple. En tout
cas, selon LEAP/E2020, il lui reste très exactement trois mois pour réussir. Ensuite, il perdra toute illusion
de contrôle sur les évènements socio-politiques dans son pays.
Au Royaume-Uni21, comme en Irlande et en Espagne, mais dans un contexte monétaire et politique bien
pire22, les premiers millions de nouveaux chômeurs générés par la crise depuis la mi-2008 vont arriver en
fin d'indemnisation complète ou partielle dès la fin de l'été et voir leurs rangs grossir rapidement au cours
de l'automne. Les processus d'indemnisation aux durées et montants nettement inférieurs à ceux d'autres
pays européens (notamment du noyau de la zone Euro) avancent en effet le moment de l'impact et le
renforcent23. En Espagne en particulier, la très mauvaise saison touristique qui s'annonce, alors que le
tourisme est l'un des principaux pôles de création d'emploi dans le pays, va faire de l'été 2009 un moment
de vérité dramatique pour le pays. A l’inverse, Irlandais et Britanniques seront beaucoup moins nombreux
à profiter de vacances à l'été 2009, sans que cela créé pour autant de l’emploi dans leurs pays respectifs.
Dès septembre 2009, ils seront également confrontés au même problème : comment gérer des millions
de chômeurs sans perspective d'emploi à moyen terme et sans système de protection social solide pour
les soutenir. Si l'Irlande, du fait de sa taille plus limitée, peut espérer trouver des soutiens efficaces du
côté des fonds européens, en revanche, la taille du Royaume-Uni, comme la multiplicité des crises qui
l'affectent simultanément, ne laissent la place qu'à une perspective de crise généralisée dans le pays24.

18 L'enchaînement (qui va continuer) des faillites historiques aux Etats-Unis se réalise sur fond de licenciements massifs dans tous les
secteurs. Même le vénérable US Postal Service annonce un vague de plusieurs dizaines de milliers d'emplois perdus cette année.
Source : MarketWatch, 15/06/2009
19 Dans le secteur immobilier, la montée du chômage entraîne désormais une nouvelle vague de saisies. Elles ne touchent plus des
ménages trop pauvres pour leur acquisition (cause de la crise des subprimes), mais des ménages que la perte d'emploi, sans
perspective de nouvelle embauche, empêche dorénavant de rembourser leurs prêts hypothécaires. Autant dire que la reprise du
marché immobilier US n'est pas pour demain quoiqu'en disent les « experts ». Source : New York Times, 24/05/2009
20 A ce jour, toutes les tentatives de réformer le système américain de santé, le plus dispendieux au monde qui bénéficie
essentiellement aux entreprises pharmaceutiques et aux médecins, s'est heurté à des obstacles politiquement insurmontables,
notamment au Congrès US, et notamment du fait de la puissance d'influence des lobbies concernés.
21 Avec des perspectives de chômage à plus de 3 millions fin 2009, le problème de l'emploi va devenir plus préoccupant que celui des
banques de la City (source : Independent, 02/06/2009). Le Telegraph du 14/06/2009 nous invite à ce sujet à une plongée très
instructive dans l'Edimbourg de la crise.
22 L'Irlande et l'Espagne n'ont pas à craindre un effondrement de leur monnaie et une intervention d'urgence du FMI au cours de
l'été 2009, contrairement au Royaume-Uni.
23 Unijuridis fournit un très bon résumé des situations en ce qui concerne l'indemnisation du chômage, en comparant 12 pays
européens.
24 Avec les Etats-Unis, c'est probablement le seul pays qui va être touché de plein fouet par toutes les « vagues scélérates » de l'été
2009. Et en matière socio-économique et politique, même les îles sont submersibles.


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Evolution de l'emploi aux Etats-Unis (01/1990 – 04/2009) - Officiellement plus de 5,7 millions d'emplois
perdus depuis le début de la récession, dont trois millions dans les cinq derniers mois - Sources : US Bureau of
Labor Statistics / T2 partners LLC, 06/2009

La Chine, les pays d'Asie et d'Amérique latine, les pays d'Asie du Sud-Est, l'Amérique latine, la
Russie, les nouveaux états membres de l'UE, la Turquie, le Moyen-Orient, l'Afrique frappés
par les conséquences socio-économiques du chômage massif à l'automne 2009

Les dirigeants chinois ont bien conscience de l'impact explosif pour l'ordre social et politique du pays d’un
chômage de masse continuant à croître après l'été 2009. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'une partie de
leur plan de stimulation économique comporte un important volet de développement de la protection
sociale25, notamment dans les campagnes (voir GEAB N°35). Eux aussi se sont mis à voir des « jeunes
pousses » partout pour convaincre leurs nouveaux consommateurs de consommer plus et leurs
entreprises d'entreprendre plus, mais c'est aussi afin de se convaincre eux-mêmes qu'ils sont en mesure
d'éviter la rupture de la « digue socio-politique » érigée dans les années 1980 entre économie de marché
et monopole politique du parti communiste chinois. Sous la pression de quelque 50 à 100 millions de
chômeurs supplémentaires sans ressources d'ici la fin de l'automne 2009, cette « digue » risque en effet
de s'effondrer brutalement. Et de toute manière, pour LEAP/E2020, c'est le principe même de la
dynamisation de la consommation intérieure qui est remis en cause par cette montée irrésistible du
chômage : les millions de chômeurs nouveaux s'accumulent chaque mois, le commerce mondial continue
sa descente aux enfers, les consommateurs américains, européens et japonais, vrais moteurs de la
croissance chinoise depuis vingt ans, sont eux-mêmes en proie au chômage ou à sa crainte. Dès la
rentrée, Pékin va devoir en faire sa principale priorité et l'ensemble des autres dossiers (Dollars et Bons
du Trésor US, réchauffement climatique, gouvernance mondiale, …) y seront soumis.
L'Asie du Sud-Est, dont les systèmes de protection sociale sont tout aussi embryonnaires, connaîtra un
choc identique dès l'automne, sur fond de continuation de la baisse des exportations. L'Amérique latine,
qui se sort mieux de cette crise pour l'instant, sera rattrapée à l'automne par la conjoncture mondiale et
les fermetures massives d'entreprises exportatrices de matières premières notamment. L'intégration
régionale n'est pas encore suffisante pour pallier la demande mondiale et les très faibles systèmes de
protection sociale vont contribuer à l'appauvrissement rapide de pans entiers des classes moyennes sudaméricaines,
notamment dans les grandes métropoles.
La Russie reste pour l'instant adepte du non paiement des salaires plutôt que des licenciements massifs.
C'est en effet une méthode qui permet de tenir sous contrôle plus longtemps les chiffres officiels du
chômage. Mais comme le montre l'accroissement des conflits sociaux brutaux et la nécessité
d'intervention directe du pouvoir politique au plus haut niveau, cette « solution » n'est pas vraiment
durable… sauf flambée des cours du pétrole au-dessus des 100$/baril d'ici la fin de l'été 2009 (et avec un
Dollar US qui ne s'effondrerait pas dans le même temps)26 et investissement massif dans des salaires
payés par l'état ou des banques relais. Dans tous les cas, chômage déguisé ou pas, en l'absence d'un
« miracle pétrolier », le chômage sera dès le début de l'automne la préoccupation centrale de MM.
Medvedev et Poutine.
Les nouveaux états membres de l'Union européenne vont connaître également l'impact du chômage
massif à l'automne 2009. Leurs systèmes de protection sociale sont en effet très réduits après une
décennie d' « adaptation » forcée aux dogmes néo-libéraux que leurs dirigeants ont pour la plupart
embrassés avec enthousiasme27. La diminution progressive de leurs marchés d'exportation et les
fermetures accélérées de sites délocalisés qu'induit la crise, notamment en Europe de l'Est, ne seront plus
très longtemps partiellement compensées par la relocalisation à proximité effectuée par les entreprises
d'Europe de l'Ouest28. Là aussi, l'été 2009, en voyant s'évanouir l'espoir d'une reprise à court terme, va
non seulement gonfler le nombre de chômeurs mais laisser à la dérive les millions de chômeurs accumulés
depuis un peu moins d'un an. L'accession à l'UE s'était déjà traduite par un coût social très lourd parmi de
nombreuses catégories de la population des nouveaux états membres ; voici venir un deuxième choc pour
les ouvriers et employés en particulier. La seule « chance » des populations de cette région, c'est qu'elles
ont déjà connu deux autres chocs très brutaux en moins de vingt ans (fin du communisme, accession à
l'UE) et qu'elles sont donc « aguerries ». Pour LEAP/E2020, il est moins certain que leurs gouvernements
le soient.

25 Le président chinois en a fait l'un des leitmotivs de ses discours, signe de la priorité qu'en fait Pékin. Source : China Daily,
24/05/2009
26 Sinon, le prix du baril n'augmenterait pas en valeur réelle.
27 Ils sont passés de systèmes hypertrophiés à l'époque communiste à des systèmes étiques aujourd'hui.
28 Au détriment d'usines précédemment installées en Asie ou Amérique latine.


Au Moyen-Orient (et dans le monde arabe en général), la situation du chômage va devenir explosive
après l'été 200929. Même les riches pays du Golfe vont voir les limites de leur 'état providence' sur fond de
rêves brisés de développement économique sur-dimensionné ou fondé sur des anticipations d'un monde
disparu en 2008 (et dont Dubaï est l'exemple le plus abouti et le plus tragiquement en crise)30. Rien que
pour absorber les jeunes arrivant sur le marché du travail, les pays arabes doivent créer 3,9 millions
d'emplois chaque année. Or en 2009, des emplois sont détruits en grande quantité, certainement pas
créés.
L'Afrique, qu’elle soit directement intégrée à l'espace économique européen (comme l'Afrique du Nord par
exemple) ou indirectement (comme l'Afrique noire, notamment via sa forte émigration vers l'UE), va
connaître dès l'automne 2009 une forte montée du chômage (ou une très forte baisse de l'émigration vers
l'UE) du fait de la poursuite de la récession européenne. Pour l'instant, l'impact sur les flux migratoires est
resté faible car les perspectives restaient attirantes à moyen terme. Et l'Afrique du Nord en particulier a
bénéficié, comme l'Europe de l'Est, de processus de relocalisation à proximité du marché européen. Mais,
faute de reprise, le contexte est en train de changer. Et, en ce qui concerne l'exploitation des matières
premières, même les diamants souffrent d'une baisse durable de la demande mondiale. Au-delà de la
spéculation et/ou des transferts du Dollar vers des actifs réels comme le fait Pékin notamment, la durée
de la crise n'est pas porteuse pour ce type d'activités économiques. Chômage et donc pauvreté accrue
sont par conséquent au rendez-vous de l'après été 2009 pour l'Afrique aussi.

29 La Turquie suit ainsi une telle évolution. Source : Les Echos, 15/06/2009
30 Source : Zawaya, 01/2009


Le noyau de la zone Euro, le Danemark, la Suisse, la Suède, le Canada et le Japon ont un
rendez-vous brutal avec les conséquences du chômage de masse à l'hiver 2009/2010

Seule une poignée de pays est encore protégée jusqu'au quatrième trimestre 2009 des conséquences les
plus graves du chômage de masse31. Ce sont les états dont les systèmes d'indemnisation du chômage et
de protection sociale sont les plus développés, à savoir le noyau de la zone Euro (Allemagne, Pays-Bas,
France,…), les pays scandinaves, la Suisse, le Canada32 et le Japon. Ils ont d'ailleurs pour l'instant
enregistré en général des hausses du nombre de chômeurs proportionnellement très inférieures à celles
des autres pays développés. C'est notamment grâce à l'indemnisation du chômage partiel que cette
situation a pu apparaître. Mais dans plusieurs pays ce processus arrive à ses limites budgétaires en terme
de volume (durée et nombre d'indemnisés)33. A partir de l'été 2009, on va donc assister, du fait des
perspectives de crise durable, à l'augmentation forte du nombre de nouveaux chômeurs34. Puis, dans un
second temps, vers la fin 2009, les premiers millions de chômeurs de la fin 2008 vont commencer à
arriver en fin de droit, surchargeant les autres dispositifs de protection sociale et entrainant de graves
déséquilibres budgétaires dans les comptes de la protection sociale.

31 Source : France 24, 15/06/2009
32 Pour le Canada, nos anticipations doivent toujours être modulées par le fait que ce pays se trouve au bord du « trou noir »
américain en gestation. Toute aggravation brutale de la situation chez le grand voisin du Sud peut très rapidement renforcer les
tendances négatives au Canada : ainsi la grande vague de faillites d'entreprises aux Etats-Unis prévues après l'été 2009 aura de
lourdes conséquences sur l'emploi au Canada notamment dans les états très dépendants des entreprises américaines.
33 L'Espagne est déjà obligée d'accroître les ressources budgétaires prévues pour faire face à la montée du chômage en direction de
20% de la population active. Et le gouvernement espagnol prépare la mise en place d'un revenu minimum pour éviter que les
chômeurs en fin de droit ne se retrouvent à la dérive. Ces évolutions vont affecter tous les pays dans les mois à venir, imposant de
formidables contraintes budgétaires. Source : TV5 Monde, 15/06/2009
34 Pendant de nombreux mois, l'intérim a permis de maintenir hors du chômage des millions de personnes. Dorénavant cette forme
d'emploi est elle aussi touchée de plein fouet par la crise et contribue donc à alimenter encore plus le flot des nouveaux chômeurs. Il
est peut-être utile de lire cette « plongée » dans la crise de l'intérim racontée par Le Monde du 30/05/2009. Source : MSNBC,
07/06/2009


Par ailleurs, dans ces pays-là comme dans le reste de l'Union européenne, en Amérique du Nord ou en
Asie, et les autres pays de l'hémisphère Nord, entre Juin 2009 et Septembre 2009, ce sont des dizaines de
millions de jeunes, diplômés ou simplement en fin d'âge scolaire, qui vont arriver sur le marché du
travail35. Et pour la première fois dans l'histoire moderne, d'un bout à l'autre de la planète, cette
génération va se trouver face à une absence quasi-générale d'emplois disponibles. Ces jeunes vont dès
cet été s'ajouter partout aux chômeurs décrits depuis le début de ce chapitre consacré à la vague du
chômage massif. Faute d'emploi préalable, la plupart n'aura pas le droit d'être indemnisée. Ils vont
renforcer l'armée des travailleurs précaires (stages, travail au noir,…) et beaucoup resteront à la charge
de leurs parents, diminuant d'autant la tendance « consumériste » de ces derniers. Même les ventes de
jeux-vidéo chutent désormais fortement36. Quand une génération montante entière, à l'échelle de la
planète, se rend compte qu'elle est laissée pour compte au profit des grandes banques et autres
établissements financiers, il n'est en effet pas certain qu'elle se contente de jeux-vidéo pour se défouler.
Cette vague massive de chômage sera bien l'un des phénomènes au coeur du processus de dislocation
géopolitique mondiale dont LEAP/E2020 anticipe le commencement au quatrième trimestre 200937.

35 Sources : China Daily, 11/06/2009 ; Maroc Emploi, 01/06/2009 ; Lien Social, 28/06/2009 ; Guardian, 10/06/2009 ; Washington
Post, 17/05/2009 ; University World News, 12/04/2009
36 Source : MarketWatch, 11/06/2009
37 Voir GEAB N°32 (15/02/2009)


La vague déferlante des faillites en série :
Entreprises, banques, immobilier, états, régions,
villes

L'injection massive de capitaux publics dans les banques et les grands groupes automobiles notamment
n'a pas réussi à empêcher des banqueroutes retentissantes comme l'illustrent les faillites historiques de
General Motors aux Etats-Unis (5 des dix plus grandes faillites de l'histoire des Etats-Unis ont eu lieu au
cours des douze derniers mois38), d'Arcandor en Allemagne39, sans compter les faillites hebdomadaires
d'établissements financiers américains40. Au-delà de ces évènements à très grande visibilité, on assiste
partout à une hausse rapide et continue des faillites d'entreprises et d'établissements financiers de
grande, moyenne ou petite taille qui va s'accélérer après l'été 2009, tandis que se prépare aux Etats-Unis,
au Royaume-Uni et en Espagne en particulier, une deuxième vague de saisies immobilières et que l'été
2009 va être marqué par le début d'une vague de cessation de paiements d'états, de régions et de villes.
Les « jeunes pousses » des médias financiers ne font que cacher les « feuilles mortes » de l'économie
réelle.

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Problèmes croissants pour les prêts immobiliers de première qualité : 1° Graphique : Carte des états
concernés en % de saisies (ce sont les états les plus densément peuplés) / 2° Graphique : Evolution des prêts dont
les échéances à 90 jours sont dépassées (en voie de saisie) - Sources FACL, New York Times, 06/2009

38 Source : CNNMoney, 01/06/2009
39 La faillite du géant allemand de la vente de détail, la plus importante de l'histoire de la République fédérale, n'a pas que des
conséquences graves en Allemagne. Ainsi, en Inde, les fournisseurs sont également entraînés dans la faillite d’Arcandor. Source :
IndiaTimes, 15/06/2009
40 La liste se trouve sur le site de la FDIC, agence chargée de les « solder » et dont les réserves commencent à s'épuiser.


Pour un grand nombre d'entreprises de grande, moyenne ou petite taille, l'été 2009 est perçu comme l'été
de la dernière chance. Soit, comme c'est le cas dans de nombreux pays et régions, elles dépendent du
tourisme de manière cruciale et après des mois de « vaches maigres » elles ont un besoin vital de réussir
la saison d'été 2009 pour éviter la faillite dès Septembre, soit elles dépendent d'une forte reprise de
rentrée, après l'été, pour pouvoir effacer les pertes des 9 derniers mois (depuis l'accélération de la crise
au 3° trimestre 2009)41. Hélas, selon LEAP/E2020, dans les deux cas, la reprise ne sera pas au rendezvous42
:
. les touristes, s’ils viennent encore, sont désargentés
. les consommateurs, s'ils ont encore un salaire (et donc un travail), sont trop inquiets pour dépenser43.

Au coeur de cette vague déferlante, on trouve en effet la fin du consommateur prodigue occidental, et
plus particulièrement américain44 (qui soit devient chômeur, soit a moins d'heures de travail, soit voit son
salaire baisser)45.
On peut essayer de lui remonter le moral en l'abreuvant de nouvelles positives et en lui cachant les
informations inquiétantes46. On peut lui promettre des baisses de prix ou essayer de le relancer dans
l'endettement sans limite. Rien n'y fait … et surtout rien n'y fera car ce consommateur insouciant et dopé
au crédit a tout simplement disparu : il n'a plus d'argent ou bien il est trop inquiet pour faire autre chose
que des économies47.

41 Sources : New York Times, 18/05/2009 ; JoongAng Daily, 20/05/2009
42 Quand la Fed se met à parler « presque » comme LEAP/E2020 en déclarant le 20 Mai dernier qu'une vraie reprise aux Etats-Unis
pourrait prendre cinq à six ans, on devrait l'écouter davantage (car c'est franchement étonnant !) et comprendre qu'il n'y aura pas
de reprise du tout avant au moins cinq à six ans. Source : MarketWatch, 20/05/2009
43 Ainsi aux Etats-Unis, même les personnes avec un travail sentent la récession puisqu'ils travaillent un nombre d'heures moins
important. Voir graphique ci-dessous.
44 Sources : New York Times, 14/05/2009 ; Reuters, 15/05/2009 ; Washington Post, 17/05/2009 ; Federal Reserve Bank of San
Francisco, 15/05/2009 ; CNBC, 05/06/2009 ; MarketWatch, 11/06/2009
45 Dès la fin 2006, LEAP/E2020 avait anticipé ces évolutions en indiquant que la Très Grande Dépression US se traduirait par une
réduction de 50% du niveau de vie moyen aux Etats-Unis. Source : CNBC, 05/06/2009
46 C'est une question que pose directement MarketWatch (26/05/2009) en se demandant si les indices dits « de confiance du
consommateur » ne mesurent plus en fait que « l'espoir du consommateur » : les pauvres aussi peuvent avoir de l'espoir dans un
avenir meilleur … mais ils ne sont pas des consommateurs très confiants puisqu'ils n'ont pas d'argent à dépenser. Pour LEAP/E2020,
cette tendance est durable et les mois à venir vont montrer en effet que ces indices de confiance des consommateurs ne sont plus
fiables pour anticiper l'évolution de leurs comportements économiques.
47 A juste titre. Ainsi aux Etats-Unis, il y a déjà plus de 6.000 faillites par jour, en direction du chiffre de plus d'un million et demi de
faillites en 2009 (près de 50% de plus qu'en 2008). Et cette évolution a lieu malgré le durcissement très important des conditions
d'entrée en faillite adoptées en 2005. Source : USAToday, 03/06/2009


Les banques étant elles-mêmes insolvables peuvent bien prétendre le contraire48, mais elles sont bien
incapables de prêter de l'argent comme par le passé49. Donc, les consommateurs désargentés resteront
désargentés50. Et ceux qui ont la chance de pouvoir se passer des banques sont tellement inquiets sur
l'avenir, notamment à cause du risque croissant de chômage qui les menace aussi, qu'ils préfèrent
épargner plutôt que consommer (et s'ils consomment, le faire au rabais).
En résumé, anciens chômeurs, nouveaux chômeurs et futurs chômeurs conspirent inconsciemment pour
tuer le consommateur qui les a possédés au cours des dernières décennies. Nul doute que cette situation
constitue un scénario de film d'horreur économique à l'échelle mondiale51. Mais ce n'est pas en cachant
cette réalité aux dirigeants d'entreprises, aux salariés et aux actionnaires que dirigeants politiques et
experts économiques et financiers assument leurs responsabilités. Combien d'investisseurs, de patrons
d'entreprises et de salariés vont se trouver démunis dans quelques mois quand la réalité s'imposera
brutalement alors qu'ils avaient anticipé une évolution inverse52 ?
Et tous les pays dépendant fortement des exportations, Chine en tête malgré sa tentative désespérée de
créer d'urgence un « consommateur chinois prodigue », vont connaître la même désillusion53 : leur client
d'hier n'existe plus, le consommateur occidental prodigue est mort54. D'ailleurs, derrière les grandes
déclarations des dirigeants politiques et financiers, la réalité s'impose déjà comme le montre le graphique
ci-dessous sur l'évolution de la consommation électrique chinoise (l'indicateur le plus fiable sur la réalité
de la croissance du pays).

48 Cette prétention n'a pas d'autre but que de forcer la main des Etats pour qu'ils leur injectent massivement des fonds publics.
49 Heureusement d'ailleurs, sinon on repartait pour une crise encore plus violente.
50 Au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Chine, en Inde, les retraités pillent leur épargne-retraite pour s'en sortir. Source : Guardian,
10/06/2009
51 Ainsi cette année, la consommation mondiale d'électricité va baisser pour la première fois depuis 1945. Source : Financial Times,
21/05/2009
52 A lire : USAToday, 08/06/2009
53 Le commerce mondial ne redémarre en effet pas du tout, loin de là. Source : MoneyWeek, 12/06/2009
54 Le Mexique par exemple en fait la douloureuse expérience, tant via ses émigrés aux Etats-Unis qui reviennent faute d'emploi ou
n'envoient plus beaucoup d'argent au pays, que par la baisse du tourisme liée à l'appauvrissement de son voisin du Nord. Du coup,
son PNB se dirige vers une baisse de 8,5% en 2009. Source : Bloomberg, 29/05/2009


Cela est d'autant plus grave que cette vague déferlante de faillites du secteur privé, et son cortège de
licenciements massifs qui vont renforcer l'impact de la première vague analysée plus en détail dans ce
GEAB N°36, va renforcer les conséquences de la vague de faillites publiques : états, régions, et villes.
Pour les Etats-Unis et le Royaume-Uni, comme déjà anticipé dans de précédents GEAB, l'été 2009 va être
le moment de la cessation de paiement ; nous y revenons plus loin. Mais du Mexique à la Turquie en
passant par les pays d'Asie du Sud-Est et les pays baltes, les candidats à la banqueroute publique sont
désormais nombreux. Les formes prises par ces faillites seront différentes mais tourneront toutes autour
de trois axes : dévaluations massives (organisées ou imposées), budgets d'austérité (réductions
drastiques des salaires des fonctionnaires, des indemnités sociales chômage/retraites/santé, réductions
des services publics), importantes hausses d'impôts. Autant de mesures qui dans ces pays tueront tout
espoir de reprise économique à moyen terme (2/3 ans), tout en accroissant les risques d'explosion sociopolitique.
Et bien entendu, cela contribuera fortement à la réduction de la demande de biens et services
dans le monde, continuant à déprimer les économies des autres pays.

Il n'y a pas que les états qui vont connaître cette situation. Dans les états fédéraux (ou semi-fédéraux)
dont les régions ont d'importants pouvoirs en matière budgétaire et fiscale, on va assister au même
processus (sauf la dévaluation). Déjà la Californie, comme une bonne quarantaine des cinquante états
américains, est dans une telle situation. La Catalogne, région la plus riche d'Espagne, fait désormais face
à une envolée de son déficit qui va imposer des mesures très impopulaires dont elle fait porter la
responsabilité à Madrid ; tout comme un nombre croissant d'états et de villes américains accusent
Washington d'indifférence devant son refus de les aider. Au-delà des questions économiques, ces
situations vont tester durement la solidité des liens de solidarité internes de nombreux pays, prémisses
dans certains cas à des processus de dislocation géopolitique.
Licenciements d'employés des collectivités publiques, fermeture de services publics, réduction des
contrats pour les entreprises privées, … tout cela va accroître encore plus le nombre de faillites
d'entreprises dépendant des marchés publics, et donc le nombre de chômeurs. Ce processus a déjà
commencé et l'été 2009 va le voir s'intensifier très fortement avec une accélération en Septembre/Octobre
2009 quand les dernières illusions des dirigeants d'entreprises et des collectivités publiques se seront
envolées.
Non seulement cette vague déferlante de faillites va s'imposer comme une priorité des dirigeants
politiques d'ici la fin 2009, mais elle entre doublement en conflit direct avec le choix actuel de l'aide
publique massive au bénéfice des seuls établissements financiers55. En effet, il y a d'abord une
compétition pour les fonds publics disponibles (ce qui va aux banques ne va pas aux collectivités56,
comme l'illustre parfaitement la situation américaine), mais ensuite, il y a un phénomène d'éviction du
crédit induit par le super-endettement des états généré par leur aide massive aux banques57 (les marchés
financiers sont déjà et vont être encore plus siphonnés par les besoins d'emprunt des états). Ces derniers,
avec toujours les Etats-Unis et le Royaume-Uni au coeur, ont besoin d'emprunter en 2009/2010 beaucoup
plus que l'épargne mondiale disponible, comme déjà analysé dans des GEAB précédents. Ce qui fait que
l'accès aux financements va devenir de plus en plus difficile pour les opérateurs comme pour les
entreprises et les collectivités locales (sans même parler des consommateurs58).

55 Et ce ne sont pas les stress-tests des banques américaines dont les pires scénarios sont déjà dépassés par la réalité (le chômage
est déjà nettement plus haut que dans les plus mauvaises perspectives retenues par ces tests), ou les récentes déclarations de la
BCE sur les 200 milliards supplémentaires d'actifs toxiques encore présents dans le bilan des banques européennes, qui vont
arranger la situation. Source : Yahoo/Reuters, 15/06/2009
56 Les universités financées par des capitaux privés, y compris les plus prestigieuses universités américaines, doivent déjà licencier
des professeurs, supprimer des bourses aux étudiants, annuler des projets de recherche, d'extension ou de rénovation, … Cette
situation va s'aggraver considérablement à la rentrée universitaire 2009/2010. Source : Financial Times, 07/06/2009
57 Evidemment le lobby des banques est beaucoup plus puissant que celui des autres secteurs, et certainement plus que celui des
électeurs. Le graphiqu
e ci-dessous illustre bien cette situation aux Etats-Unis. Mais elle n'est pas très différente en Europe ou au
Japon.
58 Dans l'immobilier américain c'est exactement ce qui est en train de se produire : la hausse des taux (malgré l'action inverse de la
Fed) liée aux craintes sur les capacités d'emprunts de l'état fédéral dissuade les acheteurs potentiels.

05bankrupt.graf.full.jpg
1° Graphique : Dépenses du lobby bancaire aux Etats-Unis (1999 - 03/2009) / 2° Graphique : Contributions des
comités bancaires de financements des partis lors des cycles électoraux US (1998 – 04/2009) - Sources : Open
Secrets / CQ-Moneyline / New York Times, 06/2009

Et pour finir la série, les faillites bancaires vont revenir sur le devant de la scène aux Etats-Unis, au
Royaume-Uni, en Europe et au Japon d'ici la fin de l'été 2009 car toutes ces faillites d'entreprises, de
collectivités publiques et de ménages touchés par le chômage constituent autant d' « actifs toxiques » qui
sont actuellement comptabilisés positivement dans le bilan des banques59. D'ici un trimestre, ce seront de
nouvelles « bombes financières »60.
Last but not least, couplée avec la vague de chômage massif, cette déferlante de faillites va
considérablement accélérer la montée du protectionnisme dès la fin de l'été 2009, sachant que cette
tendance est déjà bien tangible aujourd'hui aux Etats-Unis, en Chine, en Australie, en France, …

59 Sources : Wall Street Journal, 19/05/2009 ; Washington Post, 22/05/2009 ; Financial Times, 28/05/2009 ; Wall Street Journal,
05/06/2009 ; GlobalEconomicAnalysis, 14/06/2009 ; Yahoo/Reuters, 08/06/2009 ; Yahoo/Reuters, 08/06/2009 ; MarketWatch,
09/06/2009 ; USAToday, 12/06/2009 ; USAToday, 15/06/2009 ; TimesOnline, 14/06/2009
60 LEAP/E2020 souligne à nouveau que les « actifs toxiques » sont d'autant plus nombreux et importants qu'ils proviennent de pays
au coeur du système économique et financier actuellement en train d'imploser : le prêt immobilier ou le prêt à l'entreprise, aux Etats-
Unis ou au Royaume-Uni notamment, est plus dangereux que celui du même type en Europe de l'Est, en Chine ou en Amérique
latine car il n'a pas été jugé comme tel à l'origine. Alors que dans les pays émergents, les institutions financières ont en général été
plus méfiantes et que ces prêts ont beaucoup moins été utilisés pour financer des activités de « bulle ».


La vague de la crise terminale des Bons du
Trésor US, du Dollar et de la Livre, et du retour
de l'inflation

Le premier Sommet des BRIC à Ekaterinebourg destiné à savoir quoi faire de ses réserves en Dollars US
et en T-Bonds61, la baisse des réserves chinoises en Bons du Trésor US62, l'appel de l'Organisation de
Coopération de Shanghai63 pour la création d'une nouvelle devise internationale de réserve64,
l'impuissance de la Fed à empêcher la baisse du prix des Bons du Trésor US65 et la hausse connexe des
taux d'intérêts, les inquiétudes dorénavant systématiques à la veille des ventes de Bons du trésor partout
sur la planète (et en particulier pour les pays à risque dont les Etats-Unis et le Royaume-Uni font
désormais partie), les variations de plus en plus brutales des cours des devises sur fond de dépréciation
régulière du Dollar US, la crainte des Européens d'un euro bondissant à des niveaux incompatibles avec
leurs exportations, la crise généralisée au Royaume-Uni touchant la politique, la finance, l'économie, la
monnaie,… tous ces éléments sont autant de nuages noirs qui s'accumulent à l'horizon de l'été 2009. Et,
pour LEAP/E2020, ils constituent la troisième vague (la troisième composante des « soeurs » si
dangereuses pour les navires) qui va entraîner à la fin de l'été le double phénomène de cessation de
paiement des Etats-Unis et de recours au FMI du Royaume-Uni ; et, d'ici la fin de l'année, le début de la
phase de dislocation géopolitique mondiale.

Evolution des montants d'émission d'emprunts publics pour les Etats-Unis, l'Eurozone et le Royaume-
Uni (2005-2010 prévision) - Le Royaume-Uni émettra en 2009 une dette quatre fois supérieure à celle de 2005 -
Les prévisions 2009/2010 sont estimées en fonction des chiffres officiels qui ont tous sous-estimer l'ampleur et la
durée de la crise et des baisses de recettes fiscales (note de LEAP/E2020) - Source : CitiGroup, 06/2005

61 Source : China Daily, 16/06/2008
62 Source : China Daily, 16/06/2009
63 Une institution désormais mûre. Source : Asia Times, 13/06/2009
64 Source : RiaNovosty, 16/06/2009
65 Leurs détenteurs, notamment des bons à long terme, ont perdu entre 20% et 30% en un an. Source : Seeking Alpha, 18/06/2009


En effet, ce premier sommet des BRIC, dont il n'est pas difficile d'imaginer combien il a dû être difficile à
organiser, constitue un premier signe de dislocation du système international actuel. Non seulement les
Etats-Unis ont dû tout faire pour empêcher sa tenue, mais ils se sont en plus vus refuser la présence en
tant qu’observateur, un signe clair que ce qui s'y est dit n'était pas destiné à être diplomatique. Et le sujet
central n'était certainement pas un problème militaro-stratégique, mais bien une question monétarofinancière
: que faire des centaines de milliards de Dollars US (sous forme de Bons du Trésor notamment)
accumulés par ces quatre pays au cours des années récentes ?
Chinois et Russes ont pu déjà constater que leurs Dollars ne sont pas forcément les bienvenus aux Etats-
Unis, en Europe ou en Australie s'ils cherchent à investir dans des actifs « stratégiques »66. Avec les
Brésiliens et les Indiens, ils ont donc multiplié les accords de swaps dans leurs devises (et ce sommet va
accroître cette tendance) et ils tentent d'acheter en Dollars tout ce qu'ils peuvent tant que certains pays
acceptent de vendre leurs richesses en échange de cette devise. Mais ils savent tous très bien, d'une part,
qu’ils ont beaucoup trop de Dollars pour pouvoir les dépenser utilement puisque l'économie américaine se
contracte et que la Fed a entrepris de créer des centaines de milliards de nouveaux Dollars; et, d'autre
part, que la méfiance s'installe vis-à-vis de cette devise et de ses actifs liés. C'est pour cette raison qu'ils
ont décidé de commencer à s'acheter mutuellement des bons du trésor pour sortir de leur dépendance
des Bons du Trésor US67. Il ne s'agit pas à ce stade de vendre des Bons du Trésor US ; mais c'est un coup
direct porté aux ventes futures de T-Bonds.

Pour LEAP/E2020, ce sommet Ekaterinebourg est probablement le dernier effort avant rupture68. Si les
demandes qui en sont issues concernant la réorganisation plus rapide et plus profonde des droits de vote
au sein du FMI et des autres grandes organisations internationales ne sont pas acceptées et mises en
oeuvre rapidement par les Etats-Unis, les Japonais et les Européens, alors le prochain sommet des BRIC
sera un sommet de rupture, mettant en place des stratégies indépendantes, voire contraires à celles du
trio USA/Japon/UE.

66 Source : Reuters, 10/06/2009
67 Source : Bloomberg, 16/06/2009
68 Les demandes chinoises se font de plus en plus pressantes concernant une garantie américaine sur leurs avoirs libellés en Dollars.
Sans réponse positive (et il semble impossible qu'il y en ait une), la confrontation est inévitable. Source : China Daily, 15/06/2009


Avec un volume d'émission de Bons du Trésor US qui est désormais passé à plus de 100 Milliards par mois
(contre des pics à seulement 10 milliards par mois auparavant), le rythme de la rupture s'impose
naturellement. Comme anticipé par LEAP/E2020 dans des GEAB précédents, c'est à la fin de l'été 2009
que la conjonction des besoins incontrôlés de financements des Etats-Unis et du Royaume-Uni (accrus par
ceux des autres pays69) et de la méfiance croissante des acheteurs potentiels va atteindre son moment de
vérité : le besoin de financements va passer de 1.600 Milliards en 2008 à 2.600 Milliards en 200970. Et ce
moment de vérité ne peut prendre qu'une seule forme générale : le refus des acheteurs de continuer à
accumuler les Bons du Trésor US et les Gilts britanniques. Et en ce sens, la décision des BRIC de s'acheter
leurs bons du trésor mutuels est un premier signe que cette « grève des acheteurs de Bons du Trésor
US » en train de s'étoffer71.
A partir de là, soit la Fed et la Banque d'Angleterre augmentent considérablement leurs achats des bons
émis par leurs propres gouvernements, et les deux monnaies plongent du fait de l'emballement de la
planche à Dollars et à Livres, provoquant une hausse très forte de l'Euro, du Yuan, du Real, … et d'un tas
d'autres devises. En fait, le Dollar et ses devises affiliées s'effondrent avec la Livre face aux autres
monnaies mondiales. La dévaluation à laquelle rêve nombre de dirigeants américains, pour éponger d'un
coup de « baguette magique » la dette publique US et relancer les exportations, est ainsi réalisée. Et ils
peuvent jouer les victimes des méchants chinois, russes, etc... facilitant au passage l'adoption de mesures
protectionnistes pour essayer de relancer l'industrie US et l'emploi américain. Bien entendu, dans ce
processus, les Américains verront leur pouvoir d'achat brutalement amputé de 50%, mais il n'est pas
certain que grand-monde s'en soucie vraiment à New York et Washington72.

Evolution des déficits/excédents budgétaires du mois d'Avril aux Etats-Unis (1981-2009) - Avril 2009 est
le premier mois d'Avril déficitaire en 26 ans (sachant qu'Avril est traditionnellement le mois d'excédent le plus
important) - Sources: US Treasury Department, Casey Research, 06/2009

69 La France, bien que très loin derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni, va aussi contribuer à cet excès d'emprunts publics en 2009
et les années suivantes. Source : Le Monde, 18/05/2009
70 Source : Financial Times, 18/05/2009
71 Source : Bloomberg, 15/06/2009

Soit Barack Obama, Timothy Geithner et Ben Bernanke doivent annoncer à la télévision que le Dollar US
est dévalué de 30 à 50% par rapport aux grandes devises mondiales pour faire face à l'incapacité du
gouvernement américain à rembourser les détenteurs de Bons du Trésor73 (n'oublions pas que les
détenteurs de Bons du Trésor US, Chinois en-tête, ont entrepris de vendre leurs bons à moyen et long
termes pour les transformer en bons à trois mois). C'est l'option « nouveau Dollar » déjà évoquée par
LEAP/E2020 dans de précédents numéros du GEAB.
Les BRIC ont des natures et des intérêts très divers. Mais ce qui les rassemble est en revanche très
puissant : c'est la volonté d'accroître leur place dans le système de gouvernance mondiale et le sentiment
qu'ils n'y parviendront qu'ensemble. Ils ont compris que désormais l'Occident en général, et les Etats-Unis
en particulier ont un besoin vital des capitaux qu'ils possèdent pour survivre, une compréhension qui ne
peut qu'alimenter une réflexion stratégique où les pertes à court terme sont les gains à moyen terme.

En ce sens, pour l'Union européenne, censée être plus ouverte à un monde en évolution, c'est un échec
majeur que de ne pas avoir su intégrer les préoccupations de ces quatre puissances dans sa propre
stratégie. Et pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon, c'est un échec majeur que de ne pas avoir
pu empêcher l'émergence de ce pôle géopolitique : nouvel indice de l'affaiblissement rapide de leur
influence sur le système mondial74.
Pour notre équipe, l'une des conséquences géopolitiques majeures de cette évolution est l'autonomie
croissante de certains acteurs régionaux qui vont y trouver une marge de manoeuvre nouvelle qui avait
disparu depuis la « Guerre froide ». L'instabilité des régions explosives de la planète va donc croître dans
les mois à venir car chaque mois apporte un signe plus clair de l'effacement de la toute-puissance
américaine de ces vingt dernières années. Nul doute que cela aura notamment une influence à la hausse
sur les prix de l'énergie.
D'ailleurs, sur fond de cessation de paiement US et britannique et de forte baisse du Dollar, il est certain
que les prix des matières premières libellés en Dollar US et en Livre sterling vont s'accroître, même si,
rapportés aux autres devises, leurs cours peuvent stagner voire baisser du fait de la poursuite de la
récession. C'est donc un marché qui va devenir de plus en plus difficiles à anticiper, ce que ne va pas
aider les entreprises déjà en plein marasme.

73 Actuellement ils font le tour du monde pour quémander l'achat de leurs bons du trésor. Source : Europac, 05/06/2009
74 Source : Telegraph, 02/06/2009


Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, avec une devise en chute libre et une création monétaire
surdimensionnée75 par rapport à une économie qui se contracte, la situation ne peut que déboucher sur
une très forte inflation (voire une hyperinflation momentanée)76. Heureusement, du fait de la nature peu
stratégique de leurs exportations (à la différence de l'énergie ou des matières premières), cette inflation
sera peu exportable et largement compensée, pour les autres pays, par l'effet déflationniste des
appréciations des autres devises.

75 Une réflexion intéressante sur la masse monétaire : AgoraVox, 27/01/2009
76 Les achats d'or se multiplient pour se protéger de cette inflation à venir. Source : Telegraph, 12/06/2009



72 De manière significative, un nombre croissant d’Américains s'inquiète des perspectives internes du pays ; et des livres comme
« Getting out : your guide to leaving America » (« Sortir : votre guide pour quitter l'Amérique ») connaissent un succès croissant.
Source : Amazon.



3- Focus
Recommandations stratégiques pour traverser
l'été meurtrier 2009
Devises / Or :

Les « vagues scélérates » de l'été 2009 vont provoquer de violentes turbulences et conduire à des
cessations de paiement d'états, y compris Etats-Unis et Royaume-Uni. Le marché des devises va donc être
très chahuté. A ce stade, LEAP/E2020 ne peut pas anticiper de cours précis car les variations vont être
tellement brutales et saccadées que seules des tendances peuvent être dégagées.
Ainsi, le Dollar US et la Livre britannique vont connaître de nouveaux plongeons. Le Dollar Index va
s'orienter vers 0,65 et la parité Euro-Livre sous 1 Livre pour 1 Euro. La parité Euro-Dollar va être soumise
à un double phénomène contradictoire à court terme : une tendance baissière très forte du Dollar US,
mais que les Européens vont tenter de contrecarrer pour éviter que l'Euro ne devienne tellement cher qu'il
ne « tue » la reprise des exportations. Pour notre équipe, on s'oriente donc, de manière non linéaire, vers
un taux Euro/Dollar entre 1,50 et 1,60 avant la situation de cessation de paiement US. Une fois celle-ci
considérée comme inéluctable, quelle que soit l'action de la BCE, on s'orientera très vite vers un taux de 1
Euro = 2 Dollars US.
Le Real et le Yuan font toujours partie des devises dont LEAP/E2020 estime qu'elles ne peuvent que se
renforcer à moyen et long termes.
Les devises de pays « miniers », comme l'Australie ou le Canada, vont être très fragilisées par l'absence
de reprise après l'été, mais elles bénéficieront en revanche des effets de diversification hors du Dollar US
(achats de mines, de matières premières, …). Au total, elles devraient donc s'avérer plutôt stable.
Le Yen va rencontrer un double problème lié à son appréciation par rapport au Dollar US dans le cadre de
la crise des paiements US, mais sa forte dépendance des Etats-Unis jouera là en sens inverse. L'un des
facteurs décisifs sera l'attitude du Japon dans la sortie hors des Bons du Trésor US et des actifs libellés en
Dollar. Si ce pays reste « collé » aux Etats-Unis jusqu'au bout (comme l'indique pour l'instant son statut
de dernier joker pour sauver les ventes de Bons du Trésor US), sa monnaie sera emportée dans la
débâcle US (puisque ses immenses réserves en Dollar perdront entre 50% et 90% de leurs valeurs en
quelques jours).
L'or continuera donc à rester une valeur refuge utile pour les mois à venir. Nous maintenons donc notre
conseil de 30% d'actifs en or (en or physique, pas papier), et nous conseillons aussi d'avoir environ 6
mois de dépenses de base en or afin de pouvoir faire face aux tumultes des devises, y compris au niveau
national. Les pays qui font face à une éventuelle cessation de paiement connaîtront en effet des
désordres monétaires intenses en interne.
Immobilier :
Les marchés n'ont toujours pas atteint leurs plus bas niveaux. Donc, ignorez les conseils de retour à
l'achat (sauf nécessité absolue bien entendu) diffusées par les professionnels et les médias spécialisés.
Aux Etats-Unis, LEAP/E2020 estime que les prix baisseront en moyenne encore de 20% d'ici l'été 2010 et
qu'une nouvelle vague de saisies immobilières dans les grands centres urbains élargira le nombre d'états
très fortement touchés par la crise immobilière.
Au Royaume-Uni, une baisse du même type est assurée.
Ces deux marchés, comme ceux des pays dont la monnaie va être fortement dévaluée, vont devenir vers
la fin 2009 des marchés immobiliers particulièrement intéressants pour les étrangers. Mais à condition de
rester très vigilant sur le choix des régions et quartiers. Ne faites surtout pas de « shopping immobilier »
à distance comme ce qui se passe à Détroit actuellement, où des acheteurs étrangers pensent réaliser de
bonnes affaires en achetant des lots de maisons à 10.000 $ pièce. Ces biens immobiliers sont situés dans
des quartiers dont la dégradation ne va faire que s'accentuer et qui n'auront aucune rentabilité possible :
ce n'est pas parce que quelque chose devient bon marché, que c'est nécessairement une bonne affaire !
Et n'oubliez pas deux choses essentielles notamment sur le marché US : ne pas investir dans des
copropriétés (du fait du risque de faillites personnelles des autres copropriétaires) et faire très attention à
la qualité des constructions (notamment en fin de bulle immobilière, les constructions, même de haut de
gamme, ont eu tendance à être de piètre qualité).
Sur le marché londonien, il faut garder à l'esprit que les prix de référence d'il y a un an ou deux n'ont plus
aucun rapport avec les prix de l'avenir. La fin de la City telle qu'on l'a connue par le passé implique qu'il
n'y aura plus (à échéance prévisible) de demande aussi forte, alimentée par la bulle financière des
rémunérations des traders et autres hedgefunders. Il faut donc positionner les prix londoniens de l'avenir
sur les prix des métropoles européennes comparables, ou bien avoir de mauvaises surprises à la revente
dans quelques années.
En Espagne, outre le problème de qualité des constructions récentes, comme aux Etats-Unis, il est difficile
à ce stade de prévoir le niveau auquel peuvent tomber les prix car il est possible que cette crise casse
tout simplement le modèle touristique sur lequel s'est fondé le développement balnéaire ibérique. Donc,
méfiance avant d'investir même à très bas prix, sauf si c'est par coup de coeur.
Et pour finir, voici le conseil touristico-immobilier de l'été de LEAP/E2020 : Riga, en Lettonie est une ville
magnifique (surnommée à juste titre « la Perle de la Baltique), qui est en train de devenir très abordable
du fait de la crise du pays (anticipée il y a deux ans par notre équipe). Un séjour touristique réussi peut
ainsi conduire à un investissement immobilier intéressant et contribuer à aider l'économie de ce petit
pays.

Actions/Obligations Entreprises :
Attention, certaines entreprises veulent vous faire des cadeaux. Méfiez vous ! Que ce soient des banques
(US notamment) offrant leurs actions « à bon prix » ou des entreprises proposant des taux alléchants
pour leurs emprunts (comme EDF en France), il faut faire très attention.
Les banques se préparent à de nouvelles pertes très importantes d'ici la fin 2009 et elles tentent de faire
payer aux petits porteurs l'addition de leur inévitable prochaine baisse de cours. Quant aux entreprises,
qui comme EDF, proposent un emprunt à 5% sur cinq ans alors que l'inflation actuelle est annoncée
autour de 1% à 2%, quand on n’évoque pas la déflation, elles ne cherchent pas à vous enrichir. Elles
savent en effet très bien que l'inflation est de retour (les prix de produits de nécessité vont monter ; seul
le superflu baissera) et que d'ici cinq ans, il est même possible, au vu de la création de monnaie actuelle,
qu'on s'approche en Europe de taux d'inflation à deux chiffres. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ils
seront à deux chiffres dès l'année 2010.
Par ailleurs, si vous choisissez de vivre dans le risque et que vous retournez en bourse, il faut se méfier de
trois types d'entreprises (en-dehors des financières) :
1. celles qui n'ont pas un bilan solide
2. celles qui sont trop récentes ou sur des marchés encore incertains (la crise va être terrible pour
celles-ci faute de capitaux pour les soutenir et de consommateurs prodigues)
3. celles qui sont des filiales de sociétés américaines ou britanniques, car leurs maisons-mères vont
être encore plus qu'avant obligées de siphonner leur trésorerie pour essayer de survivre à la crise
de leurs marchés nationaux respectifs. Ces sociétés seront donc plus que d'autres susceptibles de
faire brutalement faillite et dans tous les cas incapables d'investir dans l'avenir.
Bons du Trésor:
Sur ce sujet, ce GEAB N°36 a déjà apporté beaucoup d'éléments. Il faut garder à l'esprit qu'il faut éviter à
tout prix les pays qui n'ont pas de finances publiques solides et/ou une capacité bien établie d'augmenter
rapidement leurs impôts sans provoquer une révolte populaire (ou sans réellement augmenter leurs
rentrées fiscales, car les contribuables sont trop pauvres). Tout le reste n'est que littérature destinée à
faire croire que rien ne change jamais et que ce qui fut sera. Or, nous vivons une crise et, au sein de
cette crise, une période particulière, caractérisée par des changements accélérés et radicaux. Rappelezvous
qu'en Juin dernier, peu de gens pensaient possible l'effondrement des géants de Wall Street …. trois
mois plus tard, cet effondrement était consommé !
Aujourd'hui, la pression de la crise pèse entièrement sur les états et en particulier sur ceux au coeur du
système qui s'écroule, à savoir les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Leurs Bons du Trésor, qui ne sont rien
d'autre qu'une reconnaissance de dette gagée sur leur économie et leur monnaie, valent ce que valent
ces économies et ces devises : c'est-à-dire de moins en moins chaque mois qui passe. Les grands
détenteurs de ces valeurs tentent désormais en public de préparer leur sortie (comme le démontrent le
premier sommet des BRIC d'Ekaterinebourg ou la baisse des réserves chinoises en Bons du Trésor US au
mois d'Avril dernier). La seule question pour les autres détenteurs n'est donc pas de savoir « si », mais
« quand et comment » la grande braderie des Bons du Trésor US (et des Gilts britanniques) va se
dérouler. Nous rappelons que pour LEAP/E2020, elle se passera au plus tard à la fin de l'été 2009. En tout
cas, il nous paraît évident qu'il est désormais extrêmement dangereux d'en acheter.

4- Le GlobalEurometre 77
GlobalEurometre de Juin 2009 - RESULTATS
GlobalEurometre 06-2009 Oui 1er %  Non 2ème %  Ne sait pas 3ème %


1. Pensez-vous qu’un secrétariat politique et économique permanent
de la zone Euro devrait être instauré ? 90% 9% 1%
2. Pensez-vous que des Sommets de l’Euro devraient être instaurés
chaque trimestre, préalablement à chaque Sommet européen ? 91% 4% 5%
3. Trouvez-vous que le gouvernement de votre pays reflète les
attentes de votre peuple en matière de construction européenne ? 4% 96% 0%
4. Pensez-vous que des forces anti-démocratiques soient en
augmentation dans l’Union européenne ? 71% 18% 11%
5. Dans les mois à venir, échangeriez-vous vos euros contre l’une de
ces monnaies : Dollar US, Yen japonais, Livre britannique ? 4% 95% 1%
6. Dans les mois à venir, échangeriez-vous vos euros contre de l’or ? 31% 50% 19%
7. Pensez-vous que la Banque Centrale européenne doit continuer à
diminuer son taux d’intérêt principal ? 6% 55% 39%
8. Pensez-vous que l’inflation est de retour dans votre pays ? 32% 54% 14%
9. Craignez-vous de perdre votre emploi dans les prochains mois à
cause de la crise globale ? 16% 75% 9%
10. Craignez-vous de perdre de l’argent dans les prochains mois à
cause de la crise globale ? 50% 48% 2%
11. Pensez-vous que le dollar va continuer à baisser par rapport à
toutes les grandes devises ? 91% 4% 5%
12. Pensez-vous que la crise globale sera terminée en 2012 ? 14% 76% 10%
13. Pensez-vous que les Etats-Unis pourront emprunter l’argent dont
ils ont besoin pour financer leurs déficits en 2009 ? 8% 81% 11%
14. Croyez-vous que le Royaume Uni pourra éviter d’appeler le FMI à
l’aide au cours des prochains mois ? 13% 84% 3%
15. Craignez-vous l’apparition de troubles politico-sociaux dans votre
pays ? 50% 34% 16%

77 Chaque mois, l’équipe de GEAB consulte pour vous 200 leaders d’opinion européens


GlobalEuromètre de Juin 2009 - ANALYSE
Gouvernance UE : Stabilité des très fortes majorités en faveur de la création d'un
secrétariat permanent de la zone Euro et de la tenue d'un Sommet de l'Euroland avant
chaque sommet de l'UE / Maintien au sommet du décalage entre attentes des peuples et
actions des leaders de l'UE / Forte majorité pour estimer que les forces anti-démocratiques
sont en hausse dans l'UE / Affaiblissement de la majorité estimant que la BCE doit arrêter
de baisser son taux d'intérêt / Majorité pour estimer que l'inflation n'est pas de retour dans
leur pays / Baisse de la crainte de perte d'emploi du fait de la crise / Diminution de la
majorité inquiète de perdre de l'argent à cause de la crise systémique globale / Légère
diminution de la majorité inquiète de troubles sociaux et politiques dans leur pays


Les sondés en faveur de la création d'un secrétariat permanent de l'Eurozone se stabilisent à un niveau très élevé
(au-dessus de 90%). Pour ce qui est de la tenue de sommets de l'Euroland, tous les trimestres, juste avant les
sommets de l'UE, on assiste également à une stabilisation à un niveau très élevé d'opinions favorables (91%).
Le mécontentement des citoyens en ce qui concerne l'action européenne des gouvernements par rapport aux
attentes de leurs peuples reste à des niveaux stratosphériques (96%). L'abstention encore accrue au récent scrutin
européen et la progression de partis extrémistes en est la preuve électorale (les partis dits « de gouvernement »
rassemblent moins de 25% des électeurs européens au vu des résultats des élections européennes de Juin 2009).
Une majorité affaiblie (55% contre 76% en Mai) estime que la BCE doit arrêter sa politique de baisse des taux
d'intérêts (mais ce sont les incertains qui montent car les opinions en faveur des baisses de taux stagnent à 6%).
Une majorité d'Européens (54%) estiment que l'inflation n'est pas de retour dans leur pays ; mais ils sont quand
même 32% à penser le contraire (alors même que le discours dominant martèle l'idée de déflation et de baisse des
prix). L'évolution de cet indicateur sera très intéressante à suivre en Septembre 2009.
La crainte de perdre son emploi à cause de la crise globale diminue à 16% (contre 21% en Mai) tout en restant
supérieure à celle du mois d'Avril (13%). La peur de perdre de l'argent à cause de la crise diminue également, et
s'équilibre presque avec l'opinion inverse (50% contre 48%). Avec 48% de réponse négative, on trouve ainsi le
plus haut score en la matière depuis Avril 2008 (73% à l'époque). Les mois à venir montreront si ce résultat est dû
(à tort ou à raison) au sentiment que l'essentiel de la crise est passé ou bien s'il est dû au sentiment d'avoir
désormais mieux protégé ses avoirs.
Les Européens restent néanmoins majoritaires (50%) à craindre des désordres politiques et sociaux dans leur pays
même si c'est une baisse de 8% par rapport au mois de Mai.
Relations UE/Reste du monde : Quasi-unanimité pour conserver ses Euros face au $, ¥ et
£ / Majorité pour ne pas convertir ses € en or / Poursuite du renforcement de la très forte
majorité s'attendant à un effondrement du Dollar US dans les prochains mois /
Renforcement de la majorité pensant que la crise globale ne sera pas terminée d'ici 2012 /
Très forte majorité pour estimer que les Etats-Unis ne parviendront pas à emprunter
l'argent nécessaire pour financer leurs déficits / Renforcement important de la majorité
considérant que le Royaume-Uni ne pourra pas éviter de faire appel au FMI d'ici la fin de
l'été 2009

A 95% les Européens votent pour l'Euro contre le Dollar US, le Yen japonais et la Livre britannique en refusant
l'idée de changer leurs Euros dans ces devises. Très significatif, la réponse des Européens hors zone Euro (y
compris britanniques) ne diverge pas de celle des habitants de la zone Euro. Cette confiance dans l'Euro est
illustrée par la majorité (certes beaucoup plus faible, à 50%) des sondés préférant garder leurs Euros plutôt que de
les convertir en or (31% se disent en revanche prêts à le faire). En toute logique, avec désormais 91% des sondés
s'attendant à un effondrement du Dollar US dans les mois à venir (contre 87% le mois dernier), on constate la
poursuite du renforcement des doutes des Européens sur la pérennité de la valeur de la devise US.
On enregistre une hausse de la majorité des sondés qui estiment que la crise ne sera pas terminée d'ici 2012 (76%
contre 73% le mois dernier et 75% en Avril). Il faut noter que cette évolution s'inscrit en opposition avec le
discours médiatique et politique dominant.
Les Européens continuent à être très négatifs sur les perspectives américaines puisqu'une très forte majorité
d'entre eux (81%) considèrent que les Etats-Unis ne parviendront pas à emprunter les sommes nécessaires au
financement de leurs déficits en 2009. Cette opinion est d'ailleurs très cohérente avec leur avis sur l'évolution du
Dollar US.
Pour ce qui est du Royaume-Uni, ils sont désormais 84% (contre 67% le mois dernier) à estimer que le
gouvernement de Sa Gracieuse Majesté devra faire appel au FMI dans les prochains mois. Vu du continent, on
paraît donc bien loin des discours sur une embellie économique britannique.

Lettre confidentielle ‘GlobalEurope Anticipation Bulletin’ N°36 – 16 juin 2009

http://icietmaintenant.fr/SMF/index.php?PHPSESSID=9e16f6fafcc748ebbc00ff4cdc73235f&topic=8930.msg87972#msg87972


http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-33259544.html
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 04:54
Tuez moi, mais tuez moi vert...
agora vox
par Gaëtan Pelletier (son site) lundi 29 juin 2009

Bombarder sans polluer, voilà ce que propose Recherche et développement pour la défense Canada de Valcartier (RDDC Valcartier). Des scientifiques mettent actuellement au point des projectiles qui réduisent l’impact des militaires sur l’environnement. Un projet controversé qui pose des questions éthiques.
 
Avouons que la première phrase nous rassure…
 
Un peu.
 
En la lisant, je me suis dit qu’en cas de guerre mes pissenlits allaient au moins se soustraire aux barbares et à leur élégance de tuer avec un permis d’état. Par surcroît l’expression sauver la planète acquérait un peu de sens, car il m’a toujours semblé que sauver la maison et laisser les occupants périr, c’est comme si le pompier arrosait la maison sans se soucier du chat.
 
La vertilisation (sic)
 
On propose tout bêtement de vertiliser (sic) un peu la vieille recette des engins destructeurs.
 
La guerre, elle, ne change pas.
 
Il y a plusieurs définitions de la guerre. La mienne se réduit à ceci : trouer de balles le soldat du camp adverse pour qu’il se vide de son liquide rouge et qu’il cesse de bouger. Mais pour beaucoup, la guerre est une stratégie pour s’accaparer d’un lopin de terre contenant des richesses. Mais pas les humains. De sorte que garder intact le terrain est prioritaire.
 
Revenons à nos morrons.
 
L’aboutissement de telles recherches a pour but de réduire les dangers des bombes qui n’explosent pas. Car en n’explosant pas, elles polluent. Le moyen ? Insérer une seconde bombe, ou amorce, qui exploserait après une période définie.
 
J’y avais pensé, mais je n’osais pas en parler… Mais je suis prêt à aider à améliorer le produit : mettre une horloge indiquant l’heure de l’explosion. De cette manière, la presque totalité des paysans travaillant dans les champs pourraient continuer de travailler « bijambistes » . Jardiner d’une jambe… Ça pousse …les limites de la condition humaine.
 
Préserver la nappe phréatique. ( On prend soin de votre tapis…)
 
« Un jour ou l’autre, une munition non explosée va rouiller ou fendre, affirme Sylvie Brochu, chimiste à RDDC Valcartier. Tout le contenu explosif peut alors s’infiltrer dans le sol. Le vrai danger, c’est que ces munitions gagnent la nappe phréatique. »
Puis on ajoute : « On est des pionniers dans ce domaine, affirme un autre. Ce serait une première mondiale.
 
On commence à avoir peur de la guerre ! On devient craintif et bilieux : Qui a envie de manger des carottes condimentées aux RDX ?
 
La nappe phréatique ! On ne badine pas avec l’environnement ! 
 
La guerre peut causer le cancer.
 
L’explosif le plus utilisé serait le RDX, toxique pour l’environnement, « en plus d’être cancérigène. »
 
Un homme averti en vaut un et demi.
 
James Bond avait raison : On ne meurt que deux fois.
 
Canada : premier au monde.
 
« Le RIGHTRAC est le seul projet au monde qui tente de mettre au point des munitions vertes. »
 
Le seul ? Mais il paraît que c’est douteux. Les premiers ? Quelqu’un d’autre y aurait songé. On le sait, les armées se livrent à des besognes cryptiques. Les européens seraient les chefs de file de telles recherches.
 
Vu la tendance des états-uniens en matière de guerre, j’en conviens qu’ils seraient des clients ravis d’un tel produit. Le premier réflexe d’un soldat américain en arrivant en terre conquise, c’est d’éteindre les puits de pétrole. Et ce n’est pas parce que ça pollue…
 
C’est que ça fait rouler plus loin les tanks.
 
Un restaurant avec plus de cuisiniers que de clients.
 
Rien qu’au mot : RIGHTRAC… Alors ce doit être fiable.
 
S’il y a un RIGHTRAC, il doit obligatoirement y avoir un WRONGTRAC….
J’ai deviné ! C’est cette partie de notre armée canadienne qui a acheté des sous-marins à la Grande Bretagne. Ce sont les seuls sous-marins au monde qui nécessitent plus de mécaniciens que de marins. Si vous ne saisissez pas ce que je veux dire, imaginez un restaurant qui aurait besoin de plus de cuisiniers que de clients.
 
Il ferait faillite… Mais, nos dirigeants, eux, peuvent toujours aller puiser dans la caisse de l’assurance-emploi – ou autre, l’éventail est varié – des petits travailleurs. On éponge Roger pour tenter de faire flotter une pirogue d’acier de centaines de millions.
 
On est les premiers. Zéro doute. Dans le bilboard du bêtisier…
 
Alors, à tous ceux qui subissent les guerres, vous aurez la chance de garder une nappe phréatique en forme pour le vainqueur et vos plantes vertes pour quelques heures de plus. J’hésite dans la spéculation temporelle… Mais, comme eux, j’irais au plus court. Sinon, l’ennemi disposant d’une heure, pourrait renvoyer la balle dans le camp adverse.
 
Si le camp adverse, c’est vous, alors vos pissenlits sont foutus . Et vous, vous les mangerez par la racine.
 
Mais verts…
 
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 04:48

VACCINS A L'

VACCINS A L'ESB ? - Secret défense

FLEURON
ALZHEIMER- 
PARKINSON
Cellules
CANCERISEES
SERUM ESB
Virus RESIDUELS
SOUPE PURULENTE
 DEGATS DES VACCINATIONS 
RETRAIT DE VACCINS 
 LOBBY-LABOS
TIERS MONDE
VACCINO 
SECTARISME
  « La médecine consiste à introduire des drogues que l’on ne connaît pas 
dans un corps que l’on connaît encore moins bien. » Voltaire
FLEURON DE LA MEDECINE ? 

Depuis la « Pasteurisation » des Sciences, à savoir l’inversion totale et coupable du concept de microzyma, le  vaccin, apparait aux yeux de l’opinion publique comme le symbole même de la Medecine et LA Solution à tous les fleaux, et ce d’autant plus que la piste virale est devenue le recours quasi systematique - certes de bonne foi - aux diagnostics défaillants...

Ainsi, massivement soutenu comme evidence absolue par des campagnes de presse plus ou moins orchestrées par des interets plus financiers que medicaux, le dogme vaccinal reste inébranlable, malgré une centaine d’années d’avis contrairesde la part de nombreux scientifiques, curieusement occultés, et malgré la réalité actuelle des risques et ravages avérés de cette impasse scientifique.

Comment et avec quoi exactement sont fabriqués ces produits hautement concentrés que sont les vaccins : le « secret defense » est la seule réponse que l’Institut Pasteur-Mérieux fournit aux professionnels. Les techniques de préparation des vaccins sont en effet tenues secrètes : il faut être initié ou chercher avec opiniâtreté pour soulever un coin du voile ! 

..
VACCINS - ALZHEIMER - PARKINSON 

Lors de la vaccination, le médecin inocule soit le micro organisme responsable de la maladie dont on voudrait protéger le patient soit divers poisons fabriqués par ces micro-organismes. Le produit final étant toujours complété par une substance toxique et souvent hautement allergisante baptisée « adjuvant » telle le mercure, l'aluminium.. 
Ainsi la plupart des vaccins actuels fabriqués pour l’homme – mais aussi l’animal – renferment de l’hydroxyde d’aluminium, à des doses de 130 à 160x superieures au seuil admissible. Le Chef du Service vaccinations Institut Pasteur Lyon declare:
"..si l'on vaccine contre la diphterie, le tetanos, la polio, la coqueluche et l'hepatite B, l'ensemble represente tout de meme 8mg d'hydroxyde d'aluminium.."

voir livre sur le scandale de l'hepatite B
L’aluminium penetre les tissus en se combinant à la ferritine du sang, en lieu et place du fer. Non éliminé par les reins, il se concentre et imprègne progressivement squelette, reins et systeme nerveux (cerveau-moelle epiniere).
L’organisme minimise les effets de l’aluminium par des mecanisme de regeneration efficaces jusqu’à un certain seuil variable selon les individus. Ainsi, débordé par des doses répétées (l’aluminium est présent partout), la necrose cellulaire commence, générant des trous dans les tissus nobles (osteoporose pour le squelette, encephalites spongiforme (ESB- vache folle)
et sclerose en plaques (paralysie progressive) pour le systeme nerveux central. Les liens Aluminium - Parkinson (tremblements, raideur,..) et Aluminium - Alzheimer (démence senile precoce) sont de plus en plus mis en evidence par la Medecine. 
CELLULES CANCERISEES

Les premiers vaccins mis au point par Pasteur lui-même, comme celui de la rage, étaient en fait des organes d'animaux malades broyés et inoculés directement (moelles épinières de lapins enragés dans ce cas précis). Aujourd'hui, les vaccins viraux modernes sont préparés le plus souvent sur des cultures de cellules animales ou humaines (issues des avortements), cancérisées artificiellement (on les baptise alors « immortelles »), ou encore d'emblée cancéreuses (lymphomes). C'est-à-dire qu'on fait « pousser » les virus vaccinaux sur ces milieux. C'est, dans tous les cas, le « jus » de culture de ces cellules cancérisées qui est inoculé aux patients, après filtration et traitements éventuels pour atténuer ou tuer les virus.

CULTURE SUR SERUM ESB ? 

Les cellules cancérisées servant à fabriquer les vaccins doivent être en très grand nombre : en effet, chaque dose vaccinale renferme des quantités invraisemblables de virus ! 700.000, au moins, pour une dose de vaccin anti-poliomyélitique par exemple. Or, les fabricants de vaccins produisent des milliards de doses ! Pour augmenter le rendement, l'on nourrit les cellules « immortelles » qui servent à la culture des virus avec du serum de veau, qui possède un facteur de croissance particulièrement actif.

Or ce sérum de veau est susceptible d'être contaminé par des prions, micro-organismes encore plus résistants que les virus, responsables de maladies comme l'Encephalite de la vache folle, ou la maladie de Creutzfeld-Jacob (démence abiotrophique). Ces maladies évoluent après 3 à 5 ans d'incubation, ce qui permet d'éviter tout « rapprochement » malheureux avec ces pathologies ou d'autres maladies neurologiques comme la maladie de Alzheimer ou le syndrome de Parkinson par exemple. D'autant plus que les veaux donneurs sont tues avant l’âge adulte, donc avant que l'on puisse diagnostiquer la maladie à prions. Ce risque est tellement évident qu'il est désormais interdit par la législation française d'utiliser le moindre produit d'origine bovine pour la fabrication de médicaments injectables !

L'Agence britannique de contrôle sanitaire a ordonné le retour immédiat de tous les vaccins polio: plusieurs lots ont été cultivés sur serum de boeuf britannique donc porteur potentiellement d'ESB.
d'apres The Independent & VSP 69
Mme Dominique Gillot secretaire d'Etat à la Santé répondant à Elise Lucet (France 3 le 18/12/00) qui lui disait que Pasteur/Merieux au courant du risque des vaccins cultivés sur du serum ESB, niaient et continuaient quand même:
" Le risque est si faible que l'on ne va pas priver pour cela des millions de gens des bienfaits des medicaments et des vaccins.." ..
VIRUS RESIDUELS

Le jus de culture obtenu est manipulé avant l'inoculation. On le filtre, puis on atténue (en théorie- voir Bechamp)le virus selon le type de vaccin, avec des produits très toxiques, comme le méthotrexate ou le formol. Il faut savoir qu'il est absolument impossible d'obtenir un produit pur. L'Institut Pasteur-Mérieux parle d'une pureté de 99%, l'OMS de 90 à 95% (Rapport Technique 760, 1987). De toutes façons, il est bien difficile de contrôler les affirmations de nos institutions vaccinales..

..
SOUPE PURULENTE

Enfin, une nouvelle technique, dite plus économique, vient d'être mise au point : le génie génétique. Des inquietudes naissent consecutivement à la culture des vaccins sur des reins de singe, d’où serait originaire la transmission à l’homme des virus simiesques HIV.
Des enzymes et des fragments de gènes issus de virus très cancérigènes (virus SV40 responsable du cancer chez les animaux - ou virus du papillome bovin en particulier) - obtenus en quantités industrielles grâce à des contaminations de cellules cancérisées et nourries avec du sérum de veau sont, par tâtonnements, mélangés au jus des cultures cellulaires (cancérisées la plupart du temps - à l'exception de Lengerix B ou du petit dernier HB-VAX DNA qui sont préparés sur des cultures de levures végétales), pour « lobotomiser » ces cellules et en faire des usines de production. Elles pourront ainsi fabriquer des protéines capables de déclencher la fabrication des fameux anticorps. 
Là encore, c'est le jus de culture, plus ou moins filtré et sans le moindre contrôle extérieur - une véritable « soupe » de purulence -, qui est récupéré et inoculé aux patients, additionné a quelque « adjuvant » toxique. L'OMS parle pudiquement « d'innocuité théorique » au dessous d'un certain seuil en ce qui concerne le matériel génétique résiduel (Cf Rapport Technique 747 de l'OMS).

DEGATS DE LA VACCINATION

Ces inoculations se font au mépris de toutes les règles de prudence en usage pour les traitements médicaux (Primum non nocere). Elles sont « réputées » inoffensives et toujours efficaces, sans que jamais la moindre étude épidémiologique sérieuse n'ait été effectuée... Curieusement, les diverses moutures sont fréquemment remplacées par de nouvelles, réputées moins dangereuses et plus efficaces.

* Ces vaccins contiennent vraisemblablement des substances cancérigènes et des outils de manipulation genetique eux-mêmes cancérigènes et tératogènes pour les derniers vaccins obtenus par génie génétique.
* Ils peuvent être contaminés à tout moment (lors de la conception de départ ou lors des manipulations nécessaires à la fabrication du produit fini), soit par des prions (sérum de veau) ou si l'on a utilise d'autres milieux de culture bovins, comme le BCG qui est cultive sur de la bile de boeuf), soit par des virus connus ou inconnus encore.
* De par les additifs, les vaccins modifient le terrain bioelectronique, ouvrant la porte à toutes sortes de maladies : allergies, athérosclérose (métaux lourds), etc.
* Par inoculation de micro-organismes plus ou moins mal connus encore, ils vont pouvoir déclencher de nouvelles maladies infectieuses (type Ebola), réveiller des cancers latents ou générer des maladies dites auto-immunes (sclerose en plaques par exemple).
* Ils risquent de venir modifier le capital génétique des gametes (ovules ou spermatozoides) et donc de déclencher la naissance d'enfants monstrueux (teratogenese) dans la descendance immédiate.
* Ils spécialisent par ailleurs le système immunitaire de l'organisme à la fabrication d'anticorps, au détriment des autres mécanismes immunitaires comme les CD4, et engendrent de ce fait à la longue un effondrement immunitaire, favorisant le développement du sida, sida d'ailleurs dont l'origine virale est contestée..
RETRAIT VACCINS AU MERCURE 
- 2 vaccins contre l'hépatite: Engerix B10 et HBVAX DNA
- 5 vaccins anti-grippaux: Vaxigrip, Mutagrip, Fluarix, Immugrip, Influvac (contiennent du mercurothiolate sodique -thiomersal)
A noter que ce problème n'a pas été signalé dans le Vidal.
Voilà qui vient encore donner un coup le sape « providentiel » à
la nouvelle vague de vaccination des nourrissons contre l'Hépatite B
qui soi-disant, ne risquent rien puisque leur système nerveux n'est pas Elaborée le 4 juillet dernier, cette recommandation vise: 
encore myélinisé.
(source VSP- Michel Dogna)
LOBBIES - LABOS - LOBOTOMIE

Automne 1994, les Français découvrent la menace d'un nouveau virus : celui de HVB, l’hépatite B. Le tapage médiatique est tel qu’entre 33 et 45% de la population française se fait vacciner. On sait le résultat désastreux de cette campagne aujourd’hui. Mais, pour les laboratoires SmithKline-Beecham et Pasteur-Mérieux, la réussite est totale. Rien que pour l’année 1995, ils se partagent environ 2 milliards de francs. Un pactole qui est le fruit de plusieurs années de travail d’un puissant groupe de pression rassemblant les laboratoires et certains chercheurs et grands patrons hospitaliers.

Ce lobby, très présent au Parlement et dans les bureaux des ministères, utilise une stratégie bien rodée. Les laboratoires subventionnent différentes associations et parrainent des colloques et symposiums où grands patrons et chercheurs multiplient les informations alarmistes sur la base de statistiques tronquées qui surestiment la gravité des maladies, mais minimisent ou ignorent les accidents postvaccinaux. Radios, télés et presse écrite sont largement sollicitées pour rendre compte de ces panels prétendument scientifiques. Sans compter les nombreuses pages de pub… Médecins et pharmaciens sont inondés de dépliants destinés à leurs patients. 

Simultanément, les bureaux ministériels sont sollicités pour développer les vaccinations. La même politique de marketing outrancier est utilisée par les organismes officiels (Comité français d’éducation pour la santé, Caisse nationale d’assurance maladie) qui ont réussi à imposer le vaccin triple rougeole- rubéole- oreillons ROR et contribué à la vaccination de masse contre l’hépatite B, faisant appel au besoin aux subsides des laboratoires. Ce lobbying, à l’œuvre dans le monde entier, est très présent au sein des organismes internationaux. Certes, le marché des vaccins (20 milliards de francs en 1995) ne représente que 2 ou 3% du marché mondial des médicaments, mais c’est le secteur qui connaît la plus forte expansion (croissance de 10 à 15% par an). 
SmithKline-Beecham et Pasteur-Mérieux, les 2 leaders mondiaux des vaccins, ont changé de nom au début de l’année 2000. Le premier, après sa fusion avec le laboratoire Glaxo, devient Glaxo-SmithKline, le plus important groupe pharmaceutique mondial. Après fusion de l’Allemand Hoechst avec le Français Rhône-Poulenc, Pasteur-Mérieux qui était une filiale de ce dernier devient Aventis Pasteur.

TIERS-MONDE : ASSERVISSEMENT DURABLE

Dès 1974, l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance) débute un programme gigantesque, financé notamment par la Banque mondiale: Vacciner tous les enfants de la planète contre 6 maladies: coqueluche, diphterie, poliomyelite, rougeole, tetanos, tuberculose. Cette stratégie de soins selectifs va à l’encontre de la politique globale de soins de santé primaires adoptée par l’OMS en 1978 conçue en partenariat avec les populations, afin de définir avec elles leurs vrais besoins et prendre en compte leurs conditions de vie et leur environnement.
Lors du Sommet économique alternatif de Houston, en 1990, tenu en parallèle du G7, le Pr Banerji, Pr de santé publique à New Delhi, expert auprès de l’OMS et signataire du manifeste d’Anvers, critiquait vivement le programme des vaccinations de l’Inde : absence de données épidémiologiques sérieuses, surestimation des taux de vaccination, dissimulation des accidents postvaccinaux, coût élevé des vaccinations massives.
Bien que loin d’être un opposant au principe des vaccins, il dénonce les programmes de vaccination répandus dans le monde entier sur la base d’une propagande mensongère, sans que l’ampleur réelle des problèmes de santé n’ait été mesurée. 
N’ayant pour but que de créer un marché aux vaccins, ce systeme rend durable la dependance des pays du Sud et expose les populations à des accidents severes. 

SORTIR DU VACCINO- SECTARISME

Il serait temps dans le cadre d’une politique de Santé cohérente et respectueuse de l’Etre, de fournir aux consommateurs de vaccins une information scientifique transparente, et de cesser, au nom du Bien Public, d’assimiler aux phenomenes sectaires, tout individu cherchant seulement à exercer sa liberté de choix en face des vaccinations, méthodes obsolètes dont la Medecine n’est pas en mesure de prouver l’absence de nocivité...

Edito librement inspiré d'articles divers (voir livres et references dans le dossier vaccinations) dont ceux du Dr Alain Scohy que nous remercions pour sa bienveillante collaboration. 

voir tous les livres sur le sujet


DOSSIER VACCINATIONS
DEGATS  ET  NON-DITS  VACCINAUX
PASTEUR vs BECHAMP: VACCINATIONS - L'IMPOSTURE PASTEUR
"Si on  n'a pas, dans la lutte contre le cancer, avancé aussi vite que dans beaucoup d'autres domaines,
c'est probablement parce qu'on s'est trop attaché aux théories de Pasteur.. [..] (NDLR: c'est à dire, oublié Bechamp)
Et puis ces virus sont ils bien à l'exterieur de nous ? Ne viendraient ils pas de nos organismes traumatisés ?" Pr Jean Bernard



http://biogassendi.ifrance.com/vaccins.htm

Qui est Béchamp ?

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 04:43


L
’obsession de la santé parfaite

DANS les pays développés, l’obsession de la santé parfaite est devenue un facteur pathogène prédominant. Le système médical, dans un monde imprégné de l’idéal instrumental de la science, crée sans cesse de nouveaux besoins de soins. Mais plus grande est l’offre de santé, plus les gens répondent qu’ils ont des problèmes, des besoins, des maladies. Chacun exige que le progrès mette fin aux souffrances du corps, maintienne le plus longtemps possible la fraîcheur de la jeunesse, et prolonge la vie à l’infini. Ni vieillesse, ni douleur, ni mort. Oubliant ainsi qu’un tel dégoût de l’art de souffrir est la négation même de la condition humaine.

Par Ivan Illich

Quand on considère en historien notre médecine, c’est-à-dire la médecine dans le monde occidental, on se tourne inévitablement vers la ville de Bologne, en Italie. C’est dans cette cité que l’ ars medendi et curandi s’est séparé, en tant que discipline, de la théologie, de la philosophie et du droit. C’est là que, par le choix d’une petite partie des écrits de Galien (1), le corps de la médecine a établi sa souveraineté sur un territoire distinct de celui d’Aristote ou de Cicéron. C’est à Bologne que la discipline dont le sujet est la douleur, l’angoisse et la mort a été réintégrée dans le domaine de la sagesse ; et que fut dépassée une fragmentation qui n’a jamais été opérée dans le monde islamique, où le titre de Hakim désigne, tout à la fois, le scientifique, le philosophe et le guérisseur.

Bologne, en donnant l’autonomie universitaire au savoir médical et, de plus, en instituant l’autocritique de sa pratique grâce à la création du protomedicato, a jeté les bases d’une entreprise sociale éminemment ambiguë, une institution qui, progressivement, a fait oublier les limites entre lesquelles il convient d’affronter la souffrance plutôt que de l’éliminer, d’accueillir la mort plutôt que de la repousser.

Certes, la tentation de Prométhée (2) s’est présentée tôt à la médecine. Avant même la fondation, en 1119, de l’université de Bologne, des médecins juifs, en Afrique du Nord, contestaient l’effacement des médecins arabes à l’heure fatale. Et il a fallu du temps pour que cette règle disparaisse : encore en 1911, date de la grande réforme des écoles de médecine américaines, on enseignait comment reconnaître la « face hippocratique », les signes qui font savoir au médecin qu’il ne se trouve plus devant un patient, mais devant un mourant.

Ce réalisme appartient au passé. Toutefois, vu l’encombrement par les non- morts grâce aux soins, et vu leur détresse modernisée, il est temps de renoncer à toute guérison de la vieillesse. Par une initiative, on pourrait préparer le retour de la médecine au réalisme qui subordonne la technique à l’art de souffrir et de mourir. Nous pourrions sonner l’alarme pour faire comprendre que l’art de célébrer le présent est paralysé par ce qui est devenu la recherche de la santé parfaite.

Du corps physique au corps fiscal

POUR parler de cette « santé » métaphore, deux points doivent être acceptés. Ce n’est pas seulement la notion de santé qui est historique, mais aussi celle de la métaphore. Le premier point devrait être évident. L’essayiste Northrop Frye (3) m’a fait comprendre le second : la métaphore a une portée toute différente chez le Grec, pour qui elle évoque la déesse Hygéia (4), et chez le chrétien primitif, pour qui elle évoque la déesse Hygia, ou chez le chrétien médiéval, qu’elle invite au salut par un seul Créateur et Sauveur crucifié. Mais elle est encore différente en ce qu’elle crée des besoins de soins dans un monde imprégné de l’idéal instrumental de la science. Dans la mesure où l’on accepte une telle historicité de la métaphore, il convient de se demander si, dans ces dernières années du millénaire, il est encore légitime de parler d’une métaphore sociale.

Et voici ma thèse : vers le milieu du XXe siècle, ce qu’implique la notion d’une « recherche de la santé » avait un sens tout autre que de nos jours. Selon la notion qui s’affirme aujourd’hui, l’être humain qui a besoin de santé est considéré comme un sous-système de la biosphère, un système immunitaire qu’il faut contrôler, régler, optimiser, comme « une vie ». Il n’est plus question de mettre en lumière ce que constitue l’expérience « d’être vivant ». Par sa réduction à une vie, le sujet tombe dans un vide qui l’étouffe. Pour parler de la santé en 1999, il faut comprendre la recherche de la santé comme l’inverse de celle du salut, il faut la comprendre comme une liturgie sociétaire au service d’une idole qui éteint le sujet.

En 1974, j’ai écrit la Némésis médicale (5). Cependant, je n’avais pas choisi la médecine comme thème, mais comme exemple. Avec ce livre, je voulais poursuivre un discours déjà commencé sur les institutions modernes en tant que cérémonies créatrices de mythes, de liturgies sociales célébrant des certitudes. Ainsi j’avais examiné l’école (6), les transports et le logement pour comprendre leurs fonctions latentes et inéluctables : ce qu’ils proclament plutôt que ce qu’ils produisent : le mythe d’ Homo educandus, le mythe d’ Homo transportandus, enfin celui de l’homme encastré.

J’ai choisi la médecine comme exemple pour illustrer des niveaux distincts de la contre-productivité caractéristique de toutes les institutions de l’après-guerre, de leur paradoxe technique, social et culturel : sur le plan technique, la synergie thérapeutique qui produit de nouvelles maladies ; sur le plan social, le déracinement opéré par le diagnostic qui hante le malade, l’idiot, le vieillard et, de même, celui qui s’éteint lentement. Et, avant tout, sur le plan culturel, la promesse du progrès conduit au refus de la condition humaine et au dégoût de l’art de souffrir.

Je commençais Némésis médicale par ces mots : « L’entreprise médicale menace la santé. » A l’époque, cette affirmation pouvait faire douter du sérieux de l’auteur, mais elle avait aussi le pouvoir de provoquer la stupeur et la rage. Vingt-cinq ans plus tard, je ne pourrais plus reprendre cette phrase à mon compte, et cela pour deux raisons. Les médecins ont perdu le gouvernail de l’état biologique, la barre de la biocratie. Si jamais il y a un praticien parmi les « décideurs », il est là pour légitimer la revendication du système industriel d’améliorer l’état de santé. Et, en outre, cette « santé » n’est plus ressentie. C’est une « santé » paradoxale. « Santé » désigne un optimum cybernétique. La santé se conçoit comme un équilibre entre le macro-système socio-écologique et la population de ses sous-systèmes de type humain. Se soumettant à l’optimisation, le sujet se renie.

Aujourd’hui, je commencerais mon argumentation en disant : « La recherche de la santé est devenue le facteur pathogène prédominant. » Me voilà obligé de faire face à une contre-productivité à laquelle je ne pouvais penser quand j’ai écrit Némésis...

Ce paradoxe devient évident quand on fouille les rapports sur les progrès dans l’état de santé. Il faut les lire bifrons comme un Janus (7) : de l’oeil droit, on est accablé par les statistiques de mortalité et de morbidité, dont la baisse est interprétée comme le résultat des prestations médicales ; de l’oeil gauche, on ne peut plus éviter les études anthropologiques qui nous donnent les réponses à la question : comment ça va ?

On ne peut plus éviter de voir le contraste entre la santé prétendument objective et la santé subjective. Et qu’observe-t-on ? Plus grande est l’offre de « santé », plus les gens répondent qu’ils ont des problèmes, des besoins, des maladies, et demandent à être garantis contre les risques, alors que, dans les régions prétendument illettrées, les « sous-développés » acceptent sans problème leur condition. Leur réponse à la question : « Comment ça va ? » est : « Ça va bien, vu ma condition, mon âge, mon karma. » Et encore : plus l’offre de la pléthore clinique résulte d’un engagement politique de la population, plus intensément est ressenti le manque de santé. En d’autres termes, l’angoisse mesure le niveau de la modernisation et encore plus celui de la politisation. L’acceptation sociale du diagnostic « objectif » est devenue pathogène au sens subjectif.

Et ce sont précisément les économistes partisans d’une économie sociale orientée par les valeurs de la solidarité qui font du droit égalitaire à la santé un objectif primordial. Logiquement, ils se voient contraints d’accepter des plafonds économiques pour tous les types de soins individuels. C’est chez eux qu’on trouve une interprétation éthique de la redéfinition du pathologique qui s’opère à l’intérieur de la médecine. La redéfinition actuelle de la maladie entraîne, selon le professeur Sajay Samuel, de l’université Bucknell, « une transition du corps physique vers un corps fiscal ». En effet, les critères sélectionnés qui classent tel ou tel cas comme passible de soins clinico-médicaux sont en nombre croissant des paramètres financiers.

L’auscultation remplace l’écoute

LE diagnostic, dans une perspective historique, a eu pendant des siècles une fonction éminemment thérapeutique. L’essentiel de la rencontre entre médecin et malade était verbal. Encore au commencement du XVIIIe siècle, la visite médicale était une conversation. Le patient racontait, s’attendant à une écoute privilégiée de la part du médecin ; il savait encore parler de ce qu’il ressentait, un déséquilibre de ses humeurs, une altération de ses flux, une désorientation de ses sens et de terrifiantes coagulations. Quand je lis le journal de tel ou tel médecin de l’âge baroque (XVIe et XVIIe siècles), chaque annotation évoque une tragédie grecque. L’art médical était celui de l’écoute. Il assumait le comportement qu’Aristote, dans sa Poétique, exige du public au théâtre, différant sur ce point de son maître Platon. Aristote est tragique par ses inflexions de voix, sa mélodie, ses gestes, et non pas seulement par les mots. C’est ainsi que le médecin répond mimétiquement au patient. Pour le patient, ce diagnostic mimétique avait une fonction thérapeutique.

Cette résonance disparaît bientôt, l’auscultation remplace l’écoute. L’ordre donné cède la place à l’ordre construit, et cela pas seulement dans la médecine. L’éthique des valeurs déplace celle du bien et du mal, la sécurité du savoir déclasse la vérité. Pour la musique, la consonance écoutée, qui pouvait révéler l’harmonie cosmique, disparaît sous l’effet de l’acoustique, une science qui enseigne comment faire sentir les courbes sinusoïdales dans le médium.

Cette transformation du médecin qui écoute une plainte en médecin qui attribue une pathologie arrive à son point culminant après 1945. On pousse le patient à se regarder à travers la grille médicale, à se soumettre à une autopsie dans le sens littéral de ce mot : à se voir de ses propres yeux. Par cette auto-visualisation, il renonce à se sentir. Les radiographies, les tomographies et même l’échographie des années 70 l’aident à s’identifier aux planches anatomiques pendues, dans son enfance, aux murs des classes. La visite médicale sert ainsi à la désincarnation de l’ego.

Il serait impossible de procéder à l’analyse de la santé et de la maladie en tant que métaphores sociales, à l’approche de l’an 2000, sans comprendre que cette auto- abstraction imaginaire par le rituel médical appartient, elle aussi, au passé. Le diagnostic ne donne plus une image qui se veut réaliste, mais un enchevêtrement de courbes de probabilités organisées en profil.

Le diagnostic ne s’adresse plus au sens de la vue. Désormais, il exige du patient un froid calcul. Dans leur majorité, les éléments du diagnostic ne mesurent plus cet individu concret ; chaque observation place son cas dans une « population » différente et indique une éventualité sans pouvoir désigner le sujet. La médecine s’est mise hors d’état de choisir le bien pour un patient concret. Pour décider des services qu’on lui rendra, elle oblige le diagnostiqué à jouer son sort au poker.

Je prends comme exemple la consultation génétique prénatale étudiée à fond par une collègue, la chercheuse Silja Samerski, de l’université de Tübingen. Je n’aurais pas cru ce qui s’y passe, d’après l’étude de douzaines de protocoles, dans ces consultations auxquelles des catégories de femmes sont soumises en Allemagne. Ces consultations sont faites par un médecin nanti de quatre années de spécialisation en génétique. Il s’abstient rigoureusement de toute opinion pour éviter le destin d’un docteur de Tübingen, condamné, en 1997, par la Cour suprême, à subvenir à vie à l’entretien d’un enfant malformé : il avait suggéré à la future mère que la probabilité d’une telle anormalité n’était pas grande, au lieu de se borner à en chiffrer le risque.

Dans ces entretiens, on passe de l’information sur la fécondation et d’un résumé des lois de Mendel (8) à l’établissement d’un arbre génético-héraldique pour arriver à l’inventaire des dangers et à une promenade à travers un jardin de « monstruosités ». Chaque fois que la femme demande si cela pourrait lui arriver, le médecin lui répond : « Madame, avec certitude cela non plus nous ne pouvons pas l’exclure. » Mais, avec certitude, une telle réponse laisse des traces. Cette cérémonie a un effet symbolique inéluctable : elle contraint la femme enceinte à prendre une « décision » en s’identifiant elle-même et son enfant à venir avec une configuration de probabilités.

Ce n’est pas de la décision pour ou contre la continuation de son état de grossesse que je parle, mais de l’obligation de la femme à s’identifier elle-même, et aussi son fruit, avec une « probabilité ». D’identifier son choix avec un billet de loterie. On la contraint ainsi à un oxymoron (9) de décision, un choix qui se prétend humain alors qu’il l’encastre dans l’inhumain numérique. Nous voici en face non plus d’une désincarnation de l’ego mais de la négation de l’unicité du sujet, de l’absurdité à se risquer comme système, comme un modèle actuaire. Le consultant devient psychopompe (10) dans une liturgie d’initiation au tout-statistique. Et tout cela à la « poursuite de la santé ».

A ce point, il devient impossible de traiter de la santé en tant que métaphore. Les métaphores sont des trajets d’une rive sémantique à l’autre. Par nature, elles boitent. Mais, par essence, elles jettent une lumière sur le point de départ de la traversée. Ce ne peut plus être le cas quand la santé est conçue comme l’optimisation d’un risque. Le gouffre qui existe entre le somatique et le mathématique ne l’admet pas. Le point de départ ne tolère ni la chair ni l’ego. La poursuite de la santé les dissout tous deux. Comment peut-on encore donner corps à la peur quand on est privé de la chair ? Comment éviter de tomber dans une dérive de décisions suicidaires ? Faisons une prière : « Ne nous laissez point succomber au diagnostic, mais délivrez-nous des maux de la santé. »

Ivan Illich.

1) Médecin grec (131-201) qui exerça surtout à Pergame et Rome. Ses dissections d’animaux lui permirent, en anatomie, de faire d’importantes découvertes sur le système nerveux et le coeur. Son influence fut considérable jusqu’au XVIIe siècle.

(2) Héros de l’Antiquité qui passait pour avoir enseigné aux êtres humains l’ensemble du savoir qui fonde une civilisation. Il déroba le feu aux dieux pour l’apporter aux hommes.

(3) Northrop Frye (1912-1990), ancien professeur à l’université de Toronto et l’un des plus influents critiques littéraires de langue anglaise. Auteur, entre autres, de : Anatomie de la critique (Gallimard, 1969), L’Ecriture profane (Circé, 1996), La Parole souveraine (Seuil, 1994), et Le Grand Code. La Bible et la Littérature (Seuil, 1984).

(4) Personnification de la santé, fille d’Asclépios, le dieu grec de la médecine.

(5) Ivan Illich, Némésis médicale. L’expropriation de la santé, Seuil, coll. « Points », Paris, 1981.

(6) Lire Ivan Illich, Une société sans école, Seuil, coll. « Points », Paris, 1980.

(7) Dieu romain à double visage, Janus bifrons ; le mois de janvier - januarius - lui est consacré.

(8) Jan Rehor, dit Gregor Mendel (1822-1884), botaniste tchèque, fondateur de la génétique, il découvrit les lois de l’hybridation.

(9) Comme la métaphore, l’oxymoron est une figure de rhétorique. Elle consiste à appliquer à un nom une épithète qui semble le contredire ; par exemple : obscure clarté, soleil noir, force tranquille.

(10) Conducteur des âmes des morts, tels Hermès et Orphée.

http://www.monde-diplomatique.fr/1999/03/ILLICH/11802

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-33225036.html

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