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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 16:55



Fiscalité locale


RÉVÉLATION.

Un document élaboré par Bercy, que publie l’Humanité, détaille le dispositif de suppression de la taxe professionnelle. La facture serait supportée par les ménages tandis que les collectivités perdraient la maîtrise de leur budget.

"Il y aura bel et bien un transfert d’impôts sur les ménages…" selon Maxime Camuzat, conseiller général communiste du Cher.


Une bombe à retardement est amorcée pour faire imploser le financement des collectivités locales. Le compte à rebours est enclenché. Un document élaboré par le ministère de l’Économie et des Finances détaille le dispositif de suppression de la taxe professionnelle (TP) sur les équipements productifs payée par les entreprises aux collectivités, annoncée par Nicolas Sarkozy le 5 février dernier. Le gouvernement veut aller très vite : l’avant-projet de réforme devrait être bouclé en mai, pour être intégré dans la loi de finances pour 2010 débattue à l’automne. Avant la fin de l’année, serait donc voté par le Parlement le principe de la disparition définitive de la TP. Son entrée en vigueur s’étalerait sur 2010 et 2011, parallèlement à la mise en place d’un nouveau « schéma définitif de financement des collectivités ». Bercy énonce les principes censés inspirer la réforme : « respect du principe d’autonomie financière des collectivités, maintien du niveau des ressources de chaque collectivité, maintien d’un lien fort entre entreprises et territoires, maintien d’une liaison des taux entre entreprises et ménages ». Une énumération destinée à rassurer les élus locaux pour leur faire avaler la pilule, dans le cadre de la « Conférence nationale des exécutifs » installée à Matignon pour plancher sur la réforme des collectivités, aux côtés des représentants des principales associations d’élus (maires, départements, régions).

Affaiblissement des collectivités

En réalité, le projet apparaît surtout comme la déclinaison sur le plan fiscal du projet de réforme élaboré par le comité Balladur, qui prévoit de bouleverser les institutions territoriales du pays : suppressions des départements, fusions de régions, marginalisation des communes dans les intercommunalités, création de supercommunautés nommées métropoles, appelées à entrer en concurrence dans la compétition capitaliste mondiale pour attirer et valoriser les capitaux. Dans cette optique, le gouvernement compte sur l’affaiblissement programmé des collectivités locales en s’attaquant au nerf de la guerre : leur autonomie financière, c’est-à-dire la faculté pour les collectivités, qui remonte aux origines de la République, de lever l’impôt et d’en fixer le taux. La suppression de la TP et son remplacement par une véritable « usine à gaz » répondent à un double motif, économique et politique : celui de déresponsabiliser les entreprises, en transférant la part de financement des infrastructures publiques dont elle bénéficie pleinement sur la collectivité, selon une vieille revendication du MEDEF. Et de mettre les pouvoirs locaux, qui sont aujourd’hui autant de pôles de résistance dirigés majoritairement par la gauche à la politique gouvernementale, sous la tutelle financière de l’État, pour les faire participer à l’effort de réduction des services publics avec la révision générale des politiques publiques (RGPP).

Les ménages paieront l’addition

Le détail du dispositif appelé à se substituer à la TP répond parfaitement à ce cahier des charges. Bercy en évalue le coût à 22,2 milliards d’euros, sur les 28 milliards de recettes globales perçues par les collectivités au titre de la TP. Ne resterait à la charge des entreprises qu’une sorte de taxe foncière bis, légèrement augmentée (+ 1,1 milliard) sans lien avec la richesse réellement produite, assise sur les surfaces occupées et les équipements installés à demeure (par exemple, les hauts-fourneaux des aciéries). Mais pour l’essentiel, ce sont les ménages qui paieront l’addition, via de nouveaux transferts de produits d’impôts nationaux (TIPP sur les carburants, taxe sur les conventions d’assurance…) à hauteur de 14 milliards d’euros. L’argent des contribuables serait également mis à contribution pour compenser les 8 milliards manquants, par le biais de dotations budgétaires. Mais l’expérience apprend aux élus à être très prudents : les compensations à l’euro près promises lors des derniers transferts de compétence (RMI, routes nationales aux départements, etc.) ne sont pas au rendez-vous, loin s’en faut ! D’autant que l’État, lui, ne dit rien de ses propres compensations, se refusant à évoquer des hausses d’impôts nationaux. Or où compte-t-il trouver l’argent dans une situation budgétaire très dégradée par la crise ? Le risque existe bel et bien de voir les financements publics des collectivités se tarir, retirant aux élus locaux toute marge de manœuvre en les contraignant à privatiser leurs services, avec à la clé une montée des inégalités et l’abandon des activités non rentables. Sans compter le danger bien réel d’une explosion des impôts sur les ménages pour compenser les pertes.

Les départements étranglés

Quant au lien avec la réorganisation des territoires sur le modèle proposé par Balladur, il apparaît très clairement dans le projet d’assécher les finances départementales et régionales au profit du « secteur communal », désignant ici non pas tant les communes que les intercommunalités appelées à les supplanter. Ainsi, le transfert à l’étude de toute la taxe d’habitation et toute la taxe foncière représente 6,6 milliards d’euros de ressources fiscales en moins pour les départements, et 2,3 milliards pour les régions. « C’est une catastrophe pour les départements qui ne voteront plus que leurs dépenses. Nous perdons la maîtrise de nos budgets », a réagi la présidente de l’Association des départements de France, Claudy Lebreton (PS). Quant aux régions, qui « essaient de développer le réseau de trains express régionaux », la TIPP « directement liée au trafic routier, va les inciter à faire l’inverse », estime l’Association des régions de France. « Il est inadmissible de se voir confier des impôts sur lesquels nous n’avons aucune maîtrise », dénonce de son côté Philippe Laurent (divers droite), vice-président de l’Association des maires de France. Le secteur communal n’a aucune raison non plus de se réjouir de cette opération consistant à déshabiller Paul pour habiller Pierre, car l’étranglement financier des départements et des régions aura forcément des impacts en termes de nouveaux transferts de charges pour les communes et les intercommunalités.

Sébastien Crépel  (L’Huma)

http://pcfcapcorse.over-blog.com/article-30422449.html

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 16:44


Reçu ce courriel, que je relaie bien volontiers.
Militants, à vous !  Eva


Relayer les initiatives prises par RéSo.

L'appel "Europe, l'heure de l'action",

signé par
27 jeunes issus des 27 pays de l’Union Européenne, vient d'être rendu public. Il est maintenant proposé à la signature de tous les citoyens européens sur le site internet de RéSo.

Pour obtenir un maximum de signatures et faire vivre le débat, nous avons besoin de ton aide pour relayer cet appel.

1/ Sur les forums, dans les commentaires des blogs, sur ton blog personnel ou sur les médias internet (le post.fr etc.) :
Cela pourrait par exemple prendre la forme du message suivant, à adapter selon les supports :

À moins de 2 mois des élections européennes, l’association RéSo et 27 jeunes issus des 27 pays de l’Union Européenne, lancent l’appel "Europe, l’heure de l’action" pour insuffler une dynamique nouvelle aux débats européens. Autour de 6 propositions, nous revendiquons la nécessite d’un contenu politique fort, seul à même de déboucher sur des progrès politiques et sociaux. Venez découvrir cet appel et le signer directement sur le site de RéSo: http://www.re-so.net/spip.php?article4925

2/ sur les réseaux sociaux : facebook, twitter etc.

Tu pourrais, par exemple, mettre un statut pour inciter tes amis à découvrir l'appel, et à le signer:

3/ si tu es compétent en vidéo ou en flash:
Pourquoi ne pas créer une animation flash ou un petit clip vidéo qui pourrait illustrer cet appel, par exemple en affichant le titre "Europe : lheure de l'action" dans les différentes langues (une dizaine de langues sont disponibles sur le site de réso).


D'autres liens qui pourront t'être utiles:
Le communiqué de presse:
http://www.re-so.net/spip.php?article5018
Le formulaire de signature : http://www.re-so.net/spip.php?article5009
Le premier tract de la campagne à télécharger: http://www.re-so.net/spip.php?article5014


Nous te remercions pour ton aide, et restons à ton écoute pour toute autre idée ou proposition qui pourrait permettre de mieux diffuser l'appel.

Bien à toi


Benoit
benoit@re-so.net
http://www.re-so.net
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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 16:34
publié par liliM Hier 11H14

Le nouvel ordre mondial s'affiche publiquement

 

mardi 31 mars 2009 par Zone-7

(Source : Les 7 du Québec)

guill


"La gauche et la droite ne signifient plus rien, la seule chose qui compte est de savoir si vous êtes au service de Wall street, ou si vous essayez de défendre le peuple contre les financiers" - Webster Tarpley, auteur et historien, citation tirée du documentaire
The Obama Deception de Alex Jones


Le "nouvel ordre mondial" est une nouvelle appellation pour l'ancien ordre mondial qui a régné sous l'empire colonial anglo-saxon. Il s'agit du même groupe élitiste de banquiers privés internationaux, de financiers et de corporations.


Voici ce qu'en dit Wikipedia :

Le nouvel ordre mondial (« new world order ») est le nom donné à une vision du monde de l'après-guerre froide immédiat et de la période de l'histoire entamée au tournant de la dernière décennie du XXe siècle, juste après l'effondrement de l'Union Soviétique. L'expression a été utilisée lors d'un discours prononcé au Congrès américain le 6 mars 1991 par le président George H.W. Bush puis régulièrement reprise[1],[2].

Le nouvel ordre mondial est défini par sa tendance unipolaire (après cinquante ans de bipolarité, incarnée par l'opposition entre le monde occidental et le bloc soviétique), un fort interventionnisme international au nom des Droits de l'homme, un gouvernement mondial.

Pour certains, c'est une volonté d'expansion de tout ce qui, schématiquement, définissait le modèle américain pendant la Guerre froide, notamment la démocratie et l'économie de marché. Mais selon d'autres, comme Lawrence Patton McDonald, il s'agit d'une fusion entre le capitalisme et le communisme tel que pratiqué en Russie[3].

La question des démocraties à travers le monde a été abordée dans un rapport de la Commission Trilatérale de 1975 intitulé The Crisis of Democracy. Selon ce rapport, dont la rédaction a été supervisée par Zbigniew Brzezinski, le sentiment d'aliénation des citoyens ainsi que l'action des intellectuels ayant une valeur menacent ce système de gouvernance, qui impliquerait un retour à la dictature telle qu'elle est pratiquée dans les pays non démocratiques. (Source)

Il n'y a pas si longtemps, si vous prononciez ces mots de nouvel ordre mondial en public, les chances d'être perçu comme un conspirationniste par les anticomplotistes étaient plutôt grandes. Pourtant, ce terme fut inventé et utilisé par cette élite elle-même, cette coterie internationaliste qui ne se cache plus pour affirmer son agenda particulier.

David Rockefeller dans son livre Mémoires[4], a écrit que lui-même et sa famille ont travaillé contre l'intérêt des États-Unis. Il a d'autre part expliqué que le but était de construire une souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux. (Source)

Les termes de gouvernance mondiale, de gouvernement mondial, ou encore de pouvoir centralisé par la sphère financière via une banque et une monnaie mondiale, sont tous des synonymes de la globalisation dont nous avons été témoins depuis les dernières décennies. Ce gouvernement mondial constitué de grands blocs régionaux interdépendants - en système organique - a pour but de détruire la souveraineté des États du monde en les rendant tous dépendants les uns des autres, à l'opposé d'indépendants.

Pas d'indépendance = pas de résistance. Dépendance signifie, en d'autres mots, plus de contrôle.

Le nouvel ordre mondial s'affiche publiquement

Plusieurs leaders de différents pays, personnalités bien connues et grands médias ne se cachent plus pour annoncer publiquement leur agenda.

La globalisation par les marché financiers dérèglementés à la sauce capitaliste débridé complètement hors de contrôle et sans éthique nous ont mené tout droit à la grande dépression mondiale que nous connaissons aujourd'hui. La bulle des produits dérivés, la cause réelle de la crise actuelle, est leur monstrueuse création qui va maintenant engloutir le reste de l'économie mondiale dans un immense trou noir sidéral ; à moins que nous décidions de la neutraliser immédiatement et de complètement la démanteler. Néanmoins, il ne faudrait pas perdre de vue qu'il n'y aura pas plus d'issue, ni d'avenir viable dans un système fractionnaire bancaire où la création de l'argent ex-nihilo basé sur le crédit, la dette, est entre les mains de banquiers privés.

Mais que demandent tous ces politiciens, financiers et banquiers - ces grands philosophes gardiens du bien commun et sauveurs de l'humanité, en concert avec les médias ? Un nouvel ordre mondial. C'est-à-dire plus de cette même globalisation qui a plongé le monde dans la dépression et le chaos à venir.

C'est exactement ce dont les chefs des pays membres du G-20 vont discuter ce 2 avril 2009, à Londres ; alors qu'à l'extérieur, on se prépare à électrifier les protestants. Une nouvelle monnaie mondiale, une banque mondiale, ainsi que de nouvelles institutions financières supranationales qui auront un pouvoir transcendant la souveraineté des nations de la planète.

Qui se propose d'être à la tête de tout cela ? Les mêmes artisans de cette débâcle économique qui n'ont absolument pas manqué l'occasion, pour ne pas dire simplement prévu, de profiter énormément de celle-ci. Ils ne seraient pas parvenus à vendre le concept de gouvernance mondiale aux populations du monde sans profondément déstabiliser le Système en créant le chaos et la confusion totale dans la matrice économique, engendrant ainsi la peur, l'insécurité et le désespoir.

Problème - Réaction - Solution. C'est typique et vieux comme le monde. On créé un problème qui causera alors une réaction, ensuite de quoi on apporte notre solution déjà préparée d'avance qui satisfait nos objectifs et notre agenda. Le clou du spectacle, c'est qu'il y a des tonnes d'argent à faire à chaque étape du chemin vers le but ultime de consolidation et de concentration du pouvoir.

Voici la liste de différents politiciens et médias qui ont ouvertement demandé la venue d'un nouvel ordre mondial :

- Le Haaretz : Will the US financial crisis lead to a New World Order ? Many world leaders are now calling for a global government.

- Time : Obama's New World Order

- Baron David de Rothschild sees a New World Order in global banking governance

- The Scotsman : New World Order : Global co-operation, nationalisation and state intervention - all in one day

- CNN : G-20 : Shaping a New World Order

- AFP : G7 sets sights on new world economic order

- Gorbachev laments New World Order behind schedule, blames US for new Cold War

- The Financial Times : And now for a world government

- Marketwatch : How realistic is a North American currency ? Uniting U.S., Canada, Mexico money could result from crisis

- Isracast : Gaza & Obama's New World Order

- Asia Times : The IAEA and the new world order

- Time Magazine : New World Order

- The Times : The New New World Order The West's foreign policy priority is no longer terrorism : it is to tame the new great power nationalisms and harness them to democratic ideals

- Henry A. Kissinger : The chance for a new world order

- NEWSWEEK : We Need a Bank Of the World

- Gordon Brown calls for new world order to beat recession

- Sarkozy Calls for "New World Order" at UN

- Merkel, Brown Call for Global Economic Rules


Difficile d'argumenter que le nouvel ordre mondial est l'affaire de conspirationnistes alors qu'autant de chefs d'État, d'importants personnages et de médias l'ont si ouvertement et publiquement annoncé. En fait, l'appellation contrôlée de nouvel ordre mondial est tellement à la mode que le futur complexe destiné à remplacer les tours jumelles du défunt World Trade Center (WTC) portera le nom de
One World Trade Center !

Source : news of tomorrow

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=3253

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 16:29



Précisions sur l’origine
du prix élevé du pétrole

publié par
graffitix (OGM) Hier 17H37
par F. William Engdahl - Mondialisation.ca, Le 25 mai 2008 - Source

Comme détaillé dans un article antérieur, un calcul prudent montre que, dans le prix du baril de pétrole brut d’aujourd'hui, au moins 60% des 128 dollars sont dus à la spéculation à terme non réglementée, des hedge funds, des banques et des groupes financiers. Ils utilisent les échanges à terme du ICE Futures de Londres et du NYMEX de New York, et les échanges inter-bancaires incontrôlés ou négociés hors cote pour échapper à tout examen minutieux. Les règlements de la Commodity Futures Trading Commission du gouvernement étasunien permettent aux spéculateurs d'acheter du pétrole brut grâce à des contrats à terme sur le Nymex, en avançant seulement 6% de la valeur du contrat. Le prix en ce moment étant de 128 dollars par baril, cela signifie que le spéculateur à terme n'a qu'à donner environ 8 dollars pour chaque baril et emprunter les autres 120 dollars. Cette « force » exceptionnelle de 16 pour 1 permet d’amener le prix à un niveau follement irréaliste et de compenser les pertes bancaires du subprime et des autres catastrophes au détriment de l'ensemble de la population [mondiale].

 

La mystification du pic pétrolier, c’est-à-dire l'argument selon lequel la production pétrolière aurait épuisé plus de la moitié des réserves, ce qui rend le pétrole bon marché et abondant sur le déclin dans le monde, a permis à cette fraude coûteuse de perdurer depuis l'invasion de l'Iraq en 2003 avec l'aide des principales banques, des négociants et des opérateurs pétroliers majeurs. Comme toujours, Washington tente d’en faire porter le chapeau aux producteurs arabes de l'OPEP. Le problème n'est pas la pénurie de l’approvisionnement en pétrole brut. En fait, l’offre est actuellement excédentaire dans le monde. Pourtant, le prix grimpe toujours plus haut. Pourquoi ? La réponse se trouve dans la politique manifestement délibérée du gouvernement étasunien, qui permet la manipulation effrénée du prix du pétrole.

 


Demande pétrolière plate, boom du prix . . .

 

Le principal stratège du marché de l’une des banques leaders mondiales de l’industrie pétrolière, David Kelly, de JP Morgan Funds, a récemment laissé entendre quelque chose en disant au Washington Post, « Je pense que l’une des choses très importantes que l’on doive réaliser est que la croissance de la consommation pétrolière mondiale n'est pas si forte que ça. »

 

L'une des fables utilisées pour soutenir la spéculation à terme sur le pétrole est l'allégation de la soif d'importation pétrolière de la Chine qui exploserait hors de contrôle en entraînant des pénuries dans l'équilibre de l'offre et de la demande. Les faits ne confortent cependant pas la thèse de la demande chinoise.

 

Dans son dernier rapport sur les perspectives énergétiques à court terme, l’Energy Information Administration (EIA)  du gouvernement étasunien concluait que la demande pétrolière aux États-Unis devrait baisser de 190.000 barils par jour en 2008, surtout à cause de l'aggravation de la récession économique. Loin d’exploser, dit l’EIA, la consommation chinoise devrait augmenter cette année de seulement 400.000 barils par jour. Ce n'est guère la « poussée de la demande pétrolière » chinoise  stigmatisée par les médias. L'année dernière, la Chine a importé 3,2 millions de barils par jour, et elle aurait utilisé au total environ 7 millions de barils par jour. Les États-Unis, par contre, consomment environ 20,7 millions de barils par jour.

 

Cela signifie que la principale nation consommatrice de pétrole, les États-Unis, connaissent une baisse importante de la demande. La Chine, qui consomme seulement un tiers du pétrole utilisé aux États-Unis, ne verra qu’une augmentation mineure de sa demande d'importation par rapport à l'ensemble de la production pétrolière mondiale journalière de 84 millions de barils, moins d’un demi pour cent de la demande totale.

 

Pour 2008, l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) a prévu que la croissance de la demande mondiale en pétrole resterait inchangée, à 1,2 millions de barils par jour, car le ralentissement de la croissance économique dans le monde industrialisé est légèrement compensé par la consommation croissante dans les pays en développement. L’OPEP prédit que la demande pétrolière mondiale en 2008 sera en moyenne de 87 millions de barils par jour, en grande partie inchangée par rapport à son estimation précédente. Il est prévu que la demande de la Chine, du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Amérique Latine sera plus forte, mais celle de l'UE et de l’Amérique du Nord sera plus faible.

 

Ainsi, le plus grand consommateur de pétrole du monde est confronté à une forte baisse de consommation, à un déclin qui va s'aggraver à cause de la crise du logement et des effets économiques liés à  la crise financière de levier. Si les marchés étaient normaux, non dissimulés et transparents, le prix chuterait probablement, il ne s’élèverait pas. Aucune crise d'approvisionnement ne justifie la manière dont est fixé le prix du pétrole aujourd'hui dans le monde.  
 

Annonce de nouveaux grands champs pétroliers en cours

 

Non seulement il n’y a pas de crise d'approvisionnement pour justifier pareille bulle de prix, mais il existe plusieurs nouveaux gisements pétrolifères gigantesques qui doivent commencer à produire au cours de 2008 pour augmenter l'offre.

 

Le plus important producteur de pétrole du monde, l'Arabie Saoudite, est en train de finaliser des plans pour renforcer l'activité de forage d'un tiers et accroître les investissements de 40%. Le plan de Saudi Aramco, couvrant la période de 2009 à 2013, devrait être approuvé ce mois-ci par le conseil d'administration et le Ministère du pétrole. Le Royaume est au beau milieu d’un plan d’élargissement de la production pétrolière de 50 milliard de dollars pour répondre à la demande croissante de l’Asie et des autres marchés émergents. Le Royaume prévoit d'accroître sa capacité totale de pompage jusqu’à 12,5 millions de barils par jour d'ici à l'an prochain, une hausse d'environ 11% de sa capacité actuelle de 11,3 millions de barils par jour.

 

En avril de cette année le gisement pétrolifère de Khursaniyah en Arabie Saoudite a commencé le pompage, et il ajoutera bientôt 500.000 barils par jour à l'offre mondiale en pétrole brut Arabian Light, de haute qualité. En outre, un autre projet d'expansion saoudien, le développement des champs pétroliers de Khurais, le plus important des projets de Saudi Aramco, augmentera la capacité de production pétrolière des gisements saoudiens de 11,3 à 12,5 millions de barils par jour d'ici à 2009. Il est prévu que Khurais augmentera la capacité d’exportation saoudienne de brut léger de haute qualité de 1,2 millions de barils par jour.

 

Petrobras du Brésil est dans la phase d'exploitation initiale des réserves pétrolières offshore de son gisement de Tupi. Les estimations ont récemment confirmé qu’elles pouvaient être aussi grandes ou plus grandes que celles de la Mer du Nord. Petrobras dit que le nouveau gisement ultra-profond de Tupi pourrait contenir jusqu’à 8 milliards de barils de pétrole brut léger exploitable. Quand ce sera en cours, dans quelques années, il est prévu de classer le Brésil dans le « top 10 » mondial des producteurs pétroliers, entre le Nigeria et le Venezuela.

 

Aux États-Unis, à part les rumeurs disant que les grandes compagnies pétrolières délaissent délibérément les immenses nouvelles réserves en Alaska, de crainte que l’offre excédentaire ne fasse plonger le prix de ces dernières années, l'US Geological Survey (USGS) a récemment publié un rapport qui a confirmé de nouvelles grandes réserves pétrolières dans la région appelée Bakken, qui s'étend à travers le Dakota du Nord, le Montana et le sud-est de la province de Saskatchewan [au Canada]. L'USGS estime que Bakken contient jusqu’à 3,65 milliards de barils de pétrole.

 

Ce ne sont là que quelques confirmations d’immenses réserves de pétrole à exploiter. On estime que l’Irak (où les quatre plus grandes firmes pétrolières anglo-étasuniennes salivent de mettre la main sur des gisements inexplorés) possède les plus grandes réserves pétrolières après l'Arabie Saoudite. Il reste encore une grande partie du monde qui n'a pas été explorée pour y chercher du pétrole.   À un prix supérieur à 60 dollars le baril, d'énormes potentialités nouvelles deviennent économiques. Le problème majeur auquel est confrontée la grande industrie pétrolière n’est pas de trouver de quoi remplacer le pétrole, mais de contrôler les découvertes pétrolières mondiales pour maintenir le prix exorbitant actuel. Elle est aidée en cela par les banques de Wall Street et les deux grandes sociétés d’échanges pétroliers : NYMEX et ICE et ICE Future de Atlanta-Londres. 

 

Alors pourquoi augmenter encore le prix ?

 

Il est de plus en plus évident que la récente bulle spéculative pétrolière, devenue asymptotique depuis janvier, est sur le point d’éclater.

 

À la fin du mois dernier, à Dallas au Texas, l'American Association of Petroleum Geologists a tenu sa conférence annuelle en présence de tous les principaux cadres et géologues. Selon un participant, les bien informés directeurs généraux de l’industrie pétrolière sont arrivés à un consensus sur le fait que « le prix du pétrole chutera bientôt de façon spectaculaire et que l’augmentation à long terme concernera le prix du gaz naturel. »

 

Juste quelques jours avant, Lehman Brothers, une banque d'investissement de Wall Street a dit que la bulle du prix pétrolier touche à sa fin. Michael Waldron, le chef stratège pétrolier de la banque, a été cité, le 24 avril dans le Daily Telegraph de Grande-Bretagne, disant : « L’offre pétrolière dépasse la croissance de la demande. Des inventaires sont faits depuis le début de l'année. »

 

Aux États-Unis, les stocks de pétrole ont augmenté de près de 12 millions de barils en avril.  Selon le rapport mensuel de l'inventaire du 7 mai de l’EIA, ils sont en hausse de près de 33 millions de barils depuis janvier. Au même moment, le rapport du 7 mai de MasterCard montre que la demande en essence a diminué de 5,8%. Et les raffineurs sont en train de réduire considérablement leur cadence de raffinage pour s'adapter à la baisse de la demande. Ils tournent actuellement à 85% de leur capacité, par rapport aux 89% d’il y a un an, dans une saison où la production est normalement de 95%. Les raffineurs sont manifestement aujourd'hui en train d’essayer de tirer vers le bas l’offre des ressources en essence pour augmenter son prix. « C’est l’économie, idiot, » pour paraphraser l'infâme raillerie de Bill Clinton à papa Bush lors des élections de 1992. Ça s'appelle la récession économique.

 

Le rapport du 8 mai de Oil Movements, une société britannique, qui suit les expéditions pétrolières dans monde entier, montre que le transit pétrolier en haute mer est aussi très important. Presque toutes les sortes d'expéditions marchent plus fort qu’il y a un an. Le rapport note que, « En Occident, une grande part des stocks pétroliers faits cette année sont arrivés de l’étranger en catimini. » Certains initiés disent que les activités et les stocks des quatre grands de l’industrie pétrolière mondiale, l'état réel des tankers, du stockage et des chargements, est l’industrie la plus secrète du monde, sans compter peut-être celle du commerce des stupéfiants.  

 

Goldman Sachs de nouveau au milieu

 

Aujourd'hui, le prix du pétrole, contrairement à il y a vingt ans, est déterminé à huis clos dans les chambres de commerce d’institutions financières géantes comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Citigroup, Deutsche Bank ou UBS. Dans ce jeu, l'échangeur clef est le London ICE Futures Exchange (autrefois International Petroleum Exchange). ICE Futures est une filiale possédée intégralement par Atlanta Georgia International Commodities Exchange. ICE d’Atlanta a été fondée en partie par Goldman Sachs, qui dirige aussi l’indice des prix des matières premières les plus utilisées dans le monde, le GSCI, qui est surpondéré au prix du pétrole.

 

Comme je l'ai indiqué dans mon précédent article, (Peut-être que 60% du prix du pétrole d’aujourd’hui est une pure spéculation), l'ICE a récemment fait l’objet d'une enquête du Congrès. Elle a été citée la fois dans le rapport du personnel du Sous-Comité permanent sur les enquêtes du Sénat du 27 juin 2006, et dans l’audition du Comité sur l'Énergie & le Commerce de la Chambre en décembre 2007, qui ont examiné la négociation à terme non réglementée en matière d'énergie. Les deux études ont conclu que la montée du prix de l'énergie à 128 dollars, et peut-être au-delà, est pilotée par la valeur en milliards de dollars des contrats à terme sur le pétrole et le gaz naturel placés sur les ICE. Grâce à une dérogation opportune sur le règlement, accordée par l'administration Bush en janvier 2006, le négoce de l’énergie étasunienne en ICE Futures n'est plus contrôlé par la Commodities Futures Trading Commission (CFTC), même si les contrats pétroliers étatsuniens en ICE Futures font l’objet d’un commerce dans les filiales d’ICE aux États-Unis. Et à la demande d’Enron, la CFTC a exonéré les transactions pétrolières à terme hors cote en 2000.

 

Il n'est donc pas surprenant de voir, dans un rapport du 6 mai de Reuters, que Goldman Sachs annonce que le pétrole pourrait en fait être proche d'un autre « super pic » qui fera peut-être monter le prix du baril de pétrole jusqu’à 200 dollars dans les six à 24 prochains mois. Ce titre, « 200 dollars le baril ! » devient le principal reportage sur le pétrole pour les deux prochains jours. Combien de moutons crédules suivront derrière avec l’argent de leurs paris ?

 

Arjun Murti, le stratège en énergie de Goldman Sachs, a accusé ce qu'il a appelé la demande « foudroyante » (sic) chinoise et moyen-orientale, combinée au fait que le Moyen-Orient serait proche du maximum de sa capacité de production pétrolière, selon ses assertions. Le mythique pic pétrolier aide de nouveau Wall Street. Le degré du matraquage publicitaire, sans fondement, rappelle la nature intéressée du battage de Wall Street en 1999-2000 autour des actions Internet ou Enron.

 

En 2001, juste avant le crash des dot.com dans le NASDAQ, certaines entreprises de Wall Street poussaient pour vendre au public crédule les actions dont elles se délestaient discrètement. Ou bien elles poussaient les actions douteuses pour les entreprises dont les banques, qui leur étaient affiliées, avaient des intérêts financiers. En bref, comme les enquêtes du Congrès paraîtront plus tard, les sociétés ayant un intérêt dans un résultat financier assuré ont utilisé les médias pour se remplir les poches et pour que leurs entreprises laissent les investisseurs publics dans le pétrin. Il serait intéressant que le Congrès assigne les enregistrements des positions à terme de Goldman Sachs et d’une poignée d'autres grands acteurs sur l'énergie à terme, pour voir s'ils ont ou non investi pour bénéficier d’une nouvelle hausse du pétrole à 200 dollars.  

 

Règles en marge alimentant la frénésie

 

Un autre turbo, rajouté pour introduire la spéculation dans le prix du pétrole, est la règle dominante en marge qui fait que le pourcentage en cash pour l’acheteur de contrat pétrolier à terme incite à parier sur la hausse du prix du pétrole (ou sur sa chute d'ailleurs). La réglementation actuelle sur le NYMEX permet aux spéculateurs de fournir seulement 6% de la valeur totale de son contrat pétrolier à terme. Cela signifie qu’une prise de risque des hedge funds ou des banques peut acheter du pétrole à terme avec une force de 16 pour 1.

 

Nous sommes frappés par une série sans fin d'arguments plausibles sur le prix élevé du pétrole : « super risque de terrorisme » ; élévation « foudroyante »  de la demande chinoise et indienne ; troubles dans la région pétrolifère nigérienne ; « explosion » d’oléoduc en Iraq ; possible guerre contre  l'Iran. . . et, au-dessus de tout ça, le matraquage du pic pétrolier. Le spéculateur pétrolier T. Boone Pickens, qui aurait amassé d’immenses profits dans le pétrole à terme, plaide que le monde est opportunément au sommet du pic pétrolier. Il en est de même de Matt Simmons, banquier d'affaires à Houston et ami de Dick Cheney.

 

Comme le notait le rapport du Sénat en juin 2006, Le rôle de la spéculation dans le marché pétrolier sur la hausse du prix de l’essence, « Il y a quelques managers des hedge funds là-bas qui maîtrisent la connaissance de la manière d’exploiter la théorie du pic pétrolier et le sujet brûlant de l'offre et la demande, et en prédisant audacieusement la progression choquante des prix à venir, ils ne font qu’ajouter davantage de carburant au feu de la spéculation dans une sorte de prophétie qui se réalise. »

 

Le Congrès démocrate agira-t-il pour changer la minutieuse opacité du marché pétrolier à terme dans une année électorale, et risquer de faire éclater la bulle ? Le 12 mai le comité de la Chambre sur l’énergie et le commerce a déclaré qu'il se penchera sur cette question en juin. Le monde aura les yeux braqués.

 


Article original en anglais, More on the real reason behind high oil prices, publié le 21 mai 2008.  Traduction libre de Pétrus Lombard, Alter Info. Révisée par Mondialisation.ca.

 

F. William Engdahl est associé de Mondialisation.ca/Global Research. Il est l'auteur de Pétrole, une guerre d’un siècle : L’ordre mondial anglo-américain, et de Seeds of Destruction: The Hidden Agenda of Genetic Manipulation. 


 
F. William Engdahl est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de F. William Engdahl publiés par Mondialisation.ca


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=3274
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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 16:23

publié par
roland (Dazibaouebmaster) Aujourd'hui 07H19

Par Napakatbra (les mots ont un sens)


Ils se sont donné tout le mal du monde pour nous vendre leur soupe financière, ils ont cru aux bons augures de leurs propres prédictions. Mais le ciel leur est tombé sur la tête. Quelques unes des plus belles perles de nos meilleurs experts économistes... Pressons-nous d'en rire, de peur d'en pleurer.


Bêtisier de la crise
Les doigts dans la crise...

Début 2008, Guy Sorman, dans son livre "L'économie ne ment pas", annonce que celle-ci "n'est plus une opinion, c'est une science". Conclusion : "Le temps des grandes crises semble passé parce que les progrès de la science permettent de mieux les comprendre et de mieux les gérer". D'ailleurs, l'Institut Montaigne ne déclarait-il pas, en 2006, que "la complexité [du système bancaire] fait sa force et l'aide à résister aux crises". Et David Thesmar, élu "Meilleur jeune économiste" en 2007, d'en rajouter une louche : "Grâce à des instruments innovants comme la titrisation et les dérivés de crédit, chaque risque de défaut, au lieu d'être porté par une seule banque, est ventilé par un grand nombre d'acteurs". Quelques mois avant que le château de carte ne vacille...


"Le marché ne se  trompe guère"

Alain Minc, dans son livre "www . capitalisme . fr", publié en 2000 : "La main invisible existe. Nous l'avons tous rencontrée. Le marché surréagit, s'énerve, s'émeut, mais globalement ne se trompe guère. Ni sur les devises, ni sur les actions des sociétés, ni sur le crédit des Etats". D'ailleurs, selon le même Minc la "mondialisation heureuse" est "à l'économie ce que l'air est à l'individu ou la pomme à la gravité universelle". Bonne poire, Guillaume Sarkozy (le frère) bombait le torse, en novembre 2002 : "Je suis fier d'être un patron industriel qui délocalise. Assez de faux semblant : la perte d'emploi, la déstabilisation industrielle, c'est normal, c'est l'évolution". Depuis, sa société, les Tissages de Picardie, a fait faillite. Normal, c'est l'évolution.


Les Subprimes, un must !

En avril 2005, Alan Greenspan, alors président de la Banque Centrale américaine (FED), s'auto-congratulait bruyamment., vantant "l'importance de [son] rôle [...] pour porter des innovations constructives qui correspondent au marché et profitent aux consommateurs". Tout cela, au cours d'un discours fulgurant portant sur l'"innovation" et les "avancées technologiques" financières qui ont accouché d'une "croissance rapide du prêt hypothécaire" aussi appelé...

Subprimes ! Chapeau.

En février 2007, Ben Bernanke (président de la FED) déclare qu'un "renforcement de l'économie [devrait intervenir] aux alentours du milieu de l'année". Confirmé par Henry Paulson, secrétaire d'état américain au trésor, au mois de mars de la même année : "L'économie américaine est en bonne santé et sa transition vers un taux de croissance modéré et durable est couronnée de succès". "Dans les deux dernières années, l'économie s'est montrée plus forte que je ne l'ai vu dans toute ma vie". Aucun "ralentissement" possible, donc, selon Paulson, car les "niveaux de liquidité sont hauts".


Malgré ces joyeuses prophéties, la crise est arrivée, sans se presser...

Exconomie : Quand les experts se plantent

Septembre 2008. Jean-Paul Servais, le président de la Commission bancaire belge, déclare que les banques belges n'ont "aucun problème de solvabilité, ni de liquidité". Et le ministre Reynders va jusqu'à comparer le risque de faillite d'une banque belge à "celui que le ciel nous tombe sur la tête". Moins d'une semaine après, ce dernier passait quelques nuits blanches à négocier le sauvetage des mastodontes bancaires Fortis et Dexia.

Pas de quoi se stresser pour autant, rassure David Naudé, économiste senior à la Deutsche Bank, en janvier 2008 : "Aux Etats-Unis, l'embellie arrivera certainement mi-2008. En Europe la reprise prendra sans doute quelques mois de plus. En tout cas, il n'aura pas de krach cette année !" Et Alain Minc, en octobre 2008, de rassurer les victimes du "marché" qui "ne se trompe guère" : "La crise est grotesquement psychologique". Et le plan de relance servirait à soigner les banquiers ? Nous voilà rassurés.


"Triomphe complet, total, sans appel"

En janvier 2008, Jean-Claude Trichet claironne qu'"au niveau mondial, nous avons la confirmation que la croissance continue à un rythme plutôt robuste, même s'il y a un léger ralentissement". D'ailleurs, en mai 2008, Pierre-Antoine Delhommais, journaliste économiste libéral du Monde, lui donne raison, décrétant son "triomphe complet, total, sans appel". "Une forme d'apothéose" pour le président de la Banque centrale européenne (BCE), qui aurait réussi à endiguer une "catastrophe bancaire" dans la zone euro et qui "l'emporte aussi sur le front de la croissance". La preuve : la "cadence quasi chinoise" de la croissance en Allemagne. Sacré Jean-Claude... qui annonçait, en mars 2007, interrogé sur les probabilités d'une récession : "Non, nous n'envisageons pas cette éventualité, donc pas de récession".

Le 25 janvier 2008, la Tribune titre en dix colonnes à la Une : "Les stratèges actions privilégient pour 2008 un scénario plutôt optimiste". On attend maintenant le scénario pessimiste. En mars 2008, l'agence de notation Standard & Poors attribue la note A+ (Notation supérieure) à Lehman Brothers... 6 mois avant sa faillite. En mai 2008, la banque Goldman sachs annonce un baril de brut à 200 $ "dans un délai de 6 mois à 2 ans". Six mois plus tard, les prévisions étaient révisées à 45$. 2 octobre 2008, Eric Woerth philosophe :

"Par nature, la France n'est pas en récession". Un sujet de philo pour le Bac 2009...

Ça va passer, ça va passer, ça va passer... Ouch

Mai 2008, Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI : "Les pires nouvelles sont derrière nous". Diagnostic partagé par Christine Lagarde en octobre de la même année : "Je pense qu'on a le gros de la crise derrière nous". A condition d'avancer à reculons, pourquoi pas... Septembre 2008, dans le magazine Capital, l'économiste Daniel Cohen, porte la bonne parole : "Nous allons en effet vivre une année horrible, jusqu'à mi 2009 la croissance sera nulle ou quasi nulle [...] La bonne nouvelle c'est que cela ne durera pas plus longtemps". Le 13 septembre 2008, le Journal des Finances titre en Une : "CAC 40, le pire est passé". Deux jours après, le CAC entamait sa descente aux enfers.



Aujourd'hui, tout de même, ces spécialistes semblent être redescendus sur terre. A l'instart du magicien de l'économie Jacques Marseille qui ne s'y trompe pas ; pour lui, la crise est là... mais elle devrait se terminer d'ici... la fin mai 2009. Alain Minc acquiesce aussi, mais refuse de tomber dans la marmite du pessimisme : En France, "la crise ne concerne que 300 000 personnes dramatiquement mal protégées [...] Pour les autres, il n'y aura pas de crise".

Et devinez qui vient manger ce soir, pendant le JT de 20 heures, pour nous annoncer que tout va bien ?


(Sources :
Canard Enchaîné du 04/02/08, Marianne du 18 avril 2009, TropicalBear, Le Monde, L'Expansion, Le JDD, ...)

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=3272

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 16:10

Il y a une dizaine d'années, un avocat français accompagnait parfois
ses fortunés clients en Suisse, au bord du lac Léman. Nicolas Sarkozy
traversait son désert politique, il avait alors repris sa robe d'avocat.
Une autre vie, où le président français trouvait bien des avantages
au paradis fiscal helvétique. Certains banquiers de Genève n'ont pas
oublié.

La carrière d'avocat de Nicolas Sarkozy reste méconnue. Elle mérite
pourtant quelques détours, pour comprendre les idées du politique.
Après une année à Sciences Po et un DEA à Nanterre, l'étudiant
entre au cabinet du bâtonnier Guy Danet, comme stagiaire, puis
collaborateur après sa prestation de serment en 1981.

Un jeune avocat au «  plan de carrière “ bien défini
Jacques Copper-Royer, associé de Danet, se souvent parfaitement de ce
garçon très intelligent, volontaire, ‘bon juriste’ et surtout,
très ambitieux :

« La volonté de Nicolas Sarkozy était, dès le départ, de faire
une carrière politique. Je dirais même qu'il avait une ambition :
devenir président de la République. Il avait donc un “plan de
carrière”. Etre avocat, cela lui permettait d'avoir des relations dans
le milieu des affaires. »



Pendant six ans, rue Georges-Berger, près du parc Monceau, maître
Sarkozy apprend son métier avec talent. A l'école de Guy Danet, l'un
des grands bâtonniers de l'époque, qui est, entre autres, l'avocat de
Paris Match et a des correspondants en Suisse. Droit des affaires, contrats
avec les grands groupes : l'avocat Sarkozy n'est pas un ‘civiliste’
ordinaire, mais un avocat d'affaires. Il cultive son réseau, aidé par
son élection à la mairie de Neuilly-sur-Seine en 1983, où il commence
à côtoyer le gotha du show-business.

Il bâtit alors une vraie clientèle, composée aussi de people comme on
ne les appelle pas encore ainsi. Jacques Copper-Royer :

« Ce sont des contrats de sponsoring, pour défendre de grands
chanteurs, de grands sportifs. Ce sont aussi les négociations pour de
grandes sociétés. Très vite, Nicolas a ses entrées dans ce monde.
Cela correspond à l'évolution du métier où, de plus en plus, on
discute avant de plaider. L'avocat devient un intermédiaire, pour
éviter le contentieux. »



En 1987, profitant du déménagement du cabinet Danet, Nicolas Sarkozy
créé son propre cabinet avec deux associés : Michel Leibovici et
Arnaud Claude. Ce dernier s'est spécialisé dans le droit immobilier. Il
a notamment récupéré dans sa clientèle la ville de
Levallois-Perret, dont il règle tous les contentieux d'expropriation.

Les tribulations de l'ami Henri Leconte à Genève
Elu député en 1988, Nicolas Sarkozy continue sa carrière d'avocat. En
accompagnant parfois ses riches clients vers des cieux fiscalement plus
cléments. C'est le cas d'Henri Leconte. Le joueur de tennis fait partie
des amis du jeune loup du RPR. Comme la plupart des sportifs
professionnels, il décide de s'exiler en Suisse.

A Genève, Leconte va jouer de malchance. Nicolas Sarkozy l'introduit chez
Jacques Heyer, gestionnaire de fortune qui va escroquer quelques-uns des
deux cents ‘happy few’ lui ayant confié leurs économies. Si les
pertes sont difficiles à évaluer, l'un de ses proches évoque le
chiffre de 23 millions de dollars évanouis dans des placements bidons aux
Etats-Unis. Le site Bakchich a raconté le mécanisme de la carambouille.

Sur les bords du lac Léman, un proche du banquier Heyer se souvient de
cet ‘homme sympathique’ :

« Il venait régulièrement, c'étaient des visites professionnelles
en tant qu'avocat. C'était surtout un ami d'Henri Leconte. Il
l'accompagnait lors de ses visites chez Jacques Heyer. »

En 1997, le scandale éclate : Heyer Management SA est liquidée. Son
gérant inculpé de ‘gestion déloyale aggravée’. L'indélicat a
grugé de nombreux clients, dont une brochette de VIP. Certains s'en
tirent bien : Johnny Halyday ou Jean-Claude Killy. D'autres perdent
beaucoup, beaucoup d'argent. Comme le racontait Libération pendant la
campagne présidentielle de 2007, Leconte est sorti lessivé de
l'histoire. Il l'a d'ailleurs évoqué dans un livre :

« Un sale jour, j'ai reçu un coup de fil d'un avocat. Il a été
clair : “Henri, tu n'as plus rien ! ” Non seulement, l'ami arnaqueur
était parti avec des millions, mais […] il m'escroquait tranquillement,
façon petite fourmi, depuis des années. »

Ruiné, Henri Leconte aura même droit à un appartement dans les HLM de
Levallois-Perret, grâce aux bons soins du maire RPR Patrick Balkany, qui
a aussi fréquenté les bureaux de Jacques Heyer à Genève. Condamné
à deux ans de prison ferme en première instance, la peine de Jacques
Heyer a été réduite à deux ans avec sursis par le tribunal
fédéral suisse. Depuis, l'homme vit sous le soleil de Saint-Tropez où
il joue au golf.

A Genève, l'actuel discours anti-Suisse de Sarkozy énerve
Dans les cabinets d'avocats de Genève ou au palais de justice, le
discours de Nicolas Sarkozy sur les paradis fiscaux est jugé au mieux
moralisateur, au pire franchement hypocrite. Le 25 mars à l'Elysée,
devant des députés UMP, le président tempête :

« Je veux une liste des paradis fiscaux et je veux les sanctionner !  »

Puis il menace :

« Je veux que les banques ne travaillent plus avec les îles Caïman,
Hongkong et Macao. Je démissionnerai de mon poste de co-prince d'Andorre
(si les choses n'avancent pas). Monaco doit aussi s'aligner : j'en parlerai
au prince Albert. Même la Suisse a cédé. »

A Genève, on s'amuse de ces foucades. Comme de nombreux avocats
d'affaires, Nicolas Sarkozy n'a jamais hésité à user au mieux des
failles du système financier.
L'affaire Heyer en offre un bon exemple. Derrière la Banque financière
de la Cité, sur laquelle s'appuyait le gestionnaire de fortune, il y
avait la BFC… Caïman, discrète succursale gérée par de non moins
discrets administrateurs helvètes. Comme l'indique un enquêteur ayant
travaillé sur le dossier :

« Les recherches ont buté sur la coopération avec les îles
Caïman. Les banquiers suisses disaient : “ça, on ne peut pas vous en
parler car ça concerne les îles Caïman.” »



Les enquêteurs suisses n'arriveront jamais à identifier les flux et
tous les ayant-droits des comptes gérés par Jacques Heyer. Refus des
îles Caïman. Et si la rumeur a souvent couru les bords du lac, personne
n'a jamais prouvé que Nicolas Sarkozy avait aussi un compte en Suisse
chez Jacques Heyer. Comme ses amis des Hauts-de-Seine, des ‘proches de
Charles Pasqua’, rappelle-t-on là-bas…

Photo : Cécilia et Nicolas Sarkozy à Roland Garros le 5 juin 1998
(Jacky Naegelen/Reuters).

Source: Rue89

http://gaelle.hautetfort.com/

 

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 16:01


Crise économique :
Non, il n’y aura pas de reprise cyclique automatique


Le 13 avril 2009

À la demande des lobbyistes corporatistes, le Congrès a inscrit dans la législation des lois permettant aux compagnies de délocaliser les emplois à l’étranger, de réduire les salaires réels, et autorisant des pratiques financières risquées. C’est en cela que s’enracine l’origine de cette crise.

Philip Tetlock, professeur de l'Université de Californie à Berkeley, a passé vingt ans à suivre 82.000 prévisions faites par 284 experts. Ses conclusions, présentées dans son livre, Expert Political Judgment (Avis d’expert en politique), sont des prédictions d'experts à peine mieux, en moyenne, que ne l’auraient été des pronostics faits au hasard. Il écrit : « Que les participants aient un doctorat, soient économistes, politologues, journalistes, historiens, aient une expérience politique ou accès à des informations privilégiées, de nombreuses ou quelques années d'expérience, ne fait quasiment aucune différence. »

Le seul facteur constant était la renommée, l’à-propos étant à l’inverse. Les spécialistes les plus célèbres font des pronostics plus mauvais que les inconnus.

Par exemple,

Altman écrit que,

nous avons vu un effondrement du marché du logement et du crédit, ce qui a engendré d'énormes pertes dans les ménages et les banques. La conséquence fut une forte baisse des dépenses de consommation et la cessation du prêt. Pour voir à quel point la récupération sera longue, nous pouvons examiner les dommages du bilan. Pour les ménages, le revenu net est passé à son apogée en mi-2007, à 64.400 milliards de dollars (47.750 milliards d’euros, 43.449 milliards de livres [et 2.227.780 milliards de roubles, ndt]), mais est tombé à 51.500 milliards de dollars fin 2008, une chute rapide de 20 pour cent. Avec une moyenne de 50.000 dollars de revenu par famille, et diminuant en termes réels depuis 2000, une chute de 20 pour cent de la valeur nette est grave ; en particulier quand la dette des ménages atteint 130 pour cent du revenu en 2008.

Venant du fait que les Étasuniens dépensaient plus que leurs revenus, cette dette renvoyait une impression positive de richesse. Les ménages se sentaient plus riches, en dépit de la compression des revenus, parce que la valeur de la maison et des actifs financiers étaient en hausse. Maintenant que l’impression de richesse s'est inversée pour de bon, la crise et le chômage effrayent les ménages, qui ont augmenté leur taux d'épargne pour la première fois depuis des années. Il stagnait entre 1 et 2 pour cent du revenu, mais a bondi à près de 5 pour cent. Avec des revenus réduits, diminuer seulement les dépenses discrétionnaires peut produire une plus grande épargne. Cela explique pourquoi les dépenses de consommation personnelles sont tombées à un taux record fin 2008.

Où et quand Altman et les autres économistes ont attrapé la faculté de lire dans l'esprit des gens est énigmatique.

Un jour, dans le passé, quelque charlatan a apparemment vendu à la spécialité économique un wagon de conneries de boules de cristal. Ainsi, au lieu de demander aux gens pourquoi ils ont dépensé plus que ce qu'ils gagnaient, ces économistes scrutent le cristal et ne voient qu’un reflet d’eux-mêmes.

Même mon expérience anecdotique contredit Altman. Tout au long de la décennie écoulée, lors de conversations avec des collègues, voisins, amis et parents, pas une seule fois je n’ai entendu quelqu'un se vanter d’une impression d’élévation de sa richesse. Ils se sont plaint toutefois de la montée du prix des articles et services essentiels et de la baisse de la valeur réelle de leurs revenus. Ils n'ont pas emprunté parce qu'ils se sentaient plus riches ; ils ont emprunté pour suppléer à la baisse de leurs revenus dans une économie en inflation. Et les banquiers le leur ont permis, les ont encouragés à le faire, en avançant des prêts faciles avec de faibles remboursements, sans jamais révéler leur coût véritable. Les consommateurs n’ont pas emprunté parce qu'ils se sentaient plus riches, ils ont emprunté parce qu’ils avaient besoin d'argent. Et, quand le système de Ponzi des banquiers a fait crouler l'économie, le remboursement des prêts est devenu impossible, les pertes d'emplois ont blackboulé les revenus, et les achats des consommateurs ont périclité. À moins que soient créés des emplois assortis d’un revenu suffisant pour faire renaître l’économie de consommation, il n’y aura pas de reprise cyclique spontanée.

La réapparition de ce genre d’emplois n'est toutefois pas assurée. Au cours du dernier quart de siècle, les firmes étasuniennes ont déménagé une foultitude d’emplois hautement rémunérés dans des pays étrangers, qui dépendaient de l’achat par le consommateur étasunien de leurs produits, fabriqués pour des compagnies étasuniennes qui ont déplacé leur fabrication chez eux. Même Obama dit que ces emplois ne reviendront pas. L'infrastructure pour les recréer n'existe plus aux États-Unis. Les entreprises qui continuent à offrir ce genre d’emplois demandent, dans certains cas exigent, que les employés travaillent pour un salaire inférieur. La perte des emplois et la diminution des salaires impliquent la baisse de la consommation dans un avenir imprévisible. Quand les trois grandes compagnies automobiles ont réduit leurs effectifs et versé des salaires plus bas, elles ont en réalité réduit le marché, non seulement de l’automobile, mais aussi des articles et services de toutes sortes. Comment, dans ces conditions, les banquiers peuvent-ils espérer augmenter les prêts ? Qui sera un emprunteur digne du crédit ? Certainement pas les gens sans emploi ou dont le revenu est étriqué ou, du fait des récentes défaillances de remboursement, grâce à l’allégement des conditions de crédit. Certainement pas les entreprises avec moins de ventes et des profits plus maigres. Le prêt ne reprendra pas, peu importe comment sont recapitalisées les banques en faillite. Par ailleurs, le nombre d'emplois qui doivent être créés pour la reprise est un multiple du nombre perdu si le salaire des nouveaux postes est inférieur à celui des jobs perdus. Il n’y aura donc pas de reprise cyclique naturelle.

Certains économistes commencent à parler d'un nouveau « redressement du chômage. » Je ne peux même pas imaginer ce que cela peut signifier ? Environ les trois quarts de l'économie étasunienne étaient tirés par la consommation. Sans régénération du niveau de consommation nécessaire à la marche de cette partie de l'économie, rien de ce qui peut véritablement être qualifié de redressement ne peut arriver. L’issue de sortie de cette crise n'est pas dans la recapitalisation des banques, mais plutôt dans celle des consommateurs. Compte tenu de l'idéologie politique soufflant sur les États-Unis d'Amérique, je doute que cela n’arrive jamais. Après tout, les affaires aux États-Unis sont du business, ça ne concerne pas le bien-être de la population.

Les économistes et les politiciens mettent cette crise sur le compte des vilaines pratiques financières. Et personne n’a indiqué comment les plans d'investissement de retraite, du style 401(K), ont régulièrement injecté de l'argent dans le marché boursier et ont contribué à la bulle. Ces pratiques pourraient avoir précipité la crise, mais, étant donné l’offensive contre le salaire du travailleur étasunien et le déménagement à l'étranger des jobs les mieux payés, la débâcle économique était tôt ou tard inévitable. Quiconque capable d’effectuer de simples calculs arithmétiques aurait dû le savoir.

Quand une nation confine sa population dans le travail insuffisamment rémunéré, sa prospérité est condamnée. Le Congrès, à la demande des lobbyistes corporatistes, a inscrit dans la législation des lois permettant aux compagnies de délocaliser les emplois à l’étranger, de réduire les salaires réels, et autorisant des pratiques financières risquées. C’est en cela que s’enracine l’origine de cette crise. Les gens ne font que ce que permet la loi. Sans peuple prospère, les États-Unis ne peuvent être une nation florissante. Alors, bienvenue aux États-Unis dans le tiers monde.

 

 

Traduction : Pétrus Lombard.


Kozy John est professeur de philosophie et de logique retraité. Il écrit des blogs sur la vie sociale, politique et économique. Après avoir servi dans l’US Army pendant la guerre de Corée, il a consacré 20 ans au professorat universitaire et encore 20 ans au job d'écrivain. Il a publié un précis de logique commerciale formelle dans des revues universitaires et un petit nombre de magazines commerciaux, et a écrit un certain nombre d’éditoriaux occasionnels pour les journaux. Ses articles et son adresse électronique se trouvent sur son site Internet
http://www.jkozy.com/

Dean Baker, a souvent fait remarquer que les médias, quand ils rapportent une prévision d’économiste éminent, devraient (mais ne font jamais) montrer sa qualité prédictive avec la liste de ses prédictions fausses faites auparavant. Mais, même quand leurs prévisions sont justes, les économistes ont le don de les établir sur de pures âneries. Roger Altman prévoit qu’il n’y aura aucune reprise cyclique habituelle. Même s’il est vraisemblable que ce soit juste, son article est un méli-mélo d'absurdités. Article original en anglais:  The Economic Crisis: No, this will not be a Normal Cyclical Recovery, publié le  12 avril 2009.


http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13159
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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 15:45



La Stratégie du choc,
de Naomi Klein


C'est un lieu commun de dire que, pour bien construire, il faut de bonnes bases, un bon diagnostique. Nous vivons une période complexe, une crise, financière, économique, bientôt politique et sociale... Pas facile d'y voir clair. Comprendre le système, qui montre ses limites et son incroyable inhumanité est, selon moi, la première des nécessités, même si ce n'est pas la seule.

 

Comment en est-on arrivé là ? Ce n'est qu'en comprenant convenablement  les enjeux, en mesurant l'ampleur des défis et des obstacles, que nous déterminerons une stratégie juste, que nous construirons une organisation adaptée et que nous ferons des propositions pertinentes. Mais il faut aller vite... Le temps presse. Et puisqu'il faut « proposer », voici ma proposition : prenons quelques heures de réflexion pour lire.

 

Il  existe un livre, un livre éclairant et terrifiant, qui fait un diagnostique au millimètre de l'origine de la crise actuelle. Ce livre, c'est  «  La stratégie du choc » de Naomi Klein ( éd. Leméac/Acte Sud, en vente sur tous les sites Internet, Ebay, priceminister, alapage, etc.  et en librairie, bien sûr). Dans cette enquête, vous ne trouverez pas de solution. Ce n'est pas un ouvrage qui prétend indiquer le chemin, mais c'est un livre précieux pour qui veut renouveler la gauche car il brosse le tableau le plus juste et le plus précis de la politique mondiale qui nous conduit droit au désastre.

 

Dans une étude remarquablement conduite, basée sur l'Histoire, qui va du coup d'état du 11 septembre 1973 au Chili, en passant par l'Argentine, la Bolivie, l'Afrique du Sud, la Pologne, la Russie, la place Tiananmen, sans oublier l'Irak, Naomi Klein met en évidence toutes les ficelles de  la prise de contrôle de la planète par les tenants de l'ultra-libéralisme.

 

Tout cela, me direz vous, nous le savons, nous qui sommes de gauche et qui combattons le libéralisme depuis toujours. Oui... Nous le savons. Plus exactement nous croyons le savoir.

 

Mais ceux qui auront lu ce livre mesureront à quel point nous avions, jusqu'alors,  le nez dans le guidon. Ceux qui auront lu ce livre réévalueront les enjeux des temps présents et à venir vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent ensemble, une responsabilité impossible à déléguer. Pour qui sait lire et un peu réfléchir, le diagnostique que fait Naomi Klein est le plus puissant appel à la responsabilité individuelle devant ce qu'il faut accomplir. C'est le plus puissant appel à la création d'un nouveau mouvement de gauche, français, européen, et même mondial, pour dire : « Halte là, ça suffit comme ça ! Une autre Société est possible ! ».

 

Vous allez peut être me trouver bien prétentieux mais je pense qu'il est urgent en France d'entreprendre la création  un parti d'action qui s'oppose au cénacle verbeux, un parti qui ne soit pas un parti de commentateur, ni un parti de supporter, mais un parti de GOUVERNEMENT.

 

Le Parti de Gauche semble vouloir devenir ce parti.Le NPA cherche aussi une voie dans la revendication mais il n'arrive pas à s'inscrire dans une perspective gouvernementale et il sombre, présidentielles obligent, dans la personnalisation :" le parti de "Besancenot". Quant au parti communiste, il n'arrive pas à se détacher d'une image qui le plombe et l'entraine sur un déclin inexorable. Bref C'est pas gagné !

 

Face à une tâche si difficile, voilà que je vous propose de lire un livre et que je délire sur la nécessité d'un mouvement à l'échelle européenne et même mondiale. Pas très concret tout cela ? Pas si sûr...

 

C'est modestement que je viens vers vous avec cette proposition.  Il nous faut la pleine lumière pour avancer et construire un nouveau parti car, à l'instar de l'humoriste, « il y a deux choses qui me font peur quand je marche dans le jardin la nuit : c'est le chien du voisin... et les râteaux ! ». La pleine lumière : voilà pourquoi je vous propose de lire ce livre. Croyez moi, ce ne sera pas une perte de temps! Eclairer le chantier pour faire du bon travail (et éviter les râteaux !) n'est pas inutile.

 

En outre, ce livre servira aussi, pour tout militant de gauche, de fabuleux réservoir argumentaire.

 

Le Gravier

 

Vidéo de présentation du livre "La Stratégie du choc"

 

http://www.dailymotion.com/video/x5ls1y_naomi-klein-le-capitalisme-du-desas_news

 

 

 

Naomi klein est aussi l'auteur de  "NO LOGO "  http://www.amazon.fr/No-logo-Naomi-Klein/dp/2742737804

 

 

Vidéo associée en Anglais : http://www.youtube.com/watch?v=5lTaiHhqBn8


http://avenirdegauche.over-blog.com/pages/La_Strategie_du_choc-950572.html

 

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 15:41

Les européennes de juin prochain sont dans les oubliettes !

Nos gouvernants sont sur le point de réussir leur coup...gouverner sans le peuple.

J'enrage de voir mes voisins, mes amis,  aller  dans le sens de l'abandon.

Il y avait;  il y a, c'est encore possible, lors de ces élections une belle occasion de relever la tête et de renverser la table en votant pour le Front de Gauche...mais voilà ...à gauche les électeurs regardent ailleurs...

Certes les médias ne facilitent pas l'émergence d'un Front de gauche. Qui peut en être surpris ? Quoi de plus normal pour des médias où les journalistes vedettes ont des salaires honteux que d'empêcher l'émergence d'un nouveau front populaire...quoi de plus dangereux pour eux ? Le facteur médiatique anticapitaliste est pour eux bien plus prévisible. Il a le goût du radicalisme, puisqu'il est "anti", mais c'est un radicalisme cul de sac, avec le facteur on rêve de la révolution pour au bout du compte,  subir sans fin la même consigne: "au second tour pas de consigne de vote". Avec ça la droite gouvernera encore longtemps... nos journaleux peuvent dormir tranquille sur leurs avantages fiscaux, et leurs régimes spéciaux. Alors tous les sunlights sur le facteur "Anticapitaliste" qui nous donne un bon coup de main pour rendre ces élections inutiles, puisque jouées d’avances.

Le front de gauche ? Aucun intérêt. Circulez il n’y a rien à voir…

Certains à gauche vont encore plus loin, pour eux, Besancenot et le Front de gauche c'est Bonnet Blanc et Blanc Bonnet...et le 7 juin ce sera comme ils le disent " sans eux".

Tous ces débats nous tuent ! Et  Sarko  peut surfer sur des mauvais sondages. Au bout du compte il sait que, le jour venu, son camp se posera beaucoup moins de question pour voter, que la « gôoche intello » ou la « gôoooooche rêvo ».

Oui j'enrage de ces aveuglements!

Bien sûr je milite, je colle des affiches, je participe aux défilés, aux réunions...je maintien trois Blogs « politiques ». Je garde espoir…Mais ?

Mais heureusement il y a parfois des signes réconfortants, tel le dernier article de Jean Luc Mélenchon sur son Blog.

Oui heureusement qu’il y a encore quelques hommes politiques comme lui qui savent sortir des sentiers battus pour nous donner une forte impulsion militante.

Lisez cet article, prenez le temps de le lire en entier…Nous avons tous besoin de contre poison idéologique…celui-ci en est un puissant.

Voici le lien de cet article :  http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=674#more-674


http://avenirdegauche.over-blog.com/article-30457360-6.html

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 15:32
Il existe un "risque révolutionnaire en France", pour D. de Villepin
Sur le blog d' Eva http://r-sistons-actu.skynetblogs.be/
(Petit blog d'Eva, peu de posts, mais des cris du coeur et de colère contre l'intolérable !)


Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Les peuples grondent, les peuples se lèvent...
19-02-2009 Actualité


Les peuples grondent, ils en ont assez d'être floués. Saura-t-on entendre leur voix, ou laissera-t-on les banquiers faire la loi, les Attali annoncer des lendemains qui déchantent, les multinationales de mort fourbir leurs armes chimiques, nucléaires, et même agro-alimentaires (combien de cancers, afin de permettre aux profits de s'accroître démesurément pour une petie minorité ?), laissera-t-on le libéralisme se perpétuer alors même qu'il a prouvé sa nocivité pour les populations de toute la planète, le consolidera-t-on, même au prix de la fin de toutes les protections sociales, de la mort du Droit du Travail, de la privatisation de tous les services publics et même des Retraites ?

Les peuples ne veulent plus se laisser déposséder de tous leurs Droits, pour le seul bénéfice d'une minorité de possédants d'une cupidité insatiable. De tous côtés, ils élèvent la voix. Les jeunes sont les premiers concernés: Confusément, ils sentent bien qu'ils n'ont aucun avenir. Le travail est robotisé, morcellé, précarisé, flexibilisé, délocalisé, alors même que la Retraite dépendra de plus en plus de la carrière. Et d'ailleurs, quelle retraite, puisque le porte-parole du monde en gestation, Attali, annonce que les inactifs seront euthanasiés, parce que trop coûteux por la société ? Confusément, aussi, ils récusent le modèle américain qu'on tente de leur imposer, avec un Système de santé hors de prix, des Universités réservées aux élites, et plus généalement, la compétition, la rentabilité, la guerre économique, la course au profit, à l'Argent... Au seuil de la vie, ils savent déjà que le qualitatif les comblera plus que le quantitatif. Surtout, par-dessus tout, ils redoutent de faire les frais des guerres impériales, des conflits interminables, des chocs de civilisations qui les dressent les uns contre les autres, pour le seul profit des multinationales.

Les peuples ont peur, ils sont tristes, ils sont malheureux. Confusément, ils sentent qu'on leur prépare le pire, derrière leur dos, sans leur consentement, alors qu'ils réclament seulement le droit à une vie digne, à une existence paisible. 

Dans l'ombre, les apprentis sorciers travaillent au renforcement de leurs privilèges, à l'accroissement de leurs dominations, à la consolidation de leur pouvoir et de leurs ghettos dorés. 

En France, Sarkozy reste sourd aux appels du peuple. Il a été élu pour priver le pays de sa liberté, en le soumettant aux diktats de l'Etranger, celui-là même que le Général de Gaulle a toujous combattu. Oui, il aligne la France sur le modèle américain, individualiste, matérialiste, sauvage, et il est sur le point de l'intégrer dans le commandement de l'OTAN. Finie, l'indépendance nationale ! En avant, les aventures militaires et financières, qui réduiront le peuple à l'esclavage ou aux guerres de conquêtes pour engraisser la haute Finance internationale !
 

Le peuple de France regrette son vote; Le peuple de France gronde; Le peuple de France entend la colère des Guadeloupéens et des Martiniquais; le peuple de France se souvient des grandes révolutions qui ont marqué l'Histoire; le peuple de France se lève !

OTAN en emportent toutes les libertés; Autant en emporte le vent de la contestation...
 

Le peuple de France gronde, les peuples du monde se lèvent....


Que peuvent les possédants face à la colère des possédés du monde entier ?





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