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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 04:16



Suite des articles :

Récession (1)
:
1.   Les caisses sont vides
2.   C'est la faute aux pauvres

Récession (2) :
3.    Le système bancaire français est excellent
3.1.  Le cimetière des catastrophes bancaires

 

 

3.2.  Les tares cachées du système bancaire - Le virus IPRIS


Ce bref balayage historique, pour rappeler certaines tares, partie invisible de cet iceberg qu'est le système bancaire et financier. Systématiquement cachées, occultées, entretenant la gangrène d'un secteur d'activité extrêmement coûteux pour la collectivité.


Effets dévastateurs, au-delà de cette profession, rongeant le monde des affaires, le corps social. Le niveau de décomposition de ce système, son degré d'entropie, expliquent son effondrement actuel. Sous l'impact de ce que j'appelle "le virus IPRIS". Le SIDA du système bancaire :




Impunité 


Nous vivons dans des sociétés où le jeteur de caillou, voleur de poulet, casseur de vitrine, en prend pour 6 mois de prison ferme. En cas de faillite, le patron de PME-PMI ou le commerçant se retrouveront devant les tribunaux, sans aucun ménagement, coupables et diabolisés, étranglés par les banques et le fisc, jetés quasiment à la rue. Un entraîneur de football sera condamné à 2 ans de prison ferme, pour une sombre affaire de transfert de joueurs professionnels (13).


En Grande-Bretagne, on ne plaisante pas non plus : un soldat vient d'être condamné à trois ans de prison pour avoir revendu sur e-Bay des médailles militaires (une cinquantaine dont trente ont été récupérées...) qu'il avait volées à ses camarades...


Amen.


Par contre, ceux qui jouent à l'économie-casino, claquent, jettent par la fenêtre des milliards, par dizaines, par centaines, au détriment de la collectivité, dans les fastes et l'arrogance de satrapes mégalomanes, passeront de paisibles journées sur le matelas de leurs transats confortablement rembourrés de parachutes dorés, stocks options et autres bonus. Impunis. Blanchis. Absous.


Aucun des dirigeants impliqués dans les retentissantes et scandaleuses faillites bancaires, passées et présentes, n'a été inquiété, placé en garde à vue, envoyé en prison, condamné à des dommages et intérêts. Et, ne le sera. Pour l'exemple, pour la justice.


Les patrons, responsables, ou dirigeants voyous, ne sont pas seulement ceux qui déménagent le matériel de leurs usines le week-end à l'insu de leurs personnels, ou qui polluent les rivières. Ce sont ceux, aussi, qui obligent la collectivité à payer pour leurs fautes, commises à l'insu de leurs concitoyens.


Bien sûr, ils ont sous la main le fusible idéal, dans leur cynisme et leur culot de nomenklatura intouchable : "... c'est pas moi, c'est le trader...". Les plus impudents dans l'indignité n'hésitent pas à affirmer : "... si on a perdu des milliards, c'est la faute à la crise américaine". Ainsi, ne sont-ils ni coupables, ni responsables.

 

Selon que vous serez puissant ou misérable, comme l'écrivait la Fontaine... Oui. Mais s'arrêter là, c'est se résigner. L'impunité, dans le secteur bancaire, est totale. Si notre société est aveuglément inégalitaire, ce symptôme doit nous faire prendre conscience qu'elle est profondément malade. Et, agir...




Pantouflage


L'osmose entre haute administration et dirigeants du secteur bancaire exerce un effet pervers sur le fonctionnement de notre économie et l'équilibre de notre cohésion sociale. Des hauts fonctionnaires quittant des ministères pour entrer dans des établissements financiers, ou de grandes entreprises (14), avec lesquels ils ont monté des opérations de crédit, de restructuration, d'exportation, d'investissements, de délocalisation, de fusion-acquisition, se retrouvent à leur tête.


Cette pratique intitulée pantouflage est, en principe, encadrée par une loi du 2 février 2007, qui impose un délai de trois ans, entre quitter son poste de responsabilité dans une administration, et en occuper un dans une entreprise avec laquelle existaient des rapports professionnels. Antérieurement, il était de cinq ans... Mesures, bien souvent, jamais appliquées. Dont, en plus, on se permet de diminuer la durée. Mises en scène destinées à endormir le "gogo".


Les dangers sont multiples, pour nos institutions républicaines. En premier lieu l'exercice de la liberté de jugement et d'esprit critique, d'indépendance sur des dossiers de la part des autorités étatiques. Danger encore plus grave lorsqu'il s'agit de procéder à des opérations de contrôle, tels que doivent l'exercer les autorités monétaires sur la profession bancaire.


On l'oublie, tant ce secteur s'est érigé en pouvoir autonome et supranational, mais un secteur bancaire doit être avant tout au service de la collectivité, de l'intérêt général, et donc placé sous la supervision de la collectivité représentée par ce qu'on appelle : "l'Etat". En mesure d'imposer, dans la transparence et l'indépendance, les mesures souhaitables pour l'intérêt de la communauté nationale.


La crise actuelle est l'occasion de constater combien ce secteur économique, par lequel transite richesses et revenus de la collectivité, échappe au contrôle de l'Etat, et des instances organisées pour en assurer la gestion : surveillance des opérations de Bourse, autorités monétaires. En fait, l'Etat n'est plus en mesure de contrôler ses propres clones. Ce sont eux qui le contrôlent...




Rémunération


La rémunération des dirigeants du secteur bancaire est fastueuse, pharaonique. Elle s'exprime, sous plusieurs modalités, en millions d'euros annuels. Du moins, pour la partie officielle. Les paradis fiscaux et autres astuces (rémunérations complémentaires via des filiales à l'étranger, etc.) se chargeant du reste...


Mais, une rémunération, fastueuse, pharaonique par rapport à une moyenne nationale des rémunérations, n'est plus une "rémunération". Le paiement d'une personne, avec des montants déconnectés de la réalité et de la valeur ajoutée de la prestation fournie, compétence, expertise, conseil, expérience, n'est plus une "rémunération".


C'est un "achat".


On achète cher. Quoi donc ?... Un réseau, des relations, des contacts ? En ce cas, ce serait acheter du "délit d'initiés". Et, ce serait trop payer. Il convient de raison garder : "radio couloir", ou "radio lobby", n'ont pas à être survalorisées par rapport à "radio trottoir"... Il suffit de fréquenter les mêmes espaces, au même niveau, pour avoir les mêmes "tuyaux"...


Non. C'est acheter une denrée, qui n'a pas de prix, et n'a rien à voir avec un travail, une expertise, l'exercice d'une fonction ou d'une responsabilité : le silence.


On achète le silence d'un témoin. Sa complicité. Son soutien.


Lorsqu'on contribue à enrichir des personnes, sur les deniers de l'Etat, au détriment de l'intérêt général, dans la destruction d'emplois mis à la charge de la collectivité sous forme de chômage, sans commune mesure avec l'apport en innovation, en contribution à la richesse nationale, sans redistribution de la partie des profits revenant de droit à la communauté nationale, du fait de l'évasion fiscale dans des paradis fiscaux : cela a un prix.


Voir des actionnaires, des spéculateurs, gagner en "une seconde" ce qu'un employé, ouvrier, cadre, agriculteur, ne gagne même pas en "une vie" à la sueur de son front, demande quelques compensations pour se taire et laisser faire... George Soros est un des très rares spéculateurs à s'être vanté d'un de ses meilleurs coups : avoir gagné 600 millions de dollars en spéculant sur la baisse de la livre sterling contre le dollar, il y a quelques années. Sur un simple ordre boursier téléphonique, un gain de 600 millions de dollars. En 60 secondes : soit, 10 millions de dollars à la seconde. Au taux actuel, du fait du glissement du dollar, cela représente un milliard de dollars d'aujourd'hui...


Alors, tous ces dirigeants d'établissements financiers ont bien droit à quelques miettes. N'est-ce-pas ?...


Sur la place financière de Londres, la City, ce serait l'équivalent, en bonus seulement, de 100 milliards (oui : milliards...) de dollars qui ont été distribués sur les trois dernières années aux équipes dirigeantes des banques et compagnies d'assurances, d'après une estimation récente du Financial Times.


Rien que pour l'année 2006 à Londres, les bonus accordés aux dirigeants du secteur financier et bancaire (banques et assurances) étaient de £ 19 milliards de livres sterling, d'après The Guardian (15). Ce qui représente environ 35 milliards d'euros (oui : milliards...) au cours de la livre sterling à cette période. Sur une année. Avec, de plus, une progression de 16 % par rapport à l'année précédente. Taux de progression surtout pas appliqués sur les salaires des employés et cadres de ces établissements...


Rappelons qu'un bonus est une prime venant en sus du salaire. Non compris "le reste". Car, ne l'oublions pas, il y a ce qui se voit dans les documents officiels, et ce qui se retrouve discrètement dans les paradis fiscaux. Aucune place financière en Occident, aucun système bancaire, n'échappent à cette pratique. En France, comme ailleurs.


Dans ses dimensions titanesques, délirantes, cette forme de "rémunération", pour une minorité de dirigeants, n'est que de la : "corruption organisée et légalisée".




Incompétence


Le niveau de rémunération de beaucoup de dirigeants du secteur bancaire et financier, est sans commune mesure avec le niveau de leur compétence professionnelle et, aussi, de leur éthique (16). Inversement proportionnelle, le plus souvent.


Cette incompétence est compensée, dans bien des cas, par des comportements d'autocrates méprisants pour les membres de leur entourage professionnel. Du moins, ceux qui leur sont subordonnés. Le constater dans une direction générale, c'est identifier deux seuils d'alerte :

=> La direction générale est au maximum de ses compétences

=> Son maintien, dans ces conditions, n'est dû qu'à des protections engendrées par sa complaisance, ou sa complicité, dans certaines opérations bancaires et financières. 


La plupart de ces dirigeants, sont clonés à partir d'un milieu très fermé, issu d'une monoculture bureaucratique, incapable de diversifier ses recrutements. Ne connaissant de l'économie réelle que la perception émanant de dossiers administratifs, sans connaissance du terrain, des mécanismes de la création d'entreprises, de leur fonctionnement, des contraintes de l'innovation.


Ignorants la valeur ajoutée d'un investissement pour la collectivité, et la clé de son développement : la création d'emplois. Leurs connaissances, en tout cas leur expérience, sont largement inférieures à beaucoup de dirigeants et de cadres de PME-PMI. Ces PME-PMI qui représentent, dans tous nos pays, le premier employeur et le premier créateur d'emploi.


Cet immense réservoir de savoir-faire et d'initiatives est inconnu d'eux. Non pas qu'ils méprisent les PME-PMI. C'est tout simplement une "abstraction". Pour les plus "bureaucratisés" : une "statistique". Pour les plus intelligents : un "concept". Ils n'y ont jamais passé une semaine de leur vie. Pour la quasi-totalité, ils n'y ont même jamais mis les pieds, même pas à l'occasion de leur stage dans le cabinet d'un préfet de province.


Il est vrai que la caste politique y contribue. Regardez la composition des gouvernements successifs, en France, droite ou gauche. Le poste de ministre des PME-PMI, lorsqu'il existe, sera accordé à un obscur ministricule, encore tout essoufflé d'être parvenu à ce strapontin. Coincé entre celui des "anciens combattants" et celui des "droits de l'homme". Un notable à qui l'on octroie une sinécure, pour s'assurer de la fidélité électorale de son fief. Même temporaire, l'essentiel pour lui : pouvoir mentionner, ensuite, sur sa carte de visite "ancien ministre". Le rêve de sa vie.


Seuls ne comptent, aux yeux de la nomenklatura, que les grandes entreprises "mondialisées", les multinationales, et les représentations du grand patronat... Ah !... Se complaire et se repaître dans les fusions-absorptions, avec ses marchandages, interventions, mises en relation, en coulisses lorsqu'il y a des dossiers d'investissement, d'acquisition, surtout s'ils viennent de l'étranger (17) !... Surtout s'ils touchent ces secteurs qui font la « une » : acier, chantiers navals, chimie, pétrochimie, grande distribution. Le prestige. L'ivresse de se croire "puissant". Leur régal.


Royaume du paraître où, entre déjeuners fins et soupers superfins, de palaces en yachts luxueux, dans les jeux de la courtisanerie, c'est à qui fera le mieux fonctionner les pompes à subventions et les pelleteuses à exonérations fiscales. Avec, en contrepartie, les "enveloppes" fiscalement paradisiaques...


Qu'importe si ces grandes entreprises, et leur pseudo restructuration dans de fumeuses concentrations ou délocalisations ne sont, en définitive, que des organismes destructeurs d'emplois !... Des milliers d'emplois transformés en chômeurs. Pourquoi se gêner ?... La charge en est laissée à la collectivité, pour le plus grand profit des actionnaires procédant aux licenciements. La shareholder value, les revenus des actionnaires, ne sont-ils pas prioritaires par rapport aux besoins de la collectivité ?...


Grand bien leur fasse, clament les chroniqueurs "économistes d'investigation" du monde médiatique. Piteuse "claque" de cette lamentable pièce de théâtre, chargée de la propagande ploutocratique.


Le problème est que cette culture du Big Business est ruineuse pour la collectivité, sa cohésion, son avenir, conduisant à survaloriser les grandes entreprises destructrices d'emplois, au détriment du secteur économique le plus actif, le plus créateur d'emplois de nos pays, les PME-PMI.


Mais, pour les directions générales du système bancaire et financier, l'inconvénient des PME-PMI c'est qu'elles ne sont pas cotables en Bourse. De ce fait, elles ne permettent  pas ces jeux spéculatifs sur les cours de la cotation quotidienne, ni ces gros gâteaux représentés par les opérations de fusions-acquisitions, ou les manœuvres dans les "nouveaux instruments financiers". Tous ces produits ou services "sophistiqués", qui font le délice de l'activité de la branche prestigieuse : les banques d'investissements.


Evidemment, il ne s'agit pas de privilégier un secteur économique ou professionnel par rapport à l'autre, les PME-PMI par rapport aux grandes entreprises. Mais, d'assurer leur complémentarité et un traitement d'égalité, dans le financement d'une économie "réelle", porteuse de valeur ajoutée pour la collectivité.


Que constate-t-on, en effet, si on examine de près les comptes d'une banque ?...  Un monde à l'envers. Le secteur économique le plus porteur d'emplois, le plus créateur d'emplois, qui obtient proportionnellement le moins de "concours" et de "facilités" bancaires,  qui paye le plus cher les services bancaires : les PME-PMI. A mouvements de compte équivalents, débit et crédit, en pourcentage, les "grands groupes" ne payent que le dixième, en moyenne, des intérêts, charges, frais bancaires et commissions, des PME-PMI. Et, obtiennent dix fois plus de crédits...


Un exemple, parmi des dizaines d'autres ?... Lorsqu'on scrute le traitement du fonctionnement des comptes bancaires (les tarifs affichés ne veulent strictement rien dire, car tout se négocie) au niveau des dates de valeur effectives et du calcul des "échelles d'intérêts"... Ces dates auxquelles on crédite, sur un compte, les remises de chèques ou d'espèces... Ce n'est pas "valeur lendemain", un jour ou plusieurs après. Comme pour le commun des mortels. Non. Pour ces groupes privilégiés, c'est valeur "veille", le jour d'avant... Ce qui fait beaucoup sur douze mois.


En d'autres termes : ce sont les comptes des PME-PMI (et, ceux des "particuliers", aussi) qui assurent l'essentiel des profits et de la prospérité bancaires. Permettant aux directions générales des banques d'être aux petits soins des grandes entreprises, et de s'adonner à leur jeu favori : la spéculation financière. Celle qui permet les gains rapides, propices aux belles présentations de bilans et aux bonus de fin d'année vertigineux. Ces vingt dernières années ont été marquées par le développement massif d'opérations à court terme, à but uniquement spéculatif.


Modifier cette culture, Big is beautiful & Speculation wonderful, va demander du temps et beaucoup d'énergie. Le renouvellement de ces dirigeants, ces fat cats comme les appellent les anglophones, ces gros chats gavés de privilèges, s'impose. Leur formation, sélection, supervision est à revoir intégralement. En particulier, par l'exigence d'une connaissance approfondie de l'économie réelle, de la création d'entreprises et de l'immersion préalable dans le quotidien des PME-PMI, tissu essentiel de la prospérité et de la cohésion de nos collectivités.


Pourquoi s'étonner du désastre actuel, ces faillites se chiffrant en centaines de milliards de dollars ou d'euros, d'un secteur confié à des directions générales inaptes en termes de stratégie, de gestion et d'éthique ?...


Dans leur majorité : malgré leurs grands airs, à l'exemple des petits marquis enrubannés qui encombraient les couloirs de Versailles, une caste de nuls, d'analphabètes de l'économie réelle, d'irresponsables obnubilés par le paraître et le court terme, qui coûtent excessivement chers à la collectivité par leur degré d'incompétence.




Spéculation


La dernière aventure de la Caisse d'Epargne (18), qui vient de perdre 751 millions d'euros selon les dernières estimations, donne une idée du degré d'infection atteint...


La semaine même où tout le monde prend conscience de l'effet mortel de la spéculation, dans le fonctionnement du système bancaire et financier pour l'Economie, non seulement nationale mais aussi mondiale, un établissement bancaire joue des sommes colossales dans des "opérations-casino". Pariant sur des évolutions de cotation et des indices boursiers, comme dans des courses de chevaux ou des combats de coqs, au lieu de prêter ces mêmes montants à des créateurs d'entreprise, d'épauler des entreprises dans l'extension d'investissements productifs et créateurs d'emplois.


Ces pratiques spéculatives ont du mal à s'arrêter. Elles ont été l'occasion, ces jours derniers, de milliers de commentaires. Inutile de s'étendre davantage. Par contre, n'a pas encore été traité l'impact sur la gestion du secteur bancaire, des distorsions provoquées, affectant l'économie nationale en profondeur. Au-delà des pertes et faillites faramineuses.


Ces distorsions se résument brièvement en cinq mécanismes interactifs :



i)  Culte du "court terme"  

 

La culture de l'affairisme et de la spéculation imprègne les directions générales du secteur bancaire et financier, induisant les priorités dans la stratégie de développement et le fonctionnement des établissements dont elles assurent la responsabilité. Ce n'est pas l'investissement industriel et commercial qui est privilégié, mais les opérations spéculatives. Ces opérations à court terme engendrent des profits rapides, mirobolants par rapport au temps et moyens engagés. Dans leur esprit : rien à voir avec la lourdeur de l'exploitation d'un réseau avec ses milliers d'agences, guichets, employés...


De plus, comme on l'a entrevu, ils permettent d'améliorer la présentation des bilans et de distribuer d'excellents bonus. En cas de pertes susceptibles de déséquilibrer l'établissement, l'Etat interviendra pour le sauvetage. Les banques joueront la "sauvegarde nationale", ou la "préférence nationale" en cas de velléité de reprise par des investisseurs étrangers ou hostiles. Et, la collectivité se chargera d'éponger les ardoises. Comme d'habitude.



ii)  Discrimination du "risque"

 

La  préoccupation du " risque" dans un établissement bancaire ou financier est au cœur de la gestion et de l'organisation. Sur ce plan, les distorsions exercées sont doubles :


=> Le "risque" appliqué à "l'avenir" de l'établissement est oublié ou négligé. Faussant l'approche stratégique et les réflexions à long terme, du fait de l'assurance que l'Etat sera toujours là pour assurer sauvegarde ou protection. Dans le cas de pertes impossibles à absorber, aucun problème : elles seront basculées sur la collectivité qui en assurera le règlement, sous une forme ou une autre. Comme lors des faillites bancaires précédentes, telle celle du Crédit Lyonnais.


=> Le "risque" est en conséquence uniquement perçu, par ces directions générales, comme une incidence sur la présentation d'un bilan. Dès lors, au nom du "risque", les investissements productifs, industriels ou commerciaux, notamment pour les PME-PMI, démultipliés entre de multiples entités via un réseau d'agences, seront sacrifiés impitoyablement. Au profit de deux entités, considérées comme moins problématiques : les grandes entreprises (les "grands comptes", dans le jargon du métier) et la spéculation à court terme des "salles des marchés".



iii)  Distorsions de la "vocation" du système bancaire


Avec le temps, deux dérives se sont accentuées, sous la pression d'une dimension psychologique prégnante dans les directions générales :


+  Une survalorisation de l'activité "salles des marchés". Activité spéculative vécue comme l'avenir et le prestige de la banque. C'est la banque High Tech, avec ses instruments financiers considérés comme le comble de la sophistication, confiés à des golden boys eux-mêmes considérés, et se considérant, comme des petits génies.


Le gonflement de cette "bulle mégalomane" dans la contemplation narcissique de son propre génie était devenu sans limite. Il y avait même surenchère, avec des remises de prix par des journaux et des associations "économiques" (à Londres, en particulier...), pour valoriser l'établissement bancaire qui utilisait les moyens et techniques les plus complexes dans les opérations spéculatives. Cette complexité étant considérée comme un raffinement de l'intelligence et de l'expertise professionnelle...


+ A contrario, s'est développé le plus complet mépris, même s'il n'est pas affiché, pour l'activité "banque de détail" (retail banking), de guichets. Uniquement estimée pour sa capacité à collecter des fonds et des profits, confortant l'activité "grands comptes" ou "salles des marchés"... La vache à lait. 


Etait, ainsi, géré un parfait système de vases communicants : l'activité banque des "grands comptes" et "salles des marchés" était financée par l'activité "banque de détail", ou banque commerciale. Les produits de l'activité saine et tangible de l'économie réelle, au lieu de financer son propre développement, se voyaient détournés par des directions générales dans l'activité spéculative, volatile et virtuelle. Expliquant les énormes disponibilités et placements des banques françaises sur des comptes de banques américaines, en particulier.


iv)  Pénalisation de "l'investissement productif" et créateur d'emploi


Du fait d'une dérive dans la gestion des risques et de la vocation des banques, l'investissement productif a cédé la priorité, dans les directions générales, à l'activité spéculative et aux "grands comptes". L'investissement productif, créateur d'emplois s'est vu de plus en plus pénalisé.


Erreur fatale pour nos économies. Car, on le sait, les "grandes comptes" sont, depuis les trente dernières années, les plus grands destructeurs d'emplois. Mettant à la charge de la collectivité des centaines de milliers de chômeurs, pour le plus grand bénéfice de leurs actionnaires.


Quant à l'activité spéculative, la création d'emplois par rapport aux sommes engagées et aux risques encourus est de zéro (recrutements des traders-professeurs Nimbus, à part...)...


Parallèlement les PME-PMI créatrice d'emplois et de valeur ajoutée pour la collectivité sont systématiquement freinées dans leur création et leur développement : au nom du "risque"...


Avec la vision et l'acharnement de l'usurier : crédits limités au maximum afin de provoquer un étranglement systématique lors des échéances, créant des dépassements d'autorisations, entraînant des taux et des pénalités usuraires, sous les harcèlements culpabilisants de ne pas "tenir ses engagements". Cercle infernal, destructeur d'initiative et de valeur ajoutée pour la collectivité, notamment dans sa dynamique de création d'emplois et de richesses.


Contrairement au martèlement de la propagande ultralibérale, ce n'est pas "la législation du travail" qui tue l'emploi, c'est le secteur bancaire dans son refus de financer l'investissement productif, créateur d'emplois, au nom du "risque". Au profit de la préoccupation essentielle de la ploutocratie : la rente et de la spéculation.



v)  Racket de la collectivité 

 

Ce système de vases communicants engendre, à son tour, des distorsions s'exerçant sur l'économie réelle, transitant par la banque de détail. L'économie réelle étant rançonnée au profit de l'économie virtuelle. Celle produite par la collectivité, particuliers, commerçants, artisans et PME-PMI. S'est installé un véritable racket à l'encontre de la collectivité par le secteur bancaire et financier :


=> Par les taux et frais bancaires  

Ce sont les plus modestes considérés individuellement, mais les plus productifs collectivement, qui proportionnellement payent les intérêts et les frais bancaires les plus élevés par rapport aux mouvements de leurs comptes. Rien à voir avec ceux prélevés sur les opérations ou capitaux spéculatifs et les "grands comptes". Pratiquant des taux usuraires qui contribuent à asphyxier la production réelle et la consommation (sauf celle relevant de la grande distribution...), générant chômage et crise économique.


=> Par l'impôt 

Eponger les pertes et faillites bancaires à répétition implique que les revenus des impôts soient détournés. Au détriment, en particulier des priorités de la collectivité que sont : santé, éducation et retraites.



Face à ces catastrophes, distorsions, dérives, le pouvoir politique assure vouloir réagir...


Mais, le pouvoir politique, représentant l'intérêt général, celui de la communauté nationale, sous l'appellation de "l'Etat", est-il à la hauteur de l'enjeu de la reprise en mains qu'exige la faillite monumentale du secteur bancaire et financier ?...


Secteur d'activité devenu, par un mixage d'idéologie ultralibérale et de laxisme corrupteur de la représentation politique toutes tendances confondues, un Etat dans l'Etat. Régentant la collectivité, son destin et sa survie. Sans contrôle. Dans l'impunité. Ce n'est plus une profession, un secteur d'activité, au service de la collectivité. Mais la collectivité à leur service.


Le virus IPRIS a encore de beaux jours qui l'attendent...

 

 



A suivre :

Récession (4) : L'Etat au service du Lobby Bancaire...

Récession (5) : Reconstruire ou Rénover...

 



13.  Roland Courbis, dont la condamnation à 2 ans de prison ferme a été confirmée par la Cour de Cassation, le 22 octobre 2008 : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-37373918@7-40,0.html

14.  Il en est de même pour les officiers supérieurs et généraux passant de la défense nationale à des postes de dirigeants ou d'administrateurs de sociétés relevant de l'industrie de l'armement. Mais, c'est un autre débat...

15.  Seager, Ashley, City bonuses reach record £ 19bn - 16 % increase in payments has knock-on effect on house prices at top scale and farmland, The Guardian, 17 august 2006, http://www.guardian.co.uk/business/2006/aug/17/executivesalaries.executivepay1

16.   Les derniers déboires, dans l'exercice de leurs fonctions, de Paul Wolfowitz à la Banque Mondiale (2005-2007), et de Dominique Strauss-Kahn au FMI, donnent un aperçu sur la partie immergée de l'iceberg quant à la "qualité" de ces dirigeants et de la "culture d'entreprises" qu'ils peuvent générer.

17.  La reprise récente d'un certain nombre d'aciéries françaises et européennes, par le groupe Indien Mital, est une excellente illustration de cette "comédie humaine".

18.   Cf. : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-37370810@7-37,0.html

http://stanechy.over-blog.com/article-24378451.html

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Published by Eva R-sistons - dans Economie
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 04:09



De Versailles …

 
« Nous ne manquerons plus de pain, nous ramenons le boulanger, la boulangère, et le petit mitron »
. Célèbre refrain chanté par les manifestants ramenant le roi Louis XVI, la reine et le prince héritier, de Versailles à Paris. Après deux journées d’échauffourées, provoquant la mort de quelques protestataires et membres de la garde royale.

 
Evènement marquant : essentiellement des femmes, environ 7.000 d’après les estimations de l’époque. Faisant le trajet à pied, depuis Paris, pour protester et exprimer leur colère au roi de France, contre l’explosion des prix et l’impossibilité de trouver de la farine pour confectionner du pain. C'était le 6 octobre 1789, en début d’après-midi.

 

 

Manifestantes parisiennes en route vers le palais royal de Versailles

 

Une mise en cause populaire des symboles du pouvoir. D’une politique économique, dans un des pays les plus riches du siècle, ne cessant d’enrichir les riches par de perpétuels cadeaux fiscaux, octrois de sinécures, prébendes et monopoles.

 
Ecrasant d’impôts le reste de la population, non sur leurs revenus déjà très faibles, mais par un système de taxation sur la consommation, aggravé d’une spéculation sur les produits de première nécessité, entretenue par les hommes de paille des privilégiés du régime. Au point d’en arriver, pour ces populations méprisées par l’aristocratie, dans la pauvreté, au seuil de la famine.

 
Disette, famine, misère, explosion des prix des denrées de base, étaient des fléaux récurrents en ce 18° siècle. Mais, trois siècles plus tard, les mêmes n'en continuent pas moins de secouer des pays, sur plusieurs continents. Avec une intensité variable suivant leur niveau de développement économique.

 

 
A Calcutta …

 
Pas aussi dramatique que la famine de 1943, avec 3 millions de morts, dans la province du Bengale, me direz-vous. Amartya Sen, avait 9 ans à l’époque. Il en a été marqué à vie. Indien, originaire du Bengladesh, il a été un des premiers chercheurs à s’interroger sur les mécanismes et origines des crises alimentaires (1).

 
Il publia en 1981, Poverty and Famines : An Essay on Entitlement and Deprivation, dans lequel il démontrait que la famine de 1943, n’était pas la conséquence d’un manque de produits alimentaires. Au contraire, cette année là, la production agricole avait été supérieure aux années précédentes et toutes les ressources alimentaires étaient sur place. C'était les inégalités sociales et économiques, dont la quintessence s’exprimait dans les mécanismes de distribution des produits alimentaires, qui l’avaient provoquée.

 
Le Bengale, province de l’Inde alors colonie britannique, était miné par une injustice sociale qui provoquait une paupérisation dans les campagnes et dans les villes. Les achats importants de produits alimentaires par l’armée britannique, en lutte contre le Japon dans cette partie du monde sur différents théâtres d’opérations (dans la Birmanie voisine, en particulier), faussaient l’équilibre du marché, provoquant des augmentations impossibles à suivre par les plus modestes.

 
S’ajoutaient d’autres phénomènes pervers suscitant une panique, démultipliant la spéculation : constitution de stocks spéculatifs par une oligarchie soucieuse de profits immédiats et élevés, en complicité avec l’administration coloniale dont les membres éminents s’enrichissaient outrageusement. Avec, en conséquence, la manipulation des prix dans des hausses vertigineuses (2), facilitée par la maîtrise du circuit de distribution lié à cette même oligarchie.

 
Preuve, terrifiante par son coût humain, que l’autorégulation d’un marché, quel qu’il soit, est un mythe créé par des “économistes”, zélotes du “capitalisme sauvage”.

 
Colères, émeutes grondent, aujourd’hui, aux portes des pays riches, comme aux portes du palais de Louis XVI en son temps.

 

 
De Rome …

 

Ils étaient donc tous là : boulangers, boulangères et petits mitrons. Les “grands” et “petits décideurs” de ce monde. Du 3 au 5 juin, à Rome, rassemblés en un sommet de l’organisation de l’ONU spécialisée dans l’agriculture  et l’alimentation : la FAO (Food and Agriculture Organization). Du moins, institution conçue pour en anticiper et résoudre les problèmes, tout en assurant un minimum de cohérence dans leur résolution. (3)

 
Une des rares interventions pertinentes a été celle du représentant de la Suisse, Manfred Boetsch, directeur de l’Office Fédéral de l’Agriculture. Lui seul a dégagé la synthèse de la situation actuelle :

L’agriculture industrielle a échoué. L’agriculture familiale est la réponse au défi alimentaire”.


Tout est dit.  


Bien sûr, les médias dominants ne s’en sont pas fait écho, préférant "retartiner" les dépêches des agences de presse, copies conformes des communiqués des instances officielles. Pour nous livrer, une fois encore, leur traditionnelle bouillie. Eric de Ruest en a clairement épinglé les travers : Les Fausses Explications de la Crise Alimentaire dans la Presse (4).


Il évoque le cas emblématique d’Haïti qui, à lui seul en résume bien d’autres. Ce pays connaissait l’autosuffisance alimentaire, avant l’installation par l’Occident de la dictature de la famille Duvalier (5). Sa paysannerie a été éradiquée par l’importation du riz et autres produits alimentaires des pays occidentaux, subventionnant leurs producteurs. Provoquant une misère dont il ne peut sortir. Avec, aujourd’hui, un prix du riz augmentant de 200 %.

 

En fait, les mécanismes des crises et tensions sur les produits alimentaires sont connus, mais on ne les remet pas en cause : trop d’intérêts, financiers ou géopolitiques, et de création de fortunes faciles, en jeu.

 

L’agriculture industrielle, imposée par les pays occidentaux, avec une spécialisation dans des monocultures, a profondément déséquilibré l’économie des pays en développement, tout en accentuant inégalité économique et sociale. Coton, café, cacao, fruits (ananas ou bananes), céréales, élevage, dans d’immenses propriétés aux mains d’oligarchies qui sont le plus fervent soutien de la néocolonisation de leurs pays, servant d’écran à des multinationales (6). Rendant ces pays tributaires des marchés internationaux et des importations pour les produits alimentaires de base, dont les cours sont maîtrisés par les grands groupes agroalimentaires et leurs courtiers.

 

Car le marché international est le dernier à appliquer les principes de la “libre concurrence”. Ce sont des rentes de situation qui sont entretenues et protégées, grâce aux subventions à l’exportation accordées aux producteurs occidentaux, et au monopole de la distribution réparti entre quelques multinationales. A l’opposé de l’orthodoxie du “Libéralisme Economique”, systématiquement invoquée …

 

Les projections du modèle “occidental”, agricole et alimentaire, que les lobbies tentent de promouvoir en Inde, par exemple, démontrent qu’à terme ce seront plusieurs centaines de millions de personnes qui vont être jetées dans la misère absolue. Les évaluations les plus optimistes reconnaissent que l’industrie ou les services ne pourront pas les absorber. Les estimations, dans le cas de l’Inde, citent des chiffres de plus de cinq cent millions…

 

Stabiliser les populations, en évitant l’exode rural, en assurant un minimum de revenus et des ressources élémentaires rapidement accessibles, implique l’exploitation agricole familiale comme vecteur de développement essentiel. L’objectif de vouloir ramener une population active du secteur agricole à 3% ou 5% est  pure folie, dans des pays où il faudrait la maintenir entre 20 et 50 %.

 

De même, forcer les pays en développement dans des mécanismes brutaux du libre échange, faussé par la politique de subventions à l’exportation des productions occidentales, est une erreur fondamentale. Encourager la spéculation sur les produits de première nécessité de l’humanité, une aberration. La “bombe” qui menace l’humanité est là, pas ailleurs…


 


 

Tous les chercheurs et praticiens, un tant soit peu “honnêtes”, l’admettent : les économies en développement ne peuvent être livrées brutalement à l'emprise de marchés et, surtout, de spéculateurs, dans un environnement non régulé. Même parmi les dévots du “Libéralisme”, je citerai Thomas Homer-Dixon (7) :

“… Les pays qui ont progressé le plus vite, dont la Chine et l’Inde, mais aussi La Malaisie et le Chili, sont ceux qui ont protégé avec détermination leur économie, par notamment le contrôle des mouvements de capitaux et la protection douanière…” (8)

 

Les ressources essentielles aux hommes doivent être régulées et supervisées par un organisme international, tout particulièrement : eau, produits alimentaires, énergie.  Incorruptible, transparent dans son fonctionnement et la publication de ses travaux, chargé de museler les spéculateurs, veiller à la “salubrité” des cours et des prix, prohiber le vol des ressources au détriment des populations des pays producteurs, casser les monopoles et ententes des multinationales.

 

Mais les pays riches, bénéficiant d’une rente de situation confortée par la force, s’y refusent et s’y refuseront toujours. Il faudrait une révolution copernicienne. Impossible en l’état actuel des mentalités conservatrices des castes dirigeantes, adossées aux lobbies de Big Business et de Big Bang (industriels de l’armement et théoriciens bellicistes).

 

Seul un rapport de force peut faire évoluer les choses. Malheureusement. Comme le rappelle Anthony Payne :

“… la politique mondiale du “développement inégalitaire” est liée et contingente des “hiérarchies de puissance” … les pays désavantagés ne trouveront un développement plus égalitaire, n’obtiendront des concessions ou des changements dans les politiques actuelles du secteur des finances, du commerce, ou de l’environnement, qu’en opérant des changements d’alliances, dans un contexte de rapports de forces, en maîtrisant ou déployant les ressources de la puissance, même limitée, dont ils disposent.” (9)

 

 

A Osaka …

 

Ce week-end, du 13 au 15 juin, le G8 s’est réuni, à Osaka. Notamment ses représentants financiers avec ceux, inévitables, du FMI et de la Banque Mondiale. Tout ce beau monde “s’inquiète” des tensions :

“… le prix élevé du pétrole et des produits alimentaires présentent des risques sérieux pour la croissance économique globale… (10).

 

Lors de ce sommet, Christine Lagarde, notre ministre des finances s’est, à son habitude, illustrée par ses lapalissades : “Cette flambée des prix, massive, et durable comporte des aspects qui sont inexplicables”. Quelle puissance d’analyse !... Sidérant de lucidité pour un responsable politique, non ?... (11).

 

Plus courageux et concret, le ministre des finances italien, Giulio Tremonti, a estimé qu’il était “impératif” que les pays coopèrent dans la lutte contre la spéculation (to fight speculation). Rien que sur le marché à terme (futures) des matières premières de Londres, les transactions ont augmenté de 100 % et plus, en 2008, par rapport à l’année précédente. Devant la crise des subprimes et des établissements financiers, la spéculation s’est jetée sur le riz, le blé, le colza, le maïs… Pas d’état d’âme. Les fonds spéculatifs, les fameux CTA (Commodities Trading Advisers), les plus actifs, jouent à la hausse, et s’en mettent plein les poches.

 

Entre autres mesures pertinentes, Giulio Tremonti a donc recommandé d’exiger des intervenants, sur les marchés de matières premières et de produits alimentaires, des dépôts de garantie plus importants que la pratique actuelle (12). Afin de limiter les interventions spéculatives, tant au niveau de leur montant que de leur nombre.

 

Bien sûr, ce fut le tollé, l’apoplexie, parmi ses partenaires du G8 : de même qu’on ne touche pas aux paradis fiscaux, on ne touche pas davantage à la spéculation !... Comme dirait Obélix : “Ils sont fous ces romains !...”.

 

Pour se donner bonne conscience, et rassurer l’opinion, on dénoncera le moment venu “l’inertie criminelle” des gouvernants de Corée du Nord ou de Birmanie. On trouve toujours un bouc émissaire dans un coin.

 

Bla, bla, bla …

 

La fuite en avant.

 

Ainsi font, font,

Le boulanger, la boulangère

Et le petit mitron …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) Trois de ses publications traitent, plus particulièrement, de ce sujet :
=> Poverty and Famines : An Essay on Entitlements and Deprivation, Oxford, Clarendon Press, 1982.
=> Food Economics and Entitlements, Helsinki, Wider Working Paper 1, 1986
=> Hunger and Public Action, en collaboration avec Jean Drèze, Oxford, Clarendon Press. 1989.
(2) Pratique dite du “
Price Gouging
”, en anglais.
(3) En français : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, dont le siège est à Rome. Encore une de ces organisations internationales éléphantesques dont les coûts extravagants de fonctionnement assurent des sinécures pour des privilégiés, avec une efficacité ridicule.
(4) De Ruest, Eric, Les Fausses Explications de la Crise Alimentaire dans la Presse, CADTM, 13 avril 2008,
http://www.cadtm.org/spip.php?article3269
.
(5) Sanguinaire dictature, du père auquel le fils succéda, de 1957 à 1986. Protégée, pendant 29 ans, par l’Occident dans le cadre de la guerre froide, redoutant l’extension de l’exemple cubain.
(6)  Lamb, Harriet, Fighting the Banana Wars and Other Fairtrade Battles, Rider, Ebury Publishing, UK, 2008.
(7) Thomas Homer-Dixon, canadien, est Directeur du Trudeau Center for Peace and Conflict Studies, collabore à la presse “mainstream” (New York Times, Washington Post, Financial Times), ainsi qu’aux organismes “politiquement corrects” que sont la Banque Mondiale, la CIA et le National Security Council US. Il est représentatif de cette nouvelle génération de chercheurs adeptes du “Libéralisme”, mais avec une approche plus réaliste que doctrinaire.
(8) Homer-Dixon, Thomas, The Upside of Down – Catastrophe, Creativity and the Renewal of Civilisation, Souvenir Press Ltd, 2007, p. 192 :
“… some of the countries that grew the fastest – including China and India, but also Malaysia and Chile – actively protected their economies using capital controls and barriers…”
(9)  Payne, Anthony, The Global Politics of Unequal Development, Palgrave Macmillan, New York, 2005, p. 246 & 247.
(10)  G8 set to warn oil, food price shock endangers world economy,
Asia Times
, Hong Kong, samedi 14 juin 2008.
(11)  In  Business du Sunday Times, 15 juin 2008.
(12)  Dans le
mécanisme des achats et des ventes à terme, vous pouvez acheter pour la revendre à terme, la cargaison de céréales d’un bateau, pour 5% ou 10 % de sa valeur totale. Entre le moment où un bateau céréalier quitte l’Argentine, par exemple, pour aller vers un autre continent, il est fréquent que la propriété “virtuelle” de sa cargaison (souvent difficilement identifiable du fait de l’intervention ou de l’écran des courtiers…) change une dizaine de fois, en plein milieu de l’Océan. Le capitaine ne sachant même pas sa destination finale, quand il quitte le port d’embarquement : Hambourg, Singapour ?... Les profits de ces transactions se retrouvant, bien entendu, dans les paradis fiscaux. L’économie-casino dans sa splendeur.

 

 

Illustration : http://www.royet.org/nea1789-1794/ihm/zone_images.htm

Crédit Photo : Voyages dans tous les sens

http://stanechy.over-blog.com/article-20494131.html

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 04:07


Pour installer un système à l'américaine, il faut briser la médecine
générale.

Par f le dimanche 8 février 2009, 02:02 - Arguments - Lien permanent

Le projet du gouvernement est clair !

Démanteler tous les acquis issus de la résistance dans tous les domaines.

Ici l'exemple de la médecine générale par Christian Lehmann*.

* Christian LEHMANN

Médecin généraliste depuis 23 ans, romancier, Christian Lehmann est
notamment l’auteur du best-seller No Pasaran Le jeu, de la Folie Kennaway
(Rivages Noir), Une éducation anglaise (L'Olivier) et Patients si vous
saviez (Robert Laffont) ainsi que Les Fossoyeurs...notre santé les intéresse (
Privé-Michel Lafon).

www.christianlehmann.net

Il est en 2007 l'un des initiateurs de l'appel contre les franchises
médicales:

www.appelcontrelafranchise.org

Pour installer un système à l'américaine, il faut briser la médecine
générale

Très préoccupés ( à juste titre) à dénoncer la nouvelle gouvernance
hospitalière, les défenseurs d'une assurance-maladie solidaire ont souvent
du mal à réaliser ce qui se joue depuis 2005 en médecine de ville,
principalement du côté des médecins généralistes, et à quel point les
schémas pré-existants d'un système de Sécurité Sociale né du Conseil
National de la Résistance n'ont plus cours....

Christian Lehmann

http://enattendanth5n1.blog.20minutes.fr/

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2009/02/05/pour-installer-un-systeme-a-l-americaine-il-faut-briser-la-m.html
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 04:01


La dette des gouvernements, des entreprises et des ménages a atteint des proportions astronomiques et enfle de plus en plus démesurément de jour en jour.

D'ou vient tout cet argent ?

Comment peut-il y avoir TANT d'argent à preter ?

La réponse est... qu'il n'y en a pas.

De nos jours, L'ARGENT S'EST FAIT DETTE.

S'il n'y avait PAS DE DETTE
Il n'y aurait PAS D'ARGENT

Si tout ceci vous laisse perplexe, rassurez-vous, vous n'etes pas le seul ou la seule.
Très peu de gens comprennent ce système, meme si nous sommes tous touchés.

Ce long métrage d'animation, dynamique et divertissant, de l'artiste et vidéographe Paul Grignon, explique les effets magiques mais pervers du SYSTEME ACTUEL D'ARGENT-DETTE dans des termes compréhensibles pour tous
Nous vous présentons le chef d'oeuvre de Paul Grignon pour la première fois disponible avec une bande son francaise et textes en francais !
Distribué en DVD par
bankster.tv

http://vimeo.com/1711304
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 03:58


LES EMPLOIS DISPARAISSENT,
LES BANQUES DEPOSENT LE BILAN,
MAIS LA BOURSE MONTE !!!!


7-9 Février 2009 : Comme d'habitude, vendredi soir très tard, deux banques US ont fermé: l'Alliance Bank de Culver City (Californie) et la FirstBank Financial Services de McDonough (Georgie). Le chômage est à son plus haut depuis la crise pétrolière de 1974 avec 600.000 emplois sabrés. Les multinationales alignent des pertes les unes après les autres. Plus de 80.000 boutiques vont fermer aux USA et 38.000 en Angleterre. Mais les vampires de Wall Street, de Londres, de Paris, etc., s'en donnent à coeur joie à l'idée des 800 milliards d'Obama qui vont arriver. Ils vont pouvoir s'en mettre plein les poches à nouveau. Formidable ces bourses qui ne reposent plus sur rien, juste l'argent des contribuables dilapidé pour "sauver" les banquiers. Les actions des banques ont monté faisant monter aussi toutes les places financières. L'argent ne circule que dans un milieu confiné. Un scandale monstrueux, ignoble, inhumain et on se demande combien de temps cela va durer ainsi avant qu'il n'explose pour de bon, puisque par définition, Obama n'a pas cet argent en caisse, c'est de la monnaie de singe, du virtuel, des billets qui n'ont presque plus aucune valeur (voir Marc Faber plus bas dans cette page). Incroyable situation. Jamais de toute ma carrière de journaliste je n'ai observé quelque chose d'aussi délirant, d'aussi scandaleux, cette économie morte que les politiciens tentent de sauver à tout prix pour ne pas perdre leur place et privilèges. Et pourtant, quand 5 millions de gens n'auront plus rien à manger et qu'ils descendront dans les rues, là les banquiers de Wall Street auront intérêt à se planquer.
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 03:45


SOS premiers secours :  

1°          POUR LES URGENCES

  
 
>>
Les ambulanciers ont remarqué que très souvent lors d'accidents de la  route, les blessés ont un téléphone portable sur eux. Toutefois, lors des interventions, on ne sait jamais qui contacter dans ces listes interminables de contacts.   

Les ambulanciers ont donc lancé l'idée que chacun d'entre nous rentre
dans son répertoire, la personne à contacter en cas d'urgence sous le
même pseudonyme. Le pseudonyme international connu est « ICE »

(= In Case of Emergency).

C'est sous ce nom qu'il faut entrer le numéro de la personne à contacter, utilisable par les ambulanciers, la police, les pompiers ou les premiers secours.

Lorsque plusieurs personnes doivent être contactées on peut utiliser
ICE1, ICE2, ICE3, etc. Facile faire, ne coûte rien et peut apporter
beaucoup. Si vous croyez en l'utilité de cette convention, faites passer le message afin que cela rentre dans les mœurs

 
2°          Accident Vasculaire Cérébral  (AVC)


Cela peut servir !


Prenez quelques minutes pour lire ceci et peut-être sauver une vie et contribuer à faire connaître le danger que représente l'Accident Vasculaire Cérébral.


Lors d'un barbecue, Julie trébuche et fait une chute.


Elle affirme aux autres invités qu'elle va bien et qu'elle s'est accroché les pieds à cause de ses nouveaux souliers.


Les amis l'aident à=2 0s'asseoir et lui apportent une nouvelle assiette.
Même si elle a l'air un peu secouée, Julie profite joyeusement du reste
de l'après-midi...

Plus tard le mari de Julie téléphone à tous leurs amis pour dire que sa
femme a été transportée à l'hôpital.....Julie meurt à 18h. Elle avait eu
un Accident Vasculaire Cérébral lors du barbecue. Si les personnes
présentes avaient été en mesure d'identifier les signes d'un tel accident, Julie aurait pu être sauvée. Un neurologue dit que s'il peut
atteindre une victime d'AVC dans les trois heures, il peut renverser
entièrement les effets de la crise. Il affirme que le plus difficile est
que l'AVC soit identifié, diagnostiqué et que le patient soit vu en moins
de trois heures par un médecin.


 
 
Reconnaître les symptômes d'un AVC : Poser trois questions très simples à
la personne en crise :

1. * Lui demander de SOURIRE.

2. * Lui demander de lever LES DEUX BRAS.

3. * Lui demander de PRONONCER UNE PHRASE TRES SIMPLE (ex. Le soleil est magnifique aujourd'hui).
 
Si elle a de la difficulté à exécuter l'une de ces tâches, appelez le 15 
et décrivez les symptômes au répartiteur  
Selon un cardiologue, si tous ceux qui reçoivent cet e-mail l'envoient à
leur tour à 10 personnes, une vie au moins pourrait être sauvée par jour.
 

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 03:40



Reçu en commentaires :


12 problèmes/facteurs auxquels
 notre civilisation doit répondre :


o Destruction humaine des habitats naturels ou perte par transformation en habitats artificiels.
o Mauvaise gestion des aliments sauvages et de l’élevage (apports de protéines à moindre coût) et remplacement par des aliments domestiques (dispendieux en éléments naturels et énergétiques), deux milliards de personnes dépendent des ressources maritimes.
o Perte de la biodiversité animale et végétale.
o Dégâts causés sur les sols par des pratiques agricoles qui altèrent les sols, accélèrent la déforestation et l’érosion.
o Epuisement des principales sources d’énergie, dont celles fossiles et elles sont de moins en moins accessibles, plus difficile à atteindre.
o Rareté ou non accès à l’eau douce (potable maintenant).
o Changement de température et diminution de la lumière solaire par le gaspillage de la photosynthèse et lumière (du fait des pratiques culturales),.
o Utilisation de produits nocifs et le rejet de produits chimiques, pesticides, insecticides et herbicides (stérilité, décès…).
o Intégration d’espèces animales ou végétales dévastatrices par l’introduction d’espèces étrangères.
o Activité humaine productrices de gaz trop importante(dioxyde de carbone par exemple) et donc réchauffement climatique : eutrophisation .
o Croissance démographique rapide (problème posé du nbre d’habitants supportables par la planète) engendrant guerres et mouvements migratoires.
o Populations à fort impact sur l’environnement, l’écosystème (consommation et déchets).
"en moyenne, chaque citoyen des Etats-Unis, d’Europe occidentale et du Japon consomme trente-deux fois plus de ressources telles que des combustibles fossiles, et rejette trente-deux fois plus de déchets, que les habitants du tiers-monde."
p. 556 : "(…) Chacun de nos douze problèmes, faute de solutions, nous causera un grave dommage et (…) tous interagissent les uns avec les autres. Si nous en résolvions onze, mais pas le douzième, nous serions encore en danger, quel que soit le problème non résolu. Nous devons donc les résoudre tous."

Conclusion :

"Cette intelligence du temps et de l’espace d’hier à aujourd’hui, c’est notre chance, dont aucune société passée n’a bénéficié à un tel degré."
Les arguments qui laissent penser que "ça" peut aussi "bien" se passer :

• La diffusion des informations et le souci environnemental dans l’opinion et de par le monde grace aunet, la mise en réseau, la constitution de réseaux orientés.
• Les problèmes ne semblent pas encore insolubles, des solutions existent déjà.
• Une volonté politique émergente.
• La possibilité de mettre en place des plans à long terme et reconsidérer nos valeurs.
• La baisse ou le ralentissement de la croissance démographique.
• L’interconnexion nous permet d’apprendre en temps réel ce qui se passe dans le monde (risque de fausses informations ou manipulations).
• L’accumulation de connaissances.

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 03:30



La place de la foi dans la société,
par Roger Garaudy

 

Cette foi, née avec l'homme en qui Dieu a insufflé de son esprit, comme dit le Coran, ou enseigné le sacrifice inconditionnel comme il le fit pour Abraham ou Jésus, ne peut être enfermée dans une synagogue, une église ou une mosquée, avec leurs servants commémoratifs d'une religion coutumière.


Cette foi ne peut être séparée de la vie, celle du village et des champs , dans les usines et les laboratoires des villes, dans les écoles et les centres de recherche,.... et même dans les synagogues, les églises, les mosquées et les temples.


Comme le dit Hassan El Tourabi: "Dieu est dans la vie quotidienne, dans la politique, l'école, dans l'art, dans l'économie, mais vous l'avez emprisonné dans vos tabernacles et vos églises... Tous nos prophètes ont affirmé les mêmes valeurs mais comme, au cours de l'histoire, les problèmes ont évolué, les prophètes ont renouvelé les formes d'expression." (Interview du 16 avril 1995).


Le père Pannikar dit la même chose dans son étude sur L'Avenir de la foi (Biblia y fe, 1988): "les problèmes de la faim, de l'inégalité, de l'exploitation de l'homme et de la terre, l'intolérance, les guerres, le néo-colonialisme, sont des problèmes religieux."

Yehudi Menuhin, partant de sa foi juive [...] cherche aussi, sans éclectisme, le dénominateur commun de cette Foi présente au coeur de tous les hommes et qui l'appelle à un dépassement, quelle que soit la forme culturelle dont les trois mondes l'ont revêtue: "La vie n'a pas été créée une fois pour toutes et pour toujours. Seuls les fondamentalistes peuvent croire cela... Nous avons besoin d'une nouvelle religion fondée sur la foi, sur les valeurs éternelles de la foi- sur l'idée d'unité totale... mais aussi adaptée à la connaissance et à l'expérience contemporaine."


Evoquant les croyances qui ont fait des dieux des souverains tout puissants, et des dirigeants des Oints de ce Seigneur, il ajoute: "Je suis convaincu que notre monde exige une nouvelle formulation des valeurs du sacré, une nouvelle conception de la religion, parfaitement compatible avec les principes d'adoration et de prière mais exprimés d'un manière nouvelle reconnaissant notre propre être, et aussi celui des autres, comme sacrés; nos responsabilités les uns envers les autres, notre pouvoir de créer un monde plus juste.. Dans notre nouvelle religion... le puissant, le riche, le savant ont la responsabilité, alors que le démuni a le droit... Tels sont la religion, l'économie, l'ordre social, la vie créatrice des arts et des techniques, de l'éducation, tout cela ne faisant qu'un pour guider notre pensée et notre action."


Quelle sera la place de cette foi dans la société?
Elle sera centrale, motrice. Et nous devons ici éviter maints écueils:


La conception dite libérale, où l'Etat n'intervient pas dans la religion, ses rites et ses dogmes. Cette privatisation de la religion porte sur les croyances et non sur la foi. Or la croyance est une manière de pensée, la foi une manière d'agir. La tolérance sera donc totale en ce qui concerne la croyance, mais il est interdit à la foi d'agir sur les structures concrètes du monde, selon les intérêts des individus et des groupes. "Assistez à la messe" comme à une commémoration, "écoutez la lecture de la Thora" par votre rabbin, "prosternez-vous", derrière votre imam, mais, à la sortie, insérez-vous docilement dans le système.


Ayez toutes les idoles intellectuelles que vous voulez pourvu que vous n'interveniez pas, au sortir du temple, pour changer l'ordre établi par le libre jeu du monothéisme du marché, régissant, dans la pratique, toutes les relations humaines.

A l'inverse, le totalitarisme prétend régner à la fois sur les esprits et sur les corps, sur la foi et les actions qu'elle commande, soit en érigeant l'Etat en une religion, soit en faisant d'une religion particulière une religion d'Etat qui établira un nécessaire dualisme politique et social. Qu'il s'agisse d'un Etat juif, d'un Etat chrétien, ou d'un Etat islamique, celui qui n'appartient pas à la religion officielle est un citoyen de seconde classe.


De ce point de vue la prétention chrétienne d'être la religion universelle est une forme typique de colonialisme spirituel, inséparable du colonialisme tout court.


Quelle que soit la solution choisie la confusion de la croyance religieuse et de la foi vivante et agissante à l'intérieur de toutes les religions rend le problème insoluble par la résurgence des intégrismes, qui consistent à prétendre que tous les problèmes ont été résolus, et pour toujours, par leurs pères fondateurs.


Si Bouddha, Moïse, Jésus, Mohammed, ont apporté des réponses et des solutions aux interrogations et aux problèmes de leur temps, cela ne nous dispense en aucune manière de la responsabilité de résoudre, à partir de leurs principes, les problèmes de notre temps: aucun sutra bouddhiste, aucun verset de la Bible ou du Coran, ne nous permet de résoudre, sans une interprétation préalable, les problèmes posés par l'énergie atomique, les multinationales, la spéculation boursière, le colonialisme, ou autres, qui ne se posaient pas au temps des prophètes. Nous pouvons seulement, à partir des principes qu'ils ont apportés, prendre, à tout risque, la responsabilité de les appliquer dans des situations historiques radicalement nouvelles.


Ceci n'implique aucun relativisme, ni éclectisme, ni syncrétisme. Chaque religion a sécrété, autour des principes communs à toute acceptation de la transcendance, des valeurs absolues, des cultes avec leurs rites et leurs dogmes propres à chaque culture pour tenter une approche de l'absolu. Il se peut que cette liaison ou cette soumission à Dieu qui exige la participation entière de notre être, y compris de notre corps, donne une forme particulière à la prière et à l'adoration, qui vont ensuite informer notre action.


La tradition culturelle de chaque peuple peut ainsi s'exprimer par une attitude particulière du corps, celle du yoga (joug) soumission à Dieu, pour les uns, de la prosternation ou de l'agenouillement pour d'autres.


L'essentiel est que cette posture du corps facilite la communication avec Dieu ou avec la sagesse (de quelque nom qu'on les désigne), et ne se dégrade pas en une gymnastique sans âme.


La diversité des religions, par la fécondation réciproque des cultures qui les spécifie, est une richesse que l'on ne peut détruire en imposant à l'autre la forme d'expression dont nous sommes, avec notre culture, les héritiers.


Nous ne pouvons revendiquer le monopole des voies d'accès à la transcendance, que nous l'appelions salut, libération, moksha ou nirvana.


Nous pouvons seulement, avec le plus grand respect du comportement rituel des autres, et des symboles par lesquels ils expriment leur foi, leur sagesse ou leur Dieu, nous enrichir de leur expérience, gravissant, par des voies diverses, la même cime, inaccessible peut être, qui nous fait rechercher le sens de notre vie et de notre histoire, et les voies de son accomplissement.


En résumé, ce qu'il y a le plus précieux, ce n'est pas ce qu'un homme dit de sa foi, mais ce que cette foi fait de cet homme. Comment le libère-t-elle de ses aliénations?

C'est-à-dire de ses ambitions personnelles réalisées par l'écrasement des autres, de ses projets partiels, individuels ou nationaux, qui ne tendent pas à la création d'une communauté universelle, symphonique, fin suprême de la foi qui appelle toutes les religions à la transcendance, au dépassement de soi.


Une démystification spirituelle est d'abord nécessaire.


Il faut certes corriger l'erreur d'aiguillage commise à la Renaissance lorsque l'on appela raison la seule science des moyens, en la mutilant de son autre dimension fondamentale, seule capable d'en mettre les merveilleuses découvertes au service de l'épanouissement de l'homme et non de sa destruction: la sagesse, qui est réflexion sur les Fins.


Mais, au delà, il faut en finir avec la pire perversion de la pensée humaine: la notion tribale de peuple élu, divisant l'humanité entre élus et exclus, accordant aux premiers le pouvoir de droit divin de dominer, d'asservir ou même de massacrer tous les autres, quels que soient ceux qui s'attribuent ce privilège, qu'ils soient hébreux ou chrétiens d'Europe réclamant l'héritage de l'élection pour persécuter les juifs qui s'en croyaient détenteurs, puis les musulmans par les Croisades, puis le monde par le colonialisme, jusqu'à ce qu'ils soient dépossédés de ce mythique droit par le destin manifeste que se décernèrent les Etats-Unis au détriment des Indiens, des Noirs, puis du monde, sacralisant même la royauté du dollar en inscrivant, sur chaque billet vert, que sa toute puissance était d'essence divine: In God We Trust.


Il faut d'abord en finir avec les lectures intégristes de la Bible qui font d'elles la seule écriture sainte de l'humanité, alors que chaque peuple, dans le monde, a vécu la préhistoire de son humanité en créant les grands mythes qui balisent le parcours millénaire de l'humanisation divine de l'homme. Tous les peuples ont une histoire sainte: celle de l'homme à la recherche de Dieu.


Les conséquences de ces affabulations sur un peuple élu, sans autre fondement qu'un seul texte, sont aggravées par le fait qu'un certain christianisme s'est prétendu l'héritier de cette tradition, s'est approprié l'élection divine pour s'attribuer un droit divin de domination du monde, en exerçant sur les non -- élus ses dominations, ses spoliations et ses massacres, au nom de la même supériorité ontologique, théologique, sur les Indiens d'Amérique, les esclaves déportés d'Afrique, et une grande partie de l'Asie, de la guerre de l'opium à Hiroshima, des destructions massives du Viet Nam à celles de l'Irak.

* * *

Nous avons aujourd'hui plus besoin de prophètes que de politiciens, plus besoin de Bouddha, de Jésus ou de Gandhi que de César ou de Napoléon, car rien ne commence avec les lois et les empires: tout commence dans l'esprit des hommes, et d'abord dans la révision sévère des religions traditionnelles qui, par leur dégénérescence intégriste, se sont transformées en théologies de la domination. L'intégrisme, c'est cette prétention de toute hiérarchie religieuse comme de tout pouvoir politique (qui se sert de la première pour justifier sa pérennité) de réduire la foi à la forme culturelle ou institutionnelle qu'elle a pu revêtir à telle ou telle période antérieure de son histoire: pour nous en tenir aux religions dominantes des dominants, et aux religions dominantes des dominés: le christianisme ne peut plus être ce que le fit Constantin: l'héritier d'un empire centralisé à Rome, prétendant imposer son idéologie et ses hiérarchies à tout le reste du monde dont on ignore ou veut ignorer les spiritualités autochtones.


Une telle religion divise. Elle fut le prétexte de tant de guerres! Alors que la foi unit dans un effort solidaire de dépassement pour parvenir à cette certitude qui demeure toujours un risque et un postulat:


-- Aucun homme ne peut prétendre avoir la foi comme on possède un trésor. L'homme de foi est toujours en route vers un commencement.


-- Le monde n'est pas fait de choses mais de sources, de jaillissement du sens.

-- Dieu n'est pas un être (comme les choses) mais un acte (celui d'incessamment créer). C'est pourquoi il n'a pas besoin d'être visible pour exister: il est ce mouvement qui est en nous sans être à nous.


Ainsi, contre les prédicants d'une fin de l'histoire, l'histoire, comme les fleuves, n'a pas d'autre embouchure que l'Océan.

* * *

Préparer politiquement cette mutation spirituelle universaliste, c'est d'abord mettre fin à la prétendue mondialisation qui est le contraire de l'universalité: c'est une entreprise impériale de nivellement ou d'anéantissement de la culture et de la foi de tous les peuples pour leur imposer, avec les armes et les dollars des Etats-Unis, l'inculture et le non-sens d'une religion qui n'ose pas dire son nom: le monothéisme du marché qui ne serait pas seulement la fin de l'histoire mais la mort de l'homme et du Dieu qui est en lui.

* * *

En 1985, lors du voyage du pape au Pérou, les Indiens des Andes lui remirent cette lettre: "Nous, Indiens des Andes et de l'Amérique, voulons profiter de la visite de Jean Paul II pour lui rendre sa Bible car, en cinq siècles, elle ne nous a procuré ni amour, ni paix, ni justice... remettez-la à nos oppresseurs car ils ont davantage besoin de ces préceptes moraux que nous-mêmes. La Bible nous est arrivée comme partie intégrante du régime colonial imposé."


Le problème actuel, en effet, aujourd'hui, est non seulement de déjudaïser, mais de désoccidentaliser le christianisme, qui a toujours considéré les Eglises, de la Chine à l'Amérindie et à l'Afrique, comme "un appendice de l'histoire des missions", comme l'écrit Enrique Dussel dans son livre: Histoire et théologie de la libération (publié en 1972 et traduit en français aux Editions ouvrières en 1974). Il montrait, comme le fera Leonardo Boff en 1992 dans son livre: La nouvelle évangélisation (Ed. du Cerf), comment l'invasion de l'Amérique, depuis 1492, était non pas l'apport d'un christianisme universel (catholique) à des cultures autochtones en recherche de Dieu, mais l'importation d'une chrétienté méditerranéenne, romaine, et fourrière d'un système social où, sous le nom d'Evangélisation, est imposé le colonialisme capitaliste le plus inhumain.


Leonardo Boff écrit: "L'évangélisation s'est faite en Amérique latine sous le signe de la colonisation." (p.169). Le Requerimiento, sommation adressée aux Indiens en 1514 disait: "Nous vous prendrons, vous, vos femmes et vos fils, et vous deviendrez esclaves .. nous prendrons vos biens... comme à des vassaux rebelles qui se refusent à accueillir leur Seigneur."


C'est contre quoi protestaient en vain le père Montesinos, premier prophète des Amériques, les évêques, Bartholomé de Las Casas et quelques religieux, comme Pedro de Cordoba, haïs par les colons parce qu'ils refusaient d'identifier une Eglise, complice des conquérants, avec le Royaume de Dieu, et d'accepter la destruction des cultures précolombiennes.


Cette ignorance radicale de l'autre a fabriqué des mutilés de l'humanité, isolés dans le ritualisme et les dogmes de leur religion qu'ils croient la meilleure parce qu'ils ignorent celles de tous les autres. Elle n'aurait pas à se substituer à la leur, mais à l'enrichir par des expériences différentes de la transcendance. Un même absolu ne peut être accaparé par aucun de ceux qui se croient un peuple de Dieu (c'est à dire tous les nationalismes et tous les colonialismes). Comme l'écrivait déjà Jean Jacques Rousseau: "Un Dieu qui choisirait un peuple en lui donnant le privilège de spolier ou de détruire tous les autres, ne peut être le Père de tous les hommes."


Et maintenant?


Après ce parcours insolite et insolent, nul, je l'espère, n'attendra une conclusion, c'est à dire une occlusion, une fermeture. Une magistrale et dérisoire réponse.

Car ce qui oppose fondamentalement une philosophie de l'acte à une philosophie de l'être, c'est de n'être pas de l'ordre d'une réponse mais de l'ordre d'une question.

-- Le propre d'une philosophie de l'être c'est de "s'installer dans l'être et de dire ce qu'il est". Que ce soit sous la forme du positivisme empiriste partant des données de nos sens (données une fois pour toutes) ou que ce soit sous la forme du dogmatisme prétendu rationnel d'idées éternelles, innées ou révélées, mais de toute manière indubitables comme des axiomes.

-- Le propre d'une philosophie de l'acte c'est au contraire d'avoir conscience de ses postulats et de leur inexorable remise en question, comme un dormeur s'arrachant à la quiétude de son oreiller et à la fascination de ses rêves pour s'éveiller dans un monde en fusion. L'homme couché devient l'homme debout, agressé par l'éveil et agressif pour le possible. Certains appellent cela la résurrection. Déjà le mot est enchanteur: il évoque l'acte de se lever. De se lever même d'entre les morts.

[...] Notre nature était peut être de nous résigner et de nous intégrer à une nature apparemment régnante et même universelle. Ce décollement, ou du moins cet effort de décollement, à l'égard de ce qu'on nous présente souvent comme la nature de l'homme, c'est la culture, c'est à dire tout ce que nous avons ajouté à la nature, et qui nous fait homme. Pas un animal supérieur. Mais autre chose qu'un animal: ce qui le transcende. Là encore, il existe, dans la coutume, un mot pour dire cela: Dieu, divin. Peut-être vaut-il mieux, au départ, ne pas l'employer: d'abord parce que Dieu est un substantif et cela incite à chercher derrière lui une substance, un être, fut-il l'Etre suprême. Ah! si Dieu était un Verbe! Un acte. Celui qui fait naître l'être. Divin, l'adjectif, trop souvent galvaudé, présente aussi des dangers: d'abord en suggérant qu'il serait imitation de ce sur-être, toujours défini mal, c'est à dire historiquement. Nous ne l'emploierons que lorsqu'il ne sera plus imitation littérale, mais création, à la manière de Jésus, ce poète par excellence de la vie.


Cette vision des choses, ou, plus modestement, cette visée, a introduit dans la méthode de l'exposé un désordre déroutant. Il ne s'agissait plus d'une histoire de la philosophie mise en sa perspective logique ou chronologique, par je ne sais quel "maître". Maître de l'absolu, comme un ersatz de Dieu. Le dernier qui s'y essaya, le dernier géant, Hegel, n'eut que des imitateurs atteints à la fois de nanisme et de suffisance professorale. Il n'est pas nécessaire d'en dire les noms.


Cet essai sur la philosophie de l'acte n'est pas écrit par un maître mais par un étudiant. Un étudiant monté en graine, c'est vrai, puisqu'il approche des 85 ans, mais qui demeure étudiant parce qu'il n'a pas fini de s'émerveiller. De s'émerveiller de ses propres naïvetés et des prétentions médiatisées des manipulateurs de vérités acquises, intouchables managers de la pensée unique, du politiquement correct, de l'orthodoxie religieuse, ou des variantes esthétiques de ce néant.

Il y a bien, dans ces pages, les ébauches d'une histoire de la philosophie, mais elle n'est pas construite selon l'ordre des raisons.


Trop prétentieusement peut-être, ou trop modestement, je ne sais, elle retrace, à tous risques, les étapes de mes enthousiasmes ou de mes déceptions. La rencontre (je n'ose pas dire la découverte) de limites et d'impostures, comme celles par exemple des pontifes millénaires de l'Occident, d'Aristote à saint Paul, ou de Descartes à Auguste Comte, ou, pour en donner une illustration mineure, l'attribution, l'appellation contrôlée du label de philosophes aux idéologues anglais du parti vénitien et de la Compagnie des Indes.


C'est déjà un travail qui dépasse les forces d'une seule vie que de dénoncer trois millénaires de postulats tenus pour des axiomes, ou d'avoir le recul et l'élan nécessaires pour franchir les traditionnelles limites.

J'aurais atteint une partie de mon objectif, si seulement j'avais communiqué à d'autres, et de plus jeunes, le désir de poursuivre cette tâche.

Mais il ne s'agit pas d'un programme seulement réflexif de remise en question. Ce serait déjà beaucoup d'avoir compris que toute philosophie qui ne prépare pas l'homme à rechercher le sens de sa vie, à se considérer comme membre responsable d'une communauté universelle, et à agir selon ces principes, ne mérite pas le nom de philosophie.


Mais cette prise de conscience exige un changement de style de vie et une action: seule une pensée consciente de ses postulats et procédant de façon créatrice par anticipation, qu'il s'agisse d'hypothèses scientifiques, d'actes de foi ou d'utopies sociales, nous permet d'agir sur le monde et de le transformer.


La première démarche rend la philosophie parente de ce que l'on appelle maladroitement théologie, comme si l'on pouvait parler de Dieu, et non, à tâtons, sans parole, essayer de discerner les exigences d'une vie habitée par la totalité de la vie.

Car telle est la culture: l'ensemble des rapports qu'un individu ou une communauté entretiennent avec la nature, les autres hommes, et la recherche de leurs fins dernières, que certains appellent Dieu et d'autres la sagesse


Dans cette recherche du sens de la vie, l'épopée, le roman, le poème, la mystique, ont plus apporté à notre désir: pour la tradition occidentale Eschyle, Sophocle ou Aristophane m'ont plus interpellé sur le sens de la vie que toute la philosophie grecque depuis qu'elle s'est séparée de la pensée orientale dont était imprégné, par exemple, le prince Héraclite, et avant que le questionnement de Socrate ne soit connu qu'à travers les dogmatismes de Platon.


Il fallut Kazantzakis pour faire renaître, avec son Odyssée, les plus hauts désirs de l'homme éternellement itinérant et voracement interrogateur.

Rome, avec ses soldats, ses maçons, et ses rhéteurs, ne m'a rien appris de vivant et de vivable.


De la France Rabelais et Pascal, puis Victor Hugo, Romain Rolland, Mauriac, Bernanos, Claudel ou Saint John Perse, m'ont obligé au réveil plus que n'importe quel philosophe professionnel d'aucun pays, à l'exception, peut être de Leibniz, de Kant et de Fichte comme du Faust et du Wilhelm Meister de Goethe.


Et puis les fous de Dieu qui furent les vrais sages: de Joachim de Flore au cardinal de Cues, de Maître Eckhart à saint Jean de La Croix, de Kierkegaard à Dostoïevski. Et à Nietzche, le plus grand des passeurs de frontières après Jésus.

Tous ceux-là ont vécu, comme les Pères de Cappadoce, en Asie, ou Clément d'Alexandrie en Afrique, de cette foi fondamentale et première, ou de cette sagesse unifiante, inséminée d'univers, qui naquit en Chine avec le Tao: "Etre UN avec le TOUT ", comme l'écrivait l'un des plus grands penseurs de tous les temps: Tchouang-Tseu.

Retrouver en soi le souffle de la vie créatrice, découvrir que ce qu'il y a de plus personnel en nous, c'est l'acte incessamment créateur de la vie universelle: " Tu es Cela ", des Védas et des Upanishads, du Ramayana et de la Baghavad Gita, de Çankara à Radhakrisnan.


Les poètes, les mystiques et les voyants de l'Islam, sont une merveilleuse introduction à cette foi universelle. Depuis les grands livres initiatiques de "l'homme total" (Insan Al Kamil), des "Récits de l'exil" ou de "l'Archange empourpré" d'Avicenne et de Sohrawardi, au "Langage des oiseaux", de Attar, du monumental "Mathnawi" de Roumi (ce que l'on a appelé parfois: Le Coran des Perses) aux poèmes ourdous de Kabir et à l'oeuvre géante d'Ibn Arabi en Espagne andalouse, frère spirituel, à trois siècles d'intervalle, de saint Jean de la Croix, nous conduisent à ce qu'il y a de plus intime et de plus spécifique dans l'Islam par rapport aux trois religions révélées: son esprit d'universalité, reconnaissant tous les prophètes, faisant d'Abraham "le Père des croyants" comme dit le Coran, et de Jésus "le sceau de la sainteté", comme écrit Ibn Arabi dans sa Sagesse des Prophètes qu'il accueille, tous, comme les messagers de Dieu.

* * *

La réflexion fondamentale sur la foi dans son universalité, se trouve dans les plus belles traditions abrahamiques depuis Le vivant fils du vigilant (Hayy Bin Yakzan) d'Ibn Thofayl de Cadix (1100-1185), au Traité théologico-politique de Spinoza (1632-1677), et à la Profession de foi du Vicaire Savoyard de Jean Jacques Rousseau (1712-1771), l'on trouve chez le musulman, le juif et le chrétien, la source commune de toute foi, communicable, comme l'écrivait le pasteur Bonhoeffer dans sa prison nazie, à un monde sans Dieu.

* * *

Les Woodstocks pontificaux ne signifient pas un réveil de la foi, pas plus que les Woodstocks des rockers ne signifient un réveil de la musique ou de la culture.

Ni les succès de la secte Moon. Ni les déferlements médiatiques des sermons télévisés des révérends américains maîtres de la business religion.


L'épidémie des quarante mille suicides d'adolescents qui sont, en France, (comme dans les pays développés, où l'on meurt non par absence de moyens, comme dans le tiers-monde, mais par absence de fins) la principale cause de mortalité pour les jeunes, ne sera pas enrayée par les psychologues, les saints bernards ou les terre-neuve sauveteurs d'égarés individuels. Ce qui manque à cette jeunesse, c'est un grand dessein qui vaille la peine de vivre, contre la désintégration du tissu social par le monothéisme du marché, son désert spirituel et ses évasions dans le décibel, la drogue ou la mort.


Hors d'Occident ce grand dessein est né. Pas seulement pour créer l'unité harmonique de l'unité du monde et donner à chaque porte-Dieu, quelle que soit son origine, les possibilités économiques, politiques, spirituelles, de déployer pleinement le Michel Ange ou le Kuo Hsi qu'il porte en lui, mais pour en finir avec les égoïsmes sacro-saints des individus qui ne peuvent s'élever que par l'abaissement de leur rival de jungle, ou des peuples élus pour asservir les autres.


Le grand dessein, c'est, contre l'individualisme insulaire et désert, la communauté où chacun est lié à la vie par le sens de sa responsabilité à l'égard de tous les autres.

Cette foi, qui s'exprime dans l'action, est celle de Jésus, en train de renaître là où les pauliniens de Rome voudraient la tuer: chez ceux qui tentèrent l'expérience divinement humaine des prêtres-ouvriers; dans les communautés de base des favelas du Brésil, qui furent et demeurent le terreau humain des théologies de la libération, chez ceux qui cherchent d'où cette foi peut naître au coeur de toutes les spiritualité vivantes et militantes du monde. Le père Monchanin en fut le précurseur dans son effort pour "repenser l'Inde en chrétien et le christianisme en indien " et qui a fait lever aujourd'hui des continuateurs comme Raimundo Pannikar en Espagne ou René Guénon en France, vivant l'Islam comme le Coran évoque Jésus, ou le père Hegba en Afrique, enracinant Jésus dans les plus profondes spiritualités du monde noir.


Cette queste fraternelle n'a rien à voir avec l'éclectisme ou le concordisme. Il est l'expression d'une foi véritable en la transcendance: si Dieu est sans commune mesure avec toute connaissance humaine qui prétendrait le définir, c'est à dire l'enfermer dans sa propre culture, nous avons besoin de l'expérience de tous ceux qui tentent la même approche à partir de leur propre culture. Ainsi seulement nous pourrons briser nos limites, enrichir notre foi, et en comprendre la spécificité par une communion intérieure profonde avec la culture et la foi des autres. Il est appauvrissant de croire que ma religion est la meilleure, simplement parce que j'ignore toutes les autres.

Telles sont les conséquenc

es ultimes de l'opposition entre une philosophie de l'être et une philosophie de l'acte.

- La première, la philosophie de l'être postule l'existence d'une nature dont l'homme peut extraire des données et les combiner de manières diverses pour les commodités de ses classifications et de ses hiérarchies des êtres. A partir de là il peut même manipuler techniquement cette nature mais ne peut lui assigner d'autres fins que celles de son créateur primordial (ou de ses lois éternelles si l'on nie cette création faite une fois pour toutes). En d'autres termes l'homme a une nature qu'il ne saurait transcender.


-- La seconde, la philosophie de l'acte, repose, elle aussi, sur un postulat: celui du pouvoir de l'homme de transcender cette nature et de procéder au contraire à sa création continuée: l'homme n'a pas une nature, il a une histoire. Celle des créations de sa culture, qui le distingue de l'animal: les abeilles des Bucoliques de Virgile se comportent comme nos contemporaines, et, même à l'échelle paléontologique, l'évolution n'est pas une histoire: l'être biologique n'est pas son acteur.


Si l'homme avait, comme les animaux, une telle nature, il n'aurait même pas dépassé les limites que l'environnement impose à son entretien. Pour dépasser les quelques millions d'êtres humains qui ont peuplé la terre pendant des millions d'années, il a fallu que l'homme crée une agriculture pour son alimentation, une industrie pour la transformation de son milieu et pour sa protection, en un mot une culture qui déjà permette la multiplication de l'espèce.


Il a fallu pour cela qu'au delà des dérives immuables de son instinct, il ne se contente pas d'utiliser les matériaux dans cette autre nature qui l'entoure, le contient et le contraint, mais qu'un projet oriente son propre travail, en détermine l'organisation et celle de la société qu'il a constituée et à laquelle il assigne des fins et des structures qui ne sont pas inscrites dans les lois de l'instinct intérieur ou de l'environnement extérieur. Cette émergence du projet est ce qui sépare radicalement l'homme de l'animal.


Ainsi donc, tout empirisme organisateur, selon l'expression de Charles Maurras, le plus rigoureux théoricien du conservatisme, conduit à se conformer à l'ordre établi et à ses évolutions naturelles, linéaires, comme celles de la Providence de Bossuet, du Progrès de Condorcet et de la loi des trois états d'Auguste Comte, qui en sont des versions laïcisées.


Résignation ou révolte, collaboration ou résistance, dirions-nous selon une terminologie plus récente, tel est le choix vital, et toute philosophie qui ne nous aide pas à faire ce choix n'est qu'une idéologie de justification de ce qui est ou de ce qui devient sans nous, comme l'accroissement technique de la production et de la consommation.


Ce choix nous avons voulu le suggérer au cours de nos efforts d'interprétation des philosophies en fonction des exigences historiques des dominants ou des dominés. Les dominants justifiant leur domination au nom de l'empirisme ou d'une raison éternelle, les dominés ayant le choix entre l'acceptation de cette vision, et la révolte contre elle et du pari sur un avenir qui ne soit pas la simple résultante du passé, dessein d'une Providence ou dérives mécaniques d'un déterminisme laplacien.

Contre les capitulations du c'est ainsi, nous maintiendrons ce choix qui fut celui de Gracchus Babeuf lorsqu'à la veille de sa mort sur l'échafaud où l'avait envoyé le Directoire, le 28 mai 1797, il écrivait à son ami Felix Lepelletier: "Un jour, lorsque la persécution sera ralentie, lorsque peut être les hommes de bien respireront assez librement pour pouvoir jeter quelques fleurs sur notre tombe, lorsqu'on en sera venu à songer de nouveau aux moyens de procurer au genre humain le bonheur que nous lui proposions, tu pourras chercher, et présenter à tous, ces fragments qui contiennent tout ce que les corrompus d'aujourd'hui appellent mes rêves. "

L'avenir mode d'emploi ,1998, Ed Vent du

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2009/02/12/12492819.html


 

Posté par Alaindependant à 23:06 - Transcendances -
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 02:46


OUI ON PEUT FACILEMENT EVITER 
CHÔMAGE ET RÉCESSION COROLLAIRE.

Il suffit que la majorité des citoyens comprenne ce texte, l'adopte et accepte 
de l'envoyer à leurs amis, puis au Président de la République.
Appel à la Convocation d'une Assemblée Constituante
(Voir texte en violet à la fin)

 




Les effets pervers de l'Économie de marché  

 

Évolutions des technologies.

Tiré du livre de Jérémy Rifkins, préface de M. Rocard « La fin du travail » Edts La Découverte.


En 1996, J. Rifkins prévoit que la proportion de la main-d’œuvre européenne, employée dans l’industrie et les services aux entreprises, déclinera de 35% à 15% à vingt ans d’échéance ! p 32.


« Si toutefois les spectaculaires gains de production de la révolution des technologies de pointe ne devaient pas être partagés mais utilisés prioritairement au renforcement des bénéfices des entreprises au profit exclusif des actionnaires, des responsables industriels et de l’élite émergente du savoir high – tech, les risques seraient grands alors que l’élargissement du fossé entre les plus fortunés et les plus démunis entraîne des soulèvements sociaux et politiques à l’échelle planétaire ».


Le manque de pouvoir d’achat — puisque chacun est tributaire de ce dernier pour consommer ( sans emploi, pas ou peu de salaire) et qu’il y a de plus en plus d’exclus — entraîne la chute des prix, ce qui oblige encore à accroître la rentabilité ! Spirale sans fin. Cynisme suprême de cette triste logique : dans l’agriculture par exemple, destruction des surplus dans un monde qui a faim, ceci pour maintenir les cours ! Un regard citoyen sur Économie de A.J Holbecq. Edts Yves Robert.


Évolutions commerciales

Sous la contrainte d’une concurrence féroce tous les producteurs sont obligés d’exiger le rendement financier du capital investi, contraignant ces derniers à supprimer l’élément humain. L’écoulement des biens est facilité par la suppression des frontières. Les trop importantes différences de salaires entre pays, même en Union européenne tirent les prix vers le bas et motivent les délocalisations. Les prix baissent, les bénéfices s’effondrent, le chômage et l’exclusion s’amplifient, d'autant que, combien de fois faut-il le répéter, l'évolution des techniques rend les machines plus performantes, condamnant l'ouvrier et le producteur à une lente et atroce agonie.


Évolutions financières

Les mécanismes du système monétaire international permettent aux capitaux de circuler à l’avantage de la spéculation (200 fois plus) que production et consommation ! L’argent n’est-il point simplement qu’un moyen d’échanger facilement les biens produits ?[1]


L’argent ainsi « malhonnêtement » gagné par des jeux financiers spéculatifs et improductifs enrichit la sphère financière. Cet argent est soustrait au monde économique des échanges. Voilà pourquoi aucun politique, Président compris, ne peut envisager (hormis une action citoyenne d'envergure) une révolution économique de bon sens salutaire à tous. Seul les citoyens unis, informés et réfractaires à de tels procédés peuvent changer la physionomie de cette économie récessive.


Évolutions monétaires

Les États ne battent plus une monnaie gratuite. Juste droit, pourtant, qui devrait récompensant le labeur de chaque citoyen. État emprunte donc au « marché » pour financer ses déficits. Tout développement économique avec accroissement de richesses réelles se traduit par une augmentation des dettes et des intérêts à payer. Les impôts augmentent et retombent sur les citoyens et les entreprises. Un cycle infernal, en dehors de toute logique économique, qui s’accentue chaque année promettant à tous les pays un effondrement spectaculaire sur le plan financier.


CONCLUSION ET REMÈDE

Ces 4 conséquences majeures conduisent à une diminution régulière du pouvoir d’achat. Il en résulte des escarcelles vides devant une profusion de biens produits.

A ne rechercher que la rentabilité immédiate ce système induit la misère dans l’abondance !

Pour remédier à ces intolérables aberrations, vraisemblablement composées à dessein par des spécialistes (elles n’ont rien à voir avec une véritable économie de distribution des richesse produites) chaque citoyen à le droit et le devoir d’exhorter ses proches à prendre conscience que l’argent ne s’achète pas, ne se loue pas dans la mesure où il n’est que la contrepartie des richesses produites par tous.

 

ÉTAT DOIT CRÉER LA MONNAIE GRATUITEMENT
POUR ÉCOULER LES PRODUITS FABRIQUES PAR LA NATION.


Les règles du jeu devraient être fixées par ÉTAT et non en catimini par les banques à leur seul avantage. Ces banques n’apportent aucun bien consommable et pourtant si riches !

Le Bureau des Progressistes Français





(1)  Sur les marchés des changes, de 200 milliards de dollars/jours en 1984, les transactions atteignent 1000 milliards/jour en fin 1992. (Monde Diplomatique, mais aussi "Expansion" Octobre/ Novembre 92). Du fait de la récession, les échanges commerciaux, eux, n'ont pas du croître au delà des 5 milliards de 1984. La proportion d'argent utile et argent spéculatif serait de un contre deux cents ! Rien que ce rapport, devrait permettre aux politiques de savoir là où le bât blesse et apporter les réformes nécessaires, surtout que la crise s'amplifiant le rapport à dû s'accentuer toujours en faveur d'une spéculation désorganisatrice.

 

Un Président de la République, loyal, face à ses obligations envers la Nation devrait en appeler, à la convocation d'une Assemblée Constituante d'Exception et de Salut Public qui inscrirait dans ses travaux les trois propositions suivantes :


1 – L'établissement de droits économiques individuels, pour chaque citoyen, droits inaliénables, sur la base des besoins réels des citoyens, en élévation continue, sous réserve d'une production respectant les équilibres écologiques.


2 – La recherche d'un système monétaire réservant le Franc actuel aux échanges intérieurs. Le Franc redeviendrait une monnaie intérieure nationale de consommation indépendante des systèmes monétaires des autres nations.


3 – De proposer aux autres pays européens de réserver à ce même usage leurs monnaies nationales et de n'utiliser l'Euro que comme monnaie d'échange entre nations dans le cadre d'accords de commerce extérieur équilibré, importation en contre-valeur exacte de l'exportation.

 

                                                                                                                                                                 & nbsp;   Jacques Daudon

L'argent-dette, de Paul Grignon
http://vimeo.com/1711304




http://r-sistons.over-blog.com/article-27868348.html

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Published by Eva R-sistons - dans Economie
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 02:41


Les "terroristes" de Wall-Street ont-ils 
provoqué une guerre financière mondiale ?


Fin Septembre 2008, tout le monde s’accordait pour dire que la  crise financière, officiellement déclarée avec la banqueroute de l’entreprise Lehman Brothers, était comparable aux évènements du 11 septembre 2001,  mais cette fois-ci d’un point de vue financier et économique. De même que l’escroquerie colossale du financier Madoff semble cacher des liens bien étranges, que les déclarations de Georges Soros, qui se réjouit que cette crise mondiale puisse faire plier les gouvernements récalcitrants au Nouvel Ordre Mondial,

il semblerait que la banqueroute de l’entreprise de courtages Lehman Brother ait été organisée plusieurs mois a l’avance en permettant l’évasion de plus de 400.000 millions de dollars vers les banques d’Israël.

wallstreet

Les États-Unis ont-ils créé les conditions pour une guerre financière mondiale ?



Par Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, traduit de l’espagnol par Chevalier Jedi pour Mecanopolis

Le “Tsunami” financier est en train de révéler des évènements rocambolesques

 

(..) La dette dépasse les 10 milles milliards de dollars (BBC 9/10/2008).

 

Linda Sandler (Bloomberg, 27/09/2008), révéla d’une manière effrayante que l’entreprise de courtage Lehman Brothers Holding Inc., à expatrié des Etats Unis plus de 400.000 millions de dollars sous forme d’actifs quelques mois avant que la maison mère de celle-ci ne se déclare en banqueroute. Ce qui dérange beaucoup dans cette histoire, c’est que la dite banqueroute fut reportée dans une comptabilité vieille de quatre mois. L’étrange disparition de cette somme (il faut ici constater que nous sommes au XXIe siècle), et selon Hughes Hubbard & Reed (la société légale qui représente la banque durant le procès pour sa banqueroute dans la Cours de Justice de Manhattan), serait due a une perte de valeur de l’entreprise, occasionnée par des changements dans le Marche. Bien sur !

 

Dans quelle caverne d’Ali Baba se sont caches les 400 milles millions de dollars ?

De plus, la controversée “The Voice of the White House” (truthseeker.com.uk du 02/10/2008) a provoqué bien des remous, en dénonçant que les mystérieux 400 milles millions de dollars furent envoyés avant la banqueroute de Lehman Brothers Inc. vers Israël, « les sociétés d’affaire envoient massivement par voie électronique d’immenses quantités d’argent vers les banques d’Israël », et plus particulièrement au Groupe Hapoalim, a la Banque Leumi et a l’Israël Discount Bank. Serait-ce ainsi ?

 

Hapoalim est la première banque d’Israël (...)

 

La macabre histoire de la famille Bronfman mériterait une encyclopédie entière.

 

Les Bankster (NDT : banquiers-gangsters), la redondance est valable, ont démontré qui ils sont, car ils n’ont jamais cessé de l’être: les véritables Maîtres du monde néolibérale, comme le montre d’ailleurs qui sont les bénéficiaires du plan de sauvetage Paulson-Bernanke-Bush.

Le Marché a disparu, marché qui en réalité, n’a jamais existé parce qu’il était contrôlé par la clepto-ploutocratie de Wall Street et de la City, il a été remplacé par une lutte pour le pouvoir mondial qui a pris sa place, et ce, avec des armes financières.

 

Les plans de sauvetage spectaculaires des deux cotes de l’Atlantique cherchent à freiner le colapsage financier et sauvegarder un minimum les structures bancaires en déconfiture, mais au passage, en profite pour maintenir à flot ses devises (voir la hausse artificielle du dollar) et assener quelques coups bas au passage, aux matières premières ennemies du G7 (en particulier le pétrole), ainsi qu’aux finances russes.

 

Le colossal plan de sauvetage britannique de pratiquement 1 trillion de dollars constitue de fait une nationalisation totale du système bancaire (et des usuriers) qui se trouvait dans le 7e cercle de l’enfer de Dante.

 

Les récents “sauvetages” du G7, qui sans aucune considération, ont affecté les intérêts de tiers et ont encaissé les factures impayées de ses adversaires géopolitiques et géoéconomiques (voir “le Syndrome Samson”, Bajo la Lupa du 01/10/2008), ont obligé l’OPEP a convoquer un conseil d’urgence (à partir de maintenant et à l’avenir, tout se fera dans un caractère d’urgence pour faire face au Tsunami étasunien) pour essayer d’arrêter la chute de l’or noir en dessous des limites tolérables, chute qui vulnérabilise aussi de grands producteurs comme la Russie.

 

Serait-ce une guerre globale financière, que les Etats Unis auraient déclaré et dont ils n’oseraient pas prononcer le mot ?

 

L’attitude de l’Irlande est très étrange (voir Bajo la Lupa du 08/10/2008), elle a déstabilisé avec beaucoup d’attention et d’une manière très similaire l’alliance faite par l’Allemagne avec la Russie (voir Bajo la Lupa du 05/10/2008). De la même manière, l’Irlande a saboté la Constitution de l’Union Européenne.

 

Cette prouesse que plusieurs analystes ont désigné comme étant la “main invisible” du déjà trop présent régime maffieu bushien, pour essayer de faire dérailler le vieux continent et l’Euro.

 

Une fois de plus et de façon très audacieuse, l’Irlande, qui a une petite économie avec un PIB per capita de 285.600 millions de dollars (face a l’Allemagne qui possède un PIB per capita de 3.332.000 millions de dollars, soit quasiment 13 fois supérieurs), a étendu sa garantie des dépôts aux banques étrangères qui opèrent sur son territoire, principalement Ulster Bank, First Active, HBOS, IIB Bank et Postbank, selon Tony Bonsignore (Citywire.uk du 09/10/2008).

 

Mais d’où l’Irlande, qui est écrasée par la récession, sort-elle tant d’argent ?

 

Wall Street impose-t-il sa main invisible depuis longtemps entrevue derrière de sinistres mesures irlandaises qui ont tant déstabilisé l’Euro et qui ont permis la hausse d’un Dollar alors sacrifié ?


Comme la Russie et l’Allemagne, les deux principales puissances en présence (vu sous un angle général) ne sont pas ni manchotes ni mutilées, elles ont adopté des mesures défensives et même
contre-offensives très efficaces…

 
Stratfor, un think-tank de réflexions israélo-texan en relation avec le Pentagone, met en exergue le magistral coup de poker financier russe aux grandes implications géostratégiques avec son sauvetage financier, moyennant 5.400 millions de dollars qui valent de l’or en barres dans ce contexte, de l’Islande: un allié intime des USA, mais officiellement en banqueroute.

 

Quoiqu’il en soit, la Russie s’est positionnée plus près de la côte est des USA.

 

Nous assistons à une redistribution de la richesse mondiale et à la réorgnisation de la géopolitique globale.

 

Traduit par Chevalier Jedi pour Mecanopolis, Buenos Aires, Février 2009

http://www.mecanopolis.org/?p=3631 

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